Afrique

AFRIQUE : LE PIED DE NEZ DU CAMEROUN AUX CONQUISTADORS !

Zoom Afrique du 22 avril 2019

Mon Apr 22, 2019 3:21PM

Zoom Afrique du 22 avril 2019

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Zoom Afrique du 22 avril 2019

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

Angola : la 4ème licence de téléphonie attribuée à l'Angolais Telsar

Le Gabon et la Chine célèbrent 45 années d’engagement commun !

Les Émirats arabes unis ont définitivement perdu la partie à Djibouti :

En effet, le Fonds de réserve général de l'État omanais (SGRF) a signé un mémorandum d'accord avec l'Autorité des ports et des zones franches de Djibouti, en présence d'Ismail Omar Guelleh, président de Djibouti. 

Les analyses de la rédaction :

Mali :Qui tuent les soldats maliens? 

Un commando armé a attaqué dimanche matin une base de l'armée malienne, tuant au moins douze soldats avant d'incendier les installations, rapporte RFI  citant un élu local. L'attaque, qui n'a évidemment pas été revendiquée, visait effectivement  une base militaire du district de Guiré, dans le centre-ouest du Mali, à une centaine de kilomètres de la frontière mauritanienne. 11 soldats maliens ont été tués, soldats qui comme dans d'autres pays du Sahel et on pense au Niger et au Burkina ou encore au Tchad, perdent quotidiennement leur vie dans des violences exogènes pour ne pas dire exportées de l'extérieur. Ces 11 soldats qui viennent ainsi de perdre leur vie au détriment de l'armée nationale malienne, ont été visés dans l'une des régions les plus militarisées du pays et placées directement sous la supervision de la force Barkhane. La ville où ces mêmes puissances souhaitent faire place nette ne serait-ce que pour des projets ultérieurs. Il est important de noter en effet que la région de Koulikoro abrite le centre de formation de la mission européenne EUTM Mali, situé à une cinquantaine de kilomètres de Bamako. C'est là aussi que les forces d'occupation européennes disent assurer  les formations de l'armée malienne, formation qui  fait de ces soldats d’espèce de boucliers humains à encaisser le coup au profit des "blancs"! Koulikoro est  le terminus de la ligne du chemin de fer de Dakar au Niger, un point hautement important dans la nouvelle stratégie de conquête du Sahel que s'est fixé l'axe US/France et qui est obsédé par des chemins de fer et des voies maritimes et autres puisque cela rend plus facile le transfert de troupes et l'extension de la présence militaire occidentale. Koulikoro est en effet un port important qui permet la desserte fluviale par la Compagnie malienne de navigation de Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao, trois villes stratégiques où l'occupation a commencé et s'est installée. La tragédie de Guiré montre toutefois une chose : la puissance d'occupation est dans l'impasse: elle ne peut plus innover. A Bamako, il y a déjà une résistance anti-occupation aux couleurs supra-confessionnelle , supra-ethnique qui fait peur. elle a déjà fait tomber un PM pro-occidental... le coup de Guiré c'est peut être une vengeance. 

 

Cameroun : la réponse du berger à la bergère! 

Il est loin le temps où les occidentaux menaçaient les Africains, et parvenaient à les faire reculer . Le Sénat camerounais a riposté au Parlement européen pour les résolutions qu’il a émises sur la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Une crise créée de toute pièce par les États Unis et la Grande Bretagne dans le stricte objectif de provoquer le démembrement du grand Cameroun. Le Parlement européen avait critiqué jeudi la gestion par le gouvernement de la crise dite anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays et a appelé à une enquête sur les allégations de violation des droits de l'hommes . L'Europarlement avait également exhorté le gouvernement à libérer l'opposant le pro- occidental, Maurice Kamto détenu depuis janvier. le Sénat camerounais n'a pas tardé à réagir : Dans un communiqué, son président, Marcel Niat Njifenji, décrivant les résolutions du Parlement européen comme une "litanie de mensonges sur la situation socio-politique et sécuritaire au Cameroun", affirme que l'État camerounais a toujours apporté des solutions aux problèmes soulevés dans ces régions anglophones. Cuisante réponse à une Europe qui se croit toujours au 19e siècle. Pour le reste, Un total de 31 séparatistes armés dans la partie anglophone du Cameroun ont déposé leurs armes pour se réintégrer dans la société civile, ont confirmé vendredi les autorités locales.

"Nous avons 31 anciens combattants qui ont déjà déposé leurs armes et qui se sont rendus au centre de réintégration. Vingt-cinq garçons et six filles. Nous avons été informés que trois autres sont au bureau d'un général en attendant leur transfert vers le centre," a déclaré Sixtus Gabsa, directeur régional du Nord-Ouest du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR), lors d'une réunion d'évaluation à Bamenda, capitale de la région. La crise anglophone semble être derrière l'État camerounais pour le grand malheur des Occidentaux. 

 

 

Regardez cette vidéo sur YouTube !

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/22/594053/Zoom-Afrique-du-22-avril-2019


 

UN PLAN DE "DARFOURISATION" DE LA KABYLIE ?

Zoom Maghreb du 21 avril 2019

Sun Apr 21, 2019 12:17PM

Manifestation place de la République à Paris le 24 février 2019 contre le 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika. ©AFP

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Manifestation place de la République à Paris le 24 février 2019 contre le 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika. ©AFP

Les analyses de la rédaction :

  • Maroc 

– Chine-Maroc-Afrique, le nouveau triangle africain

Le Maroc tourne vers la Chine... « Les relations de partenariat entre le Maroc et la Chine, caractérisées par une évolution positive et une forte dynamique, sont appelées à se focaliser sur des projets triangulaires impliquant le triptyque Chine-Maroc-Afrique », a estimé Fathallah Oualalou, ancien ministre marocain de l’Économie et des Finances.

Pour ce dernier, « le Maroc et la Chine sont appelés à travailler sur un certain nombre de projets triangulaires avec pour objectif d’aller vers des projets de développement économique dans les pays africains dans un esprit de partenariat triangulaire ».

Dans un entretien à l’agence de presse Xinhua, Fathallah Oualalou met en avant le rôle que peut jouer le Maroc au sein du continent africain dans le cadre de cette coopération triangulaire.

  • Tunisie 

– Les ménages tunisiens de plus en plus tributaires de l’endettement

En Tunisie, l’effet FMI est bien là. Plus de la moitié des familles estiment ne pas pouvoir vivre sans s’endetter. C’est ce que révèle une enquête de l’Institut national tunisien de la consommation qui a rendu publique l’information ce samedi. La même source indique que les familles tunisiennes sont ainsi désormais prises au piège dans un cercle vicieux d’endettement.

– Les forces spéciales françaises en route pour la Tunisie

Après que la Défense tunisienne a déclaré qu’une délégation de « 13 diplomates français armés » avait été arrêtée à la frontière entre la Libye et la Tunisie, l’ambassadeur de l’UE dans ce pays s’est exprimé sur la situation dans un commentaire à l’AFP. Les armes saisies par les autorités tunisiennes à un groupe d’Européens à bord de deux zodiacs appartenaient à la mission de l’Union européenne d’assistance aux frontières en Libye (Eubam), écrit l’AFP, se référant aux déclarations de l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Patrice Bergamini...

  • Algérie

Depuis le début de la crise en Algérie on s’y attendait : des parties qui soufflent sur les braises en Algérie veulent à tout prix réveiller les démons indépendantistes en Kabylie. Et elles n’hésitent pas à proférer des fake news parallèlement à ces autres sources qui incitent les Berbères à saisir l’occasion et à « créer une Kabylie indépendante ». Il en va ainsi du site Tamurt.info, qui dit : « Le combat pour la libération de la Kabylie est plus que jamais possible. Le peuple kabyle peut, à l’instar de tous les peuples colonisés, accéder à son indépendance. Ceux qui pensent que libérer la Kabylie serait un miracle se trompent. »

En Algérie pourtant, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a démenti, via un communiqué, de fausses informations largement relayées sur les réseaux sociaux, dans la soirée du mercredi 17 avril. Ces informations portent sur l’interdiction par la DGSN des drapeaux amazighs lors des manifestations organisées à travers plusieurs villes de l’Algérie. 

