ALGERIE

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LE 17 OCTOBRE 1961 A PARIS: UN CRIME D'ETAT

Mustapha Boutadjine

15 octobre, 13:04 · 

LE 17 OCTOBRE 1961 A PARIS : UN CRIME D’ÉTAT
Le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé aux Algériens, qui a rassemblé environ 30 000 personnes à l’appel du FLN à Paris, a été suivi d’une répression sanglante, par 7000 policiers sous les ordres du préfet de police de Paris Maurice Papon, a fait 300 morts, noyés ou exécutés et 11 730 arrestations, parmi les Algériens.
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LE 17 OCTOBRE 1961 : UNE RÉPRESSION SAUVAGE, UN CRIME D’ÉTAT
Par Alain Ruscio, historien
À l’appel du FLN, le mardi 17 octobre au soir, les travailleurs algériens de la région parisienne descendent dans la rue pour contester le couvre-feu. La répression policière, aveugle, s’abat – matraquages, coups de feu, manifestants jetés à la Seine – faisant 300 morts.
Ce que certains ont nommé les événements d’octobre 1961, dont l’apogée se situe le 17, est en fait une tache indélébile dans l’histoire coloniale française. En plein cœur d’un pays qui se prétendait – et se prétend – être celui des droits de l’homme, une véritable chasse à l’homme fut organisée. Des policiers français – blancs – ont tiré sur des manifestants – basanés –, et en ont précipité un grand nombre dans la Seine.
Le couvre-feu, une décision inhumaine et anticonstitutionnelle
Depuis le début de la guerre d’Algérie, un climat systématique de suspicion, de contrôle et de répression multiforme s’était instauré. La torture avait fait son apparition sur le sol français. La nomination de Maurice Papon – dont le passé de haut fonctionnaire de l’appareil de répression du régime de Vichy était alors soigneusement caché – à la préfecture de police fut un moment clé dans l’escalade. Face aux attentats ciblés contre des policiers, organisés par le FLN, Papon n’hésita pas une seconde à ordonner des rafles massives et à couvrir des assassinats. Les premiers remontent à la fin de l’année 1959 et ne s’arrêteront plus. La réplique du FLN fut à la mesure du défi. Des policiers furent abattus. Papon déclara : « Pour un coup reçu, nous en porterons dix ! » C’était ouvertement un feu vert accordé par un haut représentant de l’État à toutes les pratiques de vengeance imaginables.
Le 5 octobre, un couvre-feu visant les Algériens vivant en région parisienne est instauré. Décision humainement insupportable, de surcroît anticonstitutionnelle : des citoyens – certes formellement – sont ainsi interdits de circulation en fonction de leur seule origine. La Fédération de France du FLN appelle à manifester pacifiquement contre cette mesure. Cette manifestation est soigneusement préparée. Une date est arrêtée : le mardi 17 octobre 1961 au soir.
De partout sortent les bidules, longues matraques meurtrières
La manifestation commence. Les mots d’ordre « Algérie algérienne », « Le FLN au pouvoir », « Les racistes au poteau » et « Libérez Ben Bella », fusent. Alors, c’est le déchaînement : les forces de police se précipitent sur les manifestants avec une sauvagerie inouïe. De partout sortent les bidules, ces longues matraques meurtrières. Les policiers frappent à tour de bras. Ceux qui sont à terre sont impitoyablement matraqués, piétinés, roués de coups. Mâchoires brisées, yeux exorbités, fractures ouvertes, rien n’arrête la furie.
Des coups de feu sont tirés. Dans divers lieux, à Bezons, au pont Saint-Michel, des hommes ensanglantés, souvent à demi-inconscients, parfois ligotés, sont basculés dans la Seine. D’autres sont jetés pêle-mêle, sans ménagements, dans des cars de police, où les attendent de nouveaux matraqueurs. Une véritable noria de cars se rend vers les dépôts, les commissariats, vite saturés. Des bus de la RATP sont appelés en renfort. Le palais des sports est réquisitionné.
Comment réagirent les Français « de souche », témoins de ces actes barbares ? La vérité oblige à dire que la majorité fit preuve d’indifférence, mêlée peut-être de gêne, parfois de jubilation. Mais des militants, déjà organisés dans les réseaux d’aide directe au FLN, sollicités à l’avance par celui-ci, se rendirent sur les lieux des manifestations pour servir de témoins français au drame. Il y eut quelques actes organisés de solidarité politique et syndicale, même minoritaires, même timides. Ou des gestes de simple humanité : des Français firent leur devoir en offrant un refuge à des manifestants traqués, etc.
"Le plus important massacre d'ouvriers depuis la Commune"
Dès novembre, le mensuel de Jean-Paul Sartre, les Temps modernes, avança, le premier, le chiffre de 200 morts, le Secours populaire, parlant pour sa part, de « plusieurs centaines ». Le premier historien qui ait entrepris un travail de fond sur la question, Jean-Luc Einaudi, avança en 1991 le chiffre de 300 morts pour les deux mois de septembre et d’octobre.
Il faut en fait voir la réalité en face : c’est un crime d’État qui a été perpétré. Crime : le mot est incontournable. Comme l’a écrit Didier Daeninckx, ce fut « le plus important massacre d’ouvriers à Paris depuis la Commune ». État : c’est du premier ministre, Michel Debré, et de son entourage direct, Pierre Messmer, Roger Frey, qu’est venue l’escalade, ultime manœuvre défensive de la part des milieux « Algérie française » contre la solution négociée. Mais Charles de Gaulle ne peut être absous. Sa fonction ne l’amenait certes pas à s’occuper dans le détail du maintien de l’ordre dans Paris. Mais il couvrit, il encouragea : comme plus tard pour Charonne, il ne fallait pas que la rue décide du sort de l’Algérie. La seule réaction qui lui est prêtée, après le massacre, fut l’emploi de deux adjectifs : « inacceptable » et « secondaire ». Cet épisode, en tout cas et pour le moins, n’apparaît pas comme le plus glorieux de la longue vie politique du général.
Il serait temps, grand temps, que cet État reconnaisse ce crime.
Des réactions ?
Dès le 18 octobre, la presse de gauche informe sur l’ampleur des manifestations et de la répression, sans en connaître ni la gravité ni les détails. Au Sénat, Jacques Duclos intervient le 31 octobre. Diverses publications, distribuées par les membres des réseaux d’aide au FLN, répercutent la protestation. Parmi les intellectuels, Claude Lanzmann fut à l’origine d’un appel solennel, signé par Aragon, Simone de Beauvoir, André Breton, Aimé Césaire, Marguerite Duras, Jean-Paul Sartre, Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet… L’idée que les massacres ont été perpétrés dans l’indifférence générale est fausse, mais il est avéré que la protestation ne descendit pas dans la rue. De maigres rassemblements eurent lieu à Malakoff, Gennevilliers, Boulogne-Billancourt… L’internationalisme est un combat toujours recommencé.
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GILLES MANCERON : « LE DÉNI DE LA RÉALITE » EST VOUÉ A L’ÉCHEC
Propos recueillis par Nadjia Bouzeghrane, journaliste à El Watan, le 16 octobre 2011

