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ALGÉRIE : SOIXANTE AVOCATS VISITENT KARIM TABBOU PAR ALTERNANCE POUR BRISER SON ISOLEMENT

Soixante avocats visitent Karim Tabbou par alternance pour briser son isolement

 

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Une avocate de Karim Tabbou a décrit des conditions de détention inhumaines subies par ce militant incarcéré sur ordre du chef d’état-major de l’armée. Dans une déclaration faite lors de la marche de ce 41e vendredi de manifestations contre les résidus du système Bouteflika, l’avocate a affirmé que le détenu d’opinion est placé dans une cellule d’isolement et que soixante avocats se relayent pour lui rendre visite tous les jours afin de contrecarrer la torture psychologique qui lui est imposée par le régime.

Le pouvoir illégitime incarné par le général Gaïd-Salah et les quelques généraux qui l’entourent recourt à des méthodes illégales pour tenter d’étouffer la révolte qui va en grandissant. L’emprisonnement de responsables politiques, de militants du Hirak et d’officiers ayant refusé d’exécuter les ordres verbaux que leur hiérarchie veut leur faire endosser sans qu’elle-même les assume a donné lieu à de vives dénonciations et condamnations, aussi bien dans le pays qu’à l’étranger. Mais rien ne semble dissuader les tenants du pouvoir actuels qui jouent leur va-tout pour sauver le système dont l’éradication souhaitée par les millions d’Algériens qui manifestent depuis plus de neuf mois leur sera fatale.

«Le Parlement européen a dû réagir suite au blackout imposé par les médias internationaux qui se détournent des graves atteintes aux droits de l’Homme et à la liberté d’expression en Algérie, et cette réaction a provoqué un mouvement de panique qui trahit la peur du régime, conscient qu’il finira par subir un retour de flammes lorsque le Hirak aura triomphé et que le système sera évincé», souligne un avocat engagé auprès du Mouvement de contestation populaire.

«Le cas du moudjahid Lakhdar Bouregâa est sans aucun doute l’exemple le plus significatif du degré d’ignominie de ce régime qui a osé jeter en prison un symbole de la Guerre de libération nationale, connu pour sa bravoure et ses hauts faits de guerre», ajoute cet homme de loi qui relève le caractère «abominable» de cet emprisonnement arbitraire d’un «homme âgé de 87 ans et qui vient de subir une lourde intervention chirurgicale mais que le commandement de l’armée prive de sa liberté, même s’il venait à mourir derrière les barreaux». «Les cas du journaliste Mohamed Tamalt et du militant Kamel-Eddine Fekhar sont là pour prouver que rien n’arrête ce pouvoir dans ses errements, ses exactions et ses outrances», rappelle cet avocat, qui assure que «seule la poursuite du Hirak mettra fin à ce caporalisme».

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ALGÉRIE : GAID SALAH DECONNECTE DE LA RÉALITÉ

Les Réserves se vident, les emplois supprimés, tous les signaux au rouge, mais Gaid Salah et l’armée déconnectés de la réalité

 

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L’Algérie est officiellement dans une posture très complexe de son histoire contemporaine. Elle négocie en ce moment son virage le plus important pour conserver sa survie face à l’actuelle crise politique et économique qui risque de s’installer dans la durée. Mais au moment où les données officielles, à savoir celles reconnues par l’Etat algérien, indiquent que tous les signaux sont au rouge, le haut commandement de l’armée algérienne continue de faire de la politique du déni et refuse d’admettre la vérité. Celle que le pays glisse dangereusement, et de jour en jour, vers une impasse qui va saper définitivement sa stabilité. 

Aujourd’hui, le ministère des Finances a reconnu officiellement que les réserves de change connaitront une contraction à 51,6 fin 2020 ce qui représente 12,4 mois d’importations sans facteurs de production. Et d’ici trois ans, à savoir en 2023, ses réserves en devises de l’Etat algérien vont se vider entièrement. Mais d’ici-là, jamais au grand jamais, la situation de l’emploi n’a été aussi catastrophique en Algérie durant ces 20 dernières années. L’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) a dévoilé que plus de 60% des entreprises du BTP ont cessé leurs activités.

Des PME et des artisans dont l’activité dépend de celle du secteur du BTP ont baissé d’ores et déjà le rideau. A la lumière des évènements politiques actuels, la baisse de l’activité économique dans plusieurs secteurs va avoisiner les 90 %. Ce n’est plus de la récession dont parle, mais de l’effondrement tout court de plusieurs entreprises, de secteurs entiers poussant ainsi des millions de salariés algériens vers le chômage. Une véritable bombe à retardement dont la dangerosité n’est nullement mesurée par le haut commandement de l’ANP, véritable et seule institution détentrice du pouvoir.

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Cette institution présidée et commandée par le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah croit savoir que la seule issue à cette crise est l’organisation d’une élection présidentielle. Si l’idée est bonne et louable, le mode d’emploi est tout bonnement catastrophique et faussé dés le départ. Et pour cause, l’armée a échoué à apaiser le climat politique qui règne dans le pays. Elle a échoué également à offrir des gages démocratiques à un Hirak assoiffé de changement, du vrai changement. L’armée s’est enfoncée encore dans la crise en se mettant à dos le Hirak et en rejetant ses propositions démocratiques. L’armée a préféré maintenir presque le même régime électoral qui favorisera des candidats ne reflétant nullement la véritable volonté populaire.

Un choix dangereux, pour ne pas dire suicidaire, qui aggrave la crise politique et risque de la transformer en une impasse majeure puisque le prochain Président de la République ne bénéficiera pas de la légitimité nécessaire pour relancer l’Algérie et la remettre sur les rails. Au lieu de faire ce constat amer et de réfléchir à de nouvelles solutions, Ahmed Gaid Salah et le haut commandement militaire demeurent aveuglés par leurs certitudes.

