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ABDELATIF REBAH : ECONOMISTE : « PRES DE SIX DECENNIES APRES L’INDEPENDANCE, LA QUESTION DE LA VOIE A PRENDRE EST TOUJOURS EN JEU »

Par Le 06/07/2021

Abdelatif Rebah. Économiste : «Près de six décennies après l’indépendance, la question de la voie à prendre est toujours en jeu»

Abdelatif Rebah. ÉconomistePhoto : D. R.

 NADJIA BOUARICHA

 

05 JUILLET 2021 À 10 H 29 MIN

 

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Quel regard portez-vous sur les choix économiques de l’Algérie en 59 années d’indépendance ?

Merci de me donner cette opportunité de revenir, ne serait-ce qu’à grands traits, sur les étapes caractéristiques de l’évolution de l’économie algérienne depuis 1962, et ce, tout particulièrement pour vos lecteurs des jeunes générations. Un rappel ô combien opportun par ces temps de révisionnisme néo-colonial. Il est important de savoir qu’en 2021, plus de neuf Algériens sur dix sont nés après l’indépendance.

Conjugué à la fois à l’absence de tradition d’entretien de la mémoire collective – tout particulièrement pour ce qui concerne la période récente d’édification de l’économie nationale – et à une entreprise politicienne intéressée, non déclarée, d’occultation délibérée de la courte expérience d’industrialisation algérienne, cette dynamique démographique a contribué à accentuer le phénomène de «blanc» dans la mémoire qui a imposé une lecture de l’histoire visant à nier les acquis du développement national engagé après l’indépendance jusqu’à la fin des années 1970.

Une lecture qui porte au passif des décennies du développement national 1960/70, les dégâts et les destructions causés par plus de trente ans de réformes libérales. Dans l’évolution de l’économie algérienne depuis 1962, je distingue les étapes caractéristiques essentielles suivantes. D’abord, celle que l’on pourrait qualifier d’étape de la maturation des choix fondamentaux de développement économique de l’Algérie indépendante.

La question du développement national ne pouvait s’inscrire que dans celle de la rupture avec le régime économique colonial et avec le rôle et la place qu’il a assignés à l’Algérie dans la division internationale du travail  : à la fois réservoir de main-d’œuvre et de matières premières bon marché et débouché pour les marchandises et les capitaux de la métropole. La deuxième étape est celle que l’on a appelée l’âge d’or de l’édification nationale Nationalisés, les hydrocarbures s’affirment comme la source de financement de l’accumulation productive, à la fois combustible du développement national et source d’une prospérité nationale partagée.

Durant les Plans 1967-70,1970-74, 1974-1978 et 1980- 1984, la disponibilité croissante des revenus pétroliers (et gaziers) a servi à financer un effort sans précédent de développement national, accéléré et affranchi des contraintes de profit. La part de l’industrie n’a cessé de se développer pour atteindre 25% de la PIB. L’Algérie produit alors des tracteurs, des wagons, des engrais, des grues, des moissonneuses-batteuses, des produits pharmaceutiques, des téléviseurs, des camions, des bus.

Les investissements publics -transports, agriculture, énergie électrique – favorisent, par ailleurs, le développement du secteur privé. En 1978, on recense 5600 entreprises industrielles privées. En 20 ans, de 1967 à 1986, plus de deux millions de postes de travail nouveaux ont été créés. La population féminine occupée passe de 94 000 personnes en 1966, à 365 000 en 1989. La troisième étape, inaugurée dès les années 1980, est celle de la remise en cause de la stratégie de développement national autonome et du démantèlement de ses outils.

Cette voie conçue comme substitut à celle du développement national de la décennie 1970, s’est soldée par un fiasco dont les manifestations caractéristiques sont l’échec du triptyque libéral : libre-échange, privatisation, IDE (investissements directs étrangers), et la panne du développement qui dure jusqu’aujourd’hui.

Cette voie, marquée inévitablement de pratiques parasitaires et prédatrices (corruption et détournements de fonds et de bien publics à une échelle inimaginable), a été ruineuse et a conduit l’Algérie dans l’impasse.

Elle a causé des ravages dont l’une des séquelles est la rupture de confiance entre une grande partie des Algériens et leur État, traduite, au plan politique, dans l’abstention massive aux dernières élections législatives.

Pourquoi peine-t-on à faire le bon choix pour une bonne orientation économique ?

Pour la grande majorité des Algériens, la «bonne orientation économique» est, intuitivement, celle qui impulse le développement national et se traduit par le progrès social ressenti dans tous les domaines de la vie quotidienne. Cette «bonne orientation économique» a prévalu dans les décennies du développement, allant du Plan triennal au 1er Plan quinquennal (1967-1988-1989), caractérisées par l’accumulation productive, le développement économique, le progrès social, la prospérité partagée.

Elle a été brutalement freinée par le «basculement à l’économie de marché» dans les décennies allant de 1990 à 2018/19, celles marquées par l’accumulation rentière, prédatrice, la régression économique et sociale et le creusement des inégalités. Faire, à nouveau, le choix de la «bonne orientation économique» se heurte à l’opposition des tenants du maintien de la politique qui a conduit le pays au désastre durant ces trente dernières années. On le constate, les termes du débat sur l’orientation appropriée des politiques économiques mais aussi sur le devenir de notre économie sont particulièrement nombreux.

Les grilles de lecture de la réalité que ce débat mobilise sont le produit d’auteurs engagés et reflètent des intérêts déterminés multiples, comme le signalent, d’ailleurs, les centres de préoccupation et les thèmes privilégiés, de même que des occultations, des omissions et des non-dits significatifs. L’orientation économique reflète fondamentalement des choix de classe, des intérêts de classe.

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On peut illustrer cette vérité par une question simple : au service de quel ordre social et économique, les richesses hydrocarbures du pays vont-elles être mises ? Vont-elles servir à construire des usines créatrices d’emplois qualifiés et valorisants, à développer l’agriculture, contribuer au progrès social dans nos campagnes et à la réduction de notre dépendance alimentaire, à doter le pays des moyens d’une santé publique de qualité, moderne et au profit de tous, à mettre notre système d’enseignement au diapason du progrès scientifique et technique, à créer les conditions matérielles du développement culturel de notre pays… ?

Ou bien, ainsi qu’il en a été au cours de ces trente dernières années, servir des couches sociales privilégiées et mettre en selle des «champions nationaux» de la prédation et de la rapine, plus concrètement de l’enrichissement rapide et illicite au détriment des intérêts du pays ?

Libéral, socialiste, système hybride ; quelle est donc la nature du système économique algérien ?

Il est important de rappeler que la Constitution adoptée par référendum, le 23 février 1989, a abandonné toute référence au socialisme. Plus personne n’en parle pour caractériser le système algérien. On évoque plutôt le libéralisme. On comprend pourquoi, quand on sait qu’en 1990, l’ensemble du droit algérien a été refondu pour être mis aux normes des pays à économie capitaliste.

L’ouverture de l’économie a été intensifiée à la faveur du plan d’ajustement structurel conclu avec le FMI, en 1994-1995, avec la libéralisation du commerce extérieur et les privatisations.

La structure juridique de l’économie a été privatisée, la taille du secteur public est passée à peu près de 81% du PIB hors hydrocarbures en 1988 à 15% en 2015. Le secteur privé occupe une part croissante et presque majoritaire dans les crédits à l’économie, l’équivalent de 24% du PIB, en 2017, selon la Banque mondiale.

Seulement, le capitalisme algérien, qui a grandi, à partir des années 1990, sur les décombres des acquis du développement national, est demeuré à la marge de la sphère des activités porteuses de dynamisme économique, technologique, social.

C’est un capitalisme qui se dérobe à ses obligations fiscales et ne reconnaît pas aux travailleurs le droit de s’organiser en syndicats ; un capitalisme de la chkara plutôt que des circuits bancaires et financiers, un capitalisme de l’immaturité, marqué par sa prédilection pour l’import-import et l’immobilier de rente.

En définitive, c’est un capitalisme de la périphérie subordonnée du capital globalisé, confiné dans le rôle, sans perspective de dépassement qualitatif, de pourvoyeur passif d’énergie et de marché solvable et rentable.

Que dire des réponses proposées par l’actuelle gouvernance pour faire face à la crise ? Et quelle est la meilleure voie de sortie de crise à votre avis ?

La sortie de crise, il s’agit là d’une problématique que j’ai largement abordée dans l’essai que j’ai récemment publié aux éditions Apic, intitulé Algérie post-hirak, à la conquête de l’avenir. Près de six décennies après l’indépendance, la question fondamentale des voies à prendre pour concrétiser les idéaux de Novembre 1954 visant à faire de l’Algérie un Etat national souverain, juste, prospère et solidaire, est toujours en jeu.

Toujours à l’ordre du jour, la question de la construction d’une économie productive capable de répondre aux besoins fondamentaux énormes de la société en matière de nutrition, de santé, d’éducation, de mobilité, de logement, une économie assise sur une base productive nationale capable d’absorber une main d’œuvre de plus en plus instruite et féminine et de se mesurer aux grands challenges technologiques et industriels porteurs de développement et facteurs d’échanges équilibrés et mutuellement bénéfiques, pour sauvegarder notre souveraineté et améliorer la richesse nationale.

La dynamique de développement initiée au cours des deux premières décennies de l’indépendance a été brisée avant que ne soient corrigées ses fragilités et atteinte sa phase de maturité. Trente ans de réformes libérales ont renforcé les faiblesses structurelles d’un système mono-exportateur. Notre pays n’a pas d’autre choix que de renouer avec ce qu’il y a de meilleur dans la stratégie de développement national de la décennie 1960-1970.

Un modèle historique de développement, résultat, il est utile de le rappeler, de l’action conjuguée de trois facteurs, dont le poids a été inégal : a) la stratégie formulée par les pouvoirs publics ; b) le comportement des acteurs mis en scène dans cette stratégie ; c) l’incidence plus ou moins forte du contexte international sur le pays.

Un modèle que l’on peut formuler, aujourd’hui, dans les termes suivants : une vision de long terme qui traduit l’ambition de construire une économie productive performante ; un Etat garant des priorités productives et environnementales ; des institutions solides et compétentes dans le rôle de vecteur de cette ambition ; des acteurs efficaces et engagés parce qu’impliqués ; des organes de contrôle indépendants et représentatifs ; un climat politique et social de mobilisation démocratique pour le développement national.

L’alternative du retour à l’Etat développementaliste est incontournable. Ce qui implique la priorité politique fondamentale de la restauration de l’Etat national et de ses institutions gravement amoindris et affaiblis, ces trente dernières années. Un Etat dont les fondements sont transparence, impartialité et contrôle. 

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/sup-eco/pres-de-six-decennies-apres-lindependance-la-question-de-la-voie-a-prendre-est-toujours-en-jeu-05-07-2021?fbclid=IwAR39nFJpYRDse5rZX3BIiyZTSvQxV9RUcoK62QzgCmZEZreHk5WotQrPEtg

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EN ALGERIE, MACRON ACCUSE LA RUSSIE ET LA CHINE D'AVOIR UN "AGENDA NEOCOLONIAL Ee IMPERIALISTE"

Par Le 27/08/2022

En Algérie, Macron accuse la Russie et la Chine d’avoir un «agenda néocolonial et impérialiste»

 Depuis 2 heures  27 août 2022

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron

 Algérie - Maghreb - Monde arabe

 

Rédaction du site

En visite à Alger le 26 août, Emmanuel Macron a fait un lien entre l’islamisme politique d’une part et d’autre part des puissances comme la Russie, la Chine ou la Turquie qui auraient selon lui un même agenda : celui de considérer la France comme un «ennemi».

Le dirigeant français a lancé : «Soyons clairs. Beaucoup des activistes de l’islam politique ont un ennemi : la France. Beaucoup des réseaux qui sont poussés en sous-main, qui par la Turquie, qui par la Russie, qui par la Chine, ont un ennemi : la France».

Il a dénoncé «l’agenda d’influence, néocolonial et impérialiste» de ces pays.

«Il y a un ennemi, c’est la France. Ca met tout le monde d’accord, c’est trop facile», a poursuivi Emmanuel Macron en s’adressant particulièrement aux jeunes Algériens et Africains.

«Cela a peut-être été le combat de vos grands-parents, de vos parents, mais, partout en Afrique, on vous raconte des cracks, des carabistouilles», a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron avait tenu un discours similaire lors d’une visite fin juillet dans trois pays africains parmi lesquels le Cameroun où il avait vivement dénoncé la «présence hybride» de la Russie en Afrique, qui «passe par la désinformation et des milices», et qui «est une préoccupation d’abord pour le continent africain».

Le lendemain, le 29 juillet, Sergueï Lavrov avait critiqué le discours du chef d’Etat français : «On pourrait s’attendre à des déclarations plus éthiques de la part des Français», en référence au passé colonial de la France et à la persistance de la «Françafrique» sur le continent.

«Si vous regardez la liste des pays que nous avons visités en Afrique – si c’est à cela qu’il a réagi – c’était plutôt offensant pour les Etats africains qui continuent, malgré tout, à développer systématiquement des relations avec la Fédération de Russie», avait poursuivi le ministre russe des Affaires étrangères.

A Alger, Emmanuel Macron a également plaidé pour «renforcer le partenariat avec l’Algérie» dans la lutte contre la menace terroriste au Sahel.

Il s’agit notamment «d’éviter que des mercenaires puissent fleurir dans la région, en particulier ceux de Wagner», a-t-il ajouté, en faisant référence à la société militaire privée russe active au Mali, d’où est récemment partie l’armée française.

https://french.almanar.com.lb/2416845

Source: Avec RT

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FACE A LA GUERRE EN UKRAINE, L'ALGERIE REFUSE L'USAGE DE LA FORCE CONTRE LE MAROC

Par Le 20/08/2022

Face à la Guerre en Ukraine, l’Algérie refuse l’usage de la force contre le Maroc

Par Kader Tahri

Mondialisation.ca, 19 août 2022

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En effet, le réel est une chose difficile à admettre, difficile et parfois insupportable, alors certains inventent des fables et des mythologies pour échapper à une réalité qu’ils ne supportent pas. Faire la guerre à l’Algérie est le fruit de cette imagination délirante dont le but pour les sujets du Makhzen n’est autre que de se débarrasser des Algériens, il faut effacer l’histoire pour la réécrire et se l’approprier complètement. C’est une attaque de plus contre des Algériens, au nom du Makhzen et de sa folie.

En bref, méfiez-vous de ces nouveaux bantoustans sujets du Makhzen, pour eux, il est plus facile de mentir, d’inciter à la haine, de ne présenter qu’un point de vue sous un vernis d’impartialité, de chercher l’originalité plutôt que la vérité, et finalement d’être malhonnête. 

Et c’est le cas d’un religieux prédicateur chef d’un Parti Islamiste de service au Palais Royal Marocain, qui avait appelé, dans une interview télévisée, le roi Mohammed VI à ordonner à son peuple de marcher sur Béchar et Tindouf, villes Algériennes dans une sorte de déclaration de guerre. Ce triste personnage à l’habitude de passer au appel de haine avec une argumentation nettement supérieure à ses élucubrations ignares. 

Les propos du leader islamiste marocain semblent oublier que l’histoire du royaume reste liée à une tribu berbère des Awerba, D’après l’historien Ibn Khaldoun, les Awerba seraient originaires des Aurès. Leur migration et leur implantation vers Volubilis, seraient liées à une affinité avec leur culture romaine. En 788, les Awerba convertis désormais à l’Islam, ils sont les premiers à reconnaître comme imam Moulay Idriss et fonde les prémices de l’état marocain. 

Combien effrayantes sont les malédictions que le Makhzen fait reposer sur ses fidèles ! Outre la frénésie fanatique, qui est aussi dangereuse pour l’homme que la peur de l’eau pour le chat, on y trouve une terrible apathie fataliste. Ces religieux Islamistes sujets aveugles du Makhzen sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les religieux qui le ressentent, mais bien ceux qui les écoutent et doivent continuer à le faire. Après tout, si le discours est suffisamment long, qui va se donner la peine de vérifier les affirmations, et de relever les contradictions ?

Comme on le voit à chaque étape, que les gogos religieux islamistes habituels s’excitent autour du discours royal que leur brandit le Makhzen, rien d’étonnant, mais le simplisme, la hargne et la volonté de nuire à l’Algérie, sont leurs guides. Mais, ce qui est grave est le rôle du Makhzen pour les gogos, ici est une imposture, le Maroc sera vraiment la Lumière du monde, et ce sera magnifique ! Il faut croire les sujets du Makhzen « tout est bon » pour exciter à la subversion, frustrées par leur échecs à répétition, ils pourraient se donner quelques limites de dignité. 

Heureusement que la ridicule fetwa ne tue pas mais néfaste pour notre pays et à rappeler les priorités indispensables à la sûreté du peuple et du territoire  de ce pays?  

Depuis son indépendance en 1962, l’Algérie a posé la non-intervention comme l’un de ses piliers fondamentaux. L’article 26 des Constitutions établit que «l’Algérie se défend de recourir à la guerre pour porter atteinte à la souveraineté légitime et à la liberté d’autres peuples. Elle s’efforce de régler les différends internationaux par des moyens pacifiques »

Tout en se refusant  tout volontarisme à l’extérieur, l’Algérie s’impose une grande réactivité à l’intérieur, dédaignant l’offensive, elle est contrainte à une attitude défensive. Elle reste fidèle à la non-ingérence héritée des leçons de son histoire coloniale. C’est précisément dans cette conjonction que s’enracine la doctrine algérienne au refus à l’usage de la force.

Pourtant, en dépit des menaces Marocaines sans précédent pesant sur sa sécurité et sa stabilité, l’imperturbable Algérie s’en tient à son approche non interventionniste. Plutôt que de recourir à la force pour limiter les menaces externes, le gouvernement cherche et approuve une résolution des crises par des solutions politiques négociées.

Face à des menaces externes sans précédent, l’Algérie sera peut-être contrainte pour la première fois de se demander si les avantages de sa politique claire de non-ingérence et le refus de l’usage de la force, ne vont pas finir par se révéler moindres pour sa sécurité sauf que l’Algérie n’est pas connue pour être facile à manipuler. En fin de compte, le sursaut n’est peut-être pas si loin.

« Quousque tandem abutere, (Maroc), patientia nostra?»                                           

« Jusqu’à quand, Maroc, abuseras-tu de notre patience ? »   

C’est tout le problème des originalités de la fachosphère du Makhzen. C’est simple et basique donc.

Kader Tahri

 

 

Kader Tahri : Professeur en Retraite. Auteur de plusieurs Ouvrages.

https://www.kader-tahri.com

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Kader Tahri, Mondialisation.ca, 2022

https://www.mondialisation.ca/face-a-la-guerre-en-ukraine-lalgerie-refuse-lusage-de-la-force-contre-le-maroc/5670622

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LA SOUMISSION INTELLECTUELLE DES ECRIVAINS ALGERIENS OFF SHORE : LE PRIX A PAYER.

Par Le 16/08/2022

La soumission intellectuelle des écrivains algériens off shore: Le prix à payer.  

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 15 août 2022

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« Être un homme , c’est réduire la part de la comédie » André Malraux

Résumé

Mon attention a été attirée par une polémique qui n’a pas lieu d’être , concernant l’écrivain Yasmina Khadra lors de son passage en Algérie et notamment à sa rencontre avec l’ambassade France, évènement qui a fait ressurgir les démons d’un conflit culturel résultat d’une occupation sanguinaire de 132 ans véritable plaie toujours aussi béante C’est un fait les reproches faits aux écrivains algériens « installés rive gauche du Quartier Latin » plongent leur racine dans un inconscient collectif qui est celui de la mémoire On ne peut reprocher aux écrivains d’avoir l’ambition d’évoluer à leur guise ; Cependant s’ils ont choisi de vivre d’écrire et de rentrer dans le rang de la visibilité normative hexagonale Ils ne peuvent s’ériger en donneurs de leçons d’histoire de l’Algérie à leur entendement. Ils jouent aux réconciliateurs d’un bien indivis la mémoire séculaire, fruit d’un vécu et d’un souffert du peuple ventant indirectement le bon temps des colonies.

En son temps Rachid Boudjedra écrivain iconoclaste a dit dans un brûlot qui n’a pas pris une ride ce qu’il pensait de cette reddition en rase compagne sur le dos et devrait dire le sang et les larmes d’une révolution et d’une douleur datant d’une invasion brutale un matin de juillet 2030 et dont les répliques sont encore actuelles en chacun de nous. L’un des dénominateur commun de cet aplaventrisme est le panthéon que l’on a voulu ériger voire imposer en Algérie à Albert Camus certes écrivain brillant, cet Européen d’Algérie que l’on veut à tout pris imposer sans qu’il y ait d’abord La nécessité d’aborder dans le calme et la sérénité le contentieux mémoriel d’un devoir d’inventaire qui ne trouvera sa guérison qu’à la condition que la puissance coloniale fasse son mea culpa , une anamnèse apaisée digne des principes de la Révolution française dont elle se réclame, ouvrira à terme, la voie à une coopération dans l’égale dignité des deux peuples.  

Le jugement sans appel de Camus « le politique » par Edward Saïd

Albert Camus est sans conteste un écrivain de talent. Il a écrit et décrit son Algérie blanche où l’arabe est invisible avec un fil invisible qui cristallise les statuts de ces deux sociétés où le plus humble des pieds noirs se sent quand même supérieur aux Arabes ce qui expliquent en partie l’exode des Pieds Noirs refusant de vivre dans un pays gouverné par des Arabes. Albert Camus ne s’adresse pas dans ses ouvrages ou ses discours , il s’adresse aux Arabes , leur niant leur algérianité.

Dans une analyse lumineuse le grand écrivain palestino-américain décrit le sacerdoce de Camus défendant au-delà de sa mère sa civilisation Camus aimait beaucoup sa mère, un choix douloureux qui lui fait préférer la France à la justice à rendre à ceux qui la réclament.

« Il nous faut écrit Edward Saïd considérer l’œuvre de Camus comme une transfiguration métropolitaine du dilemme colonial : c’est le colon écrivant pour un public français, dont l’histoire personnelle est irrévocablement liée à ce département français du Sud ; dans tout autre cadre, ce qui se passe est inintelligible.

Camus joue un rôle particulièrement important dans les sinistres sursauts colonialistes qui accompagnent l’enfantement douloureux de la décolonisation française du XXe siècle. C’est une figure impérialiste très tardive : non seulement il a survécu à l’apogée de l’empire, mais il survit comme auteur « universaliste », qui plonge ses racines dans un colonialisme à présent oublié. Même si, selon tous ses biographes, Camus a grandi en Algérie en jeune Français, il a toujours été environné des signes de la lutte franco-algérienne. Il semble en général les avoir esquivés (..).

Quand, dans les dernières années de sa vie, Camus s’oppose publiquement, et même violemment, à la revendication nationaliste d’indépendance algérienne, il le fait dans le droit-fil de la représentation qu’il a donnée de l’Algérie depuis le début de sa carrière littéraire, même si ses propos font alors tristement écho à la rhétorique officielle anglo-française de Suez. Ses commentaires sur le « colonel Nasser », sur l’impérialisme arabe et musulman, nous sont familiers.

Pour lui :

« En ce qui concerne l’Algérie, l’indépendance nationale est une formule purement passionnelle. Il n’y a jamais eu encore de nation algérienne. Les juifs, les Turcs, les Grecs, les Italiens, les Berbères auraient autant de droit à réclamer la direction de cette nation virtuelle. Actuellement, les Arabes ne forment pas à eux seuls toute l’Algérie. L’importance et l’ancienneté du peuplement français en particulier suffisent à créer un problème qui ne peut se comparer à rien dans l’histoire. Les Français d’Algérie sont eux aussi et au sens fort du terme des indigènes. Il faut ajouter qu’une Algérie purement arabe ne pourrait accéder à l’indépendance économique sans laquelle l’indépendance politique n’est qu’un leurre. (…) » »(1) .

Ce  que pensent  les écrivains algériens de Camus

On l’aura compris les écrivains algériens ont été profondément déçus par les prises de position de Camus. Il est donc scandaleux d’écrire comme les écrivains que Boudjedra qualifie de contrebandiers de l’histoire de dire que Camus plus algérien que les Algériens que c’est un grand ami des Arabes On sait que :

« Kateb était exaspéré par les silences de Camus et se dit « douloureusement frappé » par sa déclaration sur l’Algérie après la remise du prix Nobel. Mouloud Mammeri va plus loin il décortique le cheminement de pensée de Camus qui écrit est un écrivain d’envergure internationale né en Algérie ; Lui déniant de ce fait de se proclamer Algérien Pour Mourad Bourboune Camus est « un très grand écrivain français, empêtré dans ses contradictions, souffrant et avançant sur un chemin de ronces » et conclut un article qu’il lui consacre par ces mots : « sans rancune et sans amertume, il est, pour nous, devenu l’Étranger ». (2)

Dans le même ordre une interview qui résume à elle seule le ressenti d’écrivains algériens vis à vis de l’européen d’Algérie que fut Albert Camus Nous lisons :

«Je sais très bien quel argument pourraient opposer à Camus enfin le petit nombre de personnages algériens qui apparaissent dans ses œuvres et qui ne sont toujours peut être vues sous le meilleur angle. Enfin je pense à « l’Etranger » quand je pense à autre chose , au fond c’était je crois une preuve de sa sincérité profonde , parce que le personnage de Camus si grand qu’il ait été ne pouvait échapper à sa condition objective. Enfin sa condition objective était la suivante ; C’est ce qu’il est convenu d’appeler un pied noir bon français . Quel que soit l’effort intellectuel ou idéologique enfin qu’il faisait pour dépasser ce que cette condition avait d’astreignant , il ne pouvait pas ne pas en être, si j’ose dire enfin ne pouvait pas faire qu’il ne soit pas malgré tout un fils de petits blancs de l’Algérie.

Or dans cette optique particulière qui je crois a été assez onirique de la société coloniale avant 1962, les personnages algériens n’intervenaient pas tellement dans leur réalité que comme élément de décor. C’est le fait qu’on a imposé par exemple à tous le même prénom Ahmed et à toutes les femmes le même prénom Fatma. Je crois que c’est une caricature mais quand même une image de l’idée que se faisait la société pied noir de la société algérienne réelle.(…) En réalité sa vie profonde n’était pas la leur qu’on le veuille ou non il y avait une espèce de rideau qui séparait les deux sociétés. » (3)

Avec des mots choisis et moins clivants même le sage Mouloud Feraoun s’est ému de la condition des Arabes dans les romans d’Albert Camus !

« Albert Camus était sans doute prisonnier de stéréotypes coloniaux Son point de vue est marqué d’une sorte de cécité : sa méconnaissance de la langue arabe et de l’islam, ses préventions grandissantes à l’égard du panarabisme de Nasser, puis sa haine du FLN ont fait que, malgré ses liens avec des amis arabes, il n’a pas saisi l’acuité de ce qui se passait en Algérie. Albert Camus avait le 23 août 1944 fait l’éloge des Français qui s’étaient levés contre l’occupant allemand :

« Un peuple qui veut vivre n’attend pas qu’on lui apporte sa liberté. Il la prend » Mais il s’est toujours refusé à mettre le nationalisme algérien sur un pied d’égalité avec le patriotisme des résistants français (…)il revient à Feraoun d’avoir, le premier, mis le doigt sur l’absence des indigènes dans l’œuvre de Camus, Dans une lettre datée du 27 mai 1951 et expédiée de Taourirt Moussa où il est en poste, il écrit à Camus : « J’ai lu La Peste et j’ai eu l’impression d’avoir compris votre livre comme je n’en avais jamais compris d’autres. J’avais regretté que parmi tous ces personnages il n’y eût aucun indigène et qu’Oran ne fût pour vous qu’une banale préfecture française. » « Oh ! ce n’est pas un reproche. J’ai pensé simplement que, s’il n’y avait pas ce fossé entre nous, vous nous auriez mieux connus, vous vous seriez senti capable de parler de nous avec la même générosité dont bénéficient tous les autres. Je regrette toujours, de tout mon cœur, que vous ne nous connaissiez pas suffisamment et que nous n’ayons personne pour nous comprendre, nous faire comprendre et nous aider à nous connaître nous-mêmes. » (4)

 « Les   contrebandiers de l’histoire à l’envers

Il est connu que beaucoup d’écrivains maghrébins off shore pour reprendre une expression qualifiant ces élites ayant largué les amarres  avec leur pays d’origine,  ne résistent pas à la corruption des idées distillées par les anciennes puissances coloniales pour se créer des contrefeux au sein même des peuples auparavant colonisés. Il en est ainsi en Tunisie de l’écrivain Abdelwahab Meddeb qui plaidait pour un Islam sans aspérité laïco-compatible ; au Maroc de Tahar Bendjelloun appelé l’Arabe de service au sein des maisons d’édition avant que le Prix Goncourt ne lui ouvre la porte des salons littéraires qui font et défont les carrières. Il se trouve cependant des auteurs qui résistent comme l’écrivain tunisien Yamen Manaï son dernier roman « L’amas ardent » traite de la révolution tunisienne. Ce roman édité en Tunisie a été récompensé par plusieurs distinctions dont le Prix des cinq continents de la Francophonie en 2017

Pour Rachid Boudjedra l’écrivain bien connu, héritier s’il en est de Kateb Yacine, Rachid Boudjedra ne trouve aucune excuse à toute la littérature ambiante en relation avec l’histoire de notre pays.:

«Ces écrits, pour la plupart, sont médiocres. Je réagis à ceux qui falsifient notre Histoire. On est dans une écriture nombriliste». Avec Les Contrebandiers de l’Histoire, sa réaction est implacable, voire brutale.: «Dans ce livre, je réagis à ceux qui falsifient notre Histoire et qui donnent une fausse image de notre pays. il existe D’après lui chez certains Algériens «une tendance de la haine de soi». (5)

« Rachid Boudjedra écrit Farouk Lamine, est un écrivain qui ne connaît pas la langue de bois Les réactions de certains auteurs visés par la critique ont été fortes : Revenons au livre de Boudjedra. Parmi les reproches qu’il fait à Kamel Daoud il y a sa désolidarisation de la Palestine, « la Palestine n’est pas mon problème », dit-il. Ce que Kamel Daoud refuse en vrai, c’est l’indignation sélective. Concernant Boualem Sansal, Boudjedra a bien répondu aux graves accusations que porte son roman Le village de l’Allemand et qui laisse entendre que l’ALN était une armée nazie, en raison d’un nombre de soldats nazis qui, ayant fui ou déserté l’armée du III Reich lors de sa défaite en Lybie, avaient trouver refuge dans des pays d’Afrique du Nord. Boudjedra montre que la majorité des allemands qui s’étaient réfugié en Algérie étaient plutôt des communistes qui avaient fui l’Allemagne nazie à l’instar de Wilfried Muller, devenu plus tard ministre dans l’Algérie indépendante, qui a fait déserter des milliers d’anciens soldats nazis des bataillons de l’armée française. (…) On voit bien le ridicule de ces accusations. Sansal continue tout de même ses falsifications en comparant dernièrement les terroristes de Daech au FLN.» (6)

« En ces temps confus, lit on sur une autre publication où s’élèvent, dans notre Algérie post-coloniale, des voies appelant à la trahison de l’idéal de la révolution de Novembre. En ces temps tristes marqués par la félonie et la lâcheté de nos « intellectuels », Rachid Boudjedra brise le silence pour dénoncer les contrebandiers de notre Histoire. Après Ahmed Bensaada qui a dévoilé le rôle d’informateur indigène joué par Kamel Daoud dans son livre « Kamel Daoud : Cologne, contre-enquête » c’est au tour de Rachid Boudjedra de dévoiler avec courage « l’idéologie de Harki » de certains intellectuels algériens qui dénigrent l’Algérie dans leurs « œuvres destructrices » au profit d’un néocolonialisme francophile. Dans son essai, « Les contrebandiers de l’Histoire », C’est ainsi que, dans leurs « œuvres » tous ces « intellectuels » acquis à cette idéologie, affichent sans honte « leurs regrets amers de n’être plus « les enfants de la patrie française », « … mais aussi leur terrible nostalgie et leur malheur inconsolable de n’être plus que des citoyens algériens ». (7)

« L’auteur dresse, à travers la liste de ces contrebandiers, une chronologie qui remonte aux années 70s. Une chronologie de cette idéologie algérienne du déni, qu’il n’hésite pas à nommer une « idéologie de Harki » dans la production intellectuelle et artistique. Boudjedra rappelle que depuis « Le serment des barbares » , « Sansal posait déjà ses pions pour installer, subrepticement et malicieusement, une littérature du déni de soi ». Nous comprenons ainsi aisément le parallèle honteux que fait Sansal, dans un article paru dans le Monde, entre l’attentat terroriste de Nice en 2016 et celui du Milk bar pendant la bataille d’Alger. Enfin, Boudjedra rappelle que les défenseurs de Sansal sont BHL, Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, André Glucksmann et Pascal Bruckner, et sans surprises Sansal et ses livres sont les bienvenus chez les sionistes… » (7) (8)

S’agissant de Yasmina Khadra, et de l’ouvrage  » Ce que le jour doit à la nuit », Boudjedra reproche à l’auteur d’avoir déformé la réalité coloniale dans son roman ce que je jour doit à la nuit où il se fait lui aussi le défenseur fervent de la cohabitation heureuse et enchanteresse entre les Français et les Algériens Boudjedra déplore, surtout, la récupération faite par l’autre. Le roman a été adapté au cinéma par un réalisateur « pied-noir et plutôt sioniste. » (7) (8)

 « Dans son livre paru en 2016, « Je n’ai qu’une langue, elle n’est pas la mienne » Kawther Harchi professeur à la Sorbonne écrit à propos de l’ouvrage de Kamel Daoud : «  »Meursault contre-enquête » était en fait une commande et qui a été véhiculés par les éditeurs ; Ce roman a deux versions : Une version algérienne où Camus est quelque peu bousculé et une autre version française où il fait l’éloge de cet écrivain lui qui a toujours milité contre l’indépendance de l’Algérie » ‘ Les contrebandiers p. 107 Boudjedra déplore l’hypocrisie de Daoud «  Daoud qui nous fait le coup de Camus plus algérien que n’importe quel algérien et grand ami des arabes » «Camus, qui avait une attitude raciste envers les arabes ».(7) (8)

Yasmina Khadra  reste une  énigme  féconde

De quel côté qu’on essaie de mettre en équation Yasmina Khadra et le cristalliser dans une case, il nous échappe, on s’aperçoit qu’il nous manque toujours un paramètre, une variable pour que la fonction converge. Aujourd’hui encore, son passage au Centre culturel algérien, est considéré comme une caution à un régime en mal de légitimité. Se défendant d’une façon maladroite, il met du sel sur la plaie en affirmant que ce qu’il perçoit en tant que directeur du Centre Culturel – ce qui n’est pas rien- est le dixième de son cachet avec son éditeur ! Ainsi, on peut le taxer d’être mégalomane, victime du mythe de Prométhée, narcissique, voire méprisant avec il faut le reconnaitre un langage dur mais au combien incisif. Je crois pouvoir dire qu’il est capable du meilleur – ce qu’il sait bien faire avec le style de ses ouvrages- mais aussi du pire quand il s’attaque à des causes qui le démonétisent malgré tout comme cette loufoque caravane Camus qui n’était pas la chose la plus inspirée pour rapprocher les peuples connaissant les positions sans concession de Camus certes immense écrivain, mais dont l’Algérie était à des années lumières des Arabes nous sommes.

Certes, il a besoin d’attirer la lumière c’est son oxygène son carburant, il ne comprend pas cette ghettoïsation des milieux littéraires parisiens. « Il est lui-même en lutte contre l’institution littéraire parisienne qu’il a « osée dénoncer » et qu’il accuse de ne pas reconnaître ses efforts et de l’avoir disqualifié malgré un succès prouvé en librairie. « Je ne cours pas après les prix, mais j’estime mériter une reconnaissance », ». (9)

Il est possible que si Yasmina Khadra fasse sa reddition en rase compagne concernant ses principes , il a des chances d’être adopté par ceux qui tirent les ficelles de ce que doit lire, écrire et penser les français. Yasmina Khadra n’a pas eu la vie facile en tant qu’auteur à succès, jalousé par d’autres écrivains dont le plus virulent est Tahar Benjelloun. Yasmina Khadra écrit à ce propos : :

« Quand vous avez un écrivain de renom, connu dans le monde entier, Prix Goncourt, membre influent de l’Académie Goncourt qui s’appelle Tahar Benjelloun, qui raconte partout depuis vingt ans que je suis un imposteur, que ce n’est pas moi qui écris mes livres et qu’il connaît mon nègre, et, à travers ça, trouve toutes sortes d’affabulations (…) J’ai écrit ce livre pour rassurer les miens”, a lancé l’écrivain algérien dans l’émission Maghreb Orient-Express. (…) Il a, par ailleurs, tenu à rassurer ses lecteurs en affirmant préférer “l’honnêteté et la bravoure à la polémique”. Le boycott qu’il aurait subi de la part de “l’ensemble des institutions littéraires françaises et des jurys”, notamment pour son dernier roman Le Sel de tous les oublis (Julliard, 2020), a été, manifestement, l’incartade de trop qui a poussé Yasmina Khadra à s’épancher sur le sujet ». (10)

A juste titre, Tahar Bendjelloun est bien mal placé pour donner des leçons Pour Rachid Boudjedra Tahar Benjelloun a toujours été pour moi depuis qu’il a eu le Goncourt en 1987, l’Arabe de service il a abandonné le groupe Illa al Amam et la revue Souffle, laissant derrière lui le poète Abdellatif Laabi et ses compagnons arrêtés et torturés t envoyés dans des bagnes terrifiants. » (8) (p.100)

Yasmina Khadra  s’est attiré les foudres des embusqués derrière leurs claviers , sans doute de bonne foi .

« Jamais lit on sur cette contribution, peut-être un écrivain ou intellectuel algérien n’a fait l’objet d’autant de passions et de tiraillements. Quand il se fait recevoir par l’ambassadeur de France en Algérie, c’est l’occasion rêvée pour lui régler son compte. « J’ai été reçu par des chefs d’Etat, des altesses royales, des ministres, des gouverneurs, des prix Nobel, des stars de Hollywood, des maires, des ambassadeurs, des génies planétaires, des magistrats emblématiques, des icônes algériennes, et des célébrités formidables de par le monde », « J’ai épuisé mon stock d’indulgence » Dans ses romans, il dénonce tant le fanatisme religieux que les injustices qui le nourrissent, comme la situation du peuple palestinien ou l’invasion américaine de l’Irak. Ceux qui n’ont pas de raison idéologique ou politique de s’en prendre à Yasmina Khadra, l’attaquent sur sa personnalité, dénoncent son « arrogance ». (11)

Ce que j’apprécie en Yasmina Khadra : L’intérêt pour le Récit National

Ce qui fâche d’une façon récurrente dans le discours de Yasmina Khadra, est le fait de croire au mythe de Prométhée, celui-ci  capable d’arracher le feu aux Dieux. Peut être qu’un peu plus de modestie siérait. Il est vrai qu’il n’a pas prêter allégeance longtemps  aux sirènes du pouvoir , misant à corps perdu et avec bonheur  à celles du savoir  Son passé pourtant ne le prédisposait pas. L’écrivain est un ancien officier de l’armée algérienne qui a su  garder la tête froide .Il ne veut pas être un mouton de Panurge qui obéit aux manipulateurs qui lancent le qui tue qui voulant de ce fait démonétiser l’armée algérienne. C’est donc un personnage à part, qui tient à ses princiipes.

Malgré le lynchage médiatique qui n’a pas lieu d’être  le débat d’idée aurait pu être plus serein et au-delà de son talent que beaucoup apprécient, il est deux idées intéressantes qui me donnent la conviction que Yasmina Khadra malgré ses airs de je sais tout , je suis le meilleur, est tout de même un intellectuel soucieux de l’avenir du pays . Pour avoir même dans plusieurs de mes écrits appeler à une fondation d’un roman National je suis heureux de lire que Yasmina Khadra partage la même inquiétude que moi depuis de longues années , étant convaincu que tout revient à une société apaisée du vivre ensemble.

Je partage l’inquiétude de Yasmina Khadra :

« Ce qui manque le plus à notre nation, c’est l’algérianité comme socle et réceptacle sacrés. C’est-à-dire, ce qui nous définit en tant que nation. Or, cette fierté collective, commune, est supplantée par les références régionalistes et la rivalité chimérique et stérile de leurs influences. Chaque douar chante son chantre au détriment de ce qui n’est pas de la dechra, et qu’importe si c’est la fierté nationale qu’on disqualifie. De cette façon, ce n’est plus le génie qui rassemble, mais le troubadour local qui fracture et morcelle. Avec cet esprit tribaliste, il n’est pas sûr que nous puissions nous relever de nos décombres sans casse supplémentaire. La logique voudrait que le meilleur soit sanctifié. La déraison s’entête à ramener la gloire à son strict chauvinisme. Or, le chauvinisme n’est que fanfaronnade et exhibitionnisme obscène. Lorsqu’une élite se ligue contre celui qui la représente le mieux, on ferait mieux de passer son chemin car il n’y a plus rien à voir ». (12)

Dans un autre texte assez intéressant :

« L’Algérie refuse crânement de couler » sur le premier jour de l’indépendance même avec quelques approximations Yasmine Khadra décrit la joie de sa famille à Casablanca le jour de l’indépendance. Extraits : « (…)Aujourd’hui, soixante ans plus tard, nous continuons de chercher nos repères ». Cette phrase anodine dénote de sa part une perspicacité majeure celle d’en appeler à la nécessité d’un Projet de Société seul socle pérenne qui nous permette de dérouler un récit national fédérateur » (12)

Le souci du développement durable  de Yasmina Khadra

Sur les échecs de l’humanité et les défis du futur, Yasmina Khadra m’a aussi favorablement impressionné en parlant de la volonté de puissance et de l’hubris de l’homme :

« l’échec de l’humanité réside dans son impunité. L’Homme se conduit en tyran tout-puissant qui ne respecte ni la nature ni la vie. Depuis la nuit des temps, il veut tout dominer, tout adapter à sa démesure. Il se considère comme un être à part, le seul doté de raison — une raison à laquelle il renonce d’emblée dès que son intérêt immédiat se déclare quelque part. Son intelligence l’élève au rang d’un dieu qui se conduit en vandale agissant comme bon lui semble.

Défendant l’alma mater, que constitue la Terre, il ajoute :

« Regardez ce qu’il inflige à la planète — la seule vivante dans la galaxie — à ce jardin suspendu dans le gel sidéral. L’Homme ne se rend même pas compte de la chance qu’il a, du privilège que la nature lui accorde. Il s’évertue, avec une effarante ingratitude, à martyriser la terre nourricière, à polluer les mers, à exterminer des espèces animales par contingents. On dirait un buffle lâché dans un magasin de porcelaine. Cupide, il rafle tout ce qui se présente, quitte à ne laisser qu’un monde sinistré aux générations futures. Il est un péril omnipotent qui livre une guerre abominable à tout ce qui est censé l’émerveiller et le préserver, y compris son semblable. Les défis qui s’imposent à lui ne le sauveraient pas de lui-même. Seule la nature saura le rappeler à l’ordre, une fois pour toutes. Un misérable virus, invisible à l’œil nu, a mis sous scellés l’humanité entière. Qu’en serait-il de la révolte des éléments et des animaux ? » (12)

Conclusion 

J’accorde mille fois plus de crédit au ressentit d’un Kateb Yacine, d’un Mouloud Mammeri d’un Mouloud Feraoun ou d’un Mourad Bourboune qui ont vécu dans leur chair la colonisation et le racisme au quotidien  qu’à ceux qui veulent à travers Camus réhabiliter pour leur carrière personnelle bon vieux temps des colonies dans l’espoir d’être bien en cours ce qui permet de compenser à la fois les insuffisances intrinsèques et de réaffirmer l constamment l’allégeance à cette doxa en vain. Si on devait être reconnaissant, nous devons l’être à toutes celles et ceux européennes et européens qui ont eu à coeur l’Algérie à juste leur patrie. Les mots suivants de Jules Roy colonel de réserve né dans laMititdja qui a été du côté de la justice et de la dignité en écrivant notamment un bel article sur le premier jours de l’indépendance tout en finesse, le 5 juillet 1962 pour le compte du journal l’Express. Jules Roy au contraire de Camus ne parle pas des « Arabes » au contraire, il dit honnêtement ce qu’il pense de la lutte du peuple algériens pour la dignité:

« Si j’étais musulman, je serais du côté des « fellagha ». Je ne suis pas musulman, mais je suis algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur. ».

Parmi nos écrivains off shore , Yasmina Khadra a voulu préserver  son libre arbitre , il en paye indirectement le prix . Excommunié de la bien pensante intelligentsia parisienne, exclus du Prix Goncourt qu’il mérite au vue de la production qualitative de ceux qui l’ont eu au prix de l’indignité .Ceci dit ce qui manque à nos auteurs en général c’est l’humilité Yasmina Khadra ne peut pas parler de 60 ans de gabegie alors qu’à des degrés divers, il a évolué à la fois dans le cadre militaire ENCRK puis Cherchell puis carrière toute faite. Il ne peut pas non plus parler de quinquennats de corruption, on ne peut pas mettre tout le monde sous la même étiquette et s’il faut parler de règne mafieux, l’honnêteté intellectuelle aurait été de signaler le compagnonnage avec le règne mafieux Il était donc utile de nuancer. L’affaire Camus est pour nous la plus problématique, car aussi bien lui que d’autres ont voulu réhabiliter Camus et on sait ce qu’ont pensé de lui Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun qui s’est insurgé notant que pour Camus, l’Arabe fait partie du décor, les situations décrites ne le concernent pas…

Par contre Yasmina Khadra parle d’un problème de fond, le projet de société que je traduit par le Roman ou le Récit National que nous devons mettre en oeuvre pour couper court à l’aventure à partir du moment où le consensus sur l’algérianité, est adopté et surtout mis en œuvre dans toutes nos actions au quotidien . Arriver à cette construction de ce qu’est une nation le  désir d’être ensemble comme l’écrit si bien Renan. Je suis sûr que Yasmina Khadra aura la reconnaissance du plus grand nombre s’il décidait de décrire sous forme romancée le roman national L’histoire d’un pays , est construite comme toute histoire de nation sur des mythes fondateurs, c’est la Louve romaine en Italie, c’est Jeanne D’arc en France, c’est plus près de nous la destinée manifeste des Etats Unis. Pour un récit généreux qui s’étale sur 30 siècles, nous avons des choses à dire.

Que cherche en définitive Yasmina Khadra ? La notoriété dans son espace à la marge de la vie culturelle française il l’a ! Que recherche-t il d’autres ? En Algérie il a un lectorat ! On peut comprendre son ambition légitime d’être reconnu, c’est son droit, mais il ne peut pas le faire sur le dos de la souffrance d’un peuple avec un solde de tout compte avec le roman la nuit et le soleil où il décrit le bon temps des colonies. Il n’a pas besoin de cela ! L’aplatventrisme n’est pas dans ses gênes.

Si je puis me permettre de lui donner un conseil :

N’oubliez pas vos fondamentaux. Vous n’avez pas besoin de cela et votre pays vous sera reconnaissant de le porter haut et fort . Je suis sûr que le macrocosme parisien sera un jour obligé de reconnaître votre talent avec pourquoi pas un Prix Nobel à la clé mais de grâce soyez patients, et surtout humbles vis-à-vis-à-vis de vos concitoyens et de cette Algérie profonde en définitive votre alma mater.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

 

Notes :

1.Edward Saïd : Albert Camus, ou l’inconscient colonial. https://www.monde-diplomatique.fr/2000/11/SAID/2555

2. https://books.openedition.org/apu/2521?lang=fr

3.https://fb.watch/eINXxK1KYH/

4.https://histoirecoloniale.net/Albert-Camus-et-les-ambiguites.html

5.https://www.lexpressiondz.com/culture/les-contrebandiers-de-lhistoire-303378

6.Farouk Lamine https://blogs.mediapart.fr/farouk-lamine/blog/201117/autour-du-pamphlet-de-rachid-boudjedra-les-contrebandiers-de-l-histoire

7.https://decolonizingalgeria.wordpress.com/2018/12/15/revue-du-livre-les-contrebandiers-de-lhistoire-de-boudjedra/

8.« Les contrebandiers de l’histoire » essai de Rachid Boujedra, éditions FrantzFanon, 2017

9. http://sedia-dz.com/portal/revue-de-presse/yasmina-khadra-%C3%A0-oran-1

10.Yasmine Azzouz    https://www.liberte-algerie.com/culture/yasmina-khadra-demasque-benjelloun-353645 06 Février 2021

11.https://olcnbvc4jz.com/yasmina-khadra-nul-nest-prophete-en-son-pays/

12.Amar Ingrachen 26 mai 2020 https://algeriecultures.com/interviews/en-algerie-le-genie-ne-brille-pas-il-brule-yasmina-khadra/

 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2022

Dans ALGERIE

BRICS : LE "PUTSCH" ALGERIE !

Par Le 04/08/2022

Une adhésion de l'Algérie aux BRICS .... un plus pour les anti Empire

Thursday, 04 August 2022 2:00 PM  [ Last Update: Thursday, 04 August 2022 2:00 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

13 pays, en plus des cinq pays membres, ont participé au 14e Sommet des BRICS qui s’est tenu le 23 juin dernier. Après l’Iran, qui a déjà présenté sa candidature, l’Algérie va-telle intégrer l’organisation ? Cinq chefs d’Etat africains ont participé au Sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) jeudi dernier. Si la présence de Cyril Ramaphosa est logique, quatre autres leaders africains ont également participé au sommet diplomatique : Abiy Ahmed (Ethiopie), Abdel Fattah al-Sissi (Egypte), Macky Sall (Sénégal) et Abdelmadjid Tebboune (Algérie). Que se passe-t-il au juste? Cela fait déjà trois ans que les analystes évoquent la possibilité que l’Algérie se joigne à cette structure émergente. Et le 14e Sommet des BRICS a bien révélé des surprises : l’Iran a déposé sa candidature, appuyé par la Russie avec qui il constitue déjà un duo de choc anti sanctions. Puis l’Argentine, également présente, serait intéressée rien que pour son poids géographique en Amérique latine. Et bien l’Algérie, pour sa part, pourrait bien être le second pays africain à franchir le pas. En effet, le président Tebboune  a rappelé, lors de son discours au Sommet des BRICS, « l’impératif de veiller à l’instauration d’un nouvel ordre économique où règneront parité et équité entre pays » : « Nos expériences passées nous ont montré que le déséquilibre enregistré sur la scène internationale et la marginalisation des pays émergents au sein des instances mondiales constituaient une source d’instabilité, de manque d’équité et d’absence de développement », affirme le président de l’Algérie.

Tebboune évoque la possibilité que l'Algérie rejoigne le groupe BRICS

Il est vrai que la présence de l'Algérie, allié de la Russie et partenaire de la Chine ramène du « sang frais » pour les BRICS surtout qu'il s'agit d'un poids lourd anti système néolibéral. Le président chinois Xi Jinping y est d'ailleurs presque revenu quand il a déclaré : « Nous devrions rejeter les jeux à somme nulle et nous opposer conjointement à l’hégémonie et à la politique de puissance . L’apport de sang frais insufflera une nouvelle vitalité à l’intégration des BRICS et augmentera sa représentativité et son influence », a fait remarquer le chef d’Etat chinois.

Le mardi 28 juin, deux sorties des ministères des Affaires étrangères d’Iran et de Russie avaient permis aussi  de confirmer la candidature officielle de Téhéran à rejoindre les BRICS, le début des démarches par Buenos Aires, et le soutien de la Russie à ces dernières. « Alors que la Maison blanche réfléchit à ce qu’elle va saboter, interdire ou gâcher encore dans le monde, l’Argentine et l’Iran ont demandé à rejoindre les BRICS », avait alors annoncé la porte-parole de la diplomatie moscovite, Maria Zakharova. En ce qui concerne l’Algérie, une future candidature pour les BRICS aurait tout son sens, surtout après l’Iran. Pour rappel, l’Algérie a été le premier pays de la région Mena à intégrer l’initiative des nouvelles routes de la soie de la Chine. C’est également le pays africain avec la plus grande diaspora chinoise avec un volume d’échange avec la Chine classé à la 7e place en Afrique,  une Algérie qui  la première cible des investissements directs chinois sur le continent.

