COMMENT LE MALI A VAINCU LE TANDEM BARKHANE/MACRON ?

tourtaux-jacques Par Le 20/01/2022 0

Dans Afrique

Mali : la stratégie gagnante de l’armée ? 

Jamais la force d’occupation française n’aurait cru pouvoir voir un jour de pareils jours au Mali où elle est littéralement assiégée par une armée malienne qu’elle a toujours méprisée, haie et humiliée ! Voici un premier État sahélien qui après avoir décidé de s’allier aux puissances amies comme l’Algérie et la Russie puis de reprendre le contrôle souverain de ses régions nord et d’en expulser royalement Barkhane, puis de descendre vers le centre, Bamako, et là encore à refaire le même coup et remplacer Barkhane par Wagner, revient sur les accords militaires imposés par la France, ce qui constitue une révolution en soi. RFI en parle en ces termes : « Fin décembre, les autorités françaises ont été officiellement saisies pour renégocier les accords de défense qui lient les deux pays. Signés une première fois au début de l’opération Barkhane, ils ont pourtant été renouvelés l’an dernier pour cinq ans. Ces accords de défense entre un pays et une nation étrangère sont essentiellement des accords juridiques. Ils sont là pour garantir la protection des soldats français et fluidifier également les opérations militaires en permettant une liberté de circulation. Et c’est bien cette liberté de mouvement que le pouvoir malien veut renégocier. »

Liberté de mouvement, terme que toute armée étrangère imposant sa présence néfaste à un pays et à une population utilise pour désigner « l’occupation ». Car que les militaires français fassent impunément irruption dans tel ou tel quartier, dans tel ou tel village sous prétexte d'y avoir à combattre les terroristes, puis qu’ils décident de s’y installer définitivement alors même que dès leur arrivée, le nombre d’attaques terroristes croît de façon exponentielle, cela ne s’appelle pas la libre circulation d’un allié, mais l’occupation des territoires souverains du Mali avec tout ce que cela compte comme conséquence, pour la sécurité, l’économie et le bien-être des Maliens. Idem pour l’espace aérien malien où avions de combat et drones français apparaissent quand ils le veulent sans même demander la permission de l’armée malienne et d’où, ils larguent bombes et munitions sur n’importe quelle zone qu’ils désirent, évidemment sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, ce qui très paradoxalement et de nombreux témoignages l’ont confirmé, se soldent non pas par la mort des fameux djihadistes, mais part celle des civils, forcés ainsi à l’exode. 

Aussi c’est ridicule quand RFI écrit : « La semaine dernière, Bamako a ainsi dénoncé une violation de son espace aérien par un avion de transport logistique de l’opération Barkhane. Renégocier, cela équivaut à mettre des bâtons dans les roues françaises, souffle-t-on à Paris. La France cherche justement à gagner du temps. La réponse aux autorités maliennes est en cours d’élaboration, dit-on, tout en précisant que les Maliens n’ont pas demandé la résiliation des accords, mais de simples amendements. La négociation ne fait que débuter. »

Mais Barkhane est-elle sûre que ces accords finiraient par n’être qu’amendés ? Au train où vont les évènements, le grand Mali donne l’impression d’avoir opté pour une stratégie très subtile de pression par palier. C’est très exactement le pendant « militaire » de cet injuste embargo que la France et ses pairs anglo-saxons lui ont imposé par CEDEAO interposés, embargo que les vrais amis du peuple du Mali et on pense à ses voisins, Guinée, Mauritanie, Sénégal, Benin... ne respecteront jamais. En quoi consiste cette stratégie militaire ?  Elle consiste à ne pas rompre totalement avec la force d’occupation qui en plus de 8 ans d’occupation a vampirisé toutes les composantes et institutions de l’État, mais à resserrer sur lui l’étau de façon à ce qu’elle se retire elle-même et entièrement. Et quel est l’avantage d’une telle stratégie ? C’est un peu comme en Irak où la présence US constitue un allié par dépit de la lutte contre cette présence. Car qui de mieux que d’attaquer les soldats américains, leurs convois militaires, leurs bases de campement pour que le Pentagone soit neutralisé et finisse par comprendre qu’il est temps de partir. D’ici les semaines à venir c’est cette perspective d’une guerre parsemée d’attaques anti Barkhane qui attend celle-ci. Mais il y a pire : cette guerre anti occupation ne restera pas dans les confins maliens. Tout le Sahel que les forces colonialistes ont si longtemps tenté de diviser est derrière le Mali... Mine de rien, Barkhane commence à saigner au Burkina/« Quatre soldats français ont été blessés, dont un grièvement, au Burkina Faso lors de l’explosion d’un engin explosif improvisé (IED) au passage de leur véhicule, dans le nord du pays, a annoncé mardi soir l’état-major français. L’attaque s’est produite dans le désert du Gourma, non loin de la frontière entre le Burkina et le Mali, lors d’une mission de reconnaissance classique de Barkhane menée avec leurs homologues des forces armées burkinabèes. La région est sous l’emprise du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. Les patrouilles de militaires y sont donc fréquentes », dit RFI. Omettez la dernière phrase et prenez le reste, car al-Qaïda, Daech, MAcima.... et les autres créatures des services secrets occidentaux qui infectent le Sahel ne tirent jamais sur les Occidentaux. 

http://french.presstv.ir/Detail/2022/01/20/675131/Zoom-Afrique-du-20-janvier-2022

 
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