ALGERIE

ALGERIE

ESSAIS NUCLEAIRES EN ALGERIE DE FEVRIER 1960 A 1966 ALORS QUE L'ALGERIE ETAIT INDEPENDANTE. LA RESPONSABILITE DE LA FRANCE EST EVIDENTE

Une explosion nucléaire

Essais nucléaires en Algérie: la responsabilité de la France pointée du doigt

CC0 / Creative Commons

INTERNATIONAL

URL courte

221

À l’occasion du 59e anniversaire des essais nucléaires français en Algérie, menés le 13 février 1960, des dirigeants associatifs ont appelé la France à assumer ses responsabilités dans la collecte des déchets radioactifs. Ils ont également mis l’accent sur la nécessité de promouvoir la recherche scientifique dans ce domaine.

La France doit assumer sa responsabilité dans la «collecte de déchets issus de ses essais nucléaires dans le Sahara algérien en 1960», a déclaré El-Hamel Bounaama, le président de l'Association du 13 février 1960. S'exprimant lors d'une conférence publique à Alger, à l'occasion du 59e anniversaire des essais nucléaires français en Algérie, le responsable associatif a mis l'accent sur la nécessité de la prise en charge des personnes récemment contaminées en développant la recherche dans ce domaine.

Il est impératif de mettre en œuvre la «prise en charge immédiate et sérieuse des déchets résultant de ces essais nucléaires», a déclaré M.Bounaama, en soulignant que «cette responsabilité incombe à la France qui garde toujours les cartes de ces essais [à l'exception de celle déclassifiée en 2014, ndlr]».

 

Cancer

CC BY-SA 4.0 / DESTROYER OF FURRIES / CANCER CELL

L’Algérie va se doter d’un nouveau service de médecine nucléaire dans le sud du pays

Évoquant les effets nocifs encore engendrés de nos jours par les déchets nucléaires issus de ces essais, le responsable a appelé à renforcer les recherches scientifiques dans les régions touchées pour déterminer la liste des pathologies induites par ces explosions. Et ce «en vue de permettre aux médecins de chercher les thérapies appropriées, notamment avec l'enregistrement de cas d'atteinte de plusieurs types de cancers», outre «la difficulté à diagnostiquer d'autres types de maladies dues à ces essais», a-t-il expliqué.

 

 

Alger

CC0 / PIXABAY

Alger: «le programme des sciences islamiques dans les lycées engendre des extrémistes»

Intervenant sur le même sujet à l'université des sciences et technologies Houari Boumediene (USTHB), à Alger, le ministre des Moudjahidine (Anciens combattants) Tayeb Zitouni a appelé les chercheurs et spécialistes, ayant travaillé sur ce sujet, «à présenter un compte rendu de leurs recherches en vue de fournir une prise en charge scientifique, juridique, psychologique et sanitaire des effets de ces essais nucléaires».

 

Le 13 février 1960, la France procédait à ses premiers essais nucléaires dans la région de Reggane, dans le Sahara au sud de l'Algérie. Cet essai nucléaire atmosphérique, dont le nom de code était Gerboise bleue, a été suivi par 56 autres jusqu'à 1966. Le 14 février 2014, une carte montrant les sites où ont eu lieu les explosions nucléaires a été publiée par Le Parisien après sa déclassification sur ordre du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 4 avril 2013. Elle fait état de la propagation du nuage radioactif au-dessus de plusieurs pays africains et même au sud de l'Europe.

 

Centrale électro-nucléaire

© SPUTNIK . OULIANA SOLOVIEVA

Alger revendique les droits de l’Afrique à disposer du nucléaire

Quatre ans après cette publication, Sputnik a interrogé le docteur Ammar Mansouri, chercheur en génie nucléaire au centre de recherche nucléaire de Draria (CRND), responsable du dossier des essais nucléaires français en Algérie au sein du Commissariat à l'énergie atomique (COMENA), pour s'exprimer sur les répercussions de ces explosions nucléaires sur la santé des gens et l'environnement. Selon lui, les sites où ont eu lieu ces explosions sont toujours dangereux pour toutes les formes de vie: pour la faune, la flore et la santé des êtres vivants.

Évoquant l'impossibilité pour l'Algérie d'assumer seule la tâche de décontamination d'une zone s'étalant sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés, l'interlocuteur de Spuntik a évoqué la nécessité d'une coopération internationale pour effectuer ce travail.

https://fr.sputniknews.com/international/201902151040038068-algerie-france-essais-nucleaires-responsabilite-collecte-dechets-radioactifs/


 

L'ALGERIE VA SE DOTER D'UN NOUVEAU SERVICE DE MEDECINE NUCLEAIRE

L’Algérie va se doter d’un nouveau service de médecine nucléaire dans le sud du pays

 Depuis 1 jour  12 février 2019

alger

 Algérie - Maghreb - Monde arabe

 

no author

Dans le cadre de sa politique de lutte contre le cancer, l’Algérie va doter son centre de la wilaya d’Ouargla, dans le sud du pays, d’un service de médecine nucléaire, a indiqué le directeur de la Santé et de la population de la ville.

Un nouveau service de médecine nucléaire flambant neuf au Centre régional anticancéreux (CAC) dans la wilaya (région) d’Ouargla, dans le sud de l’Algérie, ouvrira ses portes avant la fin du premier trimestre 2019, selon Fadel Sadek, directeur de la Santé et de la population de cette région, cité par l’Algérie Presse Service (APS). À l’instar de tous les autres services du CAC, celui-ci sera dirigé par une équipe médicale algéro-cubaine.

Le service en question sera doté d’équipements médicaux de haute technologie, consistant en deux appareils caméra-gamma et d’un labo-chaud, a indiqué le responsable.

Selon l’APS, ces nouveaux équipements viennent s’ajouter à l’acquisition en 2019 d’un nouvel accélérateur linéaire et d’un appareil d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) en 2018.

Concernant la mission de ce nouveau service de médecine nucléaire, M.Sadek a affirmé à l’APS que de grands espoirs reposent dessus. En effet, il est appelé à fournir aux cancéreux des analyses et diagnostics médicaux pointus, notamment en termes de dépistage précoce des maladies cancéreuses.

En Algérie, le nombre de personnes atteintes par les différents types de cancers connait une progression inquiétante ces dernières années, selon le docteur Djamila Nadhir, vice-directrice du service des maladies non-transmissibles au ministère algérien de la Santé. Dans un entretien accordé dimanche 3 janvier à la chaine une de la radio nationale, Mme Nadhir met en cause les mauvaises habitudes alimentaires des Algériens, aggravées par la sédentarité. À ceci s’ajoute le tabagisme à l’origine de nombreux cancers des poumons, a-t-elle encore souligné.

Dans ce sens, se référant aux résultats d’une étude coréalisée par l’Algérie et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2017, la responsable a indiqué que seuls 14,9% des Algériens prennent en compte les conseils de l’OMS en matière d’alimentation, à savoir la nécessité de manger trois légumes et deux fruits chaque jour.

En plus des mauvaises habitudes alimentaires, la sédentarité est un facteur aggravant: «La sédentarité [le fait de passer plusieurs heures par jours sans activités physique, ndlr] touche 25% des Algériens, soit un Algérien sur 4», a-t-elle expliqué, d’après la même étude de 2017, en affirmant que les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes. Elles sont une sur trois à être sédentaires, a-t-elle ajouté.

