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ANNABA : EN REPONSE AUX ACTIVISTES ISLAMISTES, DES MILITANTES FEMINISTES, SOUTENUES PAR 3000 FEMMES D’ANNABA APPELLENT A UNE BAIGNADE REPUBLICAINE

Annaba/ Des femmes organisent une « baignade républicaine »

Par

 La rédaction

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En réponse à certaines pages Facebook, administrées par des activistes islamistes, invitant leurs sympathisants à prendre des photos de femmes se  baignant en bikini et à les publier sur le réseau social, des militantes féministes d’Annaba appellent à une baignade républicaine.

Ainsi, selon le journal local Le Provincial, un groupe de militantes féministes, soutenu par plus de 3000 femmes d’Annaba, organise la réplique aux activistes islamistes en appelant, sur le même réseau social, à une «baignade républicaine» rassemblant le plus de femmes et de jeunes filles possible.

Cette initiative, une réponse au voyeurisme islamiste, est déjà largement relayée sur les réseaux sociaux.

L.R.

https://www.algerie-focus.com/2017/07/annaba-femmes-organisent-baignade-republicaine/


 

ALGÉRIE : LE PANEL FACE A SES DÉTRACTEURS. LES ETUDIANTS REFUSENT TOUT DIALOGUE AVEC LES MAFIAS REPRÉSENTANT LE REGIME

Le panel face à ses détracteurs / Sans équivoques, les étudiants prennent leur distance avec l’instance pilotée par Karim Younès

Par

 Massinissa Mansour

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Les étudiants ont, encore une fois, créé la surprise, ce samedi, en faisant irruption à l’intérieur du siège du panel de Karim, quelques instants avant que ce dernier n’installe un comité des sages. « Makach Hiwar maa el 3issabat », c’est-à-dire : pas de dialogue avec (les mafias) représentants le régime, ont scandé ces étudiants à l’intérieur de la salle. Un échange assez révélateur du dialogue de sourds qui a lieu actuellement a pu être capté par les caméras des Smartphones de certains de ces étudiants qui n’ont pas manqué de le mettre en ligne sur les réseaux sociaux.

Tout le monde a été agréablement surpris par l’intervention de ces étudiants. Par tout le monde on entend, bien sûr, les millions manifestants et de personnes qui rejettent le panel de Karim Younès, qualifié d’ailleurs de « panel de Cachiristes ».

Le groupe d’étudiants qui a réussi à se frayer un chemin jusque dans la salle où étaient réunis ces panélistes a tenu à marquer sa distance avec les syndicats estudiantins qui envisagent de collaborer avec le panel et exprimer que ces organisations ne sont pas représentatives et servent des intérêts autres que ceux du Hirak.

Il est opportun de souligner que toutes les organisations estudiantines agrées et reconnues par les autorités ont des liens directs ou indirects avec le pouvoir et ne sont que les vitrines de partis politiques roulants ou proches du pouvoir.

Samy est l’un de ces étudiants qui sont partis à l’assaut du panel de la discorde, ce samedi, pour interroger les panélistes du bien-fondé de leur entreprise. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Samy fait partie des premiers étudiants arrêtés par la police le 21 mai dernier. Il avait été arrêté et embarqué avec une vingtaine de ses camarades lors d’une marche à Alger.

 

En s’adressant à Karim Younès, il lui a posé la question de savoir si le gouvernement actuel est légitime ou pas. Une question que le coordinateur du panel a esquivée. En tout cas, Samy n’a pas manqué de signifier à Karim Younès le refus et le rejet des manifestants de son instance de dialogue, qui n’a de dialogue que le nom.

Soulignons, quand même, que l’instance pilotée par Karim Younès s’est dotée ce samedi  d’un comité de sages composé de 41 « personnalités » parmi lesquelles d’anciens ministres, de syndicalistes, d’universitaires et d’acteurs de la société civile. Parmi lesquelles, le Dr. Ayadi Abderrahmane, le professeur Djennane Rachid, les anciens ministres : Bouchama Kamal, Mohamed Aziz Derouaz et Mouloudi Aissaoui, ainsi que le syndicaliste Milat Abdelhafid et Saida Neghza.

https://www.algerie-focus.com/2019/08/le-panel-face-a-ses-detracteurs-sans-equivoques-les-etudiants-prennent-leur-distance-avec-linstance-pilotee-par-karim-younes/


 

L’ARMÉE ALGÉRIENNE (ANP) FAIT LE BILAN DES 15 ANNÉES DE REDRESSEMENT DE L'INSTITUTION MILITAIRE

Un système de missiles S-300

Le chef de l’armée algérienne tire le bilan des 15 années de redressement de l’institution militaire

© Sputnik . Valery Melnikov

AFRIQUE

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Kamal Louadj

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Dans un discours à l’occasion de l’Aïd El-Kébir, le chef de l’armée algérienne a estimé que la dynamique de modernisation des Forces armées lancée il y a 15 ans avait hissé l’institution militaire «aux rangs les plus élevés», lui permettant de garder l’Algérie «souveraine et indépendante», indique un communiqué de la Défense nationale.

À l’occasion de l’Aïd El-Kébir, le chef de l’état-major de l’ANP a fait le bilan de ces 15 années d’efforts de modernisation dans un discours prononcé à l’adresse des hauts cadres de l’armée, selon un communiqué du ministère de la Défense nationale.

​«Les résultats des grandes étapes parcourues, ces dernières années, par l’Armée nationale populaire dans tous les domaines et sur tous les échelons sont désormais manifestes et palpables, ce qui a permis à nos Forces armées de se hisser aux rangs les plus élevés qui cadrent parfaitement avec les exigences de préserver l’Algérie toujours et à jamais forte, redoutable, souveraine et indépendante», a-t-il affirmé.

Après la décennie noire de terrorisme des années 1990 qui a considérablement affecté les capacités de l’institution militaire algérienne, aussi bien sur le plan matériel que celui du moral des troupes, le général Gaïd Salah a appelé l’ensemble des forces à puiser dans les résultats positifs réalisés grâce aux efforts et à la motivation des personnes impliquées.