Pour Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, le déni par les autorités françaises de la répression du 17 octobre 1961, et, plus généralement, l’absence de reconnaissance des importantes atteintes aux droits de l’homme qui ont émaillé le passé colonial de la France sont des combats d’arrière-garde.
Dans les deux entretiens que nous reprenons, l’historien exprime sa conviction que, l’exigence de reconnaissance étant de plus en plus forte, ces combats sont voués à l’échec.
Gilles Manceron : “Cet événement est le paroxysme de la violence et de l’arbitraire”
Gilles Manceron, historien, était, jusqu’en juin 2011, vice-président de la Ligue des droits de l’homme. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont D’une rive à l’autre. La guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire (avec Hassan Remaoun, Syros, 1993) et Marianne et les colonies. Une introduction à l’histoire coloniale de la France (La Découverte, 2003). Il a préfacé le manuscrit inédit des journalistes Marcel et Paulette Péju Le 17 Octobre des Algériens qu’il complète par La triple occultation d’un massacre (éditions La Découverte, septembre 2011)
 Comment expliquez-vous les mensonges, silences et occultations de l’Etat français sur cet événement majeur de la guerre d’indépendance de l’Algérie et de l’histoire de la France ?
C’est un épisode difficilement acceptable du point de vue de l’histoire d’un pays, une telle répression d’une manifestation pacifique fait tache. Et les historiens anglais, qui ont travaillé sur le sujet (se reporter à la préface au texte de Marcel et Paulette Péju dont nous avons publié des extrait dans notre édition d’hier), disent que dans toute l’histoire de l’Europe occidentale, c’est la manifestation pacifique qui a été réprimée avec le plus de violence et qui a fait le plus de victimes. Cet événement rattaché à la période coloniale française est à la fois le paroxysme, l’épisode ultime et la manifestation la plus éclatante de la violence et de l’arbitraire.
 Pourquoi est-on allé jusqu’au mensonge ?
L’épisode lui-même s’explique, c’est ce que montre le texte de Marcel et Paulette Péju, par une mystification apparue à l’été 1962. Ils rapportent que l’affaire a été présentée à l’opinion française par le préfet de police et le gouvernement, en tout cas le Premier ministre Michel Debré, le ministre de l’Intérieur Roger Frey, comme étant une nécessaire réponse à une vague d’« attentats terroristes ». Or, à l’examen des faits, des témoignages de victimes et d’observateurs, des documents disponibles, on se rend compte que les négociations d’Evian s’étaient ouvertes en mai 1961, et que personne au sein du GPRA n’envisageait de les compromettre en déclenchant une vague de terrorisme. On est dans un contexte où tout le monde tourne ses espoirs vers une sortie de la guerre. Or, le gouvernement français est divisé sur cette politique algérienne du général de Gaulle et notamment le Premier ministre, Michel Debré. Dessaisi du dossier algérien, et n’ayant en mains que la question du maintien de l’ordre, il va lancer une répression notamment dans le département de la Seine en remplaçant le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux, Edmond Michelet, pour faire une guerre à l’immigration et au FLN alors que de Gaulle décrète un cessez-le-feu unilatéral.
 La violente répression de la manifestation par la police de Paris s’expliquerait-elle par la volonté de faire capoter les négociations en cours ?
Dès le 17 octobre 1961 au soir, la Préfecture de police annonce qu’il y a eu des affrontements armés entre manifestants et policiers alors que cela ne correspondait pas à la réalité.
 Vous écrivez dans La triple occultation que les responsables algériens avaient aussi fait le silence sur la manifestation du 17 Octobre 1961 et sa répression. Pour quelles raisons ?
Plusieurs éléments sont à l’origine du silence algérien. D’abord parce que c’était une initiative qui est partie de la base de l’immigration, d’un ras-le-bol de la brutalité policière et de l’arbitraire qui la frappait depuis plusieurs semaines, une initiative qui n’était pas programmée à Tunis. Les dirigeants du FLN ont été surpris par cette initiative qui a, d’une certaine manière, perturbé leur calendrier. Le mot d’ordre de la direction nationale du FLN était de marquer l’anniversaire du 1er Novembre.
 Les dirigeants du FLN ne voyaient-ils pas que le couvre-feu imposé aux Algériens, le 5 octobre 1961 par le préfet de Paris, était contraignant et humiliant et que cette mesure appelait une réaction, voire une riposte ?
Le comité directeur en Allemagne était informé, il avait compris la demande de feu vert pour l’organisation de cette manifestation de boycottage de couvre-feu par les responsables parisiens du FLN, il accepte cette initiative en insistant sur le caractère pacifique de la manifestation et transmet l’information à Tunis. La manifestation est encadrée par la Fédération de France du FLN. Du côté de Tunis, de l’état-major des frontières, la préoccupation était avant tout de ne pas gêner les négociations pour l’indépendance. 
Il y a un autre élément pouvant expliquer l’occultation des responsables de l’Etat algérien nouvellement indépendant, c’est le fait que pendant la crise de l’été 1962, les leaders de la Fédération de France sont majoritairement favorables au GPRA.
 Le couvre-feu a-t-il été le seul élément à l’origine de la manifestation du 17 octobre 1961 ?
Dans un débat organisé par Médiapart, Sylvie Thénault (historienne,) avait employé le terme de « pic dans une politique de répression », venant couronner une répression qui courrait depuis la fin du mois d’août 1961, soit depuis que Michel Debré avait obtenu le changement du garde des Sceaux Edmond Michelet et son remplacement par Bernard Chenaud. La répression devenait de plus en plus intolérable, ce qui fait que la manifestation était dirigée contre le couvre-feu mais aussi contre tout ce qui avait précédé.
 Une « terreur d’Etat » à laquelle vous faites référence...
On peut parler de terreur d’Etat. Après le 17 octobre, pour comprendre, certains journalistes, certaines personnalités, sont allés sur les lieux de vie des Algériens, comme Marguerite Duras qui, dans France Observateur de l’époque, rapporte avoir été au bidonville de Nanterre et y avoir interrogé des habitants qui lui rapportent qu’ils vivent « une vie terrorisée », une « terreur d’Etat ».
 Les réactions de la presse, des partis politiques, de l’opinion publique ont été tardives...
Il y a eu peu de réactions de la part de la principale force organisée de la gauche française, le parti communiste et la CGT qui, à cette époque, lui était très liée. Dans le communiqué que la CGT publie le lendemain et que je cite, la centrale syndicale se prononce pour des protestations sur les lieux de travail mais pas pour une manifestation nationale. Il y a une faillite de la part de grandes institutions de la gauche française.
 Le texte de Marcel et Paulette Péju n’a jamais été publié dans son intégralité. Pourquoi ?
Le texte devait paraître chez Maspéro à l’été 1962, et dans le contexte de la crise interne au FLN, le gouvernement de Ben Bella demande à ce qu’il ne paraisse pas.
 Quel éclairage nouveau apporte ce texte qui vient d’être publié dans son intégralité à la compréhension de la manifestation du 17 Octobre 1961 et de sa répression ?
Ce texte montre que la manifestation était certes contre le couvre-feu, mais aussi contre tout ce qui avait précédé depuis la fin du mois d’août. Il insiste aussi sur la volonté de réagir. Le troisième élément c’est la manifestation des femmes du 20 octobre.
 Ce rôle est assez méconnu...
Montrer que l’immigration a joué un rôle important dans l’histoire du mouvement national algérien depuis son début jusqu’à l’indépendance ne cadre pas trop avec l’accent mis sur la résistance de l’intérieur, les maquis, avec ce qu’on peut dire le discours officiel des années qui ont suivi l’indépendance lié à une certaine vision de l’identité algérienne. Cela montre que d’autres apports, comme celui de l’immigration, ont été très importants dans la réalisation de l’indépendance. Une fédération du FLN où les femmes ont joué un rôle important cela ne va pas très bien avec le rôle assigné aux femmes après l’indépendance dans la société algérienne. Il y avait une section féminine importante dans la Fédération de France du FLN qui avait des publications et dont l’une des responsables était l’épouse de Rabah Bouaziz.
 Le moment est mûr pour sortir des non-dits et des occultations...
Le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie peut peut-être servir à cela. Et de ce point de vue-là, il y a un réveil de la mémoire des associations de l’immigration algérienne en France, des enfants issus de cette immigration comme Mehdi Lallaoui, Yasmina Addi qui, par des récits de famille, ont fait ce travail à travers des films, des livres. Le temps est-il peut-être venu de lever un certain nombre de tabous, de non-dits ou de simplifications et instrumentalisations de l’histoire.
 Sur cette période, toutes les archives sont-elles ouvertes aujourd’hui ?
Il y a encore des archives qui sont soumises à dérogation et ne sont pas facilement consultables, ou consultables depuis peu de temps. Le fonds Michel Debré, par exemple, est soumis à dérogation. Dans le texte qui suit celui de Marcel et Paulette Péju, je me suis servi d’une étude qu’avait faite Dominique Borne sur les rapports de Debré avec Edmond Michelet. Il y a des documents qui ont été détruits à la préfecture de police, mais quand il y a des destructions, on peut identifier le contenu.
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ICI, LA PEINTURE NOIRE S’EFFACE
Aurélien Soucheyre, journaliste à l’Humanité

La mémoire du 17 octobre 1961, cinquante-cinq ans après les faits, reste diffuse à Paris, malgré un travail citoyen de plus en plus actif, et la photo emblématique de Jean Texier.
L’eau a coulé sous les ponts. Peut-être un peu trop. Certes, la journée d’hier ne se prêtait pas forcément au recueillement. C’est un 17 octobre, que des Algériens furent massacrés à Paris. Alors le dimanche 16, sous le soleil, un sourire aux lèvres, devant une Seine qui scintille, les monuments parisiens, et des arbres encore verts, il y a de quoi être interloqué devant cette question : « Savez-vous ce qu’il s’est passé ici, le 17 octobre 1961 ? » Le petit bout d’été indien et l’interrogation inattendue n’expliquent pourtant pas complètement le flottement des Parisiens et des touristes hexagonaux face à ce douloureux souvenir.
Car la plupart des personnes croisées hier méconnaissaient largement ce que les historiens britanniques Jim House et Neil MacMaster ont qualifié de plus violente répression d’État contemporaine jamais appliquée à une manifestation de rue en Europe occidentale. C’était à cinq mois de la fin de la guerre d’Algérie. Les négociations d’Évian, qui allaient déboucher sur l’indépendance, étaient ouvertes depuis des mois. Mais le climat parisien est exécrable. Les tensions et les meurtres vont crescendo entre la police et la fédération de France du FLN. Depuis le 5 octobre, un couvre-feu discriminatoire est imposé aux seuls Algériens par le préfet de police, Maurice Papon. Absolument illégal, l’arrêté est ainsi formulé : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement entre 20 h 30 et 5 h 30 du matin. » Il a pourtant caractère obligatoire.
« J’ai déjà vu l’inscription être repeinte, il n’y a pas si longtemps, puis effacée »
Le 17 octobre 1961, des milliers d’Algériens décident de braver le couvre-feu en manifestant pacifiquement dans Paris. D’un historien à l’autre, entre 30 et 250 d’entre eux seront exécutés par la police. Certains finiront jetés dans la Seine. L’épisode sera très rapidement étouffé, occulté. Par bien des aspects, il n’a toujours pas à ce jour pleinement repris sa place dans l’histoire de la guerre d’Algérie. Pourtant, en 2001, le maire de Paris appose cette plaque, au pont Saint-Michel : « À la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961. » Et en 2012, le président de la République, François Hollande, déclarait que « la République reconnaît avec lucidité ces faits ».
La plupart des Parisiens, certes croisés au hasard, n’ont que des souvenirs flous devant la plaque du pont Saint-Michel. « Oui, je connais. C’est Charonne », se méprenait Pauline, avant de lancer que « ce jour-là, des manifestants ont aussi été tués dans la station de métro ». L’épisode de Charonne, lui aussi lié à la guerre d’Algérie et à une manifestation pacifique réprimée dans le sang par Maurice Papon, eut lieu le 8 février 1962. Neuf français y perdirent la vie. Au pont des Arts, une plaque célèbre la mémoire des résistants Jacques Lecompte-Boinet, Vercors, et du général de Gaulle dans sa facette la plus glorieuse, celle qui va de 1939 à 1945. Nulle trace du supérieur de Maurice Papon pendant la guerre d’Algérie. Nulle trace, non plus, d’un souvenir qui offre l’une des plus célèbres persistances au massacre du 17 octobre 1961. Car c’est juste sur la droite du pont des Arts que fut prise la photographie du graffiti : « Ici on noie les Algériens. » « Je connais surtout cette photo, en noir et blanc, avec le lampadaire et l’inscription. Je l’ai déjà vue dans la presse. C’est grâce à elle que j’ai une idée de ce qu’il s’est passé ici », mesure Laurent. À deux pas, sur le muret du quai de Conti que recouvrent les planches vertes des bouquinistes, un habitué rappelle avoir « déjà vu l’inscription être repeinte, il n’y a pas si longtemps, puis effacée ».
Le cliché, capturé par le photographe pour Avant-Garde et l’Humanité Jean Texier, décédé il y a peu, n’avait pas été publié à l’époque. Si la presse vivait sous la menace permanente de saisies et de censures, les deux titres dénoncèrent la répression, respectivement le 25 octobre puis le 7 novembre 1961, évoquant 60 morts. L’occultation d’État prendra néanmoins le pas durant des années, avant de se fissurer. Des romans, dont celui de Didier Daeninckx, des ouvrages historiques, dont celui de Jean-Luc Einaudi, des travaux journalistiques, dont celui de l’Humanité en 1985, date de la première parution de la photo de Jean Texier, font peu à peu bouger les lignes. L’ouverture du procès Papon en 1997, pour son rôle sous l’Occupation, remettra en lumière son rôle du 17 octobre 1961, sans oublier le travail des associations contre l’oubli, la reconnaissance de la répression par des collectivités, ou encore le film Ici on noie les Algériens, sorti en 2011. Pendant que l’eau coulait sous les ponts, le travail d’histoire et de mémoire montait progressivement. Reste à le partager davantage, pour regarder pleinement l’histoire en face.
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PARIS LE 17 OCTOBRE 1961
Par Mustapha Boutadjine
Paris 1991. Graphisme 
Extrait de " Contre images ", extrait de la monographie " Collage Résistant(s) ". Éditions Helvétius, Paris. DROITS RESERVÉS : À MUSTAPHA BOUTADJINE/ÉDITIONS HELVÉTIUS/ARTBRIBUS/ADAGP 1114563
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17 OCTOBRE 1961. BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE 
Des harkis à Paris et Ratonnades à Paris, Paulette Péju, La Découverte, 2000 ; première édition, François Maspero, Paris, 1961.
Meurtres pour mémoire, Didier Daeninckx, Gallimard, 1984.
Les Ratonnades d’octobre : un meurtre collectif à Paris en 1961, Michel Lévine, �Jean-Claude Gawsewitch, Paris, 2011 �(déjà édité par Ramsay en 1985).
« Ce jour qui n’ébranla pas Paris », dans Face à la raison d'État : un historien dans la guerre d’Algérie, Pierre Vidal-Naquet, La Découverte, Paris, 1989.
Les Manifestations de rue dans La guerre d'Algérie et les Français, Danièle Tartakowsky, Fayard, Paris, 1991.
La Bataille de Paris : 17 octobre 1961, �Jean-Luc Einaudi, Le Seuil, Paris, 1991.
Octobre 1961, un massacre à Paris, �Jean-Luc Einaudi, Arthème-Fayard, Paris, 2011.
Le Silence du fleuve : ce crime que nous n'avons toujours pas nommé, Bezons, Éditions Au nom de la mémoire, 1991.
Le 17 octobre 1961, un crime d’État à Paris, La Dispute, Paris, mai 2001 (avec la collaboration de l’association 17 octobre 1961 contre l’oubli). Un recueil de témoignages, de documents et d’analyses, comprenant, notamment, des contributions de Benjamin Stora, Jean-Luc Einaudi, René Gallissot, Alain Brossat, Sidi Mohammed Barkat, Olivier �Le Cour Grandmaison, Nicole Dreyfus.
Octobre 1961. Un massacre à Paris, �Jean-Luc Einaudi, Fayard, 2001.
La Gangrène et l’Oubli, la mémoire �de la guerre d’Algérie, Benjamin Stora, �La Découverte, 2005.
Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État, Alain Dewerpe, Gallimard, collection « Folio histoire », 2006.
Paris 1961. Les Algériens, la terreur �d’État et la mémoire, Jim House, Neil MacMaster, Tallandier, 2008.
Scènes de la guerre d’Algérie en France. Automne 61, Jean-Luc Einaudi, Éditions du Cherche midi, 2009.
La Police parisienne et les Algériens �(1944-1962), Emmanuel Blanchard, Nouveau Monde Éditions.

