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ALGERIE : DECES D'UN JEUNE HOMME BLESSE LORS DES MANIFESTATIONS A ALGER

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Un jeune homme blessé lors des manifestations à Alger est décédé, selon la télévision

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AFRIQUE

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Blessé la semaine dernière lors des manifestations ayant eu lieu dans la capitale algérienne, un jeune homme s’est éteint, relate la chaîne Ennahar TV ce vendredi 19 avril.

Le jeune homme qui a été blessé à la tête au cours des manifestations de la semaine dernière à Alger a succombé à ses blessures, a annoncé ce vendredi 19 avril la chaîne Ennahar TV.

Selon Ennahar TV, une enquête a été ouverte.

Les Algériens, qui ont déjà obtenu la démission du désormais ancien Président Abdelaziz Bouteflika, continuent de manifester pour exiger à présent le départ du chef de l'État par intérim Abdelkader Bensalah et de tous les partisans de l'ancien dirigeant algérien.

Suite à la démission du Président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril 2019, le parlement algérien s'est réuni mardi 9 avril pour mettre en application l'article 102 de la constitution. À cet effet, il a entériné la vacance définitive du poste de Président de la République et installé le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, comme chef d'État par intérim pour une durée de 90 jours. Durant cette période, ce dernier doit s'atteler à l'organisation d'une élection présidentielle à laquelle il n'a pas le droit d'être candidat.

Détails à suivre…

https://fr.sputniknews.com/afrique/201904191040815838-homme-mort-manifestations-alger/


 

LES MILITANTES ALGERIENNES HUMILIEES PAR LA POLICE TEMOIGNENT. ELLES METTENT A MAL LA VERSION OFFICIELLE

Algérie : les militantes humiliées par la police témoignent. Elles mettent à mal la version officielle

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Alors que l’institution policière et les services de sûreté de la wilaya d’Alger s’enferrent dans leurs dénégations, dénonçant les « allégations sans fondement » portées contre le commissariat de Baraki, les quatre jeunes manifestantes algériennes, interpellées samedi 13 avril, qui ne sont pas ressorties indemnes de leur fouille au corps particulièrement humiliante, ont décidé de briser le silence.

Trois jours après que leur dignité humaine a été bafouée dans l’enceinte du poste de police où elles avaient été transférées, à 30 km de la capitale, leur laissant des séquelles psychologiques qui, pour être invisibles, n’en sont pas moins bien réelles, l’une des victimes, Hania Chabane, a franchi un pas supplémentaire : elle a choisi de témoigner à visage découvert sur Facebook.

C’est peu dire que la version des faits qu’elle livre met à mal l’attachement aux « lois de la République, aux principes des droits de l’homme et à la préservation de la dignité des citoyens », dont s’est prévalue la sûreté de la wilaya d’Alger dans son communiqué officiel.

Selon ses dires, au terme de trois longues heures d’attente derrière les murs du commissariat de Baraki, une femme agent de police, qui n’était pas en uniforme, les a forcées à se déshabiller complètement, jusqu’à se retrouver en sous-vêtements, afin de leur infliger une fouille corporelle très poussée et avilissante, que rien ne justifiait.

Pendant que les quatre jeunes femmes s’interrogeaient sur la légalité de leur transfert au commissariat de Baraki, alors qu’elles avaient été arrêtées sans ménagement à Alger, elles ont obéi à contrecoeur à une fouille traumatisante, pensant qu’elle relevait d’une procédure normale. Elles apprirent plus tard que ce n’était pas le cas, et qu’elles avaient subi un abus d’autorité caractérisé, attentatoire à leur dignité. Une bien cruelle ironie du sort.

Des avocats leur préciseront par la suite que ce genre de fouille ne s’impose que dans les affaires de drogues ou de terrorisme, ce qui a accentué leur profond sentiment de dégoût teinté de rancœur.

A l’heure où la polémique enfle de l’autre côté de la rive méditerranéenne et que l’institution policière crie « au complot » visant à salir son image, les témoignages concordants de quatre jeunes femmes algériennes, dont celui d’Harian Chabane, s’avèrent accablants pour son matricule.

Elles ont fait part de leur intention de porter plainte.

Hania Chabane relate le sale moment passé derrière les murs du commissariat de Baraki

 

 

Un témoignage masculin qui corrobore les dires des plaignantes

 

ABUS DE POUVOIR POLICIER ALGÉRIE INSTITUTION POLICIÈRE

Written by Fabienne Doucet

ALGERIE : TAÏEB BELAIZ, PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL DEMISSIONNE

Algérie : le président du Conseil constitutionnel présente sa démission

- Avec AFP

Algérie : le président du Conseil constitutionnel présente sa démission

 

Le président du Conseil constitutionnel algérien, Taïeb Belaiz, une des principales figures du pouvoir visées par les contestataires, a présenté sa démission, rapporte la télévision nationale.

Taïeb Belaiz, le président du Conseil constitutionnel algérien, a fait savoir qu'il avait présenté sa démission au chef de l'Etat, selon la télévision algérienne. Le Conseil constitutionnel est notamment chargé de valider les candidatures à la présidentielle fixée au 4 juillet pour élire un successeur au président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika et de veiller à la régularité des opérations de vote.

Détails à suivre...

https://francais.rt.com/international/61079-algerie-president-conseil-constitutionnel-presente-demission?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications


 

SOLIDAIRES DU MOUVEMENT DE CONTESTATION, PLUS D'UNE CENTAINE DE MAGISTRATS ALGERIENS REFUSENT DE SUPERVISER L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 4 JUILLET

Algérie : des magistrats refusent de superviser l'élection présidentielle

- Avec AFP

Algérie : des magistrats refusent de superviser l'élection présidentielle

© RYAD KRAMDI Source: AFP

Des magistrats algériens manifestent devant le ministère de la Justice à Alger pour exprimer leur refus de superviser la prochaine élection présidentielle prévue le 4 juillet prochain.

 

En soutien au mouvement de contestation, plus d'une centaine de magistrats algériens ont manifesté ce 13 avril devant le ministère de la Justice à Alger afin d'exprimer leur refus de superviser l'élection présidentielle prévue le 4 juillet prochain.

