Afrique

FRANCE : UN ENSEIGNANT SENEGALAIS DE PHYSIQUE-CHIMIE SOUS LA MENACE D'UNE EXPULSION

France: un enseignant sénégalais menacé d'expulsion

Par RFI

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Vue de Montpellier, dans l'Hérault. (Image d'illustration)Getty Images/Renate Hoffmann

Moustapha Gueye est installé en France depuis 2011. Ce professeur de physique-chimie sénégalais enseigne depuis deux ans dans deux collèges de Montpellier, dans le sud de la France. Alors qu'il est sous le coup d'une expulsion dès ce lundi 14 octobre, la préfecture de l'Hérault devrait lever « en partie » l'obligation à quitter le territoire français.

Âgé de 32 ans, Moustapha Gueye, professeur de physique-chimie, a démarré les cours avec une épée de Damoclès. Sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), il vit avec cette pression de devoir, à tout moment, être contraint d'abandonner ses élèves.

« C’est vraiment difficile. Le stress, le manque de sommeil… C’est une situation que je ne connaissais pas. J’étais tranquille. Aujourd’hui, j’ai ce problème. On peut dire que l’OQTF a vraiment bouleversé ma vie. J’avais un titre de séjour qui était valable jusqu’au 20 décembre 2020. On ne s’attend pas à recevoir une OQTF si on a un titre de séjour valable », a-t-il dit.

Malgré un titre de séjour et un contrat de travail, la préfecture reproche à l'employeur de Moustapha Gueye - à savoir le rectorat - de n'avoir pas respecté la procédure de recrutement.

« La préfecture reproche au rectorat de ne pas avoir respecté la procédure qui est de publier les annonces pendant trois mois pour être sûr qu’il n’y ait pas un candidat déjà présent sur le marché du travail pour remplir cet emploi. C’est ensuite que l’on peut embaucher des ressortissants étrangers. En fait, le rectorat ne respecte pas ces méthodes de recrutement. Le rectorat a des cellules propres de recrutement et puis, de dedans, un vivier de candidats pour pourvoir les postes vacants au mois de septembre », explique Julien Frayssinhes, enseignant et membre du Collectif de soutien.

Dès ce lundi 14 octobre, les collègues de Moustapha Gueye se mettent en grève pour demander à la préfecture la levée définitive de l'OQTF et l'examen de sa demande de naturalisation.

http://www.rfi.fr/france/20191013-enseignant-senegalais-moustapha-gueye-menace-expulsion-oqtf?xtor=EPR-300-[Quotidienne_afrique]-20191014-[contenu]-1141106044976


 

L'EGYPTE PREPARE UNE LOI POUR CRIMINALISER L’ATHÉISME

 

L'Egypte du président Abdel Fatah al-Sissi est plongée dans une crise des droits de l'Homme.

L'Egypte du président Abdel Fatah al-Sissi est plongée dans une crise des droits de l'Homme. - Alexander Zemlianichenko / POOL / AFP

MONDE

Le monde est fou

L'Egypte prépare une loi pour criminaliser l'athéisme

Par Delphine Legouté

Alors qu'une campagne contre l'athéisme fait rage, lancée par la direction générale des Fatwas, le Parlement égyptien va étudier un projet de loi visant à criminaliser l'absence de croyance en Dieu.

Les poursuites pour diffamation religieuse sont déjà légion en Egypte. La loi pourrait devenir encore plus répressive en criminalisant purement et simplement l'athéisme, soit l'absence ou le refus de toute croyance en un dieu.

Le magazine Jeune Afrique rapporte ainsi que le comité religieux du Parlement égyptien a annoncé la dernière semaine de décembre qu'un projet de loi était en préparation pour interdire l'athéisme. Le projet n'a pas encore été voté par l'Assemblée mais il a reçu l'aval d'Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse sunnite. Le député qui porte le texte considère dans Al-Chourouk, un quotidien national, que l'athéisme est "un fléau qui se propage surtout au sein de la jeunesse égyptienne". Il souhaite infliger des peines d'amendes et de prison contre ces "criminels" et surveiller Internet et réseaux sociaux.

Une mère perd la garde de ses enfants

Comme le rappelle Jeune Afrique, le code pénal égyptien prévoit déjà des poursuites contre le blasphème et la diffamation religieuse. Ces dernières peuvent mener jusqu'à 5 ans de prison. Avec une telle loi, la seule absence de croyance deviendrait un crime. Si la Constitution égyptienne garantit bien "la liberté de croyance", son article 2 déclare l'islam comme "religion d'Etat". Pour les laïques et les libéraux, un tel projet de loi violerait la Constitution.

Une campagne contre l'athéisme fait rage depuis quelques mois en Egypte après la publication d'un rapport anti-athées par la direction générale des Fatwas (sic). C'est dans ce cadre que, fin décembre toujours, une mère a été privée de la garde de ses deux enfants pour cause d'athéisme. Une décision sans précédent du tribunal des affaires familiales du Caire.

https://www.marianne.net/monde/l-egypte-prepare-une-loi-pour-criminaliser-l-atheisme?fbclid=IwAR2phRuU77HE7_8kYQM80E4oOoW7zsOPYgZzE83VQ-UvyCW_SflfYsJVx9U


 

MALI : BARKANE FRAPPE AU COEUR !

Zoom Afrique du 10 octobre 2019

Thu Oct 10, 2019 12:42PM

La manifestation anti-Barkane au Mali, le 9 octobre 2019./Maliactu

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La manifestation anti-Barkane au Mali, le 9 octobre 2019./Maliactu

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

 

L’actualité en Afrique :

  • Cameroun : Paul Biya ordonne l’ouverture d’un consulat en Guinée équatoriale
  • Paul Biya : pour 2020, le gouvernement table sur une hausse de 7% de ses revenus, pour un déficit budgétaire à 1,52% du PIB

  • Au Gabon, les architectes créent la « Villa Gaboma », entièrement construite à partir de déchets recyclés

 

Les analyses de la rédaction :

  • Mali: protestation contre la présence des forces étrangères 

le site malien malijet.co, rapporte une info qui est de loin la consécration de plus de sept ans de résistance du peuple malien face à l'occupation; Mopti, cette ville du nord malien où toutes les ethnies maliens, Bozos, Peuls, Songhaïs, Bambaras, Dogons, Marakas, Touaregs, vivent depuis des siècles ensemble s'insurge contre la force d'occupation. "Les populations de Mopti, dans une mobilisation massive, sous la houlette de la plateforme ‘Faso Ko’, ont marché, mercredi, pour protester contre la présence des forces étrangères au Mali : l’Opération française Barkane, la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et le G5 Sahel, a constaté l’AMAP sur place. C’est le dernier bilan d’une quarantaine de soldats maliens tués de l’attaque simultanée des postes de Boulkessi et Mondoro qui a fait déborder le vase. La marche est partie du rond-point central de Sévaré, devant le lycée Hamadoun Dicko, pour la base de la MINUSMA, dans la zone aéroportuaire de Sévaré où les marcheurs ont remis une motion aux responsables de la Mission onusienne. Sur cette distance de la RN 6 la foule déchaînée scandait : « A bas la France et la MINUSMA ». Elle brandissait des pancartes et banderoles sur lesquelles on lisait « la France et la MINUSMA complices de la crise malienne », « Barkane, MINUSMA dégagent de nos frontières ».

