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LA POLLUTION GENEREE PAR LES USINES SITUEES EN EUROPE DE L'OUEST A TUE 3,45 MILLIONS DE PERSONNES EN 2007

La pollution atmosphérique a tué 3,45 millions de personnes en 2007

La pollution générée par les usines situées en Europe de l’Ouest a causé le décès prématuré de 47.000 personnes en Europe de l’Est en une année. De leur côté, les émissions de la Chine ont «tué» 31.000 Japonais et Sud-Coréens en 2007, selon un rapport alarmant.

 

La pollution atmosphérique a tué 3,45 millions de personnes en 2007.

Des scientifiques canadiens, chinois, britanniques et américains ont calculé le nombre de décès liés à la pollution de l'environnement aux particules fines (moins de 2,5 micromètres de diamètre).

Ce travail a notamment permis d'évaluer l'impact de la production industrielle de certains pays sur la mortalité dans d'autres endroits du monde, indique la revue scientifique Nature.

Au total, 3,45 millions de personnes sont mortes à cause de la pollution atmosphérique en 2007.

A titre d'exemple, 31 000 décès prématurés au Japon et en Corée du Sud étaient liés aux émissions atmosphériques de la Chine.

Plus de 47 000 personnes sont mortes en Europe de l'Est des suites de la pollution générée par les usines se trouvant en Europe occidentale, dont 2 300 décès à cause de la production industrielle des États-Unis.

La plupart des décès prématurés (1,19 millions) liés à la pollution industrielle ont tout de même eu lieu en Chine, dans les régions spécialisées dans l'exportation.

C'est en Amérique latine et en Afrique subsaharienne que l'on constate le moins de morts prématurées en raison de la pollution industrielle.

Source: agences et rédaction

30-03-2017 | 12:56

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=22552&cid=296#.WN1I3vmLQ2w


 

LE CAP DES 5 MILLIONS DE REFUGIES EST FRANCHI EN SYRIE

Syrie: la barre des 5 millions de réfugiés a été franchie

La barre des 5 millions de réfugiés ayant fui la Syrie a été franchie, alors que le conflit vient d'entrer dans sa septième année, a annoncé jeudi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Syrie: la barre des 5 millions de réfugiés a été franchie.

Le nombre de réfugiés fuyant la Syrie s'est accéléré en début d'année, pour atteindre 5.018.167 à la date du 23 mars, selon les statistiques compilées par le HCR.

«Alors que le nombre d'hommes, de femmes et d'enfants ayant fui six années de guerre en Syrie a franchi la barre des 5 millions, la communauté internationale doit faire davantage pour les aider», a indiqué le HCR dans un communiqué.

D'après le site internet du HCR, il y avait 4,8 millions de réfugiés syriens fin 2016, soit environ 250.000 de plus que fin 2015.

Ce qui signifie que le nombre de réfugiés syriens a progressé durant ces trois derniers mois à un rythme bien plus rapide que sur l'ensemble de l'année 2016.

Près de 3 millions d'entre eux sont réfugiés en Turquie, selon les données du HCR. Plus d'un million ont fui au Liban, 657.000 en Jordanie, plus de 233.000 en Irak, plus de 120.000 en Egypte et près de 30.000 dans les pays d'Afrique du Nord.

Ces chiffres ne prennent cependant pas en compte les centaines de milliers de Syriens ayant fui vers l'Europe.

L'ex-secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait lancé un appel il y a un an à la communauté internationale pour aider les pays entourant la Syrie à accueillir les réfugiés. Il avait alors demandé aux pays développés d'accueillir un demi-million de Syriens.

Jusqu'à présent, seules 250.000 places ont pu être trouvées, selon le HCR.

Source: agences et rédaction

30-03-2017 | 13:43

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=22553&cid=309#.WN09D_mLQ2w


 

A MOSSOUL, LES SOLDATS IRAKIENS ONT COMBATTU CONTRE DES ENFANTS D'A PEINE 10 ANS

Irak: les enfants soldats de «Daech», toute une génération perdue

À Mossoul, les soldats irakiens se sont battus contre des garçons d’à peine 10 ans. Et pourtant, se faire exploiter par «Daech» pour tuer n’est que l’un des tristes destins qui menacent les jeunes de cette ville.

Irak: les enfants soldats de «Daech», toute une génération perdue

Après avoir combattu contre «Daech» à Falloujah et à Tikrit, Hasan pensait avoir tout vu. Mais quand il est arrivé à Mossoul, un garçon d’à peine 10 ans a essayé de le tuer.

«Ce fut complètement traumatisant», raconte le soldat de 40 ans en tirant nerveusement sur sa cigarette tandis qu’il évoque cet enfant, l’un des jeunes kamikazes de «Daech».

«Je me suis retrouvé devant des enfants dévorés par la haine. Ils portaient tous des ceintures d’explosifs, tous prêts à mourir. Tirer sur un adulte c’est déjà terrible, alors sur un enfant… Mais nous n’avions pas le choix».

«C’est une barbarie qui ne finit jamais. Cela nous fend le cœur : on sait qu’on se bat contre des enfants qui ont été endoctrinés au nom d’une religion abjecte».

Voilà la réalité de la guerre au nord de l’Irak, où l’EI a jeté dans la bataille tout ce qui lui reste – et tout le monde – pour repousser les forces irakiennes qui reprennent lentement le contrôle de Mossoul et des régions environnantes, dans une guerre sans merci qui a désintégré jusqu’au tissu social de la ville.

Sous le contrôle de «Daech», rien n’a été épargné à ces enfants : pauvreté, malnutrition et cruauté. Ils se sont ensuite retrouvés de force sur le front, pour servir de guetteurs, de combattants, de boucliers humains et de bombes humaines, dès le début de ces violents combats.

C’est cette stratégie qui a détruit la vie familiale dans cette ville et les villages environnants, où «Daech» s’est emparé de ces garçons pour leur inculquer les méthodes de leur «calife».

À Hamam al-Alil, au sud de Mossoul, Amir explique à Middle East Eye comment son propre fils, Mushak, a – à 11 ans – juré fidélité à «Daech», peu après son entrée dans la ville, en 2014.

«Mes enfants ne sont jamais allés à l’école», soupire-t-il, le visage déformé par la fatigue et la douleur.

«Quand Daech est arrivé, mon fils était un petit gars plein de colère, qui ne savait ni lire, ni écrire. Ils lui ont enseigné la haine des infidèles. Ils lui ont appris à tuer».

«En deux ans et demi, il est devenu soldat de la police islamique. Il n’avait même pas 14 ans. J’ai essayé de l’empêcher de jurer fidélité au calife, mais il m’a dit : ‘’Boucle-la ou je te coupe la tête’’».

«Un jour, il a débarqué chez nous un fusil à la main et il m’a menacé – j’avais devant moi un enfant, armé, venu m’interdire, dans ma propre maison, de critiquer Daech – et qui a cassé un bras à sa mère quand elle l’a supplié d’arrêter».

Tous les villages avaient leurs recruteurs, témoigne Amir, avant d’ajouter que plus de la moitié des enfants d’Hamam al-Alil avaient été recrutés, et qu'ils étaient nombreux à n'être jamais revenus.

Amir a perdu son fils : «Je n’ai même pas peur qu’il soit mort. Ça m’est égal. Mushak est une honte pour notre famille».