Drone

© REUTERS / U.S. NAVY/HANDOUT

L’armée algérienne détruit des objectifs terroristes avec ses propres drones d’attaque (images)

«Tel est le capital riche qui mérite auprès de tous les hommes de l’ANP aujourd’hui et demain, d’être valorisé avec estime et gratitude afin que chacun ait une autre motivation à fournir davantage d’efforts permettant à nos Forces Armées d’être toujours à la hauteur de leurs responsabilités et de l’ampleur des missions qui leur sont assignées», a-t-il souligné.

 

Le redressement de l’ANP

Dans un entretien accordé à Sputnik, Mokhtar Saïd Mediouni, ex-colonel de l’armée de l’air algérienne, a levé le voile sur les enjeux de l’initiative de modernisation initiée depuis 2004 par le haut commandement de l’ANP. Il a abordé les objectifs que cette dernière s’est fixés en matière de développement de son industrie militaire et de son impact sur l’économie civile. Il a également mis en avant la nécessité de maîtriser les technologies de pointes.

Tir de missile

© SPUTNIK . IVAN ROUDNEV

L’armée algérienne se lance dans la fabrication de missiles

Ainsi, l’ex-officier supérieur de l’armée de l’air a indiqué que «le mouvement de modernisation a transformé toutes les composantes de l’ANP, à savoir les forces navales qui sont actuellement équipées par des moyens très modernes par rapport à la situation dans laquelle elles étaient il y a 20 ans». «En plus des forces terrestres, aériennes et de la défense du territoire», a-t-il précisé.

 

«L’armée algérienne ne veut pas juste consommer des moyens militaires, mais elle veut également comprendre et maîtriser les systèmes technologiques de pointe et développer sa propre industrie avec ses propres moyens», a-t-il insisté, et de faire savoir que l’ANP voulait «acquérir d’une manière plus pragmatique ces technologies et faire en sorte que la maitrise soit encore plus efficace».

Enfin, Mokhtar Saïd Mediouni a parlé de la fabrication et modernisation des véhicules militaires, des hélicoptères, des drones et le lancement de centres de recherche et de développement, avec pour objectif de toujours trouver des applications civiles à ce qui est développé. Les industries et les usines édifiées ont également beaucoup contribué au développement des régions dans lesquelles elles étaient implantées, a-t-il conclu.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201908141041925050-chef-armee-algerienne-tire-bilan-annees-redressement-institution-militaire/


 

DURANT LES CELEBRATIONS DE L'AÏD EL-KEBIR, L’ARMÉE ALGÉRIENNE (ANP) A RÉCUPÉRÉ UN IMPORTANT ARSENAL MILITAIRE

Des éléments des forces spéciales algériennes

L’armée algérienne met la main sur un important arsenal militaire durant l’Aïd el-Kebir - photos

CC0 / MC1 Brian A. Goyak / A boarding team from Algerian navy ship Mourad Rais (F 901) conducts an exercise

AFRIQUE

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Les 10, 11 et 12 août, durant les célébrations de l’Aïd el-Kebir, les unités de l’armée algérienne ont récupéré un important arsenal militaire, arrêté un élément de soutien du terrorisme et 43 orpailleurs avec leurs matériels, a indiqué le ministère de la Défense.

Durant les jours de l’Aïd el-Kebir, l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne a opéré un important coup de filet dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, ont indiqué des communiqués du ministère de la Défense nationale (MDN), publiés sur sa page Facebook officielle.

Selon ces communiqués, les unités de l’ANP ont découvert, près de la bande frontalière sahélienne à Tamanrasset, une cache d’armes et de munitions contenant une mitrailleuse lourde de calibre 14,5 mm avec deux bandes de munitions, 59 obus de mortier de 82 millimètres, 252 munitions de calibre 23 millimètres, 262 balles de calibre 14,5 millimètres et un canon pour mitrailleuse lourde de calibre 14,5 millimètres.

L’ANP, sur la base de renseignements, a arrêté, dans la wilaya de Tiaret, dans l’ouest du pays, un élément de soutien aux groupes terroristes, activement recherché.

 

Tir de missile

© SPUTNIK . IVAN ROUDNEV

L’armée algérienne se lance dans la fabrication de missiles

Concernant la lutte contre le crime organisé, les unités de l’armée algérienne ont arrêté, dans la wilaya de Tlemcen, également dans l’ouest du pays, un individu en possession de 30 kilogrammes de résine de cannabis. À la limite des wilayas de Skikda et El-Tarf, les militaires ont interpellé un individu et saisi du matériel de plongée et des appareils de pêche de corail.

 

Les éléments de l’ANP ont également arrêté 43 orpailleurs et récupéré 56 groupes électrogènes, 36 marteaux-piqueurs, deux véhicules tout-terrain, des outils de détonation et 200 sacs de mélange d’or et de pierres, dans le sud du pays.

Le 28 juillet, dans le cadre de la lutte antiterroriste et lors d’une patrouille de fouille et de ratissage menée près des frontières avec le Mali à Adrar, a indiqué un communiqué du MDN, un détachement de l’ANP a découvert une cache d’armes et de munitions contenant «un fusil mitrailleur de type FMPK, deux mitrailleuses de type RPK, un pistolet mitrailleur de type Kalachnikov, un pistolet mitrailleur de type MAT-49, 14 canons de 120 millimètres, 50 obus de 82 millimètres et 2.429 balles de différents calibres et 10 chargeurs de munitions».

https://fr.sputniknews.com/afrique/201908131041920184-armee-algerienne-met-main-important-arsenal-militaire-durant-aid-el-kebir-photos/


 

L'ALGERIE EMBRASEE PAR DES FEUX DE FORET APOCALYPTIQUES

Un feu de forêt

Des feux de forêt apocalyptiques embrasent l’Algérie - vidéos

© AFP 2019 PATRICIA DE MELO MOREIRA

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Deux wilayas de l’est de l’Algérie, Constantine et Mila, ont été victimes de feux de forêt provoquant la fermeture de l’autoroute Est-ouest et des dégâts tout autant humains que matériels, selon la presse locale. Depuis le 1er juin, 974 incendies se sont déclenchés à travers tout le pays.

Parti des forêts de Djebel El-Ouahch, dans la wilaya (région) de Constantine, dans l’est de l’Algérie, un feu gigantesque a entraîné la fermeture de l'autoroute Est-ouest, a rapporté la presse locale.

