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AHMED AKKACHE LA RESISTANCE ALGERIENNE DE 1845 A 1945 (ESSAI), SNED, ALGER, 1972

RÉSISTANCE ALGÉRIENNE

AHMED AKKACHE LA RÉSISTANCE ALGÉRIENNE DE 1845 À 1945 (ESSAI), SNED, ALGER, 1972

31 DÉCEMBRE 2016

Rédigé par Polygone étoilé et publié depuis Overblog

 

Après la reddition de l’Emir Abdelkader, en 1847, et la défaite des principaux chefs de la résistance, Bou Maaza, Ben Salem et Ahmed Bey de Constantine, la conquête de l’Algérie semblait terminée. « La guerre sérieuse, comme disait Bugeaud, était finie ». Les généraux français pouvaient célébrer leur victoire.

Mai un an à peine après l’emprisonnement de l’Emir, le feu se rallumait aux quatre coins du pays, sous la direction de chefs nouveaux, souvent inconnus, sortis du peuple. La longue guerre de dix-sept ans qui venait de se terminer n’était en réalité que la première étape d’une lutte séculaire qui n’allait prendre fin qu’en 1962 dans les you-you victorieux et les chants de l’indépendance.

Il est sans doute peu d’exemples, dans l’histoire de l’humanité, d’une résistance aussi acharnée et d’une opposition aussi intransigeante à la domination étrangère. A peine l’incendie semblait-il éteint quelque part qu’il se rallumait ailleurs, encore plus violent. A peine un combattant était-il tombé qu’un autre se levait à sa place.

Que d’hommes valeureux, cachés sous l’anonymat émouvant de surnoms populaires : Bou Baghla, Bou Borma, Bou Choucha, ou abrités modestement derrière un nom prestigieux à force d’être simple : Si Ahmed, Si Kaddour, Boucif ou Arezki, ont préparé tout au long de la nuit coloniale, sans cesse illuminée de l’éclat des sabres et des lueurs fulgurantes des fusils, les chemins du 1et Novembre 1954.

Résistant pied à pied à la pénétration française défendant avec acharnement la moindre parcelle de leurs terres, s’insurgeant contre les spoliations, refusant les impôts écrasants et les corvées humiliantes, jamais ces combattants intrépides n’ont accepté de se soumettre. Ni la terreur militaire, ni les enfumades du Dahra, ni le massacres des prisonniers enchaînés d’Aïn Yagout, ni les têtes de combattants découpées et exposés aux yeux des foules, ni les atrocités permanentes qui constituent le plus clair de l’œuvre française de « pacification » n’ont pu avoir raison de leur volonté inébranlable.

Le peuple algérien peut être fier de cette épopée de plus d’n siècle. Des rives de la Méditerranée aux montagnes lointaines du Hoggar, des vertes cerisaies de Tlemcen aux collines fauves de N’gaous, des générations entières ont lutté et souffert pour la liberté et la justice.

On trouvera dans les pages qui suivent une brève énumération des principaux faits d’armes qui illustrèrent leur résistance héroïque, liste certainement très incomplète, mais que les jeunes chercheurs algériens, interrogeant scientifiquement les vestiges du passé, auront sans aucun dote à cœur de reconstituer bien mieux que ce modeste travail.

 

1848

 

Soulèvement de nombreuses tribus dans le Sud Oranais, les Aurès, et les Ziban. Au cours d’un combat près de Biskra, les Français perdent 30 tués et 105 blessés. Dans la région de Tlemcen les tribus Bni Snouss refusent de payer l’impôt et subissent une répression impitoyable.

Les habitants de l’Ouarsenis, du Titteri et du Dahra refusent également de payer et chassent les caïds qui leur sont imposés par les troupes françaises. Les M’zaïa, dans la région de Bougie font de même.

A Palestro un bataillon français est attaqué et son chef, le capitaine Castex, tué. Le caïd Ben Yahya, des Oulad Bellil et son goum de 14 cavaliers sont attaqués et tués par les Beni Yala.

 

1849

 

Les combattants de l’Oasis de Zaâtcha, dans les Ziban soutiennent un siège héroïque de plusieurs semaines. Ayant succombé sous le nombre ils sont littéralement exterminés par les troupes françaises.

Des scènes horribles ont lieu : les têtes des combattants sont coupées et exposées sur les remparts. Des femmes sont massacrées avec leur enfant au sein.

Après de violents combats le village de Nahra dans l’Aurès est complètement rasé par Canrobert, et tous ses habitants tués.

Bou-Saâda s’entoure de barricades et résiste avec l’appui des Oulad Ferradj et des autres tribus de la région.

Le refus de payer les contributions de guerre s’étend dans tous le pays, et les troupes françaises procèdent, après des accrochages sanglants, à l’enlèvement de troupeaux et de biens dans l’Ouarsenis, les Nementcha et le Dahra.

En Kabylie, on signale l’insurrection des Oulad Soltan et des Oulad Ameur, qui tuent leurs caïds.

Un nouveau chef de partisans, nommé Boucif, organise des incursions en territoire occupé. Après une mêlée sanglante, qui coûta plusieurs morts à l’ennemi, il est lui-même tué : sa tête, son cheval et ses armes sont envoyés à Alger.

 

1850

 

De nombreux caïds et cheikhs, installés par les forces d’occupation, sont attaqués et tués par les gens de leur tribus. On en signale plusieurs dizaines en divers points du pays, plus particulièrement en Kabylie chez les Beni Mellikeuch et les Beni Yala.

Des compagnons de l’Emir Abdelkader, réfugiés au Maroc, rentrent e Algérie et se livrent à de nombreuses incursions autour de Tlemcen, Marnia, Nedromah. Ils sont aidés par d’importants contingents des Beni Snassen, des Beni Drar et des Mezaouir. De nombreux accrochages ont lieu avec les troupes du général de Mac-Mahon.

 

 

 

LA REVOLTE DE BOU BAGHLA

 

 

Sous la conduite d’un chef des tribus Maatka, surnommé Bou Baghla, les montagnards du Djurdjura et des Babor opposent une résistance acharnée à l’armée française, qui entreprend une véritable guerre d’extermination pour la conquête de la Kabylie.

Chaque village se transforme en forteresse, et fait payer chèrement leurs atrocités aux occupants. Malgré le blocus, l’interdiction des marchés et la construction de nombreux postes militaires, la guerre fait rage pendant plusieurs années.

Dans sa correspondance, le maréchal de Saint Arnaud explique de la façon suivante les méthodes de pacification utilisées : « j’ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés ».

Signalons durant la même année, d’importants combats dans le Guergour, marqués par l’héroïsme de la qalâa des Beni Abbas (57 tués et blessés chez les Français), à Djidjel (28 tués et blessés), dans la vallée de la Soummam, chez les Zouaoua du Djurdjura, etc…

Le Chérif Bou Baghla se montre un excellent homme de guerre. Habile, courageux, connaissant parfaitement la montagne, il organisa un mouvement de résistance tel que l’armée française dut mobiliser à certains moments près de 80.000 soldats pour en venir à bout. Non seulement le Maréchal de Saint -Arnaud, mais aussi le général Pélissier, le général Camou, le général Cuty furent envoyés successivement contre lui.

Mais rien n’empêchait l’armée des insurgés de recevoir constamment de nouveaux contingents des tribus de la région. Voici comment par exemple un officier français raconte le ralliement des Flissa à l’insurrection et les combats qui s’ensuivirent.

« Aïn Faci, le 15 octobre 1851.

« Ce que nous devions le plus craindre vient d’arriver. Les Flissa, au moins pour la plus grande majorité, viennent de passer au Chérif…

« Les nouvelles étaient bien vraies : entre 9 et 10 heures j’étais à Tizi-Ouzou, où l’on m’avait envoyé, quand j’entendis les obus et la fusillade.

Comme vous devez le supposer, j’arrivai bientôt sur le lieu du combat et j’aperçus Bou Bar’la avec son infanterie, sa cavalerie, et tout cela en ligne, à une lieue et demie du pied des montagnes.

« Le Chérif avait du monde, beaucoup de monde. Son intention était de passer chez les Flissa. On était sorti pour l’en empêcher, on ne fut pas en force pour le rejeter dans la montagne des Maatka. Aussi opéra-t-il son mouvement sous nos yeux, bannières déployées, musique en tête.

« …La fusillade entamée assez chaudement, employait presque un tiers de notre infanterie, y compris notre réserve, et nos escadrons n’étaient pas encore rentrés de Dellys. Les choses en étaient donc là, Bou Bar’la paradait devant nous depuis deux ou trois heures quand, tout à coup, nous l’avons vu remonter avec tout son monde vers les Maâtka. Je ne m’expliquais pas trop ce mouvement, quand j’ai reçu la nouvelle que M. le colonel Bourbaki, sans doute prévenu que nous avions Bou Bar’la sur les bras avec tout son monde, était entrain de brûler les Azids des Maâtka du côté de Bor’ni… ».

 

« Signé : Pechot »

 

C’est évidemment avec des méthodes de ce genre, destinées à affamer et à détruire les populations, que les troupes coloniales menaient la guerre. Quoi qu’il en soit on signale des combats successivement à Dra El Mizan, Bordj Menaiel, Tizi-Ouzou, dans l’Oued Isser, le Sebaou, et dans bien d’autres régions encore tout au long des années 1852 et 1853 ;

 

1852

 

Insurrection des Beni Drar et des Beni Snassen dans l’ouest Oranais. Violents combats contre les troupes du général de Montauban.

Insurrection des Harrakta dans l’est constantinois.

 

Le Siège de Laghouat

 

Soulèvement dans le Sud Algérien, autour de Laoughouat, Messaâd et les Oulad Sidi Cheikh.

Le Chérif de Ouargla Mohamed Ben Abdellah prend la tête du mouvement.

La population de Laghouat, assiégée et bombardée, soutient une lutte héroïque et se bat maison par maison. Les Français perdent des centaines d’hommes dont un général, un commandant et plusieurs officiers.

L’occupation de Laghouat devait ouvrir à la colonisation les portes du Sud. « Pour avoir la paix dans le Tell, déclare un général français, il faut être maître du Sahara, sinon il faut s’attendre à y avoir renaître des orages. »

 

1853

 

Pour avoir « soutenu la rébellion » les sept villes de la confédération du M’zab sont placées sous le contrôle de l’armée. Dans une proclamation à leurs habitants le général Pélissier déclare :

« Depuis deux ans vous nourrissez nos ennemis dans votre pays, vous leur donnez à boire et à manger ; vous les encouragez dans leur entêtement et leur révolte ».

Mohamed Ben Abdellah et son principal lieutenant Ben Nacer Ben Chohra reparaissent dans le Sud à la tête d’une centaine de cavaliers. Des accrochages ont lieu tout au long d’une ligne de 400km, de Metlili à Ouargla.

 

En Kabylie un dirigeant de grand prestige se joint à l’insurrection. Il s’agit de Si El Hadj Amar, chef de la Zaouia de Si Abderrahman Bou Ghobrine, des Guechtoula, qui va devenir en quelques années plus tard la puissante confrérie des Rahmanya, dissimulant sous les apparences d’une secte religieuse une vaste organisation de résistance.

Si El Hadj Amar, qui soutenait secrètement Bou Baghla et cachait dans sa zaouia les combattants blessés ou recherchés, évita de justesse l’arrestation par les troupes françaises et se réfugia dans les Beni Ouassif. Voici comment un auteur français parle de lui :

« Il était brave, savait manier un cheval et, quoique marabout, faisait crânement le coup de feu lorsqu’il s’agissait de combattre pour la guerre sainte. Aussi plaisait-il énormément aux Kabyles, qui ne faisaient rien sans le consulter et suivaient l’impulsion qu’il leur donnait. Son seul défaut à leurs yeux était de ne pas parler leur langue.

