Afrique

SENEGAL : LA CAMPAGNE CONTRE LE VIOL ET LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES S'AMPLIFIE

À la manifestation, le 25 mai 2019 à Dakar contre le viol et les violences faites aux femmes au Sénégal.

Au Sénégal, la campagne contre le viol et les violences faites aux femmes s’amplifie

© Photo. Warkha

AFRIQUE

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Coumba Sylla

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Deux récentes affaires d’abus sexuels et meurtres de jeunes femmes ont suscité l’émoi au Sénégal et amplifié la lutte contre les violences faites aux femmes. Des dizaines d’organisations se sont mobilisées demandent de qualifier de crime le viol, aujourd’hui un simple délit, en libérant la parole des victimes comme avec #MeToo.

Elles s’appelaient Bineta Camara et Coumba Yade. Elles ont été tuées courant mai au Sénégal, dans deux villes différentes. Leurs noms sont devenus familiers pour des millions de personnes: elles sont devenues les symboles d’une campagne contre les violences faites aux filles et aux femmes ayant pour slogan «Dafa doy!», «Ça suffit!» en wolof, l’une des langues du pays.

Bineta Camara, 23 ans, est morte étranglée le 18 mai 2019 à son domicile à Tambacounda (sud-est). Selon des éléments de l’enquête publiés dans la presse locale, elle a été tuée par un homme qui a tenté de la violer. Les enquêteurs ont arrêté le 20 mai un suspect, un proche de la famille Camara. Il a été présenté à un juge qui l’a inculpé le 23 mai et ordonné son incarcération.

 

Femme

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Une femme d’une vingtaine d’années violée en pleine rue à Avignon

Quelques jours auparavant, dans la nuit du 12 au 13 mai, Coumba Yade, 16 ou 18 ans selon les témoignages, avait été poignardée à mort à Thiès (ouest). Elle a été violée par son tueur, qui était encore recherché au 30 mai. Des témoignages relayés par la presse locale mettent en cause son petit ami présumé, dépeint comme un homme violent.

 

Par ailleurs, les sapeurs-pompiers ont recueilli courant mai, sur un marché à Dakar, le corps en décomposition d’une femme. Jusqu’au 30 mai, aucun élément ne permettait cependant de l’identifier ou de se prononcer sur les circonstances dans lesquelles elle a perdu la vie.

Pour Oumy Ndour, journaliste sénégalaise et activiste pour les droits des femmes, les affaires Bineta Camara et Coumba Yade sont «les énièmes agressions envers des femmes» au Sénégal et, déclare-t-elle à Sputnik, «il est temps que cela s’arrête!».

«C’est pour cela que le samedi 25 mai, nous avons organisé une manifestation pour dire non aux violences faites aux femmes et aux enfants» à Dakar. «Sur place, on était un peu plus d’un millier de personnes et grâce aux réseaux sociaux, nous avons touché des centaines de milliers de personnes», affirme-t-elle.

Oumy Ndour, activiste et l’une des organisatrices de la manifestation du 25 mai 2019 à Dakar contre le viol et les violences faites aux femmes au Sénégal. © Warkha

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Oumy Ndour, activiste et l’une des organisatrices de la manifestation du 25 mai 2019 à Dakar contre le viol et les violences faites aux femmes au Sénégal.

Ce sit-in, auquel ont participé notamment des députés, des sportifs, des artistes, a été organisé par un collectif regroupant une quarantaine de groupes, mouvements et organisations de la société civile, dans la foulée des révélations de ces deux meurtres. Certains manifestants arboraient des maquillages de fausses blessures ou du faux sang sur leur T-shirt.

 

Côte d'Ivoire

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Sylvie Fofana: nounou des nounous, féministe infatigable de la France à la Côte d’Ivoire

Selon la journaliste activiste, «il y a plein de gens qui voulaient organiser des manifestations. Avec les réseaux sociaux, on s’est rendu compte qu’on était tous en train de faire le même travail. On a décidé de se retrouver autour d’un collectif», qui a été créé le 21 mai. Sur les réseaux sociaux, le mot clé largement utilisé par les acteurs et sympathisants de la campagne est #DafaDoy.

 

«Notre revendication première est que le viol, qui est en train d’être banalisé aujourd’hui, soit criminalisé. Parce que le viol, au Sénégal, actuellement, est un délit. Il est certes puni de cinq à dix ans [d’emprisonnement, ndlr], et quand il est commis sur un mineur de moins de 13 ans, la peine maximale est appliquée. Mais pour nous, cela ne suffit pas: il faut que le viol passe de délit à crime. Dafa doy!», martèle Oumy Ndour.

Selon elle, à la fin du sit-in, un mémorandum sur cette revendication a été remis à Awa Guèye, vice-présidente de l’Assemblée nationale et présidente de l’Association des femmes parlementaires du Sénégal, qui a promis de le transmettre aux députés, pour élaborer une proposition de loi dans ce sens.

Des députées à la manifestation du 25 mai 2019 à Dakar contre le viol et les violences faites aux femmes au Sénégal. © Warkha

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Des députées à la manifestation du 25 mai 2019 à Dakar contre le viol et les violences faites aux femmes au Sénégal.

Un délit est une infraction moins grave qu’un crime. Et les peines prévues au Sénégal pour un délit (prison ferme, interdiction «de certains droits civiques, civils ou de famille» ou amende) sont moins graves que celles prévues pour un crime (qui vont jusqu’à la prison à vie avec travaux forcés).

 

Aïssa Doumara, lauréate du Prix Simone Veil, 2019

© SPUTNIK . SPUTNIK

Aïssa Doumara, lauréate du Prix Simone Veil: «Ne pas user de la violence sur une femme»

Penda Seck Diouf, présidente d’un groupe d’ONG «pour l’élimination des violences basées sur le genre» et qui dirige aussi le Comité de lutte contre les violences faites aux femmes (CLVF), souligne à Sputnik que le Code pénal actuellement en vigueur au Sénégal a été complété par une loi votée en 1999. Celle-ci a précisé «des circonstances aggravantes au viol», même s’il reste un délit. Les sanctions sont ainsi plus sévères s’il est commis sur une mineure, dans l’espace familial, sur une personne vivant avec un handicap ou sur une personne que l’auteur a sous sa tutelle.

 

Pour elle, la campagne «Dafa Doy» attire l’attention sur une lutte menée de longue date au Sénégal où, regrette-t-elle, les agressions contre les femmes «sont récurrentes», même si elles ne font pas forcément la Une des journaux comme pour Bineta Camara et Coumba Yade.

«Bien avant Dafa Doy, plusieurs organisations ont réclamé la criminalisation du viol. On parle plus régulièrement de ces affaires, ce n’est pas quelque chose de nouveau», indique Penda Seck Diouf, sociologue du développement spécialisée en communication sociale et éducative.

Les affaires Bineta Camara et Coumba Yade ont suscité un vif émoi dans le pays, où l’on a enregistré de multiples appels au rétablissement de la peine de mort– abolie par le Sénégal en 2004– afin, selon ceux qui la réclament, de dissuader d’éventuels futurs violeurs. Un argument rejeté notamment par des défenseurs de droits humains, soulignant que rien n’atteste ses prétendus effets dissuasifs et qu’elle est une mesure rétrograde de la marche de l’humanité.

 

Hijab

© AFP 2019

Schiappa dénonce «ceux qui se prétendent pour le féminisme que quand il s'agit de voile»

Faits rares montrant l’ampleur de ces deux meurtres violents: Ndèye Saly Diop Dieng, ministre sénégalaise de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, les a dénoncés dans un communiqué et le gouvernement a dépêché auprès des familles des victimes des délégations pour leur présenter ses condoléances.

 

Bineta Camara et Coumba Yade ont été «assassinées dans des conditions atroces. […] Je condamne énergiquement de tels actes ignobles et inhumains auxquels il faut mettre un terme», déclare la ministre dans son communiqué daté du 20 mai.

Ndèye Saly Diop Dieng appelle à une mobilisation de tous contre les violences basées sur le genre et assure que ses services travailleront pour «renforcer les mécanismes de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes et aux pays», sans fournir de détails.

Communiqué diffusé le 20 mai 2019 par Ndèye Saly Diop Dieng, ministre sénégalaise de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants. © Compte Twitter officiel de Mme Dieng.

© PHOTO. COMPTE TWITTER OFFICIEL DE MME DIENG

Communiqué diffusé le 20 mai 2019 par Ndèye Saly Diop Dieng, ministre sénégalaise de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants.

Comment expliquer ces affaires, leur violence et leur récurrence au Sénégal? Sputnik a posé la question à Fatou Sarr Sow, professeure et chercheuse pluridisciplinaire. Cette socioanthropologue et économiste du développement a travaillé pendant plusieurs années sur les questions des violences faites aux filles et femmes, notamment au sein du Laboratoire Genre et Recherche scientifique, qu’elle a créé en 2004 à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, et à la tête de la nouvelle structure qu’elle dirige, l’Institut Genre et Famille.

«Avec la démultiplication des médias, l’existence des réseaux sociaux, l’information se relaie plus rapidement. Mais si on regarde, il y a une augmentation des viols liée aussi à l’augmentation de la population et des infractions», explique Fatou Sarr Sow à Sputnik.

 

Statue du Monument de la Renaissance Africaine à Dakar

© SPUTNIK . COUMBA SYLLA

Au Sénégal, pays à 95% musulman, une polémique sur… le voile

Selon des projections 2019 de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Sénégal compte un peu plus de 16 millions d’habitants. En 2017, cette agence a publié les résultats d’une étude menée en 2015, en collaboration avec Onu-Femmes, sur «les violences basées sur le genre» au Sénégal. Dans ce document, elle explique que les enquêtes sociodémographiques faites dans le pays ne lui ont pas permis de disposer d’informations «sur les cas de viols et/ou attouchements sexuels». Mais elle cite une étude réalisée par Onu-Femmes en 2012 «dans huit régions du Sénégal» qui «révèle que le nombre de cas de violences a doublé durant ces cinq dernières années».

 

«Cette étude révèle par ailleurs que les viols occupent la première place avec 50% des cas, les violences sexuelles toutes catégories confondues représentant 60% des cas rapportés dans les structures de santé», peut-on encore lire dans le rapport de l’ANSD.

En 2015, le Groupe d’études et de recherches Genre et Sociétés (GESTES) de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis (nord du Sénégal) a aussi publié une étude intitulée «Violences basées sur le genre au Sénégal: la prévention comme alternative aux périls de sécurité et de justice». Ses constats:

«Le taux de prévalence des violences basées sur le genre dans les ménages sénégalais est de 55,3%» et «les principaux auteurs sont des hommes, soit 55% de la population étudiée».