«Maintenant, tout le monde nous déteste, ici. Nous sommes désespérés : nous ne pouvons même plus sortir faire nos courses, nous vivons cloîtrés chez nous parce qu’on a peur de se faire lyncher en pleine rue. Nous avons tout perdu : un fils, notre foyer, notre honneur, bref, tout».

«Daech» a publié des dizaines d’enregistrements à la gloire de ses brigades de «jeunes lions» – des enfants en uniforme de combat qui s’entraînent à la guerre. Le pire, c’est qu’ils ont été filmés en train de procéder à des exécutions.

On pense que «Daech» a installé au moins un camp pour enfants à Mossoul.

Ceux qui échappent au recrutement n’échappent toutefois pas à la guerre.

Lors d’une percée irakienne passant par al-Shohada, à l’ouest de Mossoul la semaine dernière, chaque maison libérée affichait le tribut payé en jeunes vies : des dizaines de civils, blottis dans l’obscurité, prêts à mourir.

«Daech a instrumentalisé nos enfants pour en faire des boucliers humains», s’écrie Mahmoud, en serrant dans ses bras un soldat qui vient d’entrer dans leur maison plongée dans les ténèbres.

«Ils sont entrés dans notre maison et nous ont forcés à les suivre pour leur éviter de se faire bombarder. Désormais, mon fils ne sait plus dire autre chose que : ‘’Gloire à Daech’’».

«Ils voulaient qu’il devienne un soldat, ils lui ont enseigné les maths pour qu’il compte les balles dans son chargeur. Ils lui ont appris à égorger pour tuer. Quel avenir l’attend, à votre avis ?»

Les menaces continuent de planer même sur les régions libérées par les forces irakiennes.

Il y a deux mois, «Daech» a été chassé de la ville, et Ali a rouvert sa clinique à l’est de Mossoul. Les couloirs sont à l’abandon, les fenêtres ont explosé lors d’un attentat à la voiture piégée qui a tué des soldats irakiens en novembre, mais au moins, il est désormais en mesure de prodiguer les premiers soins.

Cependant, ce médecin de 30 ans ne se sent pas en sécurité, et pas seulement à cause des bombes humaines sur les routes et les explosifs largués par les drones. Il doit maintenant aussi se méfier des enfants.

Il a vu des enfants soldats débarquer dans sa clinique et menacer les médecins. Il pense qu’il s’agit de «recrues» sorties d’un orphelinat local investi par «Daech» quand il contrôlait encore cette zone.

«Ils ont sans doute été recrutés par Daech», explique-t-il. «Les combattants de l’EI ont forcé tous les enfants, garçons et filles, à quitter le bâtiment. Les filles sont devenues des esclaves sexuelles et les garçons des enfants-soldats. Cette génération est une génération perdue».

Ali n’a pas réussi à s’échapper de Mossoul quand «Daech» y est entré en 2014, et il a continué son travail de médecin sous le règne d’Abou Bakr al-Baghdadi. Il sait qu’il est devenu une cible – il en a vu de toutes les couleurs.

«Daech nous hante toujours. Nous savons qui les cache».

Cependant, même s’il craint de se retrouver en face d’un enfant immature, haineux à force d’avoir été endoctriné, Ali s’inquiète bien plus de l’avenir de cette génération perdue.

Pendant les deux ans et demi du règne de «Daech», 30 000 enfants environ sont nés à Mossoul. Aucun d’eux n’a été vacciné contre les terribles maladies accablant les plus faibles : polio, variole et rougeole, entre autres.

Ils n’ont pas non plus de certificat de naissance officiel – les papiers émis par «Daech» n’ont aucune valeur pour les fonctionnaires irakiens et de toutes façons, de nombreux civils ont refusé de déclarer la naissance de leurs enfants, ce qui fait d’eux des apatrides.

À Bartella, ville libérée en novembre à 20 km à l’est de Mossoul, les autorités irakiennes ont créé un bureau mobile offrant aux gens le choix de demander de nouveaux papiers d’identité.

Marwa a trois enfants, tous sans papiers. La plus jeune, Sara, est née après 2014 et sa naissance n’a été jamais enregistrée.

«Mon mari et moi n’aurions jamais accepté que Sara ait un acte de naissance émis par Daech, mais la vie est très dure pour nous, maintenant », déplore-t-elle.

«Je viens ici tous les jours depuis janvier et personne n’a su répondre à mes questions. Les officiers du renseignement m’ont interrogée une douzaine de fois et ont vérifié que ma famille n’avait aucun lien avec Daech. Mais pas d’ombre d’un papier pour l’instant».

Les parents doivent eux aussi remuer ciel et terre pour récupérer leurs papiers. À Mossoul, beaucoup de gens ont vu leur carte d’identité irakienne détruite par «Daech», qui leur a ensuite délivré de nouveaux papiers, qu’ils ont à leur tour détruits à l’approche des forces irakiennes, de crainte d’être soupçonnés d’appartenir à «Daech».

Aisha Salman serre dans sa main une photo de son fils en attendant de déposer sa demande de papiers.

Il a été abattu par les combattants de «Daech», quand ils ont appris que son père était dans l’armée.

«Quand mon fils est mort, un militant de Daech lui a volé ses papiers», explique-t-elle.

«Ils ne se sont pas contentés de lui ôter la vie, ils lui ont aussi volé son identité. Aujourd’hui, la mémoire de mon fils est souillée par l’un de ces meurtriers. Et je ne sais pas comment lui faire justice».

Source : middleeasteye

30-03-2017 | 14:50

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=22555&cid=358#.WN01DvmLQ2w


 

DANS LE XINJIANG LA CHINE NE PLAISANTE PAS AVEC LE TERRORISME BARBU

Dans le Xinjiang, la Chine «tient» les terroristes par la barbe

 Depuis 4 heures  30 mars 2017

service

 Asie et Afrique - Chine

no author

Dans la région autonome chinoise du Xinjiang, à majorité musulmane, la lutte contre la menace extrémiste a débouché sur l’adoption de tout d’ un train de mesures restrictives, parmi lesquelles l’interdiction des « barbes anormales » semble être une des plus innocentes.

Selon le site local ts.cn, l’Assemblée populaire du Xinjiang (Chine) a adopté mercredi 29 mars un ensemble de règles dans le cadre de la lutte antiterroriste qui entrent en vigueur le 1er avril.

Outre le port d’une «barbe anormale», les interdictions de l’Assemblée populaire concernent la diffusion de lde l’idéologie extrémiste, l’ingérence dans la liberté de conscience d’autrui, l’ingérence celle dans les cérémonies funéraires ou le mariage d’autres personnes, ainsi que «le rejet de la radio et de la télévision ».

Parmi d’autres mesures restrictives, citons l’interdiction de porter en lieu public les vêtements couvrant entièrement le corps ou des emblèmes extrémistes, celle des mariages religieux ou l’ingérence dans le système d’instruction d’État ou la politique de contrôle de naissance, entre autres.

L’adoption de ce code de lutte contre l’extrémisme avait été annoncée beaucoup bien avant 2017. En août 2016, les autorités du Xinjiang ont adopté leur version de loi antiterroriste. Mais la différence entre cette loi et le code de lutte contre l’extrémisme consiste dans le fait que ce dernier vise à prévenir la propagation des idées extrémistes tandis que la loi met l’accent sur la lutte contre l’activité terroriste.

