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JACQUES TOURTAUX, INSOUMIS DE L'ARMEE COLONIALE française : "JE NE SUIS PAS RENTRE INDEMNE DE CETTE GUERRE"

Histoire/ Jacques Tourtaux, insoumis de l’armée coloniale française: “Je ne suis pas rentré indemne de cette guerre”

 SociétéUne février 20, 2017février 20, 2017  Abdou Semmar

Ils étaient tout au plus un millier d’appelés de l’armée française à s’être opposés à la guerre d’Algérie. Le plus illustre de ces insoumis est certainement Jacques Tourtaux. Militant communiste intraitable, l’homme a payé de sa personne son engagement anti-colonialiste. Aux brimades innommables subies lors de la guerre d’Algérie, est venue s’ajouter sa privation, par vengeance d’Etat, de la pension d’invalide de guerre. Aujourd’hui, à 76 ans, Jacques Tourtaux poursuit son combat anti-impérialiste et pour l’émancipation des travailleurs et des peuples du Tiers-Monde. Celui dont Henri Alleg avait dit qu’il “s’est rangé du coté des Algériens qui luttent pour leur indépendance et des Français qui les soutiennent” anime sur la toile l’un des blogs les plus visités de la blogosphère française: Le Sanglier Rouge. Entretien.

Algérie Focus: Nous célébrons cette année, le 55e anniversaire du 19 mars, date du cessez-le-feu dans la guerre d’Algérie. Quel souvenir en gardez-vous ?

Jacques Tourtaux: Le 19 mars 1962 j’étais en Algérie à Teleghma. Le colonel, qui était un magnifique abruti n’appréciant pas les appelés, a rassemblé tous les hommes de troupe au cinéma pour annoncer la nouvelle, bonne pour nous mais pas pour les carriéristes de son acabit. Des cris de joie et des «la quille bordel» ont retenti. Il était midi.

Dans la piaule, les gars étaient déchaînés, incontrôlables. Ils se voyaient déjà de retour au pays. Mais vers 17h, le silence et la tristesse reprirent le dessus. Un transistor annonçait en effet qu’après le cessez le feu à midi, une trentaine d’hommes ont été tués à la frontière avec la Tunisie.

Je me souviens encore très bien de cette période car l’armée ne se gênait pas à me maltraiter. Après avoir passé la journée à trimer comme un forçat aux munitions, on me faisait garder le dépôt, seul, de nuit, avec juste une Mat 49 et une fusée d’alarme rouge, pour notamment démarrer le groupe électrogène en cas de grève des services de l’électricité ordonnée par la terroriste OAS. Ces permanences, tenues seul de nuit, en plein cœur de l’immense soute à munitions, de bombes, de roquettes et de napalm, ont duré au moins deux mois. Je n’oublierai jamais que les militaires de carrière, qui n’acceptaient pas que cesse cette guerre, me disaient très clairement qu’ils allaient me faire payer très cher mon opposition à cette guerre.

Voilà ce que je retiens de ce cessez-le-feu, un grand soulagement pour les appelés, mais aussi pour le peuple algérien qui avait tant souffert des crimes de l’armée coloniale française.

Justement, à ce propos, vous étiez catalogué comme insoumis, profondément opposé à cette guerre, et cela vous a valu les pires brimades. Pouvez-vous nous donner un aperçu des souffrances que vous a infligées l’ordre colonial?

Mes antécédents anti-guerre d’Algérie ont surtout pour origine mon militantisme au Parti communiste français (PCF) et a l’’UJCF (jeunesse communiste), que j’ai fondé à l’âge de 17 ans et dont j’ai été secrétaire pour la ville rurale de Rethel (Ardennes) où je suis né.

Mon premier geste d’insoumission remonte au 14 mars 1960, lorsque j’ai refusé d’obéir à l’autorité en ne me présentant pas devant le conseil de révision et ce, afin de marquer mon opposition à la guerre d’Algérie. L’administration m’a convoqué une seconde fois au chef-lieu du département des Ardennes. J’ai une nouvelle fois refusé de m’y rendre. Quelques jours après, deux gendarmes sont venus me trouver sur mon lieu de travail. Ils m’ont questionné quelques minutes. Ils m’ont passé un sacré savon et m’ont demandé si j’étais anticolonialiste. J’ai répondu par l’affirmative. Cela les a énervés et le plus virulent m’a dit textuellement : «Tu es une forte tête. Tu vas partir directement en Algérie dans les compagnies disciplinaires. Tu vas te faire mater à coups de pieds au cul et à coups de poings dans la gueule». Ils m’ont dit qu’ils allaient m’emmener faire mes trois jours à Commercy. Ce qu’ils ont fait en me traînant de la gare à la caserne menotté et tenu en laisse.

Ce n’était pas facile pour moi car ma mère qui ne m’aimait pas n’acceptait pas mon militantisme contre la guerre. Lorsque je lui ai dit que j’allais partir directement en Algérie, elle m’a dit que c’était tout ce que je méritais, que j’allais me faire dresser.

Une fois en Algérie, les pressions devaient être autrement plus fortes.

Une fois en Algérie, les pressions et les brimades furent constantes vus mes antécédents militants anticolonialistes et anti-guerre. J’ai toujours été en unité disciplinaire très dure. Incorporé au centre d’instruction d’Oued-Smar, près d’Alger, les punitions pleuvaient, à l’instar de celle dite pompeusement « tenue de campagne » et assimilable à celle des anciens « bat d’af » (bataillon d’Afrique). J’en ai fait une avant d’en refuser une seconde. Les punis étaient rassemblés seuls ou par quatre sur la place du drapeau, lestés du paquetage de 40 kg, des casques lourds et légers sur la tête, de la mitraillette Mat 49 et de huit chargeurs. Un abruti de sergent corse nous forçait à courir avec tout notre barda, ce qui n’était pas possible. Il nous obligeait à ramper sur le macadam et l’on n’y arrivait pas plus. Il nous collait des coups de pied dans les flancs. Certains gars pleuraient, appelaient leur mère tant c’était dur

J’ai fait la mienne seul avec l’abruti de Corse. La seconde, que j’ai refusée, m’a été infligée par un caporal-chef appelé du sud de la France, qui m’a bien eu quand même ; car chaque soir, des soldats en armes m’emmenaient à la prison interarmes située près de notre camp. Cette prison était un bagne militaire ou nous étions tabassés à coups de manche de pioche et coups de poing dans la gueule. J’étais un détenu politique, mais beaucoup d’entre nous étaient des soldats détenus de droit commun et non politisés. Certains se battaient pour un bout de pain. Mais je crois que la punition la plus sadique était lorsque l’adjudant Birr faisait irruption en peine nuit pour obliger les gars, nus comme des vers, à rester très longtemps debout à grelotter avec leurs fringues sur les bras, avant de choisir l’un des gars et jeter ses affaires au sol, l’obligeant ensuite à les ramasser salis de poussière. Birr devenait fou furieux et infligeait devant tous une terrible raclée au pauvre gars.

A Mouzaïa, avec deux appelés communistes, je militais clandestinement contre la guerre. On profitait de l’appel du vaguemestre, à midi, pour nous planquer derrière les moustiquaires et écrire de petits papillons portant la mention « Paix en Algérie » et signés « des appelés communistes ». J’ai été dénoncé et j’ai été embarqué sur le champ pour Teleghma où j’étais la bête noire du capitaine. J’étais, disait-il, son sale communiste.

Après la guerre, vous avez été privé d’une pension d’invalidité de guerre. N’est-ce pas ?

J’ai effectivement intenté un procès à l’Etat français, en 1992, pour une demande de pension d’invalidité de guerre et ce, à une date symbolique : le 19 mars. Le 7 septembre 2000, après un combat judiciaire acharné, j’ai arraché la victoire avec un taux de pension très rare à obtenir pour deux chefs de demande: 75 pour cent, suffixe compris. Le secrétaire d’Etat de l’époque, pourtant socialiste, a fait appel du jugement, privant ainsi des centaines d’anciens soldats de divers conflits d’une jurisprudence favorable.

Je savais que c’était foutu, mais je suis un battant qui n’abandonne jamais. J’ai introduit un pourvoi en cassation que je savais voué à l’échec, car l’un des caïds du conseil d’Etat n’était autre que le neveu de Croix-Saint-Marc, l’ancien chef par intérim du félon 1er REP, lors du putsch des généraux factieux qui ont envahi notre camp d’Oued Smar dans la nuit du 25/26 avril 1961, où notre compagnie disciplinaire fut une des toutes premières à s’opposer, par la grève, aux généraux félons. Sans surprise, le Conseil d’Etat a rendu un arrêt scandaleux confirmant les précédents jugements, le 19 mai 2004. J’ai ensuite poursuivi mon combat judiciaire en Cour européenne des droits de l’Homme, en vain.