Pour Fatou Sow Sarr, avec toutes ces études, «il y a suffisamment d’indicateurs qui montrent que le phénomène des violences basées sur le genre (VBG) s’amplifie d’année en année» au Sénégal. En cause, selon elle, «la déconfiture de la société», alors que certains incriminent en premier le système patriarcal aujourd’hui commun à de nombreuses sociétés.

«À mon avis, c’est le système de la pauvreté, de la dérégulation sociale» qui peut permettre d’expliquer ces violences, mais, poursuit-elle, «il faut aussi interroger le problème des pathologies de manière globale, parce qu’avec la drogue qui se consomme de plus en plus, les comportements à risque se multiplient. On ne peut pas juste dire que c’est la faute d’une société patriarcale. Moi, je mets cela sur le fait de la dislocation des familles, la pauvreté, la drogue».

 

Des satellites pour mener le combat contre la pauvreté

© FLICKR/ DONKEYHOTEY

Des satellites pour mener le combat contre la pauvreté

Penda Seck Diouf, du CLVF, ajoute que le viol n’est qu’un des aspects de ces violences subies par les femmes et souligne que leur ampleur pourrait être plus importante que ne le laissent supposer les études et récits récurrents dans la presse.

 

«Les violences sur les femmes de manière générale, particulièrement les violences sexuelles, sont empreintes de tabou, de stigmatisation. Au Sénégal, nous sommes dans une culture de non-témoignage, de non-dénonciation, alors que le témoignage et la dénonciation comptent beaucoup pour permettre à la justice d’agir», explique la présidente du CLVF.

Même pour les victimes qui décident de s’exprimer, les choses ne sont pas faciles, relève-t-elle, précisant que le CLVF a reçu de nombreux témoignages de femmes agressées à qui l’on demandait, par exemple, si elles étaient vierges. «La virginité n’a rien à voir avec le viol! On a recensé des victimes de viol de tous âges, allant d’un bébé de 3 mois à une femme de 77 ans!», s’emporte Penda Seck Diouf, pour qui de telles attitudes «s’opposent à ce qu’il y ait justice autour de cette problématique des violences sexuelles, particulièrement autour du viol».

Pour elle, comme pour Fatou Sow Sarr, la campagne Dafa Doy aide à amplifier la lutte contre les viols et les VBG au Sénégal, mais ne suffira pas à elle seule à remporter la victoire sur ce terrain social complexe.

À la manifestation du 25 mai 2019 à Dakar contre le viol et les violences faites aux femmes au Sénégal. © Warkha

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À la manifestation du 25 mai 2019 à Dakar contre le viol et les violences faites aux femmes au Sénégal.

«C’est bien, qu’il y ait eu cette mobilisation pour faire un plaidoyer, mais il faut beaucoup lutter pour maintenir la pression» et arriver à obtenir «des avancées sur la situation des femmes au Sénégal», estime Fatou Sow Sarr, citant la loi de 1999 ayant modifié le Code pénal et celle votée en 2010 instituant «la parité absolue homme-femme […] dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives».

Oumy Ndour l’assure: son collectif ne baissera pas les bras. Il va maintenir la pression pour que la proposition de loi sur la criminalisation du viol voie le jour et mener une campagne de sensibilisation dans les régions. Une manière de contribuer à libérer la parole des victimes et des témoins, à l’instar du mouvement #MeToo lancé en 2017 aux États-Unis, dans la foulée de l’affaire Harvey Weinsten.

 

Mariah Carey

CC0 / 12019

De Kevin Spacey à Mariah Carey: ceux qui sont dans l'œil du cyclone Weinstein

Le producteur américain Harvey Weinstein est au cœur d’un scandale sexuel, accusé de harcèlements par un grand nombre d’actrices. Depuis, des accusations similaires ont été portées contre d’autres célébrités, notamment dans le cinéma et la politique.

 

«Nous prévoyons de faire beaucoup de sensibilisation dans les régions, et y monter des opérations de ce genre [comme le sit-in du 25 mai, ndlr] pour permettre aux jeunes filles, aux femmes, de pouvoir dénoncer les violeurs ou les cas dont elles vont apprendre l’existence» dans leur entourage, déclare Oumy Ndour.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201905311041296769-au-senegal-la-campagne-contre-le-viol-et-les-violences-faites-aux-femmes-samplifie/


 

AFRIQUE : LE BURKINA A DEPOSE LA MARQUE FASO DAN FANI, LE "PAGNE TISSE DE LA PATRIE"

Dévoilement du logo du Faso Dan Fani, Ministère de l’Artisanat

Le Burkina dépose la marque Faso Dan Fani, le «pagne tissé de la patrie»

© Photo. © Ministère de l’Artisanat

AFRIQUE

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Roland Klohi

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Expression par excellence du savoir-faire traditionnel burkinabè, le Faso Dan Fani, fierté nationale, est sur le point de devenir une marque déposée. Le processus de labellisation de ce pagne tissé avec des fils de coton, engagé depuis 2018 par les autorités burkinabè pour le valoriser et le prémunir contre la contrefaçon, est arrivé à son terme.

«Le Faso Dan Fani est une marque du Burkina Faso, personne ne pourra l’arracher. Il existe de la cotonnade partout, mais le Faso Dan Fani est burkinabè et restera burkinabè pour valoriser le travail de nos braves tisseuses», a fièrement soutenu le 30 avril 2019 Harouna Kaboré, ministre de l’Artisanat, lors d’une cérémonie à Ouagadougou, au cours de laquelle le logo de la marque a été dévoilé.

Le ministère du Commerce et de l’Artisanat a amorcé en 2018 un projet de labellisation de quatre produits nationaux: le Faso Dan Fani, le chapeau de Saponé (commune à une trentaine de km au sud de Ouagadougou), le beurre de karité, ainsi que les cuirs et peaux tannés de Kaya (ville à 100 km au nord-est de Ouagadougou).

La protection du Faso Dan Fani, a précisé le ministère, est effectuée tant au niveau régional, auprès de l’Organisation Africaine de la propriété Intellectuelle (OAPI), qu’international. Au Burkina, des quatre produits en cours de labellisation, le Faso Dan Fani, bénéficie d’une attention particulière. Et pour cause, puisqu’il est celui qui incarne le mieux la quintessence du savoir-faire traditionnel burkinabè.

 

Des enfants sous un arbre à Limani, Cameroun

© SPUTNIK . ANICET SIMO

Au Cameroun, le charbon «vert» de Muller Tenkeu combat la déforestation

Le tissage du coton est une pratique multiséculaire au Burkina. Longtemps premier producteur africain, le pays qui a vu sa production régulièrement baisser ces dernières années, pour s’établir à près de 450.000 tonnes sur la campagne 2018-2019, occupe actuellement la quatrième place derrière le Bénin, le Mali et la Côte d’Ivoire. L’or blanc (production de coton) qui contribue à plus de 4% du PIB, fait vivre pas moins de quatre millions de Burkinabè. Si le Faso Dan Fani est une fierté burkinabè, la confection de ce produit 100% artisanal ne fait pas intervenir que des ingrédients 100% burkinabè.. C’est le cas notamment de la teinture que les tisseuses burkinabè font souvent venir du Mali.

 

 

La famille du Président Thomas Sankara vêtu de Faso Dan Fani

© PHOTO. IMAGE DE BLOG MONFASODANFANI.COM

La famille du Président Thomas Sankara vêtu de Faso Dan Fani

C’est dans les années 1980, à partir de l’accession au pouvoir de Thomas Sankara, que débute véritablement la valorisation du Faso Dan Fani, qui s’inscrit dans un programme national de promotion des produits locaux. Le président révolutionnaire va faire du port du pagne tissé un acte patriotique et l’expression de l’aspiration au développement d’un pays qui compte parmi les plus pauvres au monde: le Faso Dan Fani est imposé par décret aux fonctionnaires comme tenue officielle au Burkina, mais aussi à l’extérieur.

 

«Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains: produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu d’importer. Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso, pour habiller les Burkinabè. Ma délégation et moi-même nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne de l’Europe ou de l’Amérique», avait déclaré le 29 juillet 1987 Thomas Sankara lors d’un discours prononcé à la 25e Conférence au sommet des pays membres de l’OUA, l’actuelle Union Africaine.

Après l’assassinat de Thomas Sankara le 15 octobre 1987, son successeur, Blaise Compaoré, met fin à l’obligation du port du Faso Dan Fani, qui continue toutefois de bénéficier d’une vitrine internationale intéressante au Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO).

En novembre 2017, l’ex-Premier Paul Kaba Thiéba va signer un arrêté qui remet au goût du jour le port du Faso Dan Fani lors de cérémonies officielles conduites par le Président, le Premier ministre ou les ministres.

«Dans le cadre de la promotion de l’identité culturelle, le port du Faso Dan Fani par les autorités politiques est encouragé lors des cérémonies officielles ou des manifestations d’envergure nationale», dispose l’article 1 de l’arrêté.

De même, l’arrêté ajoute que «les commandes publiques des structures de l’État à l’occasion des cérémonies officielles ou des manifestations d’envergure nationale donnant lieu à l’utilisation de tissus, portent prioritairement sur le Faso Dan Fani».  

La qualité du matériau et sa finition font du Faso Dan Fani un produit qui parvient à s’exporter dans la sous-région ouest-africaine et dans le monde, selon Nadège Balima, une commerçante burkinabè interrogée à Abidjan.

«L’artisanat burkinabè peut se permettre de rêver plus grand grâce au Faso Dan Fani», soutient la jeune femme au micro de Sputnik.

Installée en Côte d'Ivoire depuis un an et demi, cette commerçante vend en ligne du pagne tissé qu’elle importe, en partenariat avec des artisans du Burkina.

«Cette labellisation est importante pour notre culture. Surtout que le produit est de plus en plus populaire, ça nous assure qu’il reste le nôtre et que n’importe qui ne puisse pas en faire. Comme son nom l’indique, Faso Dan Fani signifie le pagne tissé de la patrie. Et cette patrie, c’est le Burkina. Une fois que ce n’est plus produit au Burkina, ce n’est plus du Faso Dan Fani», insiste Nadège Balima.

Le succès du Faso Dan Fani ne manque pas d’attirer les convoitises. Le produit est notamment victime de contrefaçons de la part d’entreprises chinoises. Interrogé par Sputnik, Hamidou Bamogo, vendeur du pagne patriotique depuis plus d’une décennie au grand marché de Ouagadougou, explique qu’il lui est «même parfois difficile de faire la distinction entre l’original et la copie», tant la contrefaçon est de plus en plus élaborée.

 

In this Monday Jan. 18, 2016 file photo, a soldier stands guard outside the Splendid Hotel in Ouagadougou, Burkina Faso.