Ce mardi, lors de son déplacement à Ouargla, le chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaid Salah a salué “l’élan populaire” qui s’est propagé à travers tout le pays pour exprimer “la forte adhésion du peuple autour de son armée”, et l’appel “à se diriger massivement” aux urnes le 12 décembre prochain pour faire réussir l’élection présidentielle, indique un communiqué du ministère de la Défense nationale.

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“Je tiens à affirmer, une fois encore, en cette honorable occasion, que nous enregistrons avec une grande admiration et fierté, cet élan populaire qui s’est propagé à travers tout le pays, lorsque toutes les franges de notre peuple, toutes catégories confondues, hommes, femmes, jeunes, étudiants et vieux, sont sorties dans une des plus belles images de la cohésion, la solidarité et l’adhésion du peuple autour de son Armée, scandant, d’une seule et même voix, des slogans patriotiques exprimant dans leur ensemble la volonté de se diriger massivement aux urnes le 12 décembre prochain, afin de faire réussir la Présidentielle et contribuer par conséquent à édifier un avenir prometteur. Tel est le peuple algérien et telle est l’Algérie”, a déclaré le général de corps d’armée lors de sa visite de travail et d’inspection à la 4ème Région militaire à Ouargla.

Ce discours respire tout simplement la schizophrénie car il ne correspond à aucune réalité en Algérie ! Le Hirak continue de mobiliser des centaines de milliers, voire des millions de manifestants qui réclament la libération des détenus politiques et l’annulation du scrutin présidentiel du 12 décembre prochain. Le monde entier est conscient de cette vérité… Sauf Gaid Salah et son entourage. Ces derniers ne braquent leurs regards que sur une infime minorité de concitoyens favorables à la tenue de ce scrutin présidentiel. Un déni de réalité qui fait peur, très peur.

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ALGÉRIE : LA LADDH, ORGANISATION DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME APPELLE A L’ANNULATION DE «CETTE PRÉSIDENTIELLE DANGEREUSE POUR LE PAYS»

La LADDH appelle à l’annulation de «cette présidentielle dangereuse pour le pays»

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La LADDH appelle à l’annulation de l’élection présidentielle prévue pour le 12 décembre. Cette organisation de défense des droits de l’Homme estime que la situation est explosive et peut déraper à tout moment. «Au lendemain de la marche historique d’hier qui a vu défiler massivement des millions d’Algérien-nes pacifiquement à travers 46 wilayas, le pouvoir ne semble pas reculer. Au contraire, il maintient son coup de force et multiplie la provocation au risque d’aller à une confrontation certaine avec la population, résolue à défendre pacifiquement sa révolution et à faire aboutir sa revendication légitime du changement effectif du système», écrit la LADDH.

«Alors, un bras de fer s’installe sur fond d’escalade dangereuse. Chaque jour on assiste à des tentatives de marches organisées par les relais du pouvoir dans les wilayas pour imposer le coup de force, malheureusement ces dernières finissent toujours par des affrontements entre les partisans des élections ostentatoirement appuyés et encadrés par les services de sécurité et les médias du pouvoir contre la population locale qui tente de résister pacifiquement», poursuit cette organisation, qui estime que «fort heureusement que, jusque-là, le bon sens et la retenue ont prévalu à chaque fois».

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«Après Annaba, Constantine, aujourd’hui, c’est à Oran et à Bordj Bou Arréridj. Le bilan est toujours le même, visiblement la répression a pour seule cible le Hirak. Le parti pris du pouvoir et des administrations locales est manifeste : des arrestations massives, de l’utilisation abusive de la force, toujours contre les partisans du Hirak qui, après neuf mois, n’a rien à démontrer de son pacifisme», souligne la LADDH pour laquelle «le climat devient de plus en plus délétère, au fur et à mesure que nous avançons de la date de l’élection, prévue pour le 12 décembre 2019».

«Le pouvoir joue avec le feu, cette élection présidentielle est dangereuse pour le pays, elle va approfondir la crise, au risque de diviser le peuple, attenter à la cohésion de l’Etat et de l’armée, attenter à la cohésion et à l’unité nationales», estime cette organisation qui dit lancer «un appel pressant à l’adresse du pouvoir politique et du pouvoir de fait pour l’annulation de ces élections et l’ouverture d’un dialogue sérieux et ouvert pour une solution politique, pacifique et consensuelle à la hauteur des espoirs suscités par le Hirak».

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ALGÉRIE : DANS TOUT LE PAYS, FORMIDABLE MOBILISATION CITOYENNE DE MILLIONS D’ALGERIENS CLAMANT LEUR REJET DE LA PRÉSIDENTIELLE

Gaïd Salah avec les traîtres » crient les Algériens

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Vendredi 15 novembre a eu lieu la 39 e marche de dissidence. En ce jour, les manifestants sortis massivement ont exprimé leur rejet des présidentielles.

Les manifestants ont largement redit leur refus catégorique à participer à la présidentielle. Que cela soit à Alger ou dans les autres wilayas, la formidable mobilisation citoyenne n’a pas fléchi.

Djeich chaab khawa, khawa, et Gaïd Salah maa el khwana », « l’armée et le peuple sont frères, Gaïd Salah avec les traîtres »… Les mots d’ordre sont puissants et réaffirment la terrible impopularité du vice-ministre de la Défense Gaïd Salah qui dicte son agenda. Par ce message, les manifestants algériens répondent aux mots d’ordre clamés lors de ces rassemblements, initiés par le pouvoir et où l’on entend quelques dizaines de personnes crier leur soutien à l’armée.

