Veilleur en éveil

 

ANALYSE DU PCI: « AU SORTIR DE L'ÉLECTION, LA LUTTE CONTRE LE FASCISME ET LE RACISME, MENÉE PAR LE HADASH ET LE PC D’ISRAËL, DOIT S’INTENSIFIER »

ELECTIONS EN ISRAËL, ANALYSE DU PCI: « AU SORTIR DE L’ÉLECTION, LA LUTTE CONTRE LE FASCISME ET LE RACISME, MENÉE PAR LE HADASH ET LE PC D’ISRAËL, DOIT S’INTENSIFIER »

 Solidarité Internationale PCF Palestine-Israël 0

13 AVR. 2019

Elections en Israël, analyse du PCI: « Au sortir de l’élection, la lutte contre le fascisme et le racisme, menée par le Hadash et le PC d’Israël, doit s’intensifier »

Analyse du Parti communiste d’Israël, 13 avril 2019, traduction ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

Les résultats des élections à la 21ème Knesset, qui se sont tenues le 9 avril, avec une nette victoire du bloc de droite, marquent un tournant dans la montée de la menace d’une voie fasciste pour l’Etat d’Israël. Dans le même temps, la constitution de l’alliance « bleue et blanche » et son succès électoral (35 sièges, autant que le Likoud) prouvent que la classe dirigeante est divisée. De hauts dirigeants de l’appareil militaire, d’hier et d’aujourd’hui, unis avec certains milieux des plus riches, jugent que Benjamin Natanyahu est allé trop loin dans sur la voie du racisme.

Pour autant, sur le plan idéologique, les différences entre le Likoud et l’alliance des généraux Bleue et Blanche ne sont pas bien substantielles. De fait, dès les résultats des élections connus, des voix s’élevant des soi-disant « milieux économiques » ont commencé à en appeler à un gouvernement d’unité nationale. Dit autrement, Netanyahu a deux choix possibles : soit il constitue une coalition étroite de droite qui va encore continuer à s’attaquer à la démocratie et qui le protégerait, en apparence, des menaces de poursuites judiciaires ; soit, au contraire, il va vers un gouvernement de large unité qui pourrait lui donner du temps pour manœuvrer.

Un phénomène a pris une importance particulière dans la campagne électorale : le « siphonage » des voix des petits partis par les plus grands du même bloc (droite ou gauche) afin d’empêcher une victoire du premier parti du camp opposé. Cela explique que les deux partis, Likoud et Bleu et blanc ont fini par capter les voix de milliers d’électeurs qui auraient penché, sinon, pour de petits partis, plus idéologiques. Le Likoud l’a fait aux dépens des listes de la « Droite unie », de la « Nouvelle droite » et du « Zehut » (« Identité » juive), pendant que les Bleus et Blancs ont réussi à faire de même au détriment des Travaillistes et du Meretz, à gauche.

Un autre résultat significatif de ces élections est que les quatre partis qui avaient constitué la « Liste unie » au scrutin précédent de 2015 et remporté alors 13 sièges, ont perdu plus de 20% de leur influence parlementaire. C’était prévisible au vu de la chute annoncée, par les sondages, du taux de participation des Palestiniens, citoyens d’Israël. En conséquence, le Hadash-Ta’al a recueilli autour de 5% des voix et obtient 6 sièges. Le Ra’am-Balad (si les résultats définitifs le confirment) passe de justesse le seuil des 3,25%, avec 3,3%, et devrait obtenir 4 sièges dans la prochaine Knesset. Ces deux alliances, avec les 4 députés du Meretz, constituent le seul pôle démocratique conséquent en Israël et ce sera eux, et eux seulement, qui seront à même de combattre l’hégémonie d’extrême-droite à la Knesset. De fait, si le résultat final, une fois décomptés les votes des soldats et des Israéliens travaillant à l’étranger, devait ramener le Ra’al-Balad en dessous du seuil électoral [nécessaire pour obtenir des sièges], il en résulterait incontestablement un coup dur pour la vie démocratique en Israël.

Le Meretz est confronté à une décision difficile. Il doit décider s’il entend rester dans le consensus sioniste en Israël, ou, au contraire, se ranger du côté des forces démocratiques à la Knesset. Dans ce dernier cas, la dirigeante du Meretz, Tamar Zandberg, devra rompre avec son père spirituel, Menahem Begin, si elle veut sincèrement rejoindre le bloc démocratique de gauche arabo-juif, représenté aujourd’hui par le Hadash-Ta’al et le Ra’am-Balad.            

Est-il possible que le Parti travailliste, ou plutôt ses clans éclatés, se joigne aussi aux forces du camp démocratique qui combattent résolument le racisme et le fascisme ? Il est encore trop tôt pour le déterminer. Mais il est clair que l’effondrement catastrophique du Parti travailliste (6 députés contre 24, il y a 4 ans) l’amène à revoir la voie à suivre. Quelles que soient la décision du Parti travailliste et celle du Meretz, il revient clairement aux forces démocratiques en Israël d’intensifier la campagne contre le fascisme, le racisme contre l’occupation. Cette responsabilité appartient, en premier lieu, au Hadash et au Parti communiste d’Israël, alors que leur alliance Hadash-Ta’al a remporté 6 sièges à la Knesset, c’est-à-dire autant que le Parti travailliste diminué et deux de plus que le Meretz. Répétons que ces deux derniers partis doivent toujours définir qui ils sont et décider de quel côté ils veulent se ranger.

Ce ne sera pas la première fois que le Hadash et le PCI auront eu à conduire les luttes parlementaires et populaires depuis une position minoritaire. L’histoire du PCI depuis la fondation d’Israël et celle de son front électoral, le Hadash, depuis 1977, sont entremêlées aux luttes contre le gouvernement militaire, contre l’occupation, contre les expropriations de terres, contre le racisme, contre l’exploitation et contre la guerre.

La dernière année de gouvernement de Netanyahu a été marquée par de nombreuses luttes, dans la rue, qui l’ont obligé, lui et son gouvernement, à infléchir leur politique, par exemple, sur l’augmentation du salaire minimum, ou bien sur les violences faites aux femmes et à leur exploitation, ou sur la question des migrants et des réfugiés. La campagne contre le concept raciste « d’Etat-nation juif » a commencé et a pris toute son ampleur sous la Knesset sortante. Mais cette lutte doit, dans des conditions encore plus difficiles, sous la nouvelle assemblée, être poursuivie, de toutes nos forces.          