L’autre puissance mondiale membre des BRICS, la Russie, compte Alger comme son premier partenaire africain dans l’armement, les énergies, l’éducation et la culture. Les occidentaux ont trop tenté, tout comme pour le cas de l'Iran de faire croire à une rivalité énergétique Algérie/Moscou les deux pays ont démystifié tout cela à coups de nouveaux accords de défense, d’armement et de visites bilatérales.

Ce double coup de l'Algérie qui a fait regretter aux Yankee leur African Lion

One, two, three… et l’économie ?

C'est en 2018 déjà que les experts ont parlé de la théorie de l’adhésion algérienne aux BRICS. Ils considéraient que le partenariat avec la Chine « donnait ses fruits » et permettrait à terme de « relier l’Asie et l’Afrique ».  la Transsaharienne et les autres projets phares entre la Chine et l’Algérie ont permis  l’entrée de l’Algérie dans le groupe des « nations émergentes ». L’Algérie a la possibilité d’intégrer les BRICS avant 2030 d'autant que la Conférence diplomatique a, avant tout, des enjeux économiques. A ce niveau, l’Algérie poursuit la même stratégie que les autres pays du bloc à savoir un marché stable grâce à une sûreté du territoire infaillible, de grandes réserves de devises et une diplomatie souverainiste appuyée par une grande puissance militaire. L’Algérie est également une puissance énergétique dont la production et les revenus (gaz, pétrole, fer, phosphates et ciment) sont majoritairement contrôlés par l’Etat. Sur le plan financier et commercial, l’Algérie a fait flotter sa monnaie pour la dernière fois en 2011. Et malgré la chute des réserves de devises, elle reste la première en Afrique avec 174 tonnes d’or et plus de 43 milliards de dollars de réserves, où elle dépasse respectivement l’Afrique du Sud et l’Angola. Quant aux échanges commerciaux, l’Algérie est le 5e pays africain exportateur et le 3e pays importateur. Loin d’être une économie fermée, donc, en dépit des clichés.

L'entité sioniste vient-elle de perdre d'avance la guerre qu'elle se prépare à déclencher contre Alger?

Une hésitation de l’Algérie qui s’explique

Puis Rejoindre le bloc des pays émergents a ses avantages.  L’un des atouts du groupe d’Etats est la facilité des échanges dans le secteur pharmaceutique. Et renforcer le partenariat dans la lutte contre les maladies virales sera, selon les dirigeants de l’Inde et de la Chine, une priorité pour les BRICS.

Puis  les BRICS représentent 42% de la population et cumulent plus que la moitié de la croissance économique dans le monde. Pour l’Algérie, les expériences passées ont montré les difficultés de l’intégration régionaliste. Les rapports avec la France et l’Espagne, par exemple, changent souvent et rapidement. Il en est de même avec les pays arabes, si Alger ne cesse de se rapprocher des pays du Golfe, de l’Egypte et de la Libye, l’Etat maghrébin ne partage que très peu d’accords de coopération avec ces derniers.D’un autre côté, l’Algérie a une vision diplomatiques en Afrique et en Méditerranée, congrues avec la vision des BRICS. Entre autres : le transfert technologique dans le secteur énergétique, non-alignement avec l’Occident et prédominance des rapports gagnant-gagnant avec les pays qui ne sont pas des voisins immédiats.

Action préventive : en moins de 15 jours, l'ANP s'installe aux portes d'Israël ...

Enfin, il ne fait pas de doute qu’Alger observe avec attention les conséquences des tensions entre la Russie et l’Occident. L’OTAN qui s’est improvisé gendarme du monde ne cesse de s’étendre. L’Algérie, elle, « continue d’adopter une politique de neutralité et veille à s’exclure des tensions qui opposent les différentes parties », selon le chef des états-majors Saïd Chengriha. L'adhésion à un bloc anti empire permettra à cette neutralité qui est à vrai dire une prise de position pour la politique de non ingénrence si chère aux Occidentaux de perdurer et de perdurer dans des conditions optimales. 

http://french.presstv.ir/Detail/2022/08/04/686763/Liban-Nasrallah-Karish-Drones-Missiles-Isra%C3%ABl-Champ-gazier-Menace-Navires-europ%C3%A9ens-

Dans ALGERIE

PLAIDOYER POUR UNE ALGERIE ARRIMEE A LA LOCOMOTIVE BRICS

Par Le 27/07/2022

Plaidoyer pour une Algérie arrimée à la locomotive BRICS

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 25 juillet 2022

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«Le voyage de mille lieues a commencé par un pas.» Lao Tseu

« Les journaux regorgent des mêmes discours galvaudés d’intellectuels convaincus que les 12% de la population mondiale vivant en Occident peuvent continuer à dominer les 88% d’individus vivant ailleurs. »

 Kishore Mahbubani (Le défi asiatique Ed. Fayard 2008)

Résumé 

Cette phrase  du diplomate singapourien sans appel du diplomate singapourien, Kishore Mahbubani, résume plus que cent discours le mépris infondé, bâti sur une réputation surfaite de l’Occident et de son bras armé, L’OTAN . Nous allons rendre ocpte de trois réunions , le G7, l’OTAN et les BRICS autant les deux premières ont pour idéologie comment continuer à dominer le Monde, celle des BRICS est de proposer d des voies et moyens d’assurer un développement harmonieux loin e toute velléité guerrière. Quand le G7 se réunit  fin juin c’est pour sanctionner menacer voire mettre en place des stratégies de maintien de l’ordre impérial unipolaire avec un Empire et ses vassaux. Nous le voyons avec la débâcle de la vieille Europe qui va au devant des problèmes d’énergie difficiles  Pendant ce temps l’Empire vend son gaz de schiste et n’est pas concerné.  Ainsi  Jeudi 23 juin s’est tenu à Pékin, en visioconférence le quatorzième sommet des pays membres du Brics : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud. Vladimir Poutine a appelé les Brics à coopérer face aux « actions égoïstes » des pays occidentaux. Nous allons décrire la force tranquille que représente les BRICS partisans du respect de chacun et du doux commerce. Nous donnerons quelques pistes de réflexion du nécessaire aggiornamento de l’Algérie. Il est temps qu’elle connaisse ses intérêts et qu’elle procède à des ruptures en tournant le dos graduellement à des positions qui n’ont plus court dans un monde de la guerre de tous contre tous

Qui sont ces BRICS ?

En 2001, un économiste de Goldman Sachs, Jim O’neill, affirmait  que les économies du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine étaient appelées à connaitre un développement rapide, donnant ainsi naissance à l’acronyme BRIC,   vingt ans plus tard, ces pays ont connu une ascension fulgurante dans l’économie mondiale. Entre 2000 et 2008, la croissance des BRICS est nettement supérieure à celles des pays développés. Les BRICS, 5 pays mais plus du tiers de la population mondiale représentent 41 % de la population mondiale, 24 % du PIB mondial et 16 % du commerce mondial. Le sommet est accueilli par la Chine en mode virtuel et a pour thème « Favoriser un partenariat de qualité entre les BRICS, ouvrir une nouvelle ère pour le développement mondial« .  Trois des cinq BRICS font partie des dix premières puissances économiques mondiales en termes de PIB La Russie est 11e alors que l’Afrique du Sud, est entre le 32e et le 35e rang selon les classements. Aujourd’hui, elles totalisent un PIB de près de 20 000 milliards d’euros et comptent près de 3,1 milliards d’habitants, soit  42,1 % de la population mondiale.  En 2018, la Chine y occupe la deuxième place, suivie de près par l’Inde (7e place), le Brésil (9e place) et la Russie (12e place). L’Afrique du Sud occupe quant à elle la 32e place. Les BRIC’S, surtout la Chine, ont nourri leur croissance grâce à leur force industrielle. Dans ce contexte, la croissance des BRICS a été stimulée par un formidable essor des exportations. En 2010, la Chine est ainsi devenue le premier exportateur de marchandises du monde devant les États-Unis. Par ailleurs, la faiblesse des coûts de production de la Chine, de l’Inde et du Brésil a exercé une véritable  force d’attraction pour les investissements directs étrangers (IDE) en provenance des autres pays du monde. La pérennisation de la croissance des BRIC’S repose aussi sur le développement de la consommation domestique ainsi que sur la prise en compte de facteurs sociaux et environnementaux. » (1) 

Un événement important a eu lieu  pour accompagner les ambitions des BRIC’S, il s’agit de la décision de la mise en place d’une banque d’investissement. Les besoins en infrastructures sont « considérables, environ 4 500 milliards de dollars [3500 milliards d’euros] au cours des cinq prochaines années ».Les négociateurs travailleraient sur un apport de la Chine pour 41 milliards de dollars, du Brésil, de la Russie et de l’Inde pour 18 milliards chacun et de 5 milliards pour l’Afrique du Sud. (…) Chinois et Brésiliens ont convenu que leurs banques centrales signeraient un accord d’un montant de 30 milliards de dollars, afin de commercer en real brésilien et en yuan chinois et de se passer de la monnaie américaine. Les échanges commerciaux au sein du BRICS ont augmenté de 28% en 2011 pour atteindre 230 milliards de dollars ».(2)  

Le budget militaire  des BRICS

Les pays du BRICS n’ont pas pour doctrine de terroriser leurs voisins Rien à voir avec l’arsenal du  G7 et les 700 bases américaines de par le monde. Selon le dernier rapport de l’institut international de recherche sur le paix de Stockholm (Sipri), les dépenses militaires mondiales on atteint, en 2020, 2 000 milliards de dollars. cela représente une augmentation de 2,6 % par rapport à l’année 2019.  Cinq pays représentent 62 % les dépenses militaires mondiales. avec un budget de 801 milliards de dollars, les Etats-Unis possèdent toujours le plus gros budget de défense dans le monde.  La Chine arrive en deuxième position avec les dépenses militaires estimées à 293 milliards de dollars. l’Inde occupe le troisième rang avec un budget de près de 76,6 milliards d’euros. Dans le suite de classement, de le 4e à le 8e place, on retrouve respectivement : le Royaume-Uni (68,4 mds $), la Russie (65,9 mds $), la France (56,6 mds $), l’Allemagne (56 mds $), l’Arabie saoudite (55,6 mds $). » (3) 

Le monde multipolaire en marche

Par ailleurs    Les BRIC’S n’ont pas pour vocation à s’immiscer dans les affaires des pays Il  il y a certains points communs, comme l’équilibre des relations internationales  et la multipolarité  Réunis à Pékin,  fin juin 2022 les BRICS refusent un monde unipolaire  « la  Le 14e sommet des BRICS  de fin juin  vient de se terminer par l’adoption d’un document déclaration de Beijing » qui consolide l’expérience des pays émergents et consacre la coopération comme accélérateur de la reprise économique mondiale et du développement durable. Bien qu’ils représentent ensemble 20 % du commerce mondial, les échanges entre eux se montent à 6 % seulement Pour cela, les discussions ont porté sur la structuration de chaînes d’approvisionnements sécurisées, dans le but d’atteindre les Objectifs du Millénaire de Développement Durable en 2030. La priorité universelle est l’éradication de la pauvreté. La Chine a atteint cet objectif, en 2020, abrégeant ainsi la souffrance de ces concitoyens vulnérables, 10 ans avant terme. Les BRIC’S  s’ouvre aux nouveaux membres et revendique d’avoir son mot à dire dans la gouvernance mondiale » (.4)  

« Les BRICS – veulent  augmenter leurs influences. Elles s’apprêtent  à accueillir de nouveaux membres: l’Argentine, le Nigeria, le Kenya et l’Indonésie sont candidats. Aujourd’hui, les cinq membres représentent 3,2 milliards de personnes, soit 42% de la population mondiale et 31% du produit intérieur brut (PIB) mondial. En réalité, un grand nombre de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud sont déjà connectés par le biais des nouvelles Routes de la soie, et leurs projets d’infrastructures sont financés par la banque des BRICS. L’Inde en est le plus grand bénéficiaire. «Sur les 30 milliards de dollars consacrés à 80 projets, 21 sont basés en Inde et concernent la mise en place d’infrastructures dans les domaines de la distribution de l’eau, des transports et de l’énergie, pour un montant total de 7,1 milliards de dollars», souligne le Global Times. Le premier ministre indien, Narendra Modi, participe en personne au sommet des BRICS. Un paradoxe, puisqu’il a aussi participé fin mai à une réunion des Quad, une alliance de coopération militaire formée des Etats-Unis, du Japon, de l’Australie et de l’Inde, à Tokyo, contre la Chine. » (4)

Les BRIC’S et le  G7 deux visions du monde

A côté des partisans du doux commerce et de la  paix avec des partenariats Winn Winn  les membres du  G7 sont  constamment sur le pied de guerre  pour maintenir à flot un titanic voué à se heurter à l’iceberg de la réalpolitik  qui est celui d’un nouveau monde où les pays du  Sud lèvent la tête. Presque parallèlement au rendez-vous des BRICS, le sommet du G7 (qui regroupe sept pays riches occidentaux) s’est tenu  du 26 au 28 juin à  Krün, en Allemagne . Il a été suivi d’une autre celui de l’OTAN  de  les 29 et 30 juin à Madrid.  Leur but est d’annonce de nouvelles sanctions contre la Russie mais aussi continuer le contentement de la Chine.  Pour le président Biden  qui veut mobiliser «  la communauté internationale » telle qu’elle est définit par l’Occident.

« La garantie de nos libertés face au parti communiste chinois est la mission de notre temps, et l’Amérique est parfaitement positionnée pour en prendre la tête parce que nos principes fondateurs nous en donnent l’opportunité. »

« Maintenant, il ne s’agit pas de confinement. Détrompez-vous. Il s’agit d’un nouveau défi complexe auquel nous n’avons jamais été confrontés auparavant. L’URSS était fermée hors du monde libre. La Chine communiste est déjà à l’intérieur de nos frontières. Nous ne pouvons donc pas faire face seuls à ce défi. Les Nations unies, l’OTAN, les pays du G7, le G20, nos capacités économiques, diplomatiques et militaires combinées sont sûrement suffisantes pour relever ce défi si nous les utilisons avec clarté et avec beaucoup de courage. »  

Le G7 représente le vieux monde qui a colonisé la planète durant 5 siècles et qui utilise des guerres multiformes pour tenter de résister à l’expansion du monde émergent. Avec plus de 3 milliards d’habitants, les BRICS comptent 40 % de la population mondiale. Il n’y aura pas de retour en arrière dans la revendication du partage des richesses. Depuis, le 1er janvier de cette année, 15 pays d’Asie (dont la Chine) ont crée la plus grande zone de libre-échange qui prévoit l’abattement des taxes douanières sur 90 % de leurs produits » (5).  

L’entêtement de l’Occident à vouloir gouverner le monde 

Le politologue Dimitry Orlov a analysé le  sommet du  G7 , il écrit : 

« Le principal spectacle de l’unité occidentale était censé être centré sur la réunion du G7 qui s’est tenue fin juin  dans un château allemand isolé, Les représentants des États-Unis, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, du Canada, de la France et du Japon étaient censés démontrer leur unité concernant les activités russes dans l’ancienne Ukraine. Le premier élément de cette action décisive a été la proposition américaine de sanctionner les ventes d’or russe, qui représente 10 % de la production mondiale totale. L’Allemagne, la France et l’Italie n’ont pas soutenu cette initiative courageuse, et la proposition est tombée comme un ballon de plomb. Le deuxième élément nouveau est la proposition de plafonner le prix du pétrole russe. Les modalités de plafonnement par le G7 d’un produit contrôlé par la Russie ont été laissées à l’appréciation des participants, qui n’en ont plus entendu parler.  Le sujet de l’Ukraine était une diversion accessoire, bien que très nécessaire, par rapport au thème principal initialement prévu de la réunion du G7 : la lutte contre le changement climatique. Ici, la plupart des discussions ont porté sur le retour à l’utilisation des combustibles fossiles. L’Occident   est occupé à rouvrir ses centrales électriques au charbon mises en veilleuse et à trouver suffisamment de charbon pour les alimenter. Pendant ce temps, l’agenda vert est jeté par la fenêtre.   Il a été rapidement admis que le G7 ne peut rien faire pour arrêter l’opération militaire spéciale de la Russie dans l’ancienne Ukraine » (6).  

Analysant le sommet de l’Otan, l’auteur écrit :

« Le sommet de l’OTAN, des 29 et 30 juin à Madrid,  qui devait également démontrer une unité de l’Occident contre la Russie . Elle ne s’est pas concrétisée. L’Allemagne et la France ont insisté pour préserver l’Acte fondateur sur les relations, la coopération et la sécurité mutuelles entre l’OTAN et la Fédération de Russie signé en 1997.  Sur le sujet très important de l’ex-Ukraine, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fait son discours habituel sur le soutien sans faille à l’Ukraine, mais personne n’a prononcé un seul mot en faveur de l’offre de garanties de sécurité réelles. L’OTAN lui offre un soutien non létal.  Au total, l’OTAN a semblé adopter une position parfaitement passive vis-à-vis de la Russie en ce qui concerne l’ancienne Ukraine. En réaction, les médias occidentaux ont préparé l’opinion publique à accepter l’idée d’un règlement de paix négocié dans l’ancienne Ukraine. La capacité des États-Unis à commander le monde entier est terminée. Le monde unipolaire est mort ; le monde n’est pas non plus multipolaire, il est non-polaire.   Regardez l’état de tous les grands projets occidentaux. L’idée d’une transition vers les énergies vertes pour lutter contre le réchauffement climatique est morte ; apparemment, le charbon est le nouvel hydrogène.  Le « Build Back Better » «reconstruire en mieux» s’est transformé en « Break Back Faster ». « revenir en arrière plus rapidement ».  

« La seule mesure concrète du G7  prise a été l’acceptation d’un plan d’infrastructure de 600 milliards de dollars pour favoriser les énergies vertes en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Il s’agit d’un geste symbolique destiné à contrer l’initiative chinoise Road and Belt. À cette fin, des représentants de l’Afrique du Sud, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Argentine et du Sénégal ont été invités au G7.  Même les pays les plus occidentalisés découvrent, un par un, que la voie américaine ne mène nulle part. Aujourd’hui, la question du maintien de l’unité de l’Occident se résume à une vieille question : « Si tous vos amis sautent d’une falaise, sautez-vous aussi ? » (6)

  De manière générale, les BRIC’S plaident pour une refondation des organisations internationales comme le Conseil de Sécurité de l’ONU et les organisations de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale) dans un sens qui reflète mieux l’émergence des nouvelles puissances et le caractère multipolaire du monde au XXIe siècle.   Lors du sommet du Brics en Chine, ils ont insisté sur la nécessité de réformer le Système monétaire international, de réviser la composition des Droits de tirage spéciaux La Banque mondiale a salué l’initiative prise par les pays du Brics de créer une banque de développement,   On le voit, le dollar n’est plus la sainte et intouchable monnaie d’échange. Les pays du Brics commencent à échanger dans leurs monnaies«(…) Le système post-Seconde Guerre mondiale de Bretton Woods est, désormais, officiellement mort, totalement illégitime. (…) Les pays du Brics misent de façon accrue sur le yuan comme leur monnaie alternative    (7) 

L’Iran  par son adhésion renforcerait  le poids des BRICS

On sait que plusieurs pays ont émis le vœu de rejoindre les BRIC’S Dans un rapport sur les avantages de l’adhésion de l’Iran aux BRICS, le site d’information Al-Monitor a souligné que l’entrée du pays dans la coalition rassemblant les grands pays émergents augmentera la valeur de ce groupe économique en raison de ses énormes réserves de pétrole et de gaz. Selon l’IRNA, ce site d’information aujourd’hui, se référant à la demande d’adhésion de l’Iran   a écrit :

«Selon les données du Fonds monétaire international (FMI), la Chine est la plus grande économie de ce groupe et représente plus de 70 % de la valeur totale des BRIC’S de 27 500 trillions de dollars, tandis que la part de l’Inde en tant que deuxième pays est de 13 %, et celles de la Russie et le Brésil représentent communément les 7 % restants. Se référant au discours virtuel du Président iranien, Ebrahim Raissi, lors de son intervention   à la réunion des BRICS où il a dit prêt Téhéran à partager ses vastes capacités et où il  « Avec le l’entrée de l’Iran au groupe, la valeur des BRICS augmentera, car ce pays possède un quart des ressources pétrolières mondiales. Il est également le deuxième pays avec les plus grandes réserves de gaz au monde. » la participation de l’Iran aux BRICS de deuxième pas vers l’Est après son adhésion à l’Organisation de coopération de Shanghai et a poursuivi : « Le Secrétaire général du Forum économique mondial a déclaré au Global Times que la présence de l’Iran dans les BRICS signifie des canaux plus efficaces et plus proches entre les ressources et les marchés, ce qui profitera à tous les membres. » (8)

L’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie s’intéressent aux BRICS

Les BRIC’S  s’attendent à ce que l’Égypte, l’Arabie Saoudite et la Turquie puissent rejoindre le groupe dans un avenir proche, écrit Middle East Monitor.   

« Tous ces pays ont manifesté leur intérêt à adhérer et se préparent à postuler pour l’adhésion.  L’Egypte est actuellement la 22ème économie mondiale (juste derrière l’Iran) et la première en Afrique en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat.   Le pays est par la même occasion la 12ème puissance militaire du monde en 2022  première d’Afrique et du monde arabe.   En ce qui concerne l’Arabie saoudite  étant la 17ème économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (18ème en termes de PIB nominal).  Riyad a engagé néanmoins récemment une orientation stratégique   axée sur la multipolarité.    Quant à ses relations avec la Chine, l’État saoudien, au-delà d’être l’un des deux principaux (avec la Russie) fournisseurs de pétrole à Pékin, étudiait par la même occasion la possibilité de recevoir les paiements chinois pour le brut saoudien – en yuans.   Pour ce qui est de la Turquie, 11ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et 13ème puissance militaire du monde, seul l’avenir pourra dire si l’orientation en faveur de l’axe de la multipolarité sera privilégiée par le leadership turc Selon les experts interrogés par Izvestia, l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie sont des candidats potentiellement prometteurs, mais le processus de leur adhésion ne sera pas rapide ». (9)

L’Algérie    l’adhésion au BRICs: Un saut qualitatif pour le développement

L’Algérie a assisté à la dernière réunion des BRIC’S à Pekin .  Pour le Président Tebboune,

« Nos expériences passées nous ont clairement montré que le déséquilibre enregistré sur la scène internationale et la marginalisation des pays émergents  constituaient une source d’instabilité, de manque d’équité et d’absence de développement ».

« Ces tiraillements nous font rappeler et font remonter à la surface la thèse avancée par l’Algérie, il y a près de 50 ans, sur l’impératif de veiller à l’instauration d’un nouvel ordre économique où règneront parité et équité entre pays « +Aucun d’entre nous n’est en sécurité tant que nous ne le sommes pas tous+, c’est la phrase que nous avons tous répétée afin d’utiliser nos expériences individuelles et collectives dans la lutte contre les différents défis de l’heure, dont les épidémies, les changements climatiques, le stress hydrique, la crise alimentaire et des menaces sécuritaires renouvelées .» (10)

Le moment est venu pour l’Algérie  de sortir des sentiers battus et d’oser une rupture qui la placerait sur la trajectoire du développement. Elle a beaucoup d’atouts qu’elle devrait mettre en valeur.  On sait que L’Algérie et la Chine ont signé un mémorandum d’entente sur l’adhésion de l’Algérie à l’initiative chinoise, de la Route de la Soie. C’est peut être l’angle d’attaque en terme de stratégie. Les conséquences de cette vision du soft power chinois    a fait ses preuves et l’admission de l’Algérie d’une façon opérationnelle facilitera  son adhésion  au  BRICS.  Déjà dans une contribution en 2016 j’écrivais :

« Si nous avons un cap pour le développement du Sahara, la Chine pourrait nous accompagner. Au vue des défis du futur il est possible de penser à une route de la Soie qui emprunterait à partir d’Alger le trajet de la transaharienne électrique et qui irait irriguer toute l’Afrique centrale, de l’est et de l’ouest du fait qu’un partenariat Chine-Afrique existe. Qui ne tente rien n’a rien ». (11)

Que peut apporter  l’Algérie  que d’autres pays n’ont pas ?

«Et si la route de la soie passait par l’Algérie ? Nos chances dépendent de notre ambition   » Environ 18% du total des importations algériennes provenaient de Chine en 2017, faisant de Pékin le premier fournisseur de l’Algérie, devant la France (environ 9%).  Au-delà des activités d’échange, la Chine étant le premier partenaire de l’Algérie, ayant détrôné la France avec plus de 8 milliards de dollars d’achat  s’il y a une coopération chinoise en Algérie, il y a aussi une diaspora algérienne en Chine qui peut servir de trait d’union.   Comment dans le  prolongement de l’accord de partenariat stratégique signé par les présidents chinois et algérien en 2014,  aller plus loin ? » (11)

Les atouts  sont connus :L’Algérie est un immense pays le premier d’Afrique  avec 7000km de frontières, 1200 km de côte avec la possibilité de développement de la façade maritime dans le cadre d’un port en eau profonde qui sera  un Hub pour les navires  sur les 1200 km pour leur ravitaillement. C’est aussi la porte de l’Afrique. Des matières premières  en qualité  ( fer, Lithium , phosphate..) Une position privilégiée en Méditerranée.

Ce qui fait le développement du pays c’est son réseau routier, ses ports, ses aéroports. Parmi les  autres atouts un réseau ferré parmi le plus important 4500 km en 2020,  6 500 km en 2023  12 500 km en 2030. 35 aéroports sur tout le territoire  dont 13 internationaux  52 ports sur 14 wilayas côtières dont 11 ports  de commerce international  118 306 km  de route un réseau autoroutier d’environ 2 450 km  en 2019 La Trans-Saharanienne   se concrétise. C’est 4800 km qui relient Alger à Lagos dont plus de 2000 km en Algérie. Un projet pharaonique de plusieurs milliards de dollars qui va permettra le désenclavement de  six pays africains et dont les retombés économiques seront aussi énormes que le projet. Le Nigeria, Le Niger, Le Mali, Le Tchad, L’Algérie, La Tunisie désormais reliés via une aorte africaine. La réception est prévue au Niger les semaines prochaines. La route de la soie africaine  a toutes les chances d’exister  l’Algérie en sera le maillon fort elle qui est sa porte sur la Méditerranée. 

Les chantiers de fond à revitaliser 

Quelques soient nos contraintes deux ambitions devaient avoir la priorité et être les chantiers du président . Il s’agit d’un système éducatif  toujours en difficulté   et dont on diffère les réformes de fond. Il y a des actions qui ne doivient souffrir d’atermoiements Revitaliser dans le fond les mathématiques et les lycées d’excellence car il faut construire patiemment l’élite du pays quelque soit la santé financière du pays. Les grandes écoles peinent à se concrétiser à Sidi Abdallah. Si on banalise  nous n’arriverons à rien de comparable de ce qui se passe ailleurs. Un exemple ? Un million de candidats pour une élite de 100.000 cerveaux dans les grandes Ecoles iraniennes. L’Université Sharif est plus coté que Stanford ou Harvard. C’est de là  qu’est sortie  la regrettée Myriam Mirzakhani Médaille Fields de mathématiques  équivalent au prix Nobel Médaille d’or deux années de suite aux olympiades de mathématiques qui après cela à rejoint Harvard puis Stanford   Il y a nécessité à donner les moyens au MERS de concrétiser le plan initial des huit écoles  prévus dans un environnement protégés. 

Le deuxième chantier  pour lequel nous prenons un retard inexpliqué au vue des grands enjeux du monde. Est celui de la transition énergétique  Il n’est que de voir comment l’Egypte s’accroche à la locomotive allemande  pour mettre en place un Plan Hydrogène voulant devenir un partenaire privilégié de l’Europe avec même  l’ambition de vendre de l’électricité à l’Europe ne pensant par la Grèce.  

La capacité de production actuelle de l’Algérie en matière d’électricité excède les 24.000 Mégawatts. pour une consommation moyenne annuelle qui ne dépasse pas les 14.000 MGW . Cette capacité, va encore augmenter avec la réalisation des investissements qui sont en cours et qui sont d’une capacité de 6.000 MGW ». Nous atteindrons une capacité de production de 30.000 Mégawatts à l’horizon 2031-2032″.  Cela veut dire un investissent de 5 milliards de dollars alors que dans le même temps,  pour les 1000 MW impossible de mobiliser 800 millions de dollars  qui peuvent nous permettre d’éviter la consommation de 1,5 milliard de m3 soit l’équivalent d’au minimum la moitié du financement des 1000 MW.

Je suis de ceux qui en appelle à l’arrêt de construction de centrales thermiques. Nos ressources sont limitées  et nous voulons à la fois vendre plus, laisser le gaspillage continuer Ce sera impossible ! Car les actions sont entreprises en Algérie ne s’inscrivent pas dans un schéma d’ensemble qui est celui de la transition énergétique vers le Développement Durable.

Ce sont toutes ces paradoxes qu’il faut lever si on veut mettre en place un modèle énergétique  flexible qui trace le cap constamment adaptable  de la transition énergétique La Révolution de l’électricité verte de l’hydrogène vert devraient avoir la sollicitude du président. Autrement nous n’apportons rien de nouveau et nous hypothéquons l’avenir des générations futures quand la rente ne sera  plus qu’un  souvenir Tourner le dos aux carburants fossiles  (2035  plus de voitures thermiques)  doit nous inciter à mettre en place une politique de transport multimodale de la voituré électrique au bus électrique au camion  électrique au métro et au tramway sans oublier le réseau électrique en créant une transsaharienne électrique qui pourrait traverser le Sahara irriguer les pays frontaliers.  

Conclusion

L’inclusion de l’Algérie dans les BRIC’S est porteuse d’immenses possibilités. À nous d’être entreprenants. Les possibilités décrites permettront à l’Algérie d’être incontournable aussi sur le trajet de la route de la soie. L’histoire des peuples a montré que les plus grands dirigeants d’exception sont ceux qui, mus par une utopie, ont laissé des traces durables. Chaque pays défend et propose ses atouts. Les deux exemples cités montrent que ces pays ont une ambition. Si l’Iran n’est pas à présenter du fait que c’est une puissance technologique, l’Égypte tente de rattraper son retard en misant sur les énergies renouvelables, notamment l’hydrogène. Imaginons que nous confions, dans le cadre de partenariats win-win, le plan solaire à la Chine – une autre partie pourrait être confiée à une «locomotive» comme l’Allemagne—, nous pourrions financer le plan solaire avec le gaz naturel épargné chaque année du fait de son remplacement par l’énergie électrique.

Si l’Algérie de 2022 décide de prendre le train de la modernité, de divorcer d’avec ses vieux démons de l’instrumentation de ses fondamentaux, elle doit réhabiliter le travail, vertu cardinale qui a disparu du fait de la mentalité de rentier et de baylek, de l’approximation dans nos démarches. Un état des lieux à mi-parcours est indispensable car des nuages se profilent à l’horizon et il est faut de penser que la rente va continuer à nous protéger. Pour avoir vécu le farniente, «pour une vie meilleure» avec un baril à 35$ (140 actuels) et un dollar à 7 DA ! Je nous mets en garde contre l’éphémère et en appelle à l’effort et à la mobilisation des forces vives à qui nous devons expliquer les enjeux du futur en lui parlant surtout des périls à conjurer par le savoir et la disponibilité

Par ailleurs, Nous devons toujours mobiliser la jeunesse comme l’ont fait en leur temps Roosevelt, avec le New Deal et la politique  des grands travaux qui ont donné un coup de fouet aux développements des infrastructures de base   en créant   des  d’emplois publics  Il s’adresse aux laissés-pour-compte , en particulier aux  pauvres, aux ouvriers  (politique dite du « forgotten man »). Des emplois d’utilité générale, notamment pour les jeunes (reboisement),  des grands travaux (routes, barrages).  Il en sera ainsi de la Civil Works Administration (CWA) d politique destinée à créer 4 millions d’emplois. la Works Progress Administration (WPA), créée en 1935  qui offre huit millions d’emplois. Afin de promouvoir la conservation des ressources naturelles.

D’autres mesures importantes comme la mise en place d’administrations fédérales clés telles que le Civilian Conservation Corps (CCC).  Ces organismes conservationnistes fédéraux emploient des millions d’Américains au chômage pour planter des arbres, construire des barrages, faire des travaux destinés à empêcher les inondations, promouvoir l’agriculture et fournir de l’électricité dans les zones rurales les plus pauvres. » (11)

Mutatis mutandis Boumediène par une politique de grands travaux avec le Service National avait lancé la Transsaharienne, le développement de l’Industrie pétrolière, le Barrage vert, pour compenser les forêts brûlés par le napalm  la construction  de dizaines de barrages. Et même la construction de 1000 villages pour compenser une petite partie des 10.000 villages détruits. Ce sont ces types de rupture qui donneront du grain à moudre à une jeunesse en attente. Un plan de charge et une vision claire de la préparation de l’Algérie de 2030 permettront de mobiliser la jeunesse. C’est la seule façon de donner aux jeunes, acteurs de leur destin commun, celui d’une Algérie fascinée par le savoir qui tourne le dos aux temps morts et qui se bat pour exister dans un monde de la guerre de tous contre tous. Cet aggiornamento nous permettra de défendre dans de bonnes conditions notre dossier pour l’adhésion aux BRICS.

Prof. Emérite Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes :

1. https ://www. lafinancepourtous. com/ decryptages /politiques-economiques/economie-mondiale/brics/

2. https://www.lexpression.dz/chroniques/l-analyse-du-professeur-chitour/la-force-tranquille-des-brics-171428 30 03 2013 

3. https://www.algerie360.com/classement-2022-des-depenses-militaires-lalgerie-domine-lafrique/

4. RamEtwareea, https://www.letemps.ch/economie/reunis-pekin-brics-refusent-un-monde-unipolaire, 24 juin 2022 

5. Ary Yee Chong Tchi Kan :  https://www.temoignages.re/international/monde/g7-2-mondes-paralleles104502

6. Dmitry Orlov https://lesakerfrancophone.fr/le-fantome-declinant-de-lunite-occidentale 13 juillet 2022

7. http://www.afrique-asie.fr/menu/afrique/2840-lemergence-des-brics-et-le-xxie-siecle.html

8.L’Iran renforce le poids des BRICS (Al-Monitor) – IRNA Français

9.Mikhail Gamandiy-Egorov. https://reseauinternational.net/legypte-larabie-saoudite-et-la-turquie-sinteressent-aux-brics/

10.https://www.aps.dz/economie/141691-le-president-tebboune-met-en-avant-l-approche-de-l-algerie-pour-l-instauration-d-un-nouvel-ordre-economique

11. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03118578/document

Article de référence  https://www.lesoirdalgerie.com/contribution/plaidoyer-pour-une-algerie-arrimee-a-la-locomotive-brics-85574 24-07-2022  

 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2022

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ALGERIE : PIRE DECOUVERTE D'ISRAËL ?

Par Le 18/07/2022

Kochavi au Maroc : mémorandum de coopération militaire et plan d'action bilatéral ou...?

Monday, 18 July 2022 2:28 PM  [ Last Update: Monday, 18 July 2022 3:03 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

La marine algérienne fermera Gibraltar en cas de guerre. (Illustration)

Selon les médias mainstream, il est prévu que le chef d'état-major israélien Aviv Kochavi se rende au Maroc la semaine prochaine, dans le cadre de la "coopération croissante entre les deux pays", ou d'une visite officielle d'un responsable militaire israélien dans le royaume. Les visites de responsables israéliens au Maroc se sont poursuivies depuis la reprise des relations en décembre 2020. Parmi les dirigeants israéliens qui se sont rendus dans le Royaume figuraient le ministre de la Guerre Benny Gantz en novembre et la ministre israélienne de l'Intérieur Ayelet Shaked en juin. Des partenariats ont été signés entre les deux pays dans les domaines technologique, sécuritaire, militaire, économique et culturel."... ceci est le devant du décor mais qu'en est-il de l’arrière-décor? Pourquoi Kochavi se rend-il précipitamment au Maroc si tout se passe bien comme le prétend la presse à la solde? En effet après la retentissante défaite de l'OTAN moyen-orientale, le sioniste semble vouloir chercher au Maghreb une consolation surtout qu'il est sur le point de départ pour l’ensemble de ses déculottées face à la Résistance. Mais a-t-il choisi le bon moment et surtout le bon endroit?

Selon des sources maghrébines, Rabat n'a pas été trop à l'aise à répondre oui à l'entité quand celle-ci lui aurait demandé de faire partie d'une coalition anti Résistance à vocation navale surtout que cette Résistance semble, depuis la parade du 60e anniversaire de l'indépendance algérienne avoir pleinement fait son entrée au Maghreb avec un Hamas assistant littéralement à la cérémonie militaire. Au fait Israël, si actif ces derniers temps à Dakhla, cette zone ultra stratégique située à deux pas de Sahara qui a une cote sur l'Atlantique et que convoite l'Amérique pour y installer une base navale, peut-il espérer un jour pouvoir créer une DCA intégrée en Méditerranée occidentale? 

Algérie : Israël sous le choc!

Algérie : Israël sous le choc!

Le site « Larazon » a publié un rapport important, dans lequel il a parlé des capacités militaires navales de l’Algérie, exprimant une crainte notable de la marine algérienne, qui, selon lui, est devenue la plus puissante de la région méditerranéenne.

Le rapport souligne que l’Algérie s’est rapprochée militairement de la Russie, ce qui lui a permis d’acquérir des sous-marins capables de lancer des missiles, et des missiles Kalibr capables d’atteindre Madrid depuis la Méditerranée, ainsi que des missiles Iskander et des avions russes de cinquième génération , qui sont les mêmes. Armes que Moscou utilise dans sa guerre contre la Russie, l’Ukraine. Le même rapport a confirmé que l’Algérie possède six sous-marins, dont 4 sont des « 636 avions » de fabrication russe, et deux autres devraient arriver prochainement. La même source a souligné que l’Algérie est le seul pays de la région méditerranéenne en dehors de l’occupation israélienne qui a la capacité de lancer des missiles offensifs à partir d’un sous-marin. Le rapport a souligné que les pays arabes riverains de la Méditerranée et les pays côtiers européens, dont la France, n’ont pas actuellement la capacité de lancer des missiles tactiques depuis leurs sous-marins vers le continent. La même entité a indiqué que seuls les États-Unis d’Amérique, la Russie, la Chine, la Corée du Nord et le Royaume-Uni ont la capacité de lancer des missiles depuis un sous-marin et de détruire des cibles terrestres.

Résistance/Algérie: Israël panique!

Résistance/Algérie: Israël panique!

Mais il y a plus : sur les six missiles sous-marins algériens, deux ont été réceptionnés depuis les années 80 et les quatre autres, des Kilo 636, acquis et mis en service entre 2010 et 2019. Les 2 plus anciens, des Kilo 877EKM, ont été mis à jour au début des années 2000. Mais les autorités algériennes prévoient d’acquérir deux autres Kilo 636. Les sous-marins Kilo 636 sont conçus pour mener une guerre sous-marine et à la surface. Cette dernière caractéristique fait la particularité de ce sous-marin qui a une capacité de destruction supérieure. Après Israël, l’Algérie est le seul pays en méditerranée à disposer de ces missiles capables de mener des attaques à la surface. Ni la France, ni l’Italie, ne disposent de ce type de missile sous-marin. Les Kilo 636 disposent aussi d’un écosystème avancé de capteurs et de radars qui leur permettent d’effectuer des tâches d’espionnage, de surveillance et de patrouille sous-marine. Pesant 3 670 tonnes sur une longueur de 73,8 mètres, ces missiles peuvent opérer à une profondeur de 300 mètres et atteindre une vitesse maximale de 36 km/h. Ils ont une autonomie de 45 jours environ et peuvent prendre un équipage de 52 personnes.

C'est ce qui permet à l'Algérie de créer une bulle de déni : En clair, il s'agit d’empêcher l'accès à un lieu grâce à ses capacités militaires. L'Algérie a la possibilité d'interdire l’accès au détroit de Gibraltar. En effet les sous-marins du type Kilo équipés de missiles de croisière Kalibr qui peuvent être tirés en immersion donnent à la Marine algérienne la capacité de paralyser ses ennemis. Alors pour une entité qui s'apprête sous prétexte sanitaire à débarquer à Dakhla c'est toujours une source inquiétude.. C'est s'engager sur des sables mouvants. 

http://french.presstv.ir/Detail/2022/07/18/685825/Que-cherche-Kohavi-au-Maroc%C2%A0-

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VENISSIEUX EN ALGERIE A LA DECOUVERTE DE L'HISTOIRE COMMUNISTE DE LA GUERRE DE LIBERATION

Par Le 14/07/2022

 

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Idées, histoire

Vénissieux en Algérie à la découverte de l’histoire communiste de la guerre de libération

Vénissieux en Algérie à la découverte de l’histoire communiste de la guerre de libération

Jeudi 14 juillet 2022

La section du PCF de Vénissieux organise une voyage politique et mémoriel en Algérie autour de la place des communistes dans la guerre d’indépendance. Le voyage sera centré sur Alger et Sétif. Les lieux, les rencontres et les visites font l’objet d’une réflexion collective.

Cette initiative fera l’objet d’une compte-rendu dans le cadre des rencontres internationalistes de Vénissieux organisées les 11 et 12 novembre 2022

Le départ est prévu le 29 octobre et le retour le 2 novembre. Le coût du voyage plus hébergement devrait s’établir autour de 500 euros. Des initiatives de financement seront organisés en septembre.

Ceux qui sont intéressés peuvent contacter la section du PCF au 0689506168 ou 0635293775.

Premières indications sur le programme avec des incontournables.. L’immeuble de Alger Républicain, El-Biar où a été torturé Henri Alleg, la prison Barberousse où a été décapité Fernand Yveton, la stèle pour Maurice Audin, le monument du 8 mai 45 à Sétif, les monuments de la guerre d’indépendance, les cérémonies officielles du 1er novembre…

Des rencontres sont prévues avec des militants communistes algériens, des syndicalistes.

Des lectures conseillées pour préparer ce voyage :

Mémoires Algériennes de Henri Alleg

La 7e Wilaya, Ali Haroun

On n’efface pas la vérité (Albert Nallet)

La question, et Prisonniers de Guerre, de Henri Alleg

Les communistes et l’Algérie, Alain Ruscio

Résistances, Jean Sallem

La bataille de Paris, Jean-Luc Einaudi

Le camp des oliviers, William Sportisse

Ces livres sont disponibles à la section PCF de Vénissieux et peuvent être prêtés.

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Jacques Duclos (PCF) et Larbi Bouhali (PCA) en Algérie (1949)

Les mémoires militantes de l'auteur du plus célèbre livre dénoncant la torture en Algérie

La Une de Alger Républicain du 26 septembre 1962

Inauguration de la stèle pour Maurice Audin à Alger, 5 juin 2022

Abdelkader Guerroudj, dirigeant du PCA chargé des relations avec le FLN, condamné à mort en 1957, il échappe à l'exécution.

portrait de Henri Alleg- par Mustapha Boutadjine, peintre algérien

Fernand Yveton, militant communiste européen d'Algérie, guillotiné le 11 février 1957

Les 40 premières exécutions capitales à la prison Barberousse, dont Fernanbd Yveton

De nos frères blessés, un film de Hélier sur Fernand Yveton

L'équipe d'Alger Républicain autour de Henri Alleg

Blida, 10 novembre 1954, Boualem Khalfa représente le PCA à une rencontre anticolonialiste, Franz Fanon à droite

Alger Républicain dans la manifestation du 1er mai 1953

Kaddour Boussahba (pseudonyme Kaddour BELKAÏM), dirigeant du PCA mort interné en 1940

le PCA accueille la représentante de URSS à l'indépendance (1962)

Sadek Hadjerès

 

http://levenissian.fr/Venissieux-en-Algerie-a-la-decouverte-de-l-histoire

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LA FIFA CONTRE LA REVOLUTION ALGERIENNE

Par Le 07/07/2022

La FIFA contre la révolution algérienne

 

05 Juil 2022

  

Parmi les nombreux faits d’armes de nos anciens combattants qui se sont sacrifiés pour que notre pays se libère de l’abominable joug colonial, figure l’épopée des footballeurs du FLN. Le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie est une belle occasion pour nous remémorer leur héroïque et remarquable histoire ainsi que celle, vile et abjecte, de ceux qui ont voulu lui nuire. Ces derniers n’avaient pas compris que la roue de l’histoire tourne inexorablement dans le sens de la volonté des peuples opprimés.

 

Lord Triesman, l’ancien président de la Fédération anglaise de football, l’a dit tout haut : « La FIFA agit comme une famille mafieuse ». Pire encore, il précisa que ses responsables « utilisent le football pour vivre comme des monarques » et, « ce qui est choquant, c’est qu’ils ne font aucune tentative pour cacher leur corruption ». Pour lui, la seule solution pour le « système FIFA », c’est de « le secouer jusqu’à ce qu’il s’effondre et recommencer ».

Et cela est toujours d’actualité. Sepp Blatter et Michel Platini, respectivement ancien président de la FIFA et son homologue de l’UEFA ont été récemment jugés pour « soupçons d’escroquerie, d’abus de confiance, de gestion déloyale et de faux dans les titres ».

Sans parler des scandales de leurs prédécesseurs, comme le Brésilien Joao Havelange (surnommé « le parrain de la famille corrompue du sport ») ou le Britannique Stanley Rous dans ses « affaires » de manipulation des coupes du monde 1966 et même 1974.

La corruption et la malversation sont décidemment dans les gènes de cette organisation internationale. Mais ce qui interpelle le plus et qui est rarement souligné par les médias occidentaux, c’est son rôle néfaste d’instrument politique utilisé par les pays occidentaux. Cela a été démontré dans un précédent article dans le contexte de la guerre froide, mais nous allons poursuivre cette analyse dans le cadre des pays qui combattaient pour leurs indépendances afin de se libérer du joug colonial imposé par ces mêmes pays occidentaux. C’est le cas de l’Algérie dont les footballeurs ont donné des leçons de bravoure et d’abnégation uniques dans l’histoire du football et des luttes pour la libération des peuples.

 

Le onze de l’indépendance

Le 15 avril 1958, le quotidien sportif français L’Équipe titrait en gras sur sa une : « Neuf footballeurs algériens (dont Zitouni) disparaissent ». À côté du titre, la photo de Mustapha Zitouni, son épouse et ses deux enfants : « Mustapha Zitouni ne jouera pas demain contre la Suisse. Il a disparu avec sa femme et ses enfants ».

 

La Une du journal L’Équipe du 15 avril 1958

La focalisation du journal sur Zitouni n’était pas fortuite. Il faut dire que ce joueur vedette à l’AS Monaco était considéré comme un des meilleurs défenseurs du monde et, quelques semaines plus tôt, le Réal Madrid du célèbre Di Stéphano lui avait déroulé « un pont d’or pour l’engager ». On raconte que Zitouni aurait répondu :

« Ne vous en faites pas, je vais bientôt jouer dans la meilleure équipe au monde ».

L’autre raison de cet intérêt : la coupe du monde de football qui devait se dérouler en Suède, du 8 au 29 juin 1958, soit moins de deux mois plus tard. En effet, quatre joueurs algériens avaient été sélectionnés en équipe de France pour participer à cette prestigieuse manifestation internationale. En plus de Mustapha Zitouni, Rachid Mekhloufi (AS Saint-Étienne), Abdelaziz Bentifour (AS Monaco) et Mohamed Maouche (Stade de Reims) ont été appelés à jouer aux côtés des légendaires Raymond Kopa (Réal Madrid), Just Fontaine et Roger Piantoni (tous deux au Stade de Reims).

Quelques jours plus tard, l’équipe algérienne du FLN (Front de Libération Nationale), le onze de l’indépendance, était réuni à Tunis.

Il était prêt à jouer son rôle d’ambassadeur de la cause algérienne dans tous les terrains du monde et entrer définitivement dans la grande légende du football.

 

Arrivée de quatre footballeurs algériens à Tunis à bord d’un avion de Tunis Air: Rachid Mekhloufi, Abdelatif Bentifour, Mustapha Zitouni et Abderrahmane Boubekeur. On reconnait Rachid Mekhloufi avec son pansement sur la tête. Pour la petite histoire, Mekhloufi avait été blessé lors de son dernier match (le 12 avril 1958) et perdit connaissance. Le 14 au matin, il quitta l’hôpital en pyjama avec ses futurs coéquipiers de l’équipe du FLN, un imperméable sur le dos. (Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo)

 

La première équipe du FLN de 1958. Debout de gauche à droite : Mohamed Boumezrag (dirigeant), Mokhtar Aribi, Abderrahmane Boubekeur, Amar Rouaï, Mustapha Zitouni, Kaddour Bekhloufi. Accroupis : Abdelhamid Kermali, Rachid Mekhloufi, Saïd Brahimi, Abdelaziz Bentifour, Abdelhamid Bouchouk. L’équipe était incomplète à cause de l’arrestation, en France, de Hassan Chabri et Mohamed Maouche. Pour la compléter, le jeune retraité Mokhtar Aribi reprit du service comme entraineur-joueur et le onze fut complété avec Khaldi Hammadi, un algérien évoluant dans le championnat tunisien. En 1961, cette équipe comptait 32 joueurs.

 

Confiant devant les journalistes, l’entraineur Mokhtar Aribi déclara: « Nous allons nous ériger en Fédération nationale algérienne, et comptons bien recevoir l’agrément de la Fédération internationale de football [FIFA] ».

Aribi reprenait, en partie, le communiqué du FLN émis le 15 avril 1958 :

« […] En patriotes conséquents, plaçant l’indépendance de leur patrie au-dessus de tout, nos footballeurs ont tenu à donner à la jeunesse d’Algérie une preuve de courage, de droiture et de désintéressement. Le FLN envisage de créer une Fédération nationale algérienne qui demandera son adhésion à la Fédération internationale de football association (FIFA) en vue de participer aux compétitions internationales et à la prochaine Coupe du monde ».

Malheureusement, la tâche allait être beaucoup plus compliquée.

Le 20 avril 1958, les « pros » algériens furent reçus par le président tunisien Habib Bourguiba qui salua leur courage et leur assura aide et soutien.  Très rapidement, les « frères » tunisiens organisèrent les premières compétitions pour l’équipe du FLN.

Moins de trois semaines plus tard, un tournoi portant le nom de Djamila Bouhired, l’icône de la révolution algérienne (qui avait été condamnée à mort le 15 juillet 1957), fut organisé. Il regroupait les sélections nationales d’Algérie, de Libye, du Maroc et de Tunisie.

Le 9 mai 1958, devant des spectateurs en liesse regroupant Tunisiens et combattants algériens, l’hymne national algérien « Qassaman » a été joué pour la première fois avant un match de football. Le onze de l’indépendance survola le tournoi en gagnant toutes ses rencontres.

Ce fut le début d’un prestigieux palmarès. En quatre années, elle aura disputé 91 matches pour 65 victoires, 13 matchs nuls et 13 défaites, tous à l’extérieur (bien évidemment!).

Cette équipe a rencontré les formations de 14 pays différents :  Tunisie, Maroc, Libye, Irak, Jordanie, Chine, Vietnam, URSS, Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Tchécoslovaquie et Yougoslavie.

Le jeu offensif et spectaculaire de l’équipe a émerveillé : 387 buts pour et 127 contre! Cela a valu aux joueurs algériens le surnom de « diamants bruns » attribué par la presse roumaine.

Ces voyages ont permis de plaider la juste cause de l’indépendance de l’Algérie. Les joueurs et les dirigeants de l’équipe ont eu l’opportunité de rencontrer d’illustres personnalités politiques. Au Vietnam, par exemple, ils furent invités à déjeuner en compagnie de Hô Chi Minh et du général Giap.

Crédits : Hacène Laleg

Après la victoire du FLN face au Vietnam (5-0), le général connu pour son humour et ses expressions légendaires dira cette phrase prémonitoire:

« Nous avons battu les Français. Et comme vous venez de nous battre, la logique est implacable : vous serez vainqueurs des Français ».

Ferhat Abbas, président du Gouvernement provisoire de la République algérienne, déclara : « Vous venez de faire gagner dix ans à la cause algérienne ».

