ALGERIE

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AHMED AKKACHE : ART ET ENGAGEMENT

ART ET ENGAGEMENT

21 MARS 2017

Rédigé par homme de fer et publié depuis Overblog

 

   L’hommage que nous rendons à la mémoire de notre grand ami commun, le regretté Abdelhamid Benzine, nous permet cette année encore de nous retrouver, d’évoquer son souvenir et de débattre de thèmes auxquels il a souvent contribué de son vivant. Cette commémoration devient ainsi une sorte de tradition culturelle qui enrichit et encourage à poursuivre la lutte, pour ne Algérie plus fraternelle, plus libre et plus juste.

L’artiste, l’intellectuel en général, peut-il être neutre ? C’est, je crois, le sujet de réflexion qui nous est proposé aujourd’hui. L’artiste peut-il être neutre, non pas seulement en tant qu’individu dans la société, mais aussi et surtout en tant que créateur. Doit-il se limiter à des préoccupations d’ordre esthétique ou s’engager au contraire dans le mouvement social, pour éclairer, pour éveiller, pour émouvoir et contribuer ainsi, dans les formes qui lui sont propres, au progrès humain ?

Cette question est d’autant plus importante que notre peuple a subit durant des siècles la domination et l’exploitation de l’étranger, qu’il a été dépersonnalisé, déculturé, humilié pour tenter d’en faire un peuple esclave. Certes, nos plus grands artistes et intellectuels ont su par leurs écrits, leurs tableaux, leurs chansons ou leurs pièces de théâtre, contribuer à l’œuvre collective de libération nationale.

Mai cette œuvre n’est pas encore achevée. De grandes promesses ont été oubliées. Des libertés confisquées. Les inégalités sociales renaissent. L’artiste, être sensible et profondément humain, peut-il ignorer les souffrances de ses semblables, la douleur de ses compatriotes, le courage et les difficultés de ceux qui luttent pour défendre leurs droits démocratiques et réclament l’amélioration de leurs conditions de vie ?

L’histoire nous montre que les artistes et les intellectuels se sont toujours engagés aux côtés – et souvent même à l’avant-garde – de leur communauté ou de leur société pour défendre les causes justes. Il y a cependant parfois des exceptions.

J’ai été personnellement très choqué, durant la guerre de libération, d’entendre un grand écrivain, né en Algérie, se réclamant d’idéaux républicains et démocratiques, Albert Camus, nous dire qu’entre sa mère et la justice il choisissait…non pas la justice comme nous l’espérions, mais sa mère, c’est-à-dire la France, au moment même où des généraux français étranglaient Ben M’hidi dans sa cellule et que les parachutistes du général Massu torturaient d’une façon ignoble et faisaient disparaître les cadavres de milliers de patriotes algériens.

Quelle déception ! Cela a permis en tout cas de savoir qu’il ne s’agit pas d’être né et d’avoir longtemps vécu sur cette terre généreuse d’Algérie pour s’intégrer réellement à son peuple. Ce qu’il faut cependant regretter, c’est que certains journalistes et intellectuels algériens, négligeant l’histoire, persistent aujourd’hui encore à encenser Camus et même à le présenter comme un défenseur de notre liberté.

D’autres font d’ailleurs la même chose pour Saint Augustin, homme de grande dimension internationale, né à Souk-Ahras, dont on ne peut que respecter les convictions religieuses et l’enseignement théologique, mais qui a préféré se mettre au service de l’Empire romain pour combattre ses propres compatriotes, alors que les Saint- Cyprien, les Saint Donat et bien d’autres dignitaires de l’Eglise d’Afrique, dont on ne parle jamais, ont pourtant subi la répression romaine pour s’être placés du côté de leur peuple.

Fort heureusement de grandes personnalités du monde de la culture et de la pensée n’ont jamais hésité à placer la justice au-dessus de toute considération. François Mauriac, qui n’est pourtant pas algérien, a dénoncé la torture colonialiste, tout comme le général de La Bollardière, qui a préféré être mis aux arrêts de rigueur plutôt que de participer à l’assassinat des Algériens. Honneur aussi à Jean-Paul Sartre et aux 121 intellectuels français qui ont eu le courage d’appeler leurs jeunes compatriotes, malgré les menaces et les insultes, à ne pas faire la guerre aux Algériens. (Un appel soit dit en passant qu’Albert Camus a refuser de signer).

Mais ce temps est passé. Nous vivons aujourd’hui une époque nouvelle où l’on tend à oublier les amis d’hier pour mieux encenser les ennemis d’aujourd’hui. On s’efforce de nous faire oublier les qualités traditionnelles de courage, de dignité, de solidarité qui ont permis aux Algériennes et aux Algériens de suivre et de vaincre tout au long de leur résistance séculaire à toutes les formes d’oppression.

On nous propose aujourd’hui des valeurs nouvelles : l’égoïsme, la soumission devant les plus forts, le culte de l’argent, au détriment du travail productif et des grandes promesses de l’indépendance : la liberté, la démocratie, une société moderne et juste.

On entend de plus en plus le froissement des vestes qui se tournent, à la recherche de prébendes et de privilèges, mais aussi le grondement de citoyens mécontents devant le mensonge, les trafics la mauvaise gestion. On essaie de nous rassurer en affirmant que tout va très bien, que le pays réalise des miracles, qu’il a atteint cette année un taux de croissance économique de 3 ou 4% (alors que de petits pays comme la Maurétanie ou le Mozambique - qui n’ont pourtant pas de pétrole - dépassent les 8%).

Mais pourquoi ne pas nous parler aussi de certaines évolutions beaucoup plus spectaculaire ? Par exemple le taux de croissance du pillage de nos banques et de détournement de milliers de milliards ?

Pourquoi ne pas nous parler du taux de croissance de la criminalité, qui dépasse cette année les 30 % ?

Pourquoi ne pas nous parler des soldats et des policiers qui continuent à tomber sous les coups des terroristes dont les chefs souvent repentis sans jamais avoir demandé pardon vivent aujourd’hui comme des seigneurs ?

Pourquoi ne pas nous parler de la corruption, qui se généralise, de la pauvreté et du chômage, qu’on cherche à camoufler sous des statistiques trompeuses ? Pourquoi ne pas nous parler du taux de croissance du prix de la pomme de terre ou des pois chiches qui n’ont jamais été aussi élevés, alors que ces denrées constituent, avec les pâtes alimentaires, la nourriture de base de tant d’Algériens, ceux du moins qui n’habitent pas les villas résidentielles du club des pins ?

Que de thèmes de réflexion et de création, pour nos intellectuels et nos artistes, dans une société qui étouffe sous le poids de l’autoritarisme et qui, ne pouvant plus s’exprimer librement perd confiance dans ceux qui la dirigent, réduisant ainsi les chances d’un développement national authentique dans un pays qui dispose pourtant de potentialités considérables.

On a l’impression qu’on veut délibérément détruire l’espoir, vider notre société de sa substance, de son énergie, pour la livrer aux tenants de la mondialisation et leurs relais intérieurs. On décourage les cadres et les spécialistes nationaux pour faire de pus en plus appel à l’étranger. Non plus seulement pour de grands travaux d’infrastructures – ce qui est justifié- mais pour de multiples activités quotidiennes : la distribution de l’eau, le fonctionnement d’un hôpital, la construction d’un immeuble et même (c’est l’information donnée ce matin par un journal) pour la construction d’un grillage au stade de Bologhine.

Mais alors qu’avons nous fait en 45 ans d’indépendance ? Où sont es dizaines de milliers d’ingénieurs, de cadres et de techniciens formés dans nos universités ? A l’étranger ? En chômage ? Reconvertis dans d’autres activités ? Ou simplement oubliés par les pouvoirs publics ? Peut-on réellement faire assurer notre développement par des compagnes internationales dont le but essentiel est la réalisation de superprofits et la récupération des réserves alléchantes que la hausse du baril de pétrole nous a permis d’accumuler ?

On ne peut que s’étonner de cette priorité inquiétante qu’on donne aujourd’hui à l’importation, non seulement de marchandises – dont le volume a doublé en trois ou quatre ans – mais aussi d’idées…et de fabricants d’idées.

Il n’est pas question bien entendu de remettre en cause les importations – qui sont indispensables à notre équipement économique…et même à notre alimentation quotidienne – mais enfin si on pouvait glisser, au milieu des stockes énormes de téléphones portables et d’automobiles de luxe, quelques modestes bibliothèques, quelques livres de culture générale, ce serait magnifique, surtout si nos gouvernants, poussant la générosité jusqu’au bout, acceptaient de les subventionner, comme ils soutiennent le prix du pain, pour nos permette de les acheter plus facilement.

Prenons garde, dans le contexte actuel d’une mondialisation débridée et d’un capitalisme sauvage, à ne pas nous laisser entrainer vers l’impasse des sociétés de consommation et de gaspillage, alors qu’il nous faut avant tout renforcer nos capacités productives et l compétence de nos cadres pour faire face efficacement aux défis du siècle. N’oublions pas que notre industrie, pilier du développement, ne représente plus aujourd’hui que 6% à peine de la production nationale, soit 5 fois moins que les activités informelles qui échappent à tout contrôle de l’Etat.

Beaucoup de choses sont donc à faire en matière d’industrie, mais aussi en matière d’agriculture, de santé, d’éducation, de protection de l’environnement et de lutte contre la corruption. Autant de questions vitales auxquelles la société algérienne demande qu’on apporte des solutions.

Certains de nos compatriotes, excédés par les difficultés et les souffrances, semblent avoir perdu l’espoir. Il appartient à nos créateurs, comme le recommandait Hamid Benzine, de contribuer à leur rendre le goût de vivre, de réaliser, d’espérer.

Après une longue période de doute, la société algérienne bouge. Des salariés, des agriculteurs, des médecins, des enseignants, des petits entrepreneurs défendent aujourd’hui courageusement leurs droits et expriment, de façon autonome, leurs visions et leurs intérêts légitimes.

Ils contribuent ainsi aux grandes luttes populaires qui secouent toute la planète pour un monde de paix et de liberté, de solidarité et de justice.

 

Ahmed Akkache

 

 

Art et engagement

 

http://ahmedakkache.over-blog.com/2017/03/art-et-engagement.html


 

GUERRE D'ALGERIE : LE 19 MARS 1962 MARQUE LA VICTOIRE DU PEUPLE ALGERIEN CONTRE LE COLONIALISME FRANCAIS

Algérie: 19 mars marque la victoire contre le colonialisme

Sun Mar 19, 2017 11:13AM

Le 19 mars 1962 marque la date de naissance de l'Algérie libre. (Photo d'archives)

Le 19 mars 1962 marque la date de naissance de l'Algérie libre. (Photo d'archives)

Aujourd’hui 19 mars 2017, l’Algérie célèbre le cinquante-cinquième anniversaire de la fête de la victoire. Celle-ci a été enregistrée en fait le 19 mars 1962 après une longue guerre de libération nationale contre les forces coloniales françaises.

Il y a 55 ans, le peuple algérien célébrait l’entrée en vigueur des accords d’Evian, mettant ainsi un terme à sept ans et demi d’une guerre sans merci, entre les forces de résistance algériennes et les forces coloniales, une guerre qui a causé la mort d’un million et demi de personnes, sans compter les blessés et les disparus.

La période coloniale en Algérie, qui a duré plus de 132 ans de domination politique et militaire de l’Algérie, d’exploitation de ses richesses, de confiscation des droits les plus élémentaires de ses habitants, venait en effet de prendre fin, au grand soulagement des Algériens, qui sont sortis en masse dans la rue pour donner libre cours à leur joie et leur bonheur de retrouver enfin la paix et la tranquillité et de jouir de la liberté et de l’indépendance nationale. Le 19 mars 1962, c’est le jour de la victoire du peuple algérien sur le colonialisme français.