Selon le site d’information Algérie 1, un autre incendie s’est rapidement déclaré dans la forêt Beni Afak, dans la wilaya de Mila, toujours dans l’est du pays, où des familles ont été encerclées par les flammes. Deux personnes ont été brûlées à divers degrés et plusieurs habitations ont été calcinées, selon un premier bilan fourni par la protection civile.

La direction nationale de la protection des forêts a indiqué, dans un récent bilan, que du 1er juin au 27 juillet, 974 incendies s’étaient déclenchés à travers tout le pays, avec une moyenne de 17 foyers par jour. Une superficie de 6.085 hectares a déjà été consumée, selon la même source.

Les wilayas les plus touchées sont Tissemsilt, Tizi Ouzou, Ain Defla, Bejaia et Médéa. Les trois premières représentent 50% de la surface totale parcourue par les feux.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201908021041851753-des-feux-foret-apocalyptiques-embrasent-algerie-videos-/


 

ALGERIE : MALGRE LA DEGRADATION DE SON ETAT DE SANTE, LA DEMANDE DE MISE EN LIBERTÉ PROVISOIRE DU MOUDJAHID LAKHDAR BOUREGAA REFUSÉE

Malgré la dégradation de son état de santé / La demande de mise en liberté provisoire du moudjahid Lakhdar Bouregâa refusée

Par

 La rédaction

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Le juge d’instruction près le tribunal de Bir Mourad Raïs a refusé d’accorder la liberté provisoire au moudjahid Lakhdar Bouregâa, commandant de l’ALN et icône incontestable de la wilaya IV historique. Le commandant Bouregâa est accusé d’outrage à corps constitués et d’atteinte au moral de l’ANP”.

Arrêté le 30 juin dernier, Lakhdar Bouregâa (86 ans) est en prison depuis un mois. Le 17 juillet dernier, les avocats qui se sont constitués pour le défendre avaient introduit une demande de mise en liberté provisoire. Cette dernière a été rejetée.

Dans un communiqué, le collectif des avocats pour le changement et la dignité a indiqué que “ladite demande a été introduite pour des raisons de santé et appuyée par un dossier médical”. La décision du juge a été perçue comme un “déni” qui “confirme, encore une fois, que la justice en Algérie obéit à autre chose que la loi”.

https://www.algerie-focus.com/2019/08/malgre-la-degradation-de-son-etat-de-sante-la-demande-de-mise-en-liberte-provisoire-du-moudjahid-lakhdar-bouregaa-refusee/


 

MARIANNE : DEPUIS PARIS, CRACHER SUR L'ALGERIE EST SON METIER par JACQUES-MARIE BOURGET

Marianne : Depuis Paris, cracher sur l’Algérie est son métier

Publié par: Jacques-Marie Bourget le: Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_Maghreb

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C’est étrange, concurrence du Tour de France ou de Bojo l’ébouriffé du dedans et de Londres, personne n’a évoqué l’attentat qui a eu lieu à « Marianne ». Pourtant dans les pages 19 et 20 du numéro du 19 juillet, les mots ont frappé comme une bombe.

Madame Gozlan, artificière du magazine, n’utilise plus son bazooka habituel, l’islam, mais choisi le foot pour flinguer les supporters des « Fennecs », des type vraiment pas convenables. Pas de quartier pour les « quartiers ». Pour Polony, et sa porte coton Gozlan, la vigilance face à ces types qui savent que La Mecque est à l’est ne doit pas connaitre de faille. Ainsi, lors des « viols du Jour de l’an à Cologne », en 2016, actes commis par des arabes, des migrants, la dame Polony s’est montrée chef de cordée, sur-indignée face à la horde barbare. Tout de suite elle a canonné à la radio et télé. Sur « Europe I » d’Arnaud Lagardère (où elle gagnait 27 400 euros par mois) et sur LCI de Bouygues. Tant pis pour le sort global du migrant, mais quand il devient violeur le devoir de Polony, pompière et justicière, est de dénoncer…

Et seul détail, que la native de Deuil n’a hélas pas noté, « les viols de Cologne » sont un fake. Une invention montée par l’extrême droite allemande avec l’aide de certains policiers. Tant pis, si tu tapes sur ces mecs et ne sait pas pourquoi, eux le savent. Donc, à Cologne, pas de viols. Alors que Polony, fille d’ophtalmo c’est vrai, a tout vu de ce qui n’existait pas.

Donc, suivant l’élan de la maîtresse de « Marianne », Martine Gozlan qui entre en catalepsie dès qu’elle voit un portait de Netanyahou, n’avait plus qu’à laisser couler ses bons penchants. Cette fois le fusil n’est plus l’islam, forcément pas catholique, mais le ballon rond. C’est lui qui sert de fouet pour stigmatiser les fils et petits-fils de fellahs. Pensez donc ! Alors que les pêcheurs bretons ont naguère incendié, à Rennes, le Parlement de Bretagne. Et que la mauvaise humeur des chasseurs de homards a coûté 35 millions de réparations, « Marianne » et Gozlan placent, au sommet de l’échelle de Richter de la violence et de la honte, les manifs des supporteurs français, versus « Fennecs ». A son tour Gozlan, telle Polony et son faux de Cologne, invente un évènement qui n’a pas eu lieu. Sauf le sac d’une boutique de moto avenue de la Grande Armée, dont nul n’est certain qu’il soit le fait de supporters. Bien sûr, que l’automobiliste de Montpellier, celui qui a tué une mère de famille le soir de la liesse du croissant rouge sur fond vert et blanc, ne soit ni algérien ni supporteur de foot a visiblement peiné Madame Gozlan. Pour tenir un bon dossier, pas de chance non plus avec l’assassin d’un intellectuel guinéen, au soir de la victoire finale : il a été tué par un turc dingo et pas footeux. Peu importe, Gozlan sait, en son tréfonds qui est profond, qu’en France les supporteurs des « Fennecs » se sont conduits comme des porcs. Elle écrit « Vus d’Algérie, à l’heure des manifestations pacifiques, les dérapages français des supporteurs des Fennecs ne passent pas » … Ah bon ? Quels dérapages ? Le fait que les flics de Castaner, qui arrêtent un maghrébin avant même qu’il n’éternue, en aient chopé plus que d’habitude en ce soir de liesse est-il un indice du « dérapage » ? Madame Gozlan partage une version policière de l’histoire, un scénario qui nous rappelle que, déjà dans le passé, les flics ont arrêté des êtres humains pour ce qu’ils étaient, pour ce qu’ils pensaient, et pour leur gueule. Gozlan fonctionne à l’indice Castaner. Il faut bien ameuter la foule autour du bûcher des fakes news.