 

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ALGERIE: LES DEUX RAISONS QUI AURAIENT MOTIVE LE REARMEMENT SOUTENU DE L'ARMEE ALGERIENNE

Armée algérienne

Défense: les deux raisons qui auraient motivé le réarmement soutenu de l’armée algérienne

CC BY-SA 4.0 / Mektoub Unité spéciale des nageurs de combat au-dessus du sous-marin Raïs El Hadj Moubarek (013) des Forces navales algériennes.

INTERNATIONAL

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Kamal Louadj

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La lutte antiterroriste et les foyers de tension qui entourent l’Algérie sont les deux raisons principales de l’augmentation des dépenses militaires du pays. C’est ce qu’a affirmé à Sputnik un expert algérien en questions de sécurité et de défense, en récusant l’hypothèse, évoquée par un think tank belge, que l’armée ait des visées politiques.

Dans un récent rapport évoquant les dépenses algériennes en matière de Défense, le groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP), situé à Bruxelles, a appelé les pays membres de l'Union européenne «à être vigilants avant d'octroyer des licences d'exportations d'armes à l'Algérie», et ce à cause du poids de l'Armée nationale populaire (ANP) dans la vie politique du pays. Dans un entretien accordé à Sputnik, Akram Khrief, expert algérien dans les questions de sécurité et de défense, a réagi aux conclusions du GRIP, en expliquant les raisons objectives ayant amené le gouvernement algérien à augmenter le budget militaire au cours des dernières années.

En réponse à la thèse du rapport concernant le renforcement de la prédominance de l'ANP sur la scène politique algérienne comme motif principal des importants achats d'armes, l'expert est catégorique: «C'est totalement faux.» «Je peux vous dire que c'est l'inverse qui se passe. L'armée algérienne se retire chaque année un peu plus de la vie politique pour devenir une armée professionnelle», a-t-il soutenu.

 

Des soldats des forces spéciales algériennes

CC0 / MC1 BRIAN A. GOYAK / A BOARDING TEAM FROM ALGERIAN NAVY SHIP MOURAD RAIS (F 901) CONDUCTS AN EXERCISE

L’armée algérienne lève le voile sur l’efficacité de sa stratégie de préparation au combat

Évoquant les causes réelles ayant poussé l'Algérie à augmenter considérablement ses dépenses en matière de Défense, le spécialiste a souligné qu'«en fait, l'augmentation du budget de l'armée ces cinq dernières années vient après les années 1990 où l'Algérie était sous embargo militaire». «C'était la période où l'Algérie et son armée faisaient face à la guerre contre le terrorisme», a-t-il ajouté, en précisant que «l'armée algérienne avait épuisé beaucoup de ses munitions et de ses équipements dans cette guerre, où elle avait également exposé ces derniers à un vieillissement prématuré. Ce qui fait qu'au sortir des années 1990 et au début des années 2000, l'armée algérienne avait perdu beaucoup de ses capacités.»

 

 

Un sous-marin russe de classe Kilo

© AFP 2018 DOD

La flotte sous-marine algérienne se renforce avec un 3e sous-marin «trou noir» russe

La deuxième raison importante qui a motivé le renouvellement d'envergure des équipements de l'ANP en axant les achats sur des armements de haute technologie, et souvent de dernière génération, «c'est qu'à partir des années 2010, on a vu s'installer des foyers de tensions aux frontières de l'Algérie, dans le sud en particulier, à la frontière avec le Sahara [la région du Sahel, ndlr], qui n'existaient pas avant et qui ont nécessité de nouveaux achats d'armes et l'adoption de nouvelles tactiques militaires pour faire face à cette nouvelle donne», a expliqué M.Khrief. «Au lieu d'augmenter les effectifs des troupes, chose qui n'était pas possible, l'armée algérienne a opté pour l'achat d'armements sophistiqués à même d'augmenter la mobilité des forces et la puissance de feu, ce qui a entrainé une grande augmentation des dépenses», a-t-il précisé.

 

 

Des soldats des forces spéciales algériennes

CC0 / MASS COMMUNICATION SPECIALIST STEVEN HARBOUR/NAVY.MIL / ALGERIAN SAILORS CONDUCT MARITIME INTERDICTION OPERATIONS (MIO)

«Tempête 2018»: le chef de l’armée algérienne évalue le bilan et met le cap sur le futur

En conclusion, Akram Khrief a affirmé qu'«en ce qui me concerne, je pense que les dépenses militaires algériennes vont baisser dans les années à venir, entre fin 2019 et 2020, car beaucoup d'acquisitions ont été faites depuis 2007.»

 

Pour rappel, tout en précisant que l'Algérie a été le 7e plus grand importateur d'armes conventionnelles au monde pendant la période 2013-2017, représentant ainsi «3,7% des exportations au niveau mondial et 52% au niveau du continent africain», le GRIP avait indiqué que ces dépenses militaires «s'expliquent par l'influence de l'armée algérienne dans la politique du pays».

 

L’armée algérienne

© AFP 2018 RYAD KRAMDI

L’armée algérienne apporte une nouvelle clarification quant à la question politique

À l'approche de l'élection présidentielle d'avril 2019 en Algérie, et au milieu d'une effervescence politique concernant la question d'un 5e mandat pour le Président sortant Abdelaziz Bouteflika, l'Armée nationale populaire algérienne, dans le numéro du mois d'août de sa revue El Djeich (l'Armée), a clarifié une nouvelle fois sa position par rapport aux appels de différents partis politiques à son intervention dans le champ politique pour organiser une transition démocratique. L'ANP a opposé définitivement un non catégorique à l'idée d'une intervention dans les affaires politiques du pays, ce qui serait contraire aux missions que lui a fixées la Constitution.

https://fr.sputniknews.com/international/201810151038504054-armee-algerienne-rearmement-soutenu-raisons-politiques-securitaires/


 

L'ALGERIE ET LA ROUTE DE LA SOIE: UN SAUT QUALITATIF POUR LE DEVELOPPEMENT

L’Algérie et la  route de la Soie :  Un saut qualitatif pour le développement

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 06 octobre 2018

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Analyses: 

«Le voyage de mille lieues a commencé par un pas.» Lao Tseu

L’Algérie a rejoint à Pékin, où se tient le 7e Forum sur la coopération sino-africaine, l’initiative chinoise des « Nouvelles routes de la Soie », a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué à Alger. L’Algérie et la Chine ont signé un mémorandum d’entente sur l’adhésion de l’Algérie à l’initiative chinoise,   C’est par ces mots qu’on apprend que l’Algérie décide enfin de se projeter à l’international en s’inscrivant dans le projet du siècle

 Historique de la Route de la Soie

La Chine veut recréer une «route de la Soie» entre l’Asie et l’Europe. «Elle va, écrit Fréderic Martel, construire des milliers de ponts, de routes, de chemins de fer et de ports à travers l’Asie centrale et le Moyen-Orient. 40 milliards de dollars d’investissements, Est-ce une arme économique ou diplomatique? Un expansionnisme commercial?» (1)

«La route de la Soie désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe, reliant la ville de Chang’an (actuelle Xi’an) en Chine à la ville d’Antioche, en Syrie médiévale (aujourd’hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait: la soie. La route de la soie était un faisceau de pistes par lesquelles transitaient de nombreuses marchandises, et qui monopolisa les échanges Est-Ouest pendant des siècles. Elle se développe surtout sous la dynastie Han(221 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.),  À partir du XVe siècle, la route de la soie est progressivement abandonnée, du fait de la période des «Grandes découvertes»  Par une culture internationale, elle a permis des échanges matériels, culturels, religieux et scientifiques entre peuples aussi divers et mutuellement lointains que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois… » (2)

« Elle a suscité le rassemblement d’États militaires fondés par des nomades de Chine du Nord, amené le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme puis l’islam en Asie centrale et en Chine, provoqué le puissant empire des Turcs Khazars. (…) La nouvelle route de la soie pourrait redistribuer les cartes, à l’heure où la mondialisation de l’économie fait pencher la balance vers l’Est. Plusieurs tronçons ont déjà été transformés en autoroute. Cette route pourrait alors rejoindre l’Europe en passant par le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Iran et la Turquie. Côté chinois, on achève le Xinsilu, une quatre-voies de 5000 km qui relie la mer Jaune aux monts Tian. Un axe qui a pour but de délester la route maritime, par laquelle transitent des millions de conteneurs par an.  » (2)

 Les conséquences de cette vision du soft power chinois

A en croire les analystes occidentaux, la Chine veut dominer le monde.  . «Pour Washington, le partenariat stratégique entre la Chine, la Russie et l’Iran, qui se développe au sein du Club de Shanghai, est un cauchemar géopolitique.   Frederic Martel parle d’une sorte de soft power: «Comment booster l’économie tout en confortant une influence politique? Comment aider l’Asie du Sud-Est et, du même coup, freiner l’influence américaine et indienne? Comment faire du nouveau avec du vieux? Pékin a trouvé la solution: la nouvelle route de la Soie.  .Et début mars 2015, le Premier ministre chinois Li Keqiang a annoncé la création de la «Silk Road Company Ltd (…) Plus encore que la démesure des investissements et du rêve chinois, ce qui frappe, c’est le nom du projet. Un plan de communication efficace. Un logo. Une marque. Une nouvelle route de la soie!» Pour la Chine, il s’agit d’un plan stratégique qui vise à réorienter sa géopolitique vers l’intérieur du continent, notamment vers l’Asie centrale et l’Europe, plutôt que vers l’Est et sa côte Pacifique.   (1)