La Direction de la sûreté nationale informe « l’opinion publique que ces informations sont fausses et sans fondement ».

En effet, un faux communiqué attribué à la DGSN a été largement diffusé sur les réseaux sociaux dans la soirée du mercredi. Le faux document avertit les manifestants contre l’affichage de tout autre emblème que le drapeau national, notamment les drapeaux amazighs. L’intox indique que les forces de l’ordre procéderont « à la saisie de tous ces emblèmes à partir du vendredi [19 avril] au niveau de la capitale ».

À noter que depuis le début du mouvement populaire contre le système, l’emblème amazigh est fortement présent lors des marches, notamment à Alger et en Kabylie. Cela n’a pas été de goût de certains fervents défenseurs du panarabisme.

Rappelons que la DGSN avait appelé, dans son communiqué rendu public le vendredi 12 avril, l’ensemble des utilisateurs des réseaux sociaux à l’impératif « de faire preuve de prudence et de vigilance », précisant que la DGSN « se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des instigateurs de fausses informations ».

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/21/593961/Zoom-Maghreb-du-21-avril-2019


 

MADAGASCAR-LES CANDIDATS AUX LEGISLATIVES : "DES FARFELUS, DES PARVENUS ET DES OPPORTUNISTES", SELON LE SEFAFI

MADAGASCAR-Candidats aux législatives : « Des farfelus, des parvenus et des opportunistes », selon le SeFaFi (Midi)

AVR 17

Publié par 

Le grand nombre des candidats « indépendants », 515 sur un total de 803, témoigne de l’affaiblissement des partis et de la montée de l’individualisme en politique.

A l’approche des législatives qui se tiendront le 27 mai prochain, le SeFaFi apporte son point de vue. Les citoyens choisiront 151 députés parmi 803 candidats, aux profils contrastés. Selon l’observatoire de la vie publique, « on y trouve de tout : des farfelus, des parvenus et des opportunistes ; des criminels couverts par leur immunité parlementaire et des entrepreneurs véreux ; on y rencontre même des gens sérieux et compétents, mais les électeurs si souvent abusés sauront-ils les reconnaître ? ».

Pour que les citoyens votent en connaissance de cause, le SeFaFi souhaite éclairer l’opinion publique sur quelques aspects fondamentaux de cette élection : la raison d’être d’un député ; les conditions d’une élection transparente ; le respect du choix des citoyens ; et les avantages matériels offerts aux députés…

Bilan de la dernière législature. L’article 68 de la Constitution est limpide : « le Parlement comprend l’Assemblée nationale et le Sénat. Il vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques ». Or les députés, volontairement ou non, ne remplissent pas leurs responsabilités. Ils font tout autre chose, pour se faire bien voir des électeurs ou pour en tirer des bénéfices personnels : il ne leur revient pas de paver des rues, d’équiper des écoles, d’installer des bornes fontaines ou d’offrir des ballons de foot et des couvertures. Ces actions démagogiques n’ont rien à voir avec la fonction de député. De plus, elles ne sont pas financées sur les fonds propres des élus, mais avec de l’argent mis à disposition par l’Assemblée nationale, même s’ils se gardent bien de le mentionner.

A cet effet, le SeFaFi a dressé un bilan de la dernière législature: de 2014 à 2018, l’Assemblée nationale aurait voté 271 textes. La durée des travaux en séances plénières a été de 262 heures en 2014, 167 h en 2015, 120 h en 2016, 124 h en 2017 et seulement 51 h en 2018 ! En tout, 344 heures auraient été consacrées aux activités législatives et 166 heures au contrôle des activités du Gouvernement par des questions-réponses souvent sans réel intérêt. Quant à l’évaluation des politiques publiques les députés l’ont totalement ignorée. Au vu de ces chiffres, les heures consacrées aux travaux en séances plénières n’ont cessé de baisser.

Laxisme total. En dépit des déclarations lénifiantes de la CENI et de la HCC, chacun sait que les élections restent largement manipulées. Ni l’une ni l’autre ne s’inquiètent de ce que 2,5 millions d’électeurs, soit 1 sur 5, ne figurent pas sur la liste électorale. La loi électorale scélérate de 2018, adoptée par quelques députés ouvertement corrompus, n’est toujours pas amendée en lien avec la société civile, alors que l’exécutif peut légiférer par ordonnances. Pendant ce temps, la CENI et la HCC ergotent sur le sens du mot « pré-campagne », une période qu’il est pourtant indispensable d’encadrer pour assurer une véritable égalité de chances à tous. Le champ étant laissé libre aux magouilles et à la démagogie, les partis et candidats ont déjà entamé leur campagne électorale.

Quant au financement de ces élections, le laxisme est total. En l’absence d’une transparence financière satisfaisante, comment lutter contre la corruption des candidats et l’achat des électeurs ? À l’instar des présidentielles, le candidat n’a pas à justifier l’origine des fonds utilisés, qu’ils proviennent du pays ou de l’étranger. Et aucune justification des dépenses n’est demandée. Le SeFaFi de déplorer également que « le nomadisme politique est en effet devenu le sport favori de nombreux spécialistes du « retournement de veste ».

Recueillis par Dominique R.

Source: http://www.midi-madagasikara.mg/a-la-une/2019/04/17/candidats-aux-legislatives-des-farfelus-des-parvenus-et-des-opportunistes-selon-le-sefafi/

https://tsimokagasikara.wordpress.com/2019/04/17/madagascar-candidats-aux-legislatives-des-farfelus-des-parvenus-et-des-opportunistes-selon-le-sefafi-midi/


 

MALI : SOULEVEMENT ANTI-OCCIDENTAL. LA FRANCE BANANIERE PANIQUE

Zoom Afrique du 10 avril 2019

Wed Apr 10, 2019 2:43PM

Mali: soulèvement anti-occidental; la France en panique !

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Mali: soulèvement anti-occidental; la France en panique !

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

L’Afrique se dote d’une Cour africaine de médiation et d’arbitrage;

RDC: Tshisekedi exhorté à revenir sur la nomination de Roger Kibelisa;

Côte d'Ivoire: L'ambassadeur d'Iran en fin de mission fait ses adieux à Ouattara et révèle l'existence de plusieurs projets entre Abidjan et Téhéran.

Les analyses de la rédaction :

Mali

La première manifestation anti-occupation au Mali a eu l'effet d'un séisme aussi bien au sahel qu'en France. Après plus de six années d'occupation du territoire malien, émaillées de crime de guerre, de crimes contre l'humanité, de tentative de démembrement du pays, mais aussi de tentative de provoquer une guerre interethnique, voilà la France et sa force Barkhane complètement enlisée, faisant face à un mouvement de protestation dans la rue et qui exigent le retrait de l'occupant. Que faire ?

Ce que les puissances occidentales savent le mieux faire: la manipulation. Le Monde fait publier une tribune ce 10 avril essayant d'attribuer ce mouvement de protestation qui dépasse les clivages ethno-confessionnel aux chefs religieux. Façon de créer dans l'esprit du lecteur le soupçon d'une instrumentalisation de la masse malienne au profit d'une idéologie. Façon aussi d'établir un lien indirect entre les protestataires et les courants dit extrémistes.

Le vendredi 5 avril, à l’appel des leaders religieux, les Maliens, de toutes confessions et de toutes les communautés, sont descendu dans les rues afin d’exiger le départ des forces militaires internationales présentes dans le pays. Les Maliens ont une fois encore prouvé qu’ils ne laisseront pas la force d’occupation provoquer des affrontements intercommunautaires.