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2019/04/elections-en-israel-analyse-du-pci-au-sortir-de-l-election-la-lutte-contre-le-fascisme-et-le-racisme-menee-par-le-hadash-et-le-pc-d


 

LES MILITANTES ALGERIENNES HUMILIEES PAR LA POLICE TEMOIGNENT. ELLES METTENT A MAL LA VERSION OFFICIELLE

Algérie : les militantes humiliées par la police témoignent. Elles mettent à mal la version officielle

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Alors que l’institution policière et les services de sûreté de la wilaya d’Alger s’enferrent dans leurs dénégations, dénonçant les « allégations sans fondement » portées contre le commissariat de Baraki, les quatre jeunes manifestantes algériennes, interpellées samedi 13 avril, qui ne sont pas ressorties indemnes de leur fouille au corps particulièrement humiliante, ont décidé de briser le silence.

Trois jours après que leur dignité humaine a été bafouée dans l’enceinte du poste de police où elles avaient été transférées, à 30 km de la capitale, leur laissant des séquelles psychologiques qui, pour être invisibles, n’en sont pas moins bien réelles, l’une des victimes, Hania Chabane, a franchi un pas supplémentaire : elle a choisi de témoigner à visage découvert sur Facebook.

C’est peu dire que la version des faits qu’elle livre met à mal l’attachement aux « lois de la République, aux principes des droits de l’homme et à la préservation de la dignité des citoyens », dont s’est prévalue la sûreté de la wilaya d’Alger dans son communiqué officiel.

Selon ses dires, au terme de trois longues heures d’attente derrière les murs du commissariat de Baraki, une femme agent de police, qui n’était pas en uniforme, les a forcées à se déshabiller complètement, jusqu’à se retrouver en sous-vêtements, afin de leur infliger une fouille corporelle très poussée et avilissante, que rien ne justifiait.

Pendant que les quatre jeunes femmes s’interrogeaient sur la légalité de leur transfert au commissariat de Baraki, alors qu’elles avaient été arrêtées sans ménagement à Alger, elles ont obéi à contrecoeur à une fouille traumatisante, pensant qu’elle relevait d’une procédure normale. Elles apprirent plus tard que ce n’était pas le cas, et qu’elles avaient subi un abus d’autorité caractérisé, attentatoire à leur dignité. Une bien cruelle ironie du sort.

Des avocats leur préciseront par la suite que ce genre de fouille ne s’impose que dans les affaires de drogues ou de terrorisme, ce qui a accentué leur profond sentiment de dégoût teinté de rancœur.

A l’heure où la polémique enfle de l’autre côté de la rive méditerranéenne et que l’institution policière crie « au complot » visant à salir son image, les témoignages concordants de quatre jeunes femmes algériennes, dont celui d’Harian Chabane, s’avèrent accablants pour son matricule.

Elles ont fait part de leur intention de porter plainte.

Hania Chabane relate le sale moment passé derrière les murs du commissariat de Baraki

 

 

Un témoignage masculin qui corrobore les dires des plaignantes

 

ABUS DE POUVOIR POLICIER ALGÉRIE INSTITUTION POLICIÈRE

Written by Fabienne Doucet

L' "OTAN ARABE" COMPROMISE ?

L’« Otan arabe » sérieusement compromise

 Depuis 4 heures  16 avril 2019

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 Moyent-Orient

 

Alors que le projet de « deal du siècle » des États-Unis devrait être prochainement révélé, l’Égypte a fait savoir, le 14 avril 2019, qu’elle ne participerait pas à l’Alliance stratégique moyen-orientale (Middle East Strategic Alliance) dite « Otan arabe ». Le retrait de l’armée arabe la plus nombreuse obère le projet.

L’Égypte estime ne pas avoir d’objectif stratégique commun avec les autres États susceptibles de rejoindre cette alliance, ni avoir de raison de se placer sous commandement saoudien.

La participation du Qatar et du Sultanat d’Oman était déjà implicitement improbable.

Le projet d’une alliance israélo-arabe avait été formulé la première fois par le président Barack Obama dans sa Doctrine de sécurité nationale (6 février 2015). L’idée avait été reprise par la Ligue arabe (sans mentionner la participation israélienne) lors de son sommet de Charm el-Cheick (1er avril 2015) sous le nom de « Force arabe de Défense commune ». Donald Trump avait imposé des achats démesurés d’armes US à l’Arabie Saoudite (20 mars 2018) et évoqué alors une possible prise de commandement saoudienne d’une hypothétique « Otan arabe ». La réalisation de ce projet avait été annoncée par Mike Pompeo lors de son discours à l’université arabe du Caire (10 janvier 2019).

Le projet d’« Otan arabe » a été présenté à l’opinion publique comme une alliance contre l’expansionnisme iranien. Dans la pratique, il s’agirait d’une alliance judéo-sunnite contre les chiites. Cependant, selon un document US révélé par Reuters, le véritable objectif de ce groupe serait de prévenir l’influence russe et chinoise dans la région.

Quoi qu’il en soit, le surnom d’Otan arabe indique que cette alliance « arabe » sera pilotée par le Pentagone. Israël devrait y jouer secrètement le même rôle que le Royaume-Uni au sein du Pacte de Bagdad, durant la Guerre froide. L’alliance se limiterait à organiser l’interopérabilité des armées nationales, mais pas d’opération militaire commune. Elle veillerait surtout à la compatibilité des armements, donc à maintenir l’achat d’armes US.

Le président Trump considère comme plus important de développer les emplois aux États-Unis que de guerroyer au Moyen-Orient. L’Alliance stratégique moyen-orientale lui offre des débouchés considérables pour son industrie militaire.

La réalisation des manœuvres communes « Bouclier arabe 1 » (Arab Shield 1), en novembre 2018, avait posé les jalons de cette alliance militaire. Les armées d’Arabie saoudite, du Bahreïn, d’Égypte, des Émirats arabes unis, de Jordanie et du Koweït, s’y étaient engagées sous l’œil attentif des observateurs des armées du Liban et du Maroc.

