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NATHALIE YAMB : LA TEMPLIERE ANTI FRANCAFRIQUE REJETÉE PAR LES AUTORITÉS IVOIRIENNES

Nathalie Yamb : la templière anti Françafrique rejetée par les autorités ivoiriennes

Nathalie Yamb : la templière anti Françafrique rejetée par les autorités ivoiriennes

(Ecofin Hebdo) - Interdite de séjour en France, l’activiste Nathalie Yamb vient d’être expulsée de Côte d’Ivoire suite à des propos très virulents à l’égard de la France. Celle qui a longtemps géré la communication du légendaire ancien Chef d’Etat ghanéen Jerry Rawlings, est devenue le nouveau visage du combat contre la Françafrique.

Depuis le 02 décembre dernier, Nathalie Yamb a été expulsée de Côte d’Ivoire. Devenue une véritable célébrité après un discours enflammé à Sotchi, lors du sommet Russie-Afrique, la conseillère exécutive du candidat aux présidentielles ivoiriennes, Mamadou Koulibaly, est devenue la nouvelle icône d’une certaine lutte contre la Françafrique.

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Expulsée, Nathalie Yamb reste en contact avec les militants.

 

Presque inconnue du grand public, il y a quelques semaines, la Suisse d’origine camerounaise n’arrête pas de provoquer des migraines chez les autorités ivoiriennes, mais également chez les diplomates français dans une période où le sentiment anti-français semble de plus en plus fort. Taxée d’agitatrice par les autorités ivoiriennes, blacklistée par les autorités françaises et de plus en plus adulée par une frange « révolutionnaire » du continent, Nathalie Yamb intrigue.

Taxée d’agitatrice par les autorités ivoiriennes, blacklistée par les autorités françaises et de plus en plus adulée par une frange « révolutionnaire » du continent, Nathalie Yamb intrigue.

Pourtant, celle que la Côte d’Ivoire expulse n’en est pas à son coup d’essai. En effet, cela fait plusieurs années maintenant que Nathalie Yamb essaie d’être le pied dans la fourmilière.

 

Un mystère nommé Nathalie Yamb

Alors que son nom a été cité des centaines de fois sur internet ces derniers jours, Nathalie Yamb n’est pas exactement une personne qu’on peut qualifier de publique. Pour s’en rendre compte, il suffit de rechercher son parcours. L’entreprise est ardue, surtout depuis que Wikipédia a décidé de supprimer sa biographie. On se retrouve à glaner çà et là des morceaux d’histoires qui, s’ils semblent dessiner un profil, laissent finalement un profond sentiment d’insatisfaction quand, au final, la Suisse d’origine camerounaise semble vous glisser entre les doigts. Certains éléments biographiques sont toutefois accessibles. Sur le site internet du parti Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), on retrouve une année de naissance, 1969.

Effectivement, Nathalie Yamb est née le 22 juillet 1969 à Gränichen, une commune du canton d’Argovie en Suisse ; le pays de sa mère. Son père, quant à lui est camerounais.

La biographie fournie par le site du Lider donne également une idée, assez vague, de son parcours. Nathalie Yamb serait journaliste et politologue de formation, mais également consultante en stratégie, communication et ressources humaines. C’est ce dernier volet de ses compétences qui la fait venir en Côte d’Ivoire. Avant cela, en 2005, elle travaille comme responsable des ressources humaines et de la communication pour la filiale camerounaise de l’armateur Maersk.

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Nathalie Yamb est née le 22 juillet 1969 à Gränichen, une commune du canton d’Argovie en Suisse, le pays de sa mère.

 

Quelques mois plus tard, elle dirige, au Nigeria, le service emploi et formation d’APM Terminals, une filiale de Maersk. C’est en janvier 2007 qu’elle arrive en Côte d’Ivoire pour occuper le poste de directrice générale des ressources humaines pour la filiale locale de l’opérateur de télécommunications MTN.

C’est en janvier 2007 qu’elle arrive en Côte d’Ivoire pour occuper le poste de directrice générale des ressources humaines pour la filiale locale de l’opérateur de télécommunications MTN.

De 2009 à 2014, elle supervise le développement des compétences de l’opérateur télécom en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale avant de devenir porte-parole de l’ancien Chef d’Etat ghanéen Jerry Rawlings, puis conseillère exécutive de la mairie d’Azaguie, en Côte d’Ivoire.

Si, d’après sa biographie, adhère au Lider en 2011, son engagement politique, et notamment auprès de ce parti et de son chef Mamadou Koulibaly, date de 2007.

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Nathalie Yamb : « L’Afrique francophone est encore, en octobre 2019, sous le contrôle de la France »

 

A cette époque, alors qu’il est proche de Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly, sera accusé de disidence. La faute à une tribune signée Mahalia Nteby, une anagramme de Natalie Yamb. Le texte est sec, cinglant et surtout inédit par son contenu. « La loyauté à la République n’implique en aucune façon le devoir de faire inconditionnellement allégeance à Laurent Gbagbo, n’en déplaise à l’occupant du palais du Plateau. Les tendances monarchiques du président sont dangereuses. »

« La loyauté à la République n’implique en aucune façon le devoir de faire inconditionnellement allégeance à Laurent Gbagbo, n’en déplaise à l’occupant du palais du Plateau. Les tendances monarchiques du président sont dangereuses. »

La Côte d’Ivoire ne le sait pas encore, mais elle vient de faire la connaissance de Nathalie Yamb. Cette dernière crée le « Blog de Saoti » pour dénoncer les errements du gouvernement d’Alassane Ouattara. Après son adhésion au Lider, Mahalia Nteby/Nathalie Yamb devient l’une des activistes politiques les plus critiques en Côte d’Ivoire. Au fil des années, ses prises de positions dépassent le cadre de la politique ivoirienne pour s’attaquer à l’autodétermination africaine.

Une épine dans le pied de la diplomatie française

Selon de nombreux médias, Nathalie Yamb est fichée « S » par les services de renseignement français. En d’autres mots, la camerounaise d’origine Suisse serait considérée comme susceptible de porter atteinte à l’ordre public en France. Si cette information n’est pas confirmée, la conseillère du Lider est effectivement interdite de voyage en France. La faute à des sorties plutôt acerbes contres des personnalités comme Sibeth Ndiaye, la porte-parole du président français, mais surtout à un discours prononcé le 24 octobre dernier lors du récent sommet Russie-Afrique. « Parler d’identité africaine est une chose aisée, car l’identité et les valeurs des Africains ne sont pas différentes de celles du reste de l’humanité : nous avons les mêmes sentiments de solidarité, de compassion, et les mêmes aspirations à la liberté, à la propriété, à la dignité, à la justice. Pourtant, force est de constater qu’après l’esclavage, la colonisation, les pseudo-indépendances, on ne nous a reconnu que le droit d’être libres, mais seulement au sein de l’enclos français. L’Afrique francophone est encore, en octobre 2019, sous le contrôle de la France ». Les mots sont acérés et leur effet est immédiat.

Les représentants français présents ne peuvent rien au déferlement qui suivra, car Nathalie Yamb ne se gênera pas pour remuer le couteau dans la plaie. Morceaux choisis. « Nous voulons sortir du franc CFA, que Paris, avec la complicité de ses laquais africains, veut pérenniser sous la nouvelle appellation « eco » et qui ne permet aucune industrialisation de l’Afrique francophone. La conquête de notre souveraineté monétaire est capitale, car la seule stabilité que le franc cfa garantit aux pays qui l’utilisent, est celle de la mauvaise gouvernance, de la pauvreté et de la corruption. » « Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises, qui sous le couvert d’accords de défense bidon, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rebellions, l’entrainement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats. Nous refusons que la France continue d’usurper la voix de l’Afrique au sein de l’Onu, qu’elle soit à la base de quasiment toutes les résolutions concernant le continent.»

« Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises, qui sous le couvert d’accords de défense bidon, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rebellions, l’entrainement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats.»

Le discours, fortement applaudi, fera le tour du monde, au grand dam de la diplomatie française qui tentera de répondre à Nathalie Yamb sur les réseaux sociaux. Quelques heures après le discours, la conseillère du Lider est une véritable star. Repris dans les médias et sur les réseaux sociaux, son discours trouve un écho chez des Africains dont les derniers mois ont été marqués par les exhortations d’influenceurs comme Kemi Seba à abandonner le franc CFA et à tourner le dos à la Françafrique.