Avec Elmoudjahid

http://presstv.com/DetailFr/2017/03/19/514941/Algrie-19-mars-marque-la-victoire-contre-le-colonialisme


 

ATTITUDE DES SOLDATS DU CI DE OUED-SMAR LORS DU PUTSCH DES GENERAUX FELONS EN AVRIL 1961

 

ATTITUDE DES SOLDATS DU CI DE OUED-SMAR LORS DU PUTSCH DES GENERAUX FELONS EN AVRIL 1961

 

Je précise que notre CI était disciplinaire. Je n'avais pas 20 ans.

 

Le putsch s'est déclenché  dans la nuit du vendred 21 au samedi 22 avril 1961.

 

Bien qu'habitués au réveil matinal, nous avons brusquement été réveillés par des bruits insolites de véhicules chenillés. Notre camp était investi de blindés légers de la légion étrangère, les fantassins au béret vert, armés jusqu'aux dents, étaient déployés en tirailleurs. Nous ne comprenions pas ce qui se passait. L'écoute de radio Alger sur les transistors ne nous donnait à entendre que de la musique militaire.

 

Les treize pied-noirs de notre compagnie ne cachaient pas leur joie alors que nous les métropolitains, nous ne partagions pas leur exubérance. On se méfiait donc des treize pied-noirs que nous savions acquis aux généraux putschistes.

 

Curieusement, du lieutenant MERVIEL au serpatte Corse, les engagés s'étaient tous volatilisés. Nous n'avions plus de chefs. Entre appelés, les discussions étaient incessantes et animées. Nous étions tous d'accord et refusions de suivre les généraux félons mais, que faire? Comment procéder pour marquer notre opposition à ces traitres. Le travail au corps des militants des jeunesses communistes, en direction des appelés moins politisés, fut intense. Sur toute la compagnie, à l'exception des treize pieds-noirs, seul un métropolitain qui professait des idées extrémistes favorables aux séditieux, tentait d'entrainer les gars avec les factieux. Nous l'avons isolé.

 

Nous les appelés, nous étions tous favorables au refus de tout travail et de tout ordre des chefs. La situation était incontrôlable et dangereuse puisque nous ne savions pas ce qui se passait dans les autres unités, les factieux s'étant rendus maitre de tous les médias. Les mercenaires au béret vert de la légion étrangère trainaient alentours. J'ajoute que les bérets noirs des commandos de l'air parachutistes étaient avec le 1er REP le fer de lance des putschistes.

 

Dans l'après-midi de ce 22 avril 1961, trois anciens de la BA149 sont venus dans nos piaules pour discuter avec nous de la situation sur la base. Ils nous ont dit que tous les appelés de la BA149 et tous les marins de l'aéronavale étaient en grève. Les trois anciens nous ont demandé de nous joindre à eux. Sans aucune hésitation, nous avons accepté.

 

En fin d'après-midi de ce samedi 22 avril 1961, le colonel LANGLOIS, commandant la BA149 est venu dans nos baraques, flanqué du serpatte Corse, la cravache à la main. Le Corse a gueulé : "A vos rangs, fixe!". Personne n'a bougé. Le faux-cul de colonel LANGLOIS, a essayé de bredouiller qu'il ne fallait pas suivre les anciens alors que nous refusions tout travail et obéissance à nos supérieurs. Un camarade soldat a demandé à LANGLOIS de se positionner contre les factieux. LANGLOIS ne l'a pas fait et n'a pas condamné les félons. LANGLOIS et son chien de garde Corse ont piteusement rebroussé chemin.   

 

Dimanche 23 avril 1961 au soir :

 

De Gaulle s'est exprimé à la télévision. Il a demandé de mettre les généraux félons  en échec.

 

Je précise pour l'avoir moi-même vécu, que nous n'avons pas attendu après De Gaulle pour nous opposer par le refus d'obéissance aux généraux putschistes.

 

Lundi 24 avril 1961 : Les soldats des bases aériennes de Maison-Blanche et de Blida manifestent leur opposition aux factieux par une vive résistance. A Maison-Blanche, l'Internationale est chantée  par les soldats. Toujours à Maison-Blanche, les soldats de l'aéronavale et de l'aviation sont toujours en grève. Les mécaniciens avions " sabotent " volontairement  les appareils en enlevant une pièce maitresse par crainte  que les factieux ne forcent  les pilotes à utiliser les avions à des fins séditieuses. Les personnels navigants (P.N.) ont capté la longueur d'onde des véhicules de la légion étrangère. Ils ont émis un faux message, leur ordonnant de se diriger sur Alger. Ce subterfuge, pour éloigner la légion, leur faisait croire à un débarquement de fusiliers-marins, en provenance d'Hyères-Palivestre et qui devait les encercler. 

 

Mardi 25 avril 1961 : Des Nordatlas 2501 décollent de pistes différentes pour la métropole, bondés de bidasses. Grâce à cette action habile, les pilotes ont privé les putschistes d'un important moyen de transport aérien. L'un des avions s'est " crashé " en bout de piste sans gravité pour les gus, qui étaient nombreux pour un baptême de l'air improvisé. Nous étions sur la base où nous y avons vu des scènes incroyables, telle cette jeep qui roulait à l'aveuglette car une grappe humaine y était accrochée. Il y avait même des bidasses sur le capot. Il s'agissait de malades et de blessés légers en pyjamas, qui étaient sortis d'eux-mêmes de l'infirmerie. Ils brandissaient et agitaient des drapeaux tricolores. Des sous-officiers sillonnaient la base en voitures civiles, avec des drapeaux à croix de Lorraine, en criant ' Vive De Gaulle !".

 

Autre fait marquant de ce mardi 25 avril 1961 : Les bérets verts de la légion étrangère rappliquent pour boucler le parking sur lequel nous nous trouvions. Les officiers furieux hurlaient leurs ordres en allemand. Parmi ces allemands, il y avait d'anciens S.S. Je revois encore ces pilotes de l'armée de l'air, regardant comme nous, la scène. Un capitaine pilote s'est écrié : " Nous sommes " faits aux pattes ", alors qu'en même temps les légionnaires, ces mercenaires se ruaient sur les pilotes, sans ménagements, à coups de crosses dans les côtes. Cela se passait à quelques pas de nous. Les carottes étaient déjà cuites pour les factieux.

 

Si ma mémoire ne me trahit pas, c'est le matin du mardi 25 avril 1961 que le lieutenant Merviel est revenu parmi nous. Il a rassemblé la compagnie sur la place du drapeau. Il venait faire ses adieux aux gus du CI. Visiblement très ému et fier de ses bleus, il nous a demandé s'il pouvait compter sur nous. " Que les volontaires sortent du rang en avançant d'un pas !". Toute la compagnie a avancé, à l'exception de l'extrémiste de droite métropolitain. Le lieutenant Merviel avait les larmes aux yeux. Nous aussi. Il nous a remercié individuellement en passant dans les rangs pour serrer la main et dire quelques mots de sympathie à chacun d'entre nous. Lorsqu'il est arrivé près de moi, la main franchement tendue, j'ai vu dans ses yeux une intense émotion. Il m'a dit : " Toi aussi, petit Tourtaux, tu es volontaire "? Il a ajouté : " Nous nous reverrons".  Je ne l'ai jamais revu.

 

Communiste, j'étais fiché. Il savait que j'étais marqué à l'encre rouge.

 

En contribuant à la mise en échec des généraux factieux, nous avons fait notre devoir, voilà tout. Ce fut la seule fois où je fus volontaire en Algérie.

 

Le mercredi 26 avril 1961, le C.I. étant terminé, c'est dans l'après-midi qu'avec une petite quinzaine de gus, je suis muté dans notre nouvelle affectation, l'ETR805, à Mouzaïaville.

 

Parmi les occupants du GMC, trois ou quatre pied-noirs qui ont soutenu les généraux factieux.

 

Mouzaïaville est située dans la Mitidja, près de Blida et des gorges de La Chiffa, un des hauts lieux de la Résistance algérienne à l'occupation coloniale française.

 

Notre GMC s'est arrêté à une intersection de routes pour laisser passer une importante colonne militaire qui n'était autre que le 1er REP (Régiment étranger parachutiste), fer de lance des séditieux. Les mercenaires du 1er REP qui étaient en fuite chantaient la chanson d'Edith Piaf " Non, rien de rien, non, je ne regrette rien "

 

Lors du passage du dernier véhicule de cette troupe d'élite, fer de lance des généraux putschistes, les mercenaires au béret vert ont tiré plusieurs rafales de MAT49 dans notre direction. Personne ne fut touché dans le GMC. 

 

Ainsi, les généraux félons Salan, Challe, Jouhaux et Zeller, des officiers de haut rang, parmi les plus décorés de l'armée française, ont tourné leurs armes contre la République qu'ils avaient pour mission de défendre. Des mercenaires légionnaires, portant l'uniforme de l'armée française ont tiré sur des soldats de conscription, portant aussi l'uniforme de l'armée française.

 

C'est l'action des appelés qui a fait échouer le plan des ultras colonialistes.

 

19 MARS 1962 : CESSEZ LE FEU EN ALGERIE

19 MARS 1962  CESSEZ LE FEU EN ALGERIE

 

C'est à midi que le 19 mars 1962, le colonel commandant la BAO 211 de Telergma, dans le Constantinois a réuni, en présence des officiers et des sous-officiers tous les hommes de troupes disponibles pour nous annoncer que le CESSEZ LE FEU venait d'être proclamé en Algérie, mettant fin à la guerre. 

Cette bonne nouvelle fut accueillie par les gus du contingent par des cris de joie. Des "La quille bordel" ont fusé.


En ce 55ème anniversaire du CESSEZ LE FEU en Algérie et alors que les témoins de cette guerre coloniale disparaissent, il faut rappeler et expliquer à notre jeunesse la tragédie que fut la Guerre d'Algérie.

Par classes entières, près de 2 millions de jeunes gens du contingent furent mobilisés en Afrique du Nord de 1952 à 1962. Trente mille d'entre nous n'eurent pas la chance de revenir. Près de 300.000 furent blessés ou malades auxquels se sont ajoutés plus de 800.000 cas sociaux et pensionnés.

 

La population civile fut également très éprouvée. Des centaines de milliers d'Algériens furent tués.

 

Cette Guerre a laissé bien des cicatrices. Elle a profondément marqué toute une génération.

Avoir eu 20 et 21 ans en Guerre d'Algérie, avoir gâché les deux plus belles années de ma jeunesse ont fait de l'anticolonialiste que j'étais avant mon envoi forcé en Algérie, un antimilitariste.

Je dénonce le vote de la honte que sans vergogne les députés ont voté le 23 février 2005. Cette loi scélérate dont l'article 4 exige que " les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord (...)".

Plusieurs dizaines d'années après la fin de l'empire colonial, des députés ont osé voter une loi glorifiant le colonialisme et les infamies commises au nom et dans l'intérêt de la bourgeoisie française.

Lorsque les soulèvements des peuples colonisés firent sonner le glas de l'empire colonial, l'impérialisme français se cramponna à sa domination jusqu'aux limites du possible, faisant payer un lourd tribut de sang aux peuples opprimés mais, aussi, aux jeunes soldats, appelés du contingent envoyés en Algérie ou ailleurs pour mener de sales guerres coloniales.

C'est au prix d'atrocités, de massacres, de multiples destructions, que le colonialisme a pu établir sa loi en Algérie.

Cette loi inique a soulevé à juste titre l'opposition d'historiens, d'enseignants, mais aussi de tous ceux que révolte le silence fait sur les massacres qui ont jalonné l'histoire de la conquête et de la domination coloniales. 

