ALGERIE

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DES MAURICE AUDIN PAR MILLIERS : L'ARBRE NE DOIT PAS CACHER LA FORET

 

Des Maurice Audin par milliers : l’arbre ne doit pas cacher la forêt

 

   

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La reconnaissance en 2018 par l’État français de sa responsabilité dans l’enlèvement, la torture et l’assassinat par son armée de Maurice Audin, fournit à la revue trimestrielle Cahiers d’Histoire le prétexte pour étudier le « Communisme en Algérie, communisme algérien » dans un numéro tout à fait remarquable.

 

Ce dossier éclaire d’un jour nouveau l’histoire des rapports complexes entre le courant progressiste européen et les mouvements de libération nationale. L’article d’Eloise Dreure, « Être communiste en Algérie dans les années 1920 et 1930 », rappelle le contexte de la création du Parti Communiste Algérien (PCA) sous l’influence du PCF. C’est l’arrivée au pouvoir du Front Populaire en mai 1936 qui découragea l’émergence d’un front anti-impérialiste où la première place était réservée aux « indigènes ». Ainsi, les communistes français qui se rendaient en Algérie avaient désormais pour mission « d’appliquer avec une ferme volonté la politique de priorité d’union avec la France dans la lutte contre le fascisme », mettant à mal la revendication d’indépendance. Pourtant, dès 1935, l’approche de Jean Chaintron, chargé de créer le PCA en tant que parti indépendant, était claire sur l’objectif à atteindre : « la nation française n’est pas la nation du peuple d’Algérie, c’est la nation oppresseuse, c’est la nation de l’impérialisme qui, par le fer et par le feu, s’est annexée l’Algérie et qui courbe sous l’esclavage la nation algérienne ».

Comme le montre Alain Ruscio dans son article*, en Algérie la lutte anticoloniale fit éclater des contradictions internes au sein du jeune PCA, stimulant son évolution depuis une position défendant les « responsabilités partagées » entre le colonisateur et le colonisé lors des massacres dans le Constantinois en mai 1945, jusqu’au lancement d’une campagne pour la libération et l’amnistie des militants algériens. Le dossier inclut également un article de Jean-Pierre Le Foll-Lucian sur la parution d’un journal clandestin « La voix des soldats », adressé aux soldats français pendant la guerre d’indépendance (1955-1957). A travers l’étude de ce réseau clandestin original, une initiative commune du PCA et du PCF, sont élucidées les divergences entre les communistes d’Algérie et de France quant à la stratégie à mener vis-à-vis de l’armée coloniale. Le démantèlement du petit réseau qui diffusait ce journal fut particulièrement brutal, avec l’arrestation de milliers d’autres militants du PCA. En clôture du dossier, un article de la spécialiste britannique Allison Drew met l’accent sur les témoignages des prisonniers communistes mis à l’épreuve par les arrestations et la torture. Ces deux articles reviennent sur le courage de ces militants frappés par la « grande répression d’Alger » et leur rendent hommage.

D’autres témoignages sont mis à l’honneur dans cette revue, comme celui de Gilberte Alleg, l’épouse de Henri Alleg, auteur du livre « La question », censuré par le système colonial français. La victoire autour de la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans l’assassinat de Maurice Audin est commentée par Gilles Manceron, qui prévient : « l’arbre ne doit pas cacher la forêt ». Et de nous rappeler que le travail de mémoire sur les crimes coloniaux doit être poursuivi, car les tueurs n’ont pas été nommés ni comptés. C’est l’objectif du site 1000 autres.org, lancé en septembre 2018 et qui a rendu publique une liste de « mille autres Maurice Audin » afin de « donner un visage aux disparus ». Son animateur Fabrice Riceputi compte sur les messages et les témoignages envoyés par le public afin de collecter les informations et reconstruire les parcours qui ont d’ores et déjà permis d’identifier environ 70 cas.

 

* Auteur également d’un ouvrage qui vient de paraître et qui développe les analyses de son article : « Les communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962 », Éditions La Découverte.

 

« Communisme en Algérie, communisme algérien » Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique Numéro 140, 224 pages, 17 euros

 

Pour le commander en ligne : www.cahiers-histoire-critique.fr

https://www.investigaction.net/fr/des-maurice-audin-par-milliers-larbre-ne-doit-pas-cacher-la-foret/


 

LA FRANCE CRAINT L'ARRIVEE DE BLE RUSSE EN ALGERIE ALORS QU'ELLE A FOURNI PLUS DE 50% DES BESOINS DU PAYS EN 2018

Blé

La France craint l’arrivée du blé russe en Algérie, alors qu’elle a fourni plus de 50% des besoins du pays en 2018

© AP Photo /

AFRIQUE

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Dans son dernier rapport, le site français Ports et Corridors a indiqué que l’Algérie avait importé 55% de ses besoins en blé tendre de France, soit 4,6 millions de tonnes, durant la saison céréalière 2018/2019. Par ailleurs, il a fait part de l’inquiétude des producteurs français de voir le blé russe arriver sur le marché algérien.

Selon un rapport publié par le site français Ports et Corridors consacré à la campagne céréalière 2018/2019, l’Algérie a importé 4,6 millions de tonnes de blé tendre depuis la France. Ce taux est en hausse de 34% par rapport aux quantités importées durant la saison 2017/2018. Par ailleurs, le site a indiqué que les fournisseurs français voyaient avec crainte l’arrivée du blé russe sur le marché algérien.

 

Jean-Yves Le Drian

© SPUTNIK . KIRILL KALLINIKOV

Paris s’exprime pour la première fois sur la situation politique en Algérie depuis le départ de Bouteflika

Selon la même source, 55% des approvisionnements de l’Algérie durant cette période ont été fournis par les céréaliers français. Ces quantités de blé constituent le triple de ce que l’Algérie a importé de l’Hexagone durant la saison 2016/2017.

 

Rémi Haquin, président de l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer (FranceAgriMer), cité dans le même rapport, a affirmé que «la question se pose de savoir si la France saura tenir son rôle lors de la prochaine campagne». Selon lui, en plus des prix du pétrole défavorables pour l’économie algérienne, il y a une inquiétude de voir le blé russe prendre des parts importantes dans le marché algérien.

 

Ahmed Gaid Salah, le chef de l'armée algérienne

CC BY-SA 4.0 / LAMRAOUI.LAMIN / AHMED GAID SALAH WITH THE ARMY

Pourquoi l’armée algérienne est-elle visée par une campagne de dénigrement?

Tout en rappelant qu’un lot test de 21 tonnes de blé russe avait été envoyé en Algérie pour des analyses, Ports et Corridors a souligné qu’avec la hausse de sa production prévue en 2019, la Russie pourrait être le trouble-fête des Français sur le marché algérien. À ceci s’ajoute la part que pourrait s’accaparer l’Argentine durant la prochaine saison, bien que sa présence actuelle sur le marché algérien ne soit pas concurrentielle.