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A Sotchi, en Russie avec l’activiste français Kemi Seba.

 

« Le franc CFA ne permet aucune industrialisation véritable. On ne pourra pas se développer tant qu’on aura le franc CFA. Le Ghana voisin, qui a sa propre monnaie, est plus compétitif que la Côte d’Ivoire car sa banque centrale peut décider de baisser ou de monter la valeur du Cedi dans un souci de compétitivité », soutient Nathalie Yamb.

La conseillère du Lider n’a pas peur d’afficher son idéologie révolutionnaire et assure ne pas craindre les représailles. « Pour qu’une révolution réussisse, il est bien que les révolutionnaires restent en vie. Ceci étant, il y a longtemps que j’ai surmonté ma peur. On ne peut pas s’engager dans un combat de libération en pensant qu’il n’y aura pas un prix à payer. Les assassinats comme ceux de Thomas Sankara, les empoisonnements existent encore, mais on est au XXIe siècle, les méthodes ont évolué. Même si ça peut arriver, cela ne sera pas aussi facile d’éliminer un Mamadou Koulibaly ou une Nathalie Yamb. Quand on a peur, l’oppresseur n’a plus besoin de tricher, il peut faire ce qu’il veut. Mais lorsqu’on surmonte sa peur, on est libéré, on fait ce qu’on peut faire, puis d’autres viendront prendre le relais », déclare la native de Gränichen. Suisse, mais pas neutre, la camerounaise va assumer ses propos au point d’en devenir gênante.

« Pour qu’une révolution réussisse, il est bien que les révolutionnaires restent en vie. Ceci étant, il y a longtemps que j’ai surmonté ma peur. On ne peut pas s’engager dans un combat de libération en pensant qu’il n’y aura pas un prix à payer.»

Les autorités ivoiriennes finiront par l’expulser pour « activité incompatible avec l’intérêt national », achevant de faire de Nathalie Yamb un symbole d’autodétermination à l’échelle africaine. En Côte d’Ivoire, son parti s’en servira certainement comme argument lors des prochaines élections présidentielles. « L’histoire retiendra que Alasssane Ouattara, qui a fait sa carrière sur des accusations de xénophobie à son égard, est lui-même un xénophobe. Rien n’interdit à un étranger de faire de la politique. Il est simplement interdit d’être président d’une formation politique », a déclaré Mamadou Koulibaly.

Toutefois, si le parler dru de Nathalie Yamb peut impressionner, il lui reste encore à maitriser sa fougue pour rester audible et séduire au-delà d’un cercle de militants radicaux. Sa récente déclaration à propos de « De Gaule, pire qu’Hilter » semble davantage relever de l’injure que de l’argument politique.

A l’échelle africaine, si elle sait éviter cette fuite en avant, c’est peut-être le début d’une ascension pour Nathalie Yamb. « Je prends cela avec beaucoup d’humilité. C’est un honneur et une grosse responsabilité quand on voit toutes ces attentes et qu’on se rend compte qu’on incarne subitement l’espoir de peuples africains. Je n’ai pas envie que mon discours reste seulement un discours. J’entends bien œuvrer à sa concrétisation », assure la conseillère du Lider.

Servan Ahougnon

 servan ahougnon

https://www.agenceecofin.com/grand-format/0612-71869-nathalie-yamb-la-templiere-anti-francafrique-rejetee-par-les-autorites-ivoiriennes?utm_source=newsletter_11483&utm_medium=email&utm_campaign=ecofin-hebdo-n-105-semaine-du-06-au-13-decembre-2019

https://tsimokagasikara.wordpress.com/2019/12/09/nathalie-yamb-la-templiere-anti-francafrique-rejetee-par-les-autorites-ivoiriennes-ecofin/


 

HOMMAGE A AMATH DANSOKHO : UNE VIE D'ENGAGEMENT AU SERVICE DE LA LIBERTÉ ET DU PROGRÈS AU SENEGAL ET POUR L'AFRIQUE

HOMMAGE A AMATH DANSOKHO

Une vie d'engagement au service de la liberté et du progrès au Sénégal et pour l'Afrique

Notre ami et camarade Amath Dansokho nous a quittés. Fondateur du Parti de l'Indépendance et du Travail du Sénégal, plusieurs fois ministre, acteur majeur des luttes pour l'émancipation des peuples du continent, ses combats sont d'une grande actualité. Il nous a transmis un message de lutte et d'espoir qu'il faudra poursuivre.

En présence de Samba Sy, ministre du travail du Sénégal et secrétaire général du PIT, Pierre Laurent, Sénateur de Paris, président du Conseil national du PCF, Alain Obadia, président de la Fondation Gabriel Péri, Christian Picquet, membre du Comité exécutif national du PCF, Lydia Samarbakhsh, membre du CEN et responsable des Relations internationales, et de nombreuses personnalités, artistes et représentants d'organisations politiques, syndicales ou sociales, nous serons honorés de votre présence, jeudi 19 décembre 2019, à 19h au siège du PCF, place du Colonel Fabien à Paris.

INSCRIPTION EN LIGNE

 

source : lettre électronique PCF international


 

JEAN-JACQUES LUMUMBA : "NI LA FRANCE, NI LA RUSSIE, NI LA BELGIQUE N’ÉCRIRONT L'HISTOIRE" DE LA RDC

Des enfants en RDC, image d'illustration

«Ni la France, ni la Russie, ni la Belgique n’écriront l’histoire» de la RDC

© AFP 2019 ALEXIS HUGUET

AFRIQUE

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Jean-Jacques Lumumba, cet acteur de la lutte contre la corruption et petit-neveu du célèbre homme politique congolais, explique à Sputnik, que ce n’est ni la France, ni la Russie, mais la RDC la première responsable de la situation actuelle et des problèmes que connaît le pays qui est d’ailleurs, souligne-t-il, l’un des plus riches au monde.

Entre la Russie et la France?

D’un côté, plusieurs accords économiques signés entre Moscou et Kinshasa lors du sommet Russie-Afrique qu’a accueilli en octobre dernier la ville de Sotchi, de l’autre des aides promises par l’Occident, notamment celle à hauteur de 65 millions d’euros annoncée en novembre 2019 par Emmanuel Macron.

 

Ilyas Moussa Dawaleh

© SPUTNIK .

Un ministre de Djibouti invite les Russes à investir dans le pays

Prié de commenter cette équation, Jean-Jacques Lumumba, petit-neveu du fameux tout premier chef de gouvernement de la République démocratique du Congo, engagé aujourd’hui dans la lutte contre la corruption, rappelle dans son entretien à Sputnik que la RDC est un pays géostratégique et extrêmement riche et qu’il ne faut pas s’étonner de l’intérêt affiché par d’autres pays à son encontre.

 

«Il ne faut pas oublier qu’à chaque fois, les intérêts internationaux, de la Russie, de la France, des États-Unis, les intérêts ne sont pas convergents. En ce qui concerne le Congo, je [veux] dire qu’entre pays, il n’y a pas d’amour, il n’y a pas d’amitié, il n’y a que des intérêts. Si la France vient au chevet du Congo, ce n’est pas pour le bonheur des Congolais, ce n’est pas pour l’intérêt des Congolais. C’est d’abord pour l’intérêt de la France. […] De même que la Russie ne viendra au Congo que pour faire ou tirer des dividendes», explique-t-il.

Et d’ajouter que, si le Congo tente de se rapprocher de la Russie et que la France derrière veut intervenir pour pouvoir plus se rapprocher du Congo que de la Russie, «c’est tout à fait normal parce que la France voudrait avoir un œil sur le Congo beaucoup plus important que ce que la Russie voudrait avoir».

Commentant le sommet de Sotchi, il avoue s’être réjoui de cet événement qui ouvre à ses yeux «une nouvelle ère économique». Il estime que la Russie, pays qui s’est illustré dans diverses coopérations militaires, ne s’est pas souvent présentée comme un partenaire économique des États africains. Donc, il y voit aujourd’hui «une opportunité qu’il faudrait saisir».