Des magistrats, maillon important de l'organisation des scrutins en Algérie, ont annoncé ce 13 avril qu'ils allaient boycotter la supervision de l'élection présidentielle du 4 juillet en soutien au mouvement de contestation. Le président par intérim Abdelkader Bensalah avait annoncé le 10 avril l'organisation d'un scrutin présidentiel le 4 juillet pour trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné après avoir été lâché par l'armée à l'issue de plusieurs semaines de manifestations monstres.

Plus d'une centaine de magistrats ont manifesté devant le ministère de la Justice à Alger, à l'appel du Club des magistrats, une organisation en cours de constitution qui se présente comme l'organe regroupant la majorité des juges en rupture de ban avec le Syndicat national des magistrats (SNM), proche du pouvoir. 

Said Touati@epsilonov71

 

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ALGERIE : CORTEGE MONSTRE POUR LE 8e RDV DE LA CONTESTATION QUI NE FAIBLIT PAS. DES MANIFESTANTS BLESSES LORS DE HEURTS AVEC LA POLICE

Algérie: la contestation ne faiblit pas, heurts et blessés à Alger

 Depuis 4 heures  13 avril 2019

manif_contre_bensaleh

 Algérie - Maghreb - Monde arabe

 

Un cortège monstre a défilé dans une ambiance plus tendue qu’à l’accoutumée à Alger pour un 8e vendredi consécutif de contestation, le premier depuis l’annonce d’une présidentielle le 4 juillet pour désigner un successeur à Abdelaziz Bouteflika, rejetée par les manifestants.

Comme chaque semaine, le défilé s’est déroulé globalement dans le calme mais la tension palpable avec la police, moins souple que d’habitude, a débouché sur des heurts qui ont fait plusieurs blessés et des dégâts matériels.
La police a notamment tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et fait usage de canons à eau pour disperser une centaine d’irréductibles alors que la foule, au moins aussi importante que celle des vendredis précédents, quittait le centre de la capitale à la tombée de la nuit après avoir défilé.

Jets de pierres, bouteilles, poubelles, les émeutiers ont riposté avec ce qui leur tombait sous la main, jusqu’à ce que des manifestants s’interposent, faisant de grands signes avec leurs bras en signe d’apaisement et criant « Silmiya! » (« pacifique! »), mot d’ordre de la contestation, avant de nettoyer les rues une fois les affrontements terminés.

Selon la police, qui a attribué les violences à des « délinquants » infiltrés, 83 policiers ont été blessés dont quatre grièvement et 108 personnes arrêtées. Des manifestants ont également été légèrement blessés par des pierres, dans les bousculades ou ont fait des malaises en raison du gaz lacrymogène, selon des journalistes de l’AFP.

Une voiture de police a été incendiée. Plusieurs véhicules ont également été vandalisés, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

« Ce ne sont pas des manifestants » qui ont affronté la police, « juste des gens qui fichent la pagaille », a expliqué à l’AFP Mustapha, avocat quinquagénaire.
« Mais (…) on sent un durcissement de la part de la police, la manifestation a été plus nerveuse aujourd’hui », a-t-il poursuivi. « A chaque décision (du pouvoir) c’est plus de mépris, on est hors de nous, mais il faut garder ce caractère pacifique » des manifestations, salué de par le monde depuis le 22 février.

 Barrages filtrants 
   
L’attitude de la police, moins tolérante ces derniers jours qu’à l’accoutumée, a alimenté les tensions dès la matinée, mais n’avait pas découragé les manifestants, venus pour certains en famille.

Le nombre exact de manifestants est difficile à établir, ni les autorités ni les protestataires ne communiquant de chiffres.
Aucun incident n’a été signalé lors des défilés recensés – selon l’agence de presse officielle APS – dans 42 des 48 régions du pays.

Pour la première fois en 8 semaines de défilés hebdomadaires dans la capitale, des policiers ont empêché plusieurs heures l’accès au parvis de la Grande Poste, épicentre de la contestation, et ont tenté vainement d’en déloger quelques centaines de manifestants installés dès l’aube.

Certains venus d’autres villes avaient passé de longues heures sur la route, ralentis par de nombreux barrages filtrants de la gendarmerie sur le trajet.
Après avoir obtenu le 2 avril la démission du chef de l’Etat, les manifestants réclament désormais le départ d’Abdelkader Bensalah, apparatchik de 77 ans devenu président par intérim, et de l’ensemble des personnalités de l’appareil mis en place par le président déchu en 20 ans de pouvoir.

M. Bensalah a désormais remplacé dans les slogans hostiles des contestataires M. Bouteflika, président malade dont il était ces dernières années la « doublure » officielle, en Algérie et à l’étranger.

Pour la contestation, les structures et personnalités héritées du régime Bouteflika ne peuvent garantir un scrutin libre et équitable pour désigner son successeur, et ils craignent une élection frauduleuse ne servant qu’à conforter le « système » au pouvoir.

Transition post-Bouteflika

Les contestataires prônent donc la mise sur pied d’institutions ad hoc, en vue d’une véritable transition post-Bouteflika. En face, le pouvoir entend poursuivre le processus prévu par la Constitution: l’élection d’un nouveau président sous 90 jours.
« Le peuple est plus grand que la Constitution », pouvait-on lire sur la pancarte d’un manifestant.

M. Bensalah a reçu le soutien implicite de l’armée, dont le chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, revenu au centre du jeu politique depuis qu’il a lâché M. Bouteflika.
Le général a estimé « irraisonnable » une transition hors du cadre institutionnel actuel et promis aux manifestants que l’armée garantirait « la transparence et l’intégrité » du scrutin.
« L’essentiel pour l’armée est d’avoir un président rapidement, pour avoir des institutions stables et se concentrer sur ses missions de sécurisation du pays », analyse Rachid Grim, qui enseigne les Sciences politiques à l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP).