Par ce vote scandaleux, les députés, élus du peuple ont réhabilité les assassins de l'OAS et encouragé tous les nostalgiques des guerres coloniales

Demain 19 mars, date anniversaire du CESSEZ-LE-FEU en Algérie, sera une journée du recueillement pour les victimes de ce conflit colonial meurtrier, qu'elles soient françaises ou algériennes.


J'insiste pour rappeler que les traumatisés de cette guerre sont des milliers à se débattre en plein dénuement avec leurs souffrances morales et psychiques auxquelles il n'est pas possible de trouver remède tant la souffrance morale et physique est terrible quand elle décide de frapper.

Des historiens s'essayent à relater ces souffrances mais rien ni personne ne peut remédier à ce mal.

Je n'en parle quasiment jamais tant c'est difficile, douloureux d'évoquer les terribles traumatismes de guerre.

En 2000, j'ai été un des 10 cas exemplaires "choisis" dans le pays, m'a-t-on dit. J'étais donc un de ces dix hommes anéantis par la guerre, laissés sans aide depuis des décennies, a accepter de dire à quoi nous a réduits l'injustice de la nation qui nous avait appelés.

Parmi les commentaires évoqués je lis notamment:
"Frappante est la constance de la peur chez tous les interviewés. Cette peur, qui persiste aujourd'hui, a ceci de remarquable qu'elle est plus rapportée aux menaces de la hiérarchie qu'à la crainte d'attentats ou d'attaques.
Chaque sujet exprime le besoin de parler. Le soulagement lié au fait qu'on l'écoute est d'autant plus grand que la détresse consécutive au traumatisme n'a jamais été vraiment reconnue.
Les troubles ressentis touchent tous au rapport avec la mort : angoisse d'être tué, tortures, cauchemars, ramassage de cadavres, etc."
Il faut avoir vécu de tragiques et sanglants événements pour savoir ce dont il s'agit.

Les historiens ne peuvent pas s'exprimer à la place des intéressés, c'est une des raisons qui font que les associations d'ACVG sont très méfiantes à l'égard des historiens qui relatent des faits rapportés sans les avoir eux-mêmes vécus.

Il n'est pas concevable que cette douloureuse page de l'histoire puisse être tournée.

 

Jacques Tourtaux

Appelé Anticolonialiste

Soldat Insoumis

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MESSAGE DU 19 MARS 1962

 

Il y a 55 ans, la guerre d'Algérie prenait fin. Cette guerre qui avait duré 8 années ne fut reconnue officiellement qu'en 1999, 37 ans après.

Le cessez-le-feu avait été proclamé le 18 mars 1962 par les accords d'EVIAN, signés par les représentants du gouvernement français et les représentants du gouvernement algérien, ainsi le cessez-le-feu intervenait le 19 mars 1962 à 12 heures.

Aujourd'hui, cette date du 19 mars reste la seule date officielle historique. Son officialisation est intervenue en 2012, 50 ans après.

Dans ce conflit, près de 2 millions d'hommes passaient sous les drapeaux dont 318.000 d'active et un million six cent mille appelés et rappelés.

30.000 soldats français y ont laissé leur vie. 650.000 blessés et plus de 1.000 disparus. Côté algérien, plus d'un million de morts.

Désormais le 19 mars est Journée Nationale du Souvenir et de Recueillement à la mémoire des Victimes Civiles et Militaires de la guerre d'Algérie et des combats en TUNISIE et au MAROC.

Souvenir, Emotion, Dignité, Respect, Fidélité, Réflexion, sont les valeurs données à nos cérémonies avec une volonté d'apaisement et de rassemblement.

Voici plus d'un demi-siècle s'achevait la guerre d'Algérie. Celles et ceux ayant survécu à cette tragédie savent combien sont précieuses 50 années de PAIX.

Gardiens et porteurs de la Mémoire, nous savons que commémorer c'est arracher à l'ignorance, permettre une écriture correcte de l'histoire dans la recherche de la vérité sans laquelle rien ne peut se construire, préserver l'Avenir.

Aujourd'hui, dans toutes les villes et villages de France, nous commémorons le 55ème anniversaire du 19 mars 1962. Si le Passé est écrit, l'Avenir se construit. Avec les jeunes de plus en plus associés à nos cérémonies, regardons notre histoire avec lucidité : puisons dans les leçons du passé.

Favorisons la réconciliation afin de tisser jour après jour, les liens d'amitié avec les peuples d'ALGERIE, du MAROC et de TUNISIE.

Construisons un monde solidaire et de PAIX.

 

VIVE la FRANCE

VIVE la PAIX


 

BEN M'HIDI L'INDEPENDANCE, LE SOCIALISME.

Ben M'Hidi, l'indépendance, le socialisme.

 bouhamidi mohamed 15 Mars 2017 0 commentaire

 

 

Objectifs fondamentaux de notre révolution

Par : Mohammed Larbi Ben M’hidi, chef de zone

 

La Révolution du 1er Novembre 1954, sous l’égide du FLN et de l’ALN, est l’expression d’une volonté populaire irrésistible pour la liberté et l’indépendance

Le peuple algérien reprend une autre fois les armes pour chasser l’occupant impérialiste, pour se donner comme forme de gouvernement une République démocratique et sociale, pour un système socialiste comportant notamment des réformes agraires profondes et révolutionnaires, pour une vie morale et matérielle décente, pour la paix au Maghreb.

Le peuple algérien est fermement décidé, compte tenu de ses déboires et ses expériences passées, à se débarrasser à jamais de tout culte de la personne et le messalisme en est une des formes les plus primitives, les plus réactionnaires, les plus dégradantes.

Le peuple algérien est résolu à faire de la direction collective dans un centralisme démocratique la loi qui régira désormais dans la discipline chacun et tous, du FLN, l’outil qui cimentera l’unité de la nation algérienne, de bâtir un avenir florissant pour tous les Algériens et Algériennes dans l’égalité et la justice.

Le peuple algérien dans sa lutte de libération nationale et d’émancipation, compte sur le soutien indéfectible des peuples frères maghrébins, sur la solidarité agissante des Arabes, sur l’amitié des Afro-Asiens, sur la sympathie du peuple français, des démocrates et progressistes du monde.

La victoire des peuples maghrébins consacrant l’égalité de tous leurs enfants- sans distinction aucune si ce n’est le mérite- est un facteur puissant d’équilibre et de paix dans le bassin méditerranéen.

Cette victoire permettra d’établir des alliances solides notamment avec le peuple français dans sa lutte contre le fascisme et pour la démocratie, et en plus elle sera un rempart puissant anti-impérialiste en Afrique.

La nation algérienne sous le guide éclairé des glorieux FLN et ALN poursuivra victorieusement sa marche, pour l’indépendance nationale, pour détruire à jamais le colonialisme rétrograde et faire triompher les libertés humaines dans l’équité et la fraternité universelle.

 

Source : Journal El Moudjahid, n°2, juillet 1956.

 

http://bouhamidimohamed.over-blog.com/2017/03/objectifs-fondamentaux-de-notre-revolution-par-mohammed-larbi-ben-m-hidi-chef-de-zone.html


 

LA FABRIQUE D'INTELLECTUELS : DE LA "SUBVERSION" AU CYCLE DE CONSECRATION DU BHL STAR-SYSTEM

 Devenez fan 

Universitaire, enseignant et chercheur

La fabrique d'intellectuels: De la "subversion" au cycle de consécration du BHL star-system

Publication: Mis à jour: 

KAMEL DAOUD

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Ce texte s'inscrit dans une démarche compréhensive ; il ne justifie rien et n'accuse personne. A moins que vous ayez demandé l'asile politique sur Mars, après l'élection de Trump, l'élimination de l'équipe nationale de la CAN et la hausse du prix des cigarettes, vous avez certainement remarqué le déluge Kamel Daoud qui a inondé les médias français.

De mémoire d'observateur, aucun autre écrivain algérien, voire maghrébin, n'a bénéficié d'autant de couverture médiatique en France : de France Inter à Europe 1, du Figaro à l'Humanité, en passant par Le Point et Arte, les journalistes français n'avaient d'yeux que pour le procureur de Cologne. L'événement ? La sortie du nouveau livre de l'auteur du Préface du Nègre (l'une des nouvelles préférées de l'auteur de ce texte). Non pas le Goncourt de cette année ou le prochain Nobel, mais un recueil de chroniques journalistiques que l'on peut trouver sur internet après deux cliques, même en écorchant le nom de leur auteur. C'est dire l'importance de l'événement.

A l'occasion, le magazine Le Point titrait : « Kamel Daoud : l'intellectuel qui secoue le monde ». Passons sur la photo illustrant le numéro, d'un orientalisme à peine dissimulé et témoignant d'un regard fantasmé que l'on porte sur l'intellectuel du là-bas chez nous et de la subversion bouchonnée. Ce que pose cette Une comme question c'est pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? Ce texte tente d'y répondre.

Qu'est-ce qu'un intellectuel ?

Terme à connotation péjorative à l'origine, avant qu'il ne soit réhabilité à la fin du 19ème siècle, l'intellectuel pose encore un problème par son statut : qu'est-ce qu'un intellectuel ? Quel rôle peut-il jouer dans une société ? « Kamel Daoud. L'intellectuel qui secoue le monde », avait choisi Le Point de titrer son dossier consacré à l'auteur algérien. Pourtant, on aurait pu trouver un autre statut à Kamel Daoud : écrivain, auteur, journaliste, chroniqueur... Tous ces statuts auraient eu un sens réel et des fonctions auxquelles ils correspondent. Un écrivain publie des livres ; un journaliste collabore avec des journaux ; un chroniqueur signe des chroniques.

Mais que fait réellement un intellectuel ? En effet, le magazine Le Point (abritant le célèbre bloc-notes de Bernard-Henri Levy, figure de « la vie intellectuelle » en France) ne fait que perpétuer une manie bien française. Aux Etats-Unis, Kamel Daoud serait un journaliste ; en Angleterre, il est écrivain. Mais en France, on préfère le présenter en tant qu'intellectuel et maintenir l'approximation terminologique voire l'ambiguïté. Contrairement aux autres statuts, l'intellectuel n'a de sens que s'il intervient dans le débat public et fait savoir ses opinions dans les médias. Aucun intellectuel n'existerait en dehors des sphères médiatiques. Aussi- surtout lorsqu'il s'agit des pays de la périphérie intellectuelle, pour les médias français, un intellectuel doit déranger et sortir du lot. L'intellectuel serait essentiellement subversif.

Dans l'une de ses dernières interviews, le grand écrivain Rachid Mimouni donna sa définition de l'intellectuel. « Je crois à l'intellectuel comme éveilleur de consciences, comme dépositaire des impératifs humains, comme guetteur vigilant, prêt à dénoncer les dangers qui menacent la société.», dit-il. Mais un intellectuel peut-il éveiller des consciences au détriment des logiques médiatiques et des enjeux politiques ? Ceci pose, d'emblée, la question de l'indépendance de l'intellectuel. Que se passe-il quand les impératifs humains se confrontent-ils aux enjeux économiques et autres dispositifs cyniques des appareils médiatiques ?

L'univers des connivences

A cette question, répond Serge Halimi, sans concessions et de façon méthodique, dans son livre « Les nouveaux chiens de garde ». Il montre notamment la révérence des intellectuels de service et des hommes de médias devant le pouvoir de l'argent en France. Si le temps où un ministre de l'Information était capable de sonner les responsables de la radio et de la télévision est révolu, ceci ne veut pas dire pour autant que les médias sont totalement indépendants. Ils ont juste changé de propriétaires.