 

Durant la saison 2018/2019, le même rapport a indiqué que l’Algérie avait produit 3,9 millions de tonnes de blé, quantité en hausse de 61% par rapport à la saison précédente. Le gouvernement algérien a prévu de rendre le pays autosuffisant en blé dur pour les prochaines années, a précisé Ports et Corridors.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201905291041279523-france-arrivee-ble-russe-algerie-alors-fourni-besoins/


 

CE 21 MAI, DES MILLIERS D'ETUDIANTS ONT MANIFESTE EN SCANDANT DES SLOGANS HOSTILES AU CHEF D'ETAT-MAJOR DE L'ARMEE

https://francais.rt.com/international/62272-algerie-patron-armee-dans-viseur-manifestants

Algérie : le patron de l’armée dans le viseur des manifestants (IMAGES, VIDEOS)

Algérie : le patron de l’armée dans le viseur des manifestants (IMAGES, VIDEOS)

© RYAD KRAMDI Source: AFP

Des étudiants manifestent contre le pouvoir à Alger, le 21 mai 2019 (image d'illustration).

 

Ce 21 mai, plusieurs milliers d’étudiants ont manifesté dans différentes villes d'Algérie pour réaffirmer leur rejet de la présidentielle prévue le 4 juillet. Plus tôt, le chef d’Etat-major Gaïd Salah avait appelé au respect du calendrier électoral.

Des milliers d'étudiants ont signé, ce 21 mai, le 13e acte de leur mobilisation contre le pouvoir. Dans le viseur des manifestants, le chef d’Etat-major Gaïd Salah qui, plus tôt, avait appelé à l’organisation dans les délais constitutionnels d'une élection présidentielle pourtant décriée

«La tenue de l’élection fera taire tous ceux qui tentent de faire perdurer cette crise. L’étape principale serait d’accélérer la création et l’installation de l’instance indépendante pour la supervision des élections», a-t-il notamment affirmé le 20 mai lors d’une visite d’inspection à Ouargla (sud-est d’Alger). La veille de cette intervention, depuis la même ville, il avait jugé «irraisonnable» le départ de tous les «symboles du système». Cette fin de non-recevoir a suscité l’indignation des manifestants qui ont, lors de cette nouvelle journée de mobilisation, scandé des slogans hostiles à son égard : «Gaïd Salah dégage !» ou encore «Le peuple et l'armée sont frères mais Gaïd Salah est avec les traîtres» pouvait-on entendre dans les cortèges. Le président par intérim Abdelkader Bensalah a également été la cible des manifestants.

Dans la capitale Alger, les étudiants ont réussi à défiler dans les principales artères malgré le déploiement de nombreux policiers. A plusieurs reprises, ils ont réussi à briser les cordons de sécurité mis en place à différents endroits de la ville.

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Khaled Drareni@khaleddrareni

 

12h55 « Ni Gaid, ni Bensalah »
Rue Didouche Mourad

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«Dites aux voleurs que nous n'arrêterons pas [de manifester] !», ont en outre scandé les manifestants. 

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Alioui Mehdi@MehdiAlioui

 

"9oulou lesseraqin, maranach habsin". Les étudiants marchent à Alger

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Les rues de plusieurs autres villes du pays ont également été investies par les étudiants comme à Constantine, dans l'est du pays. 

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Said Touati@epsilonov71

 

Live :

https://francais.rt.com/international/62272-algerie-patron-armee-dans-viseur-manifestants


 

LE PEUPLE ALGERIEN ARRIVE EN PREMIERE POSITION DU CLASSEMENT DES 100 AFRICAINS LES PLUS INFLUENTS

Le peuple algérien désigné 1er du classement des 100 Africains les plus influents

 Depuis 38 minutes  20 mai 2019

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 Algérie - Maghreb - Monde arabe

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Avec une note de 35 sur 40 en notoriété, 24 sur 30 en influence et 30 sur 30 en trajectoire, le peuple algérien — ex aequo avec Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 — arrive en 1ère position du classement des 100 Africains les plus influents, réalisé chaque année par l’hebdomadaire Jeune Afrique.

Le peuple algérien occupe la première place du classement des 100 Africains les plus influents réalisé chaque année par l’hebdomadaire Jeune Afrique.

Les Algériens partagent la 1ère place avec Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018. Gynécologue et militant des droits humains congolais, il a également reçu de nombreuses distinctions pour son engagement contre les mutilations génitales pratiquées sur les femmes en République démocratique du Congo.

«En tête de ce palmarès, 2 ex aequo: Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, et le peuple algérien. L’œuvre humanitaire et l’engagement du premier, comme la passion et la détermination citoyenne du second, ne se discutent guère: leur présence en tête de notre palmarès s’imposait», a expliqué l’hebdomadaire.

Comme le souligne Jeune Afrique, le reste du classement peut en revanche être «analysé, discuté, contesté», puisque il reflète l’Afrique d’aujourd’hui, avec ses «atouts, ses talents, mais aussi les handicaps qu’elle s’impose trop souvent, les boulets qu’elle continue de traîner».

Pour établir son classement, Jeune Afrique prend en considération trois critères: l’influence (notée sur 30), la trajectoire (sur 30) et la notoriété (sur 40). Le peuple algérien a donc obtenu 35 sur 40 en notoriété, 24 sur 30 en influence et 30 sur 30 en trajectoire.

Source: Sputnik

https://french.almanar.com.lb/1370008


 

INTERVIEW - AHMED BENSAADA : "LE LOBBY SIONISTE EST TRES ACTIF EN ALGERIE"

Interview – Ahmed Bensaada : «Le lobby sioniste est très actif en Algérie»

mai 10, 2019 - 6:17 81 Commentaires

Interv Bensaada

Ahmed Bensaada. D. R.

Algeriepatriotique : Vous avez publié une étude intitulée «Huit ans après la printanisation de l’Algérie». Pouvez-vous nous en faire un résumé ?

Ahmed Bensaada : Mon article traite de l’idéologie de «résistance individuelle non violente» qui s’est avérée très efficace dans la chute de nombreux gouvernements depuis une vingtaine d’années. Cette idéologie, théorisée par le professeur américain Gene Sharp, a été appliquée avec succès dans différents pays.

Cela a commencé avec les révoltes qui ont bouleversé le paysage politique des pays de l’Est ou des ex-Républiques soviétiques et qui ont été qualifiées de «révolutions colorées». La Serbie (2000), la Géorgie (2003), l’Ukraine (2004) et le Kirghizstan (2005) en sont quelques exemples. Depuis la fin de l’année 2010, cette théorie a été mise en pratique dans les pays arabes et c’est ce qui a donné le mal nommé «printemps» arabe.

