ALGERIE

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L'ALGERIE BARRE LA ROUTE A L'OTAN

Sur insistance d'Alger, Tunis a refusé une proposition de l'OTAN de sécuriser la frontière algéro-tunisienne

Thu Feb 15, 2018 9:29AM

Les forces de l'Otan. ©Reuters

Les forces de l'Otan. ©Reuters

Sur insistance de l'Algérie, la Tunisie a refusé une proposition de l'OTAN de sécuriser la frontière algéro-tunisienne. 

Le ministre de la défense tunisien, Abdelkrim Zbidi, a affirmé que son pays a refusé une proposition de l'Otan portant sur « le contrôle des opérations militaires, l'analyse de l'information sécuritaire dans un centre de contrôle de l'armée tunisienne près de la frontière algérienne.» Cette position a été, vraisemblablement, adoptée par la Tunisie sur insistance de l'Algérie.



Selon le journal El-Bilad qui a rapporté l'information, Andelkrim Zbidi a affirmé, lors d'une séance de questions orales au parlement tunisien, que l'OTAN a proposé à son pays « l'organisation d'opérations de contrôle sur sa frontière avec l'Algérie sous la couverture d'une aide logistique et technique pour aider la Tunisie dans sa lutte contre le terrorisme, chose que nous avons refusée ».

« L'OTAN nous a proposés d'envoyer des experts permanents au centre militaire de Gabès pour veiller à la planification et au contrôle des opération militaire et l'analyse de l'information sécuritaire pour lutter contre le terrorisme et ce, contre une aide de trois million d'euros », a ajouté le ministre tunisien.

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/02/15/552441/Sur-insistance-dAlger-Tunis-a-refus-une-proposition-de-lOTAN-de-scuriser-la-frontire-algrotunisienne


 

GUERRE D'ALGERIE : LA FRANCE VA INDEMNISER LES VICTIMES ALGERIENNES DE LA GUERRE DE LIBERATION

La France indemnise les victimes algériennes de la guerre de libération : ce qu’il faut savoir

Par

 Jugurta Nam

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image: https://i0.wp.com/observalgerie.com/wp-content/uploads/2018/02/guerre-dAlg%C3%A9rie.jpg?resize=696%2C463&ssl=1

La France indemnise les victimes algériennes de la guerre de libération : ce qu'il faut savoir

La France indemnise les victimes algériennes de la guerre de libération : ce qu'il faut savoir

 

Dans une décision rendue publique hier jeudi, plus d’un demi-siècle après la fin de la guerre de libération nationale (1954-1962), le Conseil constitutionnel français a décidé d’élargir le système d’indemnisation des victimes du conflit à l’ensemble des personnes résidant en Algérie à l’époque des faits.

Jusque-là réservé aux personnes de nationalité française ayant subi des blessures physiques entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962, le système d’indemnisations a été élargi pour toucher l’ensemble des personnes résidant en Algérie entre ces deux dates. Invoquant le principe « d’égalité devant la loi », les neuf membres du conseil constitutionnel français ont ainsi retiré les termes « de nationalité française » du texte de loi régissant le système d’indemnisation. Les « sages » ont jugé que cette différence de traitement des victimes en matière d’indemnisation n’était pas justifiée.

 

Ce qui va changer :

 

Avec cette nouvelle décision, les victimes algériennes ayant subi des blessures physiques pendant la guerre, jusque là exclues, pourront prétendre au droit d’indemnisations auprès des autorités françaises. Ceci concerne les victimes civiles ayant subi des dommages physiques entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962, que leurs blessures aient été causées par des militaires français ou qu’elles aient été des victimes collatérales des opérations de l’ALN/FLN. Les combattants algériens enrôlés dans les rangs de l’ALN, ou les civils ayant été blessés dans des opérations menées par les forces du FLN en France, ne sont en revanche pas concernés par la décision du Conseil constitutionnel français. En cas de décès des personnes ouvrant droit aux indemnisations, leurs ayants droits peuvent également prétendre à ces dernières.

Une décision logique :

« C’est une décision très forte mais parfaitement logique » a commenté Me Jennifer Cambla, avocate d’un citoyen algérien blessé à l’âge de 08 ans pendant la guerre de libération nationale. Ce dernier avait saisi la justice française pour faire valoir son droit à l’indemnisation. « On avait du mal à comprendre cette différence de traitement dans la mesure où tous les Algériens étaient Français durant la guerre d’Algérie. Ce n’était donc pas juste de penser que seuls les Français pouvaient bénéficier de ce droit à pension » a expliqué l’avocate.