Mais la « garantie » du militaire, resté durant 15 ans un soutien indéfectible de M. Bouteflika qui l’a nommé patron de l’armée, semble avoir peu convaincu et de nombreux slogans lui étaient également hostiles.
« Bensalah, tu pars et tu emmènes Gaïd avec toi », pouvait-on lire sur une pancarte.
« C’est clair que les élections seront truquées avec eux », estime Hamid, étudiant de 24 ans: « nous n’avons pas confiance ».

Cette présidentielle est « légale mais non légitime », estime de son côté Louisa Dris-Aït Hamadouche, enseignante en Sciences politiques à l’Université d’Alger 3.
Le pouvoir semble ne devoir compter que sur un affaiblissement de la mobilisation, afin d’aller à l’élection. « Trois mois, c’est long pour un mouvement populaire, pour le moment il tient bon », note Louisa Dris-Aït Hamadouche.

Mais, à l’inverse « trois mois c’est court » pour transformer un mouvement populaire en mouvement politique organisé, souligne Rachid Grim, estimant qu’une telle structuration n’est « pas pour demain ».

Source: AFP

http://french.almanar.com.lb/1322169


 

ALGERIE : 8e VENDREDI DE MOBILISATION. MANIFESTATIONS MASSIVES DU PEUPLE ALGERIEN DANS TOUT LE PAYS

 

Algérie : où en est la contestation en ce 8e vendredi de mobilisation ? (IMAGES)

Algérie : où en est la contestation en ce 8e vendredi de mobilisation ? (IMAGES)

Des manifestants à Alger, le 12 avril.

 

Une importante mobilisation a de nouveau lieu ce 12 avril en Algérie pour la huitième semaine d'affilée. Elle intervient quelques jours après la nomination du président par intérim Abdelkader Bensalah et l'annonce d'une présidentielle le 4 juillet.

Ce 12 avril marque le huitième vendredi de mobilisation en Algérie. Ces nouvelles manifestations interviennent après la nomination, le 9 avril, d'Abdelkader Bensalah au poste de président par intérim et l'annonce de la tenue d'une élection présidentielle le 4 juillet.

Algérie : où en est la contestation en ce 8e vendredi de mobilisation ? (IMAGES)

Des manifestants à Alger, le 12 avril.

 

Selon l'AFP, la mobilisation est encore massive, même si les journalistes de l'agence de presse française précise que «le nombre exact de manifestants est difficile à établir».

Algérie : où en est la contestation en ce 8e vendredi de mobilisation ? (IMAGES)

Des manifestants à Alger, le 12 avril.

Lors de la manifestation, la police a utilisé son canon à eau pour tenter de disperser la foule.

Signe de la vigueur intacte du mouvement de protestation, la mobilisation a commencé dans la nuit du 11 au 12 avril à Alger, comme le rapporte le journaliste Khaled Drareni.

Vidéo intégrée

Khaled Drareni@khaleddrareni

 

Place Maurice Audin le 8e vendredi de mobilisation a déjà commencé

553

203 personnes parlent à ce sujet

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Sur les réseaux sociaux, où est né le mouvement de contestation qui a abouti à la démission d'Abdelaziz Bouteflika, les appels à manifester ont continué d'être relayés toute la semaine, notamment sous le mot d'ordre Yetnahaw ga3 («Ils dégageront tous»).

Désigné par la Constitution pour assurer l'intérim avec des prérogatives très restreintes, Abdelkader Bensalah, proche d'Abdelaziz Bouteflika, est considéré par beaucoup de contestataires comme assurant la continuité d'un système qu'ils rejettent.

Lire aussi

Une caméra de l'AFP (image d'illustration)

Le directeur de l'AFP à Alger expulsé par les autorités algériennes

L'armée algérienne «veillera à la transparence et à l'intégrité» de la transition politique qui doit mener à la tenue d'une élection présidentielle sous trois mois, a déclaré le 10 avril le chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, qui a récemment lâché Abdelaziz Bouteflika et assuré que l'armée soutiendrait «le peuple jusqu’à la satisfaction de ses revendications». 

Le chef des armées a, à maintes reprises, appelé à ce que les événements actuels se déroulent dans la légalité constitutionnelle afin de maintenir «un climat de sérénité dans le strict respect des règles de transparence et d’intégrité et des lois de la République». Ce légalisme, qu'il considère comme la garantie de la stabilité du pays, est rejeté par beaucoup de ceux qui appellent sur les réseaux sociaux à la poursuite du mouvement, considérant la nomination d'Abdelkader Bensalah comme un «retour à la case départ».

Gaïd Salah a notamment déploré l’apparition de «tentatives de la part de certaines parties étrangères» de pousser certains individus au devant de la scène pour les imposer comme représentants du peuple en vue de conduire la phase de transition. Pour le chef d'état-major algérien, ces manœuvres visent à déstabiliser le pays en semant «la discorde [...] à travers des slogans irréalisables visant à mener le pays vers un vide constitutionnel et détruire les institutions de l’Etat, voire provoquer une déclaration de l’état d’exception». Pour ce haut-gradé, «il est irraisonnable de gérer la période de transition sans les institutions qui organisent et supervisent cette opération».

L'attitude des forces de sécurité sera scrutée lors de cette nouvelle mobilisation. Si elle avait largement laissé se tenir toutes les mobilisations du vendredi depuis sept semaines, le 9 avril, la police a pour la première fois depuis le 22 février tenté de disperser une manifestation pacifique d'étudiants à Alger et a empêché le 11 avril tout rassemblement devant la Grande Poste, monument central et emblématique de la capitale algérienne.

Lire aussi : Algérie : la mobilisation dans la rue continue après la nomination d'un président par intérim

https://francais.rt.com/international/60919-algerie-contestation-8e-vendredi-mobilisation


 

 

 

MOHAMED BOUHAMIDI : Oui, il y a des militants communistes capables, dont mon ami et frère Jacques Tourtaux... C'ETAIT EN 2017

C'était en 2017...

 

Mohamed Bouhamidi

24 septembre 2017 · 

Oui, il y a des militants communistes capables, dont mon ami et frère Jacques Tourtaux de faire face aux tendances néocolonialistes qui se développent au sein du PCF.