Finalement, vous ne bénéficiez, à ce jour, pas d’une pension d’invalidité de guerre?

Non, je n’ai pas de pension d’invalidité de guerre.

Vous êtes aujourd’hui encore un fervent militant anti-colonialiste, anti-impérialiste et tout simplement anti-guerre, peut-on dire que la guerre d’Algérie a exacerbé votre militantisme?

Oui, c’est évident car je ne suis pas rentré indemne de cette guerre qui a coïncidé avec mes 20 et 21 ans. Durant des années, je n’en ai jamais parlé. Car, sans le savoir, je souffrais et je souffre toujours de traumas de guerre.

Quelle est votre relation avec l’Algérie aujourd’hui?

Une très bonne relation d’autant qu’à ma grande surprise, en août 2013, pour la journée anniversaire du congrès de la Soummam, j’ai reçu une invitation officielle pour témoigner de mon opposition clandestine a la guerre au sein de mon unité en Algérie. Je n’étais pas retourné en Algérie depuis la quille, début décembre 1962.

Entretien réalisé par Rachid Ikhen.

Lien vers le blog de Jacques Tourtaux: http://www.jacques-tourtaux.com/

http://www.algerie-focus.com/2017/02/histoire-jacques-tourtaux-insoumis-de-larmee-coloniale-francaiseje-ne-suis-rentre-indemne-de-cette-guerre/



 

KAMEL DAOUD REVIENT. LA LITTERATURE, LE CHAROGNARD ET LES PAVANES DE BEUGLANT

KAMEL DAOUD REVIENT. La littérature, le charognard et les pavanes de beuglant

 bouhamidi mohamed 18 Février 2017 0 commentaire

Illustration : Ô pharaon le premier livre de K. Daoud, ignoré du Goncourt et dédié au "qui tue qui" et à la critique des patriotes et GLD mobilisés contre le terrorisme. 

Par Abdellali MERDACI

 

Dans un long entretien avec « El Watan » (14 février 2017), l’écrivain et chroniqueur Kamel Daoud, qui a gardé intacte sa morgue contre de fantomatiques « élites » (précédemment qualifiées d’« algéroises » et de « gauche ») qui l’ont critiqué dans un récent passé et continuent à l’accabler avec, semble-t-il, le même entrain, témoigne d’intenses moments de vérité. Prenant vivement la parole à l’occasion de la parution de son recueil de chroniques de presse (« Mes indépendances », Alger, Barzakh-Arles, Actes Sud, février 2017), il évoque, pour s’en dédire, les pièges de la société occidentale où il est allé chercher et construire dans la fulgurance son succès : « Je ne suis pas un intellectuel de service fantasmé chez moi ni un intellectuel organique venu du Sud pour servir des combats idéologiques de l’Occident. Je sais que je fais face à une mécanique immense qui me dépasse, mais je reste lucide. » Il avait déjà mis à l’épreuve cette stratégie défensive dans une chronique du newsmagazine français « Le Point » (« À quoi sert un intellectuel du Sud ? », 26 janvier 2017) en n’excluant pas comme une fatalité pour l’intellectuel du Sud sa possible « utilisation par l’Occident ». Certes, mais lucide, Daoud l’a-t-il été constamment en cette année 2014 qui a été, pour lui, celle de tous les défis, embringué à Paris – pour ne pas dire recruté – contre le système qui règne en Algérie, l’arabité contrariée et les Arabes tordus, l’Islam en croquemitaine et les Palestiniens repoussés dans l’indifférence ? C’était sur les plateaux de radios et télévisions parisiennes où il enchainait les tours de force quasi-convulsifs de la promotion d’un court récit « Meursault, contre-enquête » (Barzakh, 2013-Actes Sud, 2014), un météore dans le ciel littéraire de la France.

Kamel Daoud est né et a grandi littérairement, au-delà de toute espérance, dans le malentendu et il continue à le fomenter en aiguisant la confusion entre le billettiste et l’aspirant à une carrière littéraire, l’un servant l’autre. En 2014, convient-il de le rappeler, la nouveauté pour les Français n’était pas la découverte du récit « Meursault, contre-enquête » (Alger, Barzakh, 2013 ; Arles, Actes Sud, 2014), qui n’a jamais fait débat, mais de son auteur en campagne de promotion bouillonnant dans de rageuses postures. La spectaculaire promotion d’un livre était devenue celle d’un « insoumis » (le terme est en vogue aujourd’hui et Daoud le revendique) qui entendait, depuis Paris (« la capitale du monde », se rengorge-t-il), abattre les murs de la citadelle algérienne et plus encore ceux de toutes les illusions et croyances érigées devant la liberté des hommes. Sacrée mission de sauveur de l’humanité, sous l’angle désincarné des caméras de France et d’Occident, pour un écrivain débutant qui a tout à prouver.

 

L’ÉCOLE DES CADAVRES. Il faut reconnaître à Daoud une démarche autant périlleuse qu’audacieuse de gestion de carrières, celles du journaliste et de l’écrivain, à un rythme souvent démoniaque, usant ses captifs entourages successifs, fourvoyant les uns et les autres, en de brèves séquences d’amitié ou de copinage, au profit de son exclusif devenir, répudiant sans trouble de conscience ceux qui lui ont mis le pied à l’étrier. Il en fournit, sans sourciller, le mode d’emploi à « El Watan » : « Il y a des récupérations, des enjeux politiques et des tentatives de vous impliquer dans des débats idéologiques fondamentaux en Occident. J’en suis conscient, je résiste et je travaille toujours à déconstruire cette mécanique ou à en faire une machine à mon bénéfice. » Bénéfice ? Voilà le maître-mot de Daoud, sous réserve de savoir ce que sont les dividendes d’agaçantes félonies qui tiennent, effectivement, de la « machinerie ». Soit, mais il n’est pas établi qu’il ait roulé dans la farine le matois Bernard-Henry Lévy, son extravagant protecteur exhibant effrontément le sang libyen sur ses blanches mains et ses cols de chemise empesés, et enfumé Alain Finkiekraut, Michel Onfray et Régis Debray, roués philosophes. Aurait-il gagné, si aisément, dans cette phalange médiatique et littéraire parisienne, passéiste et islamophobe, la confiance de Pierre Assouline, puissant lobbyiste sioniste du champ littéraire germanopratin, défendant farouchement sa candidature au prix Goncourt 2014 et lui obtenant, en 2015, le Goncourt du premier roman en lot de compensation ? Il aura donné des gages à ses bienveillants amis, chantres d’une islamophobie suintant des caniveaux de la pensée.

Daoud en personnage balzacien, cultivant la ressemblance de Lucien de Rubempré, jusque dans la sottise, ne cache pas son extravagante ambition de succès et de fortune. Inévitablement poseur, il remémore comme un pieux souvenir ses haltes oranaises, sans domicile fixe, la faim lui broyant les entrailles, dans une ville calfeutrée derrières ses portes à dix-sept heures. Il vient de loin, en effet. Et de Massera-Mostaganem à « El Bahia », ce n’est pas seulement une question de distance kilométrique. Au sortir d’une cahotante licence de langue française à l’Université d’Oran, il est accueilli, au début des années 2000, par l’hebdomadaire « Détective », pâle copie du titre de presse populaire français, qui met invariablement à sa « une » le sexe et le sang. Apprendra-t-il dans cet univers glauque les rudiments du métier de journaliste ? Il est difficile de le savoir, tant le milieu (on s’excuserait presque du vocable) des médias de l’Ouest est réputé impénétrable. Il quitte l’obscure feuille oranaise sans un mot d’adieu parce qu’il a trouvé mieux dans le tout proche « Quotidien d’Oran ». A-t-il vraiment le temps d’exercer sur le terrain, au contact du réel formateur ? Il est promu rédacteur en chef de la publication et impose ses mordantes diatribes au rez-de-chaussée de la page 3 du journal oranais pour accéder rapidement à une audience nationale ; il y rédige des billets de 600 signes à l’aïoli et aux oignons frits, ordinairement fumeux, dans une langue approximative lorsque le correcteur de service ne s’y est pas abimé les neurones.