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Aujourd’hui, les manifestants réaffirment qu’ils ne sont pas contre l’armée. Loin de là. Mais bien opposés aux oukases du général-major Gaïd Salah qui refuse d’entendre ces millions d’Algériens qui clament leur opposition à la présidentielle, réclament la libération des détenus et la mise en route d’un véritable plan de sortie de crise.

https://algerie7.com/buzz/gaid-salah-avec-les-traitres-crient-les-algeriens/


 

ALGÉRIE : LE PEUPLE DETERMINE A ALLER JUSQU'AU BOUT POUR UN ETAT CIVIL ET NON MILITAIRE

Le peuple déterminé à « aller jusqu’au bout » pour un « État civil et non militaire »

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Alors que la manifestation commence vers 14 heures à Alger, les protestataires n’ont pas attendu l’habituel coup d’envoi pour entamer la marche. Bravant le froid et la pluie battante qui s’étaient invités à la 38e marche contre le pouvoir, les manifestants ont d’emblée fait part de leur résolution d’aller jusqu’au bout de leur « révolution pacifique. »  « Nous allons continuer à sortir même si des pierres tombent du ciel. Nous n’avons pas le droit de faire machine arrière après 9 mois de mobilisations consécutifs contre un pouvoir qui ne cherche qu’à se régénérer » nous déclare Rachid, se cachant sous son parapluie.

Le coup d’envoi de la manifestation a été donné avant 14 heures. Juste après la prière du vendredi. Des centaines de milliers de manifestants ont pris d’assaut le centre de la capitale. Venus de Bab El Oued, Ruisseaux ou Kouba, les rues qui mènent vers la grande poste étaient saturées de monde vers 15H.

« Etat civil et non militaire »

En réponse au chef de l’état major, Ahmed Gaid Salah qui a accusé hier, lors de son dernier discours, « la bande de vouloir compromettre l’avenir du pays à travers le slogan « Etat civil et non militaire », les manifestants ont scandé en choeur ce dernier toute la journée. « Il a tout tenté pour nous diviser, mais rien n’a marché » lui répond un manifestant qui s’interroge de quelle bande parle Gaid Salah. « Il nous a pas dit que la bande est en prison? » s’interroge-t-il.

Les familles des détenus ont marché aussi aujourd’hui dans le carré du comité National pour la Libération des détenus (CNLD). Farid Hami, membre de ce comité qui active pour libérer les détenus estime qu’aucun changement n’est possible sans la libération des ces détenus considérés aujourd’hui comme monnaie d’échange » regrette-t-il tout en exigeant « la libération des manifestants qui sont devenus aujourd’hui symboles de la révolution du sourire » insiste Farid.

 

Des manifestants sous des sachets en plastiques noirs sue lesquels est écrit "État civil"

 

© INTERLIGNES | Des manifestants sous des sachets en plastiques noirs sur lesquels est écrit « État civil »

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CHEMS EDINE CHITOUR : 65ème ANNIVERSAIRE DU DÉCLENCHEMENT DE LA GUERRE DE LIBERATION EN ALGÉRIE : LA LUTTE CONTINUE

65ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération en Algérie: La lutte continue

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 31 octobre 2019

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«Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère; Et, comme ferait une mère, La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau!» Victor Hugo (Hymne)

La lutte du peuple algérien s’insère dans l’histoire de la résistance plus large du Grand Maghreb. C’est  l’épopée de ce peuple depuis trois mille ans jusqu’à la colonisation française. Tout au long de cette «nuit coloniale» selon Ferhat Abbas, l’Algérie a connu aussi une tentative d’éradication de son identité. Après plusieurs révoltes durant près d’un siècle, les Algériens tentèrent aussi la lutte politique, mais c’est la Révolution de Novembre qui a permis l’indépendance et montré que les peuples sont nés pour être libres. Il faut rendre justice au peuple algérien, à ses composantes sans exception aucune qui ont arraché une victoire suscitant en son temps le respect des nations. L’indépendance acquise, les errements successifs et le refus de la mise en place d’un projet de société œcuménique, ont fait que l’aura de la révolution a été galvaudée. A l’indépendance nous étions tout feu tout flamme et nous tirions notre légitimité internationale de l’aura de la glorieuse Révolution de Novembre. La flamme de la Révolution s’est refroidie en rites.

L’appel du Premier Novembre

Souvenons-nous de l’Appel du 1er Novembre:

«A vous qui êtes appelés à nous juger, ce sont là, nous pensons, des raisons suffisantes qui font que notre mouvement de rénovation se présente sous l’étiquette de Front de Libération nationale, se dégageant de tous les partis et mouvements purement algériens, de s’intégrer dans la lutte de libération sans aucune autre considération. But: l’indépendance nationale par: la restauration de l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques. Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions. (…) Algérien!(…) Ton devoir est de t’y associer pour sauver notre pays et lui rendre sa liberté; le Front de Libération nationale est ton front, sa victoire est la tienne». (Appel du Premier Novembre).

Qui étaient ces révolutionnaires sans arme, sans moyens, sans troupes face à une colonisation qui paraissait durer mille ans? De simples citoyens autour de la trentaine d’âge, formés à la dure école de la vie et qui avaient une conviction gravée dans le marbre. Cette détermination non seulement sans faille vis-à-vis de l’adversaire commun était nécessaire et toutes les manoeuvres du pouvoir colonial pour atomiser le consensus ont échoué. A l’époque il n’y avait ni régionalisme ni prosélytisme. Seule la cause de la lutte pour la liberté était sacrée. A bien des égards, du fait du combat titanesque de ces pionniers qui ont fait démarrer l’Algérie à l’indépendance, nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants.