Il ne s’exprimait en effet qu’en arabe. Si El Hadj Amar donna un grand essor à l’ordre religieux dont il était le chef, et recruta un grand nombre de Khouan, même en dehors de la Kabylie. Les progrès de notre domination poussait d’ailleurs vers lui tous les mécontents ». (1)

 

  1. N.ROBIN, in « Revue africaine » N° 159 (1883) p. 12

 

 

1854

COMBAT DANS LE SUD

 

Soliman Ben Djellab de Touggourt, entre en insurrection et occupe Ngouça avec l’aide de Mohamed Ben Abdellah.

Les Oulad Amelkhoua se joignent à eux et détruisent un convoi français sur les bords de l’Oued Djedi, récupérant ses armes et 150 chameaux.

Une colonne de 250 cavaliers sous les ordres du colonel Devaux est écrasée à Maghaïer, au Sud de Biskra.

Le 29 Novembre une gigantesque bataille de cavaliers et de fantassins, mettant en ligne 6.000 combattants, s’engage à Meggarin, dans l’Oued Souf. Les Français avouent : 10 morts et 38 blessés. Mais dans une lettre de Mohamed Ben Abdellah à la tribu des Attia ont trouve les précisions suivantes :

« Les Français (que Dieu les extermine) ont envoyé contre nous trois colonnes…Nous nous sommes rencontrés avec eux le samedi 10 de rabiet’tani, nous nous sommes battus, et très rudement. Dieu nous a rendus victorieux, nous les avons détruits ; nous avons tués environ 300 soldats, le camp est resté en notre pouvoir. Les armes, la poudre, les chameaux sont à nous.

« Les Français (que Dieu les confonde) ont été tellement secoués…, qu’ils ont perdu la tête et l’esprit. Les Kabyles des Zouaoua se battent avec eux aux portes d’Alger, en sorte qu’ils sont bloqués ».

 

1855

 

Après de longues années de résistance Bou Baghla est tué. Sa tête, découpée à la scie, est exposée sur un poteau à Bordj Bou Arréridj, où la foule vient se recueillir. Mais la mort du Chérif n’entraîne qu’un ralentissement provisoire de la guerre. Très vite de nouveaux combattants se lèvent, et en particulier une femme admirable, Lalla Fatma, qui devient l’âme de la résistance dans le Djurdjura.

 

1856

LE DJURDJURA INSURGE

 

Nouveau soulèvement général dans les montagnes Kabyles, du Sebou aux Babor. Le général Randon est chargé de la répression avec plus de 25.000 soldats.

La plupart des caïds sont tués ou se sont ralliés à l’insurrection. Le Bordj de Boghni est incendié.

 

1857

 

Des combats sanglants, comme celui d’Icherriden, marqué par une bataille légendaire, se déroulant dans tout le Djurdjura. Les troupes françaises brûlent, détruisent et massacrent sans pitié tout ce qu’ils trouvent sur leur chemin.

Mais les insurgés répondent avec héroïsme, et les pertes colonialistes sont énormes. Par exemple, dans un seul combat contre les Beni Iraten les Français avouent 67 tués et 445 blessés.

Encouragés par Lalla Fatma, des moussebiline, volontaires de la mort, se font les uns aux autres dans les retranchements montagneux et se battent jusqu’au dernier homme.

L’insurrection se rallume dans l’Aurès, Le Belezma et la région de l’Oued El Kebir.

Mohamed Ben Abdellah organise des groupes de partisans chameliers chez les Chaamba et les Touareg. Ils font des coups de main sur certaines Oasis, en partant d’Aïn Salah.

 

1859

LA REVOLTE DES BENI SNASSEN

 

Important soulèvement dans l’ouest Oranais autour des Beni Snassen, des Angad et des Mehaïa.

Ces grandes tribus des confins algéro-marocains, stimulées par la présence de nombreux réfugiés, n’ont jamais été soumises. Elles attendent depuis longtemps le signal de la revanche sur les colonialistes, signal que doit donner un personnage légendaire : Moul Es-saâ (le Maître de l’heure) venu de l’ouest.

Elles croient le trouver en la personne de Si Mohamed Ben Abdellah, ennemi irréconciliable des Français, qui prêche la reprise de la guerre. Reconnu aussitôt par El Hadj Mimoun Ould Bachir, chef des Beni Snassen, et Bou Beker, chef des Mehaïa, le nouveau chef engage les hostilités, qui embrasent toute la région de Tlemcen, les Oulads Mensour, les Beni-Mengouch, les Msirda, les Achache, les Oulad Sidi Medjahed,etc...

Une colonne dirigée par le commandant Bachelier est détruite. Des accrochages violents se succèdent pendant plusieurs mois dans toute la région, depuis Ghazaouet, sur la côte, jusqu’à Sebdou.

On signale à la même époque un nouveau soulèvement dans l’Aurès, sous la direction de Si Saddok Ben El Hadj.

 

1860

 

La lutte s’étend dans tout le nord Constantinois, autour de l’Oued El Kebir, les régions de Collo, Mila et Djidjelli. Les tribus du Hodna se soulèvent contre le général Desmarets.

Dans le même temps les tribus chaâmba entrent en insurrection et attaquent des colonnes françaises.

Les villes du Mzab se révoltent, et le colonnel Margueritte est aussitôt dépêché pour y « rétablir l’ordre ».

Les Oulads Sidi Hadjrès, dans la régio de Sou El Ghozlane, organisent des nombreux attentats des colons et des militaires.

 

1861

 

Djelfa est encerclée et attaquée en pleine nuit par un important groupe de partisans dirigé par Taïb Ben Chandougha. Plusieurs soldats et colons français sont tués. Le lendemain les colonialistes arrêtent 7 notables et les fusillent sommairement en plein centre de la ville.

Mohamed Ben Abdellah livre bataille aux contingents du caïd Ali Bey près de Rouïssat (Ouargla). Abandonné par 400 goumiers du Souf, qui tournent leurs armes contre lui, Ali Bey est écrasé. Ouargla est libérée.

Les Algériens se dirigent sur Guerrara, capitale du Mzab, où un combat a lieu.

Quelques mois plus tard, à Blad Er Rmel, sur la route du Touat, Mohamed Ben Abdellah est capturé, par suite de la trahison de Bou Beker Ben Hamza. Interné d’abord à Oran, ce grand combattant de la résistance algérienne est transféré ensuite à la citadelle de Perpignan. Rentré à Annaba, il souleva la ville en 1871, puis se réfugia en Tunisie, dans le Djebel Lakhdar, où il mourut en 1877.

 

 

1864

INSURRECTION DES OULAD SIDI CHEIKH

 

Début, dans le sud algéro-oranais, de la grande insurrection des Oulad Sidi Cheikh, qui s’étend rapidement dans le nord du pays, où l’incendie se rallume dans presque toutes les régions que les Français croyaient avoir soumises.

Le détachement du colonel Bauprêtre, commandant supérieur de Tiaret, tombe dans une embuscade à Aouinet Bou Bekr et est complètement détruit. Les contingents Harrar qui l’accompagnent s’insurgent.

Des garnisons et des colonnes françaises sont attaquées et subissent de lourdes pertes dans le Tell Oranais, le Bas-Chéliff, la région de Sétif.

Les forces d’occupation engagent 100.000 hommes dans les activités de répression. C’est une véritable guerre, qui va durer plus de 20 ans et s’étendre progressivement jusqu’aux confins les plus éloignés du Sahara.

A nouveau les moissons et les villages sont brûlés par les colonialistes. L’Oasis d’El Abiod Sidi Cheikh résiste admirablement et finit par être rasée. Le général Yousouf enlève des dizaines de milliers de moutons et de bœufs aux tribus nomades.

Les tribus du Djebel Amour se soulèvent.

Les Oulad Chaïb les suivent, à Boghar, et détruisent un peloton de Spahis. Plusieurs convois français sont attaqués. Une grande bataille a lieu à Tadjmout. Les habitants du Ksar Ben Hammad attaquent et détruisent le poste de Chellala.

Peu à peu les grandes tribus du sud, le Larbaâ, les Oulad Naïd, les Chaâmba se joignent aux Oulad Sidi Cheikh, dirigés par Si Lala, Si Mohamed et Ben Nacer. Les villes du Mzab leur envoient des fantassins et du ravitaillement. Tous les postes entre Boghar et Djelfa sont détruits.

 

1865

 

Si Mohamed livre combat aux troupes du général Deligny à Garet Sidi Cheikh. Il est mortellement blessé. Son frère Si Ahmed Ben Hamza prend la tête de la résistance. Des accrochage ont lieu avec les troupes du colonel Margueritte.

A Sour El Ghozlane quatre Algériens accusés d’attentats sont exécutés sur la place du marché « pour donner l’exemple ». La population leur rend hommage.

Des centaines de guerriers Chaâmba entrent en campagne dans la région de Metlili.

Si Ahmed attaque Géryville, défendue par le colonel Colomb. Un officier français raconte à ce sujet : « Nos troupes n’échappèrent à un désastre que grâce à l’énergie de leur chef…Toutefois le succès fut chèrement payé : 42 hommes, dont un officier, furent tués, et 54 blessés. »

 

1867

EMEUTES POPULAIRES

 

Les destructions permanentes, les incendies de moissons et les vols de troupeaux organisés par les colonialistes, joints aux effets d’une grande sécheresse, se traduisent par une famine terrible. Des émeutes ont lieu. Des fermes de colons sont attaquées.

 

L’évêque d’Alger écrit un journal français : « Depuis plusieurs mois un grand nombre d’arabes ne vivent plus que de l’herbe des champs ou des feuilles des arbres qu’ils broutent comme les animaux…On les voit presque nus, à peine couverts de haillons, errer par troupes sur les routes, dans le voisinage des villes d’où on a été obligé de les éconduire pour éviter des désordres de toute espèce…Ils enlèvent ceux de nos colons qui sont obligés de garder leurs fermes le fusil à la main » (1)

 

Un important détachement armé, dirigé par Bouazza Ould Larbi, livre combat dans la région de Marnia : plusieurs tués et blessés

 

1868

 

Manifestations populaires à Ghardaïa : 70 personnes tuées

 

Si El Ala et un nouveau chef insurgé, Si Kaddour, parcourent la région entre El Goléa et Laghouat, à la tête d’importants détachements.

 

Bou Azza Ould Larbi reconstitue une armée en territoire marocain et opère plusieurs incursions en Algérie. Grâce à l’aide volontaire de la population, ses djounoud bénéficient d’une solde journalière et de vivres en nature.

 

1869

 

Dirigés par Si Kaddour Oulad Hamza et Si El Ala, les Oulad Sidi Cheikh attaquent dans le Djebel Amour et remontent jusqu’aux sources de la Mina. Tiaret, Frenda et Aïn Mahdi sont menacés, ainsi que les régions de Boghar et de Djelfa.

 

Combats de cavalerie sur les bords du Chott Ech Chergui. Des Algériens réfugiés au Maroc rentrent pour participer à la lutte. Les routes et les lignes télégraphiques entre Géryville et Frenda sont coupés par les insurgés. Aïn Mahdi est libérée et fournit 500 chameaux à l’insurrection.