Selon les autorités chinoises, le Xinjiang est le territoire où s’est implanté lehéberge des membres du groupe terroriste Turkestan oriental accusé par Pékin de tentative de scinder le pays et de liens avec les organisations terroristes internationales, notamment Al-Qaïda. Selon les médias, le Turkestan oriental recrute des habitants locaux envoyés ensuite dans des camps d’entraînement en Syrie et en Irak.

http://french.almanar.com.lb/329096


 

JACQUES-MARIE BOURGET SUR LA PALESTINE : "50 ANS DE RESISTANCE... ET ON NE LACHERA PAS"

29 mars 2017

Jacques-Marie Bourget sur la Palestine : "50 ans de résistance... et on ne lâchera pas"

Le journaliste Jacques-Marie Bourget fustige, dans une tribune à paraître dans "Afrique Asie", et dans son style au vitriol, les pressions exercées par le lobby israélien sur le gouvernement français pour obtenir l’interdiction du rassemblement de ce samedi pour les droits des Palestiniens. Rassemblement, Place du Chatelet à partir de 14 H, au cours duquel Jacques-Marie Bourget prendra la parole.


Actuellement François Hollande apparait un peu mou de la bombe. Après avoir rêvé de lâcher ses « Rafale » sur Damas, puis pilonné le Mali, la Syrie et l’Irak -et applaudi au carnage du Yémen- cet homme de fer est-il soudain résilient ? En panne ? Je lui confie donc une idée : si tu allais écrabouiller les supporteurs du Celtic de Glasgow… Voilà des mal-élevés qui s’entêtent à brandir des drapeaux palestiniens dans leur stade de foot, à hurler vive le BDS ! Des criminels de guerre en devenir, qu’il faut d’urgence punir. Et d’une double peine puisqu’ils sont d’une origine sociale qu’Hollande méprise. Tous ces égarés sont des prolétaires, fils ou filles d’hommes rudes : des « sans dents » descendants de « sans dents », aussi des supporters de l’Irlande libre.

Hollande ne doit pas oublier sa promesse d’un soir où, en goguette chez les Netanyahou, il a déclaré la main sur la pochette de son petit costume : « Je ne sais pas chanter mais suis prêt à apprendre pour louer la gloire d’Israël ! » Mauvais karma, à l’époque on trouvait à ses côtés, en témoin, une fille d’édentés, Valérie Trierweiller. Allez Président avec dents, fais-nous plaisir. Faute de raser les hooligans du Celtic sort au moins l’article 16 de la boite à pharmacie de l’Elysée, proclame un édit que je rédige pour toi : « Toute manifestation de soutien à la Palestine est interdite à vie sur l’ensemble territoire de la France ». Ah ! Qu’est-ce que l’on perd comme temps en formalités.

Car, au pays dit des « Droits de l’Homme », le processus d’interdiction de manifester toute forme de soutien au peuple colonisé par Israël est en marche. Pour rire, déposez donc un projet de réunion publique dans une préfecture hexagonale et vous verrez. C’est non. Au mieux à trois heures du matin dans les ruines d’une friche industrielle, autrement dit sur la lune. Soyons clair, estimer que le sort fait à la Palestine est illégal et injuste est devenu une affirmation antisémite. Fini le temps où Valls plantait des arbres pour soutenir les frères de Gaza et Ramallah. Les oliviers sont coupés. Nous avions alors de 7 à 77ans, nous défilions en hurlant librement et sans ombre, sans ambiguïté ni arrière-pensée pour la Palestine. En ces années nous n’étions pas « antisémites » et l’idée de nous accuser de cette monstruosité ne venait à personne. Nous n’avons pas changé et pourtant nous sommes aujourd’hui ceux que l’on stigmatise. Les réprouvés criminalisés.

Que nous est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé à une cause historiquement et juridiquement irréfutable devenue interdite ? Tout a basculé à la chute du Mur. Le communisme est mort, confinant son utopie aux mètres cubes du mausolée de Lénine. Une partie du monde, une partie des êtres, a alors cessé de rêver le meilleur pour les autres, se consacrant maintenant à l’examen studieux de son nombril. L’attentat newyorkais du « 11 Septembre » a été le coup de grâce de la « cause » palestinienne. Désormais tout citoyen né dans un monde dit « arabe » est un terroriste, comment le défendre même s’il a des droits. Un fils de philistin, combattant pour sa liberté depuis près d’un siècle, devenait de facto un barbare d’al-Qaïda ou de Daesh. Principe de précaution : il faut claquemurer cette engeance sous un sarcophage digne de Tchernobyl.

Et nous, vieux citoyens du monde, vieux marxistes, vieux anars, vieux cathos vieux gaullistes et vrais démocrates, nous survivants, il nous faut, dans notre Arche de Noé, tenter de maintenir en vie l’idée de lutter pour une Palestine sauve et libre. Difficile, cruel et même dangereux. Qu’un ministre Turc vienne en France pour faire la campagne des Frères Musulmans, c’est « oui » pour le meeting (et tant mieux). Qu’une ONG veuille manifester contre la mort qui tombe en Palestine…dans une inversion et une perversion du droit, c’est alors « non ».

Nous aussi sommes face à un mur, par exemple celui maçonné par Nathalie Kosciusco-Morizet, une élue qui a appris de Fillon l’honnêteté et l’art de manier la truelle dans les salons de la haute bourgeoisie. Suite à une manifestation qui a quand même pu se tenir à Paris, voilà ce que cette amie de la liberté écrit : 
« Alors que le Premier ministre avait annoncé que des dispositions seraient prises pour empêcher ce type de rassemblement, une manifestation a pu se tenir ce week-end dans les rues de Paris. La prolongation de l’état d’urgence vous donne pourtant, monsieur le Préfet de Police, les moyens de les interdire »… « Je vous demande de n’autoriser aucun rassemblement appelant au boycott de l’Etat d’Israël et de poursuivre systématiquement tout rassemblement non autorisé incitant à la haine envers un Etat démocratique et reconnu ».

Selon un mode de dénonciation que nous avions oublié, voilà un ordre donné à un fonctionnaire qui ne peut que dire « amen » sans être suicidaire.

Si, un préfet un peu sourd ou simplement amateur de droit, avait mis la missive de NKM au panier, la piqûre de rappel est automatique. Cette fois c’est Francis Kalifat, président qui s’autoproclame « représentatif » des juifs de France, qui s’y colle. Autre courrier timbré au préfet, au sujet de ces malheureux (mais courageux) rassemblements, tenus pour une Palestine à décoloniser :
"Outre le côté illicite du boycott et le caractère antisioniste visant à contester l’existence même de l’Etat d’Israël, ces manifestations sont clairement antisémites et visent à stigmatiser les Français juifs. Je compte sur votre intervention rapide, énergique et définitive pour que cesse dans les rues de Paris cette parole antisémite."

C’est écrit : protester contre le phosphore quand il tombe sur Gaza, c’est être antisémite.

Parfois c’est l’étranger qui se mobilise contre les amis français de la liberté. Ainsi, convaincue d’être un ministre de la France, Aliza Bin-Nun, ambassadrice d’Israël à Paris, début mars, écrit à neuf maires tricolores, afin de les sommer d’interdire toute manifestation ayant pour cadre « La semaine contre l’apartheid israélien ». Menaces efficaces puisque des édiles sans courage, des responsables d’université pleutres, ont refusé aux militants le droit de se réunir.