« L’heure est à la vérité, trop c’est trop. Nous, populations de Mopti, protestons, aujourd’hui, contre la présence de Barkane, la MINUSMA et le G5 Sahel qui ont d’autres visions, contrairement, au mandat de leur mission » a lu le porte-parole des marcheurs, Malamine Coulibaly, avant de remettre le document à la MINUSMA. M. Coulibaly, après avoir souligné que « personne ne fera le Mali à notre place, a rappelé que « ce sont Africains qui ont libéré la France du joug allemand » et que « la politique de l’Etat avec la France et la MINUSMA, dans la gestion de la crise malienne, a conduit notre pays à la catastrophe ». La motion de six points exige de la MINUSMA, la France et des autorités maliennes « le départ de toutes les forces étrangères et les conseillers militaires français sans condition, la présence opérationnelle des Forces armées et de défense sur toute l’étendue du territoire avec la liberté d’initiatives et d’actions, la mise à la disposition des forces de sécurité de toutes les communications téléphoniques et satellitaires et le retour des tours de contrôle des aéroports à l’Armée du Mali ». Les marcheurs réclament, aussi, dans leur motion d’assurer « la protection des personnes et leurs biens, recoudre le tissu social avec un dialogue franc entre les ethnies et la création d’un climat de confiance entre les populations ».

Boureïma Maïga , la cinquantaine, boucher de son état, estime que le Mali à trop souffert de cette crise. « Il est temps qu’on se dise la vérité. Aujourd’hui dans la Région, tu ne peux pas aller à Bandiagara à 60 kilomètres de Mopti, sans escorte. Si tu traverses le fleuve, tu n’es plus au Mali’, dit-il. « Nos frères et sœurs sont tués à longueur de journée, sans cause. Les paysans ne peuvent plus aller au champ. Face aux attaques, la MINUSMA dit que sa mission est la stabilisation, Barkhane dort sur ses deux oreilles. Plus grave, il y a des questions qui restent toujours sans réponse », enchaîne-t-il.  Il constate qu’« il arrive, souvent, que les FAMa manquent de carburant ou de munitions, mais jamais les rebelles. Qui les ravitaille en carburant et munitions ? Qui les entraîne au maniement des armes ? » s’interroge-t-il, pour soutenir que « le Mali est victime d’un complot mondial ». « Il faut que cela soit dénoncé et corrigé », conclue-t-il.

Pour Mariam Samaké, veuve d’un militaire tué lors de l’attaque du poste de Dioura, en 2013, « les choses sont aujourd’hui claires : la MINUSMA souffle le chaud et le froid ». Elle accuse la Mission onusienne de duplicité. « Qu’ils partent et qu’on se débrouille nous-mêmes pour gérer notre situation », lance-t-elle. Selon les marcheurs, une copie de la motion sera remise au gouverneur de Région pour les autorités nationales « pour que la situation soit mûrement analysée et que des dispositions soient prises en conséquence ».

Cette marche, très suivie et encadrée par les forces de l’ordre, s’est déroulée sans incident. Les écoles, les marchés et les ateliers sont restés fermés à l'occasion de cette marche qui prouve une nouvelle fois la défaite militaire française au Mali et le fait qu'il est grand temps que la force d'occupation parte ! 

  • Bénin : le coup pétrolier de Talon contre les multinationales 

Le 24 juillet 2019, Total annonçait la signature d'un accord avec le Bénin et la Société béninoise d'énergie électrique (SBEE). Ce contrat porte sur le développement, par l'entreprise française, d'un terminal flottant d'importation de gaz naturel liquéfié et de la fourniture de 0,5 million de tonnes par an de GNL, pour une durée de 15 ans 0 compter de 2021 ; A l’époque la presse française nous disait que "Ce projet positionnera le Bénin (…) comme le carrefour du gaz et de l'électricité dans la sous-région" surtout qu’il s’agit d’un accord à deux axes avec en toile de fond le développement d'un terminal flottant d'importation de GNL et la fourniture au Bénin jusqu'à 0,5 million de tonnes par an de GNL gazéifié provenant du portefeuille mondial de Total.

Mais voici que depuis quelques jours ces mêmes médias parlent d’une société nationale de commercialisation des produits pétroliers béninoise à savoir Sonacop « moribonde ». La presse dominante dit : « (Sonacop) connaît des difficultés de plusieurs années. Cette situation rend la société vulnérable. Loin de remonter la pente, la Sonacop s’enlise davantage dans des pertes récurrentes. Toutes choses qui compromettent son avenir.  Et pourtant et jusqu’à la preuve du contraire, le pétrole n’a jamais été une mauvaise chose, sinon l’Occident n’aurait pas fait autant de guerre partout dans le monde pour l’avoir ; C’est en 2013 que Le Bénin refait son entrée dans le cercle des pays pétroliers, La compagnie nigériane South Atlantic Petroleum ayant découvert un gisement de 87 millions de barils au large des côtes de Sèmè, au sud-est du pays. Le bloc 1 a fait l’objet depuis d’une exploitation sur quatorze ans, à raison de 7 500 barils par jour, une manne particulièrement intéressante qui aurait dû contribuer à l’enrichissement du pays. Si ce n’était évidemment pas les droits autoproclamés que les entreprises occidentales se reconnaissent en Afrique. Depuis janvier 2019 l’Etat de patrice Talon a décidé que ce soit autrement. Un nouveau code pétrolier est entré en vigueur avec surtout une clause sur le permis H (permis d’exploitation ».

Cette autorisation n’est délivrée désormais qu’à des sociétés pétrolières de droit béninois détenus à 5% au moins de leur capital par des personnes physiques de nationalité béninoise ou par des entreprises béninoises. L’autorisation de recherche est désormais soumise à de nouvelles durées de mise en œuvre variant suivant le type d’exploitation. Ainsi, en zone offshore, l’autorisation est prévue pour une durée initiale de 6 ans avec une double prorogation respectivement de 3 ans et 2 ans. Ceci a été évidemment un premier choc pour les puissances qui se moquent depuis deux jours des mesures entreprises par Talon concernant Sonacop.  La société nationale de commercialisation des produits pétroliers sera désormais restructurée afin de répondre efficacement au besoin des populations. C’est l’ambition que nourrit le gouvernement de Patrice Talon en procédant à la nomination d’un administrateur provisoire à la tête de cet office moribond. A côté de l’administrateur provisoire, un comité de coordination et de suivi de la restructuration de l’entreprise. Ledit comité sera chargé, informe le conseil des ministres, de veiller à la bonne application de la feuille de route que soumettra l’administrateur provisoire.

La colère et le mépris se lisent à travers cette information communiquée par JeuneAfrique. Cela signifie que Talon est sur la bonne voie.

  • Cameroun: que va faire Paul Biya en France ?

Paul Biya et Emmanuel Macron vont se rencontrer à Lyon ce jeudi 10 octobre en marge de la 6ème conférence de Reconstitution des Ressources du Fonds Mondial de lutte contre le sida.

La visite de Paul Biya en France intervient après le Grand dialogue national qui s’est tenu à Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre 2019.

Comment évaluez-vous l'importance de cette rencontre avec le président Macron?

Pierre Claver Nko­­­­do, éditorialiste et directeur de la publication Horizons nouveaux, magazine international paraissant à Douala au Cameroun, nous donne son avis.

 

 

 

Regardez cette vidéo sur YouTube ! 

 

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/10/10/608317/Zoom-Afrique-du-10-octobre-2019


 

MADAGASCAR : LA CITES APPELLE LES PAYS A SURVEILLER LE BOIS DE ROSE MALGACHE FAISANT L'OBJET D'UN TRAFIC.

La CITES appelle les pays à surveiller le bois de rose malgache faisant l’objet d’un trafic.

OCT 09

Publié par 

L’article est paru sur le site de Mongabay.org, qui appelle à la vigilance des pays sur l’éventuelle réintroduction des 30000 rondins de bois de rose d’une valeur de 50 Millions USD sur le marché noir. Ces rondins, par décision du tribunal de Singapour et suite à la lamentable volte face du gouvernement malagasy, ont été rendus à son « propriétaire » Kong Hoo !!