Cette syntaxe heurtée du billettiste, cette morphologie du verbe français scabreuse, ce vocabulaire de la dérision en toutes choses, séduisent les lecteurs algériens et bientôt les bobos parisiens qui ne dédaignent pas ses solécismes de demi lettré indigène. Et une esthétique du pire nourrie fielleusement. Résumons : « Le Quotidien d’Oran » et son rez-de-chaussée comme un repaire commode et la franche raillerie qui écrase les prétentions des officiels et les sermons d’imams rebouteux. Aux yeux de l’establishment médiatique, Kamel Daoud a forgé – par effraction – une identité de cisailleur bourru, qui lui ouvrira, le moment venu et choisi, bien de portes à Paris. Un Algérien qui houspille le système et le président de la République dans un journal qui traine comme un boulet sa proximité d’avec le pouvoir, qui crache son mépris au plus fort de l’opération militaire israélienne « Plomb mouillé », l’été 2014, pour Ghaza meurtrie et les Palestiniens, qui vomit son horreur de l’Arabe et de l’Islam, qui conchiera le migrant, désignant le sexe migrant comme une incurable et rémanente pathologie et une tragique catastrophe, voilà un inespéré et providentiel client pour les médias parisiens, qu’entendent parfaitement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, pleurant une Algérie française perdue ou une Algérie indépendante qui conjugue au présent leurs mécomptes. Daoud s’éloigne peu à peu du « Quotidien d’Oran », qui lui a tout donné et permis, pour une chronique au « Point », relayée par « La Stampa », en Italie, et « The New York Times » aux États-Unis d’Amérique. Flamboyante réussite, qui abhorre toute fidélité et contrat de confiance. Car pour Daoud, qui martèle « la force adverse est mon moteur », la vie est une implacable compétition sans morale, un infini saut d’obstacles : « Le Quotidien d’Oran » plutôt que « Détective », « Le Point », « La Stampa », « The New York Times » », effaçant « Le Quotidien d’Oran ».

Cette marche forcée, de l’inconsistant « Détective » oranais au somptueux quotidien new-yorkais, n’est pas exempte de calculs et de déloyautés. Le chemin du succès de l’ambitieux de Massera est jonché de cadavres. Ainsi il n’hésite devant aucune foucade, aucune intempérance, pour monter vers les cimes de la célébrité, quitte à céder aux peu honorables « castings » de l’intellectuel du Sud, avec un seul objectif : dynamiter les siens. La méthode est-elle infaillible ? L’affaire de Cologne, clairement analysée par l’essayiste Ahmed Bensaada et le critique Ali El Hadj Tahar, où il s’était montré empressé et sommaire dans son jugement, a été le chant du cygne de celui que le gotha médiatique parisien a récompensé en raison d’une attitude victimaire surjouée dans ce drame du Nouvel An en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Les événements de Cologne se sont pourtant conclus devant les bois de justice germaniques levant les accusations de viols et prononçant un non-lieu pour les prévenus jetés aux chiens. Le chroniqueur devra-t-il s’en excuser ou exprimer des regrets ? Il ne le fera pas. Dans son étroit entendement, l’Arabe, le Noir, l’Asiate ont toujours tort, trainant d’insortables tares originelles et de farfelues histoires de sexe au point qu’il faille, avertira-t-il, les formater préalablement avant de les admettre dans la civilisation d’Occident. Un Occident qui s’arrête dans sa géographie entortillée à Tokyo, grande cité d’Orient, capitale du Japon : « Mais nous devons admettre que l’Occident représente la civilisation. Elle n’est pas dans le désert de l’Afghanistan. Elle est à Paris, Londres, New York et Tokyo ». En fait, une absurde ligne de délimitation spatiale du progrès technologique qui n’est consenti qu’à l’Homme Blanc. D’où l’incroyable inversion des parallèles.

LA POSTURE DU CHAROGNARD. Le critique est gêné lorsqu’il s’agit de gloser l’œuvre littéraire de Kamel Daoud, qui n’existe pas. Sa production est bien mince pour en tirer une synthèse. Il a publié « Meursault » et quelques opus minimalistes qui relèvent sur le plan stylistique plus de l’infecte tambouille que de l’épure. Les raisons pour lesquelles les maîtres-penseurs germanopratins ont poussé le maigre récit de Daoud vers la lumière et les tableaux des meilleures ventes des magazines n’ont rien à voir avec la littérature. Il est connu que les agents d’influence du champ littéraire parisien peuvent consacrer à leur gré comme chef d’œuvre littéraire mondial les pages du « Bottin ». Autrefois Jacques Brenner (2006) et Mathieu Galey, dont le journal censuré au moment de sa parution posthume (1987-1989) vient d’être réédité dans son intégralité, ont mis en cause la perversité et l’infamie de l’institution littéraire française et de ses prix littéraires, qui ont transformé la littérature en objet industriel et marchand, appâtant le gogo dans de terribles mises en scène d’écrivains. À la case « Algérie » : Sansal en « Voyageur d’Israël », Djemai, démolisseur de frontières, Daoud, arrogant prophète de désastre, et aussi de sombres faiseurs embusqués, à l’instar du dernier Bachi compissant d’insanités l’Islam, qui ne demandent qu’à améliorer leur haineuse partition pour gagner un strapontin dans les agapes littéraires parisiennes.

L’écrivain Daoud ne récuse pas la démarche oblique du chroniqueur. Ceux qui l’introduiront dans le monde des livres lui serviront dans son infernale lutte d’ego de tête de pont (« gantra » en algérien), sans état d’âme. C’est Fréha Benamadi (1951-2015), fondateur des éditions oranaises Dar El Gharb, qui le premier, inscrira son nom sur une couverture de livre, réunissant en volume ses billets du « Quotidien d’Oran » sous le titre même de la rubrique « Raïna raikam » (2002) ; il publiera aussi ses infatuées tentatives littéraires (notamment, « La Fable du Nain », 2003 ; « Ô Pharaon », 2005). Et toujours, cette fureur du sauteur de haies enfiévré, qui n’en finit pas de bondir depuis qu’il a découvert la littérature – particulièrement française – dans les opulentes poubelles de Messera et Mostaganem. L’ambition est d’aller plus vite et toujours plus haut : Dar El Gharb ne peut être aussi valorisante que Barzakh, aux proverbiales accointances avec l’édition provinciale française, qui ne tarde pas à acheter les droits de ses pochades oranaises pour les revendre à l’éditrice parisienne Sabine Wiespiser. Et, surtout, à le faire entrer chez Actes Sud.

Commandé par Sofiane Hadjadj et Selma Hellal, animateurs de Barzakh, le récit « Meursault, contre-enquête », publié en 2013, apparaissait dans le contexte du centenaire de la naissance d’Albert Camus comme une ferme réponse algérienne à « L’Étranger » (1942), soumise à un équitable appel d’offres aux cadres de la maison, remporté par Daoud. L’ouvrage chargé de fioritures, présenté au SILA 2013, passe inaperçu. En traversant la mer, il devient un hommage à l’écrivain pied-noir d’Algérie, salué par la critique littéraire française, Camus était encore dans l’actualité d’une commémoration solennelle. Cette édition française sous les auspices d’Actes Sud, diffusée au printemps 2014, est la preuve de la souplesse d’échine de l’apprenti-écrivain acceptant que son texte tombe sous les fourches caudines des héritiers Camus, qui y ont semé des repentirs et exigé la réécriture sous le contrôle de son éditeur français de certaines parties impliquant directement l’auteur de « L’ Étranger ». Reniement ? Pour Daoud, ce ne sera jamais le dernier.

Le « Meursault » de Daoud, phagocytant « L’Étranger », ne peut être placé dans le registre convenu du dialogue d’œuvres et de leurs réseaux inter et transtextuel, que sollicite classiquement la recherche universitaire. Au départ, l’intention de l’auteur et de ses commanditaires de Barzakh était de créer un « anti-Mersault ». Le résultat est nul : où est-il donc ce personnage de « l’Arabe » faisant contrepoids à Meursault pour marquer l’histoire littéraire et en constituer un symbole ? Daoud a été dans l’échec absolu de le créer et de le faire vivre. L’imposture littéraire est alors trop criante (et même déplaisante) lorsqu’il se surprend à parler étonnement et éhontement de Meursault et de son « expérience » de Meursault, comme s’il l’avait lui-même créé, comme s’il en était le père, en en dépossédant son auteur. Dans le discours chaotique qu’il livre à « El Watan », il s’attelle lourdement à l’image hallucinée du père (et de ses substituts). L’aura-t-il seulement tué, déterré et dépecé, dans une transe nocturne de charognard des lettres ?

 

LE SILENCE DES CIMETIÈRES. Il n’y rien de remarquablement exceptionnel dans la démarche d’écrivain de Daoud. Comme Sansal et beaucoup d’autres écrivains d’Algérie en France, il s’est détourné de la littérature de son pays, pauvre en lecteurs, en librairies, en ressources et en consécrations, qui sont accessibles en France et en Occident. L’idée tenace qu’ils partagent est que la littérature des Algériens se fait à Paris et cet impérialisme littéraire semble irréductible. Lorsque Régis Debray, spécialiste de « médiologie », peinant à déconstruire le phénomène Daoud sordidement créé par les médias français et ses inavouables « castings », intégrait complaisamment dans une cérémonie mondaine du Paris littéraire son « Meursault » au « trésor de la littérature française », ce qui en soi était ridicule dans un pays qui possède de sublimes œuvres et de grandes figures de la littérature mondiale, l’auteur-bourlingueur de Massera avait oublié de faire valoir son algérianité évaporée dans les limbes.