Qui se souvient aussi, des universitaires et intellectuels qui sont morts pour la patrie? Qui se souvient de ces jeunes filles et jeunes garçons qui ont quitté les bancs du lycée ou de la faculté pour aller au maquis? Qui se souvient, un exemple parmi des centaines, de Taleb Abderrahmane chimiste de formation, qui fut le concepteur des engins explosifs artisanaux Taleb Abderrahmane a eu une mort digne en face de la guillotine d’après son bourreau qui eut des regrets le concernant. Le jour de son exécution, l’injustice française de ce temps voulait lui amener un imam pour lui rappeler la chahada; Taleb Abderrahmane lui dit froidement: «Prends une arme et rejoins le maquis.»

La dérive post-indépendance

Relatant justement les errements de ceux qui se sont emparés du pouvoir, Ferhat Abbas écrit :

«En juillet 1962, l’indépendance acquise, nous nous sommes comportés comme un peuple sous-développé et primitif. Nous nous sommes disputé les places et nous avons tourné le dos aux valeurs et aux vertus qui nous ont conduits à la victoire.» Sa démission fracassante de l’Assemblée nationale constituante était inéluctable. Intervenue le 15 septembre 1963, cette rupture faisait suite à un profond désaccord avec la politique du président Ahmed Ben Bella. Désaccord qui permettra au premier responsable de cette Assemblée de dénoncer sans ambages «l’aventurisme» de son allié. Pour l’auteur de L’Indépendance confisquée, humilier une Assemblée souveraine est un geste extrêmement grave tant le procédé relève de la mystification, de l’action psychologique et laisse entrevoir le rôle que l’Exécutif entend réserver au législatif. Fidèle à ses idées, il sortira de son mutisme en mars 1976 date à laquelle il rédigera avec Benyoucef Benkhedda, Hocine Lahouel et Mohamed Kheïreddine un «Appel au peuple algérien» réclamant des mesures urgentes de démocratisation et dénonçant «le pouvoir personnel». (1)

Dans le même ordre Il y a 14 ans, dans une tribune au Journal Le Monde, le regretté Hocine Ait Ahmed publiait, à la veille du cinquantenaire du déclenchement de la Révolution algérienne, une contribution où il faisait le point sur le rêve algérien et les promesses de Novembre :

«Cinquante ans après le lancement de la lutte armée, l’Algérie a plus que jamais besoin de renouer avec les promesses de Novembre. Et, par-delà ce que nous pensons avoir conquis ou raté, l’idéal de liberté auquel nous avons consacré nos vies parle-t-il encore aux nouvelles générations nées bien après l’indépendance et confrontées à tant d’autres problèmes ? Tout rêve de libération court le risque d’être brisé. Cinquante ans après, que reste-t-il des rêves de liberté, de dignité, de progrès et de justice qui furent à l’origine de la formidable aspiration de novembre 1954 ? Le coup d’arrêt porté à une aventure émancipatrice peut être brutal et difficile à surmonter. Mais l’élan libérateur est si fort que, même brisé, il en reste des fragments qui, épisodiquement, viennent relancer l’aspiration première. La répudiation de la liberté au moment même où l’on célébrait la libération du pays amputa l’esprit de Novembre de ce qui en faisait l’universalité et pouvait en assurer la pérennité (2).»

« C’est  poursuit Hocine Ait Ahmed ce divorce, provoqué par des coups de force à l’aube de l’indépendance, qui endeuilla l’Algérie et continue à la hanter avec des soubresauts de plus en plus forts. La célébration du 50e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération ne peut avoir de sens pour les Algériens que si elle s’accompagne d’un bilan critique.   La liberté est un rêve de jeunesse et une conquête d’adulte A partir de 1991, nous avons connu une crise profonde qui a culminé avec une sale guerre qui a coûté la vie à deux cent mille Algériens. Comment, dès lors, ne pas être révolté par les célébrations folkloriques prévues par un régime qui dissimule sous une rhétorique patriotique et une image savamment peaufinée son absence totale de projet de développement du pays ? » (2)

« Nul doute : Novembre a encore des choses à dire aux Algériens. (…) L’histoire nous enseigne que toute guerre contre le terrorisme devient terreur d’Etat quand, sous couvert de lutte antiterroriste, les populations en deviennent massivement les victimes. (…) C’est dans ce sens qu’ils ont réécrit et dénaturé le message de Novembre. Si, au bout de sept années d’une terrible guerre, l’Etat algérien s’est doté des attributs de la souveraineté, le droit du peuple à l’autodétermination fut, d’emblée, bafoué car ceux qui venaient d’accaparer le pouvoir en empêchant l’Assemblée constituante de doter l’Etat d’institutions légitimes. Née dans une violence qui lui a été imposée par la colonisation, l’indépendance s’est construite autour d’une violence que lui ont ensuite imposée des militaires hostiles à toute forme d’expression et d’organisation de la société ». (2)