Le « pouvoir médiatique » est concentré entre les mains d'une oligarchie (1). Prenons quelques exemples : L'homme d'affaires François Pinault (7ème fortune française) est propriétaire du magazine Le Point. Ce même Pinault détenait jusqu'à il y quelques années des parts dans le groupe TF1 (propriété de la famille Bouygues), qui possède, entre autres, la chaîne du même nom et la chaîne TMC qui diffuse l'émission Quotidien animée par Yann Barthès, qui fut un des nombreux présentateurs à inviter Kamel Daoud à son plateau, à l'occasion de la sortie de son recueil de chroniques. Yann Barthès qui, rappelons-le, est un ex de la maison Canal Plus, propriété de l'homme d'affaires Vincent Boloré (Vous suivez ?).

Outre l'allégeance au pouvoir de l'argent, le monde des médias français (comme les médias algériens d'ailleurs) souffre d'une autre pathologie, celle de la connivence. Une poignée de journalistes, « experts » et intellectuels se relayent, se fréquentent et se consacrent. Leur légitimité n'est due qu'à leur fréquence d'apparition, pas à leur travail ni à leurs connaissances.

C'est eux qui choisissent les stars intellectuelles de demain ; ils mettent en évidence (doux euphémisme) les auteurs à découvrir, à travers leurs chroniques, émissions et sélections de livres ; ils entretiennent le cycle de consécration, expliqué par Pierre Bourdieu : « Un cycle de consécration efficace est un cycle dans lequel A consacre B, qui consacre C, qui consacre D, qui consacre A. Plus le cycle de consécration est compliqué, plus il est invisible, plus la structure en est méconnaissable, plus l'effet de croyance est grand.» (2)

BHL star-system

L'une des figures intellectuelles et médiatiques les plus incontournables en France est sans doute Bernard-Henri Levy. Celui qui a bâtit sa réputation de « philosophe engagé » sur la récupération des kilodrames est au centre d'une machine médiatique, que Serge Halimi appelle le système BHL. Petite description : « Publié dans Le Point, le « Bloc-notes » de BHL est un carrefour stratégique. De là partent les campagnes du maître, que ses disciples relaient. Un texte ou un fait accède à l'existence sitôt que le diariste du Point les signale. Dans le même espace, les complices de Bernard-Henri Lévy (intellectuels, industriels ou hommes politiques) voient leur production saluée, que qu'en soit le sujet ou la forme (...) Les appuis médiatiques de Bernard-Henri Lévy vont de Voici à France Culture. Son réseau comprend également Franz-Olivier Giesbert et Le Point, Thierry Ardisson et Michel Drucker à France 2, Josyane Savigneau et Roger-Pol Droit (Le Monde des livres), Karl Zéro (Canal Plus), la quasi-totalité des médias détenus par Hachette-Lagardère (Paris Match, Le journal du dimanche, Europe 1), Arte, dont il préside depuis 1993 le conseil de surveillance...Réseau ? Le terme serait impropre puisque, en mai 2005, interrogé par Le Figaro Magazine sur son existence éventuelle, Bernard-Henri Lévy préféra parler de « quelques amis qui m'aident à contenir l'adversité ».

En 2014, quelques mois avant sa nomination pour le prix Goncourt, Kamel Daoud fut introduit dans Le Point par Franz-Olivier Giesbert. Bernard-Henri Lévy sera l'un des premiers intellectuels français à monter au créneau pour le défendre lors du triste épisode de « La Fatwa ». Février 2016, Kamel Daoud reçoit le prix Jean-Luc Lagardère du meilleur journaliste de l'année.

D'où viennent-ils ?

Qu'en est-il des médias algériens ? Une étude réalisée en 2012 (3) a bien démontré l'existence d'une stratégie basée sur les rapports de connivence, relayée sur les pages Culture d'El-Watan afin de promouvoir une certaine littérature que l'on peut qualifier de « subversive » (à travers la « création » et la présentation de quelques auteurs édités, pour la plupart, chez la maison d'édition Barzakh) Est-elle consciente? Est-elle inconsciente?

Sur une vingtaine d'articles, traitant la littérature algérienne sur les pages Culture d'El-Watan en 2010, quinze articles concernaient Barzakh ou l'un de ses auteurs. En même temps, un seul article sur une œuvre éditée chez les éditions Casbah et une seule référence à un roman édité chez les éditions Chihab. Pourtant, les trois maisons d'éditions ont édité quasiment le même nombre d'œuvres romanesques (une dizaine) sur l'année 2010, ce qui exclut l'argument de la médiatisation proportionnelle aux nombres d'œuvres éditées.

Tout laisse à croire, qu'en plus des affinités personnelles, l'équipe d'un organe comme El-Watan ne pourrait faire l'éloge d'une littérature que si elle partageait avec les auteurs de cette même littérature un certains nombre de référents (langue, culture, convictions politiques, etc.); la même vision de la « vraie » littérature de ceux qu'on présente comme les icônes de la scène littéraire de l'après guerre de libération (Dib, Yacine, Mammeri, Mimouni).

Les éditions Barzakh est un cas à part dans l'industrie du livre en Algérie. Ou du moins, elles se présentent comme tel. Une maison d'édition fondée par un couple : Selma Hellal et Sofiane Hadjadj. Tous les deux rentrés de France à la fin des années quatre-vingts dix. Après avoir fondé un foyer, ils créèrent une maison : une maison d'édition. Mais ce qui caractérise Barzakh, ce n'est pas tant l'aspect artisanal avec lequel elle envisage le monde de l'édition que son rapport aux médias et la façon dont ils conçoivent- et communiquent autour- l'acte d'édition : « Tout est parti d'une passion, dirent-ils, celle des livres. Compagnons de longue date, ils peuplent notre espace et vivent en nous depuis toujours. Etudiants à l'étranger dans les années 90, nous lisions fiévreusement, inquiets pourtant de constater la quasi absence de publications littéraires en Algérie. » (4)

Ce thème est très récurrent et revient très souvent dans les éléments de langage de la communication Barzakh avec El Watan. Que cela soit énoncé par un journaliste comme ce fut le cas dans le dossier El-Watan (sur deux pages) consacré aux 10 ans de Barzakh (5) ou dans les propos d'un des acteurs Barzakh dans le cadre d'interview (6). Cet amour affiché du livre et de la littérature constitue un élément de légitimation sur un plan discursif et de différentiation sur le plan mercatique. Il permet surtout de tisser des liens plus personnels avec le journaliste autour du thème de la passion.

Le deuxième thème fondateur du mythe Barzakh est celui de l'édition comme un acte d'engagement et de subversion. Le journaliste Fayçal Métaoui choisit comme titre pour son interview avec Selma Hellal : « Travailler à offrir du beau, c'est un peu faire acte de résistance ». Dans un autre article, à l'occasion de l'attribution du grand prix Prince Claus aux éditions Barzakh, par le même Fayçal Métaoui, la maison est présentée comme celle qui « a rompu de manière créative la menace d'isolation culturelle du pays ». (7)

Les rois de la subversion

L'autre raison, qui peut expliquer ce système de connivence entre les différents acteurs, réside dans le profil des auteurs de la maison Barzakh et qui font objet d'une certaine médiatisation dans les pages d'El-Watan. On peut en citer trois : Kamel Daoud, Adlène Meddi, Mustapha Benfodil. Des auteurs connus ou présentés comme étant des auteurs subversifs. La subversion est en effet le maître mot pour comprendre les rapports entre le média et ces intellectuels. Les deux parties voient le monde et la littérature à travers le prisme de la subversion.

Dans un entretien à El-Watan, Anouar Benmalek déclare que, « les écrits littéraires qui ne dérangent personne ne valent même pas le papier sur lesquels ils sont imprimés » (8). Avant même qu'il ne définit le genre littéraire, il se définit lui-même. Il est en train de dessiner l'image dont il veut que l'on l'aperçoive. Il présente le cadre dans lequel son œuvre devrait être lue. Si l'on ne peut pas, à priori, caractériser cette littérature (et cette pensée de manière général) comme étant une littérature subversive, il est clair que c'est, sous cette étiquette, que certaine presse en Algérie l'a stéréotypée et veut nous la vendre.

Outre le poids si lourd de leurs aînés, les intellectuels et écrivains algériens de la nouvelle génération semblent souffrir d'un problème de légitimité, et continuent à être suspectés pour leur « manque d'authenticité » tant leur littérature est pénalisée par un statut ambigu, face à un imaginaire collectif qu'ils jugent archaïque et dépassé, mais constamment alimenté par des logiques et des enjeux politiques et idéologiques. Il n'est donc pas étonnant que les premières tentatives sérieuses « d'émancipation » de cette littérature soient faites dans un souci d'instaurer une nouvelle légitimité nécessaire à leur « survie littéraire » au nom de la subversion.

Si l'on analyse le discours médiatique de ces intellectuels, on pourrait d'emblée dégager trois entrées-thèmes par lesquelles ils essayent de se définir et de se distinguer. La jeunesse est le premier de ces thèmes et l'un des arguments discursifs principaux que l'on peut déceler dans leur discours. Cela est d'autant plus significatif lorsqu'on s'aperçoit qu'il est sans cesse utilisé pour en illustrer- par opposition- un autre : L'archaïsme du système de valeur de la société et la sénescence des systèmes politiques.

L'algérianité des auteurs et de leurs œuvres est une deuxième entrée pour déchiffrer leur discours. Cela ne devrait pas poser de problèmes dans les faits, mais la façon avec laquelle on insiste pose quelques questions. Notamment vis-à-vis du reflet qu'ils reçoivent de l'image qu'ils donnent. Ce que l'on énonce, c'est ce qui ne va pas de soi. Ce qu'on a besoin de préciser, c'est par définition ce qui est sujet à doute. On peut noter par ailleurs que cette manie à vouloir justifier l'utilisation du français à chaque fois qu'on l'évoque montre clairement qu'on tente de conférer un statut qui ne lui est pas acquis dans la réalité. La société parle algérien, l'Etat dispose de l'arabe classique, les usagers de langues françaises se sentent menacés par l'arabisation massive, le français est utilisé tantôt dans la dénégation tantôt comme acte subversif en lui-même.

Enfin, la subversion, à travers l'utilisation d'une panoplie d'adjectifs se référant à ce champ lexical. Cela va de la subversion politique avec des thèmes comme la censure, le militantisme, la critique du système politique en place, etc. aux différentes formes de l'antisocial et de l'anti-consensuel.

Cette subversion affichée fait que ces intellectuels sont de « bons clients » pour les médias occidentaux et français plus particulièrement. Ce qui expliquerait peut-être la couverture médiatique, sans pareil, dont a bénéficié Kamel Daoud à l'occasion de la parution de son dernier livre. Ce qui importe aux médias ce n'est pas tant ce qu'écrivent ou disent ces auteurs et intellectuels mais ce qu'ils sont ; ils ne sont pas invités par rapport à ce qu'ils produisent mais plutôt par rapport à ce qu'ils représentent, leurs livres ne sont pas des produits mais des prétextes.

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1. Médias français : qui possède quoi ? (Le Monde Diplomatique)
2. Pierre Bourdieu, Question de sociologie, Paris, Minuit, 1980. 
3. Fayçal Sahbi & Mehdi Souiah, « La nouvelle littérature algérienne au miroir de la presse algérienne francophone», dans Francophone Postcolonial Studies and Book Culture, London University, novembre 2013. 
4. «A propos», Editions Barzakh.
5. « Les dix ans de Barzakh », Ameziane Ferhani, El Watan, 27-02-2010.
6. « Travailler à offrir du beau, c'est un peu faire acte de résistance », interview avec Selma Hellal par Fayçal Métaoui. El Watan, 17-09-2010.
7.« Le Grand prix Prince Claus à Barzakh », Fayçal Métaoui, El Watan, 06-09-2012.
8. Anouar Benmalek : « Le devoir de mémoire envers les victimes de Melouza, une exigence », propos recueillis par Sarah Lou, El Watan, 15-08-2009.

http://www.huffpostmaghreb.com/faycal-sahbi/la-fabrique-dintellectuel_b_15329578.html


 

ASMA MECHAKRA : SOMMES-NOUS DES CITOYENNES A PART ENTIERE ?