Source: Voltaire net.

https://french.almanar.com.lb/1325711


 

MANLIO DINUCCI : LA STRATEGIE DU CHAOS DIRIGE

L’art de la guerre

 

La stratégie du chaos dirigé

 

Manlio Dinucci

 

Tous contre tous : c’est l’image médiatique du chaos qui fait tâche d’huile sur la rive sud de la Méditerranée, de la Libye à la Syrie. Situation devant laquelle même Washington semble impuissant. En réalité Washington n’est pas l’apprenti sorcier incapable de contrôler les forces mises en mouvement. C’est le centre moteur d’une stratégie -celle du chaos- qui, en démolissant des États entiers, provoque une réaction en chaîne de conflits à utiliser selon l’antique méthode du “diviser pour régner”. 

    

Sortis vainqueurs de la guerre froide en 1991, les USA se sont auto-proclamés “le seul État avec une force, une portée et une influence en toute dimension -politique, économique et militaire- réellement mondiales”, se proposant d’ “empêcher qu’une quelconque puissance hostile ne domine une région -l’Europe Occidentale, l’Asie Orientale, le territoire de l’ex-Union Soviétique et l’Asie Sud-Occidentale (le Moyen-Orient)- dont les ressources suffiraient à générer une puissance mondiale”.

   

Depuis lors les États-Unis et l’OTAN sous leur commandement ont fragmenté ou démoli par la guerre, un à un, les États considérés comme un obstacle au plan de domination mondiale -Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Libye, Syrie et autres- tandis que d’autres encore (parmi lesquels l’Iran et le Venezuela) sont dans le viseur.

  Entre dans la même stratégie le coup d’état en Ukraine sous conduite USA/OTAN, afin de provoquer en Europe une nouvelle guerre froide pour isoler la Russie et renforcer l’influence des États-Unis en Europe. 

    

Pendant qu’on concentre l’attention politico-médiatique sur le conflit en Libye, on laisse dans l’ombre le scénario de plus en plus menaçant de l’escalade OTAN contre la Russie. La réunion des 29 ministres des Affaires étrangères, convoquée le 4 avril à Washington pour célébrer les 70 ans de l’OTAN, a réaffirmé, sans aucune preuve, que “la Russie viole le Traité FNI en déployant en Europe de nouveaux missiles à capacité nucléaire”. 

  Une semaine plus tard, le 11 avril, l’OTAN a annoncé que cet été sera effectuée “la mise à jour” du système étasunien Aegis de “défense anti- missile” basé à Deveselu en Roumanie, assurant que cela “ne fournira aucune capacité offensive au système”.
  Ce système, installé en Roumanie et Pologne, et à bord de navires, peut au contraire lancer non seulement des missiles intercepteurs mais aussi des missiles nucléaires. Moscou a averti : si les USA déploient en Europe des missiles nucléaires, la Russie déploiera sur son propre territoire des missiles analogues pointés sur les bases européennes. En conséquence augmente la dépense OTAN pour la “défense” : les budgets militaires des alliés européens et du Canada augmenteront en 2020 de 100 milliards de dollars. 

   

Les ministres des Affaires étrangères, réunis à Washington le 4 avril, se sont engagés en particulier à “affronter les actions agressives de la Russie dans la région de la Mer Noire”, en établissant de “nouvelles mesures de soutien à nos proches partenaires, Géorgie et Ukraine”. 

  Le jour suivant, des dizaines de navires et chasseurs-bombardiers des États-Unis, Canada, Grèce, Pays-Bas, Turquie, Roumanie et Bulgarie ont commencé en Mer Noire un exercice OTAN de guerre aéronavale à la limite des eaux territoriales russes, en se servant des ports d’Odessa (Ukraine) et de Poti (Géorgie). Simultanément plus de 50 chasseurs-bombardiers des États-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne, France et Pays-Bas, décollant d’un aéroport hollandais et approvisionnés en vol, s’exerçaient à des “missions aériennes offensives d’attaque contre des objectifs sur terre ou en mer”. Des chasseurs-bombardiers Eurofighter italiens seront par contre envoyés par l’OTAN patrouiller de nouveau sur la région baltique contre la “menace” des avions russes. 

   

La corde est de plus en plus tendue et peut se rompre (ou être rompue) à tout moment, en nous entraînant dans un chaos bien plus dangereux que celui de la Libye.

 

Édition de mardi 16 avril de il manifesto

https://ilmanifesto.it/la-strategia-del-caos-guidato/  

Traduit de l’italien par M-A P.


 

ALGERIE : TAÏEB BELAIZ, PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL DEMISSIONNE

Algérie : le président du Conseil constitutionnel présente sa démission

- Avec AFP

Algérie : le président du Conseil constitutionnel présente sa démission

 

Le président du Conseil constitutionnel algérien, Taïeb Belaiz, une des principales figures du pouvoir visées par les contestataires, a présenté sa démission, rapporte la télévision nationale.

Taïeb Belaiz, le président du Conseil constitutionnel algérien, a fait savoir qu'il avait présenté sa démission au chef de l'Etat, selon la télévision algérienne. Le Conseil constitutionnel est notamment chargé de valider les candidatures à la présidentielle fixée au 4 juillet pour élire un successeur au président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika et de veiller à la régularité des opérations de vote.

Détails à suivre...

https://francais.rt.com/international/61079-algerie-president-conseil-constitutionnel-presente-demission?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications


 

VENEZUELA : LES USA PREPARENT LA GUERRE

USA : réunion secrète consacrée à l’intervention miliaire au Venezuela

Mon Apr 15, 2019 12:59PM

Le président colombien Ivan Duque (C), le vice-président américain Mike Pence (D) et Juan Guaido au ministère des Affaires étrangères de la Colombie à Bogota le 25 février 2019. ©France 24

Le président colombien Ivan Duque (C), le vice-président américain Mike Pence (D) et Juan Guaido au ministère des Affaires étrangères de la Colombie à Bogota le 25 février 2019. ©France 24

Un groupe de réflexion américain a organisé une réunion secrète pour évaluer la faisabilité de « l'action militaire au Venezuela ». Étaient présents à cette réunion, des personnalités militaires et civiles américaines et sud-américaines de très grande importance.

Max Blumenthal, journaliste d'investigation du journal russe Russia Today a annoncé que le groupe de réflexion « Centre d'études stratégiques et internationales » (CSIS) a organisé une réunion secrète au Venezuela au cours de laquelle des responsables américains et sud-américains ont discuté de « l'utilisation de la force militaire » au Venezuela.

Le site d'information portail Grayzone, a publié pour la 1re fois samedi deux rapports qui donnent quelques détails sur cette réunion secrète.