Face à cette solitude, celle du marcheur qui touche le fond, le soutien du « monde Arabe » serait un renfort utile. Ne rêvons plus, il est advenu. Un rapport publié, sous le sigle de l’ONU, présenté par la Commission Economique et Sociale pour l’Asie, écrit « Israël est coupable de politique et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ».... et qu’il faut que l’ONU « soutienne la campagne BDS, la campagne de boycott d’Israël » Un « crime antisémite », à mettre au compte de musulmans puisque 18 pays arabes figurent dans le groupe qui a émis le rapport. Aussi sec Antonio Gutteres, le nouveau pantin nommé à la tête des Nations Unies, s’insurge contre l’offense. Rima Khalaf, l’économiste jordanienne qui préside la Commission, est priée de retirer l’insupportable rapport. Courageuse la dame refuse. Gardant intact son honneur elle quitte l’ONU : « Je démissionne parce qu’il est de mon devoir de ne pas dissimuler un crime, je soutiens toutes les conclusions du rapport. »
Grand malaise à New York, au siège du « gouvernement mondial ». Pour le compte de la Commission le rapport a été rédigé par les professeurs américains Richard Falk et Virginia Tilley, deux grands experts du droit international qu’il est difficile de contester. Dès le rapport publié, les autorités israéliennes réutilisent une fois encore l’arme de l’injure antisémite. Dans le meilleur des cas le rapport siglé ONU est, selon les amis de l’extrême droite israélienne, « digne du Der Stürmer », un journal nazi du III e Reich. Si ce constat agace tant l’état hébreu et ses amis c’est qu’il remonte en surface l’image d’un d’apartheid. Une comparaison et un jugement déjà formulés par Jimmy Carter et évoqué par Kerry lui-même.

En France, où comparaison ne vaut pas raison, la classe politique -hors Mélenchon, le PCF, les trotskistes et les anars- ne veut même pas cligner des yeux sur cette image : Israël est l’état du juste et du bien. Et si pour conclure et montrer le chemin parcouru à reculons, j’évoque Sabra et Chatila et rappelle aux amnésiques qu’en décembre 1982 l’Assemblée de l’ONU a qualifié ce massacre « d’acte de génocide », je risque fort, si des NKM s’en mêlent, de me retrouver devant un tribunal correctionnel pour propos « antisémites ».

PS. Bien qu’ils soient les promoteurs de la colonisation de la Palestine, les anglais se montrent plus sourcilleux que la France sur ce droit à manifester. Les militants britanniques, ceux qui soutiennent le BDS, ont été autorisés par la justice à poursuivre le gouvernement quand il s’oppose au droit de prôner le boycott.

Jacques-Marie Bourget (article à paraître dans le magazine "Afrique Asie"

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article12830


 

RENCONTRE ENTRE DES REPRESENTANTS DU JIHAD ISLAMIQUE ET DU HEZBOLLAH LIBANAIS

Liban: Rencontre entre des représentants du Jihad islamique et du Hezbollah

 Depuis 3 heures  30 mars 2017

missileshezbollah

 Liban - Moyent-Orient

Une délégation du Hezbollah, présidée par Khalil Hossein, responsable de presse de la Résistance s’est entretenue avec l’un des cadres du mouvement palestinien du Jihad islamique, Abou Samer Moussa. La rencontre a eu lieu dans le bureau du Jihad islamique de la Palestine dans le camp d’Al Rachidiya.

Selon Alwatanvoice qui rapporte cette information, les deux parties ont abordé la situation politique, sociale et sécuritaire en général et surtout dans les camps des réfugiés palestiniens.

Cette rencontre revêt de l’importance dans le contexte où un  » projet régional et international » se prépare « pour neutraliser les acquis de ces dernières années de la Résistance ».

Pour le Hezbollah libanais et le Jihad islamique de la Palestine, « Israël reste le principal ennemi du monde musulman », ce qui revient à dire que « la cause palestinienne est la première préoccupation des musulmans » et que le fait de vouloir « la reléguer au second plan est totalement inadmissible ».

La rencontre a eu lieu à peine quelques heures après les propos tenus par le numéro deux du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem qui « n’écartent pas les risques d’un démembrement de la Syrie » :  » Les différentes parties impliquées dans la crise n’ont pas encore finalisé toutes leurs options. Les Américains mènent un jeu trouble qui ne peut être déchiffré au moins dans l’immédiat et partant de là, il existe encore des risques d’une dislocation de la Syrie ».

Interviewée par la chaine Al Mayadeen, le numéro deux du Hezbollah a dénoncé Riyad pour « s’être gravement trompé » et « avoir commis des crimes et des atrocités » :  » Il va dans les intérêts de l’Arabie saoudite de cesser ses crimes. Ceci étant dit, le Hezbollah ne place pas l’Arabie saoudite à la même enseigne qu’Israël », ennemi numéro un des pays musulmans.

Selon ce responsable du Hezbollah, les  » relations entre le Hamas d’une part et le Hezbollah et l’Iran de l’autre se sont améliorés  » :  » Ces relations n’ont jamais été rompues, mêmes au pire moment, surtout avec la branche militaire du Hamas, les Brigades al-Qassam »

L’un des hauts commandants des brigades Qassam, Yahya Sinouar, a été récemment nommé à la tête du bureau politique du Hamas, réputé dans le temps d’être partisan du compromis avec l’Iran.

Avec PressTV

http://french.almanar.com.lb/328986


 

MANUEL DE DIEGUEZ : DU TARTUFFISME SACERDOTAL AU TARTUFFISME JUDICIAIRE

Du tartuffisme sacerdotal au tartuffisme judiciaire

 

 

 

De tous temps, en tous lieux et sous tous les régimes, l'appareil judiciaire s'est mis au service de l'Etat du moment. Monarchique sous la monarchie, louis-philippard sous la Restauration, anti-dreyfusard du temps de l'affaire Dreyfus, ennemi de la Commune à l'heure des "Communards", unanime dans son sermon d'obéissance à Vichy. La spécificité du tartuffisme judiciaire d'aujourd'hui tient au fait qu'il intervient directement dans la volonté de porter à l'Elysée un jeune homme de trente-huit ans, introduit par Jacques Attali dans le groupe Rothschild, où il a exercé la fonction centrale de banquier d'investissement, autrement dit, de banquier d'affaires.

La fortune totale du groupe Rothschild est estimée à quelque cent cinquante millions de milliards de dollars. J'ai bien dit cent cinquante millions de milliards de dollars, c'est-à-dire quinze suivi de seize zéros. C'est rappeler que ce groupe est le vrai maître du marché français, européen et même mondial. A ce titre, il est devenu l'actionnaire majoritaire de quatre-vingt dix pour cent des banques centrales de toutes les nations du globe terrestre.

Si l'on se souvient que Georges Pompidou, ex-banquier d'affaires lui aussi du même groupe Rothschild, avait imposé à la France l'interdiction d'emprunter à sa banque centrale et l'avait contrainte à se donner le "marché" pour créancier exclusif, on comprend que le paiement des seuls intérêts de la dette de la France auprès des banques privées soit rapidement devenu le tribut ou le bât du déficit budgétaire annuel de la nation.

