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ALGÉRIE : LE FILS D'ABANE RAMDANE A GAÏD - SALAH : "ANNULEZ L'ELECTION DU 12 DÉCEMBRE !"

Le fils d’Abane Ramdane à Gaïd-Salah : «Annulez l’élection du 12 décembre !»

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 Ameth MEDINE

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Par Tahar M. – Belaïd Abane, qui participait aux grandioses marches de ce vendredi contre le régime incarné par Gaïd-Salah, a affirmé que «l’état-major de l’armée n’a pas légitimité à décider seul de l’avenir politique du pays».

Le fils du stratège de la Guerre de libération nationale a estimé qu’«il est impensable d’aller à l’encontre de la détermination de ce peuple qui veut prendre son destin en main et refonder la nation et l’Etat». «Vouloir le faire contre le peuple, a expliqué Belaïd Abane, c’est prendre le risque de le diviser et de le mener dans la voie de la violence. C’est pour cela qu’il faut [privilégier] la voie de la sagesse et qu’il faut revenir sur cette décision d’organiser les élections».

Pour l’historien, «il faut s’asseoir et discuter pour savoir ce que nous allons faire de ce pays», en associant l’armée. Belaïd Abane, qui s’exprimait sur fond de scansions invoquant le grand martyr Abane Ramdane, a souligné que «la réalité est que le peuple ne veut pas de ces élections». «Comment peut-on organiser des élections que le peuple ne veut pas alors que c’est le peuple qui est source de souveraineté ?» s’est-il interrogé, en précisant que «[c’est cela] le fond du problème». «Personne n’a la légitimité de décider seul de l’avenir politique du pays. Il faut s’asseoir tous ensemble et décider de l’avenir et de la refondation de l’Etat et de la nation», a-t-il insisté.

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Belaïd Abane était parmi les millions de citoyens qui ont manifesté ce vendredi, pour la trente-cinquième semaine consécutive depuis le 22 février dernier, pour exiger le départ immédiat et sans condition des résidus du système Bouteflika incarnés par le général octogénaire Gaïd-Salah et rejeter les élections présidentielles que celui-ci a imposées à partir d’une caserne.

Les slogans scandés par les manifestants ce vendredi expriment la détermination du peuple majoritaire à refuser la mascarade électorale du 12 décembre et à poursuivre le mouvement de contestation jusqu’à la chute du régime. Des voix commencent à s’élever pour réclamer le passage à d’autres formes de contestation, face à l’entêtement du pouvoir de fait à vouloir se maintenir par la force et à imposer sa feuille de route visant à perpétuer le système Bouteflika.

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T. M.

https://algerie7.com/top/le-fils-dabane-ramdane-a-gaid-salah-annulez-lelection-du-12-decembre/


 

PARIS LE 17 OCTOBRE 1961, IL Y A 58 ANS, MASSACRE DE CENTAINES D’ALGÉRIENS PACIFIQUES QUI MANIFESTAIENT POUR LA PAIX EN ALGÉRIE

 

jeudi 17 octobre 2019 à 18h

Lieu :Paris 4e

Pont Saint-Michel
Métro Saint-Michel

carte

10 rdv pour ce lieu

2 parties : 1 2

Rassemblement

17 octobre 1961 - 17 octobre 2019

58 ème Anniversaire - Vérité et Justice

 

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d'Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l'époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l'indépendance de l'Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l'égalité, leur droit à l'indépendance et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés - notamment par la "force de police auxiliaire" ou, pour nombre d'entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d'une violence et d'une brutalité extrêmes des forces de police.

58 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n'a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu'elle a menées, - en particulier la Guerre d'Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d'horreurs qu'elles ont entraînés, comme ce crime d'Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n'est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n'est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd'hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l'OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

  • Que la lumière soit faite sur les soi-disant « retours vers leurs douars d'origine » des algériens survivants du 17 octobre envoyés en fait dans des camps de la mort de l'Algérie coloniale.
  • Que la création d'un lieu de mémoire voué à cet évènement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l'Etat, de la Ville de Paris et la Région Ile-de-France.
  • Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériens
  • La vérité doit être dite sur l'organisation criminelle de l'OAS que certains, comme au sein de la droite et extrême droite politique veulent la réhabiliter.

Ce n'est qu'à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d'Algérie, à savoir le racisme, l'islamophobie dont sont victimes aujourd'hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d'origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d'un demi-siècle, il est temps :

  • Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d'Etat. Comme il vient de le faire pour l'assassinat de Maurice Audin par l'armée française et pour l'existence d'un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s'étendre aux milliers d'Algériens qui en ont été victimes (voir le site www.100autres.org)
  • Que l'Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l'internement arbitraire, pendant la Guerre d'Algérie, d'Algériens dans des camps ;
  • Que la liberté d'accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens ;
  • Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

A l'occasion de ce 58ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.

Rassemblement le jeudi 17 Octobre 2019 à 18h. au Pont Saint Michel à PARIS

Signataires

Associations, Organisations Syndicales :17 octobre contre l'Oubli, 4ACG (Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre), 93 au Cœur de le République, Association de Jumelage Rennes-Sétif, Les Amis de Max Marchand de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons,Amis de l'Algérie à Rennes, ACCA (Association contre le Colonialisme Aujourd'hui),ACDA (Association pour le Changement Démocratique en Algérie), AFAPREDESA (Association des Familles des Disparus et Prisonniers Sahraouis), ANPROMEVO (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), ANPNPA (Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis), APCV (Association pour la Promotion de la Culture et du Voyage), ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Au Nom de la Mémoire ,CAPJPO-EuroPalestine,Collectif « Libérons l'Algérie », CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie), Comité Vérité et Justice pour Charonne, Droits devant !!,France el Djazaïr, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), Fondation Frantz Fanon, FUIQP (Front uni des , et des quartiers populaires) Les Oranges, LDH (Ligue des Droits de l'Homme), Liaison de la fédération Anarchiste pour le lot/ Aveyron, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), Mouvement de la Paix, Réfractaires non-violents à la guerre d'Algérie,RMCP (Réseau Mémoires de Combat Politiques),Sortir du Colonialisme, SURVIE, UJFP (Union Juive Française pour la Paix), URIF-CGT (Union Régionale Ile de France de la Confédération Générale du Travail)

Partis Politiques :Ensemble !, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PEPS (Pour une écologie Populaire et Sociale),PG (Parti de Gauche)

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/72881

 

MANIFESTATIONS DANS PLUSIEURS VILLES ALGÉRIENNES CONTRE LA NOUVELLE LOI SUR LES HYDROCARBURES QUI VEND L’ALGÉRIE AUX ÉTRANGERS

Algérie: manifestations contre la nouvelle loi sur les hydrocarbures

Près d'un millier de personnes ont défilé dans les rues d'Alger ce dimanche 13 octobre pour protester contre la loi sur les hydrocarbures.


© RYAD KRAMDI / AFP

Par RFI Publié le 14-10-2019 Modifié le 14-10-2019 à 01:42

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes algériennes pour dénoncer un texte de loi qui vend l’Algérie aux étrangers suite au vote par le Conseil des ministres de la loi de finances 2020 et de la loi sur les hydrocarbures. Dans la capitale, malgré un dispositif policier très important, plus d’un millier de personnes sont parvenues à manifester pendant plusieurs heures.