«Le nom officiel du projet est: « One belt, one road » (une ceinture, une route).   Rien de moins. Avec près de 6500 kilomètres, la route part de l’est de la Chine (pays qu’elle traverse sur près de 4000 kilomètres), avant de bifurquer vers des pays qui s’appellent aujourd’hui l’Inde, ou le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, pour rejoindre la Méditerranée.  . (…) Pékin a choisi de redonner vie aujourd’hui à deux routes de la Soie.  Tout un symbole. Cette nouvelle route de la Soie sera constituée de milliers de ponts, de voies de chemin de fer, de gares et de pipelines pour relier l’Est à l’Ouest En clair, réussir avec l’économie là où les Américains ont échoué avec le militaire ». (1)

Une banque pour accompagner le projet

 «La nouvelle route de la Soie s’adossera à la nouvelle banque d’investissement asiatique que Pékin vient de lancer avec une vingtaine d’autres pays (Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, ou AIIB). Presque toute l’Europe occidentale, sauf la Belgique et l’Irlande, a officiellement adhéré à l’AIIB. Les États-Unis, le Canada et le Mexique ont tous refusé d’adhérer. Quatorze pays européens dont la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont rejoint le projet en ordre dispersé. Le dernier jour avant la date limite pour devenir membre fondateur (31 mars 2015), le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, annonce la volonté US de coopérer avec l’organisation  la société d’État chinoise China Railway Corporation (CRC) a proposé   la construction d’une ligne de trains rapides reliant la Chine occidentale à l’Iran, un de ses partenaires majeurs au Moyen-Orient.   ‘La Chine a maintenu ses relations commerciales avec l’Iran en dépit des sanctions et les sociétés chinoises y ont massivement investi dans l’industrie, des biens de consommations à l’énergie en passant par l’automobile ».» (3)

L’aspect économique et financier de «  la Route de la Soie »

Il ne faut pas se faire d’illusion, ! il n’ya pas de philanthropie en l’occurrence. La Chine veut se développer et placer ses excédents commerciaux, Pour cela elle doit irriguer le monde , elle a compris que les infrastructures sont déterminantes même à l’ère du Web 3.0, nous avons d’infrastructures portuaires de réseaux ferrés de routes pour transporter les marchandises  L’économiste Hassan Haddouche dans un article de référence écrit à ce sujet  les autorités algériennes qui ont pris conscience tardivement du caractère déséquilibré de la relation économique avec le partenaire chinois ont commencé à le lui faire savoir au cours des toutes dernières années en réclamant plus d’investissements des entreprises chinoises dans notre pays. C’est dans le prolongement de cette démarche que le Premier ministre algérien signait, à Pékin, le 4 septembre dernier, un « mémorandum d’entente » qui a été interprété comme une adhésion au gigantesque projet chinois de « Routes de la soie ». Ahmed Ouyahia avait notamment indiqué à cette occasion que l’adhésion de l’Algérie à l’initiative chinoise « apportera une densité plus forte à notre coopération et à notre partenariat avec la Chine, comme le laissent entrevoir déjà nos projets communs majeurs du port centre et du complexe de phosphate intégré ». Le projet chinois et les chances qu’il offre à l’Algérie ainsi qu’aux pays du Maghreb était précisément, voici quelques jours, le sujet choisi par le think-tank Care pour la reprise de ses activités (4).

 « L’économie chinoise  poursuit l’auteur accumule depuis longtemps des excédents commerciaux considérables. Hassan Heddouche rapporte les propose de l’économiste Mouloud Hedir  qui : « mentionne le chiffre de 510 milliards de dollars rien que pour l’année 2016. La moitié de cet excédent commercial est réalisé avec les États-Unis. Mais ils sont loin d’être les seuls concernés. Dans des proportions plus modestes, le déficit commercial de l’Algérie avec le partenaire chinois était quand même supérieur à 7 milliards de dollars en 2017. Ce qui a représenté près des trois-quarts de notre déficit global l’année dernière. Pour l’économiste algérien, l’initiative des autorités chinoises renverse un paradigme classique. Jusqu’ici, en gros, avec les bailleurs de fonds occidentaux « on avait beaucoup de besoin, relativement peu de financements, et des délais importants pour finaliser les projets ». Les Chinois nous disent maintenant : « Le financement on s’en occupe, quels sont vos projets et vos priorités ? ». Une Banque de développement asiatique, qui marche clairement sur les traces de la Banque Mondiale, a été dotée d’un capital de 40 milliards de dollars. Récemment, la Banque de développement des BRICS, avec une dotation de 100 milliards de dollars, envisage de financer des plans de stabilisation, à l’image des activités du FMI. Au premier rang figure l’Arabie Séoudite avec des financements de 180 milliards de dollars dont 100 milliards réservés à un programme de développement de centrales nucléaires. L’Égypte est également en bonne place avec des financements prévus de plus de 20 milliards de dollars. » (4)

 L’Algérie sur le trajet de la route de la Soie: pourquoi pas?

Voilà ce que nous écrivions en 2016 quand nous appelions de nos vœux l’intégration de l’Algérie dans la marche du monde :

« L’Algérie n’a pas encore déprogrammé son tropisme vers l’Europe. Pourquoi toujours coller à l’Europe et ne pas créer une nouvelle dynamique avec l’Asie qui s’affirme de plus en plus comme le barycentre du monde. Mise à part l’Allemagne, les autres pays ont d’énormes problèmes financiers. L’Algérie a raté son adhésion à la banque fondée par la Chine en mars 2015. Il n’est pas trop tard, si nous avons un cap pour le développement du Sahara, la Chine pourrait nous accompagner. Au vue des défis du futur, il est de mon point de vue nécessaire pour les deux pays de mettre en place une université ou on enseigne la technologie en chinois et en anglais, l’Algérie serait la porte de l’Afrique. Faire partie de la route de la Soie relève a priori de l’utopie tant il est vrai que nous ne sommes pas sur le tracé! il n’est pas interdit de penser à une route de la Soie avec un prolongement africain par voie maritime. La route maritime qui va vers Venise peut très bien faire un crochet vers l’Algérie. Au vu de la densité des rapports algéro-chinois forgés pendant la lutte de libération, il est possible de penser à une route de la Soie qui emprunterait à partir d’Alger le trajet de la transaharienne électrique et qui irait irriguer toute l’Afrique centrale, de l’est et de l’ouest du fait qu’un partenariat Chine-Afrique existe. Qui ne tente rien n’a rien. Faisons-le! C’est le premier pas qui compte comme nous y invite Lao Tseu. » (5)

Ce que nous faisons avec la Chine

Dans une contribution que j’avais faite en 2016 au tout début de l’annonce de l’initiative  j’avais proposé que l’Algérie s’inscrive dans cette démarche : «Et si la route de la soie passait par l’Algérie ? Nos chances dépendent de notre ambition ? » Environ 18% du total des importations algériennes provenaient de Chine en 2017, faisant de Pékin le premier fournisseur de l’Algérie, devant la France (environ 9%) et trois autres pays de l’Union européenne. La Chine n’était en 2017 que le 13e client de l’Algérie, ne recevant que 2% de ses exportations. Pékin a multiplié les investissements au Maroc,  notamment dans la locomotion  électrique   mais continue d’entretenir des relations historiquement privilégiées avec Alger.

Au-delà des activités d’échange, la Chine étant le premier partenaire de l’Algérie, ayant détrôné la France avec plus de 8 milliards de dollars d’achat s’il y a une coopération chinoise en Algérie, il y a aussi une diaspora algérienne en Chine qui peut servir de trait d’union. Saïd Belguidoum enseignant à l’université de Sétif nous parle d’un retour de la soie en décrivant un séjour qu’il a effectué en Chine. Nous l’écoutons: «(…) Les enquêtes que nous menons en Algérie depuis plus de trois ans montraient que le rôle et le poids de Yiwu s’amplifiaient au point de devenir la principale destination des entrepreneurs marchands algériens, supplantant d’autres places telles que Marseille (dont le rôle est devenu marginal), et surtout celles du Moyen-Orient et Dubaï.   Remonter à notre tour ces ‘nouvelles routes de la Soie » devrait permettre de mieux comprendre comment, à partir de ces routes, ont pu se constituer en Algérie des places marchandes au rayonnement national et aux connections internationales. El Eulma et Aïn Fakroun, deux localités de l’Est algérien, illustrent la montée en puissance de ce nouveau type de ville.»(6)

«Les commerçants poursuit-il, de passage sont très nombreux. Leur présence est continue toute l’année, même si c’est au moment des grandes foires que l’affluence bat son plein. Les «traders» algériens, dont il est difficile d’évaluer le nombre précis, sont de plus en plus nombreux à s’installer. (…) Une vingtaine de «gros bureaux», les pionniers venus au début des années 2000, ont pignon sur rue. Ils traitent les grandes affaires d’exportation vers l’Algérie et sont en relation avec une importante clientèle.  Dix ans après les premières installations, on assiste à un processus indéniable de constitution d’un comptoir algérien durable, alimenté par une population jeune   entreprenante et prête à se fixer comme le montrent certains signes. (…) Ces premiers mariages avec des Chinoises facilitent une intégration(…)»(6)

Enfin La Chine a convaincu l’Algérie !

« Annoncé en mars 2013 par un haut dignitaire chinois, lit on sur El Watan le lancement d’un mégaprojet de nouvelles routes de la soie a jeté le trouble dans les pays les plus riches de la planète qui avaient perçu ce projet titanesque comme un péril pour leurs économies qui venaient à peine de se remettre de la crise financière de 2008. Beaucoup d’entre eux ont changé d’avis depuis l’élection d’un président américain qui prône et impose ouvertement le protectionnisme. Troublant par sa simplicité et son redoutable pragmatisme, le projet de nouvelles routes de la soie a en effet de quoi susciter des cauchemars aux dirigeants occidentaux qui auront bien du mal à contenir la déferlante de courants d’affaires qui utiliseront ces nouvelles voies commerciales. (…)  L’Algérie n’a du reste jamais caché son intérêt pour la proposition chinoise qui lui permettra, non seulement, de renforcer sa position de hub entre l’Europe et l’Afrique, mais également d’accroître le maillage de ses grandes infrastructures (route transsaharienne, autoroute Est-Ouest, autoroute des Hauts-Plateaux, nouvelles voies ferrées, nouveaux ports, etc.) qui lui permettront d’atteindre tous les pays du Maghreb sans exception et certains pays du Sahel. Elle s’est, de ce fait, facilement laissée convaincre !  La toute récente décision de Donald Trump d’abroger les traités de libre- échange entre pays bordant l’Atlantique et ceux du Pacifique, a cependant contraint certains pays européens et sud-américains à reconsidérer leurs positions en mesurant tous l’intérêt qu’ils pourraient tirer d’une adhésion à ce méga-projet qui, «in fine», offre une large vision en matière de connectivité et de coopération à l’échelle planétaire. Des avantages considérables que ne garantit évidemment pas, la politique de repli sur soi défendue par le président américain. » (7)

Quelles opportunités pour l’Algérie?

Hassan Haddouche ajoute que : «  Notre pays n’est d’ailleurs pas absent des projets de financement chinois au cours des dernières années. Dans le prolongement de l’accord de partenariat stratégique signé par les présidents chinois et algérien en 2014, deux projets importants sont notamment en cours de finalisation. Ils concernent la réalisation du port de Cherchell pour environ 3 milliards de dollars et un ambitieux projet d’exploitation des gisements de phosphate de la région de Tébessa avec un investissement prévu de près de 6 milliards de dollars. On peut y ajouter trois projets de partenariats industriels conclus entre des entreprises algériennes et chinoises dans les domaines des véhicules utilitaires, de la production de terminaux électroniques de paiement et dans l’industrie du marbre » (4).