 

MICHEL COLLON, JOURNALISTE BELGE ENGAGE : "LA FRANCE N'EST PAS L'AMIE DU PEUPLE ALGERIEN"

Michel Collon

Michel Collon: «La France n’est pas l’amie du peuple algérien»

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INTERNATIONAL

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Jean-Baptiste Mendès

11222

Après Étienne Chouard et Maurice Lemoine, deux figures antisystèmes, nous avons échangé avec Michel Collon, fondateur du site Investig’Action. Avec ce journaliste belge engagé, Sputnik a parlé Algérie, Venezuela et propagande de guerre. Entretien-choc.

Souvenez-vous de cette vidéo qui tournait en boucle en 2011, de Ce Soir ou Jamais, l'émission de Frédéric Taddéi sur France 3 où Michel Collon s'échauffait sur l'intervention occidentale en Libye et les «médiamensonges». Un des seuls médias en France où le journaliste engagé a pu développer son propos et se faire connaître auprès du grand public. Une voix rarement entendue ailleurs, car son discours dérange. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il fonde en 2004 le collectif Investig'Action.

Retrouvez les meilleurs moments de cet entretien en vidéo:

Que pense Michel Collon du contexte actuel de la révolte en Algérie qui a poussé Bouteflika à la démission, des troubles au Venezuela et des Gilets jaunes en France? Nous avons failli ne pas le savoir: alors que je montais dans le Thalys de 7 h pour Bruxelles, je reçois un message de sa part pour reporter l'interview. Bien que malade, il nous recevra finalement dans l'après-midi, chez lui, dans une banlieue résidentielle bruxelloise.

 

le Conseil constitutionnel de l'Algérie

© REUTERS / ZOHRA BENSEMRA

Démission de Bouteflika: des changements politiques «dans le cadre de la Constitution»

Actualité oblige, nous commençons donc par l'Algérie. Assistons-nous à un nouveau Printemps arabe, qui portera lui aussi plus tard son lot de déceptions? Pour le moment, les Algériens ont manifesté pour réclamer le départ du Président Bouteflika, en place depuis 1999, et ils semblent avoir parié sur la non-violence pour l'obtenir. Alors qu'il a démissionné le 2 avril et qu'il demande même «pardon» à son peuple, quelle issue peut avoir cette crise politique? Comment analyser la diplomatie française très prudente sur l'Algérie? Michel Collon se montre plutôt circonspect vis-à-vis d'éventuelles ingérences étrangères habituelles:

 

«La France, comme tout le monde, se pose des questions, comment ça va tourner, est-ce qu'il va y avoir ce que font les États-Unis partout, des "regime change", installations de marionnettes? La France joue peut-être plusieurs chevaux à la fois, ne sait pas très bien qui va l'emporter, mais une chose est sûre, la France n'est pas l'amie du peuple algérien, je parle de la France de Paris, la France de Macron, des multinationales qui sont derrière, ça n'est pas l'amie des peuples, donc pour moi c'est la méfiance.
Il y a tellement d'exemples où la France, comme les États-Unis, comme la Belgique, se sont présentés en humanitaires, on va faire le bien des peuples, on va apporter la démocratie, et puis ils apportent juste plus de dépendance, donc plus de pauvreté, en fait toujours du colonialisme. Pour moi, on n'est pas sortis du colonialisme.»

Le fondateur d'Investig'Action se méfie des révoltes populaires «spontanées», régulièrement orchestrées de loin par Washington. Pourtant il est difficile de voir a priori dans le soulèvement algérien une quelconque immixtion d'une puissance occidentale. Michel Collon reste toutefois sur la réserve:

«Si des peuples se mobilisent pour obtenir plus de démocratie, un partage des richesses honnête et pas comme maintenant, tout dans certaines poches et les autres qui n'ont pas de boulot, et l'utilisation des ressources nationales, minières et autres, pour apporter du social aux gens, je suis à fond pour. Les peuples ont le droit de décider qui doit les diriger, qu'est-ce qu'il faut faire avec leur argent, leurs ressources, leur économie […] Une révolte populaire oui. Une ingérence et une confiscation par les grandes puissances, non.»

 

Venezuelan security forces display a national flag next to a truck which was burnt during the weekend when trying to enter the country with humanitarian aid, during clashes with supporters of Venezuelan opposition leader Juan Guaido on the Venezuelan side of the Francisco de Paula Santander International Bridge, as seen from Cucuta, Colombia, on February 25, 2019.

© AFP 2019 RAUL ARBOLEDA

Déstabilisation du Venezuela, une «opération de piraterie internationale»

Ingérence et confiscation, pour Michel Collon —et il n'est pas seul sur cette ligne-, le cas vénézuélien est tout à fait symptomatique. Très tôt, le gouvernement français a pris fait et cause pour l'opposition à Nicolas Maduro, qualifiant le pays de dictature, jusqu'à reconnaître précipitamment le 4 février, le président autoproclamé Juan Guaido. Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian appelaient ainsi en janvier le successeur d'Hugo Chavez à «s'interdire toute forme de répression de l'opposition, tout usage de la violence contre des manifestants pacifiques». Initiative paradoxale en pleine mobilisation des Gilets jaunes en France, pour Michel Collon:

 

«Là, on voit Macron, et avant lui Sarkozy et Hollande, qui montrent le bout de leur nez et qui disent, ça ne nous plaît pas. Pourquoi? Parce qu'il ne laisse pas faire les multinationales étrangères qui confisquent le pétrole comme avant. Macron, qu'il s'occupe des problèmes de la France, il y a une pauvreté épouvantable en France, il y a un mécontentement social en France! Commencez par résoudre ces problèmes-là, commencez par faire payer vos amis, les oligarques français, et alors peut-être vous pourrez donner votre avis sur les autres pays du monde.»