Un écrivain, bien côté sur les deux rives de la Méditerranée, rencontré récemment, me confiait l’œil humide : « La France, ça paye ! ». Bref et éloquent viatique : à l’image de Sansal et de Daoud, il suffira à l’Algérien, le moins doué et le plus braillard, signataire d’un manuscrit emberlificoté, de s’en emparer et de « taper », depuis Paris, sur Bouteflika et le caverneux « système d’Alger » pour être élu par l’édition et les médias français, éperdument à l’affût de « refuzniks » de l’ancienne colonie. Misère de perfides dissidences stipendiées ? Comment appelait-on déjà ceux qui ont porté le fusil pour la France d’Algérie et versé le sang de leur peuple opprimé ? Comment devrait-on nommer ceux qui portent une plume acrimonieuse pour une nation revancharde, toujours embourbée dans son passé colonial, qui s’est engagée sous l’étendard avachi des Bruckner, Zemmour, de Villiers, Camus (Renaud), Ménard, Millet (Richard), Polony, dans de nouvelles croisades contre l’Islam de France, qui continue, loin de Daech et du Moyen-Orient, l’affrontement identitaire d’une société française de souche bataillant contre ses banlieues et leurs Français-musulmans inassimilables ? Kamel Daoud leur enseignera, avec profit, son parcours dans l’Islam, lui qui en a véhémentement récusé les fondements chez Ruquier et Finkielkraut, qui excipe désormais du droit à le comprendre et en dresser d’ineptes exégèses au nom d’un unique critère à hurler : « Et moi, je n’ai tué personne » ; comme si l’Islam ne devrait être qu’une redoutable et insondable histoire de tueries. Pathétique.

Celui qui se réclame désormais de ses « indépendances » s’est volontairement engagé dans les « castings » de l’Occident qu’il prétend dénoncer après en avoir avidement recherché les retombées, pour se faire un nom et une situation en France. À Paris et ailleurs, il en demeure d’inoubliables prestations, certaines à l’aune d’un « bouchkarisme » de sinistre mémoire : Daoud peut se targuer d’états de services dont l’indélébile ternissure de Cologne n’est pas la moindre. Comment peut-il s’en défendre ? Maintenant qu’il pense être durablement établi à Paris, entretenant l’esprit de la rente propre au milieu des lettres françaises où il a acquis son couvert dans de légendaires sauteries, il se montre moins aigre et cruel envers le « système d’Alger », pittoresque marchepied de son ascension, pour imputer sa coupable existence au peuple et à l’histoire tourmentée de l’indépendance : « Je critique le régime parce qu’il est un aspect de la déception et de notre échec, mais tout n’est pas la faute du régime. Si tout était la faute du régime, le régime est de notre faute ». Ne circonscrit-il pas le cercle de meurtrières évidences ?

À défaut de génie, la fortune littéraire de Kamel Daoud ressortit de l’équivoque. Comme jadis dans ses colonies, la France sait inventer ses caïds et séides d’opérette qui font le job, lançant ses mots d’ordre à ses sujets tétanisés. C’est une affreuse plaisanterie de croire qu’un de ses mandants crotté, sortant d’une foire néo-indigène avec son burnous brodé et ses galons rutilants, qui mange dans ses écuelles frelatées, changera le monde. Ce n’est pas la laborieuse et fade copie d’un « Étranger » à rebours qui est fêtée en France, mais un billettiste hâbleur et enhardi, voguant sur une conjoncture politique extrêmement favorable, semant ses coups de pied de l’âne, lui valant une inattendue et indécente « surmédiatisation ». Au nom de quelle œuvre d’écrivain de longue haleine ? Ceci devrait être redit : ce n’est pas l’œuvrette, imitation de néophyte narquois, qui fait polémique mais ce qu’il a pu proférer insidieusement dans ses marges pour être accrédité en France et en Occident. Ce n’est pas le contenu insipide de « Meursault » qui fait question mais la manière de le valoriser par les incartades et les bouffonneries répétées du chroniqueur. J’ai pu l’écrire en différentes circonstances : le seul bénéfice qui devrait être accordé à Daoud, c’est celui du doute. Il est légitime qu’il envisage une vraie œuvre littéraire ; mais en est-il capable en retrouvant la vertu du travail, loin des coups d’éclats médiatiques dont l’Occident est friand lorsqu’il ne les suscite pas, qu’il sait orchestrer (ainsi la « vraie fausse fetwa » de Hamadache-Zeraoui) pour s’arrimer à un succès de scandale ? Daoud pourra-t-il atteindre à la reconnaissance du lectorat non pas par le tapage médiatique qui enfle à ses semelles mais par un imaginaire revivifié de la littérature et du littéraire, loin des sinistres accommodements du champ littéraire germanopratin et des bruits mortifères de la foule ?

Décidément, à côté de l’imposture politique, il y a l’inquiétante posture du charognard littéraire s’appropriant et vampirisant le Meursault de Camus, jusqu’à présent son seul acte de gloire littéraire corrompue, qui se sustente du silence des cimetières. Est-ce à ce délirant écrivaillon, improvisé en chevalier blanc de la littérature en habit de kermesse, que la France délégitimée confie la folle mission de faire bouger notre monde quand les efforts conjugués de ses maîtres Trump, Poutine et Xi Jiping n’y peuvent rien ? Même un chansonnier de cabaret parisien en pavane n’aurait pas imaginé et écrit en lettres d’or au fronton de son beuglant cette triste supercherie.

A. M.

Professeur de l'enseignement supérieur, écrivain et critique. 

http://bouhamidimohamed.over-blog.com/2017/02/kamel-daoud-revient.la-litterature-le-charognard-et-les-pavanes-de-beuglant.html


 

LA FONDATRICE DE "FRANCE-ISRAËL" DANS LA DELEGATION DE MACRON A ALGER

Confidentiel: La fondatrice de « France-Israël » dans la délégation de Macron à Alger

DIA-13 février 2017: Dans la délégation d’Emmanuel Macron qui a été accueillie comme un président à Alger, il y avait Nicole Guedj la présidente de la Fondation France-Israël et cofondatrice de l’UPJF, une association pro-Israël marquée à droite et qui s’est illustrée par un discours raciste et anti-musulman.

Nicole Guedj est en Algérie par nostalgie. Née le 11 mai 1955 à Constantine. Enseignante en droit bancaire, militante en faveur des droits de l’homme et avocate entre 1979 et 2004, elle a été secrétaire d’État chargée des Droits des victimes, puis des Programmes immobiliers de la justice dans le gouvernement Raffarin III. En 2005, elle met en place le plan Alerte Enlèvement en France.

Conseiller d’État, vice-présidente du Consistoire israélite de Paris, cofondatrice de l’UPJF, elle est redevenue avocate au barreau de Paris depuis juin 2010. Si la présence de Nicole Guedj en tant que Conseillère de Macron, ne fait pas de débat, en revanche il est tout demême impensable d’associer à sa délégation une personnalité qui prétend défendre les droits de l’homme et qui s’oppose à la paix au Proche Orient. Plusieurs militants de gauche ont dénoncé sur twitter sa présence dans la délégation de Macron à Alger.

Mme Guedj était à Alger avec Laurence Haim, correspondante de Canal+ à Washington et actuelle directrice de Communication du parti « En marche » d’Emmanuel Macron (Voir le tweet). Mme Haim est connue pour ses étroites relations avec Israël et surtout avec le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahu.

dia-Guej haim

https://dia-algerie.com/confidentiel-fondatrice-de-france-israel-delegation-de-macron-a-alger/


 

HOMMAGE A LA FEMME RURALE POUR SON ROLE DETERMINANT DANS LA GUERRE DE LIBERATION

Mercredi, 15 Février 2017 17:31

Vibrant hommage à la femme rurale pour son rôle déterminant dans la Guerre de libération

Vibrant hommage à la femme rurale pour son rôle déterminant dans la Guerre de libération

BOUIRA - Un vibrant hommage a été rendu mercredi à la femme rurale algérienne pour son rôle "important et déterminant" dans la Guerre de libération nationale lors d’une conférence-débat organisée à Bouira par l’association Machâal el-Chahid à l’occasion de la Journée du Chahid célébrée le 18 février de chaque année.

"La femme rurale algérienne a joué un rôle majeur dans le succès de la Révolution nationale contre l'occupant en prenant à cœur ses différentes responsabilités. Elle fut également un soutien puissant pour l’époux, le frère, le fils et tous les membres de la famille qui prirent les armes contre les forces coloniales", a souligné Mohamed Lahcen Zghidi, enseignant d’histoire à l’université d’Alger.