Sur ce dossier vide, pour paraître « objective », Gozlan a convoqué un expert, un dénommé Kamel Daoud, harki de plume, ex-islamiste qui passe son temps à vomir sur son pays. Ce qui lui a valu d’être enseignant à Sciences Po, un job de chroniqueur au « Point » de BHL et de vendre des livres. Si j’avais la chance d’être Algérien, alors qu’il me faut refaire ma toiture, sûr que j’écrirai un livre « Les Arabes sont des cons ». Ce Daoud est à l’origine de l’amplification et de la transmission de l’ignoble bobard des « viols de Cologne »*. En renfort, un autre harki du même moule, Boualem Sansal, un type qui écrit comme un cheval de trait et fait petite fortune en charruant les plates-bandes du Flore. Depuis Paris, cracher sur l’Algérie est donc un métier. Jamais remise de la « perte » de l’Algérie, une France, aussi de gauche que de droite, a encore besoin de supplétifs pour nous dire combien les hommes des mechtas sont infréquentables, même à Saint Denis.

Tout cela est ridicule, et n’a de sens que pour indiquer le néant qui habite le journalisme actuel. Partout nous avons maintenant des rigolos, sans le talent de Wells, qui nous inventent que les Martiens ont débarqué. Et comme les gens de Chaudron-en-Mauges n’en voient jamais, Chaudron-en-Mauges n’achète plus de journaux. Sauf le « Courrier de l’Ouest », où le cours du cochon, comme tout le reste du canard, est publié modestement mais sans erreur (plus de 100 000 exemplaires quotidiens).

Ce qui est réjouissant, au regard d’une donneuse de caps, et de capes, comme Madame Polony, c’est de savoir que, pareille à Giscard et au couteau suisse, elle sert à tout. Vous êtes le responsable d’une télé Nescafé (« info » instantanée) et devez organiser un débat « pour ou contre l’usage du couteau avec les œufs »… Polony arrive dans la minute, comme notre ami Zapata sur son drone. En plus, comme le disait Raymond Devos, cette dame n’a pas de sens interdit, elle est de droite elle est de gauche elle est comme on la veut. D’ailleurs quand on publie la prose d’un Sansal qui réclame à la France d’expulser les supporteurs « Fennecs » vers l’Algérie, fussent-ils innocents et français, tout est possible. Et l’avenir de la saloperie peut durer longtemps.    

Jacques-Marie Bourget

*Pour aller plus loin, lire : KAMEL DAOUD : Cologne, Contre-Enquête de Ahmed Bensaada 

 

http://www.afrique-asie.fr/marianne-depuis-paris-cracher-sur-lalgerie-est-son-metier/


      

   

L'ARMEE NATIONALE POPULAIRE ALGERIENNE (ANP) REND PUBLIC SON BILAN DE LUTTE ANTITERRORISTE DEPUIS DEBUT 2019

Des élements des forces spéciales algériennes

L’armée algérienne rend public son bilan de lutte antiterroriste depuis début 2019

CC0 / Mass Communication Specialist Steven Harbour/navy.mil / Algerian Sailors conduct Maritime Interdiction Operations (MIO)

AFRIQUE

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Durant le premier semestre de l’année 2019, l’armée algérienne a neutralisé 49 terroristes et récupéré 32 missiles et six bases destinées à leur lancement, a indiqué un communiqué de la Défense nationale. Une quantité importante d’armes et de munitions a été également saisie.

L’Armée nationale populaire (ANP) algérienne a rendu public son bilan opérationnel de lutte antiterroriste pour le premier semestre de l’année 2019. Un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN) a indiqué que 49 terroristes ont été mis hors d’état de nuire par les unités de l’ANP lesquelles ont récupéré 370 armes, 32 missiles, six bases destinées à leur lancement et une importante quantité de munitions. Des produits servant à la fabrication d’explosifs ont été également saisis.

Les unités antiterroristes de l’armée algérienne ont réussi à «éliminer six terroristes, arrêter 11 autres, tandis que 31 se sont rendus», a indiqué le communiqué du MDN, précisant que «le cadavre d’un terroriste a été découvert et que 96 éléments de soutien aux groupes terroristes» ont été arrêtés.

Lors de ces opérations, «136 casemates et six ateliers de préparation d'explosifs ont été découverts», a souligné la même source, ajoutant que «370 armes consistant en 17 fusils-mitrailleurs, cinq lance-missiles, 71 pistolets-mitrailleurs de type Kalachnikov, 256 fusils et 21 pistolets» ont été également récupérés.

 

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© REUTERS / U.S. NAVY/HANDOUT

L’armée algérienne détruit des objectifs terroristes avec ses propres drones d’attaque (images)

Concernant les munitions, la Défense algérienne a annoncé la saisie de «1228 obus, 22 bandes de munitions, 170 dépôts de munitions, cinq caisses de munitions, 82.297 balles de différents calibres, 32 missiles, six bases de lancement de missiles, 49 détonateurs, 353 soupapes et 13 chalumeaux».

 

En plus de ce qui a été cité ci-dessus, les unités de l’ANP ont mis la main sur «5,52 quintaux de produits et de substances utilisés dans la fabrication de bombes, 548 bombes, 80 mines, 311,8 kilogrammes de poudre noire et 8.221 kilogrammes de dynamites», selon la même source.

Le 29 juin, l’Armée nationale populaire algérienne a annoncé avoir réalisé avec succès des opérations de destruction d’objectifs terroristes, utilisant ses propres drones d’attaque de fabrication 100% nationale, a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).

https://fr.sputniknews.com/afrique/201907051041599926-armee-algerienne-rend-public-bilan-lutte-antiterroriste/


 

DES MAURICE AUDIN PAR MILLIERS : L'ARBRE NE DOIT PAS CACHER LA FORET

 

Des Maurice Audin par milliers : l’arbre ne doit pas cacher la forêt

 

   

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La reconnaissance en 2018 par l’État français de sa responsabilité dans l’enlèvement, la torture et l’assassinat par son armée de Maurice Audin, fournit à la revue trimestrielle Cahiers d’Histoire le prétexte pour étudier le « Communisme en Algérie, communisme algérien » dans un numéro tout à fait remarquable.

