MALI : BON VENT POUR BARKHANE A MENAKA

tourtaux-jacques Par Le 10/06/2022 0

Dans Afrique

Mali : bon vent pour Barkhane à Ménaka 

Barkhane est bientôt sur le point de laisser place à l’armée malienne à Ménaka. 

Vu ce qui s’est passé à Gossi, avec la fameuse charnière soudainement découverte, que Barkhane voulait absolument attribuer à l’armée malienne, il est clair qu’il faudra certainement s’attendre à une manœuvre sournoise de la part de Barkhane à Ménaka.   

Le 19 avril dernier, l’État-major des forces armées françaises avait annoncé que la force française Barkhane venait de remettre les clés de la Base opérationnelle avancée tactique de Gossi aux Forces armées maliennes [FAMa], quelques jours seulement après avoir réalisé un état des lieux du site avec une délégation malienne. Et ce devrait être bientôt le tour de la base de Ménaka. 

En effet, le 6 juin, le colonel Tassel, l’actuel chef du groupe européen de forces spéciales « Takuba », qui relève de Barkhane, a reçu le colonel malien Bagayoko pour « l’état des lieux de la base opérationnelle de Ménaka », a indiqué l’EMA. En outre, le transfert de cette base avancée aux FAMa ne devrait plus tarder. 

Mais cette fois-ci, c’est le groupe terroriste de Daech qui a été renforcé à bloc dans les environs.  

Des combats opposent les terroristes à l’armée malienne dans le nord du pays. Qui a gagné la bataille d’Anderamboukane ? Depuis mars, les terroristes de Daech y affrontent les touaregs progouvernementaux du Mouvement du Salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe d’autodéfense Imghad et alliés (Gatia), deux groupes bénéficiant du soutien de l’armée malienne. L’objectif est de contrôler cette localité stratégique située à 90 km de la ville malienne de Ménaka, à la frontière avec le Niger. 

Les informations en provenance de la zone sont difficiles à recouper pour savoir qui des acteurs s’est imposé ou est actuellement en position de force, comme en témoigne la confusion qui règne après l’offensive lancée en fin de semaine par la coalition pro-Bamako. Ces affrontements se seraient soldés par une victoire de cette coalition, assurent ses responsables. Mais des sources locales, généralement bien informées, contestent et assurent que Daech est loin d’avoir été battu et qu’il contrôlerait encore la localité. 

Durant cette période, la Division des droits de l’Homme de la Minusma a noté une dégradation de la situation sécuritaire dans les régions de Gao et de Ménaka « en raison d’affrontements armés entre les éléments du MSA, du GATIA et ceux de Daech ou d’attaques contre les populations civiles dans plusieurs cercles d’Andéramboukane. 

Une source proche des groupes d’autodéfense soutient que ces nombreux incidents sécuritaires sont le fruit de la volonté du groupe terroriste de Daech qui bénéficie du renforcement et de l’aide logistique de Barkhane pour mettre la main sur Ménaka au moment de leur départ. 

Pour rappel, la France s’est littéralement fait mettre à la porte du Mali, car le pays ne pouvait plus voir un seul soldat français, considéré comme des occupants, se promener sur son territoire. De plus, le fait que le Mali s’est tourné vers d’autres partenaires avec, entre autres, la Russie a également changé la donne. L’armée nationale malienne s’est renforcée et s’est lancée dans la lutte contre le terrorisme tout en apportant des résultats très positifs au grand dam de Paris. 

La success-story de l’Afrique de l’Ouest française a donc pris fin.  

Bien que Paris ait réussi de s’incruster dans la région ces dernières années, cela n’a donné aucune raison au peuple ou au gouvernement malien de soutenir les actions françaises. 

Alors que la France s’impliquait davantage dans la vie des Maliens, la population de tout le pays, du nord au sud, les détestait et les rejetait. 

L’avènement de la Russie sur cette scène complexe a permis à Bamako de rompre nettement avec sa dépendance vis-à-vis de la France et de ses alliés occidentaux de l’OTAN. 

Avant même que la France ne mette officiellement fin à sa présence dans le pays, des armes et des techniciens militaires russes débarquaient à Bamako. Les hélicoptères d’attaque, les systèmes radars mobiles et d’autres technologies militaires russes ont rapidement remplacé les armes françaises. 

La Russie ne peut pas se permettre de perdre un ami aussi précieux que le Mali, en cette période critique de sanctions et d’isolement imposés par l’Occident. Cela peut impliquer que le Mali continuera d’être le théâtre d’une guerre froide géopolitique qui pourrait durer des années. 

Mais le vainqueur de cette guerre reste tout de même le peuple malien. 

http://french.presstv.ir/Detail/2022/06/09/683598/Mali--bon-vent-pour-Barkhane-%C3%A0-M%C3%A9naka%C2%A0

 
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