Ainsi donc la conséquence des conneries (oui, disons-le!!) commises par les dirigeants mafieux, issus de la famille putschiste alors que le pays baigne dans la misère pour les 90% de la population, l’eau courante est quasi-inexistante, la criminalité est sans commune mesure, les prix des biens de première nécessité atteignent un niveau vertigineux,….

Et le régime actuel, qui est de la même famille que le précédent, fait-il quelque chose pour récupérer ces bois qui, rappelons-le, représentent quand même 50 Millions USD ??

TG

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La CITES appelle les pays à surveiller le bois de rose malgache faisant l’objet d’un trafic

par Malavika Vyawahare le 7 octobre 2019

Image associée

  • La CITES, organisme de réglementation du commerce international des espèces sauvages, a averti que 50 millions de dollars américains de grumes de bois de rose à Madagascar détenues à Singapour pourraient être réintroduites sur le marché noir.
  • Le bois a été saisi en 2014 à Singapour, mais au début de cette année, un tribunal local a acquitté le commerçant qui en était responsable pour trafic et ordonné la libération des 30 000 grumes.
  • Le commerce du bois de rose en provenance de Madagascar est interdit par la CITES depuis 2013 et sous la législation malgache depuis 2010, mais l’application de l’embargo s’est avérée difficile.
  • L’affaire de Singapour met en lumière les pièges de la mise en œuvre de l’interdiction, des observateurs reprochant à la volte-face du gouvernement malgache lors de procédures judiciaires de déterminer si le bois précieux saisi était légal.

Les régulateurs internationaux du commerce d’espèces sauvages ont publié un avis attirant l’attention sur des grumes malgaches de bois de rose malgaches d’une valeur de 50 millions de dollars, saisies en 2014 à Singapour, qui pourraient éventuellement se retrouver à nouveau sur le marché noir. Un tribunal de Singapour a ordonné que le bois précieux soit remis en liberté en avril après avoir acquitté le commerçant qui l’avait expédié dans le pays.

L’avis du secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), publiée le 26 septembre, invite les signataires du traité, qui inclut presque toutes les nations, à rester vigilants et à prendre des mesures si nécessaire. la contrebande se dirige vers leurs rivages.

L’appel a été lancé à la suite des discussions sur le statut du bois de rose illégal provenant de Madagascar lors de la 18e Conférence des parties à la convention à Genève en août dernier. En 2013, la CITES a interdit l’exportation de bois de rose malgache (genre Dalbergia ) et d’ébène (genre Diospyros ), mais cette interdiction est difficile à appliquer.

Madagascar est entré dans une période d’instabilité politique à la suite d’un coup d’État de 2009, lorsque l’état de droit et l’ordre s’est détérioré de manière dramatique. L’abattage illégal du bois de rose était répandu , y compris à l’intérieur des parcs nationaux, et des barons du bois ont stocké le bois précieux. En 2010, le pays a interdit l’exportation du bois de rose, très prisé dans des pays comme la Chine, où il est utilisé pour la fabrication de meubles haut de gamme. Toutefois, les grumes anciennes et fraîchement coupées continuent d’entrer sur le marché illégal . La coordination entre les pays par lesquels le bois de rose est acheminé vers sa destination finale est faible.

En mars 2014, l’organe de gestion CITES de Singapour a saisi environ 30 000 billes de bois de rose d’un homme d’affaires appelé Wong Wee Keong et de sa société basée à Singapour, Kong Hoo, l’une des plus importantes confiscations de bois de rose jamais enregistrées. La tentative subséquente de traduire les traders en justice a pris fin avec l’acquittement de Wong en avril, illustrant les lacunes de la mise en œuvre de l’embargo commercial.

Un tribunal a initialement déclaré Wong et Kong Hoo non coupables en 2015, invoquant des éléments de preuve indiquant que le bois de rose était en transit à Singapour et que le pays n’était pas la destination finale. Cette décision a été annulée en 2017 lorsque le tribunal a condamné Wong à trois mois de prison et l’a giflé, ainsi que son entreprise, avec une amende maximale de 500 000 $ chacun. En appel, le plus haut tribunal de Singapour a déclaré les accusés non coupables au début de l’année et enjoint aux autorités de remettre le bois précieux à Kong Hoo.

L’affaire reposait sur la preuve que le bois avait été exporté illégalement de Madagascar et que Singapour était la destination finale plutôt qu’un point de transit. Le gouvernement malgache a fait volte-face quant à la légalité du bois saisi. Après avoir initialement présenté des documents au tribunal qui semblait montrer que les grumes avaient été légalement obtenues à Madagascar, elle les a ensuite retirées, affirmant qu’elles étaient fausses.

«Singapour n’a pas réussi à poursuivre les accusés à deux reprises avec succès en raison de l’ingérence ou du manque de coopération du gouvernement malgache», a déclaré Mark W. Roberts, avocat et consultant en matière d’environnement basé au Massachusetts, qui a soutenu les efforts visant à tenir Kong Hoo responsable du trafic de bois de rose.

Obtenir la coopération d’autres pays, même ceux comme Singapour, signataire de la CITES, n’est peut-être pas simple. L’acquittement de Wong par le tribunal de Singapour pourrait découler du risque que sa condamnation représenterait pour ses propres intérêts le plus grand centre de transbordement au monde, une étape intermédiaire pour les cargaisons à destination d’autres destinations. « Si le verdict avait été tenu, les marchandises transbordées seraient soumises aux lois internes de Singapour, ce qui pourrait avoir une incidence sur le commerce et l’économie de Singapour », a déclaré Roberts.

Les coûts de stockage de la cargaison au cours des cinq dernières années dans une installation de stockage portuaire privée, qui pourrait atteindre plusieurs millions de dollars, seront à la charge du gouvernement de Singapour.

Cependant, la décision place également Wong dans une impasse. Pour sortir légalement le bois de Singapour, il faudrait produire des documents CITES de Madagascar. Sans eux, presque tous les pays du monde traiteront le bois comme une contrebande.

À la CdP de la CITES à Genève, des responsables malgaches ont déclaré de manière catégorique que les grumes avaient été exportées illégalement de l’île. Cela pourrait potentiellement renforcer le pouvoir des pays qui pourraient poursuivre les parties tentant d’importer le bois. Lala Ranaivomanana, secrétaire générale du ministère de l’Environnement et du Développement durable de Madagascar, a déclaré aux délégués que l’affaire de Singapour était une priorité pour le gouvernement malgache, ajoutant que Madagascar avait sollicité l’aide du gouvernement chinois pour intercepter les bateaux transportant du bois illégal.

«Les pays de destination potentiels des envois de spécimens illégaux de Dalbergia spp. et Diospyros spp. de Madagascar devrait prendre les mesures appropriées pour que ce bois ne soit ni transporté ni vendu illégalement, notamment en interdisant l’entrée sur le territoire, en saisissant ces spécimens à leur arrivée », indique l’avis de la CITES.

Cependant, il est à craindre qu’il ne soit trop tard et que le bois soit transbordé, déplacé d’un navire à l’autre en haute mer pour contourner les contrôles aux frontières et ne plus jamais être entendu.

Source: https://news.mongabay.com/2019/10/cites-appeals-to-countries-to-watch-out-for-trafficked-malagasy-rosewood/

Pour en savoir plus sur le bois de rose de Madagascar:

https://tsimokagasikara.wordpress.com/2019/10/09/la-cites-appelle-les-pays-a-surveiller-le-bois-de-rose-malgache-faisant-lobjet-dun-trafic/


 

EGYPTE : MANIFESTATIONS ANTIGOUVERNEMENTALES CONTRE LE DICTATEUR SISSI. 2000 ARRESTATIONS EN UNE SEMAINE

Egypte/manifestations: 2.000 arrestations en une semaine (HRW)

 Depuis 13 heures  27 septembre 2019

egypte

 Egypte - Moyent-Orient

 

Les forces de sécurité ont arrêté « près de 2.000 personnes » en Egypte après des manifestations antigouvernementales il y a une semaine, a affirmé ce vendredi 27 septembre l’organisation Human Rights Watch (HRW), quelques heures avant de possibles nouvelles protestations.