Depuis le 3 janvier 1973, date de la loi "Pompidou- Rothschild" la France a payé plus de mille cinq cents milliards d'euros d'intérêts aux banques privées. Le service de la dette est devenu le budget le plus considérable du pays: il dépasse celui de l'éducation nationale et de tous les autres ministères réunis. Il représente plus de quarante cinq milliards d'euros par an pour le seul paiement des intérêts. Michel Rocard déclarait en décembre 2012 sur Europe1 que sans cette loi notre dette se situerait à un niveau "bénin", de "16 ou 17 % du PIB". Actuellement, la dette de la France frôle les cent pour cent de la production totale de l'année.

Quelle était, en 1973, l'argumentation, sinon conjointe, du moins parallèle, du groupe Rothschild et de l'Elysée? Il serait absurde de soupçonner Georges Pompidou d'avoir fait passer les seuls intérêts des banques avant ceux de la France. Georges Pompidou était un vrai gaulliste et un érudit. Passionné de grec, quel aurait été son destin s'il était entré à l'école normale supérieure dont les portes lui étaient grandes ouvertes? Mais il n'a pas renoncé à sa vocation littéraire: au cours de son mandat il a publié une anthologie de la poésie française d'une sûreté de goût exceptionnelle. Mais, à l'instar des banquiers du groupe Rothschild, il savait que tous les Etats sont tentés de dépenser davantage qu'ils ne gagnent.

Depuis que l'art de frapper monnaie s'est confondu avec celui de fabriquer de la monnaie fiduciaire, la prodigalité des Etats n'a plus connu de bornes. Du coup, leur tentation est devenue irrésistible de vaporiser leurs dettes par l'inflation afin de rembourser leurs créanciers en monnaie de singe. Sous l'occupation, le franc français était demeuré relativement stable. Mais, sitôt la guerre terminée, on a vu notre monnaie se dévaluer sur le modèle des assignats de la Révolution et ruiner les épargnants.

En 1958, à l'heure du retour au pouvoir du Général de Gaulle, la monnaie française avait perdu quatre-vingt dix-neuf pour cent de sa valeur face au franc suisse. En rétablissant la parité entre le franc français et le franc suisse et en créant ce qu'on appelait le franc fort, le Général de Gaulle était si peu parvenu à rétablir durablement la parité entre les deux monnaies sur le marché des changes, qu'il avait suffi de quelques années pour retrouver la tradition de la chute du franc gaulois dans l'abîme. Du temps où le Premier Ministre de M. Giscard d'Estaing s'appelait Raymond Barre, l'inflation française s'élevait à quatorze pour cent par an.

Aussi Georges Pompidou croyait-il sincèrement qu'à contraindre l'Etat à emprunter sur le marché, il porterait un coup décisif aux Etats dépensiers. Il se souvenait surtout de ce qu'entre 1945 et 1958, plusieurs centaines de milliers de petits épargnants français avaient été ruinés par la fonte de la monnaie nationale et pour avoir souscrit des emprunts d'Etat qu'on leur disait gagés par l'or de la banque de France. Et c'était cette blessure profonde qu'il fallait tenter, disait-il, de cicatriser.

Or aujourd'hui, la banque centrale européenne se trouve dirigée par M. Draghi, ancien banquier d'investissement de la banque américaine Goldman Sachs. Que signifie l'envoi récent et en avant-garde d'un José Barroso, ancien Président de la Commission européenne de Bruxelles, à titre de caution du caractère soi-disant européen de la banque, alors que Barroso n'a jamais été qu'un agent déguisé du Pentagone et un fidèle exécutant des volontés de l'empire militaire mondial qu'on appelle les Etats-Unis?

M. Draghi jette sur le marché dix-sept milliards d'euros papier par semaine, sous le prétexte d'une politique d'investissement, dont personne n'a vu la couleur.

En réalité, grâce au fruit de la planche à billets électronique, le but de l'opération était, à l'image de ce que font la Banque d'Angleterre et la Réserve fédérale américaine, de racheter des titres obligataires, c'est-à-dire des bons du Trésor et divers titres d'entreprises irrécupérables appelés "titres pourris". M. Draghi espérait par cette opération à destination des banques privées, "débloquer les circuits du crédit", c'est-à-dire les inciter à se montrer plus dynamiques dans la distribution de crédits aux entreprises.

Mais l'objectif des banques privées est autre. Trop heureuses de se débarrasser de leurs titres toxiques, elles se montrent encore plus frileuses dans l'attribution de crédits, si bien que le marasme économique perdure. Les banques, une fois de plus, sont les seules bénéficiaires de la politique dite de quantitave easing (QE), ce que la langue de Molière traduit par "laxisme monétaire". Les banques ne sont intéressées que par leurs propres bénéfices.

La Suisse, à laquelle on ne fera pas prendre des vessies pour des lanternes, a aussitôt compris que l'histoire de la République de Weimar allait reprendre son cours, a décidé sur l'heure de renoncer au taux de change fixe qu'elle avait accepté d'établir avec l'euro. Sa monnaie s'est immédiatement trouvé revalorisée de plus de vingt pour cent.

On voit quel péril la banque centrale européenne actuelle fait courir à l'euro en renforçant momentanément par contre coup le pouvoir du dollar sur le plan international: aussi l'Allemagne est-elle allée jusqu'à menacer M. Draghi de lui intenter un procès. Naturellement, cette menace s'est tout de suite ensablée, parce que Mme Merkel ne saurait à la fois se présenter en apôtre de l'américanisation de l'Europe et en défenderesse de la solidité de l'euro comme monnaie de réserve.

L'euro dévalué rejoint la catastrophe financière prévisible contre laquelle la loi Pompidou- Rothschild de 1973 était censée lutter. Car à l'heure où l'euro sera devenu une monnaie aussi fictive que le deutschemark sous la République de Weimar, à l'heure où l'euro papier rivalisera, si je puis dire, avec un dollar papier, tout le monde comprendra que l'euro se trouvera réduit au rang des assignats. L'euro aura seulement permis à tous les grands et petits commerçants de France et de Navarre de confondre dans les esprits un euro avec un franc, ce qui a conduit, par exemple à augmenter le prix des pommes de terre de mille trois cents pour cent.

Le mythe d'un euro fort était censé créer une identité européenne. Grâce à l'euro surgirait par miracle une identité commune, donc un patriotisme européen. Or, déjà l'extrême gauche allemande descend dans la rue afin de défendre l'alliance future du parti avec les identités nationales renaissantes partout en Europe.

A l'origine, la double nationalité franco-suisse se trouvait pratiquement seule en lice, tellement elle demeurait inoffensive pour tout le monde. Mais même les petits pays d'Amérique centrale refusaient farouchement toute bi-nationalité de leurs ressortissants. On comprend qu'à l'heure où des millions d'Algériens et de Marocains en France et des millions de Turcs en Allemagne considèrent seulement la France ou l'Allemagne comme un ajout secondaire à leur nationalité originelle, comme l'a rappelé récemment l'actuelle Ministre de l'éducation nationale, Mme Vallaud Belkacem, l'unité psychologique des nations se trouve pratiquement anéantie. Ainsi, Mme Vallaud Belkacem a déclaré qu'elle se sentait marocaine, mais qu'elle était en France pour faire carrière.

Du reste, M. Erdogan a déjà appelé les Turcs d'Europe à porter à cinq enfants au minimum la fécondité des femmes turques sur le continent européen afin de modifier la définition même des identités nationales.