Aux côtés de l’homme, les femmes, en campagne, ont réussi en effet à constituer un élément opérationnel dans la rupture du blocus dans lequel l’armée coloniale voulait enfermer les moudjahidine. "Sa contribution fut très importante à travers les tâches qu’elles accomplissaient pour les besoins de la guerre", a-t-il ajouté lors de cette conférence tenue en présence de centaines de lycéens.

"La montagne a été le berceau et le fief de la Révolution algérienne, où la femme rurale fut un élément indispensable pour toutes les opérations de combat contre l’ennemi", a-t-il ajouté.

Des témoignages sur ce sujet ont été livrés lors de cette rencontre par deux anciennes moudjahidate Kamla Zohra de Kadiria et Amar-Khoudja Zina de Bouira.

Prenant la parole à cette occasion, la moudjahida Zina est revenue sur l’engagement total des femmes rurales au service de la Révolution sacrée, au niveau de la Wilaya III historique, précisément dans une zone montagneuse entre Bouira et Tizi Ouzou.

"Durant les années 1957-1958, nous étions un groupe de quatre jeunes filles qui menaient diverses tâches souvent dans des conditions difficiles pour assurer la restauration et l’hébergement des moudjahidine de passage".

"D’autres de nos sœurs habitant sur les hauteurs de Haizer étaient plutôt chargées de suivre les mouvements de l’ennemi colonial dans la région tout en restant en contact permanent avec les moudjahidine", se souvient la moudjahida Zina Amar-Khoudja.

Celle-ci a tenu à souligner les efforts consentis par les femmes rurales, leurs sacrifices pour transporter, moudre et entreposer le blé destiné à la fabrication du pain pour les maquisards. Idem pour la production de l’huile d’olive et son stockage dans les jarres, a-t-elle ajouté avant de rappeler également les difficultés rencontrées parfois par les femmes dans la préparation du pain et des repas, qui sont ensuite transportés aux casemates pour être distribués aux moudjahidine de la région.

Quant à la moudjahida et fille de Chahid, Kamla Zohra, elle est revenue sur les moments d’atrocité qu’elle a vécu dans un centre de torture à Kadiria lors de la guerre de libération nationale. "Une de mes compagnes de cette zone et moi fumes arrêtées par les soldats français après avoir été suspectées de soutien à la Révolution. Ils nous ont emmenés dans un centre de torture au centre de Kadiria, où ils nous ont fait goûter toutes sortes de tortures pour tirer des renseignements sur les moudjahidine. Et aujourd’hui, nous portons toujours ces séquelles qui resteront le témoin d’un passé révolutionnaire dur", a-t-elle dit.

A la clôture de cette rencontre, le wali de Bouira Mouloud Chérifi et autres responsables de la wilaya ont honoré ces deux moudjahidate.

Cette rencontre a pour "objectif de sensibiliser les écoliers et les lycéens sur l’importance des sacrifices consentis par nos mères et sœurs pour la libération de notre cher pays du joug colonial", a indiqué le président de l’association Machâal al-Chahid, organisatrice de l’évènement.

 

Lu: 1617 fois

http://www.aps.dz/regions/53378-vibrant-hommage-%C3%A0-la-femme-rurale-pour-son-r%C3%B4le-d%C3%A9terminant-dans-la-guerre-de-lib%C3%A9ration


 

L'ALGERIE SOUTIENT L'IRAN

Bouteflika plaide pour l’essor des relations avec l’Iran

Sun Feb 12, 2017 10:24AM

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika. ©Islam&Info

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika. ©Islam&Info

Dans un message à son homologue iranien Hassan Rohani à l’occasion de l’anniversaire de la victoire de la Révolution islamique, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a insisté sur les efforts de son gouvernement dans le sens de l’élargissement des relations avec la RII.

 

Les Iraniens ont célébré, vendredi 10 février, le 38e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique. ©AFP

 

« J’ai l’honneur de vous présenter mes chaleureuses félicitations à l’occasion du 38e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique. Je souhaite la santé, le salut et la prospérité pour la nation et le gouvernement iraniens », a déclaré le président algérien.

Dans son message, Abdelaziz Bouteflika s’est dit profondément content des relations excellentes qu’entretiennent les deux pays frères que sont l’Iran et l’Algérie.  

Il a souligné que son gouvernement travaillerait dans le sens du renforcement des coopérations d’ordre économique et commercial avec la RII pour apporter la croissance et l’épanouissement pour les deux nations frères.

http://presstv.com/DetailFr/2017/02/12/510198/Algrie-Iran-rvolution-islamique-Bouteflika


 

LE CAMARADE NOUREDINE ABDELMOUMENE NOUS A QUITTES

Le camarade Nouredine Abdelmoumene nous a quittés

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samedi, 11 février 2017 00:11 

Un militant infatigable de la cause des travailleurs et de la patrie vient de nous quitter.

C’est avec une immense douleur que nous venons d’apprendre le décès de notre camarade Nouredine Abdelmoumene à l’âge de 79 ans ce vendredi 10 février en matinée chez lui dans la commune de Bordj Emir Abdelkader, Daira de Mouzaia Blida
Le défunt fut militant de la fédération de France du FLN alors qu’il était étudiant ,durant la guerre de libération nationale,( il n’a jamais demandé ses papiers d’ancien Moudjahid) diplômé de l’école des sciences sociales de paris.
En 1962 il adhère au parti communiste algérien (PCA) et rejoint la même année au mois d’octobre l’équipe rédactionnelle du journal Alger républicain dirigé par Henri Alleg
il avait occupé par la suite le poste de directeur de l’entreprise des ex TAL (Tanneries Algériennes) de Rouiba. et fut l’un des fondateurs du parti de l’avant-garde socialiste (PAGS) puis membre de son bureau politique, recherché par la police politique après le coup d’état de Tahar Zbiri perpétré contre le président Houari Boumediene en 1967, il entra dans la clandestinité cette année la et n’en sortira qu’en 199O.
En désaccord avec la ligne dégagée lors du congrès du PAGS de 199O , il le quitta tout en continuant sa militance et ses collaborations au journal Alger Républicain
il sera signataire de l’appel pour la Moubadara du 24 février avec un groupe de camarades ,milita dans ses rangs jusqu’au jour de son décès,et participera au lancement et au devellopement du journal électronique RAINA. DZ ou il anima plusieurs rubriques dont « l’ Echo des luttes des travailleurs »

En ces pénibles circonstances Raina-dz présente à la camarade Kheira sa femme à sa fille Sabrina et à l’ensemble des communistes progressistes et patriotes d’Algerie ses sincères condoléances et leurs exprime son soutien.
L’enterrement a eu lieu aujourd’hui à 17 h au cimetière de Sidi M’Hammed de Bordj Emir Abdelkader, accompagné à sa dernière demeure par une foule nombreuse et par ses camarades.

La veillée du troisième jour se fera le dimanche 12 février 2017 à partir de 17 h en son domicile à Bordj Emir Abdelkader Daira de MOUZAIA (prés de la nouvelle mosquée)

Repose en paix camarade, tu as été un defenseur émerite de ta classe jusqu’ ton dernier souffle
Raina


 

GUERRE D'ALGERIE : 55e COMMEMORATION DU MASSACRE DE CHARONNE, UN CRIME D'ETAT

8 février 2017 : 55ème commémoration du massacre de Charonne 

samedi 4 février 2017

8 Février 1962-8 Février 2017 : 55éme anniversaire

55éme anniversaire assassinat métro charonne

Prises de Paroles de :
Jacques ELIEZ, pour l’Union Syndicale RATP
Philippe MARTINEZ, secrétaire général de la CGT
Pierre LAURENT, secrétaire du Parti Communiste Français
sous la présidence du comité Charonne

Se souvenir de Charonne

 

 

Documents joints

 http://www.cgtparis.fr/spip.php?article2976

 

 

Charonne 8 Février 1962

9 Morts : un autre crime d’Etat


Dès 1960, et principalement après le 21 avril 1961, date putsch du quarteron de généraux qui a échoué, pour une bonne partie grâce à l’action républicaine de la troupe et tout particulièrement des jeunes du contingent, l’OAS a multiplié les attentats terroristes tant en Algérie qu’en métropole.

C’est ainsi qu’à Paris les attentats se multiplient. En fin 1961 et début de 62 les négociations se déroulent à Evian. Pour tenter de faire échouer cette démarche, c’est une formidable offensive terroriste qui se développe visant particulièrement les intellectuels considérés comme de gauche et donc favorable à l’indépendance qu’ils ne peuvent accepter. Le maire d’Evian sera parmi les victimes, assassiné le 31 mars 1961, pour sa "complicité" dans la phase de négociations qui aboutiront un an plus tard. Début 1962, Les attentats OAS visent les domiciles de l’écrivain Vladimir Pozner, du dirigeant politique Raymond Guyot, de deux professeurs d’universités, de deux officiers supérieurs en retraite, devant la porte de la prison de la Roquette à Paris (là où étaient enfermées les militantes du FLN, ou celles du réseau Janson). Cette Prison, qui était située à deux pas du Cimetière du Pére Lachaise, a aujourd’hui disparu.