 

Sid El Ala, à la tête de 4000 soldats, attaque les troupes du colonel Sonis et leur inflige de lourdes pertes à Oum El Debdeb. Les Algériens font preuve d’un courage admirable. « Malgré les vides qui se creusent dans cet amas de cavaliers, dans cette cohue en délire, malgré les selles qui se vident de leurs cavaliers, malgré les pentes qui s’encombrent de cadavres…, les rebelles ne songent point à déserter. Vingt fois ils reviennent à la charge, soit en masse, soit en échelons ». (colonel Trumelet)

 

1870

 

Un jeune Saharien « presque imberbe, vêtu d’une gandoura verte et armé seulement d’un pistolet », surnommé Bou Choucha, rassemble un important détachement de partisans et parcourt la campagne. Un engagement militaire a lieu sur les rives de l’Oued Sebseb.

 

Manifestations populaires à Laghouat

 

Les Oulad Sidi Cheikh attaquent des colonnes françaises entre Mecheria et Béchar.

 

Combats dans le sud-ouest du Sahara pour la conquête des Oasis du Guir.

 

(1). Lettre de l’évêque Lavigerie à l’illustration 1868

 

 

1871

LA GUERRE DE 1871

 

Les spahis Algériens de Aïn-Guettar refusent de se faire embarquer par la France. Ils désertent leurs unités, se joignent aux tribus de Hanencha et attaquent avec elles la ville de Souk-Ahras.

Les populations du massif de l’Edough et de l’Oued El-Kebir, dans le nord Constantinois, celles des Nementcha et de Tébessa dans l’Est, celles des Oulad Sidi Cheikh dans le sud oranais, se joignent au mouvement.

Puis c’est le tour de la Kabylie, dirigée par le Bachagha Mohamed Mokrani, et de la puissante confrérie des Rahmania, animée par le Cheikh El Haddad de Seddouk, qui achèvent à donner à l‘insurrection une dimension nationale. C’est en effet une véritable guerre de libération qui s’engage, la plus importante depuis la reddition de l’Emir Abdelkader. Après le constantinois et les massifs kabyles, la Mitidja, la région de Sour El Ghozelane, le Chenoua jusqu’à Cherchell, et tout le nord du Sahara sont touchés.

Ce qu’on appelle d’ordinaire « l’insurrection Kabyle » est donc en réalité une puissante insurrection nationale anti-colonialiste, où des paysans expropriés, des Khammès, et des montagnards côtoient des ouvriers des villes, des chefs féodaux et des membres de confréries religieuses. La révolte atteint son point culminant en Avril 1871.

Des villes importantes comme Bordj-Ménaïl, Palestro et Boudouaou, sont libérées. Tizi-ouzou, El-Milia, Dellys sont assiégées. Les Français sont obligés de replier leurs garnisons et d’évacuer la plus grande partie de la Kabylie et du Constantinois. La mort de Mokrani, le 5 mai, n’empêche nullement les combats de se poursuivre et même de se développer.

Les villes de Béjaïa et de Djidjel sont attaquées au mois de Juin, Cherchell au mois de juillet par les Beni Menacer, habitant du Zaccar, qui arrivent même à contrôler la voie ferrée Alger-Oran. Bou Sââda et M’sila sont libérées au mois d’Août.

La reddition du Cheikh El Haddad, le 13 juillet, après une bataille sanglante à Icherriden, et l’écrasement des Oulad Sidi Cheikh, portèrent un premier coup au mouvement. Mais c’est surtout l’arrivée d’importants renforts militaires rendus disponibles par la fin de la guerre franco-allemande et l’écrasement de la Commune de Paris, qui permirent de réprimer l’insurrection.

Il faut néanmoins plusieurs mois encore aux forces colonialistes pour venir à bout des derniers combattants, dirigés par Boumezrag, frère de Mokrani, d’abord dans les monts du Bou Taleb, dans le Hodna, puis chez les Oulad Naïl et dans l’Oued Righ, à Touggourt, et enfin à Ouargla, le 20 janvier 1872.

La répression fut à la mesure de la peur immense qu’avait éprouvée la colonisation : exécution sommaire par centaines, incendies, destruction, accaparement de plus d’un million d’hectares de terres, amendes énormes de plusieurs dizaines de millions de francs-or imposées aux populations, etc…

Mais la guerre, en dépit de cette répression sauvage, avait laissé dans le pays des souvenirs impérissables. Longtemps bien longtemps après la fin des derniers combats, les meddahs et les mères de Kabylie chantaient encore aux enfants les exploits héroïques de leurs ainés, et notamment le sacrifice extraordinaire de ces 2000 moussebiline de Larba Nath Iraten qui, après avoir psalmodié la prière des morts, montaient en vagues successives à l’assaut des remparts du camp français, offrant généreusement leur vie pour détruire cette « épine douloureuse plantée au cœur du Djurdjura ».

Boumezrag et certains de ces campagnons se retrouvèrent quelques années plus tard au bagne de Nouvelle-Calédonie où une institutrice française, déportée après la Commune de Paris, parle d’eux en ces termes : « Un matin, dans les premiers temps de la déportation, nous vîmes arriver dans leurs grands burnous blancs des Arabes déportés pour s’être eux aussi, soulevés contre l’oppression …Ils étaient simples et bons, et d’une grande justice…Hélas, il en est qui sont toujours en Calédonie et n’en sortiront probablement jamais » (1)

L’un des rares qui en soient sortis, Boumezrag, se retrouva en 1885 à Paris où il participa aux obsèques de Victor Hugo : Hommage symbolique d’un grand combattant de la liberté à un poète ennemi de l’injustice.

 

  1. .Louise Michel : la Commune, Histoire et souvenirs t.II, p. 148.

Ahmed Akkache La Résistance Algérienne de 1845 à 1945 (essai), SNED, Alger, 1972

1872

LA RESISTANCE DU SAHARA

 

A peine finis dans le nord les combats reprennent au Sahara. On signale des opérations militaires à Biskra, où reparaissent Ben Nacer et Bou Choucha, qui attaquent les troupes du général de la Croix à Tamesquida et Aïn Et Thaïba.

De violents combats ont lieu à Hassi Berkaoui et Chabet El Hamid (sud Constantinois). Les Français reprennent difficilement Touggourt et Ouargla.

 

1873

 

Bou Choucha est prisonnier près de Timimoun par les troupes du général Gallifet et envoyé enchainé à Alger. On apprend alors qu’il est natif du Djebel Amour, Douar Erricha et qu’il s’appelle Mohamed Ben Toumi Brahim. Condamné à mort, il est aussitôt exécuté.

El Goléa est occupée après une vigoureuse résistance. Toute la population est contrainte d’évacuer la ville.

1876

 

Les nomades Bou Azid se soulèvent sous la conduite du Cheikh Mohamed Ben Yahya, entrainent les populations des Ziban et occupent l’Oasis d’El Amri. Plus de 5000 combattants donnent l’assaut au camp du général Carteret, qui subit de lourdes pertes et ne peut se dégager qu’avec l’appui de renforts venus de Constantine et de Bou Saâda.

 

1878

 

Vive agitation populaire dans le sud algérois. On signale plusieurs attentats dirigés contre des caïds ou des renégats.

 

1879

 

Une nouvelle insurrection éclate dans l’Aurès : des soldats français étant venus arrêter le prédicateur Mohamed Ameziane Ben Abderahmane, surnommé Bou Borma, la population s’y oppose, protège le Cheikh et tue les soldats. Aussitôt les Oulad Daoud, les Beni Bou Slimane et les Lehala se soulèvent et tuent leurs caïds. Le Bordj de Taga et attaqué et incendié par une foule de « montagnards armés de sabres, de bâtons et de vieux fusils ».

 

1881

 

Nouveau soulèvement des Oulad Sidi Cheikh dans le sud oranais sous la direction de Bou Amama.

Les populations sahariennes s’opposent farouchement à la pénétration française.

A Géryville le lieutenant, chef du bureau arabe, est tué par des résistants qu’il voulait arrêter : aussitôt les Harar Cheraga se soulèvent et envoient des contingents à Bou Amama, qui se dirige vers les régions de Tiaret, Saïda et Frenda, où il fait incendier les chantiers d’exploitation de l’alfa.

L’envoi de troupes françaises en Tunisie, où l’occupation coloniale commence, stimule les insurgés, qui contrôlent la région pendant deux ans.

Plus au sud l’escorte militaire de la mission Flatters est attaquée et détruite dans la région d’Aïn Salah.

Troubles sanglants au M’Zab. Les Français décident l’annexion de toutes les Oasis de la confédération.

 

1890

LES « HORS LA LOI »

 

De nouvelles formes d’action apparaissent. L’implantation coloniale est devenue si pesante, le nombre d’Européens dans le Tell si grand, les brigades de gendarmerie, les bureaux arabes et les postes militaires si nombreux, que la résistance est obligée de se fractionner en petits groupes, tout en s’organisant plus efficacement pour éviter la répression. On assiste alors à un accroissement spectaculaire du nombre des attentats. Des maquis se constituent dans les régions montagneuses.

Les colons européens exigent le retour à la responsabilité collective, c'est-à-dire à la répression de populations entières en cas d’attentats individuels. Ils se plaignent de ce que leurs bestiaux sont volés, leurs récoltes incendiées et leurs vignes coupées par des « bandits indigènes », qui se permettent même quelquefois de « faire les vendanges avant eux ».

 

1893

 

Le conseil général d’Alger demande des mesures spéciales contre les « forçats indigènes évadés et cachés dans les forêts de Kabylie », qui sont au nombre d’un millier et qui créent « un véritable état insurrectionnel ».

Pour avoir une idée de ce que sont ces prétendus « bandits » il suffit de signaler qu’un de leurs chefs, nommé Abdoun, est un paysan condamné à mort pour avoir tué l’amin collaborateur du village. Evadé de Cayenne et revenu en Kabylie, il tient le maquis pendant plusieurs années. Blessé et arrêté, il fut à nouveau condamné à mort, pour avoir commis personnellement …32 meurtres du même genre.

Le député français Jonnart déclare à ce sujet : « le brigandage est le vivant témoignage d’un malaise social : on aura la sécurité en Algérie quand on aura cessé d’exploiter l’indigène ». Ce qui ne pouvait évidemment être qu’un vœu pieux.

1894

 

Des opérations militaires sont engagées en Kabylie contre un important groupe de maquisards commandés par Arezki El Bachir. Parmi les « Hors la loi » tués il y a des jeunes gens de 17 ans.

 

 

1895

 

Une donnée statistique officielle relève que le nombre des attentats commis durant cette année en Algérie contre les personnes et les biens des Européens s’élève au total impressionnant de 8.389. (1)

Voici à titre d’information le nombre des attentats commis durant les années précédentes :

1886---2623

1887---3961

1888---4998

1889---5632

1890---5014

1891---5327

1892---6557

1893---7568

1894---9397

Ainsi, en l’espace de quelques années, le nombre des attentats officiellement recensés a plus que triplé dans le pays.

 

  1. Chiffres cités par C.R.AGERON, in « Les musulmans algériens et la France », t. I, p.553

 

1899

 

La résistance du Sahara continue, on signale des accrochages dans les Oasis du Touat.

Dans le Tidikelt l’escorte militaire de la mission Flamand est attaquée.

1900

 

Accrochages aux confins algéro-marocains.

 

1901

 

Révolte à Miliana : excédé par les exactions des colons les habitants du Zaccar se soulèvent sous la direction du chef de zaouia Yagoub et de son adjoint Hadj Ben Aïcha. 125 paysans sont arrêtés et transférés en France pour être jugés devant une cour d’assises : 17 d’entre eux meurent en prison.