Avec Agences


En savoir plus sur https://observalgerie.com/actualite-algerie/la-une/la-france-indemnise-les-victimes-algeriennes-de-la-guerre-de-liberation-ce-quil-faut-savoir/#oo6KFZILvPJ6XtXY.99



 

TUNISIE : 60e ANNIVERSAIRE DU MASSACRE DE SAKIET SIDI YOUSSEF PAR L'ARMEE COLONIALE FRANCAISE. 70 CIVILS TUES

Ce jour-là : le 8 février 1958, l’armée française bombarde le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef

Écrit par Samy Ghorbal

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Il y a 59 ans, en pleine guerre de libération de l'Algérie, l’aviation française bombardait le village frontalier tunisien de Sakiet Sidi Youssef, faisant plus de 70 morts et une centaine de blessés.

Samedi 8 février 1958. Dans le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef, à la frontière algérienne, c’est jour de marché. Il est midi et la foule se presse autour des étals. Soudain, un vacarme assourdissant, des explosions… Une vingtaine de bombardiers et de chasseurs français viennent de passer à l’action.

Opération de représailles

Le bourg abrite en effet un cantonnement des rebelles algériens de l’ALN, l’Armée de libération nationale. Le bilan est lourd : plus de 70 tués, en majorité des civils, et 130 blessés. Choqué, le président Habib Bourguiba exige le retrait des troupes françaises de son pays.

Après l’indépendance, en 1956, la France y avait en effet conservé quelques bases : à Bizerte, bien sûr, mais aussi dans les confins sahariens… Le lendemain, il organise une visite pour les journalistes de la presse étrangère. Il s’agit de prendre l’opinion internationale à témoin.

Décidée par les militaires français d’Algérie, aux prises depuis la Toussaint 1954 avec la guérilla du FLN, l’attaque est présentée comme une opération de représailles. Le matin même, un de leurs avions a été touché par un tir de la DCA de l’ALN et a réussi à se poser en catastrophe à Tébessa. Le 30 janvier, un de leurs T6 avait eu moins de chance et avait été abattu. Les tirs venaient des environs de Sakiet.


>>> A LIRE – Rencontre au sommet à Sakiet Sidi Youssef


Surtout, le 11 janvier, un grave incident avait opposé les hommes du 23e régiment d’infanterie du capitaine Allard à des « fellaghas ». Ces derniers s’étaient repliés en territoire tunisien après avoir abattu quatorze militaires français et fait quatre prisonniers. Excédée, l’armée voulait infliger une leçon à la Tunisie, qui servait de base arrière.

 

Internationalisation du conflit

Mis devant le fait accompli, le gouvernement de Félix Gaillard avait endossé la responsabilité d’une opération qu’il n’avait pas ordonnée.

Critiqué sur sa gauche par Nasser et par Salah Ben Youssef, son ancien bras droit (réfugié au Caire), régulièrement accusé de « connivence avec la France », Bourguiba se trouve, lui aussi, dans une position inconfortable. Solidaire du combat de ses frères algériens, il n’a eu d’autre choix que de leur offrir des facilités logistiques et opérationnelles.

Pourtant, sa priorité reste la consolidation de l’indépendance de son pays : il n’a aucune envie de se laisser entraîner dans la guerre. Le « Combattant suprême » rêve secrètement d’une normalisation avec l’ancienne métropole, mais la myopie des dirigeants de la IVe République, qui lui reprochent son « double jeu », l’irrite.

Le bombardement de Sakiet est une provocation et un outrage. Bourguiba saisit le Conseil de sécurité de l’ONU. Amis de la Tunisie, Américains et Britanniques proposent leurs bons offices en échange du retrait de la plainte tunisienne. Les Français acceptent, espérant que la mission conduite par le diplomate américain Robert Murphy va permettre de dénouer la crise bilatérale et aboutir à la levée du blocus des bases françaises, décidée en représailles par Tunis.

Bourguiba, lui, veut « internationaliser » le conflit algérien. Les discussions s’enlisent autour du contrôle international de la frontière. Au Palais-Bourbon, les députés critiquent le faible Félix Gaillard, qu’ils soupçonnent de vouloir céder aux pressions américaines. Lâché par ses alliés, celui-ci est renversé en avril. La IVe agonise, tandis que l’ALN reprend son offensive.