Par la suite, Blumenthal a accédé à la liste des personnes ayant participé à cette table ronde appelée « Évaluation de l'utilisation de la force militaire au Venezuela » organisée par le groupe de réflexion américain du Centre des études stratégiques et internationales.

Venezuela : Cuba se prépare à la guerre!

Venezuela : Cuba se prépare à la guerre!

En réaction aux menaces brandies par son homologue américain, le président cubain a ordonné de renforcer les secteurs de la défense et de l’économie du pays.

Selon le rapport, cette table ronde a eu lieu le 10 avril.

Blumenthal qui a eu des entretiens avec certains des membres présents à la réunion a rapporté à RT, hier, dimanche : « les participants étaient très angoissés par le fait qu'un média connaisse l'existence d'une telle cérémonie. C'était une réunion de très haut niveau et il y avait essentiellement des personnalités importantes venues de Washington pour tracer pour Trump la politique à mener au Venezuela et ces personnes voulaient garder au maximum secrètes les informations relatives à la réunion ».

« Cela montre que les options militaires font actuellement l'objet d'une enquête sérieuse et que, dans l'ensemble, les mécanismes jusque-là mis en œuvre par Trump ont apparemment échoué ».

Selon le rapport, d'anciens et actuels responsables militaires et civils américains et sud-américains, des représentants de l'Agence américaine pour le développement international et de l'Organisation des États américains ainsi que des analystes de divers groupes de réflexion étaient présents à ce panel secret.

Selon certaines informations, de nombreuses marionnettes proposées par le chef de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido étaient également présentes à la réunion.

Juan Guaido s’est autoproclamé président du Venezuela le 3 février 2012 et l’administration américaine l’a reconnu en tant que telle en moins d’une demi-heure.

Depuis lors, Trump a imposé de multiples sanctions économiques et politiques sur le président élu du Venezuela, Nicolas Maduro.

Ce n'est pas la première fois que des efforts américains sont déployés pour lancer une action militaire contre le Venezuela. Un peu plus tôt, le président brésilien Jaïr Bolsonaro a explicitement annoncé son intention de travailler avec les États-Unis pour créer un gouffre au sein de l'armée vénézuélienne afin de déposséder Maduro du pouvoir.

Par la suite, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, lors de son voyage en Amérique latine, a insisté sur les sanctions américaines contre ce pays et sur le fait qu’il ne renoncerait pas à la bataille US à mener au Venezuela.

Récemment, le département du Trésor américain a annoncé avoir ajouté plusieurs sociétés et navires sur la liste des entités à sanctionner pour cause du Venezuela, sous prétexte de liens supposés entre ces derniers et le gouvernement vénézuélien. Une liste est publiée sur le site du Trésor et figure parmi ces entités, trois sociétés libériennes et une italienne.

Malgré le fait que les États-Unis et nombre de leurs alliés tentent de renverser Maduro, la Russie, l'Iran et Cuba continuent de soutenir ce président élu par le peuple vénézuélien.

Venezuela: la Résistance débarque...

Venezuela: la Résistance débarque...

Face aux complots des États-Unis, le Venezuela profite aussi bien des soutiens de ses voisins anti-impérialistes, tels Cuba et la Bolivie, que de l’expérience des Syriens faisant partie de l’axe de la Résistance.

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/15/593488/Venezuela-les-USA-prparent-la-guerre


 

LA FRANCE BANANIERE EN AFRIQUE : UNE ARMEE ETRANGERE DEVIENT VITE UNE ARMEE D'OCCUPATION

Laurent Bigot

La France en Afrique: «Une armée étrangère devient vite une armée d’occupation»

INTERNATIONAL

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Jean-Baptiste Mendès

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Un diplomate garanti sans langue de bois. Viré en 2013 du Quai d’Orsay par Laurent Fabius, Laurent Bigot était le sous-directeur du département Afrique de l’Ouest au ministère des Affaires étrangères. Il évoque longuement pour Sputnik l’intervention française au Mali, mais aussi les incohérences de la politique étrangère française. Entretien.

Il a quitté les ors du 37, quai d'Orsay en 2013, sèchement limogé par Laurent Fabius pour avoir exprimé ses réserves quant à la suite de l'opération Serval. Laurent Bigot, alors sous-directeur du département Afrique de l'Ouest au ministère des Affaires étrangères, soutenait pleinement l'intervention française au Mali décidée par François Hollande et lancée dès le 11 janvier pour soutenir les forces armées maliennes face à l'offensive djihadiste au nord du pays. Sauf que «l'après», la solution politique n'avait pas été prévue. Depuis, il estime que le pays est «en voie d'afghanisation».

Retrouvez cet entretien exceptionnel avec Laurent Bigot

 


Serval réussie, Barkhane à revoir

 

Revenons aux origines de l'intervention française. En difficultés sur le plan intérieur dès le début de son mandat, le Président de la République, François Hollande se lançait en janvier 2013 dans l'aventure malienne à l'appel des autorités du pays, menacées par des groupes armés djihadistes. Une opération saluée de toutes parts, notamment par le ministère des Affaires étrangères. Laurent Bigot témoigne de son expérience au cœur de l'évènement:

«La décision du Président Hollande était très courageuse. Parce qu'à l'époque, on avait peu d'informations, on est probablement la seule armée étrangère à pouvoir intervenir militairement aux côtés de l'armée malienne, aucune autre puissance étrangère ne peut le faire. Est-ce que les djihadistes avaient pour ambition de descendre à Bamako? Sûrement pas. Mais sur le moment, on n'avait pas d'informations. C'était une opération d'envergure, ils visaient probablement le verrou militaire de Mopti-Sevaré et s'arrêter là. Descendre jusqu'à Bamako, c'était compliqué. Il n'y avait pas d'autres options que de répondre positivement à la demande des autorités maliennes, c'est-à-dire d'y aller militairement.»

Pourtant, dès le lancement de Serval, le diplomate se montre critique en interne quant aux solutions politiques après l'intervention. Comment régler politiquement la crise malienne après être intervenu militairement? C'est là que le bât blesse. Dans sa persévérance à vouloir convaincre sa hiérarchie, il déplaît à Laurent Fabius, qui le licencie sèchement. Le Premier ministre des Affaires étrangères du quinquennat Hollande n'en est pas à son coup d'essai sur les «incompatibilités d'humeur»: Christian Rouyer, ambassadeur français au Mali, est brutalement remplacé en mars 2013; Jean Félix-Paganon, représentant spécial pour le Sahel, est aussi mis à l'écart, ainsi qu'Élisabeth Barbier, du Département Afrique.