L'Algérie et le Venezuela, deux cas très récents de conflictualités et de révoltes. Sans verser dans le complotisme, comment y voir plus clair? Travaillant depuis de longues années sur la propagande de guerre, s'inspirant des travaux de l'historienne belge Anne Morelli, Michel Collon a contribué à populariser le terme de médiamensonge, qu'il nous explique:

«Si on décide de faire une guerre contre un pays, on ne va évidemment pas dire qu'on veut voler son pétrole, son gaz, ses richesses […] Donc on va dire qu'on vient pour la démocratie, pour protéger les minorités, pour émanciper les femmes, contre le terrorisme, c'est le prétexte parfait […]
La propagande de guerre se caractérise par le fait de toujours cacher les intérêts économiques, de toujours cacher l'histoire, c'est-à-dire le rôle que les puissances coloniales ont joué pour diviser et régner, pour dresser les peuples les uns contre les autres et garder le contrôle.
Ça se caractérise par démoniser l'atmosphère, c'est-à-dire présenter les images de préférence qui le montrent [l'ennemi, ndlr] comme un monstre, comme un grand danger, etc., inverser l'agresseur et l'agressé. […]
Le cinquième principe de la propagande de guerre, c'est de monopoliser le débat […] À la télé, on n'a qu'un seul avis, il n'y a pas de débat contradictoire, il faut toujours être pour la guerre. 
Ces cinq principes de la propagande de guerre, c'est ça ce que j'ai appelé le médiamensonge.»

 

Etienne Chouard

SPUTNIK. ANTOINE HARREWYN

Étienne Chouard: «Évidemment que nous ne sommes pas en démocratie!»

Citant régulièrement La Fabrication du Consentement, l'ouvrage référence de Noam Chomsky réédité par Investig'Action, Michel Collon s'insurge en premier lieu contre les médias, trop suiviste à l'égard du pouvoir:

 

«Les médias ne sont pas là pour informer le public, mais pour lui faire accepter les décisions, les choix, les stratégies des gouvernements.»

Il en veut pour preuve l'intervention française en Libye sur laquelle tout inventaire, toute analyse critique ont été d'ores et déjà été exclus dans l'Hexagone, contrairement au Royaume-Uni, où le Parlement dressait en 2016 un rapport accablant pour Nicolas Sarkozy:

«La campagne de Libye est un festival de fake news et la grande question, c'est pourquoi les journalistes qui ont fait ça refusent qu'on en débatte et qu'on en discute maintenant? Pourquoi faut-il tourner la page et oublier ce qu'il s'est passé? […] En Libye maintenant, vous avez deux ou trois gouvernements, vous avez la chasse aux Noirs, la chasse aux immigrés, la chasse aux femmes, vous avez de l'esclavage, c'est un foyer de terrorisme.»

Des propos qui prennent davantage de sens alors que la Libye continue d'être la proie d'affrontements violents. Derniers en date au moment où nous publions cet entretien, le 5 avril, les forces du maréchal Khalifa Haftar, maître de l'Est libyen, marchent sur la capitale, Tripoli.

 

Des troupes loyales à Khalifa Haftar.

© AFP 2019 ABDULLAH DOMA

L'Armée nationale libyenne prend le contrôle d’une partie de Tripoli

On le voit, Michel Collon défend des opinions très tranchées sur les stratégies de guerre, sur les médias en Occident, qui dérangent forcément. Il n'est plus invité à s'exprimer en Belgique ni en France. Selon Collon, l'officine «Conspiracy Watch», aux orientations discutables, l'accuse «d'être le défenseur de Bachar et à la fois le complice de Daech». Il leur a intenté un procès. D'autres sont en cours: il explique avoir gagné contre un internaute suisse en 2017, qui l'accusait d'antisémitisme. Il vient d'en perdre un autre en février au tribunal de première instance de Bruxelles contre le blogueur Marcel Sel, qui le présentait tel «un conspirationniste aux penchants antisémites». Une accusation très grave que la section civile de la 9e chambre a autorisée, sachant que le plaignant n'a jamais été condamné sur ce sujet. Quand on tape son nom sur Google, la première vidéo sur laquelle on tombe, c'est «comment Israël manipule Internet et l'opinion» et les recherches associées ne sont pas rassurantes. On y note la présence de Dieudonné, Thierry Meyssan et d'Alain Soral. Michel Collon est-il antisémite? Voici ce qu'il répond:

 

«Je ne suis pas antisémite, j'ai combattu toute ma vie contre le racisme […] Ceux qui m'accusent d'être antisémite sont incapables de citer une phrase d'une vidéo, une ligne d'un article ou d'un livre, ils prennent toujours soin d'éviter le livre où je parle d'Israël, c'est "Israël, parlons-en". Personne n'a jamais été capable de me citer une seule ligne qui serait raciste. En tout cas, le racisme anti-juif, c'est ignoble, c'est scandaleux, je le combats partout où je le rencontre, comme tous les autres racismes.»

Répondant à ces proximités supposées avec les personnalités évoquées, il dit n'avoir rencontré Thierry Meyssan et Dieudonné, qu'une seule fois, à Beyrouth, en 2005, à l'occasion d'un congrès pour la Paix. Concernant le cas Soral, il se montre particulièrement virulent vis-à-vis du polémiste, condamné récemment à un an de prison ferme pour injure et provocation à la haine raciale. Michel Collon a même décrypté l'idéologie «soralienne» dans un livre paru en 2017, Pourquoi Soral séduit:

«Soral est peut-être bien l'intellectuel français qui a été le plus populaire dans la jeunesse, qui a encore beaucoup d'influence et je pense que cette influence est négative. Parce qu'il surfe sur des mécontentements, sur le mépris envers la jeunesse, sur le mépris envers les immigrés […] Soral emmène les gens vers la haine contre le Juif; précisément, il assimile complètement Israël et les Juifs. Il dit ne pas être anti-juif, mais si on le lit dans le texte, on voit bien que si. Soral roule pour le FN qui selon moi, est une fausse alternative, une fausse résistance, qui est un parti patronal quand on lit son programme.»