 

1902

 

Combats violents dans le Hoggar où les Touareg s’opposent avec acharnement à la pénétration française.

 

1903

 

Résistance des Ajjeur dans la région de Djanet et le Tassili.

 

 

1908

CONTRE LA CONSCRIPTION

 

Effervescence dans le Hodna et le Belezma : les Oulad Sahnoun attaquent des caïds de la grande famille féodale des Bengana.

 

1910

 

Début d’un important mouvement de résistance contre la conscription obligatoire que les autorités coloniales veulent imposer au pays. De nombreuses tribus jurent de ne pas livrer leurs enfants à l’armée française.

 

1911

 

Le mécontentement populaire s’exprime par « l’exode de Tlemcen », départ massif des familles de la ville vers la Syrie. Cet exemple est suivi à Sétif, Bordj Bou Arréridj, Alger, Tébessa. La population redoute de voir les jeunes gens mobilisés et envoyés au Maroc où la France s’apprête à voir asseoir sa domination.

1912

 

Sous le mot d’ordre « nous ne donnerons pas nos enfants » des manifestations éclatent à Souk-Ahras, Khenchela, Beni Bou Yagoub. Des recrues sont libérées par la foule à Nedroma, Sebdou et Oum El Bouaghi. D’autres jeunes mobilisés désertent et prennent le maquis, à Collo et Aïn Touta.

Des centaines de notables signent des pétitions à Alger, Blida, Médéa, Sétif. Une délégation est même envoyée à Paris où un paysan déclare :

« Je supporte des impôts écrasants, je suis de toutes les corvées, je suis humilié, l’usure une ruine, la colonisation me refoule…Et aujourd’hui on me demande de donner le seul bien qui me reste : mon enfant ! »

 

1914

 

Le jour même de déclaration en Europe l’état de siège est proclamé en Algérie, où des troubles éclatent : les Algériens refusent d’être utilisés comme chair à canon.

A Barika, Tébessa, Mascara, les convois de recruteurs sont attaqués à coup de pierres. A Batna 34 recrues des douars Seggana et Sefiana sont libérés par la foule et désertent. Partout ailleurs des centaines de jeunes gens sont déclarés insoumis et se réfugient dans les montagnes.

Les incidents les plus graves ont lieu en Oranie, où les Beni Chougrane prennent les armes (monts de Mascara) pour s’opposer à la conscription. C’est une véritable révolte, marquée par des accrochages sanglants. Pour la réduire le général Labit, à la tête de plusieurs milliers de soldats, met la région à feu et à sang.

En Kabylie un rapport officiel signale l’apparition de maquis, formés de déserteurs et d’insoumis : 142 arrestations sont annoncées dans les régions de Dra El Mizan et Azeffoun. Un autre rapport signale des attentats et des attaques de ferme dans les régions de la Calle, l’Edough et Souk-Ahras où « des groupes audacieux, bien armés, opèrent dans un massif forestier et montagneux des plus propices à l’embuscade et riche en retraite inaccessibles ».

 

 

 

1915

 

Profitant de la guerre en Europe la confrérie des Senoussia déclenche une insurrection générale au Sahara. Fondée par Mohamed Ben Ali Ben Senoussi, natif de l’Hillil, près de Mostaganem, cette secte s’est établie au cœur du désert, étendant ses ramifications sur le Sud Tunisien et surtout la Libye.

Les premiers combats eurent lieu dan la région de Djanet, dont la garnison française fut assiégée durant 18 jours par Soltan Ahmoud, chef des Ajjeur, qui prenaient ainsi leur revanche. Encadrés de guerriers chaâmba et de méharistes déserteurs les insurgés tuent ou capturent toute la garnison. Ils détruisent également plusieurs petits détachements opérant dans la région.

 

1916

 

Révolte des tribus de l’Aurès qui refusent, comme les Beni Chougrane, de se laisser utiliser dans la guerre impérialiste. A Aïn M’lila et Aïn Fakroun la foule des paysans libère les jeunes incorporés. A Bernelle un convoi est attaqué, 4 soldats français sont tués et 68 conscrits libérés. A Khenchela et Tébessa la population fait la grève pour protester contre le paiement des impôts. De nombreux soldats chaouia désertent leurs unités et se réfugient dans les montagnes. Des accrochages ont lieu près de Barika avec des détachements de Zouaves et de Spahis (10 morts).

Dans le Belezma on signale un important soulèvement sous la direction de Benali Bennoui, un paysan du douar Tilatou. Le sous-préfet de Batna et l’administrateur d’Aïn Touta sont tués par les Oulad Aouf. Un rapport administratif français parle même, en termes assez obscurs, de la proclamation d’une « république » dans la région. Il s’agit vraisemblablement d’un premier territoire libéré, sur lequel nous n’avons malheureusement pas d’autres témoignages. Toujours est-il que plusieurs fermes de colons, des gares, des maisons forestières, sont attaquées et incendiées en même temps que des postes militaires.

Durant la même année un important groupe de maquisards se manifeste près de Ténès en tuant deux gendarmes et en brûlant des fermes de colons : 248 arrestations sont opérées par une colonne française envoyée dans la Dahra.

1917

 

Insurrection générale des Touaregs du Hoggar, sous les ordres de Si Mohamed El Abed.

D’importants détachements armés, commandés par des chefs comme Khaoucen ou l’aménokal Bou-bakeur Ag Allegoui parcourent les immenses régions comprises entre Tamanrasset et Ouargla. Toutes les patrouilles françaises qu’ils rencontrent sont capturées ou détruites. Ce qui fait écrire au général Meynier dans un rapport : « Dans tous ces petits combats de détails nos pertes en hommes sont sérieuses. D’assez nombreuses armes sont enlevées et servent à équiper de nouveaux insurgés ». Précisons que parmi les armes ainsi récupérées on compte plusieurs mitrailleuses et même 2 ou 3 canons de 80m \ m .

Ce qui explique l’importance des combats d’In Amejen, où les Français avouent 13 tués, Aïn El Hadjadj (18 tués et 12 prisonniers) Oued Ehan, où l’adjudant Lenoir est abattu d’une balle en plein front ainsi que tous ces soldats, etc …

Au début de la même année on signale que le Père de Foucauld est tué à Tamanrasset avec les 3 méharistes qui lui servait de gardes du corps. Des groupes de Touaregs armés rayonnent désormais sur tout le Sahara central, poussant même des reconnaissances jusqu’au Mali, au Niger et au Tchad pour inciter les populations à la révolte.

Le danger est tel, pour les arrières du colonialisme, que le gouvernement français prélève sur le front allemand d’importants renforts de troupes, qui vont aller combatte, sous les ordres du général Laperrine, ceux qui dans les rapports officiels commencent à être appelés des « fellagas ».

On trouve en effet ce mot, pour la première fois semble-t-il, dans le texte suivant du général Meynier relatif à la situation au Tanezrouft : « c’est ainsi qu’un détachement de dix méharistes se déroba devant une patrouille ennemie de même effectif, et qu’un autre fut pris et désarmé par les fellaga dans les environs de Tinfouchaye, sans avoir esquissé de résistance » (in « Revue africaine », tome LXXXIII, page 257)

 

 

 

1918

 

De nouveaux accrochages ont lieu au Sahara, où les troupes françaises essuient des échecs cuisants. Les insurgés réussissent à capturer et à détenir des prisonniers de guerre. Un rapport militaire signale par exemple qu’une colonne commandée par le maréchal des logis d’artillerie Lapierre, capturée après une poursuite mouvementée de 150 km dans le désert, ne fut libérée qu’en 1919.

 

Conclusions

 

On peut dire que c’est seulement entre 1918 et 1920 que se termine, provisoirement, la phase de résistance armée active qui s’était ouverte avec l’agression colonialiste de 1830. Cette longue guerre presque ininterrompue de 90 ans a coûté à la France des pertes matérielles énormes et des sacrifices humains que certains auteurs évaluent à 200.000 hommes. (1)

Quant au peuple algérien, malgré les incendies et les destructions massives, malgré les massacres que le maréchal Bugeaud lui-même n’hésite pas à présenter comme « l’unique moyen de gagner une guerre de cette nature », il est resté aussi farouchement indomptable qu’aux premiers jours.

Sa résistance extraordinaire a fait durant près d’un siècle l’admiration du monde. Au point que les plus grands penseurs socialistes de l’époque saluent avec enthousiasme « ces tribus arabes et kabyles qui apprécient l’indépendance par-dessus tout et pour qui la haine de la domination étrangère est un principe plus cher que la vie elle-même. (2)

Dépossédés de leurs terres, écrasés d’impôts, refoulés sauvagement par la colonisation vers les montagnes, les steppes et es déserts, les fils des insurgés ajoutent maintenant à leur soif de liberté la puissance explosive de leurs revendications sociales. Ils tirent la leçon de leurs échecs. L’Emir Khaled organise à partir de 1920 un noyau de mouvement de libération. Les premiers partis politiques et les premières organisations syndicales apparaissent. Les villes prennent le relais des campagnes. Les Oulamas se substituent aux Khouan des Zaouias.

La résistance populaire n’est pas détruite. Mais comme ces Ouads du désert qui s’enfoncent brusquement dans le sable pour ressurgir on ne sait comment, quelques kilomètres plus loin, elle a pris des formes nouvelles. On la voit éclater particulièrement le 8 mai 1945, à l’occasion de la défaite du fascisme, sous forme de grandes manifestations pour l’indépendance, réprimés par le sang par le colonialisme.

Certes on enregistre toujours de 1920 à 1945, des actions de maquisards isolés, des attentats contre des colons, des policiers ou des caïds, mais ces actions s’intègrent désormais à de puissantes manifestations populaires, des grèves ouvrières et paysannes, des luttes de travailleurs émigrés ou de soldats enrôlés dans l’armée française, mouvement irrésistible de larges masses du peuple dans lequel se prépare les conditions de la grande insurrection victorieuse de 1954.

 

(1)Lacoste -Nouschi -Prenant : « L’Algérie, passé et présent », page. 328

(2) Marx- Engels : texte sur le colonialisme, p. 217.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etudes syndicales publiées par I.N.E.R.S

 

Comité de rédaction

 

-Ali Belhouchet : Secrétaire National chargé de la Culture et de l’Information (U.G.T.A)

-Aïssa Bouzghina : Directeur de l’I.N.E.R.S

-Azzedine Lekmiti

-Djamila Boubenna

-Rachid Bouchemat

http://ahmedakkache.over-blog.com/2016/12/ahmed-akkache-la-resistance-algerienne-de-1845-a-1945-essai-apres-la-reddition-de-l-emir-abdelkader-en-1847-et-la-defaite-des-princi


 

LA PRESIDENTIELLE : LUTTER POUR CHASSER LE CAPITAL OU CONTINUER A SUBIR SON EXPLOITATION

La Présidentielle : lutter pour

chasser le capital ou le servir

 

 

Après les « primaires de la droite » qui a désigné Fillon dont on connaît aujourd’hui le programme politique qui sans surprise, va poursuivre et accentuer la politique actuelle, voici les « primaires de la gauche » dont tous les candidats, issus du pouvoir actuel, se disent différents, être à «l’écoute du peuple », vouloir faire de la « politique autrement » bref, le bla-bla habituel dont nous abreuve à longueur d’antenne et de journaux la propagande capitaliste.