Je vous rappelle que j’ai consacré des dizaines d’articles à l’étude de ces révoltes ainsi que deux ouvrages.

En analysant le hirak algérien et en comparant son modus operandi avec celui de cet éventail de cas, on remarque des similitudes frappantes. C’est ce qui nous amène à penser que la lutte non violente qui se déroule actuellement dans les rues de notre pays ne représente qu’un continuum qui a débuté par les «révolutions colorées» et qui s’est poursuivi par le «printemps» arabe. Il s’agit de ce que j’ai nommé la «printanisation» de l’Algérie.

Dénoncer les complots ourdis par des officines secrètes est systématiquement interprété comme une paranoïa. Comment convaincre les sceptiques, selon vous ?

Il n’y a rien de secret dans le rôle des organismes d’«exportation» de la démocratie. Leurs missions sont clairement affichées sur leurs sites et explicitement énoncées dans les discours de leurs responsables.

En plus, leurs relations avec le département d’Etat et leur alignement à la politique officielle de leur pays ne font aucun doute. Certaines d’entre elles, comme la NED, publient des rapports annuels détaillés qui mentionnent les ONG locales bénéficiaires, leurs mandats et les montants alloués à chacune d’entre elles.

D’autre part, le rôle de ces organismes dans les «révolutions colorées» et le «printemps» arabe a été scrupuleusement étudié et est maintenant bien documenté.

Mais à chaque fois qu’une révolte non violente voit le jour quelque part dans le monde, les mêmes réactions apparaissent : «la révolte est spontanée», «la jeunesse nous guide vers un avenir radieux», «la main de l’étranger ? C’est du complotisme ! Pourquoi infantiliser le peuple ? Vous protégez les dictateurs !»

Il existe deux explications à ces réactions. La première peut provenir de personnes ou de groupes financés par l’étranger et qui font le nécessaire pour le dissimuler afin de préserver la «pureté» de la cause. Cela est relayé par la puissante machine des médias mainstream qui utilisent le mensonge par omission, invitent toujours les mêmes pseudo-analystes et maintiennent la porte grand ouverte aux activistes.

La seconde, plus naturelle, émane de sentiments profondément humains liés au «romantisme révolutionnaire», à la capacité intrinsèque du peuple à se libérer de tout joug oppressif. L’incrédulité de certains est ainsi humainement compréhensible. En effet, rien ne vaut une belle révolte spontanée et populaire pour l’imaginaire collectif qui n’a aucune idée de ce qui se trame dans les coulisses. La révolte de David contre Goliath, du faible contre le puissant, du petit peuple armé de sa foi contre le tyran omnipotent. Dans ce cas, toute analyse critique cartésienne se heurte à une inévitable levée de boucliers.

C’est d’ailleurs ce qui fait la force de cette idéologie de «résistance individuelle non violente».

Algeriepatriotique a été catalogué comme «site complotiste» pour avoir mis à nu plusieurs fois les manœuvres du lobby sioniste, notamment. Quel rôle ce dernier joue-t-il dans ce qui se passe en Algérie actuellement ?

Depuis l’avènement des TIC (technologies de l’information et de la communication), les médias mainstream, qui sont la propriété d’une poignée de grands groupes industriels, ont vu leur influence dans l’opinion publique sérieusement malmenée par les nouveaux médias numériques. Pour contrecarrer cet effet, les médias mainstream ont créé ce concept de site «conspirationniste» ou «complotiste» dans lequel ils ont, certes, catalogué de vrais sites farfelus mais, aussi, des sites d’information sérieux mais dont la ligne éditoriale s’éloigne du mainstream. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage», dit l’adage.

Pour revenir au lobby sioniste, il est certain qu’il est fortement actif car l’Algérie est un des derniers bastions du «Front de la fermeté». Il n’y a qu’à voir le nombre de drapeaux palestiniens qui sont déployés dans les marches du hirak pour comprendre l’intensité du lien affectif qui lie l’Algérie à la Palestine.

Néanmoins, il faut préciser que cette nébuleuse agit généralement de manière indirecte. En effet, ce lobby est très présent dans les organismes d’«exportation» de la démocratie. Ainsi, Carl Gershman, avant d’accéder à la présidence de la NED, avait travaillé dans le département de recherche de l’Anti-Defamation League du B’nai B’rith et a été membre du Conseil d’administration du Congrès juif américain.

Gershman est un grand défenseur de la politique raciste et belliqueuse d’Israël. Dans un récent discours au Forum juif de Kiev (6-8 mai 2019), Karl Gershman a défendu l’état hébreu, tout en comparant ses crimes à la situation de l’Algérie d’avant le hirak.

Il reprit d’abord les déclarations du rabbin Lord Jonathan Sacks lors d’un débat sur l’antisémitisme à la Chambre des Lords britannique «C’est pourquoi Israël – la seule démocratie au Moyen-Orient pleinement opérationnelle avec une presse libre et un pouvoir judiciaire indépendant – est régulièrement accusé des cinq péchés capitaux contre les droits de l’Homme : racisme, apartheid, crimes contre l’humanité, purification ethnique et tentative de génocide».

Il ajouta ensuite : «Un exemple de cette évolution effroyable est que le 18 mars [2019], au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, Israël a été agressé dans sept rapports biaisés et cinq résolutions hostiles. Rien n’a été présenté au Conseil sur aucun autre pays du monde – pas sur l’Algérie, où les manifestations qui ont abouti au renversement du régime corrompu et répressif de Bouteflika avaient commencé un mois plus tôt […].»

En 2004, Gershman avait participé à une conférence qui s’était tenue à Rome et qui avait pour thème «L’antisémitisme, une menace pour la démocratie». Il y révéla des motivations pro-israéliennes quant à la promotion de la démocratie au Moyen-Orient : «Quelles que soient leurs différences, les baâthistes et les islamistes partagent une haine viscérale des valeurs libérales qui trouve sa plus grande expression dans la diffamation d’Israël et du peuple juif.»

Ce lobby procède aussi par un travail de fond en adoubant, par exemple, des mouvements comme le MAK qui a repris du poil de la bête à l’occasion du hirak. Dans un travail de plus longue haleine, des voyages sont organisés à des «intellectuels bien de chez nous» comme Sansal, Dilem ou Akkouche pour fouler le sol des Territoires occupés en vue de paver la route à une politique de normalisation bien entamée par d’autres pays arabes.

De manière plus insidieuse, le lobby sioniste a réussi à infiltrer le réseau des activistes et cyberactivistes arabes à travers le forum «Fikra». Ce forum, qui prétend «soutenir les démocrates arabes dans leur lutte contre l’autoritarisme et les extrémistes», est une création du lobby américain pro-israélien, géré et financé par ses soins. Parmi les nombreux participants provenant d’une dizaine de pays arabes, notons la présence d’activistes algériens.