Paradoxe congolais

Insistant sur le fait que son pays est l’un des plus riches du monde, il rappelle que sa population vit «paradoxalement» dans la plus grande pauvreté. Il souligne que c’est aux autorités du pays et aux citoyens de résoudre ce problème.

«Ce n’est pas l’affaire de la France, ce n’est pas l’affaire de la Russie, ce n’est pas l’affaire des États-Unis, c’est notre affaire à nous-mêmes. Aujourd’hui, le problème que nous connaissons, nous l’avons vu à travers les dernières élections qui viennent de se passer, le problème est congolo-congolais. Le problème du Congo, j’insiste, ne vient pas de l’extérieur», souligne l’interlocuteur de l’agence.

Et de poursuivre que si le pays ne change pas, ce ne sera pas de la faute de la France, ni de la faute de la Russie, mais de celle des Congolais.

 

Entraînement militaire au Burkina Faso

© AFP 2019 ISSOUF SANOGO

Après Sotchi, quelle implication de la Russie dans la lutte contre le terrorisme au Sahel?

«Ni la France, ni la Russie, ni la Belgique n’écriront l’histoire de ce pays. Patrice Lumumba l’a dit en 1960. Cette phrase reste d’actualité et restera d’actualité jusqu’à ce que nous la compren[i]ons, et c’est [à] ce moment-là, si nous intériorisons cela et si nous commençons à le pratiquer et si le nouveau leadership arrive au Congo, c’est là que nous parviendrons à développer réellement ce pays».

 

Du responsable de crédits à l’acteur de la lutte contre la corruption

Parlant de son parcours, le petit-neveu du célèbre homme politique explique avoir par le passé travaillé comme responsable du département de crédit dans une banque. C’est là qu’il a remarqué ce qu’il qualifié de transactions louches et douteuses.

«Il se fait que je constate des opérations qui touchent à des millions de dollars qui sont détournés, qui sont blanchis dans l’intérêt de certaines sociétés qui sont très proches de l’ancien Président Joseph Kabila. Et la banque était à l’époque dirigée par son petit frère. Je vais le voir pour lui poser la question, je reçois des menaces de mort, les représailles commencent dans la banque et à un moment donné quand je sens que ma sécurité est menacée, je décide de quitter le pays, et en arrivant en France, les menaces ne faiblissent pas», avoue M.Lumumba.

C’est après cette histoire que lui et ses amis ont décidé de créer un réseau se voulant panafricain pour la lutte contre la corruption.

 

Afrique

CC0 / QUIMONO

«La thèse de la pauvreté et de l’insolvabilité des pays d’Afrique n’est qu’un faux cliché»

Soulignant que ce problème n’est pas qu’africain, mais général, il revient au cas de son pays et explique que la famille de l’ancien Président Kabila était encore il y a quelques année modeste, pour devenir de nos jours l’une des plus importantes du pays:

 

«Ils se sont accaparé tous les contrats, des principaux contrats miniers, des principaux contrats dans beaucoup de secteurs de l’économie et ils se sont enrichis au détriment de la population».

Il souligne donc que lutter contre la corruption, c’est «garantir l’avenir d’une population et laisser la corruption sévir et se développer dans un pays, c’est détruire réellement l’avenir d’un peuple».

Il attire notamment l’attention sur le fait qu’un pays aussi grand et riche que l’est le Congo demande de l’aide à la France et aux États-Unis pour financer son système médical.

«Combien est-ce que la France promet? 71 millions d’euros, est-ce que le Congo avec ce qui se passe rien que dans le dossier du pétrole, rien que dans la redevances pétrolières, est-ce que le Congo manque de 71 millions qui peuvent réellement servir à financer son système médical? Il faut voir combien est-ce que l’argent est détourné, on voit le flux qui est entretenu», conclut-il.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201911271042495702-ni-la-france-ni-la-russie-ni-la-belgique-necriront-lhistoire-de-la-rdc/


 

AFRIQUE : POURQUOI CETTE COURSE DES ARMÉES ÉTRANGÈRES VERS LE NIGER?

Un soldat français près d’une base militaire à Niamey, au Niger@ AFP/12 janvier 2015

Pourquoi cette course des armées étrangères vers le Niger?

© AFP 2019 DOMINIQUE FAGET

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Lutte contre le terrorisme, contrôle des ressources naturelles, encerclement de l’Algérie, prévention contre l’expansion chinoise et russe au Sahel... Le politologue algérien Tewfik Hamel décrypte pour Sputnik la course effrénée des implantations militaires étrangères au Niger depuis deux ans. Entretien.

Le Niger a de plus en plus de mal à repousser les attaques terroristes. Menacé sur ses frontières est, ouest et sud, le gouvernement avait même décidé en juin dernier de reconduire l’état d’urgence dans les régions de Diffa (sud-est), Tillabéry et Tahoua (ouest). De même, au nord-est, depuis la chute du régime de Mouammar Khadafi en 2011, cette zone frontalière avec la Libye est particulièrement à risque.

Pourtant, dans ce pays sahélien de 21 millions d’habitants, les troupes militaires étrangères se bousculent. Des présences canadienne, italienne et bien sûr, de l’ancienne puissance coloniale, la France, se répartissent sur le territoire. Paris a ainsi inscrit officiellement son retour en 2010 à la suite de la prise d’otages de travailleurs de l'entreprise nucléaire Areva, avant de renforcer sa présence militaire en 2014 avec le déploiement de la force Barkhane dans le Mali voisin, d’où des expéditions militaires sont menées régulièrement contre des djihadistes transfrontaliers.

Par ailleurs, le 30 août dernier, le Président nigérien Mahamadou Issoufou a ratifié avec l’Allemagne un nouvel accord portant sur le renforcement de leur coopération militaire. Les deux pays entretiennent une collaboration de longue date – en 2016, le Niger avait autorisé l’Allemagne à construire une base aérienne à Niamey, dans le sud-ouest du pays, en appui à la Minusma, la mission militaire onusienne qui combat les djihadistes au Mali voisin.

En juin 2019, le Niger et les Émirats Arabes Unis ont ratifié un autre accord concernant l’installation d’une base militaire dans la région d’Agadez (nord-ouest du pays), à 800 km des frontières algériennes. Une zone qui abrite déjà des militaires américains dont la présence fut révélée en octobre 2017 à la suite de l’assassinat de quatre bérets verts. C’est là aussi qu’en 2018 fut lancé l’important chantier de la base aérienne américaine «201», qui sera réceptionnée à l’horizon 2024 et dont le coût a été estimé par le site américain Intercept à 4 milliards de dollars.

Paradoxalement, la multiplication des présences militaires internationales et régionales n’ont en rien réduit les actes de violence dans ce pays. Selon le dernier rapport des Nations unies, 179 personnes ont été enlevées dans la région de Diffa (sud-est) depuis janvier 2019, dont au moins 66 pour le seul mois de juillet, parmi lesquelles 44 femmes! Cette situation critique a poussé l’ONG internationale Médecins sans frontières à annoncer en août dernier son retrait du Niger pour «des raisons sécuritaires» (excepté dans la région de Diffa).

Un millier de Nigériens, essentiellement des étudiants, ont d’ailleurs manifesté en mai dernier à Niamey pour exiger le départ des forces étrangères, accusées «d'inertie face aux attaques djihadistes meurtrières», notamment des troupes françaises, américaines et allemandes stationnées dans le pays. Comment l’expliquer?

 

Soldats US

© AP PHOTO / MINDAUGAS KULBIS

L’Afrique, et en particulier l’Algérie, seraient dans le viseur de l’armée américaine

Pour répondre à cette question, Sputnik s’est entretenu avec Tewfik Hamel, chercheur en histoire militaire & études de défense à l’université Paul Valéry de Montpellier (sud de la France). Il apporte des éléments de réponse sur le pourquoi de ces multiples installations de bases militaires au Niger, les raisons réelles de leur implantation et les enjeux économiques et géostratégiques pour ce pays du Sahel.

 

Sputnik: Le gouvernement américain a annoncé le 23 juillet dernier qu’il avait décidé de renforcer la base militaire d’Agadez par le déploiement effectif de drones et un investissement de 280 millions de dollars pour son élargissement. Qu’est-ce qui justifie ce renforcement de la présence américaine au Niger?