 

Rassemblement « Se souvenir de Charonne » 53ème anniversaire : SAMEDI 7 février 2015 à 11h30 au métro Charonne

Delphine Renard devenue aveugle et défigurée à vie à cause d'une bombe posée par les criminels de l'OAS

 

Le 7 février 1962 c’est le domicile d’André Malraux qui est visé. Les poseurs de bombe se trompent de pallier et c’est une petite fille de 4 ans Delphine Renard qui en sera la victime innocente : elle en ressortira vivante, mais aveugle et défigurée à vie. L’émotion est énorme, l’indignation à son comble. Les antifascistes, les pacifistes, de plus en plus nombreux excédés par ce terrorisme visant des personnalités civiles, lassés de cette guerre qui ne dit pas son nom et qui s’éternise décident de réagir. Dès le lendemain, une manifestation est organisée. Même si les moyens de communication étaient bien plus rudimentaires qu’aujourd’hui, des dizaines de milliers de manifestants bravent l’interdiction de manifester. A cette époque TOUTES les manifestations annoncées pour la paix en Algérie étaient interdites. La police de Paris aux ordres du sinistre Papon, (celui qui s’était "distingué" sous le régime de Vichy pour favoriser la déportation de juifs français, ou encore par les répressions féroces en Algérie, puis le 17 octobre 1961 à Paris face à la manifestation pacifique des Algériens protestant contre le couvre-feu raciste qu’il avait instauré) se déchaîna. Les CRS, sur ordre de la hiérarchie, chargèrent avec une sauvagerie inouïe et en particulier dans la bouche de métro de la station Charonne. Huit morts sur le champ, un qui décédera dans les jours suivants et parmi ces victimes : trois femmes et un gamin de 15 ans le jeune Daniel Ferry.

 

Des obsèques grandioses

 

L’opinion est bouleversée, quelques jours plus tard, le 13 février, un million de parisiens accompagneront les dépouilles de ces victimes au cimetière du Père Lachaise. Partout, dans les entreprises, les bureaux, les administrations,... tant en Région Parisienne qu’en Province des arrêts de travail, de recueillement seront organisés en hommage à ces victimes. D’une certaine façon, ce sera un tournant décisif dans cette guerre d’Algérie, un accélérateur à la conclusion de l’accord de paix le 19 mars suivant.

Depuis cette date, seulement quelques militants, plus nombreux ces dernières années commémoraient cet évènement. Ce crime d’Etat n’a jamais encore été reconnu officiellement et donc toujours pas condamné. Comme pour les massacres du 17 octobre le sinistre Maurice Papon n’a jamais été inquiété, malgré ses responsabilités. Une plaque, à l’intérieur de la station rappelait cet évènement. Alors que des stèles sont érigées sur le domaine public en "hommage" à ces "héros" de l’OAS, rien ne venait rappeler ce sinistre évènement.

Il a fallu attendre 2007, pour que le carrefour du Boulevard Voltaire, où se trouve la station de métro "Charonne" devienne Place du 8 Février 1962 et soit inaugurée par le Maire de Paris Bertrand Delanoé.

 

 

 


Les témoins du drame du métro Charonne se... par LeNouvelObservateur

 

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-guerre-d-algerie-ce-dimanche-8-fevrier-53eme-anniversaire-du-massacre-au-metro-charonne-a-paris-125500151.html


 

L'ALGERIE PRETE A SATISFAIRE TOUTES LES DEMANDES DE LA TUNISIE EN PETROLE ET EN GAZ

L'Algérie prête à satisfaire "toutes les demandes" de la Tunisie en pétrole et en gaz

Publié le 2017-02-08 à 03:12 | french.xinhuanet.com

 

ALGER, 7 février (Xinhua) -- L'Algérie a montré toute sa disposition à couvrir les besoins de la Tunisie en matière de gaz et de pétrole, a affirmé mardi le ministre algérien de l'Énergie Noureddine Boutarfa.

"Nous sommes prêts à satisfaire toutes les demandes de la Tunisie (en gaz et pétrole) et à augmenter les quantités approvisionnées", a rassuré à Alger le ministre algérien à l'issue d'une réunion du comité bilatéral Energie algéro-tunisien, qu'il a cooprésidé avec son homologue tunisienne Hala Chikh Rouhou.

L'Algérie s'était déjà engagée à mettre plus de gaz et pétrole sur le marché de ce pays voisin. En visite à Alger fin avril 2013, le chef du gouvernement tunisien de l'époque, Ali Larayedh avait fait savoir que l'Algérie était prête à répondre aux besoins de la Tunisie en matière d'énergie ainsi qu'à renforcer le partenariat commercial bilatéral et à développer les zones frontalières.

Par ailleurs, les deux parties ont convenu de doter la société mixte algéro-tunisienne Numid créée en 2003 d'un partenariat entre le groupe Sonatrach et la Société tunisienne des activités pétrolières et d'élargir son activité à l'extérieur des territoires algérien et tunisien.

Pour atteindre cet objectif, les deux parties ont également examiné les moyens de prolonger les contrats d'exportation du gaz vers l'Europe via le gazoduc Algérie-Italie qui traverse le territoire tunisien. Selon M. Bouterfa, il s'agit de prolonger les contrats conclus entre la Sonatrach et la société italienne Eni qui expirent en 2017 et en 2019.

De son côté, la ministre tunisienne a qualifié les relations entre les deux pays en matière d'énergie, de "privilégiées", affirmant que "l'Algérie était et demeurera le premier partenaire énergétique de la Tunisie". Fin

http://french.xinhuanet.com/2017-02/08/c_136039075.htm


 

LE PRIX ASSIA DJEBAR. QUESTIONS SUR UNE CONSECRATION LITTERAIRE NATIONALE.

Le prix Assia Djebar. Questions sur une consécration littéraire nationale.

 bouhamidi mohamed 5 Février 2017 0 commentaire

par Abdellali Merdaci*

 

Tel qu’il est conçu actuellement le Prix littéraire Assia Djebar, qui a signé en 2016 sa seconde édition, pose plus de problèmes qu’il n’en résout dans la perspective recherchée par les Algériens de l’affirmation d’une littérature nationale, construisant patiemment son champ littéraire. Si les prix littéraires sont utiles et nécessaires autant pour les auteurs que pour leurs éditeurs et leurs lecteurs, pourquoi celui-ci, en particulier, suscite-t-il le questionnement et l’inquiétude ? Quelques indicateurs devraient en être discutés.

UN PRIX OFFICIEL. Ce sont les ministres du gouvernement en charge de la Culture, en 2015, et de de la Communication, en 2016, qui ont été au premier plan de la cérémonie de remise de ce Prix littéraire Assia Djebar à vocation nationale. Cette présence de délégataires gouvernementaux, outre le fait que MM. Azzedine Mihoubi et Hamid Grine soient des écrivains confirmés de la scène littéraire algérienne, marque la prévalence d’un prix littéraire d’État, confié dans sa gestion courante à deux entreprises publiques du Livre, l’ANEP et L’ENAG. Dans quelle mesure la relation entre un gouvernement, porté par l’appréciation du monde réel, et la littérature, transmettant l’imaginaire du groupe social, à la fois nombreux et transcendant, serait-elle possible pour s’inscrire dans un assentiment de mauvais augure ? Comment percevoir la littérature, socle de prévisibles contre-pouvoirs, asservie à des attentes strictes des Palais où s’exerce l’autorité et de leurs dépendances ? Le doute est permis.

Tout prix littéraire est par nature une prescription, découlant de rapports de force d’acteurs divers du champ littéraire, n’excluant pas parfois l’insupportable jeu de coulisses. Le gouvernement n’est pas bien indiqué pour sélectionner, conseiller et récompenser les ouvrages de l’année. Hors des choix classicistes qu’il peut faire, sous certaines conditions, pour l’École (ainsi Mme Benghabrit, ministre de l’Éducation, promettant plus d’auteurs algériens dans les programmes scolaires), sa parole sur la littérature dans ses joutes quotidiennes reste illégitime. L’autonomie de la littérature algérienne ne peut être totale si elle ne lève l’emprise des décideurs politiques sur son champ littéraire.