Sur les pancartes, les messages sont écrits en arabe, en français ou en anglais : « L’Algérie n’est pas à vendre ». Farid, la quarantaine, considère que la loi sur les hydrocarbures votée par le Conseil des ministres ce dimanche 13 octobre va permettre aux étrangers d’exploiter le pétrole algérien, et il s’y oppose.

« Il n’y a pas de président. On ne peut pas laisser ces mafieux vendre notre pays parce que c’est une loi très importante, c’est l’avenir de l’Algérie », explique-t-il.

Les manifestants scandent « Ils ont vendu le pays », et « Le peuple veut la chute du Parlement ». La vente d’hydrocarbures permet à l’Algérie de gagner l’équivalent de 60% du budget de l’État chaque année. Amira, chef d’une PME, manifeste habituellement le vendredi. Mais elle considère que le texte met l’Algérie en danger.

« Cette loi donne des avantages aux étrangers pour venir s’installer en Algérie, pour venir exploiter le gaz de schiste, pour venir exploiter le pétrole, lance la jeune femme. On est contre, on ne veut pas que les Français ou les Américains viennent en Algérie exploiter le gaz de schiste, c’est dangereux ».

À la fin de la journée plusieurs manifestants ont été interpellés par les forces de l’ordre. Le Conseil des ministres lui a adopté le texte, qui devra être présenté au Parlement.

http://www.rfi.fr/afrique/20191014-algerie-manifestations-contre-nouvelle-loi-hydrocarbures?xtor=EPR-300-[Quotidienne_afrique]-20191014-[contenu]-1141106044976


 

ALGÉRIE : AHMED GAÏD SALAH VEUT INTERDIRE TOUTE ACTIVITÉ POLITIQUE AUX RETRAITES DE L’ARMÉE ALGÉRIENNE (ANP)

Des élements des forces spéciales algériennes

L’armée algérienne veut interdire à ses retraités toute activité politique

CC0 / Mass Communication Specialist Steven Harbour/navy.mil / Algerian Sailors conduct Maritime Interdiction Operations (MIO)

MAGHREB

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Le chef de l’armée algérienne, vice-ministre de la Défense nationale, propose au gouvernement un projet de loi interdisant aux retraités de l’armée toute activité politique ou élective durant les cinq premières années.

Depuis quelques semaines, sur fond de crise politique en Algérie et à l’approche de l’élection présidentielle du 12 décembre, l’Armée nationale populaire (ANP) est visée par des critiques lui attribuant des ambitions politiques. Dimanche 13 octobre, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale, a présenté en conseil des ministres un projet de loi interdisant à tout militaire admis à la retraite de se porter candidat à une l’élection ou de pratiquer une quelconque activité politique pendant cinq ans, indique un communiqué officiel relayé par l’Algérie Presse Service (APS).

 

Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne

© AP PHOTO / ANIS BELGHOUL

Quel candidat soutiendra l’armée algérienne à la présidentielle?

Après avoir rappelé que la loi en vigueur «impose, dans son article 45, au militaire, après avoir été remis à la vie civile, certaines obligations du secret professionnel de réserve et de retenue», le chef de l’ANP a expliqué que «l’état de militaire versé dans la réserve de l’ANP, en position de disponibilité, reste incompatible avec toute activité politique ou fonction élective publique».

 

Dans ce sens, le général Gaïd Salah a expliqué que «l’exercice d’une activité politique partisane ou la candidature à une fonction élective publique se traduisent tous les deux par des déclarations et des débats libres susceptibles d’attenter aussi bien au devoir de retenue et de réserve tel qu’édicté par le statut des militaires réservistes, qu’à l’obligation de préserver les secrets dont le candidat a eu connaissance dans le cadre ou à l’occasion de l’exercice de ses activités au sein de l’institution militaire».

Pour toutes ces raisons, le chef d’état-major de l’ANP a affirmé que «c’est à ce titre qu’il est proposé dans le strict respect de la loi […]» d’interdire, «pour une durée de cinq années, au militaire admis à cesser définitivement son activité au sein des rangs de l’ANP, d’exercer une activité partisane ou de se porter candidat à une fonction publique élective».

«L’armée n’a pas d’ambitions politiques»

Accusé par ses détracteurs de vouloir s’emparer du pouvoir, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, a précédemment affirmé via un communiqué du ministère de la Défense nationale n'avoir «aucune ambition politique».

 

Un tir de missile Kalibr

© SPUTNIK . MINISTÈRE RUSSE DE LA DÉFENSE

L’Algérie intègre le cercle réduit des pays aptes à «lancer des attaques au sol par missile depuis des sous-marins»

S’exprimant lors d’un discours dans la 4e région militaire, dans le sud-est de l’Algérie, le chef de l’armée algérienne a assuré n’avoir aucun dessein derrière son insistance à défendre l’organisation de l’élection présidentielle.

 

Et d’ajouter: «Je me suis engagé personnellement à maintes reprises [...] à accompagner le peuple algérien, de manière rationnelle, sincère et franche, dans ses manifestations pacifiques et matures, ainsi que les efforts des institutions de l'État et de l'appareil de justice», avait-t-il déclaré.

«Et que tout le monde sache [...] que nous n'avons aucune ambition politique mis à part servir notre pays conformément à nos missions constitutionnelles».

 

Manifestations en Algérie, archives

© AP PHOTO / TOUFIK DOUDOU

Que pourraient décider l’armée et l’opposition pour résoudre la crise algérienne?

Par ailleurs, dans l’éditorial de la revue mensuelle El Djeich (L’armée en arabe) du mois de septembre, l’armée algérienne affirme que l’ère où le pouvoir désigne les Présidents de la République est révolue.

 

Enfin, suite à l’engagement pris par l’armée d’accompagner dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles le mouvement populaire du 22 février jusqu’à la satisfaction de toutes ses revendications, El Djeich écrit que:

«l’ère des dictats et de la fabrication des Présidents est définitivement révolue, comme l’a affirmé le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP)».
https://fr.sputniknews.com/maghreb/201910141042260247-armee-algerienne-veut-interdire-a-ses-retraites-toute-activite-politique/

 

ALGÉRIE : LE HIRAK REFUSE LES REFORMES NÉOLIBÉRALES ET DIT NON AU DÉMANTÈLEMENT DE LA SOUVERAINETÉ DU PAYS

Publié par Saoudi Abdelaziz

Le Hirak refuse les réformes néolibérales

Hier à Alger. Photo DR

Hier à Alger. Photo DR

Dans les jours qui ont précédé le 34è acte du Hirak, le gouvernement, que la Constitution cantonne pourtant à la seule gestion des affaires courantes, a annoncé coup sur coup des mesures qui relèvent de la stratégie économique. Nouvelle loi sur les hydrocarbures, abolition de la règle 49/51 : ces mesures qui répondent aux exigences néolibérales, consistent à diminuer le rôle de l'Etat dans l'économie, notamment dans le contrôle des richesses pétrolières, pour "attirer l'investissement étranger". A quoi s'ajoute dans la foulée l'annonce d'une réforme de l'assurance vieillesse, portant à 65 ans l'âge du départ à la retraite et modifiant son mode de calcul.

34e vendredi : le Hirak dit non au démantèlement de la souveraineté économique de l’Algérie

Par Samir Allam, 11 octobre 2019

(...)