Tewfik Hamel: «La présence militaire américaine au Niger, comme dans le reste de l’Afrique, s’inscrit dans le cadre de la "stratégie du nénuphar". La pierre angulaire de cette stratégie consiste à rechercher des accords militaires bilatéraux avec de nombreux pays en développement et de disposer ainsi de l’accès à différents types de bases offrant le maximum de flexibilité pour mener des opérations militaires. Sa logique est simple: démultiplier les endroits à partir desquels des opérations peuvent être menées et cela, quelle que soit la situation. Le Pentagone a besoin d’être en mesure de déplacer rapidement ses forces dans et à travers les théâtres d’opération, les points pivots stratégiques et les régions éloignées.

Il conviendrait de préciser ici que les États-Unis cherchent à étendre une présence non permanente en développant un réseau d’installations appelé CSL (Cooperative Security Locations). Il s’agit de sites de matériels prépositionnés et d’accords de facilité d’accès. Ces CSL n’hébergent pas les forces américaines de façon permanente et peuvent être élargis en fonction des besoins. Ils fournissent en revanche un accès d’urgence et servent de points pour les activités de coopération de sécurité. Ils permettent aussi aux forces américaines de s'entraîner avec des alliés locaux, tout en déstockant et en prépositionnement des matériels.»

Sputnik: À l’image de la base des drones du Niger, les États-Unis ont-ils ainsi changé leur approche d’implantation militaire? 

Tewfik Hamel: «Une douzaine de bases aériennes de ce type ont été établies en Afrique depuis 2007, date de la création d’Africom. Toutefois, ce qui différencie l’Amérique d’aujourd’hui de celle des années 1990, c’est que la projection de ses forces ne relève plus d’un désir inextinguible d'expansion territoriale mais d’une quête de petits sites nécessaires pour asseoir sa puissance impériale. Le temps de réaction, et non la taille, est la nouvelle métrique.

Aujourd’hui, la puissance américaine a besoin de sites de lancement et de récupération pour ses F-15 et ses drones. Le Pentagone a d’ailleurs mis en place des bases de drones au Qatar, aux Émirats arabes unis, au Niger, en Éthiopie, à Djibouti, aux Seychelles, etc. L'empire américain d'aujourd'hui n'a pas tant besoin de vastes territoires, de colonies dépendantes ou de gouvernements fantoches. Au contraire, il lui faut des lieux pour que ses soldats puissent dormir la nuit et du tarmac pour garer ses avions de guerre.» 

Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

Pourquoi quatre soldats américains sont-ils morts au Niger?

 

Sputnik: Après l’Érythrée, la Somalie et la Libye, les Émirats Arabes Unis ont entériné en juin dernier leur présence au Niger par la signature d’un accord pour l’installation d’une base militaire. Quelle lecture faites-vous de cette entrée des pays du Golfe dans le Sahel?

Tewfik Hamel: «Pour moi, il s’agit avant tout d’un arrangement politique de premier plan qui a des conséquences bilatérales, internationales, culturelles et économiques. Ainsi, il semble que l’objectif immédiat des Émirats arabes unis, c’est la Libye. S’installer au nord du Niger pour ces pays, c’est être en mesure de soutenir massivement et plus facilement leur allié, le maréchal Khalifa Haftar qui dirige l’Armée nationale libyenne (ANL) depuis Benghazi et qui cherche à étendre son emprise sur tout le territoire libyen. La conséquence immédiate en est une exacerbation de la rivalité entre l’axe Émirats arabes unis/Arabie Saoudite/Egypte et l’axe Turquie/Qatar qui, lui, soutient le gouvernement d’union nationale sis à Tripoli et dirigé par Fayez el-Sarraj, le seul reconnu par la communauté internationale.»

Sputnik: Mais n’y a-t-il pas d’autres ambitions émiraties pour d’autres pays du Maghreb et du Sahel?

Tewfik Hamel: «Les objectifs de la politique étrangère sont toujours multidimensionnels. C’est pourquoi l’évolution de la situation en Tunisie et en Algérie vers des systèmes démocratiques stables ne sert pas les intérêts et la vision des Émirats arabes unis. Déjà, les pays du Maghreb partagent peu de choses avec les pays du Golfe. Le déploiement émirati au Niger s’inscrit dans un contexte plus large marqué par la désintégration du système régional arabe et le renouvellement des anciennes alliances dans un environnement régional incertain où l’ennemi devient l’allié ou l’inverse.

Les Émirats arabes unis cherchent donc à se positionner de manière à être en mesure de façonner l’environnement régional. Cette nouvelle base au Niger pourrait de fait devenir un atout dans ses rapports avec les États-Unis et la France, par exemple. Elle pourrait répondre aussi au besoin de soutenir la stratégie américaine.» 

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CC0 / PIXABAY/3DMAN_EU

Les forces étrangères déployées au Sahel pourraient avoir des «intentions malhonnêtes»

 

Sputnik: L’Allemagne vient de ratifier un nouvel accord de renforcement de sa présence militaire dans un pays qui connaît depuis 2010 une forte présence militaire étrangère. Pourquoi cette course des troupes occidentales vers le Niger?

Tewfik Hamel: «Cette présence militaire s’inscrit dans une ruée vers l’Afrique des puissances occidentales. Il ne s’agit pas uniquement de combattre le terrorisme et de s’assurer l’accès aux ressources naturelles, mais aussi de saper les stratégies d’implantation de la Chine et de la Russie sur le continent.

L’Allemagne en particulier, qui a annoncé en octobre 2016 le lancement de la construction d’une base de transport aérien à Niamey, en appui à la mission de la Minusma, a débloqué en octobre 2017 la somme de 27 millions d’euros pour aider le Niger sur le plan militaire. Aujourd’hui, nous assistons à un renforcement de cette présence allemande à la suite de la ratification en août dernier d’un accord concernant la formation, le conseil et l’équipement des forces armées nigériennes, ainsi que la mise en place des infrastructures pour les soutenir.»

 

Mali: la France et le G5-Sahel dans le piège des tensions interethniques

© AFP 2019 LUDOVIC MARIN

Mali: la France et le G5 Sahel dans le piège des tensions interethniques

Sputnik: La force G5 Sahel, lancée en 2014 à l’initiative de la France et dont les activités englobent le Niger, vient-elle en appui des puissances mentionnées ci-dessus ou bien constitue-t-elle une force rivale?

 

Tewfik Hamel: «Le G5 est seulement un élément de la stratégie de la France en Afrique. Il n’est en fait qu’une mise à jour de vieilles techniques impériales, associées aux tactiques de contre-insurrection. Il y a eu un énorme effort de marketing pour vendre le G5 au public. Une campagne de propagande a été remarquablement bien organisée grâce à des articles non critiques célébrant l’organisation comme un moyen de pacification et de parvenir à la victoire. Le G5 n’a aucun sens si l’objectif de la France est de contribuer à l’édification d’États démocratiques libéraux au Sahel.

Avant la montée des idéaux démocratiques, la terreur servait de moyen pour réprimer les soulèvements contre le colonisateur. La terreur reste une tactique séduisante, mais à l'époque moderne, le massacre occasionnel n’est plus du tout compatible avec l'humanisme démocratique. Par conséquent, il faut concevoir un ensemble de stratégies qui associent la force, la persuasion et la clémence. Le G5 en est l’incarnation.»

 

Madama, Niger

CC BY-SA 4.0 / DIRKBW

Une base française au Niger mise «en sommeil», l’armée se concentre sur le Mali

Sputnik: Voulez-vous dire que la France, qui est l’ancienne puissance coloniale et possède quatre bases militaires au Niger, a perdu sa mainmise sur ce pays?

 

Tewfik Hamel: «La France reste une puissance très influente au Niger. Certes, il y de nouveaux acteurs avec lesquels Paris doit composer – notamment les États-Unis, la Chine, la Russie –, mais elle garde un réseau d’influence puissant et efficace. La présence militaire française au Sahel participe à cette stratégie. L’engagement de la France en Libye renforce également l’intérêt du Niger. C’est grâce au réseau France-Afrique que Paris a réussi à sauver le G5, qui est un ingrédient d’une tactique plus large consistant à s’appuyer sur des États clients par le biais du renforcement des capacités et des forces de sécurité.