«J'ai toujours alerté sur le fait qu'on n'ait toujours pas réfléchi politiquement à ce qu'il y aurait après l'opération militaire […] On m'avait répondu sèchement qu'on n'avait pas les moyens de financer un processus d'accompagnement. Moi j'avais d'ailleurs répondu: "on envoie 5.000 soldats pour faire la guerre, mais on n'est pas capable d'envoyer dix personnes pour accompagner un processus de paix". Ces positions ont beaucoup irrité à la fois ma hiérarchie et le ministre… et puis quand il y a une tête qui dépasse au Quai d'Orsay, on la coupe.»

François Mattei

SPUTNIK

Scandale Gbagbo, justice des vainqueurs? François Mattei tacle la CPI

En août 2014, l'opération Serval est transformée en dispositif Barkhane, toujours en place en 2019 sur le territoire malien. À l'origine un succès, la présence des forces françaises aux côtés de l'armée malienne a réussi initialement à repousser les groupes armés. Est-il permis de dresser le bilan de l'intervention française? La crise politique au Mali a-t-elle été réglée? Que nenni, estime Laurent Bigot:

«Le dispositif Barkhane est complètement enlisé et en voie d'afghanisation, c'est-à-dire que c'est le bourbier. On a une hostilité croissante, quand bien même on explique à longueur d'interview qu'on est là pour protéger les populations, et puis militairement on n'a pas enrayé l'insécurité. Le nord du Mali est hors contrôle, le centre du Mali est hors contrôle, le nord du Burkina est hors contrôle, donc quand on regarde l'état de l'insécurité entre l'opération Serval et aujourd'hui, on ne peut pas considérer que les objectifs militaires ont été atteints.»

Suite aux attaques du 11 septembre 2001 à New York, l'armée française intervint aux côtés des États-Unis afin de poursuivre l'organisation terroriste Al-Qaida, réfugiée chez les talibans en Afghanistan. En 2012, dix ans plus tard, Nicolas Sarkozy prenait la décision de mettre en place un retrait graduel des forces, l'essentiel des troupes ayant quitté Kaboul fin 2014. Pourtant, les talibans conservent une large partie du territoire et sont actuellement en pourparlers directs avec les États-Unis. Le bourbier afghan est-il en train de se reproduire au Mali? Venant d'un diplomate français, le constat est implacable.

«On n'a pas appris de ce qui s'est passé en Afghanistan. Une armée étrangère devient vite une armée d'occupation. En Afghanistan, on a tué des talibans au nom de nos valeurs, on oubliait qu'en tuant un taliban, on tuait le père, le frère, le mari de quelqu'un dans la population.
Il se passe exactement la même chose dans le Sahel. On exécute, parce que c'est bien ça le terme, des djihadistes —enfin des présumés djihadistes- on oublie qu'ils sont le mari, le père, le frère de quelqu'un dans la région. À force de tuer des gens, vous vous mettez à dos des communautés entières, des clans entiers, qui ne vous reconnaissent pas la légitimité d'exécuter un des leurs quand bien même vous leur faites le reproche d'être terroristes.
La définition de terroriste, c'est nous qui la donnons par rapport à nous. Mais ces gens-là ne sont pas nécessairement vus comme des terroristes par les populations locales. Donc à force de procéder ainsi, on se met à dos les populations entières.
Et en plus, les populations locales voient bien que leur sort au quotidien ne s'améliore pas du tout, qu'elles continuent à être sous le joug de l'État malien, c'est-à-dire le harcèlement des forces de sécurité maliennes, qui commettent des exactions également. Donc leur situation au quotidien ne s'améliore pas, l'armée française se permet d'exécuter les leurs, à la fin les gens ne soutiennent plus.»

Gilles Kepel

© SPUTNIK . ANTOINE HARREWYN

Gilles Kepel: «Ils n’ont rien compris et ils n’ont pas vu venir Daech»

Les causes de la crise au Sahel

Début 2011, le Président Sarkozy décide d'intervenir en Libye- sans consulter le Quai d'Orsay et les spécialistes de la région, dixit Laurent Bigot- afin de soutenir la rébellion et de renverser Mouammar Kadhafi. Suite au lynchage du Guide de la Révolution, le pays entre progressivement dans une guerre civile dont il est loin d'être sorti. À l'heure actuelle, les factions rivales du maréchal Haftar et de Fayez el-Sarraj se font face dans les rues de Tripoli. Le sud de son territoire est devenu une zone grise, en proie aux groupes armés, notamment djihadistes. Deux années après la chute de Kadhafi, des groupes terroristes menaçaient ainsi le Mali et Bamako. Peut-on y voir une corrélation entre ces deux évènements?

«La crise libyenne a été un accélérateur de cette crise-là, mais elle couvait depuis longtemps. Il se serait passé un effondrement au Mali d'une manière ou d'une autre […] Ça n'est pas la cause principale. La cause principale, c'est vraiment ce qu'il se passait dans le régime malien, qui était totalement pourri, il y a eu un effondrement moral du système institutionnel, c'est ça le drame du Mali.
Après, l'explication des djihadistes… nous, on les qualifie de djihadistes, il ne faut jamais oublier que c'est un regard occidental qu'on porte sur gens-là. Moi, je préfère dire des groupes armés, qui ont des agendas assez complexes et différents. Il y a des équilibres et des rapports de force qui ne sont pas forcément ce que nous nous décrivons en tant qu'Occidentaux.
Nous, on les met dans la catégorie djihadiste, donc terroriste, donc on a le droit de les tuer. C'est un peu simpliste comme raisonnement, ce n'est pas forcément la perception que les populations ont, c'est beaucoup plus complexe que ça et je trouve qu'on oublie trop souvent de mettre en cause la responsabilité des autorités nationales de ces pays-là, qui ont failli dans leur rôle, qui ont eux aussi des liens un peu troubles avec les groupes armés, parce qu'elles communiquent, elles sont en lien avec ces groupes armés, et que parfois leurs agendas se rejoignent.»