Les autorités ont fait état pour la première fois publiquement, le jeudi 25 septembre, de ces rassemblements inédits depuis des années, le procureur général affirmant dans un communiqué qu’un millier de personnes avaient été arrêtées et interrogées « lors des manifestations » tenues les 20 et 21 septembre.

Outre les arrestations, HRW a affirmé que les autorités avaient bloqué « des sites internet politiques et d’information et interrompu d’autres services internet utilisés par les manifestants pour communiquer ».

« Les arrestations massives du gouvernement et les restrictions sur internet semblent être destinées à dissuader les Egyptiens de manifester », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice du Moyen-Orient à HRW.

Parmi les 2.000 personnes arrêtées, figurent 68 femmes et un nombre indéterminé d’enfants, indique l’organisation, rapportant des propos d’avocats.

L’un d’eux a indiqué que plusieurs détenus avaient été relâchés, dont plusieurs enfants.

Des personnes ont été arrêtées lors des manifestations le 20 septembre mais beaucoup d’autres à leur domicile plusieurs jours plus tard, selon l’ONG.

Le gouvernement détient des centaines de personnes dans des centres de détention secrets des services de renseignement et dans des camps des forces de sécurité ou de la police, qui sont « illégaux » et auxquels les avocats n’ont pas accès, ajoute HRW.

Les détenus sont accusés d’avoir « rejoint un groupe terroriste », « manifesté sans autorisation » ou encore « diffusé des fausses informations », selon des avocats.

« Les autorités devraient s’engager à respecter le droit à un rassemblement pacifique », indique l’ONG qui demande la libération de toutes les personnes arrêtées.

L’ONG appelle également les autorités à arrêter d’interférer sur la Toile.

Une série de vidéos postées depuis début septembre sur Facebook par un entrepreneur égyptien en exil, Mohamed Aly, a poussé des centaines de personnes

à manifester le 20 septembre aux cris de « Sissi dégage », en référence au président Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 2013.

Les manifestations ont été rapidement dispersées par les forces de l’ordre.

Source: AFP

https://french.almanar.com.lb/1508564


 

AFRIQUE : POURQUOI CETTE COURSE DES ARMÉES ÉTRANGÈRES VERS LE NIGER?

Un soldat français près d’une base militaire à Niamey, au Niger@ AFP/12 janvier 2015

Pourquoi cette course des armées étrangères vers le Niger?

© AFP 2019 DOMINIQUE FAGET

AFRIQUE

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Lutte contre le terrorisme, contrôle des ressources naturelles, encerclement de l’Algérie, prévention contre l’expansion chinoise et russe au Sahel... Le politologue algérien Tewfik Hamel décrypte pour Sputnik la course effrénée des implantations militaires étrangères au Niger depuis deux ans. Entretien.

Le Niger a de plus en plus de mal à repousser les attaques terroristes. Menacé sur ses frontières est, ouest et sud, le gouvernement avait même décidé en juin dernier de reconduire l’état d’urgence dans les régions de Diffa (sud-est), Tillabéry et Tahoua (ouest). De même, au nord-est, depuis la chute du régime de Mouammar Khadafi en 2011, cette zone frontalière avec la Libye est particulièrement à risque.

Pourtant, dans ce pays sahélien de 21 millions d’habitants, les troupes militaires étrangères se bousculent. Des présences canadienne, italienne et bien sûr, de l’ancienne puissance coloniale, la France, se répartissent sur le territoire. Paris a ainsi inscrit officiellement son retour en 2010 à la suite de la prise d’otages de travailleurs de l'entreprise nucléaire Areva, avant de renforcer sa présence militaire en 2014 avec le déploiement de la force Barkhane dans le Mali voisin, d’où des expéditions militaires sont menées régulièrement contre des djihadistes transfrontaliers.

Par ailleurs, le 30 août dernier, le Président nigérien Mahamadou Issoufou a ratifié avec l’Allemagne un nouvel accord portant sur le renforcement de leur coopération militaire. Les deux pays entretiennent une collaboration de longue date – en 2016, le Niger avait autorisé l’Allemagne à construire une base aérienne à Niamey, dans le sud-ouest du pays, en appui à la Minusma, la mission militaire onusienne qui combat les djihadistes au Mali voisin.

En juin 2019, le Niger et les Émirats Arabes Unis ont ratifié un autre accord concernant l’installation d’une base militaire dans la région d’Agadez (nord-ouest du pays), à 800 km des frontières algériennes. Une zone qui abrite déjà des militaires américains dont la présence fut révélée en octobre 2017 à la suite de l’assassinat de quatre bérets verts. C’est là aussi qu’en 2018 fut lancé l’important chantier de la base aérienne américaine «201», qui sera réceptionnée à l’horizon 2024 et dont le coût a été estimé par le site américain Intercept à 4 milliards de dollars.

Paradoxalement, la multiplication des présences militaires internationales et régionales n’ont en rien réduit les actes de violence dans ce pays. Selon le dernier rapport des Nations unies, 179 personnes ont été enlevées dans la région de Diffa (sud-est) depuis janvier 2019, dont au moins 66 pour le seul mois de juillet, parmi lesquelles 44 femmes! Cette situation critique a poussé l’ONG internationale Médecins sans frontières à annoncer en août dernier son retrait du Niger pour «des raisons sécuritaires» (excepté dans la région de Diffa).

Un millier de Nigériens, essentiellement des étudiants, ont d’ailleurs manifesté en mai dernier à Niamey pour exiger le départ des forces étrangères, accusées «d'inertie face aux attaques djihadistes meurtrières», notamment des troupes françaises, américaines et allemandes stationnées dans le pays. Comment l’expliquer?

 

Soldats US

© AP PHOTO / MINDAUGAS KULBIS

L’Afrique, et en particulier l’Algérie, seraient dans le viseur de l’armée américaine

Pour répondre à cette question, Sputnik s’est entretenu avec Tewfik Hamel, chercheur en histoire militaire & études de défense à l’université Paul Valéry de Montpellier (sud de la France). Il apporte des éléments de réponse sur le pourquoi de ces multiples installations de bases militaires au Niger, les raisons réelles de leur implantation et les enjeux économiques et géostratégiques pour ce pays du Sahel.

 

Sputnik: Le gouvernement américain a annoncé le 23 juillet dernier qu’il avait décidé de renforcer la base militaire d’Agadez par le déploiement effectif de drones et un investissement de 280 millions de dollars pour son élargissement. Qu’est-ce qui justifie ce renforcement de la présence américaine au Niger?

Tewfik Hamel: «La présence militaire américaine au Niger, comme dans le reste de l’Afrique, s’inscrit dans le cadre de la "stratégie du nénuphar". La pierre angulaire de cette stratégie consiste à rechercher des accords militaires bilatéraux avec de nombreux pays en développement et de disposer ainsi de l’accès à différents types de bases offrant le maximum de flexibilité pour mener des opérations militaires. Sa logique est simple: démultiplier les endroits à partir desquels des opérations peuvent être menées et cela, quelle que soit la situation. Le Pentagone a besoin d’être en mesure de déplacer rapidement ses forces dans et à travers les théâtres d’opération, les points pivots stratégiques et les régions éloignées.