Via le G5, la France cherche à ‘multilatéraliser’ les intervenants pour légitimer sa présence en Afrique, mais aussi à mutualiser les coups de cette force estimée à 400 millions d’euros. Pour ce faire, elle développe des capacités opérationnelles de manière à éviter une intervention à grande échelle, en s’appuyant principalement sur des conseillers et des partenaires pour s’assurer la formation, la fourniture d’armes, etc.»

Sputnik: Pourquoi, selon vous, le Niger suscite-t-il autant l’appétit des puissances militaires étrangères? Quel est le poids géopolitique réel de ce pays?

Tewfik Hamel: «Le Niger dispose d'un sous-sol qui est l'un de plus riches de l'Afrique sub-saharienne. Ses ressources naturelles comprennent l'uranium, le charbon, l'or, le minerai de fer, l'étain, les phosphates, le pétrole, le molybdène, le sel et le gypse. L'exploitation de l'uranium, par exemple, place le Niger au troisième rang mondial avec 70% des exportations du pays, derrière le Canada et l'Australie.

Outre ces raisons économiques, l’implantation au Niger est une stratégie visant l’encerclement de l’Algérie en la privant de sa profondeur sahélienne-africaine. La volonté d’être un électron libre politique fait partie de l’ADN de la personnalité stratégique de l’Algérie. Celle-ci est perçue comme un partenaire incontournable mais difficile – trop récalcitrante pour l’Amérique par exemple. Neutraliser Alger est important dans le grand jeu à venir avec l’engagement de la Russie (avec qui elle développe un partenariat stratégique) et la Chine (qui a exprimé sa participation à la nouvelle route de la soie) en Afrique.»

https://fr.sputniknews.com/afrique/201909191042121587-pourquoi-cette-course-des-armees-etrangeres-vers-le-niger-/


 

ZIMBABWE : HOMMAGE AU RESISTANT MUGABE!

Sat Sep 7, 2019 4:40PM

Zimbabwe : hommage au Résistant Mugabe !

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Zimbabwe : hommage au Résistant Mugabe !

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

  • La Namibie et le Botswana construiront des centrales fournissant 5 GW au cours des 20 prochaines années ;
  • Nigeria : la centrale hydroélectrique de Kashimbila (40 MW) entrera bientôt en service ;
  • Tanzanie : importante hausse des exportations d’or.

 

Les analyses de la rédaction :

Niger : les habitants sont contre le déploiement des bases US

Au Niger, les Nigériens continuent de manifester leur mécontentement quant à la présence massive des militaires occidentaux, mais surtout contre le déploiement des bases américaines dans le pays. Car si ces bases ont été déployées pour telle ou telle raison, les habitants n’en ont même pas été informés. Dans le nord du Niger, une base militaire américaine vient de sortir de terre. Elle sert de port d’attache pour des engins armés destinés à opérer dans le ciel sahélien afin de recueillir du renseignement, de suivre et bombarder d’éventuelles cibles. La population locale voit d’un mauvais œil cette base à laquelle elle n’a été ni préparée ni associée.

Les habitants d’Agadez, grande ville du nord du Niger, n’en ont pas été informés. La nouvelle est d’importance pourtant, et pourrait avoir des conséquences très concrètes pour eux : depuis cet été, l’immense base militaire américaine qui jouxte leur aéroport décrépit, sur laquelle ils ne savent rien ou presque, est officiellement « active ».

Depuis le false flag de Tongo Tongo où quatre militaires américains ont été tués, Washington a officialisé sa présence au Niger. Car avant cela, personne n’était au courant que des militaires américains menaient des opérations militaires sur le sol nigérien. Les bases militaires déployées par les États-Unis sont essentiellement des bases aériennes. Ce qui ne présage rien de bon pour les habitants, car en cas d’attaque des avions US ou même français, les dommages collatéraux sont presque toujours nombreux et ce sont les habitants qui en paient le prix fort.

« Les États-Unis sont apparemment devenus la puissance dominante dans la région du Sahel, où l’agence de renseignement américaine (CIA) a mis en place une base militaire pour ses drones au Niger afin d’assurer une présence solide dans la bande désertique », a déclaré Leslie Farran, spécialiste des affaires africaines.

La création de telles bases n’est pas une « bonne nouvelle » pour le peuple sahélien, car il pourrait réserver aux habitants de cette région le même sort que celui qu’ont connu les peuples afghan et pakistanais, où les victimes civiles sont qualifiées de « pertes collatérales » de la guerre par drones interposés.

D’après Leslie Farran, avec la création de cette base, la CIA dispose maintenant d’un « immense champ d’action » qui s’étend de la Libye, du sud de l’Algérie et du Tchad jusqu’au centre du Mali, du Burkina Faso et du Nigeria et bien au-delà.

Les bases aériennes américaines déployées au Niger sont parmi les plus importantes bases jamais déployées par les États-Unis.

L’une des raisons pour laquelle l’information est cachée à la population nigérienne, c’est parce que l’Occident sait pertinemment que les habitants n’accepteront jamais d’abriter des bases militaires occidentales sur leur sol, surtout si elles doivent servir de base arrière pour attaquer les pays voisins.

Voici d’ailleurs le témoignage d’un Nigérien qui est très explicite sur la manière dont les habitants du Niger voient la présence d’occupation occidentale.

 

Mali : que cache le DDR ?

Au Mali, comment pourrait-on vraiment définir le processus du DDR ? Est-ce qu’une armée occidentale, coloniale, qui occupe le pays depuis pratiquement 7 ans maintenant, qui a détruit les institutions étatiques du pays, et qui a surtout anéanti l’armée nationale, pourrait prétendre maintenant vouloir reformer les forces armées nationales maliennes ? Le DDR cache quelque chose ? Zoom Afrique s’est penché sur une information relayée par certains médias, notamment le site d’information chinois Xinhua : quatre ex-combattants des mouvements armés, qui ont été récemment intégrés dans l’armée malienne, ont été enlevés, puis exécutés alors que 24 autres sont portés disparus depuis mercredi. Le site affirme que l’information vient de certaines sources locales à Hombori, près de Douentza au centre du Mali.

« Ils étaient 34 enlevés par des hommes armés entre Hombori et Douentza. Parmi eux, 4 ont été exécutés. Sur les 30 autres combattants restants, 6 ont pu s’échapper », a précisé un élu local relayé par Xinhua.

Les victimes sont des éléments du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) qui étaient repartis entre deux cars de transports publics en partance pour Gao dans le nord du pays.

Ils faisaient partie des 1 006 ex-combattants des mouvements rebelles, dont la formation militaire a pris fin ce lundi en vue de leur intégration dans l’armée malienne, dans le cadre du processus de désarmement, démobilisation et de réinsertion. Zoom Afrique ne peut pas encore confirmer la véracité de l’information, d’autant plus qu’aucun médias mainstream n’en a récemment parlé.

Cela dit, le processus DDR est supervisé par la France. Cela voudrait dire que ces anciens combattants pourraient très bien devenir des mercenaires à la solde de Paris. Mais au-delà de ça, il serait aussi ­possible que le processus en question remplisse d’autres fonctions comme celle du contre-renseignement. En effet, ces ex-combattants sont une meilleure source d’information pour les services secrets français qui sont sur place afin d’obtenir un maximum d’informations sur leur localisation, leur mode opératoire, leur structure, etc. Ce kidnapping pourrait avoir un lien avec cela. Zoom Afrique reviendra assez vite sur cette information. ­­­­­­

Le domaine d’information reste primordial pour les Occidentaux. ­­­

Récemment, suite à la signature de l’accord militaire entre Bamako et Moscou, la France a utilisé la ­carte estonienne pour obtenir des informations et même avancer ses pions au Mali. Et pour cause, les militaires estoniens sont non seulement mieux placés pour pouvoir donner des informations concernant la pratique russe, mais ils peuvent aussi atténuer les tensions entre la population malienne et les troupes militaires françaises. Les Maliens ne voient pas d’un bon œil la présence massive de ces militaires français qui sont très présents devant les Maliens, mais ne sont jamais là lors des attaques. Beaucoup de Maliens affirment bien que les militaires occidentaux et les auteurs des différents massacres ont un lien.