Chantre de l'anti-impérialisme, ancien militant au Parti du Travail de Belgique, il pourrait en France être associé à La France Insoumise. Lui qui explique provenir d'une famille bourgeoise catholique de Bruxelles, inspiré peu à peu par des lectures de Marx, en passant par mai 68. C'est ainsi qu'il dénonce au sein de la gauche française des tendances trotskystes, s'alignant sur des positions néoconservatrices:

«J'aurais voté pour Mélenchon si j'avais été Français, mais je constate qu'autour de lui, il y a des gens qui ont toute sorte de stratégies, de pensées. Il y a une grande maladie en France très forte, on ne débat pas avec les gens avec qui on n'est pas d'accord. Et on trouve ça au PC, chez les trotskystes du NPA, chez des gens qui se disent anar […] Au PC, au NPA, chez les anars, il y a eu des majorités importantes pour appuyer la guerre de l'Otan, c'est impensable.
Avant, ces gens-là manifestaient contre la guerre au Vietnam, contre la guerre en Irak, toujours contre les guerres coloniales, et maintenant ils sont avec […] La gauche est divisée parce que dans le temps, quand les États-Unis ou la France faisaient une guerre coloniale, il y avait des manifs tout le temps, les syndicats, les dockers bloquaient les transports d'armes, il y a eu des choses héroïques qui ont été faites.
Maintenant, une guerre, ça passe comme une lettre à la poste, on avale les trucs des médias, on avale l'idée que c'est humanitaire, comme si Total, Bouygues, Exxon pouvaient faire des guerres humanitaires».

https://fr.sputniknews.com/international/201904051040618228-michel-collon-france-amie-peuple-algerien/


 

ROSA MOUSSAOUI : LES ALGERIENS VEULENT ECRIRE LA SUITE EUX-MEMES

Ammi Louiza/ABACA

Ammi Louiza/ABACA

La télévision officielle a retransmis la remise de sa démission par Abdelaziz Bouteflika à Tayeb B elaiz, président du Conseil constitutionnel. La scène, à visée sacrificielle, n’atténue en rien l’ardeur des Algériens, sûrs de vouloir les « dégager tous ». Algerian State tv/Reuters

La télévision officielle a retransmis la remise de sa démission par Abdelaziz Bouteflika à Tayeb B elaiz, président du Conseil constitutionnel. La scène, à visée sacrificielle, n’atténue en rien l’ardeur des Algériens, sûrs de vouloir les « dégager tous ». Algerian State tv/Reuters

LES ALGÉRIENS VEULENT ÉCRIRE LA SUITE EUX-MÊMES

Jeudi, 4 Avril, 2019

Rosa Moussaoui

Après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, dont le Conseil constitutionnel a pris acte, hier, les Algériens refusent de laisser la transition entre les mains d’un système usé jusqu’à la corde.

 

 

 

Alger (Algérie), envoyée spéciale.

Alors que tout bascule, des visages nous reviennent en mémoire. Ceux, d’abord, de ces jeunes gens de Kherrata qui défiaient l’interdiction de manifester, le 16 février, en brandissant une banderole au mot d’ordre sans circonvolutions : « Non au 5 emandat de la honte ! » Celui de cette danseuse à la grâce fragile, dans la foule algéroise, juchée sur les pointes, les mains échappées vers le ciel. Celui de Na Ouardia, une montagnarde à la peau parcheminée, au dos voûté, sortie dans les rues d’Akbou pour fulminer, en kabyle : « Bouteflika, l’Algérie n’est pas ta propriété ! » Le regard décidé de ce manifestant, encore, hissant haut une pancarte en forme de réponse, en anglais, à un communiqué de Washington : « Restez à distance, les États-Unis. Ce n’est pas le Moyen Orient, ici. Mêlez-vous de vos affaires, criminels ! » Le sourire de cette étudiante, enfin, qui semblait répondre à celui de Larbi Ben M’hidi, héros de l’indépendance algérienne dont elle arborait le portrait comme la promesse d’une Algérie libre, égalitaire, démocratique dont il rêvait avant d’être assassiné par Aussaresses et ses parachutistes.

L’élan populaire a poussé dehors le vieux président

Tout bascule et tout est encore incertain, mais il y a quelque chose de léger, léger dans l’atmosphère et dans les cœurs. Mardi soir, on dansait, on chantait, on s’époumonait place Maurice-Audin, rue Didouche-Mourad, au pied des marches de la grande poste, dans le centre d’Alger, pour célébrer une première victoire, après l’annonce de la démission d’Abdelaziz Bouteflika, poussé vers la sortie par l’extraordinaire élan populaire qui dessine, déjà, une Algérie nouvelle. Le peuple a repris l’espace public, il sera difficile de l’en chasser à nouveau. Il y a cinq ans, ici même, à l’ombre des mêmes ficus, ceux qui s’opposaient au 4 emandat étaient matraqués, nassés, isolés, humiliés. Comme une revanche, cette fois, montait de la foule, heureuse et grave, un verdict sans appel : « Ce pays est le nôtre, et nous imposerons nos choix ! » Au même moment, la télévision algérienne diffusait les images pathétiques d’un président souffreteux, vêtu d’une djellaba blanche, tassé sur sa chaise roulante, tendant maladroitement sa lettre de démission au président du Conseil constitutionnel. La scène, à visée sacrificielle, n’atténue en rien l’ardeur des Algériens, sûrs de vouloir les « dégager tous ».

« Ce pouvoir de corrompus ne s’attendait pas à un tel soulèvement populaire, d’est en ouest. Ils n’ont pas fini d’être surpris. C’est tout le système que nous avons l’intention de déraciner. Nous sommes tous unis par un même mot d’ordre : qu’ils partent tous, nous ne voulons plus d’eux », tempête un homme entre deux âges. Les généraux réunis en conclave, qui sommaient mardi soir Bouteflika de démissionner après l’avoir si longtemps appuyé, ne sont pas épargnés par ce profond désir de faire table rase d’un système qui organise, depuis l’indépendance, la mise à l’écart du peuple qui l’a conquise. Si les manifestants proclament la fraternité entre les Algériens et leur armée, ils n’en espèrent pas moins que le clan Bouteflika entraînera dans sa chute tous ses affidés, tous ceux qui arpentent depuis des lustres les méandres d’un pouvoir opaque, à commencer par le chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah. Pas question de laisser faire les tenants d’une reprise en main par les militaires.