En plus du rejet de l’élection, deux nouveaux slogans ont fait leur apparition ce vendredi. Ils concernent la dénonciation des projets de Loi de finances 2020 et de Loi sur les hydrocarbures. Ces deux textes qui seront soumis dimanche au Conseil des ministres démantèlent la souveraineté économique du pays dans deux domaines sensibles : le protectionnisme et les richesses en hydrocarbures.

En décidant de supprimer la loi 51%/49 pour les secteurs non-stratégiques, le gouvernement prend le risque de fragiliser les entreprises locales qui ne sont pas préparées à affronter une concurrence venue de pays développés. La loi 51/49 n’a pas été le seul frein à l’investissement étranger en Algérie mais elle a certainement permis l’émergence d’entreprises locales dans de nombreux domaines. Au lieu de mener une réflexion globale sur les raisons de la faiblesse de l’attractivité de notre économie, le gouvernement, par calcul, s’attaque à un seul texte au risque d’affaiblir les entreprises locales.

Quant à la Loi sur les hydrocarbures, elle contiendrait des dispositions trop favorables aux compagnies étrangères. Cette semaine, Mohamed Arkab, ministre de l’Énergie, a fourni, un argument de taille à ceux qui critiquent la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Dans une déclaration à la presse, M. Arkab, voulant défendre son texte, a affirmé que le projet de loi « a été élaboré après une concertation avec les cinq plus grandes compagnies pétrolières internationales ». Le ministre a ajouté que « rien ne manque au projet de loi » sur les hydrocarbures. Aucun débat national n’a été engagé par le gouvernement pour réviser cette loi. TSA-Algérie

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2019/10/34e-vendredi-le-hirak-dit-non-au-demantelement-de-la-souverainete-economique-de-l-algerie.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

ALGÉRIE : LA DANGEREUSE SUCCESSION DE GAID SALAH

La dangereuse course à la succession de Gaid Salah

Publié par Gilles Munier sur 9 Octobre 2019, 09:20am

Revue de presse : Algérie Part (7/10/19)*

Lechkham, Ghriss, Chengriha ou Benbicha ?

L’armée algérienne subit en ce moment des déchirements internes qui risquent de lui provoquer une inquiétante crise de dysfonctionnement. Ces déchirements internes tournent autour de la délicate question de la succession de Gaid Salah. Selon nos informations confirmées auprès de plusieurs sources très bien introduites au sein de l’institution militaire algérienne, la course à cette succession a été bel et bien lancée car l’âge avancé de Gaid Salah et l’épuisement qu’il commence à ressentir,  les attaques et critiques sévères dont il fait l’objet de la part d’une rue bouillonnante de colère et l’importance de la réussite des futures échéances électorales ne lui permettent plus de conserver encore longtemps son poste à la tête de l’Armée Nationale et Populaire (ANP), aujourd’hui le véritable et seul centre détenteur du pouvoir en Algérie.  

Nos sources ont été, d’abord, claires : aucun agenda précis n’a été encore fixé pour annoncer le départ de Gaid Salah. Il paraît donc improbable qu’il parte avant le 12 décembre prochain. Ce scénario ne peut se concrétiser que dans un seul contexte : si la réussite de l’élection présidentielle est totalement compromise en raison des positions brutales de Gaid Salah, l’armée peut, dés lors, envisager un mouvement interne pour procéder à son remplacement, attestent nos sources.

Mais qui peut remplacer Gaid Salah ? Aujourd’hui, de nombreux clans se composent et se recomposent au sein de l’armée autour des généraux les plus influents ou les plus expérimentés. Et chaque clan tente de défendre son poulain dans l’espoir d’accéder à la fonction suprême, celle du Chef d’Etat-Major de l’ANP, le poste le plus stratégique en Algérie puisque cette fonction donne naissance au véritable décideur du pays.

Si l’on tient compte des traditions historiques de l’armée algérienne, c’est toujours le commandant des forces terrestres qui prend le relai et assure la succession. Dans ces conditions, c’est Said Chengriha, l’actuel chef des forces terrestres, qui devra succéder à Gaid Salah. Ce général-Major est puissant depuis de nombreuses années et il reste respecté pour son parcours académique et ses compétences universitaires. Il avait, lui-même, succédé en août 2018 ainsi au vétéran Lahcen Tafer, en poste à la tête du commandement des Forces Terrestres depuis 2004. Il dirigeait, auparavant, la 3e région militaire.

Sa nomination avait été qualifiée d’une promotion majeure pour ce haut gradé. Il était jusqu’au déclenchement du Hirak le 22 février,  le troisième personnage de l’armée après le chef suprême des forces armées (président de la République) et le chef d’état-major. Un poste hautement stratégique dans la chaîne du commandement militaire.

Mais Chengriha est un officier âgé et ne pourra pas refléter le rajeunissement nécessaire du commandement militaire de l’ANP. L’armée algérienne veut offrir aux algériens une nouvelle image pour rompre avec celle du passé : une armée dirigée par des jeunes aux compétences avérées. En plus, Chengriha compte de nombreux adversaires notamment dans le clan de Gaid Salah. Chengriha est le seul officier qui ose adopter un langage sincère, franc et vrai à l’égard de Gaid Salah sans faire preuve d’un excès de zèle à l’égard de Gaid Salah. Nous reviendrons sur ce personnage important de l’armée dans nos prochaines publications.

A côté de Chengriha, d’autres généraux-majors sont présentés comme les futurs successeurs de Gaid Salah. Et chaque candidat compte des adversaires et des partisans. Nous avons, ainsi, le Directeur du service national au ministère de la Défense nationale, le général-major Mohamed-Salah Benbicha, qui est beaucoup moins âgé que les autres actuels puissants généraux de l’ANP. Mais Benbicha est en concurrence avec d’autres généraux comme le général-major Abdelhamid Ghriss, l’actuel secrétaire général du ministère de la Défense Nationale, qui est très apprécié par de nombreux officiers supérieurs de l’ANP.

Le SG du ministère de la Défense Nationale est le seul interlocuteur de l’ANP avec les personnalités politiques et l’appareil judiciaire.  C’est lui qui transmis les instructions du haut commandement de l’ANP et c’est lui qui coordonnait les enquêtes et mesures décidées dans les plus gros dossiers de corruption.

Le général-major Abdelkader Lechkham, patron du service des transmissions et d’une direction chargée des questions numériques, pourrait incarner la surprise et se positionner très rapidement dans cette course à la succession de Gaid Salah. Ce général méconnu, secret et discret, est présenté comme un officier très influent qui est très écouté par Gaid Salah. C’est lui qui s’est chargé des “offensives cybernétiques” de l’ANP contre ses adversaires politiques et pour blanchir l’image d’Ahmed Gaid Salah contre ses principaux détracteurs. Cependant, comme tous les autres prétendants, rien ne peut empêcher sa disqualification à la dernière minute car la lutte sera acharnée et seul le plus soutenu des généraux pourra succéder à Gaid Salah. Quoi qu’il en soit, si cette succession n’est pas résolue dans les plus brefs délais, l’armée vivra le même dangereux scénario que celui qui avait détruit la Présidence de la République avec le 5e mandat de Bouteflika. Un scénario d’instabilité que l’Algérie doit cruellement éviter pour sortir la tête de cette crise politique qui n’en finit pas.