 

Ce dossier éclaire d’un jour nouveau l’histoire des rapports complexes entre le courant progressiste européen et les mouvements de libération nationale. L’article d’Eloise Dreure, « Être communiste en Algérie dans les années 1920 et 1930 », rappelle le contexte de la création du Parti Communiste Algérien (PCA) sous l’influence du PCF. C’est l’arrivée au pouvoir du Front Populaire en mai 1936 qui découragea l’émergence d’un front anti-impérialiste où la première place était réservée aux « indigènes ». Ainsi, les communistes français qui se rendaient en Algérie avaient désormais pour mission « d’appliquer avec une ferme volonté la politique de priorité d’union avec la France dans la lutte contre le fascisme », mettant à mal la revendication d’indépendance. Pourtant, dès 1935, l’approche de Jean Chaintron, chargé de créer le PCA en tant que parti indépendant, était claire sur l’objectif à atteindre : « la nation française n’est pas la nation du peuple d’Algérie, c’est la nation oppresseuse, c’est la nation de l’impérialisme qui, par le fer et par le feu, s’est annexée l’Algérie et qui courbe sous l’esclavage la nation algérienne ».

Comme le montre Alain Ruscio dans son article*, en Algérie la lutte anticoloniale fit éclater des contradictions internes au sein du jeune PCA, stimulant son évolution depuis une position défendant les « responsabilités partagées » entre le colonisateur et le colonisé lors des massacres dans le Constantinois en mai 1945, jusqu’au lancement d’une campagne pour la libération et l’amnistie des militants algériens. Le dossier inclut également un article de Jean-Pierre Le Foll-Lucian sur la parution d’un journal clandestin « La voix des soldats », adressé aux soldats français pendant la guerre d’indépendance (1955-1957). A travers l’étude de ce réseau clandestin original, une initiative commune du PCA et du PCF, sont élucidées les divergences entre les communistes d’Algérie et de France quant à la stratégie à mener vis-à-vis de l’armée coloniale. Le démantèlement du petit réseau qui diffusait ce journal fut particulièrement brutal, avec l’arrestation de milliers d’autres militants du PCA. En clôture du dossier, un article de la spécialiste britannique Allison Drew met l’accent sur les témoignages des prisonniers communistes mis à l’épreuve par les arrestations et la torture. Ces deux articles reviennent sur le courage de ces militants frappés par la « grande répression d’Alger » et leur rendent hommage.

D’autres témoignages sont mis à l’honneur dans cette revue, comme celui de Gilberte Alleg, l’épouse de Henri Alleg, auteur du livre « La question », censuré par le système colonial français. La victoire autour de la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans l’assassinat de Maurice Audin est commentée par Gilles Manceron, qui prévient : « l’arbre ne doit pas cacher la forêt ». Et de nous rappeler que le travail de mémoire sur les crimes coloniaux doit être poursuivi, car les tueurs n’ont pas été nommés ni comptés. C’est l’objectif du site 1000 autres.org, lancé en septembre 2018 et qui a rendu publique une liste de « mille autres Maurice Audin » afin de « donner un visage aux disparus ». Son animateur Fabrice Riceputi compte sur les messages et les témoignages envoyés par le public afin de collecter les informations et reconstruire les parcours qui ont d’ores et déjà permis d’identifier environ 70 cas.

 

* Auteur également d’un ouvrage qui vient de paraître et qui développe les analyses de son article : « Les communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962 », Éditions La Découverte.

 

« Communisme en Algérie, communisme algérien » Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique Numéro 140, 224 pages, 17 euros

 

Pour le commander en ligne : www.cahiers-histoire-critique.fr

https://www.investigaction.net/fr/des-maurice-audin-par-milliers-larbre-ne-doit-pas-cacher-la-foret/


 

INTERVIEW - AHMED BENSAADA : "LE LOBBY SIONISTE EST TRES ACTIF EN ALGERIE"

Interview – Ahmed Bensaada : «Le lobby sioniste est très actif en Algérie»

mai 10, 2019 - 6:17 81 Commentaires

Interv Bensaada

Ahmed Bensaada. D. R.

Algeriepatriotique : Vous avez publié une étude intitulée «Huit ans après la printanisation de l’Algérie». Pouvez-vous nous en faire un résumé ?

Ahmed Bensaada : Mon article traite de l’idéologie de «résistance individuelle non violente» qui s’est avérée très efficace dans la chute de nombreux gouvernements depuis une vingtaine d’années. Cette idéologie, théorisée par le professeur américain Gene Sharp, a été appliquée avec succès dans différents pays.

Cela a commencé avec les révoltes qui ont bouleversé le paysage politique des pays de l’Est ou des ex-Républiques soviétiques et qui ont été qualifiées de «révolutions colorées». La Serbie (2000), la Géorgie (2003), l’Ukraine (2004) et le Kirghizstan (2005) en sont quelques exemples. Depuis la fin de l’année 2010, cette théorie a été mise en pratique dans les pays arabes et c’est ce qui a donné le mal nommé «printemps» arabe.

Je vous rappelle que j’ai consacré des dizaines d’articles à l’étude de ces révoltes ainsi que deux ouvrages.

En analysant le hirak algérien et en comparant son modus operandi avec celui de cet éventail de cas, on remarque des similitudes frappantes. C’est ce qui nous amène à penser que la lutte non violente qui se déroule actuellement dans les rues de notre pays ne représente qu’un continuum qui a débuté par les «révolutions colorées» et qui s’est poursuivi par le «printemps» arabe. Il s’agit de ce que j’ai nommé la «printanisation» de l’Algérie.

Dénoncer les complots ourdis par des officines secrètes est systématiquement interprété comme une paranoïa. Comment convaincre les sceptiques, selon vous ?

Il n’y a rien de secret dans le rôle des organismes d’«exportation» de la démocratie. Leurs missions sont clairement affichées sur leurs sites et explicitement énoncées dans les discours de leurs responsables.

En plus, leurs relations avec le département d’Etat et leur alignement à la politique officielle de leur pays ne font aucun doute. Certaines d’entre elles, comme la NED, publient des rapports annuels détaillés qui mentionnent les ONG locales bénéficiaires, leurs mandats et les montants alloués à chacune d’entre elles.