Les Algériens ont convergé vers les grandes places le 22 février pour exiger le départ du système. Certains disent que c’est l’entêtement de Bouteflika qui a poussé les Algériens à se révolter, d’autres estiment que c’est Facebook qui a rassemblé les Algériens autour d’une seule et même revendication. Qu’en est-il, selon vous ?

Loin d’être spontanées, les révoltes non violentes se préparent longtemps à l’avance. Dans mon livre Arabesque$, j’explique que les activistes arabes ont été préparés des années avant le début du «printemps» arabe.

Certes, les révoltes qui ont balayé la rue arabe sont une conséquence de l’absence de démocratie, de justice sociale et de confiance entre les dirigeants et leur peuple. Richesses mal distribuées, manque de libertés, régimes autocratiques, hogra, corruption, etc. Tout ceci constitue donc un «terreau fertile» à la déstabilisation. Ce terreau est constitué de femmes et d’hommes qui ont perdu confiance en leurs dirigeants dont la pérennité maladive ne laisse entrevoir aucune lueur d’espoir.

Mais cela n’est pas suffisant : une «étincelle» qui fédère le peuple est nécessaire. Dans le cas de la Tunisie, c’était la mort de Mohamed Bouazizi, alors que celui de l’Algérie, c’était le cinquième mandat.

Et c’est à ce moment que la formation des cyberactivistes est importante. Dans le cas de l’Algérie, Facebook et les autres médias sociaux ont eu un rôle très important. L’organisation, la mobilisation, les appels à manifester, la synchronisation et la diversité des actions à mener sur le terrain n’auraient jamais été possibles de manière aussi efficace sans les nouvelles technologies.

Mais cela n’est pas nouveau. Rappelons-nous qu’en Egypte la révolte de la Place Tahrir avait été surnommée «Révolution Facebook» ou «Révolution 2.0» et qu’Israa Abdel Fattah, la cofondatrice du Mouvement du 6 Avril (financé par des organismes américains), fer de lance de la contestation égyptienne, était connue sous le nom de «Facebook Girl».

Comment les officines auxquelles vous faites référence dans votre étude interviennent-elles dans le hirak algérien ?

Les organismes d’«exportation» de la démocratie fonctionnent de façon similaire, quel que soit le pays. Ils s’occupent du financement des ONG locales, de la formation des activistes et, pour plus de synergie, s’occupent de leur réseautage.

En ce qui concerne le financement, nous avons montré que de nombreuses ONG algériennes ont été financées bien avant le début du «printemps» arabe. Et cela n’a jamais cessé depuis, comme expliqué dans mes deux récents articles. Comme par hasard, ces ONG sont toujours au premier rang de la contestation. Elles l’étaient également avec le défunt CNCD, en 2011.

Le financement ne provient pas uniquement de la bourse de l’Oncle Sam. Des organismes européens, comme les Stiftungs allemands et d’autres moins évidents à identifier, sont mis à contribution. Les documents publiés par mon ami Mohamed Bouhamidi sont très éloquents à ce sujet.

Pour la petite histoire, notons que la structure de la NED (créée en 1983 par le président R. Reagan) s’est inspirée de celle des Stiftungs allemands et, comme la CIA collaborait avec ces organismes allemands pour financer des mouvements à travers le monde bien avant la création de la NED, les relations sont restées solides jusqu’à nos jours. Ainsi, à titre d’exemple, le mouvement pro-européen Euromaïdan, qui a secoué l’Ukraine fin 2013 début 2014, a aussi bien été aidé et soutenu par l’IRI et le NDI (deux des quatre satellites de la NED) que par le Konrad Adenauer Stiftung (lié au CDU allemand).

Dans le volet formation, nous savons que des jeunes Algériens ont été formés à la «résistance individuelle non violente» par les Serbes de Canvas. Cela a été confirmé par un des dirigeants du Mouvement du 6 Avril, l’Egyptien Mohamed Adel, qui a reconnu s’être rendu en Serbie avec quatorze autres militants algériens et égyptiens.

En matière de maîtrise du cyberespace et de réseautage, les noms de cyberactivistes algériens figurent dans les listes de participants aux formations dispensées à la «Ligue arabe du Net» par les organismes d’«exportation» de la démocratie.

Finalement, des indices montrent que certaines figures visibles du hirak algérien ont suivi des formations dans des pays européens après le «printemps» arabe. Des investigations sont en cours.

Quels sont les indices de leur implication ?

Comme expliqué dans mon article, les révoltes non violentes suivent un pattern bien établi portant, sur le terrain, le sceau de Canvas. L’utilisation de campagnes de communications dites positives et négatives, la fraternisation avec l’«ennemi», l’utilisation du poing d’Otpor, la présence d’individus ou de groupes financés par les officines étrangères en tête des manifestations, la proposition comme leader de personnalités auparavant inconnues du grand public ainsi que l’usage des «méthodes d’action non violente» parmi les 199 figurant dans le manuel élaboré par Canvas en sont quelques exemples.

D’autre part, la coordination des actions à mener sur le terrain, le partage d’informations en temps réel, la transmission d’instructions pour que les manifestations soient conformes aux principes de base de la lutte non violente, le timing des évènements et ce, à travers tout le territoire national, prouvent une utilisation efficiente du cyberespace qui ne peut être acquise que par une solide formation.

Que cherchent ces officines, Canvas, NDI, NED, etc. en Algérie ? Quel type de régime veulent-elles «imposer» ?

Tout d’abord, une petite mise au point. Il ne faut pas classer Canvas avec la NED et ses homologues. Canvas n’est qu’une école serbe de «révolutionnaires en herbe» utilisée par les organismes d’«exportation» de la démocratie comme la NED, Freedom House et autres, pour former des activistes.

Le rôle de la NED a été clarifié dans le discours inaugural de cette «fondation».

Le 16 octobre 1983, le président Reagan déclara : «Ce programme ne restera pas dans l’ombre. Il s’affirmera avec fierté sous le feu des projecteurs. (…) Et, bien sûr, il sera cohérent avec nos intérêts nationaux.»

Selon le journaliste américain William Blum : «Les programmes de la NED incarnent généralement la philosophie de base selon laquelle les travailleurs et les autres citoyens sont mieux servis dans un système de libre entreprise […], d’intervention minimale du gouvernement dans l’économie et d’opposition au socialisme sous toutes ses formes. Une économie de marché est synonyme de démocratie, de réforme et de croissance et l’accent est mis sur les avantages des investissements étrangers dans leur économie.» «[…] En bref, les programmes de la NED sont en harmonie avec les besoins et objectifs de base de la mondialisation économique du Nouvel Ordre mondial, tout comme les programmes sont sur la même longueur d’onde que la politique étrangère des Etats-Unis.»

Ainsi, les Etats-Unis, à travers des organismes spécialement conçus, utilisent la démocratie et le droit-de-l’hommisme pour exporter des politiques néolibérales à travers le monde.