© AP PHOTO / SUNDAY ALAMBA

Au Burkina, «les choses commencent à changer avec les nouveaux responsables militaires»

Le 15 avril 2019, le ministère du Commerce et de l’Artisanat est intervenu pour démentir une information relayée sur les réseaux sociaux selon laquelle une firme chinoise avait introduit auprès de l’OAPI une demande de protection du label Faso Dan Fani.

 

«La labellisation va nous permettre de pouvoir authentifier le véritable Faso Dan Fani et éviter ainsi les copies qui font tomber la valeur du pagne et, ce faisant, casse le marché», renchérit Nadège Balima.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201905271041253953-le-burkina-depose-la-marque-faso-dan-fani-le-pagne-tisse-de-la-patrie/


 

CONFERENCE SUR LA "SITUATION POLITIQUE A MADAGASCAR : UNE ILLUSOIRE STABILITE"

Conférence sur « la situation politique à Madagascar: une illusoire stabilité »

MAI 19

Publié par 

Nous relayons ci-dessous le message de l’Association APCMada de Poitiers (France) informant de la tenue d’une conférence qu’elle organise sur le thème cité en titre.

L’ère des coups d’Etat est, semble-t-il, révolue. Désormais, en Afrique en général, et à Madagascar , en particulier, on n’accède plus au pouvoir que par les urnes. Mais que faire si les scrutins sont biaisés du fait d’une tricherie généralisée ? Devrons-nous accepter qu’accède au pouvoir -ou le conserve- celui qui triche le plus ou le mieux ?

A quoi servent alors les élections ? Voilà la vraie question.

Permettre une alternance démocratique, personne n’en disconvient. Malheureusement, il arrive aussi que certains en usent pour recouvrer une virginité, et sous prétexte de légitimité, on efface tout et on recommence comme si de rien n’était. Or, il fallait surtout ne rien oublier, pour que tout se reconstruise, sinon le pays s’expose à un grand risque : celui « d’une illusoire stabilité de la situation politique », thème de la conférence à laquelle notre association ACTION POUR LA CITOYENNETÉ A MADAGASCAR (APCMada) vous invite le 07 juin 2019 à 20h au Toit du Monde 31, rue des Trois Rois , 86000 Poitiers.

Ajoutez dès maintenant ce rendez-vous à votre agenda.

Au plaisir de vous y voir en grand nombre!

Contact : 07 86 91 61 73

Mail: apcmadagascar@gmail.com

FB: https://www.facebook.com/apc.mada.9 

AFFICHE 1

https://apcmada.wordpress.com/2019/05/19/conference-sur-la-situation-politique-a-madagascar-une-illusoire-stabilite/


 

CRISE SEPARATISTE EN AFRIQUE. VERS UNE DESINTEGRATION DU CONTINENT AFRICAIN?

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Crise séparatiste en Afrique, vers une désintégration du continent?

© Sputnik . Alexas_Fotos

AFRIQUE

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Anicet Simo

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Alors que le Cameroun subit une crise séparatiste dans ses régions anglophones et que les solutions de sortie de crise tardent à venir, dans la région orientale du Ghana, un autre mouvement séparatiste refait parler de lui. Des cas parmi d’autres qui font craindre une désintégration du continent avec l’éclatement des États actuels en micro-États.

D’un coin à l’autre du continent africain, les crises séparatistes sont devenues légion et menacent la paix et l’intégrité des États. Des crises identitaires qui tirent parfois leurs origines du passé colonial. Les cas récents du Cameroun, déchiré dans sa partie anglophone par un conflit armé, et du Ghana, qui a fait parler de lui ces derniers jours avec l’arrestation de présumés séparatistes accusés de vouloir déclarer l’indépendance de la région orientale du pays sous le nom de «Togoland occidental», présentent des similitudes.

«Si la dimension historique, culturelle et identitaire semble être au cœur de ces mouvements séparatistes, il n’est pas moins vrai que dans les deux cas, le rôle des processus de décolonisation a été déterminant. Qui plus est, dans les situations de crise du Ghana (en lien avec le Togo) et du Cameroun, la particularité est l’intervention d’au moins trois puissances occidentales, dans leurs histoires coloniales (l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France), et l’influence de la Première et de la Seconde Guerre mondiale dans leurs processus d’indépendance, puis d’institutionnalisation», explique à Sputnik le Docteur Richard Makon, spécialiste du droit international, enseignant-chercheur à l’université de Yaoundé II.

Un avis que partage le Professeur Mathias Éric Owona Nguini, universitaire et politologue camerounais, interrogé par Sputnik.

«Dans les deux cas, on a connu une séparation entre la France et la Grande-Bretagne à partir d’un même territoire de base. Ça veut dire que le Togo a été divisé en deux parties; une placée sous mandat de la France et puis l’autre placée sous le mandat de la Grande-Bretagne. C’est cette dernière partie qui est devenue le TogoLand, qui allait être plus tard intégré au Ghana. Et également dans le cas du Cameroun, une partie a été placée sous mandat de la France, une autre sous mandat de la Grande-Bretagne. Et au moment de l’indépendance, à l’issue d’un plébiscite en 1961, le Southern Cameroons, qui était l’un des territoires placés sous mandat britannique, est revenu au Cameroun alors que le Northern Cameroons est allé au Nigéria», précise-t-il.

Cameroun

© AP PHOTO /

Les Ambazoniens, ces séparatistes camerounais couvés par Washington

 

Pour mieux comprendre ces deux «crises anglophones», il faut donc remonter le fil de l’histoire. La crise qui agite actuellement le Cameroun tire son origine du passé politique mouvementée de ce pays d’Afrique centrale, colonie allemande de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale. À la défaite de l’Allemagne en 1918, la Société des Nations (SDN, ancêtre de l’Onu) a confié les quatre cinquièmes de l’actuel Cameroun à la tutelle de la France et le reste à la Grande-Bretagne pour sa partie occidentale bordant le Nigéria. Lors de l’indépendance du pays en 1960, une partie du Cameroun sous tutelle britannique (le nord, majoritairement musulman) se prononce pour son rattachement au Nigéria. L’autre partie, Southern Cameroons, qui représente les deux régions anglophones en crise aujourd’hui, se prononce pour l’indépendance et son rattachement à l’ex-Cameroun francophone. Les deux entités forment une République fédérale à partir du 1er octobre 1961. En 1972, un référendum met fin au fédéralisme. Les deux États fédérés disparaissent pour faire place à un seul État. Les séparatistes anglophones veulent marquer la rupture avec la partie francophone remettant en cause les clauses du rattachement de 1961.

Pour ce qui est du Ghana, la région du fleuve Volta est habitée par de nombreuses ethnies et son histoire récente a été également modelée par trois puissances coloniales. La Grande-Bretagne a occupé l’essentiel de ce qui constitue le Ghana et l’Allemagne tenait l’actuel Togo, situé dans l’Est. Après la Première Guerre mondiale et la défaite de l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France se sont partagées les possessions allemandes. Ainsi le Togoland a-t-il été divisé entre la Grande-Bretagne et la France.

À la fin de l’Empire britannique en 1956, les habitants du Togoland britannique vont obtenir le droit de choisir de rejoindre le Ghana à l’ouest ou le Togo à l’Est. La Grande-Bretagne affirma que près des deux tiers des votants avaient voté pour le Ghana. Mais les séparatistes rétorquent que les résultats avaient été truqués et réclament la création d’un État indépendant.

 

Prison

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Les indépendantistes ghanéens du Togoland dans le viseur de la police

Les deux crises trouvent alors leurs racines dans les divisions héritées de l’époque coloniale. Des tracés coloniaux qui donnent lieu aujourd’hui à des contestations diverses. Situation que tente d’expliquer Richard Makon.

 

«Dans les deux cas [Ghana et Cameroun, ndlr], l’État a été greffé à des formes sociales et institutionnelles antérieures, sans en opérer un maillage intelligent. Par ailleurs, les antagonismes politiques et identitaires entre les différents groupes sociologiques, antérieurs aux indépendances n’ont pas trouvé de solution définitive avant la fabrication et l’imposition de l’État, et l’instrumentalisation fantasmagorique de l’unité nationale. Ce sont ces vieilles contradictions et ces antagonismes antérieurs jamais traités qui resurgissent aujourd’hui avec plus ou moins de violence dans les deux cas», poursuit l’expert du droit international au micro de Sputnik.

Même si au Ghana, les séparatistes arrêtés le 8 mai dernier rêvent de la création d’un nouveau pays, ils nient cependant n’avoir jamais eu l’intention de recourir à la violence contre l’État ghanéen. Cependant selon la police, le groupe avait non seulement préparé un hymne national, une Constitution et un drapeau, mais il entraînait également une milice.

Pour le cas du Cameroun, depuis deux ans, les séparatistes des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-ouest, ont pris les armes contre le gouvernement de Yaoundé pour réclamer la création d’un État dénommé «Ambazonie». Les tensions actuelles ont commencé en novembre 2016 avec principalement les revendications des enseignants déplorant la nomination de francophones dans les régions anglophones et de juristes déplorant la suprématie du droit romain au détriment de la Common Law anglo-saxonne.

«Au delà des repères historiques qui font naître des mouvements séparatistes en Afrique, lorsqu’un peuple se sent mal dans son vécu quotidien et que le pouvoir en place le bâillonne, le réprime ou le laisse dans un état de pauvreté, on peut s’attendre a l’émergence des mouvements séparatistes. C’est le cas de la crise anglophone au Cameroun», lance Maître Emmanuel Ashu, avocat, originaire de la région du Sud-ouest anglophone, joint au téléphone par Sputnik.

Alors que le Cameroun est au centre de l’attention, l’histoire récente du continent est parsemée de revendications identitaires et séparatistes qui menacent de fragmenter les États actuels en micro-États.

«Nous avons des cas comme celui du Mali, avec l’instabilité du Sahel. Si la logique de déstabilisation du Mali se poursuivait en raison de la position de ce pays dans l’espace sahélo-saharien, cela aurait des effets extrêmement déstabilisateurs pour des pays voisins comme la Mauritanie, le Burkina Faso ou le Niger. Et il pourrait y avoir des effets domino, notamment au Niger, où la problématique de l’autonomisme touareg existe dans des conditions qui sont analogues, mais pas tout à fait identiques à celles du Mali», commente l’universitaire Mathias Eric Owona Nguini.

 

Un char de Boko Haram

© AFP 2019 REINNIER KAZE

«La crise séparatiste au Cameroun, aussi meurtrière en 20 mois que Boko Haram en 4 ans»

Pour Richard Makon, le risque de désintégration du continent est réel au vu des crises multiples crises qui le traverse.