Le massacre des Peuls ou d'autres ethnies ou encore l’assassinat des leaders religieux ne font que renforcer l’union de la population malienne contre les forces étrangères. La réaction de l'autre camp ne s'est pas fait attendre: « Les islamistes sont-ils devenus la première force de contestation politique au Mali ? Sont-ils susceptibles de prendre le pouvoir à Bamako, la capitale ? Poser ces questions, six ans après le début de l’intervention militaire française, est en soit un constat d’échec, tant pour les dirigeants maliens que français », écrit le Monde.

Mais en soulignant ce point, le journal tente de suggérer aux lecteurs que le scénario de la chute de Tombouctou n'est pas loin et donc, il ne faut absolument pas penser à une expulsion de la force d'occupation. Pour le reste l'article enchaîne en renvoyant encore au massacre des Peuls, qu'il tente de mettre sur le compte des Dogons de Mali. Cet article poursuit son analyse en ces termes:

« Le 23 mars, au moins 157 personnes avaient été assassinées dans ce village pour la seule raison qu’elles étaient peules. L’armée malienne comme les forces internationales – soldats français de l’opération "Barkhane" et casques bleus de la Minusma – se sont montrées incapables d’empêcher cette nouvelle tuerie dans le centre du pays, une région où le jeu habile des djihadistes a su transformer les vieilles rivalités communautaires en vendettas sanglantes. »

Le discours est assez subtil puisque le journal refuse de ne pas pointer du doigt la force Barkhane, histoire de ne pas éveiller les soupçons. L’empire médiatique occidental a maintes moyens pour insinuer, suggérer, manipuler sans en donner l'impression. D'ailleurs, depuis quelques temps, les instances politiques et militaires en France dressent des constats d'échec sur le bilan de Barkhane. Mais aucune d'entre elles ne préconise le retrait de la force d’occupation du Mali. Au contraire, toutes plaident pour que Barkhane étende son champ d'action. Mais le Grand Mali sait toujours s'unir quand il y a un péril existentiel...

Quel que soit leur religion ou la communauté à laquelle ils appartiennent, les Maliens sont conscients du danger et se mobilisent contre la coalition d'occupation.

Tchad

Un petit retour vers les sources. Après avoir accordé son feu vert à la France pour que celle-ci bombarde les  « rebelles tchadiens » en provenance de la Libye, le président Déby semble commencer à comprendre qu'on ne peut résoudre ses problèmes domestiques en se fiant aux forces d'occupation.

On ne peut traiter les Tchadiens d'orpailleurs clandestins et les bombarder et afficher dans le même temps de la flexibilité et de la clémence à l'endroit des multinationale qui pillent l'or tchadien. Idriss Déby, en visite au Soudan il y a quelque jours, a d'ailleurs montré qu'il se méfie de plus en plus des promesses des Occidentaux qui ne sont jamais désintéressés.

Un nouveau pas franchi dans ce sens ? Le ministère de la Justice et des droits humains tchadien, en partenariat avec l'Institut international pour la justice et l'État de droit, a lancé donc, le lundi 8 avril à N'Djamena, un atelier visant à mener des réflexions sur la réintégration et la réinsertion des ex-combattants « terroristes » au Tchad. L’intitulé pourrait choquer mais à y voir de plus près, l'idée est assez subtile car tout compte fait, laisser les forces étrangères s'emparer de l'initiative et de déployer une présence militaire au Tchad sous le prétexte de combattre les terroristes, c'est donner la lame au bourreau.

Selon le ministère, les échanges sont placés sous le thème « Comprendre et répondre efficacement au phénomène des combattants terroristes au Tchad: enquête, poursuite, procès, condamnation et législation ».

L'atelier réunit des leaders religieux, la société civile et des cadres de plusieurs ministères. L'objectif est d'apporter des solutions au phénomène de radicalisation et de lutter efficacement contre l'extrémisme violent. De nouvelles techniques d'approches pédagogiques à travers la promotion des droits humains avec les repentis pourraient être expérimentées.

Le directeur général adjoint du ministère de la Justice et des droits humains, Youssouf Ali Mahamat, a appelé les participants à une pleine implication et à une appropriation des débats afin de poser les jalons d'une dynamique nationale mieux affermie à une meilleure organisation capable de freiner l'élan expansionniste et la violence extrémiste.

Les participants sont invités à faire des propositions pertinentes afin de favoriser la réintégration sociale des ex-combattants. Ce genre d'idée sont potentiellement apte à désarmer les parties qui profitent depuis bien longtemps du terrorisme pour mener leur oeuvre d'expansion en Afrique. Après tout le président centrafricain a utilisé ce même modus operandi: en se réconciliant avec les ex-rebelles, il leur a même accordé une place au sein du gouvernement. Il en est désormais à presque neutraliser et totalement discréditer une occupation française qui se poursuit depuis 2013 en Centrafrique.

Zimbabwe

Selon un rapport de Spotlight Zimbabwe, l’Armée populaire de libération chinoise devrait déployer une force spéciale d’élite au Zimbabwe.

La Chine aurait également reçu le feu vert pour la construction d'une base aérienne secrète souterraine au Zimbabwe. Une information qui inquiète fortement les États-unis.

La force spéciale d'élite chinoise sera donc chargé d’assurer la sécurité de la future base militaire chinoise, ainsi que les mines de diamants et d'or à travers le pays.

Selon un autre rapport de Spotlight Zimbabwe, la Chine a également placé un missile sol-air au Zimbabwe.

 

 

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https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/10/593072/Mali-soulevement-anti-occidental-la-France-en-panique


 

MAROC : NASSER ZEFZATI, LEADER DE LA CONTESTATION DU RIF SE COUD LES LEVRES AVEC UN DE SES COMPAGNONS DE PRISON

Maroc : Nasser Zefzafi, le leader de la contestation du Rif, se coud les lèvres avec un autre détenu en prison

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Depuis la prison d’Ouchaka, à Casablanca, où il est embastillé et s’insurge contre la confirmation de la lourde sentence qui lui a été infligée vendredi, lors de son procès en appel, Nasser Zefzafi, l’icône du mouvement contestataire Hirak, dans le Rif marocain, a décidé de frapper les esprits avec un courage inouï.

Confronté à une justice inflexible qui l’a condamné à croupir 20 ans derrière les barreaux, et à des autorités qui sont restées de marbre devant ses grèves de la faim contre le « harcèlement, provocations et torture » que lui font endurer ses gardiens, le leader de la fronde nord-marocaine a choisi avec Mohamed El Haki, ce « frère d’armes » dans la lutte pour la dignité du Rif, emprisonné comme lui, de se coudre les lèvres.

Un geste spectaculaire de protestation, qui impressionne par la détermination qu’il requiert face à la souffrance subie, mais qui est aussi révélateur du profond désespoir auquel sont acculés Nasser Zefzafi et son compagnon d’infortune.

 

C’est le père de l’insurgé du Rif, Ahmed Zefzafi, qui a annoncé lundi la nouvelle sur sa page Facebook, corroborant les dires de plusieurs proches de détenus.

« J’ai reçu cette lettre de la part de Nasser Zefzafi par le biais d’un autre détenu : j’ai décidé de faire cette bataille (coudre les lèvres) car je suis convaincu de mon droit à la liberté, je m’oppose à la militarisation du Rif, l’assassinat et l’enlèvement des rifains. A ces points s’ajoute le refus de l’administration de la prison de me remettre mon dossier médical », a écrit Ahmed Zefzafi en citant son fils.

La Cour d’appel de Casablanca, en maintenant sans sourciller le verdict prononcé en première instance contre les 45 détenus du Hirak du Rif, dont les sentences allaient d’un à 20 ans de prison ferme, a poussé Nasser Zefzafi et Mohamed El Haki à commettre ce geste extrêmement fort et désespéré à la fois.