« (…) Cinquante ans après le soulèvement, le régime lance, dans un se ces bricolages fumeux dans lesquels il excelle, une démarche de réconciliation avec la France et les pieds-noirs. Pourquoi pas ? Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix. Mais le problème, c’est le tapage qui fait du retour de ces derniers non pas une démarche individuelle et naturelle mais un succès et une nouvelle « preuve d’ouverture » du régime. Pour de multiples raisons, la France doit demeurer un partenaire privilégié de l’Algérie et de la région. Mais cette approche comporte une condition indispensable : un statut d’égal à égal et le respect mutuel des souverainetés. Nous en sommes loin. Notamment parce que le régime ne recherche auprès de l’extérieur en général et de la France en particulier qu’une légitimité et un soutien qu’il ne prend même plus la peine de solliciter auprès de son peuple. « (…). Les autorités, elles, ne s’y trompent pas. Elle savent que si la société est épuisée, exsangue après la guerre civile, si la détresse sociale amène chacun à chercher avant tout à survivre, si on assiste à un repli sur la sphère privée au détriment de l’action collective, si la course à l’argent devient un sport national, les émeutes récurrentes leur rappellent aussi que la situation est infiniment plus complexe et explosive. (…) Pour nous, Algériens, l’heure est venue de tirer ensemble les leçons de notre histoire, de nous écouter les uns les autres par-delà les différentes chapelles, de débattre de nos échecs pour rendre une actualité aux idéaux de Novembre et trouver les conditions de leur réalisation. C’est la seule garantie pour éviter une véritable bombe à retardement : la dislocation d’une majorité de la société exclue de toute retombée de la manne pétrolière et gazière. C’est l’unique voie pour soustraire le Maghreb à une instabilité permanente nourrie par l’absence de volonté réelle de réduire les tensions régionales qui empêchant tout processus d’intégration de nos pays. Il est décidément temps de procéder à la seule réconciliation qui vaille : celle d’Istiqlal et Houria ». (2)

Le FLN Canal historique a rempli sa mission

A bien des égards, la Révolution a sa place dans le Panthéon des Révolutions du XXe siècle. Il est indéniable que le peuple algérien a souffert pendant 132 ans, soit environ plus de 48 000 jours de malheur, de sang et de larmes que nous gardons encore dans notre ADN et qui expliquent dans une large mesure notre errance actuelle Dans un environnement avec une chape de plomb, une vingtaine de patriotes décidèrent du déclenchement de la révolution. Ce fut l’épopée que l’on racontera encore dans cent ans. En effet, au bout d’un processus de près de 2800 jours de bombardements, d’exécutions sommaires, de tueries sans nom, l’envahisseur fut chassé du pays. Le tribut payé fut lourd: des centaines de milliers d’Algériens morts, plusieurs milliers de combattants morts, des milliers de villages brûlés et plus de deux millions d’Algériens déplacés avec des traumatismes que l’on gère encore de nos jours.

Que reste-t-il du FLN fondateur? Nul doute qu’il a rempli avec gloire et honneur sa mission historique Avons-nous été fidèles au serment du Premier novembre? Cette question nous devons nous la poser chaque fois que nous devons contribuer à l’édification du pays par un autre djihad par ces temps incertains..Trois Algériens sur quatre sont nés après l’Indépendance. Ils n’ont qu’un lointain rapport avec l’Histoire de leur pays. En son temps, le défunt président Mohamed Boudiaf affirmait que, justement, la «mission du FLN s’est achevée le 3 juillet 1962» au lendemain de l’indépendance de l’Algérie. En réalité, beaucoup pensent qu’il est grand temps de remettre ces trois lettres, symboles du patrimoine historique national, au Panthéon de l’Histoire.

La Révolution tranquille du 22 février 2019

Un coup d’éclair que cette Révolution Tranquille du  22 février 2019. Révolution  qui a subjugué le monde par son élégance et son fair play aussi bien de la part du peuple que  des autorités qui en 36 vendredi et autant de mardi de manifestations, nous n’avons eu à déplorer aucun mort ,aucun blessé pas de casse. Mieux encore,  les jeunes ont eu l(intelligence d’organiser le service d’ordre et de faire le ménage après la manifestation qui a vu des centaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens battre le pavé pour dire non à la gabegie du cinquième mandat . Dans le même ordre, ils voulaient se révolter contre l’ordre établi qui a vu  le pays sombrer graduellement dans le farniente trompeur de la paix sociale  avec les 1000 milliards de dollars  de la rente et  qui a fait d u peuple algérien  un peuples d’assistés .

En fait, l’Algérie de 2019, qu’est-ce que c’est? Un pays qui se cherche? Sûrement ! Qui n’a pas divorcé avec ses démons du régionalisme, vivant malgré ses efforts, sur une rente factice car elle n’est pas celle de l’effort, de la sueur, de la créativité. Qu’est-ce qu’être indépendant quand on dépend de l’étranger pour notre nourriture, notre transport, notre habillement, notre vie quotidienne? la situation mondiale est profondément dangereuse. Des alliances se nouent, se dénouent. Des pays disparaissent. Quoi qu’on dise, les regards sont braqués sur l’Algérie. Nous ne sommes pas à l’abri, nos frontières sont de plus en plus vulnérables.

Qui aurait pu prévoir il y a seulement neuf mois que le peuple algérien relève la tête et dise non au mandat de la honte aboutissement d’une double décennie de mépris et de hold up de la richesse du pays par une corruption érigée en une science exacte et une dilapidation de 1000 milliards de dollars pour en partie acheter la paix sociale pendant vingt ans en laissant le pays exsangue, les caisses vides et 13 millions d’Algériennes et d’Algériens en attente.

Ce qui est arrivé est exceptionnel. Le peuple algérien a montré sa vraie nature : un peuple uni, qui, dans les grandes occasions, se révolte comme un seul homme. Ce que j’appelle, moi, la «révolution tranquille» a suscité l’admiration plantaire. Il faut dire que de par le monde, les mouvements de foule finissent souvent mal, avec de la casse, des blessés et des pillages. Chose qui n’a absolument pas été le cas ici, et cela pendant 36 vendredis consécutifs. Des milliers de personnes marchent à travers le pays d’une façon des plus apaisées pour expliquer qu’elles aspirent à un mieux. C’est une véritable leçon adressée au monde C’est-à-dire que plus rien ne sera comme avant.