Source: Sputnik

https://french.almanar.com.lb/1250669


 

GUERRE D'ALGERIE : LE SALUT DE L'ECRIVAIN JOSEPH ANDRAS A LA MEMOIRE DU CHAHID FERNAND IVETON

L'Humanité

 

CULTURE

Entretiens

littérature

Rezvan S.

JOSEPH ANDRAS : « UN BOULANGER FAIT DU PAIN, UN ÉCRIVAIN ÉCRIT »

Mardi, 24 Mai, 2016

Le 9 mai dernier, l’auteur recevait le Goncourt du premier roman. Réfutant les prix et l’idée de concurrence, il a décliné les honneurs germanopratins. Toutefois, l’écrivain nous a confié ses motivations, ses idéaux et son travail pour saluer la mémoire de Fernand Iveton (1).

e nos frères blessés est votre premier roman. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à Fernand Iveton ?

Joseph Andras Par intérêt pour l’histoire franco-algérienne. Je me suis rendu à plusieurs reprises en Algérie – pour des raisons familiales –, mais c’est en France que j’ai découvert, presque par hasard, au détour de pages Internet, l’histoire de Fernand Iveton. J’ai voulu en savoir davantage puis, très vite, écrire sur lui.

Les faits sont réels. Comment faire place à la littérature et éviter l’écueil de la simple biographie ?

Joseph Andras J’aurais pu faire œuvre de biographie mais le travail avait déjà, et très bien, été effectué. L’approche littéraire m’a paru évidente au regard des protagonistes, des lieux, de l’imbrication des différents récits. Rendre justice à Iveton, d’autres l’ont fait avant moi ; j’espérais plutôt lui redonner vie, corps, couleurs ou voix – et la forme romanesque a ce privilège. L’écueil dont vous parlez existe en effet : il fallait, tout en restant au plus près des faits historiques et des témoignages existants, ne pas laisser la documentation prendre le pas et écraser les pages de tout son poids. La narration en deux temps m’a rapidement permis de contourner ce problème, en offrant de grands espaces à tout ce qui n’était pas directement « l’affaire Iveton ». C’est un livre politique mais je ne voulais pas utiliser les personnages comme un prétexte pour parler de politique ; ils devaient exister pour eux-mêmes.

Vous citez Einaudi et Stora, comment avez-vous procédé pour la part historique, le travail documentaire ?

Joseph Andras J’avais déjà beaucoup lu sur cette période de l’histoire : j’étais en terrain familier avant de découvrir Iveton. J’ai pu me faufiler assez aisément dans cette époque, sans avoir à souffrir de trop de lectures académiques avant de pouvoir poser le premier mot. Il m’a toutefois fallu m’enrichir de certains textes, très précis – pour des détails, des dialogues, des personnages.

Votre écriture est percutante, vous effectuez de nombreux flash-back, le récit n’est pas linéaire. Est-ce par style ou une manière de relater la densité de la vie d’Iveton ?

Joseph Andras Les flash-back ne sont pas un « style », seulement un outil, un dispositif narratif. J’avais entamé une autre version, au tout début de l’écriture de De nos frères blessés, qui ouvrait le manuscrit sur la mise à mort. Version que je n’ai pas retenue, donc, mais le refus d’un déroulé linéaire et chronologique s’est imposé immédiatement. Je ne voulais pas enfermer le texte dans les salles de torture et les cellules de prison. Il me semblait dommage de réduire Iveton à un corps fracassé, jugé, broyé par l’appareil répressif d’État : raconter ce qu’il était avant la lutte et ses conséquences tenait de la nécessité. Aussi, la figure d’Hélène m’a rapidement semblé capitale : je ne la concevais pas comme « la femme de » ni comme un personnage de second plan ; j’avais à cœur, grâce à ce dispositif, de la faire exister pleinement et de chiffonner le mythe du « héros » seulement mû par le combat, du « martyr » pris dans son marbre. Au fond, le livre parle d’un couple.

Les scènes de torture sont particulièrement âpres. Elles portent à réfléchir et donnent à lire la Question d’Henri Alleg sous une lumière crue. Vous êtes-vous censuré dans l’horreur ?

Joseph Andras Il fallait les montrer sans fard ni précautions, braquer, le temps de quelques pages, la lumière sur ce qu’implique, en termes presque médicaux, ce mot devenu lieu commun dès que l’on parle de l’Algérie. Je ne l’ai pas relu, à dessein, mais je me souvenais, comme d’une réussite, de l’aspect très brut et froid de certains passages de la Question.

À la surprise générale, vous avez remporté le Goncourt du premier roman. Le jury a salué un grand roman et non seulement un grand premier roman. Êtes-vous surpris ou aviez-vous conscience de la « bombe » que vous alliez provoquer ?

Joseph Andras Pour tout vous dire, j’écrivais De nos frères blessés tandis que je recevais les lettres de refus suite à l’envoi de mon premier manuscrit, un roman qui se déroulait entre la Roumanie et l’Union soviétique. Actes Sud m’avait répondu négativement mais ils tenaient à lire mes prochains textes. Je leur ai envoyé le manuscrit sur Fernand Iveton : ils l’ont accepté quelques jours plus tard. J’étais donc loin, bien loin, de m’imaginer que ce texte pourrait faire l’effet d’une « bombe ». Je pensais surtout, imprégné de ces refus, que le caractère très confidentiel de cette seconde histoire n’allait, une fois de plus, pas captiver grand monde.

En dépit des honneurs et des retombées d’un tel prix, vous avez préféré le refuser. Quelles furent vos motivations pour le décliner ?

Joseph Andras J’étais mal à l’aise à l’idée d’être pris, sans avoir rien fait pour cela, dans une « course », une mise en compétition, en concurrence tandis que tout me pousse, au regard de mes conceptions politiques, à refuser ces notions. D’autant que j’ai tendance, en tant que lecteur, à fuir les ouvrages flanqués d’un bandeau rouge. Le livre n’était pas même sorti que je voyais ceci comme un frein à l’indépendance d’écriture que je tiens par-dessus tout à préserver. J’ai demandé à mon éditrice, contre son gré, de leur faire savoir que je les remerciais, en tant que lecteur, pour l’intérêt qu’ils avaient trouvé à ce texte mais que je ne pouvais l’accepter, par simple souci de cohérence, et laisser s’« institutionnaliser » ce récit et les idéaux portés par les personnages. Je me doute que ma réponse sera, ici ou là, mal comprise, déformée, jugée pour ce qu’elle n’est pas : tant pis… J’ai pesé chaque mot, le plus honnêtement possible et sans le moindre goût pour le « scandale ». Il me tarde seulement que nous cessions de parler de tout ceci.

Un « mystère » plane autour de vous. Vous vous tenez éloigné des médias et refusez d’apparaître en public. Pourquoi une telle discrétion ? Les mauvaises langues pourraient vous reprocher un plan marketing bien huilé…

Joseph Andras Il n’y a pas le moindre « mystère », seulement des divagations de journalistes mal inspirés. Un boulanger fait des baguettes de pain, un plombier débouche des canalisations, un écrivain écrit : c’est aussi simple que ça. Tout est dans le livre, je ne vois pas vraiment ce que j’aurais à ajouter de plus. C’est un texte que je propose, c’est donc de littérature qu’il faut parler – et de la guerre d’Algérie dans le cas présent. Tout le reste n’est, à mes yeux, que bruit et agitation. Je comprends à vrai dire assez mal votre question : un écrivain n’est pas une personne de médias, ce sont deux mondes totalement différents. Je vis en Normandie, au calme, je ne connais pas le milieu littéraire et parisien, ne souhaite pas en savoir plus et tiens plus que tout à me concentrer sur mes prochains textes. Il n’y a vraiment rien de mystérieux : ce devrait être on ne peut plus normal – et en rien original. C’est en tout cas ainsi que j’ai toujours aimé les livres et ceux qui les font : sans trop de projecteurs. Voir ceci comme du « marketing » en dit surtout long sur ces gens et notre époque d’image, de spectacle et de médias.