 

La FIFA : une organisation colonialiste

Lorsqu’on regarde les pays qui ont permis au « Onze de l’indépendance » d’affronter leurs équipes nationales et locales sur leurs sols, on obtient la carte suivante :

 

Carte indiquant les pays qui ont affronté l’équipe du FLN

 

Il s’agit donc de certains pays arabes et des pays de l’ancien bloc de l’Est élargi à la Chine et au Vietnam. Aucun des pays occidentaux, ceux-là même qui excellent dans les slogans creux et hypocrites relatifs aux « Droits de l’homme » et à la « Fraternité entre les peuples », n’a daigné jouer contre cette équipe courageuse et révolutionnaire. Comme c’est le cas aujourd’hui pour le conflit russo-ukrainien, ces pays se sont toujours serrés les coudes même quand ils ont tort et que l’histoire démontre implacablement leurs erreurs. Le général Giap a si bien caricaturé cette « spécificité » occidentale en ironisant que « les impérialistes sont de mauvais élèves ».

 

Il faut dire que la Fédération française de football (FFF) n’a pas lésiné sur les moyens afin de nuire à cette équipe du FLN qui s’était de facto émancipée de la France avant même l’indépendance officielle de l’Algérie.

Le FLN a déposé une demande d’adhésion à la FIFA en mai 1958, soulevant l’ire de la FFF qui a exercé une forte pression sur la FIFA pour faire échouer le projet. Non seulement la FIFA se plie sans difficultés aux désidératas de la fédération française, mais elle en fait encore plus:  elle menace de sanctions tout pays qui oserait affronter ceux qui ont été surnommés par Paris-Match « les fellaghas du football » et, le comble, elle contraint la Confédération africaine de football (CAF) de ne pas accepter l’Algérie dans ses rangs.

Ainsi, à la veille du tournoi « Djamila Bouhired » organisé en Tunisie en mai 1958 et dont il a été question auparavant, l’anglais Arthur Drewry, à l’époque président de la FIFA, a condamné les pays participants (Tunisie, Libye et Maroc). Le Maroc sera exclu de la FIFA pendant une année et l’adhésion de la Tunisie a été différée de deux années.

Stanislas Frenkiel, historien du sport, expliquera ces sanctions par le fait que la Tunisie a accueilli l’équipe du FLN et que le Maroc « a affiché son soutien à la cause de l’indépendance algérienne ».

Malgré cette virulente animosité ambiante, il est important de souligner le geste fraternel des coéquipiers de Mustapha Zitouni. En effet, Raymond Kopa, Just Fontaine et Roger Piantoni témoignèrent de leur sympathie en lui envoyant une carte postale depuis la Suède où ils disputaient le Mondial 1958.

En décembre 1959, l’idée d’un match entre le « onze de l’indépendance » et le club allemand de l’Eintracht Frankfurt (et non l’équipe nationale!) – ce qui aurait « sauvé l’honneur » des Occidentaux – a été rapidement tuée dans l’œuf sous la menace par la FIFA de lourdes sanctions contre la fédération de football de la RFA.

En s’attaquant sévèrement et immoralement à l’équipe du FLN, la FIFA a aidé la France dans son abjecte œuvre de colonisation et dans sa guerre sanglante contre le peuple algérien. Elle a bafoué les valeurs fondamentales du sport énoncées par l’UNESCO, à savoir l’équité, l’égalité, l’inclusion et le respect. Comme expliqué dans un précédent article, la FIFA a toujours été un instrument dans les mains de l’Occident, des colonisateurs, des oppresseurs et de l’OTAN.

Avec son perpétuel comportement antisportif et pro-occidental comme on peut le constater encore actuellement à la lumière du conflit entre la Russie et l’Ukraine et sa politique de deux poids deux mesures, il est temps aux pays non-occidentaux de se doter d’une confédération qui leur est propre et qui défend leurs intérêts tout en quittant cette organisation corrompue et inféodée qui se nomme FIFA.

Comme la géopolitique mondiale est en train de changer, il est crucial de réfléchir à se doter d’institutions qui ne servent pas exclusivement les intérêts de ce groupe de pays minoritaire qui s’est arrogé le droit de faire la pluie et le beau temps sur toute la planète et qui est à l’origine de tous les conflits mondiaux et des exactions les plus barbares de toute l’histoire de l’humanité. Cela est valable dans le domaine du sport, mais aussi de la culture, de la politique, de l’économie et toutes les sphères qui ont une influence sur la vie de tous les citoyens du monde.

Le 5 juillet 2022 l’Algérie fêtera le soixantième anniversaire de son indépendance après 132 ans de sauvage colonisation. Malgré leurs efforts, ni la FIFA, ni la CAF, ni la FFF, ni la France, ni l’OTAN n’ont pu empêcher notre pays d’arracher sa souveraineté nationale. Car, comme le dit si bien le poète tunisien Abou el Qacem Echebbi,

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,

Force est pour le destin de répondre,

Force est pour les ténèbres de se dissiper,

Force est pour les chaînes de se briser.

Gloire à nos footballeurs.

Gloire à nos martyrs.

Joyeux soixantenaire mon Pays!

 

Source: Le blog d’Ahmed Bensaada

https://www.investigaction.net/fr/la-fifa-contre-la-revolution-algerienne/

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IL Y A 60 ANS, "LA REVOLUTION ALGERIENNE"

Par Le 07/07/2022

Il y a 60 ans, « la révolution algérienne »

 

05 Juil 2022

  

Le 5 juillet 1962, l’Algérie obtient son indépendance, après 132 ans d’occupation française, et une longue lutte. La victoire algérienne est alors porteuse d’espoir pour tous les peuples en prise avec la colonisation. Explications d’une spécialiste, l’historienne Malika Rahal.

 

Malika Rahal nous reçoit chez elle, dans son bureau, par vidéo. Auteure de plusieurs livres en rapport à la colonisation – et surtout à la lutte contre celle-ci – lʼhistorienne est chargée de recherche au prestigieux Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et directrice de l’Institut d’histoire du temps présent. Elle vient de sortir Algérie 1962. Une histoire populaire aux éditions La Découverte (voir encadré), qui parle, comme elle le résume, « dʼun renversement de l’ordre ancien qui dépasse la seule souveraineté étatique pour bouleverser en profondeur la propriété privée et les modes de production, l’emploi et le logement, les lieux de vie et la façon d’habiter ». Rencontre passionnante avec une passionnée.

En 1830, l’Algérie dépend de l’Empire ottoman (dirigée depuis la Turquie et qui sʼétend autour de la Méditerranée, de la mer Noire et de la mer Rouge). Pourquoi cette terre intéresse-elle le colon français ? « Les Français débarquent pour des raisons d’abord économiques, commence Malika Rahal. Il est question de ventes de blé par l’Algérie à la France et de non-remboursement des dettes avec des échanges durs et un ambassadeur français qui s’est senti humilié par le dey d’Alger – qui sert de gouverneur à Alger. C’est donc, au départ, une expédition punitive. Mais à mesure que que les troupes débarquent et que l’occupation commence, la France se pose la question : “Que va-t-on faire de ce territoire ?” Il faut soumettre la population et, ensuite, on commencera à théoriser la colonisation de peuplement et la colonisation agricole avec la dépossession de la terre des Algériens. »

 

Peut-on parler de spécificité de la colonisation algérienne ?

Malika Rahal. Oui, à plusieurs niveaux. C’est une colonisation précoce. Les autres colonies françaises en Afrique et dans le monde arabe interviennent à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle.

C’est aussi une colonisation de peuplement (où lʼÉtat colonisateur envoie une partie de sa population y vivre, NdlR). D’habitude, on a des formes de domination avec quelques administrateurs, des militaires et peu d’habitants européens. Ici, on envoie des habitants de la métropole (le territoire français qui se trouve en Europe, NdlR) pour peupler et « faire souche » dans ces territoires.

La troisième caractéristique, c’est qu’elle a été inversée, c’est à dire que le pays a connu une indépendance-décolonisation. Ce qui nʼest pas le cas des États-Unis, du Canada, de lʼAustralie, de la Nouvelle-Zélande notamment, où les colons ne sont jamais partis et ont conservé la terre au-delà des indépendances.

 

Comment cette colonisation va-t-elle se traduire concrètement pour le peuple algérien ?

Malika Rahal. La première chose, ce sont les formes de résistance armée à l’occupation du pays, comme celle de l’émir Abdelkader qui unit différentes populations dʼAlgérie pour résister à la colonisation française. L’émir réussit à fonder un État indépendant, mobile, qui a sa propre monnaie, ses lois et ses impôts. Il résiste et remporte des batailles contre l’armée française durant plus de 15 ans, avant de devoir se rendre. Les révoltes se répéteront jusquʼà lʼIndépendance.

La colonisation se traduit aussi par la dépossession foncière, le fait que les terres sont confisquées par l’État français, souvent en punition contre des révoltes. Grands ou petits propriétaires, ou les propriétaires collectifs – des groupes de gens qui partagent l’usage de la terre – perdent la propriété de leurs terres pour devenir la main d’œuvre à bas coût travaillant ces mêmes terres au profit de propriétaires européens. Ces colons sont des Français, parfois très modestes, qui rêvent dʼune vie meilleure dans une sorte de France fantasmée au-delà de la mer.

A lʼépoque, côté français, la place de l’Algérie dans l’imaginaire collectif est très forte : lʼAlgérie est une terre française. La colonie est découpée en départements comme le territoire français. On peut aller de Paris à Alger ou de Marseille à Alger sans changer de pays. Cette évidence coloniale fait qu’il est aussi difficile pour beaucoup de Français d’imaginer se couper de l’Algérie que d’imaginer se couper un bras ou une jambe.

 

Comment se passe la cohabitation entre Algériens et Français ?

Malika Rahal. Cette question fait toujours débat. Pour certains anciens pieds-noirs (Français originaires dʼAlgérie, NdlR), cʼétait un système où Français et Algériens vivaient côte à côte, dans les mêmes quartiers. Mais cette vision risque de gommer l’inégalité juridique entre les deux populations.

Pour tenir une colonie de peuplement, il fallait faire venir des masses de gens, et d’abord des agriculteurs. Puis des vagues de colons, ouvriers ou artisans, se sont installées dans les villes. Ils ont occupé d’abord les centres villes dont les populations algériennes ont été chassées. On a donc des quartiers très européens, des quartiers très algériens et puis des quartiers mixtes, avec des circulations d’un quartier à l’autre : cʼest donc une forme d’apartheid poreuse, pour le dire vite. Des ouvriers algériens expliquent que pour aller travailler de l’autre côté dʼAlger, ils traversaient tout le centre-ville européen et s’habillaient particulièrement bien pour éviter le risque d’altercations ou de tensions. En tout cas, ils ne s’y sentaient pas chez eux.

 

Vous avez parlé de la résistance du début, mais elle nʼa jamais cessé. Comment sʼest-elle construite ?

Malika Rahal. En 1930, cela fait 100 ans de colonisation et les Européens sont convaincus qu’ils sont là pour toujours, que la contestation est éteinte. Mais après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle secousse fait trembler la colonisation sur ses bases : au moment où les Européens célèbrent la fin de la guerre, les Algériens se joignent à ces célébrations en apportant leurs propres revendications et leurs propres drapeaux. En cette fin de guerre, la revendication du droit du peuple à disposer de lui-même est réaffirmée avec une nouvelle vigueur.

À Sétif, ville du nord-est du pays, le porteur du drapeau est tué, des émeutes ont lieux durant lesquelles des Européens sont tués, suivies d’une vague de répression terrible. Pendant des semaines, l’est du pays est isolé. Les forces de lʼordre françaises mettent les Algériens engagés en politique dans des camps ; dans certains lieux, les militants nationalistes sont exécutés ; il y a des bombardements et des ratissages. Dans la ville de Guelma, les Européens organisent une milice d’autodéfense meurtrière.

D’anciens combattants algériens sont revenus de la guerre pour découvrir leur maison brûlée et leur famille assassinée. Eux qui avaient vécu la guerre dans l’armée française avaient découvert à la fois une camaraderie combattante et une hiérarchie militaire raciste dans laquelle leur avancement était bloqué. Ils ont été utilisés comme chair à canon pour les batailles les plus difficiles, comme celle de Monte Cassino, en Italie. Ceux qui ont survécu reviennent dans un pays colonisé où rien nʼa changé.

 

On parle de 45 000 morts juste pour les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du 8 mai 1945, non ?

Malika Rahal. Oui, c’est le chiffre algérien, qui a une dimension mythique. On a peu de moyens de compter les morts. Dans la situation coloniale, les morts dans la population colonisée laissent toujours moins de traces car ils préoccupent moins l’administration française. Nos chiffres sont donc fragiles et on ne peut nommer l’ensemble des victimes de la répression et les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Néanmoins, l’événement marque toute une génération d’hommes et de femmes. Cette répression du 8 mai 1945 fait basculer bien des hésitants du côté de la revendication de l’indépendance.

 

Ces massacres vont servir le mouvement nationaliste algérien. Comment va-t-il sʼorganiser ?

Malika Rahal. À partir de 1946, quand les hommes détenus sont libérés, se créent plusieurs partis politiques qui ont l’indépendance pour objectif. Le but, c’est la création d’une République algérienne indépendante. Ils usent de tous les moyens légaux et ils se présentent aux élections. Mais ces élections sont truquées, beaucoup sont emprisonnés et au bout de quelques années de ce jeu de dupes, les militants sont découragés. Ces années de pratique de la légalité démontrent qu’il n’y avait pas d’autres moyens de mettre fin à la colonisation que le passage à la guerre.

Face à cette crise des partis politiques, un petit groupe d’hommes créent le Front de libération nationale (FLN), qui se manifeste le 1ᵉʳ novembre 1954 par une déclaration extrêmement politique, affirmant qu’il est temps de passer à la lutte armée pour arracher l’indépendance. A cette date, ils lancent également une série d’attaques sur l’ensemble du territoire et provoquent un électrochoc qui change la donne. Ils sont rejoints ensuite par d’autres.

 

Au début de son existence, quels sont les objectifs du FLN ?

Malika Rahal. Le premier objectif du FLN est de tenir bon face à la répression, d’accroître sa base et de rallier l’ensemble des forces politiques algériennes. Plus tard, le FLN vise à se constituer en État : à partir de 1958, il fonde un gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) qui va aussi profiter du contexte international pour lancer des opérations diplomatiques, s’affirmer sur la scène internationale, avoir des ambassadeurs aux États-Unis, à l’ONU, en Chine, en Amérique latine, et trouver des soutiens. Dans ce but, il crée même une équipe de foot en rassemblant les joueurs algériens des clubs français ! Sur le terrain militaire, il ne sera pas possible d’écraser l’armée française, mais il faut mener la guerre suffisamment longtemps tout en menant une lutte diplomatique.

 

Mais lʼidée de lʼindépendance algérienne fait quand même son chemin du côté français aussi, non ?

Malika Rahal. Il faut d’abord distinguer les Français dʼAlgérie et les Français de France. La plupart de ceux qui sont nés et ont grandi en Algérie ont intégré lʼidée de vivre dans un territoire construit sur une inégalité fondamentale. Même si vous êtes un simple ouvrier français, un paysan pauvre, vos droits sont supérieurs à ceux d’un grand bourgeois algérien. Si l’inégalité coloniale n’efface pas les classes sociales, elle donne toujours un avantage juridique et s’accompagne d’un racisme profond. Pour beaucoup qui ont grandi dans ce monde, l’idée d’une Algérie indépendante fondée sur l’égalité avec les Algériens, est tout simplement inimaginable. Certains sont prêts à tout pour éviter la fin de leur monde, ce qui nourrit des engagements extrêmes comme ceux de lʼOrganisation armée secrète (OAS), une organisation dʼextrême droite visant à empêcher l’indépendance. En 1962, l’OAS décide même de déclarer hors-la-loi tout Français qui déciderait de partir d’Algérie, et attaque ceux qui achètent malles et valise pour quitter l’Algérie pour aller en France. LʼOAS plastique (fait exploser, NdlR) leurs appartements, les obligeant à partir en secret.

 

En France, quel est le rôle de certains intellectuels de gauche, des syndicats, des mouvements étudiants dans le soutien à lʼindépendance ?

Malika Rahal. La prise de conscience anti-coloniale est très tardive. Dans les années 1950, les métropolitains se fatiguent de la guerre dʼAlgérie que leurs enfants sont obligés de faire et où ils perdent parfois la vie.

À partir de 1957, une partie de l’opinion se mobilise contre les méthodes utilisées par l’armée française. Elles choquent parce que, seulement une décennie après la Seconde Guerre mondiale, les méthodes de l’armée française ressemblent aux méthodes de la Gestapo. Par exemple, l’avocat Ali Boumendjel est assassiné par les parachutistes français durant la bataille d’Alger. Il est jeté du haut d’un immeuble où il était détenu et torturé. Une partie de l’opinion française fait alors la comparaison avec des résistants français pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment l’un d’entre eux, Pierre Brossolette, qui s’était jeté de la fenêtre du lieu où il était détenu et torturé par la Gestapo. La mobilisation contre les méthodes de l’armée française permet aussi de rallier largement : vous n’avez pas besoin d’être anti-colonialiste pour trouver que l’armée française se déshonore en se comportant ainsi. Mais d’autres vont plus loin et se mobilisent en faveur de l’indépendance, se mettant même au service du FLN pour transporter des armes, ou des militants, des tracts, des lettres.

 

Plus la colonisation est contestée, plus la répression est violente…

Malika Rahal. Oui, d’ailleurs la République est marquée par la colonisation sur son territoire métropolitain. La manifestation des Algériens du 17 octobre 1961 aboutit à une terrible répression, durant laquelle des Algériens sont jetés dans la Seine à Paris où ils meurent noyés (le nombre de morts sera de 100 à 200 personnes selon les sources, NdlR). Le 8 février 1962, des organisations de gauche comme le Parti communiste (PCF), la CGT et dʼautres syndicats, organisent une manifestation contre lʼOAS à Paris. La police charge les manifestants dans le métro Charonne et neuf civils meurent.

Aux manettes de cette répression se trouve le préfet Maurice Papon. Plus tard, il sera mieux connu pour sa collaboration à la déportation d’enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Au début des années 1950, il était préfet (représentant de lʼÉtat français, NdlR) en Algérie : partout où il a été en fonction, on retrouve les mêmes méthodes. Par ailleurs, les méthodes coloniales sont utilisées à Paris même, où l’on sait par exemple qu’étaient utilisés des harkis (soldats algériens incorporés dans lʼarmée française) et que l’on recourrait à la torture contre les partisans de lʼindépendance algérienne.

Certains ont tendance à considérer que la guerre d’Algérie est bien loin de la métropole, et donc de la République. Mais, on le voit, cʼest bien trop facile.

 

Comment lʼindépendance est-elle acquise ?

Malika Rahal. Le 19 mars ont été signés les accords d’Evian entre le gouvernement français et Gouvernement provisoire de la République algérienne et qui officialisent lʼindépendance. Le 1ᵉʳ juillet, un référendum d’autodétermination a lieu (99 % des Algériens qui y participent se prononcent pour le « oui »). Le 5 juillet est choisi comme date symbolique de lʼindépendance. Les autorités françaises ne sont pas là. C’est une fête entre Algériens, avec des slogans politiques mais aussi des vêtements que les gens ont préparé longtemps à l’avance. Encore aujourd’hui, les participants vous disent que c’était le plus beau jour de leur vie…

 

Quels ont été les ingrédients pour que le peuple algérien arrache son indépendance ?

Malika Rahal. D’abord, il y a la puissance de la résistance et de son organisation. Le FLN a une grande capacité de mobilisation et utilise tous les moyens pour réunir les forces et élargir sa base. Il se forme aussi comme une organisation révolutionnaire à laquelle adhère des militants-combattants.

Le deuxième élément, c’est l’appui de pays récemment indépendants ou qui le deviennent durant cette guerre longue de huit années. Dans cet intervalle de temps, deux indépendances changent particulièrement la donne : celle des pays voisins, Tunisie à l’est et Maroc à l’ouest en 1956. Dès lors, leurs territoires peuvent être utilisés comme bases arrière. Des indépendantistes algériens peuvent s’y armer et s’entraîner.

Le dernier élément, c’est la guerre froide. L’Algérie obtient l’aide du bloc de l’Est, qui forme des Algériens dans des académies militaires ou apporte du soutien financier, logistique ainsi qu’une aide diplomatique, ce qui va exercer une pression essentielle sur la France.

 

LʼAlgérie va devenir la « Mecque des révolutionnaires du monde entier ». Pourquoi, et comment ?

Malika Rahal. Ça commence avant l’indépendance. Par exemple, Nelson Mandela fait partie des leaders africains qui se sont rendus dans des bases du FLN en 1961 en même temps qu’Amilcar Cabral, qui sera tué sur ordre du Portugal dont il combattait le colonialisme en Guinée-Bissau et au Cap-vert quelques mois avant lʼindépendance de ces pays. Ils s’y sont entraînés. Quand Mandela est libéré de prison, 33 ans plus tard, son premier déplacement à l’étranger est en Algérie où il rappelle l’importance de l’Algérie dans sa vie. À Alger, après l’indépendance, vous pouviez croiser des dirigeants du mouvement révolutionnaire américain Black Panther Party, des médecins cubains, des militants palestiniens, des communistes libanais, chinois, irakiens, etc. Des organisations révolutionnaires du monde entier ont eu des bureaux en Algérie. Nombre d’étrangers, y compris des Français, viennent pour contribuer à la construction du pays, pour enseigner, travailler dans les universités, les hôpitaux, etc.

Rappelons aussi ce ces circulations sont à double sens comme lorsque, durant la Guerre d’Indépendance, le FLN envoie un conseiller auprès de Patrice Lumumba au moment de l’indépendance du Congo, par exemple.

 

La lutte pour l’indépendance algérienne est-elle une révolution ?

Malika Rahal. Les Français d’Algérie, qui représentaient 10 % de la population totale, quittent massivement le pays. Durant la seule année 1962, ils sont 650 000 à partir. D’un coup, des quartiers entiers deviennent déserts, des entreprises vidées de leurs employés et de leurs dirigeants, des administrations, des services publics dépeuplés. Ce sont pour les Algériens autant d’opportunités qui n’existaient pas auparavant. Par exemple il y a des milliers de logements qui restent vides. En 1963, ils deviennent propriétés de l’État qui se trouve ainsi le plus grand propriétaire immobilier du pays, ce qui lui donne énorme force de frappe. Pendant des décennies, les occupants de ces logements paieront à l’État un loyer très modéré. L’occupation des logements bouleverse également la façon d’occuper les villes, d’occuper les quartiers avec une très grande mixité sociale. Les décrets sur les « biens vacants » s’appliquent aussi à des usines, des entreprises agricoles, des grandes fermes coloniales. Tout le rapport à la propriété privée ainsi le mode de gestion des entreprises industrielles ou agricoles en est bouleversé. Il est très, très rare dans l’histoire d’un pays, d’observer un changement si profond et si rapide. La Russie, par exemple, au moment de la révolution de 1917, devait déposséder les grands propriétaires réaliser la réforme agraire par une contrainte très dure. Or, en Algérie, le départ de nombre de propriétaire place automatiquement le nouvel État en position de réaliser de telles transformations.

Il y a toujours aujourd’hui des discussions sur le caractère révolutionnaire ou non de la lutte victorieuse pour lʼindépendance algérienne. Or, qu’est-ce qu’une révolution sinon un changement rapide qui transforme en profondeur un État et une société dans ses fondamentaux – par exemple, le droit de propriété, les modes de production, les rapports sociaux ou économiques ? Vu de 1962, il n’y a aucun doute que l’indépendance de l’Algérie est une révolution.

 

Votre livre parle de la lutte anticoloniale du peuple algérien. Vu la dureté du sujet, est-ce un livre à emmener en vacances ?

Malika Rahal. Cʼest en tout cas le livre que j’ai écrit avec le plus de joie. On y trouve des événements tragiques et douloureuses, mais il y a aussi beaucoup d’enthousiasme. On peut y lire un chapitre sur comment les gens ont écrit des poèmes ou chanté des chansons pour raconter le moment de l’indépendance et comment, finalement, l’indépendance est venue répondre à des espoirs très anciens qui datent du moment de l’occupation du pays, dans des familles qui disaient « un jour, cette situation va se renverser, un jour ce monde va se retourner ».

1962 a été le retournement que beaucoup de personnes dépossédées de leur terre avaient imaginé, avaient chanté. Un jour une historienne qui a vécu ces événements m’a dit qu’elle avait un peu de peine pour ma génération car nous n’avions pas vécu l’Indépendance. Elle a ajouté : « Quand on a vécu un événement comme ça, une fois dans sa vie, on peut tout supporter. »

https://www.investigaction.net/fr/il-y-a-60-ans-la-revolution-algerienne/

 

Éditions La Découverte, 493 pages,
25 euros.

Source : Solidaire

Dans ALGERIE

ALGERIE : L'ANP RALLIE LA RESISTANCE !

Par Le 06/07/2022

La Palestine célèbre le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie

Wednesday, 06 July 2022 6:34 PM  [ Last Update: Wednesday, 06 July 2022 6:34 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L’Algérie étale toute sa puissance militaire. ©Expression.dz

C’est bien tenir peu de cas de ce qui se passe en ce 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie que de ne parler que de la puissance armée algérienne. 

La Résistance palestinienne et Damas assistent à la fête de l’Indépendance d’Algérie. 

Certes l’Algérie a saisi l’opportunité de la célébration de ses 60 ans d’indépendance, ce mardi 5 juillet 2022, pour rappeler à la bonne mémoire de l’axe US/Israël de quel bois sont faites ses forces militaires si un jour l’envie prenait au camp pro Israël qui travaille depuis septembre 2020 a coloniser le Maroc de déclencher une guerre un peu à l’image de cette seconde édition de African Lion qui pour cette année 2022 à comme en 2021 mobilisés des milliers de soldats US et otaniens. 

La volonté de prouver l’entière disponibilité de l’ANP à faire face à n’importe quel scénario a été d’autant plus perceptible en ce 60e anniversaire de l’indépendance que l’entité sioniste désormais largement présente au Royaume du Maroc en à pris le contrôle du ciel de la côte et de la stratégique région frontalière qu’est le Sahara, et ce, sous prétexte des contrats qu’il a fait saigner de grès ou de force à Rabat.

Cette dangereuse infiltration sioniste à commencé même à affecter les secteurs les plus sensibles non pas le gaz ou le pétrole ou encore les mines ou la défense, mais le secteur de la santé où Israël projette d’ouvrir cinq hôpitaux au Maroc un Israël soupçonné d’avoir apporté sa contribution à la conception de la bioarme qu’est Covid-19, un Israël largement impliqué dans les réseaux internationaux de trafic d’organe. 

L'Algérie averti l'OTAN

L’Algérie averti l’OTAN

Défilée militaire géant ce 5 juillet,

C’est ainsi qu’Alger a voulu très grande la fête de l’indépendance de cette année pour afficher sous le nez et la barbe des conseillers militaires sionistes sa puissance militaire à travers un défilé d’envergure où chars, avions, blindés, drones et autres sous-marins ont rivalisé d’ardeur.

Il y a eu le T72, des hélicoptères de combat, des chasseurs Soukhoï, des lance-roquettes, des camions de transport de troupes et des drones chinois CH-4B. Les véhicules blindés BMPT-62 ont aussi fait leur première sortie depuis leur mise à jour, détaillent les médias algériens. Ce matériel militaire n’est en réalité qu’une petite partie de l’arsenal algérien.

OTAN: la marine algérienne fait peur!

OTAN : la marine algérienne fait peur !

Pourquoi African Lion 2022 se focalise sur la mer ?


En effet, des hélicoptères et des Mig-25, des Su-24, des systèmes de défense antiaérienne S-300 et Pantsir S-1 de fabrication russe, des chars T-62 et T-90 ont été présentés au public. La baie d’Alger a été animée par le survol des drones de combat, alors que le large a vu défiler l’arsenal naval composé de navires de guerre et autres sous-marins bien que la présence des sionistes missilo-drone phobes de l’autre côté des frontières exigeaient aussi que défilent des missiles balistiques Iskander, de missiles supersoniques YJ-21, de drones Seeker, Yabhon United 40 et Flash, aussi. 

Mais même sans ce volet balistique l’entité a dû être dans tous ces États. Pourquoi ? Au 60e anniversaire de son indépendance l’Algérie a officiellement passé à la Résistance : non seulement le Maghreb anti sioniste y était avec un président tunisien tenant tête à Israël et à ses lobbies, mais assistaient bien à la parade Gaza, le Résistant, Syrie, la Résistante... Mieux les soldats algériens ont hissé le drapeau de la Palestine. L’axe de la Résistance compte-t-elle désormais l’ANP en son sein ? Une chose est sûre. L’Algérie est un pionnier en la matière.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/07/06/685134/L'ANP-rallie-la-R%C3%A9sistance!

Dans ALGERIE

60 ANS DE L'INDEPENDANCE DE L'ALGERIE : D'ANCIENS COMBATTANTS ALGERIENS RACONTENT LE JOUR DU REFERENDUM

Par Le 04/07/2022

60 ans de l’indépendance de l’Algérie : d’anciens combattants racontent le jour du référendum

Publié le 02 juillet 2022 à 17h00

De jeunes Algériens paradent devant l’université à Alger, le 2 juillet 1962, portant des drapeaux algériens et en pleine célébration, un jour après le référendum d’autodétermination sur l’indépendance

De jeunes Algériens paradent devant l’université à Alger, le 2 juillet 1962, portant des drapeaux algériens et en pleine célébration, un jour après le référendum d’autodétermination sur l’indépendance du pays. (AFP)

Il y a 50 ans se tenait le référendum pour l’indépendance de l’Algérie, au cours lequel la population s’y est dite favorable à 99,72 % des voix. D’anciens combattants de la guerre de libération algérienne se souviennent de ce 1er juillet 1962.

Ibrahim Ould Mohamed, 85 ans, ancien résistant pendant la guerre de libération algérienne, se remémore avec émotion sa participation le 1er juillet 1962 et son « oui » au référendum pour l’indépendance de l’Algérie. Il avait rejoint la lutte pour la libération du pays dans le village Kalâa Beni Abbès, à Béjaia dans l’Est, avant d’être contraint de partir vers Alger avec sa famille après des bombardements français en 1959. Ibrahim Ould Mohamed a poursuivi le combat à El Harrach, dans la banlieue ouest de la capitale, en tant que “moussabil” (militaire en tenue civile) en collectant argent et armes pour les combattants dans les montagnes.

Après près de huit ans de guerre, les armes se sont tues en mars 1962 aux termes des accords d’Evian, ouvrant la voie à la proclamation d’indépendance de l’Algérie le 5 juillet de la même année, approuvée le 1er juillet par 99,72 % des voix lors d’un référendum.

Soixante ans plus tard, l’octogénaire n’a pas oublié ce scrutin historique. Il a voté, par un « oui » évidemment, dans la circonscription d’El Harrach, où il était chargé de surveiller le déroulement du scrutin supervisé par l’exécutif provisoire issu des accords d’Evian.

« Il était impossible que les Algériens votent non. Nous étions tout à fait à l’aise », se rappelle-t-il. « Même si l’enjeu était important, nous n’avions même pas besoin de propagande pour le référendum sur l’indépendance. Tous les Algériens étaient mobilisés pour le vote ».

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« Lorsque le peuple se révolte, personne ne peut l’arrêter »

« Nous étions persuadés que le peuple qui avait subi les affres du colonialisme ne pouvait pas choisir de rester sous son joug », ajoute-t-il. Après les accords d’Evian, un autre référendum sur l’indépendance de l’Algérie a été organisé le 8 avril 1962 sur le territoire français. Les Français ont voté « oui » à 90 %. Pour Ibrahim Ould Mohamed, l’indépendance de l’Algérie s’est dessinée dès le déclenchement de la guerre de libération le 1er novembre 1954. « En déclarant la guerre à la France, nous avons annoncé le rejet de sa présence dans notre pays », estime-t-il. « Le référendum a permis à la France de quitter l’Algérie en sauvant les apparences car elle savait que lorsque le peuple se révolte, personne ne peut l’arrêter ».

Avec l’annonce du résultat du référendum le 3 juillet 1962, l’Algérie devient indépendante. Mais c’est la date symbolique du 5 juillet qui a été retenue officiellement car elle coïncide avec la reddition du Dey d’Alger Hussein Pacha à la même date en 1830. « Ahmed Ben Bella (premier président de l’Algérie indépendante, ndlr) a choisi cette date et nous a, du coup, ajouté deux jours de colonisation », dit Ibrahim Ould Mohamed sur un ton mi-sérieux, mi-taquin. Pour Hussein Taher, soldat de l’Armée de libération nationale à l’époque, l’indépendance a commencé sitôt les résultats du référendum annoncés et la levée du drapeau algérien sur le siège de l’exécutif provisoire dirigé par Abderrahmane Farès au Rocher noir (aujourd’hui Boumerdes), à 45 km à l’est de la capitale.

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Ils se souviennent de la levée du drapeau national

Hussein Taher, 84 ans, se souvient de sa participation le 5 juillet 1962 au premier défilé militaire « avec 1 200 soldats qui ont paradé du stade municipal jusqu’à la Place du gouvernement (rebaptisé Place des Martyrs) », sur un parcours de près de 8 km. Le même jour, le monument érigé par la France pour marquer le 100e anniversaire de la colonisation de l’Algérie en 1930 a été détruit et le drapeau national a été hissé sur la plage de Sidi Fredj, à l’ouest de la capitale, là où l’invasion française avait commencé. « Nous, dans les montagnes, n’avons pas participé au référendum. Mais tous les Algériens ont voté en faveur de l’indépendance car ils n’avaient rien vu de bon dans la colonisation », raconte à l’AFP un autre ancien soldat, Abdellah Sid Ahmed, 82 ans.

Ibrahim Ould Mohamed, l’ancien résistant, dit avoir voté seulement deux fois dans sa vie. S’il a dit « oui » au référendum de 1962, il a voté l’année suivante contre l’élection d’Ahmed Ben Bella comme premier président de l’Algérie indépendante, seul candidat d’un régime qui était à l’époque à parti unique, le Front de libération nationale (FLN), toujours au pouvoir. « Ce n’était pas contre sa personne mais parce que je voulais des élections pluralistes. Je rêvais d’une Algérie meilleure à la hauteur des sacrifices du peuple », explique-t-il.

https://www.letelegramme.fr/monde/60-ans-de-l-independance-de-l-algerie-d-anciens-combattants-racontent-le-jour-du-referendum-02-07-2022-13094338.php

Dans ALGERIE

AHMED BENSAADA : COLONS, COLLOQUE ET COLONISES

Par Le 28/06/2022

Colons, colloque et colonisés

Par Ahmed Bensaada

Mondialisation.ca, 28 juin 2022

ahmedbensaada.com

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« Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des évènements. » Honoré Balzac

Note : Dans ce texte, il est question de la France officielle. En aucun cas il ne s’agit de nos nombreux amis français, humanistes, pacifistes et très respectueux de la souveraineté et de l’intégrité de l’Algérie.

***

Le 23 mai 1956, en pleine guerre d’Algérie, 26 professeurs français de la Sorbonne – dont le célèbre Raymond Aron – publiaient une déclaration dans le journal le Monde dans laquelle ils exprimaient « leur adhésion réfléchie à l’effort militaire qui est demandé au pays [la France]» et approuvaient le récent appel « pour le salut et le renouveau de l’Algérie française ».  Mentionnant « les bienfaits d’une œuvre poursuivie depuis 125 ans et dont aucun esprit honnête ne met en doute la valeur », ils soulignèrent que « cette œuvre est de celles dont les Français doivent rester fiers. Elle doit être continuée ».

Ces universitaires, qui prônaient une Algérie française, feignaient d’oublier que les Algériens, encarcanés dans l’abominable code de l’indigénat, ont baigné, 132 ans durant, dans un illettrisme multigénérationnel.

Concernant les valeureux combattants algériens, ils dénoncèrent « la disposition d’esprit qui […] dispense parfois aux crimes des fellagas une indulgence inadmissible […] et ne craint pas […] d’assimiler aux héros de la résistance des assassins de femmes et d’enfants ».

Et ces professeurs parisiens n’étaient pas seuls. La déclaration notait la solidarité avec cent soixante-dix autres collègues de l’université d’Alger.

Mais voilà que soixante-six ans plus tard, la même université parisienne a accueilli, du 23 au 25 juin 2022, un colloque intitulé « Algérie 1962-2022, Trajectoires d’une nation et d’une société », organisé par des descendants de ceux-là même que les sorbonniens traitaient de « fellagas » et d’« assassins de femmes et d’enfants ».

Comment se fait-il qu’après soixante années d’indépendance, de (trop) nombreux intellectuels algériens, purs fruits de l’Algérie indépendante, continuent à se cacher derrière les meurtrières de l’ancien pays colonisateur pour décocher des flèches empoisonnées vers leur propre pays?

Le calendrier aidant, le « 43e congrès national du cercle algérianiste » se tenait à Perpignan presque simultanément (du 24 au 26 juin 2022). Le programme? « Apologie de la colonisation, révisionnisme historique, mensonges par omission, minorisation et dénégation des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les armées françaises entre 1830 et 1962 […] ».

On se demande pourquoi les organisateurs du colloque parisien n’ont-ils pas saisi l’occasion pour unir leurs efforts avec les congressistes de Perpignan afin de concocter un seul et unique évènement qui aurait couvert exhaustivement la période 1830 – 2022! L’attaque contre l’Algérie et son indépendance aurait été plus efficace, n’est-ce pas?

En fait, au-delà de l’aspect anecdotique de ce bégaiement historique, ce colloque parisien soulève plusieurs questions sérieuses.

Le timing

Le 5 juillet prochain, c’est-à-dire à peine deux semaines après le début de ce colloque, l’Algérie et les Algériens fêteront le soixantième anniversaire de leur indépendance. Une date mémorable qui rappelle le sacrifice de toute une génération de valeureux combattants qui ont donné leur jeunesse et leurs vies pour mettre fin à un joug colonial français sanguinaire, inhumain et raciste. Un système colonial barbare qui est une honte pour ce pays qui se targue d’être « le pays des droits de l’Homme » et qui trouve des « professeurs émérites » pour nous vendre cette ânerie qu’est la « mission civilisatrice de la France ».

Tous les pays ont le droit et le devoir de commémorer les dates importantes de leur histoire, en particulier leurs indépendances. C’est le cas, par exemple, des États-Unis le 4 juillet ou le Canada le 1er juillet. En France, là où se trouve l’université qui accueille le colloque, tous les 14 juillet, les militaires de ce pays se parent de leurs plus beaux uniformes pour parader le long des Champs Élysées. Ali Bensaad, le principal organisateur du colloque n’y a jamais vu aucun inconvénient. Par contre, il s’insurge contre le logo du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et trouve « scandaleux » qu’il comporte des éléments rappelant l’aspect militaire de la conquête de la souveraineté nationale (voir son interview à AlternaTV – @ 19’55’’). Non seulement il fait semblant de ne pas voir les éléments centraux de ce logo qui représentent le savoir et la technologie, mais il omet également de préciser qu’il a été choisi après concours national et que l’auteur est un ingénieur en électrotechnique et non pas un militaire.

 

Logo du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie

(Œuvre de Abdelmalek Zelagui, ingénieur en électrotechnique)

Tous les peuples ont le droit de fêter joyeusement leurs indépendances, surtout lorsqu’elles sont chèrement acquises après de multiples révoltes et une révolution dont les actes de bravoures et les sacrifices resteront à jamais gravés en lettres d’or dans l’histoire contemporaine. Il y a un temps pour se réjouir de nos acquis et de glorifier ceux grâce à qui nous avons pu les atteindre. Et il y a tout le reste de l’année pour évaluer ces mêmes acquis et débattre des politiques qui pourraient ou auraient pu nous permettre de les dépasser. Mélanger les deux, relève plus d’un illogisme patent – voire d’une réelle mauvaise foi – que d’un désir d’analyse objective et académique par un panel d’universitaires et de journalistes dont les orientations idéologiques à l’égard de l’Algérie est très questionnable. Nous y reviendrons subséquemment.

Le lieu

Le 8 mai dernier, le président français a présidé la cérémonie de commémoration du 77e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Voici le compte rendu d’un média français :  M. Emmanuel Macron « s’est rendu sur les Champs-Élysées pour ranimer la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe […]. Une minute de silence est observée pendant que résonne la sonnerie aux morts, avant que ne retentisse la Marseillaise ».

Une cérémonie à laquelle ont assisté les plus hautes autorités de l’armée française ainsi que des militaires invalides salués par le président en personne.

Peut-on imaginer des universitaires français organisant un colloque à Berlin sur le régime de Vichy ou sur la collaboration pendant l’occupation allemande? Ou sur les gilets jaunes? Ou sur la montée de l’extrême-droite en France? Ou sur ces présidents français si souvent épinglés par la justice de leur pays?

Peut-on imaginer des universitaires français organisant un colloque à Alger sur les crimes de la France durant la conquête, la colonisation ou pendant la guerre d’Algérie? Sur les enfumades, les razzias, les expropriations, les tortures, les viols et les assassinats commis pendant 132 ans d’occupation?

Comment donc expliquer que des universitaires qui ont été formés non pas par la France coloniale mais par l’Algérie indépendante aillent déblatérer sur l’Algérie et ses problèmes chez l’ancien colonisateur?

Où sont passés l’amour-propre, le respect de soi et celui des martyrs de la révolution. Où est passé le « nif », quoi!

Pensent-ils vraiment que la France officielle approuve leurs salmigondis pour des motifs de droits de l’Homme ou de démocratie? Pensent-ils vraiment que l’essor de l’Algérie intéresse la France officielle, celle-là même qui a écrasé leurs ancêtres pendant plus d’un siècle? Savent-ils que s’ils ne servaient pas la politique du Quai d’Orsay, ils seraient éconduits comme de vulgaires bougnouls? Peuvent-ils nous dire, par exemple, que font les crânes de nos concitoyens stockés dans des boites comme de vulgaires objets dans un édifice qu’ils ont abusivement baptisé « musée » comme si les restes humains de nos héroïques combattants pouvaient être considérés comme du matériel muséologique?

Cela me remémore un passage de mon livre « Kamel Daoud : Cologne, contre-enquête » :

« Quand je pense que ni Kamel Daoud, ni moi ne serions en train de débattre de la sorte si l’Algérie n’avait pas payé un lourd tribut afin de mettre fin au joug colonial français et accéder à son indépendance ! Dans le meilleur des cas, nous serions, lui à Mesra (village près de Mostaganem) et moi à Fillaoucène (village proche de Tlemcen), en train de garder les cochons et les truies du colon du coin, plongés dans une misère affreuse et une ignorance multigénérationnelle, sauf peut-être l’aptitude à reconnaître les gorets des verrats… » (p.124)

Et c’est le cas de la quasi-totalité des participants d’origine algérienne!

Qu’on se le dise clairement. Si l’Algérie avait sombré dans cette maudite saison fallacieusement nommée « printemps » par les Occidentaux, la France aurait, sans aucun doute, agi en Algérie comme elle l’a fait en Libye ou en Syrie. Dans le premier pays, elle a tapissé le pays de bombes et, dans le second, elle a aidé des « mangeurs de cœurs humains » à faire « du bon boulot ». Pas au courant? Il faut juste poser la question à MM. Sarkozy et Fabius. Ils n’habitent pas trop loin du lieu du colloque.

Les participants

Tout d’abord, cet évènement ne peut pas être qualifié de « colloque » car, comme l’explique si bien son « organisateur en chef », M. Bensaad, il n’y a pas eu d’appel public à communications (voir son interview – @ 54’02’’) et cela semble bizarre que la « prestigieuse » université parisienne soit rentrée dans cette combine. Cela s’est passé entre copains de même ADN idéologique concernant l’Algérie que j’ai nommé dans une précédente occasion « consanguinité intellectuelle ». C’est le cas d’ailleurs des invités de ce média fantoche basé au Québec nommé AlternaTV qui fait de la pub pour l’évènement ou de ceux de Radio M, un autre média domicilié à Alger qui, lui, est financé par le Quai d’Orsay et dont certains abonnés et collaborateurs étaient présents à ce colloque. Tant pis! Il n’y aura pas de débat contradictoire. Les participants s’autocongratuleront, s’autocomplimenteront et s’autoféliciteront à la fin de l’évènement, espérant que leur laïus aura atteint les oreilles de leur roi Macron car certains attendent impatiemment le retour d’ascenseur. En effet, lorsque l’actuel président français s’attaqua méchamment et gratuitement à l’Algérie, Ali Bensaad prit sa défense dans Le Monde, journal connu pour son « amour inconditionnel » pour l’Algérie. Et il n’était pas le seul, loin s’en faut. Ce même quotidien avait ouvert ses colonnes, quelques jours plus tôt, au « Professeur émérite » (excusez du peu!) Lahouari Addi pour disserter de la pensée philosophique macronienne sur la création de l’Algérie. Et, vous l’avez peut-être deviné, M. Addi était présent au colloque en qualité de membre du comité scientifique.

 

Le comité scientifique du colloque

WOW! Quelle maîtrise de la science! Il en a fait brillamment la démonstration mathématique dans un calcul épique où il a admirablement jonglé avec les cm2 et les cm3! Époustouflant!

 

Le « Professeur émérite » Lahouari Addi et son calcul épique pour dénombrer les manifestants du Hirak: il les a juste confondus avec des sardines en boîte

En défendant le président Macron, Ali Bensaad et Lahouari Addi rêvent-ils de devenir les « Moustapha Abdeljalil » ou les « Bourhan Ghalioun » d’une Algérie « printanisée »?

Moustapha Abdeljalil et Nicholas Sarkozy (Paris, le 1er septembre 2011)

 

Bourhan Ghalioun, François Hollande et Laurent Fabius (Paris, le 6 juillet 2012)

Lahouari Addi est un des « ténors autoproclamés du Hirak » que j’ai amplement cité dans mon livre sur le sujet. Il a longuement collaboré avec le think tank de la NED (National Endowment for Democracy), vitrine de la CIA, dont l’implication dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe n’est plus à démontrer.

Cela n’est pas sans nous rappeler que Raymond Aron, le principal signataire de la déclaration d’allégeance à l’Algérie française du 23 mai 1956, a été lui aussi été largement financé par la CIA. Cela prouve que cette dernière n’a jamais cessé son travail continu de subversion des « élites » étrangères pour promouvoir son agenda politique dans les pays ciblés.

Et que dire des autres participants? Il serait évidemment trop fastidieux de disserter de leurs accointances et de leurs orientations politiques vu leur nombre, mais il est possible de les catégoriser.

Tout d’abord, et contrairement à ce qu’avance Ali Bensaad (voir son interview – @ 50’00’’), les participants ne font pas tous partie du milieu académique. On y remarque une forte présence de journalistes, pour la plupart d’entre eux de notoires « printanistes », appartenant au Monde (tiens donc!), à ce qui reste du Monde Diplomatique et des habitués de Radio M et de la secte algéroise des « Zigomars » dont Ali Bensaad et Lahouari Addi cognent assidument à la porte d’entrée.

En passant, il n’est pas inutile de rappeler que Le Monde est financé par l’Open Society, la fondation de George Soros, un autre spécialiste des « regime change » à l’instar de la NED.

Le journal Le Monde est financé par l’Open Society de George Soros

Il y a aussi des universitaires algéro-algériens qui ont fait leur pèlerinage à Paris et qui ont, depuis 2011, adopté le « printemps » comme saison de prédilection pour les pays arabes. Il est intéressant de noter que certains d’entre eux ont bénéficié de bourses américaines prestigieuses, ceci expliquant cela.

Le plus étonnant c’est qu’ils ont non seulement pris congé de leurs charges pédagogiques (l’année universitaire n’étant pas encore close), mais certains ont aussi bénéficié d’une prise en charge étatique pour participer à ce colloque! C’est ce que nous révèle Ali Bensaad dans son monologue avec AlternaTV (voir son interview – @ 43’12’’).

Les congés scientifiques financés par le gouvernement algérien serviraient-ils aux universitaires algériens pour collaborer à ce type de colloques? Si c’est le cas, c’est gravissime.

Ces mêmes intellectuels qui sont allés à Paris analyser les « Trajectoires d’une nation et d’une société» pourraient commencer par le commencement, c’est-à-dire analyser leurs comportements dans leurs pratiques pédagogiques quotidiennes et leurs relations professionnelles. En effet, certains se vantent de ne se présenter à l’université qu’une seule (et unique) journée par semaine (sic!) tandis que d’autres communiquent avec leurs collègues enseignantes avec le langage fleuri des injures et des insultes (re-sic!). Il n’est pas utile de citer des noms, les concernés se reconnaitront.

Il va sans dire qu’avant de donner des leçons à toute l’Algérie, il est fortement recommandé de prendre le temps de balayer devant sa porte. Et ce simple et banal conseil est valable pour tous les invités du colloque.

En ce qui concerne les autres participants, on a affaire à certains sympathisants (militants?) du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) comme Salem Chaker (lire cet article et, pour plus de détails, voir cette émission @ 1h 34’ 45’’), une organisation séparatiste classée terroriste par le gouvernement algérien.

Ajoutons à cela des « quituquistes » notoires, tel Omar Benderra, qui accusent l’armée algérienne des crimes commis par les djihadistes algériens lors de la décennie noire ( voir cette émission @ 1h 15’ 05’’). Benderra et ses acolytes sont reliés à l’organisation islamawiste « Rachad » (lire mon article sur le sujet), elle aussi classée terroriste par le gouvernement algérien. Rappelons à ce sujet que le « professeurissime » Lahouari Addi avait qualifié Mourad Dhina, un des fondateurs de « Rachad », « d’Erdogan algérien »!

Ainsi, les trois composantes du Hirak frelaté en l’occurrence les ONGistes, les makistes et les islamawistes sont soit présents dans ce colloque, soit représentés par des sympathisants et des collaborateurs actifs.

Pour l’anecdote, j’avais analysé la rhétorique de Ali Bensaad en comparaison de celle de Larbi Zitout, un autre membre fondateur de « Rachad ». Ce dernier est un saltimbanque du Hirak qui passe son temps à croasser sur le cyberespace, s’attaquant à tout ce qui bouge en Algérie. J’étais arrivé à la conclusion que leurs discours avaient plusieurs similitudes du point de vue rhétorique, malgré l’énorme différence entre leurs parcours. En réalité, on se rend compte qu’ils mènent le même combat à la seule différence que Ali Bensaad se cache derrière une toge et un mortier. Un combat pour la « printanisation » de l’Algérie et le colloque parisien en est un des multiples instruments.

Mais sachez messieurs les « intellectuels invités de la Sorbonne », en Algérie nous préférons voir les feux d’artifice des Jeux Méditerranéens monter vers le ciel d’Oran plutôt que les bombes de l’OTAN descendre sur les têtes des Libyens.

Nous préférons voir les sourires et la joie sur les visages des sportifs méditerranéens plutôt que la peur et les larmes sur ceux des réfugiés syriens.

Nous préférons voir la Méditerranée comme une mer de paix et d’amitié entre les peuples plutôt qu’un tombeau pour le petit Aylan.

Ahmed Bensaada

La source originale de cet article est ahmedbensaada.com

Copyright © Ahmed Bensaadaahmedbensaada.com, 2022

https://www.mondialisation.ca/colons-colloque-et-colonises/5669306

Dans ALGERIE

60 ANS D'INDEPENDANCE : NECESSITE D'UN DEVOIR D'INVENTAIRE AVEC LA FRANCE

Par Le 23/06/2022

60 ans d’indépendance : Nécessité d’un Devoir d’inventaire avec la France

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 22 juin 2022

Région : 

Thème: 

Analyses: 

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«(…) Lorsqu’on voit ce que l’occupation allemande a fait comme ravage en quatre ans dans l’esprit français, on peut deviner ce que l’occupation française a pu faire en cent trente ans.» Jean Daniel  Le temps qui reste Editions Plon 1973 

«  Faire l’éducation du genre humain, c’est la mission de l’Europe. Chacun des peuples européens devra contribuer à cette sainte et grande œuvre   tout.   […] Chose étrange à dire et bien vraie pourtant, ce qui manque à la France en Alger, c’est un peu de barbarie. Les Turcs allaient plus vite, plus sûrement et plus loin ; ils savaient mieux couper des têtes. La première chose qui frappe le sauvage, ce n’est pas la raison, c’est la force ».