Le dialogue doit aboutir à une élection présidentielle sereine par des garanties de transparence et la satisfaction des préalables : le départ de tout ce qui rappelle l’ancien système et les gestes d’apaisement en direction des jeunes, car brandir un emblème n’est pas de mon point de vue un délit Celle également du commandant Lakhdar Bouregaâ. qui est notre dernier repère et dernier lien avec la glorieuse Révolution de Novembre L’institution militaire s’honorerait en faisant ce geste hautement symbolique.

Les défis du futur

Nous n’avons pas encore évalué à sa juste dimension, l’immensité de la tâche qui nous attend. Nous sommes une économie de rente. Nos finances sont dans le rouge et nous n’arrivons pas à mettre en place une transition énergétique. Notre plus grand combat sera, toutefois, la reforme de l’école. L’école a été notre plus grand échec. L’Éducation nationale est une machine à fabriquer des perdants de la vie, elle n’a pas été un ascenseur social. L’enseignement supérieur souffre des mêmes travers, là aussi il est important de le réhabiliter. Le vrai combat, c’est celui qui consiste à aller vers le savoir rationnel. Le prochain président sera le premier à le constater. Il y aura une conscience populaire pour le surveiller. C’est pour moi le plus grand acquis de cette révolution tranquille. Inventons un nouveau Premier Novembre mobilisateur à partir de cette révolution du 22 février 2019 qui puisse répondre aux défis du siècle concernant la sécurité alimentaire, le problème de l’eau, des changements climatiques et par-dessus tout le défi de l’énergie, et du système éducatif qui attend d’être reconstruit. Le nouveau langage n’est plus celui des armes, mais celui de la technologie, du Web2.0, des nanotechnologies, du génome, de la lutte contre le réchauffement climatique et des nouvelles sources d’énergie du futur.

«Une révolution de l’intelligence est certainement la solution. Seul le parler vrai permettra à l’Algérie de renouer avec ce nationalisme qui, contrairement, n’est pas passé de mode, c’est un puissant stimulant. La légitimité révolutionnaire a fait son temps et les chahids et les rares survivants nous les porterons toujours dans nos coeurs. Le moment est plus que venu pour la légitimité de la compétence, du neurone, celle capable de faire sortir l’Algérie des temps morts. C’est cela le 1er Novembre du XXIe siècle qui continuera par cette Révolution tranquille. Nous devons redéfinir ce que c’est qu’être algérien une notion qui doit dépasser l’ethnie ou la religion. Seule compte la fidélité à l’engagement et surtout ce qu’on apporte comme valeur ajoutée pour l’épanouissement du pays ; nous sommes toujours en attente d’un récit national qui donnera des racines pérennes aux jeunes pour leur permettre d’avoir des ailes et aller à la conquête.» (3)

Le Hirak sera un moyen de contrôle et de pression sur les autorités. Il continuera également à se manifester de telle façon à accompagner le futur chef de l’État dans ses réformes. Pour élaborer la Constitution : une République démocratique, l’alternance, la liberté d’expression et surtout du savoir où ce qui compte à partir de maintenant est uniquement la compétence en lieu et place de la légitimité historique afin de faire émerger une nouvelle société. Le prochain président devra être un meneur d’hommes, capable d’assumer ses responsabilités, au besoin qui serait prêt à démissionner si les réformes qu’il propose ne sont pas acceptées. Un chef qui en donnant l’exemple exigera des Algériens un rendement très important pour rattraper le temps perdu.

Un président capable de réduire le train de vie de l’État en allant vers la sobriété en tout. Il faut qu’il fasse de l’Algérie un pays développé, qui garde ses repères, mais qui est tourné vers l’avenir et qui est fasciné par la modernité. Nous avons besoin d’avoir des racines, mais il faut aussi avoir des ailes, donc former cette jeunesse. Ce qui comptera ce sera l’efficacité, la résilience et la capacité à anticiper l’avenir dans un monde, où on ne gère plus à la petite semaine avec des slogans du siècle dernier, à savoir que nous sommes des génies. Nous sommes un petit peuple ni meilleur ni pire, c’est à nous de grandir en faisant émerger les nouvelles légitimités du XXIe siècle, celles du neurone, du travail bien fait, de la sueur des nuits blanches pour qu’au bout du compte, on nous respectera pour notre valeur ajoutée à la civilisation universelle.

Il faut de ce fait bannir la démagogie et la langue de bois et là l’Algérie n’a pas besoin de remuer de foules, ou de haut-parleurs idéologiques. En fait, seul le parler vrai pourrait convaincre les jeunes, de plus, il faut donner l’exemple. À partir de ce moment, on a des chances d’être suivi. Enfin, j’insiste sur ce point qui est névralgique : notre prochain président devra inlassablement consolider par une politique intelligente le vivre ensemble non pas face à face, mais côte à côte. C’est pour moi une cause sacrée que celle de réconcilier les Algériennes et les Algériens entre eux. Nul doute qu’il n’y aura pas de place pour l’aventure. On arrivera alors à édifier cette nation dont Ernest Renan a pu dire, à juste titre que «c’était un héritage indivis et un plébiscite de tous les jours».