Pourquoi avoir accepté de nous parler ?

Joseph Andras Je lis régulièrement l’Humanité et me suis rendu à plusieurs reprises à la Fête que vous organisez. Fernand Iveton vous lisait également et votre journal revient à plusieurs reprises dans le roman. Je n’ai donc pas hésité une seconde, et vous réponds avec plaisir.

(1) Lire notre critique parue dans notre édition du 12 mai 2016.

Entretien réalisé par Lionel Decottignies

https://www.humanite.fr/joseph-andras-un-boulanger-fait-du-pain-un-ecrivain-ecrit-607707?fbclid=IwAR3CTiLuCkojEes1zqGg3l8qNYGPFgHlB5luBPLN-ihX6rD5sXe4QQU4iFw


 

GUERRE D'ALGERIE : UNE CONTRIBUTION DE MOHAMED REBAH - FERNAND IVETON : A L'AUBE DU 11 FEVRIER 1957

Une contribution de Mohamed Rebah – Fernand Iveton : à l’aube du 11 février 1957

septembre 14, 2016 - 4:07 16 Commentaires

Fernand Iveton. Œuvre de Mustapha Boutadjine.

Je voudrais associer à cet hommage particulier que nous rendons à un Algérien descendant d’immigrés européens, l’ouvrier-tourneur Fernand Iveton, le souvenir de ses frères de combat. Des travailleurs soumis comme lui à l’exploitation coloniale, Ahmed Lakhnèche et Mohamed Ouennouri, morts tous les trois pour le même idéal, le même jour, presqu’à la même heure, à deux et trois minutes d’intervalle, mêlant leur sang chaud au pied de la guillotine. Et, à travers eux, dédier cet hommage à toutes celles et tous ceux qui ont mis leur vie en péril en s’engageant, corps et âme, dans la dure et longue lutte pour l’indépendance nationale.

En évoquant le combat héroïque de l’enfant de la classe ouvrière, Fernand Iveton, nous avons également une pensée pour son compagnon d’armes, Taleb Abderrahmane, l’étudiant en chimie qui a mis ses compétences au service de la patrie, bravant tous les dangers. Il est mort, lui aussi, la tête tranchée par la guillotine. C’était le 24 avril 1958, à l’aube, à 3 heures 17. Il avait 28 ans. Plus d’un millier d’universitaires français de renom étaient intervenus auprès du chef de l’Etat français pour arracher sa grâce. En vain.

Avec l’exécution de Fernand Iveton, le 11 février 1957 à 5 heures 10, sur l’échafaud dressé furtivement au milieu d’une nuit glaciale dans la cour de la prison de Barberousse, dans la Haute-Casbah, le bourreau attitré, Maurice Meyssonnier, descendant d’immigrés européens, patron de bar de son état, était à sa vingt et unième victime parmi les patriotes algériens.

Fernand Iveton était lui aussi descendant d’immigrés européens. «C’était un pied noir typique : père français, mère espagnole», écrit son avocat parisien, Joë Nordmann, dans son livre Aux vents de l’histoire, paru aux éditions Actes Sud, en 1996. Mais «celui-là n’est pas comme les autres», avait dit, un jour, Didouche Mourad à son ami Ahmed Akkache. S’il y en avait beaucoup comme lui, cela aurait changé bien des choses». C’était vers la fin des années 1940, au quartier de La Redoute.

Par «les autres», Didouche Mourad désignait ceux qui, contaminés par le racisme d’Etat, formaient la communauté française. Cette société des «Français d’Algérie» dont parle, l’auteur de La Question, Henri Alleg, dans son livre La guerre d’Algérie : «Si diverse et si contradictoire, écrit-il, (elle) avait au moins une certitude commune qui faisait la force idéologique et politique de la grosse colonisation. Elle ne jouissait de ces «privilèges», pour aussi misérables qu’ils fussent, que parce qu’elle était l’heureuse élite, celle à qui la providence avait confié la tâche de régner sur les indigènes. Cela chacun l’apprenait avant même de savoir lire.»

L’éducation familiale du mépris de l’indigène, du mépris de l’Arabe, était relayée par l’école. L’école publique française – conçue par Jules Ferry – contribua grandement à la construction d’un racisme d’Etat, en Algérie, en instituant une différence de statut entre les enfants européens (section «A») et les enfants indigènes (section «B»), et sa diffusion à travers les livres et les manuels scolaires. C’était dans la logique des choses, car, comme l’écrit le poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, «il n’y a pas de colonialisme sans racisme». Le racisme d’Etat était matérialisé par le code de l’indigénat.

Fernand Iveton est né le 12 juin 1926, à la rue de la Marine, à Alger. Sa famille quitta le quartier pied-noir de Bab El-Oued pour s’installer au Clos Salembier, rue des Lilas, puis rue des Coquelicots où son père, ouvrier électricien, bâtit de ses propres mains une maison. Dans ce grand quartier peuplé majoritairement d’autochtones, où il passa son adolescence et sa prime jeunesse, Fernand Iveton, ouvrier-tourneur à l’EGA (Electricité Gaz d’Algérie), était connu pour ses solides convictions communistes. Les militants du PPA-MTLD, qu’il côtoyait au syndicat CGT des gaziers-électriciens, l’estimaient pour sa droiture.

Il aimait l’ambiance sportive. Le samedi après-midi, on le voyait sur un terrain de football avec ses camarades de travail, algériens et européens, portant les couleurs du club corporatif de l’EGA, affilié à la Fédération gymnique et sportive du travail (FSGT), raconte son camarade de lutte, Maurice Baglietto.

Fernand Iveton avait foi en une Algérie indépendante, juste et solidaire. Il avait suivi le chemin choisi par son père, militant communiste et syndicaliste, ouvrier à la société d’électricité Lebon avant qu’elle ne soit nationalisée en 1946. Il acquit les principes de liberté et d’indépendance nationale à travers les luttes ouvrières menées, côte à côte, avec les travailleurs musulmans, victime comme eux de la répression coloniale.

C’est sur le terrain de ces luttes ouvrières et politiques, qui connurent un essor formidable entre 1947 et 1954, qu’il faut chercher les racines de son intégration à la nation algérienne à laquelle il donna sa vie. D’où cet hommage particulier.

Par sa forte concentration intérieure, Fernand Iveton était de cette élite ouvrière européenne qui a pu se dégager de la mentalité colonialiste. «Il avait très tôt assimilé cette notion d’indépendance, à l’image d’autres Européens militants du PCA, comme Henri Maillot, Maurice Laban, Maurice Audin et d’autres. A ses yeux, la seule issue pour les Européens était de se détacher du système colonial», témoigne l’auteur de La Question, Henri Alleg.

Fernand Iveton s’engagea dans la lutte armée avec la création, en juin 1955, des Combattants de la libération – la branche armée du PCA. A sa dissolution, en juin 1956, suite à l’accord PCA-FLN, il intégra, avec ses camarades, les rangs du FLN, guide unique du combat libérateur. Il fut membre du groupe d’action du Champ de Manœuvres dirigé par l’ouvrier métallurgiste à l’usine Neyrpic et syndicaliste, M’hamed Hachelaf.