>>> A LIRE – Quand Bouteflika et Ben Ali « communient »


Le 29 avril, le FLN fusille trois des quatre prisonniers français qu’il détenait. À Alger, l’armée française s’indigne. Ses officiers tempêtent contre l’impuissance des politiques, qu’ils accusent de vouloir brader l’Algérie, après avoir abandonné l’Indochine. À Paris, la France est toujours sans gouvernement.

Le 13 mai, Alger se couvre de barricades. C’est la crise. Elle se dénoue avec le retour aux affaires du général de Gaulle. Les événements de Sakiet Sidi Youssef n’ont donc pas été étrangers à la création de la Ve République. Mais ce bouleversement institutionnel ne suffira pas à vider le contentieux franco-tunisien. Trois ans plus tard, en juillet 1961, les deux pays allaient s’affronter, stupidement, pour Bizerte, alors que le principe de l’évacuation de la base était acquis…

http://www.jeuneafrique.com/130045/politique/le-bombardement-de-sakiet-sidi-youssef-2/

 

 

Tunisie [Photos]: Youssef Chahed et Ahmed Ouyahia commémorent le 60ème anniversaire des événements de Sakiet Sidi Youssef

Par

 

Le chef du gouvernement Youssef Chahed a commémoré ce jeudi 08 février 2018, en compagnie du Premier ministre algérien, le 60ème anniversaire des événements de Sakiet Sidi Youssef où le sang des deux peuples a été versé sous le joug du colonisateur français lors des batailles de la résistance.

La délégation tunisienne est composée des ministres de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères tandis que la partie algérienne est composée des ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et des Moudjahidine.

En marge de la cérémonie de commémoration de l’anniversaire des événements de Sakiet Sidi Youssef, les délégations ont eu une séance de travail consacrée à l’examen du développement des zones frontalières, la programmation des projets de développement communs ainsi que la coopération et les échanges d’information au niveau sécuritaire.

SUJETS CONNEXES:

https://www.tunisienumerique.com/tunisie-photos-youssef-chahed-et-ahmed-ouyahia-commemorent-le-60eme-anniversaire-des-evenements-de-sakiet-sidi-youssef/


 

L'ANP FAIT CAPOTER LE PLAN D'AL-QAÏDA VISANT A ETENDRE SON INFLUENCE EN ALGERIE. 8 CHEFS D'AL-QAÏDA TUES

Algérie : le plan d’infiltration d’al-Qaïda capoté

Tue Jan 30, 2018 5:56PM

L'armée algérienne. (Archives)

L'armée algérienne. (Archives)

L’armée algérienne a fait capoter le grand plan d’al-Qaïda destiné à étendre sa zone d’influence en Algérie.

En se basant sur des informations précises et en coordination avec les autorités sécuritaires tunisiennes, l’armée algérienne a pris d’assaut, vendredi 26 janvier, le repaire des chefs qaïdistes dans la région de Khenchela, déjouant ainsi leur plan visant à réorganiser leurs forces et étendre leur influence en Algérie.

Dans le cadre d’une opération à Khenchela, à 465 km au sud-est d’Alger, la capitale, les militaires algériens ont tué huit chefs d’al-Qaïda.

En effet, des affrontements ont eu lieu à l’est de l’Algérie entre les soldats algériens et des éléments terroristes sur les hauteurs de Rakchouch à Chechar dans la province de Khenchela.

La plupart des pays voisins d’Algérie, dont la Libye, le Mali et le Niger font face à la dégradation de la situation sécuritaire. Certains rapports récemment publiés témoignent du fait que certains groupes terroristes, après leur échec en Syrie et en Irak, focalisent leurs activités sur le nord de l’Afrique.

Il est à rappeler que des opérations de ratissage en collaboration avec les autorités tunisiennes ont fait échouer le plan des terroristes appartenant au dénommé « Hamza Almor », qui tentaient de s’introduire sur le sol tunisien pour s’unir avec les terroristes du Mont Chaambi et ceux de Khenchla, et ce dans l’objectif de restructurer la « Katiba Okba Ibn Nafaa » qui vit ses derniers jours.