 

 

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Sommes-nous des citoyennes à part entière ?

Publication: Mis à jour: 

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Les amendements au code pénal relatifs aux violences faites aux femmes sont entrés en vigueur après plusieurs mois de blocage. Est-ce un réel acquis pour les femmes Algériennes? Quid de la quête d'égalité? Le féminisme est-il une solution? Cette contribution s'essaye à aborder ces points et d'autres, mais plutôt que de nous enfermer dans les réponses, les questions sont maintenues et le débat reste ouvert.

Les violences faites aux femmes constituent un problème majeur puisqu'elles touchent un grand nombre de femmes. Rien que pendant les 9 premiers mois de l'année 2015, 7.375 cas de violences faites aux femmes ont été enregistrés, dont 5350 de cas de violences physiques et 7375 cas de mauvais traitements (1).

Ces amendements, initiés par le gouvernement et adoptés le 5 Mars 2015 par l'assemblée populaire nationale (APN), n'ont été entérinés qu'en date du 10 Décembre 2015 au conseil d'état après un long statu quo.

LIRE AUSSISénat: Bloqué pendant 10 mois, le projet de loi sur les violences faites aux femmes enfin adopté

Le changement aurait constitué une véritable avancée si la notion de pardon n'aurait pas été introduite. Quelques exemples: les coups et blessures portés au "conjoint" engendrant ou pas une incapacité totale de travail de plus de 15 jours sont passible d'emprisonnement de 1-5 ans (Art. 266. bis points 1-2). Cependant, les poursuites pénales sont annulées dès que l'agresseur est pardonné. Le pardon atténue également la peine passible de 10-20 ans de prison prévue si les coups et blessures engendrent des atteintes graves à l'intégrité physique de la victime (mutilation, amputation...).

Même credo pour la violence verbale ou psychologique, les poursuites sont abandonnées pour des délits passibles de 1-3 ans de prison. Au total, le mot pardon figure 4 fois dans le texte. l'agresseur vous remercie bien. Quand on a conscience du courage nécessaire pour surmonter la peur, ou la dépendance psychique et financière d'une grande partie des femmes victimes de violences pour porter plainte, ajouter le pardon équivaudrait à revenir à la case départ.

Revenons à la discussion de la loi à l'APN. Outre les inepties rétrogrades de certains députés, qui à défaut d'arguments rationnels et par rigorisme religieux, considèrent le projet comme une forme d'occidentalisation et de suivisme -on va l'attribuer à ce que feu Mohammed Arkoun qualifiait de مقدس جهل (l'ignorance sacrée)-, ce qui est ahurissant, c'est de voir des femmes s'opposer aux amendements sous des prétextes non moins loufoques : ils conduiraient à la désintégration de la famille algérienne.

Au lieu de débattre des sujets vitaux pour les Algériens, tel que le projet de la nouvelle constitution algérienne qui est passée comme une lettre à la poste et pour lequel ces députés ont voté "pour" (499 voix pour, 16 abstentions et 3 contre), on en est encore réduits à des débats moyenâgeux, niant à la femme un droit naturel des plus élémentaires, son intégrité physique. Un droit pourtant, garantie par la loi fondamentale de notre pays. Il ne s'agit pas ici de citer des noms, cette mentalité dépasse les murs de l'hémicycle pour être le propre d'une doxa androcentrique, comble du masochisme, femmes comprises.

Entre un pouvoir qui se prétend garant de l'égalité des citoyens et citoyennes en droits et devoirs (principe inscrit dans les différentes constitutions, dont la dernière en date), mais qui ne fixe pas les modalités d'y parvenir et qui dans le code de la famille imposé en 1984 contredit ce même principe sur plusieurs points, notamment: la majorité civile des femmes, le divorce, l'héritage et la nafaqua (2), et des mentalités machistes qui voient en la domination masculine un ordre naturel des choses, la femme algérienne a du fil à retordre.

LIRE AUSSIUlac Sma7 (pas de pardon)

Le féminisme est-il la solution?

"Le féminisme est une plante qui ne pousse que dans son propre sol ". Margot Badran.

Comment aborder ce sujet sans tomber dans l'étiquette "occidentalisé(e)"? Bien que le mot ait été utilisé pour la première fois en 1880, en France, dans la revue La citoyenne par Hubertine Auclert, il n'y a pas "un féminisme" ni "une seule définition" de celui-ci. Les courants de la pensée féministe sont aussi divers que les innombrables mouvements des quatre coins du monde qui s'en sont réclamés. A ce propos, la chercheuse Margot Badran affirme que :

"Des usages variés [du terme féminisme] en ont été faits et il a inspiré de nombreux mouvements [...]Les féminismes naissent dans des situations géographiques particulières et s'énoncent en des termes locaux. L'histoire des femmes, champs de recherche qui s'est constitué dans les années 1960 et qui a pris de l'ampleur dans les années 1970 et 1980, analyse les multiplicités des féminismes apparus aux divers points du globe. Publié en 1986, l'ouvrage fondateur de l'universitaire sri-lankaise Kumari Jayawardena, "Féminisme et nationalisme dans le Tiers-Monde" (Feminismand nationalism in the third world), décrit les mouvements féministes qui ont émergé dans divers pays d'Asie et du Moyen-Orient. Il s'agissait de féminismes intégrés dans les luttes de libération nationales et dans les mouvements religieux réformistes, y compris islamiques. [...] malgré l'abondante littérature qui circule sur ce thème, [...] l'idée selon laquelle le féminisme serait occidental continue pourtant d'être propagée par celles et ceux qui manquent de repères historiques et peut être aussi qui utilisent à dessein cette idée dans une optique de délégitimation" (3).

Dans le contexte algérien, avec une société complexe à référent musulman, un féminisme obéissant à une certaine définition normative, calquée sur les modèles occidentaux, ne peut fédérer les femmes algériennes autour de lui. D'autre part, une certaine idéologie religieuse conservatrice, n'hésite pas à prendre des raccourcis réducteurs pour qualifier le féminisme de "concept occidental" voire "main de l'étranger" (4). Au lieu de déconstruire le discours en cause, le féminisme est rejeté en bloc pour des fins électoralistes, populistes ou simplement à cause d'une grille de lecture patriarcale de l'islam. Pourtant de telles dynamiques existent de part le monde et c'est le sujet du livre "Féminismes islamiques" de Zahra Ali :

"A travers ce croisement entre champ féministe et champ islamique, le féminisme musulman introduit des remises en question fondamentales à l'intérieur des deux champs. Dans le champs féministe, il remet en question la domination du modèle occidental coloniale et néocoloniale qui s'est imposé comme l'unique voix de libération et d'émancipation, ainsi que l'idée que le féminisme serait antinomique au religieux et imposerait une mise à distance de celui-ci. Dans le champs islamique, il questionne tout un pan de la jurisprudence musulmane élaborée à partir d'un point de vue masculin et sexiste et dénonce la marginalisation du rôle et de la place des femmes dans l'historiographie musulmane classique, ainsi que l'appropriation du savoir et de l'autorité religieuse par les hommes au détriment des femmes" (5).

La femme entre romantisme révolutionnaire et instrumentalisation politique

"L'Algérienne est déjà libre parce qu'elle participe à la libération de son pays dont elle est aujourd'hui l'âme; et le cœur ; et un titre de gloire". El Moudjahid. 25 Mai 1959.

"Dans leur majorité, les combattantes ont été sorties des maquis fin 1957-début 1958. Celles qui ont été gardées sur place accomplissent des tâches traditionnelles". Mohamed Harbi.

Le rôle de la femme au cours de l'histoire du pays n'est pas à prouver, mais leur condition et/ou demandes n'ont jamais été une priorité du pouvoir dominant quelque soit sa nature. Bien au contraire, aux cours des mutations survenues dans le pays, la question de la femme a été instrumentalisée.

Durant la colonisation par exemple, l'administration française s'est servie de la question de la femme comme stratégie d'acculturation. Comme le rapporte Frantz Fanon:

"C'est la situation de la femme qui sera alors prise comme thème d'action. L'administration dominante veut défendre solennellement la femme humiliée, mise à l'écart, cloîtrée... On décrit les possibilités immenses de la femme, malheureusement transformée par l'homme algérien en objet inerte, démonétisé, voire déshumanisé. Le comportement de l'Algérien est dénoncé très fermement et assimilé à des survivances moyenâgeuses et barbares. [...] Des sociétés d'entraide et de solidarité avec les femmes Algériennes se multiplient. Les lamentations s'organisent. "On veut faire honte à L'algérien du sort qu'il réserve à la femme" (6).

Pendant que Messieurs Massu et Salan, les généraux, étaient occupés avec la bataille d'Alger, leurs femmes s'acharnaient à dévoiler de force les femmes Algériennes (7). Mais ce qu'ils omettent de préciser, c'est que les femmes algériennes "cloitrées" ont été contraintes de changer de mode de vie dans certaines régions du pays en conséquence de la barbarie sous-jacente à la colonisation (extermination des villages entiers, expropriations des terres, capture des enfants et des femmes, et viol de ces dernières). Les hommes algériens refusèrent le double déshonneur: le travail de leurs femmes chez l'ennemi, dans leurs propres terres expropriées (8).

Inutile de rappeler le rôle de la femme algérienne pendant la guerre de libération. Toutefois, passé le romantisme révolutionnaire immaculé, restent les faits.

Son combat était double, puisque elle dû faire face à l'oppression coloniale ainsi qu'au système patriarcale pour rejoindre la lutte. Mohamed Harbi, historien Algérien et ancien haut fonctionnaire et membre du FLN, les maquisards n'acceptaient pas les femmes, sauf dans la région d'Alger:

"A Alger par contre, dès le départ il y a eu une tendance à engager les femmes comme infirmières, agents de liaison, poseuses de bombes etc. C'est la nécessité qui a poussé à enrôler les femmes. Celles qui ont eu le moins de problèmes au maquis sont les femmes traditionnelles auxquelles il était dévolu de faire la popote, de coudre les habits, de faire en définitive un travail de type ménager...Les filles qui avaient des aspirations politiques ou qui désiraient l'égalité avec les hommes avaient beaucoup plus de difficultés, elles étaient assez isolées. On considérait leur comportement, leur volonté d'égalité comme une manifestation de mœurs légères. C'est pour cette raison que fin 1957-début 1958 la majorité des filles ont été acheminées à l'extérieur, ou plus simplement placées dans des douars pour servir d'assistantes sociales" (9).

Y-a-t-il eu un juste retour des choses? Après l'indépendance et jusqu'à ce jour, on en est encore loin du compte: mise à l'écart sous l'ère Ben Bella (par exemple, aucune femme n'était élue à l'assemblée nationale, ni à la tête des organes clés de l'état), réintégration dans la vie active et la gestion de la chose publique au temps de Boumediene (sans pour autant accéder à des droits égalitaires), puis régression de sa condition et de son statut pendant la présidence de Benjedid (ex: le décret ministériel de 1980 interdisant aux femmes de voyager sans être accompagnées d'un parent de sexe masculin, le projet du code de la famille proposé en 1981 et adopté en 1984 en dépit de la grande mobilisation des mouvements féministes et des nombreuses manifestations) (6).

Vient ensuite l'essor de l'intégrisme religieux puis la décennie noire. Qui n'a pas entendu les histoires d'attaques à l'acide, de harcèlement moral contre les femmes? puis de viols, et de meurtres? Combien de Katia Bengana ont été assassinées pour avoir refusé de porter le voile? Est-il nécessaire de préciser que les hommes comme les femmes ont tous été victimes, sans distinction.