 

«De toute évidence, le continent africain est à la croisée des chemins et à la confluence d’une pluralité de crises. La crise du modèle institutionnel au fondement de l’État postcolonial; la crise juridico-politique de remise en cause des frontières héritées de la colonisation et par là, la contestation des délimitations terrestres et maritimes; la crise sociale et économique, née de l’incapacité des États à répondre aux attentes des peuples, à résoudre les problèmes sociaux et à donner du sens et de l’amplitude à la marche de ces sociétés vers le progrès. Ces prémices de l’éventuelle désintégration du continent sont d’ordre interne à l’Afrique.

Du point de vue externe, ce qui peut causer et peut-être accélérer la désintégration du continent est l’attrait des grandes puissances pour les énormes ressources naturelles du continent, le désir de contrôle de ses richesses, en plus des monopoles divers qui fondent les rapports de forces et les luttes d’influence sur le continent», nous confie le juriste.

Alors que les poches de tensions se multiplient sur le continent et que bon nombre de pays d’Afrique sont de plus en plus confrontés à des tensions identitaires, la question qui occupe les discussions demeure: comment en sortir?

«Le droit à l’autodétermination est un droit politique. En l’absence d’une solution politique, il y a souvent glissement vers la lutte armée. L’usage de la force militaire comme solution pour vaincre les velléités séparatistes est inapproprié. Il faut une solution politique», estime maître Emmanuel Ashu.

Au Cameroun, l’option militaire employée par Yaoundé contre les séparatistes s’est avérée être un échec au vu de l’enlisement de la situation. 1.850 morts en vingt mois de conflit et des milliers de réfugiés, selon international Crisis Group (ICG).

«Toute politique de répression dans une crise politique est une politique de courte vue, qui n’a en réalité pour conséquence que d’exacerber encore plus les tensions existantes et de transformer des revendications politiques “républicaines”, en contestations séparatistes», explique Richard Makon.

Conseil de sécurité de l'Onu

© AP PHOTO / PABLO MARTINEZ MONSIVAIS

L’Onu se saisit de la crise séparatiste au Cameroun, Paul Biya s’ouvre au dialogue

Pour Mathias E. Owona Nguini, «Il est tout à fait normal pour tout État qui menace d’être amputé d’une partie de son territoire de se défendre, car ce qui est en débat, c’est effectivement l’un des aspects les plus importants de la souveraineté étatique, qui est l’intégrité territoriale. Cependant, les États n’ont pas seulement à utiliser la violence. Ils peuvent y recourir de manière légitime, parce que c’est leur intégrité, voire leur survie qui est en question.

Il s’agit simplement de savoir jusqu’où ils pourraient utiliser la violence et quelle est la place qu’ils peuvent laisser pour la négociation ou la discussion. Encore faut-il que les différentes parties aient la souplesse nécessaire pour que l’on puisse en arriver à des compromis, ce qui n’est pas toujours évident. Il y a des cas dans lesquels le compromis est extrêmement difficile à construire sur les formes institutionnelles que pourrait prendre ce compromis, c’est l’une des grandes difficultés qu’il y a dans le cas de la tentative de sécession conduite par les groupes armés Ambazoniens au Cameroun», explique Mathias Eric Owona Nguini.

Alors que le Cameroun subit des pressions internationales de toute part et que l’Onu s’inquiète de la crise humanitaire en cours, le gouvernement s’est dit prêt à dialoguer, tranchant avec sa démarche jusque-là intransigeante. Au sujet des conditions de l’ouverture d’éventuels pourparlers sur la crise séparatiste au Cameroun, le Premier ministre du Cameroun a laissé entendre, en visite dans les régions anglophones, que Paul Biya était prêt à discuter de toutes les revendications «hormis la séparation et la sécession», sans en fixer le cadre ni le programme.

Yaoundé, Cameroun

© SPUTNIK . ANICET SIMO

Crise humanitaire au Cameroun: selon l'Onu, la situation est «urgente», Yaoundé relativise

Dans le registre des compromis fondés et des concessions de tout ordre à mettre sur la table du dialogue, pour espérer une sortie de crise, Richard Makon pense que,

«dans une crise politique, toute tentative ou entreprise de résolution de celle-ci doit être entière, authentique, ouverte et inclusive. Aucun point de discussion ne peut être tabou, aucun ordre du jour ne peut être fixé d’avance, aucun échéancier ne peut être déterminé de manière unilatérale et aucune résolution ou mesure ne peut être anticipée.

Toute question doit être librement débattue dans un esprit d’exorcisme collectif. En l’occurrence ici, la question de la nature de l’État; la question de la forme du gouvernement; la question de la forme du régime politique. Aucune question n’est taboue en démocratie», ajoute-t-il.

Si la solution militaire peut à court terme freiner les élans séparatistes, les experts s’accordent à dire qu’il ne peut en aucun cas être une solution définitive. La solution au problème du séparatisme dans les États multiethniques d’Afrique subsaharienne, hérités de la colonisation, se trouverait-elle alors exclusivement dans une politique constructive de la nation?

«Il est important de construire le consensus national, d’affirmer et de renforcer le caractère universel des États et leur capacité inclusive, leur capacité à prendre en compte et à prendre en charge l’ensemble des communautés qui les constituent à partir d’une loi. Cette loi doit être supérieure et doit s’appliquer de manière égale à toutes les communautés. C’est un grand défi pour les États africains, compte tenu du legs colonial qui est un legs de répression, qui est aussi un legs de faible capacité productive. Or, pour légitimer le pouvoir d’État, il est important aussi d’atteindre un certain niveau de performance économique qui facilite l’insertion des différentes couches de la population, qu’on les pense en termes de classe ou qu’on les pense en termes de communauté», estime le politologue Mathias Eric Owona Nguini.

Magasins détruits dans un quartier de la capitale de la province majoritairement anglophone du Sud-Ouest, Buea

© AFP 2019 MARCO LONGARI

Conflit séparatiste au Cameroun: «Pourquoi le gouvernement a-t-il peur de dialoguer?»

«Toutes les sociétés politiques organisées en État et constituées en corps politique unique ont vocation à s’ériger en nation. Mais toute nation est le refuge d’une identité, que celle-ci soit la résultante ou non de sous-identités. Le reconnaître est un commencement, identifier ce qui peut constituer cette identité est un progrès, construire cette identité dans une perspective collective, inclusive, fraternelle et pacifique est la réussite. Que la Nation précède ou succède à l’État, il n’y a pas d’État réel sans nation et aucune nation ne peut durablement survivre et se perpétuer en dehors de l’État», conclut Richard Makon.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201905161041137383-crise-separatiste-en-afrique-vers-une-desintegration-du-continent/



 

AU SENEGAL, PAYS A 95% MUSULMAN, UNE POLEMIQUE SUR LE VOILE

Statue du Monument de la Renaissance Africaine à Dakar

Au Sénégal, pays à 95% musulman, une polémique sur… le voile

© Sputnik . Coumba Sylla

AFRIQUE

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Au Sénégal, l’annonce de l’interdiction du voile par une école chrétienne a suscité de vives réactions, menaçant la cohésion interreligieuse. Spécialistes de religions au Sénégal, Penda Mbow et Bakary Sambe examinent pour Sputnik les enjeux de cette affaire dans un pays où elles sont vécues comme un ciment social et un rempart contre l’extrémisme.

Il n’y a pas qu’en France que les débats sur le voile islamique cristallisent des tensions identitaires et religieuses. Le Sénégal connaît une nouvelle affaire en la matière, alors que le pays est souvent cité comme l’un des modèles les plus réussis dans le monde de coexistence religieuse pacifique.
Selon des estimations officielles, il compterait entre 94% et 95% de musulmans et plus de 4% de chrétiens, le reste étant adeptes de religions traditionnelles. Dans la plupart des familles, les membres appartiennent à des confessions, confréries ou courants religieux différents.

 

Vue partielle de l'Hémicycle de l'Assemblée nationale du Sénégal le 4 mai 2019 lors de l'examen du projet de loi pour supprimer le poste de Premier ministre au Sénégal

© SPUTNIK . COUMBA SYLLA

Au Sénégal, les députés ont voté la suppression du poste de Premier ministre

Tous ceux qui résident au Sénégal l’ont constaté: musulmans et chrétiens partagent vœux et mets pendant les fêtes ou évènements importants de leur calendrier respectif, comme la Tabaski (Aïd el-Adha), la Korité (Aïd el-Fitr) pour les musulmans, Noël ou Pâques pour les chrétiens. Et c’est une fierté pour Penda Mbow, historienne sénégalaise spécialiste du Moyen-âge et de l’islam, enseignante à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar en Histoire. Mme Mbow, qui dirige également Le Mouvement citoyen, une organisation de la société civile, a reçu en 2011 le prix Jean-Paul II pour la paix décerné par l’Église sénégalaise et la Conférence des évêques du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie et du Sénégal.

 

Face à la virulence de certains propos, «je suis peinée par mon pays, qui était un modèle de coexistence religieuse pacifique, à telle enseigne que le premier Président de la République [Léopold Sédar Senghor, ndlr] fut un chrétien soutenu par des chefs religieux musulmans. On ne pouvait pas rêver mieux en ce qui concerne la laïcité d’un État», a affirmé à Sputnik Mme Mbow, elle-même musulmane.

Penda Mbow

© SPUTNIK . SITE DU MOUVEMENT CITOYEN

Penda Mbow

«L’affaire du voile» a commencé à défrayer la chronique au début du mois de mai 2019 à travers des posts sur les réseaux sociaux. Dans la nuit du 1er mai, une internaute sénégalaise partage sur Twitter la photo d’un e-mail transmis, selon elle, à sa mère par l’Institution Sainte Jeanne d’Arc (ISJA), une école privée catholique sous tutelle de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny.

Cette congrégation «a décidé de statuer sur la tenue autorisée pour les élèves de l’ISJA; celle-ci se composera à partir de la rentrée de septembre 2019 de l’uniforme habituel, avec une tête découverte, aussi bien pour les filles que pour les garçons», peut-on lire dans ce courrier, signé de Rayanna Tall, la directrice de l’établissement.

 

Extraction du pétrole

© AP PHOTO / HASAN JAMALI, FILE

Sénégal-Russie: «il importe de développer davantage ces relations de longue date»

Commentaire de l’internaute cocotte @binetou__ accompagnant la photo: «C’est juste scandaleux. Les sœurs n’ont qu’à retirer leur voile, elles aussi». Elle précise y avoir étudié et avoir porté le foulard pendant l’année de son baccalauréat.