Alors, quelles sont les raisons profondes de la déstabilisation du Mali? Ayant quitté la diplomatie, Laurent Bigot n'y va pas par quatre chemins pour pointer les défaillances intrinsèques du système démocratique national:

«On appelle ça des "failed States" moi j'appelle ça des fake States, c'est un semblant d'État et ça a toujours été une démocratie de façade, bien évidemment. Nos anciens ambassadeurs sur place, qui sont maintenant à la retraite, n'hésitent pas à décrire les processus électoraux complètement truqués qui ont amené à l'élection notamment du président ATT [Amadou Toumani Touré, ndlr], mais avant aussi.
Ça c'est une réalité malienne, à la limite ça appartient aux Maliens, mais nous, les Français, on s'est beaucoup raconté d'histoires c'est-à-dire que quand bien même en interne, on aurait pu regarder en face ce qu'était le Mali, on ne l'a jamais fait.»

Акция протеста студентов в Алжире против выдвижения президента Абделя Азиза Бутефлики на пятый срок

© AFP 2019 RYAD KRAMDI

Face à la crise algérienne, «la stratégie de la France se résume à: pas d'ennuis»

En France, y a-t-il une ligne en politique étrangère?

C'est une chose de critiquer l'organisation de certains États africains, c'en est une autre de critiquer la conduite en matière de politique étrangère de son propre pays. Laurent Bigot dénonce allégrement l'incohérence de la diplomatie française, depuis plusieurs mois. Un deux poids, deux mesures qui fait bondir l'ancien diplomate:

«Elle a été plus que prudente, elle ne s'est pas mise dans le sens du changement au nom du principe de non-ingérence, principe qui a largement été foulé aux pieds par la France au Venezuela, puisque la France a reconnu le président de l'Assemblée nationale, autoproclamé président. Donc pour le coup, c'est une belle ingérence.
Mais pour l'Algérie, on s'est réfugié derrière le principe de non-ingérence. Ce qui serait bien, c'est que la diplomatie française nous explique dans quels cas elle utilise l'ingérence et dans quels cas elle ne l'utilise pas, ça serait beaucoup plus clair pour [aider] les concitoyens français [à] comprendre les principes de la politique étrangère.»

Laurent Bigot insiste sur l'image que renvoie la diplomatie française dans le monde, marquant un recul certain de son influence en Afrique et au Moyen-Orient. Le fonctionnaire en disponibilité développe son opinion sur le manque de considération que peuvent ressentir les autres puissances à l'égard de la France, qui n'aurait pas de colonne vertébrale en matière de politique étrangère:

«Ce qui me frappe, c'est qu'il y a un manque de cohérence dans nos positions. Vous parlez du dossier syrien. Sur le dossier malien à juste titre d'ailleurs, François Hollande n'a cessé de dire, légalité internationale, légalité internationale. Nous sommes intervenus à la demande des autorités maliennes et on s'est mis sous l'autorité des Nations unies, tout ça a été fait dans le respect de la légalité internationale.
En Syrie, on bombarde en toute illégalité internationale, pas de mandat du conseil de Sécurité, pas de mandat des autorités légales en place que nous reconnaissons. Quand bien même nous critiquons Bachar el-Assad, nous le reconnaissons comme autorité légitime c'est-à-dire que nous considérons que c'est effectivement le Président de la Syrie […] On n'a pas l'accord des autorités en place, on n'a pas de mandat du Conseil de sécurité, et on bombarde un territoire étranger, où est la légalité internationale? Et là, ce n'est pas cohérent. […] Je pense que ce qui fait la force d'un pays, c'est effectivement avoir une continuité en matière de politique étrangère et une cohérence, on en manque singulièrement.»

N'apprend-on rien des leçons du passé? L'Afghanistan a été une erreur, la Libye un fiasco, la gestion de la guerre en Syrie, un désastre. Certes, les questions de politique étrangère ne déterminent pas une élection, il n'y a qu'à voir en 2017, le peu de place accordé aux choix diplomatiques des différents candidats. Pourtant, elles peuvent refléter le mandat de tel ou tel Président. Ainsi l'ancien diplomate déplore-t-il l'accélération du temps politico-médiatique, incapable de saisir les enjeux à long terme:

«Ce n'est pas tellement qu'au Quai d'Orsay, elles ne soient pas retenues, c'est surtout au niveau politique qu'elles ne sont pas retenues. Au niveau politique, il y a une telle accélération du temps et une obsession de l'immédiateté et de la communication que nos décideurs politiques ne prennent plus le temps de se poser et de réfléchir, ce qui est assez incroyable.
Ce qui compte, c'est le dernier tweet, c'est de pouvoir faire un communiqué, c'est de pouvoir répondre au micro de BFMTV immédiatement, c'est ça qui compte, sauf que des questions complexes comme la Libye méritent de se poser, méritent probablement de moins communiquer. La politique étrangère a besoin de sérénité, la communication n'est pas toujours compatible avec la sérénité liée à la politique étrangère. Ce sont des enjeux de long terme, au moins de moyen terme.»

La question du débat au sein de l'appareil diplomatique

Inquiétant est le mot lorsque l'on écoute Laurent Bigot quand il regrette l'esprit de courtisanerie au sein même des institutions diplomatiques au mépris des réalités sur le terrain. Il évoque de plus le manque de débats internes au Quai d'Orsay, ce qui peut expliquer les décisions souvent très discutables de la part des ministres. Les fonctionnaires diplomatiques sont payés par l'État afin de proposer un point de vue, une analyse, et des options sur un sujet donné. Non pour plaire à un politicien:

«La question du débat interne au Quai d'Orsay est effectivement compliquée. La conception que j'en ai, c'est qu'en amont d'une décision politique, les fonctionnaires sont payés pour faire valoir des avis assez libres. Ils peuvent se tromper, mais pour éclairer justement la sphère politique. En aval, une fois que la décision politique est prise, on exécute l'ordre et puis comme disait Chevènement, si on n'est pas d'accord, on démissionne.
Ce que j'ai toujours regretté —c'est mon point de vue, peut-être que j'ai tort, peut-être ce n'est pas comme ça que doit fonctionner un ministère-, mais j'ai toujours regretté qu'en amont, il n'y ait pas de pluralité d'avis possibles et qu'on ne puisse pas confronter les idées. Il y a une tendance lourde que j'ai observée au Quai d'Orsay —et qui s'est beaucoup accéléré ces dernières années- c'est qu'on a le souci de plaire ou en tout cas d'écrire ce que le ministre aurait envie de lire, ou en tout cas ce qu'on pense ce que le ministre aurait envie de lire.»

