BURKINA FASO : MACRON FAIT UN REMAKE DU SCENARIO MALIEN ?

tourtaux-jacques Par Le 15/03/2022 0

Dans Afrique

Burkina Faso : remake du scénario malien ?

Le Burkina Faso veut emboîter le pas au Mali en se concentrant principalement sur le problème de la sécurité. Et certains ne veulent pas que Ouaga suive cette voie.

Dans un premier temps, les attaques terroristes ont l’air de se multiplier sur le territoire burkinabé. Au moins sept personnes, dont 4 VDP qui ont décidé de se battre aux côtés de l’armée nationale dans la lutte contre les groupes terroristes au Burkina Faso, ont été tués lundi lors d’une attaque dans le nord du pays, la cinquième en quelques jours dans la région, ont indiqué mardi des sources sécuritaire et locale.

« Des hommes armés ont attaqué dans la matinée de ce lundi des installations de forages (d’eau) à Tonri Oulo », une localité de la commune d’Arbinda, dans la province du Soum, a déclaré à une source sécuritaire.

« Lors du sabotage des installations, ils ont abattu trois civils et blessé trois autres. Quatre éléments des VDP (Volontaires pour la défense de la patrie), qui ont tenté de contrer les assaillants ont également été tués », portant le bilan à « sept morts », a précisé la même source.

L’attaque a été confirmée par un responsable local. « On a enregistré une dizaine de victimes dont sept décès », a confirmé ce responsable, précisant que « deux autres forages ont été sabotés par les terroristes ».

« Il y a quelques semaines, ils avaient déjà saboté les installations de téléphonie mobile, et maintenant ils tentent d’asphyxier la ville en coupant tout ravitaillement », a estimé cette source.

Ce mode opératoire confirme la stratégie observée ces dernières semaines où des groupes armés terroristes tentent d’occuper des villes du nord et de l’est du pays.

Selon certains analystes, ce mode opératoire consiste à isoler des villes stratégiques en coupant les voies d’accès et de communication. Ces communes servent de base arrière aux terroristes.

Ces derniers jours, plusieurs attaques meurtrières ont frappé la région de Dori, une des principales villes du nord-est du pays, à une centaine de kilomètres d’Arbinda.

Vingt-trois civils et treize gendarmes sont morts dans ces attaques.

Une pression de plus qui pousse le Burkina Faso à ne pas suivre la voie de la sécurisation du territoire à l’instar du Mali.

Asphyxier le pays, pour ainsi dire, faire plier les nouvelles Autorités burkinabés et donc demander rapidement l’aide de l’armée française.

Pour rappel, au cours d’une conférence de presse qu’il a animée le vendredi, 11 mars 2022 à Ouagadougou, le commandant de la Force Barkhane, le général Laurent Michon, est revenu sur l’actualité du retrait au Mali, en relevant les efforts que l’armée française consent et le prix qu’elle paie dans le cadre de cette lutte contre le terrorisme. Il a, une fois de plus, battu en brèche, cette opinion qui pense que c’est la France qui ravitaille les groupes terroristes en logistique, car évidemment, il n’allait pas accepter cette réalité. Il avait clairement annoncé que Barkhane n’allait pas se redéployer, mais par contre, elle allait seulement se redéployer dans la fameuse « zone des trois frontières » dont l’architecte est le ministère français des Affaires étrangères. Depuis quelques années, cet endroit était déjà destiné à servir de base non seulement à Barkhane, mais également aux groupes terroristes alliés.

Les attentats terroristes vont donc se multiplier au Burkina Faso. La France suit avec attention la situation politique actuelle au Burkina Faso selon son ambassadeur. Pour Luc Hallade, son pays s’alignera sur les décisions des organisations régionales, et la France n’engagera ses forces au Burkina Faso qu’après une demande expresse des nouvelles autorités, mais toujours avec les conditions imposées par Paris, et non les conditions de Ouaga.

Et c’est exactement, ce qu’ils ont fait avec le Mali. Rappelez-vous, c’était déjà le même discours sous la présidence de François Hollande en 2013 lors du début de l’occupation du Mali qui devait faire face à une colonne de terroristes qui descendait vers Bamako. Les Autorités maliennes avaient demandé des frappes aériennes contre cette colonne, mais Paris a insisté pour que Bamako reformule sa demande en incluant le déploiement les troupes terrestres françaises. C’était donc le début de l’occupation française. Et maintenant, c’est avec Ouagadougou que l’Élysée veut remettre ça. D’où la multiplication des attaques terroristes, leur focalisation à prendre des localités stratégiques, former une armée, et descendre vers Ouagadougou pour pousser les autorités burkinabés à formuler officiellement la demande de déploiement de Barkhane sur ces terres. Les Autorités burkinabés veulent pourtant régler le problème en interne. Ouaga compte augmenter ses effectifs dans les rangs de l’armée nationale. Par décret en date du 10 mars 2022, le président de la transition, président du Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, lance, pour les besoins de la nation, un ordre de mobilisation des anciens militaires au titre de la réserve pendant la période allant du 10 au 18 mars 2022.

« Cette mobilisation concerne les militaires des catégories sous-officiers et militaires du rang admis à la retraite au cours des années 2019, 2020 et 2021 », précise l’article 2 du décret.

Un acte qui répond certainement à la demande de cette partie de l’opinion burkinabée qui, depuis la montée des attaques terroristes, suggère le rappel des soldats admis à la retraite.

Le Burkina Faso mobilise tous ses effectifs pour ne plus rester sur la défensive face aux terroristes, mais passer à l’offensive et éradiquer ce fléau du territoire burkinabé une bonne fois pour toutes. Les Burkinabés ne sont pas vraiment pour une demande d’aide à Barkhane, car tout le monde à bien compris, qu’aucun pays dans le monde, qui a demandé une aide militaire aux occidentaux, ne s’en est jamais sortie indemne.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/03/15/678605/Burkina--Paris-fait-un-remake-du-sc%C3%A9nario-malien-

 
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