Le Président Donald Trump avait rappelé avant son élection, que l'Europe ne sera jamais une nation, mais seulement une société anonyme présidée par un conseil d'administration, donc livrée à l'anonymat et à l'irresponsabilité d'une bureaucratie dépourvue de toute autonomie politique réelle.

C'est dans ce contexte que la gigantesque hallucination collective et la bénédiction judiciaire de la candidature à l'élection présidentielle d'un Emmanuel Macron, ancien élève des Jésuites, armé d'un slogan digne d'un gentil scoutisme - "En marche" - prennent tout leur sens. Car aussi longtemps que le principe de la présence militaire éternelle des Etats-Unis en Europe ira de soi, tout ce théâtre de pseudo "marcheurs" nous rappellera l'opéra Aida de Verdi, dans lequel une troupe piétinante chante en chœur et à tue-tête: "Marchons, marchons".

Le 31 mars 2017
http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/decodage/tartuffes.htm

 


 

SOLIDARITE AVEC LA GREVE GENERALE DU PEUPLE GUYANAIS

Grève générale en Guyane : la convergence des luttes en action

PAR  LE  • ( 3 COMMENTAIRES )

Un proverbe guyanais dit : « Jwé bien ké makak mé pa pilé so latjo. » La traduction française donne : « Jouez tant que vous voulez avec le singe mais ne lui marchez pas sur la queue. » À l’instar de Mayotte, qui avait vécu l’an dernier une période de mouvements sociaux visant à alerter les pouvoirs publics présents en métropole sur leurs problématiques sociales particulières, la Guyane est actuellement sous le feu de trop rares projecteurs – et des projecteurs seuls, cette fois – médiatiques, tandis qu’une grève générale et reconductible a commencé Lundi 27 mars 2017. Le tout dans une totale indifférence de la part de ladite métropole, indifférence qui n’est pas sans rappeler celle qui avait fait écho à la grève générale dans les Antilles françaises en 2009.

La Guyane, département français (à l’heure où Emmanuel Macron fait de cette dernière une île, il nous semble utile de le rappeler), doit composer avec l’ensemble des fléaux qui ont prise sur le territoire national métropolitain, tout en étant contrainte de conjuguer ces derniers avec d’autres problématiques que nous ne connaissons pas ici – ou que nous connaissons du moins certainement bien moins.

Guyane mon amour

La Guyane, qui compte un peu plus de 200 000 habitants, ne fait qu’exprimer là un mal qui la ronge depuis plusieurs années. En 2015, le taux de chômage était déjà estimé entre 20 et 25 % de la population, tandis que les 15-24 ans représentaient près de la moitié de la population au chômage sur le territoire. Un jeune sur deux, donc, est contraint de survivre grâce à la solidarité familiale et la décence commune, vivotant sous perfusion des redistributions sociales que représentent RSA et diverses aides du même type. Le taux de pauvreté annoncé par les rares médias qui daignent parler de la situation guyanaise serait quant à lui à recalculer, selon le Centre d’observation de la société« Selon l’Insee, le taux de pauvreté s’élève à 19 % en Guadeloupe, 21 % en Martinique et 44 % en Guyane. Les deux premiers départements se situeraient au niveau de ceux du Nord ou de l’Hérault en métropole. Pour arriver à ces taux, l’Insee n’a pas retenu le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian national (997 euros en 2011), comme c’est le cas pour les autres départements français, mais à 60 % du niveau de vie du territoire concerné. En Martinique, le seuil de pauvreté tombe à 615 euros, en Guadeloupe à 588 et en Guyane à 558 euros. Si on utilisait le seuil national, le taux de pauvreté serait ainsi de 33 % selon les évaluations du Compas 3 et non de 21 % comme l’indiquent les données de l’Insee. »

Ainsi, ce serait donc au moins la moitié de la population qui serait actuellement sous le seuil de pauvreté. Un chiffre tout simplement hallucinant. Le même son de cloche émane – et résonne avec une douloureuse intensité – lorsque l’on se penche sur les chiffres concernant la criminalité, qui ne fait que s’aggraver d’année en année. Le ministère de l’Intérieur recensait ainsi 42 homicides en 2016, et comptabilisait une moyenne de 3 vols pour 1000 habitants, soit un chiffre dix fois plus important que celui qui concerne la seule métropole. « Avec 42 homicides en 2016 contre 38 en 2015, la Guyane est le département le plus meurtrier de France en valeur relative – c’est-à-dire au regard de sa population – […] et même sans doute en valeur absolue […]. Même Marseille et les Bouches-du-Rhône réputées pour leur violence sont en dessous des chiffres guyanais », a déclaré le procureur de Cayenne Éric Vaillant. »

Il convient d’ajouter à ce tableau, en toile de fond, un problème social causé par un nombre de migrants en hausse constante, dont la majorité arrive de Haïti, du Suriname, du Guyana, et du Brésil enfin. L’enregistrement des demandes d’asile (+ 100 % en 2016) a ainsi dû être arrêté en novembre 2016, Cayenne se plaçant de fait juste derrière Paris en termes de position des guichets d’accueil français. En cause, l’arrêt des travaux sur les chantiers brésiliens, lancés pour accueillir la Coupe du Monde de football et les Jeux olympiques, qui ont jeté au chômage les milliers d’ouvriers déplacés au gré des différents marchés. Les infrastructures sont désormais à l’abandon, et la main-d’œuvre ne l’est pas moins. « La saturation de la branche d’activité “publique” (40 % des emplois) se superpose à l’arrivée massive d’actifs jeunes (15-20 ans) issus de la dynamique démographique, à partir des années 1980. Elle résulte des effets conjoints du phénomène de transition démographique et de l’immigration spontanée. »

Cette crise de l’immigration se fait dans les deux sens : alors qu’on assiste aux volontés d’arrivée d’un nombre toujours croissant de demandeurs d’asile, énormément de Guyanais – notamment la jeunesse ayant eu accès aux études supérieures – quittent le département afin de rejoindre, pour l’essentiel, la métropole. Ce va-et-vient constant plonge de fait la Guyane dans une situation complexe, qui lève le voile sur une crise structurelle identitaire. « Si, à la fin des années 1970, les Créoles représentaient environ 70 % de la population guyanaise, en 1999, la croissance démographique a ramené ce pourcentage à 45 %. »

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Enfin, précisons que l’effort total de la nation en direction de l’outre-mer en 2013, à savoir 22,5 milliards d’euros, ne représente guère que 2,2 % des 1000 milliards d’euros de dépenses de l’État et de la sécurité sociale, et ce en direction d’1,9 million d’habitants sur les quelque 67 millions d’habitants que compte la France, soit plus ou moins 4 % de la population française. En déduire que ces territoires coûteraient cher à la collectivité est un argument au moins aussi crédible que celui qui dirait qu’il convient d’expulser la Creuse de la France, et c’est un trompe-l’œil qui vise à détourner le regard des problématiques réelles qui sont celles auxquelles ces territoires sont confrontés. L’alibi raciste pour éviter la question sociale, bis repetita placent. Certains de ces territoires se sont d’ailleurs exprimés quant à leur volonté d’indépendance : les résultats sont sans appel quant à la Guadeloupe dont 73 % des votants a plébiscité le « non » ; ils sont plus mitigés mais négatifs pour ce qui est de la Martinique qui a comptabilisé 50,48 % de « non ». Ces choix se doivent d’être respectés et toute volonté de la part des métropolitains d’exclure ces territoires de la nation ne saurait être vue autrement que comme une forme de colonialisme inversé.