A propos de son activité, Jacqueline Guerroudj, rescapée de la guillotine, relate dans son livre-témoignage Des douars et des prisons : «L’objectif des fedayin, clairement exprimé, était, selon l’idée émise par Fernand Iveton qui connaissait bien les lieux à l’usine à gaz du Hamma où il travaillait, de placer des bombes sous les tuyaux à un endroit choisi pour que les dégâts empêchent l’usine de fonctionner, privant ainsi Alger d’électricité».

Jacqueline Guerroudj, qui assurait la liaison au sein du groupe, remit à Fernand Iveton les deux bombes réglées par l’étudiant en chimie, Abderrahmane Taleb, pour exploser à 19 heures 30, à l’heure où l’usine est totalement vidée de son personnel. Mais sa musette ne pouvant les contenir toutes les deux, il ne put en prendre qu’une seule. En arrivant à l’usine, il mit sa musette (un sac de sport) dans son placard. Le contremaître, qui le surveillait de près, entendit le tic-tac du réveil et courut alerter la police. Fernand Iveton, arrêté sur-le-champ, fut immédiatement conduit au Commissariat central d’Alger.

Nous sommes le mercredi 14 novembre 1956. Fernand Iveton est soumis, durant trois jours, à d’atroces tortures, tortures relatées dans un mémoire qu’il remit à son avocat, Joë Nordmann.

Le 25 novembre 1956, le tribunal militaire d’Alger prononce à son encontre la peine de mort, «au motif qu’il avait voulu faire sauter Alger», selon les propres mots de Jacques Soustelle, ancien gouverneur d’Algérie. Le procès se déroula dans un climat de haine raciale, alimenté et dirigé par des groupes fascistes, partisans féroces de l’Algérie française, qui avaient créé, en janvier 1956, un comité de défense et d’action pour l’Algérie française, berceau de l’OAS.

A l’aube du 11 février 1957, soit 80 jours à peine après son procès, la lame de la guillotine, ce procédé sauvage, symbole de la barbarie fasciste, s’abat sur sa nuque. Dans le couloir qui le conduisait à l’échafaud, Fernand Iveton lança un vibrant «l’Algérie libre vivra !».

C’est un des descendants de ces oiseaux de proie qui se sont abattus sur nos rivages dès 1831, «des trafiquants, aventuriers, spéculateurs, pègre des ports méditerranéens de France, d’Espagne, d’Italie, de Grèce, de Malte…, le patron de bar, Maurice Meyssonnier, qui fit tomber la lame. 

Le recours en grâce avait été refusé à Fernand Iveton, le 10 février 1957, par le président de la République française, René Coty, en accord avec le Garde des sceaux, François Mitterrand, et le secrétaire général de la SFIO, Guy Mollet, président du conseil.

C’était la période où la «question algérienne» était inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU. Le socialiste Guy Mollet avait adressé, au mois de janvier, une lettre ouverte à cette haute institution internationale, dominée par les Etats membres de l’Otan sous la houlette des Etats-Unis, pour dire que la guerre d’indépendance conduite par le FLN était, en fait, dirigée par les communistes à partir de Moscou. Il voulait ainsi créer un climat général de peur en exagérant la présence des communistes dans l’Armée de libération nationale.

Pour le gouvernement français dominé par les socialistes de la SFIO, qui s’appuyait sur la communauté européenne raciste pour garder l’Algérie française, la décapitation rapide du fidaï Fernand Iveton devait absolument servir d’exemple.

La mort de Fernand Iveton fut effectivement un exemple. Un exemple qui «éclaira la route» de milliers d’autres jeunes patriotes dans la longue lutte pour briser les chaînes séculaires de la servitude.

Au greffe, Fernand Iveton, calme et détendu, prononça ces paroles recueillies par son avocat, Maître Albert Smadja : «La vie d’un homme, la mienne, ne compte pas. Ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir.» Ultimes paroles qu’il laisse comme un message-testament aux générations qui auront à bâtir l’Algérie indépendante.

Avant d’aller au supplice, il embrasse ses frères de combat, Ahmed Lakhnèche et Mohamed Ouennouri, clamant, tous les trois, à l’unisson «vive l’Algérie libre !». Le cri des trois fedayin fut repris en chœur par la prison tout entière. Partis des terrasses des maisons de la Casbah voisine, parvinrent à la prison le chant patriotique Min djibalina et les youyous des femmes admirables de courage.

De cet homme aux vues lointaines, son avocat, Maître Joë Nordmann, garde un souvenir fervent. «Sa droiture, sa clarté d’esprit, sa fidélité aux principes de liberté et d’indépendance, écrit-il dans ses mémoires, m’impressionnèrent beaucoup lorsque, pour la première fois, je le rencontrai à la prison Barberousse d’Alger. Il avait trente ans». Dans une lettre écrite de prison à son épouse, Fernand Iveton dit en substance : «Pour l’Algérie de demain, avec la lutte de classe qui s’annonce, nous avons besoin de tous les camarades».

Ses fidèles compagnons de lutte ne l’oublient pas. Chaque année, à la date du 11 février, ils se recueillent sur sa tombe, au cimetière de Saint-Eugène (aujourd’hui Bologhine) pour évoquer son courage exceptionnel.

Du fond de sa cellule de Serkadji, juste après la sauvage décapitation par la guillotine de Fernand Iveton, Ahmed Lakhnèche et Mohamed Ouennouri, Annie Steiner écrit :

Ce matin ils ont osé
Ils ont osé
Vous assassiner
C’était un matin clair
Aussi doux que les autres
Où vous aviez envie de vivre et de chanter
Vivre était votre droit
Vous l’avez refusé
Pour que par votre sang d’autres soient libérés
Que vive votre idéal
Et vos sangs entremêlés
Pour que demain ils n’osent plus
Nous assassiner

Mohamed Rebah
Chercheur en histoire, auteur
Communication au Centre culturel algérien à Paris, décembre 2011

 

https://www.algeriepatriotique.com/2016/09/14/une-contribution-de-mohamed-rebah-fernand-iveton-a-laube-du-11-fevrier-1957/?fbclid=IwAR0-uPy8-miYpCQ2Qe3p35D-iEYwndDxyG1tddc_nfMeSfikIjmqxAM3Rmg


 

Pour ne jamais oublier

 

Au petit matin du 11 février 1957, Fernand Iveton est guillotiné, exécuté à la prison Barberousse à Alger, en même temps que les deux autres patriotes algériens Mohamed Ounnouri et Ahmed Lakhnache.

"Fernand Iveton est né à Alger le 12 juin 1926. Il a un peu plus de trente ans quand il est guillotiné le 11 février 1957 à la prison de Barberousse d’Alger.

Le père, Pascal, enfant recueilli par l’Assistance Publique avait reçu le nom patronymique d’Iveton. Pascal vécut dans un quartier populaire d’Alger, le Clos Salembier (aujourd’hui El Madania). Communiste et syndicaliste, Pascal Iveton fut révoqué sous le régime de Vichy de son emploi à Électricité et Gaz d’Algérie (EG.A.).