Depuis l’été 2018, un détachement de 50 soldats estoniens (et un robot THeMIS) a été déployé au Mali, afin d’assurer la surveillance et la protection de la plateforme opérationnelle « Désert » (PfoD) de la force Barkhane. Depuis le mois d’août, les militaires estoniens participent aux différentes opérations aux côtés des forces Barkhane.

Quoi qu’il en soit, les Maliens aspirent à vivre en paix, sans voir constamment des militaires étrangers patrouiller et s’immiscer dans leur vie quotidienne.

 

Zimbabwe : hommage au Résistant Mugabe

Suite au décès de l’ancien président zimbabwéen, Robert Mugabé, considéré comme un grand homme en Afrique, a eu droit aux hommages des différents dirigeants africains. En Afrique du Sud, dont le dirigeant était le premier à s’exprimer, on a salué un « combattant de la libération et un champion de la cause africaine contre le colonialisme ». L’Afrique australe « reconnaissante », les Namibiens expriment « un sentiment profond de gratitude ». Joseph Kabila dit que Mugabé était « un digne fils de l’Afrique ». Au Kenya, on salue un « phare de la libération », en Afrique de l’Ouest, un « militant de l’indépendance ». Le continent africain a perdu un grand Résistant ! 

Mais comment comparer le destin de Mugabe à celui du soudanais el-Béchir ?

Comment en tirer une réflexion globale sur les concepts américano-occidentaux de « dictature » et de « démocratie » en Afrique ?

Quel rôle ont joué les sanctions occidentales dans la sape des régimes zimbabwéen et soudanais ? Analyse du géopoliticien Luc Michel. 

 

 

 

Regardez cette vidéo sur YouTube ! 

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/09/07/605563/Zimbabwe-hommage-au-Rsistant-Mugabe-



 

LA CORRUPTION DES ELITES AFRICAINES : "UN CANCER QUI TUE" LES INSTITUTIONS ET LES PEUPLES

La corruption des élites africaines : "Un cancer qui tue" les institutions et les peuples

Image d\'illustration. La corruption des élites, un fléau qui n\'épargne aucun pays africain, selon le diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah.

Image d'illustration. La corruption des élites, un fléau qui n'épargne aucun pays africain, selon le diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah. (Photo AFP/ Pascal Deloche/Godong)

Par Martin Mateso – Rédaction Afrique – France Télévisions

Mis à jour le  – publié le 

La tragédie de l’Afrique, c’est la "scandaleuse impunité" qui protège ses élites, responsables du pillage systématique des ressources de leurs pays. L’ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah accuse "ces oligarchies" qui ruinent le continent. Il s’est confié à franceinfo Afrique.

"La concentration du pouvoir et des richesses aux mains des élites est un mélange cancérigène devenu de plus en plus une marque dans nos pays." C’est le constat amer d’Ahmedou Ould Abdallah. L’ancien chef de la diplomatie mauritanienne sait de quoi il parle. C’est un bon connaisseur du continent africain qu’il a sillonné pendant plusieurs années en tant que Secrétaire général adjoint de l’ONU.

"La corruption est un véritable cancer qui tue sur le continent africain. C’est vrai qu’il s’agit d’un phénomène international, mais il y a une énorme différence en Afrique. C’est l’impunité qui protège les élites corrompues", explique-t-il à franceinfo Afrique.

"Une escroquerie à grande échelle qui discrédite les Etats"

En plus de sa casquette de diplomate, Ahmedou Ould Abdallah est membre fondateur de Transparency International. Il siège encore aujourd'hui au sein de son conseil d’administration. Cette organisation non gouvernementale a pour vocation principale la lutte contre la corruption à travers le monde. Tous les rapports publiés ces dernières années font le même constat : les élites opèrent de véritables hold-up sur les ressources du pays. Ahmedou Ould Abdallah dénonce une escroquerie à grande échelle qui discrédite et tribalise les Etats.

"Un petit groupe, un petit clan contrôle l’économie d’un pays et se met au-dessus de la loi. Ce phénomène d’oligarchie se développe avec arrogance. Ces oligarchies ruinent nos pays et se drapent dans la souveraineté nationale pour ne pas rendre compte à leurs propres populations. Ce fléau explique certains sujets brûlants actuels comme les guerres civiles et l’immigration", observe Ahmedou Ould Abdallah. Et il tient à préciser qu’il ne parle pas ici de la corruption du petit douanier ou du petit policier au coin de la rue, qui n'est que le résultat de la grande corruption des élites dirigeantes jouissant d’une scandaleuse impunité. 

Pour s'attaquer à la corruption, il faut une presse libre, une police libre et une justice indépendante. Aucune de ces trois conditions n'est remplie en Afrique. La justice est entre les mains d'un groupe oligarchiqueAhmedou Ould Abdallah, ancien chef de la diplomatie mauritanienneà franceinfo Afrique

 

Ahmedou Ould Abdallah est président du Centre pour la Stratégie et la Sécurité dans le Sahel Sahara (Centre4S) basé à Nouakchott, en Mauritanie.

Ahmedou Ould Abdallah est président du Centre pour la Stratégie et la Sécurité dans le Sahel Sahara (Centre4S) basé à Nouakchott, en Mauritanie. (Photo AFP/ Yoshikazu Tsuno)

 

 

Ainsi, des dizaines de milliards de dollars s’évaporent chaque année sur le continent, sans que personne ne lève le petit doigt. "En Europe de l’Ouest, lorsque les dirigeants sont accusés de corruption, c’est la fin de leur carrière. Ça provoque immédiatement un scandale et les responsables se retrouvent derrière les barreaux. La tragédie dans nos pays, c’est l‘impunité et l’arrogance de ceux qui sont corrompus", se désole l'ancien haut fonctionnaire de l'ONU.

Et les multinationales dans tout ça ? Ne sont-t-elles pas complices de ce fléau qui pénalise les populations africaines ? Ahmed Ould Abdallah balaye l’argument qui veut qu’il n’y a pas de corruption sans corrupteur. "Mais pourquoi vous l’acceptez ? Pourquoi à Singapour on ne l’accepte pas ? Pourquoi on le refuse de plus en plus en Malaisie ? Si quelqu’un vous donne un million de dollars pour sauter du haut de la tour Eiffel, allez-vous le faire ?", interroge-t-il.

"La corruption justifie le terrorisme et le radicalisme"

Depuis Nouakchott, en Mauritanie, où il s’est installé, Ahmedou Ould Abdallah mène ses recherches sur les enjeux globaux de la paix et de la sécurité en Afrique. Pour lui, la corruption rampante des élites africaines constitue aujourd’hui la plus grande menace sur la paix et la sécurité qui justifie le terrorisme et le radicalisme dans la société africaine.

 "Il faut que cessent les pillages arrogants et systématiques de nos pays. Des contrats distribués en une journée, sans appels d’offres, qui se concluent par la cession de vastes concessions minières, pétrolières, agricoles et j’en passe. C’est une véritable tragédie."  

La corruption ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique, reconnaît-il. C’est un combat de longue haleine, un combat de toute une vie, auquel tous les citoyens et la société civile africaine doivent être sensibilisés, explique-t-il à franceinfo Afrique.

https://mobile.francetvinfo.fr/monde/afrique/economie-africaine/la-corruption-des-elites-africaines-un-cancer-qui-tue-les-institutions-et-les-peuples_3431203.html?fbclid=IwAR0wB6xiM_gQHjZcPh4jYE98DzPkcB9Jl7diVGRhsEx8YhSkgFFxw1WBI8U#xtor=CS2-765&xtref=http://m.facebook.com/


 

GHANA - SAMIA NKRUMAH : "LE 21e SIECLE EST CELUI DE L'UNIFICATION DE L'AFRIQUE"

Ghana - Samia Nkrumah : « Le XXIe siècle est celui de l'unification de l'Afrique » - Page 2

ENTRETIEN. En digne fille de Kwame Nkrumah, père de l'indépendance du Ghana, Samia Nkrumah invite à revenir aux fondamentaux du panafricanisme au moment où l'Afrique s'apprête à lancer son marché commun. - Page 2

Propos recueillis à Addis-Abeba par  (avec ANA)

Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

 

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Sur les pas de son illustre pere, Samia Nkrumah a lance des initiatives dans le sens de l'unite du continent africain, seul rempart possible contre le neocolonialisme selon elle.