 « Reste à identifier les nouveaux projets qui pourraient faire l’objet de financements dans des domaines où les pays voisins ont déjà avancé leurs pions. Mouloud Hedir suggère quelques pistes dans une réflexion qui n’est encore qu’à ses débuts et à propos de laquelle les autorités algériennes se montrent encore très avares de communication. Il mentionne notamment la réalisation d’une zone franche d’exportation au Sud du pays à l’image des expériences de « Zones économiques spéciales » qui ont permis de booster les exportations chinoises. Une telle zone permettrait notamment, selon le conférencier, de rentabiliser la route transsaharienne Alger –Lagos dont la partie algérienne est quasiment achevée. Dans le même esprit, la construction d’une voix ferrée Alger – Tamanrasset – Lagos pourrait favoriser les débouchés africains du futur port de Cherchell. À la même échelle colossale, les investissements chinois pourraient permettre de faire décoller le programme algérien des énergies renouvelables, notamment solaire, qui dispose d’atouts naturels évidents. Mouloud Hedir rappelle que la Chine a déjà investi plus de 40 milliards de dollars à l’international dans ce domaine. (…) Les   Marocains ont identifié deux gros chantiers avec les projets Tanger Tech et véhicules électriques.    (…) Sans stratégie de partenariat du coté algérien, le recours à ce type de financements fait donc augmenter les importations et accroît notre dépendance technique et financière vis-à-vis de l’étranger si ces projets ne sont pas mis à profit pour capitaliser le savoir-faire. »(4)

Le diesel est condamné à court terme

 Trois ans après la révélation du « dieselgate », scandale aux émissions polluantes de certains moteurs diesel visant à cacher les dangers du diesel, et après des années de dégringolade, les ventes de voitures diesel se sont stabilisées en Europe courant 2018 grâce aux véhicules d’entreprise cependant les véhicules diesel particuliers connaissent une chute continue Un pays comme la France avait un parc à 70 % dieselisé , ceci n’est pas dû à une quelconque performance  exceptionnelle par rapport à l’essence mais à une volonté délibérée- certains parlent de lobby encourageant ce type de carburation malgré les dégâts environnementaux et surtout plus graves encore les dégâts irréversibles sur la santé humaine. Le % décroit régulièrement depuis quelques années et on pense qu’il est à 45 % et ceci jusqu’à extinction  totale du diesel comme s’apprêtent à le faire certains  pays européens :

« Malgré des progrès technologiques afin de concevoir des moteurs moins polluants, la survie à terme de ce type de motorisation, tombé en disgrâce après le scandale Volkswagen, paraît toujours compliquée. Explications. Si les voitures diesel se vendent très difficilement auprès des particuliers (moins de la moitié du marché des voitures neuves), elles continuent d’être plébiscitées par les entreprises « La part de marché du diesel s’est maintenue autour de 36% en Europe depuis le mois de mars 2018 (contre 50% en 2015). Il est probable qu’il conservera cette part durant les prochains mois, parce que finalement c’est un choix valable pour beaucoup de conducteurs », estime Felipe Munoz, analyste automobile pour Jato Dynamics. es moteurs diesel sont des sources importantes de pollution en raison de leurs émissions en oxydes d’azote et en particules fines.   Le problème des émissions d’oxydes de carbone et de particules fines a été pendant longtemps beaucoup plus important que ce que les constructeurs voulaient bien reconnaître On sait  en effet que la combustion du diesel  rejette outre le CO2 des particules  qui sont un danger de service public . En Europe la norme Euro 6  impose de ne pas dépasser 5 ppm ; En Algérie nous roulons à l’Euro  2 avec un seuil de 100 ppm . C’est donc un danger pour la santé de la population et pourtant d’une façon incompréhensible le Diesel est vendu deux fois moins cher que l’essence et deux fois et demi plus cher que le sirghaz qui peine à décoller réellement » (8)

« En Allemagne, poursuit l’auteur  plusieurs communes envisagent des interdictions d’accès au moins partielles pour les véhicules diesel les plus polluants,  ces restrictions devraient concerner à terme une vingtaine de grandes villes du pays. En France, Paris a même annoncé l’interdiction totale des voitures diesel pour 2024. « Le diesel était simplement apprécié parce qu’il était beaucoup moins taxé que l’essence, donc beaucoup moins cher à la pompe »« Si cette subvention tombe, le diesel devient très difficile à vendre », poursuit-il. Or, c’est ce qui est en train de se passer en France, où les taxes augmentent beaucoup plus vite sur le diesel avec l’objectif d’aligner sa fiscalité sur celle de l’essence d’ici trois ans. Parallèlement, le coût du diesel augmente à cause des équipements de dépollution supplémentaires induits par les nouvelles normes. Comme il se vend moins et que les séries de production sont plus courtes, sa compétitivité s’en trouve encore réduite… Et les investissements dans ces motorisations se réduisent faute d’avenir. « Les ventes de diesel pourraient se stabiliser pendant quatre ans autour de 30% du marché », estime M. Dudenhöffer. Mais, l’arrivée de l’hybride léger des moteurs essence assistés de batteries 48 volts, offrira des alternatives meilleures marché et avec la même réduction de CO2. À l’horizon 2022 ou 2023, les experts de Deloitte prédisent même des véhicules 100% électriques moins chers que les véhicules thermiques. (8)

 La situation de la locomotion électrique : 2018, l’an I de la révolution électrique

A titre d’exemple  pour montrer l’engouement mondial pour la révolution électrique :

« Au Mondial de l’automobile, qui ouvre ses portes  , les reines des travées rouleront à l’énergie électrique. Mercedes lèvera le voile sur son imposante EQC, Audi sa « e-tron » (mieux vaut prononcer le nom à l’anglaise…), PSA présentera au public la nouvelle DS3 Crossback et sa déclinaison lithium-ion, Kia la grande  .  2018, l’an I de la voiture électrique ?C’est tout comme. Jusqu’à présent limitée, l’offre de véhicules zéro émission va sérieusement s’étoffer en Europe dans les mois à venir.  Les quatre véhicules qui se partagent aujourd’hui 60 % des ventes (la Nissan Leaf, la Renault Zoe, la Volkswagen e-Golf, et la BMW i3) ont déjà vu arriver cet été dans les concessions la Huyndai Kona, un petit SUV  PSA pourrait bientôt proposer une version 100 % électrique pour tous ses modèles. Il y a actuellement plus de 5 millions de voitures électriques une technologie qui a démarré il y a moins de cinq ans .» (8)

Mais c’est surtout en 2019 que le gros de l’artillerie sera déployé, avec la sortie de neuf nouveaux modèles à batterie. Parmi eux, les SUV EQC de Mercedes et DS3 Crossback de PSA, mais aussi la ID Neo de Volkswagen, la remplaçante de la e-Golf, ou encore les versions électriques de la Peugeot 208 et de l’Opel Corsa. Les constructeurs sont longtemps restés timides dans l’électrique, car ils n’arrivent pas à l’intégrer dans leur stratégie, tout en conservant leur rentabilité »,  Puis est arrivé le « dieselgate », et ils n’ont pas eu d’autre choix que de développer une offre électrique et de la faire fonctionner ». L’idée étant d’éviter de subir de lourdes amendes promises par Bruxelles s’ils ne respectent pas les objectifs d’émissions de CO2 imposés par l’Union européenne pour 2021 . Selon le cabinet AlixPartners, les constructeurs occidentaux ont annoncé 184 milliards de dollars d’investissements dans l’électrification de leur gamme d’ici à 2023 ». (9)

Interviewé par le journal les Echos Carlos Ghosn  le patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui espère vendre environ 11 millions de véhicules cette année, estime faire la course en tête en matière de voitures électriques. Malgré les assauts de la concurrence  »

« Plus de 10 % de nos ventes seront faites en pur électrique dans quatre ans ». La grande modification depuis 2016 déclare t-il c’est l’éruption de technologies permettant d’envisager des voitures beaucoup plus connectées ou autonomes, et surtout des services de mobilité. (…)  Après, passer de moins de 5.000 véhicules cette année à 1 million dans trois ans, ce serait un record. Si quelqu’un est capable de le faire, je lui tire mon chapeau. Fin 2022, 50 % de l’offre de l’Alliance (y compris celle de Renault) sera électrifiée. Et plus de 10 % de nos ventes seront faites en pur électrique dans quatre ans, avec sept ou huit produits mondiaux  Sur le plan industriel, les coûts de production devraient rapidement diminuer avec l’évolution technologique et l’augmentation des volumes. A la fin de notre plan stratégique, fin 2022, notre gamme zéro émission sera au moins au niveau de profitabilité de la moyenne du groupe.  Notre offensive portera d’abord sur l’électrique pur, c’est pour nous la technologie ultime. Maintenant, s’il y a une demande spécifique de marché, cela ne nous empêchera pas de faire de l’hybride ou de l’hybride rechargeable,   La baisse du diesel est très rapide. Nous révisons nos prévisions pratiquement tous les trimestres. Si je vous donne un chiffre aujourd’hui, il sera faux dans trois mois  Nous avions dit que nous réduirions notre offre diesel de moitié d’ici à fin 2022, je crains désormais qu’on ne doive aller plus loin »10).

Ce que je crois

Tout d’abord nous devons sortir de la malédiction du diesel dont le pourcentage  70 % est un héritage colonial. Ce % ne risque pas de baisser avec le  différentiel des prix  entre l’essence qui est deux fois plus cher que le Diesel . pour cela il est nécessaire d’aligner les deux carburants au même prix et ensuite favoriser encore plus le sirghaz (GPL)  par une augmentation des prix du carburants jusqu’à un prix réel dissuasif qui permet de réduire drastiquement les hémorragies aux frontières, diminuer la pollution et la consommation des carburants que nous importons pour près de 2 milliards de $.  De plus il nous faut prendre le train de la  mobilité électrique      Pourquoi  en effet ne pas investir dans la locomotion  électrique ? La Chien installe au Maroc des usines de voitures électriques ( 500.000) des usines de bus de trains de camions et même de batterie pourquoi ne pas demander d’être aidés dans ce domaines ? Certes nous avons une dizaine de constructeurs qui installent des modèles qui n’aurons plus court dans moins de dix ans Volkswagen arrête le diesel en 2025 . Il en est de même des pays européens comme le Danemark l’Allemagne ou la France qui annonce la fin des carburants à partir de 2030.

En prenant  le train de la locomotion électrique    il faut  se souvenir que 1l d’essence c’est 10 kWh un plein d’essence à  7l/ 100km c’est 300 DA le plein d’énergie électrique pour la même distance c’est 42 Da ! Il esr prévu que les prix des véhicules thermiques et électriques vont s’aligner rapidement. Même si le prix actuel est 25% moins cher pour le thermique actuellement ; Sur la durée de vie du véhicule , le véhicule électrique est plus compétitif Cette électricité  d’origine solaire et ou éolienne   proviendrait du Sahara qui est une pile électrique si on le développe  correctement .