D’autre part, le rôle de ces organismes dans les «révolutions colorées» et le «printemps» arabe a été scrupuleusement étudié et est maintenant bien documenté.

Mais à chaque fois qu’une révolte non violente voit le jour quelque part dans le monde, les mêmes réactions apparaissent : «la révolte est spontanée», «la jeunesse nous guide vers un avenir radieux», «la main de l’étranger ? C’est du complotisme ! Pourquoi infantiliser le peuple ? Vous protégez les dictateurs !»

Il existe deux explications à ces réactions. La première peut provenir de personnes ou de groupes financés par l’étranger et qui font le nécessaire pour le dissimuler afin de préserver la «pureté» de la cause. Cela est relayé par la puissante machine des médias mainstream qui utilisent le mensonge par omission, invitent toujours les mêmes pseudo-analystes et maintiennent la porte grand ouverte aux activistes.

La seconde, plus naturelle, émane de sentiments profondément humains liés au «romantisme révolutionnaire», à la capacité intrinsèque du peuple à se libérer de tout joug oppressif. L’incrédulité de certains est ainsi humainement compréhensible. En effet, rien ne vaut une belle révolte spontanée et populaire pour l’imaginaire collectif qui n’a aucune idée de ce qui se trame dans les coulisses. La révolte de David contre Goliath, du faible contre le puissant, du petit peuple armé de sa foi contre le tyran omnipotent. Dans ce cas, toute analyse critique cartésienne se heurte à une inévitable levée de boucliers.

C’est d’ailleurs ce qui fait la force de cette idéologie de «résistance individuelle non violente».

Algeriepatriotique a été catalogué comme «site complotiste» pour avoir mis à nu plusieurs fois les manœuvres du lobby sioniste, notamment. Quel rôle ce dernier joue-t-il dans ce qui se passe en Algérie actuellement ?

Depuis l’avènement des TIC (technologies de l’information et de la communication), les médias mainstream, qui sont la propriété d’une poignée de grands groupes industriels, ont vu leur influence dans l’opinion publique sérieusement malmenée par les nouveaux médias numériques. Pour contrecarrer cet effet, les médias mainstream ont créé ce concept de site «conspirationniste» ou «complotiste» dans lequel ils ont, certes, catalogué de vrais sites farfelus mais, aussi, des sites d’information sérieux mais dont la ligne éditoriale s’éloigne du mainstream. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage», dit l’adage.

Pour revenir au lobby sioniste, il est certain qu’il est fortement actif car l’Algérie est un des derniers bastions du «Front de la fermeté». Il n’y a qu’à voir le nombre de drapeaux palestiniens qui sont déployés dans les marches du hirak pour comprendre l’intensité du lien affectif qui lie l’Algérie à la Palestine.

Néanmoins, il faut préciser que cette nébuleuse agit généralement de manière indirecte. En effet, ce lobby est très présent dans les organismes d’«exportation» de la démocratie. Ainsi, Carl Gershman, avant d’accéder à la présidence de la NED, avait travaillé dans le département de recherche de l’Anti-Defamation League du B’nai B’rith et a été membre du Conseil d’administration du Congrès juif américain.

Gershman est un grand défenseur de la politique raciste et belliqueuse d’Israël. Dans un récent discours au Forum juif de Kiev (6-8 mai 2019), Karl Gershman a défendu l’état hébreu, tout en comparant ses crimes à la situation de l’Algérie d’avant le hirak.

Il reprit d’abord les déclarations du rabbin Lord Jonathan Sacks lors d’un débat sur l’antisémitisme à la Chambre des Lords britannique «C’est pourquoi Israël – la seule démocratie au Moyen-Orient pleinement opérationnelle avec une presse libre et un pouvoir judiciaire indépendant – est régulièrement accusé des cinq péchés capitaux contre les droits de l’Homme : racisme, apartheid, crimes contre l’humanité, purification ethnique et tentative de génocide».

Il ajouta ensuite : «Un exemple de cette évolution effroyable est que le 18 mars [2019], au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, Israël a été agressé dans sept rapports biaisés et cinq résolutions hostiles. Rien n’a été présenté au Conseil sur aucun autre pays du monde – pas sur l’Algérie, où les manifestations qui ont abouti au renversement du régime corrompu et répressif de Bouteflika avaient commencé un mois plus tôt […].»

En 2004, Gershman avait participé à une conférence qui s’était tenue à Rome et qui avait pour thème «L’antisémitisme, une menace pour la démocratie». Il y révéla des motivations pro-israéliennes quant à la promotion de la démocratie au Moyen-Orient : «Quelles que soient leurs différences, les baâthistes et les islamistes partagent une haine viscérale des valeurs libérales qui trouve sa plus grande expression dans la diffamation d’Israël et du peuple juif.»

Ce lobby procède aussi par un travail de fond en adoubant, par exemple, des mouvements comme le MAK qui a repris du poil de la bête à l’occasion du hirak. Dans un travail de plus longue haleine, des voyages sont organisés à des «intellectuels bien de chez nous» comme Sansal, Dilem ou Akkouche pour fouler le sol des Territoires occupés en vue de paver la route à une politique de normalisation bien entamée par d’autres pays arabes.

De manière plus insidieuse, le lobby sioniste a réussi à infiltrer le réseau des activistes et cyberactivistes arabes à travers le forum «Fikra». Ce forum, qui prétend «soutenir les démocrates arabes dans leur lutte contre l’autoritarisme et les extrémistes», est une création du lobby américain pro-israélien, géré et financé par ses soins. Parmi les nombreux participants provenant d’une dizaine de pays arabes, notons la présence d’activistes algériens.

Les Algériens ont convergé vers les grandes places le 22 février pour exiger le départ du système. Certains disent que c’est l’entêtement de Bouteflika qui a poussé les Algériens à se révolter, d’autres estiment que c’est Facebook qui a rassemblé les Algériens autour d’une seule et même revendication. Qu’en est-il, selon vous ?

Loin d’être spontanées, les révoltes non violentes se préparent longtemps à l’avance. Dans mon livre Arabesque$, j’explique que les activistes arabes ont été préparés des années avant le début du «printemps» arabe.