Enfin, vient l'ère de Bouteflika et ses promesses faites aux femmes, surtout en ce qui concerne le code de la famille. Des changements timides concernant la garde des enfants ont été introduits en 2005 : le droit de garde en cas de divorce revient désormais prioritairement à la femme avec obligation au père de fournir un logement aux enfants mineurs.

Avec une Khalida Toumi dans le gouvernement pendant 12 ans, on s'attendait à mieux d'une femme "debout" (même si elle avait le portefeuille de la Culture). Dernière promesse en date, plus précisément le 8 Mars 2015, dans une lettre adressée aux femmes algériennes, le président algérien fait part de sa volonté de sortir les femmes de leur statut de mineur imposé par le code de la famille, mais un an après, rien n'a changé. Devant la stagnation d'un pouvoir incompétent en manque de vision et des difficultés économiques résultant notamment de la dépendance aux hydrocarbures, autant dire que ces questions sont condamnées à la secondarité éternelle.

Force est de constater que la cause féministe ne trouve pas écho dans la société algérienne et que le champs académique reste à explorer. Malgré plusieurs associations, anciennes ou nouvelles, de femmes algériennes se revendiquant du féminisme (Réseau Wassila, SOS Femmes en Détresse, Association Tharwa N'Fadhma N'Soumeur...), elles fournissent un travail à la base mais la condition de la femme ne s'améliore pas, ou si c'est le cas, c'est à dose homéopathique. Ce qui nous amène à se questionner sur l'existence même d'un mouvement féministe Algérien. Selon Saida Rahal-Sidhoum, universitaire Algérienne et féministe ayant vécu les événements de l'intérieur, il s'agirait plutôt d'une mouvance:

"Se poser cette question c'est aussitôt se demander ce qu'est un mouvement, au sens social et politique du terme. Si on examine le phénomène de revendication de droits égaux en Algérie, on peut y déceler plusieurs moments :

(1) une période de dénonciation du statut et de la place des femmes dans la société essentiellement exprimée par des individus et quelques livres ou romans (Fadela M'rabet par exemple) ou articles (centrés sur la place des femmes dans le mariage ou le travail), mais ils restent marginaux.

(2) une période de réaction aux différents projets du code de la famille et notamment du dernier en date qui sera promulgué en juillet 1984 après un pseudo retrait à la suite de la lutte menée en dehors de tout cadre légal entre 1980 et 1983, par des femmes essentiellement universitaires, cadres dans les ministères et sociétés nationales, renforcées par l'appui de moudjahidate.

(3) Une période suivant la légalisation des associations, y compris politiques, en 1989, après les terribles évènements de la répression de 1988 qui virent pour la première fois des militaires tirer sur la foule.

La légalisation des associations et l'effervescence associative et politique qu'elle entraînera durant les quelques années avant la guerre civile (1989-1992) qui s'ensuivit à la suite de l'annulation des élections législatives, amèneront les observateurs à penser qu'il existe un mouvement féministe en Algérie, un mouvement dont la vitrine est faite essentiellement de femmes francophones, même si des arabisantes sont bien présentes, qui exclura de la définition les femmes islamistes qui contremanifesteront au prétexte qu'elles seraient manipulées.

Ce mouvement recevra une audience internationale, notamment en France, sur laquelle surferont ensuite des femmes proches des décideurs algériens, ou à leur périphérie, qui sciemment ou par manque de formation politique, relaieront les thèses du pouvoir quant à la nécessité d'arrêter les élections et d'éradiquer les islamistes... condamnant ainsi pour longtemps, aux yeux des Algériens, toute possibilité de mouvement de sympathie populaire à l'égard de ceux qui se revendiquent féministe alors même que ces femmes ne remettent pas vraiment en cause l'organisation de la société, mais revendiquaient pour la plupart juste des lois plus égalitaires, que ce soit au sein du couple, dans la sphère publique ou au travail, en agissant essentiellement de manière éclatée, sans capacité de se regrouper, hormis quelques rares fois concernant la dénonciation du code de la famille.

C'est le code de la famille qui d'ailleurs agit en détonateur. On n'avait donc pas affaire à un mouvement collectif se vivant et se déclarant "féministe" et qui aurait pris conscience de ce qu'il est une force politique mais plutôt à une mouvance formée de personnes et de regroupements ponctuels, instables et changeants. Depuis les dix dernières années, avec une certaine paix civile retrouvée, on reste confrontés à une situation similaire quant à la dénonciation du code de la famille à laquelle s'est rajoutée celle du harcèlement, sexuel notamment, portée par des groupes épars dont l'audience, bien que relayée par quelques médias, demeure marginale, notamment auprès des femmes de condition modeste. De plus, à la situation antérieure d'avant la guerre civile, se sont rajoutés des aspects inconnus de la société algérienne, celui de l'intervention d'ONG extérieure avec leurs financements et commandes ainsi qu'un déplacement du militantisme du "droit des femmes" vers l'accompagnement de situations sociales vécues par des femmes -et souvent leurs enfants- démunies financièrement et confrontées à la violence familiale".

On nous parle toujours de "changer les mentalités", soit, mais peut-on envisager l'inverse? Le discours ne serait-il pas en décalage avec les attentes des Algériennes? Malgré les tentatives de rassemblement, peut-on encore envisager une plate-forme commune de réflexion indépendante, cadrant avec les expectatives des Algériennes et qui soit porteuse d'un vrai projet de société: avec un vocable qui nous est propre et un discours inclusif où personne ne serait stigmatisé sur la base de ses croyances/idéaux? Peut être à ce moment là, arriverons-nous à développer une stratégie commune pour imposer nos revendications et faire évoluer la société et le droit.

Notes:

(1) 'Algérie Presse Service - Plus de 7.300 Cas de Violences Faites Aux Femmes Les 9 Premiers Mois de 2015'.

(2) Saliha Boudeffa: 'Quelle Problématique Pour Le Féminisme Algérien ?' Communication présentée lors de la Rencontre Internationale :"Stratégies pour les Droits des Femmes en Méditerranée".

(3) Margot Badran. Féminisme islamique : qu'est-ce à dire? Extrait du livre de Zahra Ali : Féminismes islamiques.

(4) "Main de l'étranger" bien que l'interventionnisme étranger soit un fait avéré, cette expression est utilisée à tort à travers par différents politiciens en manque d'informations factuelles afin de disqualifier toute opposition de quelque nature que ce soit.

(5) Zahra Ali : Féminismes islamiques. La fabrique éditions, 2012.

(6) Frantz Fanon. L'an V de la révolution Algérienne. La découverte (2011).

(7) Felix Boggio Ewanjé-Epée et Stella Magliani-Belkacem. Les féministes blanches et l'empire. La fabrique (2012).

(8) Zahia Smail Salhi: 'The Algerian Feminist Movement between Nationalism, Patriarchy and Islamism' Women's Studies International Forum (2010).

(9) Entretien de Mohamed Harbi par Christiane Dufrancatel. Les femmes dans la révolution Algérienne. Les Révoltes Logiques, n°11 (1980).

http://www.huffpostmaghreb.com/asma-mechakra/sommesnous-des-citoyennes_b_9504612.html


 

MESSAGE À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DU 8 MARS

MESSAGE À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DU 8 MARS

MARCH 7 2017

Written by homme de fer and from Overblog

 

 

 

Aux femmes, aux jeunes filles de l’Algérie nouvelle,

A toutes les fleurs vivantes de notre pays

 

Après les journées et les nuits d’Octobre, alors qu’on pose les fondations du grand Maghreb de nos ancêtres, un spectre hante nos débats : c’est l’image d’une femme appelée Kahina par les envahisseurs qui voyaient en elle une prophétesse. C’est le sens exact du mot « kahina ».

Cette femme, morte au combat, dans une guerre de deux mille ans qui fonde notre histoire, avait le don de la parole. C’est pourquoi les arabes l’appelaient prophétesse, et voici son message :

« Ils s’étonnent de vous voir dirigé par une femme.

C’est qu’ils sont des marchands d’esclaves.

Ils voilent leurs femmes pour mieux les vendre.

Pour eux, la plus belle fille n’est qu’une marchandise.

Il ne faut surtout pas qu’on la voie de trop près.

Ils l’enveloppent, la dissimulent, comme un trésor volé.

Il ne faut surtout pas qu’elle parle, qu’on l’écoute.

Une femme libre les scandalise, pour eux je suis le diable ».

La prophétesse avait un nom. Elle s’appelait Dihya. Elle dirigea jusqu’à sa mort la confédération des tribus imazighen, dans toute l’Afrique du Nord.

Quand on pense qu’une femme dirigea ce pays immense dont l’Algérie était le centre, et quand on pense à la condition actuelle de la femme algérienne, on mesure le recul…A plus d’un millénaire de distance, on peut s’interroger. Qu’est devenue la Kahina ? Elle n’est plus à la tête de l’Etat, c’est le moins qu’on puisse dire. Par contre, on la retrouve au Pakistan en la personne de Benazir Bhutto. Comme par hasard, elle a été élue présidente par une majorité de musulmans, dans la plus grande république islamique du monde, alors qu’en Algérie c’est au nom de l’Islam qu’on opprime les femmes…Cela n’empêche pas les Algériennes de s’imposer par leur lutte. Notre Kahina d’aujourd’hui n’est plus, n’est pas encore à la tête de l’Etat, mais elle n’est pas seulement au centre du foyer. Elle brille, même voilée, comme une étoile secrète.

Dans l’Algérie coloniale, ce qui frappait, au lever du jour, c’était la multitude des voiles blancs sur la route, innombrables « boniches » et bonnes à tout faire qui allaient chaque matin travailler chez les autres, pour ne rentrer qu’à la nuit noire.

Dans l’Algérie nouvelle, une autre multitude apparaît désormais, celles des filles qui prennent le chemin de l’école. Elles ne sont plus l’infime minorité qu’elles étaient il y a trente ans. Mais combien de ces écolières peuvent espérer l’université ? Combien devront subir, dès leur nubilité, le mariage de raison, c’est-à-dire le viol légal, la tutelle du mari et de la belle-mère, après celle du père, du frère ou de l’oncle ?

Certes les choses ont changé. Le progrès est réel, c’est même plus qu’un progrès, une révolution, dans notre société qui n’avait évolué jusqu’ici qu’en se repliant sur elle-même, et en se raidissant contre l’occupant étranger, ce qui empêchait toute critique interne…Oui, une révolution et c’est précisément ce bond en avant à la rencontre des temps modernes qui exaspère nos passéistes. Les forces du passé ont toute la pesanteur des siècles d’aliénation. Les forces de l’avenir sont encore fragiles.

Parmi les femmes qui manifestaient récemment au centre d’Alger, on remarquait des militantes connues pour leur rôle dans la lutte de libération. Cela n’empêche pas nos misogynes d’associer systématiquement l’émancipation de la femme à un modèle européen, autrement dit une force d’invasion étrangère !

Les ennemis du progrès ne manquent jamais de brandir le nationalisme et la religion. Les armes de la censure et de l’auto-censure sont les plus redoutables pour une société qui avance dans l’ombre et la confusion, sans parler de la misère.

J’ai entendu les plaintes des ouvrières de la SONELEC à Sidi Bel Abbès, agressées dans la rue par les fanatiques. Ils leur reprochent de travailler, dans un pays où beaucoup d’hommes sont encore chômeurs. Cela veut dire, bien sûr, que les femmes passent après les hommes…Eternelle sacrifiée, la femme, dès sa naissance, est accueillie sans joie. Et, quand les filles se succèdent, leur naissance devient une malédiction, car, jusqu’au mariage, c’est une bombe à retardement qui met en danger l’honneur patriarcal, et la jeune fille, en grandissant, rend ce danger toujours plus grand. Elle sera donc recluse dans le monde souterrain des femmes. On n’entend pas sa voix. C’est à peine un murmure.