Il conviendrait de préciser ici que les États-Unis cherchent à étendre une présence non permanente en développant un réseau d’installations appelé CSL (Cooperative Security Locations). Il s’agit de sites de matériels prépositionnés et d’accords de facilité d’accès. Ces CSL n’hébergent pas les forces américaines de façon permanente et peuvent être élargis en fonction des besoins. Ils fournissent en revanche un accès d’urgence et servent de points pour les activités de coopération de sécurité. Ils permettent aussi aux forces américaines de s'entraîner avec des alliés locaux, tout en déstockant et en prépositionnement des matériels.»

Sputnik: À l’image de la base des drones du Niger, les États-Unis ont-ils ainsi changé leur approche d’implantation militaire? 

Tewfik Hamel: «Une douzaine de bases aériennes de ce type ont été établies en Afrique depuis 2007, date de la création d’Africom. Toutefois, ce qui différencie l’Amérique d’aujourd’hui de celle des années 1990, c’est que la projection de ses forces ne relève plus d’un désir inextinguible d'expansion territoriale mais d’une quête de petits sites nécessaires pour asseoir sa puissance impériale. Le temps de réaction, et non la taille, est la nouvelle métrique.

Aujourd’hui, la puissance américaine a besoin de sites de lancement et de récupération pour ses F-15 et ses drones. Le Pentagone a d’ailleurs mis en place des bases de drones au Qatar, aux Émirats arabes unis, au Niger, en Éthiopie, à Djibouti, aux Seychelles, etc. L'empire américain d'aujourd'hui n'a pas tant besoin de vastes territoires, de colonies dépendantes ou de gouvernements fantoches. Au contraire, il lui faut des lieux pour que ses soldats puissent dormir la nuit et du tarmac pour garer ses avions de guerre.» 

Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

Pourquoi quatre soldats américains sont-ils morts au Niger?

 

Sputnik: Après l’Érythrée, la Somalie et la Libye, les Émirats Arabes Unis ont entériné en juin dernier leur présence au Niger par la signature d’un accord pour l’installation d’une base militaire. Quelle lecture faites-vous de cette entrée des pays du Golfe dans le Sahel?

Tewfik Hamel: «Pour moi, il s’agit avant tout d’un arrangement politique de premier plan qui a des conséquences bilatérales, internationales, culturelles et économiques. Ainsi, il semble que l’objectif immédiat des Émirats arabes unis, c’est la Libye. S’installer au nord du Niger pour ces pays, c’est être en mesure de soutenir massivement et plus facilement leur allié, le maréchal Khalifa Haftar qui dirige l’Armée nationale libyenne (ANL) depuis Benghazi et qui cherche à étendre son emprise sur tout le territoire libyen. La conséquence immédiate en est une exacerbation de la rivalité entre l’axe Émirats arabes unis/Arabie Saoudite/Egypte et l’axe Turquie/Qatar qui, lui, soutient le gouvernement d’union nationale sis à Tripoli et dirigé par Fayez el-Sarraj, le seul reconnu par la communauté internationale.»

Sputnik: Mais n’y a-t-il pas d’autres ambitions émiraties pour d’autres pays du Maghreb et du Sahel?

Tewfik Hamel: «Les objectifs de la politique étrangère sont toujours multidimensionnels. C’est pourquoi l’évolution de la situation en Tunisie et en Algérie vers des systèmes démocratiques stables ne sert pas les intérêts et la vision des Émirats arabes unis. Déjà, les pays du Maghreb partagent peu de choses avec les pays du Golfe. Le déploiement émirati au Niger s’inscrit dans un contexte plus large marqué par la désintégration du système régional arabe et le renouvellement des anciennes alliances dans un environnement régional incertain où l’ennemi devient l’allié ou l’inverse.

Les Émirats arabes unis cherchent donc à se positionner de manière à être en mesure de façonner l’environnement régional. Cette nouvelle base au Niger pourrait de fait devenir un atout dans ses rapports avec les États-Unis et la France, par exemple. Elle pourrait répondre aussi au besoin de soutenir la stratégie américaine.» 

globe

CC0 / PIXABAY/3DMAN_EU

Les forces étrangères déployées au Sahel pourraient avoir des «intentions malhonnêtes»

 

Sputnik: L’Allemagne vient de ratifier un nouvel accord de renforcement de sa présence militaire dans un pays qui connaît depuis 2010 une forte présence militaire étrangère. Pourquoi cette course des troupes occidentales vers le Niger?

Tewfik Hamel: «Cette présence militaire s’inscrit dans une ruée vers l’Afrique des puissances occidentales. Il ne s’agit pas uniquement de combattre le terrorisme et de s’assurer l’accès aux ressources naturelles, mais aussi de saper les stratégies d’implantation de la Chine et de la Russie sur le continent.

L’Allemagne en particulier, qui a annoncé en octobre 2016 le lancement de la construction d’une base de transport aérien à Niamey, en appui à la mission de la Minusma, a débloqué en octobre 2017 la somme de 27 millions d’euros pour aider le Niger sur le plan militaire. Aujourd’hui, nous assistons à un renforcement de cette présence allemande à la suite de la ratification en août dernier d’un accord concernant la formation, le conseil et l’équipement des forces armées nigériennes, ainsi que la mise en place des infrastructures pour les soutenir.»

 

Mali: la France et le G5-Sahel dans le piège des tensions interethniques

© AFP 2019 LUDOVIC MARIN

Mali: la France et le G5 Sahel dans le piège des tensions interethniques

Sputnik: La force G5 Sahel, lancée en 2014 à l’initiative de la France et dont les activités englobent le Niger, vient-elle en appui des puissances mentionnées ci-dessus ou bien constitue-t-elle une force rivale?

 

Tewfik Hamel: «Le G5 est seulement un élément de la stratégie de la France en Afrique. Il n’est en fait qu’une mise à jour de vieilles techniques impériales, associées aux tactiques de contre-insurrection. Il y a eu un énorme effort de marketing pour vendre le G5 au public. Une campagne de propagande a été remarquablement bien organisée grâce à des articles non critiques célébrant l’organisation comme un moyen de pacification et de parvenir à la victoire. Le G5 n’a aucun sens si l’objectif de la France est de contribuer à l’édification d’États démocratiques libéraux au Sahel.

Avant la montée des idéaux démocratiques, la terreur servait de moyen pour réprimer les soulèvements contre le colonisateur. La terreur reste une tactique séduisante, mais à l'époque moderne, le massacre occasionnel n’est plus du tout compatible avec l'humanisme démocratique. Par conséquent, il faut concevoir un ensemble de stratégies qui associent la force, la persuasion et la clémence. Le G5 en est l’incarnation.»

 

Madama, Niger

CC BY-SA 4.0 / DIRKBW

Une base française au Niger mise «en sommeil», l’armée se concentre sur le Mali

Sputnik: Voulez-vous dire que la France, qui est l’ancienne puissance coloniale et possède quatre bases militaires au Niger, a perdu sa mainmise sur ce pays?

 

Tewfik Hamel: «La France reste une puissance très influente au Niger. Certes, il y de nouveaux acteurs avec lesquels Paris doit composer – notamment les États-Unis, la Chine, la Russie –, mais elle garde un réseau d’influence puissant et efficace. La présence militaire française au Sahel participe à cette stratégie. L’engagement de la France en Libye renforce également l’intérêt du Niger. C’est grâce au réseau France-Afrique que Paris a réussi à sauver le G5, qui est un ingrédient d’une tactique plus large consistant à s’appuyer sur des États clients par le biais du renforcement des capacités et des forces de sécurité.

Via le G5, la France cherche à ‘multilatéraliser’ les intervenants pour légitimer sa présence en Afrique, mais aussi à mutualiser les coups de cette force estimée à 400 millions d’euros. Pour ce faire, elle développe des capacités opérationnelles de manière à éviter une intervention à grande échelle, en s’appuyant principalement sur des conseillers et des partenaires pour s’assurer la formation, la fourniture d’armes, etc.»