*Source : Algerie Part

http://www.france-irak-actualite.com/2019/10/la-dangereuse-course-a-la-succession-de-gaid-salah.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

ALGÉRIE : LE PRESENT A LA LUMIERE DE L’HISTOIRE AVEC SADEK HADJERES : DE INDÉPENDANCE AU HIRAK, DE « LA CRISE BERBÉRISTE » AU DÉLIT D’EMBLEME AMAZIGH

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02/10/2019 16h:44 CET | Actualisé il y a 2 heures

Le présent à la lumière de l'histoire avec Sadek Hadjeres: de l’indépendance au hirak, de “la crise berbériste” au délit d”emblème amazigh

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Sadek

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Sadek Hadjeres

C’est dans un hôpital que cet entretien avec Sadek Hadjeres, a été réalisé, juste au lendemain des grandes marches du vendredi 5 juillet 2019.  L’entretien date donc et n’aborde pas les évolutions qui ont eu lieu dans le pays au cours des derniers mois. Mais quand Sadek Hadjeres s’exprime, c’est le présent qui est apprécié à l’aune de l’histoire et de ses enseignements.

Il compare entre l’élan, vite interrompu, du 5 juillet 1962 et l’élan qui s’est exprimé le 5 juillet 2019. La “crise dite berbériste” de 1949 provoquée de “manière fallacieuse” par la direction du PPA-MTLD fait écho aux arrestations pour le port de l’emblème amazigh alors que le peuple a très largement dépasser ce faux clivage. Sadek Hadjeres fait l’éloge de la non-violence du Hirak et insiste, le pacifisme peut-être révolutionnaire, contrairement aux idées qui ont longtemps dominé chez les courants progressistes.

C’est d’ailleurs le message qu’il adresse aux jeunes Algériens: la Silmiya, c’est “votre plus puissante arme pour venir à bout des obstacles nationaux et internationaux  considérables”.

L’Algérie vient de vivre un 5 juillet exceptionnel qui est tombé un vendredi, jour de manifestations depuis le 22 février. Vous l’avez suivi de loin, Le 5 juillet 2019, le 5 juillet 1962, c’est comparable ?

Par rapport au 5 juillet 1962 de l’indépendance qui est un évènement énorme, l’aboutissement de sept années de luttes, j’ai ressenti, personnellement, que ce 5 juillet 2019 était un événement plus grand, plus important. En ce sens qu’il est venu apporter une touche nouvelle, de donner une grande partie de la signification du 5 juillet 62, celui de l’indépendance territoriale, formelle.

Le 5 juillet 62, c’était une joie extraordinaire mais déjà, après le cessez-le-feu, dans la population, les premiers signes de mécontentement étaient là, en raison des agissements du nouveau pouvoir qui se mettait en place… Biens vacants, brimades… On sentait déjà une emprise néfaste alors que tout le monde était dans le sens profond de l’indépendance.

Après il y a eu cette captation de la victoire, l’accaparement… On a vu rapidement les limites.  En novembre 1962, quelques mois après l’indépendance, le parti communiste était interdit …

Un monopole de la politique s’instaurait …

 Durant les dernières années de la lutte armée et indépendamment des difficultés qu’ont eu les communistes à être admis et acceptés, il y avait déjà des signes qui allaient au-delà de l’anticommunisme, une attitude anti-sociale, anti-démocratique. On a eu vers 1958, le texte d’un exposé de Lakhdar Bentobal où il disait que le grand problème après l’indépendance, cela va être les communistes parce qu’ils ont l’expérience du travail social ... etc. Il y avait une volonté de donner un certain contenu à l’indépendance, une vision antisociale, anti-démocratique. La preuve peu après novembre (1962), il y a eu le congrès de l’UGTA où le syndicat a été complètement caporalisé avec le recours à des hommes de main qui ont envahi la salle du congrès… Tous les courants qui se disputaient le pouvoir ont été unanimes, ils ont tous participé à cela…. On a vu tout de suite que ce qui était sous-jacent chez certains seigneurs de guerre a été vite mis en pratique. Il y avait un élan extraordinaire dans le pays, mais qui, avec les pratiques du pouvoir, les interdictions, est rapidement tombé. Je veux dire que ce 5 juillet 2019 par rapport à celui de 1962 est, pour moi, bien au-dessus, ce que nous avions souhaité et espéré commence à se réaliser. Un contenu à l’indépendance commence à être réalisé… 

C’est un 5 juillet où les divisions passées, celles des années 90, semblent ignorées ou reportées à plus tard

Ce mouvement semble être apparu d’un seul coup, sous l’effet d’une conjoncture qui a exacerbé le ras-le-bol. Pourtant, bien avant cela, j’étais heureux d’entendre des voix qui s’élevaient de manière forte pour dire qu’il y en a assez du pessimisme, que des choses se font et peuvent se faire. Ce n’est donc pas quelque chose de miraculeux tombé du ciel. A la longue, le travail de la société sur elle-même, qui est souvent ignoré par les politiciens, a de l’effet. Il y a eu des prises de consciences successives, toutes les luttes qui sont menées dans l’anonymat, aussi bien au niveau national qu’international, tout cela a mûri.

Le peuple, dont on dit souvent du mal, a des capacités d’absorber cela, évidemment à un prix très lourd, douloureux. Mais il arrive un moment où la conjoncture nationale et internationale donne une issue favorable. Il y a tous les facteurs, l’internet, les harragas…. Chaque noyé a une famille, des voisins et cela marque. Les fausses solutions reculent au fur et à mesure, on se rend compte que les révoltes, les coupures de routes ne sont pas suffisantes pour arrêter ce grand malheur…

Un mûrissement qui s’est fait en dépit de la faiblesse de l’encadrement politique…

Et de la faiblesse de l’organisation ! On sait très bien comment les différents partis ont été caporalisés ou mis hors d’état de mener une action organisée et concertée. Tout cela était le travail des seigneurs de guerre avant l’indépendance, il est devenu le travail de dictateurs, maîtres dans l’art de diviser, de décourager les gens, de susciter le pessimisme et de dire qu’il n’y a pas d’issue, qu’il n’y a pas de changement possible à cette situation. Comme si cette situation devait être éternelle. 

De la “crise berbériste” à l’interdiction de l’emblème amazigh

La société est-elle immunisée contre ces tentatives de division ? 

Il y a un très grand progrès et il est même assez inimaginable. 

Je suis moi-même étonné que cette histoire de drapeau amazigh soit passée aussi et acceptée aussi largement par les gens, avec cette unanimité.

 Il n’y a que les secteurs qui coupent les cheveux en quatre qui rechignent… 

Jusqu’à ce que les autorités décident que c’est un délit, il y a des gens en prison à cause de l’emblème amazigh. 

On revient à 1949. Lorsque est parue la brochure d’Idir El Watani (*) disant qu’il y a une nation multiculturelle mais pour une République une et indivisible. C’était écrit en majuscules. L’argument des apprentis-dictateurs de l’époque, même s’ils ne s’en rendaient pas compte et se disaient nationalistes, mais nous distinguions entre nationalisme libérateur et nationalisme oppresseur…  leur argument à l’époque était de dire que c’est du séparatisme institutionnel ou territorial ... etc Alors qu’on peut prendre la brochure de 1949 et la lire, ligne après ligne, pour voir que ce n’était pas du tout des revendications sécessionnistes, territoriales ou institutionnelles. Il n’y avait même pas de revendication culturelle explicite, il y avait une analyse disant que la nation était multiculturelle et qu’il y avait un grand trésor dans cette diversité.  On parlait d’union et d’unité d’action dans la diversité.

