CORNE DE L'AFRIQUE : LES USA RECULENT !

tourtaux-jacques Par Le 19/01/2022 0

Dans Afrique

Corne de l'Afrique: les USA reculent !

La Corne de l’Afrique est entrain de bouger sérieusement. Washington est en net recul malgré ses efforts pour continuer à garder une main dans la région. Son échec dans la déstabilisation de l’Éthiopie et de l’Érythrée, le force maintenant à remettre en pièce le Soudan.

Mais en attendant, la Corne de l’Afrique continue son bonhomme de chemin.

Après Djibouti et même la Guinée équatoriale, la Chine projetterait de déployer également une base militaire en Érythrée ?

Cette semaine, le président érythréen a reçu en audience le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, à qui il a exprimé ses félicitations pour le centenaire du Parti communiste chinois (PCC), « démontrant la forte vitalité du système socialiste », et de la Chine, un pays dont il a été témoin « du développement et de la croissance », des réalisations, de son développement économique, des contributions « à la cause du progrès humain en s’engageant à rejeter l’hégémonisme et à bâtir un ordre mondial caractérisé par la justice et l’équité ».

Pékin soutiendra Asmara dans la sauvegarde de sa souveraineté, de son indépendance et de sa dignité nationale, dans l’opposition aux ingérences extérieures et aux sanctions unilatérales, et dans l’exploration d’une voie de développement adaptée à ses conditions nationales et soutenue par son peuple.

Il a ajouté que la Chine était prête à travailler avec l’Érythrée pour faire de l’amitié entre les deux pays une force motrice de la coopération économique, transformer les riches ressources naturelles de l’Érythrée en un avantage en matière de développement et l'aider à renforcer sa capacité autonome de développement et à accélérer son processus d’industrialisation.

Les deux parties ont également échangé des points de vue sur la situation dans la Corne de l’Afrique. Pour le président érythréen, « la clé du règlement des conflits en Afrique est de veiller à ce que les pays de la région puissent conserver leur indépendance, leur unité et leur coopération et qu’ils puissent s’engager conjointement en faveur de la stabilité et du développement économique, créant ainsi des conditions favorables à la paix et au développement régionaux ». Il a réfuté la soi-disant rhétorique du « piège chinois de la dette », soulignant que la Chine ne s’est jamais immiscée dans les affaires intérieures des autres pays et est un véritable partenaire indispensable au développement de l’Afrique. Il s’attend à ce que la Chine joue un rôle plus important dans le processus de paix et de développement de l’Afrique. Wang Yi a dénoncé que certains grands pays en dehors de la région ont utilisé la Corne de l’Afrique comme une arène pour des jeux géopolitiques, provoquant des turbulences et des conflits fréquents, compromettant gravement la paix et la stabilité régionales et ralentissant le développement et la revitalisation régionaux.

Le message est assez clair, la Corne de l’Afrique est sous le viseur de Washington et aucun pays de cette région de l’Afrique n’est prêt à courber l’échine devant les États-Unis.

D’ailleurs, Washington accumule les échecs, et opte pour un changement de stratégie.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président américain, Joe Biden, tente de renforcer l’intérêt des USA dans la Corne de l’Afrique. Depuis 2021, Washington a déjà nommé deux envoyés spéciaux pour la région.

La secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires africaines, Molly Phee et le nouvel envoyé spécial des Etats-Unis dans la Corne de l’Afrique, David Satterfield, ont entamé ce lundi 17 janvier 2022, une tournée dans trois pays, dont deux situés en Afrique, l’Éthiopie et le Soudan. L’information a été rendue publique par un communiqué de presse publié par le département américain le vendredi 14 janvier.

Cette visite de quatre jours servira, selon le communiqué, à mobiliser du soutien en faveur de la mission des Nations unies au Soudan. Il intervient surtout dans un contexte difficile dans les deux pays marqués par une grande instabilité politico-sécuritaire. À Khartoum, la capitale soudanaise, les deux officiels rencontreront à cet effet « des militants pro-démocratie », des organisations de femmes et de jeunes, la société civile, l’armée et la classe politique afin d’accentuer les pressions pour faire plier le Soudan.

Alors qu’il représentait la partie civile au pouvoir, la démission, le 2 janvier dernier, du Premier ministre, Abdalla Hamdock, a donné l’entièreté du pouvoir aux militaires, quelques semaines après sa détention en résidence surveillée, ce que voulait absolument éviter Washington. Le nouveau pouvoir militaire, rejeté par une partie de la population entrainer dans une pseudo révolution de couleur, s’est inscrit dans une logique de répression des manifestations dans le pays, déclenchant ainsi l’ire de la communauté internationale. Pourtant, une répression bien pire que celle au Soudan est observée dans les pays européens, notamment en France, et pourtant, cela n’a pas provoqué l’ire de la Communauté internationale.

La visite en Éthiopie quant à elle, intervient une semaine après que le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et le président américain ont eu des échanges téléphoniques sur la situation dans le pays. Pour rappel, le gouvernement fédéral a combattu les rebelles du TPLF, qui planifiaient une déstabilisation complète du pays, de plus, il s’est avéré que les rebelles recevaient l’appui de Washington et de l’ONU.

À Addis-Abeba, Molly Phee, Secrétaire d’État assistante aux Affaires africaines, tente encore une fois d’obtenir la libération des prisonniers politiques dont des rebelles du TPLF, le rétablissement de l’accès humanitaire afin de réapprovisionner en arme et en vivre les rebelles. Les autorités d’Ethiopie ont d’ailleurs initié un dialogue national de réconciliation, et libéré les principales figures de l’opposition qui étaient encore en prison, mais ce n’était pas une demande venant de Washington, c’était une initiative entièrement éthiopienne.

Les États-Unis œuvrent pour reprendre le contrôle qu’ils perdent dans la Corne de l’Afrique, mais l’arrivée des Russes, des Chinois et des Iraniens et la volonté des pays de la région de la Corne de rester soudés et de préserver leur souveraineté respective continue de mettre en échec la vieille politique hégémonique et néocolonialiste des États-Unis.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/01/19/675087/Mali--les-cooperations-militaires-apportent-leur-fruits-

 

 

 
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