 

Depuis, la polémique s’est installée. Les opinions s’expriment sur les réseaux sociaux, dans les médias, les discussions entre collègues, les transports en commun. Certains soutiennent l’ISJA, d’autres dénoncent sa décision, estimant qu’elle porte atteinte à la liberté des musulmans qui remplissent largement ses classes, dans un pays où ils sont par ailleurs largement majoritaires. D’autres encore énoncent des positions plus nuancées, mais semblent moins nombreux.

Pour Penda Mbow, cette polémique pose la question de la laïcité, «un enjeu extrêmement important pour les minorités et les femmes au Sénégal».

Cette affaire «nous remet dans le débat: la laïcité de l’école qui, de plus en plus, est remise en question; la neutralité de l’école comme espace d’instruction et d’éducation; et le fait aussi que, petit à petit, le modèle islamiste sur le plan politique est en train de gagner du terrain» au Sénégal, affirme Mme Mbow, précisant: «Que des adultes se voilent, c’est leur choix, mais il faut soustraire les enfants à ces combats d’adultes!».

 

Franc CFA

© AFP 2019 ISSOUF SANOGO

«Il est temps… que l’Afrique s’affranchisse» du franc CFA, selon un responsable sénégalais

Pour cette universitaire qui apparaît toujours en public la tête ceinte d’un foulard, l’école est le lieu de la neutralité, où tout le monde est citoyen.

 

«Il n’y a pas de différence de race, de sexe, de religion; on est là pour étudier, connaître, être instruit. Malheureusement, aujourd’hui, l’école est devenue aussi un champ de lutte des identités», insiste-t-elle.

La controverse a pris de l’ampleur avec un communiqué signé de Mamadou Talla, le ministre de l’Éducation nationale, daté du 3 mai.

«Le ministère de l’Éducation nationale constate, depuis quelques années, que des actes discriminatoires d’ordre socioculturel se manifestent de plus en plus dans l’espace scolaire», écrit M. Talla. «Cette situation n’est pas conforme à la Constitution du Sénégal» qui déclare la laïcité de la République et prône le respect de «toutes les croyances», estime-t-il, évoquant d’autres textes légaux, mais sans citer une seule fois nommément l’ISJA.

Copie du communiqué du 3 mai 2019 du ministre sénégalais de l’Éducation nationale, Mamadou Talla, partagée sur des sites et réseaux sociaux sénégalais

© SPUTNIK . MINISTÈRE SÉNÉGALAIS DE L’ÉDUCATION NATIONALE

Copie du communiqué du 3 mai 2019 du ministre sénégalais de l’Éducation nationale

Il promet que son ministère «prendra toutes les dispositions pour mettre un terme à de telles situations en veillant à l’application stricte des lois et règlements en vigueur».

Le 9 mai, le Conseil national du laïcat du Sénégal, une instance de l’Église catholique, publie une «lettre ouverte» au ministre de l’Éducation, en regrettant son «empressement» à prendre position contre l’ISJA.

 

Franc CFA

© AFP 2019 ISSOUF SANOGO

Une éventuelle sortie du franc CFA peut «couper les liens entre le Trésor français» et l’Afrique

Ce conseil «existe depuis 2008» et il «regroupe tous les mouvements et associations de l’Église catholique» au Sénégal, a précisé à Sputnik Philippe Tine, son secrétaire général.

 

Dans sa lettre ouverte, il assure que la décision annoncée par la tutelle de l’ISJA n’est pas «une mesure d’intolérance religieuse» comme l’ont perçu certains, mais une manière de corriger «des comportements et pratiques “sectaires” en déphasage avec le caractère laïc de l’État du Sénégal et le vivre-ensemble prôné en milieu scolaire». Il évoque certains élèves qui refusent de «serrer la main de leurs camarades et de leurs formateurs de sexe opposé», de s’asseoir à côté d’eux, «de se faire suivre ou précéder immédiatement dans les rangs par des camarades de sexe opposé» ou de porter la tenue exigée par l’école.

«À partir de ces constats, plusieurs mesures correctives ont été engagées, parmi lesquelles l’uniformisation du port de l’uniforme de l’école», des «modifications qui interviendront à partir de l’année scolaire 2019-2020», précise encore le Conseil dans sa lettre, dénonçant «une campagne de désinformation» due à «un groupe réduit de parents d’élèves».

— Bakary Sambe est enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Joint par Sputnik, ce spécialiste du radicalisme religieux, également directeur du think tank Timbuktu Institute, considère que cette polémique sert de caisse de résonnance à la frustration de certains mouvements islamiques.

 

les militaires US

CC BY 2.0 / THE U.S. ARMY / BUILDING FOUNDATIONS, SECURING A COMMUNITY

Une liste des opérations et activités menées en Afrique par les USA, selon Yahoo News

Selon lui, ces derniers craignent que les écoles coraniques soient moins soutenues par l’État que les écoles catholiques. Mais ce débat pose d’abord la question d’une mauvaise gestion par l’État de l’enseignement religieux au Sénégal:

 

«L’État a toujours laissé le champ de l’enseignement religieux sans législation claire. Et l’enseignement islamique n’a jamais été formalisé et encadré. […] Il y a eu beaucoup de frustrations du côté des mouvements islamiques. Cette affaire-là a été un exutoire» pour certains d’entre eux, «qui se sentent défavorisés dans un pays où ils disent qu’ils sont majoritaires», a déclaré Bakary Sambe. Il les soupçonne de vouloir «profiter de cette histoire pour envenimer les relations entre chrétiens et musulmans.»

Bakary Sambe

© SPUTNIK . SITE DU TIMBUKTU INSTITUTE

Bakary Sambe

Ce n’est pas la première fois que ce chercheur dénonce ce qu’il qualifie d’«inconséquence de la gouvernance éducative et religieuse au Sénégal». Il rappelle pour Sputnik qu’en 2016, déjà, la question s’était posée avec une mesure similaire d’une école catholique à Saint-Louis et que «ce cas a été réglé par la médiation». Les dirigeants de l’Église auraient pu emprunter la même voie, aujourd’hui «et s’appuyer sur la médiation d’abord», avance-t-il.

«Ce serait dommage que ça se règle par un arbitrage de l’État, parce que le Sénégal a des ressources, des ressorts culturels du dialogue qui permettent de dépasser ces questions-là, aussi bien au sein des musulmans que des chrétiens, il y a des franges modérées qui peuvent régler cette problématique-là», soutient-il.

 

Franc CFA

© AFP 2019 ISSOUF SANOGO

Kemi Seba, militant anti-franc CFA, expulsé de Côte d'Ivoire

Un chef religieux musulman jugé et condamné

 

Avant «l’affaire du voile», un autre sujet avait placé la religion au cœur du débat public: le procès de Cheikh Béthio Thioune, un chef religieux musulman de la confrérie des mourides, très influente au Sénégal. M. Thioune a été jugé avec 19 coprévenus pour la mort, en avril 2012, de deux de ses disciples. Le procès s’est déroulé en son absence pour raisons de santé. Condamné le 6 mai 2019 à dix ans de travaux forcés, il est décédé le lendemain en France, où il séjournait pour des soins. Il a été inhumé le 10 mai à Touba (centre du Sénégal), ville sainte des mourides.

Une jeune fille portant un voile

© FLICKR/ HENG FU MING

La justice française confirme le droit de porter le voile en entreprise

Au Sénégal, des marabouts, ou chefs d’écoles coraniques, sont parfois mis en cause dans des violences contre leurs «talibés» (disciples), mais, de mémoire d’habitants, peu d’affaires ont fait l’objet de poursuites judiciaires menées à terme. Et, note-t-on, «l’affaire Béthio Thioune» a d’autant plus été retentissante qu’elle a concerné un double meurtre, qu’elle a été longue (sept ans) et que son prévenu le plus en vue avait de l’influence sur ses disciples, les Thiantacounes.

Pour Penda Mbow, ce procès vient rappeler qu’au Sénégal, «nul n’est au-dessus de la loi». Elle «salue le courage des juges ayant instruit le dossier et résisté à des pressions» n’ayant pas manqué de la part de dignitaires mourides ou d’hommes politiques redevables à M. Thioune.

 

Aïssa Doumara, lauréate du Prix Simone Veil, 2019

© SPUTNIK . SPUTNIK

Aïssa Doumara, lauréate du Prix Simone Veil: «Ne pas user de la violence sur une femme»

Dans un article publié en 2017, Mouhamadou El Hady Ba, philosophe sénégalais et formateur d’enseignants à l’UCAD, souligne que l’organisation de M. Thioune rassemble beaucoup de jeunes urbains «en déshérence», de différents segments de la société– allant «des cadres supérieurs aux chômeurs» —, dans un pays où l’islam est dominé par des confréries soufies, notamment celles des tidianes, des mourides, des qadres et des layènes.

 

L’existence de groupes comme celui de Cheikh Béthio Thioune, estime M. Ba dans son article, «semble être la principale raison pour laquelle les versions salafistes de l’islam» ne prospèrent pas au Sénégal, contrairement au Mali voisin, en proie depuis 2013 à des attaques meurtrières de mouvements islamistes extrémistes.

Un vendeur de tapis de prière à Dakar

© SPUTNIK . COUMBA SYLLA

Un vendeur de tapis de prière à Dakar

Dans plusieurs de ses communications ou lors de colloques sur l’islam en Afrique, comme en février 2008 avec la Fondation Konrad Adenauer à Dakar, Penda Mbow explique que «les confréries religieuses participent à la structuration de l’espace politique et au jeu politique au Sénégal». Mais, souligne-t-elle à Sputnik, il ne faut pas transiger quand il y a mort d’homme.

«On a beau donner une certaine immunité à des chefs religieux ou à des individus qui se réclament comme tels, quand l’affaire devient de cette nature, il est difficile de ne pas réagir. Le meurtre, c’est insupportable», déclare-t-elle.

 

Акция протеста студентов в Алжире против выдвижения президента Абделя Азиза Бутефлики на пятый срок

© AFP 2019 RYAD KRAMDI

Face à la crise algérienne, «la stratégie de la France se résume à: pas d'ennuis»

Sur les 20 accusés dans «l’affaire Béthio Thioune», 17 ont été condamnés à des peines allant de six mois de prison à quinze ans de travaux forcés, et à payer solidairement 200 millions de francs CFA (près de 305.000 euros) aux familles des deux Thiantacounes tués.

 

Ces deux disciples de M. Thioune ont été mis à mort le 22 avril 2012 lors d’une rixe entre adeptes de cette confrérie de Mbour (ouest), puis inhumés en brousse. Cheikh Béthio Thioune avait été arrêté le 23 avril 2012, puis inculpé pour complicité d’homicide. Détenu pendant dix mois, il avait été mis en liberté provisoire en février 2013 pour raisons de santé.