Sputnik: Pourquoi, selon vous, le Niger suscite-t-il autant l’appétit des puissances militaires étrangères? Quel est le poids géopolitique réel de ce pays?

Tewfik Hamel: «Le Niger dispose d'un sous-sol qui est l'un de plus riches de l'Afrique sub-saharienne. Ses ressources naturelles comprennent l'uranium, le charbon, l'or, le minerai de fer, l'étain, les phosphates, le pétrole, le molybdène, le sel et le gypse. L'exploitation de l'uranium, par exemple, place le Niger au troisième rang mondial avec 70% des exportations du pays, derrière le Canada et l'Australie.

Outre ces raisons économiques, l’implantation au Niger est une stratégie visant l’encerclement de l’Algérie en la privant de sa profondeur sahélienne-africaine. La volonté d’être un électron libre politique fait partie de l’ADN de la personnalité stratégique de l’Algérie. Celle-ci est perçue comme un partenaire incontournable mais difficile – trop récalcitrante pour l’Amérique par exemple. Neutraliser Alger est important dans le grand jeu à venir avec l’engagement de la Russie (avec qui elle développe un partenariat stratégique) et la Chine (qui a exprimé sa participation à la nouvelle route de la soie) en Afrique.»

https://fr.sputniknews.com/afrique/201909191042121587-pourquoi-cette-course-des-armees-etrangeres-vers-le-niger-/


 

MADAGASCAR : EXECUTIONS EXTRA JUDICIAIRES - DECLARATION DU CETIM LORS DE LA 42e SESSION DE L'AG DES DH, GENEVE

« Exécutions extra judiciaires à Madagascar » – Déclaration du CETIM lors de la 42è session de l’AG du Conseil des DH, Genève

SEP 19

Publié par 

QU’EST-CE QU’UNE EXÉCUTION EXTRAJUDICIAIRE ?

Le droit à la vie est le premier et le plus fondamental des droits des individus, sans lequel il est impossible de jouir d’autres droits. L’exécution extrajudiciaire, qui constitue une violation de ce droit, désigne un homicide commis délibérément par un agent d’État, ou avec son consentement, sans procès préalable offrant toutes les garanties judiciaires, telles qu’une procédure équitable et impartiale. Les États ont l’obligation de promouvoir et de protéger le droit à la vie, et de traduire en justice les responsables d’exécutions extrajudiciaires. Pourtant, les Nations unies enregistrent un nombre croissant d’« homicides ciblés » perpétrés par les États, le plus souvent en réponse à des menaces terroristes, ce qui montre que la lutte doit s’intensifier.
La Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) – Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966)- Les Conventions de Genève (1949) – La Convention européenne des droits de l’homme (1950) – La Convention américaine relative aux droits de l’homme (1969) – La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981)

 

 

https://tsimokagasikara.wordpress.com/2019/09/19/executions-extra-judiciaires-a-madagascar-declaration-du-cetim-lors-de-la-42e-session-de-lag-du-conseil-des-dh-geneve/


 

ZIMBABWE : HOMMAGE AU RESISTANT MUGABE!

Sat Sep 7, 2019 4:40PM

Zimbabwe : hommage au Résistant Mugabe !

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Zimbabwe : hommage au Résistant Mugabe !

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

  • La Namibie et le Botswana construiront des centrales fournissant 5 GW au cours des 20 prochaines années ;
  • Nigeria : la centrale hydroélectrique de Kashimbila (40 MW) entrera bientôt en service ;
  • Tanzanie : importante hausse des exportations d’or.

 

Les analyses de la rédaction :

Niger : les habitants sont contre le déploiement des bases US

Au Niger, les Nigériens continuent de manifester leur mécontentement quant à la présence massive des militaires occidentaux, mais surtout contre le déploiement des bases américaines dans le pays. Car si ces bases ont été déployées pour telle ou telle raison, les habitants n’en ont même pas été informés. Dans le nord du Niger, une base militaire américaine vient de sortir de terre. Elle sert de port d’attache pour des engins armés destinés à opérer dans le ciel sahélien afin de recueillir du renseignement, de suivre et bombarder d’éventuelles cibles. La population locale voit d’un mauvais œil cette base à laquelle elle n’a été ni préparée ni associée.

Les habitants d’Agadez, grande ville du nord du Niger, n’en ont pas été informés. La nouvelle est d’importance pourtant, et pourrait avoir des conséquences très concrètes pour eux : depuis cet été, l’immense base militaire américaine qui jouxte leur aéroport décrépit, sur laquelle ils ne savent rien ou presque, est officiellement « active ».

Depuis le false flag de Tongo Tongo où quatre militaires américains ont été tués, Washington a officialisé sa présence au Niger. Car avant cela, personne n’était au courant que des militaires américains menaient des opérations militaires sur le sol nigérien. Les bases militaires déployées par les États-Unis sont essentiellement des bases aériennes. Ce qui ne présage rien de bon pour les habitants, car en cas d’attaque des avions US ou même français, les dommages collatéraux sont presque toujours nombreux et ce sont les habitants qui en paient le prix fort.

« Les États-Unis sont apparemment devenus la puissance dominante dans la région du Sahel, où l’agence de renseignement américaine (CIA) a mis en place une base militaire pour ses drones au Niger afin d’assurer une présence solide dans la bande désertique », a déclaré Leslie Farran, spécialiste des affaires africaines.

La création de telles bases n’est pas une « bonne nouvelle » pour le peuple sahélien, car il pourrait réserver aux habitants de cette région le même sort que celui qu’ont connu les peuples afghan et pakistanais, où les victimes civiles sont qualifiées de « pertes collatérales » de la guerre par drones interposés.

D’après Leslie Farran, avec la création de cette base, la CIA dispose maintenant d’un « immense champ d’action » qui s’étend de la Libye, du sud de l’Algérie et du Tchad jusqu’au centre du Mali, du Burkina Faso et du Nigeria et bien au-delà.

Les bases aériennes américaines déployées au Niger sont parmi les plus importantes bases jamais déployées par les États-Unis.

L’une des raisons pour laquelle l’information est cachée à la population nigérienne, c’est parce que l’Occident sait pertinemment que les habitants n’accepteront jamais d’abriter des bases militaires occidentales sur leur sol, surtout si elles doivent servir de base arrière pour attaquer les pays voisins.

Voici d’ailleurs le témoignage d’un Nigérien qui est très explicite sur la manière dont les habitants du Niger voient la présence d’occupation occidentale.

 

Mali : que cache le DDR ?

Au Mali, comment pourrait-on vraiment définir le processus du DDR ? Est-ce qu’une armée occidentale, coloniale, qui occupe le pays depuis pratiquement 7 ans maintenant, qui a détruit les institutions étatiques du pays, et qui a surtout anéanti l’armée nationale, pourrait prétendre maintenant vouloir reformer les forces armées nationales maliennes ? Le DDR cache quelque chose ? Zoom Afrique s’est penché sur une information relayée par certains médias, notamment le site d’information chinois Xinhua : quatre ex-combattants des mouvements armés, qui ont été récemment intégrés dans l’armée malienne, ont été enlevés, puis exécutés alors que 24 autres sont portés disparus depuis mercredi. Le site affirme que l’information vient de certaines sources locales à Hombori, près de Douentza au centre du Mali.

« Ils étaient 34 enlevés par des hommes armés entre Hombori et Douentza. Parmi eux, 4 ont été exécutés. Sur les 30 autres combattants restants, 6 ont pu s’échapper », a précisé un élu local relayé par Xinhua.