Certes, les révoltes qui ont balayé la rue arabe sont une conséquence de l’absence de démocratie, de justice sociale et de confiance entre les dirigeants et leur peuple. Richesses mal distribuées, manque de libertés, régimes autocratiques, hogra, corruption, etc. Tout ceci constitue donc un «terreau fertile» à la déstabilisation. Ce terreau est constitué de femmes et d’hommes qui ont perdu confiance en leurs dirigeants dont la pérennité maladive ne laisse entrevoir aucune lueur d’espoir.

Mais cela n’est pas suffisant : une «étincelle» qui fédère le peuple est nécessaire. Dans le cas de la Tunisie, c’était la mort de Mohamed Bouazizi, alors que celui de l’Algérie, c’était le cinquième mandat.

Et c’est à ce moment que la formation des cyberactivistes est importante. Dans le cas de l’Algérie, Facebook et les autres médias sociaux ont eu un rôle très important. L’organisation, la mobilisation, les appels à manifester, la synchronisation et la diversité des actions à mener sur le terrain n’auraient jamais été possibles de manière aussi efficace sans les nouvelles technologies.

Mais cela n’est pas nouveau. Rappelons-nous qu’en Egypte la révolte de la Place Tahrir avait été surnommée «Révolution Facebook» ou «Révolution 2.0» et qu’Israa Abdel Fattah, la cofondatrice du Mouvement du 6 Avril (financé par des organismes américains), fer de lance de la contestation égyptienne, était connue sous le nom de «Facebook Girl».

Comment les officines auxquelles vous faites référence dans votre étude interviennent-elles dans le hirak algérien ?

Les organismes d’«exportation» de la démocratie fonctionnent de façon similaire, quel que soit le pays. Ils s’occupent du financement des ONG locales, de la formation des activistes et, pour plus de synergie, s’occupent de leur réseautage.

En ce qui concerne le financement, nous avons montré que de nombreuses ONG algériennes ont été financées bien avant le début du «printemps» arabe. Et cela n’a jamais cessé depuis, comme expliqué dans mes deux récents articles. Comme par hasard, ces ONG sont toujours au premier rang de la contestation. Elles l’étaient également avec le défunt CNCD, en 2011.

Le financement ne provient pas uniquement de la bourse de l’Oncle Sam. Des organismes européens, comme les Stiftungs allemands et d’autres moins évidents à identifier, sont mis à contribution. Les documents publiés par mon ami Mohamed Bouhamidi sont très éloquents à ce sujet.

Pour la petite histoire, notons que la structure de la NED (créée en 1983 par le président R. Reagan) s’est inspirée de celle des Stiftungs allemands et, comme la CIA collaborait avec ces organismes allemands pour financer des mouvements à travers le monde bien avant la création de la NED, les relations sont restées solides jusqu’à nos jours. Ainsi, à titre d’exemple, le mouvement pro-européen Euromaïdan, qui a secoué l’Ukraine fin 2013 début 2014, a aussi bien été aidé et soutenu par l’IRI et le NDI (deux des quatre satellites de la NED) que par le Konrad Adenauer Stiftung (lié au CDU allemand).

Dans le volet formation, nous savons que des jeunes Algériens ont été formés à la «résistance individuelle non violente» par les Serbes de Canvas. Cela a été confirmé par un des dirigeants du Mouvement du 6 Avril, l’Egyptien Mohamed Adel, qui a reconnu s’être rendu en Serbie avec quatorze autres militants algériens et égyptiens.

En matière de maîtrise du cyberespace et de réseautage, les noms de cyberactivistes algériens figurent dans les listes de participants aux formations dispensées à la «Ligue arabe du Net» par les organismes d’«exportation» de la démocratie.

Finalement, des indices montrent que certaines figures visibles du hirak algérien ont suivi des formations dans des pays européens après le «printemps» arabe. Des investigations sont en cours.

Quels sont les indices de leur implication ?

Comme expliqué dans mon article, les révoltes non violentes suivent un pattern bien établi portant, sur le terrain, le sceau de Canvas. L’utilisation de campagnes de communications dites positives et négatives, la fraternisation avec l’«ennemi», l’utilisation du poing d’Otpor, la présence d’individus ou de groupes financés par les officines étrangères en tête des manifestations, la proposition comme leader de personnalités auparavant inconnues du grand public ainsi que l’usage des «méthodes d’action non violente» parmi les 199 figurant dans le manuel élaboré par Canvas en sont quelques exemples.

D’autre part, la coordination des actions à mener sur le terrain, le partage d’informations en temps réel, la transmission d’instructions pour que les manifestations soient conformes aux principes de base de la lutte non violente, le timing des évènements et ce, à travers tout le territoire national, prouvent une utilisation efficiente du cyberespace qui ne peut être acquise que par une solide formation.

Que cherchent ces officines, Canvas, NDI, NED, etc. en Algérie ? Quel type de régime veulent-elles «imposer» ?

Tout d’abord, une petite mise au point. Il ne faut pas classer Canvas avec la NED et ses homologues. Canvas n’est qu’une école serbe de «révolutionnaires en herbe» utilisée par les organismes d’«exportation» de la démocratie comme la NED, Freedom House et autres, pour former des activistes.

Le rôle de la NED a été clarifié dans le discours inaugural de cette «fondation».

Le 16 octobre 1983, le président Reagan déclara : «Ce programme ne restera pas dans l’ombre. Il s’affirmera avec fierté sous le feu des projecteurs. (…) Et, bien sûr, il sera cohérent avec nos intérêts nationaux.»

Selon le journaliste américain William Blum : «Les programmes de la NED incarnent généralement la philosophie de base selon laquelle les travailleurs et les autres citoyens sont mieux servis dans un système de libre entreprise […], d’intervention minimale du gouvernement dans l’économie et d’opposition au socialisme sous toutes ses formes. Une économie de marché est synonyme de démocratie, de réforme et de croissance et l’accent est mis sur les avantages des investissements étrangers dans leur économie.» «[…] En bref, les programmes de la NED sont en harmonie avec les besoins et objectifs de base de la mondialisation économique du Nouvel Ordre mondial, tout comme les programmes sont sur la même longueur d’onde que la politique étrangère des Etats-Unis.»

Ainsi, les Etats-Unis, à travers des organismes spécialement conçus, utilisent la démocratie et le droit-de-l’hommisme pour exporter des politiques néolibérales à travers le monde.