Fernand, son fils, suivit son exemple en devenant employé de l’usine à gaz d’El-Hamma au Ruisseau. En 1943, il adhère à la section de la Redoute (un quartier proche du Clos Salembier) des jeunesses communistes. Il milite aux côtés d’Henri Maillot et Ahmed Akkache au sein de cette section. Quand L’Union de la Jeunesse Communiste Algérienne est dissoute pour faire place à l’Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne qui rassemblera dans ses rangs des jeunes communistes et nationalistes et d’autres patriotes, Fernand Iveton rejoindra le cercle de la redoute de l’UJDA. Il militera également au sein des syndicats d’Algérie affiliés à la CGT de France (Confédération Générale du Travail) puis à l’UGSA (Union Générale des Syndicats Algériens) organisation syndicale algérienne qui demeurera affiliée à la CGT. Il sera désigné par les travailleurs de l’usine à gaz du Hamma comme délégué syndical.

En 1953, il épouse Hélène Ksiazek, une Polonaise émigrée en France, qu’il connut lors de l’un de ses séjours en région Parisienne. Son épouse le rejoint et ils s’installeront au Clos Salembier.

En juin 1955 il s’intègre dans les groupes armés des Combattants de la Libération au côté de Abdelkader Guerroudj, Félix Collosi, Mohamed Hachelaf, Yahia Briki, Georges Accampora et d’autres camarades communistes.

Après l’Accord FLN-PCA les Combattants de la Libération sont intégrés dans l’ALN-FLN, il fera partie du commando du Grand Alger. Après avoir participé à plusieurs actions (sabotages de wagons sur le port, incendie des Bouchonneries Internationales) il sera chargé de placer une bombe à l’usine à gaz du Hamma. Elle est déposée le 14 novembre 1956. Mais tout prouve qu’il a pris toutes ses précautions pour que la bombe ne cause que des dommages matériels. À ce propos Pierre Vidal-Naquet écrit dans sa préface à l’ouvrage de jean Luc-Einaudi « Pour l’exemple. L’affaire Fernand Iveton. Enquête » ce qui suit : « Iveton ne voulait pas d’une explosion-meurtre. Il voulait une explosion témoignage. »

Dans son ouvrage « Des douars et des Prisons » Jacqueline Guerroudj qui lui a apporté la bombe fabriquée par Abderahmane Taleb et Daniel Timsit raconte qu’elle était chargée de lui donner deux bombes. Le 25 novembre 1956, onze jours seulement après son arrestation il est passé devant le tribunal. « Dans une atmosphère de pogrom » est-il écrit dans « La guerre d’Algérie » tome 2, page 364 (ouvrage sous la direction d’Henri Alleg). Il est condamné à mort au cours d’une parodie de procès « dans un prétoire où montaient des cris de haine et de mort ».

Le ministre français de la Justice de l’époque, François Mitterrand, et le président de la République Française refuseront de le gracier après la demande introduite par ses avocats. Le 11 février 1957 au petit matin il sera guillotiné en même temps que deux autres patriotes algériens. « Fernand Iveton, Mohammed Ouennouri et Ahmed Lakhnèche marchent courageusement au supplice. Les 3 hommes s’embrassent et clament « Vive l’Algérie libre ! » au pied de la guillotine tandis que, de la prison tout entière, s’élève un grand cri de solidarité, de colère, d’espérance. Les détenus politiques pleurent, entonnent des chants patriotiques, ébranlent de leurs poings les portes des cellules. »

Dans sa dernière lettre à son avocat Joe Nordmann, Iveton déclare : « Pour moi, seuls la lutte de notre peuple et l’appui désintéressé du peuple Français sont les gages de notre libération. » William Sportisse

L’image contient peut-être : 1 personne

 

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2107065879376350&id=100002188759776

 

 

ALGERIE : BOUTEFLIKA OFFICIELLEMENT CANDIDAT A UN CINQUIEME MANDAT

Algérie : le président Abdelaziz Bouteflika officiellement candidat à un cinquième mandat

Algérie : le président Abdelaziz Bouteflika officiellement candidat à un cinquième mandat

 

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle d'avril prochain dans un message adressé à la nation diffusé ce 10 février par l'agence Algérie Presse (APS), l’agence de presse officielle.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, est candidat à la présidentielle du 18 avril, lors de laquelle il briguera un cinquième mandat, a annoncé ce 10 février l'agence de presse officielle APS. Selon l'APS, le chef de l'Etat algérien, au pouvoir depuis 1999, a annoncé sa candidature dans un message à la Nation transmis à l'agence, qui le diffusera ultérieurement dans la journée.

 

Détails à suivre...

https://francais.rt.com/international/58995-algerie-president-abdelaziz-bouteflika-officiellement-candidat-cinquieme-mandat


 

QUE FONT LES TERRORISTES SYRIENS DE L'ASL EN ALGERIE ?

Que font des miliciens syriens de l’ASL en Algérie ?

 Depuis 3 heures  3 janvier 2019

miliciens_syriens

 Algérie - Maghreb - Monde arabe

 

Rédaction du site

Le directeur chargé de l’immigration au sein du ministère algérien de l’Intérieur, Hacene Kacimi, a annoncé, le 2 janvier 2019, que l’Algérie s’affronte à « un grand complot ourdi par des parties régionales » qui organisent l’entrée illégale des terroristes syriens en Algérie, via le Niger et le Mali avec des passeports soudanais.
Selon le site en ligne alérien francophone Algérie patriotique, M. Kacimi a indiqué: « Nombre d’anciens soldats de l’armée syrienne qui s’étaient infiltrés clandestinement en Algérie entretenaient des relations avec des officiers supérieurs de l’ASL, une milice créée par des puissances étrangères en 2011 en vue de renverser le gouvernement syrien. »
Il a ajouté que l’armée algérienne surveillait de près les agissements suspects le long des frontières du sud de l’Algérie pour empêcher l’infiltration des terroristes venus de Syrie.

Hacene Kacimi rappelle qu’une centaine de Syriens étaient arrivés, il y a quelques semaines, aux frontières sud de l’Algérie, escortés par des hommes armés locaux mais  ont vite été repérés et expulsés.  Il précise que ces faux réfugiés étaient passés soit par la Turquie, la Jordanie, l’Egypte ou le Soudan et étaient munis de faux passeports soudanais. «Il s’agit assurément d’un réseau criminel, souligne le responsable du ministère de l’Intérieur, et il nous faudrait redoubler de vigilance pour les empêcher de pénétrer le territoire algérien.»

Pour sa part, le journal algérien arabophone El-Massa (presse publique) a cité des sources sécuritaires selon lesquelles, certaines puissances régionales qui avaient des rôles très actifs dans le développement des activités terroristes au Moyen-Orient, essaient maintenant de transférer une partie des terroristes qu’ils soutenaient en Syrie et en Irak vers d’autres pays, notamment en Afrique du Nord.
Le retour tôt ou tard d’au moins 5 600 membres de Daech vers les pays de l’Afrique du Nord serait une source d’insécurité et d’instabilité pour ces pays, rapporte le journal ajoutant que la Tunisie et l’Algérie seraient plus menacées.

Récemment, le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, avait mis en garde, lui aussi, contre le retour des membres de Daech vers leurs pays d’origine, en soulignant que le nombre de daechistes originaires d’Algérie serait moins important que ceux provenant d’autres pays de l’Afrique du Nord.

Quant au site en ligne de la télévision iranienne Press Tv, il n’a pas écarté l’éventualité que les Etats-Unis soient impliqués dans ces déplacements louches d’autant qu’ils encerclent ce pays à l’aide de trois bases militaires en Libye, en Tunisie, et au Niger et veulent coopérer avec la France au G5 Sahel.
L’Algérie serait mal vue par Washington du fait entre autre qu’elle entretient de bonne relations aussi bien avec la Russie qu’avec la Chine.