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/01/30/550714/Algrie-alQada-Tunisie-terrorisme


 

EN QUOI LA COOPERATION ENTRE LA RUSSIE ET L'ALGERIE EST-ELLE STRATEGIQUE?

La visite officielle du Premier ministre russe Dmitri Medvedev en Algérie. Photo d'archive

En quoi la coopération russo-algérienne est-elle stratégique?

© Sputnik. Dmitry Astahov

POINTS DE VUE

URL courte

Mikhail Gamandiy-Egorov

10412

Coopération datant de plusieurs dizaines d’années, les deux pays convergent aujourd’hui dans nombre de domaines. Défense, commerce, géopolitique, lutte-antiterroriste… les intérêts communs de la Russie et de l’Algérie sont loin de manquer.

Au-delà d'une alliance qui dure, il y a aussi des faits qui confirment une certaine ressemblance entre les deux nations. Une chose est certaine: le plus grand pays du monde et le plus grand d'Afrique en termes de superficie n'ont jamais lésiné sur les moyens lorsqu'il s'agissait de défendre la souveraineté et la sécurité nationale. Grande Guerre patriotique pour la Russie face aux nazis: avec les plus lourds sacrifices au niveau mondial, civils comme militaires. L'Algérie, elle, aura sa longue guerre d'indépendance, acquise au prix d'innombrables victimes.

 

Quand la Russie dame le pion à l’Occident dans le Maghreb

© SPUTNIK. DMITRY ASTAKHOV

Quand la Russie dame le pion à l’Occident dans le Maghreb

Puis les fameuses années 1990, chaotiques pour les deux pays. Éclatement de l'URSS, appauvrissement d'une large partie de la population, extrémisme et terrorisme, une grande partie du peuple russe se souvient de cette période avec joie de l'avoir surmontée. Guerre contre le terrorisme salafiste à la même période pour l'Algérie, qui a une fois de plus dû compter les martyrs et faire de son mieux pour surmonter cette page terrible de son histoire contemporaine.

 

Mais les deux nations se sont relevées. Loin de dire que les défis ne manquent pas, le fait est qu'il est aujourd'hui admis que les deux pays sont en position de force: l'Algérie sur la scène régionale et continentale, la Russie sur la scène mondiale. Les soutiens à la souveraineté nationale des États et au concept multipolaire de la gestion du monde sont également des aspects qui rapprochent considérablement Alger et Moscou.

S'il fallait décrire en un mot la politique internationale algérienne, elle se résumerait certainement par le suivant: indépendance. En effet, la République algérienne se démarque très clairement de plusieurs pays arabes de par son indépendance de l'influence politique occidentale. Et cela se traduit sur plusieurs dossiers. Faut-il d'ailleurs le rappeler, l'Algérie a été l'un des rares pays arabes à avoir adopté une position responsable face à la guerre qui a été orchestrée par l'Otan alliée des salafistes locaux contre la Jamahiriya de Kadhafi. En allant même jusqu'à accorder l'asile à plusieurs membres de la famille Kadhafi et en refusant catégoriquement leur extradition aux nouvelles «autorités» libyennes.

 

Dmitri Medvedev

© SPUTNIK. ALEKSANDR ASTAFEV

Medvedev appelle tous les pays à se réunir pour défaire Daech

Autre exemple: le refus d'Alger de classer, à la demande insistante de l'Arabie saoudite, le mouvement libanais Hezbollah comme terroriste, en appelant à respecter les affaires intérieures libanaises. Tout comme le refus de se positionner contre l'Iran, toujours sous pression de Riyad. Enfin, sur la Syrie, les autorités algériennes se sont également positionnées dès le départ de la guerre en faveur du respect de la souveraineté syrienne. Et, selon plusieurs sources, ont même tenté de réconcilier Damas et Ankara.

 

Aussi, et cela n'est pas des moindres: l'Algérie représente-t-elle l'un des principaux partenaires militaires de la Russie au niveau mondial. Plus précisément dans le top 3 actuel des plus grands acheteurs d'armement russe à l'international, avec l'Inde et la Chine. En effet, les hélicoptères de combat, avions de chasse, bombardiers, avions de transport et de ravitaillement, défense anti-aérienne, chars, sous-marins, navires, armements légers… de la 2e plus puissante armée d'Afrique (derrière l'Égypte), et 26e au niveau mondial (selon Global Firepower http://www.huffpostmaghreb.com/2017/01/11/algerie_n_14100866.html), proviennent très majoritairement de Russie. Et qui constitue d'ailleurs un domaine clé de la coopération algéro-russe.