Victor Hugo 

Résumé 

L’année 2022 marque les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie Soixante ans d’indépendance  un bail !  L’Algérie  est devenue libre Elle a des défis dictés par la marche du monde. Bien que 90% de la population soit né après 1962, L’Algérie vit toujours avec son passé L’invasion française un  matin de juillet 1830 est un gigantesque tsunami psychologique  dont  les répliques se font sentir en chacun de nous . Jean  Daniel explique par comparaison entre l’occpation allemande et l’occupation française les douleurs et la rage est d’autant plus vive que nous n’avons pas fait  le tour –d’un deuil toujours recommencé parce que  tout les jours nous découvrons des facettes toujours macabres de l’oeuvre positive de la France. Je ne pourrai pas décrire 132 ans de rapines d vol de viol d’incendie de déni de la dignité humaine. Il est connu que les souvenirs douloureux se transmettent génétiquement de génération en génération. Ce devoir d’inventaire que nous devons faire par respect à la mémoire des 6  millions de victimes de la colonisation n’est pas pour nous un fond de commerce, mais oublier est une trahison Je décrirai les crimes contre l’humanité les plus  criards sans oublier que 132 ans de déni de la dignité humaine mérite  à notre sens mille Nuremberg !

Quelques rappels sur l’histoire de la vénérable nation algérienne

Une mauvaise querelle a été récemment faite à notre pays pour annoncer urbi et orbi que l’Algérie est une création de la France. Pourtant, il y a 23 siècles, l’Algérie était une puissance. Pour situer objectivement l’histoire de l’Algérie. C’est à Adrar que la météorite la plus ancienne 4,6 milliards d’années L’Algérie est considérée comme le second berceau de l’humanité. Il y a 2,4 millions d’années, du côté de Sétif, les premiers hommes vivaient. Plus tard, et pratiquement dans toutes les régions du pays, on trouve les traces de l’homme de Tifernine, il y  a 1,7 million d’années, pour arriver bien plus tard aux hommes préhistoriques de Mechta Affalou Des royaumes  virent le jour. Quand Massinissa battait monnaie deux siècles avant JC et disposait d’une armée, la Gaule n’était qu’un assemblage de tribus sauvages qui se faisaient  constamment la guerre. L’Algérie avait l’empire romain comme voisin auquel elle a donné des empereurs, des généraux et des gouverneurs. Elle offre  4 papes à la chrétienté et  Saint Augustin un Père de l’Eglise.  Le premier roman, « L’âne d’or » a été écrit en Algérie au 2ème siècle par Apulée de Madaure, A l’époque d’Apulée, l’Europe était encore à la tradition orale. Il a fallu attendre le 8e siècle pour que le mot France apparaisse et après 1870 pour que le mythe fondateur de Jeanne D’Arc  appelé en renfort pour remonter le moral du peuple de France vaincu par l’Allemagne malgré le dévouement des tirailleurs algériens qui furent décimés par le chassepot allemand à Wissembourg. 

Pour l’histoire, l’Algérie a signé avec la France depuis la première attaque contre ses côtes en 1299 plus d’une cinquantaine de traités.  Le premier traité de paix a été signé entre la Régence d’Alger et le royaume de France, le 24 septembre 1689, soit cent ans avant la Révolution de 1789. La Régence d’Alger a été la première puissance a reconnaitre l’indépendance des États- Unis d’Amérique.» 

Dans le même ordre pour apporter un démenti à celle et ceux qui croient au mensonge éhonté sur ce qu’était l’Algérie  quel meilleur défenseur de la morale en histoire que  le docteur Mohamed Lamane Debaghine  député  l’Assemblée Nationale Française   qui le 20 août 1947   Il  dénonce la violation de souveraineté dont la France se serait rendue coupable : « N’oubliez pas, Mesdames et Messieurs, l’Algérie est une Nation. Elle a été une Nation et a été souveraine. Seule l’agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté. On a trop tendance à l’oublier.  De plus, les traités conclus entre l’État algérien et des nations telles que l’Angleterre, les États-Unis et la France elle-même prouvent que l’Algérie était considérée comme une nation souveraine.   D’autre part, l’Algérie était à ce point considérée comme un État souverain par la France elle-même, qu’en 1793, pendant la guerre que celle-ci soutenait contre l’Europe entière, aussi bien pendant la Révolution   la France jugea que, seule la nation algérienne, qui était à cette époque souveraine, pouvait la ravitailler en blé, en chanvre pour les cordages de ses navires, en chevaux et même lui prêter gracieusement de l’argent ».   

Le docteur Debaghine ajoute que  l’Algérie veut être indépendante :

« ce serait une très grande erreur de croire (…) que le désir d’indépendance du peuple algérien provient uniquement du fait que la colonisation n’ait pas réussi au sens matériel du mot. Quand bien même la France aurait réalisé des merveilles (…)  Cela signifierait, par exemple, que si la colonisation s’était traduite, dans le domaine matériel, par une amélioration du standing de vie de la population musulmane, cela nous aurait peut-être amenés à concevoir de bonne grâce la perte de notre personnalité, de notre souveraineté et de notre culture. Il n’en est rien ». (1) 

Les causes indignes de la conquête : La fin d’un Monde

L’idée d’invasion a germé d’abord dans la tête de Napoléon qui ne voulait pas payer la dette et  qui envoya l’espion Boutin en repérage d’un lieu de débarquement  La «cause »  serait l’offense au consul Deval . l’autre motif serait la destruction du nid de pirates alors que  la piraterie n’existait plus depuis 1818  Peut-on alléguer l’intérêt économique d’une conquête d’Alger, exposé en 1827 dans le rapport du ministre de la guerre, comte de Clermont-Tonnerre, évoquant des « plaines d’une prodigieuse fertilité », des « forêts de sapins et de chênes (sic) propres aux constructions navales », des « montagnes de sel gemme » avec  la tentation que constituait, pour un gouvernement aux finances en mauvais état  « les trésors – Clermont-Tonnerre dixit – qui se sont accumulés dans le château du dey d’Alger : on les estime à plus de cent cinquante millions. »..  Le même  Clermont Tonnerre   invoque aussi   le motif religieux « Dès 1827,   dans un rapport célèbre, avait transmis au roi un plan détaillé d´envahissement de l´Algérie. Il écrivait notamment: «La providence a permis que Votre Majesté fût brutalement provoquée, dans la personne de son consul, par le plus déloyal des ennemis du nom chrétien. Ce n´est peut-être pas sans des vues particulières qu´elle appelle ainsi, le fils de Saint Louis à venger à la fois la religion, l´humanité et ses propres injures(…)  Alger ne vit que par la guerre qu´elle livre aux puissances chrétiennes, Alger doit périr si l´Europe veut être en paix. C´est pour tous ces motifs que je supplie Votre Majesté… de prendre une détermination par suite de laquelle vous vengerez la chrétienté en même temps que vos injures». (2)

Comment l’invasion sanguinaire a eu lieu

Un peuple paisible fut pris de cours, il connu l’enfer de l’invasion et des colonnes infernales     Le roi chargea  le duc de Bourmont  d’envahir l’Algérie qui s’est illustré  auparavant par la trahison de Napoléon   Il s’illustra outre sa politique sanguinaire  par le parjure , il promettait ne rien attenter aux biens  coutumes et religion des Algériens  Le 29 décembre, le général Thomas Bugeaud, qui vient d’être nommé gouverneur de cette colonie, arrive en Algérie. La véritable conquête débute avec massacres, déportations massives des populations, rapt des femmes et des enfants utilisés comme otages, vol des récoltes et du bétail, destruction des vergers.  C’est le colonel de  Montagnac qui annonce la couleur en déclarant en 1843 : « «Qui veut la fin veut les moyens. Selon moi, toutes les populations [d’Algérie] qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées, tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe; l’herbe ne doit plus pousser là où l’armée française a mis le pied.»   Mostefa Lacheraf avec sa lucidité coutumière parle des officiers  français qui n´hésitent pas à couper les oreilles et les têtes des Arabes lors de razzias et qui, parallèlement, sont de parfaits hommes du monde quand il s´agit d´aller au bal du duc d´Orléans.

Pendant plus de 70 ans jusqu’au évènements de Marguerite au tournant du XXe siècle , le peuple  algérien a défendu sa terre en face d’une armée de soudards dirigés par le sinistre Bugeaud  (le bouchou qui nous faisait peur enfant) Le journaliste Jean Michel Apathie: résume en quelques phrases les méfaits du général  Bugeaud honoré  symbole du génocide et de la spoliation subies par le peuple algérien à partir de 1830. Pour lui   la colonisation algérienne ne ressemble à aucune autre colonisation. « Nous devons des excuses. La colonisation algérienne ne ressemble à aucune autre colonisation », Jean Michel Apathie Apathie explique que la presse européenne à l’époque avait dénoncé ce qui se déroulait en Algérie.

« L’armée est livrée à elle même sur le terrain, à partir de là va commencer la conquête de l’Algérie tellement violente qu’en 1845 il y a une campagne de presse européenne pour la dénoncer » . «Le Maréchal Thomas Bugeaud s’est comporté comme un boucher »,   « On a volé les terres aux algériens, on a empêché la scolarisation de cinq générations d’algériens, on a condamné à l’ignorance et l’analphabétisme et on a lancé du napalm sur les villages algériens. » Thomas Bugeaud, général, « enfumeur » de femmes, d’enfants et de vieillards, lors de la conquête de l’Algérie » Jean-Michel Apathie fustige les prétendus « bienfaits de la colonisation » et rappelle les spoliations, les famines, la « clochardisation » de l’Algérie rurale, et le fait que seul un enfant arabe sur dix était scolarisé. Il s’attarde aussi sur les massacres de Sétif, en 1945, et de Philippeville, en 1955, et le fait que les Arabes n’étaient pas considérés comme des citoyens à part entière. Ce qui lui vaut d’être qualifié de « woke » et d’« islamo-collabo » sur les réseaux sociaux ».  (3) .

Alexis de Tocqueville «Démocrate» et colonialiste acharné

Suite aux exactions de l´armée en 1847, une commission parlementaire de 18 membres avec à sa tête Alexis de Tocqueville  le père de la « Démocratie en Amérique » rédige un rapport  On y lit: «Partout nous avons mis la main sur les revenus, ceux des fondations pieuses, ayant pour objet de pourvoir aux besoins de charité ou de l´instruction publique, en les détournant en partie de leurs anciens usages. Nous avons réduit les établissements charitables, laissé tomber les écoles et dispersé les séminaires. Autour de nous les lumières se sont éteintes, le recrutement des hommes de religion et des hommes de loi a cessé. C´est-à-dire que nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu´elle n´était avant de nous connaître » (4)

Dans un autre discours le même Tocqueville montrait sa vraie nature . «La domination paisible et la colonisation rapide de l´Algérie sont assurément les deux plus  grands intérêts que la France ait aujourd´hui dans le monde    «J’ai souvent entendu (…) des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu´on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu´on s’emparât des hommes sans armes, et des enfants. Ce sont là, d’après moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre. (…) On ne détruira la puissance d’Abd El-Kader qu’en rendant la position des tribus qui adhèrent à lui tellement insupportable qu’elles l´abandonnent. Attirer dans ce pays de nombreux colons, tel est l´un de ses objectifs majeurs, et pour y parvenir il faut exproprier, expulser les habitants, déplacer des villages entiers afin d´octroyer aux Français les terres les plus riches » (4)

Ce qui s’est passé lors de la prise de la Brèche à  Constantine en 1837

Alexandre Dumas raconte d’une façon détaillées ce qui s’est passé  : « (…)  Les soldats coururent, croyant arriver à une pente praticable,   en courant sur l’escarpement du Rummel, ils se rejetèrent en arrière en poussant un cri de terreur. Ils venaient en effet d’apercevoir un terrible spectacle.(…)  une muraille de rochers verticaux dont le pied s’appuyait à un massif de pierres aiguës et tranchantes. Là, sur ces aiguilles, sur ces pics, sur ces lames de granit, gisaient brisés, sanglants, mutilés, trois ou quatre cents corps d’hommes, de femmes et d’enfants. Au premier aspect et à la manière dont ils étaient étendus pêle-mêle les uns sur les autres, on eût pu les prendre pour un amas d’habits et de haillons ensanglantés. Mais, en se penchant sur l’abîme, on apercevait comme une dernière ondulation, comme un souffle suprême agitant ces masses flasques et informes. Puis, en forçant le regard de s’arrêter sur ce hideux tableau, on arrivait à distinguer des têtes soulevées, des bras mouvants, des jambes crispées frissonnant dans les dernières convulsions de l’agonie. (…) Les premiers qui avaient reculés’ étaient en effet hasardés dans ces vertigineux chemins, (…)  La cataracte commença de s’égrainer au bord de l’escarpement, la cascade humaine s’était mise rouler dans l’abîme avec une furieuse abondance et une effroyable rapidité. Les derniers venus, a  s’étaient arrêtés en arrivant au bord de l’abîme, et, à l’aide de cordes, avaient essayé de franchir l’effroyable distance, mais les cordes s’étaient brisées sous le poids mal calculé qui s’y était suspendu, et premiers et derniers s’étaient rejoints et s’étaient écrasés sur ces mêmes roches.»  (5)

Cela s’est passé un 18 Juin 1845, les enfumades de la tribu des Ouled Riah

On peut encore voir aujourd’hui d’immenses grottes pouvant contenir des centaines de personnes. Elles servaient de refuge aux tribus des environs et une espèce de code d’honneur établi, faisait qu’elles y étaient en totale sécurité. Ainsi, aucun conquérant ne viola ce code, jusqu’à la conquête de l’Afrique du nord par les français, dont l’armée d’occupation appliqua de nouvelles méthodes : les enfumades.  Il faut savoir qu’entre 1844 et 1845, trois tribus subiront ce sort, sous les ordres de trois colonels français, Cavaignac, Pélissier, Saint-Arnaud. Le 18 juin 1845, reste une sinistre et mémorable date dans notre histoire. Une tribu entière, réfugiée dans la grotte dite Ghar El Frachich est enfumée sous les ordres du colonel Pelissier. Elle sera entièrement décimée. Le nombre des victimes est encore sujet à discussion et oscille entre 500 et 1200 âmes . Dans un rapport à Bugeaud, fait le 22 juin 1945  le   colonel Pélissier  décrit le mode   opératoire nous lisons :

«  Tout fuyait à mon approche Dès lors, je n’eus plus qu’à suivre la marche que vous m’aviez indiquée ; je fis faire une masse de fagots et, après beaucoup d’efforts, un foyer fut allumé et entretenu à l’entrée supérieure ; le feu dura toute la journée  On ne saurait décrire la violence du feu. La flamme s’élevait au haut du Kantara, élevé de 60 varas environ (la vara a un mètre de longueur), Rien ne pourrait donner une idée de l’horrible spectacle que présentait la caverne » (6)

Tous les cadavres étaient nus, dans des positions qui indiquaient les convulsions qu’ils avaient dû éprouver avant d’expirer, et le sang leur sortait par la bouche ; mais ce qui causait le plus d’horreur, c’était de voir des enfants à la mamelle gisant au milieu des débris de moutons,  Personne n’a pu savoir ce qui s’est passé dans la grotte, et si les Arabes, étouffés par la fumée, se sont résignés à la mort avec ce stoïcisme dont ils se font gloire. Le nombre des cadavres s’élevait de 800 à 1000.  (…) Le Témoignage d’un sous-officier  est encore plus éloquent :

« Voir, au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes occupé à entretenir un feu infernal, entendre les sourds gémissements des hommes, des enfants et des animaux, le craquement des rochers calcinés s’écroulant et les continuelles détonations des armes. Dans celle nuit, il y eut une terrible lutte d’hommes et d’animaux ! Le matin, quand on chercha à dégager l’entrée des cavernes, un horrible spectacle frappa les yeux des assaillants. J’ai visité les trois grottes ; voici ce que j’ai vu : A l’entrée gisaient des bœufs, des ânes, des moutons ;  parmi ces animaux, et entassés sous eux, se trouvaient des femmes et des enfants. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main sur la corne d’un bœuf ; devant lui était une femme tenant un enfant dans ses bras. Cet homme, avait été asphyxié, ainsi que la femme, l’enfant et le bœuf, au moment où l’Arabe cherchait à préserver sa famille de la fureur de cet animal» (6) (7)  

Les évènements du 8 mais 1945 

Un siècle après ces crimes sans nom le 8 mai 1945 des Algériens sortent célébrer la victoire. Un drapeau algérien est arraché ; Un coup de feu !Ce sera le début de la curée sur ordre du général de Gaulle qui donne les pleins pouvoirs aux colons et à  l’armée avec sa tête le général Duval le boucher du  Constantinois  Le pouvoir en France décide de mater la révolte : « De Sétif, la répression sanglante s’est généralisée. Elle allait toucher tout le pays durant tout le mois de mai. L’Algérie s’embrasait Le général Weiss, avait ordonné le 13 mai le bombardement de tous rassemblements des indigènes sur les routes et à proximité des villages. Kateb Yacine,   alors lycéen à Sétif, écrit :

« C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme. » « Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. À Guelma, ma mère a perdu la mémoire… On voyait des cadavres partout, dans toutes les rues. La répression était aveugle ; c’était un grand massacre. » Dans les localités environnantes à Sétif, Ras El Ma, Beni Azziz, El Eulma, des douars entiers furent décimés, des villages incendiés, des dechras et des familles furent brûlées vives. Les légionnaires prenaient les nourrissons par les pieds, les faisaient tournoyer et les jetaient contre les parois de pierre où leurs chairs s’éparpillaient sur les rochers… Selon l’armée américaine cet énorme massacre de la France de de Gaulle, par l’armée française, la police et les miliciens, aurait fait 45.000 morts. C’est le chiffre, qui peut sembler peut-être vraisemblable, retenu officiellement désormais par les Algériens » (8) 

Guerre des grottes : L’autre crime impuni  

Nous sommes un siècle plus tard ,les méthodes des pères fondateurs reprennent du grade pendant la guerre d’Algérie   On ne cessera jamais de le dire : Les formes de torture adoptées par l’administration coloniale française contre les Algériens représentent une «tache noire», motif de déshonneur sur le front de ce pays et doivent être classées à la tête des «crimes contre l’humanité»   «Même les tortures pratiquées par les Nazis lors de la deuxième guerre mondiale n’ont pas été de la même intensité et atrocité. Les soldats de la France coloniale ont exercé les pires méthodes de torture contre les prisonniers pour les obliger à parler ou par divertissement, selon les témoignages historiques  La « guerre des grottes » s’est déroulée dans les réseaux souterrains de zones montagneuses d’Algérie, à partir de 1956. L’historien a écrit dans ce contexte :  

«Des milliers de sites contenant des corps portés disparus pourraient faire l’objet d’une investigation pour leur identification», a-t-il relevé d’où «la nécessité de retrouver les cartes permettant l’exploitation de ces sites  A partir de 1956, l’armée française a mené en Algérie «une guerre souterraine» en utilisant des gaz toxiques dans ces grottes transformées notamment en des lieux de combats, d’infirmerie pour les Moudjahidine, mais aussi des refuges pour la population.   Pour l’historien Gilles Manceron aussi, cette « guerre des grottes » ravive le souvenir de ce que l’on avait appelé, dans les années 1840, « les enfumades ». Pour Bugeaud  « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, enfumez-les à outrance comme des renards. »  Ainsi, ces unités de la « guerre des grottes » renouaient avec cette tradition,   « Mais si beaucoup de gens sont morts, on ne sait pas leur nombre »,    Des unités spécialisées sont constituées pour pratiquer ce qui a été appelé « la guerre des grottes », c’est-à-dire l’asphyxie des personnes réfugiées dans des grottes qui étaient nombreuses dans plusieurs régions montagneuses de l’Algérie où la guérilla se développait. Et souvent, à la fin, après leurs opérations, ils dynamitaient la sortie, pour que ça ne resserve à nouveau, et ce n’était pas possible – ou extrêmement dangereux – d’y pénétrer pour extirper des cadavres.  En effet, « la guerre des grottes est un épisode méconnu de la guerre de 1954-1962. Le dossier fait partie des secrets cadenassés par l’armée française en raison d’un accès verrouillé aux archives »  (9) (10)  

Quand l’armée française « pacifiait » au napalm

Parler de l’usage du napalm par la France durant la guerre d’indépendance, c’est revenir sur un déni d’État. À l’instar d’autres armes chimiques, ce produit a été utilisé en dépit des conventions de Genève dont Paris était signataire.   Les autorités françaises le répèteront sans trembler : « Napalm rigoureusement proscrit et jamais employé opération militaire en Algérie » . Ce mensonge clairement affirmé par le ministre résidant Robert Lacoste  en 1957 est répété sous la Ve République  Les forêts qui dérobent ces combattants aux avions français sont particulièrement ciblées : largué par les airs, le napalm enflamme immédiatement la surface sur laquelle il se répand, ce qui le rend particulièrement redoutable dans les régions boisées.  un caporal avait adressé une lettre au journal le Monde pour dévoiler la réalité cachée derrière une dépêche officielle parlant de « rebelles mis hors de combat avec l’aide de l’aviation » :

« Ayant participé à l’encerclement et à la réduction de la ferme où [les « rebelles »] étaient retranchés, je puis vous indiquer qu’ils ont en réalité été brûlés vifs, avec une dizaine de civils dont deux femmes et une fillette d’une dizaine d’années, par trois bombes au napalm lancées par des appareils de l’aéronavale », non loin de Sétif, le 14 août 1959.   L’usage du napalm étant interdit, on opte pour un langage codé : « bidons spéciaux ». Dans le secteur de Bou Saada, au sud-est d’Alger, est ainsi consignée, fin septembre 1959, une « action de l’aviation en bombes de 250 livres et en bidons spéciaux sur un camp rebelle » Les comptes-rendus d’opérations mentionnent aussi les effets de ces « bombing par bidons spéciaux ».  La « réduction du nid de résistance » ayant échoué face au « feu violent et précis des rebelles », l’intervention de l’aviation de chasse est demandée.

« Il y avait une montagne juste en face : ils ont utilisé le napalm. Il y avait un hôpital, enfin une infirmerie, où ils cachaient les blessés. Je les voyais, ils essayaient de s’évader… Une odeur horrible. Ils se roulaient par terre et leurs chairs restaient sur les pierres.   Il y avait une femme qui a été happée par le napalm (…) Un matin d’avril 1959, sa section est envoyée au rapport : « Vingt et un corps sont dénombrés, une dizaine d’autres sont retrouvés brûlés par le napalm »  (…)avec l’approfondissement systématique de la guerre, et en particulier le « plan Challe » à partir de 1959, le napalm a pu être utilisé à un stade qui n’avait plus rien d’expérimental. Après 1962, les forêts calcinées et pétrifiées des massifs montagneux algériens ont porté, pendant des années, le témoignage de cette violence » (11) 

Les camps de regroupement, entreprise de déstructuration du monde rural algérien

Pour empêcher les combattants indépendantistes de bénéficier du soutien des villageois pendant la guerre d’indépendance, l’armée française procède au regroupement de la population dans une opération pudiquement désignée sous le nom de « pacification ». En réalité, plus de deux millions d’Algériens ont été parqués dans des camps soumis à l’autorité militaire et qui ont déstructuré la société rurale  Au moins 2 392 sont alors créés,    L’adoption de la « doctrine de la guerre révolutionnaire » accélère la diffusion de cette pratique,   Les responsables civils ne sont pas en reste, et dans le Constantinois par exemple, c’est même le préfet Maurice Papon qui insuffle cette dynamique, au nom des impératifs militaires de la contre-guérilla et d’une « contre-révolution » (…) . Le regroupement doit alors permettre de détruire la société rurale pour mieux la reconstruire en faveur des forces de la « pacification ».

Dans ces lieux soumis à la surveillance militaire, le quotidien des populations déplacées est d’abord tributaire de la discipline imposée par l’autorité, tant en termes d’espace que de vie sociale : ritualisation des journées, contrôle strict des entrées et des sorties, surveillance des activités politiques, économiques ou sociales, qu’elles relèvent du collectif ou de la sphère familiale. La perte des moyens de production, généralisée prive la majorité des familles déplacées de leurs moyens de subsistance traditionnels, sans pour autant leur en proposer de nouveaux. Autant de bouleversements environnementaux, économiques et sociaux qu’il est indispensable de prendre en compte pour bien mesurer la nature, l’ampleur et la portée de cette violence d’État. » (12)

Les expérimentations nucléaires et chimiques au Sahara

De 1960 à 1966, la France s’est livrée dans le Sahara algérien à des expérimentations nucléaires. Les expérimentations de l’arme nucléaire au Sahara, eurent lieu entre 1960 et 1966 La France a procédé dans le Sahara algérien à 17 essais nucléaires. Quatre explosions atmosphériques ont été réalisées au sud de la palmeraie de Reggane en 1960 et 1961. Treize autres expériences ont été effectuées en tunnels  entre 1962 et 1966. D’autres expérimentations explosives, dispersèrent en surface sur de grandes étendues de petites quantités de plutonium.  À la même période, la population locale résidente autour du site de Reggane a été évaluée à 40 000 personnes tandis que dans un rayon de 200 km autour d’In Eker on décomptait environ 5.200 sédentaires et 2 730 nomades. le 13 février 1960, la France faisait exploser sa première bombe atomique à Reggane, violant ainsi le moratoire concernant les essais nucléaire. L’enthousiasme du Général transparaissait dans son message de félicitations pour la première bombe Gerboise bleue de Reggane : « Hourra pour la France ! Depuis ce matin, elle est plus forte et plus fière… »  Le 1er mai 1962,   l’essai Béryl a provoqué un énorme panache radioactif qui a contaminé des pâturages à de très grandes distances. La roche fondue radioactive a provoqué une coulée de 300 mètres sur 30 mètres de hauteur qui, 40 ans plus tard, reste encore hautement radioactive ». (13)

Une autre tâche au visage de la patrie  qui s’intronise des droits de l’homme  de  1958 à 1978, la base de « B2 Namous », dans l’ouest du Sahara algérien, a servi de terrain d’essai d’armes chimiques, notamment du gaz sarin. Ce polygone de plusieurs milliers de kilomètres carrés a été le terrain des armes chimiques nouvelles, des bombes et des gaz toxiques  des grenades, des mines, des obus, des bombes et même des missiles, tous porteurs de munitions chimiques ont été testés. En Algérie, selon John Hart, directeur du projet sécurité biologique et chimique du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), le gaz sarin a fait l’objet d’« essais sur le terrain »   au mépris des engagements internationaux de la France. Il s’agit donc bien d’essais, et non d’utilisation contre des combattants ou des populations. Quelques témoignages confirment cette accusation :

« J’étais chef de pièce dans l’artillerie, de février 1958 à avril 1960, en Algérie.  j’ai été appelé à la base secrète de Beni Ounif  Chaque matin, les officiers nous donnaient l’ordre de tirer à 6 ou 8 kilomètres, au canon, durant deux heures. Nous avons expérimenté le gaz sarin ». Les cibles étaient des caisses dans lesquelles avaient été enfermés de petits animaux (rongeurs). Nous allions dans le désert 48 heures plus tard, équipés de masques à gaz, les techniciens ont  les animaux morts, Preuve de la dangerosité du site à l’occasion d’un voyage du président Hollande en Algérie (décembre 2012), un accord secret, visant à la décontamination du site, avait été conclu ». (13)   

L’œuvre positive de la vénérable nation algérienne pour la France

Tout au long de ces 132 ans, l’œuvre coloniale ne fut pas positive A titre individuel, des instituteurs, des médecins, des Européens admirables tentèrent d’alléger les souffrances des Algériens, mais ils furent en petit nombre. Les rares Algériens instruits furent, selon la belle expression de Jean El Mouhoub Amrouche, des voleurs de feu. Moins d’un millier d’Algériens formés en 132 ans, cela explique les errements de l’Algérie après 1962  Cette acculturation hémiplégique nous a amené à déifier des auteurs  oints de l’aura du Siècle des lumières alors que d’une façon ou d’une autre les écrivains et poètes français ont adoubé voire béni l’aventure coloniale  française. Le grand Victor Hugo et ses beaux poèmes  comme « A ceux qui sont morts pour la patrie », n’a aucun remord comme témoin des exactions ,de les dénoncer . Au contraire il conseille à la France d’adopter le comportement des Turcs …Le Zola de « J’accuse »  ne frémit pas des cils  sur les crimes dont il a connaissance en Algérie. C’est dire si nous tombons de haut quand on découvre les faces sombres de ces écrivains !! 

 Les Algériens ont toujours été embarqués dans des guerres qui ne les concernaient pas en combattant pour la France qui guerroyait de part le monde.  Comme l’écrit Pascal Blanchard :

«Longtemps occultée, la participation des populations coloniales aux efforts de guerre de la France est aujourd’hui un véritable enjeu de mémoire.  Pour l’histoire, des Algériens furent recrutés, à leur corps défendant, dans les troupes françaises depuis. Ils furent ensuite envoyés lors de la guerre du Levant en 1865… Ensuite, ce fut la guerre de Crimée, la guerre de 1870 lors de  la Première Guerre mondiale, après le cauchemar de Verdun et du Chemin des dames, des milliers d’Algériens y laissèrent leur vie. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les troupes coloniales furent, d’emblée, massivement placées en première ligne. 260 000 soldats, majoritairement nord-africains, débarquent en Provence et libèrent Toulon et Marseille le 15 août 1944. Il y eut 140 000 soldats algériens. Il y eut 14 000 morts et 42 000 blessés. Ce sont, en partie, ces soldats qui revinrent ensuite au pays, pour voir leurs familles massacrées un jour de mai 1945.« 

De plus pendant la Première Guerre mondiale, les Algériens remplacèrent dans les usines une partie des Français partis au front. Après 1945, les «trente glorieuses» réussirent aussi grâce à l’apport des Algériens, «les tirailleurs bétons», qui, après avoir versé leur sang pour la France, aidèrent massivement pour sa reconstruction   dans le bâtiment les autoroutes et les entreprises   Enfin on ne peut passer sous silence l’apport culturel de l’Algérie. L’Algérie eut aussi sa part, souvent la plus terrible, dans le rayonnement de la France, à la fois pour défendre ses frontières, développer son économie et participer par l’enseignement du français au rayonnement culturel de la France  Les Algériens ont fait fructifier le «butin de guerre» Avec l’émigration choisie C’est  chaque année des milliers de diplômés qui sont aspirés notamment dans les disciplines technologiques. »  (14)

Comble de l’ignominie , la présence française se termine comme elle a commencé par la destruction de la culture.  Ainsi  l‘incendie de la Bibliothèque universitaire de la faculté d’Alger le 7 juin 1962, était un « crime » et « l’un des crimes culturels les plus odieux » du colonialisme français en Algérie. L’incendie perpétré par l’OAS en juin 1962 a causé des pertes importantes. Une étude sérieuse les estime à 250 000 monographies, thèses ou périodiques, soit environ 40 % du total de 1960. Ce ne sera pas le seul méfait.  Alors de la prise de  Constantine, 9000 manuscrits de bibliothèque du Hadj Ahmed ont été brûlé  et chaque soudard voulait « son Coran. »  (15)

Conclusion 

 Il est bon, alors de se rappeler de la nécessité d´un devoir d´inventaire à la fois des aspects matériels «positifs» de la colonisation, et du Livre noir de la colonisation dans sa dimension la plus inhumaine   Nous ne pouvons regarder vers l’avenir que quand on aura sorti  les cadavres de placards de archives  qui sont le cœur de la tragédie algérienne stockée dans les musées de France et de Navarre ainsi que les centres de recherches ou il faut un siècle pour qu’à dose homéopathique le colonisateur lâche des morceaux épars de la responsabilité de la France jouant la montre misant sur l’apaisement du au temps qui fera son ouvre d’oubli . Non il n’y aura pas d’apaisement et  toutes les « histoires »  sans épaisseur de l’historien  Stora  n’y  feront rien  car si lui a le droit de consulter et de prendre que qu’il veut pour ne pas choquer, ceux qui sont censés écrire cette histoire à deux mains eux n’ont pas accès aux archives  et surtout rien de sérieux n’est fait pour contribuer à l’apaisement.  Un « apaisement des mémoires » requiert que la mémoire soit d’abord retrouvée, alors que les  faits historiques qui la sous tendent ,sont confisqués dans les  archives  

Le travail à effectuer  concernant plus largement  le récit national   pour nous réconcilier avec nous-mêmes,  assumer toute notre histoire  avec ses heurs et ses malheurs .L’invasion abjecte des colonnes infernales françaises n’est qu’un épisode  d’une histoire trois fois millénaire C’est sûr de nous même que nous pourrons aller exiger la vérité et la justice  s’agissant de  l’invasion un matin de juillet 2030.

Professeur  Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

Notes :

1.https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/4313

2.Rapport au roi par le marquis de Clermont tonnerre le 14-10-1827, revue africaine. vol. 70. p.215, (1929)

3.https://www.humanite.fr/politique/jean-michel-aphatie/les-rappels-utiles-de-jean-michel-aphatie-sur-lalgerie-742721

 4.Chems Eddine Chitour https://www.lexpression.dz/chroniques/l-analyse-du-professeur-chitour/democrate-et-colonialiste-acharne-28012

5.A Dumas http://www.dumaspere.com/pages/bibliotheque/chapitre.php?lid=v7&cid=39

6.https://babzman.com/cela-sest-passe-un-18-juin-1845-les-enfumades-de-la-tribu-des-ouled-riah/?

7. https://www.nouvelobs.com/histoire/20191215.OBS22355/femmes-et-enfants-asphyxies-le-scandale-des-enfumades-du-dahra-pendant-la-conquete-de-l-algerie.html 

8.https://rebellyon.info/8-Mai-1945-Massacre-de-Setif

9.https://www.aps.dz/algerie/140693-guerre-des-grottes-appel-a-l-ouverture-d-archives-sur-l-utilisation-de-gaz-chimiques-par-l-armee-francaise

10.Meriem Maram Houali  https://lapatrienews.dz/guerre-des-grottes-lautre-crime-impuni-de-la-france-en-algerie/ 5 Juin 2022

11.Raphaëlle Branche. https://reseauinternational.net/quand-larmee-francaise-pacifiait-au-napalm//27 mai 2022

12.Fabien Sacriste https://orientxxi.info/magazine/quand-l-armee-francaise-pacifiait-au-napalm,5638  25 mars 2022

13.https://histoirecoloniale.net/Au-Sahara-le-lourd-passe-nucleaire-et-chimique.html

14. Pr Chems Eddine Chitourhttps://www.lesoirdalgerie.com/contribution/loeuvre-positive-de-la-venerable-nation-algerienne-pour-la-france-68767

15.https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf94073402/alger-apres-l-independance

 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2022

https://www.mondialisation.ca/60-ans-dindependance-necessite-dun-devoir-dinventaire-avec-la-france/5669185

Dans ALGERIE

OTAN/ALGERIE : LE CLASH NAVAL ?!

Par Le 05/06/2022

Méga contrat énergétique Chine/Algérie ou la mort énergétique US/OTAN en Méditerranée?

Saturday, 04 June 2022 1:25 PM  [ Last Update: Saturday, 04 June 2022 1:48 PM ]

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Manœuvre navale d'envergure algérienne en 2018. (Capture d'écran)

En 2012, la France était le premier exportateur de marchandises vers l'Algérie, tandis que les États-Unis acquéraient le titre de leur premier client grâce à leurs importations de gaz liquéfié. En 2013, la Chine a renversé l'équation et le méga contrat gazier que les Algériens viennent de signer avec Pékin ne fait que renforcer cette tendance. Alger est-il sur le point de venger de façon époustouflante l'intrusion forcée de l'entité sioniste au Maghreb?

Le Trésor US sanctionne l’Algérie

Le Trésor US sanctionne l’Algérie

Une société algérienne sanctionnée par les Etats-Unis.

A en juger les appels de détresse de l'ambassadeur israélien en poste à Rabat qui pris entre deux feux à savoir le rejet catégorique de toute forme de normalisation par les Marocains d'une part et l'excellente stratégique de désarmement gazier de la France de l'Espagne et de Rabat soit des complices d’Israël dans la région de l'autre s'efforce d'attiser les tensions au Sahara occidental la réponse ne pourrait qu'être affirmative. D'ailleurs Alger qui va de manœuvre militaire de manœuvre militaire avec la Russie joue aussi et très bien contre l’Amérique en ignorant la demande de celle-ci de remplacer le gaz russe en Europe et en se nouant en revanche des liens fort avec le camp anti-sanction US composé de la Russie, de l'Iran, de la Chine et du Venezuela.  

Ceci étant, ce modus operandi hargneux des Algériens, ainsi que le prouve le réchauffement soudain des liens Rabat-Paris pourrait laisser des impacts pour lequel l’Algérie devra se tenir prêt. Il y a quelques jours et alors même que le représentant du régime sioniste à Rabat se ridiculisait en proposant que Mohamed VI joue le rôle de médiateur entre l'entité d'une part et le Hamas de l'autre, les agences ont fait état d’un premier cas de sanction US contre une société basée en Algérie que le Trésor US accusait d'avoir " blanchi l'argent au profit du Hamas.

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

C'est un premier cas mais bien symptomatique de l’état d'esprit qui règne à Washington. Au fait après l'échec de l’équipée américaine en Ukraine qui a toutefois servi à booster le complexe militaro-industriel US, l’Amérique a besoin de la guerre : soit au Moyen-Orient et via une agression israélienne contre l'Iran soit au Maghreb où son récent sommet anti-terroriste à Rabat en dit long sur ses intentions. Alors possible détournement des pétroliers algériens en Méditerranée? Que les commandos algériens se tiennent prêts comme ceux du CGRI. 

Mais comment Alger a mis à plate couture les USA face à la Chine? Voici ce que nous en disent les agences : La Chine a arraché ainsi la tête des exportateurs vers l'Algérie à la France qui l'avait monopolisée pendant des décennies, et Pékin est devenu le premier partenaire commercial de l'Algérie, qui cherche à diversifier ses partenaires commerciaux et à se débarrasser définitivement de la dépendance économique française.

Les navires en route pour l’Algérie

Les navires en route pour l’Algérie

L’armée algérienne commande 6 nouveaux navires de guerre.

Alors que l'exploitation du gaz de schiste par les États-Unis a conduit à la suspension de l'importation de gaz liquéfié d'Algérie et à l'érosion de son rôle de premier partenaire commercial, les échanges commerciaux entre eux étant passés d'environ 19,5 milliards de dollars en 2007 à 2,6 milliards en 2021.

D'autre part, la Chine a profité des dommages causés aux économies européenne et américaine par la crise financière mondiale de 2008 pour renforcer son partenariat commercial avec l'Algérie, considérée comme un marché monopolistique pour les Européens, dirigés par les Français. La montée de la Chine au premier rang des partenaires commerciaux de l'Algérie, en contournant la France, a coïncidé avec le lancement en septembre 2013 de l'initiative "Belt and Road", à laquelle l'Algérie a annoncé son adhésion en 2014, mais l'adhésion officielle n'a eu lieu qu'en 2019.

A lire: L’Algérie, nouveau champ de bataille Chine/Russie vs USA ?

En 2019, les échanges commerciaux sino-algériens se sont élevés à 8 milliards de dollars, dont près de 7 milliards d'exportations chinoises, ce qui a fait craindre aux partenaires européens de l'Algérie une diminution de leur influence, malgré les privilèges douaniers qu'ils ont obtenus grâce à l'accord de partenariat.

Israël/Algérie: le premier clash!

Israël/Algérie: le premier clash!

Israël en Azerbaïdjan, Israël au Maroc

Et puis, ce n'est pas seulement la coopération commerciale qui a amené la Chine à établir un "partenariat stratégique global" avec l'Algérie, qui est le seul partenariat de ce type au Maghreb, mais aussi la confiance politique et la coopération sécuritaire et militaire. La Chine a été le premier pays non arabe à reconnaître le gouvernement intérimaire algérien en 1958, avant même l'indépendance du pays en 1962, et lui a fourni des armes pendant la révolution de libération, et après l'indépendance, elle a aidé les pays coloniaux à se libérer.

En savoir plus: En érigeant une base militaire au Maroc, Israël s'est fait piéger ...

L'Algérie a joué un rôle de premier plan en aidant la Chine populaire à retrouver son siège à l'ONU en 1971, une position que Pékin a saluée à plusieurs reprises. La coordination diplomatique et la coopération économique ont ouvert la voie à un partenariat sécuritaire et militaire entre les deux pays, notamment avec le développement des industries militaires chinoises ces dernières années, à un moment où l'Algérie alloue le plus gros budget de défense en Afrique à environ 9,6 milliards de dollars. Ces dernières années, l'Algérie a acquis plusieurs armes chinoises, dont le premier navire-école de guerre, des croiseurs, des drones, des systèmes de guerre électronique, de l'artillerie automotrice et des missiles anti-aériens et anti-navires.

Chine-Syrie-Iran, l'alliance...

Chine-Syrie-Iran, l'alliance...

Comment la stratégie de la Résistance paralyse-t-elle les sanctions américaines?

En plus de la coopération spatiale, l'Algérie a lancé un satellite en 2017, depuis une base en Chine, et Pékin a aidé l'Algérie à construire un réacteur nucléaire de recherche pour la production de radio-pharmaceutiques, qui est entré en service en 1993. Si l'Algérie n'est pas située sur l'historique route de la Soie entre la Chine et l'Europe, elle représente un point focal dans l'initiative "Belt and Road" car elle est située dans une zone reliant l'Europe et l'Afrique

À cet égard, la Chine a stimulé ses investissements en Algérie, passant du secteur de la sous-traitance et des projets immobiliers, des travaux publics et des infrastructures à l'investissement dans les secteurs minier et manufacturier. Plusieurs projets l'accompagnant seront mis en place, comme le raccordement d'une voie ferrée pour l'acheminer vers les ports d'exportation du nord, et sa transformation en acier. Ces projets feront de Pékin le plus grand partenaire d'investissement de l'Algérie dans le secteur minier, ce qui représente environ 10 milliards de dollars d'investissements chinois depuis 2010.

Lire plus: Les dessous de la visite du ministre chinois de la Défense en Iran

Le succès de ces investissements ferait de la Chine non seulement le premier partenaire commercial de l'Algérie, mais aussi son premier investisseur. L'Algérie ne semble pas préoccupée par les avertissements américains et occidentaux de son dumping de la dette chinoise, car elle adopte le principe du partenariat selon la règle des 51 % pour l'Algérie et 49 % pour le partenaire étranger, et ses réserves de change lui permettent de couvrir ces investissements sans recourir à de lourds emprunts.

L'Algérie va-t-elle trahir Poutine?

L'Algérie va-t-elle trahir Poutine?

L’Algérie, tout comme son voisin marocain, n’a pas pris partie pour l’opération russe contre l’Ukraine et adopte une position vague.

L'Algérie dispose d'environ 44,7 milliards de dollars de réserves de liquidités, qui devraient rebondir avec la hausse des prix du pétrole et du gaz à des niveaux records, en plus de posséder des réserves d'or estimées à 173,6 tonnes (les troisièmes du monde arabe), tandis que ses dettes extérieures sont quasi inexistants. L'Algérie a également obtenu de la Russie des armes très avancées, notamment les systèmes de missiles S-400 et le dernier avion Soukhoï de l'arsenal militaire russe, ainsi que des systèmes radar avancés, et il y a des fuites non confirmées selon lesquelles la coopération militaire algéro-russe pourrait faire un bond au cours de les prochaines semaines de la visite du président algérien à Moscou.

A quoi joue l'armée algérienne?

A quoi joue l'armée algérienne?

L'alliance sino-russe est bien consciente de l'importance de l'Algérie en tant que porte d'entrée du continent africain, en raison de ses relations étroites avec la plupart des pays et gouvernements du continent africain, en plus de son rôle de premier plan au sein de l'OPEP et son engagement dans l'accord « OPEP +» en coordination avec la Russie. Tout ceci ne pourrait ni plaire ni tolérer par USA mais que ces derniers tentent leur chance. 

http://french.presstv.ir/Detail/2022/06/04/683293/Algerie-la-Chine-devance-la-France-et-les-USA-

Dans ALGERIE

L'ALGERIE ET LA CHINE SIGNENT UN IMPORTANT ACCORD DE PARTAGE DE PRODUCTION PETROLIERE

Par Le 28/05/2022

Algérie: important accord entre Sonatrach et le chinois SOOGL

Une photo montre le logo du géant algérien de l'énergie Sonatrach lors de l'exposition World Gas Conference à Paris le 2 juin 2015. (AFP)

Une photo montre le logo du géant algérien de l'énergie Sonatrach lors de l'exposition World Gas Conference à Paris le 2 juin 2015. (AFP)

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https://arab.news/curch

AFP

Publié le 28 mai 2022

 

Ce contrat d'une durée de 25 ans prévoit la réalisation sur le périmètre de Zarzaitine, dans la province d'Illizi, d'un «projet devant permettre la récupération de près de 95 millions de barils de réserves de pétrole brut»

La répartition des parts entre Sonatrach et SOOGL n'a pas été communiquée

ALGER: Les groupes algérien Sonatrach et chinois SOOGL ont annoncé samedi la signature d'un contrat de "partage de production pétrolière" d'un montant de 490 millions de dollars concernant un site du sud-est algérien.


Ce contrat d'une durée de 25 ans prévoit la réalisation sur le périmètre de Zarzaitine, dans la province d'Illizi, d'un "projet devant permettre la récupération de près de 95 millions de barils de réserves de pétrole brut", selon le communiqué diffusé par l'agence officielle algérienne APS.


L'accord a été signé par le vice-président en charge de l'activité exploration et production de Sonatrach, Mohamed Slimani, et le directeur général de Sinopec Overseas Oil and gas Limited (SOOGL), Wu Xiuli. 


La répartition des parts entre Sonatrach et SOOGL n'a pas été communiquée.


Début janvier, le groupe Sonatrach avait annoncé des investissements de 40 milliards de dollars entre 2022 et 2026 dans l'exploration, la production et le raffinage de pétrole ainsi que la prospection et l'extraction de gaz.


Les recettes du groupe ont augmenté de 70% en 2021 grâce à une hausse de 19% de ses exportations d'hydrocarbures, a indiqué en janvier son PDG, Toufik Hakkar.


Quatrième puissance économique du continent africain, l'Algérie est particulièrement exposée aux variations des prix des hydrocarbures du fait de sa dépendance à la rente pétro-gazière, qui représente plus de 90% de ses recettes extérieures.


Déjà en nette remontée après la reprise économique post-Covid, le baril de pétrole tutoie actuellement les sommets à plus de 100 dollars pour le Brent (brut de la mer du Nord). 


Cette flambée a fait suite à l'invasion russe de l'Ukraine fin février et des sanctions économiques contre la Russie, important pays exportateur de pétrole et de gaz.  

https://arabnews.fr/node/247056/%C3%A9conomie

 

MOTS-CLÉS: ALGÉRIE CHINE ENTREPRISES ENERGIE PETROLE

Dans ALGERIE

LE TRESOR US SANCTIONNE L'ALGERIE

Par Le 28/05/2022

USA déclarent la guerre au soutien algérien à la Résistance

Saturday, 28 May 2022 6:03 PM  [ Last Update: Saturday, 28 May 2022 6:03 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le Trésor US sanctionne une société algérienne. (Illustration)

Le département du Trésor américain a sanctionné « un responsable financier du mouvement palestinien Hamas, ainsi que des entreprises qui ont généré des revenus au profit du mouvement grâce à la gestion d’un portefeuille d’investissement international », a indiqué un communiqué dudit département, notant que l’une de ces entreprises était basée en Algérie.

Dans un communiqué rendu public ce 24 mai, le département du Trésor des États-Unis d’Amérique a fait savoir que « les sanctions visent le bureau d’investissement du Hamas, qui détient les actifs estimés à plus de 500 millions de dollars, y compris les sociétés opérant au Soudan, en Turquie, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis ainsi qu’en Algérie.

D’après la secrétaire adjointe du Trésor pour le financement du terrorisme et des crimes financiers, Elizabeth Rosenberg, cette sanction « cible les individus et les entreprises que le Hamas utilise pour dissimuler et blanchir les fonds ».

« Le Hamas a généré de vastes sommes de revenues grâce à son portefeuille d’investissement secret tout en déstabilisant Gaza, qui fait face à des conditions de vie et économiques difficiles », a déclaré Elizabeth Rosenberg, alors qu’elle était en Israël pour discuter des efforts de lutte contre le financement du terrorisme.

En effet, la secrétaire adjointe du Trésor américain a souligné le fait que « le Hamas maintient un programme violent qui nuit à la fois aux Israéliens et aux Palestiniens », expliquant, dans ce même sens, que « les États-Unis se sont engagés à priver le Hamas de la capacité de générer et de déplacer des fonds et à tenir le Hamas responsable de son rôle dans la promotion et la perpétration de la violence dans la région ».

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

D’ailleurs, il convient de rappeler que « les États-Unis ont désigné le Hamas comme une organisation terroriste étrangère en octobre 1997 et comme un terroriste mondial spécialement désigné conformément à l’EO 13224 en octobre 2001 ».

Dans son communiqué, le département du Trésor américain a énuméré les personnes et les entreprises concernées par cette sanction, « en les désignant, en vertu de décret exécutif (EO) 13224, tel que modifié, qui cible les terroristes, comme les dirigeants et les responsables de groupes terroristes, et ceux qui apportent un soutien aux terroristes ou aux actes de terrorisme ». La liste communiquée compte le nom de la société Sidar, qui est basée en Algérie.

« Le bureau d’investissement détenait également secrètement les actifs dans la société Sidar basée en Algérie et dans la société Itqan Real Estate JSC basée aux Emirats arabes unis, qui semblaient toutes deux fonctionner comme les entreprises légitimes, mais qui dans la pratique, étaient contrôlées par le Hamas et transféraient de l’argent au groupe », a révélé le même communiqué.

Ainsi, la même source a fait savoir que la société Sidar, basée en Algérie, est concernée par cette sanction, rajoutant qu’ « une part importante des fonds transférés par ces sociétés (Sidar et Itqan Real Estate JSC) au Hamas avait été allouée à la branche militaire du groupe, les brigades Izz al-Din al-Qassam ».

Le F-35 bientôt au Maroc?

Le F-35 bientôt au Maroc?

Comment Rabat avance vers l’abîme en achetant des F-35 ayant un bilan lourd en défaillances, avec Israël comme intercesseur.

Selon le département du Trésor américain, « Sidar Company, Anda Company et Agrogate Holding figuraient parmi les plus gros investissements du Hamas dans l’immobilier et la construction ». « La direction du bureau d’investissement du Hamas a activement géré Sidar Company, une société de développement immobilier », lit-on dans le même communiqué.

Pour les États-Unis d’Amérique, « Sidar Company et Itqan Real Estate JSC sont désignées conformément à l’EO 13224, tel que modifié, pour être détenues, contrôlées ou dirigées, directement ou indirectement, par le Hamas ».

Par ailleurs, la liste communiquée compte également les noms de hauts fonctionnaires du bureau d’investissement du Hamas, don Ahmed Sharif Abdalleh Odeh et Oussama Ali, ainsi que Hisham Younis Yahia Qafisheh.

Qu’implique cette sanction ?

Le département du Trésor américain n’a pas manqué de souligner qu’à la suite de cette sanction, « les biens des personnes et entités citées, et de toute entité qui leur appartient, directement ou indirectement, à 50 % ou plus, individuellement ou avec d’autres personnes bloquées, qui sont aux États-Unis ou sous le contrôle de ressortissants américains, doivent être bloqués et signalés à l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) ».

« En outre, s’engager dans une quelconque transaction avec les personnes et entités désignées aujourd’hui comporte un risque de sanctions secondaires conformément à l’EO 13224, tel que modifié », a souligné le même communiqué.

1ere coalition maghrébine anti-empire

1ere coalition maghrébine anti-empire

Alger-Tunis, un axe anti Israël jusqu’au bout

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/28/682915/Algerie-Tresor-US-sanction-Palestine

Dans ALGERIE

LE S-400 BIENTOT EN ALGERIE ?