 

Source: Divers

https://french.almanar.com.lb/1198419


 

L'ALGERIE PARMI LES PAYS PRIORITAIRES DE LA RUSSIE POUR SA COOPERATION TECHNICO-MILITAIRE

L’Algérie parmi les pays prioritaires de Moscou pour sa coopération technico-militaire

 Depuis 5 heures  18 décembre 2018

algerie

 Amérique et Europe - Russie

 

Dressant le bilan de l’année écoulée, le ministre russe de la Défense a énuméré les pays auxquels la Russie donne la priorité dans le domaine de la coopération militaire et technique. Selon Sergueï Choïgou, il s’agit toujours de la Chine, de l’Algérie, de l’Inde, du Vietnam et de l’Égypte.

«Les événements dédiés à la coopération militaire ont concerné cette année 98 pays. Dans le domaine de la coopération technico-militaire, la Chine, l’Inde, l’Égypte, l’Algérie et le Vietnam sont restés nos partenaires prioritaires. Nous avons accru les contacts militaires au sein de l’ASEAN», a déclaré mardi le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou lors d’une réunion du conseil d’administration du département militaire.

À la mi-novembre, lors de sa visite à Alger, Viktor Bondarev, président du comité de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération de Russie (chambre haute du parlement russe) a discuté de la coopération militaire entre la Russie et l’Algérie avec des représentants du ministère algérien de la Défense.

Selon M.Bondarev, la possibilité de la création d’une entreprise conjointe de fabrication, de réparation, de prolongation de la durée de vie et d’élimination des munitions guidées et non guidées en Algérie a été examinée. En outre, la Russie envisageait de renforcer ses livraisons d’armes en Algérie.

 

Source: Sputnik

https://french.almanar.com.lb/1176276


 

IL N'EST PAS EXCLU QUE L'ALGERIE REJOIGNE LE GROUPE DES BRICS D'ICI A 2030

Algérie

L'Algérie pourrait-elle rejoindre le groupe des BRICS d'ici à 2030?

© AP Photo / Toufik Doudou

INTERNATIONAL

URL courte

3162

D'ici à 2030, l'Algérie pourrait éventuellement intégrer le club des BRICS grâce aux projets qui sont appelés à faire d'elle «une puissance économique dans la région méditerranéenne», a affirmé, cité par El-Moudjahid, le directeur de l'École nationale supérieure de sciences politiques de l'Université d'Alger 3.

Il n'est pas à exclure que l'Algérie puisse rejoindre, d'ici à 2030, le groupe des BRICS, a déclaré le directeur de l'École nationale supérieure de sciences politiques (ENSSP) de l'Université d'Alger 3, Mustapha Saïdj, cité par le quotidien algérien El-Moudjahid, évoquant notamment les projets phares engagés par le pays en vue de le transformer en «une puissance économique dans la région méditerranéenne».

 

Vladimir Poutine à la conférence de presse à l'issue du sommet des BRICS à Johannesburg, le 27 juillet 2018

© SPUTNIK . VLADIMIR ASTAPKOVITCH

Poutine explique pourquoi les BRICS devraient renforcer leur influence au FMI

Toujours d'après le journal, l'universitaire a souligné que ces nouveaux projets, qui prévoient notamment la construction d'une nouvelle aérogare internationale et la diversification de l'économie nationale, permettraient à l'Algérie d'intégrer le cercle des «nations émergentes».

 

S'exprimant à l'occasion de la signature, jeudi à Alger, d'une convention de partenariat entre l'ENSSP et l'Université des études internationales de Shanghaï, M.Saïdj a déclaré, toujours selon le journal, que le partenariat bilatéral dans la recherche scientifique et universitaire s'inscrivait dans le cadre de l'accord de partenariat stratégique signé entre les deux pays en 2014.

«Ce partenariat commence à donner ses fruits. En effet, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays avoisine annuellement les 10 milliards de dollars», a noté, cité par le quotidien, Mustapha Saïdj, rappelant que l'Algérie avait été le premier pays arabe à signer l'accord de partenariat stratégique avec la Chine.

Le directeur de l'Université des études internationales de Shanghaï, Li Yan Song, a constaté pour sa part que des accords du genre devraient devenir plus nombreux dans les relations bilatérales qu'il a qualifiées de «hautement stratégiques», a noté El-Moudjahid, ajoutant que Pékin avait une «réelle» volonté d'instaurer un partenariat «gagnant-gagnant», «sans conditions préalables».

https://fr.sputniknews.com/international/201812151039320902-algerie-brics-perspectives/


 

CHEMS EDDINE CHITOUR: ALGERIE - 11 DECEMBRE 1960: LE TOURNANT DECISIF

Algérie – Le 11 décembre 1960 : le tournant décisif

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 13 décembre 2018

Région : 

Thème: 

Analyses: 

 «Un seul héros le peuple» Slogan à l’indépendance

Cette citation répétée à l’infini a été vidée de son signifiant au fil du temps, à tel enseigne que l’on constate un hold-up sur la glorieuse révolution par, à la fois, les révolutionnaires de la vingt-cinquième heure, les martiens d’Algérie, et une nouvelle caste qui n’a aucun rapport avec la glorieuse révolution, mais qui se veut la seule dépositaire de ce patrimoine commun.

C’est un fait que pendant plus de 50 ans l’apport multiforme du peuple dans toute ses composantes a été minoré du fait que la visibilité a été donnée à une vision uniquement militaire de la guerre de libération. Et pourtant, sans le peuple, au premier rang duquel la femme algérienne, il n’y aurait pas eu d’indépendance. 

Le moment est venu de restituer à chacun son dû. S’il faut s’incliner humblement devant les chahids de la révolution devant les souffrances des moudjahidine, nous ne devons avoir aucune dette avec leurs descendants, cinquante ans après. Cela ne vient pas d’une quelconque frustration, mais il faut bien convenir qu’à trop galvauder la glorieuse révolution comme le fait le FLN post-1962, il n’en restera rien, mieux encore, il amènera un phénomène de rejet des jeunes pour avoir trop voulu exploiter la détresse des moudjahidine; on en a fait un fonds de commerce! A tel point que pour perpétuer l’exploitation du râtelier de la République on a créé le concept de famille révolutionnaire intimant par-là, le fait que les «autres» ceux qui ne le sont pas, sont des traîtres. C’est à se demander ce que c’est que la famille révolutionnaire au XXIe siècle Quelle est sa valeur ajoutée? Quel est son apport à l’Algérie du futur? 

Et pourtant, sans le peuple qui a donné ses meilleures filles et ses meilleurs fils à la révolution, point de victoire! A voir ce que sont devenus toutes celles et ceux qui ont fait la révolution et qui disent qu’ils n’ont fait que leur devoir à l’instar de ce professeur de mathématiques à l’Ecole polytechnique de Paris qui a quitté les bancs de l’université en 1956, est monté au maquis, a fait la révolution jusqu’en 1962, a repris ses études à Paris, a soutenu une thèse d’Etat en mathématiques et a enseigné à Polytechnique Paris. interviewé, il eut une seule réponse toute mathématicienne. «Le pays m’a appelé, j’ai fait mon devoir. Point.»
Combien sont-ils d’universitaires, de médecins, du corps médical, du théâtre, de la glorieuse équipe de football qui a fait résonner l’hymne national dans tous les stades du monde plus de 80 fois avec une grande majorité, cette équipe oubliée de Zitouni Makhloufi, Maouche, Bentifour, et tant d’autres qui ont tout quitté comme situation sociale acquise durement en France, tout ceci pour le pays. 