Le scénario d’une transition conduite par les mêmes hommes, affalés dans les mêmes institutions organisant la confiscation des pouvoirs, ne les satisfait pas davantage. L’application, opportunément appuyée par le patron de l’armée, de l’article 102 de la constitution, qui confie l’intérim présidentiel au président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, placé là par Bouteflika ? Trop tard ! Le peuple algérien joue à chaque manche avec un coup d’avance sur les représentants d’un pouvoir usé jusqu’à la corde. L’idée d’une Constituante s’affirme, même si certains redoutent de voir une telle assemblée exclure les nouveaux visages de ce mouvement populaire encore trop peu organisé, et reproduire encore les rapports de forces d’ancien régime.

Tout bascule, et tout est balayé par l’extraordinaire élan politique qui refaçonne le pays. Les oppositions, querelleuses, prisonnières des vieilles équations, incapables de formuler un nouveau projet de société, ont perdu tout crédit. Même les islamistes sont à la peine, des barbus associés au pouvoir et aux affaires jusqu’aux vétérans du FIS dissous, dépassés par les mutations d’une société qui ne ressemble en rien à celle des années 1990.

« Avant, on ne pouvait pas s’exprimer aussi librement »

Dans la paix, dans la fraternité, dans l’unité, le peuple algérien a su imposer, dans un délai incroyablement court, une situation de rupture, en même temps qu’une nouvelle figure de la révolution, en puisant dans son histoire, dans ses épreuves, dans son humour. Jamais on n’a autant ri, débattu, inventé. Sur les marches de la rue Hamadachi-Mohand-Idir (ex-Maurice-Ravel), qui remontent vers le quartier de Telemly, un bambin de 5 ans trempe sa main dans un pot de peinture bleue, laisse sur le mur l’impression de sa petite paume. Des hirondelles découpées dans de vieux disques vinyle s’envolent d’une cage tracée au pinceau noir. On y laisse des messages de joie, d’espoir et d’amour, qui disent les rêves d’une jeunesse impressionnante de générosité, d’intelligence, de maturité politique. Sur plusieurs centaines de mètres, la fresque esquisse une autre Algérie. L’idée de faire parler les murs revient à un groupe d’étudiants qui se sont liés au fil des manifestations. « Nous voulions graver la trace de ce mouvement de libération. Avant, on ne pouvait pas s’exprimer aussi librement. La voix de la jeunesse était bâillonnée », sourit Noussaïba Merah, une jeune femme de 24 ans, voile et visage joliment maculés de peinture.

À ses côtés, Hicham Bellili, 23 ans, étudiant en écologie, s’est tracé sur le visage un drapeau amazigh, jaune, vert et bleu, frappé de la croix berbère. L’étendard flotte sur les manifestations, au côté du drapeau national, comme le signe d’une diversité culturelle et linguistique par tous assumée, d’une unité nationale retrouvée, cinglante réponse à ce pouvoir qui n’a jamais hésité à souffler sur les braises de la division. « Une révolution se porte tous les jours, pas seulement le vendredi ! On est restés trop longtemps éloignés de la politique. Écrire et dessiner sur les murs, c’est notre manière d’ancrer nos messages, nos revendications. C’est une autre façon de s’exprimer pacifiquement », explique le jeune homme sur un ton posé. L’Algérie de demain, il se l’imagine « libre, juste, démocratique, débarrassée de la corruption et de la hogra (le mépris) ».Tout en haut de l’escalier, on fête un anniversaire dans une ambiance bruyante et bon enfant. Un adolescent, drapeau noué autour du cou, nous tend une brassée de friandises.

Sur le mur, une allégorie de l’Afrique prend forme ; plus loin, des jeunes femmes donnent les derniers coups de pinceau à un portrait de Frida Kahlo. Dans cette petite communauté, qui a déjà fédéré plusieurs centaines de personnes, les femmes sont les plus nombreuses. Elles aussi s’approprient l’espace public, après s’être imposées, ces vingt dernières années, à l’université, sur le marché du travail et dans tous les champs de la vie sociale. Leur présence nombreuse dans les manifestations est comme une révolution dans la révolution, le signe d’une profonde transformation au cœur même d’une société toujours travaillée par les valeurs conservatrices et patriarcales. L’Algérie est un laboratoire : on y réinvente tout, jusqu’à la langue, que l’on tord joyeusement pour lui faire dire l’époque. Pour la septième semaine consécutive, lancent les protestataires à l’adresse des gardiens de l’ordre établi qui manœuvrent dans l’ombre : « Nous vendredirons encore ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PRÉSIDENT DU CONSEIL DE LA NATION, UN PROCHE

DE BOUTEFLIKA CHARGÉ DE LA TRANSITION

Abdelkader Bensalah… voici un nom qui ne plaît guère au peuple algérien.

C’est pourtant à l’actuel président du Conseil de la nation (Sénat) qu’a échu

– Constitution oblige – la charge de la transition. L’homme de 77 ans, proche

du président déchu, est originaire comme lui de la région de Tlemcen. Engagé

auprès du FLN à l’âge de 18 ans, il a étudié le droit, avant d’embrasser

une carrière de journaliste dans la presse d’État. À 36 ans, il est élu député.

Il sera aussi ambassadeur, porte-parole du ministère des Affaires étrangères

avant d’être désigné il y a dix-sept ans président du Sénat.

algérie

élections algériennes

abdelaziz bouteflika

 

https://www.humanite.fr/

ALGERIE : OUVRIERS, PETITS PAYSANS, JEUNESSE POPULAIRE, INTELLECTUELS DE PROGRES, FAITES ENTENDRE VOS ASPIRATIONS POLITIQUES ET SOCIALES !

 

Soulèvement populaire contre le régime

mercredi 3 avril 2019 
par  Alger républicain 

 

Ouvriers, petits paysans, jeunesse populaire, intellectuels de progrès faites entendre vos aspirations politiques et sociales !