Laurent Bigot accuse nommément Laurent Fabius pour cette absence de discussion. Celui-là même qui est responsable de son licenciement. Les précédents ministres semblaient davantage ouverts à l'échange de points de vue: il mentionne notamment Alain Juppé et Henri de Raincourt durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

«Pour avoir bossé avec d'autres ministres, je dois reconnaître qu'avec Laurent Fabius, on n'a jamais eu l'occasion de discuter, de débattre, quand je dis, moi, c'est la Direction Afrique en général: il n'y a jamais eu de discussion libre, débridée sur les sujets. D'autres ministres avaient l'intelligence d'organiser ce genre de discussions, lui pas du tout […] Alain Juppé par exemple, Henri de Raincourt, qui était le ministre de la Coopération, qui avait une relation avec la Direction Afrique extrêmement libre et décomplexée et qui n'hésitait pas à nous appeler pour qu'on vienne le challenger justement sur certains dossiers, mais ce n'était pas le cas de Laurent Fabius.»

Jacques Hogard

© SPUTNIK .

Au Rwanda, le colonel Hogard est «très fier du rôle de la France»

La question épineuse du Rwanda

Le 7 avril dernier débutait une série de commémorations des vingt-cinq ans du génocide des Tutsis au Rwanda. L'occasion de revenir sur ce débat extrêmement polémique en compagnie d'un ancien du Quai, certes spécialiste de l'Afrique de l'Ouest, mais qui connaît bien le sujet. Les relations franco-rwandaises ne sont toujours pas rétablies, alors même qu'Emmanuel Macron a soutenu la candidature de Louise Mushikiwabo, une proche du président Paul Kagamé, à la tête de l'Organisation de la Francophonie. Laurent Bigot appelle la France à assumer ses erreurs politiques passées, tout en rejetant les accusations diffamatoires parues sur l'armée française:

«Assumer. Oui, on a probablement fait une énorme erreur politique, et cette erreur politique a probablement coûté des milliers de vies; on n'en est pas directement responsable, mais c'est ça la réalité. Mais il n'empêche qu'aujourd'hui, il faudrait qu'on affirme un peu plus nos positions vis-à-vis du Rwanda. Il y a un moment où le "France- bashing" de la part des autorités rwandaises devient vraiment pénible et le devoir des autorités françaises est de défendre systématiquement l'honneur de l'armée française, ce qui n'a pas toujours été le cas.»

https://fr.sputniknews.com/international/201904151040753757-france-afrique-armee-etrangere-occupation/


 

USA : REPUGNANT ET SCANDALEUX ! UNE VIDEO DE L'ODIEUX TRUMP INCITANT A LA VIOLENCE CONTRE L'ELUE MUSULMANE ILHAN OMAR SUSCITE REPROBATION ET COLERE

Vidéo de Trump contre Ilhan Omar suscite un torrent de réprobations

 Depuis 12 heures  15 avril 2019

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 Amérique et Europe - USA

 

 

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La guerre du président américain contre l’une des premières élues musulmanes au Parlement ne connait pas de répit. Donald Trump a publié vendredi (12 avril) sur Twitter une vidéo de 43 secondes où les mots de l’élue démocrate sont accompagnés des images des tours jumelles de New York en feu. La vidéo, visionnée près de 9 millions de fois dimanche à la mi-journée, a suscité un torrent de réprobations du côté démocrate.

Les élus démocrates ne décoléraient pas dimanche contre le Trump, l’accusant « d’inciter à la violence » contre Ilhan Omar.

Face à la polémique, Trump a été contraint de retirer cette vidéo et la Maison Blanche a prétendu que le président américain n’essayait « pas d’inciter à la violence ».

La présidente démocrate de la Chambre des représentants a demandé à la police du Capitole de revoir la sécurité d’Ilhan Omar, celle de sa famille et de son équipe, indiquant que les forces de l’ordre continueraient à « surveiller et répondre aux menaces auxquelles elle fait face ».

« Les mots du président pèsent énormément et sa rhétorique haineuse et incendiaire crée un véritable danger », a tonné Nancy Pelosi dimanche, dans un communiqué, exhortant le président à « retirer sa vidéo dangereuse et irrespectueuse ».

S’exprimant en mars dernier devant le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), Ilhan Omar, représentante du Minnesota à la Chambre basse, avait estimé que l’organisation avait été fondée après les attentats du 11-Septembre « parce qu’ils reconnaissaient que certaines personnes avaient fait quelque chose et que chacun d’entre nous commençait à perdre accès à nos libertés civiles ».

Ilhan Omar a déclaré dimanche sur Twitter qu’un grand nombre des menaces qu’elle a reçues faisaient « directement référence à la vidéo du Président ou y répondaient ».

« Les crimes violents et les actes de haines commis par l’extrême droite et des nationalistes blancs sont en hausse dans ce pays et à travers le monde », a-t-elle affirmé. « Nous ne pouvons plus ignorer qu’ils ont été encouragés par celui qui occupe la plus haute fonction dans ce pays ».

« Il faut que cela cesse »

« Nous sommes tous Américains. Cela met des vies en danger. Il faut que cela cesse », a-t-elle ponctué.

« Le président incite à la violence contre une membre du Congrès en exercice- et un groupe entier d’Américains en fonction de leur religion. C’est répugnant. C’est scandaleux », a de son côté tweeté la sénatrice candidate à l’élection présidentielle, Elizabeth Warren.

« La vie d’@IlhanMN est en danger », a aussi réagi la jeune élue de la Chambre des représentants Alexandria Ocasio-Cortez.

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a estimé que « le président ne souhaite assurément aucun mal ni aucune violence contre personne, mais (il) doit absolument rappeler à l’ordre la membre du Congrès pour, non pas un seul, mais de nombreux commentaires antisémites ».

« Merci de vous tenir à mes côtés – contre une administration qui cherche à bannir les musulmans de notre pays – dans le combat pour l’Amérique que nous méritons », avait réagi samedi sur Twitter Ilhan Omar, à la suite de la vidéo postée par le président républicain.

« Personne – peu importe à quel point il est corrompu, incompétent ou vicieux – ne peut menacer mon amour inconditionnel pour l’Amérique », avait également tweeté la femme de 37 ans.