MAROCMOUVEMENT HIRAKRIF MAROCAIN

https://oumma.com/maroc-nasser-zefzafi-le-leader-de-la-contestation-du-rif-se-coud-les-levres-avec-un-autre-detenu-en-prison/?utm_medium=oumma&utm_source=pushnotification&utm_campaign=pushnotification


 

LA SADC REAFFIRME SON SOUTIEN AU DROIT DU PEUPLE SAHRAOUI A L'AUTODETERMINATION (DECLARATION FINALE)

SPS 26/03/2019 - 22:00

Pretoria, 27 mars 2019 (SPS) Les Etats membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et tous les pays invités à la conférence de solidarité avec le peuple sahraoui tenue à Pretoria ont réaffirmé leur soutien indéfectible au droit inaliénable du peuple du Sahara occidental occupé à l’autodétermination, conformément à la Charte des Nations unies et à l’Acte constitutif de l’Union africaine.

Au terme de deux journées, marquées par d’intenses activités et interventions, les Etats membres de la SADC, ainsi que des pays amis de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), ont adopté, mardi soir, une déclaration finale dans laquelle ils ont souligné leur soutien indéfectible à la concrétisation du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, et ce, conformément à la Charte des Nations unies et à l’Acte constitutif de l’Union africaine (UA).

Les participants à la conférence de solidarité avec le peuple sahraoui ont réaffirmé, également, le rôle de l’UA, en particulier du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation panafricaine et de la Troïka, qui demeurent saisi de la question du Sahara occidental.

Saluant l’élan donné par la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU au traitement de la question sahraouie de façon "urgente et résolue", les participants à la conférence ont appelé, dans ce sillage, à la mise en œuvre "inconditionnelle" de toutes les résolutions de l’ONU et des décisions de l’UA sur le Sahara occidental, considérant que cela conduira à "une solution positive, pacifique et permanente répondant aux aspirations et à la volonté du peuple du Sahara occidental".

Appelant l'occupant marocain et le Front Polisario à s’engager sans conditions préalables à mener des négociations directes, les Etats membres de la SADC ont, en outre, invité le Conseil de sécurité de l’ONU à élargir le mandat de la Mission de l'Onu pour l'organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), afin qu’il inclut la surveillance de la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental occupé par le Maroc.

== Appel au respect de l'Acte constitutif de l'UA ==

 S’adressant à la communauté internationale, les Etats participant à la conférence de solidarité avec le peuple sahraoui ont exhorté celle-ci à continuer à fournir une aide humanitaire aux Sahraouis vivants dans les camps des réfugiés.

Un appel a été lancé aussi à toutes les parties concernées de s’abstenir de toute nouvelle exploitation illégale de ressources naturelles du Sahara occidental occupé, en tenant compte de l’avis du Conseiller juridique de l’ONU de février 2002, selon lequel une telle activité constituera une violation du droit international à moins que le peuple sahraoui y ait consenti expressément.

Dans leur Déclaration finale, les Etats membres de la SADC ont invité le Royaume du Maroc à adhérer aux principes et objectifs inscrits dans l’Acte constitutif de l’UA, notamment celui portant sur le respect des frontières coloniales telles qu’elles existaient au moment de l’indépendance des Etats africains.

S’agissant du rôle de l’UA dans le règlement du conflit, les pays de la SADC ont exhorté le Sommet de l’organisation panafricaine à veiller à ce que la question relative au Sahara occidental soit inscrite à titre permanent à son ordre du jour et que des rapports lui soient présentés au cours de ses réunions périodiques.

A l’adresse de l’ONU, les pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe ont réclamé particulièrement la mise en place d’un mécanisme de surveillance visant à mettre fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental par le Maroc, à travers l’adoption de sanctions et autres mesures correctives en cas de violation du moratoire sur l’exploitation des ressources sahraouies.

Les Pays membres de la SADC n’ont pas omis de remercier, dans leur Déclaration, le gouvernement et le peuple de l’Afrique du Sud pour avoir accueilli la conférence de solidarité avec la RASD qui a réuni durant deux jours plus d’une vingtaine de chefs d’Etats africains, des ministres des Affaires étrangères des pays amis de la RASD (Kenya, Venezuela, Algérie, Cuba, Nicaragua, Nigeria, Angola ), ainsi que des représentants d’organisations de la société civile et de mouvements de libération de pays africains.

Au terme de la conférence, les participants ont exprimé leurs condoléances et leur solidarité avec les populations des Républiques du Malawi, du Mozambique et du Zimbabwe, qui ont été durement touchées par les effets du récent cyclone "Idai", appelant à un soutien continu pour permettre à toutes les familles et communautés touchées des pays membres de la SADC à se remettre des effets de cette catastrophe. (SPS)

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source:  https://www.spsrasd.info/news/fr/articles/2019/03/26/20413.html


 

DES EXPERTS AFRICAINS LOUENT LA CROISSANCE CHINOISE ET SOUHAITENT BENEFICIER DES OPPORTUNITES CHINOISES

Des experts africains louent la croissance chinoise et souhaitent bénéficier des opportunités chinoises (PAPIER GENERAL)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2019-03-17 à 16:52
 

BEIJING, 17 mars (Xinhua) -- "La croissance économique de la Chine est une véritable révélation pour les pays africains" et ceux-ci doivent saisir les opportunités que présente la Chine, estiment des experts africains qui ont suivi les Deux Sessions qui viennent de prendre fin à Beijing.

Les Deux Sessions désignent la session annuelle de l'Assemblée populaire nationale (APN), organe législatif suprême de la Chine, et celle du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), organe consultatif suprême de la Chine.

"Je pense que sa décision (de la Chine, ndlr) d'amélioration vers une croissance de haute qualité, en particulier dans le secteur manufacturier, changera la donne. Le passage de la quantité à la qualité est louable", a indiqué Suliaman Turay, chercheur en politiques publiques de l'Institut panafricain pour le développement-Afrique de l'Ouest (PAID-WA).

Beijing marque une transition en "douceur" d'une économie fortement industrialisée à une économie de services puisque ce secteur se développe de façon vertigineuse à l'ère des nouvelles technologies, a noté l'économiste marocain Nabil Boubrahimi, professeur habilité à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l'Université Ibn Tofail de Kénitra (Maroc).

Selon le rapport d'activité du gouvernement, la Chine compte réduire d'environ 2.000 milliards de yuans (environ 298 milliards de dollars) les charges fiscales des entreprises et leurs cotisations sociales en 2019, la fabrication et d'autres industries connaîtront une baisse du taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 13% au lieu de 16% actuellement, et ce taux diminuera à 9% contre 10% aujourd'hui pour les transports et la construction.

M. Turay a apprécié cette démarche qui, selon lui, "devrait avoir un impact direct sur les biens que les Africains achètent de la Chine pour les vendre en Afrique et vice-versa".

"Ces mesures fiscales vont avoir un impact sur les entreprises internationales. Pour nous, en Afrique, nous espérons que cette réduction renforcera davantage la coopération commerciale entre la Chine et les pays africains, et surtout avoir un impact sur l'investissement", a renchéri Elvis Ngolle Ngolle, professeur en sciences politiques de l'Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC).

Il a par ailleurs loué la réforme et l'innovation de la Chine, affirmant que "la Chine continue de tirer davantage de dividendes de sa réforme" et que "l'innovation chinoise contribue à stimuler le développement économique et social d'autres pays et les aide à cultiver leurs propres talents".

En matière d'innovation, "la Chine se concentre maintenant sur l'intelligence artificielle et cette technologie va affecter tous les aspects de la vie dans les dix prochaines années", a évoqué Frederick Ebot Ashu, maître de conférences en sciences de l'éducation et de l'administration à l'Université de Buea (Cameroun).

Il a ensuite appelé l'Afrique à "intensifier sa coopération scientifique et technologique avec la Chine afin d'apprendre de ses expériences et de rejoindre le monde alors qu'elle se dirige vers l'intelligence artificielle".

"Tant que la Chine continuera à améliorer sa structure économique pour une croissance de qualité, tirée par les innovations scientifiques et technologiques, son développement continuera à offrir des possibilités aux pays africains, notamment la création d'emplois, la possibilité de faire et de développer des liens commerciaux et le transfert de connaissances dans tous les secteurs", a fait remarquer M. Turay. Il a également rappelé que "la population africaine bat actuellement son plein pour l'industrialisation, et un grand nombre d'infrastructures sont en construction grâce à la science et à la technologie dans cette nouvelle ère de relations sino-africaines".