Cette politique est encore plus claire avec le milliardaire et spéculateur américain George Soros dont la fondation Open Society (Société ouverte) travaille de concert avec la NED et les autres organismes d’«exportation» de la démocratie.

Selon Leandra Bernstein, «l’action et l’argent de George Soros sont devenus des instruments pour démanteler la souveraineté nationale des Etats, en remplissant les caisses d’organisations ‘’philanthropiques’’ ou ‘’droit-de-l’hommistes’’». Pour Soros, «si une nation voulait contrôler ses propres ressources naturelles» ou «développer son économie et sa force de travail à l’aide de tarifs douaniers et de régulations», elle était considérée comme société fermée. En fait, «toute nation qui rejette la mondialisation (c’est-à-dire l’impérialisme du libre-échange) est condamnée à ce titre et fera l’objet d’attaques de la part des organisations de Soros».

On voit bien que l’«exportation» de la démocratie qui se fait à travers des changements de régime menés à bien grâce aux principes de la lutte non violente a des visées économiques et hégémoniques.

Dans les conflits armés, des personnes autochtones sont choisies pour préserver les intérêts de la puissance victorieuse. Souvenons-nous des cas Ahmed Chalabi en Irak ou Hamid Karzai en Afghanistan. Il en est de même dans les révoltes non violentes qui s’accompagnent de l’apparition de certaines figures qu’on cherche à imposer en les drapant d’une «bénédiction» populaire.

Mikheil Saakachvili, après la révolution des Roses en Géorgie (2003) ; Viktor Iouchtchenko, après la révolution Orange en Ukraine (2004) ou la tentative avortée de placer Mohamed El-Baradei après la révolution du Lotus en Egypte (2011) sont des exemples de candidats pro-américains.

En Algérie, le hirak a aussi très rapidement produit les noms de personnes susceptibles de diriger le sort du pays après l’éviction du président Bouteflika. Et le battage médiatique n’a pas encore cessé pour certains.

Les visées économiques et hégémoniques ne s’appliquent pas uniquement aux Etats-Unis, bien au contraire. Les pays européens, en particulier la France, histoire coloniale et doctrine Monroe obligent, ont des intérêts en Algérie.

D’autre part, l’alignement de l’Algérie sur la Russie pour l’approvisionnement en matériel militaire et sur la Chine pour les grands projets nationaux laissent espérer des contrats juteux en cas de changement de paradigme politique.

Avec ses énormes richesses, son immensité territoriale et son importante position géostratégique, il est clair que l’Algérie attise la convoitise de nombreuses puissances.

Qui du peuple ou de ces officines auront eu raison du système, selon vous ? Autrement dit, qui a fait tomber Bouteflika ?

C’est la combinaison des deux qui a fait tomber le président Bouteflika. L’application judicieuse des principes de la lutte non violente permet de fédérer le «peuple» contre le «tyran» autour d’une exigence : le départ du «tyran». Elle fait passer la peur du camp du «peuple» vers celui du «tyran».

Cette synergie n’enlève rien au mérite et à la bravoure du peuple qui est sorti comme un seul homme pour demander le départ d’un système usé par le pouvoir, les affaires et la corruption.

Il faut être clair : la grande majorité des manifestants n’a rien à voir avec les officines et ignore certainement tout de leur existence mais sort dans la rue pour des causes nobles. Ce sont ceux qui sont en haut de la pyramide du hirak qui organisent, orientent et dirigent. Et cela est un autre point fort de l’idéologie de «résistance individuelle non violente».

L’efficacité de cette combinaison permet d’expliquer pourquoi les émeutes antérieures au «printemps» arabe ont toutes été violemment étouffées comme celles de Gafsa (Tunisie, 2008) ou celles d’Al-Mahalla (Egypte, 2008) alors que, quelques mois plus tard, (et surtout quelques formations plus tard), le «peuple» a vaincu le «tyran».

Comment voyez-vous les perspectives du mouvement populaire pacifique en Algérie à court terme ?

Le mouvement populaire est resté très pacifique, c’est le signe très positif d’une réelle maturité politique. Le seul problème vient de l’inflation des revendications émanant de certaines voix du hirak. A un certain moment, il faut savoir raison garder et passer à la table des négociations car la confrontation est mauvaise conseillère et peut avoir de fâcheuses conséquences. En Algérie, nous en savons quelque chose.

Pour celles et ceux qui craignent que le système perdure, il faut les convaincre que la situation politique algérienne ne sera jamais pareille dans l’avenir et que la vigilance du peuple est garante du changement.

Quant aux personnes ou aux groupes qui ont reçu des subsides d’organismes «démocratisants» étrangers, il faut impérativement qu’elles placent l’intérêt de leur pays, l’Algérie, avant celui des autres. L’histoire nous montre que dans les mouvements de ce type, les activistes pro-occidentaux disparaissent une fois la «révolution» achevée. Au sujet des «révolutions colorées», le journaliste Hernando Calvo Ospina écrivit : «[…] La distance entre gouvernants et gouvernés facilite la tâche de la NED et de son réseau d’organisations, qui fabriquent des milliers de ‘’dissidents’’ grâce aux dollars et à la publicité. Une fois le changement obtenu, la plupart d’entre eux, ainsi que leurs organisations en tout genre, disparaissent, sans gloire, de la circulation.» On aurait pu écrire exactement la même chose sur les «dissidents» du «printemps» arabe.

Nul doute que notre peuple sera à la hauteur de la gravité et des exigences de l’heure et fera de ce mouvement un vrai printemps arabe (sans guillemets), d’où bourgeonnera l’unité d’une nation, à jamais soudée contre le despotisme, la corruption et la hogra.

Interview réalisée par Karim B. et Mohamed El-Ghazi

Les références : 

Ahmed Bensaada, « Arabesque$ – Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes », Ed. Investig’Action, Bruxelles (Belgique), 2015.

Ahmed Bensaada, « Arabesque$ – Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes », Ed. ANEP, Alger (Algérie), 2016.

https://www.algeriepatriotique.com/2019/05/10/interview-ahmed-bensaada-le-lobby-sioniste-est-tres-actif-en-algerie/?fbclid=IwAR3UuVQhtkAX6dKtElEPNjDJZBxkj-6r_QDW7AY_DLqRAPWHjkIl-BX21Ks


 

ALGERIE : DECES D'UN JEUNE HOMME BLESSE LORS DES MANIFESTATIONS A ALGER

urgent

Un jeune homme blessé lors des manifestations à Alger est décédé, selon la télévision

© Sputnik .

AFRIQUE

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Blessé la semaine dernière lors des manifestations ayant eu lieu dans la capitale algérienne, un jeune homme s’est éteint, relate la chaîne Ennahar TV ce vendredi 19 avril.