ASSIA DJEBAR, INCARNATION D’UNE LITTÉRATURE NATIONALE ? C’est dans les mois qui ont suivi la disparition de l’écrivaine que le gouvernement par le biais de son ministre de la Culture pressentait l’attribution de son nom à un prix littéraire national. Toutefois, le choix d’un nom d’auteur est suffisamment évocateur d’une conception de la littérature et du littéraire. Au lendemain de l’indépendance, le romancier et éducateur Mouloud Feraoun, assassiné par l’OAS le 15 mars 1962 avec ses collègues des Centres sociaux, a représenté, ceint de l’auréole du martyr, la figure transcendante de l’écrivain national porté au fronton de mille écoles du pays. Le parcours d’écrivaine d’Assia Djebar, notamment ce qu’il exprime en termes résolus de créativité et d’identité, répondent-il précisément de cette incarnation nationale ? Si les Algériens connaissent et lisent les œuvres d’Assia Djebar, que savent-ils de ses ultimes positions (et postures) relatives aux littératures issues des anciennes colonies et possessions françaises en Afrique et dans le monde ? Cooptée à l’Académie française, consécration en son temps boudée par le gouvernement algérien, Assia Djebar, longtemps éloignée de son pays par conviction personnelle, a pu illustrer – pour plusieurs de ses critiques et exégètes en Occident – une « littérature sans résidence fixe » selon le concept forgé par le romaniste allemand Ottmar Ette (2005). Souvent référée à une « parole migrante », scindée entre « culture française » et imaginaire algérien arabo-berbère, sa littérature pouvait être celle de l’effacement progressif des origines et relever spatialement et éthiquement d’une sorte de non-lieu, irréductible aux centralités décrétées. Jusqu’à quel point cette projection assumée de l’écrivaine hors-sol, qui a été celle de Djebar, exprime-t-elle dans un choix gouvernemental une incarnation nationale de la littérature ? Choix extrêmement audacieux : le vécu et l’œuvre de Djebar nient et dénoncent l’infrangible bazar idéologique sur la culture nationale des partis du pouvoir.

UNE COLLUSION D’INTÉRÊTS ? Nonobstant ce que peut être la mainmise du gouvernement sur un prix littéraire, fragilisant la liberté de la littérature, l’implication directe dans son organisation de deux éditeurs de la place d’Alger, de surcroît étatiques, n’invite pas à la sérénité. Comment l’ANEP et l’ENAG assument-elles cette double casquette d’éditeurs et de maîtres d’œuvre du Prix littéraire Assia Djebar ? Les rares expériences connues dans le monde de prix littéraires associant les éditeurs n’ont pas été concluantes. À titre d’exemple, le Prix de la Pléiade, créé en 1945 par Gaston Gallimard dans Paris libéré, sous les auspices d’un jury-maison où Albert Camus prenait une position essentielle, attribuant sa première récompense à « Enrico » (1944) de Mouloudji, publié par son label, ne devait pas survivre à cette confusion décriée entre promoteur de prix et éditeur. La critique littéraire française avait mis en garde contre une collusion d’intérêts.

Dans le cas algérien, rien ne devrait éveiller le soupçon, mais il a toute latitude de se propager, car un éditeur candidat au Prix littéraire Assia Djebar peut ne pas comprendre que des concurrents en assurent le secrétariat technique. Il serait pourtant injustifié de mettre en cause les vertus morale, intellectuelle et professionnelle de l’ANEP et de l’ENAG, des hommes et des femmes qui les animent, avec une passion partagée de la littérature. Mais comment ne pas penser que la responsabilité matérielle de l’ANEP et de l’ENAG du Prix littéraire Assia Djebar, pour le compte du gouvernement, ne se projette pas contre des objectifs institutionnels et éditoriaux, en termes de visibilité des deux entreprises et de leurs auteurs ? Si les prix littéraires sont admis comme de salutaires compétitions d’athlètes de l’écriture et de leurs coaches éditoriaux, pourquoi l’ANEP et l’ENAG, éditeurs publics, tentant le pari d’une littérature novatrice, n’y feraient-ils pas bonne figure, débarrassés de la gangue de préjugés que soulève leur direction quasi-officielle d’un prix littéraire, qui les dessert plus qu’elle ne les sert ?

LA QUESTION LINGUISTIQUE. Notre cher Abderrahmane Zakad, décédé l’été passé, pouvait s’interroger sur le Prix littéraire Assia Djebar : « Le prix est décerné à une œuvre en trois langues : arabe, français, tamazight. Dans le jury, il y a sept juges. Qui va lire en arabe, qui va lire en français et qui va lire en tamazight ? » (« Ah ! Fanon, si tu voyais ce qui se passe ! », « Algérie patriotique », Alger, 22 mai 2015). En vérité, hormis la problématique composante d’un jury de prix littéraire entendant tous les idiomes du pays, ce choix d’ouvrir la compétition et de primer trois langues d’usage des candidats suggère que la question linguistique est résolue en Algérie et qu’elle a trouvé sous les auspices du gouvernement et d’un prix littéraire un débouché sûr. La coexistence pacifique de l’arabe classique, langue officielle, de tamazight, désormais constitutionnel, et du français, improbable « butin de guerre » et « bien vacant », est actée.

Mais cette tripartition linguistique de prix littéraires d’État (Assia Djebar, mais aussi Ali Maâchi), passant à la trappe la littérature-orature en algérien (darija), vaut-elle engagement ? Faut-il considérer comme aboutie, à travers un prix littéraire, l’embarrassante question linguistique dans notre pays ? Il y a, en la circonstance, une option officieuse retenant les expressions linguistiques les plus pertinentes sur le plan académique, notamment l’arabe classique, le français, et tamazight, plus alibi politique que réalité linguistique et culturelle effectivement consentie dans les efforts de l’État. Le sociolinguiste Rabah Sebaa a parfaitement situé l’urgence de la question linguistique – un des aspects déterminants de la solidarité du groupe social algérien – et son caractère projectif, en évoquant les « exigences contradictoires du processus de maturation du tissu plurilinguistique encore en cours dans la société algérienne » (L’Algérie et la langue française ou l’altérité en partage, Tizi-Ouzou, Éditions Frantz Fanon, 2015). Dans la mosaïque linguistique algérienne, à la fois mouvante et indécidable, tout est donné, rien n’est acquis. Les choix linguistiques symptomatiques, jamais expliqués du Prix littéraire Assia Djebar, traduisent plus un malaise du pouvoir relativement à l’énoncé d’une question linguistique nationale en suspens, que la reconnaissance d’une situation de pluralité linguistique qui a longtemps été conflictuelle, et, sous certains aspects, continue à l’être.

LA FRAGMENTATION DE LA REPRÉSENTATION DE LA LITTÉRATURE NATIONALE. La tripartition linguistique d’un prix littéraire national décidée par le gouvernement est un contresens, qui affaiblit l’horizon d’une littérature nationale autonome consolidant son institutionnalisation. Il est souhaitable que les Algériens apprennent à parler d’une seule littérature nationale, au-delà de ce que peuvent être ses véhicules linguistiques. Désigner un récipiendaire pour chaque langue d’usage des écrivains algériens apparaît comme une fatalité : il n’y a pas et il ne devrait pas y avoir en Algérie une littérature de langue arabe face à des littératures en langues tamazight et française. Le Prix littéraire Assia Djebar, dans sa dimension de consécration nationale, devrait revenir à l’œuvre que son jury unanime considère comme la plus achevée, sans se soumettre à une politique de quotas linguistiques ; et, il ne serait ni gênant ni inconvenant dans une vraie compétition littéraire de voir triompher l’œuvre la plus qualitative sans s’arrêter au marqueur linguistique.

Il n’y rien de plus ruineux pour une littérature nationale algérienne que cette tripartition linguistique officielle qui brise son unité. La littérature algérienne a suffisamment souffert, depuis l’indépendance, d’une identité improbable pour apparaître toujours menacée. Perçue dans les études universitaires mondiales, du fait de l’histoire coloniale et de l’usage du français, comme un greffon de la littérature française, elle est aussi rejetée par l’ambition de certains de ses auteurs de langue française d’entreprendre une carrière littéraire française dans une sorte de cul-de-sac néocolonial « la littérature-monde en français » ; elle n’est pas mieux défendue par leurs pairs de langue arabe qui prétendent à une reconnaissance prioritaire dans le monde arabe. Cette fragmentation de la représentation de la littérature algérienne, liée à l’imaginaire des langues d’usage des Algériens, est-elle insurmontable ? Pourquoi le Prix littéraire Assia Djebar en désignerait-il une pierre de touche ?

DONNER UNE CHANCE À LA LITTÉRATURE NATIONALE. Les prix littéraires sont indispensables à la formation d’un champ littéraire algérien structuré, la seule garantie d’une autonomie et d’une viabilité d’une littérature nationale. Rien ne devrait empêcher leur multiplication et il est attendu qu’ils renforcent le potentiel littéraire algérien. La création de prix littéraires nationaux, régionaux ou locaux doit être l’affaire des académies, d’associations littéraires (comme celle qui promeut, à Tlemcen, le nom et l’œuvre de l’écrivain Mohammed Dib) ou professionnelles (un prix de la littérature de voyage financé par des agences de voyage et de tourisme est envisageable et, dans le même ordre, plusieurs opportunités pour les opérateurs publics et privés sans distinction de domaine), de libraires, d’universitaires, de critiques et de lecteurs, et aussi d’écrivains adoubant de nouveaux impétrants.