Des actions sont entreprises en Algérie mais   ne s’inscrivent pas dans un schéma d’ensemble qui est celui de la transition énergétique vers le Développement Durable qui nous permet de lancer sans tarder le plan  énergie  renouvelable de 22.000MW de tourner le dos aux carburants en mettant en place une politique de transport multimodale de la voituré électrique au bus  électrique au camion  électrique au métro et au tramway sans oublier le réseau électrique notamment en créant une transsaharienne électrique qui pourrait traverser le Sahara irriguer les pays frontaliers et aller jusqu’à Lagos.  Il nous faut  avoir une vision d’ensemble en retenant que chaque centrale solaire construite c’est 2 milliards de m3de gaz épargnés qui peuvent être laissés aux générations futures. Depuis le début de l’annonce du plan solaire et éolien avec une cadence de seulement 1000 MW/an  depuis 2011 c’est déjà 16 milliards de m3 qu’on aurait pu épargné et ces argents auraient pu permettre le financement du plan solaire en retenant qu’un milliard de m3 de gaz c’est environ  380 millions de dollars.  Soit un gain total de 5 milliards de dollars

Imaginons que nous confions dans le cadre d’un partenariat wiinn winnune partie du plan solaire à la Chine – une autre partie a d’autres locomotives comme l’Allemagne ou les Etats Unis-  nous pourrions financer le plan solaire avec le gaz naturel épargné chaque année du fait de son remplacement par l’énergie électrique.

Cette inclusion de l’Algérie dans la route de la soie est porteuse d’immenses possibilités. A nous d’être entreprenants aux  possibilités décrites par les experts permettront à l’Algérie d’être incontournable sur le trajet de la route de la soie. On pourra même penser avec le partenaire chinois à  la mise en place d’une université chinoise en Algérie pour les sciences et la Technologie et les enseignements seraient faits ne  chinois et en anglais  L’histoire des peuples à montré que les plus grands dirigeants rêveurs sotn deux qui ont laissé des traces durables.

Prof. Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes

1.Frédéric Martel http://www.slate.fr/story/99575/ chine-route-de-la-soie 29.03.2015

2.https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_de_la_soie – cite_note-peopledaily-9

3.http://iranfr.com/chine-integrera-liran-nouvelle-route-soie/22 décembre, 2015

4.Hassan Haddouche https://www.tsa-algerie.com/nouvelles-routes-de-la-soie-quelles-opportunites-pour-lalgerie/30 Sept. 2018 

5.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur chitour/240524-nos-chances-dependent-de-notre-ambition.html

6.Saïd Belguidoum https://fr.hypotheses.org/21591

7.https://www.elwatan.com/edition/economie/nouvelles-routes-de-la-soie-la-chine-a-convaincu-lalgerie-dy-adherer-30-07-2018

8.https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/automobile-le-diesel-est-il-condamne-a-long-terme_128112

9.https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/0302312374092-mondial-de-lauto-2018lan-i-de-la-revolution-electrique-2209729.php#

10.https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/0302334247864-voiture-electrique-guerre-commerciale-gafa-carlos-ghosn-se-confie-2209903.php# 

 Articles  de référence: 

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5267255

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5267312

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018

https://www.mondialisation.ca/lalgerie-et-la-routes-de-la-soie-un-saut-qualitatif-pour-le-developpement/5628253



 


GUERRE D'ALGERIE: QUE RESTE-T-IL DES TRAUMATISMES LIES A LA COLONISATION FRANCAISE EN ALGERIE ?

 

Les troupes françaises en opération pénètrent dans un village en Algérie le 21 avril 1956. (AFP PHOTO)

 

SOCIÉTÉ

Que reste-il des traumas liés à la colonisation française en Algérie ?

26/09/18 15h46

PAR
Louise Hermant

 

Plus de 50 ans après la fin de colonisation française en Algérie, les traumas de cet épisode de l’histoire restent profondément ancrés et actuels. Karima Lazali, psychologue clinicienne et psychanalyste à Paris et à Alger s’est penchée sur les effets psychiques et politiques de l’oppression coloniale en Algérie dans son livre "Le trauma colonial". Dans une longue enquête, celle-ci observe que les descendants subissent les conséquences des mécanismes de déni et de silence imposés par la colonisation. Entretien.

Dans l’introduction de votre livre, vous indiquez que bon nombre de vos patients français souffrent de cet héritage colonial, alors qu’ils venaient consulter à la base pour des symptômes qui n’avaient a priori rien avoir avec l’oppression coloniale en Algérie. Comment ce trauma a-t-il pu s’installer aussi profondément et parfois inconsciemment ?

Karima Lazali - Depuis l’indépendance, il y a eu très peu de possibilités pour les gens de pouvoir s’exprimer. Il y a eu très peu d’espaces pour laisser place à des expressions plurielles. C’est là où réside le problème. Au fur et à mesure des générations, il s’est produit un emmurement dans le silence. C’est cela dont les personnes héritent aujourd’hui. Il reste tabou de parler librement de ce qu’était la colonisation ou des positions des grands-parents et des parents français durant la colonisation. La colonisation française en Algérie a fait l’objet de censure extrêmement claire et qui a persisté dans le temps. Dès que quelque chose touche à ce sujet, tout est mis en place dans le débat public pour que l’on ait pas l’impression que cela s’adresse à la population française, qu’on n’ait pas la sensation que celle-ci ait été concernée par cette partie de l’histoire française. Alors que s’est déjà constituée un profond métissage de la société française tout se passe comme si à chaque fois il n’était question que de reconnaître les crimes et les destructions pour les Algériens, et non pour sa propre population. Cette situation contribue à emmurer les générations dans le silence. Le débat est très vite réduit à “pour ou contre” "bienfaits/méfaits" "glorification/honte". Il n’existe pas d’espace pour une pluralité représentative de ce que fut la colonialité et le rapport des individus au pouvoir colonial et donc pour un travail de mémoire.

Comment se manifeste le trauma colonial chez les descendants ?

Il se manifeste quand les gens ont l’occasion d’en parler. Pour l’instant, faire passer cela par la parole est difficile. C’est au moment où il y a une occasion possible, dans l’espace public, que les gens se mettent à parler de ce que leurs parents ou grands-parents ont vécu. Ils ont l’impression d’avoir été tenus en dehors de l’histoire. Contrairement à d’autres événements historiques, la colonisation ne fait pas partie pleinement des questions qui sont facilement débattues. Bien sûr, si vous vous intéressez à cette question, vous allez lire des livres d’histoire et il n’en manque pas sur le sujet. Mais cela reste dans une niche, cela ne circule pas. Il n’y a pas assez d’occasions, pour l’instant, aménagées dans l’espace public pour que les gens puissent avoir l’impression que leur histoire, leurs petites histoires à eux, puissent être entendues, reconnues et donc d’entrer dans les mémoires.

Comment expliquer qu’il existe très peu de travaux sur les effets psychiques de la colonisation comme vous le signalez dans votre livre?

Cela découle des silences et des censures qui ont toujours été partie intégrante du fait colonial. Le projet colonial s’est construit sur ces mécanismes très précis et aussi sur l’effacement. Il s’est également basé sur l’impression que le monde colonial est un monde binaire, un monde divisé entre eux et nous, qu’il n’y a pas de place pour autre chose que cette réduction entre deux parties qui se font la guerre. Ces mécanismes-là de la colonialité continuent à se transmettre.

En dehors des travaux de Frantz Fanon, il n’y a, à ma connaissance, pas de travaux qui traitent des spécificités des traumatismes liés à la colonisation. C’est l’une des raisons pour laquelle j’ai écrit ce livre. Alors qu’en France, nous sommes à la troisième génération de descendants de migrants, c’est quand même impressionnant de se dire que dans une société où il y autant d’enfants héritiers de l’immigration et donc de l’histoire franco-algérienne, il n’y ait pas de travaux qui traitent des traumatismes psychiques de la colonisation. Beaucoup de choses sont mises en place pour maintenir l’injonction du silence et de l’effacement. Le crime colonial était à effacer en permanence.

Comment parvenir à se défaire de ces mécanismes ?

Il faut d’abord admettre qu’il y a un énorme chantier à entamer. Et que ce chantier ne concerne pas uniquement les historiens, il faut tenir compte de leurs travaux pour que dans plusieurs disciplines cette question puisse avoir droit au chapitre. Ensuite, il faut ouvrir des lieux dans l’espace public où les individus ont l’impression que leur histoire peut exister et qu’elle n’est pas à éliminer des débats consensuels.

Comment la question de la colonialisation est-elle abordée en Algérie par rapport à la France ?

Il existe des traitements qui sont similaires mais aussi des choses qui sont à l’exact inverse. En Algérie, la colonisation semble centrale, au niveau des discours, au niveau des prises de positions, on a l’impression que tout est mis en place pour ne pas oublier l’histoire coloniale. En même temps, rien n’est mis en place pour que cette histoire coloniale puisse être abordée pleinement dans une diversité et dans un régime non binaire, du style "Eux" et "Nous". C’est là-dessus que la France et l’Algérie se rejoignent. Cette binarité qui fabrique de l’élimination et de l’exclusion est un phénomène spécifique de la colonialité et persiste jusqu’à ce jour. La colonialité est bien incrustée au niveau de ce que nous pouvons nommer les "mentalités". Elle tisse les préjugés et les soubassements de la vie politique des deux pays.

Vous vous basez tout au long de votre livre sur des extraits de littérature algérienne. Quelle est la portée et l’importance de ces textes sur le travail de mémoire?

Il est très difficile d’entrer dans le travail de mémoire à partir des individus. Pour qu’un trauma fasse trace, il faut le reconnaître. Si vous ne reconnaissez pas qu’un événement ait été traumatique, il ne peut pas faire trace et reste incrusté à l’intérieur de soi comme un bloc. Dans ce cas-ci, il s’est incrusté par quelque chose qui n’a pas encore fait trace par défaut d’une réception dans l’espace public suffisante, aussi bien en Algérie qu’en France, bien que pas de la même façon. En Algérie, la colonisation a plutôt tendance à faire une sorte de bouchon pour éviter la diversité. En France, les crimes et autres destructions coloniales oscillent entre le désaveu et le déni.

Toute la question est de comment fabriquer de la trace. Comment reconnaître quelque chose qui s’est inscrit en blanc relève d’un événement très précis de l’histoire avec des déterminations politiques, sociales, linguistiques…. Il fallait que je trouve le moyen de reconstituer l’histoire telle qu’elle s’est déroulée. Pour cela, il me fallait du texte, que je trouve les mots qui correspondent à ce blanc tel qu’il s’est transmis. J’ai été les chercher chez les écrivains algériens. La littérature algérienne, essentiellement de langue française sur laquelle je me suis basée, est une littérature du refus de l’asservissement envers toute forme de projet totalitaire. Il y a eu une sorte de concomitance historique entre l’émergence des plus grands textes littéraires algériens et l’extrême violence de la colonisation. Ce qui a amené à ce que les hommes laissent des traces, à ce que les écrivains soient pris dans la nécessité de fabriquer des traces qui n’arrivaient pas à s’inscrire pour cause de politique d’effacement.

Le 13 septembre dernier, Emmanuel Macron a reconnu l’existence d’un système de torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie et la responsabilité de l’Etat français dans le meurtre de Maurice Audin en 1957. Quel impact cette déclaration peut-elle avoir sur les Algériens et les Français? 