Sur les pas de son illustre père, Samia Nkrumah a lancé des initiatives dans le sens de l'unité du continent africain, seul rempart possible contre le néocolonialisme selon elle. © Fabio Toschi

 

Comment définissez-vous cette collaboration ?

Elle est politique. Donc sans aucun objectif commun, aucune unité politique. Cela va nous prendra un long moment pour réussir une intégration économique. Nous nous querellerons sur des détails. Nous devons avoir une vue générale, pour commencer.

Pensez-vous qu'il revient au secteur privé, à la société civile de faire ce que les politiques n'ont pu, voire ne veulent pas faire, l'unification ?

Bonne question... C'est le moment pour les peuples, le moment pour la détermination populaire, les jeunes. Ce n'est pas une question de secteur privé, ce sont les peuples dans leur ensemble, avec tout ce qui constitue leur force, et en premier lieu les jeunes. C'est dans l'intérêt de tout le monde. Vous voyez, comment pouvons-nous augmenter le niveau de vie de chaque Africain si nous n'utilisons pas les produits de nos voisins ? Nous avons des produits de valeur sur le continent, mais on préfère échanger avec l'étranger. Pouvez-vous imaginer si nous échangions avec nos voisins, entre nous, seul le ciel serait notre limite. Cette unité est pour les peuples, ce n'est pas pour un petit nombre. C'est pour la majorité des Africains. Donc, une fois que les peuples sont sensibilités à l'intérêt de l'unité, s'ils comprennent que c'est la seule façon d'utiliser nos ressources, je pense qu'ils la soutiendront. Ils mettront alors la pression sur leurs leaders afin de faire ce qui est nécessaire. Je pense que le temps est arrivé.

 

 

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 La république du Ghana, anciennement la Gold Coast (Côte-de-l’Or) fut le premier pays africain à accéder à l'indépendance, en 1957, après un régime colonial d'environ quatre-vingts ans. ©  AFP archives

La république du Ghana, anciennement la Gold Coast (Côte-de-l’Or) fut le premier pays africain à accéder à l'indépendance, en 1957, après un régime colonial d'environ quatre-vingts ans. © AFP archives

 

 

Pensez-vous que le temps est propice pour l'unification avec l'arrivée au pouvoir de leaders qui s'affichent comme panafricanistes ?

Je ne peux pas dire que nos leaders d'aujourd'hui vont vers l'unité d'une façon pratique. Après 50 ans, quelle position sur l'unité avons-nous prise ? Je veux dire concrètement. Nous n'avons pas fait assez de progrès. Mais ce que je perçois, c'est que les peuples sont prêts. Comment je le sais ? Parce que nous avons essayé différentes mesures, certains pays comme nous, le Ghana, ont instauré les règles constitutionnelles, la démocratie, le multipartisme, les élections, la paix, la stabilité, mais les problèmes économiques sont les mêmes. La majorité de nos peuples souffre. Les gens votent tous les trois ans, mais rien de concret ne change. Ceci doit nous amener à comprendre qu'il doit y avoir une autre solution. Vous voyez la démocratie seule ne suffit pas parce que nos économies sont très petites. On n'est pas viable. Pourquoi ne cherchons-nous pas cette solution originelle que nous n'avons jamais essayée : l'unification. Ça pourrait résoudre nos problèmes économiques. Nous n'étions pas faits pour être de petits pays. Sommes-nous ceux qui ont dessiné les frontières pour nos économies ? Non !

Nous ne les avons pas dessinées. Donc, comment peut-on nous attacher à quelque chose que les colonisateurs nous ont imposé ? Maintenant que nous sommes libres politiquement, nous devons au moins décider de la prochaine étape. Est-ce qu'il sera question d'une nation africaine ou allons-nous continuer de souffrir individuellement ? Donc, je pense que les peuples avec l'éducation, une bonne sensibilisation, vont prendre leur responsabilité et forcer les leaders à avancer dans cette direction. C'est le lien qui manque et je pense que nous l'avons compris, les jeunes, les femmes doivent se sentir concernés, les femmes en particulier parce que vous savez quand nous regardons notre histoire, quand il y a un grand changement, une révolution comme une lutte pour l'indépendance, les femmes sont toujours en première ligne. Les femmes représentent la base. Si les femmes s'impliquent, il n'y a pas de raison qu'on ne fasse pas de progrès. Si les femmes soutiennent l'unification africaine, il n'y a pas de raison qu'on n'aille pas de l'avant.

Paul Kagame a un programme très ambitieux pour l'Union africaine, pensez-vous que cela soit la meilleure voie ?

Le programme est ambitieux, mais si on ne résout pas les questions difficiles de l'unité politique, je ne vois pas comment nous pouvons faire des progrès. Mais en ce qui concerne la planification économique et l'intégration, une stratégie politique commune est le préalable.

Pour vous, la question est politique ?

Évidemment, ça oriente tout ce que nous faisons. C'est la détermination populaire qui va décider. C'est là où résident nos espoirs. C'est un devoir historique tout comme l'indépendance l'était. Si le XXe siècle a été celui des Indépendances, le XXIe siècle doit être celui de l'unification de l'Afrique. Nous le devons à nos pères ainsi qu'à nos enfants.


 

GHANA : LA OU IL N’Y A PAS LA FRANCE, L’AFRIQUE DÉCOLLE. LE PNB GHANÉEN CROIT MIEUX QU’EN CHINE QUI EST LE PREMIER PARTENAIRE COMMERCIAL DU GHANA

AFRIQUE

Il n'a pas que les problèmes et la pauvreté. Il peut aussi y avoir du développement et de la stabilité démocratique en Afrique. Par exemple au Ghana, un pays en dehors de la zone Françafrique. 

 

LE DISCOURS D'AKUFO-ADDO (PRÉSIDENT DU GHANA) DEVANT MACRON

"Le Ghana ne peut plus continuer à faire des politiques pour nous-mêmes, dans notre pays, dans notre région, dans notre continent, sur la base de tout quelconque soutien que le monde occidental, la France ou l'Union européenne peuvent nous apporter. Ça ne marchera pas. Cela n'a pas fonctionné et ne fonctionnera pas. Nous devons sortir de cette mentalité de dépendance. Cette pensée sur "qu'est-ce que la France peut faire pour nous?" La France fera ses intérêts, et quand ceux-ci coïncideront avec les nôtres, tant mieux, comme disent les Français. Mais notre souci devrait être de comprendre ce que nous devons faire en ce XXIe siècle pour que l'Afrique ne soit plus obligée de demander de l'aide et de la charité. C'est plutôt le continent africain qui, vu ses ressources, devrait donner de l'argent aux autres. Nous devons avoir une mentalité qui nous dise que nous pouvons le faire. Et une fois que nous aurons acquis cette mentalité, ce sera une libération pour nous-mêmes et pour l'Afrique". 

C'est en décembre 2017 que Nana Akufo-Addo, président du Ghana, a prononcé ces mots. Il les a déclarés à Accra, à un mètre d'Emmanuel Macron, le président français qui était en visite officielle dans le pays de Kwame N'Krumah. Aujourd'hui, un peu plus de deux ans plus tard, le Ghana a quitté le programme d'aide du FMI (Fonds Monétaire International). A la place, depuis le 3 avril, le programme économique d'Akufo-Addo, le "Ghana Beyond Aid" (Le Ghana au-delà de l'aide), a été lancé et étudié de manière à  faire en sorte qu'Accra puisse aller de l'avant avec ses propres forces. 

LA RELANCE ÉCONOMIQUE DU GHANA 

Après avoir bénéficié d'une ligne de crédit de 925,9 millions d'euros, le Ghana semble maintenant prêt à marcher tout seul. Toutes les valeurs macroéconomiques s'améliorent, qu'il s'agisse de la dette publique qui est revenue à des niveaux soutenables ou du chômage, qui a désormais chuté à environ 5%. Tout cela alors que les données sur la croissance du PIB continuent de surprendre.

L'Institut des Statistiques du Ghana montre un retour à une croissance économique soutenue:

- en 2017, l'augmentation du PIB sur une base annuelle était de 8,5%;

- aux trois premiers trimestres de 2018, elle était de 6,1%.