S’il était absent de son procès, qui s’était ouvert le 23 avril 2019 à Mbour, ce n’était pas par volonté de fuir la justice, a assuré à Sputnik l’un de ses avocats, Me Mahamadou Moustapha Dieng. «Au moment où on a fixé la date du procès, il était en France depuis quatre mois pour des soins», comme cela avait déjà été le cas plusieurs fois ces dernières années, selon l’avocat. Il a aussi souligné qu’il était initialement visé par quatre chefs d’inculpation et a été acquitté de la moitié d’entre eux.

Inculpé «au départ de complicité de meurtre avec actes de torture et de barbarie, association de malfaiteurs, recel de malfaiteurs et non-dénonciation de crime», M. Thioune a été «acquitté pour l’association de malfaiteurs et pour le recel de malfaiteurs», mais condamné pour «complicité de meurtre et non-dénonciation de crime» à dix ans de travaux forcés, a dit Me Dieng.

Toyota's driver Ronan Chabot of France and co-driver Gilles Pillot compete during the 11km Prologue of the 2016 Dakar Rally, in the province of Buenos Aires, on January 2, 2016

© AFP 2019 FRANCK FIFE

Le rallye Dakar quitte l'Amérique du Sud et aura lieu en Arabie saoudite en 2020

Lors du procès, le procureur de la République, Youssoupha Diallo, avait demandé les travaux forcés à perpétuité et un mandat d’arrêt international à l’encontre de Cheikh Béthio Thioune, mais «le juge n’a pas ordonné le mandat d’arrêt», a indiqué Me Dieng.

 

Franc CFA

© AFP 2019 ISSOUF SANOGO

Afrique de l'Ouest: bientôt une monnaie unique à la place du franc CFA?

L’un des avocats des parties civiles, Me Khassimou Touré, a signifié à Sputnik sa satisfaction du jugement rendu. «J’ai obtenu ce que j’avais demandé: des sanctions et des réparations» financières pour les familles des deux tués, «morts dans la fleur de l’âge et dans des conditions dramatiques, même si aucun montant d’argent ne peut remplacer la vie», a-t-il affirmé.

 

Au Sénégal, l’annonce du jugement a été accueillie avec appréhension par certains habitants, craignant des violences des Thiantacounes comme en octobre 2012, quand ils avaient manifesté pour réclamer la libération de leur guide, ou comme lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2012 remportée au second tour, le 25 mars, par Macky Sall face à Abdoulaye Wade. Cheikh Béthio Thioune soutenait alors M. Wade.

«Il faut que l’État soit très vigilant pour que les équilibres ne soient pas rompus trop rapidement, et il faut que les intellectuels aussi jouent leur rôle de critique social. Ils ne peuvent pas renoncer à ce rôle, sinon le pays n’avancera pas. Et des institutions comme l’école, l’armée doivent être plus que jamais solides pour continuer à garantir l’équilibre et constituer les bases de notre société», affirme Penda Mbow.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201905151041124290-au-senegal-pays-a-95-musulman-une-polemique-sur-le-voile/



 

MALI : SUR FOND DE GREVES ET DE MANIFESTATIONS CONTRE L'OCCUPATION FRANCO-ALLEMANDE LE REGIME FANTOCHE FRANÇAIS DU MALI S'EFFONDRE

Le gouvernement malien s’effondre sur fond de manifestations contre l’occupation franco-allemande

Par Stéphane Hugues et Alex Lantier

Mondialisation.ca, 25 avril 2019

wsws.org 24 avril 2019

Le gouvernement malien s’est effondré le 18 avril, lorsque le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a remis la démission de son gouvernement au Président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Une démission intervenant suite à des semaines de protestations contre l’occupation franco-allemande du Mali, après l’horrible massacre ethnique de 170 Peuls dans le village d’Ogossagou, le 23 mars.

Le régime fantoche français du Mali, l’un des pays les plus pauvres du monde, est également confronté à des grèves croissantes des travailleurs. La colère monte parmi les ceux-ci contre le pillage des finances étatiques organisé sous les auspices de Paris et de Berlin. Des grèves se poursuivent depuis des mois parmi les enseignants des écoles publiques qui réclament le paiement de primes au logement et d’arriérés de salaires. Les cheminots organisent aussi des grèves, voire des grèves de la faim, pour exiger au moins onze mois de salaires non payés.

Le 5 avril, 50.000 personnes (30.000 selon la police malienne) ont défilé sur l’avenue de l’Indépendance à Bamako, la capitale, pour dénoncer l’occupation franco-allemande du pays depuis 2013 et la corruption du régime fantoche de la France dirigé par Keïta, dit IBK. Ont appelé à la manifestation les représentants de l’ethnie peule visée par le massacre d’Ogossagou. Y participaient des organisations de la société civile et des prédicateurs islamiques, dont l’ancien président du Haut Commissariat islamique du Mali (HCIM), Imam Mahmoud Dicko.

A Bamako, les manifestants tenaient des pancartes faites à la main disant : «La France est un État terroriste avec des mercenaires et des drones», «Non au génocide de la France au Mali» et «Rentrez, ne pillez pas nos ressources naturelles». Ils criaient: «A bas IBK!» Des appels furent lancés en faveur de l’application de la charia musulmane et de l’assistance russe contre les troupes françaises et allemandes occupant le Mali.

«Nous en avons assez de ce régime. Nos enfants, nos maris et nos parents meurent à cause de la mauvaise gestion du pays par IBK et son clan», a déclaré Mariam Fomba à l’AFP. Fomba, dont le mari a été tué dans la guerre du Mali, a dit qu’elle voulait «jeter dehors IBK».

Le 30 mars, des centaines de personnes avaient participé à une manifestation devant la gare Montparnasse à Paris et s’étaient rendu à l’ambassade du Mali pour dénoncer le massacre d’Ogossagou. Mimo Dia, l’organisateur de la manifestation de Paris, avait critiqué la complicité du régime fantoche de la France avec la milice d’origine dogon «Dan Nan Ambassagou», largement soupçonnée d’avoir commis ce massacre.

Dia a dit: «Les Dogons et les Peuls ont toujours existé. Aujourd’hui encore, au milieu du massacre, les villages Peul et Dogon coexistent et ne se soucient pas du conflit. Donc, ce n’est pas un problème avec les Dogons. C’est un problème politique. L’armée malienne a confié la sécurité malienne aux Dogons. Il faut que cela cesse. C’est pourquoi nous voulons une chose très simple: dissoudre toutes les milices au Mali… y compris ‘Dan Nan Ambassagou’, et les autorités maliennes qui en sont complices. Ils devraient tous être arrêtés et jugés décemment, pour que justice soit faite».

Ces protestations avaient alimenté un débat sur le vote éventuel d’une motion de censure contre le gouvernement Maïga par l’Assemblée nationale malienne, finalement présentée le 17 avril par des députés des partis d’opposition et du Rassemblement pour le Mali (RPM) d’IBK.

Dans la matinée du 18 avril, Maïga était engagé dans des pourparlers désespérés avec le RPM et les partis d’opposition pour tenter d’obtenir une majorité contre la motion de censure. Quelques heures avant le début du débat sur la motion de censure, Maïga a jeté l’éponge et remis sa lettre de démission au bureau du président malien.

Mais la démission de Maïga n’offre rien aux travailleurs ni aux masses opprimées du Mali et ne fera qu’intensifier la lutte des classes dans le pays et dans la région. Le choix par le président Keïta de Boubou Cissé en remplacement de Maïga le 22 avril souligne son rôle de laquais de l’impérialisme et du capital financier. Cissé, économiste non élu et politiquement indépendant, vient de superviser, comme ministre des Finances, le non-paiement des salaires aux travailleurs du secteur public. Formé en Allemagne, dans le golfe Persique et en France, Cissé a travaillé à la Banque mondiale avant de retourner au Mali durant l’invasion française, pour y devenir ministre du Portefeuille minier, puis des Finances.

Les protestations anti-guerres et les luttes de classe croissantes au Mali font partie d’une large vague d’opposition politique de masse et de luttes de classe dans le monde entier. Depuis les grèves militantes des enseignants américains et des travailleurs mexicains des maquiladoras, jusqu’aux manifestations des «gilets jaunes» en France, en passant par les grèves des fonctionnaires et des travailleurs des plantations sur le sous-continent indien, l’opposition intransigeante aux élites dirigeantes se fait plus vive. Des manifestations de masse exigeant la chute de dictatures se déroulent en Algérie et au Soudan, sur fond d’une vague de grèves des enseignants dans toute l’Afrique.

Dans l’ex-empire colonial français, Mali compris, cela place les travailleurs dans une confrontation avec l’éruption du militarisme européen depuis les dernières grandes luttes de classe dans la région: les soulèvements révolutionnaires qui ont, en 2011, renversé les dictateurs soutenus par les impérialistes en Tunisie et en Égypte.

Après le soulèvement en Égypte, les puissances de l’OTAN ont fait la guerre en Libye où ils ont détruit le régime du colonel Mouammar Kadhafi, que Paris considérait depuis longtemps comme un obstacle. Le renversement et l’assassinat de Kadhafi ont non seulement plongé la Libye mais toute la région du Sahel dans la guerre civile. Les milices fuyant la Libye sont arrivées au Mali et ont chassé l’armée malienne du nord du pays – prétexte dont Paris s’est emparé pour envahir le pays en janvier 2013. Avec la complicité des régimes de la région, dont Alger qui a ouvert son espace aérien aux bombardiers français, une guerre a commencé qui dure depuis six ans.

Outre la France, les États-Unis, le Canada, et l’Allemagne depuis 2015, ont envoyé des troupes au Mali. La guerre du Mali est, avec plus de 1.000 soldats, le plus grand déploiement outre-mer de Berlin depuis qu’il a mis fin à la démilitarisation de sa politique étrangère qui datait de la chute du régime nazi. Les événements ont mis à mal les prétentions impérialistes que ces déploiements auraient pour but de protéger la population malienne des milices islamistes.

La guerre a déplacé des centaines de milliers de personnes et coûté la vie à des milliers d’autres. Bamako reçoit 1 milliard de dollars d’aide par an mais, concentré à aider les troupes de l’OTAN à lutter contre sa propre population, il a supervisé un effondrement du niveau de vie et des services publics tel que les salaires des enseignants et des cheminots ne sont même plus payés.

Malgré toutes ces dépenses de guerre, les forces d’occupation françaises n’ont pas réussi à écraser l’opposition militaire à leur présence et au régime fantoche de Bamako. Onze soldats maliens ont été tués le 21 avril lors de l’attaque d’une base militaire à Guiré, près de la frontière avec la Mauritanie. Selon le gouvernement malien, la milice responsable de l’attaque a fait 15 morts.

Selon l’AFP, un médecin militaire français est mort au Mali dans un attentat à la bombe contre son véhicule début avril.