Le plus souvent, c’est le silence. Un silence orageux. Car le silence engendre le don de la parole, dès que les femmes sont entre elles, et qu’elles peuvent parler librement. Seuls les petits garçons qui passent inaperçus avec leurs mères dans les bains maures, peuvent entendre la voix des femmes. Mais dès que le garçon va vers l’adolescence, il n’approche plus que le fantôme de la féminité. La présence de la femme n’est qu’une des formes de son absence.

C’est pourquoi on l’idéalise, pour mieux la piétiner, faute de la connaître. Seule l’enfance échappe au ghetto sexuel. Pas pour longtemps, hélas ! La petite fille, passe encore, mais gare à la jeune fille, et surtout à la femme. La femme, c’est le démon, un démon intouchable : ainsi les fanatiques vont jusqu’à refuser de lui serrer la main. En somme, ce qu’on reproche à la femme, c’est d’être belle, d’inspirer le désir, en un mot d’être femme ! Il faut qu’elle vive dans l’ombre, que sa beauté soit clandestine, que toujours elle soit la servante de l’homme, qu’elle s’efface et soit soumise à son seigneur et maître…Que de courage il faut, chez nous, pour être femme !

L’héroïsme, l’amour, le dévouement, le sens du sacrifice, c’est d’abord chez les femmes qu’on l’a toujours trouvé.

Beaucoup d’hommes le savent, en leur for intérieur, mais n’osent pas le dire, et en tirer les conséquences.

Il suffit, pour chaque Algérie, de penser à sa mère, à ses sœurs, à son abnégation pour se sentir coupable. Et le même Algérien qui adore sa mère, n’hésite pas à brimer sa sœur et sa femme, au nom d’une fausse virilité qui stérilise le pays : moins de 5% des Algériennes travaillent contre 68% des Françaises. C’est que nos fanatiques assimilent le travail des femmes à la prostitution !

Un pays qui empêche ses femmes de travailler se condamne lui-même au sous-développement et devient tôt ou tard la proie des puissances étrangères. Et quand les femmes travaillent, le pays avance. Je n’en veux pour preuve que les ouvrières de la SONELEC de Sidi Bel Abbès, elles mettent au point les postes de télévision. Les hommes ne peuvent pas rivaliser en finesse, en délicatesse dans le travail de précision accompli par ces femmes. Elles sont déjà plusieurs milliers. Et les agressions dans la ruie ne les ont pas empêchées de rester à leur poste.

Honneur aux femmes, à leur beauté, à leur courage, à leur travail, et à leur juste cause !

 

 

 

Portrait réalisé par le peintre Issiakhem

Portrait réalisé par le peintre Issiakhem

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PEUPLES ALGERIEN ET PALESTINIEN UNIS ET SOLIDAIRES

L’Algérie et la Palestine : Les origines d’une solidarité inconditionnelle

Mon Mar 6, 2017 1:0PM

De la Palestine à l'Algérie, résister c'est exister (Photo d'illustration)

De la Palestine à l'Algérie, résister c'est exister (Photo d'illustration)

Tel un dogme, la cause palestinienne unie les Algériens peuple, politiciens, militants et intellectuels. Le peuple l’exprime à chaque occasion, et l’Etat Algérien apporte depuis sa création, son appui politique, diplomatique, financier, militaire et humanitaire.   

Dans les rues d’Alger, les jeunes et moins jeunes interrogés par PressTV, sont unanimes dans leur solidarité avec la cause palestinienne. « Lorsqu’on évoque la Palestine je pense à la Hogra « oppression » et à l’injustice. C’est une cause qui doit être soutenue par tous les Algériens », s’exprime Amel 45 ans, dirigeante d’une boite de communication.  « Nous sommes tous affectés et attristés par ce qui se passe sur cette terre », dit une retraitée de 67ans, ajoutant « Heureusement que nous les Algériens, avons toujours été solidaires. Mon mari a fait des dons pour cette cause à plusieurs reprises, à l’instar de beaucoup d’hommes libres dans ce pays. Et puis, notre diplomatie nous a toujours honorés». Rabah 59, oranais en visite à Alger, loue également la diplomatie algérienne et dit qu’étant donnée que la Palestine abrite El Qods (la mosquée d’Al Aqsa) qui est le deuxième lieu saint pour les musulmans, cela rend cette cause  sacrée pour tous les musulmans ». Sacrée, « mais aussi une question d’honneur pour les musulmans », estime Amine 39 ans, fonctionnaire. « Les Palestiniens ? On sait qu’il faut les soutenir et les aider », disent deux lycéennes de 15 ans. « Nous avons de l’empathie pour eux et pour leur cause. Ce sont nos frères », déclare une quinquagénaire, mère au foyer. Deux jeunes hommes âgés de 25 (au chômage) et 27(commerçant), sentent que la Palestine est « leur deuxième patrie ». Ils affirment qu’ils suivent continuellement les informations la concernant et qu’ils partagent toute sa douleur ».

  Lamia est une coiffeuse de 35 ans. Elle dit qu’elle ne s’intéresse pas à la Politique, mais que tout ce qu’elle sait sur la Palestine c’est que c’est « un pays colonisé par Israël et que sa cause est celle de tous les arabes ». « Mais ces arabes sont toujours divisés, c’est pour cela qu’on n’a pas encore mis fin à cette oppression », l’interrompt son amie Nesrine, infographe du même âge. Ami (Oncle) Moustapha, 67 ans, retraité du service de la santé, voit qu’il y a plus qu’une division chez les arabes, pour lui « les Arabes ont trahi cette cause et leurs dirigeants jouent sur les deux cordes », opine-t-il, en concluant que « La solution ne peut se faire que par une entente et une position ferme de la part des dirigeants arabes ». Du même avis est Réda, 41 ans, gérant d’un restaurant à Alger Centre : « Si les Arabes s’unissaient, cette occupation prendrait fin naturellement », a-t-il lancé.        

Les facteurs communs, La religion et la lutte contre l’occupation

Une vingtaine d’autres témoignages recueillis abondaient dans le même sens : Il y a un peuple opprimé, spolié de sa terre, par un colonisateur. Il est courant de voir le drapeau palestinien arboré par les algériens dans toutes les manifestations sociales, culturelles, sportives ou autres, et ce, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. Interrogé par PressTV sur cette solidarité quasi-unanime des algériens avec la cause palestinienne, le politologue Driss Chérif, précise qu’il n’y a pas eu de sondages, mais que les Algériens -dans leur écrasante majorité- sont attachés à la cause palestinienne. « Pour eux le problème ne se pose pas. Il y a un agresseur et un agressé », relève-t-il. Selon lui, ceci s’expliquent par deux facteurs : le facteur religieux et le facteur émotionnel. « Le facteur religieux/ spirituel est motivé par l’existence du deuxième lieu sacré de l’Islam sur cette terre ( La Mosquée Al Aqsa), et  cela façonne le regard des Algériens à l’endroit de cette cause. Quant au facteur émotionnel, il découle des sentiments de refus de toutes formes de domination, de colonisation et d’injustice, nait pendant la guerre de libération nationale (1954-1962) », analyse-t-il.

 

Pas uniquement

 En effet, les forces nationalistes, de gauche, progressistes, d’extrême gauche, islamistes, et toutes les autres familles politiques algériennes ont adopté cette cause. « C’est l‘une des rares causes qui unifie les Algériens », confirme Abdelaziz Rehabi, diplomate algérien et ancien ministre de la communication.

Aouicha Bekhti est une militante de gauche, (ancienne de PAGS (Parti de l’avant-garde Socialiste) et féministe,. Elle affirme que les militants de gauche partagent le même sentiment d’injustice internationale subie par les Palestiniens, que les autres Algériens et la plupart des militants de gauche dans le monde. Hakim Addad, membre de partis progressistes de gauche en Algérie et en France, ajoute que la question palestinienne était une question fondamentale pour tous les mouvements de gauche. « Cependant, et depuis la chute du mur de Berlin, cette question n’est utilisée qu’à des fins politiciens », regrette-t-il. Ce fondateur du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), note que pour les progressistes du Bassin méditerranée, il s’agit d’une question « d’occupation de territoires ».

Ça a commencé fin XIX

La relation entre l’Algérie et la Palestine est beaucoup plus profonde dans l’histoire. Selon l’historien Daho Djerbal, elle puise ses racines des débats sur le partage des territoires sous tutelle du Levant, soulevés par le mouvement réformiste Enahada vers la fin du XIX eme siècle. Ce professeur d’Histoire à l’Université d’Alger, rappelle que ce mouvement de renaissance arabe (al Nahda), représenté par Djamal Edine Al Afghani et Mohamed Abdou, qui visait l’introduction de réformes des Etats et modernisations des sociétés, traitait également les questions relatives à l’affirmation de l’identité et de la personnalité dans le monde arabo-musulman, d’où l’émergence de débats sur la question de « la résistance contre l’occupant ». Ces pensées étaient diffusées à l’époque à travers des journaux et des périodiques publiés en Egypte et dans les pays du Croissant Fertile. Seule une petite élite de lettrés algériens y avait accès. « La conscience sur la question de ce qui était connu à l’époque comme la Syrie-Palestine, était ainsi indirecte et limitée, car seule une minorité d’élite qui lisait les périodiques ou qui se permettait de voyager au Moyen-Orient ou d’aller en pèlerinage à la Mecque, en parlait dans des cercles ou des pupitres des mosquées », explique M. Djerbal, également directeur de la revue d’études et de critiques sociales Naqd.

Avec la naissance des mouvements de résistance contre l’occupation française et espagnole en Afrique du Nord au début du XX ème siècle,  la libération de la Syrie-Palestine est introduite dans les discours et les actions. L’Emir Khaled, petit-fils de l’Emir Abdelkader, désigné comme le père du nationalisme algérien, « évoque la question de la Libération de la Syrie-Palestine, dans les conférences qu’il anime à Paris entre 1924 et 1925, sur les droits des peuples à disposer de leur territoire », relève M. Djerbal. Concomitamment à cela, le chef berbère marocain Abdelkrim Al Khattabi, appelle à la création d’un mouvement de résistance contre l’occupation française et espagnole au Maroc, ainsi qu’à la solidarité avec les peuples victimes d’invasions étrangères, particulièrement ceux du Moyen-Orient.

 

500 militants Maghrébins marchent à pieds jusqu’en Palestine

Dans les années trente et quarante, une deuxième phase dans l’adoption de la question de libération palestinienne naît auprès « des émigrés prolétaires algériens en France, donnant lieu à l’apparition d’une sensibilisation à l’identité du destin ou du devenir dans les pays occupés », souligne le directeur de Naqd.

En 1936, le congrès tenu par l’Association des Oulémas musulmans à Alger traite pour la première fois la question palestinienne, laquelle devient récurrente dans les publications périodiques de l’association. Dix ans plus tard, « Abdekrim Al Khattabi, évadé au Caire de sa déportation à Madagascar, crée un comité de libération de l’Afrique du Nord et des commandos nord africains pour aller lutter contre l’occupation en Palestine. Plus de 500 militants algériens, marocains, tunisiens et libyen vont, entre 1947-1948, ‘ à pieds ’ jusqu’en Palestine pour la Libérer. Ces commandos formeront par la suite les noyaux des armées de libération nationale du Maghreb », relate le directeur de Naqd.