A l’époque, ils disaient que même le simple fait de parler amazigh était un acte sécessionniste et séparatiste alors qu’il n’en était pas du tout question et il ne pouvait pas en être question. Le mouvement culturel berbère était à sa naissance à cette époque, il y avait le chant patriotique “Kker a mmi-s n umaziɣ !” qui, entre parenthèses, a été adopté unanimement à l’époque. A la fête de l’AEMAN, organisée à l’opéra d’Alger, il s’est posé un grand problème. A la dernière minute, on a supprimé Kker a mmi-s n umaziɣ qui dure trois minutes sur un programme arabophone et francophone de deux à trois heures. 

A ce moment-là, les partisans culturels de l’amazighité, ceux qui ont créé et lancé Kker a mmi-s n umaziɣ, Ait Amrane et ses amis ont refusé d’ouvrir le rideau et ont dit qu’ils refusaient de participer. Finalement, ce n’était pas des gens qui l’ont fait sur directive du MTLD, mais des illuminés qui ont voulu qu’il en soit ainsi. Quand le rideau a été levé, il y a eu un torrent d’acclamation pour “Kker a mmi-s n umaziɣ ! “On a fait des recettes extraordinaires, à ce moment-là j’étais trésorier de l’association, la valise était un peu lourde. (rires).

C’est pour dire qu’il y avait une espèce d’hostilité virulente, même contre le fait de parler kabyle entre nous, naturellement, comme on respirait. La direction du PPA-MTLD à l’époque a adopté cette position perverse et fallacieuse. Il n’y a donc rien de différent avec ce qu’ils essaient de dire maintenant…. 

 Il y a le slogan kbayli-arbi khawa khawa comme réponse 

Il y a eu tellement de perversion durant ces décennies que j’ai été enchanté et surpris de cette unanimité des Algériens. C’est ce qui rend d’autant plus ridicule l’interdiction d’un emblème qui en fait exprime une réalité culturelle du pays, ce n’est pas une revendication politique ou chauvine… 

Cet emblème amazigh n’est en aucune façon contradictoire avec le drapeau national pour lequel les berbérophones se sont sacrifiés et ils ne sont pas prêts de l’abandonner. La preuve, on le voit partout maintenant, au point que c’est devenu presque subversif.

Ce qui est frappant est que depuis le 22 février, tout ce que le pouvoir s’appropriait, le drapeau, le combat national, les héros… prennent une autre tonalité chez la population.

Ce que l’on croyait enfoui est en réalité resté présent dans les familles, dans la société qui était indigné que le comportement des nouveaux dirigeants ne soit pas celui qu’on proclamait…

C’est une société que beaucoup d’élites matraquaient et insultaient qui fait preuve non seulement de résilience mais aussi d’une grande mémoire historique.

Une grande mémoire, car cela se raconte dans la famille. Tout le monde a eu des frères, des parents… J’ai été vraiment frappé, lors d’un hommage qui m’a été rendu dans mon village natal en Kabylie, combien la mémoire des gens était là pour parler des problèmes présents. Et en même temps, ils étaient imprégnés de ce qui s’est passé. C’était à qui raconterait ce qui s’est passé dans sa famille, des femmes emprisonnés dans des camps, qu’on amenait chaque matin faire des kilomètres pour les obliger à saluer le drapeau français. Il y en a une qui m’a raconté qu’en revenant avec un enfant sur le dos, dans la boue… elle se disait qu’elle pourrait peut-être laisser l’enfant tomber…. Il y a eu des souffrances quotidiennes, cela reste de génération en génération, il n’y a que des politicards qui peuvent dire le contraire

Il y a eu quand même une tentative d’effacer la mémoire… on a présenté une Algérie sans héros

 C’était en fait pour faire oublier les enjeux réels, au contenu qu’on voulait donner à l’indépendance. C’était vraiment quelque chose de concret que les gens voulaient donner à l’indépendance.  C’est là que s’explique l’immense déception qui s’exprimait dans l’autodérision…. Mais derrière tout cela, il y avait une volonté aussi forte que celle de l’esprit d’un harraga qui s’en va. Il y avait seulement un manque de conscience de quelle voie prendre pour en finir avec ça.  Lorsque à l’expérience, les choses, s’avèrent faisables… Tout d’un coup, c’est comme un éclair de lumière dans l’esprit des gens. Ça a explosé publiquement, sans crainte, avec une unanimité extraordinaire.

Le pacifisme est révolutionnaire 

 C’est un mouvement est quand même une grande surprise, aussi bien par son pacifisme que par son caractère national

 

La qualité de ce mouvement, cette obstination à ne pas franchir le pas de la violence, cette expression unanime, c’est quelque chose d’extraordinaire. Cela donne à réfléchir.

La qualité de ce mouvement, cette obstination à ne pas franchir le pas de la violence, cette expression unanime, c’est quelque chose d’extraordinaire. Cela donne à réfléchir. Cela veut dire aussi que ce n’est pas la souffrance qui s’est accumulée mais les enseignements des différentes formes de lutte dispersées, réprimées… Il y en a eu des dizaines et des dizaines, elles ont porté leur fruit. Y compris les évènements identiques dans le monde. Les mouvements pacifiques dans le monde, comme ceux de Mandela, tout cela a fini par imprégner les esprits…  Il y a une conscience politique et civique qui se forme peu à peu, dont les résultats n’apparaissent pas tout de suite mais qui finalement arrivent. 

Chez les jeunes en particulier, ceux qui cherchent des issues ; et qui savent que les formes précédentes n’ont pas abouti et ont tourné à l’avantage de la dictature. J’en parle en connaissance de cause, le PCA en 1962 insistait sur la voie pacifique dans son programme. Cela paraissait comme une utopie. On passait pour des rêveurs même. Surtout qu’après l’expérience de la lutte armée, mal interprétée, appeler les gens à agir de façon pacifique, cela paraissait bien utopique. Même les mouvements démocratiques, comme cela été le cas pour le FFS, n’ont pas évité ce piège à un moment donné. La mentalité laissée par la guerre chez les gens est que ce qui a été pris par la violence ne peut être repris que par la violence. C’était une insuffisance de la conscience politique. Il y a eu des formations politiques et courants d’idée qui essayaient de dire que cela n’est pas vrai, mais qu’au contraire, les mouvements insurrectionnels aboutissent en définitive à un regain d’enracinement de la dictature militaire. Il y a eu un moment de prise de conscience de la nocivité de la violence…

Il y a eu aussi le traumatisme des années 90, mais qui semblait pousser à la résignation. Cela n’est pas le cas

C’était cela la bifurcation, il y a eu tellement de résignation, après il est bien apparu qu’il fallait se trouver autre chose et voir ce qui se passe dans d’autres pays. C’est aussi un changement de mentalité, les jeunes de maintenant, ils sont à la recherche, ils sont sur les réseaux sociaux, il y a des débats. 

Le mouvement étudiant a surpris tout le monde. Les étudiants sont d’une inventivité remarquable.