Stéphane Hugues et Alex Lantier

 

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 24 avril 2019

L’auteur recommande également:

Le massacre d’Ogossagou révèle le massacre en cours au Mali occupé par les Européens

[1er avril 2019]

La source originale de cet article est wsws.org

Copyright © Stéphane Hugues et Alex Lantierwsws.org, 2019

https://www.mondialisation.ca/le-gouvernement-malien-seffondre-sur-fond-de-manifestations-contre-loccupation-franco-allemande/5632942


 

AFRIQUE : LE PIED DE NEZ DU CAMEROUN AUX CONQUISTADORS !

Zoom Afrique du 22 avril 2019

Mon Apr 22, 2019 3:21PM

Zoom Afrique du 22 avril 2019

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Zoom Afrique du 22 avril 2019

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

Angola : la 4ème licence de téléphonie attribuée à l'Angolais Telsar

Le Gabon et la Chine célèbrent 45 années d’engagement commun !

Les Émirats arabes unis ont définitivement perdu la partie à Djibouti :

En effet, le Fonds de réserve général de l'État omanais (SGRF) a signé un mémorandum d'accord avec l'Autorité des ports et des zones franches de Djibouti, en présence d'Ismail Omar Guelleh, président de Djibouti. 

Les analyses de la rédaction :

Mali :Qui tuent les soldats maliens? 

Un commando armé a attaqué dimanche matin une base de l'armée malienne, tuant au moins douze soldats avant d'incendier les installations, rapporte RFI  citant un élu local. L'attaque, qui n'a évidemment pas été revendiquée, visait effectivement  une base militaire du district de Guiré, dans le centre-ouest du Mali, à une centaine de kilomètres de la frontière mauritanienne. 11 soldats maliens ont été tués, soldats qui comme dans d'autres pays du Sahel et on pense au Niger et au Burkina ou encore au Tchad, perdent quotidiennement leur vie dans des violences exogènes pour ne pas dire exportées de l'extérieur. Ces 11 soldats qui viennent ainsi de perdre leur vie au détriment de l'armée nationale malienne, ont été visés dans l'une des régions les plus militarisées du pays et placées directement sous la supervision de la force Barkhane. La ville où ces mêmes puissances souhaitent faire place nette ne serait-ce que pour des projets ultérieurs. Il est important de noter en effet que la région de Koulikoro abrite le centre de formation de la mission européenne EUTM Mali, situé à une cinquantaine de kilomètres de Bamako. C'est là aussi que les forces d'occupation européennes disent assurer  les formations de l'armée malienne, formation qui  fait de ces soldats d’espèce de boucliers humains à encaisser le coup au profit des "blancs"! Koulikoro est  le terminus de la ligne du chemin de fer de Dakar au Niger, un point hautement important dans la nouvelle stratégie de conquête du Sahel que s'est fixé l'axe US/France et qui est obsédé par des chemins de fer et des voies maritimes et autres puisque cela rend plus facile le transfert de troupes et l'extension de la présence militaire occidentale. Koulikoro est en effet un port important qui permet la desserte fluviale par la Compagnie malienne de navigation de Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao, trois villes stratégiques où l'occupation a commencé et s'est installée. La tragédie de Guiré montre toutefois une chose : la puissance d'occupation est dans l'impasse: elle ne peut plus innover. A Bamako, il y a déjà une résistance anti-occupation aux couleurs supra-confessionnelle , supra-ethnique qui fait peur. elle a déjà fait tomber un PM pro-occidental... le coup de Guiré c'est peut être une vengeance. 

 

Cameroun : la réponse du berger à la bergère! 

Il est loin le temps où les occidentaux menaçaient les Africains, et parvenaient à les faire reculer . Le Sénat camerounais a riposté au Parlement européen pour les résolutions qu’il a émises sur la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Une crise créée de toute pièce par les États Unis et la Grande Bretagne dans le stricte objectif de provoquer le démembrement du grand Cameroun. Le Parlement européen avait critiqué jeudi la gestion par le gouvernement de la crise dite anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays et a appelé à une enquête sur les allégations de violation des droits de l'hommes . L'Europarlement avait également exhorté le gouvernement à libérer l'opposant le pro- occidental, Maurice Kamto détenu depuis janvier. le Sénat camerounais n'a pas tardé à réagir : Dans un communiqué, son président, Marcel Niat Njifenji, décrivant les résolutions du Parlement européen comme une "litanie de mensonges sur la situation socio-politique et sécuritaire au Cameroun", affirme que l'État camerounais a toujours apporté des solutions aux problèmes soulevés dans ces régions anglophones. Cuisante réponse à une Europe qui se croit toujours au 19e siècle. Pour le reste, Un total de 31 séparatistes armés dans la partie anglophone du Cameroun ont déposé leurs armes pour se réintégrer dans la société civile, ont confirmé vendredi les autorités locales.

"Nous avons 31 anciens combattants qui ont déjà déposé leurs armes et qui se sont rendus au centre de réintégration. Vingt-cinq garçons et six filles. Nous avons été informés que trois autres sont au bureau d'un général en attendant leur transfert vers le centre," a déclaré Sixtus Gabsa, directeur régional du Nord-Ouest du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR), lors d'une réunion d'évaluation à Bamenda, capitale de la région. La crise anglophone semble être derrière l'État camerounais pour le grand malheur des Occidentaux. 

 

 

Regardez cette vidéo sur YouTube !

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/22/594053/Zoom-Afrique-du-22-avril-2019


 

UN PLAN DE "DARFOURISATION" DE LA KABYLIE ?

Zoom Maghreb du 21 avril 2019

Sun Apr 21, 2019 12:17PM

Manifestation place de la République à Paris le 24 février 2019 contre le 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika. ©AFP

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Manifestation place de la République à Paris le 24 février 2019 contre le 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika. ©AFP

Les analyses de la rédaction :

  • Maroc 

– Chine-Maroc-Afrique, le nouveau triangle africain

Le Maroc tourne vers la Chine... « Les relations de partenariat entre le Maroc et la Chine, caractérisées par une évolution positive et une forte dynamique, sont appelées à se focaliser sur des projets triangulaires impliquant le triptyque Chine-Maroc-Afrique », a estimé Fathallah Oualalou, ancien ministre marocain de l’Économie et des Finances.

Pour ce dernier, « le Maroc et la Chine sont appelés à travailler sur un certain nombre de projets triangulaires avec pour objectif d’aller vers des projets de développement économique dans les pays africains dans un esprit de partenariat triangulaire ».

Dans un entretien à l’agence de presse Xinhua, Fathallah Oualalou met en avant le rôle que peut jouer le Maroc au sein du continent africain dans le cadre de cette coopération triangulaire.

  • Tunisie 

– Les ménages tunisiens de plus en plus tributaires de l’endettement

En Tunisie, l’effet FMI est bien là. Plus de la moitié des familles estiment ne pas pouvoir vivre sans s’endetter. C’est ce que révèle une enquête de l’Institut national tunisien de la consommation qui a rendu publique l’information ce samedi. La même source indique que les familles tunisiennes sont ainsi désormais prises au piège dans un cercle vicieux d’endettement.

– Les forces spéciales françaises en route pour la Tunisie

Après que la Défense tunisienne a déclaré qu’une délégation de « 13 diplomates français armés » avait été arrêtée à la frontière entre la Libye et la Tunisie, l’ambassadeur de l’UE dans ce pays s’est exprimé sur la situation dans un commentaire à l’AFP. Les armes saisies par les autorités tunisiennes à un groupe d’Européens à bord de deux zodiacs appartenaient à la mission de l’Union européenne d’assistance aux frontières en Libye (Eubam), écrit l’AFP, se référant aux déclarations de l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Patrice Bergamini...

  • Algérie

Depuis le début de la crise en Algérie on s’y attendait : des parties qui soufflent sur les braises en Algérie veulent à tout prix réveiller les démons indépendantistes en Kabylie. Et elles n’hésitent pas à proférer des fake news parallèlement à ces autres sources qui incitent les Berbères à saisir l’occasion et à « créer une Kabylie indépendante ». Il en va ainsi du site Tamurt.info, qui dit : « Le combat pour la libération de la Kabylie est plus que jamais possible. Le peuple kabyle peut, à l’instar de tous les peuples colonisés, accéder à son indépendance. Ceux qui pensent que libérer la Kabylie serait un miracle se trompent. »

En Algérie pourtant, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a démenti, via un communiqué, de fausses informations largement relayées sur les réseaux sociaux, dans la soirée du mercredi 17 avril. Ces informations portent sur l’interdiction par la DGSN des drapeaux amazighs lors des manifestations organisées à travers plusieurs villes de l’Algérie. 

La Direction de la sûreté nationale informe « l’opinion publique que ces informations sont fausses et sans fondement ».

En effet, un faux communiqué attribué à la DGSN a été largement diffusé sur les réseaux sociaux dans la soirée du mercredi. Le faux document avertit les manifestants contre l’affichage de tout autre emblème que le drapeau national, notamment les drapeaux amazighs. L’intox indique que les forces de l’ordre procéderont « à la saisie de tous ces emblèmes à partir du vendredi [19 avril] au niveau de la capitale ».

À noter que depuis le début du mouvement populaire contre le système, l’emblème amazigh est fortement présent lors des marches, notamment à Alger et en Kabylie. Cela n’a pas été de goût de certains fervents défenseurs du panarabisme.

Rappelons que la DGSN avait appelé, dans son communiqué rendu public le vendredi 12 avril, l’ensemble des utilisateurs des réseaux sociaux à l’impératif « de faire preuve de prudence et de vigilance », précisant que la DGSN « se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des instigateurs de fausses informations ».

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/21/593961/Zoom-Maghreb-du-21-avril-2019


 

MALI : SOULEVEMENT ANTI-OCCIDENTAL. LA FRANCE BANANIERE PANIQUE

Zoom Afrique du 10 avril 2019

Wed Apr 10, 2019 2:43PM

Mali: soulèvement anti-occidental; la France en panique !

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Mali: soulèvement anti-occidental; la France en panique !

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

L’Afrique se dote d’une Cour africaine de médiation et d’arbitrage;

RDC: Tshisekedi exhorté à revenir sur la nomination de Roger Kibelisa;

Côte d'Ivoire: L'ambassadeur d'Iran en fin de mission fait ses adieux à Ouattara et révèle l'existence de plusieurs projets entre Abidjan et Téhéran.

Les analyses de la rédaction :

Mali

La première manifestation anti-occupation au Mali a eu l'effet d'un séisme aussi bien au sahel qu'en France. Après plus de six années d'occupation du territoire malien, émaillées de crime de guerre, de crimes contre l'humanité, de tentative de démembrement du pays, mais aussi de tentative de provoquer une guerre interethnique, voilà la France et sa force Barkhane complètement enlisée, faisant face à un mouvement de protestation dans la rue et qui exigent le retrait de l'occupant. Que faire ?