La coopération sino-africaine est devenue un arbre gigantesque qu'aucune force ne saurait abattre et la relation de la Chine avec l'Afrique est à son plus haut niveau, a estimé le conseiller d'Etat chinois et ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, le 8 mars lors d'une conférence de presse organisée en marge de la session annuelle de l'APN.

"Nous pouvons construire une communauté de destin sino-africaine plus forte", a-t-il déclaré.

http://french.xinhuanet.com/2019-03/17/c_137902096.htm


 

LES ETATS D'AFRIQUE DE L'OUEST PROJETTENT DE CREER UNE MONNAIE UNIQUE A LA PLACE DU COLONIAL FRANC CFA

Franc CFA

Afrique de l'Ouest: bientôt une monnaie unique à la place du franc CFA?

© AFP 2018 Issouf Sanogo

INTERNATIONAL

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Anicet Simo

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Les gouverneurs des Banques centrales des pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest se sont réunis le 21 février au Sénégal pour faire le point sur le projet de création d'une monnaie unique. Au moment où le débat sur le franc CFA enflamme l'opinion, l'économiste Jean-Marie Biada analyse le contexte et les défis.

S'achemine-t-on finalement vers la création d'une monnaie unique de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)? Les gouverneurs des Banques centrales des pays membres de la CEDEAO, réunis en février dernier à Dakar, au Sénégal, à l'occasion de la 53e réunion ordinaire de leur comité, ont fait le point sur l'état d'avancement du projet de création de cette monnaie unique.

Les gouverneurs ont échangé sur la convergence macroéconomique des pays membres de la CEDEAO et le renforcement de l'Agence Monétaire de l'Afrique de l'Ouest (AMAO), dont sont membres les pays ouest-africains qui ont en partage le franc CFA. La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), banque émettrice du FCFA, à travers l'AMAO, se dit plus que jamais déterminée à mettre en circulation la monnaie unique d'ici 2020 au plus tard. Le docteur Jean-Marie Biada expert camerounais des questions économiques, financières et d'intégration économique, revient pour Sputnik France sur les préalables à la réussite de cette initiative et en analyse les enjeux économiques.

 

CFA Franc

© AP PHOTO / BEN CURTIS

Présidentielle sénégalaise: «l'opposition au franc CFA doit s'exprimer lors du vote»

Sputnik France: Les pays membres de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont réaffirmé leur volonté de mettre en place une monnaie unique d'ici 2020. Le pari pourrait-il cette fois être tenu?

 

Jean-Marie Biada: Théoriquement, à défaut d'être possible, cette éventualité de l'institution d'une monnaie unique dans la CEDEAO pourra être amorcée. Toutefois, au regard des faits, quelques doutes peuvent subsister sur l'efficacité de la mise en œuvre de cette initiative dans une dizaine de mois. En rappel, la CEDEAO est constituée de 15 pays membres dont huit relèvent d'une zone monétaire utilisant une monnaie unique, le franc CFA Afrique de l'Ouest (XOF) et sept autres États disposant chacun du pouvoir de battre monnaie.

À 300 jours de l'horizon visé, quelques questions d'ordre concret s'imposent à la réflexion: ces 15 États auront-ils eu le temps de faire ratifier par leurs parlements respectifs le traité ou le règlement instituant la monnaie unique ouest-africaine? Les huit Banques centrales présentes sur cet espace appelé à devenir une union économique et monétaire plus large (15 États au lieu des huit pays actuels) ont-elles déjà travaillé ou mis en place un groupe de travail devant alléger leur fusion? Les signes typographiques, visuels et autres de ce nouveau signe monétaire ont-ils déjà été définis et implémentés?
Puisque l'impression de cette monnaie unique ne commencera pas le 1er janvier 2020, des négociations entre l'UE et les huit pays où a cours le XOF au sujet du sort réservé aux devises qui sommeillent dans le compte des opérations logé à la Banque de France ont-elles déjà eu lieu? Où sont-elles en cours? À mon sens, même sans être dans le secret des dieux, l'horizon de 2020 pourra connaître, à défaut d'un glissement, un décalage.

D'autre part, le cas de l'UE peut nous enseigner. Le traité qui institue l'euro date de février 1992, mais l'euro entre en vigueur le 1er janvier 1999. Même s'il faut rappeler qu'entre-temps, une ombre de monnaie unique, appelée l'ECU, est entrée en service, en tant que panier de monnaies, avant de disparaître au 31 décembre 1998. Le retour d'expérience gagné dans la gestion de cet ECU a été bénéfique pour le lancement de la vraie monnaie unique: l'euro. Dès lors, la CEDEAO se doit d'éviter la précipitation; même si notre soutien pour cette initiative sous-continentale d'émancipation et de valorisation du continent fournisseur historique des ressources naturelles au monde entier, l'Afrique, est sans nuance.

 

Alassane Ouattara

© AFP 2018 SIA KAMBOU

Ouattara défend le franc CFA face aux critiques de Rome

Sputnik France: Certains spécialistes évoquent la convergence des monnaies comme une étape indispensable pour arriver à cette monnaie unique… Est-ce un objectif ou une condition nécessaire? Quels sont les autres préalables à la création de cette monnaie unique en Afrique l'ouest?

 

Jean-Marie Biada: L'économie ne se réduit pas seulement à la monnaie. Il importera donc de parler plutôt de la convergence des économies. Et dans une zone économique et monétaire, parler de convergence revient tout simplement à définir un référentiel consensuel auquel chacun des membres devrait se conformer, quelles que soient ses contraintes propres (normes à ne pas excéder en ce qui concerne l'inflation, le déficit public, la dette publique…). Ces critères assurent dans l'espace commun une stabilité monétaire. En cas de non-respect de ladite critériologie, les égoïsmes nationaux peuvent surgir et mettre à mal le fonctionnement et même la survie de l'union.

Selon certains experts partageant la même position que nous, une approche à triple détente permet de mieux analyser la convergence des économies de la CEDEAO:
• Le rapprochement durable de la structure des prix (taux d'inflation) dans les États membres: c'est la convergence nominale, qui concerne le pouvoir d'achat. 

• Le rapprochement durable des taux de croissance économique (PIB) des membres de la CEDEAO: c'est la convergence réelle. 

• La spécialisation des économies de la CEDEAO: nous sommes en face de la convergence structurelle, qui préconise que les appareils productifs soient adaptés aux demandes intérieures et extérieures, et une forte spécialisation desdits appareils dans les secteurs où la concurrence par les prix est faible ou résiduelle.

Des mesures communes, moyennement économiques, mais éminemment politiques, devraient aussi être envisagées par la CEDEAO pour protéger et promouvoir le nouvel espace économique et monétaire attendu. Il s'agit spécialement de la Défense, la sécurité, l'exploration spatiale, la lutte généralisée contre la corruption, la nouvelle politique éducative, la culture religieuse. Concernant cette dernière initiative, précisons que tous les États émergents ou presque ont leur religion propre.

Sputnik France: Une question technique certes, mais avec un fort ancrage politique, car inhérente à la volonté des chefs d'État: quelle serait la devise idéale à laquelle arrimer cette monnaie unique?

 

CFA Franc

© AP PHOTO / BEN CURTIS

Quand les Africains s'emparent de la polémique entre Rome et Paris sur le franc CFA

Jean-Marie Biada: Est-ce que le dollar américain est arrimé à une autre devise? Est-ce que l'euro est arrimé à une autre devise? Que non! L'arrimage des francs CFA à l'euro tient simplement de ce que ces monnaies avant le 1er janvier 1999, date d'entrée en vigueur de l'euro, étaient connectées au franc français et comme le franc français a disparu avec l'entrée de la France dans la zone monétaire euro en janvier 1999, les francs CFA ont été automatiquement arrimés à l'euro: franc CFA Afrique de l'Ouest, franc CFA Afrique Centrale et franc CFA de l'Union des Comores ou franc comorien (KMF).