Le jeune homme qui a été blessé à la tête au cours des manifestations de la semaine dernière à Alger a succombé à ses blessures, a annoncé ce vendredi 19 avril la chaîne Ennahar TV.

Selon Ennahar TV, une enquête a été ouverte.

Les Algériens, qui ont déjà obtenu la démission du désormais ancien Président Abdelaziz Bouteflika, continuent de manifester pour exiger à présent le départ du chef de l'État par intérim Abdelkader Bensalah et de tous les partisans de l'ancien dirigeant algérien.

Suite à la démission du Président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril 2019, le parlement algérien s'est réuni mardi 9 avril pour mettre en application l'article 102 de la constitution. À cet effet, il a entériné la vacance définitive du poste de Président de la République et installé le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, comme chef d'État par intérim pour une durée de 90 jours. Durant cette période, ce dernier doit s'atteler à l'organisation d'une élection présidentielle à laquelle il n'a pas le droit d'être candidat.

Détails à suivre…

https://fr.sputniknews.com/afrique/201904191040815838-homme-mort-manifestations-alger/


 

SOLIDAIRES DU MOUVEMENT DE CONTESTATION, PLUS D'UNE CENTAINE DE MAGISTRATS ALGERIENS REFUSENT DE SUPERVISER L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 4 JUILLET

Algérie : des magistrats refusent de superviser l'élection présidentielle

- Avec AFP

Algérie : des magistrats refusent de superviser l'élection présidentielle

© RYAD KRAMDI Source: AFP

Des magistrats algériens manifestent devant le ministère de la Justice à Alger pour exprimer leur refus de superviser la prochaine élection présidentielle prévue le 4 juillet prochain.

 

En soutien au mouvement de contestation, plus d'une centaine de magistrats algériens ont manifesté ce 13 avril devant le ministère de la Justice à Alger afin d'exprimer leur refus de superviser l'élection présidentielle prévue le 4 juillet prochain.

Des magistrats, maillon important de l'organisation des scrutins en Algérie, ont annoncé ce 13 avril qu'ils allaient boycotter la supervision de l'élection présidentielle du 4 juillet en soutien au mouvement de contestation. Le président par intérim Abdelkader Bensalah avait annoncé le 10 avril l'organisation d'un scrutin présidentiel le 4 juillet pour trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné après avoir été lâché par l'armée à l'issue de plusieurs semaines de manifestations monstres.

Plus d'une centaine de magistrats ont manifesté devant le ministère de la Justice à Alger, à l'appel du Club des magistrats, une organisation en cours de constitution qui se présente comme l'organe regroupant la majorité des juges en rupture de ban avec le Syndicat national des magistrats (SNM), proche du pouvoir. 

Said Touati@epsilonov71

 

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ALGERIE : CORTEGE MONSTRE POUR LE 8e RDV DE LA CONTESTATION QUI NE FAIBLIT PAS. DES MANIFESTANTS BLESSES LORS DE HEURTS AVEC LA POLICE

Algérie: la contestation ne faiblit pas, heurts et blessés à Alger

 Depuis 4 heures  13 avril 2019

manif_contre_bensaleh

 Algérie - Maghreb - Monde arabe

 

Un cortège monstre a défilé dans une ambiance plus tendue qu’à l’accoutumée à Alger pour un 8e vendredi consécutif de contestation, le premier depuis l’annonce d’une présidentielle le 4 juillet pour désigner un successeur à Abdelaziz Bouteflika, rejetée par les manifestants.

Comme chaque semaine, le défilé s’est déroulé globalement dans le calme mais la tension palpable avec la police, moins souple que d’habitude, a débouché sur des heurts qui ont fait plusieurs blessés et des dégâts matériels.
La police a notamment tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et fait usage de canons à eau pour disperser une centaine d’irréductibles alors que la foule, au moins aussi importante que celle des vendredis précédents, quittait le centre de la capitale à la tombée de la nuit après avoir défilé.

Jets de pierres, bouteilles, poubelles, les émeutiers ont riposté avec ce qui leur tombait sous la main, jusqu’à ce que des manifestants s’interposent, faisant de grands signes avec leurs bras en signe d’apaisement et criant « Silmiya! » (« pacifique! »), mot d’ordre de la contestation, avant de nettoyer les rues une fois les affrontements terminés.

Selon la police, qui a attribué les violences à des « délinquants » infiltrés, 83 policiers ont été blessés dont quatre grièvement et 108 personnes arrêtées. Des manifestants ont également été légèrement blessés par des pierres, dans les bousculades ou ont fait des malaises en raison du gaz lacrymogène, selon des journalistes de l’AFP.

Une voiture de police a été incendiée. Plusieurs véhicules ont également été vandalisés, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

« Ce ne sont pas des manifestants » qui ont affronté la police, « juste des gens qui fichent la pagaille », a expliqué à l’AFP Mustapha, avocat quinquagénaire.
« Mais (…) on sent un durcissement de la part de la police, la manifestation a été plus nerveuse aujourd’hui », a-t-il poursuivi. « A chaque décision (du pouvoir) c’est plus de mépris, on est hors de nous, mais il faut garder ce caractère pacifique » des manifestations, salué de par le monde depuis le 22 février.

 Barrages filtrants 
   
L’attitude de la police, moins tolérante ces derniers jours qu’à l’accoutumée, a alimenté les tensions dès la matinée, mais n’avait pas découragé les manifestants, venus pour certains en famille.

Le nombre exact de manifestants est difficile à établir, ni les autorités ni les protestataires ne communiquant de chiffres.
Aucun incident n’a été signalé lors des défilés recensés – selon l’agence de presse officielle APS – dans 42 des 48 régions du pays.

Pour la première fois en 8 semaines de défilés hebdomadaires dans la capitale, des policiers ont empêché plusieurs heures l’accès au parvis de la Grande Poste, épicentre de la contestation, et ont tenté vainement d’en déloger quelques centaines de manifestants installés dès l’aube.

Certains venus d’autres villes avaient passé de longues heures sur la route, ralentis par de nombreux barrages filtrants de la gendarmerie sur le trajet.
Après avoir obtenu le 2 avril la démission du chef de l’Etat, les manifestants réclament désormais le départ d’Abdelkader Bensalah, apparatchik de 77 ans devenu président par intérim, et de l’ensemble des personnalités de l’appareil mis en place par le président déchu en 20 ans de pouvoir.

M. Bensalah a désormais remplacé dans les slogans hostiles des contestataires M. Bouteflika, président malade dont il était ces dernières années la « doublure » officielle, en Algérie et à l’étranger.

Pour la contestation, les structures et personnalités héritées du régime Bouteflika ne peuvent garantir un scrutin libre et équitable pour désigner son successeur, et ils craignent une élection frauduleuse ne servant qu’à conforter le « système » au pouvoir.