L’impact le plus fort est sur la population française. Le nom de Maurice Audin est un nom très connu en Algérie, il n’est pas sûr que cela soit le cas en France, alors qu’il était Français. C’est là que l’on voit que le traitement de la question coloniale n’est pas le même dans les deux pays. A Alger, il existe une place Maurice Audin, sa mémoire est inscrite dans l’espace public, ce n’est pas le cas en France. Le geste d’Emmanuel Macron est très important pour la population française. Il s’agit d’un geste d’autorisation, il lève les censures. Ce qu'Emmanuel Macron dit en reconnaissant le crime d’Etat sur Maurice Audin est qu’il y a eu crime d’Etat sur un Français et non sur un indigène. Cela change tout puisque la République est censée protégée ses citoyens. Là on voit bien que parce que cet homme avait des positions républicaines anticoloniales il a été traité de la même manière qu’un Algérien.

Ce geste permet de sortir du raisonnement binaire, du “eux” et du “nous”. La question n’est pas Algérien ou Français, elle est comment est ce que la colonisation divise la population entre ce qui relève du pacte républicain et ce qui relève de son refus dans la colonisation.

Comment créer une histoire commune entre la France et l’Algérie autrement que par la guerre ?

Cette histoire est possible par des gestes de reconnaissance, d’abord le travail des historiens. Si le politique se met à tenir compte de leurs travaux cela avancerait les choses. Ce n’est pas le cas pour le moment. C’est notamment pour cette raison que la France a mis tant de temps à reconnaître l’assassinat de Maurice Audin, alors que les faits étaient avérés.

De plus en plus, des écrivains et cinéastes algériens sont invités en France. Comme s’il y avait une soif de connaitre cette nouvelle génération, porteuse d’une autre voix. Celle-ci cherche à inventer une nouvelle histoire à partir des arts et des créations artistiques diverses. C’est donc par l’invention artistique et la recherche scientifique qu’une troisième voie peut être en train de se négocier en ce moment.

Les traumatismes psychiques de la colonisation pourront-ils encore se faire sentir dans les générations futures ? Les descendants des descendants subiront-ils toujours les conséquences d’une certaine manière ?

Il faut arrêter cette transmission-là qui dure déjà depuis longtemps et fait bien des ravages. Cela doit passer par des actes politiques. Sans cela, cette transmission du trauma pourra perdurer. Seulement, on voit que des différences commencent à émerger parmi les générations. La troisième génération ne ressemble pas à la deuxième, et la deuxième génération pas à la première. Il y a un besoin de savoir, même si le politique continue à être divisé. De plus en plus de travaux et de productions artistiques sont menés par des personnes en Algérie et en France qui n’ont vécu ni la colonisation ni la guerre. Ils donnent un nouveau tempo au débat. Ils sont pris par la quête d’une sortie possible à l’endroit de la guerre et de la catastrophe. Par contre, la question de l’héritage et de responsabilité est épineuse et urgente.

Propos recueillis par Louise Hermant 

Karima Lazali, Le trauma colonial, Editions La Découverte, paru le 13 septembre 2018.

 

https://mobile.lesinrocks.com/2018/09/26/livres/que-reste-il-des-traumas-lies-la-colonisation-francaise-en-algerie-111128873/



 

APRES LES MENACES DU GENERAL LIBYEN HAFTAR, L'ARMEE ALGERIENNE SE PREPARE A LA GUERRE

Après les menaces de Haftar, l’armée algérienne organise des exercices militaires

Fri Sep 14, 2018 2:55PM

L’armée algérienne a organisé cette semaine des exercices militaires pour se préparer à toute guerre éventuelle. (Photo d’archives)

L’armée algérienne a organisé cette semaine des exercices militaires pour se préparer à toute guerre éventuelle. (Photo d’archives)

Alors que le général libyen Khalifa Haftar vient de menacer Alger d’une action militaire, les dépêches depuis l’Algérie annoncent que l’armée du pays se prépare à une guerre terrestre.

Dans une déclaration le 8 septembre sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, Khalifa Haftar avait accusé l’armée algérienne d’avoir fait incursion sur le sol libyen, menaçant d’entrer en guerre contre l’Algérie.

Le général libyen accuse l’Algérie « d’exploiter la situation sécuritaire en Libye pour envoyer des troupes sur son territoire » et dit être prêt à entrer en guerre contre Alger, rapporte le samedi 8 septembre Al-Jazeera.

En référence aux propos du général Haftar, la télévision algérienne al-Nahar a souligné : « Haftar sait très bien que la politique algérienne repose sur le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays. L’Algérie n’intervient pas en dehors de son territoire. »

PressTV-L’Algérie menacée d’action militaire !

Le général libyen Haftar menace d’attaquer militairement l’Algérie. Vu les liens qu’il entretient avec les puissances occidentales, la menace est prise au sérieux.

En réaction aux propos du général Haftar, l’armée algérienne a lancé une série d’exercices militaires et de simulation de guerre terrestre baptisée « Iktissah 2018 » (Invasion 2018), qui s’est déroulée le 11 septembre à Tindouf.

« L’exercice tactique, au cours duquel on a recouru à des balles réelles, s’est déroulé avec la participation des unités relevant du secteur opérationnel sud de Tindouf », précise un communiqué du ministère algérien de la Défense.

Le porte-parole officiel de l’état-major des forces armées libyennes, Ahmed al-Mesmari, a déclaré lors d’une conférence de presse le lundi 10 septembre que la Libye ne serait pas une source de menace pour ses voisins.

Il a déclaré que les forces armées algériennes étaient entrées « par erreur » sur les territoires libyens.

Selon Middle East Eye citant un cadre des services de renseignements algériens, le chef d’état-major de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd-Salah, a tenu une réunion importante avec les forces spéciales à Biskra, dans le Sud-Est algérien, où il aurait exprimé ses craintes d’une « guerre » en Libye. « Il s’est aussi rendu à la frontière avec la Libye à deux reprises en quelques semaines pour des manœuvres militaires », ajoute Middle East Eye. Selon des experts, les autorités d’Alger sont loin d’être surprises, elles qui ont procédé depuis déjà plusieurs semaines à des remaniements substantiels au sein de l’armée pour faire face à toute éventualité.

https://www.presstv.com/DetailFr/2018/09/14/574118/LAlgrie-se-prpare--la-guerre



 

L'ARMEE ALGERIENNE ET L'OTAN, BRAS ARME DE L'IMPERIALISME US, DEVELOPPENT UN PROJET POUR SECURISER LES FRONTIERES DU PAYS

L'Otan

L’armée algérienne et l’Otan développent un projet pour sécuriser les frontières du pays

© AFP 2018 Jean-Christophe Verhaegen

INTERNATIONAL

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Depuis près d’un an, l’armée algérienne et l’Otan travaillent sur un projet commun de haute technologie dédié à la sécurisation des frontières algériennes face au terrorisme.

L'armée algérienne collabore depuis octobre 2017 avec l'Otan, dans le cadre du Programme pour la science au service de la paix et la sécurité (SPS), pour développer un système de haute technologie, dans le domaine de la détection par imagerie terahertz, dédié à la surveillance et la sécurisation optimales de ses frontières contre le terrorisme, a indiqué le journal Le Quotidien d'Oran dans son édition du 5 août.

 

Le général de Corps d'armées Ahmed Gaïd Salah, chef de l'état-major de l'ANP

CC BY-SA 4.0 / LAMRAOUI.LAMIN / AHMED GAID SALAH WITH THE ARMY

L’armée algérienne répond aux appels l’invitant à intervenir dans la vie politique du pays

«Le système améliorera les capacités de notre institution [militaire, ndlr] s'agissant de cette technologie de pointe et permettra un important échange d'expertise et de savoir-faire dans le domaine de la détection par imagerie terahertz qui constituera une technologie clé à l'appui de la lutte contre le terrorisme au cours des années à venir», a affirmé Mohamed Lazoul, expert de l'École militaire polytechnique algérienne de Bordj El Bahri, et co-directeur du projet.

 

Dans ce cadre, le média a signalé que l'école polytechnique militaire de Bordj El Bahri «a déjà reçu les équipements nécessaires à cet effet en attendant que les experts militaires s'imprègnent parfaitement des techniques de leur manipulation».

Concernant l'objectif principal de ce projet commun, l'Alliance atlantique affirme qu'«en proposant des solutions à la pointe de la technologie pour la lutte contre le terrorisme, ce projet SPS contribue aussi à l'action menée plus largement par l'Otan pour projeter la stabilité au-delà des frontières de l'Alliance».

 

Le Pantsir-S1, la version de base du Pantsir-SM

© SPUTNIK . MIKHAIL VOSKRESENSKY

L’armée algérienne a testé le Pantsir-SM russe lors des manœuvres Sakhr-2018 (vidéo)

Les guerres qui ont été menées contre des pays comme l'Irak, la Libye et la Syrie, en violation du droit et de la légalité internationale, sont à l'origine du développement du terrorisme dans le monde, a expliqué Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires étrangères, le 11 avril 2018, lors d'une conférence donnée à l'Institut français des relations internationales (Ifri), sur le thème «Contre le terrorisme et l'extrémisme, la déradicalisation: l'expérience algérienne».

 

«Les interventions militaires étrangères en violation du droit et de la légalité internationale ont généré le chaos là où elles ont eu lieu. Elles ont créé les conditions idoines de non-droit favorisant le développement du terrorisme», a déclaré le ministre lors de cette conférence.

 

Des soldats de la marine algérienne

CC0 / MASS COMMUNICATION SPECIALIST STEVEN HARBOUR/NAVY.MIL / ALGERIAN SAILORS CONDUCT MARITIME INTERDICTION OPERATIONS (MIO)

L’armée algérienne serait désormais apte à parer «à toute menace»

Et d'évoquer particulièrement le cas de la Libye, dans lequel la diplomatie algérienne n'a ménagé aucun effort pour alerter les puissances initiatrices de l'intervention militaire: la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, sous l'égide de l'Otan, des graves conséquences que celle-ci aurait sur la paix et la sécurité dans toute la région du Sahel. Le diplomate algérien a déclaré que: «Livrée à elle-même, la Libye sombra dans le chaos, un chaos sciemment ou non nourri et entretenu par différents acteurs, transformée en un arsenal à ciel ouvert et en sanctuaire pour les groupes terroristes qui étendirent peu à peu leur champ d'action à l'ensemble des vastes espaces sahéliens et au-delà, malgré une mobilisation plus grande des États de la région, une présence plus forte des troupes étrangères et le recours aux équipements de surveillance et de détection les plus performants».

https://fr.sputniknews.com/international/201808071037554010-algerie-otan-projet-commun-securite-frontieres/


 

SEPT SOLDATS DE L'ARMEE ALGERIENNE (ANP) TUES DANS UN GUET-APENS TERRORISTE DANS L'EST DU PAYS (VIDEO)

Des soldats des forces spéciales algériennes

L’armée algérienne perd sept soldats dans un guet-apens terroriste à l’Est du pays (vidéo)

CC0 / Mass Communication Specialist Steven Harbour/navy.mil / Algerian Sailors conduct Maritime Interdiction Operations (MIO)

INTERNATIONAL

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Lors d’accrochages avec des terroristes dans l’Est de l’Algérie, sept soldats de l’armée algérienne ont été tués. Citant des sources sécuritaires, le site d’information TSA a indiqué dans son édition du 30 juillet que d’autres militaires avaient été blessés, que quatre terroristes avaient été abattus et qu’un cinquième avait été capturé vivant.