 

En tant que monnaie d'affirmation de son indépendance et de sa souveraineté, cette monnaie unique de la CEDEAO, souhaitée et attendue, pourra valablement fonctionner sans forcément être agrippée à une quelconque devise ni à un panier de devises; comme le rouble russe, la roupie indienne, le dong vietnamien, le réal brésilien, le rand sud-africain ou le dinar algérien.
Comme le sujet est assez technique, je peux vous rassurer qu'une équipe d'experts purement africains peut sans conteste, si elle est commise à cette tâche par les autorités continentales, leur proposer, à défaut d'une solution optimale de faisabilité, un éventail de solutions réalistes et réalisables.
C'est évident qu'un désert volontariste du sommet stratégique de chacun de nos États ne peut que maintenir durablement cette initiative louable d'émergence des Africains occidentaux, dans les encéphales, les amphithéâtres et autres centres de recherche ou appliquée. Relevons aussi que la volonté desdits chefs d'État ne peut pas être manifeste, comme nous l'aurions souhaité; car des bases militaires étrangères essaiment de part en part notre continent, dans les trois directions, Air, Terre, Mer. Même nos armées locales continuent de se développer avec confusément ou distinctement dans ses rangs, des nez battus et des nez crochus.

 

Abdou Salam Diallo, ambassadeur du Sénégal à Moscou

© PHOTO. AMBASSADE DU SÉNÉGAL À MOSCOU

Les pays ayant en partage le franc CFA pourraient-ils y renoncer?

Sputnik France: Quels seraient les avantages de la monnaie unique de la CEDEAO?

 

Jean-Marie Biada: Étant admis que la monnaie unique de la CEDEAO, souhaitée et attendue dans un horizon plus ou moins lointain par le plus grand nombre d'acteurs africains et même européens, asiatiques et américains (l'actualité plaide pour cette position), s'inscrit dans une zone monétaire chapeautée par une Banque centrale souveraine, les avantages attendus seraient articulés pour l'essentiel autour des avantages conférés par le respect des critères de convergence à adopter et à instituer au sein de la CEDEAO:
• La maîtrise de l'inflation induira l'augmentation du pouvoir d'achat des agents économiques.
• La maîtrise de la dette publique rendra les États de la CEDEAO plus crédibles aux yeux des bailleurs de fonds internationaux auprès desquels ces États pourront mobiliser des financements à des taux bonifiés pour la conduite des projets locaux ou communautaires d'infrastructures.
• La maîtrise du déficit public permettra aux États de conduire des politiques publiques efficaces, efficientes et pertinentes: l'ère des projets abandonnés s'assombrira, la disponibilité des kits de soins de certaines maladies de santé publique sera moins problématique, des écoles sans maître, des cases de santé sans personnel de santé, des bornes-fontaines stériles, s'observeront de moins en moins… à la seule condition clé que les comportements de toutes les parties prenantes s'inscrivent durablement sur la courbe ascendante de la vertu (patriotisme, esprit de travail en équipe, valorisation des compétences, intégrité, professionnalisme, loyauté, honnêteté, croyance en des valeurs non douteuses, fanatisme de très basse intensité, respect de soi-même et des autres, évitement durable du vol, prise en charge des plus faibles et autres sociaux…)

Sputnik France: La monnaie unique ouest-africaine fera-t-elle disparaître le franc CFA?

 

L'euro

© SPUTNIK . ALEXEY VITVITSKY

En 20 ans de monnaie unique, chaque Français a perdu en moyenne 55.996 euros

Jean-Marie Biada: En théorie, la monnaie unique a cours légal dans tous les pays membres de l'union économique. Seulement, les faits nous montrent que vous pouvez faire partie d'une union économique et monétaire et utiliser officiellement la monnaie unique et votre propre monnaie.
Le cas de l'Union européenne est édifiant à ce sujet. Avant le retrait définitif, imminent, de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, cet espace compte toujours 28 pays membres à date. Mais la zone monétaire baptisée zone euro ne compte que 19 membres. Depuis l'entrée en vigueur le 1er janvier 1999 de l'euro, la Grande-Bretagne a toujours conservé sa propre monnaie, la livre sterling. Même la République tchèque, issue de l'éclatement de la Tchécoslovaquie en deux États en 1993, a conservé sa propre monnaie, la Couronne tchèque, alors que sa république sœur, la Slovaquie, est rentrée dans la zone euro.

 

Donc la survenance éventuelle de la monnaie unique de l'Afrique de l'Ouest pourra ne pas sonner dans l'immédiat, le glas du franc CFA Afrique de l'Ouest; car comme l'euro, cette monnaie unique sera progressivement adoptée par les autres pays membres de l'union économique de l'Afrique de l'Ouest au détriment du franc CFA, fleuron de la zone franc. Une zone monétaire qui, rappelons-le, reste la seule zone monétaire coloniale encore en vigueur en Afrique; les autres zones monétaires coloniales sœurs, comme la zone sterling (Grande-Bretagne) ou la zone réal (Portugal) ayant disparu.

https://fr.sputniknews.com/international/201903041040236323-cedeao-monnaie-unique-abandon-franc-cfa/


 

MAROC : ARRESTATION DE 5 PETITS PAYSANS QUI ONT DENONCE L'INVASION DES CULTURES GENETIQUEMENT MODIFIEES DANS LA BIOSPHERE DE L'ARGANERAIE

Maroc : Arrestation de 5 petits paysans qui ont dénoncé l’iInvasion des cultures génétiquement modifiées dans la biosphère de l’arganeraie

   

Paysans Pauvres-Maroc, 6/2/2019

Demain deuxième jugement et énoncé du verdict.

Idaougamad est une tribu amazighe vivant entre la vallée du Souss et les montagnes du Haut-Atlas, à l’est de Taroudant au sud-ouest du Maroc, dans une région située au sein de la réserve de biosphère de l’arganeraie, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1998.

Lien

La réserve de l’arganeraie subit une destruction massive pour permettre d’implanter les agrumes. Le programme dit « planning Maroc vert » achève cette destruction organisée. Un programme d’implantation du dit « arganier israélien », génétiquement modifié dans les laboratoires sionistes, comme l’olivier, le safran et autres.

Ce programme dirigé par le ministre de l’agriculture Aziz Akhenouch, vise à l’implantation de 12000 hectares de cette « copie » d’arganier dans la réserve du Souss. Il a même créé une association (AMBA) pour exécuter son programme et y affecter Bourahime, un grand propriétaire immobilier et président de la commune Tinzert à quelques kilomètres d’Idaougamad. Il trouve donc ici un champ fertile pour commencer la deuxième phase de la destruction de l’arganeraie, après avoir ravagé les terres de cette tribu qui connait au début des hommes de justice, tel le juge Agarram, ex-président du tribunal de Casablanca dans les années 1990.

Les petits paysans d’Idaougamad avaient manifesté leur colère contre ce programme destructeur en provoquant l’arrêt de ses premiers travaux. Le 31 janvier 2019, 5 petits paysans de cette communauté amazighe ont été arrêtés par la gendarmerie d’Aoulouz et déférés au tribunal de Taroudant. Le procureur avait joué le rôle du médiateur de prédateurs des biens des paysans, il leur a imposé une seule condition pour les libérer, c’est de signer l’engagement à ne plus toucher à ce projet. Ce sont des hommes âgés, expérimentés dans la lutte pour leur droit à la terre depuis 2011, ils ont vécu les problèmes dans les tribunaux et n’ont rien à perdre, leurs enfant sont majeurs. Ils ont donné une bonne leçon au procureur en choisissant la voie de la résistance de leur ancêtres pour l’indépendance de la patrie contre la trahison, ils ont choisi la prison.

Les détenus sont :

– Omar Larabi.

– Hmed Ihihi.

– Omar Azdou.

– Jilali Elgherizi.

– Hassan Boussaid.