Je reviens à l’idée d’un recours à la violence comme un moyen incontournable de lutte contre la dictature, elle a imprégné y compris les milieux progressistes. A un moment ils cherchaient à imiter Che Guevara, on parlait des focos (foyers de guérilla – ndlr) . Il y en avait même qui se glorifiaient de ne recourir qu’à la lutte armée. Alors que la lutte armée, même quand elle devient inévitable et incontournable, est de toute façon fondamentalement politique. Cette mentalité a été l’une des raisons aussi pour laquelle dans les années 89, 90, certains ont eu l’idée qu’il fallait résister aux “Afghans” et que la seule façon de vaincre ce courant politique, c’était de les éliminer.

Le problème du terrorisme n’était pas encore posé mais il y avait des camarades dans le parti qui était heureux de savoir qu’il y avait des soldats dans la rue, balle au canon, prêts à tirer. Certains mêmes, j’en ai entendu, qui disaient “qu’au premier coup de canon, ils vont tous s’envoler comme des moineaux”. Et ça, alors que la lutte était encore politique, c’est-à-dire que c’était conçu préventivement. C’est comme ça, par un réflexe d’autodéfense mal conçu, qu’ils sont tombés dans le piège des militaires. Même avant le vote, ils pensaient déjà à cette idée et cela les a écartés du chemin de la lutte politique, du chemin des travailleurs.  

Je me souviens en juin 1990, après les municipales, il y avait des travailleurs qui venaient nous voir pour nous dire, “smhoulna, on aurait aimé voter pour vous, mais cette fois on a le sentiment qu’il n’y a que le FIS qui est capable de faire tomber le FLN”.  Il fallait mobiliser le courant qui était contre l’arbitraire du FLN et comprendre les raisons profondes qui poussaient beaucoup des Algériens à suivre aveuglément le FIS. On aurait atténué les choses. Ils ont en fait discrédité et fait du tort aux formations politiques, démocratiques et révolutionnaires parce qu’ils ont cru faire le bon choix, celui de la violence… Mais, bien entendu, c’est plus profond que cela. 

Au sein du mouvement révolutionnaire mondial, il y a eu souvent l’idée que la révolution est le fruit des armes. Toute une évolution des mentalités s’est faite à la suite des expériences historiques et par bonheur, cela a été saisi par les jeunes.

Le pacifisme peut être révolutionnaire donc…

 La preuve, c’est ce qui met en déroute la dictature. Elle est acculée et cela l’oblige à se démasquer ou à céder du terrain.  

La preuve est faite qu’un mouvement pacifique est possible comme il y en a eu aux USA et ailleurs. Cela s’est confirmé en Algérie qui a peut-être la chance d’être le flambeau qui va inspirer encore d’autres nations.

Pourtant ça se tend en Algérie et les choses sont loin d’être réglées

Il va y avoir des affrontements politiques y compris violents, mais ils se produiront dans de meilleures conditions que si c’était le résultat d’actions armées soi-disant de résistance qui en fait ne mobilisent pas la population. Aujourd’hui, la population est décidée à soutenir l’orientation du hirak.

Il reste un problème d’articulation politique du mouvement…

C’est la difficulté d’autant plus qu’il y a eu des décennies faites d’affaissement de la conscience politique y compris pendant la guerre de libération. Après l’effort de politisation qui a été fait durant les premières années avec Abane Ramdane, Ben M’hidi, Benkhedda ... il y a eu un affaissement de la conscience politique. C’est tellement évident. Cela demande d’ailleurs à être clarifié pour les jeunes générations en tant qu’argument supplémentaire pour mobiliser politiquement et élever la conscience politique. 

Dans nos relations avec le FLN, on ne s’est pas arrêté sur l’idée de mobiliser politiquement. En 58, 59, il y a eu des lettres adressées au GPRA pour précisément prendre en main l’aspect politique des choses. A un moment où le GPRA était affolé et pensait que la solution viendrait seulement d’une intervention militaire tunisienne ou marocaine aux frontières, ce qui était parfaitement illusoire, il ignorait ce qui se passait dans la population. Nous avons publié une brochure intitulée “notre peuple vaincra”. Précisément pour lutter contre cette mentalité et montrer qu’il y a d’autres moyens de résistance très forts pour mobiliser et changer le cours de la guerre. Ce qui a été prouvé par la suite avec les manifestations de décembre 1960.  

Le mouvement a connu le 8 mars une forte présence des femmes qui font partie intégrante du hirak. Certains ont fait le parallèle entre la forte présence des femmes dans le hirak avec leur présence lors des manifestations décisives de décembre 1960.

Cela prouve que les canaux de prise de conscience ne sont pas ceux qu’on imagine par la presse, les médias, mais cela passe aussi par les familles, par ce que les gens se disent les gens les uns aux autres. C’est une leçon. Cela fait naître des mouvements qui changent la face de la conjoncture politique. Décembre 60, c’était un tournant dans la guerre. Tout ce qu’on attendait depuis des décennies pour un changement est arrivé. Le coup de boutoir a été très fort et ressenti comme tel y compris à l’échelle internationale.

La période Boumedienne 

La période Boumediene comment vous l’appréciez ? Il y en qui vous reprochent le soutien critique, comment situer cette période dans l’histoire du pays.

Après l’indépendance, la situation était très complexe. Les courants politiques qui existaient, progressistes et conservateurs, se sont affrontés dans une situation de confusion au niveau national et international. A l’indépendance, dans une conjoncture internationale particulière, les dirigeants de l’appareil militaire algérien étaient à la fois portés par la revendication nationale algérienne mais également déchirés entre plusieurs orientations. Il se trouve que la période 62, avec la révolution cubaine, beaucoup de militaires cubains qui soutenaient la révolution algérienne aux frontières, s’est développé le courant favorable à une radicalisation de la révolution. Mais malheureusement, c’était une radicalisation qui se faisait aussi à travers des moyens de mainmise sur l’appareil militaire. Il y avait une confusion. Tout compte fait, il y avait des prises de positions à avoir envers des décisions concrètes, des orientations fondamentales concrètes. Quelle destinée réserver aux terres des colons qui ont été libérées, que fallait-il en faire ? Il y a un certain nombre de problèmes sociaux qui se sont posés, sous la poussée des revendications populaires également, qui font que c’est le courant Boumediene qui était, malgré son autoritarisme, porté sur les réformes sociales a pris en main le contrôle sur les terres agricoles, et a lancé l’autogestion… Au point même que ce courant se considérait comme plus avancé que les communistes. Je me souviens qu’un journaliste du journal “Le Peuple” – qui avait, au passage, moins de lecteurs qu’Alger Républicain- Omar Ben Mahdjoub a écrit un éditorial où il disait qu’alors que les “communistes sont pour une voie non-capitaliste, nous, nous sommes pour le socialisme”. Concrètement, le PC disait qu’il fallait une solution pacifique des problèmes. On peut relire tout ce qui a été écrit en été 62 sur les façons de résoudre la crise, front anti-impérialiste, front uni mais pas parti unique…  Soutien critique ne veut pas dire que nous sommes des masochistes pour dire bravo, continuez à nous réprimer. Nous n’avons jamais soutenu la politique répressive, mais quand il y avait des initiatives positives, on les soutenait et parfois on était les seuls à les soutenir, le FLN était contre. Il y avait une différenciation au sein des couches dirigeantes.