 

Dans ce battage médiatique incessant dont le but est de masquer autant que possible la responsabilité du capital et de ses serviteurs, les candidats à la relève tentent de se démarquer en proposant des « solutions » qui vont, au final, encore aggraver les conditions de vie du peuple.

 

C’est le cas du « revenu universel » défendu par le Parti Socialiste, mis en avant par Hamon et Valls qui savent de quoi ils parlent !…Cette «mesure» présentée comme une avancée sociale est un véritable coup de poignard dans le dos des travailleurs. Elle exonère totalement le patronat de ses responsabilités concernant le chômage, les fermetures d’entreprises, délocalisations, suppressions massives d’emplois etc., et en même temps, elle organise structurellement la misère de masse financée par l’impôt. C’est la poursuite et l’aggravation de la baisse du « coût du travail », on peut d’ailleurs remarquer le silence dont fait preuve le Medef qui se retrouve entièrement dans tout ça.

Ces « mesures », devraient être accompagnées « d’une réflexion sur le financement de la protection sociale » déclarent en chœur Hamon et Valls qui défendent ce projet.

La France compte plus de 14 % de sa population sous le seuil de pauvreté, la précarité explose, il faut donc«  s’adapter ». Les dernières déclarations d’Hamon, Valls et Montebourg sur l’amour qu’ils portent à l’entreprise ne sont pas nouvelles, ils l’ont tous démontrés lors de leur passage au pouvoir. Toutes les mesures qu’ils ont mises en œuvre avec le gouvernement l’ont été en faveur des entreprises.

 

Rien sur les salaires et les pensions, blocage du SMIC et des retraites, blocage des salaires des fonctionnaires et de diverses allocations. Rien n’est dit sur l’augmentation des coûts de l’énergie (essence–gasoil–électricité–gaz) dont le gouvernement est un acteur principal. Rien n’est dit sur l’explosion des profits du CAC 40 en 2016 (plus 11 %), rien n’est dit non plus sur les 56 milliards de dividendes (équivalent du budget de l’éducation nationale) distribués aux actionnaires du CAC 40 en 2016 (43 milliards en 2015).

 

Toutes les « mesures » qu’ils préconisent vont toutes dans le même sens : développer encore le profit capitaliste.

 

De l’argent il y en a pour répondre aux besoins de la population, pour développer les services publics, l’industrie, la recherche, la santé, l’enseignement : 2185 milliards de richesses créées cette année en France, 80 milliards échappent à l’impôt chaque année, 83,1 milliards ont bénéficiés de niches fiscales et crédits d’impôts divers en 2016. Les multinationales françaises font des profits fabuleux, les seules entreprises du CAC 40 annoncent qu’en 2016, elles ont distribué 56 milliards à leurs actionnaires, un montant record.

Il y a de quoi faire une autre politique, mais sans la lutte clairement anticapitaliste rien ne changera quels que soient les candidats car ils sont tous au service du capital et de sa politique.

 

Le Front National fait l’objet d’un appui très particulier des médias. Il ne dit rien sur les énormes moyens dont disposent les entreprises, les profits réalisés mais au contraire, veut contribuer à leur développement par tous les moyens, en particulier par l’attribution de milliards d’aide publique aux grandes entreprises.

 

Mélenchon et le Parti Communiste Français prônent ensemble une « France en commun », nouveau mot d’ordre qui reprend l’idée d’une « nouvelle répartition des richesses » qui portent l’aménagement, la gestion du capital mais ne remet pas en cause son existence.

 

Le mécontentement est énorme, les français rejettent la politique actuelle, ils veulent que ça change vraiment. Or, comme on le voit, tous ces candidats sont au service de la politique des multinationales, du profit capitaliste. Seul notre parti propose une politique radicalement différente, débarrassée du capital.

 

Pur imposer une autre politique en France, pour utiliser toutes les potentialités qui permettent un développement économique et social qui satisfait les besoins du peuple, il est indispensable d’arracher aux multinationales capitalistes les richesses créées par les travailleurs, il faut prendre le pouvoir économique, financier politique. Pour mettre en œuvre cette politique toute suite, il faut pour cela engager la lutte sans attendre.

 

L’homme providentiel n’existe pas, il n’y a que la classe ouvrière, le peuple unis autour de la perspective politique que nous portons qui peuvent changer de société.

 

C’est à cette lutte que vous appelle notre parti avec son candidat à l’élection Présidentielle Antonio SANCHEZ.

 

http://www.sitecommunistes.org/ch490presid.htm


 

COOPERATION RUSSIE-YEMEN

Yémen: un diplomate russe à Sanaa

Fri Jan 13, 2017 10:26AM

Coopérations russo-yéménites: le chargé d'affaires de l'ambassade russe à Sanaa rencontre le ministre de la Défense du gouvernement d'Union nationale yéménite. (Photo d'illustration)

Coopérations russo-yéménites: le chargé d'affaires de l'ambassade russe à Sanaa rencontre le ministre de la Défense du gouvernement d'Union nationale yéménite. (Photo d'illustration)

Le chargé d’affaires de l’ambassade russe rencontre à Sanaa le ministre de la Défense du gouvernement yéménite d’union nationale.

Cité par l’agence d’information officielle yéménite, Saba, le diplomate russe a été reçu à Sanaa, la capitale yéménite, par le général Mohammad al-Atefi, ministre de la Défense du gouvernement d’union nationale.

Lors de cette rencontre, le diplomate russe a réitéré le soutien de Moscou au rétablissement de la paix au Yémen.

Pour sa part, le ministre yéménite a salué le rôle de la Russie dans les évolutions régionales en faveur de la paix et de la stabilité mondiales, son soutien au peuple yéménite réprimé par la coalition saoudienne et ses efforts pour fonder de nouvelles valeurs au sein de la communauté internationale.

Le gouvernement d’union nationale du Yémen est composé du mouvement d’Ansarallah et du parti du Congrès général du peuple et d’un nombre de groupes politiques du pays. 

http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/01/13/506008/Russie-Ymen-Mohammad-alAtefi


 

L’IRAN ET LA RUSSIE SE CONCERTENT SUR LA SYRIE

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères est à Moscou

Fri Jan 13, 2017 11:48AM

Hossein Jaberi-Ansari (G) rencontre Mikhaïl Bogdanov. (Photo d'archives)

Hossein Jaberi-Ansari (G) rencontre Mikhaïl Bogdanov. (Photo d'archives)

Les dernières évolutions du Moyen-Orient, plus particulièrement celles de la Syrie, la lutte contre le terrorisme et les négociations pour la paix en Syrie, prévues à Astana, seront débattues lors d’une rencontre, ce vendredi à Moscou, entre les vice-ministres iranien et russe des Affaires étrangères.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères pour le département arabo-africain, Hossein Jaberi-Ansari, est arrivé, vendredi 13 janvier à Moscou, afin de rencontrer son homologue russe Mikhaïl Bogdanov.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une série de ballets diplomatiques entre Iraniens et Russes, ayant pour objectif de trouver une solution diplomatique à la crise en Syrie.

Les ministres iranien, russe et turc des Affaires étrangères sont tombés d’accord, le 20 décembre 2016, sur un cessez-le-feu élargi en Syrie qui est entré en vigueur le 30 décembre à travers le pays.

M. Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères et représentant spécial du président Poutine pour le Moyen-Orient, avait également discuté, à Téhéran, avec Hossein Jaberi-Ansari de l’approfondissement des relations irano-russes dans le sens de la lutte contre le terrorisme international et du règlement des crises en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen.

http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/01/13/506016/Ymen-Irak-Libye-Mikhal-Bogdanov-Hossein-JaberiAnsari-Moscou-Russie-MoyenOrient-Syrie-Iran


 

LES SOLDATS D’« ISRAËL » PREFERENT LA PRISON AU CERCUEIL AMBULANT MERKAVA

Conséquences de la guerre de 2006: les soldats israéliens préfèrent la prison au Merkava

Transformé d'un tank blindé à un cercueil ambulant. C'est la vérité du tank Merkava dans la conscience  collective des «Israéliens», à la suite de la guerre de 2006. Cette guerre durant laquelle le Hezbollah a réussi à saper la légende, dite la fierté de l'industrie militaire sioniste.

les soldats israéliens préfèrent la prison au Merkava

Depuis la fin de cette guerre, l'armée israélienne  s'emploie à rétablir la confiance en le char le plus développé et sécurisé dans le monde. Mais, en vain.

Avant la guerre de 2006, et selon les données des «Israéliens», les blindés et les Merkavas attiraient, le plus, les soldats ennemis, qui les croyaient les plus sûrs: Il y avait six candidats pour chaque poste vacant dans ces contingents. Mais après la guerre, la conjoncture a changé. Le commandement de ces forces contraint les soldats à s'enrôler dans les unités blindés.

La veille, le quotidien «Maariv» a révélé que l'un des défis auquel est confronté le commandement militaire de l'ennemi, résidait dans le fait de rétablir la confiance en le tank Merkava, en dépit de dix ans passés depuis l'offensive israélienne de 2006 contre le Liban. Le quotidien explique que l'armée a été confrontée à plusieurs complications, l'année dernière, dans l'enrôlement de combattants dans les forces blindées. En plus de l'échec dans la commercialisation des Merkavas de la 4ème génération. Un engin jugé des plus développés et qui assurait, tout comme les avions de chasse, la dissuasion à l'entité sioniste depuis 1948.

Selon les données publiées par «Maariv», 68 soldats, pris comme prototypes, ont refusé en novembre dernier de rejoindre les forces blindées. Ils ont même  préféré la prison. Un fait qui a poussé le commandement militaire à les obliger à servir dans ces unités.

Le quotidien israélien affirme que la dernière session de recrutement a révélé des données inquiétantes, dans la mesure où les brigades d'infanterie, ainsi que celles des armes aériennes et de la maritimes, ont reçu un excès de demandes d'adhésion de la part des recrutés, au moment où les forces blindées ont souffert d'un manque dans le nombre des recrutés, en dépit des exhortations. En effet, l'armée israélienne, ainsi que le commandement des forces blindées réalisent bien, selon «Maariv», que l'attitude des recrutés, préférant la prison au Merkava, illustrait le grand échec et la non confiance en ces tanks.

Le quotidien israélien ajoute que tous les efforts de convaincre les soldats de servir dans les forces blindées étaient vains, en dépit des sessions d'entrainement exceptionnelles dont jouiraient ces recrutés.

C'est «le syndrome Merkava» qui fait ravage alors. Un des résultats de la guerre de 2006.

«Maariv» a conclu son article par un conseil à l'armée, l'appelant à trouver une formule adéquate pour toucher la sensibilité et le cœur des soldats candidats. Mais en a réalité, ce qui a été ancré dans la mémoire de ces jeunes hommes est difficile à effacer. Il est difficile, voire impossible, de convaincre quiconque de mener une bataille contre le Hezbollah, dans un «cercueil ambulant».

Artcile paru dans le quotidien Al-Akhbar, traduit par l'équipe du site

13-01-2017 | 11:31

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=21651&cid=359#.WHi-JvnhA2w


 

DAMAS DOUBLEMENT TOUCHEE PAR UN BOMBARDEMENT ET UN ATTENTAT SUICIDE

La capitale syrienne doublement touchée : bombardement israélien via des F-35 et attentat suicide

 Depuis 2 heures  13 janvier 2017

aeroprt_mazze_bombardement

 Moyent-Orient - Spécial notre site - Syrie

Rédaction du site

aeroport_mazze_bombardementL’entité sioniste est de nouveau entrée en action en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi.