Une « étincelle a mis le feu à toute la plaine » parce que l’atmosphère était chargée d’une brûlante colère alimentée par la mainmise des oligarques sur l’Etat et les richesses du pays, par un immense mécontentement qui grondait depuis des mois. Sans remonter aux innombrables manifestations locales depuis 2001, Il y a eu d’abord la manifestation de Kherrata qui a été le détonateur du mouvement contre le 5e mandat de Bouteflika, le mandat de trop pour un homme qu’on n’a plus entendu depuis plus de 5 ans et rarement entrevu à la télé. L’appel aux marches du 22 février, sur l’origine duquel on peut se poser des questions, a pris sur un terrain fertile.
La guéguerre qui opposait depuis au moins 2003 deux fractions du pouvoir s’est envenimée au fil des ans au point d’affaiblir gravement la cohésion interne du régime lorsqu’elle a été conclue en septembre 2015 par le limogeage du général Médiène, le « Rab Dzaïr » (Dieu de l’Algérie), chef du DRS, la police politique qui a droit de regard sur tout. Les libéralisations entreprises de façon déclarée depuis 1990, le bradage des richesses de la nation, l’accaparement des recettes pétrolières par une minorité d’individus qui a fait main basse sur le commerce extérieur, ont enfanté une classe d’oligarques, de bourgeois mafieux. 
Ces rapines ont attisé la haine du peuple pour les nouveaux riches, corrompus, corrupteurs, prévaricateurs, prédateurs, antinationaux surfactureurs de produits importés, destructeurs de la production nationale. Evidemment, cette classe n’avait pas attendu le retour de Bouteflika pour prospérer. Bouteflika n’a fait que rajouter des dizaines d’oligarques aux dizaines qu’il avait trouvés en 1999 et multiplier leurs fortunes grâce à un baril de pétrole de plus de 100 dollars.

Les travailleurs, les jeunes enfants du peuple que cette minorité a méprisés du haut de ses châteaux, de ses demeures luxueuses de Neuilly-sur-Seine, ou d’ailleurs, du haut de sa fortune insultante, se sont révoltés. Ils sont décidés à donner un coup de balai à toute cette faune puante. L’indignation a atteint son comble face au fossé qui sépare la majorité écrasante de la population à cette bourgeoise oligarchique. L’esprit de résignation, le sentiment d’être seul à couver sa colère ont d’un seul coup cédé devant la découverte que les masses populaires unies et décidées à prendre en main leur avenir recelaient une force formidable.

Mais la force de l’indignation et de la mobilisation des travailleurs et des couches sociales les plus défavorisées ne doit pas se laisser lier les mains par les appels à se limiter au seul départ du « système ». Ce terme chacun l’entend à sa manière. A écouter les porte-parole politiques et idéologiques les plus influents des intérêts des fractions bourgeoises ou petites-bourgeoises mécontentées par la politique économique du régime des oligarques, ce terme désigne quelques dizaines de personnes directement liées aux groupes qui font la pluie et le beau temps depuis des lustres. C’est sur ces groupes et uniquement sur eux qu’il faut concentrer le tir, nous ordonnent-ils.

Les travailleurs qui ne supportent plus les privations et les inégalités, les femmes qui revendiquent l’égalité sont donc priés par de gros bras visiblement chargés de contrôler les slogans, de « ne pas diviser » le mouvement unanime contre Bouteflika par des revendications sociales « sectorielles inopportunes ». Surtout pas de grèves dans les secteurs productifs, nous disent les Bouchachi ! On les comprend : ça touche la caisse des bourgeois « libéraux » dont des figures connues se pavanent au milieu des zawalia. Attendez le départ de ce régime, la tenue d’élections démocratiques, l’instauration d’une 2e République - au contenu volontairement maintenu dans le flou - l’installation d’un pouvoir « légitime ». Après on discutera de la « république démocratique et sociale ». Après, quand vous aurez voté pour des Benbitour juniors, on vous expliquera qu’il faudra travailler pour « notre chère patrie » 12 heures par jour payées 8 heures ! Parallèlement, ces politiciens se livrent à des tractations clandestines pour réconcilier les différents clans bourgeois mafieux de manière à contrôler le mouvement populaire et à éviter qu’il ne se transforme en mouvement de destruction des bases économiques de la bourgeoisie.

Leur plus grande peur est en effet qu’une telle réorientation des luttes débouche, au-delà de la mise à bas du régime actuel dont personne ne veut plus, sur la revendication d’un régime qui remette à l’ordre du jour la perspective d’une société socialiste. Une perspective épouvantable pour les exploiteurs, les arrivistes et les nouveaux candidats à l’enrichissement.

Rejetant ces « conseils », la classe ouvrière, les travailleurs, la paysannerie laborieuse, les couches sociales qui vivent de leur travail, les intellectuels patriotes de progrès doivent faire entendre fortement leurs aspirations de classe. Le mouvement du 22 février sera détourné des attentes populaires profondes si l’on ne barre pas la route aux politiciens des classes affairistes et exploiteuses. Ces « nouveaux guides » cherchent à les tromper pour préserver leurs intérêts de classe égoïstes en remplaçant des hommes haïs par des figures nouvelles.

C’est le moment pour les exploités, pour la jeunesse populaire de poser avec force leurs revendications. Ce sont eux qui souffrent le plus de ce régime mafieux-bourgeois. Ce sont eux qui ont le plus intérêt à s’en débarrasser en extirpant ses racines.
C’est le moment de s’organiser dans des syndicats de classe unitaires et coordonnés, de secouer les chaînes de l’esclavage capitaliste, de se battre pour un gouvernement révolutionnaire véritablement démocratique et populaire, de participer à la création d’un parti révolutionnaire de classe capable de diriger le mouvement populaire, œuvrant pour le socialisme dans la solidarité internationaliste avec les prolétaires de l’ensemble de la planète.

C’est à ces conditions que les victoires démocratiques des masses populaires, qui ne sont pas encore arrachées, ne seront pas confisquées par la bourgeoisie dite « libérale ». Celle-ci redoute surtout que la démocratie aille jusqu’au bout, jusqu’au contrôle des moyens de production et d’échange par les travailleurs. C’est aussi à ces conditions que les intrigues et les manœuvres impérialistes fébriles dont l’un des principaux buts est de s’emparer des richesses pétrolières du pays seront mises en échec. Il serait dangereux de nier ou de sous-estimer la réalité de ce danger.

Zoheir Bessa
03.04.19

http://www.alger-republicain.com/Soulevement-populaire-contre-le.html