 

Le général de Corps d'armées Ahmed Gaïd Salah, chef de l'état-major de l'ANP

CC BY-SA 4.0 / LAMRAOUI.LAMIN / AHMED GAID SALAH WITH THE ARMY

L’armée algérienne répond aux appels l’invitant à intervenir dans la vie politique du pays

Lors d'un ratissage à Besi, dans la daïra d'Azzaba, située dans la wilaya de Skikda à l'Est de l'Algérie (près de la frontière avec la Tunisie), sept soldatsde l'Armée nationale populaire (ANP)ont été tués dans un guet-apens tendu par des terroristes. C'est ce qu'ont confié des sources sécuritaires sur place.

 

«Sept militaires ont été tués, ce lundi 30 juillet, lors d'un violent accrochage à Besi, dans la daïra de Azzaba, située dans la wilaya de Skikda, a appris TSA ce soir de sources sécuritaires sur place […]. Plusieurs autres militaires ont été blessés dont certains dans un état jugé sérieux», a écrit TSA.

Selon le site d'information, l'unité de l'ANP qui ratissait les lieux a été accrochée par un groupe terroriste composé «de 15 à 20» membres, dont 4 ont été éliminés et un cinquième a été capturé vivant.

Selon les mêmes sources citées par TSA, les militaires ont récupéré des armes et des munitions. «D'importants renforts de l'armée, avec notamment des hélicoptères ont été acheminés vers la zone de combats», ont-elles indiqué.

Après l'attentat terroriste commis le 8 juillet près d'Ain Sultan, dans la région tunisienne de Jendouba frontalière de l'Algérie, au cours duquel six gendarmes tunisiens ont trouvé la mort, Alger et Tunis ont décidé d'intensifier leur coopération en matière de lutte antiterroriste en créant 60 points de contrôle militaires supplémentaires le long des frontières nord des deux pays. C'est ce qu'ont confié des sources militaires algériennes au site d'information Algeriepatriotique.

 

Des soldats des forces spéciales algériennes

CC0 / MC1 BRIAN A. GOYAK / A BOARDING TEAM FROM ALGERIAN NAVY SHIP MOURAD RAIS (F 901) CONDUCTS AN EXERCISE

L’armée algérienne réagit aux différents défis sécuritaires secouant le pays

Il s'agit, pour l'Algérie, de la frontière allant d'El-Tarf à Tébessa et Souk-Ahras, et pour la Tunisie de la frontière couvrant les régions de Jendouba, El-Kef et El-Kassreine.

 

Cette décision aurait été prise, selon ces sources militaires, «dans le cadre de la coopération entre les deux pays pour la sécurisation des frontières, à l'aune des dernières attaques terroristes sanglantes qu'ont connues les zones frontalières, du côté tunisien, et qui menacent de déborder sur le territoire algérien».

Les mêmes sources ont affirmé qu'«une partie de ces points de contrôle seront mobiles et assurés par des patrouilles militaires, tandis que d'autres seront fixes, et dont la mission consistera à surveiller les mouvements des groupes armés».

https://fr.sputniknews.com/international/201807311037440256-algerie-anp-sept-soldats-tues-est-du-pays/


 

SELON UNE ETUDE AMERICAINE, 84% DES ALGERIENS SONT PRETS A L'EXIL PROFESSIONNEL

84% des Algériens prêts à l’exil professionnel, selon une étude américaine

 

C’est un paradoxe saisissant que met en lumière la récente étude menée par le Boston Consulting Group (BCG), un cabinet international de conseil en gestion d’entreprise : l’Algérieserait perçue comme un véritable pays de cocagne à l’extérieur de ses frontières, par un nombre croissant de cadres internationaux, tandis que 84% d’Algériens souhaiteraient aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.

Réalisée auprès d’un panel représentatif de 366 000 personnes (71% d’hommes, 27% de femmes), disséminées dans 196 pays, et en collaboration étroite avec le réseau mondial The Network, qui regroupe plusieurs sites de recrutement dont Emploitic, le site « leader de l’emploi en ligne en Algérie », cette enquête observe la hausse sensible de l’attractivité de l’Algérie auprès des talents venus d’ailleurs.

A la lumière de ses résultats, le nouvel eldorado algérien, « très convoité par des cadres internationaux issus des quatre coins du monde », passe de la 114e place en 2014 à la 83e place en 2018, soit un bond notable en matière d’attractivité économique territoriale.

Alors que l’on apprend que les Tunisiens seraient les premiers à tenter l’aventure entrepreneuriale chez leurs proches voisins, suivis de près par les Béninois, les Français, les Saoudiens et les Norvégiens, on découvre qu’une majorité d’Algériens, loin de partager cet engouement sans frontières, est prête à se forger un avenir meilleur sous d’autres cieux plus radieux, ou du moins considérés comme tels.

Selon cette étude américaine, parmi les destinations qui font rêver les Algériens, le Canada, la France, l’Allemagne, mais aussi les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni et la Belgique semblent être de véritables édens pour « acquérir de l’expérience ou l’élargir », profiter de « meilleures opportunités de carrière » et bénéficier  du « meilleur niveau de vie ».

https://oumma.com/84-des-algeriens-prets-a-lexil-professionnel-selon-une-etude-americaine/?utm_medium=oumma&utm_source=pushnotification&utm_campaign=pushnotification


 

LA GUERRE DU GAZ DECLAREE A L'ALGERIE PAR L'ESPAGNE ET LES USA ?

La guerre du gaz déclarée à l’Algérie par l’Espagne et les Etats-Unis ?

juillet 28, 2018 - 7:29 31 Commentaires

Felipe gazoducs

Le roi Felipe d'Espagne et Donald Trump à Washington. D. R.

Par Sadek Sahraoui – L’Espagne mène actuellement un intense lobbying afin de convaincre ses partenaires européens de connecter la péninsule ibérique au réseau européen de gazoducs. Madrid caresse, en effet, le rêve de transformer l’Espagne en une gigantesque plateforme de transit des importations de gaz américain. Le pays joue sur le fait qu’il possède de nombreux terminaux méthaniers et que son projet peut contribuer à sécuriser les approvisionnements en gaz de l’Europe.

Le projet espagnol a-t-il reçu le soutien de Washington ? Pour le moment, il n’y a pas d’éléments concrets qui peuvent nous permettre de répondre clairement par l’affirmative à la question. Mais il est certain que les Américains ne s’y opposeront pas puisqu’ils ont tout à y gagner, surtout qu’ils se sont promis de contrer l’influence russe en Europe. Et pour Washington, cette guerre d’influence passe nécessairement par une réduction de la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe.

Le premier acte de cette guerre du gaz vient d’ailleurs de se jouer à Washington où vient de se rendre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Selon la presse américaine, le responsable européen a promis à Donald Trump une augmentation des importations de gaz naturel américain liquéfié. Les Européens «vont devenir des acheteurs majeurs», a-t-il affirmé. Il faut s’attendre donc à ce que l’Europe soit bientôt inondée en gaz américain. Et elle devrait l’être davantage si, effectivement, l’Espagne venait à être raccordée au reste du Vieux-Continent.

De leur côté, les Russes ne resteront pas les bras croisés. Il est certain que Vladimir Poutine se battra farouchement pour garder intactes les parts de marché de son pays. Et cela quitte à casser les prix, ce que la Russie peut se permettre.

La question qui se pose maintenant est de savoir si cette guerre du gaz qui inclut également le Qatar (Doha fournit déjà à l’UE 6% de ses besoins en gaz naturel liquéfié) va impacter ou non les exportations algériennes de gaz en direction de l’Europe. La question est des plus lancinantes dans la mesure où la vente de gaz et de pétrole constitue, malheureusement encore, l’essentiel des rentrées en devises du pays et les Européens sont nos principaux acheteurs. Nous devons vite savoir de quoi il en retourne exactement car, contrairement à la Russie, l’Algérie ne peut pas se permettre de brader son gaz.

S. S.

https://www.algeriepatriotique.com/2018/07/28/guerre-gaz-declaree-a-lalgerie-lespagne-etats-unis/


 

MONDIAL 2030 : L'ALGERIE FAVORABLE A UNE CANDIDATURE MAGHREBINE UNIQUE

 

Mondial 2030 : l’Algérie plaide en faveur d’une candidature maghrébine unique

 

Elle paraît lointaine, mais elle est déjà proche pour les pays qui rêveraient de laisser leur empreinte sur l’organisation de la prestigieuse Coupe du Monde de football, 2030 sera-t-elle l’année footballistique phare pour le Maghreb ?

C’est en tout cas le vœu que forme Mohamed Hattab, le ministre algérien de la Jeunesse et des Sports, en reprenant à son compte la célèbre devise dont il n’y a plus à démontrer la pertinence : l’union fait la force !

Celui-ci vient en effet de se prononcer en faveur d’une candidature maghrébine commune, rassemblant sous la même bannière l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.  « Je réitère la disposition de l’Algérie à étudier une éventuelle candidature conjointe avec le Maroc et la Tunisie pour l’organisation du Mondial-2030. C’est un projet qui va être bénéfique pour le Grand Maghreb. Je pense que les infrastructures sportives et les sites d’hébergement sont disponibles dans ces pays maghrébins. Le dossier de candidature sera assez solide », a-t-il déclaré, en marge des 3es Jeux africains de la jeunesse JAJ-2018 d’Alger (18-28 juillet), comme l’a rapporté Ennahar Online.

 

Ce souhait émis par Mohamed Hattab parviendra-t-il à faire pencher le Maroc, encore très dubitatif sur la question, pour l’unité affichée du Maghreb à l’horizon 2030 ? Rien n’est moins sûr pour l’heure… En effet, le royaume chérifien, bien qu’ayant essuyé un cinquième revers lors de l’attribution du Mondial 2026, pourrait préférer encore une fois faire cavalier seul, ainsi que l’a indiqué sans mots couverts Faouzi Lekjaâ, le président de la Fédération marocaine de football (FRMF).

« Le Maroc postule pour l’organisation du Mondial 2030, c’est un fait. Mais on ne sait pas s’il y aura une candidature à trois avec les pays du Maghreb ou d’autres pays. Cela se décidera politiquement », a-t-il précisé, au cours du forum organisé à Rabat par l’agence de presse MAP.

De son côté, le Secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe (UMA), Tayeb Baccouche, a écrit aux chefs d’État des cinq pays du Maghreb afin de « les inciter à se coordonner entre eux, afin de présenter une candidature maghrébine commune pour organiser la Coupe du Monde 2030 », comme l’a mentionné le site de l’agence de presse africaine APA.

Très convoitée, l’organisation de la compétition sportive la plus populaire au monde verra certainement éclore d’autres trios d’ici à 2030, à l’image de celui composé de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay qui fait déjà cause commune sous les mêmes couleurs. Un trio qui affiche clairement son ambition, tant il est désireux de mettre toutes les chances de son côté pour célébrer en fanfare le centenaire de la première Coupe du Monde, qui avait pour cadre l’Uruguay en 1930.

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