Les victimes sont des éléments du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) qui étaient repartis entre deux cars de transports publics en partance pour Gao dans le nord du pays.

Ils faisaient partie des 1 006 ex-combattants des mouvements rebelles, dont la formation militaire a pris fin ce lundi en vue de leur intégration dans l’armée malienne, dans le cadre du processus de désarmement, démobilisation et de réinsertion. Zoom Afrique ne peut pas encore confirmer la véracité de l’information, d’autant plus qu’aucun médias mainstream n’en a récemment parlé.

Cela dit, le processus DDR est supervisé par la France. Cela voudrait dire que ces anciens combattants pourraient très bien devenir des mercenaires à la solde de Paris. Mais au-delà de ça, il serait aussi ­possible que le processus en question remplisse d’autres fonctions comme celle du contre-renseignement. En effet, ces ex-combattants sont une meilleure source d’information pour les services secrets français qui sont sur place afin d’obtenir un maximum d’informations sur leur localisation, leur mode opératoire, leur structure, etc. Ce kidnapping pourrait avoir un lien avec cela. Zoom Afrique reviendra assez vite sur cette information. ­­­­­­

Le domaine d’information reste primordial pour les Occidentaux. ­­­

Récemment, suite à la signature de l’accord militaire entre Bamako et Moscou, la France a utilisé la ­carte estonienne pour obtenir des informations et même avancer ses pions au Mali. Et pour cause, les militaires estoniens sont non seulement mieux placés pour pouvoir donner des informations concernant la pratique russe, mais ils peuvent aussi atténuer les tensions entre la population malienne et les troupes militaires françaises. Les Maliens ne voient pas d’un bon œil la présence massive de ces militaires français qui sont très présents devant les Maliens, mais ne sont jamais là lors des attaques. Beaucoup de Maliens affirment bien que les militaires occidentaux et les auteurs des différents massacres ont un lien.

Depuis l’été 2018, un détachement de 50 soldats estoniens (et un robot THeMIS) a été déployé au Mali, afin d’assurer la surveillance et la protection de la plateforme opérationnelle « Désert » (PfoD) de la force Barkhane. Depuis le mois d’août, les militaires estoniens participent aux différentes opérations aux côtés des forces Barkhane.

Quoi qu’il en soit, les Maliens aspirent à vivre en paix, sans voir constamment des militaires étrangers patrouiller et s’immiscer dans leur vie quotidienne.

 

Zimbabwe : hommage au Résistant Mugabe

Suite au décès de l’ancien président zimbabwéen, Robert Mugabé, considéré comme un grand homme en Afrique, a eu droit aux hommages des différents dirigeants africains. En Afrique du Sud, dont le dirigeant était le premier à s’exprimer, on a salué un « combattant de la libération et un champion de la cause africaine contre le colonialisme ». L’Afrique australe « reconnaissante », les Namibiens expriment « un sentiment profond de gratitude ». Joseph Kabila dit que Mugabé était « un digne fils de l’Afrique ». Au Kenya, on salue un « phare de la libération », en Afrique de l’Ouest, un « militant de l’indépendance ». Le continent africain a perdu un grand Résistant ! 

Mais comment comparer le destin de Mugabe à celui du soudanais el-Béchir ?

Comment en tirer une réflexion globale sur les concepts américano-occidentaux de « dictature » et de « démocratie » en Afrique ?

Quel rôle ont joué les sanctions occidentales dans la sape des régimes zimbabwéen et soudanais ? Analyse du géopoliticien Luc Michel. 

 

 

 

Regardez cette vidéo sur YouTube ! 

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/09/07/605563/Zimbabwe-hommage-au-Rsistant-Mugabe-



 

LA CORRUPTION DES ELITES AFRICAINES : "UN CANCER QUI TUE" LES INSTITUTIONS ET LES PEUPLES

La corruption des élites africaines : "Un cancer qui tue" les institutions et les peuples

Image d\'illustration. La corruption des élites, un fléau qui n\'épargne aucun pays africain, selon le diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah.

Image d'illustration. La corruption des élites, un fléau qui n'épargne aucun pays africain, selon le diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah. (Photo AFP/ Pascal Deloche/Godong)

Par Martin Mateso – Rédaction Afrique – France Télévisions

Mis à jour le  – publié le 

La tragédie de l’Afrique, c’est la "scandaleuse impunité" qui protège ses élites, responsables du pillage systématique des ressources de leurs pays. L’ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah accuse "ces oligarchies" qui ruinent le continent. Il s’est confié à franceinfo Afrique.

"La concentration du pouvoir et des richesses aux mains des élites est un mélange cancérigène devenu de plus en plus une marque dans nos pays." C’est le constat amer d’Ahmedou Ould Abdallah. L’ancien chef de la diplomatie mauritanienne sait de quoi il parle. C’est un bon connaisseur du continent africain qu’il a sillonné pendant plusieurs années en tant que Secrétaire général adjoint de l’ONU.

"La corruption est un véritable cancer qui tue sur le continent africain. C’est vrai qu’il s’agit d’un phénomène international, mais il y a une énorme différence en Afrique. C’est l’impunité qui protège les élites corrompues", explique-t-il à franceinfo Afrique.

"Une escroquerie à grande échelle qui discrédite les Etats"

En plus de sa casquette de diplomate, Ahmedou Ould Abdallah est membre fondateur de Transparency International. Il siège encore aujourd'hui au sein de son conseil d’administration. Cette organisation non gouvernementale a pour vocation principale la lutte contre la corruption à travers le monde. Tous les rapports publiés ces dernières années font le même constat : les élites opèrent de véritables hold-up sur les ressources du pays. Ahmedou Ould Abdallah dénonce une escroquerie à grande échelle qui discrédite et tribalise les Etats.

"Un petit groupe, un petit clan contrôle l’économie d’un pays et se met au-dessus de la loi. Ce phénomène d’oligarchie se développe avec arrogance. Ces oligarchies ruinent nos pays et se drapent dans la souveraineté nationale pour ne pas rendre compte à leurs propres populations. Ce fléau explique certains sujets brûlants actuels comme les guerres civiles et l’immigration", observe Ahmedou Ould Abdallah. Et il tient à préciser qu’il ne parle pas ici de la corruption du petit douanier ou du petit policier au coin de la rue, qui n'est que le résultat de la grande corruption des élites dirigeantes jouissant d’une scandaleuse impunité. 

Pour s'attaquer à la corruption, il faut une presse libre, une police libre et une justice indépendante. Aucune de ces trois conditions n'est remplie en Afrique. La justice est entre les mains d'un groupe oligarchiqueAhmedou Ould Abdallah, ancien chef de la diplomatie mauritanienneà franceinfo Afrique

 

Ahmedou Ould Abdallah est président du Centre pour la Stratégie et la Sécurité dans le Sahel Sahara (Centre4S) basé à Nouakchott, en Mauritanie.

Ahmedou Ould Abdallah est président du Centre pour la Stratégie et la Sécurité dans le Sahel Sahara (Centre4S) basé à Nouakchott, en Mauritanie. (Photo AFP/ Yoshikazu Tsuno)

 

 

Ainsi, des dizaines de milliards de dollars s’évaporent chaque année sur le continent, sans que personne ne lève le petit doigt. "En Europe de l’Ouest, lorsque les dirigeants sont accusés de corruption, c’est la fin de leur carrière. Ça provoque immédiatement un scandale et les responsables se retrouvent derrière les barreaux. La tragédie dans nos pays, c’est l‘impunité et l’arrogance de ceux qui sont corrompus", se désole l'ancien haut fonctionnaire de l'ONU.