Ce que les puissances occidentales savent le mieux faire: la manipulation. Le Monde fait publier une tribune ce 10 avril essayant d'attribuer ce mouvement de protestation qui dépasse les clivages ethno-confessionnel aux chefs religieux. Façon de créer dans l'esprit du lecteur le soupçon d'une instrumentalisation de la masse malienne au profit d'une idéologie. Façon aussi d'établir un lien indirect entre les protestataires et les courants dit extrémistes.

Le vendredi 5 avril, à l’appel des leaders religieux, les Maliens, de toutes confessions et de toutes les communautés, sont descendu dans les rues afin d’exiger le départ des forces militaires internationales présentes dans le pays. Les Maliens ont une fois encore prouvé qu’ils ne laisseront pas la force d’occupation provoquer des affrontements intercommunautaires.

Le massacre des Peuls ou d'autres ethnies ou encore l’assassinat des leaders religieux ne font que renforcer l’union de la population malienne contre les forces étrangères. La réaction de l'autre camp ne s'est pas fait attendre: « Les islamistes sont-ils devenus la première force de contestation politique au Mali ? Sont-ils susceptibles de prendre le pouvoir à Bamako, la capitale ? Poser ces questions, six ans après le début de l’intervention militaire française, est en soit un constat d’échec, tant pour les dirigeants maliens que français », écrit le Monde.

Mais en soulignant ce point, le journal tente de suggérer aux lecteurs que le scénario de la chute de Tombouctou n'est pas loin et donc, il ne faut absolument pas penser à une expulsion de la force d'occupation. Pour le reste l'article enchaîne en renvoyant encore au massacre des Peuls, qu'il tente de mettre sur le compte des Dogons de Mali. Cet article poursuit son analyse en ces termes:

« Le 23 mars, au moins 157 personnes avaient été assassinées dans ce village pour la seule raison qu’elles étaient peules. L’armée malienne comme les forces internationales – soldats français de l’opération "Barkhane" et casques bleus de la Minusma – se sont montrées incapables d’empêcher cette nouvelle tuerie dans le centre du pays, une région où le jeu habile des djihadistes a su transformer les vieilles rivalités communautaires en vendettas sanglantes. »

Le discours est assez subtil puisque le journal refuse de ne pas pointer du doigt la force Barkhane, histoire de ne pas éveiller les soupçons. L’empire médiatique occidental a maintes moyens pour insinuer, suggérer, manipuler sans en donner l'impression. D'ailleurs, depuis quelques temps, les instances politiques et militaires en France dressent des constats d'échec sur le bilan de Barkhane. Mais aucune d'entre elles ne préconise le retrait de la force d’occupation du Mali. Au contraire, toutes plaident pour que Barkhane étende son champ d'action. Mais le Grand Mali sait toujours s'unir quand il y a un péril existentiel...

Quel que soit leur religion ou la communauté à laquelle ils appartiennent, les Maliens sont conscients du danger et se mobilisent contre la coalition d'occupation.

Tchad

Un petit retour vers les sources. Après avoir accordé son feu vert à la France pour que celle-ci bombarde les  « rebelles tchadiens » en provenance de la Libye, le président Déby semble commencer à comprendre qu'on ne peut résoudre ses problèmes domestiques en se fiant aux forces d'occupation.

On ne peut traiter les Tchadiens d'orpailleurs clandestins et les bombarder et afficher dans le même temps de la flexibilité et de la clémence à l'endroit des multinationale qui pillent l'or tchadien. Idriss Déby, en visite au Soudan il y a quelque jours, a d'ailleurs montré qu'il se méfie de plus en plus des promesses des Occidentaux qui ne sont jamais désintéressés.

Un nouveau pas franchi dans ce sens ? Le ministère de la Justice et des droits humains tchadien, en partenariat avec l'Institut international pour la justice et l'État de droit, a lancé donc, le lundi 8 avril à N'Djamena, un atelier visant à mener des réflexions sur la réintégration et la réinsertion des ex-combattants « terroristes » au Tchad. L’intitulé pourrait choquer mais à y voir de plus près, l'idée est assez subtile car tout compte fait, laisser les forces étrangères s'emparer de l'initiative et de déployer une présence militaire au Tchad sous le prétexte de combattre les terroristes, c'est donner la lame au bourreau.

Selon le ministère, les échanges sont placés sous le thème « Comprendre et répondre efficacement au phénomène des combattants terroristes au Tchad: enquête, poursuite, procès, condamnation et législation ».

L'atelier réunit des leaders religieux, la société civile et des cadres de plusieurs ministères. L'objectif est d'apporter des solutions au phénomène de radicalisation et de lutter efficacement contre l'extrémisme violent. De nouvelles techniques d'approches pédagogiques à travers la promotion des droits humains avec les repentis pourraient être expérimentées.

Le directeur général adjoint du ministère de la Justice et des droits humains, Youssouf Ali Mahamat, a appelé les participants à une pleine implication et à une appropriation des débats afin de poser les jalons d'une dynamique nationale mieux affermie à une meilleure organisation capable de freiner l'élan expansionniste et la violence extrémiste.

Les participants sont invités à faire des propositions pertinentes afin de favoriser la réintégration sociale des ex-combattants. Ce genre d'idée sont potentiellement apte à désarmer les parties qui profitent depuis bien longtemps du terrorisme pour mener leur oeuvre d'expansion en Afrique. Après tout le président centrafricain a utilisé ce même modus operandi: en se réconciliant avec les ex-rebelles, il leur a même accordé une place au sein du gouvernement. Il en est désormais à presque neutraliser et totalement discréditer une occupation française qui se poursuit depuis 2013 en Centrafrique.

Zimbabwe

Selon un rapport de Spotlight Zimbabwe, l’Armée populaire de libération chinoise devrait déployer une force spéciale d’élite au Zimbabwe.

La Chine aurait également reçu le feu vert pour la construction d'une base aérienne secrète souterraine au Zimbabwe. Une information qui inquiète fortement les États-unis.

La force spéciale d'élite chinoise sera donc chargé d’assurer la sécurité de la future base militaire chinoise, ainsi que les mines de diamants et d'or à travers le pays.

Selon un autre rapport de Spotlight Zimbabwe, la Chine a également placé un missile sol-air au Zimbabwe.

 

 

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https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/10/593072/Mali-soulevement-anti-occidental-la-France-en-panique


 

DES EXPERTS AFRICAINS LOUENT LA CROISSANCE CHINOISE ET SOUHAITENT BENEFICIER DES OPPORTUNITES CHINOISES

Des experts africains louent la croissance chinoise et souhaitent bénéficier des opportunités chinoises (PAPIER GENERAL)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2019-03-17 à 16:52
 

BEIJING, 17 mars (Xinhua) -- "La croissance économique de la Chine est une véritable révélation pour les pays africains" et ceux-ci doivent saisir les opportunités que présente la Chine, estiment des experts africains qui ont suivi les Deux Sessions qui viennent de prendre fin à Beijing.

Les Deux Sessions désignent la session annuelle de l'Assemblée populaire nationale (APN), organe législatif suprême de la Chine, et celle du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), organe consultatif suprême de la Chine.

"Je pense que sa décision (de la Chine, ndlr) d'amélioration vers une croissance de haute qualité, en particulier dans le secteur manufacturier, changera la donne. Le passage de la quantité à la qualité est louable", a indiqué Suliaman Turay, chercheur en politiques publiques de l'Institut panafricain pour le développement-Afrique de l'Ouest (PAID-WA).

Beijing marque une transition en "douceur" d'une économie fortement industrialisée à une économie de services puisque ce secteur se développe de façon vertigineuse à l'ère des nouvelles technologies, a noté l'économiste marocain Nabil Boubrahimi, professeur habilité à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l'Université Ibn Tofail de Kénitra (Maroc).

Selon le rapport d'activité du gouvernement, la Chine compte réduire d'environ 2.000 milliards de yuans (environ 298 milliards de dollars) les charges fiscales des entreprises et leurs cotisations sociales en 2019, la fabrication et d'autres industries connaîtront une baisse du taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 13% au lieu de 16% actuellement, et ce taux diminuera à 9% contre 10% aujourd'hui pour les transports et la construction.

M. Turay a apprécié cette démarche qui, selon lui, "devrait avoir un impact direct sur les biens que les Africains achètent de la Chine pour les vendre en Afrique et vice-versa".

"Ces mesures fiscales vont avoir un impact sur les entreprises internationales. Pour nous, en Afrique, nous espérons que cette réduction renforcera davantage la coopération commerciale entre la Chine et les pays africains, et surtout avoir un impact sur l'investissement", a renchéri Elvis Ngolle Ngolle, professeur en sciences politiques de l'Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC).

Il a par ailleurs loué la réforme et l'innovation de la Chine, affirmant que "la Chine continue de tirer davantage de dividendes de sa réforme" et que "l'innovation chinoise contribue à stimuler le développement économique et social d'autres pays et les aide à cultiver leurs propres talents".

En matière d'innovation, "la Chine se concentre maintenant sur l'intelligence artificielle et cette technologie va affecter tous les aspects de la vie dans les dix prochaines années", a évoqué Frederick Ebot Ashu, maître de conférences en sciences de l'éducation et de l'administration à l'Université de Buea (Cameroun).

Il a ensuite appelé l'Afrique à "intensifier sa coopération scientifique et technologique avec la Chine afin d'apprendre de ses expériences et de rejoindre le monde alors qu'elle se dirige vers l'intelligence artificielle".

"Tant que la Chine continuera à améliorer sa structure économique pour une croissance de qualité, tirée par les innovations scientifiques et technologiques, son développement continuera à offrir des possibilités aux pays africains, notamment la création d'emplois, la possibilité de faire et de développer des liens commerciaux et le transfert de connaissances dans tous les secteurs", a fait remarquer M. Turay. Il a également rappelé que "la population africaine bat actuellement son plein pour l'industrialisation, et un grand nombre d'infrastructures sont en construction grâce à la science et à la technologie dans cette nouvelle ère de relations sino-africaines".

La coopération sino-africaine est devenue un arbre gigantesque qu'aucune force ne saurait abattre et la relation de la Chine avec l'Afrique est à son plus haut niveau, a estimé le conseiller d'Etat chinois et ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, le 8 mars lors d'une conférence de presse organisée en marge de la session annuelle de l'APN.

"Nous pouvons construire une communauté de destin sino-africaine plus forte", a-t-il déclaré.

http://french.xinhuanet.com/2019-03/17/c_137902096.htm