Le premier février 2019, un groupe de jeunes paysans avait contacté le syndicat paysan (SP) pour demander de soutenir leurs détenus. Ils ont manifesté leur colère en organisant un sit-in devant la maison de la province de Taroudant. Un comité a été constitué pour suivre le déroulement du jugement, la première audience aura lieu mardi le 5 février 2019.

Qu’est-ce que l’arganier de l’arganeraie ?

C’est un arbre de la Biosphère qui lutte contre la sécheresse et nourrit les chèvres, l’Homme est prédateur il peut se nourrir des boucs. Pendant les saisons de sécheresses, l’arbre se débarrasse de ses feuilles d’un seul coup. C’est un processus écologique évalué à deux millions d’années.

Aujourd’hui, l’invasion d’une copie de « l’arganier israélien » menace le Souss, copie récessive, génétiquement modifiée, manipulée depuis les laboratoires sionistes par les scientifiques sionistes qui s’imaginent qu’ils sont plus puissants que la biosphère. Ils ont fabriqué une copie de l’arganier, pour créer une illusion-argan de la pire espèce.

Akhenouch s’imagine qu’il est le plus intelligent des Marocains en s’intégrant dans le programmes de la culture de cette mauvaise copie. Il fait tout son possible pour ravager les terres des paysans pauvres dans l’Anti-Atlas, en coopération avec le président de l’association marocaine bi-professionnelle de l’arganier. Les deux hommes prédateurs cherchent à dominer l’arganeraie, y trouvant un grand profit foncier facile à récolter.

Les paysans pauvres ne voient dans ce programme sioniste qu’une autre façon d’arracher de plus en plus leurs biens par ces nouveaux prédateurs. Une lutte des classes a été déclarée depuis qu’Akhenouch avait dévoilé ses objectifs dans la politique agricole de classe en mettant en tête de son ordre du jour l’exécution de la loi 13-113.

Source: Solidarité Maroc

https://www.moroccomail.fr/2019/02/27/maroc-arrestation-de-5-petits-paysans-qui-ont-denonce-liinvasion-des-cultures-genetiquement-modifiees-dans-la-biosphere-de-larganeraie/


 

ELECTION PRESIDENTIELLE AU SENEGAL : QUEL BILAN POUR LE PRESIDENT SORTANT MACKY SALL? (DOSSIER)

Election présidentielle au Sénégal : quel bilan pour le président sortant Macky Sall ? (DOSSIER)

Election présidentielle au Sénégal : quel bilan pour le président sortant Macky Sall ? (DOSSIER)

© Sia Kambou Source: AFP

Le président du Sénégal, Macky Sall, assiste à l'ouverture du sommet UE-UA à Abidjan, le 29 novembre 2017.

 

Le premier tour de l’élection présidentielle sénégalaise se tient ce 24 février. Si le président sénégalais, candidat à sa succession, se targue d'un bilan positif, les défis tant sur les plans politique et économique demeurent encore nombreux...

Plus de 6,5 millions de Sénégalais sont appelés aux urnes ce 24 février pour choisir leur prochain président. Une course à la magistrature suprême dans laquelle, Macky Sall, chef de l'Etat candidat à sa propre succession, a pris une sérieuse longueur d’avance. Selon des derniers sondages, non officiels – une loi de 1986 en proscrivant la publication – il récolterait au premier tour aux alentours de 40% des voix et sortirait largement vainqueur du second tour avec un score de 60%. Pour ses partisans, ces prédictions, même officieuses, sont le signe tangible d'une bonne gestion des affaires du pays. Pour autant, le bilan du mandat de Macky Sall est loin de faire l'unanimité comme en témoigne les débats qui agitent la classe politique et la rue sénégalaise, plus divisées que jamais. 

Malgré une croissance économique robuste, les inégalités sociales demeurent

A la tête du pays depuis avril 2012 et un second tour victorieux face au président sortant, Abdoulaye Wade, dont il fut Premier ministre, l’actuel président sénégalais revendique, sans surprise, un bilan «globalement positif». Le locataire du Palais de la République met souvent en avant les nombreux projet d'infrastructures entamés sous sa présidence dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE).

Ce plan dont l’objectif affiché est de permettre au Sénégal de rentrer dans le cercle des pays émergents en 2035 à la faveur d’une croissance soutenue est censé permettre une transformation structurelle de l’économie et une amélioration des conditions de vie de la population. Nouvel aéroport international, nouveau train express régional ou encore nouveaux pôles urbains : l’exécutif sénégalais, Macky Sall en tête, communique à foison sur les nombreux projets livrés ou en cours de livraison afin de justifier la pertinence de la politique qu’il a conduite.

Les performances économiques enregistrées ces dernières années contrastent fortement avec l’évolution des niveaux de bien-être des populations

Si le gouvernement se targue d’avoir permis au pays de réaliser un taux de croissance annuel moyen tournant autour des 7% pour la période 2014-2018 et d’avoir baissé le déficit budgétaire (3,7 % du PIB en 2017 contre 4,2 % en 2016), ses détracteurs mettent en exergue la persistance des inégalités économiques et sociales. Un argument appuyé par des récentes statistiques officielles d'organisations internationales. 

Election présidentielle au Sénégal : quel bilan pour le président sortant Macky Sall ? (DOSSIER)© SEYLLOU Source: AFP

Inauguration du premier Train express régional du Sénégal (Ter) à la Gare de Dakar (Sénégal), le 14 janvier 2019.

Ainsi, comme le note le dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), «les performances économiques enregistrées ces dernières années contrastent fortement avec l’évolution des niveaux de bien-être des populations». Selon ce même rapport, le Sénégal pointait en 2016 à la 162e (sur 188 pays étudiés) du classement sur l’Indice de développement humain. En 2012, le pays de la Teranga trônait pourtant à la 154e place (187 pays étudiés). Quant au taux de pauvreté, il demeure élevé, notamment en milieu rural où il dépasse souvent plus de 50%. Les nombreuses grèves qui ont secoué le pays ces dernières années témoignent de cette situation difficile sur le plan social. Education, santé, justice, plusieurs secteurs de l’administration ont en effet été le théâtre de mouvements de protestation dont la revalorisation salariale figurait en première place des revendications. 

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Un migrant longe la route près de la frontière française à Claviere, en Italie, le 17 octobre 2018 (image d'illustration).

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Si l’Etat n’y a pas donné de suite favorable, il a revanche décidé en mai 2018 d’augmenter le salaire minimum de 44,8% à la suite d’un accord entre les syndicats et le patronat sénégalais. Cette revalorisation est certes importante, mais elle reste à relativiser. Le dernier coup de pouce donné au salaire minimum remonte en effet à... 1996. Le 1er juin 2018, le smic horaire garanti a donc été porté à 302,890 francs CFA (environ 46 centimes d’euros) au lieu de 209,10 FCFA (32 cents). Quant au salaire minimum agricole garanti horaire, il est passé à 213,92 francs CFA alors qu’il était auparavant à 182,96 FCFA.

Néanmoins, cette augmentation ne concerne pas l’ensemble des travailleurs sénégalais, dont la grande majorité travaille dans le secteur informel. Dans un rapport publié en 2013, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie du Sénégal notait d'aileurs que le secteur informel représentait 90% de l’emploi non agricole, soit plus de 4,5 millions de personnes. 

Cette paupérisation contraint de nombreux Sénégalais à faire le dangereux choix de l'exil. Alors qu'ils font face à d'importantes difficultés au cours de leur traversée en Libye, nombre d'entre eux choisissent désormais le nord du Sénégal qui connaît depuis ces derniers mois une «recrudescence du nombre de départs». Les candidats à l'immigration tentent de gagner les îles espagnoles des Canaries situées à une centaine de kilomètres des côtes marocaines. Plus de 1 200 migrants y sont arrivés entre le 1er janvier et le 14 novembre 2018, selon les données du ministère espagnol de l'Intérieur. Ce chiffre est le plus élevé en neuf ans.