Par Le 12/05/2022

Algérie/Russie/Sahel, un front aérien anti-Us///

Thursday, 12 May 2022 6:31 PM  [ Last Update: Thursday, 12 May 2022 6:31 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le système de missile russe S-400. ©Military

Ce mercredi 11 mai alors même que les Américains faisaient tenir  le plus grand sommet dit de lutte anti terrorisme à Rabat où le MAE Bourrita, réuni avec sponsors et créateurs du terrorisme takfiriste à savoir les USA Israël et leurs alliés occidentaux et régionaux s'inquiétait de ce que le Maghreb ne plonge après le Moyen Orient dans la violence terroriste,   le ministre russe des A.E Lavrov arrivait à Mascate en provenance d'Alger. Il est évident que c'est l'Ukraine et la guerre de gaz qui figure au cœur de cette guerre figuraient tous deux au menu des discussion dans un contexte d'alliance renforcée Alger-Moscou. Au fait cela fait plus de 76 jours que l'axe US/OTAN tente de pousser Alger à remplacer le gaz russe sur le marché européen une demande tentante puisque l'Algérie procure 11 PC des besoins de l'Europe en énergie sans qu'Alger fléchisse. Reconnaissons que l'Amérique n'a lésiné sur aucun moyen pour arracher a 'Alger son oui à une hausse de ses exportations allant jusqu'à pousser l'Espagne a revenir sur sa politique saharouite et se tourner le dos à Alger . Ce qui n'a mené nulle part.

Ukraine : la Russie unit l’Algérie et le Maroc !

Arrivé à Alger lundi 9 mai, Sergueï Lavrov s’est entretenu ce mardi avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra, avant d’être reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Cette visite, la première de Sergueï Lavrov en Algérie depuis janvier 2019, coïncide avec le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et l’Algérie.

« Nous avons soutenu l’initiative de nos amis algériens visant à élaborer un nouveau document stratégique inter-étatique qui sera le reflet de la nouvelle qualité du partenariat bilatéral », a déclaré Sergueï Lavrov lors de son entretien avec Ramtane Lamamra, selon le ministère russe.

« Notre dialogue politique se développe de manière active, tout comme la coopération économique, militaire et technique, et les liens humanitaires et culturels », a-t-il ajouté.

Coordination au sein de l’Opep

Dans la foulée de cette visite, Sergueï Lavrov a annoncé que Vladimir Poutine avait adressé une invitation à Abdelmadjid Tebboune pour une visite officielle à Moscou.

Le 18 avril, le président russe s’était entretenu au téléphone avec son homologue algérien pour évoquer notamment « la coordination au sein de l’Opep, ainsi que la situation en Ukraine », selon l’agence officielle russe TASS.

A lire : Gaz/Russie: comment l'Algérie a envoyé balader les Américains ?

Sanctions US: la Russie s'ouvre à l'industrie iranienne

Alger et Moscou entretiennent une solide coopération dans les domaines militaire et du renseignement. Mais il y a plus. L'antagonisme USA-Otan/ Russie à commencé déjà à atteindre l'Afrique avec certains des États les plus importants du Sahel qui se sont mis à  mètre à la porte les armées d'occupation étrangères et on pense au Mali  entre autre. A ce rythme cette visite aurait aussi l'allure des préparatifs de combat car l'Algérie figure de part de sa position géostratégique de ses ressources et surtout de son indécence d'action en tête des projets guerrier US d'où d'ailleurs la normalisation du Maroc avec Israël et la promiscuité de ce dernier avec les frontières algérienne. Or l'arrivée de Lavrov en Algérie coïncide avec une lourde livraison de missiles air sol Delilah au royaume ce en dit long sur les projets anti algériens de l'axe US/Israël à venir. L'axe Algérie/Russie s’apprête-t-il à y faire face? En février les Russes ont livré au Mali un radar 3D et des hélicoptères de combat façon de barricade le ciel du Sahel contre US/Israël.  On sait que le S-300 est livré depuis longtemps à l'Algérie et on parle déjà de la livraison de S-400. Est-ce le début d'un système de DCA intégrée Algérie Mali Russie qui en train de voir le jour? 


Coalition militaire Algérie-Russie-Mauritanie?

L'Algérie pourrait être la porte d'entrée la plus large et la plus fiable de la Russie vers le continent africain, en particulier au moment où la France admet sa défaite et commence à retirer ses forces et son influence du Mali et de la côte africaine.

Les Russes reviennent dans la région arabe avec force, à l'est et à l'ouest, en Asie et en Afrique, et c'est une grande réussite pour leur diplomatie active.

L'Iran et l'Algérie tentés de doubler le gaz russe?

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/12/681948/Diplomatie-active-russe-a-Mascate-et-en-Alger-

Dans ALGERIE

CUISANTE REPONSE D’ALGER AUX USA

Par Le 07/04/2022

Algérie

-Des manœuvres militaires conjointes entre l'Algérie et la Russie

Une semaine après la visite du MAE US Blinken à Alger, visite disons-le destinée à intimider Alger, à lui arracher un oui contre la Russie et son marché européen du gaz, visite que les Américains ont fait précéder par toute une campagne de signature de contrats militaires Maroc- Israël surtout dans le domaine fort sensible de l’Aéronautique où l'entité ne cherche qu'à s'infiltrer dans le ciel algérien et a y hacker le cas échéant la DCA algérienne et ce dans la perspective de la guerre à venir, la réponse algérienne est tombée et de la plus retentissante des manières: L’Algérie s’engage « stratégiquement » auprès de la Russie et des exercices militaires conjoints sont annoncés en novembre à Béchar . Après tout, les Algériens seraient les derniers au monde à ne pas comprendre que les agissement US au Sahara par Espagne interposée ou cette curieuse annonce d'une coopération privilégié US avec la Libye et quelques pays de l'Afrique de l'ouest équivaut a vouloir lui chercher la noise surtout que la main tendue d'Alger au Mali a permis à ce dernier de s'approcher de la Russie et à déclencher un véritable chamboulement de l'ordre géopolitique de la zone au point même que les bases militaires occidentales se sentent en danger pour cause d'éléments de la DCA made in Russie qui sont arrivés au Mali et qui peuvent faire partie d'une DCA intégrée Algérie-Mali de conception russe . Décidément, il ne pourrait pas y avoir de réponse plus cuisante que celle-ci.

Il y a lieu de signaler que les deux pays ont annoncé un nouvel exercice militaire conjoint en novembre prochain, non loin de la frontière avec le Maroc, près de la localité de Hammaguir relevant de la wilaya de Béchar, ont rapporté, mardi, des médias russes. Le site choisi avait servi de base pour l’armée française, jusqu’en 1967.

Les manœuvres auront pour thème principal la lutte contre le terrorisme, d’autant que l’armée algérienne dit être la cible d’attaques commises par des entités terroristes opérant dans le sud du pays. Le ministère de la Défense a annoncé, le 20 mars, la mort de trois soldats algériens «dans un accrochage avec un groupe terroriste» dans la région de Timiaouine, située dans la wilaya de Brodj Badji Mokhtar.

Le premier exercice tactique russo-algérien a eu lieu en octobre 2021 sur le terrain d’entrainement de Taraskoïe en Ossétie du Nord en Russie. L’annonce de l’organisation de ces manœuvres intervient une semaine après la visite effectuée par Antony Blinken à Alger.

Lors de ses entretiens avec le président Abdelmadjid Tebboune et Ramtane Lamamra, le chef de la diplomatie US les a appelés à réviser leurs relations avec la Russie. «Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont déjà eux-mêmes subi les conséquences des campagnes militaires russes en Syrie et en Libye. La communauté internationale doit augmenter la pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à cette guerre non provoquée et injustifiée» en Ukraine, a-t-il déclaré à l’occasion d’un point de presse animé depuis l’ambassade des Etats-Unis.

Pour rappel, l’armée algérienne avait procédé en janvier 2021 à un important exercice militaire au Sud de Tindouf, près de la frontière marocaine.

 

-Le président de l'APN reçoit l'ambassadeur russe en Algérie

Le président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali a reçu, lundi, l'ambassadeur de la Fédération de Russie en Algérie, M. Igor Beliaev, avec lequel, il a passé en revue "les relations bilatérales distinguées", indique la chambre basse du Parlement dans un communiqué.

Au cours de la rencontre, M. Boughali a rappelé les relations "distinguées" qui unissent l'Algérie et la Russie, "empreintes d'une histoire riche de réalisations", soulignant l'importance de "développer la coopération au niveau parlementaire, notamment après l'installation récente d'un groupe d'amitié Algérie-Russie".

Par ailleurs, M. Boughali a affirmé "l'attachement de l'Algérie à son partenariat stratégique approfondi avec la Russie", jugeant nécessaire "d'exploiter tous les atouts pour diversifier les domaines de coopération".

S'agissant de l'actualité mondiale, le président de la chambre basse du Parlement a indiqué que l'Algérie "adopte une approche pacifique dans la résolution des crises, une approche basée sur le dialogue et la négociation", recommandant à ce propos "d'unifier les normes dans le traitement des crises", note la même source.

Pour sa part, M. Beliaev s'est félicité du niveau de coopération établi entre les deux pays à différents niveaux, indiquant que la partie russe "est sur le point d'installer un groupe d'amitié parlementaire pour coordonner avec son homologue algérien".

L'ambassadeur russe a remercié l'Algérie pour sa "position équilibrée vis-à-vis de la crise ukrainienne".

D’autre part, selon les informations, le ministre algérien des AE Ramtane Lamamra a effectué une visite en Chine du 19 au 21 mars à l'invitation de son homologue Wang Yi.

Dans une déclaration commune, rendue publique à l’occasion de la visite à Pékin, du ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, entamée samedi 19 mars, les deux pays ont exprimé la convergence de leurs points de vue sur les questions du Sahara occidental, de l’Ukraine et des sanctions occidentales sur la Russie et Hongkong.

Selon le document diffusé par le ministère algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra et son homologue chinois, Wang Yi, sont parvenus à « un large consensus » sur plusieurs points.

Ils ont d’abord mis en exergue « la profondeur historique et le caractère stratégique » des relations algéro-chinoises et ont exprimé la disposition des deux pays à développer leur « partenariat stratégique global » et à poursuivre réciproquement le soutien constant concernant les « questions fondamentales » de chacun des deux États.

Sources : Aps.dz et AA

Tunisie

-Tunisie : Kaïs Saïed réitère son refus de toute forme d’ingérence dans les affaires internes de son pays

Le président tunisien Kaïs Saïed a réitéré, mardi, son refus de toute forme d’ingérence dans les affaires internes de son pays.

La Présidence de la République tunisienne a indiqué, dans un communiqué succinct, que Saïed a reçu en audience le ministre tunisien des Affaires étrangères, Othman Jerandi.

Saïed a souligné à cette occasion « la nécessité de renforcer les relations avec les pays frères et amis dans le respect mutuel et l’intérêt commun ».

Le chef de l’État a réitéré son refus de toute forme d’ingérence dans les affaires internes de la Tunisie, indique le communiqué de la Présidence.

Source : AA

http://french.presstv.ir/Detail/2022/04/07/679880/Zoom-Maghreb-du-7-avril-2022

Dans ALGERIE

L’ALGERIE ET LA CHINE S’EXPRIMENT POUR UNE SOLUTION JUSTE ET DURABLE A LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL

Par Le 21/03/2022

21 Mars 2022

SPS 21/03/2022 - 12:55

Alger, 21 mars 2022 (SPS) Le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ramtane Lamamra et son homologue chinois, Wang Yi se sont félicités de la convergence de vues concernant les questions d'intérêt commun dont la question du Sahara Occidental, et du soutien mutuel indéfectible aux questions inhérentes à leurs intérêts fondamentaux et à leurs préoccupations majeures.

Les deux parties ont affirmé leur soutien aux "efforts visant à parvenir à une solution durable et juste dans le cadre de la légalité internationale, notamment les résolutions pertinentes des Nations Unies".

Lors de la visite de travail et d'amitié qu'effectue M. Lamamra en République populaire de Chine du 19 au 21 mars, à l'invitation de son homologue chinois, les deux parties ont échangé les vues de manière approfondie sur les relations algéro-chinoises et les questions régionales et internationales d'intérêt commun, lit-on dimanche dans la déclaration commune, citée par l’APS.   (SPS)

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source : https://www.spsrasd.info/news/fr/articles/2022/03/21/38737.html

Tag(s) : #RASD#Chine#Algérie

Dans ALGERIE

LE NON DE L'ALGERIE AUX USA

Par Le 20/03/2022

Gaz/Russie: comment l'Algérie a envoyé les Américains balader?

Sunday, 20 March 2022 5:12 PM  [ Last Update: Sunday, 20 March 2022 5:20 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'Algérie rejette la demande américaine d'augmenter les exportations de gaz vers l'Europe. (Photo à titre d’illustration)

Les Américains sont tombés des nues. L'Algérie vient de répondre par un non catégorique aux Américains en refusant de couper l'herbe sous le pied des Russes en remplaçant le gaz russe. En fait, ce que les Américains cherchent, c'est à éloigner Alger de Moscou sans la moindre faveur en contrepartie. Ces derniers jours, les Américains ont réaffirmé leur soutien à l'autonomie au Sahara tout en poussant Madrid à faire de même. L'objectif ? Bloquer le méga contrat gazier Algérie Europe via l'Espagne. Les USA imposent-ils un embargo à l'Algérie en raison de leur refus catégorique de traiter avec eux pour renoncer à leurs principes à l'ensemble de leur souveraineté au profit des intérêts américains et de ceux du régime sioniste ? Une chose est sûre : cette politique ne fait que rapprocher l'Algérie de cette alliance gazière qui se forme rapidement autour d'une Russie qui tend à créer son martinet pour liquider le dollar afin de poursuivre ses ventes de pétrole en se moquant des sanctions américaines.

L'Algérie rejette la demande américaine de reprendre les livraisons de gaz à l'Espagne.

Suite aux récentes tensions entre Alger et Rabat en décembre dernier, les autorités algériennes avaient récemment suspendu l'activité du gazoduc traversant le Maroc.

 RFI, citant des sources algériennes, rapporte que les États-Unis avaient demandé la reprise de l'activité du gazoduc lors de la récente visite de Wendy Sherman à Rabat, Madrid et en Algérie.

Suite à la crise ukrainienne et aux sanctions américaines contre la Russie, les États-Unis cherchent à aider leurs alliés européens en remplaçant le gaz importé de Russie, mais pour l'instant, l'Algérie, qui fournit 11 % des importations de gaz des pays européens, ne prévoit pas d'augmenter ses exportations de gaz vers l'Europe.

Selon RFI, l'Algérie prend des mesures de précaution face à la crise ukrainienne. Alger souhaite en effet maintenir de bonnes relations avec Moscou et refuse donc de rejoindre les rangs des pays occidentaux en la matière.

Méga jeu Iran/Russie/Venezuela!

Méga jeu Iran/Russie/Venezuela!

Les exportations de gaz algérien vers l'Europe ont été stoppées le 31 octobre 2021 suite au refus de l'Algérie de renouveler son accord avec le Maroc suite aux tensions politiques entre les deux pays.

Selon RFI, même si l'Algérie s'engage à augmenter les exportations de gaz vers l'Europe, ce n'est pas une solution acceptable car augmenter les exportations de gaz sur le long terme nécessite de gros investissements et au moins 5 ans de mise en œuvre, tandis que l'Europe au contraire doit vite réduire sa dépendance au gaz russe.

La déception que l'on peut lire à travers les lignes des médias français à cause du non algérien est une démonstration de force anti-USA.

La crise ukrainienne a une fois de plus fait de la question du pétrole et de l'énergie un élément influent dans les équations politiques et économiques mondiales. L'importance des combustibles fossiles est susceptible d'augmenter au cours des prochaines années pour diverses raisons. Le gouvernement américain essaie de saisir cette opportunité pour augmenter ses productions de pétrole et de gaz.

Lire aussi : Ukraine : Alger prépare la guerre

Ukraine: qui a besoin d'aide? Afrique ou Europe?

Ukraine: qui a besoin d'aide? Afrique ou Europe?

Ces dernières années, les États-Unis ont pu devenir le premier producteur de pétrole au monde et éliminer la nécessité d'importer du pétrole brut en encourageant les investissements dans les puits et le gaz de schiste. Mais avec le ralentissement économique et le durcissement des débats sur l'environnement, cette industrie s'est considérablement ralentie aux États-Unis. Aujourd'hui, Joe Biden cherche à relancer l'industrie sous des prétextes politiques. La Maison-Blanche s'efforce d'exporter de l'énergie vers l'Europe et d'autres régions du monde et cherche à remplacer la Russie dans la production et l'exportation de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié. Après des décennies de calme relatif, les questions géopolitiques et la période de transition énergétique vont émerger sur le marché. Les analystes occidentaux craignent désormais que le monde assiste à une résurgence de la géopolitique pétrolière dans les années à venir. En effet, les prix du pétrole risquent d'augmenter à mesure que les pays occidentaux imposent des sanctions à la Russie et coupent ses approvisionnements en gaz. Les dirigeants occidentaux exhortent leurs citoyens à économiser l'énergie afin de pouvoir trouver des solutions à la crise énergétique. Les pays de l'OPEP+, dont l'Arabie saoudite, ne sont pas disposés à augmenter leur production. Le manque de confiance dans la signature d'un accord nucléaire avec l'Iran, les tensions en Libye, les prochaines élections américaines et l'amélioration des conditions économiques après la pandémie réduiront l'offre et augmenteront la demande d'énergie, ce qui entraînera de nouvelles fluctuations des prix du pétrole.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/03/20/678894/le-non-d-Alger-aux-USA

Dans ALGERIE

ALGERIE ET PALESTINE : LOIN DES YEUX ET PRES DU COEUR

Par Le 21/12/2021

Algérie et Palestine: loin des yeux près du cœur

 Depuis 8 heures  21 décembre 2021

match_algerie_palestine

 Algérie - Maghreb - Monde arabe

 

À l’occasion de sa victoire à la Coupe arabe de la FIFA, l’équipe d’Algérie a exprimé son soutien inconditionnel à la cause palestinienne. Une solidarité liée à une histoire ressentie comme commune de lutte contre l’occupant.

Qui a dit que la cause palestinienne avait été abandonnée par les Arabes?

Alors que le Maroc, le Soudan, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont normalisé l’année dernière leurs relations avec Israël, la Palestine se sentait trahie par « des pays frères ». Mais l’Algérie n’a pas bougé d’un iota sur cette question. En pleine coupe arabe de la FIFA organisée au Qatar durant le mois de décembre, l’équipe nationale algérienne victorieuse n’a eu de cesse d’arborer fièrement le drapeau palestinien à chacun de ses succès. En finale contre la Tunisie le 18 décembre, les Fennecs se sont imposés 2 à 0. Fêtant la victoire dans l’enceinte du stade, les joueurs et les supporters ont défilé avec des keffiehs (foulards à carreaux noir et blanc), symbole du nationalisme palestinien. D’ailleurs, des scènes de liesse ont également eu lieu à Gaza et dans plusieurs villes palestiniennes.

L’entraîneur algérien, Madjid Bougherra, a de surcroît déclaré qu’il dédiait ce titre au « peuple palestinien et à nos compatriotes à Gaza ». Ce positionnement algérien n’est en rien surprenant. « Il y a toujours eu ce sentiment de solidarité », rappelle au micro de Sputnik Saad Khiari, romancier et cinéaste algérien.

Algérie, Palestine, même combat?

En effet, en juin dernier, pour manifester son soutien au peuple palestinien et dénoncer la guerre contre Gaza qui avait fait 256 morts, l’équipe algérienne avait brandi une banderole « Free Palestine » lors d’un match amical contre la Mauritanie.

« Il y a un fait naturel dans ce sentiment de solidarité envers la Palestine qu’on peut retrouver auprès des autres pays arabes, des pays musulmans, voire ceux du tiers-monde également. Pour ce qui est du peuple algérien, c’est quelque chose d’enraciné chez eux », poursuit Saad Khiari.

Pourtant, la Palestine est à plus de 3.000 kilomètres du territoire algérien. Cette attache à la cause palestinienne résulterait surtout d’un passé qui a beaucoup en commun. « L’Algérie, du fait de son histoire récente avec l’occupation coloniale, est toujours solidaire des mouvements d’indépendance », souligne le spécialiste de l’Algérie. Il y fait référence au temps où le pays était une colonie française. Peu de temps après la guerre contre la France, Alger était surnommé « la Mecque des révolutionnaires ». En effet, dans les années soixante, l’Algérie s’est érigée en terre d’accueil des mouvements anticoloniaux et révolutionnaires du monde entier. Le pays accordait son aide, son assistance aux pays luttant pour leur indépendance contre les puissances coloniales de l’époque. C’est notamment le cas de « l’Angola, du Mozambique, de l’Afrique du Sud, mais surtout de la Palestine ».

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat prenait comme modèle le Front de libération nationale (FLN) algérien dans sa lutte contre l’occupation israélienne.

Ainsi, au travers de la cause palestinienne, le peuple algérien « voit en le Palestinien le reflet de son propre combat contre l’occupation française », estime l’écrivain, « il y a quelque chose de sentimental, de culturel et de quasi romantique ».

Ainsi, dans la rhétorique du pouvoir algérien, Israël a spolié les biens de la Palestine et des Palestiniens. Le soutien est donc total. Alger a fourni des armes et entraîné des combattants de l’OLP. À ce titre, en 1967, lors de la guerre des Six Jours opposant plusieurs pays arabes à Israël, le FLN avait envoyé des troupes en Égypte. Compte tenu de la défaite expresse du Caire et de Damas, les soldats algériens n’avaient alors pas eu le temps de participer au conflit. Houari Boumédiène, un ancien président algérien, déclarait en 1974: « Nous sommes avec la Palestine, qu’elle ait tort ou raison. » L’année suivante, l’Algérie avait parrainé et voté en faveur de la Résolution 3379 de l’Onu qui assimilait le sionisme au racisme. Résolution révoquée une vingtaine d’années plus tard par l’Assemblée générale des Nations unies.

Alger se sent menacé par la nouvelle alliance entre le Maroc et Israël

Depuis, l’Algérie n’a eu de cesse de se tenir aux côtés du peuple palestinien en dénonçant les exactions israéliennes ou en condamnant les politiques répressives de l’État hébreu. Ce soutien politique s’inscrit donc dans la durée depuis l’indépendance algérienne. En effet, le 6 décembre dernier, lors d’une rencontre entre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et son homologue palestinien, Mahmoud Abbas, en Algérie, Alger a rappelé son intention de proposer une médiation pour le règlement du contentieux inter-palestinien.

Le chef de l’État algérien a en effet annoncé « l’organisation prochaine d’une réunion des différentes factions palestiniennes à Alger ». De son côté, le chef de l’autorité palestinienne a affirmé que « cette visite intervient pour parachever la coordination entre l’État de Palestine et l’Algérie afin d’inscrire la cause palestinienne comme le point central de l’ordre du jour de la réunion de la Ligue arabe », qui se tiendra en mars prochain.

L’octroi d’une aide de 100 millions de dollars à la Palestine a été alors annoncé par son allié. De plus, Alger accordera 300 bourses d’études aux étudiants palestiniens pour rejoindre les universités algériennes. Une entente qui, par ricochet, a des conséquences sur les relations entre Alger et l’État hébreu. Et ce alors que le Maroc ne s’est pas empêché il y a un an de reconnaître Israël. « Le Mossad à nos frontières », titrait le 24 novembre le journal L’Expression, proche du gouvernement algérien, à l’occasion de la visite du ministre israélien de la Défense à Rabat.

Une situation qui inquiète le voisin algérien. Et pour cause: les deux nouveaux alliés ont signé un accord sécuritaire –officiellement intitulé Mémorandum d’entente en matière de défense. Le royaume chérifien a acquis quatre drones tactiques Hermes 900 conçus par le groupe israélien Elbit Systems. En outre, le Maroc va pouvoir perfectionner son système de renseignements et de surveillances aux frontières. Pas de doute pour Alger, cette nouvelle alliance la vise.

 

Source: Avec Spunik

      

https://french.almanar.com.lb/2215633

Dans ALGERIE

CAMPAGNE ACHARNEE USA/"ISRAËL" VOULANT FAIRE CROIRE A LA PRESENCE DE LA RESISTANCE AU SAHARA

Par Le 16/12/2021

À quoi rime cette campagne acharnée USA/Israël qui veut faire croire à la présence de la Résistance au Sahara?

Thursday, 16 December 2021 3:43 PM  [ Last Update: Thursday, 16 December 2021 3:43 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Tindouf au Sahara. (Archives)

Pourquoi l’axe USA/Israël/Rabat continuent si obstinément à chercher à faire croire à la présence des conseillers militaires du Hezbollah, voire de l’Iran dans cette zone très militarisée qu’est Tindouf et qui se situe au Sahara occidental que convoitent depuis longtemps des Américains, zone où l’entité sioniste projette même de créer une usine à drone, voire une base militaire ? On se rappelle fort bien comment en 2018 le régime de Rabat s’est précipité sur les pseudo preuves livrées par le Mossad pour accuser l’Iran et l’Algérie de trafic d’armes et de formateurs au Sahara au profit du Front Polissario et comment ce tissu de mensonges a servi de prétexte à une rupture des liens entre le Maroc et l’Iran.

L'Algérie abat un 1er Mirage 2000?

L’Algérie abat un 1er Mirage 2000 ?

Les EAU s’apprêtent à céder une flotte de 68 avions de combat Mirage 2000-9 au Maroc et à l’Égypte.

Mais de là à reprendre cette rengaine et à en faire toute une salade pour faire croire que l’Armée algérienne, l’une des plus puissantes et les mieux équipées de l’Afrique et du monde a besoin de l’Iran pour soutenir ses alliés au Sahara voire pour protéger sa sécurité et son intégrité, il y a de quoi s’interroger. Surtout que Téhéran et Alger, n’en déplaise à Lapid et à son obsession de « l’axe » n’ont jamais entretenu des coopérations militaires et que certes les Algériens ont toujours aidé l’Iran à contourner les sanctions pétrolières US et que les Iraniens ont toujours apprécié l’Algérie comme le premier pays de la Résistance, mais que leurs liens ne sont jamais touché le domaine militaire. L’une des réponses pourrait être ceci : puisque le Hezbollah et le CGRI sont blacklistés, l’axe USA/Israël cherche à créer de force des liens entre de part et d’autre pour justifier les sanctions à venir. Mais avouons qu’il y a des méthodes encore plus commodes pour arriver à cette fin que de remettre en cause le FP et la présence américaine en Algérie en s’adonnant à des campagnes aussi mensongères. Africa Intelligence qui a lancé cette fakenews écrit  :

Algérie : la France en mode panique!

Algérie : la France en mode panique !

En visite en Algérie, le ministre français des Affaires étrangères a exprimé la volonté de Paris de régler les différends. Ah bon ?

" Plusieurs militaires iraniens se trouvent actuellement dans des bases de l’armée algérienne situées à quelques kilomètres des camps de Tindouf, dans le sillage de la course contre la montre engagée par le général Changriha afin de renforcer l’encadrement du Polisario par le Hezbollah. L’homme fort du régime algérien a décidé de se tourner vers le Hezbollah après avoir fait l’amer constat de l’impuissance du Polisario face à l’armée marocaine. Said Chengriha est persuadé que le groupe séparatiste est incapable de mener la stratégie de déstabilisation voulue par la junte militaire algérienne contre le Maroc. Cette impuissance du Polisario a été amplifiée par les radars de surveillance qui viennent d’être installés par la Mauritanie près de Zouerat. Placés dans le nord du pays en face des camps de Tindouf, ces radars vont verrouiller le territoire mauritanien et réduire à néant la marge de manœuvre dont disposaient les milices armées du front séparatiste. »

À lire attentivement entre les lignes, le vrai motif de ces mensonges croisés saute aux yeux : il y a d’abord cette éminemment stratégique décision de fermeture du ciel de l’Algérie à la France, à Barkhane partant à l’axe USA/Israël qui gène, une décision que même les flatteries tardives d’un Le Drian en récente visite à Alger n’a pu changer. Sans cette percée gratuite dans le ciel algérien, il n’y a plus réellement la capacité de vérifier l’état de la DCA ni les capacités antiaériennes algériennes ni non plus ses possibilités de guerre électronique. L’allusion aux radars que la Mauritanie aurait déployés non loin de Tindouf et que la revue tente de lire dans un sens totalement inversé renvoie d’ailleurs à cette crainte.

Algérie: Israël craint la riposte

Algérie : Israël craint la riposte

une alliance sioniste contre l’Algérie est-elle viable ?

Car, que soit dit en passant, les radars mauritaniens ne sont pas contre les Sahraouis, mais bien contre l’axe USA/Israël et leurs agissements au Maroc et ils sont censés de transmettre minute par minute les dernières évolutions au centre de la DCA intégrée Algérie-Mauritanie. Sinon à quoi serviraient ces accords militaires signés il y a plusieurs mois de cela entre Nouakchott et Alger ? Or, un tel bouclier anti missile c’est la pire des choses qui puissent arriver à un axe US/Israel.OTAN qui sur base d’une iranophobie complètement démodée dans le golfe Persique cherche à faire vendre sur le dos du contribuable marocain le maximum de F-16, de F-15, de F-35, de Harop et de radars... soit tous ces gadgets qui échoient au Moyen-Orient au pauvre roi Mahammed VI.

Israël: le coup de massue du Hezbolah?

Israël : le coup de massue du Hezbolah ?

Disons que cette histoire des nuées de drones de la Résistance yéménites s’abattant sur Aramco, drones qui pourraient à tout instant retrouver le chemin d’Israël lui est resté à travers la gorge et qu’il cherche à le reproduire quelque part et pourquoi pas au Sahara. Sauf que et c’est là très probablement inspirée par la Résistance, l’armée algérienne a tenté d’anticiper : un bouclier antimissile anti-drone anti-avion marocain contre l’entité sioniste et ses parrains. Décidément, cela ressemble trop au Hezbollah au CGRI à Ansarallah... soit ce monde auquel les Maghrébins appartiennent tous.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/12/15/672695/Explosion-a-Tyr-le-Hezbollah-reagit-

Dans ALGERIE

L'ALGERIE BARRICADE LE CIEL MAGHREBIN ?

Par Le 29/11/2021

Le système radar intégré Mauritanie/Algérie s'érige autour du Sahara occidental

Monday, 29 November 2021 7:04 PM  [ Last Update: Monday, 29 November 2021 7:03 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

À Saidia, à la frontière entre le Maroc et l'Algérie. ©AFP

Depuis que le président algérien Abdelmadjid Tebboune a promis, en reprenant une célèbre formule de Nasrallah inspirée de la Bible, une riposte ferme aux agissements sionistes à ses portes, les choses se sont accélérées littéralement. Cette nuit, à peine quelques heures après que l'accord militaire Rabat/ Maroc eut été signé avec en toile de fond le redéploiement des militaires sionistes qui, broyés sur le front Nord, Sud, intérieur, se cherchent au Maghreb où s'implanter définitivement, de curieuses photos se sont mises à être largement diffusées par les médias israéliens mettant en scène les parachutistes marocains qui menacent d'attaquer l'armée algérienne ; une autre information a refait surface, celle-ci ne relevant pas du bluff! Au fait, autant cette mise en scène est grotesque, autant elle est révélatrice de la vraie nature de la mission israélienne au Maroc qui, on s'en doute, n'a pas à défendre ou soutenir qui que ce soit, mais à déclencher la guerre Maroc/Algérie, façon de faire écouler Dôme de fer, drones, avions de chasse..., bref tout ce qui lui reste sur les bras à l'issue de plusieurs batailles de taille dont et surtout l'Épée de Qods.

Algérie: Israël craint la riposte

Algérie : Israël craint la riposte

Une alliance sioniste contre l’Algérie est-elle viable?

Sputnik écrit : « Ce sont ces para-commandos marocains qui se disent prêts à la guerre contre l’Algérie. Il s'agit des membres de la 1ère Brigade d’infanterie parachutiste basée à Rabat et de la 2ème Brigade d’infanterie parachutiste de Marrakech. Les BIP sont des structures qui ont très peu de faits d’armes, mais qui participent beaucoup aux exercices internationaux, notamment à l’African Lion qui se déroule régulièrement au Maroc. Les deuxièmes BIP avaient participé à des manœuvres aux côtés du Régiment de fusiliers royaux britanniques de Gibraltar. En fait, ce sont de petites structures chargées de protéger certaines infrastructures, dont les palais royaux de Rabat et de Marrakech. Cette confiance excessive vient de là et est bien contraire à l’attitude réservée des soldats algériens qui semblent préparer quelque chose. »

Ce qu’Israël a à jamais perdu

Ce qu’Israël a à jamais perdu

« Israël ne pourra jamais revenir au Liban » (Hezbollah)

L'armée de terre algérienne, à elle seule, possède six Régiments de para-commandos (RPC) et deux Régiments de manœuvres opérationnels (RMO). Ces structures cumulent une trentaine d’années d’expérience de lutte antiterroriste dans des terrains aussi différents que le désert, les forêts et en milieux urbains.

Mais ceci les Israéliens ne le diraient guère aux soldats marocains, enfin ceux qui resteraient si une guerre venait à éclater. Au fait, depuis des semaines déjà des dizaines de soldats marocains désertent quitte à refuser catégoriquement de faire face à leurs voisins. Cette attitude de défi est aussi celle de tout le Maroc où les Marocains battent le pavé du nord au sud du pays au cri « À bas les sionistes!». Car ils le savent : « Israël ne protégera pas le Maroc comme il n'a pas protégé la Géorgie, pourtant stratégique pour lui contre l'Iran, ni aujourd'hui l'Éthiopie, ni non plus l'Azerbaïdjan ».

Le Maroc

Le Maroc

Les conséquences de la normalisation des relations militaires du régime sioniste avec le Maroc.

Mais cette riposte est celle des Marocains qui pourrait bien s'amplifier d'ici les jours à venir au point même qu'Israël finirait par évacuer sa fichue base à Nador. 

Et la riposte algérienne ? Militairement parlant, l'apparence est trompeuse, Alger ayant joué de l'attentisme. Trois Algériens abattus à Tindouf au Sahara occidental plus des civils qui se font régulièrement ratatiner à coup de drones. Mais il ne faut surtout pas se fier à l'apparence : face aux Patriot et Tamir (Dôme de fer) qui s'érigent au Maroc, l'Algérie travaille à sa DCA régionale, à l'image des radars intégrés qui munissent le ciel du Moyen-Orient au sein de l'axe de la Résistance. 

De même, l'armée mauritanienne a signalé que les forces armées mauritaniennes ont installé trois radars de surveillance dans la ville de Zouerate, à 700 km au nord de la capitale, Nouakchott, et près de la frontière avec le Sahara occidental.

L'installation de ces radars a été annoncée, vendredi 26 novembre, lors d'une cérémonie d'inauguration, présidée par le ministre mauritanien de la Défense, Hanena Ould Sidi, à Zouerate, selon un communiqué publié sur le site Internet des forces armées mauritaniennes.

Outre ces nouveaux radars de surveillance, un centre de commandement, de contrôle et d'information a été ouvert dans la commune de Fdirik, située à environ 40 kilomètres au nord-ouest de Zouerate.

Arash

Arash

Selon le communiqué, « ces installations vitales amélioreront les capacités et la précision de la surveillance aérienne et terrestre pour assurer le plus haut niveau de sécurité. Il s'agit également de renforcer la capacité de nos forces aériennes à contrôler l'intégrité territoriale du pays ».

Cette sécurité, en particulier, elle est devenue vulnérable en raison de la proximité de la frontière avec les territoires sahraouis, dont une partie est administrée par le Maroc et l'autre contrôlée par le Front Polisario, avec le soutien de l'Algérie.

L'Algérie, à l'heure du Hezbollah!

L'Algérie, à l'heure du Hezbollah!

Le président algérien a mis en garde le Maroc contre toute agression visant l’Algérie.

Au début de ce mois, cette zone frontalière du Sahara, qualifiée de « territoires libérés » par le Polisario et de « zone tampon » par les autorités marocaines, a vu un bombardement lancé par le Maroc sur deux camions pénitentiaires se dirigeant vers la Mauritanie, tuant trois de ses passagers.

N'est-ce pas là une riposte de taille qui anticipe bien des choses et qui n'augure rien de bon ni pour Israël ni pour les Yankees?

Israël/Syrie-Algérie: le choc

Israël/Syrie-Algérie: le choc

http://french.presstv.ir/Detail/2021/11/29/671601/Le-torchon-brule-entre-Alger-et-Maroc

 

Dans ALGERIE

1er NOVEMBRE 1954 : UN ELEMENT FONDAMENTAL DE L'IDENTITE DU PEUPLE ALGERIEN ET DE SON HISTOIRE

Par Le 01/11/2021

1er Novembre 1954: un élément fondamental de l'identité du peuple algérien et de son histoire

 Publié Le : Vendredi, 29 Octobre 2021 13:52    Lu : 255 fois  

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ALGER - La commémoration du 1er Novembre 1954, date du déclenchement de la Guerre de Libération nationale du joug colonial français, représente pour le peuple algérien un moment de ressourcement et de communion autour d'un élément fondamental de son identité nationale et de son histoire.

Cette commémoration revêt cette année une dimension particulière, coïncidant avec la résurgence outre-mer de discours politiques déniant le caractère profondément inhumain et raciste de la colonisation, et les crimes abominables et barbares qu'elle a engendrés en Algérie.

Face à ces discours de déni récurrent, le peuple algérien a toujours fait montre d'un attachement viscéral à sa mémoire collective: les crimes de guerre et contre l'humanité commis par les armées françaises durant les 132 ans qu'a duré la colonisation y sont gravés à tout jamais. C'est dans cette mémoire collective que la Nation algérienne a puisé la force et trouvé les ressorts nécessaires pour se soulever et arracher sa liberté et son indépendance en 1962 après une lutte armée de 7 ans et demi et des sacrifices incommensurables.

Durant ces 132 ans, la France coloniale a commis des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre fondée sur une idéologie de purification ethnique ayant pour objectif de remplacer les populations autochtones par des apports de populations étrangères. Des historiens et des chercheurs estiment à cinq (05) millions et demi le nombre d'Algériens victimes de ces crimes, soit plus de la moitié des habitants de l'Algérie sous occupation coloniale.

La commémoration de cette date phare de l'histoire nationale intervient dans le sillage de la commémoration des massacres du 17 octobre 1961 à Paris, qui illustrent la barbarie du système colonial.  

Dans la nuit du 17 octobre 1961, des milliers d'Algériens et d'Algériennes avaient manifesté pacifiquement dans la capitale française pour dénoncer le couvre-feu inique et discriminatoire décrété à leur encontre par le préfet de police Maurice Papon. Plusieurs d'entre eux avaient été exécutés sommairement par balles, jetés vivants dans la Seine ou battus à mort, selon les témoignages de survivants et d'anciens policiers français.

Cette manifestation, réprimée dans le sang, avait fait un millier de victimes, selon Mohamed Ghafir, ancien responsable du Front de libération nationale (FLN) dans la région Nord de Paris, pendant la Guerre de Libération.

De nombreux historiens algériens et français ont demandé à la France officielle de reconnaitre les massacres du 17 octobre 1961 comme étant un crime d'Etat.

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a décidé la veille de la commémoration de ces massacres de décréter l'observation d'une minute de silence, le 17 octobre de chaque année à 11h à travers tout le territoire national, à la mémoire des Chouhada tombés lors de ces évènements tragiques.

 

L'impératif de la reconnaissance des crimes coloniaux

 

Lors d'une rencontre tenue récemment avec des représentants de médias nationaux, le président Tebboune a affirmé que "la France a commis (durant la colonisation) des crimes à l'encontre du peuple algérien que les paroles ne sauraient occulter", en référence à des déclarations du président français Emmanuel Macron.

Il a conditionné le retour de l'ambassadeur d'Algérie à Paris par le "respect total de l'Etat algérien", soulignant que "la France doit oublier que l'Algérie était une colonie".

L'Algérie avait rappelé, début octobre, pour consultations, son ambassadeur à Paris, suite aux propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribué nommément au président français, portant atteinte à l'histoire et aux institutions de l'Etat algérien, les qualifiant d''ingérence inadmissible" dans ses affaires intérieures.

Le président de la République a décidé en 2020, d'instituer une Journée nationale de la mémoire, à l'occasion du 75e anniversaire des massacres commis en Algérie par les autorités coloniales françaises le 8 mai 1945, afin de préserver cette mémoire -élément déterminant de l'identité nationale- de toute altération et de la transmettre aux générations futures.

Le 8 mai 1945, et alors que les Français célébraient la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie marquant la fin de la Seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d'Algériens étaient sortis dans les rues de Sétif, Guelma, Kherrata et dans d'autres villes pour revendiquer pacifiquement l'indépendance de l'Algérie, ainsi que l'avait promis la France s'ils la soutenaient dans son combat contre le nazisme. La réponse du gouvernement français d'alors fut sanglante, d'une brutalité inouïe: quelque 45.000 Algériens furent massacrés par les forces coloniales et leurs milices.

Ces massacres ont constitué un tournant décisif dans la trajectoire du mouvement national et la prise de conscience que seule la lutte armée pouvait libérer l'Algérie de la domination française.

Outre l'institution de cette Journée nationale de la mémoire, une chaîne de télévision nationale spécialisée en Histoire, ayant pour vocation de préserver et transmettre la mémoire nationale aux générations actuelle et futures, a commencé à diffuser ses programme depuis l'année dernière.

Le dossier de la mémoire sur la période de la colonisation et la Guerre de Libération est d'une très haute importance pour l'Algérie qui exige la reconnaissance des crimes coloniaux. Le président Tebboune a affirmé que cette question "hypothèque beaucoup de choses dans les relations bilatérales" entre l'Algérie et la France.

Le dossier de la mémoire renferme également les questions de la restitution de la totalité des archives de l'Algérie transférées en France, des explosions nucléaires dans le Sud algérien et des disparus durant la Guerre de Libération.

Mots clés :   

 Révolution du 1er Novembre

 Histoire de l'Algérie

 Mémoire

https://www.aps.dz/algerie/129602-1er-novembre-1954-un-element-fondamental-de-l-identite-du-peuple-algerien-et-de-son-histoire

Dans ALGERIE

AHMED BENSAADA : LE ROI MACRON ET SES BOUFFONS

Par Le 13/10/2021

Le Roi Macron et ses bouffons

Par Ahmed Bensaada

Mondialisation.ca, 12 octobre 2021

ahmedbensaada.com

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Après les « kwassa- kwassa » à Mayotte, les climatiseurs du Burkina Fasola fécondité des femmes africaines au sommet 2017 du G20, Emmanuel 1er, Roi de France et de Navarre, continue son œuvre d’enrichissement du grand registre des bourdes royales macroniennes. Cette fois-ci, c’est en s’attaquant gratuitement et méchamment à l’Algérie qu’il considère toujours comme son ancienne colonie. Et il n’y alla pas de main morte, loin s’en faut. Avec son sceptre fleurdelisé, il n’épargna ni son gouvernement ni son histoire : quand on peut faire plusieurs bêtises, pourquoi ne se contenter que d’une seule?

Pourtant n’avait-il pas recommandé de « tourner la page » lors de son dernier voyage en Algérie? Ou bien le tourne-page fait partie des régalia de la couronne française, n’obéissant donc qu’aux humeurs et aux caprices du monarque?

Bien entendu, la réaction des citoyens algériens à ses déclarations belliqueuses ne se fit pas attendre.  La blogosphère s’enflamma, déclenchant un riche florilège de quolibets et d’algarades qui éclaira le ciel du cyberespace. Même une ultérieure tentative pour adoucir ses propos n’y fit rien, bien au contraire.

Que faire alors sinon que de donner l’ordre à son armée de bouffons royaux d’intervenir, ces « alibis ethniques » si bien entretenus en temps de paix et si précieux dans ces moments de turbulence?

Il est à noter que le mandat assigné à ces collaborateurs dévoués est de minimiser, voire d’ignorer les agressions verbales d’Emmanuel 1er et de s’en prendre, sans états d’âmes, aux autorités algériennes, à l’Algérie et à toutes les personnes qui défendent la dignité de leur pays et sa souveraineté.

De cette espèce taxonomique d’« informateurs indigènes », si prolifiques sous notre latitude, nous allons choisir quelques spécimens représentatifs.

Ferhat 1er

Le premier à réagir, comme une grenouille à un stimulus électrique, c’est Ferhat 1er, sultan autoproclamé du royaume fictif de Kabylie et vassal du souverain français. Il est vrai que la déclaration de son suzerain sur la « création » de l’Algérie a sonné aux oreilles du fondateur du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) comme une douce mélodie. Emmanuel 1er aurait-il volontairement et sciemment offert du « pain béni » à Ferhat 1er pour le conforter dans ses fantasmes sécessionnistes? Offrir le gîte, la protection et même le discours ne sont-ils pas les attributs d’un suzerain à son vassal? Surtout si cela peut provoquer la colère du gouvernement algérien.

Ali Dilem

Voici un exemple typique d’inversion des rôles si bien illustré, toute honte bue, par le caricaturiste du journal Liberté. Rappelons au passage que ce dessinateur a montré un zèle inégalé dans la défense de Ferhat 1er et de son mouvement.

Alors que la provocation et l’agression sont les œuvres délibérées et unilatérales du souverain tricolore, l’Algérien y est représenté comme un sauvage coupeur de tête, se ruant tambour battant sur tout ce qui est français. Cette représentation malhonnête de la réalité méritait une correction en bonne et due forme. Ce qui fut fait :

N’oublions pas que Dilem a été décoré à deux reprises par la France. En 2010, il reçut les insignes de Chevalier des Arts et Lettres et, en 2017, il a été promu au rang d’Officier des Arts et des Lettres par la présidence de la République française.

Cela serait-il suffisant pour expliquer l’inversion des rôles dans la caricature?

Kamel Daoud

La ligne éditoriale du journal Liberté soulève de sérieuses questions quant à sa relation avec la France. En effet, en plus de Dilem, le quotidien hébergea les élucubrations de l’auteur Kamel Daoud sur le même sujet et avec la même orientation.

La flagellation des citoyens algériens est une « technique littéraire » dont Kamel Daoud est devenu le plus grand spécialiste (lire mon livre à ce sujet) et cet article n’y fait pas exception. Il y usa de sa cravache de prose pour fouetter ceux qui ont eu « l’outrecuidance » de critiquer les paroles du Roi de France et de Navarre.

Fidèle à son rôle d’écrivain néocolonisé que j’ai décrit dans un de mes livres (facteur aggravant : il a été naturalisé français depuis), il dépassa de plusieurs longueurs la mystification du caricaturiste dans un article intitulé « Se sentir humilié après les déclarations de Macron ».

Jugez-en :

« Après les déclarations de Macron sur l’Algérie, la mémoire et l’avenir, je me suis senti personnellement humilié. De ce qu’il a dit ? Non. Ce qui humilie, c’est l’ampleur vide, futile, de la réaction des miens, des Algériens. Autant de rage, de colère et d’exagérations humilient en ce qu’elles révèlent le vide d’un projet national, algérien, collectif pour ce pays ».

L’ex-journaliste du Quotidien d’Oran ne peut pas se sentir humilié par les propos d’Emmanuel 1er: il ne peut pas se le permettre. N’est-ce pas lui qui est « admiré » par le locataire de l’Élysée? N’est-ce pas lui qui a été un des rares à être invité à la table du monarque français à l’ambassade de France lors de sa visite de 2017?

Relevons, au passage, une similitude flagrante entre la caricature de Dilem et les propos de Kamel Daoud : le citoyen algérien est représenté avec de la « rage » et de la « colère ». C’est lui le « barbare » qui, à coup de hache, attaque les « civilisés » de l’Hexagone.

Cela était-il suffisant? Que nenni! Quelques coups de fouets supplémentaires n’étaient pas de trop, histoire de se faire admirer un peu plus par la monarchie française dont il se sent si proche:

« La haine de la France, nous l’avons, et c’est une vérité. Mais elle n’est pas due uniquement aux meurtres du passé. Elle est due au vide, au présent, à l’oisiveté, elle se partage entre rentiers du victimaire et prêcheurs de nouvelles croisades, entre islamistes et dé-coloniaux chômeurs, elle nous soude et nous piège, nous empêche de dormir et de nous réveiller, de travailler et d’avoir un rêve autre que celui de détruire la France ou d’y aller vivre. C’est une réalité ».

Où es-tu Grand Émir Abdelkader pour nous réapprendre à chérir inconditionnellement notre pays et à aimer nos concitoyens? Où es-tu pour nous rappeler que la terre que nous avons sous les pieds, nous devons la défendre contre les néocolonisateurs avec nos mains, notre âme et notre cœur ?

Lahouari Addi

Le sociologue attitré de la NED (National Endowment for Democracy) a eu droit, quant à lui, au tapis rouge du journal Le Monde. N’entre pas qui veut dans le « temple » du journalisme français. On ne badine pas avec les titres, n’est-ce-pas?

Dans un article qu’il a intitulé « Sur l’Algérie, Emmanuel Macron a dit publiquement ce que ses prédécesseurs disaient en privé », Lahouari Addi a profité de l’hospitalité de ce journal connu pour son « amour inconditionnel » de l’Algérie pour ouvrir les hostilités sur toutes les institutions étatiques algériennes. Par contre, il traita les propos d’Emmanuel 1er « de courageux, surmontant la raison d’État et ne reculant pas devant les lobbys économiques sectoriels ». Le Roi de France et de Navarre dépeint dans son habit de preux chevalier, sans peur et sans reproche!

Ah, l’imagination et le romantisme galopants des sociologues de la cour de France! Le grand seigneur au nord de la Méditerranée et les méchants gueux à son sud! La néocolonisation « daoudienne » qui fait des émules!

Dans son analyse des déclarations macroniennes, Lahouari Addi ne se priva pas d’y déceler un lien avec le Hirak. Bien sûr, il n’allait pas rater l’occasion, lui, un des ténors autoproclamés du Hirak! Pour cela, il faut avoir la compétence d’un « professeur émérite » afin de lire entre les lignes et y trouver ce qui n’est même pas venu à l’esprit de l’auteur lui-même.

« Par les propos qu’il a tenus le 30 septembre, Emmanuel Macron reconnaît explicitement la légitimité politique des revendications du Hirak, ce qui est inacceptable pour le régime algérien qui, jusqu’à présent, a toujours bénéficié de l’appui diplomatique de la France ».

Évidemment, il n’a pas raté l’occasion pour placer le slogan « Dawla madania machi askaria » (Etat civil et non militaire) cher aux islamawistes offshore et aux adeptes du « Hirak frelaté », en complète opposition avec la devise du Hirak original « Djeich, chaâb, khawa khawa » (Armée, peuple, frère, frère) ».

Radio M

Nous n’allons pas terminer ce « recueil » sans citer Radio M, celle qui se fait appeler « la Petite Radio du Grand Maghreb » mais qui n’est en fait que la « Radio Barbouze du Quai d’Orsay ». D’ailleurs, ce qualificatif sera confirmé dans ce qui suit.

Tout d’abord, elle s’est comporté comme chambre d’écho de la déclaration de Lahouari Addi au sujet de Hirak dans son article du Monde et en a fait rien de moins que le titre d’un de ses éditoriaux.

 

D’autre part, en réponse à la polémique générée en Algérie par les déclarations hostiles d’Emmanuel 1er, Le Monde publia un article dans lequel il rapporta que « les propos du président français s’interrogeant sur l’existence de la « nation algérienne » ont braqué même les opposants les plus farouches au régime algérien ».

Après avoir énuméré les nombreuses critiques, le journaliste précisa que « l’une des rares, pour ne pas dire l’unique, prise de position positive à l’égard du président français est venue du politologue Mohammed Hennad […] dans une interview à Radio M […] ».

Radio M favorable au monarque français? Ce n’est probablement qu’un doux euphémisme si on se fie au titre donné à cette intervention du politologue Mohammed Hennad :

Et, à propos de la réduction du nombre de visas pour les Algériens, Radio M se comporta comme le porte-parole de Gérald Darmanin, ministre français de l’intérieur :

Emmanuel 1er peut être fier de sa légion de bouffons. Avec autant de dociles informateurs indigènes et de fidèles défenseurs autochtones, il dispose d’une machine de désinformation efficace.

Mais le Roi de France et de Navarre n’a certainement aucune idée de l’armée de patriotes algériens, jaloux de la souveraineté de leur pays.