Le Prix littéraire national Assia Djebar parrainé par le ministère de la Culture et géré par des éditeurs publics est-il viable ? Le gouvernement, en tant qu’expression du pouvoir, n’a pas à s’impliquer dans les enjeux que soulignent les âpres compétitions de légitimité de la littérature et de ses acteurs ni à s’imposer comme un prescripteur. La rencontre entre la Littérature et l’État, si elle advenait, peut trouver de la dignité dans un État affranchi des chapelles, instituant un Prix national des Lettres attribué à titre anthume ou posthume à une personnalité reconnue de la littérature algérienne. Pourquoi son gouvernement ne s’y dévouerait-il pas ? Le combat pour l’autonomie d’une littérature nationale accompagnant un pays indépendant peut, sur ce registre singulier et solennel, lui appartenir.

 

* Professeur de l’enseignement supérieur, écrivain et critique.

 

 

 

 

 

 

http://bouhamidimohamed.over-blog.com/2017/02/le-prix-assia-djebar.questions-sur-une-consecration-litteraire-nationale.html

ALGERIE - ARABIE SAOUDITE : UN RAPPROCHEMENT DICTE PAR LE PRAGMATISME ?

Algérie – Arabie saoudite : un rapprochement dicté par le pragmatisme ?

09:23  jeudi 2 février 2017 | Par Lina Kennouche | Actualité 

DANS UN CONTEXTE MARQUÉ PAR SON ENLISEMENT AU YÉMEN, LA CONCURRENCE FÉROCE EN AFRIQUE QUI MINE SES RELATIONS AVEC L’ÉGYPTE, ET LA CRAINTE D’UN RENFORCEMENT DES CONTRADICTIONS AVEC L’ALLIÉ STRATÉGIQUE AMÉRICAIN DEVENU IMPRÉVISIBLE DEPUIS L’ÉLECTION DE DONALD TRUMP, RIYAD CHERCHE À ÉVITER L’ISOLEMENT DIPLOMATIQUE. (CRÉDITS : DR)

La visite du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur saoudien Mohamed Ben Nayef Ben Abdelaziz Al-Saoud début janvier à Alger a marqué un pas de plus dans le réchauffement des relations entre les deux pays alors que depuis deux ans la relation s’était fortement dégradée en raison de profondes divergences à l’Opep, d’une gestion offensive de Riyad sur le dossier syrien, et de l’intervention militaire au Yémen.

En mauvaise posture, l’Arabie saoudite a opéré un infléchissement politique vis-à-vis d’Alger. Dans un contexte marqué par son enlisement au Yémen, la concurrence féroce en Afrique qui mine ses relations avec l’Égypte et la crainte d’un renforcement des contradictions avec l’allié stratégique américain devenu imprévisible depuis l’élection de Donald Trump, Riyad cherche à éviter l’isolement diplomatique. 

Réticente depuis 2014 à la réduction de sa production pétrolière pour redresser les prix dans une conjoncture d’effondrement du cours des hydrocarbures, l’Arabie saoudite se résout finalement à réviser sa position et répond favorablement aux incitations d’Alger. Si l’Algérie n’est pas un poids lourd de l’Opep, elle a cependant déployé d’importants efforts diplomatiques qui ont abouti à un accord signé en décembre dernier entre les pays producteurs de pétrole avec comme objectif fixé une réduction globale de 1,8 million de barils par jour. 

L’Arabie saoudite a rigoureusement respecté cet accord. Elle a exprimé sa satisfaction le 22 janvier dernier lors d’une réunion de l’Opep. « Le respect (des accords) est excellent », s’est félicité le ministre saoudien de l’Énergie Khaled al-Falih, accordant ainsi ses violons avec Alger. 

Riyad semble par ailleurs sur le point d’accréditer la diplomatie algérienne afin qu’elle joue une médiation discrète pour une sortie acceptable du bourbier yéménite. Ce rapprochement intervient quelques mois seulement après les tensions qui ont opposé les deux pays sur le dossier syrien et le Hezbollah.

Tributaires du contexte géopolitique et qualifiées de pragmatiques, les relations algéro-saoudiennes connaissent des convergences ponctuelles mais n’ont jamais constitué une alliance stable pour des raisons historiques et stratégiques.

Si les impératifs du nouveau contexte sécuritaire régional ont amené l’Algérie à redynamiser sa politique régionale et endosser le rôle de médiateur dans les conflits, le principe de non-ingérence a toujours été le levier indispensable de sa diplomatie. Historiquement, l’État algérien est né de l’aspiration à l’indépendance et au développement économique et social. Tandis que l’Algérie nationalise en 1971 ses richesses et affirme sa souveraineté, l’Arabie saoudite depuis le pacte du Quincy, scellé en février 1945, n’a cessé d’être le pourvoyeur de ressources énergétiques des Américains en contrepartie d’une protection contre toute menace extérieure. 

Face au régime de Riyad, gardien du puritanisme religieux, cheville ouvrière de l’organisation de la conférence islamique en 1969 et exportateur de l’idéologie wahhabite pour battre en brèche le nationalisme arabe, l’Algérie répond en 1974 par la voix de son président que le recours à l’ordre moral islamique ne peut éviter le débat sur la question sociale. Lors du sommet de Lahore, Houari Boumédiene, défenseur du nationalisme arabe et de l’islam, déclare alors que « les expériences humaines dans bien des régions du monde ont démontré que les liens spirituels (…) n’ont pas pu résister aux coups de boutoir de la pauvreté et de l’ignorance pour la simple raison que les hommes ne veulent pas aller au Paradis le ventre creux. (…).  Les peuples qui ont faim ont besoin de pain, les peuples ignorants de savoir, les peuples malades d’hôpitaux ». 

Houari Boumédiène a toujours porté un regard circonspect sur l’Arabie saoudite, royaume très peu solidaire des autres pays arabes, non engagé sur le terrain de la cause palestinienne et peu coopératif sur la question du prix du pétrole. Si les relations algéro-saoudienne s’améliorent sous Chadli Benjedid, elles n’en demeurent pas moins très pragmatiques et essentiellement de nature économique.

L’Algérie a en effet toujours su se préserver des tentatives de déstabilisation  saoudienne, y compris dans le contexte de la guerre civile sanglante des années 1990. L’influence idéologique du wahhabisme sur la mouvance islamiste en Algérie est restée très réduite pour deux raisons principales : premièrement, la tradition musulmane en Algérie est historiquement anticoloniale et badissienne (Ibn Badis) et, par ce fait, elle renferme une dimension nationale très marquée. Deuxièmement, une composante importante de l’islamisme algérien est issue des frères musulmans, hostiles au wahhabisme. 

En dehors de quelques groupuscules armés se revendiquant du wahhabisme et composés de vétérans du djihad en Afghanistan, l’Arabie saoudite n’a pas pu jouer cette carte pour exercer une pression sur l’Algérie. 

Par ailleurs, en apportant un ferme soutien diplomatique et financier au Maroc, notamment à son annexion du Sahara occidental (aujourd’hui son principal partenaire dans la conquête des marchés économiques en Afrique), l’Arabie saoudite s’est inscrite en faux avec les orientations stratégiques de l’Algérie.

Néanmoins, sans former d’alliance stratégique, Alger et Riyad ont pu développer leurs relations économiques. La visite, en novembre dernier, du Premier ministre Abdelmalek Sellal en Arabie saoudite préfigurerait d’un « nouveau souffle » dans l’approfondissement et la diversification de la coopération économique entre les deux pays. 

Aujourd’hui, dans un contexte où la relation entre l’Arabie saoudite et l’Égypte a du plomb dans l’aile avec la concrétisation de la coopération saoudo-marocaine pour accroître leur influence en Afrique, Riyad pourrait mettre en sommeil ses divergences avec l’Algérie.

De son côté, Alger se heurte à l’opposition du Caire dans sa recherche d’une solution politique à la crise libyenne, élément clé de la stabilité dans la région, et pourrait avoir intérêt à neutraliser ses divergences avec Riyad. Encore une fois, cette loi historique des relations entre les États est confirmée : la politique ne connait pas de sentiments mais uniquement des intérêts. Le rapprochement algéro-saoudien n’y échappe pas.

http://www.tsa-algerie.com/20170202/algerie-arabie-saoudite-rapprochement-dicte-pragmatisme/

Transmis par Lina Kennouche