 

Quel bilan faites-vous de cette période de Boumediene en tant que système ?   

Le plus grand succès, non pas seulement du pouvoir de Boumediene mais de l’Algérie toute entière, a été la nationalisation des hydrocarbures sur laquelle l’Algérie continue à vivre. C’était magnifique.

Boumediene n’était soutenu pour cela que par l’armée, par les communistes et les syndicats.  C’est une conquête extraordinaire dont les retombées continuent encore. Mais dans le même moment, les communistes étaient réprimés et torturés par le pouvoir de Boumediene. Evidemment, avec une analyse plus fine, on voyait que ce n’était pas les mêmes courants dans le pouvoir de Boumediene qui agissaient de cette façon.  Il y avait des gens comme Kaïd Ahmed, Medeghri qui poussaient à une répression plus grande. Cette répression augmentait d’ailleurs chaque fois qu’il y avait une mesure anti-impérialiste ou une mesure de progrès social qui s’annonçait. On pouvait même prévoir à l’avance qu’il y allait y avoir une recrudescence de la répression. Mais il y avait d’autres courants, comme celui de Benyahia et d’autres, qui était contre la répression, notamment des étudiants. A l’interdiction de l’UNEA, en 1971, au moment même de la nationalisation des hydrocarbures, Cherif Belkacem qui revenait de voyage a dit “quelle connerie, vous avez fait!” en apprenant la nouvelle.  Il y avait des luttes qu’on prenait en compte, non pas pour soutenir un clan contre un autre, mais en soutenant les mesures prises par tel groupe contre les mesures de répression prises par l’autre groupe, notamment ceux qui préparaient le coup d’état suivant comme Bouteflika et d’autres… 

L’armée aujourd’hui met des responsables, des oligarques en prison, mais elle ne veut pas vraiment changer le système… 

C’est là que je dirais qu’il faut faire attention. C’est assez opaque. 

On ne connait pas trop bien, jusqu’à présent, les courants et les strates au sein de l’armée qui seraient pour le mot d’ordre el djeich-chaab khawa,khawa. C’est là le point le plus sensible et le plus délicat.

Cela est une des conséquences perverses de l’existence de l’opacité au sein de l’armée. Il faut espérer que les courants profonds liés à la population ne finiront pas prévaloir pacifiquement sur les courants. 

Il y a eu une responsabilité à assumer …

A condition que la pression populaire soit assez forte et assez responsable également dans ses revendications et ses objectifs. Il faut qu’elle avance des objectifs rassembleurs aussi bien pour les civils que les militaires. Il est clair qu’aussi bien chez les civils que les militaires, il y en a qui voudront garder le système coute que coute.  En même temps, tout dépend des évolutions profondes qui se produisent dans toutes les catégories qu’elles soient civiles ou militaires

Comment l’environnement international peut peser sur l’évolution de la situation algérienne ?

L’environnement international peut être considéré comme favorable dans la mesure où il peut laisser à l’Algérie une plus grande liberté de choix et de décisions sur les grandes mesures, comme l’économie et les grandes options qui font le développement du pays.  Or, il est évident que jusqu’ici toutes les grandes orientations favorables au développement ont été contrecarrées par des puissances. On le voit ne serait-ce que par les assauts contre le secteur des hydrocarbures qui est un secteur capital… Donc, dans la mesure où le climat international devient plus favorable à un monde multipolaire et des orientations qui respectent les intérêts des peuples, l’Algérie pourrait trouver de meilleures conditions pour réaliser les aspirations du hirak.

Un dernier mot pour les jeunes ...

Ya Lkhawa ya choubane Zidou lelgoudam. Les jeunes, allez de l’avant…Votre mouvement populaire et démocratique se trouve face à des enjeux énormes. S’il continue à être guidé par essilmiya, al ittihad wal fehama, c’est votre plus puissante arme pour venir à bout des obstacles nationaux et internationaux  considérables.

 

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  • Saïd DjaaferJournaliste

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DÉSASTRE ALGÉRIEN : LA FRANCE MOUILLÉE JUSQU'AU COU (ET PLUS)

Désastre algérien : La France mouillée jusqu’au cou (et plus)

Publié par Gilles Munier sur 1 Octobre 2019, 13:21pm

Catégories : #Algérie

Par Gilles Munier/

Interviewé par le quotidien Le Parisien, l’avocat français Jean-Pierre Mignard, proche d’Emmanuel Macron, a conseillé au chef de l’Etat de parler de la situation en Algérie. Il pense que Macron, après avoir déclaré « que la colonisation était un crime contre l'humanité… est en droit de dire aujourd'hui au peuple algérien un certain nombre de choses, sans qu'on lui reproche quoi que ce soit sur un passé qui, en termes d'état civil, ne peut pas être le sien ».

A Alger, la France n’est pas en odeur de sainteté, que ce soit au sein du Hirak - le soulèvement populaire du 22 février 2019 - que des supporters d’Ahmed Gaïd Salah, ancien maquisard des Aurès devenu général, vice-ministre de la Défense et chef d’État-major de l’armée, qui dénonce à mots couverts des complots ourdis en France.

Emmanuel Macron est aujourd’hui bien placé pour savoir que l’infiltration des milieux indépendantistes algériens ne datent pas du déclenchement de la guerre de libération  algérienne (1er  novembre 1954) et qu’elle s’est poursuivie après 1962.Il sait qui parmi les sous-officiers et officiers algériens ayant rejoint le FLN l’ont été sur ordre des services secrets français et ont fait carrière en servant les intérêts de l’ancienne métropole (et les leurs). Il sait que la France a aidé le régime d’Alger à réprimer certains opposants (y compris en couvrant des assassinats), qu’elle a conseillé l’État-major lors des ratissages sanglants opérés durant la décennie noire et livré des armes anti guérilla …etc… etc…

Il est facile de s’offusquer de la corruption qui a gangréné crescendo l’Algérie depuis la mort mystérieuse du président Houari Boumediene, quand on ne désigne pas les corrupteurs au sein de certaines officines et entreprises françaises. Les milliards de dinars d’argent sale déposés dans des banques françaises n’y sont pas parvenus miraculeusement. Les hommes politiques et leur famille, les généraux et les oligarques du système algérien, propriétaires d’immeubles, d’appartements et d’hôtels, sont connus de qui de droit.

Si Emmanuel Macron veut réellement aider les Algériens à se débarrasser du système Bouteflika, il doit - comme le lui conseille Jean-Pierre Mignard – dire clairement « au peuple algérien un certain nombre de choses ». Mais, pour être crédible, le président français doit « balayer devant sa porte », siffler la fin des ingérences françaises dans les affaires algériennes et, pour cela, couper les fils secrets reliant Paris aux réseaux maffieux, et autres, responsables du désastre actuel. Il faut rendre au Trésor algérien l’argent déposé illicitement en France.

Emmanuel Macron osera-t-il déclarer que la décolonisation de l’Algérie n’était finalement qu’un leurre ?

http://www.france-irak-actualite.com/2019/10/desastre-algerien-la-france-mouillee-jusqu-au-cou-et-plus-9.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

ALGÉRIE : RÉVOLTANTE CONDAMNATION A 15 ANS DE RÉCLUSION DE LOUISA HANOUNE, L'UNE DES FIGURES DE L'OPPOSITION AU REGIME ALGÉRIEN

Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) et l'une des figures de l'opposition au régime algérien, vient d'être condamnée à 15 ans de réclusion à l'occasion d'une parodie de justice par un tribunal militaire.