Et ceux-là, contrairement à ses bouffons, ont une profonde aversion de toute ingérence étrangère dans les affaires de leur pays. En particulier lorsqu’il s’agit de l’ingérence d’un pays qui les a maltraités pendant 132 ans.

Ahmed Bensaada

Image en vedette : « Mime solitaire » : Mikhail Khokhlachev (Alias Michael Cheval)

La source originale de cet article est ahmedbensaada.com

Copyright © Ahmed Bensaadaahmedbensaada.com, 2021

https://www.mondialisation.ca/le-roi-macron-et-ses-bouffons/5661237

Dans ALGERIE

AUKUS : UN SCENARIO ANTI-ALGERIE ?

Par Le 25/09/2021

Brouille US/Paris, et si ce n'était qu'une mise en scène pour attiser la tension Maroc/Algérie?

Friday, 24 September 2021 7:04 PM  [ Last Update: Saturday, 25 September 2021 6:39 AM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le nouveau sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) français, le Suffren. ©LUDOVIC MARIN

Abdel Bari Atwan, éditorialiste de Rai al-Youm, s’est penché dans un article sur les prochaines mesures de la France suite à l'annulation par l’Australie du « contrat du siècle » portant sur la livraison de 12 sous-marins français.

Après l'annulation du contrat du siècle par l'Australie, Paris est à la recherche de nouveaux clients, et le Maroc est en tête de liste concernant l'acquisition de sous-marin français.

Ayant souffert suite à son accord militaire avec l'Australie, la France afin de vendre ses sous-marins pourrait se tourner dans sa recherche d'autres acheteurs vers les pays d'Afrique du Nord tel que l'Égypte et le Maroc ou encore les pays d'Asie du Sud-Est.

La France avait signé un contrat majeur avec l'Australie connu sous le nom du « contrat du siècle » d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars portant sur la livraison de sous-marins électriques et diesel français.

Sous-marins: 1ère vengeance de Jupiter?!

Sous-marins: 1ère vengeance de Jupiter?!

Selon les analystes, la trahison américaine envers la France au sujet des sous-marins nucléaires destinés à l’Australie signale un énorme changement géopolitique dans la stratégie américaine.

La semaine dernière, suites aux initiatives des États-Unis et le Royaume-Uni, l'Australie a annulé sa commande de plus de 56 milliards d'euros passée à l'Hexagone, ce qui s’est soldé par une crise sans précédente entre la France et l’Australie. Ces évènements arrivent alors que Washington et Londres ont annoncé leur alliance afin de soumettre la Chine à des pressions encore plus fortes et dans le but de renforcer le régime des sanctions imposées par les États-Unis.

Malgré le fait que le marché des sous-marins soit limité, contrairement à celui des avions de chasse, des chars et des drones, Paris recherche d'autres clients pour vendre ses sous-marins français.

Alors que l’Australie a déchiré le «contrat du siècle» conclu en 2016 avec Paris au profit d'un accord avec Londres et Washington, la France pourrait donc se tourner vers le Maroc à la recherche de l'opportunité de pourvoir sa marine royale de sous-marin.

Le Maroc ne possède actuellement aucun sous-marin, tandis que son rival algérien en possède huit. Le Maroc avait déjà entamé des négociations avec la Russie et l'Allemagne sur l'achat du sous-marin, mais elles ont toutes échoué.

Sous-marins: la France quittera l'OTAN?

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Biden tue 

Le site web Hespress avait publié, il y a quelques jours, un article sur la volonté du Maroc d'acheter des sous-marins à la France ainsi que les efforts de la France d'aboutir à une vente auprès de la marine marocaine.

En 2015, la France a réussi à boucler les négociations avec l'Égypte afin de revendre les deux Mistral pour 950 millions d'euros. Les forces navales d'Égypte ont récemment reçu leur 4e sous-marin de modèle 209 produit par l'Allemagne. À l'heure actuelle, l'Égypte ne dispose pas de sous-marins avancés tels que les sous-marins français de type Barracuda, l'achat d'un sous-marin français pourrait donc intéresser l'Égypte.

L'Égypte veut se transformer en puissance militaire navale  en raison de l'importance croissante des ressources énergétiques dans le pays telles que le gaz en Méditerranée orientale, l'exploration pétrolière en mer Rouge et la protection du canal de Suez.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/24/667196/AUKUS--un-sc%C3%A9nario-anti-Alg%C3%A9rie--

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ALGERIE : LE MAK ET SES CARICATURISTES

Par Le 25/09/2021

 

Algérie : le MAK et ses caricaturistes

Jeudi, 23 Septembre 2021 23:32 Ahmed Bensaada

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Dans un précédent article, j’avais évoqué en détail le rôle partisan et sectaire de trois caricaturistes algériens qui avaient mobilisé leurs crayons dans l’effervescence politique provoquée par le Hirak. Partisans du « Yetnahaw Ga3 » (qu’ils partent tous), leur credo était fondé sur l’appropriation du terme « peuple » qu’ils utilisaient à toutes les sauces et, surtout, pour la promotion exclusive et partiale de la « phase de transition » avec, comme corollaire, la contestation entêtée de la « voie constitutionnelle ». L’amalgame entre « peuple » et « phase de transition » avait pour but de prétendre que cette option était majoritaire dans la population, ce qui était loin d’être la vérité, c’est le moins qu’on puisse dire. Après la décantation du Hirak, nous voyons bien que ces deux termes ne vont pas du tout ensemble et qu’au lieu de « peuple » on devrait plutôt écrire « groupes spécifiques » ayant, pour la plupart d’entre eux, des agendas et des intérêts bien définis.

Dans ce qui suit, il sera question de deux de ces trois caricaturistes qui, en plus de montrer leur vision déformante de la réalité politique algérienne, affichent de manière ostentatoire leur soutien au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie), un de ces « groupes spécifiques ».

Il s’agit de Ali Dilem et de Ghilas Aïnouche, caricaturistes dont les dessins et les accointances montrent de nombreux points en commun, jugez-en : tous deux sont des militants du « Yetnahaw Ga3 », se comportent comme des activistes de l’aberrante et antinationale division dichotomique Kabyle/Arabe, sont idéologiquement et professionnellement liés avec « Charlie », ont un penchant plus qu’affirmé pour l’État hébreu et, finalement, sont très introduits auprès des missions diplomatiques française et étasunienne. Pour plus de détails, consulter l’article cité auparavant).

 

De gauche à droite : Mme Émié, un pasteur d’une église à Alger, Ghilas Aïnouche, Ali Dilem et Bernard Émié (Ambassadeur de France à Alger 2014 -2017, actuellement directeur de la DGSE française). Sur sa page Facebook, Aïnouche nomme familièrement Mme Émié par son prénom: Isabelle.

 

Ali Dilem

Le 14 septembre dernier, Dilem publia une caricature qui a soulevé l’ire d’un très grand nombre de citoyens algériens. Il y insinuait que le gouvernement algérien, dans sa lutte contre le MAK, s’en prenait à tous les Kabyles, sans exception. Selon lui, il y avait en Algérie, deux catégories de citoyens : des Kabyles tous coupables et les non-Kabyles tous innocents. Cette vision mensongère, raciste et dangereuse de la réalité algérienne m’a inspiré une réponse que j’ai publiée sur mon site.

 

 

 

 

Cette réplique a eu évidemment un grand écho sur les médias sociaux, car Dilem goûtait à sa propre médecine. Mais personne ne s’attendait à la réaction de Sa Majesté makiste! En effet, Ferhat (Mehenni) 1er en personne y alla d’un tweet « royal » pour défendre le « soldat » Dilem :

 

 

 

Non seulement, le « monarque » troubadour donna raison à Dilem, mais il l’assura de sa « solidarité », histoire de lui dire « Continue sur cette voie, tu es sur le droit chemin! ». Et voilà comment le Chevalier (des Arts et Lettres) Dilem fut adoubé par Ferhat 1er!

Il faut dire que Dilem n’en était pas à sa première caricature pro-MAK. En voici quelques exemples :

 

Cliquez sur l’image pour voir d’autres caricatures pro-MAK de Dilem

 

 

Ghilas Aïnouche

Les relations entre Ghilas Aïnouche et le MAK sont beaucoup plus élaborées que celles de Dilem avec cette même organisation. Cela se voit dans la profusion de caricatures, dans sa défense publique du MAK et sa proximité avec Ferhat 1er.

D’ailleurs, en ce qui concerne ce dernier point, il est intéressant de suivre la discussion entre le « monarque » makiste et son sérieux prétendant au titre de « dauphin » dans la vidéo suivante :

 

Ferhat Mehenni et Ghilas Aïnouche (9 juin 2020)

Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo

 

 

Dans le dessin que Aïnouche offre à son compagnon de table, le caricaturiste qualifie Ferhat 1er de « Grand homme » et se met en scène pour se souhaiter : « Bientôt on aura notre vraie indépendance! ».

Dédicace offerte à Ferhat Mehenni par Aïnouche

 

 

Le « on » inclut bien évidemment sa personne et celle du « souverain » qui lui fait face. En recevant la dédicace, Ferhat 1er a déclaré qu’il s’agissait d’un des plus beaux cadeaux qu’il avait reçus dans sa vie tout en ajoutant « Je vais garder ça précieusement et je vais le verser aux archives de la république kabyle », devant un Aïnouche tout sourire!

Et tout cela, en plein Hirak!

Cette relation entre Aïnouche et le « Sultan autoproclamé de Kabylie » ne date pas d’aujourd’hui. Ce dernier, tout comme pour Dilem, l’avait « assuré de son soutien ». Mais cette fois-ci, c’était à la suite d’une agression contre le caricaturiste lors d’une marche de protestation, en juillet 2017. À l’époque, le site makiste « Siwel » avait relaté l’évènement ainsi:

« Le Président de l’Anavad, qui a eu le jeune caricaturiste au téléphone, a demandé de ses nouvelles et l’a assuré de son soutien.

Le Représentant diplomatique de la Kabylie en France, Mass Zidane Lafdal, a quant à lui saisi RSF (Reporters Sans Frontières) pour leur faire part de la sauvagerie injuste dont a été victime ce jeune dessinateur de presse.

L’ambassadeur kabyle nous a informé que la Fédération Internationale des Journalistes va être également saisie ».

Toute la cour de Ferhat 1er a donc été mobilisée pour défendre le « malheureux » caricaturiste!

L’allégeance du jeune caricaturiste à la cause makiste s’est aussi manifestée à l’occasion d’un voyage aux États-Unis. En effet, en 2017, il fut invité par le Département d’État américain (excusez du peu!) pour débattre de la liberté d’expression en Algérie. Après avoir été reçu à l’ambassade des États-Unis à Alger en juillet 2017 :

 

 

 

 

 

Le voilà devant le siège du Département d’État en novembre 2017 :

 

 

 

Tout en prétendant ne pas faire partie du MAK, il ne rata pas l’occasion de défendre le mouvement séparatiste. Un article traitant de ce voyage précise : « Invité par le Département d’État américain, le dessinateur Kabyle Ghilas Aïnouche a tenu à préciser qu’il avait soulevé plusieurs questions dont celle du MAK et ses militants harcelés au quotidien en Algérie ».

Ce même article mentionne que le caricaturiste prit la parole « en présence de plusieurs diplomates dont le responsable de bureau de l’Algérie, M. Michael J. Polyak ».

En effet, M. Polyak a été responsable du bureau de l’Algérie au Département d’État de septembre 2016 à septembre 2018. Avant cela, il a été en poste dans plusieurs capitales arabes et musulmanes (Irak, Arabie Saoudite, Afghanistan). En Algérie, selon ce qui est mentionné sur son profil LinkedIn, il a « servi de liaison principale avec l'ambassade d'Algérie, les entreprises, les médias et les ONG sur les questions relatives à l'Algérie. Rédaction de notes de politique, d'orientations pour la presse et de points de discussion pour les hauts fonctionnaires du Département d’État ».

Il est aussi intéressant de noter qu’en 2008, il aussi été au service de l’IRI (International Republican Institute), un des quatre satellites de la NED (National Endowment for Democracy), le principal organisme américain d’« exportation » de la démocratie (lire cet article pour plus de détails).

Petite information déjà discutée dans mon précédent article sur les caricaturistes algériens : Dilem a lui aussi eu des contacts avec l’ambassade américaine à Alger, tel que mentionné dans le câble Wikileaks 09ALGIERS370_a (daté du 13 avril 2009).

Et ce n’est pas tout en ce qui concerne Aïnouche et le MAK. En 2018, la commune de Harfleur (Seine maritime, France) a annulé un événement de propagande du MAK sous couvert de la « promotion » de la cuture kabyle. Et la lettre de la maire d’Harfleur est on ne peut plus claire à ce sujet :

« Votre refus de choisir un autre film dans le cadre de cette programmation, l’invitation par vos soins de M. Ferhat Mehenni, ainsi que votre information quant à la venue d’une délégation politique autoproclamée, ont dénaturé et pris en otage l’événement lui donnant des allures, de manière déguisée, de vitrine dédiée au gouvernement provisoire kabyle et derrière lui le MAK, mouvement d’extrême droite algérienne ».

 

Lettre de madame la Maire d’Harfleur

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

 

La relation avec Aïnouche? Il faisait partie de la « délégation » du MAK dénoncée par la maire d’Harfleur comme on peut le constater sur l’affiche prévue pour l’évènement.

 

Affiche de l’évènement annulé par la maire d’Harfleur comportant clairement les noms de Ferhat Mehenni et de Ghilas Aïnouche

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

 

Revenons maintenant à l’essentiel, c’est-à-dire aux caricatures de Aïnouche avec relents de makisme. Leur nombre est tellement imposant qu’un « porte-folio » spécifique leur a été consacré :

 

Cliquez sur l’image pour voir le « portfolio » des caricatures pro-MAK de Aïnouche

(Attention: certaines caricatures sont obscènes)

 

 

Alors, Aïnouche : makiste ou pas makiste?

 

 

 

Aïnouche, au centre de la photo, avec le drapeau du MAK

 

 

Certains caricaturistes algériens comme Dilem et Aïnouche ont eu un rôle partial et tendancieux dans le Hirak. Ils ont participé, au nom d’un peuple qui ne les a jamais mandatés, à la promotion d’une vision sectaire et dangereuse pour l’avenir de l’Algérie. Mais en ce qui concerne leur défense (directe ou indirecte) du MAK, leur rôle est beaucoup plus nuisible et préjudiciable pour notre pays car ils jouent avec son intégrité, sa stabilité et sa paix.

Qu’on se le dise : ces caricaturistes utilisent des dessins humoristiques au service de desseins maléfiques. Mais qu’ils barbouillent ou gribouillent à leur guise: l’Algérie restera toujours unie et indivisible dans le respect de tous ses citoyens.

https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=576:2021-09-24-04-39-15&catid=46:qprintemps-arabeq&Itemid=119

 

Dans ALGERIE

AHMED BENSAADA – LE RAPPORT DE GRAPHIKA : SOFT POWER ET GUERRE DE 4e GENERATION CONTRE L’ALGERIE

Par Le 25/08/2021

Le rapport de Graphika : soft power et guerre de 4e génération contre l’Algérie

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Contrairement au hard power qui est basé sur la force coercitive classique, le soft power utilise l’attraction positive et la persuasion pour atteindre des objectifs de politique étrangère. Il s’agit donc d’une capacité d’influence susceptible d’imposer, en douceur, un comportement ou une façon de penser identiques ou similaires à celles de celui qui utilise cette technique. Son succès repose donc sur l’impression de ne pas y avoir été contraint. Ainsi, le soft power n’atteint ses objectifs que s’il n’est pas perçu comme de la manipulation ou de la propagande.

Selon son concepteur, le très influent Joseph Nye, le soft power est soutenu par trois piliers : les valeurs politiques, la culture et la politique étrangère. Commentant cette théorie, le professeur G. John Ikenberry donne les précisions suivantes dans la célèbre revue Foreign Affairs:

« Les États-Unis peuvent dominer les autres, mais ils ont également excellé dans la projection du soft power, avec l'aide de leurs entreprises, fondations, universités, églises et autres institutions de la société civile; la culture, les idéaux et les valeurs des États-Unis ont été extrêmement importants pour aider Washington à attirer des partenaires et des partisans ».

L’exportation de la démocratie, qui est un champ établi et prépondérant de la politique étrangère américaine, utilise évidemment le soft power. Dans son article traitant du soft power américain dans les révolutions colorées, l’anthropologue Boris Pétric mentionne que des « ONG américaines sont les principaux acteurs de cette promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté […] ».

Cette relation entre les ONG et le soft power est très bien explicitée par Susan Liautaud dans son article « Soft Power of NGOs: Hard Responsibility, Hard Strategy, and Hard Accountability » dans lequel elle note que « les ONG et les autres acteurs du secteur à but non lucratif sont tenus d’utiliser le soft power de façon responsable et de rendre compte des conséquences induites par cette utilisation »

Il a été aussi montré que ces mêmes ONG américaines, étatiques ou non, ont joué le même rôle dans ce qui est abusivement appelé le « printemps » arabe. La printanisation de certains pays arabes ciblés à l’aide du soft power américain a été réalisé par l’intermédiaire de la formation et du réseautage de cyberactivistes « autochtones », c’est-à-dire provenant des pays visés. Ces révoltes qui ont été présentées et vendues comme une « belle saison » se sont avérées n’être que des « regime change » accompagnés de chaos, de destruction et de désolation.

Une décennie plus tard, ces ONG sont encore actives, tout particulièrement dans le Hirak algérien.

Tel que noté par Albert A. Nofi, le soft power est une des ressources sur lesquelles s’appuient la guerre de 4e génération (G4G), cette guerre moderne qui, d’après François-Bernard Huyghe, « correspondrait à la révolution de l'information » tout en précisant qu’elle « mobiliserait des populations entières en un antagonisme gagnant tous les domaines politique, économique, social, culturel ».

En ce qui concerne l’utilisation militaire de l’information, Christina M. Knopf et Eric J. Ziegelmayer nous expliquent que : « l’information est un produit qui se prête à l’arsenalisation et l’environnement informationnel est devenu vital pour le succès des opérations militaires. Le domaine de l’information, l’Internet en particulier, est aujourd’hui un terrain crucial à saisir pour exercer une influence économique et diplomatique dominante.  C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont officiellement incorporé à leur doctrine […] la "guerre des communications" ».

Cette « arsenalisation » de l’information a été rendue efficace grâce à l’essor fulgurant de l’Internet et des médias sociaux. À ce sujet, Waseem Ahmad Qureshi donne quelques précisions :

« Les progrès technologiques actuels (accès plus facile aux blogs médiatiques et à Internet) rendent la propagande et la manipulation des faits plus facilement accessibles tout en élargissant les conséquences des opérations de guerre de l'information en provoquant des effets dommageables massifs »

La recherche qui sera exposée dans cet article montre de manière explicite que l’Algérie fait actuellement l’objet d’une G4G qui a profité des remous du Hirak pour se déployer insidieusement.

 

Hirak, soft power et guerre de 4e génération

Un livre et de très nombreux articles ont été consacrés au rôle des organismes américains d’exportation de la démocratie et leurs relations avec le Hirak et ses « ténors ». Cet aspect du soft power ne sera pas traité dans ce travail, mais les lecteurs intéressés sont invités à consulter les liens suggérés.

Il faut cependant préciser que le soft power utilisé dans les G4G possède d’autres techniques aussi efficaces les unes que les autres.

Il a été fait mention d’une de ces techniques dans un de mes articles datant de décembre 2019. Il s’agit de mandater un universitaire crédible pour écrire, dans une revue crédible, un texte complétement fallacieux afin de suggérer un comportement donné et le présenter comme étant juste et approprié alors que, dans la réalité, il est complétement déraisonnable. Un exemple typique est celui du professeur Robert Zaretsky, professeur d’histoire de France à l'université de Houston qui s’est fait remarquer par un texte abracadabrantesque dans Foreign Affairs. En effet, le 26 novembre 2019, c’est-à-dire à peine deux semaines avant l’élection présidentielle algérienne, le professeur écrivait: « An Election’s Failure Will Be a Democratic Success » (L'échec de l’élection sera un succès démocratique).

Hallucinant! D’après ce professeur vivant dans un pays supposé être démocratique « ne pas voter est un acte démocratique »! Mais quel genre de démocratie désire exporter ce professeur loufoque?

L’histoire retiendra néanmoins l’odieuse campagne d’intimidation des électeurs lors de ce scrutin, ignominie qui a dû tellement faire plaisir à M. Zaretsky, certainement commandité pour nuire à l’Algérie.

Plus récemment, c’est dans un petit encadré publié par le journal français Le Figaro en date du 31 juillet 2021 qu’apparut une nouvelle technique encore plus insidieuse que celle de notre professeur de Houston. Celle-ci est destinée à persuader le public que l’État algérien utilise des cybermanipulations malhonnêtes « pour défendre les intérêts du président algérien », tout en parrainant des « campagnes de harcèlement » contre des opposants politiques.

Le Figaro précise que ces informations proviennent d’un rapport élaboré par une société américaine nommée Graphika, « spécialisée dans les nouvelles technologies et l’analyse des réseaux sociaux ». Personne n’est dupe. Cette mention cherche évidemment à donner de la crédibilité à cette compagnie et, par conséquent, conférer de la véracité à son rapport.

Encore un organisme américain qui s’attaque à l’État algérien en général et aux institutions présidentielle et militaire en particulier! Décidément, ils ne lâcheront jamais ces Américains!

Mais qui est donc Graphika? Qui est derrière ce joli nom, quels sont ses champs d’intérêts et qui la finance?

Contrairement à Émilien Hertement, le journaliste du Figaro qui a bêtement rapporté la nouvelle, nous allons nous intéresser, dans un premier temps, à cette société pour comprendre ses motivations et nous enquérir de son sérieux. Ensuite, nous étudierons en détail son rapport cité par Le Figaro.

Graphika et ses connexions sulfureuses

D’après les informations figurant sur son site officiel, Graphika est « une société d'analyse de réseau, fondée en 2013 par le Dr. John Kelly qui a étudié, dans sa thèse, l'essor fulgurant des conversations sur Internet en utilisant l'analyse de réseau des relations entre les auteurs en ligne, et pas seulement le contenu de leurs messages ».

Toujours selon son site, Graphika est financé par la DARPA, la « Minerva Initiative », l’« US Senate Select Committee on Intelligence » et la « Knight Foundation ».

 

DARPA est l’acronyme de la « Defense Advanced Research Projects Agency » (Agence pour les projets de recherche avancée de défense) qui est une agence du ministère de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à l’usage militaire.

La « Minerva Initiative » est une initiative de recherche universitaire en sciences sociales parrainée par le ministère de la Défense des États-Unis axée sur des domaines d'importance stratégique pour la politique de sécurité nationale des États-Unis. Lancée en 2008 par Robert Gates, le secrétaire à la Défense de l’époque, elle a pour objectif d'améliorer la compréhension de base du ministère de la Défense en ce qui concerne les forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde d'importance stratégique pour les États-Unis. Dès le début, le programme s’est focalisé , entre autres, sur les recherches universitaires traitant de la Chine, de l’Irak, du terrorisme et de l’islam radical. À son lancement, le projet a reçu 50 millions de dollars du ministère de la Défense des États-Unis pour financer ces recherches.

Les subventions de recherche sont supervisées par des gestionnaires de programme affiliés à deux organisations militaires de recherche fondamentale : le Bureau de la recherche scientifique de l'Armée de l'air (AFOSR) et le Bureau de la recherche navale (ONR).

 

L’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) est un comité créé par le Sénat américain en 1976 pour superviser et faire des études continues sur les activités et programmes de renseignement du gouvernement des États-Unis.

La « Knight Foundation » se présente comme une fondation nationale américaine qui investit dans le journalisme et les arts et dont l’objectif est de favoriser des communautés informées et engagées qu’elle croit essentielles à une démocratie saine. Cette fondation collabore cependant activement avec l’Open Society de George Soros, la National Endowment for DemocracyFreedom House et l’USAID.

Ces quatre organisations forment la colonne vertébrale du dispositif américain pour l’exportation de la démocratie dont il a été question précédemment.

Et ce n’est pas tout. Graphika déclare être associé avec des groupes de défense des Droits de l’homme du monde entier « pour surveiller les menaces numériques ciblant les utilisateurs vulnérables ».

 

En fait, il s’agit de Human Rights Watch (HRW), Amnesty International (AI) et « The Syria Campaign ». Il est de notoriété publique que les deux premières organisations (HRW et AI) sont largement financées par l’Open Society.  Et il ne faut surtout pas oublier qu’elles ont été toutes deux (avec d’autres entités droitdelhommistes) derrière la résolution du Parlement européen contre l’Algérie, juste quelques jours après le référendum sur la nouvelle Constitution algérienne. Drôle de coïncidence, n’est-ce pas? Comme la coïncidence de l’article de notre pitoyable professeur Zaretsky, un an plus tôt.

L’association de Graphika avec « The Syria campaign » est très révélatrice du rôle de désinformation, de propagande et d’étroite collaboration de cette société avec les gouvernements américains et britanniques.

« The Syria campaign » qui se dit « organisation à but non lucratif enregistrée au Royaume-Uni » est étroitement lié aux « White Helmets » (casques blancs), organisme de protection civile syrien qui a défrayé la chronique en 2016 (lire mon article sur ce sujet, rédigé à l’époque).

En fait, ces « secouristes » présentés comme des héros en occident, sont financés par l’USAID (United States Agency for International Development), le plus important des organismes américains d’« exportation » de la démocratie. Un document de l’USAID datant de 2018 précise qu’une subvention de 6,25 millions de dollars a été octroyée aux « White Helmets », en plus des 33 millions de dollars qui leur ont été versés depuis 2013. Ces « casques blancs » ont aussi été très largement financés par la Grande-Bretagne via le « Foreign and Commonwealth Office ». En date du 31 mars 2018, le montant total du financement que le gouvernement britannique leur a fourni s'élevait à 38 425 591,23 £. Ce qui fit dire à Julie Hyland, journaliste et militante britannique :

 

« Financés par le « Conflict, Stability and Security Fund » du gouvernement britannique et le programme USAID du gouvernement américain, ils [les « White Helmets »] font partie d'un réseau de forces djihadistes soutenues par l'Occident pour organiser un changement de régime ».

 

 

The White Helmets: The greatest scandal to hit Syria

Cliquez sur l'image pour visionner la vidéo

Selon Vanessa Beeley, journaliste indépendante qui a beaucoup travaillé sur le terrain en Syrie et dans de nombreux autres pays de la région, les « White Helmets » « étaient liés financièrement à Londres et à Washington (entre autres), principaux belligérants occidentaux sans mandat en Syrie […] et que des membres des Casques blancs entretenaient des liens avec des groupes djihadistes rebelles, tels que Fatah Al-Cham, résultat de la fusion d'Al-Nosra et de Ahrar Al-Cham ».

Le mythe des « casques blancs » a été démoli par un grand nombre de journalistes et chercheurs de renom dont Eva BartlettJohn PilgerGareth Porter, Phillip GiraldiCraig Murray et l'ancien inspecteur des armements de l'ONU Scott Ritter.

 

Graphika et ses figures publiques

Parmi les figures publiques de Graphika, on retrouve les noms de l’anglais Ben Nimmo (directeur des recherches) et de la française Camille François (directrice de l’innovation).

 

Ben Nimmo a rejoint Graphika en 2019, pourtant, rien ne le prédestinait à ce poste. Son parcours singulier a été décrit dans un article détaillé du New York Times (NYT).

En effet, il a étudié la littérature à l'Université de Cambridge, a travaillé comme instructeur de plongée sous-marine en Égypte, ainsi qu'écrivain et journaliste de voyage en Europe. En 2011, il a été recruté par l’OTAN comme attaché de presse principal sur la Russie et l'Ukraine jusqu’en 2014. Ensuite, il est devenu chercheur indépendant et a commencé à travailler sur la Russie sous contrat pour des think tanks pro-démocratie comme l'« Institute for Statecraft » qui pilote un projet  financé par le « Foreign and Commonwealth Office » nommé « The integrity initiative ». Créé en 2015, ce programme avait pour objectifs de contrer et sensibiliser à la désinformation provenant de pays comme la Russie et la Chine ainsi que de groupes extrémistes comme Daech. Comme par hasard, il s’agit de pays et ou organismes ciblés aussi par la « Minerva Initiative ».

Au cours de la campagne électorale américaine de 2016, M. Nimmo a collaboré avec l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN.

Pour se faire une idée de l’importance de ce « groupe de réflexion », il n’y a qu’à consulter l’impressionnante liste des membres de son Conseil d’administration. On y trouve, entre autres, Henry Kissinger, Joseph Nye (le concepteur du soft power), le général David H. Petraeus (commandant de la coalition militaire sous Bush fils et chef des troupes de l’OTAN ainsi que Directeur de la CIA sous Obama), Stephen Hadley (conseiller à la sécurité nationale de Bush fils), Robert Gates (cité précédemment – Directeur de la CIA sous Bush père et Secrétaire à la défense sous Bush fils et Obama). On y trouve aussi James Baker, Léon Panetta, Colin Powell, James Woosley, Peter Ackerman et j’en passe car la liste donne le tournis (le lecteur est invité à consulter ces pages pour plus de détails: lien 1 et lien 2). Pour la petite histoire, James Woosley a été directeur de la CIA sous Bill Clinton et a dirigé Freedom House . De son côté, Peter Ackerman a aidé à la création de l’Albert Einstein Institution dirigé par son professeur, l’illustre Gene Sharp, le théoricien de la « lutte non-violente » qui a été utilisée dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe. Sa théorie a été développée dans de nombreux livres et tout particulièrement dans « De la dictature à la démocratie », ouvrage qui est devenu le livre de chevet de tous les révolutionnaires en herbe à travers le monde.

Revenons maintenant à Ben Nimmo. Il a aidé à fonder le Digital Forensic Research Lab (DFRLab) de l'Atlantic Council, un groupe basé à Washington qui étudie la désinformation en ligne.

En 2018, Facebook a annoncé un partenariat avec DFRLab pour « identifier, exposer et expliquer la désinformation lors des élections dans le monde », accordant à l'Atlantic Council et à Nimmo l'accès aux données privées de milliards d'utilisateurs de Facebook.

 

Facebook a fait de lui et du laboratoire les premiers étrangers autorisés à étudier les réseaux de désinformation sur son site avant que l'entreprise ne ferme les réseaux.

À la fin de son article, le NYT précise que Graphika et DFRLab ont tous deux reçu un financement de Facebook.

Le 5 février dernier, Ben Nimmo annonçait son départ de Graphika pour rejoindre Facebook où il aiderait « à diriger la stratégie mondiale de renseignement sur les menaces contre les opérations d'influence ». Sans oublier, bien sûr, de faire « coucou » à sa collègue et collaboratrice, Camille François.

 

Cette nouvelle n’est pas passée inaperçue, bien au contraire. Sur The Grayzone, par exemple, on pouvait lire un article intitulé « Facebook hires ex-NATO press officer and social media censor Ben Nimmo as intel strategist » (Facebook embauche Ben Nimmo, ancien attaché de presse de l'OTAN et censeur des médias sociaux, en tant que stratège du renseignement), alors que Mint Press News titrait « Facebook partners with Hawkish Atlantic Council, a NATO lobby group, to “protect democracy” » (Facebook s'associe au belliciste Atlantic Council, un groupe de pression de l'OTAN, pour « protéger la démocratie »).

Passons maintenant à la seconde figure publique de Graphika qui se nomme Camille François. Diplômée de Sciences-Po et boursière Fulbright, elle a été membre de la « New America's Cybersecurity Initiative » (NACI), chercheure principale chez Jigsaw, a dirigé des projets de recherche sur la cybersécurité et les droits de l'homme pour la « Defence Advanced Research Projects Agency », et a travaillé pour l'équipe « Market Insights » de Google (consulter ce lien).

La « New America's Cybersecurity Initiative » est un organisme financé (entre autres) par le Département d’état américain, la Knight Foundation, Open Society, Google, Microsoft, Apple et Facebook.

Jigsaw (anciennement Google Ideas) est un groupe de réflexion et un incubateur technologique au sein de Google/Alphabet dirigé par Jared Cohen. Ce dernier a travaillé au Département d’État américain comme membre du comité de planification des politiques du département d'État américain, puis a été très proche conseiller des secrétaires d’État Condoleezza Rice et Hillary Clinton. C’est, par exemple, lui qui avait personnellement contacté le cofondateur et président de Twitter, Jack Dorsey, pour lui demander de reporter les travaux de maintenance des serveurs de Twitter afin de ne pas perturber les activités des cyberactivistes iraniens lors de leurs manifestations antigouvernementales en 2009.

Mais ce qui attire le plus l’attention, c’est son rôle dans la formation des cyberactivistes arabes en préparation du « printemps » arabe. En effet, Jared Cohen fut un des fondateurs de AYM « Alliance of Youth Movements » (rebaptisée Movements.org) qui se définit comme une organisation américaine à but non lucratif (d’après leur site) qui affiche clairement sa mission : i) identifier des cyberactivistes dans des régions d’intérêt ; ii) les mettre en contact entre eux, avec des experts et des membres de la société civile ; et iii) les soutenir en les formant, en les conseillant et en leur procurant une plateforme pour initier les contacts et les développer dans le temps (pour plus de détails, consulter mon article sur le sujet).

Comme expliqué précédemment, la « Defence Advanced Research Projects Agency » (DARPA) est l’agence du ministère de la Défense des États-Unis qui finance Graphika. Comme le monde est petit!

D’après ce qui est mentionné sur son CV, Camille François a été aussi recrutée par Google, dans l’équipe de « Market Insights ». Directrice de recherche associée, elle s’est spécialisée dans la recherche en ligne sur les PME françaises et a géré les trackers de marque et de confidentialité de Google pour la perception parmi le public et les faiseurs d'opinion clés.

Pour boucler la boucle, Mme François s’est formée, en 2014, à l'École de l'OTAN d'Oberammergau (Allemagne) sur les « cyber-opérations » tel que précisé également sur son CV.

 

Organigramme des connexions de Graphika

Cliquez sur l'image pour agrandir

 

Graphika, la main dans le sac

La société Graphika a été impliquée dans de nombreuses controverses en relation avec i) le « repérage » d’un type particulier et ciblé de désinformation sur les médias sociaux et ii) son rôle de « chien truffier » dressé pour servir des commanditaires militaristes, atlantistes et occidentalistes.

Pour clarifier ce point, nous allons citer deux exemples pédagogiques.

1- L’affaire Jeremy Corbyn

La très large élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique avec près de 60% des voix en 2015 a été suivie par une campagne médiatique « mainstream » ayant pour but de diaboliser sa personne et de lui ôter toute légitimité politique de premier plan.

Tout d’abord, ses positions pro-palestiniennes lui ont valu des attaques du lobby sioniste pour des allégations d’antisémitisme après son succès électoral. Quelques années plus tard, à l’approche des élections législatives de 2019, les accusations sont montées d’un cran, devenant plus incisives. Il n’était pas question qu’un socialiste « antisémite » soit logé au 10, Downing Street.

En plus de ces accusations fallacieuses, une autre affaire a été planifiée pour porter le coup de grâce à la possibilité que Corbyn puisse, un jour, occuper le fauteuil de Premier ministre britannique : sa « collusion » avec la Russie. Cette accusation, mêlée avec ce « sport » occidental communément appelé « Russia Bashing », allaient être, ni plus ni moins, un coup de grâce à ce projet.

À ce sujet, les journalistes d’investigation Ben Norton et Max Blumenthal écrivaienle 8 décembre 2019:

« À quelques jours des élections nationales britanniques du 12 décembre, les agences de renseignement britanniques et les organisations soutenues par le gouvernement américain ont intensifié leurs attaques contre Corbyn, empruntant des tactiques à l'hystérie américaine du Russiagate et faisant de grands efforts pour le présenter - sans aucune preuve substantielle - comme une supposée marionnette de l'ignoble Kremlin ».

Le journaliste Matt Kennard a, quant à lui, publié une enquête détaillée au titre très explicite : « Comment l'establishment militaire et du renseignement britannique s'efforce d'empêcher Jeremy Corbyn de devenir Premier ministre ».

Il y mentionna que des responsables de l'armée et du renseignement britanniques ont été à l'origine d'au moins 34 reportages majeurs publiés dans les médias nationaux présentant Jeremy Corbyn comme un danger pour la sécurité britannique.

Le 27 novembre 2019, en pleine campagne électorale, l’équipe de Jeremy Corbyn présenta un imposant dossier traitant de négociations secrètes entre le gouvernement conservateur de Boris Johnson et l’administration américaine dans le but de privatiser le National Health Service (NHS) britannique, démentant ainsi les promesses de son rival conservateur.

Moins d’une semaine plus tard, l’artillerie lourde fut sortie pour faire face à l’accusation.

Ben Wallace, le Secrétaire d'État à la Défense britannique, déclara que « Jeremy Corbyn a joué le rôle d'"idiot utile" pour le Kremlin en minant l'OTAN pendant des décennies et cela le rend inapte à être Premier ministre ».

Comme pour confirmer ses dires, le journal pro-conservateur The Daily Telegraph titrait à la Une « Le dossier de Corbyn pointe du doigt les Russes ».

 

The Guardian emboîta le pas en précisant que les documents de Corbyn ont été « mis en ligne par des affiches utilisant des méthodes russes ». D’autres médias comme The Daily Beast, la BBC ou le Washington Post reprirent également la nouvelle.

Ce n’est pas le « clonage » de cette information qui attire l’attention mais le fait que tous les médias se sont basés sur une et une seule source : Graphika et son directeur des recherches, Ben Nimmo. Tiens donc!

Extrait de l’article du Guardian :

« Ben Nimmo, le chef des enquêtes chez Graphika, a déclaré : "Ce que nous disons, c'est que les efforts initiaux pour amplifier la fuite du NHS ressemblent beaucoup aux techniques utilisées par Secondary Infektion dans le passé, une opération russe connue. Mais nous n'avons pas toutes les données qui nous permettent de prendre une décision finale dans cette affaire" ».

Une accusation aussi grave, reprise par des médias lourds et influents, basée sur une seule source et…du vent.

Ce qui fit dire à Norton et Blumenthal :

« Pas un seul article couvrant l'histoire n'a pris la peine d'informer les lecteurs qui était Nimmo, ni n'a offert de détails sur les puissantes forces étatiques derrière Graphika ».

Et d’ajouter :

« En fait, Nimmo n'est pas un expert en données ou un journaliste, mais un ancien attaché de presse de l'OTAN qui a précédemment travaillé pour l’usine de propagande secrète "Integrity Initiative", qui était financée par le ministère britannique des Affaires étrangères et dédiée à engendrer des conflits avec la Russie ».

La suite de l’histoire vous la devinez certainement : Jeremy Corbyn a évidemment perdu les élections du 12 décembre 2019.

2- Le Russiagate

Le Russiagate est l’affaire politico-judiciaire qui a été invoquée pour qualifier les allégations d’ingérence de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016. Un branle-bas de combat médiatique a été orchestré afin de démontrer que la défaite de Hillary Clinton n’était due qu’à une collusion entre l’équipe de Donald Trump et le Kremlin via une armée de trolls russes écumant les médias sociaux, en particulier Facebook et Twitter.

Comme on peut s’y attendre, la démonstration a été confiée à une équipe de l’Université d’Oxford et …la société Graphika. Cette dernière était représentée par son fondateur, John Kelly, et Camille François.

Le rapport, commandité en 2018 par l’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) dont il a été question auparavant, confirme évidemment les allégations. On peut y lire :

« L'Agence russe de recherche Internet (IRA) a lancé une attaque prolongée contre les États-Unis en utilisant une propagande informatique pour désinformer et polariser les électeurs américains ».

« Les données sur l'IRA fournies au SSCI par les plateformes américaines de médias sociaux et Internet démontrent un effort soutenu pour manipuler le public américain et saper la démocratie. Avec des années d'expérience dans la manipulation de l'opinion publique en Russie, l'IRA a utilisé les principales plateformes de médias sociaux, notamment Facebook, Instagram et Twitter, pour cibler les électeurs américains et polariser les utilisateurs des médias sociaux américains ».

Une année plus tard, le rapport du procureur Robert Mueller, procureur spécial chargé d'enquêter sur les ingérences russes dans les élections présidentielles de 2016, était publié. La principale conclusion stipulait qu’il n’y a pas eu d’entente entre les membres de l’équipe de Trump et la Russie.

Le Monde diplomatique qualifia le Russiagate de « débâcle » et commenta le rapport ainsi :

« Les premiers éléments connus du Rapport Mueller représentent une défaite pour la fraction la plus modérée du parti démocrate, pour le parti de la guerre à la Russie, pour les médias. […] Enfin, ce rapport constitue une gifle spectaculaire pour la quasi-totalité des grands médias américains qui, depuis deux ans, avaient fait du « Russiagate » leur commerce à plein temps ».

Une gifle aussi à Graphika et ses « experts ».

La chasse aux sorcières s’est poursuivie jusqu’aux élections présidentielles américaines de 2020. Graphika produisit un autre rapport en septembre 2020 signé par, entre autres, Ben Nimmo et Camille François ciblant un site nommé PeaceData supposément financé par l'Agence russe de recherche Internet (IRA).

À ce sujet, le New York Times écrivit :

« Le groupe russe qui s'est immiscé dans l'élection présidentielle de 2016 est de retour, utilisant un réseau de faux comptes et un site Web conçu pour ressembler à un site d'information de gauche, ont déclaré mardi Facebook et Twitter. La campagne de désinformation menée par le groupe soutenu par le Kremlin, connu sous le nom d'Internet Research Agency, est la première preuve publique que l'agence essaie de répéter ses efforts d'il y a quatre ans et d'éloigner les électeurs du candidat démocrate à la présidentielle, Joseph R. Biden Jr., pour aider le président Trump ».

PeaceData a vivement réagi à ces accusations les qualifiant de calomnies et de mensonges.

En effet, certains observateurs perspicaces notèrent que, contrairement à ce qui était dit par Graphika et NYT, le site web PeaceData avait publié plusieurs articles critiquant durement Trump, dont un qui l'a qualifié de "instable et déséquilibré". D’autre part, Graphika ne donna aucune preuve du financement du site par l’IRA dans son rapport.

Les comptes Facebook et Twitter de PeaceData ont évidemment été fermés sur la base du rapport de Graphika et de ses « experts », Ben Nimmo et Camille François.

Graphika et l’Algérie

Après avoir passé en revue l’imposant réseau de connexions politico-militaires dont dispose Graphika et ses « experts » ainsi que les « missions » de haut niveau dont ils ont été chargés, plusieurs questions viennent à l’esprit : Pourquoi l’Algérie? Pourquoi maintenant? Quel est le but recherché? Qui a commandé l’étude? Qui l’a financée? Et qui a collaboré avec eux pour leur fournir les détails nécessaires?

Tout d’abord, il faut reconnaître que si Graphika s’est intéressée à l’Algérie, c’est que ce pays représente un enjeu géostratégique important pour les États-Unis. Cela confirme ce qui a été avancé dans mes nombreux articles et mes récents livres sur le sujet.

Le timing est lui aussi important. En effet, comme le Hirak « frelaté » bat de l’aile, cette évidente ingérence dans la politique intérieure de l’Algérie cherche à créer une nouvelle agitation malsaine dans la vie politique du pays.  En plus, il est quand même étrange que sa publication intervienne juste après le scandale Pegasus qui a ciblé l’Algérie. De victime, l’Algérie est présentée comme coupable par Graphika.

Pour tenter de répondre plus amplement aux questions, revenons au rapport de Graphika sur l’Algérie.

Le résumé du rapport donne le ton :

« Facebook a partagé un ensemble de comptes, de pages et de groupes avec Graphika pour une analyse plus approfondie avant de les supprimer de ses plateformes. Notre enquête a révélé un effort multiplateforme sur plusieurs années pour faire avancer les intérêts du président algérien Abdelmadjid Tebboune, depuis sa candidature à la présidentielle de 2019, jusqu'à un référendum constitutionnel l'année dernière et des élections législatives largement boycottées en juin. Cette activité s'est entrelacée avec une campagne soutenue de harcèlement et d'intimidation visant le mouvement de protestation du Hirak en Algérie, qui, au cours des deux dernières années, a rassemblé des milliers de personnes dans les rues du pays pour demander que l'élite dirigeante soit chassée et la fin de la corruption. Ces tentatives combinées pour manipuler, déformer et polariser la conversation politique en ligne en Algérie doivent être considérées dans le contexte de la répression signalée par le gouvernement contre les voix de l'opposition et de l'impact de la pandémie de Covid-19 qui a contraint de nombreux Algériens à déplacer leurs manifestations en ligne ».

On en tire les conclusions suivantes :

  • Comme expliqué précédemment, Facebook travaille avec Graphika;
  • Les sites jugés « indésirables » sont supprimés sur recommandation de Graphika;
  • Graphika fait de la politique et non de l’analyse de réseaux;
  • La démarche constitutionnelle adoptée par l’État algérien pour sortir de l’impasse ne plait pas à Graphika;
  • Graphika supporte la politique du « Yetnahaw Gaa » prônée en particulier par les ongistes (formés et financés par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie), les islamawistes « offshore » et les makistes séparatistes;
  • Graphika se positionne contre les institutions de l’État algérien et soutient les groupes cités précédemment, dont deux sont considérés comme des organisations terroristes;
  • L’État algérien manipule l’information, mais aucun mot sur l’incommensurable manipulation des trois groupes cités;
  • Facebook (et les autres médias sociaux) autorise (encourage?) les manifestations en ligne pour ceux qui militent pour la phase de transition, mais ferme les comptes de ceux qui soutiennent la démarche constitutionnelle.

Passons maintenant à ce que Graphika appelle des preuves à ses allégations. Le rapport commence avec un article concernant Noureddine Boukrouh qui est commenté comme suit :

« Dans l'ensemble, les comptes et les pages identifiés par Facebook ont montré des signes clairs de coordination, ainsi que l'utilisation de fausses identités et d'autres pratiques trompeuses pour induire les utilisateurs en erreur. Dans une illustration particulièrement frappante en juin de cette année, 42 des pages identifiées ont publié la même photo avec des légendes identiques attaquant des opposants au gouvernement algérien. Beaucoup de ces pages se sont présentées comme des groupes pro-démocratie ou des médias indépendants »

Quel niveau d’analyse! Hercule Poirot en aurait perdu sa moustache!

 

 

Mensonge et inversion des rôles:

1- Graphika prétend que Noureddine Boukrouh a été qualifié de "fou" alors que c'est lui qui a traité le Président de la république algérienne de la sorte.

2- En plus, Graphika affirme qu'il s'agit d'une "attaque coordonnée contre un opposant" alors qu'il s'agit d'un de mes articles, publié sur mon site, en réponse au sien.

Il s’avère qu’il s’agit de MON article intitulé « Un goujat nommé Boukrouh » qui a été publié sur mon site avec la même photo, mais qui a aussi été repris par d’autres sites (site 1site 2site 3, etc.). Il est donc normal que des pages Facebook le reprennent comme c’est le cas de tous mes articles. Mon récent poème en hommage à Djamel Bensmaïl, par exemple, a été repris intégralement par des dizaines de pages. Où est le problème? Les réseaux sociaux ne servent-ils pas à cela? Ou alors c’est halal pour certains et haram pour d’autres?

Au-delà de cet aspect, ce qui attire l’attention, c’est la légende :

« Captures d'écran montrant la publication coordonnée d'une attaque décrivant la figure de l'opposition Noureddine Boukrouh comme « folle » peu de temps après avoir critiqué Tebboune ».

Il s’agit d’un pur mensonge! C’est M. Boukrouh qui a traité le président Abdelmadjid Tebboune de fou dans un post sur Facebook! En toute lettre dans le titre!

Question pour Graphika et Facebook : accuser fallacieusement un président en exercice de folie ne mérite pas la fermeture du compte de M. le « sain d’esprit »?

En plus de l’institution présidentielle, c’est l’institution militaire algérienne qui a été dénigrée, comme si ces mêmes institutions, aux États-Unis ou en Occident n’avaient pas le droit de s’exprimer sur l’état de la Nation. Comme tous les pays du monde, l’Algérie a ses institutions étatiques et s’exprime dans les médias qu’elles jugent adéquat à son message.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, le rapport de Graphika critique le droit à l’institution militaire de faire des reportages sur les « fake news » et de dénoncer les agissements de certains groupes qui menacent la sécurité et la souveraineté de l’Algérie.

Le rapport cite nommément « Karim Tabbou » (cité 3 fois), « Amir DZ » (cité 4 fois), « Rachad » (cité 4 fois), « Mohamed Larbi Zitout » (cité 5 fois) et Mourad Dhina.

« Les cibles clés depuis 2019 comprenaient : Karim Tabou - une figure de l'opposition qui a été arrêtée par la police algérienne en 2020 et 2021 ; Amir Boukhors (« Amir DZ »), un dissident anti-régime en France ; et deux co-fondateurs du groupe politique « Rachad » - Mohamed Larbi Zitout, qui vit en exil à Londres, et Mourad Dhina, qui vit en Suisse. En mars 2021, un tribunal algérien aurait émis des mandats d'arrêt contre Boukhors et Zitout pour "terrorisme" ».

Les « ténors autoproclamés du Hirak », en l’occurrence Mostefa Bouchachi, Zoubida Assoul et Karim Tabbou, sont aussi présentés comme des « critiques du régime algérien ».

Comme par hasard, toutes les personnes citées, sans aucune exception, collaborent ensemble tel qu’expliqué dans mon livre sur le Hirak et sont, bien évidemment, toutes pour la phase de transition.

Décidément, la vision de Graphika (et de ses commanditaires) est dichotomique :  il y a des bons et des mauvais. Les bons sont ceux qu’elle nomme « les figures de l’opposition » et les mauvais sont les institutions étatiques, présidentielle et militaire.

Par contre, aucun mot n’est prononcé sur le nombre incalculable de comptes Facebook qui sont, directement ou indirectement, liés à ces « figures » et qui, nuit et jour, dénigrent ces mêmes institutions.

Pour plus de détails et pour comprendre le rôle de ces groupes qui ont surfé sur le Hirak algérien, le lecteur est invité à consulter mon interview sur le sujet.

Il faut dire que certains passages du rapport Graphika frôlent la dérision. Jugez-en.

« Les pages et les comptes du réseau ont constamment fait l'éloge de l'Armée nationale populaire algérienne (الجيش الوطني الشعبي الجزائري). Le réseau a amplifié des images d'exercices d'entraînement et d'autres événements, ainsi que des mèmes et des dessins animés pro-militaires, présentant tous l'armée algérienne comme des protecteurs forts et bien équipés du peuple algérien ».

Est-il donc interdit de faire l’éloge de l’armée de son pays? N’en déplaise à Graphika, l’institution militaire protège non seulement le peuple algérien, mais aussi l’intégrité et la souveraineté de son pays.

Encore une ineptie racontée dans le rapport : Graphika reproche à certaines pages d’avoir fait la promotion des élections législatives du 12 juin 2021.  Mais qu’y a-t-il de mal à vouloir encourager les citoyens à accomplir leur devoir électoral? Pourquoi alors n’avoir rien dit sur ces « grands démocrates », vulgaires factotums de ces « figures de l’opposition » qui, à l’étranger, empêchaient violemment les personnes de voter? Il est clair que les informateurs « autochtones » ne leur ont pas raconté toute l’histoire aux « experts » de Graphika. Ou alors est-ce cette dernière qui a filtré les informations pour diaboliser les institutions étatiques algériennes et sanctifier cette « opposition » qui travaille à la destruction du pays avec la bénédiction de l’Oncle Sam et de l’OTAN?

Il faut le dire clairement : un travail scientifique crédible doit nécessairement analyser les activités des deux protagonistes et non faire preuve de cécité sélective en faveur de celui qu’on veut soutenir. Le rapport de Graphika montre une faiblesse méthodologique si flagrante que son soi-disant travail « scientifique » n’est en réalité que de la propagande pour un camp choisi, le même qui a été sélectionné par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie dans le but de réaliser un « regime change » en Algérie par le biais du soft power.

Graphika ne s’arrête pas là. Elle va jusqu’à consacrer une section sur le Maroc et la France intitulée « Maroc malveillant, France traîtresse ».