Professeur  Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes :

1.Abdelhakim Méziani : Un Algérien nommé Ferhat Abbas.
http://lexpressiondz.com/chroniques/a-vrai-dire/un-algerien-nomme-ferhat-abbas-232640
2.Hocine Aït Ahmed : Le rêve brisé des Algériens Le Monde, 31 octobre 2004
3. http://www.lexpressiondz.com/chroniques /analyses_du_professeur _chitour/228650-plaidoyer-pour-une-nouvelle-mobilisation.html.
4.Chems Edine Chitour : Le 1er Novembre le peuple en armes. La Femme algérienne dans le récit national Editions Enag 2019

Artticle de référence https://www.lexpressiondz.com/chroniques/l-analyse-du-professeur-chitour/la-lutte-continue-316906 31-10-2019

 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2019

https://www.mondialisation.ca/65eme-anniversaire-du-declenchement-de-la-guerre-de-liberation-en-algerie-la-lutte-continue/5638430


 

UNE ALGÉRIE DEBOUT : UN 1er NOVEMBRE EXCEPTIONNEL

Un 1er Novembre exceptionnel

Par

 Algerie7

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Soixante-cinquième anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération. Une célébration qui intervient alors que le mouvement populaire ne faiblit pas, que la crise politique ne trouve toujours pas d’issue et qu’au plan économique, les voyants sont au rouge. Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Jamais la symbolique du 1er Novembre n’aura été évoquée autant que cette année. Et pour cause, le contexte est très particulier. Le pays traverse une crise multidimensionnelle, fruit d’une situation politique inédite. Le mouvement populaire, qui entre dans son neuvième mois sans faiblir, confère à une célébration autrefois purement protocolaire une connotation très particulière.

Des millions d’Algériens entendent se réapproprier une date qui fut un virage décisif dans l’histoire récente du pays. Souvent associée à des manifestations folkloriques, à des commémorations officielles, le 1er Novembre de cette année se veut une réinterprétation des symboles de la guerre de Libération. Jamais les notions de liberté et d’indépendance n’ont été aussi présentes dans les esprits. Les millions d’Algériens, très souvent spectateurs lors des cérémonies officielles, veulent devenir acteurs d’un avenir qu’ils n’imaginent plus jamais totalitaire. Ils étaient des millions à se saisir de la symbolique du 5 Juillet, ils seront certainement tout aussi nombreux à le faire avec cette date symbolique qu’est le 1er Novembre.

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Sur les traces de ceux qui ont, un certain 1er Novembre 54, décidé de recouvrer leur liberté, ils n’ignorent pas que le chemin est semé d’embûches. Si le contexte est sensiblement différent, les enjeux sont toujours aussi grands. L’Algérie de demain est en train de se décider aujourd’hui. Les détenteurs du pouvoir actuel ne proposent qu’une seule issue : des élections hypothétiques auxquelles une grande partie d’Algériens disent non.

Le processus a néanmoins été enclenché sur injonction du vice-ministre de la Défense. Le reste ne fut qu’une simple formalité. Le dialogue, puis la révision des textes régissant l’acte électoral ont été menés à une vitesse rarement égalée. L’installation de la commission chargée des élections a été présentée comme une garantie pour la transparence du processus électoral. La cadence s’est, par la suite, accélérée avec l’ouverture des candidatures. Le ballet des candidats potentiels et peu crédibles n’a cessé qu’avec la clôture de la période des dépôts de dossiers. Une vingtaine de candidats à la candidature ont finalement concrétisé leur intention de briguer la magistrature suprême. De son côté, l’opposition continue de clamer que la tenue d’un rendez-vous électoral aussi important qu’une élection présidentielle ne pouvait se tenir dans ce contexte. Leurs voix ne sont nullement entendues par un pouvoir qui impose la politique du fait accompli. Un pouvoir qui doit également faire face à une économie en panne sèche.

https://algerie7.com/actualite/un-1er-novembre-exceptionnel/


 

ALGÉRIE : LE FILS D'ABANE RAMDANE A GAÏD - SALAH : "ANNULEZ L'ELECTION DU 12 DÉCEMBRE !"

Le fils d’Abane Ramdane à Gaïd-Salah : «Annulez l’élection du 12 décembre !»

Par

 Ameth MEDINE

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Par Tahar M. – Belaïd Abane, qui participait aux grandioses marches de ce vendredi contre le régime incarné par Gaïd-Salah, a affirmé que «l’état-major de l’armée n’a pas légitimité à décider seul de l’avenir politique du pays».

Le fils du stratège de la Guerre de libération nationale a estimé qu’«il est impensable d’aller à l’encontre de la détermination de ce peuple qui veut prendre son destin en main et refonder la nation et l’Etat». «Vouloir le faire contre le peuple, a expliqué Belaïd Abane, c’est prendre le risque de le diviser et de le mener dans la voie de la violence. C’est pour cela qu’il faut [privilégier] la voie de la sagesse et qu’il faut revenir sur cette décision d’organiser les élections».

Pour l’historien, «il faut s’asseoir et discuter pour savoir ce que nous allons faire de ce pays», en associant l’armée. Belaïd Abane, qui s’exprimait sur fond de scansions invoquant le grand martyr Abane Ramdane, a souligné que «la réalité est que le peuple ne veut pas de ces élections». «Comment peut-on organiser des élections que le peuple ne veut pas alors que c’est le peuple qui est source de souveraineté ?» s’est-il interrogé, en précisant que «[c’est cela] le fond du problème». «Personne n’a la légitimité de décider seul de l’avenir politique du pays. Il faut s’asseoir tous ensemble et décider de l’avenir et de la refondation de l’Etat et de la nation», a-t-il insisté.

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Belaïd Abane était parmi les millions de citoyens qui ont manifesté ce vendredi, pour la trente-cinquième semaine consécutive depuis le 22 février dernier, pour exiger le départ immédiat et sans condition des résidus du système Bouteflika incarnés par le général octogénaire Gaïd-Salah et rejeter les élections présidentielles que celui-ci a imposées à partir d’une caserne.

Les slogans scandés par les manifestants ce vendredi expriment la détermination du peuple majoritaire à refuser la mascarade électorale du 12 décembre et à poursuivre le mouvement de contestation jusqu’à la chute du régime. Des voix commencent à s’élever pour réclamer le passage à d’autres formes de contestation, face à l’entêtement du pouvoir de fait à vouloir se maintenir par la force et à imposer sa feuille de route visant à perpétuer le système Bouteflika.