Vers 00H25, la base militaire de Mazzé, située à 8 km au sud-ouest de Damas qui a été en proie à des explosions dont l’intonation a été entendue dans toute la capitale. Des bombardements », selon la télévision d’Etat syrienne.

D’après Media de guerre, ce sont des avions de l’ennemi israélien qui l’ont perpétré depuis le nord du lac de Tabarayya (Tiberiade) , sans entrer dans l’espace aérien syrien. Les roquettes ont atterri sur le site de l’aéroport. Un incendie s’y est déclaré.

Selon l’AFP, son correspondant sur place a aussi entendu ces explosions, soulignant qu’un large feu était visible au sein même de la base militaire et que la fumée était visible depuis la capitale.

Aucun bilan n’était encore disponible vendredi matin.
L’armée syrienne a accusé Israël de l’attaque et a mis en garde Tel Aviv contre les conséquences de ce geste.

L’aéroport est une base aérienne stratégique majeure, utilisée principalement par la garde républicaine syrienne, corps d’élite chargé de protéger la capitale. Elle a servi de base pour bombarder des secteurs qui étaient autrefois tenus par les rebelles dans la banlieue de Damas.

Des F-35 pour la première fois

Une source militaire a indiqué pour l’agence russe Sputnik que les dépôts de carburants ont été frappés au moyen de 8 missiles téléguidés. Ils auraient été tirés « à partir des appareils F-35 », les derniers cris des bombardiers américains récemment livrés à Israël et qui seraient entrés en action pour la première fois.

Troisième attaque en moins de deux mois

kfarsousse_attentat2Quelques heures auparavant, la capitale syrienne était en proie à un attentat suicide. Au début de la soirée, deux kamikazes se sont fait exploser Kafar Soussa, à proximité du club sportif, a indiqué Média de guerre, instance médiatique de la résistance en Syrie.

Les deux hommes qui portaient des ceintures explosives étaient poursuivis par les forces de sécurité. Avant de les activer, ils ont ouvert le feu dans tous les sens, indique le media russe RT.

kfarsousse_attentat1Il y a eu 10 tués, dont 6 soldats et 17 blessés.

C’est le troisième attentat perpétré dans ce quartier en deux mois : en décembre 2016, deux attentats près des agences de sécurité ont été perpétrés à deux moments différents, et coûté la vie à plus de 40 personnes.

Source: Médias

http://french.almanar.com.lb/192146


 

BOMBARDEMENT DE LA BASE MILITAIRE SYRIENNE DE MAZZE, PRES DE DAMAS

Syrie: plusieurs explosions sur la base militaire de Mazzé, près de Damas (TV d'Etat)


Beyrouth - Une série d'explosions a touché la base militaire syrienne de Mazzé, dans la banlieue ouest de Damas, dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé la chaîne de télévision d'Etat syrienne, qui parle de bombardements.

Ces explosions ont également été annoncées par l'agence officielle syrienne Sana, qui a précisé que plusieurs ambulances étaient dépêchées en urgence sur place.

Le correspondant de l'AFP sur place a aussi entendu ces explosions, soulignant qu'un large feu était visible au sein même de la base militaire et que la fumée était visible depuis la capitale.

Plusieurs sources syriennes ont déjà fait état de bombardements israéliens en Syrie depuis le début du conflit, et notamment sur cette base de Mazzé. Contactée par l'AFP sur ces dernières explosions, l'armée israélienne s'est refusée à tout commentaire.

L'aéroport militaire de Mazzé, qui se trouve à 8 km au sud-ouest de Damas, est le siège des redoutables services de renseignements de l'armée de l'air, qui y disposent d'une vaste prison.

Le 7 décembre, l'agence Sana avait ainsi affirmé que les environs de cette base avait été touchés par plusieurs tirs de missiles sol-sol israéliens, à partir d'une position sur le plateau du Golan syrien occupé par Israël. Cette attaque avait provoqué un incendie mais n'avait pas fait de victime. 

C'était alors la seconde fois en huit jours qu'Israël, toujours techniquement en guerre avec la Syrie, frappait des positions militaires proches de Damas. Durant les cinq ans de guerre civile en Syrie, Israël a mené plusieurs attaques contre sa bête noire, le Hezbollah libanais engagé militairement dans ce pays aux côtés du régime qui lutte contre les rebelles et les jihadistes.


(©AFP / 13 janvier 2017 01h05)

http://www.romandie.com/news/Syrie-plusieurs-explosions-sur-la-base-militaire-de-Mazze-pres-de-Damas-TV-/767958.rom


 

WILLIAM ENGDAHL : LA DANGEREUSE TROMPERIE APPELEE LA PRESIDENCE TRUMP

La dangereuse tromperie appelée la Présidence Trump

Par William Engdahl — 12 janvier 2017 

Économie Etats-Unis Hégémonie Ingérence Iran Israël Libye Lobbies Non classéTurquie

 

Nous sommes à tout juste deux mois du commencement formel du projet appelé la Présidence Trump. Et pourtant déjà les espoirs et les fantaisies de la plus grande partie du monde transforment Donald Trump en quelque chose ou quelqu’un qu’il n’est définitivement pas. Malgré tout cela, Donald Trump est en fait un autre projet de la part des mêmes vieux patriarches ennuyeux, qui essayent encore et encore de créer un Nouvel Ordre Mondial qu’ils pourraient contrôler absolument, un Nouvel Ordre Mondial auquel l’un des proches soutiens de Trump s’est référé une fois sous le terme de « fascisme universel ». Ignorons la rhétorique parfois fine de certains de ses discours, les mots ne valent pas grand-chose. Si nous considérons plutôt l’agenda qui prend forme, dès ces premiers jours de la nomination du Cabinet, nous pouvons alors voir que Donald Trump endosse le même agenda de guerre et d’Empire global qu’Obama, comme Bush avant lui, comme Bill Clinton auparavant et comme le « tuteur » de Clinton, George H.W. Bush encore avant lui. Il n’y a pas de bons côtés dans ce que le monde va bientôt expérimenter avec le président Trump.

« Mesdames et Messieurs, c’est l’heure du spectacle ! » Aujourd’hui nous vous offrons Donald Trump. Il va vous dire précisément ce que beaucoup d’entre vous voulez entendre 1. Trump, l’homme de spectacle, va vous dire qu’il veut rendre l’Amérique grande à nouveau ; Trump va vous dire qu’il veut renvoyer au moins 3 millions d’immigrants illégaux au-delà des frontières du Rio Grande ; Trump va présenter une loi pour déclarer les Frères musulmans organisation terroriste ; Trump va ramener les emplois en Amérique depuis la Chine et les autres pays à bas salaires ; Trump va s’asseoir avec Poutine et travailler sur un accord afin de calmer les choses ; Trump va envoyer aux oubliettes l’accord sur le nucléaire avec l’Iran d’Obama…

Souvent durant sa campagne électorale, qui était plutôt une série hollywoodienne de série « D » plutôt qu’un honnête débat sur les idées et les politiques, le candidat Trump a produit des déclarations qui ont résonné dans l’esprit de la « majorité silencieuse », qui n’est plus constituée uniquement aujourd’hui de travailleurs aux cols bleus, mais aussi d’une classe moyenne déclassée dont les salaires ont décru en termes réels depuis les années 1970. Et Trump, comme un autre Président-acteur nommé précédemment, Ronald Reagan, possède le talent de se rendre lui-même sincère quand on l’entend.

Trump est-il une Révolution populaire ?

Nous devons à présent imaginer une seconde, que la « Patriarchie » (ces adorables vieux messieurs comme David Rockefeller ou George Herbert Walker Bush, ou d’autres que nous ne nommerons pas ici…), a été tellement submergée par le génie politique du candidat Trump, émergeant toujours plus puissant après chaque nouveau scandale, qu’elle a été surprise, laissée sur place, et s’est contentée de grogner en laissant faire.

La Présidence Trump a été planifiée et minutée en détail par eux-mêmes et leur think tanks [cercles d’influences, NdT]. Assez simplement, comme ils continuaient leur politique représentée par Hillary Clinton (des guerres et confrontations contre la Russie, contre la Chine, avec des révolutions colorées déstabilisant tout dirigeant politique opposé, qu’il s’agisse de Kadhafi, Moubarak ou même Poutine), ils ont vu qu’ils étaient en train de perdre du pouvoir sur de grandes parties du monde, essentiellement un pouvoir géopolitique.

Quand un Président d’une ancienne colonie américaine relativement petite n’a plus peur d’attaquer ouvertement un président américain en le qualifiant de « fils de pute », et déclarant en Chine la « séparation » de ses Philippines par rapport aux États-Unis, quand un pays après l’autre se rapproche d’une coopération économique et politique avec la Russie, avec la Chine et leur cohésion économique grandissante en Eurasie, autour de leurs grands projets d’infrastructures eurasiatique « Une Ceinture, Une Route » 2, il était clairement temps d’installer un Président en forme de Plan B.

Le plan B, c’est le magnat des casinos Donald Trump, équivalent à une table rase en politique : une personne possédée par le pouvoir avec un potentiel de chantage qui fait qu’il va pouvoir s’intégrer dans leur programme de leur point de vue [du point de vue de la Patriarchie], un « mâle Alpha » qui est assez doué pour faire peur aux gens.

Si nous devions utiliser des définitions psychologiques conventionnelles, je dirais que le mot sociopathe correspond : « un trouble de la personnalité antisociale caractérisé par un manque d’égard pour les standards moraux et légaux d’une culture donnée ». Le narcissisme serait un autre terme correspondant: « une extrême suffisance, avec une vision grandiose de ses propres talents et un désir désespéré d’être admiré ». Lisez à présent sa propre autobiographie et ses propres descriptions de ses bouffonneries passées avec son avocat populaire et mentor, Roy Cohn, au studio 54 bien connu pour son sniffage de cocaïne, et regardez de plus près la réelle histoire de sa vie, pas uniquement ce qu’il élude comme constituant des « conversations de vestiaire », tenues il y a onze ans avec Billy Bush 3. Il n’est certainement pas JFK ou Charles de Gaulle, il n’est pas même comparable…

Je déclare clairement ma conviction, et souvenez-vous en s’il vous plaît quand les politiques de cette Présidence Trump vont se dévoiler après le 20 janvier 2017, afin de voir si mes vues se seront avérées exactes ou pas : Donald Trump a été mis aux affaires pour préparer l’Amérique à la guerre, une guerre que les banques de Wall Street et le complexe militaro-industriel américain ne sont pas en position de gagner, économiquement ou industriellement ni même autrement : géopolitiquement. Son rôle va être de repositionner des États-Unis en leur faveur, de renverser la tendance d’une désintégration de l’hégémonie globale américaine afin, comme Dick Cheney et Paul Wolfowitz l’avaient énoncé dans leur rapport de septembre 2000 du Projet pour le nouveau siècle américain (PNAC), de « Rebâtir les Défenses de l’Amérique » 4.

Afin de préparer cela, une stratégie de tromperie qui va avoir pour but fatal d’affaiblir les liens profonds se développant entre la Russie et la Chine, sera une priorité. Elle a déjà commencé. Nous avons eu un appel amical du Donald à Vladimir le Terrible à Moscou. Les médias russes sont euphoriques au sujet de cette nouvelle ère des relations americano-russes après Obama. Et tout d’un coup, nous entendons le chef fauteur de guerre de l’OTAN, Stoltenberg, qui ronronne des mots doux à la Russie. Il flotte également l’idée que la membre du Congrès de Californie et connaissance de Poutine, Dana Rohrabacher, serait pressentie en tant que possible Secrétaire d’État.