Elle y prétend que les médias de ces deux pays sont des bisounours et que l’Algérie les calomnie. Alors qu’elle attaque les chaines de télévision étatiques algériennes, Graphika présente France 24 comme une chaine inoffensive, ne précisant pas qu’il s’agit d’une des chaines étatiques françaises qui travaille directement avec le Quai d’Orsay  et dont le rôle dans le Hirak a été très partial (pour ne pas dire hostile à l’Algérie) comme expliqué dans un de mes articles publié en 2019. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que son accréditation en Algérie lui a été retirée en juin 2021.

Quant au Maroc, son action belliqueuse et agressive sur les réseaux sociaux contre l’Algérie est passée, elle aussi, sous silence. Il faudrait peut-être rappeler à Graphika l’affaire Pegasus dont elle n’a, bien sûr, pas soufflé mot. Le Maroc n’a-t-il pas espionné 6000 personnes en Algérie, ou est-ce encore une « fake News » des institutions présidentielle ou militaire?

Il fallait s’y attendre. Mohamed Larbi Zitout, un des membres du mouvent Rachad cité dans le rapport Graphika, en a fait ses choux gras dans une de ses interminables logorrhées cyberspatiales.

Ce qui répond tout naturellement à l’importante question : Cui Bono?

Conclusion

Cette étude nous permet de tirer les conclusions suivantes :

  • La société Graphika est financée par des entités directement ou indirectement reliées à l’administration américaine, à l’administration britannique, à l’OTAN et à des organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • La société Graphika ne fait pas d’études pour informer les citoyens. Elle ne s’intéresse qu’aux médias sociaux de pays ciblés par les États-Unis ou par certains pays membres de l’OTAN comme la Grande-Bretagne;
  • Ces dernières années, les principaux pays ciblés par les études de la société Graphika sont la Russie, la Chine et l’Iran.
  • Les études sur la Russie sont très nombreuses et très agressives, ce qui confirme l’influence de l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN;
  • La société Graphika possède des relations avec certains géants du Web, soit directement, soit à travers ses « experts »;
  • La société Graphika collabore directement avec Facebook et lui fournit la liste des pages à supprimer;
  • Ce faisant, Facebook n’est pas indépendante, mais se comporte comme une entreprise impliquée dans la mise en œuvre de la politique étrangère étasunienne et de l’OTAN (Ceci n’est pas nouveau : la collusion entre certains géants du Web et l’administration américaine a été longuement discutée dans mon livre « Arabesque$ » et certains de mes articles);
  • La société Graphika n’a pas étudié les médias sociaux algériens fortuitement. Le timing, le parti pris et les attaques frontales contre les institutions fondamentales de l’État algérien indiquent que cette étude a été commanditée par des groupes ou des états qui favorisent un « regime change » en Algérie et qui y travaillent;
  • Ce dernier point est évident à la lecture du rapport qui présente négativement les institutions étatiques algériennes et positivement ce qu’il appelle « les figures de l’opposition »;
  • Aucune étude n’a par contre été réalisée sur l’utilisation des médias sociaux par « les figures de l’opposition », ce qui enlève toute scientificité au rapport et en fait, par voie de conséquence, un pur outil de propagande contre l’Algérie;
  • Les relations entre certaines « figures de l’opposition » et l’administration américaine (explicitées dans mon livre sur la question) ayant été complètement occultées dans le rapport, on en déduit que Graphika joue un rôle analogue et complémentaire aux organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • Ces trois derniers points indiquent que Graphika, ainsi que les diverses institutions (étatiques ou non) avec lesquelles elle collabore, supportent et soutiennent activement « les figures de l’opposition » contre l’État algérien;
  • Tout cela nous amène à conclure que Graphika est un outil de plus dans l’arsenal du soft power américain, spécialisé dans un nouveau « champ de bataille » qui n’est autre que le monde virtuel des médias sociaux.
  • Les actions menées de manière agressive par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie, combinées à celles des ONG droitdelhommistes ainsi que les attaques de la société Graphika montrent, de manière non équivoque, que l’Algérie est actuellement sous le feu nourri d’une guerre de quatrième génération.
  • https://www.mondialisation.ca/le-rapport-de-graphika-soft-power-et-guerre-de-4e-generation-contre-lalgerie/5659570
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Dans ALGERIE

L’ALGERIE ROMPT SES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC LE MAROC

Par Le 24/08/2021

 

Alger

L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc

© CC BY-SA 2.0 / Citizen59 / Alger

MAGHREB

18:17 24.08.2021(mis à jour 19:52 24.08.2021)URL courte

Par 

5414536

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L'Algérie annonce rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc. La décision est entrée en vigueur ce 24 août, a informé le chef de la diplomatie algérienne.

L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc, a annoncé mardi le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lors d'une conférence de presse, accusant Rabat d'«actions hostiles».

Les relations entre le Maroc et l'Algérie sont tendues depuis des décennies en raison notamment de la situation au Sahara occidental, et la frontière entre les deux pays est fermée depuis 1994.

«Le royaume du Maroc n’a jamais cessé de mener des actions hostiles, inamicales et malveillantes à l’encontre de notre pays», a lancé le chef de la diplomatie algérienne. «L’Algérie refuse de subir des comportements et des actes condamnables et qu’elle condamne énergiquement. L’Algérie refuse les faits accomplis unilatéraux aux conséquences funestes pour les peuples maghrébins».

Le ministère marocain des Affaires étrangères n'a pas pu être joint dans l'immédiat pour commenter l'annonce d'Alger.

La rupture des relations diplomatiques est effective dès ce mardi, mais les consulats dans les deux pays resteront ouverts, a précisé Ramtane Lamamra.

Incendies, Kabylie

 

L'usine à gaz de Krechba, dans le Sahara algérien

© AP PHOTO / AFLRED DE MONTESQUIOU

Le Maroc favorable au maintien du gazoduc reliant l'Algérie à l'Europe

La semaine dernière, l'Algérie avait déclaré que les incendies dévastateurs qui ont frappé le nord du pays étaient le fait de groupes qualifiés de terroristes, dont l'un soutenu selon elle par le Maroc.

 

Ramtane Lamamra a évoqué un soutien marocain à l'un de ces groupes qui revendique l'autonomie de la région algérienne de Kabylie et il a accusé Rabat d'avoir espionné des responsables algériens et d'avoir failli à ses obligations bilatérales, entre autres concernant le Sahara occidental.

Alger soutient le Front Polisario, qui revendique l'indépendance du Sahara occidental, région au sud du Maroc. 

https://fr.sputniknews.com/maghreb/202108241046043009-lalgerie-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-le-maroc/

Dans ALGERIE

DEPUIS MOSCOU, LE CHEF D’ETAT-MAJOR DE L’ARMEE ALGERIENNE (ANP) ACCUSE LE MAROC ET DES PUISSANCES ETRANGERES DE VOULOIR DESTABILISER LE MAGHREB

Par Le 26/06/2021

Saïd Chengriha

Depuis Moscou, l'armée algérienne accuse le Maroc et des puissances étrangères de vouloir déstabiliser le Maghreb

© AP Photo / Fateh Guidoum

AFRIQUE

13:11 26.06.2021(mis à jour 16:00 26.06.2021)URL courte

Par 

245114

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Intervenant dans le cadre de la Conférence de Moscou sur la sécurité, le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Saïd Chengriha, a accusé le Maroc d’attiser les tensions au Maghreb et au Sahel à travers le conflit au Sahara occidental. Il a également pointé du doigt l’escalade militaire et l’ingérence étrangère dans ce dossier.

Le langage diplomatique est loin d’être le point fort du général Saïd Chengriha. Jeudi 24 juin, lors de la Conférence de Moscou sur la sécurité internationale, le chef d’état-major de l’armée nationale populaire (ANP) a attaqué frontalement le Maroc qu’il a accusé d’avoir provoqué un nouveau conflit contre le Front Polisario suite à «la violation de l’accord du cessez-le-feu le 13 novembre 2020». Dans son discours, il n’a pas hésité à qualifié le Maroc de «colonisateur».

«J’ai maintes fois souligné que les agissements du colonisateur visant à annexer avec force les territoires sahraouis, tout en faisant fi du concept du respect des droits de l’homme dans les territoires occupés, sont incompatibles avec la Charte de l’Onu et l’acte constitutif de l’Union Africaine dont la République Arabe Sahraouie Démocratique est un membre fondateur. Cette situation inquiétante marquée par l’escalade militaire et les ingérences étrangères pourrait attiser les tensions dans l’ensemble de la région. Ce constat très alarmant pour la sécurité et la paix, exige de la communauté internationale de prendre ses responsabilités en respectant strictement les dispositions du droit international dans la résolution de cette crise», a déclaré le général.

Partenariat stratégique

 

Un système antiaérien Pantsir-S1 lors d'un exercice (archive photo)

© SPUTNIK . SERVICE DE PRESSE DE LA RÉGION MILITAIRE RUSSE DE L'OUEST

Ces armes russes qui font de l’Algérie une puissance militaire régionale

En abordant à partir de la Russie, allié stratégique de l’Algérie, le conflit du Sahara occidental, le chef d’état-major de l’armée algérienne a certainement voulu démontrer que cette question relève de la sécurité nationale de son pays. Dans le contexte sahraoui, le Maroc ne semble pas être l’unique adversaire puisque Saïd Chengriha fait également référence «aux ingérences étrangères» dans ce dossier.

 

Riadh Sidaoui politologue et directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques (Caraps) à Genève explique a Sputnik que l’Algérie et la Russie entretiennent des relations historiques qui datent du temps où l’Union soviétique soutenait la guerre d’indépendance algérienne. «L’Algérie n’était pas en guerre uniquement contre la France, mais aussi contre l’Otan», fait-il remarquer.

«La relation algéro-russe est basée sur les notions de confiance, de respect et de fidélité historique. La particularité de ce partenariat stratégique est que l’Algérie a accès à des équipements militaires russes de haute technologie. Outre la question historique, cette opportunité s’explique par plusieurs facteurs: l’Algérie a toujours payé au prix fort les armes qu’elle achète, c’est donc un très bon client. Contrairement aux Égyptiens, les Algériens n’ont jamais divulgué les secrets des armes russes aux Occidentaux. Moscou considère Alger comme un allié stratégique qui fait face à un même ennemi, l’Otan», précise Riadh Sidaoui.

Pour le directeur du Caraps, une confrontation entre les forces de l’Otan et l’armée algérienne «ne relève pas de la science-fiction».

«Les Algériens ne commandent pas des avions de combat de cinquième génération Sukhoï 57 et des systèmes de missiles antiaériens S400 [l’acquisition par l’Algérie de cet équipement n’a jamais été confirmée. Ndlr] pour faire face au Maroc ou encore à des terroristes maliens. L’objectif est de faire face à une menace plus puissante comme cela a été le cas pour la Libye ou encore pour la Syrie», assure-t-il.

Nehone et Rowand

 

Des soldats de l'armée algérienne.

© AFP 2021 AP

Opérations extérieures: jusqu’où ira l’armée algérienne?

Riadh Sidaoui en veut pour preuve l’organisation de l’exercice militaire international African Lion 2021 qui s’est déroulé dans le sud du Maroc, près de la frontière du Sahara occidental, du 7 au 18 juin 2021. «Ces manœuvres menées par l’armée américaine sont un message clair adressé à Alger», note le politologue. Il s’avère que le 9 juin, la Force opérationnelle de l’Europe du Sud-Afrique de l’armée américaine (SETAF-AF) a organisé à Agadir un exercice de simulation de destruction de batteries de missiles antiaériens S300 et S400. Les systèmes de fabrication russe étaient installés dans deux territoires ennemis fictifs, Nehone et Rowand. Mais dans une vidéo d'un exercice du SETAF-AF rendue publique par un officier américain apparaît une carte de l’Algérie sur laquelle sont identifiés clairement Nehone et Rowand comme étant les IIIe et IVe régions militaires de l’armée algérienne.

 

​L’Algérie étant le seul pays du Maghreb à posséder des S300, et peut-être même des S400, il est peu probable que ce choix soit une simple coïncidence. Surtout que les deux régions militaires ciblées comptent parmi les plus puissantes de l’armée algérienne en hommes et en équipements puisqu’elles ont pour mission de protéger les frontières sud-est et sud-ouest de diverses menaces, notamment d’attaques terroristes, d’offensives d’armées régulières ou de milices armées. 

https://fr.sputniknews.com/afrique/202106261045791832-depuis-moscou-larmee-algerienne-accuse-le-maroc-et-des-puissances-etrangeres-de-vouloir/

Dans ALGERIE

LEGISLATIVES ALGERIENNES : PRES DE 77% D’ABSTENTIONS. UN SINGLANT CAMOUFLET POUR LE POUVOIR

Par Le 18/06/2021

18 Juin 2021

publié le 17/06/2021
Législatives algériennes : Un cinglant camouflet pour le pouvoir

En boycottant massivement les urnes à l’occasion du scrutin législatif convoqué le 12 juin, les Algériens viennent d’infliger un nouveau camouflet au pouvoir en place. Même si la participation annoncée laisse perplexes les observateurs, l’abstention frôle les 77% ! Jamais depuis l’indépendance, le désaveu n’a été aussi fort.

Alors que le mal élu président Abdelmadjid Tebboune avait exhorté les électeurs à se rendre massivement aux urnes, la défiance à l’égard du système s’est amplifiée à l’image de ce qui s’était passé lors de la présidentielle et de la réforme constitutionnelle. L’opposition laïque et de gauche comme le MDS, le FFS ou le RCD avaient stigmatisé cette mascarade électorale.

Cette consultation avait un double objectif : confirmer la reprise en main du pays par les castes rejetées et corrompues mais aussi neutraliser la dynamique du Hirak. Pour ces raisons, la campagne électorale s’est déroulée sous le signe de la peur et de la fureur répressive. Les marches du Hirak ont été interdites tandis qu’une modification du code pénal transforme désormais les manifestants en « terroristes ». Les arrestations se sont multipliées ces dernières semaines si bien que l’on compte actuellement 225 prisonniers politiques issus du Hirak. Afin de frapper l’opinion, la veille du scrutin, une figure du mouvement Karim Tabbou et deux journalistes de renom Khaled Drareni et Ihsan El Kadi ont été emprisonnés.

Ces résultats, sans aucune légitimité populaire, consacrent le retour des partis totalement discrédités. Ainsi le Front de libération national (FLN) arrive en tête suivi des « indépendants » choyés par le pouvoir voire par les islamistes. Ces derniers, issus des Frères musulmans comme le Mouvement pour le salut et la paix (MSP), arrivent en troisième position. Le FLN et les islamistes, aussi rétrogrades les uns que les autres, devraient constituer une alliance sur une base islamo-conservatrice, fossilisant une situation bloquée, afin de tenter de punir le peuple algérien.

Cependant le Hirak est toujours là, il est le contre-pouvoir, il est l’alternative, porteur des espoirs de modernité, de liberté et de justice. Il exige toujours un changement de système, un Etat de droit, une transition démocratique et la reconnaissance de la souveraineté du peuple. Ce mouvement s’inscrit dans la durée et porte l’avenir pour le peuple algérien.


Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source : https://www.pcf.fr/legislatives_algeriennes_un_cinglant_camouflet_pour_le_pouvoir

Tag(s) : #Algérie#PCF

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ALGERIE : L’ARMEE ET LE POUVOIR VEULENT EN FINIR AVEC LE HIRAK

Par Le 07/06/2021

6 Juin 2021

publié le 04/06/2021
Algérie : L’armée et le pouvoir veulent en finir avec le Hirak

Les mobilisations populaires du mois de mai en Algérie ont été marquées par une intensification de la répression à l’égard du Hirak.

Près de 2000 arrestations ont eu lieu ces trois dernières semaines dans tout le pays avec des gardes à vue et des mandats de dépôts portant le nombre d’incarcérés à 175 militants. Des figures du mouvement comme Ouahid Benhalla ou Fethi Ghares du Mouvement démocratique et social (MDS) ont été arrêtés alors que le premier a écopé d’un an de prison. Le président et le chargé de communication du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas et Athmane Mazouz ont aussi été interpellés comme l’ancien responsable du Front des forces socialistes (FFS), Ali Laski.

A la veille du scrutin législatif du 12 juin, l’armée et le pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune veulent reprendre les choses en main. Désormais, les condamnations tombent brutalement. Les pressions s’accroissent pour empêcher les cortèges, désormais soumis à autorisation préalable, ce qui revient à les interdire. Chaque vendredi, les dispositifs sécuritaires sont massivement présents générant des brutalités tandis que les réseaux sociaux sont autoritairement bloqués. Étudiants, avocats, dirigeants d’organisations partisanes, journalistes, bloggeurs sont dans le collimateur. Dans un récent documentaire produit par l’armée et diffusé largement, les manifestants du Hirak sont diabolisés accusés pêle-mêle d’être des terroristes, des indépendantistes kabyles, des islamistes ou des agents de l’étranger.

Après les échecs de la présidentielle et du référendum, largement boycottés par le peuple algérien, le pouvoir craint un nouveau désaveu. Il sait par ailleurs que le Hirak, ce mouvement radical et pacifiste, est destiné à durer et qu’il pourrait être rejoint par un mouvement social d’ampleur qui proteste face à l’effondrement du pouvoir d’achat et l’inflation.

Les dernières déclarations d’E. Macron et de J.-Y. Le Drian, qui encouragent les autorités à poursuivre des réformes honnies, n’en finissent pas de heurter les démocrates algériens. Les communistes français apportent, dans le respect d’indépendance, leur soutien total au peuple algérien.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source : https://www.pcf.fr/algerie_l_armee_et_le_pouvoir_veulent_en_finir_avec_le_hirak

Tag(s) : #Algérie#PCF

Dans ALGERIE

AVEC LE KEFFIEH PALESTINIEN, L’EQUIPE NATIONALE ALGERIENNE DE FOOTBALL SOUTIENT LE PEUPLE PALESTINIEN

Par Le 05/06/2021

Avec le keffieh palestinien.. l’équipe nationale algérienne de Football soutient la Palestine

 Depuis 2 minutes  5 juin 2021

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 Algérie - Article traduit - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

En guise de solidarité avec la cause palestinienne, les joueurs de l’équipe nationale algérienne de Football ont porté le keffieh palestinien lors du match amical contre la Mauritanie Vendredi dernier, au cours duquel les « Guerriers du désert » ont remporté le match à 4-1.

Les joueurs de l’équipe nationale algérienne ont exprimé leur soutien au peuple palestinien suite à la récente agression israélienne sur la bande de Gaza, en portant des foulards aux couleurs des drapeaux algérien et palestinien autour du cou, avant le lancement du match qui s’est déroulé au stade Mustafa Chaker dans la ville algérienne de Blida.

Cette initiative a été applaudi u parmi les fans algériens, qui ont exprimé leur joie  envers cet acte symbolique sur les réseaux sociaux.

A  noter que les noms des joueurs « verts » avaient inscrits leurs noms sur leurs maillots en arabe, ce qui a  impressionné les fans.

Les buts de l’Algérie ont été marqués par Sofiane Feghouli (double), Adam Ounass et Bagdad Bounedjah, tandis que Sidi Yacoub a inscrit le seul but de la Mauritanie.

L’équipe nationale algérienne et son homologue mauritanienne se préparent pour la Coupe d’Afrique des nations au début de l’année prochaine, et toutes deux participeront aux éliminatoires africaines de la Coupe du monde, qui débute fin août.

Source: Traduit du journal AlAkhbar

https://french.almanar.com.lb/2088594

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ALGERIE : TENIR LES PALESTINIENS POUR RESPONSABLES DES VIOLENCES EST INACCEPTABLE

Par Le 19/05/2021

Algérie: Tenir les Palestiniens pour responsables des violences est inacceptable

 Depuis 16 heures  19 mai 2021

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 Algérie - Article traduit - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

L’Algérie continue de soutenir le peuple palestinien contre les attaques israéliennes par la voix de son ambassadeur permanent auprès des Nations Unies qui déclaré qu’ »il est inacceptable de tenir les Palestiniens pour responsables de l’escalade de la violence ».

L’ambassadeur permanent d’Algérie auprès des Nations Unies, Sofiane Mimouni, a déclaré: « Tenir le peuple palestinien responsable de la violence est inacceptable et est voué à l’échec » soulignant que « la récente escalade est le résultat direct de la politique d’oppression des forces d’occupation israeliennes qui sapent la paix et l’établissement d’un Etat palestinien ».

Il a appelé à « adopter des mesures pratiques pour mettre fin à la violence et à utiliser des moyens diplomatiques pour abolir les mesures illégales prises par les autorités de l’occupation israélienne ».

Le responsable des relations au sein du « Comité de secours du peuple palestinien » en Algérie, Karim Rezki, a révélé à la chaine satellitaire libanaise Al-Mayadeen, qu' »une mission algérienne de secours médical se rendrait à Gaza », indiquant qu' »il existe un  plan pratique  élaboré pour soigner les victimes de l’agression israélienne dans toute la Palestine, et qui a été approuvé par  l’Association des oulémas musulmans et autres associations algériennes  humanitaires.

Pour sa part, l’Organisation des avocats algériens a annoncé le lancement d’une initiative visant à poursuivre en justice les dirigeants de l’occupation israélienne devant les tribunaux internationaux, en coordination avec l’Organisation des avocats arabes et l’Organisation des avocats palestiniens.

L’Algérie a annoncé plus tôt qu’elle se tenait aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte contre l’occupation israélienne. Une campagne de solidarité et de soutien à al-Qods et au peuple palestinien a été lancée sous le slogan « Al-Qods main dans la main », contre les tentatives de déplacement et les violations continues de l’occupation israélienne, à al-Qods occupée, en particulier dans la mosquée Al-Aqsa et le quartier de Cheikh Jarrah.

Source: Traduit d'AlMayadeen

https://french.almanar.com.lb/2075108

Dans ALGERIE

ALGERIE : L'EPOPEE D'ANNIE STEINER

Par Le 26/04/2021


Ici mieux que là-bas

L’épopée d’Annie Steiner

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Publié par Arezki Metref
le 25.04.2021 , 11h00
1886 lectures

 

 

Y’a des moments comme ça où affirmer sa fierté d’être algérien prend un sacré coup dans l’aile ! L’un de ces moments est l’enterrement de la moudjahida Annie Steiner.(1) Fier de voir le peuple, son peuple, ses amis, ses compagnons de lutte, l’enterrer dans cette terre à laquelle elle a sacrifié sa vie. Mais moins fier — beaucoup moins fier — de la modicité de la reconnaissance officielle de la part de pouvoirs publics pourtant habituellement enclins, en pareilles circonstances, à déployer de pompeux cérémoniaux. On sent comme une ambiguë circonspection. Avec tout le respect et l’affection qu’on peut avoir pour la diva, tout le monde ne peut pas être Warda El Djazaria ! Idem : avec tout le respect et la considération qu’on a pour l’acteur, tout le monde n’est pas Roger Hanin ?
Pourquoi donc cette réserve ? Est-ce parce qu’elle a demandé des funérailles simples, « sans chichi », comme le commente un de ses amis, Mohamed Larbi Merhoum ?
Possible ! N’y a-t-il pas d’autres raisons ?
Pour infiniment moins que ce qu’elle a fait et enduré, d’autres ont eu droit aux pompes de l’État. « D’origine européenne » comme on dit, elle choisit d’être algérienne et, en tant que telle, elle s’est battue pour un idéal, la cause de l’indépendance du pays.
Annie Steiner, Fioro de son nom de jeune fille, était issue d’une famille de pieds-noirs d’origine italienne. Elle vit le jour le 7 février 1928 à Hadjout (ex-Marengo). Née deux ans avant la célébration du centenaire de la colonisation, elle grandira dans une époque où le système colonial, fort de son autolégitimation, semblait devoir durer éternellement. Et malheur aux vaincus ! Dans ce contexte d’apartheid colonial, de séparation des populations entre colonisés et colonisateurs, on peut s’interroger sur ce qui a bien pu pousser la petite Annie Fioro à apprendre l’arabe en cachette à l’âge de 12 ans ? Déjà un signe de transgression de l’ordre !
Elle épousa Rudolph Steiner, un architecte suisse qui travailla dans les équipes de Le Corbusier, avec qui elle eut deux filles, Edith et Ida. Au lendemain de l’arrestation d’Annie Steiner, son époux quittera l’Algérie emmenant ses deux enfants dont la mère perdra la garde dans une procédure de divorce intentée devant les tribunaux suisses à la fin de la guerre. La perte de sa famille : voilà une des conséquences de son engagement dans le FLN.
Quand elle a été arrêtée, il semble que son époux aurait essayé de la faire libérer en tant que citoyenne suisse. Mais la démarche individuelle était contraire à ses principes de combattante anticolonialiste. C’est son peuple qui devait être libéré, pas elle seule ! Elle refusa toute compromission de ce genre !
Le jour du cessez-le-feu, heureuse d’avoir gagné l’indépendance, elle devait dans le même temps déplorer la perte de ses filles.
L’intérêt et la solidarité avec les Algériens colonisés la conduisent naturellement à soulager la misère de ses frères et sœurs en s’engageant dans les Centres sociaux auprès de Germaine Tillion. Rallier le FLN fut la suite logique de sa démarche révolutionnaire.
Agent de liaison pour le FLN, elle joua un rôle crucial avec l’agent de liaison du PCA, Joséphine Carmona, une lingère d’Oran membre du Parti communiste algérien,  dans la rencontre entre les dirigeants du PCA et ceux du FLN en 1956. Sadek Hadjeres se souvient avoir passé la nuit chez les Steiner, la veille de la deuxième rencontre FLN/PCA qui s’est déroulée rue Horace-Vernet où habitait le couple.
Membre des réseaux de Yacef Saâdi, elle est arrêtée le 15 octobre 1956 et condamnée en mars 1957 à 5 ans de prison. Incarcérée à Barberousse, elle assiste à l’exécution de trois militants de l’indépendance Fernand Iveton, Mohamed Ben Ziane Lakhnèche et Ali Ben Khiar Ouennouri, dits « Ali Chaflala » et « Petit Maroc ».
Elle composa un poème devenu célèbre : « Ce matin ils ont osé. /Ils ont osé vous assassiner/En nos corps fortifiés/Que vive notre idéal/Et vos sangs entremêlés/Pour que demain ils n'osent plus/Ils n'osent plus nous assassiner. »
Après l’indépendance, elle reste en Algérie où elle travaillera dans l’administration pendant trente ans. Elle vécut simplement et dans l’anonymat, fidèle aux principes de Novembre 1954, affirmant : « J’ai toujours cet idéal de liberté, je ne l’oublierai jamais. » Elle est morte en respectant jusqu’au bout son éthique de moudjahida. Alors pourquoi cette modération dans la reconnaissance officielle ? Est-ce parce qu’elle faisait partie de ces moudjahidate qui n’étaient pas tendres avec ceux qui ont détourné les promesses de Novembre ? Connue pour son franc-parler, elle déclarait : « Je n’ai pas fait cinq années de prison et perdu mes enfants, pour voir l’Algérie pillée comme au temps du colonialisme, pour que Monsieur Mohamed remplace Monsieur Pierre. »
Est-ce parce que, d’origine européenne, elle ne correspond pas ou plus au profil du nouveau héros national qui doit fatalement porter un patronyme à  consonance musulmane ?
Ce peuple, le sien, pour lequel elle a souffert et combattu n’est pas responsable de l’ingratitude de ses représentants obligés !
Peut-être assiste-t-on à un inédit révisionnisme qui essaye de réécrire l’histoire du mouvement national et de la guerre d’indépendance à travers le prisme étroit et fallacieux qui veut rétroactivement transformer la guerre d’indépendance en guerre de religions ?
Y’a des moments comme ca où il y en a qui osent…
A. M.

1) Annie Steiner répond avec sa franchise habituelle à toutes les questions dans l’ouvrage d’entretien réalisé en 2011 par notre consœur Hafida Ameyar : La Moudjahida Annie Fiorio Steiner – Une vie pour l’Algérie – Hafida Ameyar – édité par des amis de Abdelhamid Benzine – Alger septembre 2001.

https://www.lesoirdalgerie.com/ici-mieux-que-la-bas/lepopee-dannie-steiner-60156

Dans ALGERIE

TEMOIGNAGE : IL Y A 60 ANS, ECHEC DU PUTSCH FASCISTE DE QUATRE GENERAUX FELONS POUR GARDER L’ALGERIE FRANCAISE

Par Le 22/04/2021

 

ATTITUDE DES SOLDATS DU CI DE OUED-SMAR LORS DU PUTSCH DES GENERAUX FELONS EN AVRIL 1961



Je précise que notre CI était disciplinaire. Je n'avais pas 20 ans.


Le putsch s'est déclenché dans la nuit du vendred 21 au samedi22 avril 1961 .

Bien qu'habitués au réveil matinal, nous avons brusquement été réveillés par des bruits insolites de véhicules chenillés. Notre camp était investi de blindés légers de la légion étrangère, les fantassins au béret vert, armés jusqu'aux dents, étaient déployés en tirailleurs. Nous ne comprenions pas ce qui se passait. L'écoute de radio Alger sur les transistors ne nous donnait à entendre que de la musique militaire.
Les treize pied-noirs de notre compagnie ne cachaient pas leur joie alors que nous les métropolitains, nous ne partagions pas leur exubérance. On se méfiait donc des treize pied-noirs que nous savions acquis aux généraux putschistes.
Curieusement, du lieutenant MERVIEL au serpatte Corse, les engagés s'étaient tous volatilisés. Nous n'avions plus de chefs. Entre appelés, les discussions étaient incessantes et animées. Nous étions tous d'accord et refusions de suivre les généraux félons mais, que faire? Comment procéder pour marquer notre opposition à ces traîtres. Le travail au corps des militants des jeunesses communistes, nous ne nous connaissions pas, en direction des appelés moins politisés, fut intense. Sur toute la compagnie, à l'exception des treize pieds-noirs, seul un métropolitain qui professait des idées extrémistes favorables aux séditieux, tentait d'entrainer les gars avec les factieux. Nous l'avons isolé.
Nous les appelés, nous étions tous favorables au refus de tout travail et de tout ordre des chefs. La situation était incontrôlable et dangereuse puisque nous ne savions pas ce qui se passait dans les autres unités, les factieux s'étant rendus maitre de tous les médias. Les mercenaires au bérêt vert de la légion étrangère trainaient alentours. J'ajoute que les bérêts noirs des commandos de l'air parachutistes étaient avec le 1er REP l'un des fer de lance des putschistes,


Dans l'après-midi de ce 22 avril 1961 , trois anciens de la BA149 sont venus dans nos piaules pour discuter avec nous de la situation sur la base. Ils nous ont dit que tous les appelés de la BA149 et tous les marins de l'aéronavale étaient en grève. Les trois anciens nous ont demandé de nous joindre à eux. Sans aucune hésitation, nous avons accepté.

En fin d'après-midi de ce samedi 22 avril 1961 , le colonel LANGLOIS, commandant la BA149 est venu dans nos barraques, flanqué du serpatte Corse, la cravache à la main. Le Corse a gueulé : "A vos rangs, fixe!". Personne n'a bougé. Le faux-cul de colonel LANGLOIS, a essayé de bredouiller qu'il ne fallait pas suivre les anciens alors que nous refusions tout travail et obéissance à nos supérieurs. Un camarade soldat a demandé à LANGLOIS de se positionner contre les factieux. LANGLOIS ne l'a pas fait et n'a pas condanmé les félons. LANGLOIS et son chien de garde Corse ont piteusement rebroussé chemin.

Dimanche 23 avril 1961 au soir :

De Gaulle s'est exprimé à la télévision. Il a demandé de mettre les généraux félons en échec.

Je précise pour l'avoir moi-même vécu, que nous n'avons pas attendu après De Gaulle pour nous opposer par le refus d'obéissance aux généraux putschistes.

Lundi 24 avril 1961 
Les soldats des bases aériennes de Maison-Blanche et de Blida manifestent leur opposition aux factieux par une vive résistance. A Maison-Blanche, l'Internationale est chantée par les soldats. Toujours à Maison-Blanche, les soldats de l'aéronavale et de l'aviation sont toujours en grève. Les mécaniciens avions " sabotent " volontairement les appareils en enlevant une pièce maitresse par crainte que les factieux ne forcent les pilotes à utiliser les avions à des fins séditieuses. Les personnels navigants (P.N.) ont capté la longueur d'onde des véhicules de la légion étrangère. Ils ont émis un faux message, leur ordonnant de se diriger sur Alger. Ce subterfuge, pour éloigner la légion, leur faisait croire à un débarquement de fusiliers-marins, en provenance d'Hyères-Palivestre et qui devait les encercler.

Mardi 25 avril 1961 Des Nordatlas 2501 décollent de pistes différentes pour la métropole, bondés de bidasses. Grâce à cette action habile, les pilotes ont privé les putschistes d'un important moyen de transport aérien. L'un des avions s'est " crashé " en bout de piste sans gravité pour les gus , qui étaient nombreux pour un baptême de l'air improvisé. Nous étions sur la base où nous y avons vu des scènes incroyables, telle cette jeep qui roulait à l'aveuglette car une grappe humaine y était accrochée. Il y avait même des bidasses sur le capot. Il s'agissait de malades et de blessés légers en pyjamas, qui étaient sortis d'eux-mêmes de l'infirmerie. Ils brandissaient et agitaient des drapeaux tricolores. Des sous-officiers sillonnaient la base en voitures civiles, avec des drapeaux à croix de Lorraine, en criant ' Vive De Gaulle !".

Autre fait marquant de ce mardi 25 avril 1961 Les bérêts verts de la légion étrangère rappliquent pour boucler le parking sur lequel nous nous trouvions. Les officiers furieux hurlaient leurs ordres en allemand. Parmi ces allemands, il y avait d'anciens S.S. Je revois encore ces pilotes de l'armée de l'air, regardant comme nous, la scène. Un capitaine pilote s'est écrié : " Nous sommes " faits aux pattes " , alors qu'en même temps les légionnaires, ces mercenaires se ruaient sur les pilotes, sans ménagements, à coups de crosses dans les côtes. Cela se passait à quelques pas de nous. Les carottes étaient déjà cuites pour les factieux.

Si ma mémoire ne me trahit pas, 
c'est le matin du mardi 25 avril 1961 que le lieutenant Merviel est revenu parmi nous. Il a rassemblé la compagnie sur la place du drapeau. Il venait faire ses adieux aux gus du CI. Visiblement très ému et fier de ses bleus , il nous a demandé s'il pouvait compter sur nous. " Que les volontaires sortent du rang en avançant d'un pas !". Toute la compagnie a avancé, à l'exception de l'extrèmiste de droite métropolitain. Le lieutenant Merviel avait les larmes aux yeux. Nous aussi. Il nous a remercié individuellement en passant dans les rangs pour serrer la main et dire quelques mots de sympathie à chacun d'entre nous. Lorsqu'il est arrivé près de moi, la main franchement tendue, j'ai vu dans ses yeux une intense émotion. Il m'a dit : " Toi aussi, petit Tourtaux, tu es volontaire "? Il a ajouté : " Nous nous reverrons". Je ne l'ai jamais revu.
Communiste, j'étais fiché. Il savait que j'étais marqué à l'encre rouge.
En contribuant à la mise en échec des généraux factieux, nous avons fait notre devoir, voilà tout. Ce fut la seule fois où je fus volontaire en Algérie.


Le mercredi 26 avril 1961 le C.I. étant terminé, c'est dans l'après-midi qu'avec une petite quinzaine de gus, je suis muté dans notre nouvelle affectation, l'ETR805, à Mouzaïaville.
Parmi les occupants du GMC, trois ou quatre pied-noirs qui ont soutenu les généraux factieux.
Mouzaïaville est située dans la Mitidja, près de Blida et des gorges de La Chiffa, un des hauts lieux de la Résistance algérienne à l'occupation coloniale française.
Notre GMC s'est arrêté à une intersection de routes pour laisser passer une importante colonne militaire qui n'était autre que le 1er REP (Régiment étranger parachutiste), fer de lance des séditieux. Les mercenaires du 1er REP qui étaient en fuite chantaient la chanson d'Edith Piaf " Non, rien de rien, non, je ne regrette rien " .


Lors du passage du dernier véhicule de cette troupe d'élite, fer de lance des généraux putschistes, les mercenaires au bérêt vert ont tiré plusieurs rafales de MAT49 dans notre direction. Personne ne fut touché dans le GMC .

Ainsi, les généraux félons Salan, Challe, Jouhaux et Zeller, des officiers de haut rang, parmi les plus décorés de l'armée française, ont tourné leurs armes contre la République qu'ils avaient pour mission de défendre. Des mercenaires légionnaires, portant l'uniforme de l'armée française ont tiré sur des soldats de conscription, portant aussi l'uniforme de l'armée française.

La Résistance des appelés du contingent au putsch et la mise en échec des généraux félons, en avril 1961, fut, me semble-t-il, la seule page glorieuse à mettre à l'actif de l'armée française lors de la Guerre d'Algérie. Nous en sommes fiers car nous n'avons pas à en rougir.


Mouzaïaville (Mitidja) : En fin d'après-midi du 26 avril 1961, arrivée à la Base Ecole de Transmissions, l'ETR805, à Mouzaïaville.

Les quelques appelés en provenance de Oued-Smar sont mis à l'écart. A l'appel de mon nom, un gradé m'a isolé des autres soldats puis emmené au bureau. L'accueil du gratte-papier fut glacial, il m'a dit : "tu es repéré comme communiste, t'as intérêt à ne pas faire le malin".
Je n'ai pas souvenance du nom du colonel commandant notre camp. C'était un pilote de chasse interdit de vol qui, le dimanche, allait à la BA140 de Blida pour y "empreinter" un avion de chasse T6. Le colonel aimait survoler notre camp au-dessus duquel il faisait plusieurs passages en "battant des ailes".
La S.P. (Section de Protection) était une des unités qui crapahutaient et exécutaient le plus de missions de l'Algérois, selon le journal de propagande de l'armée " Le Bled ".
Les stagiaires transmissions ne chômaient pas avec les corvées débiles et ingrates, le stage, les gardes, les embuscades, les patrouilles, les bouclages-ratissages, les gardes-fermes de nuit, la Section d'Intervention Rapide (SIR)ensuite le peloton obligatoire, etc...
L'insécurité était permanente à Mouzaïaville. Des gus pas rassurés partaient en patrouille la MAT49 armée. A plusieurs reprises, des rafales sont parties, semant la panique au sein des patrouilles. Par chance, pas de blessés à déplorer mais la répression était terrible contre les fautifs.
Des sous-officiers de carrière cherchaient à choper l'arme de bidasses de garde endormis pendant leur faction dans le mirador.
Lors des multiples sorties où je ne voulais pas tuer de pauvres gens, j'ai toujours eu la baraka. Je redoutais surtout la SIR où nous allions en renfort à la S.P., l'équivalent à Mouzaïa d'un commando de chasse, une section de tueurs, ais-je appris des années après.
Lors des gardes-fermes uniquement de nuit, nous n'étions que sept soldats avec un FM à la ferme Féréol, une ordure qui n'aimais pas les appelés, qui a failli me faire retourner chez BIRR, à Oued-Smar parce que j'avais pris une noix sur l'arbre. Cette ordure aurait été butée par l'ALN.
Nous n'étions que trois pauvres bougres à la ferme Cleyne, ce pied-noir nous fichait la paix.
Les fermes étaient souvent harcelées mais on ne tirait jamais la fusée rouge pour que la S.P sorte et risque de tomber en embuscade. Par contre, très souvent, dans les fermes alentours gardées par des biffins, beaucoup plus nombreux que nous dans les fermes, les gars lançaient la fusée rouge faisant courir le risque à d'autres soldats d'être pris en embuscade.
Dans ce secteur chaud où l'ALN était très active, il n'y avait pas de planqués à l'ETR805. Il n'y avait pas assez de bonhommes, d'où la fréquence rapprochée des sorties et garde-fermes qui revenaient au mieux tous les trois jours.
A Mouzaïa, lorsqu'un gars de la S.P. passait libérable, c'est-à dire à 100 jours de la "quille", systématiquement, il refusait de sortir en mission. Ces gars qui avaient de longs mois durant crapahuté, ne voulaient pas se faire tuer à si peu " au jus ".
A Mouzaïa, on crevait de faim; à cela s'ajoutait la dysenterie amibienne. Nous ne prétions pas attention à tout et nous ne pouvions pas savoir que certains dimanches rares où nous avions de la viande, que l'on croyait être du lapin, c'était du chat. En fait, étaient abattus les chats non vaccinés, errants dans le camp, et on nous les donnait à bouffer en guise de viande. C'est un copain paysan qui avait un bout de queue dans son plateau qui a deviné qu'on nous faisait grailler du chat. Ce jour-là, on a tous failli bouffer.


Dans ce secteur, quasiment tous les jours, ça accrochait dans les gorges de La Chiffa, confirmé par mon camarade Henri Alleg, dans son ouvrage, " Prisonniers de guerre ", page 17.

Près de notre camp, il y avait un sinistre et miséreux Camp de regroupement.

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Il y a 60 ans, un putsch de généraux pour l'"Algérie française"

Il y a 60 ans, un putsch de généraux pour l'"Algérie française"© AFP/Archives/STF

Source AFP Publié le 19/04/2021 à 11h31

Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, quatre généraux français opposés à l'indépendance de l' Algérie font sédition et s'emparent d'Alger avec des légionnaires et parachutistes, défiant le général de Gaulle au pouvoir.

Le putsch des généraux Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller, en liaison avec le général Raoul Salan qui les rejoint le 23 depuis l' Espagne, sera bref, à peine cinq jours, et il échouera.

L'histoire est en effet en marche: le 16 septembre 1959 de Gaulle a admis le droit des Algériens à l'autodétermination et, le 8 janvier 1961, les Français ont voté à 75 % en sa faveur lors d'un référendum ouvrant la voie à l'indépendance du pays colonisé par la France.

Pour une partie des cadres de l'armée française, déjà humiliés par la défaite en Indochine, c'est une trahison insupportable du pouvoir, incarnée par le général de Gaulle devenu président de la République, et qui vient d'évoquer, le 11 avril, un “Etat souverain” en Algérie.

Les quatre putschistes ne seront pas seuls, d'autres généraux au rang moins prestigieux les suivront, mais sans un basculement total de la haute hiérarchie militaire et sans les soldats de l'armée de conscription.

Garder l'Algérie”

Dans la nuit du 21 au 22 avril, le 1er régiment de parachutistes du commandant de Saint-Marc, cantonné à Zeralda, fait route sur Alger et investit le Palais d'été où siègent la Délégation Générale, les bâtiments officiels, la radio et les centraux téléphoniques et télégraphiques. Le centre d'Alger est quadrillé de chicanes.

Le délégué Général du gouvernement, Jean Morin, et le ministre des Travaux publics, Robert Buron sont arrêtés ainsi que le Général Fernand Gambiez, commandant en chef des troupes en Algérie, qui tentait de regagner son PC.

Le 22 au matin, l'AFP, dont les journalistes à Alger ont au petit jour été empêchés de travailler par les putschistes, annonce l'état de siège, puis, d'après un communiqué diffusé sur Radio Alger, que "l'armée a pris le pouvoir en Algérie et au Sahara".

L'Agence relaie une déclaration du ministère de l'Information : "L'indiscipline de certains chefs et de certaines troupes a abouti ce matin à Alger à placer les pouvoirs civils et militaires dans l'impossibilité d'exercer leur commandement. La situation dans le reste de l'Algérie est calme. Le gouvernement a pris cette nuit les mesures nécessaires, qui seront publiées dans le courant de la journée".

A Alger, le général Challe lance un appel : "L'armée s'est assurée le contrôle du territoire saharo-algérien. L'opération s'est déroulée conformément au plan prévu. Je suis à Alger avec les généraux Zeller et Jouhaud, en liaison avec le général Salan, pour tenir notre serment : garder l'Algérie."

Le général Zeller décrète l'état de siège "sur l'étendue des 13 départements français d'Afrique" tandis que le général Pierre-Marie Bigot, commandant la 5e région, se place sous les ordres du général Challe. Dans l'après-midi, Radio-Alger annonce qu'Oran est aux mains des insurgés.

“Un quarteron de généraux”

A Paris, un conseil des ministres exceptionnel proclame l'état d'urgence.

Mais déjà en Algérie les premières défections apparaissent du côté de l'armée. A Mers-el-Kébir, la Marine refuse de suivre la sédition. Les généraux de Pouilly et Gouraud, commandants militaires d'Oranie et du Constantinois, repoussent l'ultimatum des putschistes. Gouraud se ralliera finalement le lendemain.

Le 23 avril à 20H00, Charles de Gaulle, en uniforme, lance sur les ondes sa célèbre condamnation du “pronunciamiento” et moque un "quarteron des généraux en retraite", "groupe d'officiers partisans, ambitieux et fanatiques". "J'interdis à tout Français, et d'abord à tout soldat, d'exécuter aucun de leurs ordres", dit-il, déplorant d'un trois fois Hélas ! que le coup de force émane d'hommes "dont c'était le devoir, l'honneur, la raison d'être, de servir et d'obéir".

Il annonce la mise en oeuvre de l'article 16 de la Constitution qui lui donne les pleins pouvoirs.

Michel Debré, Premier ministre, intervient ensuite : "Des avions sont prêts à lancer ou à déposer des parachutistes sur divers aérodromes afin de préparer une prise de pouvoir" (...) "Dès que les sirènes retentiront, allez-y à pied ou en voiture, convaincre des soldats trompés de leur lourde erreur", demande-t-il.

La débandade

Le lendemain, Challe, Salan, Jouhaud, Zeller, les colonels Godard, Argoud, Broizat et Gardes sont destitués par Paris. En Algérie, dans le bled, les appelés multiplient les actes de résistance à la sédition : brouillage des communications, sabotage des véhicules et dépôts d'essence. Les gendarmes reprennent Alger.

Le 25 avril, les légionnaires du 1er REP se réfugient au camp de Zeralda qu'ils quitteront le 27, leur unité étant dissoute. Le gouvernement reprend la radio d'Alger. L'insurrection est terminée.

Deux des putschistes, Maurice Challe puis André Zeller, se constituent prisonniers. Edmond Jouhaud et Raoul Salan passent à la clandestinité pour prendre la tête de l'Organisation armée secrète (OAS).

Challe et Zeller seront condamnés à 15 années de détention. Jouhaud et Salan, condamnés à mort par contumace, verront leur peine commuée en détention à vie en 1962 par le général de Gaulle. Ils seront tous amnistiés en 1968, six ans après l'indépendance de l'Algérie.

19/04/2021 11:30:19 - Paris (AFP) - © 2021 AFP

https://www.lepoint.fr/societe/il-y-a-60-ans-un-putsch-de-generaux-pour-l-algerie-francaise-19-04-2021-2422828_23.

Dans ALGERIE

1871 : EN ALGERIE, LES COMBATS DIVERGENTS DES INSURGES ALGERIENS ET DES COMMUNARDS

Par Le 16/03/2021

16 Mars 2021

Publié par Saoudi Abdelaziz

1871. EN Algérie, les combats divergents des Insurgés algériens et des Communards

Il y a 150 ans, le 16 mars 1871 s'engageait l'insurrection algérienne. Deux jours plus tard, le 18 mars, c'est la Commune de Paris qui était proclamée. Analysant l'extension de l'insurrection communarde parisienne à Alger, Oran et Constantine,  l'historien  Quentin Deluermoz note dans El Watan : "Le mouvement algérois est «coloniste», c’est-à-dire qu’il prône l’assimilation de la colonie et l’accaparement des terres". Il résume : "insurgés colons et algériens sont plus en opposition qu’en communion dans le combat. Là où il y a rencontre, c’est surtout en Nouvelle Calédonie en déportation où les principaux chefs sont envoyés après le procès de Constantine."

 

Quentin Deluermoz, historien : «1871 : la plus grande insurrection de l’histoire de l’Algérie coloniale»

Il y a exactement juste 150 ans, le 16 mars 1871, l’Est algérien entrait en insurrection contre la puissance coloniale. A Paris, la République naissante noyautée par les royalistes était contestée par les radicaux qui proclamaient le 18 mars 1871 la «Commune de Paris», massacrée lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.

Dans le livre Commune(s) 1870-1871 (Seuil), Quentin Deluermoz, dresse un tableau de bord novateur de cet événement sur les deux rives. Avec pour sous-titre Une traversée des mondes au XIXe siècle, l’historien dépasse le cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en passant par l’insurrection «kabyle», la Croix-Rousse à Lyon ou la République des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à différentes échelles, du local au global, en décrivant des interconnexions multiples. Une bonne partie est consacrée à la partie algérienne. «C’est un sujet très important qui est devenu finalement un axe fort de l’ouvrage», nous explique le chercheur qui a bien voulu déblayer un sujet dont les études n’ont pas fini de dégager tous les aspects.

Propos recueillis par Walid Mebarek, 16 mars 2021

En ce 150e anniversaire, en quoi le rappel de l’histoire de la «Commune de Paris» est-il utile, en France et dans le monde ?

Quentin Deluermoz. Cet événement continue de faire signification pour de nombreux acteurs et groupes, politiques ou des groupes au sens plus large. Pour le 140e anniversaire, en 2011, il n’y a rien eu sur la Commune de Paris. L’idée qui se développait, c’est que cet événement historique était devenu un peu comme froid, parce qu’il était lié à l’expérience communiste du XXe siècle et, qu’avec la chute du bloc soviétique et de l’Europe communiste, la charge symbolique s’était un peu effondrée. En réalité, ce qu’on observe depuis dix ans, c’est que l’objet s’est un peu réchauffé et qu’il est remobilisé dans de nombreuses luttes actuelles.

Votre question est appropriée de poser ce thème en France et à travers le monde car on a vu la «Commune» utilisée par les Gilets jaunes. Elle l’était aussi dans le mouvement d’occupation des places comme Occupy Oakland Commune, également en Espagne au Mexique avec la grève des instituteurs en 2006… Ce qui est intéressant, c’est que dans cette nouvelle configuration, la Commune ne renvoie plus comme dans les années 1970 à des questions de luttes des classes ou de révoltes urbaines, mais beaucoup plus à la souveraineté populaire réclamée par le bas et des territoires autonomes et alternatifs. Elle fait écho à tous ces mouvements sans leader comme le hirak algérien qui demande des rapports de pouvoirs plus horizontaux. La résurgence de la Commune fait sens dans ces combats là. Il n’y a pas de République démocratique et sociale si on ne change pas l’ordre des rapports sociaux.

Comment l’aspiration «communaliste» s’est jouée en Algérie et par quelles parties de la population coloniale a été porté le mouvement à Alger et dans d’autres villes algériennes ?

En Algérie, la plus importante manifestation de la Commune s’est déroulée à Alger. Elle débute bien avant Paris. L’insurrection commence en effet dès septembre. On a le même décalage à Lyon et Marseille. A Alger, Constantine et Oran, les mouvements se déploient dès la chute de l’Empire le 2 septembre 1870 et la proclamation de la République le 4 septembre. En utilisant le terme «commune», la référence rappelle un imaginaire de la Révolution française avec le Commune de 1793. Ces mouvements sont marqués par un fort républicanisme municipal. La figure qui s’impose est Romuald Vuillermoz. Ces mouvements sont menés surtout par les déportés de la répression de la Révolution de 1848, ceux du coup d’Etat napoléonien du 2 décembre 1851 et en 1858 après l’attentat d’Orsini. Ce sont des républicains français installés en Algérie malgré eux.

Est-ce que ce mouvement prend dans la population laborieuse algéroise ?

C’est à vérifier. Cela manque dans mon enquête. Ce que j’ai trouvé dans les archives c’est que le mouvement déborde le cadre de ceux qui l’initient. Les ouvriers de chantiers sont frappés par la crise économique. Les autorités municipales issues de cette commune organisent des aides sociales mais cela reste à étudier de plus près. Lorsque la commune de Paris se déclenche en mars 1871, le mouvement communaliste s’accélère et Alger s’y reconnaît et envoie une lettre d’adhésion publiée dans le Journal officiel de la commune. Un des chefs, Alexandre Lambert, qui se trouve en France à ce moment-là, sera promu délégué de l’Algérie à Paris.

Dans les revendications portées par les insurgés «français» d’Algérie, la question de l’injustice coloniale est-elle à l’ordre du jour ?