CAIR a été fondée en 1994 et non après les attaques du 11 septembre 2001 comme indiqué par Ilhan Omar. Cité par le Washington Post, son porte-parole explique qu’elle s’est mal exprimée et voulait dire que l’organisation avait vu ses effectifs doubler après le 11-Septembre.

 

Source: Avec AFP

https://french.almanar.com.lb/1323148


 

MANDAT D’ARRET CONTRE L'ESSAYISTE D'EXTREME-DROITE ALAIN SORAL, CONDAMNE A UN AN DE PRISON FERME POUR NEGATIONNISME

Mandat d'arrêt contre Alain Soral, condamné à un an de prison ferme pour négationnisme

- Avec AFP

Mandat d'arrêt contre Alain Soral, condamné à un an de prison ferme pour négationnisme

© LOIC VENANCE / AFP

Alain Soral, condamné à un an de prison ferme pour négationnisme (image d'illustration).

 

L'essayiste controversé a été condamné pour négationnisme à un an de prison ferme avec mandat d'arrêt, pour avoir publié sur son site des conclusions litigieuses de son avocat dans une autre affaire. Ce dernier écope d'une amende de 5 000 euros.

Alain Soral a été condamné ce 15 avril par le tribunal correctionnel de Paris à un an de prison ferme assorti d'un mandat d'arrêt. L'essayiste controversé a été reconnu coupable de contestation de l'existence de la Shoah, pour avoir publié sur son site des conclusions litigieuses de son avocat dans une autre affaire. Ce dernier, Damien Viguier, a été condamné à 5 000 euros d'amende pour complicité de ce délit, en raison du contenu de ces conclusions. Tous deux ont fait appel de la décision.

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L'essayiste controversé n'était pas présent à la lecture du délibéré. 

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet s'agissant d'Alain Soral, déjà condamné à plusieurs reprises, notamment pour provocation à la haine raciale. Le parquet de Paris avait en effet requis le 5 mars une condamnation de six mois de prison ferme pour le polémiste controversé, pour ces faits, ainsi qu'une amende de 15 000 euros contre son avocat.

Alain Soral et son avocat devront verser un euro symbolique de dommages et intérêts à quatre associations antiracistes parties civiles, ainsi que 1 500 euros au titre des frais de justice, solidairement, à chacune d'entre elles.

En 2016, le site Egalité et Réconciliation d'Alain Soral avait publié un dessin intitulé «Chutzpah Hebdo», représentant le visage de Charlie Chaplin devant l'étoile de David, avec dans une bulle, la question «Shoah où t'es ?», en référence à la une polémique du magazine Charlie Hebdo après les attentats de Bruxelles, «Papa où t'es?». Pour cette publication jugée négationniste, Alain Soral avait été définitivement condamné à 10 000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement.

En novembre 2017, le même site avait publié les conclusions de son avocat Damien Viguier dans cette affaire, qui évoquaient notamment une chaussure et une perruque représentées sur le dessin condamné.

«Chaussure et cheveux font référence aux lieux de mémoire organisés comme des lieux de pèlerinage. On y met en scène des amoncellements de ces objets, afin de frapper les imaginations», avait notamment écrit l'avocat. «La coupe des cheveux se pratique dans tous les lieux de concentration et s'explique par l'hygiène», écrivait-il encore, citant ensuite le négationniste Robert Faurisson.

S'agissant de deux autres éléments du dessin, «savon et abat-jour», l'avocat avait qualifié de «propagande de guerre» les savons faits à partir de graisse humaine par les nazis ou les abats-jour en peau humaine.

La Licra et l'Union des étudiants juifs de France avaient signalé ces propos au parquet.

«La justice prend enfin la mesure du phénomène Soral, après dix ans de condamnations pour des délits racistes et antisémites. Soral expérimente enfin la rigueur de la loi», s'est félicité l'avocat de l'UEJF et de l'association J'accuse, Stéphane Lilti. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a salué dans un communiqué la «fermeté de cette décision qui doit aussi son caractère exceptionnel au mandat d'arrêt».

De son côté, Gérard Guillot, défenseur de l'avocat Damien Viguier, a dénoncé «un scandale». «On condamne un avocat français pour sa simple défense dans un dossier», s'est-il insurgé.

En janvier, Alain Soral avait déjà été condamné à Bobigny à un an de prison ferme, sans mandat d'arrêt, pour avoir injurié une magistrate et tenu des propos antisémites sur son site internet.

Il attend en mai quatre autres décisions de justice devant la cour d'appel de Paris.

Lire aussi : L'Union des étudiants juifs de France veut la fin de l'application Egalité et réconciliation

https://francais.rt.com/france/61000-mandat-arret-contre-alain-soral-condamne-un-an-prison-ferme-negationnisme


 

MARSEILLE : LA FAMILLE DE ZINED REDOUANE TUEE PAR UNE GRENADE LACRYMOGENE PORTE PLAINTE

La famille de Zineb Redouane morte après un tir de gaz lacrymogène porte plainte à Marseille

Lundi 15 avril 2019 à 8:25Par Thibault MaisonneuveFrance Bleu Provence et France Bleu

La famille de l'octogénaire touchée au visage pendant une manifestation de gilets jaunes le 1er décembre 2018 a porté plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Marche en hommage à Zineb Redouane en mars 2019 à Marseille

Marche en hommage à Zineb Redouane en mars 2019 à Marseille © Maxppp -

 

Marseille, France

La famille de Zineb Redouane tuée après un tir de grenade lacrymogène le 1er décembre 2018 pendant une manifestation de gilets jaunes à Marseille (Bouches-du-Rhône) annonce avoir porté plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Touchée au visage, l'octogénaire était morte quelques heures plus tard alors qu'elle avait été opérée en urgence. 

Une information judiciaire pour rechercher les causes de la mort

L'avocat de la famille a également demandé un dépaysement du dossier. Maître Yacine Bouzrou estime que "le rapport d'autopsie démontre qu'il y a un lien entre la grenade reçue au visage par Mme Redouane et son décès, contrairement aux allégations médiatiques du procureur de Marseille". Le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux avait affirmé que l'autopsie avait révélé que le "choc facial n'était pas la cause du décès" et que Zineb Redouane avait été "victime d'un arrêt cardiaque sur la table d'opération". Une information judiciaire avait été ouverte pour rechercher les causes de la mort de Zineb

Le 2 mars 2019, les proches de la Zineb Redouane avait organisé une marche blanche.

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