Blocages et volonté de convergence

L’Union des travailleurs guyanais (UTG), une organisation syndicale proche de la CGT qui regroupe 37 syndicats sur le territoire guyanais, a voté le samedi 25 mars 2017 à l’unanimité la grève générale qui a commencé deux jours plus tard. Afin d’essayer de réduire la tension et surtout afin de ne pas prendre le risque de voir la situation s’embraser devant l’échéance proche de l’élection présidentielle, le gouvernement et la préfecture ont mandaté une délégation sur place tout en exigeant que soit remis un cahier de revendications qui recenserait toutes les attentes du peuple guyanais. La délégation est conduite par Jean-François Cordet, préfet de Guyane de 1992 à 1995, et composée entre autres du général Lambert Lucas, l’ancien commandant de la gendarmerie de Guyane, et de Joël Barre, ancien directeur du centre spatial guyanais. Quatre autres fonctionnaires finissent de composer cette délégation. On le note et cette note ne manque pas de nous dire le profond mépris que semble représenter la grogne guyanaise : aucun ministre ne compose la délégation. Le sénateur Antoine Karam n’a d’ailleurs pas manqué de le dire : « Si la délégation n’est pas conduite par au moins un ministre de la République, comme tout le monde le réclame depuis des jours, ça ne m’intéresse pas. » Même son de cloche du côté des barricades, où le peuple reçoit ce signe évident de mépris avec une juste colère et une volonté farouche d’accentuer la lutte. Ainsi, 13 des 22 maires de Guyane ont repoussé l’offre, refusant de rencontrer cette délégation et appelant en parallèle le gouvernement à missionner sur place les ministres en charge des différentes problématiques soulevées par le mouvement, sans passer par les représentants de représentants qui les représenteraient.

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Le mouvement social, placé sous l’égide des principaux syndicats guyanais est en phase de parvenir à paralyser totalement tous les secteurs de l’économie, et de faire converger leurs différents acteurs vers une unification des luttes. Ainsi, beaucoup de commerces sont actuellement fermés – on a ainsi pu voir de nombreuses vidéos dans lesquelles de simples citoyens participaient à la fermeture de diverses enseignes de la ville de Kourou – tandis que de nombreux établissements publics sont rendus inaccessibles, soit que leurs employés se soient mis en grève, soit que l’accès aux bâtiments ait été rendu impossible par les blocages. Les entrées de plusieurs villes sont paralysées, grâce à un dispositif de blocus de différents rond-points, à l’image de la lutte menée autrefois par les piqueteros argentins. On y trouve réunis aussi bien des salariés en grève que des chômeurs, mais aussi un collectif qui agit sous le nom de 500 frères et qui réclame que soit accentuée la lutte contre la délinquance, ou encore un collectif appelé les Toukans de Kourou qui réclame l’implantation d’un commissariat dans la ville de Kourou. Ce dernier réclame également le gel de la vente du CMCK (l’hôpital de Kourou) par la Croix-Rouge à Rainbow Santé, défendant ainsi l’accès au soin de la majeure partie des habitants guyanais. Les Iguanes de l’Ouest, quant à eux, appellent à la création d’un commissariat et d’une prison à Saint-Laurent.

Une réelle convergence des luttes (à l’état de jachère en métropole) semble se dessiner. Dans le même temps, des locaux de la Direction de l’agriculture sont également bloqués par des agriculteurs qui dénoncent des refus d’aide et une situation qui devient désespérée : ils appellent ainsi l’État français à accélérer le déblocage de toutes les aides du PDRG (Programme de développement rural de Guyane), ainsi que des avances de trésorerie au titre des aides à l’agriculture. Le port de Dégrad des Cannes est quant à lui bloqué par des transporteurs inquiets de la répartition des marchés du chantier du futur pas de tir d’Ariane 6. Dénonçant le vol de leurs terres, les Amérindiens ont également appelé à la mobilisation des leurs, dénonçant un projet de plus, et donc de trop, d’extraction aurifère jugée inutile. Les orpailleurs représentent l’une des nombreuses plaies qui gangrènent le département, et Reporterre titrait ainsi à ce propos le 5 avril 2016 : « La forêt guyanaise menacée par les mines d’or ». L’article disait en effet : « L’orpaillage illégal constitue un pan important de l’exploitation aurifère en Guyane. Les garimpeiros, orpailleurs clandestins venus du Brésil voisin, extraient chaque année entre 5 et 10 tonnes d’or. En décembre 2015, l’opération militaire Harpie de lutte contre l’orpaillage illégal recensait 204 sites d’orpaillage clandestin disséminés dans l’intérieur de la Guyane, dont la moitié dans le périmètre du Parc national amazonien. L’orpaillage illégal, qui entraîne pollution au mercure et violences affectant dramatiquement les populations autochtones, sert régulièrement d’argument pour les tenants d’un orpaillage légal décomplexé. “Le dogme, c’est : mettez des légaux à la place des illégaux, commente Patrick Monier, cofondateur de l’association de protection de l’environnement Maïouri nature Guyane. Dire qu’on va envoyer du monde sur le terrain pour l’occuper est un moyen d’entrer dans le Parc amazonien de Guyane et d’y obtenir plus de km2 de permis.” »

Signe fort de la volonté d’enclaver le département en éludant simplement de parler des problèmes qui y sont légion, la médiatisation du mouvement a démarré uniquement lorsque la fusée Ariane a été contrainte de repousser son lancement, le site ayant été rendu inaccessible à cause d’un barrage situé à l’entrée du Centre spatial guyanais de Kourou et d’une grève en cours au sein de la société Endel, filiale du groupe Engie (il est à noter que les revendications des salariés du groupe ont été entendues, mais que ces derniers ont décidé de ne pas reprendre le travail, en solidarité avec le reste de la population). Le symbole est fort : la présence de ce centre est l’objet de jalousie de la part de différents pays du monde, et notamment des États-Unis, en ceci que sa situation géographique – à quelques kilomètres seulement de l’équateur – en fait le port spatial le plus performant au monde. Que ce soit la fusée Ariane 5 ou le vaisseau spatial Soyouz, tous sont lancés ou ont été lancés depuis le Centre spatial guyanais, et ce dernier assure ainsi à la France une position de première importance dans l’industrie spatiale.

On le voit, cette lutte rassemble à la fois les classes laborieuses et les cadres qui participent à l’industrie spatiale, les défenseurs de la forêt guyanaise – forêt équatoriale qui est encore aujourd’hui parmi les plus riches et les moins écologiquement fragmentées au monde – et des militants qui réclament davantage de moyens pour résorber la délinquance et la violence endémique qui frappent ce territoire. Il faut espérer qu’une réelle convergence de tous ces acteurs se fasse, et que la situation sur place ne se tarisse pas avec le temps et l’inéluctable tentative d’étouffement à venir par les pouvoirs publics.