Pas dans le sens où on l’attendrait. Les insurgés algérois, liés à ceux de Constantine et d’Oran en fédération, s’opposent à la métropole sur la base d’une revendication d’autonomie très grande. C’est pourquoi dans mon livre j’ai parlé de «Commune coloniale» parce qu’on a un mouvement insurrectionnel qui reconnaît la sujétion à la France mais souhaite plus d’autonomie. La question des Algériens autochtones n’est pas à l’ordre du jour. Les populations colonisées sont oubliées. Cela montre les limites de l’universalisme républicain, fort à Paris, alors qu’à Alger on néglige l’essentiel des habitants. Le mouvement algérois est «coloniste», c’est-à-dire qu’il prône l’assimilation de la colonie et l’accaparement des terres contre laquelle les Algériens étaient méfiants. Cependant, j’ai découvert que certaines allocutions se faisaient en arabe.

L’insurrection des tribus de l’Est algérien, dont la date-clé est le 16 mars 1871 avant de s’étaler sur plusieurs mois, a des ressorts propres mais les recherches historiques ont-elles pu établir un lien entre le soulèvement de cette frange de la population coloniale et les Algériens ?

Il y a un lien, là encore pas dans le sens là où on l’attend. D’abord pour la guerre franco-prussienne Napoléon III a envoyé les troupes de l’«Armée d’Afrique» en métropole et du coup il y a une forte décrue de la présence militaire dans la colonie algérienne. Ce qui va faciliter le déploiement de l’insurrection dite kabyle qui n’ignore pas la faiblesse française. Et deuxièmement, comme les «Communes» d’Alger, Constantine et Oran sont très colonistes, les populations algériennes redoutent le message ; on le voit dans les échanges de courriers entre les tribus interceptés par l’armée et traduits. La phrase qui revient est «le civil va arriver», donc l’accaparement des terres va progresser.

Avec la fin des bureaux arabes ?

Exactement ! Enfin, dernier point, comme les «communards» sont anti-militaires, et ils gênent les capacités des militaires français sur place. Un autre aspect que vous avez posé dans votre question, c’est les «ressorts propres» de l’insurrection algérienne. C’est tout un autre champ de la recherche historique à désenclaver. Sortir du face à face entre France et Algérie. L’insurrection algérienne est fascinante à étudier. Au lieu d’y voir une révolte d’arriérés, comme l’ont fait les colons français, au contraire on est dans des dynamiques extra-européennes qui rentrent par exemple dans le renouveau du monde musulman au XIXe siècle, notamment avec l’entrée en scène de la Rahmaniyya.

En quoi ont consisté les relations entre insurgés algériens et français en Algérie ou en France ?

Louise Michel en parle un peu. Ce qui est sûr c’est que les troupes algériennes sont engagées dans la guerre franco-prusse. Que certains désertent ou se retrouvent avec les insurgés parisiens, ce n’est pas impossible. Il y a des traces dans les archives mais là aussi c’est un domaine à étudier.

Les archives permettent-elles de considérer une esquisse de formation révolutionnaire des Algériens à ce contact, particulièrement parmi les déportés de la Commune qui rencontrent ceux de l’insurrection algérienne ?

Elle ne se fait pas en Algérie puisque insurgés colons et algériens sont plus en opposition qu’en communion dans le combat. Là où il y a rencontre, c’est surtout en Nouvelle Calédonie en déportation où les principaux chefs sont envoyés après le procès de Constantine. Ils sont 120 à peu près. Il y a des amitiés qui se lient avec les communards parisiens et des contacts. Par exemple Rochefort, au retour à Paris va se battre pour que le gouvernement prononce l’amnistie des condamnés et des déportés algériens du Pacifique.

La puissance du mouvement d’émancipation des tribus est suivie d’une répression féroce coloniale extrême contre les Algériens en 1871-1872 et après. Avec le recul, cette violence algérienne contre l’occupant et la dépossession qui s’en suit peuvent-elles être considérées, non pas seulement comme une simple résistance à l’envahisseur, comme c’était le cas de 1830 à 1860, mais comme le premier acte du combat pour l’indépendance ?

Ce qui est sûr c’est que la répression est terrible avec 500 000 hectares de terres spoliés. On estime que 70% du capital des tribus a été ponctionné avec une volonté explicite de détruire l’organisation des tribus, affecter en profondeur l’environnement et la structure sociale antérieure. De fait la colonisation s’accentue. Il y a un basculement et un choc pour les populations «indigènes».

Avec peut-être, dès lors, cette idée que la révolte a été si forte qu’il est possible de recommencer, comme le chantent les poèmes transmis par la tradition orale…

Il y a, il est vrai, une mémoire. Mais dire que c’est un premier acte de la lutte pour l’indépendance, c’est un débat ouvert dans l’historiographie algérienne. On manque de travaux. Cette piste d’un patriotisme rural est à creuser. Mais lorsque le nationalisme se révèle au début du XXe siècle, il y a une relecture de cet événement comme étant un moment fondateur. C’est la plus grande insurrection de l’histoire de l’Algérie coloniale au XIXe siècle. 1871, c’est 800 000 personnes impliqués dans les combats côté algérien.

N’y a-t-il pas un parallèle entre la déconsidération des communards français réprimés dans le sang comme des ennemis et des moins que rien et la destruction par le glaive et la famine de milliers d’Algériens ravalés à l’état de non-humains ?

C’est la même armée qui réprime en France puis en Algérie après avoir détruit la «Commune» à Paris, Lyon et Marseille. Par ailleurs, on a utilisé la même loi du 23 mars 1872 qui a été utilisée pour condamner les communards au procès de Paris et les insurgés à Constantine d’Algérie. La vocation est de rejeter toute aspiration politique à la révolte et d’en faire un acte criminel et antisocial.

Cela explique-t-il la main lourde contre un ennemi auquel on dénie toute humanité?

Ce sont des tueries menées par des armées de mieux en mieux organisées mais il y a une différence entre Paris et l’Algérie : en France on veut sauvegarder le tissu économique alors qu’en Algérie il y a une volonté de détruire. La différence de répression ne joue pas dans l’animalisation de l’ennemi qui est la même pour ces «moins que rien», mais l’impact humain est plus lourd en Algérie.

Source : El Watan

https://www.algerieinfos-saoudi.com/2021/03/1871.les-combats-divergents-des-insurges-algeriens-et-des-communards.html?utm_campaign=_ob_pushmail&utm_medium=_ob_notification&utm_source=_ob_email

Dans ALGERIE

EN MARGE DU RAPPORT STORA : LITTERATURE, HISTOIRE ET DEPENDANCE NEOCOLONIALE

Par Le 09/03/2021

En marge du rapport Stora : Littérature, Histoire et dépendance néocoloniale

En marge du rapport Stora : Littérature, Histoire et dépendance néocoloniale

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 Contribution| 04 Mars 2021 | 15:48

Par Abdellali MERDACI

Le rapport de Benjamin Stora au président Macron sur « les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie » comporte une série de préconisations sur la réception de l’histoire coloniale et un volet culturel assez étriqué pour mériter d’amples débats. La littérature en est absente, parce qu’elle n’est pas ressentie comme un phénomène conflictuel. Entre la France et l’Algérie littéraires, il n’y a pas un conflit nommable mais une pernicieuse situation de domination néocoloniale, suffisamment enracinée. 

S’il évoque quelques noms (Jean Pélégri, Emmanuel Roblès, Marie Cardinal, Alain Vircondelet et André Rossfelder, pp. 37-38) et quelques titres de la littérature française sur le thème très proche de l’Algérie coloniale (ainsi « Les Chevaux du soleil » [1968-1975] de Jules Roy et « Fort Saganne » [1980] de Louis Gardel), Stora se contente d’une notation lapidaire pour solder un passif littéraire colonial qui fut contraignant : « (…) la figure de l’ancien colonisé est rarement présente, presque comme des étrangers sur leur sol natal » (p. 74). Bien avant « L’Étranger » (1942) d’Albert Camus, texte typique de cette éviction de l’Indigène, il y a la littérature coloniale des Européens d’Algérie dans sa signalée radicalité qui l’a précédé, dont l’École d’Alger, à laquelle il a appartenu, achève le cycle : du pittoresque Cagayous, inventé par Musette, rugissant les clameurs d’une époque raciste et antisémite, à Louis Bertrand, sur les traces de Stéphane Gsell et d’une Algérie résolument latine, Robert Randau, vague adepte de Jules Ferry, pratiquant un paternalisme honteux envers la « race soumise », et Charles Courtin (« La Brousse qui mangea l’homme », 1925), opérant une géographie ségrégationniste des espaces dévolus aux communautés de la colonie, et leurs nombreux épigones. Si l’occupation française de l’Algérie a été une affaire de militaires, de gendarmes et de policiers, la littérature qu’en ont donnée les colons européens a été à la mesure d’un encadrement sans faille du mythe colonial, tout en s’érigeant en lieu de toutes les exclusions. Signe symptomatique de cette séparation, l’Algérie coloniale créait pour les Européens et les Indigènes deux sections du Grand Prix littéraire de l’Algérie, financé par le gouvernement général. On ne mélangeait ni les populations ni leurs littératures.

S’il accorde une soigneuse attention au cinéma largement référencié dans son argumentaire, Benjamin Stora s’en remet au cinéaste Lucas Belvaux, adaptant le roman de Laurent Mauvignier « Des Hommes » (Paris, Minuit, 2009), pour marquer l’importance de la fictionnalité dans la construction des imaginaires des groupes sociaux, dans ce qui forge leur rapport à l’Histoire vraie : « La fiction permet de mélanger l’Histoire collective et les histoires individuelles. Raconter des histoires individuelles, même si elles sont fictives, permet de multiplier les points de vue sur l’Histoire. Parce que la fiction a besoin de confrontations, de regards opposés, de dialectique pour intéresser et cette multiplication de points de vue permet au spectateur (ou au lecteur) d’élargir son horizon, de se faire sa propre idée. L’autre intérêt de la fiction, c’est de pouvoir raconter l’intime, l’explorer, fouiller la matière sombre, enfouie de chaque individu et, qui, parfois, permet de comprendre l’inexplicable » (p. 71). 

Affirmation de principe. Toutefois, Benjamin Stora ne s’exprime pas sur ce que peuvent dévoiler la littérature et les arts algériens des blessures de la guerre, de leur guerre, puisqu’ils lui demeurent opaques. Alors que les récits de Français sur la guerre d’Algérie, sur leur guerre d’Algérie, abondent, la fiction littéraire, nécessairement algérienne, est simplement évacuée dans la réflexion de l’historien de l’Algérie contemporaine. Si le chargé de mission du président français devait confronter les imaginaires français et algérien de la Guerre d’Indépendance (1954-1962) dans l’édition française, il aurait recensé des dizaines d’ouvrages français, tous genres confondus, face au seul roman « L’Opium et le bâton » (Paris, Plon, 1965) de Mouloud Mammeri, adapté au cinéma par Ahmed Rachedi, en 1971. Il mentionne, certes, en exergue de son rapport un texte de Mouloud Feraoun, extrait de son « Journal, 1955-1962 » (Paris, Seuil, 1962) et pour le premier chapitre de sa réflexion un texte équivoque – on y reviendra – de Kateb Yacine sur les « Ancêtres », mais il manque dans son propre pays de l’appui d’un récit algérien de la guerre, qui n’a plus droit de cité en France. Il est clair, après l’indépendance de l’Algérie, que les créations littéraires d’Algériens sur la guerre de libération nationale, lointainement imagée dans les romans publiés à Paris de Malek Haddad (1958, 1960, 1961), Mohammed Dib (1959, 1962), Mourad Bourboune (1962), Assia Djebar (1962 ; exceptionnellement et tardivement en 1967), n’entraient plus dans la perspective de l’édition française. Le regard algérien sur la Guerre d’Indépendance a été particulièrement barré : cela ne sera pas sans effets néfastes. Dans le même temps, les Algériens étaient dépossédés de l’écriture de leur histoire littéraire, qui va échoir à des Français, un curé défroqué (sans aucun titre universitaire), aide-bibliothécaire au Centre diocésain d’Alger, et un coopérant tout juste licencié en lettres, enseignant d’ancien français, qui en assureront un long règne et une évidente charge politico-idéologique. 

Dans les années 1960-1970, le thème de la guerre était abondamment stigmatisé et isolé dans ce qu’un universitaire français regroupait sous le vocable, volontairement péjoratif, de « romans de la SNED », du nom de l’unique éditeur algérien. Ces spécialisations éditoriales, d’un côté, le récit de la guerre en Algérie, de l’autre, la description, souvent critique, de la société algérienne confrontée aux premiers déchirements de l’indépendance, en France, engageaient une spécifique rupture entre ce qui pouvait s’écrire par des Algériens dans un pays et dans l’autre. La thèse « un pays, deux littératures » que j’ai exposé dans plusieurs contributions, mise en œuvre par l’Université, l’édition et les médias français, s’inscrivait dans la durée. Elle est la raison d’une nette scission dans la littérature des Algériens, qui perdure et retarde l’avènement d’une littérature nationale unie et autonome. Si l’Algérie, sortant du joug colonial français au gré de sacrifices humains, n’est pas formellement dominée politiquement par la France, sa littérature le reste pleinement.  

Une domination littéraire française 

Ce dualisme littéraire algérien, confirmé à l’indépendance, prolonge une séparation coloniale. À l’opposition « Littérature coloniale VS Littérature indigène » succède l’opposition « Littérature éditée en France VS Littérature éditée en Algérie ». Comme hier, la littérature indigène de la colonie, la littérature algérienne éditée en Algérie est une littérature dominée, écrasée par le double encerclement de l’institution littéraire française et de ses auteurs algériens (ces navrants « Arabes de service », selon la formule célèbre de Malek Haddad). Expression d’un pays indépendant, la littérature des Algériens,  spécialement celle qui est écrite en français, est considérée à Paris comme une périphérie de la littérature nationale française. Dans nombre de manuels scolaires et de traités d’histoire littéraire français édités dans les années 1960-1970, dont certains continuent à circuler dans les écoles et les universités, les auteurs algériens de langue française de la période coloniale sont recensés au crédit de la littérature française. Et, bien des décennies après, ce phénomène d’accaparement ne s’est pas tari : lors d’un colloque dans un pays nordique, en 2016, ce sont Boualem Sansal et Kamal Daoud (qui n’était pas encore naturalisé français), censément Algériens, qui représentaient la France littéraire et débattaient en son nom. De la colonie française à l’État algérien indépendant et souverain, rien n’aura donc changé.

Cette francisation des écrivains algériens, précédant leur naturalisation, agie en toute conscience par les éditeurs, est admise par le champ littéraire français, vindicativement assimilateur. Si la France sait attirer de potentiels écrivains algériens, qu’elle naturalise sans délai, il est tout autant vrai que la liberté de choix d’un pays, d’une nationalité, doit être reconnue à tous. Le problème qui est posé ici est celui de l’indispensable loyauté des auteurs français d’origine algérienne envers le pays – et la littérature – qu’ils ont quitté. Ce qui est insupportable, c’est que tel ou tel écrivain, Français par choix personnel, puisse encore parler de l’Algérie, rabaisser son peuple et son histoire, tout en prétendant en être le représentant qualifié. Moralement, intolérable : lorsqu’on a consciemment tourné le dos au pays de « Quassaman » et du 1er-Novembre, il est odieux de prétendre en parler et, surtout, parler en son nom.

De même, la loyauté de la France littéraire envers la littérature d’un pays dont elle devrait accepter l’indépendance et l’autonomie littéraire, n’est pas acquise. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu, entre la France et l’Algérie littéraires, une reconnaissance mutuelle qui garantirait une saine égalité et des échanges apaisés. Depuis les années 1950, les écrivains algériens reçus en France sont spécialement ceux qui sont adoubés par le champ littéraire français et ses indécrottables gourous et agents de lobbies divers dont celui, désormais très influent, du sionisme international. Un écrivain algéro-algérien, écrivant en Algérie et publiant en Algérie, nonobstant son savoir-faire, n’a pas, à l’instar de tous les écrivains du monde, sa place en France. L’édition française serait en mal d’aligner un seul contrat d’achat de droits d’une œuvre algérienne intégrale. Lorsqu’un auteur ou une œuvre l’intéresse, elle les prend dans un insensé piratage. En cinquante-neuf années d’indépendance, l’institution littéraire française et ses différences ordres de l’édition, de l’École, de l’Université, des Académies, de la critique spécialisée, ignorent la littérature nationale algérienne dans ses différentes langues (arabe, tamazight, français) : aucun auteur de langues arabe ou tamazight, issu de l’édition algérienne, n’a été traduit et diffusé par l’édition française au moment où les écrivains de langue française (il s’en trouve de plus grande qualité que les têtes d’affiche actuelles de l’édition française) et leurs œuvres sont rejetés. Viendra-t-il le temps où l’édition parisienne acquerra auprès des éditeurs nationaux des œuvres d’authentiques auteurs algériens, comme elle le fait avec plusieurs pays de tous les continents, sans recourir à des cadres de soumissions abjects et répulsifs ?

Le système de domination que des capitales de la littérature mondiale, ainsi Londres et Paris, imposent à plusieurs pays anciennement colonisés, les accule politiquement et littérairement à une infinie dépendance. S’il est établi qu’un écrivain russe, chinois, américain, allemand, italien, n’attend rien de ces puissances littéraires impériales, un écrivain de langue française du continent africain n’a aucune chance de se faire connaître hors de son territoire sans  s’agenouiller devant la France. Jusqu’à quel point Alain Mabanckou, Léonora Miano, Fatou Diome, Abd Al Malik, Calixte Beyala et le groupe des « négropolitains » – et même la « décoloniale » Rokhaya Diallo – expurgeant de leur profil leur nationalité d’origine, devenus Français, expriment-ils leur pays de naissance abandonné ? Ces auteurs du Congo, du Mali, du Cameroun, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et des anciennes entités de l’Afrique équatoriale et occidentale française, constituent une périphérie africaine de la littérature française. Il en va de même pour les auteurs venant d’Algérie, dénationalisés, animant une autre périphérie surpeuplée et remuante de la littérature française. Ces auteurs de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb, Français, tourbillonnant dans le marais de la littérature française, sont artificieusement promus tuteurs de la littérature de leur pays d’origine. Exemple, plusieurs fois observé : en cas de besoin d’un écrivain dans une quelconque manifestation internationale, et par la volonté de l’institution littéraire française, relativement à l’Algérie, c’est le Français Anouar Benmalek (ou Salim Bachi ou un autre) ou, relativement au Congo, le Français Alain Mabanckou, qui parleront au nom de la littérature de pays (et même du continent !) avec lesquels ils n’ont plus aucune attache. Cette pesante mainmise de la France littéraire sur les littératures nationales de langue française subjuguées les confine dans un statut de littératures mineures, irrémédiablement mineures, dépouillées de leur destin, et les condamne, à terme, à disparaître. 

Une littérature de valetaille 

En France, dans le milieu littéraire, l’hypocrisie est de mise, insurmontable. Les spécialistes de la littérature française savent que la grande édition française, regroupée dans le Quartier latin, ne publierait pas la plus originale des œuvres littéraires, d’où qu’elle vienne, quel qu’en soit l’auteur, si elle n’en ressentait pas la singulière et pressante attente de son lectorat français. Ce lectorat symbolisé par le typique notaire de Carpentras, une cité du sud de la France, constitue une force économique indépassable : il est politiquement proche du Rassemblement national, historiquement marqué par son fourvoiement dans la collaboration pétainiste et son engagement pour l’Algérie française. C’est au nom de ce lectorat, et pour ne pas en troubler les fortes convictions, que l’éditeur germanopratin Gallimard a rompu les ponts avec l’écrivain anglais Martin Amis, refusant de publier son roman sur Auschwitz et la Shoah (« La Zone d’intérêt », 2014-2015, édité en seconde main par Calmann-Lévy). Car avant d’être une expression esthétique, l’œuvre littéraire est principalement une marchandise, et dans les antres germanopratins, la morale s’exerce dans une géométrie variable. C’est ce même éditeur parisien, autrefois collaborateur de l’occupant nazi, revendiquant une « direction aryenne », censurant la prose de Martin Amis, qui attend de publier les tracts rageusement antisémites de Louis-Ferdinand Céline, de l’or en barre. 

Concernant spécialement l’Algérie, l’édition française ne déroge pas à la règle sacrée de ne publier que des textes qui n’effarouchent pas son lectorat traditionnel et ne  froissent pas ses penchants idéologiques. En fait, une littérature de valetaille, saluée à Carpentras. L’Algérie a souffert, et souffre toujours, de ces écrivains algériens ou Français d’origine algérienne entrés dans les sillons dépravés de l’édition germanopratine et des ses ombreuses coulisses. Observons-en le résultat : la France littéraire (et, instinctivement, politique) a créé un Boualem Sansal, allié actif du sionisme international, dineur patenté du CRIF, piétinant les sépultures de martyrs palestiniens ; un Kamel Daoud, avorton littéraire lancé par Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut (avant son actuelle et momentanée disgrâce médiatique) et Pierre Assouline, puissant lobbyiste sioniste, allègrement naturalisé français, en quête présentement du « Français du futur », qu’il entend symboliser ; un Abdelkader Djemaï, Oranais de naissance, qui  persiste indignement à prêcher depuis Paris qu’un écrivain n’a ni nationalité ni frontières, prenant la suite dans cette revendication immonde défendue autrefois par l’académicienne française Assia Djebar (1936-2015) ; un Salim Bachi, aujourd’hui haut-fonctionnaire culturel français, qui se félicite d’avoir échappé à la tourbe algérienne ; un Anouar Benmalek, invétéré donneur de leçons aux Algériens, à la fois Suisse et Marocain, qui se vante d’entrer en Algérie et de narguer les Algériens avec son passeport français ;  enfin, pour ne pas allonger cette liste, un Slimane Benaïssa, utilement traité par les « services » français, traversant la Méditerranée, au mitan de la guerre islamiste des années 1990, dans une malle diplomatique de l’ambassade de France à Alger, pour se faire assurément Français, nommé par un gouvernement des frères Bouteflika commissaire du Festival international du théâtre de Bejaia et oublié, jusqu’à nos jours, dans cette sinécure. À l’exception de Sansal, qui attend une nationalité française octroyée par l’État français, qui ne s’en cache pas, tous ces écrivains sont français, résident en France et l’unique lien qu’ils ont avec l’Algérie est d’en faire un scandaleux commerce et de s’en proclamer comme les justes délégataires littéraires investis par la France. 

Ajoutons à ces scabreux profils d’auteurs que la France souhaite (et a toujours souhaité) imposer à l’Algérie et aux Algériens, le funambulesque Yasmina Khadra, impétueux athlète de la course aux honneurs français (il est en effet piquant qu’un ancien commandant de l’Armée nationale populaire, gardienne des valeurs de la Glorieuse Armée de libération nationale, soit décoré de la Légion d’honneur française et qu’il en attende la rosette de Grand Commandeur !) et aux prix littéraires, guerroyant récemment contre le crapuleux Français d’origine marocaine Tahar Ben Jelloun, qui a mis l’académie des frères Goncourt au service du roi de l’Ouest et les riads de Marrakech à la discrétion de ses jurés, qui lui ferme opiniâtrement les portes d’un prix littéraire, dorénavant fortement dévalué. Pathétique panade pour un prolifique et emprunté faiseur de commodes bluettes aux tirages pharamineux, facétieusement traîné dans le caniveau par le feuilletoniste littéraire du « Monde » Éric Chevillard pour son improbable français de fantassin zouave, agité de rugueux solécismes (« Yasmina Khadra écrit faux comme une casserole »). Mais pour l’historien et le critique de la littérature algérienne, Yasmina Khadra, écrivain algérien coursant avidement les honneurs de la France, qui n’est pas son pays, où il est un étranger, de surcroît ancien officier supérieur de l’Armée nationale populaire, est indéfendable. Il est patent que la gueuserie des harkas, inféodés à l’ordre colonial français, était une spécialité algérienne. Il en reste dans la littérature des Algériens de malheureuses survivances. 

Autre agacerie de l’édition française : Kamel Daoud a été vendu par son éditeur algérois au français Actes Sud (Arles) et payé en vile bimbeloterie, comme dans la traite négrière de jadis. Son bref opus « Meursault, contre-enquête » est récrit par l’éditeur arlésien sous le contrôle des ayants-droit d’Albert Camus, dont il a repris la trame de « L’Étranger », sans aucune considération pour un auteur abdiquant sa dignité de créateur libre. Mme Françoise Nyssen, achetant à Alger de la matière littéraire brute, en a fait un produit purement français, commercialisé en tant que tel dans le monde, sous les oripeaux hantés de l’écrivain pied-noir, prix Nobel de littérature 1957.

Voici, relativement à l’Algérie, ce que sait faire et à quoi se prête la France littéraire et, derrière elle, la France officielle.

Écriture de l’histoire coloniale et estampille française

Il est vrai que la France d’aujourd’hui a passé l’âge de sublimes penseurs et écrivains qui ont fait son renom. Accrochant, comme des marques de lessive, ses écrivains aux mâts-drapeaux publicitaires de Paris, elle est plus dans le spectacle que dans la littérature. Elle n’est plus une nation littéraire respectable. Car, elle n’envisage plus la littérature qu’à l’aune du bruit médiatique que savent répandre d’indélicats imposteurs, qu’elle campe en bretteurs d’opérette, qu’elle arme contre le pays d’origine qu’ils ont renié. C’est dans les colonnes d’un quotidien d’Alger qu’un membre de la harka littéraire, levée dans les soues de l’édition et des médias français, vient de déclarer que la nationalité algérienne est une terre violente et inhabitable. C’est aussi vrai que ce « Français du futur » a lancé un appel aux Algériens pour retourner à la France et à la nationalité française, qu’ils ont massivement répudiées le 1er juillet 1962. Ce petit soldat sans vergogne, à l’enseigne d’une « autre Algérie » vendue à la France, coutumier du buzz et des basses œuvres, adoubé à Paris par les porte-voix du sionisme international lorsqu’il martelait, en 2014, son indifférence aux Palestiniens et à Gaza sous un déluge de feu israélien, missionné de la France néocoloniale, sape la confiance des Algériens envers leur patrie et leur nation. 

La France de MM. Stora et Macron, songera-t-elle à en rameuter une foule d’épigones, qui fantasmeront, à la ressemblance du cinéaste français d’origine algérienne Lyès Salem, sur « une France de  Dunkerque à Tamanrasset » renaissant des décombres d’une décolonisation déchue ? Une des préconisations du rapport Stora y invite incidemment : « Favoriser la diffusion des travaux des historiens par la création d’une collection ‘‘franco-algérienne’’ dans une grande maison d’édition. Cela  afin de poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés et de chaque côté de la Méditerranée » (p. 96). Une collection dédiée à l’histoire de la colonisation française de l’Algérie dans une grande maison d’édition parisienne, accueillant des historiens algériens ? Cependant, rien ne ressemble à un éditeur parisien qu’un éditeur parisien et à un notaire de Carpentras, un notaire de Carpentras : on sait de quoi ils sont capables dans le domaine de la fiction littéraire. 

Les expériences passées et récentes d’écrivains, d’artistes, de musiciens, de dramaturges, de cinéastes, de comédiens, d’universitaires, d’ingénieurs et de spécialistes des corps de santé, le soulignent, ces historiens algériens le resteront-ils longtemps sous les fourches caudines de leurs nouveaux garants ? Ne répondront-ils pas à leurs desiderata pour tenir le discours et incarner la posture qu’ils en attendent ? Immanquablement, Sansal, en première ligne, donne le ton : « Il n’a jamais été possible, après 1962, de nous approprier l’histoire du pays. Elle est la propriété exclusive du pouvoir FLN. On a été nourri de sa doxa, une histoire d’héroïsme et de vérités absolues, dès la maternelle » (« L’Obs », 28 janvier 2021). La cinéaste française d’origine algérienne Sofia Djama (39 ans et « Algérienne libre », semble-t-il) peut surenchérir  dans cette même publication : « On est très abîmés par le devoir de porter la mémoire de nos parents et grands-parents, qui ont lutté pour la libération […] On a été tellement soulés par le récit officiel… ». 

Rébellion juvénile lue dans le rapport Stora ? Pourquoi le chargé de mission du président Macron, citant  Kateb Yacine (p. 4), convoque-t-il cette curieuse thématique de l’impossible passé et de la quête des origines perdues des Keblout ? Précisément, ce malaisé et fragmenté ressouvenir des Anciens : « Ce sont des âmes d'ancêtres qui nous occupent, substituant leur drame éternisé à notre juvénile  attente, à notre patience d'orphelins ligotés à leur ombre de plus en plus pâle, cette ombre impossible à boire ou à déraciner, – l'ombre des pères, des juges, des guides que nous suivons à la trace, en dépit de notre chemin. » L’auteur de « Nedjma » (Paris, Seuil, 1956) ne manquait pas d’épiloguer sur l’échec d’une généalogie coupable d’avoir raté les rendez-vous de son histoire, d’avoir trahi sa propre histoire (« […] quatorze mâles, qui ont à cœur de s’illustrer en arrachant leur père au voisinage du chacal, du tigre, du lion » ; Cf. « Le Fondateur », « Les Lettres nouvelles » (Paris), n° 40, juillet-août 1956). Avant et après « Nedjma », la littérature de Kateb n’excluait pas le trauma des Ancêtres, notamment, pour le reprendre, « l’ombre » du « Fondateur », « en son maquis », de ses descendants recomposant la mythologie de la tribu dans le présent colonial. 

Les héros de la Guerre d’Indépendance sont aussi des fondateurs, semant dans leur pacte de sang et dans leur martyr une inaccoutumée espérance de liberté. Ils n’ont pas failli. Mais ce ne sont ni une famille ni un avenir pour Sofia Djama (et ses cousinages désespérés), qui veut en  proscrire la mémoire. Au point qu’une historienne française, d’origine algérienne bien entendu, exige un « déverrouillage » de l’Histoire algérienne : en fait, enlever du récit national algérien tout ce qui empêche de jeunes Algériens d’aller à la rencontre de la France et devenir Français sans aucun passif tumultueux, expurger cette dérangeante mémoire de la Guerre d’Indépendance. Voila les  attentes de soudards habilités en France. Et, ce n’est qu’un début : la troupe haletante de demi-lettrés des troquets de France, de sécessionnistes makistes, d’illuminés de la « Tamazgha » et d’enturbannés de Londres et Genève, sur le même front de destruction de l’État algérien indépendant, n’est pas lâchée.

Ni l’Université, ni l’édition, ni les médias français ne sont disposés à entendre d’autres paroles que celles d’« Algériens libres », zélateurs d’une « histoire libérée ». Ces historiens, affranchis des universités algériennes, formés dans les Instituts d’histoire de France, boursiers de MM. Stora et Macron, s’aviseraient-ils de dénoncer dans leurs ouvrages, principalement destinés aux Français, les crimes imprescriptibles de l’Armée française pendant une atroce colonisation ? Il faut plutôt craindre qu’ils soient totalement retournés, plaidant après le nébuleux publiciste Éric Zemmour, la réhabilitation de Bugeaud et de Bigeard et de leurs acolytes, de sinistre mémoire. Car, le sentiment de déroute face à la résurgence d’une  Algérie française ne les a-t-il pas précédés ? N’est-ce pas Abdelkader Djemaï, célébrant l’abbé Lambert, le fougueux maire « anti-arabe » et « anti-juif » d’Oran, Boualem Sansal, traitant à grand bruit de « terroristes » les héros et martyrs de la Bataille d’Alger (1957), au lendemain d’un attentat islamiste, à Nice, en 2016, comme cela se comprenait et s’écrivait dans l’Algérie française du dernier quart d’heure ? Les exemples d’une rédemption quasi-obsessionnelle de la colonie française d’Algérie, de ses figures, désormais auréolées (Edmond Charlot, Yves Saint-Laurent, Fernand Pouillon et bien d’autres), et les récits d’une guerre anticoloniale volontairement entachée sont nombreux. L’édition française, la grande édition française (Gallimard, Grasset, Seuil), que compte requérir Stora, ne peut susciter que des écrivains et des œuvres révisionnistes (à la sauce Sansal, Daoud et Cie), qui n’inquièteront pas sur les sujets de l’Algérie, du colonialisme, de la Guerre d’Indépendance, les cercles algérianistes de France et leurs contingents de lecteurs qui passent à la caisse. 

Dans ce canevas éditorial du rapporteur français, le risque est de constater, comme pour le roman, deux discours historiques clivés : une histoire de l’Algérie, conçue, écrite et éditée en Algérie, strictement réservée à la consommation locale, et une histoire autre, pensée à Paris, publiée par une grande maison d’édition, sous le label d’une pseudo-pensée critique, qui recevra l’estampille française, lui ouvrant les portes des universités occidentales et, accessoirement, du reste du monde, sûrement soumise à des directives politiques et académiques françaises. Plus distinctement, il y aura les historiens algériens d’Alger et les historiens (provisoirement) algériens ou Français d’origine algérienne de Paris. Convient-il de rappeler que depuis les années 1990, la France a naturalisé plusieurs centaines d’auteurs algériens, toutes spécialités confondues ? Il y aura, nécessairement, de nouvelles et impétueuses fournées.

MM. Stora et Macron auront à cœur, au nom de l’incontournable credo de la « libre expression » (l’est-elle vraiment dans l’édition et les médias français ?), de révéler, en Algérie, des « historiens libres », qui seront exclusivement jugés aux coups de boutoir qu’ils sauront donner à une conception académique et algérienne de l’écriture et de l’enseignement de l’histoire, qui n’a jamais été l’otage d’un néo-FLN délégitimé, qui n’en a que la lettre, ramassis d’héritiers présomptifs connus pour leurs sacs d’argent délictueux, affreux croquemitaine dont le chef était ordinairement domicilié à Neuilly-France, qui n’a aucune parenté avec celui qui a porté la marche libératrice et l’enfantement d’une nation, qui reste un acteur irrécusable de l’histoire algérienne contemporaine.

Que la France  se rende à l’exigence d’une histoire de l’Algérie coloniale et de la Guerre d’Indépendance écrite par des Algériens, hors de son emprise académique et éditoriale, sans rajouter de la confusion à la confusion. Et, qu’elle écrive sa propre histoire à sa guise, comme elle sait le faire. S’il advenait, l’injurieux projet éditorial de Benjamin Stora renforcerait davantage l’impérium de la France sur la création et la pensée d’un État souverain. Les Algériens dont la littérature de langue française, la plus visible sur le plan international, reste à la fois proprement effacée ou corrompue par la France devront-ils accepter l’infamie d’une historiographie algérienne compromise. Si la proposition de Stora ne devait qu’agrandir le camp des Daoud-Sansal, répétant de vieilles félonies de bachaghas et de harkis d’antan, la menace serait d’aller non pas vers l’apaisement des mémoires mais vers un conflit politique durable avec les Algériens et leurs pouvoirs politiques de quelque obédience qu’ils soient. Il n’est pas certain que les Algériens, de toutes sensibilités politiques, encouragent une histoire de la colonisation et de la Guerre d’Indépendance sous influence française, qui remette en cause un passé révolutionnaire qui les unit, qui reste l’inaltérable socle de leur solidarité. 

Abdellali MERDACI

https://www.algerie1.com/focus/en-marge-du-rapport-stora-litterature-histoire-et-dependance-neocoloniale-22

Dans ALGERIE

GUERRE D'ALGERIE : POUR PIERRE AUDIN, LA VERITE EST PLUS IMPORTANTE QUE DES EXCUSES

Par Le 10/02/2021

Guerre d'Algérie : pour Pierre Audin, la vérité est plus importante que des excuses

Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, figure de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie, assassiné en 1957 lors de la bataille d'Alger.

Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, figure de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie, assassiné en 1957 lors de la bataille d'Alger.

TV5MONDE

22 JAN 2021

 

Mise à jour 23.01.2021 à 13:50

 par 

Pierre Desorgues

Entretien. Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, militant de l'indépendance algérienne. Son père a été assassiné en 1957 par l'armée française et son corps n'a jamais été retrouvé. Il revient sur la question des disparus, un enjeu important de la  réconciliation des mémoires entre la France et l'Algérie. Au delà des morts et des disparus, Pierre Audin plaide d'abord pour un rapprochement entre les vivants et les peuples.

 

TV5MONDE : Le rapport de l'historien français Benjamin Stora est riche, dense. Il préconise 22 recommandations pour apaiser la question mémorielle sur la guerre d'Algérie et la colonisation (1830-1962). Que retenez-vous de ce rapport Stora ?

Pierre Audin : On trouve dans ce rapport beaucoup de mesures, d'actions assez symboliques pour arriver à cette question de l’apaisement des mémoires entre la France et l’Algérie. C’est un sujet très sensible où les gens qui étaient dans un camp où dans l’autre sont toujours à cran sur cette histoire. On trouve dans ce texte des préconisations comme l’entrée de Gisèle Halimi au Panthéon où une stèle à Amboise pour l’émir  Abdelkader (NDLR : chef religieux (1808-1883) et militaire algérien qui a mené la lutte contre la conquête coloniale française au milieu du XIXe siècle. Il a été enfermé par les Français dans le chateau d'Amboise).

Lire : Guerre d'Algérie : les principales propositions du rapport Stora

Ces symboles ne vont pas forcément être bien perçus par l’ensemble de la population. Beaucoup de gens ne savent pas qui est au Panthéon. Et malgré l'entrée de Gisèle Halimi, ils ne continueront pas à savoir qui y repose. On a des choses qui sont importantes sur le plan symbolique comme la vérité sur l'assassinat de l'avocat Ali Boumendjel (NDLR :  avocat et militant politique algérien, torturé et exécuté par les parachutistes de l'armée française en 1957) mais dans ce cas là, il faudrait aussi alors des milliers de préconisations car on ne connait pas la vérité sur la mort et la disparition de milliers de gens, Français ou Algériens.

Retrouver en intégralité l'entretien de Pierre Audin, par Pierre Desorgues et Guillaume Gouet :

Volume 90%

 

Lire aussi : France : le rapport Stora passé au crible par la presse algérienne


 Parmi ses propositions pour une "réconciliation des mémoires" entre Paris et Alger, l'historien français Benjamin Stora recommande la reconnaissance par la France de l'assassinat, maquillé en suicide, de l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel pendant la "bataille d'Alger" en 1957.

Parmi ses propositions pour une "réconciliation des mémoires" entre Paris et Alger, l'historien français Benjamin Stora recommande la reconnaissance par la France de l'assassinat, maquillé en suicide, de l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel pendant la "bataille d'Alger" en 1957.

DR

Le but du rapport est de vouloir réconcilier les mémoires algériennes et françaises. Mais n'est-ce pas une mission impossible ? Toutes ces mémoires (Pieds noirs, Harkis, anciens combattants de l’Indépendance..) sont contradictoires et conflictuelles.

Pierre Audin : Effectivement, beaucoup de mémoires sont contradictoires et la réconciliation franco-algérienne n'est pas aussi simple que celle qui a été imaginé par exemple entre la France et l'Allemagne. Mais il faut avancer, penser à l'avenir. Et cela ne peut être que rendu possible par un accès beaucoup plus libre des archives pour mieux appréhender quelles ont été les responsabilités des uns et des autres. Il faut trouver des coopérations scientifiques, universitaires, sportives... Cette coopération entre les deux pays doit passer par les peuples. Elle ne peut pas se résumer à un seul dialogue entre chefs d'Etats et de gouvernement.

Et pour permettre une telle coopération dans ce sens, il faut régler la question des visas. Pourquoi une telle complication sur cette question des visas entre les deux pays ? Les Français rendent les choses compliquées pour les Algériens. Et les Algériens, en retour, rendent les choses compliquées pour les Français. Il faut que ceux qui font du cinéma, du théâtre, de la culture puissent se rencontrer et échanger. Le rapport de Benjamin Stora préconise, il est vrai des facilités de visas pour les chercheurs, mais il faut aller au-delà. Le rapport demande à Alger d'entretenir les cimetières des Européens et des Juifs en Algérie. Mais pourquoi restaurer de tels lieux si les gens ne peuvent pas se rendre sur place, faute de visa ?

Pourquoi restaurer les cimetières juifs et européens en Algérie si les gens ne peuvent pas se rendre sur place, faute de visa ?Pierre Audin, fils de Maurice Audin

La présidence de la République française a clairement indiqué qu'il n'y aurait « ni repentance, ni excuses». L'Etat algérien demande des excuses à la France pour les crimes commis lors de la colonisation et lors de la guerre d'Algérie. La France doit-elle s'excuser ?

Pierre Audin : La repentance fait partie d'un vocabulaire religieux et ce n’est pas mon vocabulaire. En ce qui concerne les excuses, ce sont surtout ceux qui ont commis les exactions qui doivent s'excuser ou du moins ils auraient dû être poursuivis en justice pour ce qu’ils ont fait. Est-ce que le président français actuel doit faire des excuses au président algérien ? Ce qui est important, c'est la vérité. Ce qui est important, c'est par exemple la déclaration qu'a faite à ma mère Emmanuel Macron. Ce que l'on attendait de lui, c'est qu'il dise un certain nombre de choses, sur la mort de Maurice Audin.

Bien plus que des excuses à ma mère, la parole d’Emmanuel Macron a été importante lorsqu’il a affirmé qu’il existait bien un système de répression à Alger avec ses arrestations, sa torture, ses exécutions sommaires. L’objectif de cette répression n’était pas de déjouer des attentats mais bien de terroriser la population et d’empêcher les gens de rejoindre le combat de l’indépendance. Ce type de reconnaissance est bien plus important que des excuses.

Maurice Audin et la question des disparus

Maurice Audin était un membre du parti communiste algérien, partisan de l'indépendance de l'Algérie. Son arrestation par des soldats français a lieu le 11 juin 1957, lors de la bataille d'Alger. Il disparaît et meurt assassiné à une date inconnue. Son corps n'a jamais été retrouvé. La première reconnaissance officielle par la France de la mort en détention de Maurice Audin est faite en 2014. En 2018, le président Emmanuel Macron reconnaît officiellement les responsabilités de l'État français et de l'armée française dans son assassinat.


Maurice et son épouse Josette Audin à Alger en 1957. Le président français Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la République française dans son assassinat.

Maurice et son épouse Josette Audin à Alger en 1957. Le président français Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la République française dans son assassinat.

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Le cas de Maurice Audin n'est pas un cas isolé. Ils seraient des milliers, Algériens et Français, à avoir disparu. Le décompte semble impossible. En 1957, lors de la bataille d'Alger où les exécutions sommaires étaient légions, le secrétaire général de la préfecture de police, Paul Teitgen, a compté 3 024 disparus. Le rapport Benjamin Stora propose que Français et Algériens travaillent ensemble pour compter, identifier et exhumer les corps des disparus.

La  commission « Mémoires et vérité » que préconise Benjamin Stora dans son rapport aborde la question des disparus. L’idée est de localiser les sépultures, d’identifier les corps des disparus algériens et français. Votre père a été assassiné en 1957.  Son corps n’a jamais été retrouvé. Espérez-vous que l’on puisse un jour exhumer sa dépouille ?

Pierre Audin : On peut toujours espérer. J’espère que si cette commission est mise en place, elle ne servira pas à enterrer cette question des disparus. Pour que l’espoir devienne réalité, il faudrait que les deux pouvoirs, les deux chefs de l’Etat se mettent d’accord. Il faut que ceux qui savent où aller chercher, les Français, le disent aux Algériens, c’est-à-dire ceux qui vont creuser, chercher, déterrer. Le territoire est désormais algérien. Il faut des tests ADN pour identifier les victimes. C’est important pour les familles, notamment en Algérie. Mais cela demande une vraie collaboration entre les deux pays. Hélas, Khaled Drareni, correspondant de TV5MONDE en Algérie, est en prison parce que le chef de l’Etat algérien l’a dénoncé comme étant un espion au service des Français. Et la France n’a pas réagi. Ce n’est pas comme cela que nos peuples vont pouvoir travailler ensemble.

L’Algérie demande à la France de rendre les archives datant de la période coloniale (1830-1962). La France doit-elle donner ces archives à Alger ?

Pierre Audin : Le plus simple serait que les archives soient communes entre les deux pays. Il faudrait les numériser. Le problème de ces archives ne réside pas dans leur localisation mais bien dans la liberté d'accès à ses archives. Peut-on accéder à certaines archives en Algérie ? Peut-on y avoir accès en France ? Actuellement, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, qui est une officine qui travaille auprès du premier ministre français, considère que la loi n’a pas à s’appliquer sur la question de l’accès aux archives. La loi de 2008 affirme que la liberté d’accès aux archives doit être la règle au bout de 50 ans. Le SGDNS a ce pouvoir de classifier des documents. Pour tout ce qui concerne l’Algérie, il faudrait déclassifier. Le pays est indépendant depuis plus de 50 ans. Les archives doivent être accessibles. Un étudiant ne va pas attendre 3 ans, 4 ans, 5 ans pour consulter un document. Et ce sont souvent les étudiants dans leurs travaux de thèses qui font avancer la recherche historique.
 

La reconnaissance par la France de la vérité est bien plus importante que celle des

Audin, fils de Maurice Audin

Un autre problème autour des archives est posé. En ce qui concerne la disparition mon père, les archives nationales ont livré ce qu’elles possédaient.  Mais de nombreux officier de l’armée française, des colonels notamment, ont des archives privées. Les héritiers doivent rendre publics ces archives et les donner aux archives nationales. Pour la grande majorité des disparus, on peut encore trouver de nombreuses choses dans des archives privées. Et il faudrait les donner aux archives nationales et espèrer qu'elles ne soient pas classifiées.

Le président Emmanuel Macron veut multiplier les gestes vers Alger. Peut-on espérer un apaisement sur ces questions entre l'Algérie et la France ?

Pierre Audin : Il faut travailler sur ce passé, reconnaître ce qui s'est passé et avancer. Et il faut mettre en avant des coopérations entre les deux pays et mettre de l'argent dans ces échanges. Je crois que ce qui va réellement apaiser les choses, c'est le temps. Le conflit mémoriel va peu à peu s'effacer.


Voir aussi : le rapport Stora mettra-t-il fin au tabou de la guerre d'Algérie ?
 

Volume 90%

 


Lire aussi : L'affaire Audin, à l'ombre de la France-Algérie


 

Pierre Desorgues

 

Mise à jour 23.01.2021 à 13:50

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https://information.tv5monde.com/afrique/guerre-d-algerie-pour-pierre-audin-la-verite-est-plus-importante-que-des-excuses-392723

Dans ALGERIE

L'ALGERIE ENTRE AU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU

Par Le 07/02/2021

 

Bonne nouvelle pour le monde libre...

Sunday, 07 February 2021 7:29 PM  [ Last Update: Sunday, 07 February 2021 7:29 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Une session du Conseil de sécurité de l'ONU. (Photo d'archives)

L’Union africaine (UA) a approuvé, jeudi 4 février, la candidature de l’Algérie au poste de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2024-2025, a indiqué le ministre des Affaires étrangères algérien, Sabri Boukadoum.
« Les travaux de la 38e session du Conseil exécutif de l’UA ont été clôturés par la validation de la candidature de l’Algérie au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2024-2025 », a tweeté Boukadoum, rapporte l’APS.
Le Conseil exécutif a mis l’accent sur « l’impératif attachement aux principes fondateurs de l’UA », a ajouté Boukadoum dans son tweet, cité par Algérie Patriotique.

Algérie: Paris défend la guerre

Algérie : Paris défend la guerre

La France envisage des « actes symboliques » par rapport aux crimes commis à l’époque de la colonisation et de la guerre d’Algérie, mais annonce qu’il n’y aura « ni repentance ni excuses », a annoncé ce mercredi l’Élysée dans un communiqué.

Dans son intervention lors des travaux du Conseil exécutif de l’UA, Boukadoum a affirmé que « l’Algérie, fermement convaincue du principe de solidarité et du partage équitable des charges et soucieuse de la concrétisation des objectifs du continent africain, sur tous les plans, tient à s’acquitter, à temps, de ses contributions financières au budget de l’UA et au Fonds pour la paix », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Lire aussi : Algérie : Paris minimise ses crimes

Cette session a été consacrée à l’examen d’une série de rapports, dont celui relatif à la mise en œuvre de la stratégie continentale commune de lutte contre la COVID-19 et d’exposés sur les activités de différents organes de l’UA au titre de l’exercice écoulé.
Le Conseil exécutif s’est également penché sur le progrès réalisé dans la mise en œuvre des réformes structurelles de l’UA.

Les AWACs US contre l'Algérie?

Les AWACs US contre l’Algérie ?

La 38e session du Conseil exécutif de l’UA a été tenue, rappelle-t-on, en préparation des travaux de la 34e session ordinaire du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, prévue les 6 et 7 février courant par visioconférence et placée sous le thème « Arts, culture et patrimoine : des leviers pour construire l’Afrique que nous voulons ».
Il sera procédé, lors du Sommet, à l’élection de nouveaux membres de nombre d’organes de l’organisation continentale, à leur tête les six commissaires du Conseil exécutif de l’UA.

Lire aussi: Le Maghreb « résistant » n’est pas une proie facile, les revers cuisants de l’axe Mossad/CIA

De même qu’il est prévu, lors de cette élection et, pour la première fois, la fusion des deux Départements affaires politiques (DAP) et Paix et Sécurité (DPS), le but étant de conférer plus de poids au poste de président du Conseil de paix et sécurité (CPS), de manière à permettre au commissaire de gérer les différends politiques et les questions relatives à l’instabilité dans le continent, telles que les protestations contre les résultats des élections, ajoute Algérie Patriotique.

https://french.presstv.com/Detail/2021/02/07/644768/Algerie-ONU-Conseil-de-securite-

Dans ALGERIE

ALGERIE : UNE PETITION EST LANCEE POUR DENONCER LA HONTEUSE PRECONISATION DE STORA DE CREER UNE STELE A L’EFFIGIE DU RESISTANT ABDELKADER EN FRANCE

Par Le 05/02/2021

L'émir Abdelkader, résistant algérien contre la colonisation française (1852)

Rapport Stora: le projet d’une stèle de l’émir Abdelkader en France ne passe pas en Algérie

© AFP 2020

AFRIQUE

14:58 05.02.2021URL courte

Par 

591910

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Une pétition a été lancée pour dénoncer la préconisation de Benjamin Stora de construire une stèle à l’effigie d'Abdelkader en France. Ses initiateurs s’élèvent contre l’idée d’ériger une statue «sur la terre où il fut retenu en otage». La proposition est également condamnée par son arrière-petit-neveu et président de la fondation Émir Abdelkader.

Le rapport de Benjamin Stora sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie commandé par le Président français Emmanuel Macron ne cesse de faire réagir, notamment en Algérie.

Cette fois-ci, c’est la recommandation de l’historien aux autorités françaises d’ériger une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader (1808-1883), résistant contre la conquête de l’Algérie par la France, qui soulève de vives critiques. Dans son chapitre «Préconisations», Benjamin Stora écrit: «La construction d’une stèle, à Amboise, montrant le portrait de l’émir Abdelkader, au moment du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022. Restitution de l’épée d’Abdelkader à l’Algérie.»

Cette proposition a fait réagir un groupe de citoyens et d’intellectuels algériens qui ont lancé, lundi 1er février, une pétition en ligne.

«Nous, signataires de cette pétition, nous nous élevons de la façon la plus ferme et la plus déterminée pour dénier à cet État de jouer encore avec la haute figure de notre émir. Nous demandons de la façon la plus énergique à notre propre État de se positionner clairement contre cette manœuvre néocoloniale et de peser de tout son poids pour refuser ce crime supplémentaire contre notre mémoire nationale», peut-on lire.

Otage

Les initiateurs de la pétition considèrent que la proposition de Benjamin Stora de construire cette stèle à Amboise, «terre où il fut retenu en otage», constitue un «détournement du nom et du prestige de l’émir Abdelkader par l’État français parjure».

Alger

© SPUTNIK . VLADIMIR PERVENTSEV

Françoise Vergès, politologue: «Le rapport Stora sert des objectifs macronistes»

 

«L’État français a parjuré l’armistice signé par le général Lamoricière et l’émir Abdelkader. Il a détourné le bateau censé le conduire en Palestine, sur la base de cet armistice, et l’a pris en otage avec sa famille et sa suite», rappellent-ils.

Mohamed Lamine Bou