 

Un SSJ100

© SPUTNIK. MIKHAIL VOSKRESENSKIY

La Russie et l’Algérie parlent livraisons d’avions civils SSJ100 et MS-21

Ces technologies, de même que le savoir-faire qui va avec (sachant qu'une bonne partie de l'élite militaire algérienne a été formée en terre russe), permettent aujourd'hui au pays non seulement de parer aux menaces terroristes qui existent dans la région nord-africaine, mais aussi d'être une force capable de résister efficacement à toute visée néocoloniale de certains. Une chose est aujourd'hui pratiquement évidente: le scénario libyen n'aura pas lieu en terre algérienne. Et même si certains personnages s'aviseraient à tenter de le réaliser, ils feront face à une Algérie qui peut amplement compter sur ses propres moyens en vue de défendre sa souveraineté. Surtout que l'expérience de la résistance ne lui manque pas. D'autre part, l'Algérie sait qu'elle peut compter sur des partenaires de longue date.

 

Les secteurs énergétique, minier, du nucléaire civil ou encore celui de l'agriculture: telles sont les autres domaines d'interaction des deux pays. Concernant d'ailleurs ce dernier, il est loin d'avoir atteint son apogée. Pourtant, si l'Algérie décidait de booster ledit domaine pour une plus grande part destinée à l'export, il n'y a pas de doute que le vaste marché russe lui sera grand ouvert. Ce qui est sûr c'est que le partenariat stratégique russo-algérien a de beaux jours devant lui. Et c'est tant mieux.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201801201034818440-russie-algerie-cooperation/


 

EN 2017, L'ANP ALGERIENNE A TUE AU MOINS 90 TERRORISTES. BRAVO !

L’armée algérienne a tué 90 terroristes en 2017

Thu Dec 28, 2017 2:38PM

L'armée algérienne a tué 90 terroristes en 2017. ©IRNA

L'armée algérienne a tué 90 terroristes en 2017. ©IRNA

Le ministère algérien de la Défense a annoncé que l’armée avait tué au moins 90 terroristes et arrêté 50 autres en 2017.

Le communiqué du ministère algérien annonce aussi qu’en 2017, 29 terroristes se sont rendus à l’armée et que 203 personnes assurant le soutien logistique aux terroristes ont été arrêtées parce qu’elles fournissaient les terroristes en nourriture, en armes et en équipements de tout genre.

259 armes de type Kalachnikov, 62 mitrailleuses, cinq lance-mortiers, 16 obus de mortier, 247 canons de divers types et 179 000 cartouches de guerre ont été découverts et saisis par l’armée algérienne qui a désamorcé aussi 160 mines antipersonnel.

Par ailleurs, en 2017, l’Algérie a arrêté 1700 contrebandiers, 9 vendeurs d’armes et plus de 500 trafiquants de drogue. La police algérienne a attrapé aussi plus de 13 000 immigrés clandestins.

L’Algérie est située dans le voisinage de pays tels que le Mali, la Libye et le Niger qui sont en ce moment considérés comme instables. De ce fait, le gouvernement algérien a mis en place des mesures de sécurité renforcées à ses frontières, dans les villes et en périphérie de celles-ci. Par ailleurs, il y a beaucoup de postes de contrôle dans la capitale algérienne.

La dernière attaque terroriste date du 31 août où un kamikaze a fait détoner sa ceinture explosive en tentant d’entrer dans un commissariat de Tiaret, au sud-ouest d’Alger, tuant deux policiers.

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/12/28/547078/90-terroristes-tus-par-larme-algrienne


 

COUPE DE FOOT 2018 : L'IRAN ET L'ALGERIE DISPUTERONT EN MARS PROCHAIN UN MATCH AMICAL

La Coupe 2018 : l’Iran et l’Algérie disputeront un match amical

Wed Dec 27, 2017 7:5PM

L'équipe algérienne de football en 2017. ©Africa Top Sports

L'équipe algérienne de football en 2017. ©Africa Top Sports

Le verdict est tombé, l’Algérie n’ira pas au Mondial 2018, mais rien n’empêchera les verts de se mesurer à deux "équipes de haut niveau "qui seront du voyage en Russie : l’Iran en mars, puis le Portugal en juin.