Et les multinationales dans tout ça ? Ne sont-t-elles pas complices de ce fléau qui pénalise les populations africaines ? Ahmed Ould Abdallah balaye l’argument qui veut qu’il n’y a pas de corruption sans corrupteur. "Mais pourquoi vous l’acceptez ? Pourquoi à Singapour on ne l’accepte pas ? Pourquoi on le refuse de plus en plus en Malaisie ? Si quelqu’un vous donne un million de dollars pour sauter du haut de la tour Eiffel, allez-vous le faire ?", interroge-t-il.

"La corruption justifie le terrorisme et le radicalisme"

Depuis Nouakchott, en Mauritanie, où il s’est installé, Ahmedou Ould Abdallah mène ses recherches sur les enjeux globaux de la paix et de la sécurité en Afrique. Pour lui, la corruption rampante des élites africaines constitue aujourd’hui la plus grande menace sur la paix et la sécurité qui justifie le terrorisme et le radicalisme dans la société africaine.

 "Il faut que cessent les pillages arrogants et systématiques de nos pays. Des contrats distribués en une journée, sans appels d’offres, qui se concluent par la cession de vastes concessions minières, pétrolières, agricoles et j’en passe. C’est une véritable tragédie."  

La corruption ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique, reconnaît-il. C’est un combat de longue haleine, un combat de toute une vie, auquel tous les citoyens et la société civile africaine doivent être sensibilisés, explique-t-il à franceinfo Afrique.

https://mobile.francetvinfo.fr/monde/afrique/economie-africaine/la-corruption-des-elites-africaines-un-cancer-qui-tue-les-institutions-et-les-peuples_3431203.html?fbclid=IwAR0wB6xiM_gQHjZcPh4jYE98DzPkcB9Jl7diVGRhsEx8YhSkgFFxw1WBI8U#xtor=CS2-765&xtref=http://m.facebook.com/


 

GHANA - SAMIA NKRUMAH : "LE 21e SIECLE EST CELUI DE L'UNIFICATION DE L'AFRIQUE"

Ghana - Samia Nkrumah : « Le XXIe siècle est celui de l'unification de l'Afrique » - Page 2

ENTRETIEN. En digne fille de Kwame Nkrumah, père de l'indépendance du Ghana, Samia Nkrumah invite à revenir aux fondamentaux du panafricanisme au moment où l'Afrique s'apprête à lancer son marché commun. - Page 2

Propos recueillis à Addis-Abeba par  (avec ANA)

Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

 

image: https://www.lepoint.fr/images/2018/07/12/15654150lpaw-15761716-article-jpg_6335669_660x281.jpg

Sur les pas de son illustre pere, Samia Nkrumah a lance des initiatives dans le sens de l'unite du continent africain, seul rempart possible contre le neocolonialisme selon elle.

Sur les pas de son illustre père, Samia Nkrumah a lancé des initiatives dans le sens de l'unité du continent africain, seul rempart possible contre le néocolonialisme selon elle. © Fabio Toschi

 

Comment définissez-vous cette collaboration ?

Elle est politique. Donc sans aucun objectif commun, aucune unité politique. Cela va nous prendra un long moment pour réussir une intégration économique. Nous nous querellerons sur des détails. Nous devons avoir une vue générale, pour commencer.

Pensez-vous qu'il revient au secteur privé, à la société civile de faire ce que les politiques n'ont pu, voire ne veulent pas faire, l'unification ?

Bonne question... C'est le moment pour les peuples, le moment pour la détermination populaire, les jeunes. Ce n'est pas une question de secteur privé, ce sont les peuples dans leur ensemble, avec tout ce qui constitue leur force, et en premier lieu les jeunes. C'est dans l'intérêt de tout le monde. Vous voyez, comment pouvons-nous augmenter le niveau de vie de chaque Africain si nous n'utilisons pas les produits de nos voisins ? Nous avons des produits de valeur sur le continent, mais on préfère échanger avec l'étranger. Pouvez-vous imaginer si nous échangions avec nos voisins, entre nous, seul le ciel serait notre limite. Cette unité est pour les peuples, ce n'est pas pour un petit nombre. C'est pour la majorité des Africains. Donc, une fois que les peuples sont sensibilités à l'intérêt de l'unité, s'ils comprennent que c'est la seule façon d'utiliser nos ressources, je pense qu'ils la soutiendront. Ils mettront alors la pression sur leurs leaders afin de faire ce qui est nécessaire. Je pense que le temps est arrivé.

 

 

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 La république du Ghana, anciennement la Gold Coast (Côte-de-l’Or) fut le premier pays africain à accéder à l'indépendance, en 1957, après un régime colonial d'environ quatre-vingts ans. ©  AFP archives

La république du Ghana, anciennement la Gold Coast (Côte-de-l’Or) fut le premier pays africain à accéder à l'indépendance, en 1957, après un régime colonial d'environ quatre-vingts ans. © AFP archives

 

 

Pensez-vous que le temps est propice pour l'unification avec l'arrivée au pouvoir de leaders qui s'affichent comme panafricanistes ?

Je ne peux pas dire que nos leaders d'aujourd'hui vont vers l'unité d'une façon pratique. Après 50 ans, quelle position sur l'unité avons-nous prise ? Je veux dire concrètement. Nous n'avons pas fait assez de progrès. Mais ce que je perçois, c'est que les peuples sont prêts. Comment je le sais ? Parce que nous avons essayé différentes mesures, certains pays comme nous, le Ghana, ont instauré les règles constitutionnelles, la démocratie, le multipartisme, les élections, la paix, la stabilité, mais les problèmes économiques sont les mêmes. La majorité de nos peuples souffre. Les gens votent tous les trois ans, mais rien de concret ne change. Ceci doit nous amener à comprendre qu'il doit y avoir une autre solution. Vous voyez la démocratie seule ne suffit pas parce que nos économies sont très petites. On n'est pas viable. Pourquoi ne cherchons-nous pas cette solution originelle que nous n'avons jamais essayée : l'unification. Ça pourrait résoudre nos problèmes économiques. Nous n'étions pas faits pour être de petits pays. Sommes-nous ceux qui ont dessiné les frontières pour nos économies ? Non !

Nous ne les avons pas dessinées. Donc, comment peut-on nous attacher à quelque chose que les colonisateurs nous ont imposé ? Maintenant que nous sommes libres politiquement, nous devons au moins décider de la prochaine étape. Est-ce qu'il sera question d'une nation africaine ou allons-nous continuer de souffrir individuellement ? Donc, je pense que les peuples avec l'éducation, une bonne sensibilisation, vont prendre leur responsabilité et forcer les leaders à avancer dans cette direction. C'est le lien qui manque et je pense que nous l'avons compris, les jeunes, les femmes doivent se sentir concernés, les femmes en particulier parce que vous savez quand nous regardons notre histoire, quand il y a un grand changement, une révolution comme une lutte pour l'indépendance, les femmes sont toujours en première ligne. Les femmes représentent la base. Si les femmes s'impliquent, il n'y a pas de raison qu'on ne fasse pas de progrès. Si les femmes soutiennent l'unification africaine, il n'y a pas de raison qu'on n'aille pas de l'avant.

Paul Kagame a un programme très ambitieux pour l'Union africaine, pensez-vous que cela soit la meilleure voie ?

Le programme est ambitieux, mais si on ne résout pas les questions difficiles de l'unité politique, je ne vois pas comment nous pouvons faire des progrès. Mais en ce qui concerne la planification économique et l'intégration, une stratégie politique commune est le préalable.

Pour vous, la question est politique ?

Évidemment, ça oriente tout ce que nous faisons. C'est la détermination populaire qui va décider. C'est là où résident nos espoirs. C'est un devoir historique tout comme l'indépendance l'était. Si le XXe siècle a été celui des Indépendances, le XXIe siècle doit être celui de l'unification de l'Afrique. Nous le devons à nos pères ainsi qu'à nos enfants.