La question palestinienne de la même nature que l’indépendance de l’Algérie

Daho Djerbal affirme que pendant la guerre de libération 1954-1962, la question palestinienne était considérée par les militants algériens de la même nature que la question de l’indépendance de l’Algérie.  C’est ce qu’atteste Idir A, ancien moudjahid (combattant pour l’indépendance), dans la section française du FLN (Front de Libération National), connue à l’époque sous le nom de la wilaya (province) 7.  A 78 ans, cet invalide de guerre originaire de la grande Kabylie, raconte l’importance que revêtait la question palestinienne au sein de leurs rangs. « C’était une question fondamentale pour nous. Une question de droit à la liberté. Le Palestinien est comme moi Algérien, comme le Français, l’Américain, le Chinois, le Latino, et tous les autres humains, un être libre qui a le droit de jouir de son entière liberté dans sa terre. C’est sur cette base que nous apportions et continuons à apporter notre solidarité à la Palestine », témoigne-t-il.

 Après l’indépendance, l’Algérie a annoncé son soutien indéfectible à la Palestine. Houari Boumedienne, troisième président de l’Algérie entre 1965-1978, avait prononcé sa fameuse phrase en 1974, (Nous sommes avec la Palestine qu’elle ait tort ou raison), devenue une ligne de conduite pour la plupart des Algériens.

Alger n’avait jamais cessé de déployer ses efforts diplomatiques auprès de la Ligue Arabe, de l’Onu et toutes les autres instances internationales à fin de « donner une reconnaissance à la cause palestinienne et lui assurer une représentativité diplomatique. L’Algérie s’est également appliquée à unifier les rangs des différents courants palestiniens. Ainsi le pays abritait des bureaux de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), du FPLP (Front Populaire pour la Libération de la Palestine) et du DFLP (Front Démocratique pour la Libération de la Palestine) », tient à relever Daho Djerbal. Ce dernier rappelle que le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne était aussi militaire. Il s’est incarné d’abord par « l’ouverture de camps entrainement en Algérie, au lendemain de son indépendance, pour former les Palestiniens à lutter pour leur libération.  Mais aussi, par l’envoie des troupes algériennes sur le front lors de la guerre israélo-arabe de 1973 ».

Proclamer un Etat Palestinien en dépit  des pressions

Le plus fort acte de solidarité à l’adresse de la Palestine, reste la proclamation d’un Etat palestinien à Alger, le 15 novembre 1988. Le diplomate Abdelaziz Rehabi, dit avoir eu « le privilège », d’assister à cet événement. « Nous avons subi des pressions internationales indirectes et même directes pour renoncer à la proclamation de l’Etat palestinien. Les pressions internes n’étaient pas les moindres, car cet événement a eu lieu en plein émeutes déclenchées en octobre 1988. Le contexte était impossible, mais nous n’avons pas cédé », se souvient-il.  M. Rehabi tient à préciser que l’Algérie avait convié à cette occasion, toutes les factions palestiniennes.

« L’Algérie était la première à reconnaître l’Etat palestinien et lui assurer un siège. Juste après, elle a commencé à former sur son sol, des régiments et des bataillons et d’autre éléments de ce qui était destiné à être l’armée palestinienne », rappelle Daho Djerbal. Sur cette information souvent occultée, Abdelaziz Rehabi précise que ces éléments venaient à 90% des camps de réfugiés du Liban, tandis que les autres provenaient des camps de Syrie, d’Iraq et de la Jordanie.  D’après lui, ils se sont dispersés avec la dispersion des différentes formations politiques palestiniennes.

 De sa longue expérience diplomatique, M. Rehabi note que l’Algérie se distingue par le non conditionnement de son aide et appui à la Palestine : « Nous offrons chaque années entre 30 et 32 millions de dollars pour le fonctionnement du budget de l’état palestinien, sans accuser le moindre retard, ne serait-ce que de 24h. Cette aide financière, à côté de l’aide humanitaire et diplomatique, n’ont jamais était conditionnée par la nature des interlocuteurs palestiniens, ou même des événements internes. Nous respectons le principe de non-ingérence dans les affaires internes. L’Algérie n’a pas interrompu ses aides financières depuis le début des crises dans le monde arabe en 2011». M. Rehabi conclut en soulignant que « l’Algérie n’a pas changé d’approche, mais c’est l’intérieur palestinien qui a changé ».

La guerre civile n’ont pas altérée la perception de la cause

L’intérieur algérien a connu à son tour des changements majeurs depuis les années 1980. Les pensées radicales qui s’introduisaient timidement dans les années 1970, avaient pris de l’ampleur dans les années 1980, avant de proliférer dans les années 1990. Ces pensées ont changé le comportement de beaucoup d’Algériens, et ce, sur plus d’un registre. Mais qu’en est-il de la question palestinienne ? L’islamologue Hocine Gaham, spécialiste des pensées islamistes, invite à distinguer entre trois mouvances islamistes. « Il y a d’abord les frères musulmans « Ikhwanes », représenté en Algérie par le MSP  (Mouvement de la Société pour la Paix) et qui sont des alliés du Hamas. Leur position est naturellement calquée sur celle du Hamas. Puis, il y a deux pensées salafistes : la salafiste militarisée et la salafiste wahabite. Pour les premiers, les armes sont l’unique moyen de changement politique. Simplement, les salafistes n’ont porté les armes que contre les arabes et les musulmans en général, et jamais contre Israël. Les seconds, wahhabites, qui représente l’entité des fatwas de l’Arabie Saoudite, émettent des fatwas dans le sens de la position du Royaume, souvent hostile à certains mouvements de résistance contre Israël comme le Hezbollah. Hocine Gaham évoque une des fatwa d’Ibn Baz, qui s’opposait à la lutte armée contre Israël, et une autre émise en pleine guerre israélienne contre le Hezbollah en 2006, quand le mufti saoudien Ibn Jebrin interdisait « les prières de soutien du Hezbollah contre les sionistes ». Cet islamologue observe que ces positions salafistes-wahhabites vis-à-vis de la cause palestinienne n’avaient pas d’échos auprès des Algériens, même islamisés.

 

Selma Kasmi

La journaliste Selma Kasmi travaille au journal électronique spécialisé Oil & Gaz Business Magazine. Elle a rédigé cet article à partir d'un reportage réalisé pour Press TV français

http://presstv.com/DetailFr/2017/03/06/513236/Rsister-cest-exister


 

MOHAMED BOUHAMIDI : MOHAMED LARBI BEN M'HIDI, LE PASSE ET L'AVENIR D'UNE NATION

 

Chroniqueur-Auteur

 

 

Mohamed Larbi Ben M'hidi, le passé et l'avenir d'une nation

Publication: Mis à jour: 

BEN MHIDI


 

Le soixantième anniversaire de l'assassinat de Ben M'hidi se passera comme les autres commémorations importantes, dans le morne rituel des gestes obligés et des contraintes protocolaires.

Ce fut le cas des grands millésimes du cinquantenaire de l'indépendance et du soixantième anniversaire du 1er novembre. Mais pour Mohamed Larbi Ben M'hidi, les dirigeants de l'Etat en quête d'un récit historique qui les valorisent et renvoie les grands acteurs historiques au deuxième plan ne sont pas les seuls en cause.

Dans le hit-parade des livres, récits, études, anecdotes Mohamed Larbi Ben M'hidi occupe une bien modeste place. Mais la sélection des héros est en soi significative.

Il faut aller chercher dans nos têtes, pour comprendre pourquoi les aventures et mésaventures des chefs militaires, les grandes et petites trahisons, les luttes intestines et conflits dits fratricides prennent le pas sur l'effort de compréhension de leurs causes. Sur ce qui explique comment et pourquoi une société tribale qui n'a opposé que des résistances régionales à la conquête coloniale a pu générer une élite politique puis politico-militaire qui l'a aidée à opposer enfin une lutte nationale unifiée.

Notre horizon tribal, notre patrimoine culturel ancestral, notre vécu social, nous prédisposait bien sûr à comprendre l'histoire comme un geste, une histoire des héros ou de groupes coalisés. A préférer l'histoire de l'organisation FLN/ALN et pas l'histoire qui a fabriqué cette organisation.

Ce patrimoine par sa pesanteur ramènera toujours l'intérêt du public à une compétition de la geste des tribus et des régions et à la fabrication des mythes gratifiants. Il faut cependant souligner l'exploitation de cette carence culturelle pour mobiliser le récit historique dans des enjeux actuels et pour des agendas à peine cachés et pas du tout le souci de la vérité.

Mohamed Larbi Ben M'hidi est significatif de l'histoire qui a fabriqué l'appareil

Parler de lui, c'est faire nécessairement le chemin inverse et fastidieux, de retrouver les chemins qui nous ont menés de la tribu et de la région à la Nation.

Et cela est bien plus complexe, bien plus difficile que d'écrire le récit nécessaire mais parfaitement insuffisant de la vie des chefs militaires et/ou politiques, des trahisons, des alliances et contre alliances.

Cette autre conception de l'histoire devient la quête des transformations sociales et la quête des hommes, des groupes, des organisations qui ont su les refléter dans leurs mots, dans leurs actions ou mieux dans des organisations sociales, culturelles, syndicales politiques qu'ils auront créées.

Ben M'hidi est le reflet le plus achevé, le plus complet de ces transformations qui ont créé les appareils et les organisations qui fascinent beaucoup d'historiens qui dans leur écriture font le chemin inverse de la construction d'une conscience nationale vers sa déconstruction en concurrences régionalistes.

Ben M'hidi est le contre modèle absolu de cette conception de l'histoire de héros et d'événements auto-enfantés.

Né en 1923 à Aïn M'lila, d'abord élève d'une école coranique, il fera sa scolarité à Batna près de son oncle. Il rejoindra Biskra où il intégrera les scouts première école de la nouvelle conscience nationale. En 1943, il adhère au PPA et commence à faire le travail de masse dans lequel il excelle par ses qualités personnelles. Il préparera et prendra la tête des manifestations du 8 mai 1945 ce qui lui vaudra une arrestation. Il sera intégré à l'Organisation Spéciale, tout en gardant une vie politique publique. Il sera un attaquant de l'équipe de football de l'US Biskra. Il participera à l'action théâtrale en tant qu'acteur.

Bref, Larbi ben M'hidi est le contraire de l'activiste, c'est le constructeur patient de la conscience et l'organisation. Totalement voué à la clandestinité de ses actes, il sera aussi un homme public. Il se consacre à une seule tâche, celle de la politique. Lecteur de Lénine et de Mao il est un révolutionnaire professionnel, un ouvrier de la transformation sociale. 
Destinée qui le mènera alors à la clandestinité totale puis à vivre et à assumer des tâches sur l'ensemble du territoire national.

Membre des vingt-deux et membre des six, il sera le chef de la zone V avant de revenir à Alger dans laquelle il dirigera la plus longue confrontation entre les groupes armés urbains de l'ALN et la plus grande concentration des forces d'élites françaises, 30.000 parachutistes entre Boudouaou et Zéralda, auxquels il faut rajouter les forces de polices et les effectifs ordinaires de l'armée française.

Son poids et sa caution seront un atout décisif pour la réunion du Congrès de la Soummam qu'il présidera. Il sera l'organisateur de la grève des six jours qui devait en principe peser sur les travaux de l'Assemblée Générale de l'ONU.
Le 23 février 1957, il sera arrêté par hasard dans une de ses caches..

Dans la nuit du 3 au 4 mars 1957, il sera assassiné par Aussaresses, exécutant d'un ordre secret provenant du plus haut de la hiérarchie politique et militaire française.

Existe-il encore au niveau de l'Etat mais aussi au niveau de la société une envie de faire le travail d'ascèse intellectuelle qui renoue notre présent aux racines, aux efforts, aux sacrifices qui ont tissé notre si fragile conscience nationale, notre si fragile acquisition du concept de peuple unifié, notre si fragile sentiment que nous avons un destin nécessairement unique ? Le ratage de cette commémoration d'un homme si emblématique nous semble indiquer que non.

http://www.huffpostmaghreb.com/mohamed-bouhamidi/mohamed-larbi-ben-mhidi-l_b_15132714.html?utm_hp_ref=algeria