Combien d’acteurs et d’hommes de théâtre avec Mustapha Kateb qui ont expliqué la révolution algérienne par des pièces extraordinaires. Ces citoyens lambda qui, chacun à sa façon, a fait ce qu’il a pu sans rien demander en échange. Les rares survivants qui sont dans la détresse, loin du scandale de cette famille révolutionnaire.

Les Algériennes en première ligne 

On aura tout dit de cette date vue comme un accélérateur de la cause légitime de la révolution. Ces femmes qui confectionnaient des drapeaux pour aller manifester, que personne n’encadrait ni ne leur avait donné de consignes; la plupart des femmes avaient oeuvré, incognito, pour la révolution. Leur prise de conscience leur faisait comprendre que la seule issue était de se battre pour l’avenir de l’Algérie. 

«Les Algériennes ont été en première ligne des manifestations, elles ont aussi porté toute une part invisible de l’auto-organisation des soulèvements. Les enterrements des martyrs, qui permettaient de faire partir de nouvelles manifestations après les mises en terre, étaient aussi organisés principalement par des femmes. Dans le même temps, des centres de soins étaient installés dans des appartements ou des mosquées, avec des médecins et des infirmières algériens. Des cantines de rue permettaient à tous de manger dans les quartiers bouclés. Dans toutes ces expériences, on retrouve l’implication déterminée des femmes, des enfants et des anciens, et en général des civils jusque-là considérés comme la «population à conquérir» par les états-majors politiques et militaires français et par certaines fractions du FLN/ALN». (1)

L’issue de l’indépendance 

«Les fractions dominantes de l’armée française maintiennent que l’État s’est fait submerger parce qu’il n’aurait pas laissé l’armée s’engager dans la contre-insurrection. Or presque partout, les troupes ont été déployées et avec l’accord des autorités politiques, elles ont tiré et tué. Elles ont raflé et torturé. Les méthodes de guerre policière n’ont pas été empêchées par l’État gaulliste, mais débordées par le peuple algérien. Les autorités françaises reconnaissent alors officiellement 120 morts, dont 112 Algériens et des centaines de blessés, indique l’historien Gilbert Meynier. Des dizaines de colonisés, dont des adolescents ont été arrêtés, «interrogés» et pour certains ont «disparu» dans les jours et les semaines qui ont suivi». (1) 

Mathieu Rigouste va plus loin; il décrit la genèse du mouvement et les atermoiements du général de Gaulle sous l’emprise de colons prêts à tout pour garder «leur Algérie»:

«Le 11 décembre 1960, trois ans après la bataille d’Alger, de gigantesques manifestations du peuple algérien ont débordé la répression militaire française et changé le cours de la révolution algérienne. Alors que l’armée a largement démantelé le Front de libération nationale (FLN) dans les villes et les maquis de l’Armée de libération nationale (ALN), c’est une multitude de colonisés anonymes qui submerge l’ordre colonial. Avec souvent des anciens, et en première ligne des femmes et des enfants venus par milliers des bidonvilles et des quartiers ségrégués, le peuple algérien surgit au coeur des centres-villes coloniaux; drapeaux, banderoles et corps en avant. La répression est comme d’habitude terrible, elle n’a cependant pas réussi à soumettre.» (2) 

«Le général de Gaulle avait prévu un séjour en Algérie du 9 au 12 décembre 1960 pour promouvoir son projet néocolonial de «troisième voie», nommé «Algérie algérienne». Calqué sur les modèles imposés dans les anciennes colonies françaises, il consistait à placer au pouvoir une classe dirigeante inféodée à l’État français et chargée de mettre en oeuvre une nouvelle forme de vassalisation économique. Le 8 décembre, De Gaulle annonce qu’un référendum sur l’autodétermination sera organisé le 8 janvier 1961. Le FAF diffuse des tracts appelant à la grève et à l’action. (…) Un imposant dispositif de gendarmerie mobile et de policiers des compagnies républicaines de sécurité (CRS) est mis en place à Alger Le lendemain, De Gaulle atterrit près de Tlemcen. (…) C’est donc rue de Stora (devenue rue des frères Chemloul) à Oran ou rue de Lyon (Belouizdad) à Alger, qu’éclatent, le 10 décembre, les premières révoltes et c’est là aussi que se forment les premiers cortèges de colonisés insurgés. Les soulèvements naissent ainsi sur les frontières urbaines de la ségrégation coloniale». (2) 

Mostefa Hadj, un résistant oranais présent, raconte:

«Dès que l’alarme a été donnée, tous les habitants du quartier de M’dina J’dida se sont mis en autodéfense en scandant ‘Allahou Akbar », encouragés par les femmes et leurs youyous assourdissants. Elles s’étaient installées sur les terrasses et balcons en amassant toutes sortes de projectiles: bouteilles, gourdins, pierres, tuiles… prêtes à toute éventualité. (…) C’est avec une spontanéité extraordinaire que les Algériens des autres quartiers ont répondu à l’appel». «L’armée et la police utilisent des haut-parleurs pour exiger des colonisés qu’ils rentrent dans leurs quartiers, tandis que les ultras sillonnent les rues et klaxonnent inlassablement le rythme ponctuant les cinq syllabes «Al-gé-rie-fran-çaise». En réponse, et en dépit des barrages militaires et policiers qui bouclent plusieurs quartiers, les femmes accompagnent de leurs youyous les déplacements des colonisés, dont les cortèges affluent de partout. À Alger, les premières révoltes à Belcourt sont suivies par celles des habitants du bidonville de Nador. Des cortèges de femmes prennent la tête des manifestations et enfoncent des barrages militaires (…) En un après-midi, cette «flamme de Belcourt» s’étend aux quartiers populaires de la périphérie d’Alger puis, dans les jours qui suivent, elle gagne Constantine, Annaba, Sidi Bel Abbès, Chlef, Bône, Blida, Béjaïa, Tipasa, Tlemcen… Pendant près d’une semaine, des soulèvements, auto-organisés dans la spontanéité, se confrontent à des méthodes de répression impitoyables de la part de l’État et des ultras.» (2) 

«Les manifestations de décembre conclut Mathieu Rigouste forcent le général de Gaulle à abandonner son projet de «troisième voie» et renvoie les ultras à leurs conspirations. Cette séquence a fortement influencé le schéma répressif mis en oeuvre le 17 octobre 1961 à Paris par le préfet de police Maurice Papon, ancien «inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire en Algérie6». Des milliers d’Algériens de tous âges, venus des bidonvilles et des quartiers populaires pour manifester contre le colonialisme et le racisme seront raflés, tabassés, internés et plusieurs dizaines tués ce soir-là par la police en plein Paris. Après les soulèvements, l’étau militaire est desserré dans les montagnes, Charles de Gaulle ordonne l’arrêt des exécutions, abandonne le projet de «troisième voie» et doit se résoudre à négocier avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Le 19 décembre, l’Assemblée générale des Nations unies vote la résolution 1573 (XV) reconnaissant au peuple algérien son droit «à la libre détermination et à l’indépendance»(2).

Le peuple toujours aux avant-postes

Il serait mal venu de minimiser le rôle du peuple à l’occasion d’un autre engagement du peuple. Un rare témoignage de Saâd Dahleb, un historique de la Révolution dans son ouvrage Mission accomplie nous éclaire «Sur la grève des huit jours qui paralysa Alger et déchaîna les paras, elle fut décidée, pour renforcer la position du FLN et démontrer au monde que le peuple algérien dans son ensemble réclamait son indépendance, au moment où allait s’ouvrir à l’ONU le débat sur l’Algérie. L’idée de la grève et de sa durée de 8 jours? La première proposition était de Ben M’hidi, quant à la durée de 8 jours.