À l’image des banlieues françaises, les territoires (trop ?) distants de la métropole semblent ne pouvoir être entendus que lorsqu’ils finissent par s’auto-instituer sans rien attendre des pouvoirs régaliens, battre le pavé et se résigner à la colère. De là à décréter que l’État ne tolère plus comme forme et expression de la manifestation et de l’expression citoyennes que les seules émeutes, il y a un pas que nous n’hésiterons pas à franchir. Patrick Karam l’écrit ainsi dans une tribune publiée récemment : « En s’arc-boutant sur une posture difficilement tenable à terme, (le refus de toute discussion au niveau ministériel), sans faire aucune concession, le gouvernement prend le risque d’être accusé de mettre en œuvre la théorie du chaos et de la violence, pour discréditer le mouvement social et éviter l’engrenage des revendications dans les autres territoires ultramarins et même dans l’Hexagone. » Les collectifs citoyens qui s’auto-organisent actuellement avec l’aide des syndicats, et qui deviendront très certainement sujets à diverses manipulations d’images et de propos de la part des principaux médias français, ne font que rendre visible une lassitude et une révolte latentes au sein des populations guyanaises ; et avec elles, de la population française entière. À ceux qui ne manqueront pas de s’étonner, sur un registre qui n’est jamais sans rappeler celui de la jeune vierge effarouchée, de voir des hommes cagoulés investir le champ social et tendre vers une volonté d’autonomisation afin d’atteindre les visées qui sont les leurs, il conviendra de répondre qu’ils ne font jamais que reprendre le chemin de l’expression démocratique à l’échelle locale, puisque lorsque leurs représentants invectivent le pouvoir étatique, à l’image d’Antoine Karam, sénateur de la Guyane, lors de l’assassinat en novembre dernier d’un ancien conseiller général, des réponses de la forme de celle-ci leur sont accordées : « Le pacte d’avenir pour la Guyane est un enjeu très important et je vous annonce qu’il sera transmis aux élus très prochainement. »

Les Guyanais attendent toujours.

https://comptoir.org/2017/03/29/greve-generale-en-guyane-la-convergence-des-luttes-en-action/


 

ACCORD ASSURANCE CHOMAGE : UN TEXTE CONTRE LES FEMMES, LES TRAVAILLEURS PRECAIRES ET LES SENIORS !

Communiqué CGT 

 

Accord de l'assurance chômage

Un texte contre les femmes, les travailleurs précaires et les seniors !

 

La négociation assurance chômage vient de se terminer par un texte d’accord dans la soirée du 28 mars.
Le seuil d’affiliation, que le Medef voulait durcir, est resté quasiment inchangé, sauf quelques milliers d’ouvertures de droit (à quelques euros par jour) légèrement avancées pour des temps très partiels.

470 millions d’euros d’économies annuelles vont être faites sur le dos des travailleurs précaires : le mode de calcul des indemnités de celles et ceux qui sont dans le régime dit "d’activité réduite" est revu et va entraîner des baisses jusqu’à 200 € par mois dans certains cas pour des salariés en CDD, en intérim ou en temps partiel, au SMIC.

400 millions d’euros sont économisés sur les seniors : la borne d’âge de 50 ans à partir de laquelle les droits sont prolongés de 24 à 36 mois actuellement, va être repoussée avec deux paliers.

-  De 50 à 52 ans, 40 000 chômeurs perdent 12 mois,
-  De 52 à 55 ans 40 000 autres perdent six mois.

En "compensation", un hypothétique abondement du droit à la formation de 3 mois doit être mis en place… plus tard !

Dans les deux cas, les femmes seront plus touchées que les hommes, d’une part parce qu’elles sont plus concernées par les temps partiels, et d’autre part parce qu’elles ont plus de mal après 50 ans à retrouver du travail. Dans le même temps, le Medef a refusé d’augmenter les cotisations sur les 133 000 plus hauts salaires (supérieurs à 13 076 €), lesquels sont à 85 % des hommes, dirigeants de grosses entreprises

À propos des contrats courts, l’accord prévoit des négociations de branches sans aucune garantie d’aboutir.

Le patronat a remplacé cette revendication des syndicats, et même la très faible sur cotisation de 2013, par une augmentation générale de la cotisation patronale de 0,05 %. Mais cette augmentation générale, censée rapportée 270 millions d’euros est aussitôt annulée par une baisse de la cotisation AGS (cotisation qui permet de prendre en charge les salaires des entreprises en faillite). De plus, cette "contribution exceptionnelle temporaire" peut disparaître chaque année, sans attendre l’échéance de l’accord, fin 2020.

Ce sont donc près de 900 millions d’euros d’économies supportées par les seuls privés d’emploi, pour zéro obligation des employeurs.

La CGT a porté de nombreuses propositions de nouvelles recettes, que le patronat a refusé d’envisager par dogmatisme : déplafonnement des cotisations sur les hauts salaires, cotisations patronales sur les contrats courts, révision des exemptions d’assiettes par exemple sur les primes d’intéressement ou les stocks options.

Le chantage du Medef, aidé par celui de certains candidats à la présidentielle, se traduit par un sacrifice des droits des privés d’emploi.

La CGT consulte ses organisations sur l’opportunité d’une signature. Elle ne sacrifie pas les droits des chômeurs au paritarisme, même si elle est seule à ne pas signer l’accord.
Le gouvernement, à travers sa ministre du Travail, aura la responsabilité d’agréer cet accord, qui risque d’entériner un nouveau recul social après la loi Travail.

Montreuil le 29 mars 2017.


 

MANIFESTATIONS DES RETRAITES DANS TOUT LE PAYS. NOUS EXIGEONS LA REVALORISATION DE NOS RETRAITES

Manifestations de retraités: "on est obligé de choisir entre manger ou s'habiller"

 

Manifestations de retraités: "on est obligé de choisir entre manger ou s'habiller"

 

Les retraités manifestent ce jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer une revalorisation de leurs pensions. Selon la CGT, plus d'1,2 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté. RMC a recueilli le témoignage de Christiane et Daniel, deux retraités qui ont du mal à boucler les fins de mois.

Les retraités descendent dans la rue ce jeudi dans tout l'Hexagone. Neuf organisations syndicales et associatives sont à l'origine de cette journée nationale de mobilisation, dont la CGT, FO et la CFTC. Ils vont battre le pavé une nouvelle fois pour réclamer de meilleures retraites. Selon l'étude 2016 de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques, on compte 15,8 millions de retraités en France. La pension moyenne est à 1.322€ bruts par mois, et beaucoup de retraités touchent moins de 1.000 euros par mois. Selon la CGT, plus d'1,2 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté.

"Je n'y arrive plus"

RMC a rencontré Christiane et Daniel, deux retraités qui vont participer à la manifestation prévue à Toulouse. Après avoir travaillé pendant 41 ans dans une usine de textile, Christiane, veuve de 72 ans, reçoit tous les mois une pension de 816 euros brut. Du coup, elle doit faire énormément de sacrifices: "Je suis obligé de choisir entre manger ou m'habiller. Si j'ai un rendez-vous chez l'ophtalmo, il faut alors que je me prive de viande ou de poisson. Je fais en permanence la course au moins cher, parce que je ne peux plus y arriver".

"Hollande a alourdi notre fardeau"

Daniel, lui, retraité militant à la CGT, en veut particulièrement à François Hollande. "Il n'a strictement rien fait pour les retraités et a même alourdi notre fardeau. Je ne peux qu'en avoir une opinion négative". L'affaire des costumes de François Fillon lui reste également en travers de la gorge. "Comment peut-on parler de salaires, de revenus, quand on se permet d'avoir des costumes - même s'ils sont donnés -, à plusieurs milliers d'euros".

http://rmc.bfmtv.com/emission/manifestations-de-retraites-on-est-oblige-de-choisir-entre-manger-ou-s-habiller-1132318.html