Transition post-Bouteflika

Les contestataires prônent donc la mise sur pied d’institutions ad hoc, en vue d’une véritable transition post-Bouteflika. En face, le pouvoir entend poursuivre le processus prévu par la Constitution: l’élection d’un nouveau président sous 90 jours.
« Le peuple est plus grand que la Constitution », pouvait-on lire sur la pancarte d’un manifestant.

M. Bensalah a reçu le soutien implicite de l’armée, dont le chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, revenu au centre du jeu politique depuis qu’il a lâché M. Bouteflika.
Le général a estimé « irraisonnable » une transition hors du cadre institutionnel actuel et promis aux manifestants que l’armée garantirait « la transparence et l’intégrité » du scrutin.
« L’essentiel pour l’armée est d’avoir un président rapidement, pour avoir des institutions stables et se concentrer sur ses missions de sécurisation du pays », analyse Rachid Grim, qui enseigne les Sciences politiques à l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP).

Mais la « garantie » du militaire, resté durant 15 ans un soutien indéfectible de M. Bouteflika qui l’a nommé patron de l’armée, semble avoir peu convaincu et de nombreux slogans lui étaient également hostiles.
« Bensalah, tu pars et tu emmènes Gaïd avec toi », pouvait-on lire sur une pancarte.
« C’est clair que les élections seront truquées avec eux », estime Hamid, étudiant de 24 ans: « nous n’avons pas confiance ».

Cette présidentielle est « légale mais non légitime », estime de son côté Louisa Dris-Aït Hamadouche, enseignante en Sciences politiques à l’Université d’Alger 3.
Le pouvoir semble ne devoir compter que sur un affaiblissement de la mobilisation, afin d’aller à l’élection. « Trois mois, c’est long pour un mouvement populaire, pour le moment il tient bon », note Louisa Dris-Aït Hamadouche.

Mais, à l’inverse « trois mois c’est court » pour transformer un mouvement populaire en mouvement politique organisé, souligne Rachid Grim, estimant qu’une telle structuration n’est « pas pour demain ».

Source: AFP

http://french.almanar.com.lb/1322169


 

ROSA MOUSSAOUI : LES ALGERIENS VEULENT ECRIRE LA SUITE EUX-MEMES

Ammi Louiza/ABACA

Ammi Louiza/ABACA

La télévision officielle a retransmis la remise de sa démission par Abdelaziz Bouteflika à Tayeb B elaiz, président du Conseil constitutionnel. La scène, à visée sacrificielle, n’atténue en rien l’ardeur des Algériens, sûrs de vouloir les « dégager tous ». Algerian State tv/Reuters

La télévision officielle a retransmis la remise de sa démission par Abdelaziz Bouteflika à Tayeb B elaiz, président du Conseil constitutionnel. La scène, à visée sacrificielle, n’atténue en rien l’ardeur des Algériens, sûrs de vouloir les « dégager tous ». Algerian State tv/Reuters

LES ALGÉRIENS VEULENT ÉCRIRE LA SUITE EUX-MÊMES

Jeudi, 4 Avril, 2019

Rosa Moussaoui

Après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, dont le Conseil constitutionnel a pris acte, hier, les Algériens refusent de laisser la transition entre les mains d’un système usé jusqu’à la corde.

 

 

 

Alger (Algérie), envoyée spéciale.

Alors que tout bascule, des visages nous reviennent en mémoire. Ceux, d’abord, de ces jeunes gens de Kherrata qui défiaient l’interdiction de manifester, le 16 février, en brandissant une banderole au mot d’ordre sans circonvolutions : « Non au 5 emandat de la honte ! » Celui de cette danseuse à la grâce fragile, dans la foule algéroise, juchée sur les pointes, les mains échappées vers le ciel. Celui de Na Ouardia, une montagnarde à la peau parcheminée, au dos voûté, sortie dans les rues d’Akbou pour fulminer, en kabyle : « Bouteflika, l’Algérie n’est pas ta propriété ! » Le regard décidé de ce manifestant, encore, hissant haut une pancarte en forme de réponse, en anglais, à un communiqué de Washington : « Restez à distance, les États-Unis. Ce n’est pas le Moyen Orient, ici. Mêlez-vous de vos affaires, criminels ! » Le sourire de cette étudiante, enfin, qui semblait répondre à celui de Larbi Ben M’hidi, héros de l’indépendance algérienne dont elle arborait le portrait comme la promesse d’une Algérie libre, égalitaire, démocratique dont il rêvait avant d’être assassiné par Aussaresses et ses parachutistes.

L’élan populaire a poussé dehors le vieux président

Tout bascule et tout est encore incertain, mais il y a quelque chose de léger, léger dans l’atmosphère et dans les cœurs. Mardi soir, on dansait, on chantait, on s’époumonait place Maurice-Audin, rue Didouche-Mourad, au pied des marches de la grande poste, dans le centre d’Alger, pour célébrer une première victoire, après l’annonce de la démission d’Abdelaziz Bouteflika, poussé vers la sortie par l’extraordinaire élan populaire qui dessine, déjà, une Algérie nouvelle. Le peuple a repris l’espace public, il sera difficile de l’en chasser à nouveau. Il y a cinq ans, ici même, à l’ombre des mêmes ficus, ceux qui s’opposaient au 4 emandat étaient matraqués, nassés, isolés, humiliés. Comme une revanche, cette fois, montait de la foule, heureuse et grave, un verdict sans appel : « Ce pays est le nôtre, et nous imposerons nos choix ! » Au même moment, la télévision algérienne diffusait les images pathétiques d’un président souffreteux, vêtu d’une djellaba blanche, tassé sur sa chaise roulante, tendant maladroitement sa lettre de démission au président du Conseil constitutionnel. La scène, à visée sacrificielle, n’atténue en rien l’ardeur des Algériens, sûrs de vouloir les « dégager tous ».

« Ce pouvoir de corrompus ne s’attendait pas à un tel soulèvement populaire, d’est en ouest. Ils n’ont pas fini d’être surpris. C’est tout le système que nous avons l’intention de déraciner. Nous sommes tous unis par un même mot d’ordre : qu’ils partent tous, nous ne voulons plus d’eux », tempête un homme entre deux âges. Les généraux réunis en conclave, qui sommaient mardi soir Bouteflika de démissionner après l’avoir si longtemps appuyé, ne sont pas épargnés par ce profond désir de faire table rase d’un système qui organise, depuis l’indépendance, la mise à l’écart du peuple qui l’a conquise. Si les manifestants proclament la fraternité entre les Algériens et leur armée, ils n’en espèrent pas moins que le clan Bouteflika entraînera dans sa chute tous ses affidés, tous ceux qui arpentent depuis des lustres les méandres d’un pouvoir opaque, à commencer par le chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah. Pas question de laisser faire les tenants d’une reprise en main par les militaires.