Dans son numéro du mercredi 27, le quotidien El Khabar a fait part d’un accord trouvé entre les fédérations iranienne et algérienne pour la tenue d’un match amical en mars prochain.

« Nous avons conclu officiellement un accord avec la fédération iranienne pour un test amical en mars prochain dans un pays européen, alors que nous allons affronter le Portugal le 7 ou le 8 juin à Lisbonne », a déclaré le directeur technique de l’équipe algérienne.   

Se mesurer avec deux équipes de football qui ont grimpé à la Coupe du monde en Russie sera bénéfique pour l’équipe de foot algérienne.

« Il s’agit de deux équipes mondialistes de haut niveau qui constituent d’excellents sparring-partners pour l’équipe nationale" s’est félicité le manager général des Fennecs, Hakim Medane, auprès de l’APS. Les deux équipes cherchent à préparer leur confrontation face au Maroc dans le groupe B du Mondial. »

"Pour le mois de mars, nous allons également disputer un second match face à une équipe africaine qui pourrait être le Gabon. Nous n’avons pas encore finalisé l’accord et tout peut arriver", a ajouté Rabah Madjer, sélectionneur de l’équipe d’Algérie, en précisant que deux autres matchs amicaux auront probablement lieu fin mai début juin.

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/12/27/547016/El-Khabar--lIran-et-lAlgrie-disputeront-un-match-amical


 

QODS : LE MINISTRE ISRAELO-NAZI AVIGDOR LIBERMAN VILIPENDE L'ALGERIE

Quand Lieberman "maudit" l'Algérie

Sun Dec 24, 2017 9:23AM

Manifestation en soutien à la ville de Qods en Algérie. ©AlgérieFocus

Manifestation en soutien à la ville de Qods en Algérie. ©AlgérieFocus

Rares sont les pays qui ont condamné avec une telle acuité la reconnaissance, par le président américain, de Qods comme capitale d'Israël. L'Algérie l'a fait, quitte à provoquer l'ire du régime d'Israël. 

"Si l’Algérie avait présenté une résolution disant que la terre est plate et qu’Israël en est responsable, la décision serait votée à la majorité", a lancé le ministre israélien des Affaires militaires, Avigdor Liberman au lendemain du large rejet par l’ONU de la résolution de Donald Trump. 

Sur son compte twitter, le ministre israélien avait remplacé le logo des Nations unies par une image de couleur verte sur laquelle on peut lire: "Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohammad est Son messager" et celle d’un intervenant à la tribune de l'Organisation par l’un des éléments des Brigades El Qassam, la branche armée du Hamas....Rien de nouveaux aux Nations unies, mais ce qui est bien c'est que les États-Unis soient toujours ce phare qui nous éclaire au milieu des ténèbres».

Pour de nombreux analystes, la critique formulée par Lieberman contre Alger est bien significative, le pays étant l'un de ceux qui continuent à s'opposer vigoureusement aux plans américains et sionistes. 

Avigdor Liberman dirige un parti d’extrême droite. En 2013, il avait suggéré de «transporter les prisonniers palestiniens jusqu’à la mer morte pour les noyer».

La résolution condamnant la décision du président américain de reconnaître Qods  comme capitale d’Israël a été adoptée à la majorité (128 voix pour, 9 contre et 35 abstentions) et l’Algérie a voté en faveur de la résolution.

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/12/24/546636/Qods-Isral-attaque-lAlgrie


 

DECES DE NOËL FAVRELIERE, UN "JUSTE D'ALGERIE"

 

#TITRE

 

NOËL FAVRELIÈRE LE « JUSTE » EST DÉCÉDÉ

 20 décembre 2017 |  19:28

Hocine Adryen

Il a été condamné à mort deux fois pour avoir refusé de se battre à 22 ans et s’être enfui avec un prisonnier algérien. Noël Favrelière est décédé le 11 novembre à 83 ans. 

Profondément marqué par l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, il effectue son service militaire en Algérie avant le soulèvement du 1er novembre 1954, date du début de la guerre d’Algérie.

Choqué par le sort réservé aux musulmans, il écrira dans son livre « Le Désert de l’Aube » (Editions de Minuit) réédité en 2000 : « Si j’étais Algérien, je serais fellagha ». Rappelé en 1956, il retourne en Algérie où il est témoin d’exactions. 