Il s’agit là d’une classique géopolitique d’équilibre des pouvoirs « à la Kissinger » (le fait de s’allier avec le plus faible des deux ennemis mortels, la Russie, afin d’isoler le plus fort, la Chine). Nous pouvons tout de même présumer que Vladimir Poutine ne sera pas si naïf ou stupide pour tomber dans le piège, mais voilà l’intrigue ourdie par les manipulateurs de Trump. Une telle stratégie de prévention d’une coopération russo-chinoise grandissante a été appelée urgemment par Zbigniew Brzezinski dans ses déclarations de l’été dernier.

Parce qu’il a été sélectionné (et pas par nous, chers votants) pour jouer un rôle défini (pour changer de tactique 5dans la domination mondiale, d’après les bases de la doctrine Bush-Wolfowitz posées dès 1992, afin d’empêcher 6n’importe quelle nation aux groupes de nations d’Eurasie type de défier l’hégémonie de l’Unique Superpuissance américaine). La sélection de son cabinet et de ses conseillers politiques clés, est vitale. Ici nous pouvons d’ores et déjà voir se dessiner les contours du casting, à travers les personnages qui ont été choisis pour remplir ce jeu de théâtre appelé la Présidence Trump, et la nouvelle intrigue qui émerge afin de reconfigurer la stratégie de l’Unique Superpuissance.

La dramatis personae 7.

Alors que j’écris ces lignes, un certain nombre de personnes aux positions clés ont déjà été nommées. Sont inclus le général trois étoiles Mike Flynn en tant que conseiller à la Sécurité nationale [National Security Advisor] du Président ; le Membre du Congrès Mike Pompeo du Kansas en tant que directeur de la CIA ; Jeff Sessions en tant que ministre de la Justice et Stephen K. Bannon au sein d’un poste nouvellement créé au sein de la Maison-Blanche : Chef stratège [Chief Strategist] et conseiller senior du Président.

Dans cet article, je vais examiner de plus près le cas de Mike Flynn, l’ancien général trois étoiles qui va être le très important conseiller à la Sécurité nationale de Trump au sein de la Maison-Blanche.

Car jusqu’ici les blogueurs et analystes perspicaces ont accueilli le rendez-vous de Flynn avec des acclamations de joie. Ils citent son opposition au soutien américain sous couverture à l’État islamique et aux groupes terroristes islamiques comme le front al-Nosra d’al-Qaïda ; et on se rappelle qu’il a qualifié l’invasion de l’Irak en 2003 de « faute stratégique ». De plus, Flynn est opposé à la guerre rampante contre la Russie et a appelé, au lieu de cela, à mener la guerre contre État islamique et les autres organisations terroristes radicales. En fait, Obama a viré Flynn de son poste de chef de la DIA (Defense Intelligence Agency) lorsque ce dernier s’est opposé à la décision de président de mener en priorité la guerre anti-russe plutôt que la guerre anti-djihad, ayant appelé à une coopération avec le Président syrien Assad en vue d’y mettre fin 8.

La position de Flynn concernant la guerre contre l’EEIL, et on peut le présumer aussi contre la Confrérie des Frères musulmans si choyée par Hillary Clinton et l’administration Obama, n’est pourtant pas celle d’un homme de paix. Il s’agit plutôt d’un calcul froid en tant que militaire professionnel, un professionnel militaire qui préfère travailler avec le Likoud de Netanyahou afin de pousser en avant l’agenda mondial de la guerre.

Les déclarations de Flynn concernant Assad, l’EEIL et l’Irak, doivent être interprétées comme celles d’un spécialiste du Renseignement militaire, qui considère que la politique menée depuis des décennies par la CIA et le Pentagone, consistant à entraîner les terroristes des Frères musulmans et autres fanatiques, afin de mener par procuration les guerres de l’Empire, a engendré un mauvais retour de flamme. Non pas uniquement le coup d’État manqué le 15 juillet par la CIA contre la Turquie, utilisant les réseaux Fethullah Gülen, mais plutôt chacun des « I » soutenus par la CIA, depuis la guerre de la secrétaire d’État Clinton contre Moubarak, Kadhafi, contre la plus grande partie du monde islamique afin d’essayer d’imposer des régimes de terreur issus de la Confrérie des Frères musulmans, soutenus par les États-Unis et loyaux à Washington. Tout ceci a échoué. Et le contrecoup en termes d’effets a été de pousser la plus grande partie du monde loin de Washington et de leurs constantes guerres par procuration.

Un stratège militaire intelligent dirait alors qu’il est temps de changer de plan. Et voilà ce qu’est Flynn. Il va promouvoir un glissement dans la politique de Washington, prenant ses distances avec l’utilisation de la Confrérie des Frères musulmans et des organisations de terreur alliées pour s’engager plutôt dans une restauration plus intime et une pleine coopération avec le gouvernement d’extrême droite du Likoud de Netanyahou en Israël.

Walid Phares, le Conseiller de Donald Trump sur le terrorisme et les affaires moyen-orientales, a dit sur un média égyptien dans des commentaires rapportés par le bloc conservateur de Ben Shapiro, le Daily Wire, que Donald Trump allait soutenir les efforts visant à rendre hors-la-loi la Confrérie des Frères musulmans en tant qu’organisation terroriste, ce que l’administration Obama avait refusé avec véhémence et empêché le Congrès de faire 9.

Quiconque aura lu mon dernier livre, L’hégémonie perdue : celle que les dieux eux-mêmes détruiraient, saura que je ne suis pas un ami de la Confrérie des Frères musulmans, qui ont été impliqués dans une sombre alliance avec la CIA depuis les années 1950 10. Cependant la réalité n’est pas aussi simpliste que cela, « les ennemis de mes ennemis sont mes amis… » : Walid Phares, le Conseiller clé de Donald Trump’s sur le terrorisme et le Moyen-Orient, est aussi un membre senior d’un tout petit cercle d’influence pro-Netanyahou appelé la Fondation pour la défense des démocraties.

La Fondation pour la défense des démocraties ?

La Fondation pour la défense des démocraties (FDD), basée à Washington, fut créée dans le sillage du 11 septembre 2001 par un ancien directeur de communication du Comité national républicain (CNR [Republican National Committee – RNC]), Clifford May afin, comme il le déclare sur son site Internet, de « promouvoir le pluralisme, défendre les valeurs démocratiques et combattre les idéologies qui gouvernent le terrorisme ».

Le point notable au sujet de cette FDD, dont le membre senior Walid Phares guiderait le Président élu Trump pour le Moyen-Orient et le terrorisme, ce sont les flux financiers qui sont derrière. Elle a en effet été fondée et est financée par un groupe de milliardaires américains étroitement liés à Benjamin Netanyahou et son agenda géopolitique israélien. Les donneurs incluent le notoire Sheldon Adelson, magnat des casinos de Las Vegas et Macao qui, d’après la presse israélienne, a donné à la campagne de Trump quelque 25 millions de dollars dans ses derniers jours qui furent critiques 11. D’autres soutiens financiers de la FDD incluent un autre juif américain ayant une longue histoire de financement des organisations pro-israéliennes : Bernard Marcus, cofondateur du Home Depot ; les héritiers des whiskies Samuel et Edgar Bronfman ; les spéculateurs milliardaires de Wall Street Michael Steinhardt et Paul Singer, et Leonard Abramson, fondateur du système de soins américain (US Healthcare) 12.

Ce n’est donc pas une surprise que le principal cercle d’influence à avoir appelé à témoigner contre l’agenda d’Obama incluant un accord nucléaire avec l’Iran et la levée des sanctions ait été cette même Fondation pour la défense des démocraties, qui témoigna 17 fois contre ce « plan Iran ». Le directeur exécutif de la FDD, Mark Dubowitz, a même aidé à concevoir les sanctions ayant frappé le régime iranien et ses ventes de pétrole, qui furent mises en place en 2010.

De plus, la plupart des autres prises de position de la FDD font écho à celle du régime de Netanyahou à Tel-Aviv. Toby Dershowitz, qui passa 14 années à la tête de la communication de l’AIPAC, est également le vice-président de la FDD pour les relations avec le gouvernement et la stratégie 13. L’AIPAC [American Israel Public Affairs Committee] (Comité pour les Affaires Publiques Israelo-Américaines), fut décrit par John Mearsheimer, professeur à l’Université de Chicago, comme « un agent du gouvernement israélien tenant à la gorge le Congrès des États-Unis par son influence et son pouvoir ». Trump fut invité en tant que conférencier externe en mars 2016, à la réunion annuelle de l’AIPAC 14.

Mike Flynn et Mike Ledeen

Revenons à présent au haut conseiller à la Sécurité nationale anti-Confrérie des Frères musulmans, Mike Flynn. Flynn, de concert avec le directeur désigné de la CIA, Mike Pompeo, est d’accord avec le fait que l’accord sur le nucléaire iranien d’Obama devrait être mis au rebut, et appelle l’Iran un État « parrain » du terrorisme, une position chère au cœur de Netanyahou.

Flynn a aussi écrit un livre avec Michael Ledeen. On ne coécrit pas un livre avec n’importe qui, je le sais : il doit exister une communauté de vues et une pleine harmonie avec le coauteur. Or Michael Ledeen est aujourd’hui un savant librement stipendié et n’est-ce pas intéressant de voir par qui : par la même Fondation pour la défense des démocraties 15. Il est digne d’être relevé que l’investisseur financier Jim Rickards est également membre du Conseil des conseillers du Centre pour les sanctions et la finance Illicite au sein de cette Fondation pour la défense des démocraties, et l’ancien directeur de la CIA James Woolsey − que la rumeur pressent pour un haut poste au sein du projet Trump − est l’un des quatre membres du conseil dirigeant de la FDD 16.

Cette année, en 2016, Ledeen a coécrit un livre avec le Directeur désigné du NSC, Mike Flynn, intitulé : Field of Fight : How to Win the War Against Radical Islam and its Allies(Champ de bataille : comment gagner la guerre contre l’islam radical et ses alliés)]. Les liens entre Ledeen et le directeur du NSC de Trump ne sont manifestement pas fortuits.

Des années auparavant, Ledeen (qui fut du reste impliqué dans les accords illégaux Iran-Contras, armes contre cocaïne sous G.H.W. Bush et ses vieux copains des réseaux de la CIA durant les années Reagan 17), a écrit une thèse de doctorat qu’il m’a été donné de voir, mais qu’il est aujourd’hui quasiment impossible de trouver. Elle était intitulée Le Fascisme universel et traitait de l’applicabilité du fascisme italien de Mussolini selon un modèle global : un ordre mondial fasciste si vous préférez.

Michael Ledeen, qui préfère rester en retrait dans les coulisses, peut certainement être mieux représenté comme étant le Parrain des néoconservateurs. Il a défini les politiques et les goûts de Paul Wolfowitz, Dick Cheney, Don Rumsfeld et autres au sein de la faction belliciste aux États-Unis. 18

En 2003, tandis que la guerre de Bush-Cheney-Wolfowitz se déployait contre l’Irak, Ledeen tint un discours intitulé: « Il est temps de se consacrer à l’Iran (la mère du terrorisme moderne) », destiné à l’Institut juif pour des affaires de sécurité nationale [Jewish Institute for National Security Affairs – JINSA −  pro-Netanyahou], dans laquelle il a déclaré : « Le temps pour la diplomatie touche à son terme ; le temps est venu pour un Iran libre, une Syrie libre et un Liban libre ». Pour « libérer » l’Iran, la Syrie et le Liban à l’époque, en 2003, presque une décennie avant le début de la guerre américaine contre Assad, Ledeen avait donc déclaré que l’Irak, l’Iran et la Syrie devaient eux aussi obtenir leur « liberté » par le moyen d’une « guerre totale » menée par les États-Unis …

D’après les rapports de ceux qui sont proches du processus de sélection du Cabinet du Président élu Donald Trump, deux personnes ont eu une influence décisive sur ceux qui ont été sélectionnés : le beau-fils politiquement inexpérimenté de 35 ans de Trump, Jared Kushner, et Mike Flynn. Trump a même demandé à ces deux-là de siéger avec lui durant les briefings présidentiels hautement classifiés 19.