Il s'agit d'une nouvelle intimidation du pouvoir et du chef d'état-major Gaïd Salah afin de faire taire l'opposition et les millions de voix libres qui manifestent depuis le 22 février pour une Algérie libre et démocratique. Plus de 90 militants sont actuellement emprisonnés et en instance de jugement.
Le Parti communiste français (PCF) exige la libération immédiate de Louisa Hanoune et des autres prisonniers politiques.
Le PCF soutient le peuple algérien qui rejette la perspective d'élections truquées le 12 décembre visant à pérenniser le système et qui oeuvre pour une transition démocratique.

source : http://www.pcf.fr/actualite_alg_rie_r_voltante_condamnation_de_louis_hanoune

 

L’ALGÉRIE UTILISE DES OUTILS DE SURVEILLANCE RUSSES ET CHINOIS. AU MOINS 110 PAYS UTILISENT LES TECHNOLOGIES DE CHINE OU DE RUSSIE OU DES DEUX PAYS

Zoom Maghreb du 24 septembre : l’Algérie utilise des outils de surveillance russes et chinois

Tue Sep 24, 2019 2:40PM

Les forces de sécurité algériennes. Photo d'archives)

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Les forces de sécurité algériennes. Photo d'archives)

Les analyses de la rédaction :

● Algérie

- L’Algérie utilise des outils de surveillance russe et chinois

Un rapport, émis cette semaine par Open Tech Fund, une ONG financée par le gouvernement américain, met en lumière l’utilisation par les autorités algériennes de technologies de surveillance provenant de Chine et de Russie.

Open Tech Fund identifie notamment le partenariat de l’Algérie avec le géant chinois des télécommunications Huawei. Huawei aurait notamment fourni aux autorités algériennes des technologies de censure, des caméras de reconnaissance faciale et les systèmes « safe cities ». L’entreprise aurait également apporté son aide pour que le gouvernement algérien accède aux données cryptées.

La compagnie russe Speech Technology Center (connue également sous le nom de SpeechPro), née après la chute de l’URSS du fruit de la collaboration entre le KGB et le centre de développement scientifique du ministère soviétique des Communications aurait également fourni à l’Algérie des technologies de surveillance. Speech Technology Center aurait en effet offert des technologies de reconnaissance audio et de reconnaissance faciale à l’Algérie, selon la même source.

L’Algérie est loin d’être le seul pays à bénéficier des technologies en provenance de la Chine ou de la Russie. Le rapport d’Open Tech Fund montre qu’au moins 110 pays ont importé les technologies de surveillance ou de censure en provenance de la Chine ou de la Russie ou des deux pays.

Une représentation des cercles d’influence pour chaque pays montre que l’Algérie se situe dans les cercles d’influence les plus externes, que ce soit pour la Chine ou la Russie. L’Algérie est cependant l’un des rares pays où les « technosphères » provenant des deux pays se chevauchent, en compagnie notamment de pays tels que l’Arabie saoudite, le Mexique, l’Inde ou encore la Turquie, et même… les États-Unis.

Le Wall Street Journal avait publié en août dernier une enquête exposant l’aide apportée par le géant de télécommunications chinois Huaweï à plusieurs pays africains dans la cyber-surveillance et le cyber-espionnage de figures d’opposition ; l’Algérie servant même de modèle présenté aux pays africains intéressés par les services de Huaweï.

Huawei avait démenti sans surprise les allégations du Wall Street Journal, affirmant « rejeter complètement ces allégations infondées et inexactes contre nos activités commerciales en Algérie, en Ouganda et en Zambie »

Source : TSA

  • Algérie : Fermeture imminente de l’usine Renault à Oran

L’usine d’assemblage de véhicules Renault à Oran risque de fermer ses portes dans les prochains jours, selon les informations du quotidien francophone Le Soir d’Algérie, dans son édition du 22 septembre 2019.

Le journal révèle que cette fermeture a été reportée de plusieurs mois afin de permettre aux travailleurs de profiter des vacances et de préparer la rentrée scolaire. Cette cessation d’activité intervient dans une conjoncture économique très compliquée pour les opérateurs économiques, notamment ceux conditionnés par l’importation de certains produits.

En effet, le quota de kits SKD, attribué par le gouvernement à Renault Algérie Production pour l’exercice 2019, d’une valeur de 660 millions de dollars, sera entièrement consommé d’ici quelques jours. L’usine a dû ralentir la cadence de sa production afin d’éloigner le plus loin possible le spectre de la fermeture, mais elle ne pourra plus tenir ce rythme, eu égard la rupture de stock des kits SKD....

Source : ObservAlgerie

 

● Maroc 

–Les Israéliens toujours aussi nombreux au Maroc

Le Royaume continue de séduire les Israéliens. Pour preuve, les touristes israéliens visitant le Maroc sont passés à près de 80 000 en 2018, ce qui témoigne d’une augmentation significative par rapport aux années précédentes.

Il n’est plus l’ombre d’un doute : le Maroc est inscrit au rang des destinations les plus prisées des touristes israéliens. Dans son édition de ce vendredi, La vie éco cite notamment l’Agence Complet tours, qui représente 70 % de ce marché (50 000 personnes par an).

Le nombre de touristes israéliens ayant voyagé via cette agence a augmenté de 32 % entre 2017 et 2018. Pour le compte de l’année en cours, Complet tours s’attend déjà à une croissance de 20 %. Le PDG de cette agence affiche en ce moment une sérénité sans pareille.

« En ce moment, on s’approche du Souccot, période de vacances où coïncident trois fêtes de pèlerinage juives. Je prévois une cinquantaine de circuits pour le seul mois d’octobre », assure Lesley Sanchez.

Source : www.bladi.net

 

  • Au Maroc, un gisement gazier offshore au large de Larache réjouit Chariot Oil

La compagnie pétrolière britannique Chariot Oil & Gas Limited annonce un potentiel gazier de 2 000 milliards (deux billions) de pieds cubes pour la licence offshore Lixus, au nord du Maroc.

La compagnie pétrolière britannique Chariot Oil & Gas Limited avait confié l’évaluation du potentiel gazier du projet offshore Lixus au cabinet spécialisé Netherland Sewell & Associates Inc.

Les résultats que le groupe britannique, détenteur de la licence pour l’exploration du sol marocain aux alentours de la ville de Larache (nord du Maroc, sur la côte Atlantique), vient de communiquer sont très concluants et dépassent même les prévisions. Il s’agit d’une ressource en gaz récupérable qui avoisine les 2 000 milliards de pieds cubes, étalés sur sept localisations. Une estimation qui va au-delà des résultats d’une précédente évaluation rendue publique en mai dernier.

Dans le détail, 1,2 billion de pieds cubes de gaz sont regroupés dans cinq puits : Maquereau N, Maquereau C, Maquereau S, Tombe et Turbot. Le reste est situé à Anchois Discovery et Anchois Satellite, d’après les rapports de Netherland Sewell & Associates Inc…

 

Source : Jeune Afrique

 

 

 

Regardez cette vidéo sur YouTube ! 

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/09/24/607005/Algrie--le-coup-russe-contre-les-USA-