Deux poids lourds écartés de la course

Aux côtés de la lutte contre la pauvreté s'ajoute un autre défi pour le pays : celui de la consolidation de la démocratie. Si le Sénégal fait figure de modèle démocratique dans la région – depuis son indépendance le pays a vécu deux alternances et n'a jamais connu de coup d'Etat – le climat politique s'est progressivement détérioré ces dernières années. Dernier épisode en date : l'invalidation par le conseil constitutionnel en janvier 2019 des dossiers de candidatures de Karim Wade, fils et ministre de l’ancien président Abdoulaye Wade (2000-2012), et de Khalifa Sall, ex-maire de Dakar et dissident du Parti socialiste, deux importants opposants au président sortant. 

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Karim Wade a été condamné en 2015 à six années de prison pour «enrichissement illicite» tandis que Khalifa Sall a écopé en mars 2018 d’une peine de cinq ans de prison pour «escroquerie aux deniers publics», «faux et usage de faux dans des documents administratifs» et pour «complicité en faux en écriture de commerce». 

Acharnement contre un adversaire politique

Deux procédures judiciaires dénoncées par des organisations internationales régionales et plusieurs ONG de défense des droits de l’Homme. Dans le cas de la procédure judiciaire à l'encontre de Khalifa Sall, un rapport d'Amnesty International, publié le 22 février 2018, fustige même un «acharnement contre un adversaire politique» et qualifie de «politique» l'affaire de «la caisse d'avance» de la ville de Dakar.

Face à cette fin de non recevoir du conseil constitutionnel, le parti socialiste sénégalais – fragilisé par l’absence de personnalités fortes telles que Khalifa Sall – et le Parti démocratique sénégalais (PDS) – opposé à l'option d'un plan B pour remplacer Karim Wade – ont décidé de boycotter l’élection présidentielle. Un appel auquel s’est logiquement associé l’ex-dirigeant sénégalais, Abdoulaye Wade, dont l’influence reste grande dans le pays. 

Par ailleurs, la nouvelle loi électorale, adoptée à l'Assemblée nationale en avril 2018, n'a pas participé à calmer les esprits. Elle stipule désormais que tout candidat souhaitant concourir à l'élection présidentielle doit impérativement présenter un nombre de parrainages égal au moins à 0,8 % du nombre total d'électeurs, soit environ 52 000, répartis dans au moins sept régions différentes du pays. 

Jusqu'alors, le recours au parrainage n’était imposé qu’aux candidats indépendants. En outre, seulement 12 000 signatures de citoyens-électeurs étaient requises. Si le pouvoir assure que ces dispositions évitent la multiplication des «candidatures fantaisistes», pour une grande partie de l'opposition, il s'agit ni plus ni moins d'un verrouillage du scrutin au profit de Macky Sall. Cinq candidats ont réussi à franchir l'étape du parrainage : soit le plus petit nombre depuis 1988, année où seulement quatre hommes politiques s'étaient présentés devant le peuple sénégalais. 

Un paysage politique bousculé

Quant aux candidats qui ont été autorisés à se lancer dans l’arène électorale, ils comptent bien déjouer les pronostics d’une élection présidentielle qui semble jouée d'avance. Parmi les candidats qui prétendent succéder à Macky Sall figure Idrissa Seck. Cet ancien Premier ministre (2002-2004) d’Abdoulaye Wade, se présente à l’élection présidentielle sous la bannière de son parti politique Rewmi pour la troisième fois. Soutenu, entre autres, par Khalifa Sall et l’ancien président de l'Assemblée nationale et du Sénat, Pape Diop, il apparaît comme le seul candidat en mesure de contraindre Macky Sall à un second tour. Particulièrement critique à l’encontre de la politique économique menée ces sept dernières années, il a fait de la bonne gouvernance le premier chantier de son programme. 

Election présidentielle au Sénégal : quel bilan pour le président sortant Macky Sall ? (DOSSIER)© Joe Penney Source: Reuters

Le candidat sénégalais à la présidentielle Idrissa Seck, salue ses partisans lors d'un rassemblement organisé à Dakar, le 5 février 2012.

Figure montante de l’opposition, Ousmane Sonko, benjamin des cinq candidats en lice (44 ans), a également le vent en poupe. Candidat du parti Les patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité, cet ancien inspecteur des impôts a été radié de la fonction publique en 2016 pour manquement à son devoir de réserve. Il avait accusé, dans un livre intitulé Pétrole et gaz au Sénégal. Chronique d’une spoliation, Macky Sall et son frère Aliou de «corruption» ainsi que de «viol de la Constitution et du code pétrolier»Depuis, son discours surla lutte contre la corruption ou encore sur la protection des intérêts économiques sénégalais opère une séduction croissante sur l'opinion. S’il est élu, il promet de renégocier l'ensemble des contrats pétroliers signés par l’Etat du Sénégal avec ses partenaires étrangers et d'engager une sortie progressive du Franc CFA qu'il estime inadapté à l'économie du pays.

Election présidentielle au Sénégal : quel bilan pour le président sortant Macky Sall ? (DOSSIER)© SEYLLOU Source: AFP

Ousmane Sonko prononce un discours dans le district de Ngor à Dakar, le 3 février 2019.

Issa Sall est également un nouvel acteur de la vie politique sénégalaise. A la tête du Parti de l’unité et du rassemblement, il est apparu sur la scène politique à l’occasion des élections législatives de 2017. Après avoir mené une campagne très active, il est parvenu à se faire élire député. Disciple de la confrérie musulmane Tijanyya, la plus puissante d'Afrique de l'Ouest, il devra convaincre au-delà de son électorat religieux. Pour ce faire, ce directeur de l'université du Sahel, l’un des plus prestigieux établissements privés d'enseignement supérieur, met en avant sa fibre sociale. 

Election présidentielle au Sénégal : quel bilan pour le président sortant Macky Sall ? (DOSSIER)© SEYLLOU Source: AFP

Issa Sall réunit ses partisans au stade municipal de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, le 3 février 2019.

Après avoir cumulé les portefeuilles ministériels (les Mines et l'Industrie, la Justice, les Affaires étrangères) durant les deux mandatures d'Abdoulaye Wade, Madické Niang s'est quant à lui lancé dans la course à la présidence sans l'appui du parti dont il est issu, le Parti démocratique sénégalais. Pour autant, il espère rassembler les voix des militants opposés à la décision du premier parti d’opposition de boycotter le scrutin.

Pour rafler la majorité des votes, cet avocat de formation souligne la nécessité d'insuffler une série de réformes pour garantir une meilleure séparation des pouvoirs : «La justice en général, et le Conseil supérieur de la magistrature en particulier, seront profondément réformés afin de leur conférer une indépendance effective. Dans ce cadre, le Conseil supérieur de la magistrature ne sera plus présidé par le chef de l'Etat et le ministre de la Justice ne sera plus membre actif d'un parti politique», peut-on lire sur un document de campagne. Son image de vieux routard de la politique pourrait le desservir dans un contexte où la confiance entre dirigeants et administrés est sérieusement altérée.  

Election présidentielle au Sénégal : quel bilan pour le président sortant Macky Sall ? (DOSSIER)© SEYLLOU Source: AFP

Alors ministre sénégalais des Affaires étrangères, Madicke Niang prend la parole lors d'une conférence de presse, le 23 février 2012.

Cette nouvelle configuration favorisera-t-elle une dispersion des voix au profit de Macky Sall ? Si beaucoup d'observateurs semblent le croire, il demeure néanmoins certain que ce dernier, s'il est élu, devra répondre à la demande de plus en plus pressante d'une meilleure répartition des richesses. Si la croissance économique est bel et bien au rendez-vous, elle est encore loin de faire le bonheur de l'ensemble des Sénégalais. La quasi omniprésence de la thématique de la justice sociale au sein de cette campagne électorale en est l'une des preuves les plus explicites.

Malik Acher

https://francais.rt.com/international/59435-election-presidentielle-senegal-quel-bilan-president-sortant-macky-sall