Le scénario d’une transition conduite par les mêmes hommes, affalés dans les mêmes institutions organisant la confiscation des pouvoirs, ne les satisfait pas davantage. L’application, opportunément appuyée par le patron de l’armée, de l’article 102 de la constitution, qui confie l’intérim présidentiel au président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, placé là par Bouteflika ? Trop tard ! Le peuple algérien joue à chaque manche avec un coup d’avance sur les représentants d’un pouvoir usé jusqu’à la corde. L’idée d’une Constituante s’affirme, même si certains redoutent de voir une telle assemblée exclure les nouveaux visages de ce mouvement populaire encore trop peu organisé, et reproduire encore les rapports de forces d’ancien régime.

Tout bascule, et tout est balayé par l’extraordinaire élan politique qui refaçonne le pays. Les oppositions, querelleuses, prisonnières des vieilles équations, incapables de formuler un nouveau projet de société, ont perdu tout crédit. Même les islamistes sont à la peine, des barbus associés au pouvoir et aux affaires jusqu’aux vétérans du FIS dissous, dépassés par les mutations d’une société qui ne ressemble en rien à celle des années 1990.

« Avant, on ne pouvait pas s’exprimer aussi librement »

Dans la paix, dans la fraternité, dans l’unité, le peuple algérien a su imposer, dans un délai incroyablement court, une situation de rupture, en même temps qu’une nouvelle figure de la révolution, en puisant dans son histoire, dans ses épreuves, dans son humour. Jamais on n’a autant ri, débattu, inventé. Sur les marches de la rue Hamadachi-Mohand-Idir (ex-Maurice-Ravel), qui remontent vers le quartier de Telemly, un bambin de 5 ans trempe sa main dans un pot de peinture bleue, laisse sur le mur l’impression de sa petite paume. Des hirondelles découpées dans de vieux disques vinyle s’envolent d’une cage tracée au pinceau noir. On y laisse des messages de joie, d’espoir et d’amour, qui disent les rêves d’une jeunesse impressionnante de générosité, d’intelligence, de maturité politique. Sur plusieurs centaines de mètres, la fresque esquisse une autre Algérie. L’idée de faire parler les murs revient à un groupe d’étudiants qui se sont liés au fil des manifestations. « Nous voulions graver la trace de ce mouvement de libération. Avant, on ne pouvait pas s’exprimer aussi librement. La voix de la jeunesse était bâillonnée », sourit Noussaïba Merah, une jeune femme de 24 ans, voile et visage joliment maculés de peinture.

À ses côtés, Hicham Bellili, 23 ans, étudiant en écologie, s’est tracé sur le visage un drapeau amazigh, jaune, vert et bleu, frappé de la croix berbère. L’étendard flotte sur les manifestations, au côté du drapeau national, comme le signe d’une diversité culturelle et linguistique par tous assumée, d’une unité nationale retrouvée, cinglante réponse à ce pouvoir qui n’a jamais hésité à souffler sur les braises de la division. « Une révolution se porte tous les jours, pas seulement le vendredi ! On est restés trop longtemps éloignés de la politique. Écrire et dessiner sur les murs, c’est notre manière d’ancrer nos messages, nos revendications. C’est une autre façon de s’exprimer pacifiquement », explique le jeune homme sur un ton posé. L’Algérie de demain, il se l’imagine « libre, juste, démocratique, débarrassée de la corruption et de la hogra (le mépris) ».Tout en haut de l’escalier, on fête un anniversaire dans une ambiance bruyante et bon enfant. Un adolescent, drapeau noué autour du cou, nous tend une brassée de friandises.

Sur le mur, une allégorie de l’Afrique prend forme ; plus loin, des jeunes femmes donnent les derniers coups de pinceau à un portrait de Frida Kahlo. Dans cette petite communauté, qui a déjà fédéré plusieurs centaines de personnes, les femmes sont les plus nombreuses. Elles aussi s’approprient l’espace public, après s’être imposées, ces vingt dernières années, à l’université, sur le marché du travail et dans tous les champs de la vie sociale. Leur présence nombreuse dans les manifestations est comme une révolution dans la révolution, le signe d’une profonde transformation au cœur même d’une société toujours travaillée par les valeurs conservatrices et patriarcales. L’Algérie est un laboratoire : on y réinvente tout, jusqu’à la langue, que l’on tord joyeusement pour lui faire dire l’époque. Pour la septième semaine consécutive, lancent les protestataires à l’adresse des gardiens de l’ordre établi qui manœuvrent dans l’ombre : « Nous vendredirons encore ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PRÉSIDENT DU CONSEIL DE LA NATION, UN PROCHE

DE BOUTEFLIKA CHARGÉ DE LA TRANSITION

Abdelkader Bensalah… voici un nom qui ne plaît guère au peuple algérien.

C’est pourtant à l’actuel président du Conseil de la nation (Sénat) qu’a échu

– Constitution oblige – la charge de la transition. L’homme de 77 ans, proche

du président déchu, est originaire comme lui de la région de Tlemcen. Engagé

auprès du FLN à l’âge de 18 ans, il a étudié le droit, avant d’embrasser

une carrière de journaliste dans la presse d’État. À 36 ans, il est élu député.

Il sera aussi ambassadeur, porte-parole du ministère des Affaires étrangères

avant d’être désigné il y a dix-sept ans président du Sénat.

algérie

élections algériennes

abdelaziz bouteflika

 

https://www.humanite.fr/

IGNORANT LA VOLONTE DU PEUPLE ALGERIEN EXPRIMEE LORS DES MANIFS, BOUTEFLIKA NOMME 27 MINISTRES AVEC 6 ANCIENS DE L'EX-GOUVERNEMENT DONT GAID SALAH

Un nouveau gouvernement nommé en Algérie, six membres reconduits

Un nouveau gouvernement nommé en Algérie, six membres reconduits

 

Abdelaziz Bouteflika a nommé les 27 membres du gouvernement qui sera conduit par le Premier ministre algérien Noureddine Bedoui. Malgré son appel à la destitution du président, Ahmed Gaid Salah reste vice-ministre de la Défense.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, a annoncé dans un communiqué ce 31 mars l'identité des 27 membres qui composeront le nouveau gouvernement du Premier ministre Noureddine Bedoui. Parmi ceux-ci, six membres de l'ancien gouvernement sont reconduits.

Nommé le 11 mars vice-Premier ministre et chef de la diplomatie, le vice-Premier ministre et chef de la diplomatie Ramtane Lamamra quitte ses fonctions. Il est remplacé par le diplomate Sabri Boukadoum.

Le chef d'état-major de l'armée Ahmed Gaid Salah reste pour sa part vice-ministre de la Défense, malgré son appel à la destitution d'Abdelaziz Bouteflika.

Détails à suivre...

https://francais.rt.com/international/60596-nouveau-gouvernement-27-membres-nomme-algerie-six-membres-ancienne-equipe