Winston Churchill a dit une fois : « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait toujours être protégée d’un glacis de mensonges. » 20. Il est déjà clair que le projet de la présidence Trump, visant à préparer l’Amérique pour une nouvelle guerre, est d’ores et déjà bien protégé par ce glacis de mensonges…

Par William Engdahl – Le 21 novembre 2016 – New Eastern Outlook

Traduit par Jean-Maxime Corneille

  1. « Dites-leur ce qu’ils veulent entendre » (Lénine), NdT
  2. Voir : Construire ensemble la Ceinture économique de la Route de la Soie et la Route de la Soie maritime du XXIe siècle : Perspectives et actions (Publication conjointe du ministère du Commerce et du ministère des Affaires étrangères chinois, 2015/04/08) ; Route de la soie : la nouvelle OPA de la Chine sur le monde (Les Echos, 28/01/16) ; « Une Ceinture, une Voie » : la nouvelle route de la soie chinoise  (Alex Payette, Guorui Sun, Tribune n°694 de la revue Défense nationale, octobre 2014accessible ici ) ; « Une ceinture et une route » ouvre la voie à de nouveaux voyages entre la Chine et l’Europe (french.china.org.cn, 2016-02-01) ; Regard sur le concept nouveau d’« Une ceinture, une route » (Institut Schiller, 24 juin 2015) ; voir également les articles précédents de l’auteur relatifs à la Chine.
  3. F. William Engdahl, A Mafia Don with a Pompadour, NEO, March 20, 2016, Référence au « Pussy-Gate », et à Billy Bush, animateur radio et membre de la famille Bush, viré de NBC suite à une conversation ancienne avec Donald Trump : Billy Bush, l’animateur de NBC, licencié après sa conversation sexiste avec Donald Trump (La Parisienne, 18 octobre 2016) ; Après les propos vulgaires de Donald Trump, l’animateur Billy Bush quitte NBC (LCI, 18 oct. 2016)
  4. toutes les données sont accessibles ici (Cryptome) ; voir aussi PNAC : Reconstruire les défenses de l’Amérique traduit par ReOpen911 (Reopen911, 6 juin 2008)
  5. Rapprocher du jeu mondialiste « à deux faces » entre Bilderberger et Trilatérale (correspondant à deux visions différentes du mondialisme : l’une imposée par la force et l’autre par des artifices plus subtils) qui était évoqué par Luis Gonzalez-Mata, qui fut le premier à parler de l’articulation de ces sujets avec une réelle crédibilité (Les vrais maitres du monde, Paris, Éditions Grasset & Fasquelle, 1979), NdT
  6. L’auteur utilise le mot « preempting » et non « preventing ». La préemption est utilisée en français dans un sens restrictif, mais il y a ici une idée de préemption au sens du droit latin (pre – emptio, « achat avant ») : un droit né d’une prééminence, c’est-à-dire d’un privilège de rang, conséquence d’une position dominante. NdT
  7. Mot à mot les « personnes du drame », la liste des personnages d’une pièce de Théâtre antique (drame). NdT
  8. Eric Zuesse, Who Will Win the War Between Trump & The Neocons ?, Washington’s Blog, November 16, 2016 ; also Zero Hedge blogger, George Washington, Great News on Trump Appointments, Zero Hedge
  9. Michael Qazvini, Trump Prepares To Label Muslim Brotherhood A « Terror Organization », The Daily Wire, November 14, 2016
  10. F. William Engdahl, The Lost Hegemon : Whom the gods would destroy, 2016, mineBooks, Wiesbaden.
  11. Times of Israel staff, Adelson boosts Trump with 25 million to defeat Clinton, Times of Israel, November 1, 2016
  12. John B. Judis, The Little Think Tank That CouldSlate, August 18, 2015
  13. Ibid.
  14. John Mearsheimer and Stephen Walt, The Israel Lobby, London Review of Books, Vol. 28 No. 6 · 23 March 2006
  15. FDD Website, Our Team, Dr Michael Ledeen
  16. http://www.defenddemocracy.org/about-fdd/team-overview/category/leadership-council
  17. John B.Judis, op. cit.
  18. William O. Beeman, Who Is Michael Ledeen ?, Pacific News Service, May 7, 2003
  19. Andrea Mitchell, Alexandra Jaffe and Kelly O’Donnell, Donald Trump Requests Security Clearance for Son-in-Law Jared KushnerNBC, November 16, 2016
  20. « In wartime, truth is so precious that she should always be attended by a bodyguard of lies. » (The Second World War, vol. 5, 1951), NdT

Source: http://lesakerfrancophone.fr/la-dangereuse-tromperie-appelee-la-presidence-trump


 

L’ARABIE DES AL-SAOUD EN CRISE ? •

L’Arabie saoudite n’arrive plus à joindre les deux bouts

Thu Jan 12, 2017 7:12PM

L’Arabie saoudite face à la crise financière. ©Atlantico

L’Arabie saoudite face à la crise financière. ©Atlantico

Face à la poursuite de la crise financière qui ronge de l’intérieur l’Arabie saoudite, le gouvernement saoudien, cédant à la panique due à l’accroissement des mouvements de contestation populaire, a décidé de faire des économies dans les dépenses publiques, et ce, à travers des restrictions dans les investissements destinés à des projets de construction urbaine.

Ce jeudi 12 janvier, dans son édition consacrée à Dubaï, The Financial Times a publié un article sous la plume de Simon Care avec pour titre : « L’Arabie saoudite tente de couper dans les dépenses en annulant des projets de plusieurs milliards de dollars. »

Il y écrit :

« L’Arabie saoudite, en coupant dans ses dépenses, notamment à travers l’annulation des projets s’élevant à plusieurs milliards de dollars, cherche à pallier son déficit budgétaire.

En fait, le gouvernement saoudien vise à réduire progressivement son déficit de sorte à repasser dans le positif à l’horizon 2020. »

L’auteur ajoute :

« Les économies viseront dans un premier temps les projets d’investissement et dans un second temps des projets d’infrastructure. »

« Cela s’inscrit, poursuit le journal, dans les efforts de Riyad pour éviter toute suppression de dépense touchant des points sensibles et pouvant faire naître des polémiques, car les mesures d’austérité de l’année dernière ont provoqué un mécontentement général. »

L’auteur nous informe que parmi les ministères saoudiens, ceux des Transports, de la Santé et des Services publics seront les cibles privilégiées de la révision ou de l’annulation desdits projets.

Cela constituera indubitablement un nouveau coup dur porté aux entreprises travaillant dans le bâtiment et dans bien d’autres secteurs, d’autant plus qu’elles sont d’ores et déjà soumises à de fortes pressions financières.

Ces entreprises sont de plus en plus écrasées sous le poids des pressions financières depuis la mise en place par Riyad de restrictions économiques en vue de réduire ses charges, et ce, notamment depuis la baisse des cours de pétrole. Cela a atteint un tel point que certaines d’entre elles n’arrivent plus à s’acquitter des salaires impayés de leur personnel et doivent procéder à des licenciements massifs.

  • http://presstv.com/DetailFr/2017/01/12/505949/Arabie-saoudite-crase-par-une-crise-sans-prcdent

DOUZE AMBASSADEURS FRANÇAIS APPELLENT LA FRANCE A RECONNAITRE L’ETAT PALESTINIEN

Douze ambassadeurs français appellent la France à reconnaître l’Etat palestinien

Douze diplomates français ont appelé lundi la France à reconnaître l’Etat palestinien pour «réparer une injustice de l’Histoire» et «avant qu’il ne soit trop tard».

Douze ambassadeurs français appellent la France à reconnaître l’Etat palestinien

«Depuis plusieurs mois, un débat s’est engagé sur la possibilité de réaliser un Etat palestinien. L’accaparement systématique des terres palestiniennes par la colonisation israélienne, la mainmise grandissante sur Jérusalem, l’état de siège permanent à Gaza laissent peu de place à ce projet», dénoncent les diplomates français dans un texte collectif publié dans le journal Le Monde.

«La présence à la tête d’Israël d’un gouvernement au nationalisme religieux déterminé, qui profite des troubles du monde arabe, enlève toute crédibilité à la reprise d’un processus de paix dont la stérilité a été maintes fois déplorée, dès lors que nulle pression ne s’exerce sur «Israël», sûr de sa force et de l’appui occidental qui lui est consenti », poursuivent-ils.

«Les Etats-Unis ont échoué à faire émerger une solution et ont renouvelé leur aide à Israël sans poser aucune condition, malgré leur condamnation maintes fois réaffirmée d’une colonisation contraire à l’établissement d’un Etat palestinien qui était pourtant jusqu’à présent leur objectif officiel. Il est probable que le nouveau président Donald Trump, appuyé par une majorité républicaine déterminée, ira encore plus loin dans le soutien inconditionnel à Israël et dans la négation des droits des Palestiniens», s’alarment-ils.

«Pour les Palestiniens, rien n’est pire que l’absence d’Etat. Sa proclamation ne changera certes rien sur le terrain. Mais elle créera une dynamique imposant des réalités nouvelles. Ce serait à l’honneur de la France de reconnaître l’Etat palestinien. Un tel geste, dont la signification politique et morale est incontestable, s’inscrirait dans sa politique traditionnelle en faveur de la liberté et des droits humains. Il est temps de réparer une injustice de l’Histoire. Israël, au destin duquel nous sommes tous attachés, en serait le premier bénéficiaire, tant pour sa sécurité que pour son rôle attendu dans le développement de la région où il faut pérenniser sa présence», expliquent les diplomates français.

Selon les diplomates, «l’appropriation progressive de Jérusalem-Est et d’une partie croissante des terres de Cisjordanie est inconciliable avec l’idée de négociation. Un partage équitable ne peut être obtenu par une négociation bilatérale en raison de la disproportion des forces des parties en présence».

«Un encadrement international s’impose donc dans lequel la France, amie des Israéliens et des Palestiniens, doit être au premier rang. L’initiative diplomatique qu’elle a prise est essentielle et doit être soutenue par tous les Etats responsables, proches ou lointains, désireux de définir les conditions d’une paix juste et durable. Avec l’arrivée du président Trump au pouvoir, l’espoir d’un Etat palestinien disparaît sans doute pour les années à venir. Mais sa nécessité demeure. La France et l’Union européenne doivent s’engager avant qu’il ne soit trop tard», concluent-ils.

Les diplomates signataires : Yves Aubin de La Messuzière ; Denis Bauchard ; Philippe Coste ; Bertrand Dufourcq ; Christian Graeff ; Pierre Hunt ; Patrick Leclercq ; Stanislas de Laboulaye ; Jean-Louis Lucet ; Gabriel Robin ; Jacques-Alain de Sédouy ; Alfred Siefer-Gaillardin

Source : sites web

12-01-2017 | 13:35

  • http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=21645&cid=308#.WHfSxvnhA2w
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