«Ben M’hidi défendait avec fougue l’idée de faire la grève pendant un mois. (…) lorsque je m’aventurai à proposer plutôt un ou deux jours. Personne d’ailleurs ne me répondit et je battis en retraite sans discussion.» Eut-il été entendu, on aurait évité tant de morts à Alger, tant de tortures, tant d’arrestations et peut-être aussi l’emprisonnement, puis l’assassinat de Ben M’hidi.» Pourtant, pour Dahlab, vivre au maquis est moins risqué qu’en ville: «Malgré les privations et les dures conditions de vie du maquis, je ne sentais guère la peur et l’angoisse, qu’il me fallait vaincre tous les jours à Alger. Le maquisard risque la mort. Il est fixé pour ainsi dire sur son sort. Mais il fait face à l’ennemi avec les mêmes armes. En ville, le militant est désarmé et évolue dans l’inconnu. L’inconnu est égal à la terreur.» (3)

Ce que nous retenons de la barbarie de ce jour là 

Au-delà des morts et des bléssés,  Les autorités françaises reconnaissent alors officiellement 120 morts, dont 112 Algériens et des centaines de blessés, indique l’historien Gilbert Meynier. C’est l’image de l’innocence qui nous interpelle en la personne de cette enfant la petite Saliha Ouatiki, 12 ans, tombée sous les balles meurtrières des forces de répression françaises, car figurant dans le premier rang des contestataires. A un certain moment, les bérets rouges ont atteint  d’une balle son thorax et bien qu’une ambulance soit vite arrivée, la fillette ne tarda pas à rendre l’âme   Le jeune homme qui a pris sur ses épaules la petite Saliha pensait que le sang qui giclait de la poitrine de celle-ci était le sien. Il n’avait pas encore réalisé que la fillette avait été touchée la jeune  fillette, portée sur les épaules d’un jeune homme et brandissait le drapeau national… 

Conclusion: 

La guerre fut atroce le peuple algérien en paya le prix et du fait de l’impunité- amnistie-  les tortionnaires et les assassins ne rendront jamais compte.  Par ailleurs,  dans cette Algérie qui peine à se déployer du fait des pesanteurs de l’histoire et de l’omerta des gouvernants  le moment est venu de déconstruire des récits épars, certains injustes, d’autres délibérément faux pour faire apparaître une version de la révolution qui sert «les élites du moment». Mais le chantier de l’écriture de l’histoire reste à faire. Un récit national qui ne fait l’impasse sur aucune zone d’ombre est le plus sûr moyen enfin, de divorcer avec cette apesanteur de nos jeunes qui les cloue sans racine qui leur permettrait d’aller vers le futur avec une mentalité de vainqueurs.

Pr. Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Photo en vedette : Algérie Info

Notes

1.https://reseauinternational.net/decembre-1960-quand-le-peuple-algerien-se-soulevait-contre-le-colonialisme/
2.Mathieu Rigouste https://orientxxi.info/magazine/decembre-1960-quand-le-peuple-algerien-se-soulevait-contre-le-colonialisme,1613
3.https://www.tsa-algerie.com/saad-dahlab-ben-bella-a-brise-lunite-du-peuple/

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/305515-le-tournant-decisi.html

 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018

https://www.mondialisation.ca/algerie-le-11-decembre-1960-le-tournant-decisif/5629527


 

L'AFRIQUE, EN PARTICULIER L'ALGERIE, DANS LE VISEUR DE L'ARMEE US?

Soldats US

L’Afrique, et en particulier l’Algérie, seraient dans le viseur de l’armée américaine

© AP Photo / Mindaugas Kulbis

INTERNATIONAL

URL courte

23542

À l’opposé de ce qui a été annoncé par le Pentagone, l’armée américaine renforce sa présence en Afrique pour contrer l’influence chinoise, russe et française, a récemment révélé The Intercept, indiquant que l’Algérie, allié stratégique de la Chine et de la Russie sur le continent, était entourée de trois sites militaires américains.

Contrairement à l'annonce faite le mois dernier par le Pentagone de réduire de 10% le nombre de militaires déployés en Afrique dans les prochaines années, pour se concentrer sur les menaces russe et chinoise, un rapport publié récemment par le magazine The Intercept va à contre-pied de cette affirmation. En effet, se basant sur des documents du Commandement des États-Unis pour l'Afrique (AFRICOM), déclassifiés récemment dans le cadre de la loi Freedom of Information Act, l'enquête de ce média a montré que l'Algérie, l'un des principaux alliés de la Russie et de la Chine en Afrique, était encerclée par trois bases militaires américaines. Plus encore, les États-Unis sont en train de se déployer massivement d'un point de vue militaire sur le continent africain, a ajouté la même source.

Dans un entretien accordé le 4 décembre à l'AFP, le général Roger Cloutier, le commandant des forces de l'armée de terre américaine en Afrique (USARAF) a confirmé les conclusions de l'enquête de The Intercept. «Non, nous ne nous désengageons pas», a déclaré le haut gradé. «Nous sommes plus engagés que jamais, et nous cherchons de nouvelles occasions de nous impliquer encore davantage», a-t-il encore ajouté.

 

Acier

© REUTERS / KIM KYUNG-HOON

Exportation d’acier vers les USA: quand le malheur des uns fait le bonheur de l’Algérie

Selon l'article du média américain, les États-Unis ont déployé leurs militaires dans trois pays limitrophes de l'Algérie que sont la Libye, la Tunisie et le Niger. La Libye accueille au moins trois avant-postes de l'AFRICOM, alors que la Tunisie est l'hôte d'une base de drones, d'où l'armée US mène des opérations depuis quelques années. Quant au Niger, le Pentagone a opté pour la construction d'une base près d'Agadez, appelée à devenir le principal avant-poste de l'armée américaine en Afrique de l'Ouest, selon la même source.

 

Selon les documents de l'AFRICOM révélés par le média américain, près de 7.200 GI sont déployés sur 34 sites militaires dont disposent les États-Unis en Afrique à la fin 2018. La plus grande concentration de ces sites se trouve dans le nord et à l'ouest du continent ainsi que dans le Corne de l'Afrique, selon la même source.

 

espace

CC0 / WIKIIMAGES

Mohammed VI-B vs Alcomsat-2: la «guerre des étoiles» continue entre l’Algérie et le Maroc

Toujours selon la même enquête, l'armée américaine compte de plus en plus sur les drones dans ses missions aussi bien d'attaques que de surveillance. «Rien que sur les cinq dernières années, elle [l'armée des USA, ndlr] a établi ce qui est peut-être la plus grande base de drones au monde à Djibouti, qui est impliquée dans des guerres sur deux continents au Yémen et en Somalie», a indiqué Adam Moore, expert de la présence militaire américaine en Afrique, cité par The Intercept.

 

En conclusion, le rapport laisse penser que les États-Unis ont une stratégie de déploiement en Afrique de grande envergure, obéissant à une vision stratégique, au-delà du prétexte de la lutte antiterroriste souvent évoqué, qui consisterait à contrecarrer l'influence chinoise, russe et française.

https://fr.sputniknews.com/international/201812051039184581-armee-americaine-encercler-algerie-presence-afrique-contrer-russie-chine-france/