Au cours des six derniers mois, des tendances positives ont également été enregistrées en ce qui concerne le taux d'inflation, qui a progressivement diminué depuis le pic atteint en mars 2016, lorsque la hausse des prix a atteint 19,2%. En février 2019, l'inflation s'est arrêtée à 9,2%.

LE PIB DU GHANA SE DÉVELOPPE PLUS QUE CELUI DE LA CHINE.

LA FRANCE HORS DES 8 PREMIERS PARTENAIRES COMMERCIAUX 

Des chiffres qui ont convaincu le président Akufo-Addo de ne pas demander la prolongation du programme de crédit. D'autre part, le PIB ghanéen est maintenant en train de croître plus vite que celui de la Chine. La Chine, qui, selon les données de 2017, est le premier partenaire commercial du Ghana, avec plus de 2 milliards USD d'importations et près de 2,5 milliards d'exportations, se concentre dans les secteurs pétroliers et gaziers. La France ne figure même pas parmi les 8 premiers partenaires commerciaux, où sont représentés l'Inde, les États-Unis, la Suisse, le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud, les Pays-Bas et les Émirats arabes unis. C'est unique pour l'Afrique, en particulier pour l'Afrique du Nord-Ouest et l'Afrique centrale, où la présence de l'ancien empire français est toujours très présente. 

AFRIQUE, LE DÉVELOPPEMENT EST POSSIBLE 

Le Ghana, colonie britannique jusqu'en 1957 mais géographiquement entourée de pays de la Françafrique, est un exemple de la façon dont l'Afrique peut aussi apporter le développement. Une aide provient de la richesse des gisements pétroliers concentrés sur ses côtes, sans parler du fait que le pays est l'un des premiers producteurs de cacao au monde et qu'il figure en tête du classement mondial des exportations d'or. Mais comme on le constate malheureusement dans d'autres pays africains, la richesse des ressources naturelles n'est pas suffisante pour expliquer cette croissance. Une autre grande aide arrive en fait de la stabilité démocratique et de la sécurité du pays, actuellement épargné du terrorisme et des extrémismes de diverses natures.  

http://www.africanouvelles.com/nouvelles/nouvelles/afrique/ghana-la-ou-il-n-y-a-pas-la-france-l-afrique-decolle-le-pnb-ghaneen-croit-mieux-qu-en-chine.html?fbclid=IwAR15vSvN-pQyCvZRwig9l12TIfnowlDNWS4lPlxX0Svps9fIHdxTGt88Hak


 

MAROC : NASSER ZEFZAFI, LE LEADER DU HIRAK ET CINQ DE SES CAMARADES DE DETENTION DEMANDENT A ETRE DÉCHUS DE LEUR NATIONALITÉ MAROCAINE

Maroc : Nasser Zefzafi, le leader du Hirak, demande à être déchu de la nationalité marocaine

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Depuis la prison de Fès où il croupit désormais, après que sa lourde condamnation à 20 ans de prison ferme a été confirmée en appel, Nasser Zefzafi, 39 ans, le leader du mouvement contestataire Hirak, dans le Rif marocain, a adressé une requête aux autorités du royaume chérifien qui en dit long sur le désespoir et le ressentiment qui le rongent face à l’iniquité de son sort.

Animés par les mêmes sentiments, Nabil Ahamjik, Ouassim el Boustati, Samir Ighid, Mohamed el Haki et Zakaria Adechour, cinq autres militants logés à la même enseigne que lui, ont apposé leur signature à côté de la sienne pour demander à être déchus de la nationalité marocaine.

Arrivée sur le bureau du ministre de la Justice et du procureur général du Roi près de la Cour de Cassation, ainsi que l’a révélé le père de Nasser Zefzafi sur les réseaux sociaux, cette requête sera-t-elle balayée d’un revers de main, comme l’ont été les accusations de « harcèlement, provocations et tortures » portées contre l’institution pénitentiaire par les six détenus du Hirak ?

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           Ahmed Zefzafi, père du leader du Hirak

Dans cette missive au vitriol, dont ils ignorent quelle suite lui sera donnée, le chef de file de la fronde nord-marocaine et ses partisans emprisonnés à ses côtés n’ont pas manqué de dénoncer, encore une fois, « l’instrumentalisation de la justice » qui a « rejeté les preuves de leur innocence », en s’indignant contre les « tortures » subies à l’ombre des barreaux, au cours d’interrogatoires musclés. Ils ont aussi déterré des faits mentionnés dans un rapport officiel qui, lui, a été hâtivement « enterré » par les autorités.

Voici ce qu’écrivait en avril 2019 l’insurgé du Rif, Nasser Zefzafi, après avoir décidé de s’infliger un terrible supplice, imité en cela par Mohamed El Haki, son compagnon d’infortune : ils se sont cousu les lèvres en signe de leur plus vive protestation.

« J’ai décidé de mener cette bataille, car je suis convaincu de mon droit à la liberté. Je m’oppose à la militarisation du Rif, à l’assassinat et à l’enlèvement des rifains. A ces points, s’ajoute le refus de l’administration de la prison de me remettre mon dossier médical ».

Alors que ses principaux fers de lance ont été embastillés, il est bon de rappeler que le mouvement de protestation pacifique du Rif marocain est né d’un drame épouvantable, en octobre 2016, quand un malheureux vendeur de poissons, qui s’opposait à la saisie de sa marchandise, finit broyé dans une benne à ordures.

 

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BURKINA FASO : ATTAQUE TERRORISTE MEURTRIÈRE. 24 SOLDATS TUES, 5 DISPARUS ET 7 AUTRES BLESSES

Burkina: émotions et critiques après l'attaque meurtrière de Koutougou

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.
© LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

​Par RFI Publié le 21-08-2019 Modifié le 21-08-2019 à 13:04

L’attaque de Koutougou - dans laquelle, selon un dernier bilan, 24 soldats ont été tués, cinq sont portés disparus et sept autres ont été blessés - est considérée comme la plus meurtrière jamais perpétrée contre les forces armées burkinabè depuis le début des attaques terroristes en 2015.

« C’est un bilan qui est lourd, c’est un bilan qui nous interpelle », a déclaré le président Roch Marc Christian Kaboré dans un message à la nation après l'attaque lundi du détachement de Koutougou, dans la province du Soum, au nord du Burkina Faso. « Le 19 août est une tache noire dans la vie de notre armée nationale », a admis le chef de l’État burkinabè.

« Mais au-delà de l’émotion, a-t-il souligné, ce qui est important, c'est que nous devons réaffirmer notre solidarité, notre accompagnement, notre soutien, aux forces de défense et de sécurité ».

RTB@rtburkina

 

Attaque de Koutougou (Sahel): message du Président du Faso http://youtube.com/watch?v=AzVZ-UrLzTg&feature=youtu.be … https://www.rtb.bf/2019/08/attaque-de-koutougou-sahel-message-du-president-du-faso/ …

Attaque de Koutougou (Sahel): message du Président du Faso - RTB

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L'opposition demande la démission du gouvernement

Pour l’Union pour le progrès et le changement (UPC), la condamnation seule ne suffit pas. « Il faut dire la vérité et soigner le mal à la racine », réagit le parti du chef de file de l’opposition. L’UPC accuse le gouvernement d’avoir échoué dans sa mission de sécurisation du pays. « C’est une équipe dépassée par la tournure des événements », affirment les responsables du parti.

L’UPC demande la démission pure et simple du gouvernement en place et la nomination par le président Roch Marc Christian Kaboré d’une nouvelle équipe qui aura pour mission première, la défense de l’intégrité territoriale et la sécurité des Burkinabè.

Le CDP, l’ex-parti au pouvoir se dit quant à lui « consterné » par le lourd bilan de l’attaque. Il exhorte le gouvernement à prendre des mesures adaptées et à renforcer les équipements militaires pour la protection des populations.

La réaction du parti au pouvoir ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration, Simon Compaoré, le président intérimaire du Mouvement du peuple pour le progrès indique que « l’heure doit être impérativement au rassemblement et toute autre attitude doit être condamnée avec une extrême vigueur ».

 

Chronologie et chiffres clés

http://www.rfi.fr/afrique/20190820-burkina-emotions-critiques-attaque-meurtriere-koutougou-base-militaire