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T. M.

https://algerie7.com/top/le-fils-dabane-ramdane-a-gaid-salah-annulez-lelection-du-12-decembre/


 

DÉSASTRE ALGÉRIEN : LA FRANCE MOUILLÉE JUSQU'AU COU (ET PLUS)

Désastre algérien : La France mouillée jusqu’au cou (et plus)

Publié par Gilles Munier sur 1 Octobre 2019, 13:21pm

Catégories : #Algérie

Par Gilles Munier/

Interviewé par le quotidien Le Parisien, l’avocat français Jean-Pierre Mignard, proche d’Emmanuel Macron, a conseillé au chef de l’Etat de parler de la situation en Algérie. Il pense que Macron, après avoir déclaré « que la colonisation était un crime contre l'humanité… est en droit de dire aujourd'hui au peuple algérien un certain nombre de choses, sans qu'on lui reproche quoi que ce soit sur un passé qui, en termes d'état civil, ne peut pas être le sien ».

A Alger, la France n’est pas en odeur de sainteté, que ce soit au sein du Hirak - le soulèvement populaire du 22 février 2019 - que des supporters d’Ahmed Gaïd Salah, ancien maquisard des Aurès devenu général, vice-ministre de la Défense et chef d’État-major de l’armée, qui dénonce à mots couverts des complots ourdis en France.

Emmanuel Macron est aujourd’hui bien placé pour savoir que l’infiltration des milieux indépendantistes algériens ne datent pas du déclenchement de la guerre de libération  algérienne (1er  novembre 1954) et qu’elle s’est poursuivie après 1962.Il sait qui parmi les sous-officiers et officiers algériens ayant rejoint le FLN l’ont été sur ordre des services secrets français et ont fait carrière en servant les intérêts de l’ancienne métropole (et les leurs). Il sait que la France a aidé le régime d’Alger à réprimer certains opposants (y compris en couvrant des assassinats), qu’elle a conseillé l’État-major lors des ratissages sanglants opérés durant la décennie noire et livré des armes anti guérilla …etc… etc…

Il est facile de s’offusquer de la corruption qui a gangréné crescendo l’Algérie depuis la mort mystérieuse du président Houari Boumediene, quand on ne désigne pas les corrupteurs au sein de certaines officines et entreprises françaises. Les milliards de dinars d’argent sale déposés dans des banques françaises n’y sont pas parvenus miraculeusement. Les hommes politiques et leur famille, les généraux et les oligarques du système algérien, propriétaires d’immeubles, d’appartements et d’hôtels, sont connus de qui de droit.

Si Emmanuel Macron veut réellement aider les Algériens à se débarrasser du système Bouteflika, il doit - comme le lui conseille Jean-Pierre Mignard – dire clairement « au peuple algérien un certain nombre de choses ». Mais, pour être crédible, le président français doit « balayer devant sa porte », siffler la fin des ingérences françaises dans les affaires algériennes et, pour cela, couper les fils secrets reliant Paris aux réseaux maffieux, et autres, responsables du désastre actuel. Il faut rendre au Trésor algérien l’argent déposé illicitement en France.

Emmanuel Macron osera-t-il déclarer que la décolonisation de l’Algérie n’était finalement qu’un leurre ?

http://www.france-irak-actualite.com/2019/10/desastre-algerien-la-france-mouillee-jusqu-au-cou-et-plus-9.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

ALGERIE : LE CAFE LITTERAIRE DE BEJAÏA DÉNONCE LE DIKTAT DE GAÏD SALAH

 

Le Café littéraire de Béjaïa dénonce le diktat de Gaïd Salah

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 Algerie7

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Le Café littéraire de Béjaïa dénonce dans un communiqué publié sur sa page Facebook l’arrestation de Karim Tabou qu’il impute directement à Gaïd Salah.

Le Café littéraire de Béjaïa appelle à la mobilisation pour briser le diktat de Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’ANP qui a pris la décision d’arrêter Karim Tabou.

« La décision d’emprisonnement de Karim Tabbou n’est pas venue de la justice, mais directement de Gaïd Salah, qui cherche à instaurer une dictature militaire féroce, similaire à celle de l’Egypte », écrit le Café littéraire de Béjaïa.

Le Café littéraire de Béjaïa n’entend pas se laisser faire et appelle à la mobilisation la plus large pour faire face à la dictature en marche.

« Nous allons dénoncer avec force cette mise au pas des opposants pacifiques. Nous n’allons pas nous taire, nous continuerons à combattre la dictature militaire jusqu’à l’instauration d’un Etat civil. Soyons désormais très nombreux pendant les marches des vendredis, même si nous sommes conscients que ce n’est jamais assez », écrit encore le Café littéraire de Béjaïa.

Le Café littéraire de Béjaïa appelle les partis, les syndicats, les associations, les féministes à s’impliquer davantage dans cette résistance à la dictature de Gaïd Salah.

« Les partis démocrates ont le devoir de se renforcer et de se mobiliser sans trêve aucune. Leurs bureaux, régionaux et communaux, doivent rester ouverts à leurs militants, sympathisants et aux activistes. Les syndicats d’enseignants notamment devraient s’y mettre aussi. La question des libertés devient plus urgente. Les associations, les collectifs féministes, les artistes, les intellectuels, devraient s’impliquer. Le combat contre la dictature militaire concerne toutes les catégories sociales », lit-on dans la déclaration du Café littéraire de Béjaïa.

« Ensemble, grâce à notre solidarité constante, nous pourrons rendre possible notre victoire. Vive la lutte des peuples pour leur liberté et leur dignité », conclut le CLB.

I. Farès

https://algerie7.com/top/le-cafe-litteraire-de-bejaia-denonce-le-diktat-de-gaid-salah/