Cette politique est encore plus claire avec le milliardaire et spéculateur américain George Soros dont la fondation Open Society (Société ouverte) travaille de concert avec la NED et les autres organismes d’«exportation» de la démocratie.

Selon Leandra Bernstein, «l’action et l’argent de George Soros sont devenus des instruments pour démanteler la souveraineté nationale des Etats, en remplissant les caisses d’organisations ‘’philanthropiques’’ ou ‘’droit-de-l’hommistes’’». Pour Soros, «si une nation voulait contrôler ses propres ressources naturelles» ou «développer son économie et sa force de travail à l’aide de tarifs douaniers et de régulations», elle était considérée comme société fermée. En fait, «toute nation qui rejette la mondialisation (c’est-à-dire l’impérialisme du libre-échange) est condamnée à ce titre et fera l’objet d’attaques de la part des organisations de Soros».

On voit bien que l’«exportation» de la démocratie qui se fait à travers des changements de régime menés à bien grâce aux principes de la lutte non violente a des visées économiques et hégémoniques.

Dans les conflits armés, des personnes autochtones sont choisies pour préserver les intérêts de la puissance victorieuse. Souvenons-nous des cas Ahmed Chalabi en Irak ou Hamid Karzai en Afghanistan. Il en est de même dans les révoltes non violentes qui s’accompagnent de l’apparition de certaines figures qu’on cherche à imposer en les drapant d’une «bénédiction» populaire.

Mikheil Saakachvili, après la révolution des Roses en Géorgie (2003) ; Viktor Iouchtchenko, après la révolution Orange en Ukraine (2004) ou la tentative avortée de placer Mohamed El-Baradei après la révolution du Lotus en Egypte (2011) sont des exemples de candidats pro-américains.

En Algérie, le hirak a aussi très rapidement produit les noms de personnes susceptibles de diriger le sort du pays après l’éviction du président Bouteflika. Et le battage médiatique n’a pas encore cessé pour certains.

Les visées économiques et hégémoniques ne s’appliquent pas uniquement aux Etats-Unis, bien au contraire. Les pays européens, en particulier la France, histoire coloniale et doctrine Monroe obligent, ont des intérêts en Algérie.

D’autre part, l’alignement de l’Algérie sur la Russie pour l’approvisionnement en matériel militaire et sur la Chine pour les grands projets nationaux laissent espérer des contrats juteux en cas de changement de paradigme politique.

Avec ses énormes richesses, son immensité territoriale et son importante position géostratégique, il est clair que l’Algérie attise la convoitise de nombreuses puissances.

Qui du peuple ou de ces officines auront eu raison du système, selon vous ? Autrement dit, qui a fait tomber Bouteflika ?

C’est la combinaison des deux qui a fait tomber le président Bouteflika. L’application judicieuse des principes de la lutte non violente permet de fédérer le «peuple» contre le «tyran» autour d’une exigence : le départ du «tyran». Elle fait passer la peur du camp du «peuple» vers celui du «tyran».

Cette synergie n’enlève rien au mérite et à la bravoure du peuple qui est sorti comme un seul homme pour demander le départ d’un système usé par le pouvoir, les affaires et la corruption.

Il faut être clair : la grande majorité des manifestants n’a rien à voir avec les officines et ignore certainement tout de leur existence mais sort dans la rue pour des causes nobles. Ce sont ceux qui sont en haut de la pyramide du hirak qui organisent, orientent et dirigent. Et cela est un autre point fort de l’idéologie de «résistance individuelle non violente».

L’efficacité de cette combinaison permet d’expliquer pourquoi les émeutes antérieures au «printemps» arabe ont toutes été violemment étouffées comme celles de Gafsa (Tunisie, 2008) ou celles d’Al-Mahalla (Egypte, 2008) alors que, quelques mois plus tard, (et surtout quelques formations plus tard), le «peuple» a vaincu le «tyran».

Comment voyez-vous les perspectives du mouvement populaire pacifique en Algérie à court terme ?

Le mouvement populaire est resté très pacifique, c’est le signe très positif d’une réelle maturité politique. Le seul problème vient de l’inflation des revendications émanant de certaines voix du hirak. A un certain moment, il faut savoir raison garder et passer à la table des négociations car la confrontation est mauvaise conseillère et peut avoir de fâcheuses conséquences. En Algérie, nous en savons quelque chose.

Pour celles et ceux qui craignent que le système perdure, il faut les convaincre que la situation politique algérienne ne sera jamais pareille dans l’avenir et que la vigilance du peuple est garante du changement.

Quant aux personnes ou aux groupes qui ont reçu des subsides d’organismes «démocratisants» étrangers, il faut impérativement qu’elles placent l’intérêt de leur pays, l’Algérie, avant celui des autres. L’histoire nous montre que dans les mouvements de ce type, les activistes pro-occidentaux disparaissent une fois la «révolution» achevée. Au sujet des «révolutions colorées», le journaliste Hernando Calvo Ospina écrivit : «[…] La distance entre gouvernants et gouvernés facilite la tâche de la NED et de son réseau d’organisations, qui fabriquent des milliers de ‘’dissidents’’ grâce aux dollars et à la publicité. Une fois le changement obtenu, la plupart d’entre eux, ainsi que leurs organisations en tout genre, disparaissent, sans gloire, de la circulation.» On aurait pu écrire exactement la même chose sur les «dissidents» du «printemps» arabe.

Nul doute que notre peuple sera à la hauteur de la gravité et des exigences de l’heure et fera de ce mouvement un vrai printemps arabe (sans guillemets), d’où bourgeonnera l’unité d’une nation, à jamais soudée contre le despotisme, la corruption et la hogra.

Interview réalisée par Karim B. et Mohamed El-Ghazi

Les références : 

Ahmed Bensaada, « Arabesque$ – Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes », Ed. Investig’Action, Bruxelles (Belgique), 2015.

Ahmed Bensaada, « Arabesque$ – Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes », Ed. ANEP, Alger (Algérie), 2016.

https://www.algeriepatriotique.com/2019/05/10/interview-ahmed-bensaada-le-lobby-sioniste-est-tres-actif-en-algerie/?fbclid=IwAR3UuVQhtkAX6dKtElEPNjDJZBxkj-6r_QDW7AY_DLqRAPWHjkIl-BX21Ks