Dans « Le Désert de l’Aube », il raconte ainsi son refus de laisser un prisonnier du FLN emmené dans une « corvée de bois » (exécution) et sa fuite avec lui dans le désert. Noël Favrelière se cache alors pendant dix mois et rejoint l’Armée de libération nationale (ALN), la branche militaire du FLN. 

Il participe aux combats de l’ALN pendant dix mois, dans la partie du Sahara et des montagnes situées à la frontière entre Tunisie et l’Algérie, sous le nom de Nourdine. Il est blessé au pied après une attaque de l’aviation française. Passé en Tunisie après avoir témoigné de son geste dans la presse, il demande un visa pour les États-Unis où vit sa sœur. 

Condamné une première fois à mort par contumace, en 1958, par le Tribunal militaire de Constantine il l’est une seconde fois en 1960. En 1962, il retourne en Algérie et rencontre Ahmed Ben Bella et Mhamed Yazid. 

En 1963, il rentre clandestinement en France : il tient, grâce à Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, une conférence de presse et expose ses tableaux. 

Bénéficiant d’une bourse en Yougoslavie, il obtient un diplôme d’Histoire de l’Art à Ljubljana en 1964. Il repart en Algérie et dirige alors le musée d’Alger de 1964 à 1966. 

Grâce à une lettre de sa mère expliquant à la femme du général De Gaulle que son fils avait agi comme le Général quand il s’était réfugié au Royaume-Uni en 1940, il est amnistié par ce dernier de ses deux condamnations à mort en 1966. 

A la suite d’un non-lieu, il travaille comme attaché culturel du ministère des Affaires étrangères à l’étranger. Il travaille ensuite à la Régie Renault à Sofia et à Ljubljana, de 1967 à 1983. En 1968, il épouse la danseuse étoile Lane Stranić. 

Ils auront une fille en 1981, devenue comédienne et metteuse en scène sous le nom de Daphné Millefoa. Il s’est rendu en Grèce en 1974 et aurait participé aux combats pour la Troisième République hellénique. De 1983 à 1989, il devient le directeur de l’Institut français de Ljubljana (Slovénie), puis de celui d’Amman (Jordanie) de 1989 à 1995.

Quand la droite revient au pouvoir en France en 1995, il se retrouve au chômage puis prend sa retraite en 1999. Il a dessiné et peint toute sa vie. 

En 2000, Noël Favrelière signe avec onze autres « grands témoins » un appel, dans L’Humanité, à la condamnation de cette pratique pendant le conflit. Noël Favrelière fait partie des « Justes d’Algérie » qui ont soutenu les Algériens durant la guerre. Né en 1934 à La Rochelle, il est sous-officier parachutiste de l’armée française. 

Il a inspiré de nombreux personnages de déserteur et résistant concernant cette guerre dont notamment le film de René Vautier Avoir vingt ans dans les Aurès (1972). Il fait partie des « Justes d’Algérie » ayant soutenu le combat du peuple algérien pour sa libération. 

Il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1985. Il décède le 11 novembre 2017 à l’âge de 83 ans. Souffrant d’Alzheimer depuis quelques années avant de s’éteindre dans la nuit du 11 au 12 novembre dernier.

http://www.jeune-independant.net/Noel-Favreliere-le-Juste-est.html



 

ALGERIE : "EN UN MOT, ANEANTIR TOUT CE QUI NE RAMPERA PAS A NOS PIEDS COMME DES CHIENS."

 

 

Pour mémoire.

 

Titre. « En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. »

Smaïl Hadj Ali

Universitaire.

 

Le six décembre 2017, rue Larbi Ben M’hidi, à un jeune algérien qui lui disait que la France devait reconnaître ses méfaits  en Algérie, le Président Macron lui demanda, excédé : 

            -« Quel âge avez-vous » ?

-« 26 ans », répondit le jeune homme. 

-« Mais vous n’avez pas connu la colonisation, lui rétorqua le Président français ; qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça » !

 

 

Au-delà, de l’attitude véhémente à l’égard d’un jeune homme soucieux de son histoire nationale, et de surcroît en son pays, le Président français avait probablement oublié que ce sont des millions d’Algériens qui sont nés après le 5 juillet, date de la proclamation de l’indépendance nationale, et qui donc « n’ont jamais connu la colonisation», et l’auraient à ce titre  « embrouillé », tout autant.

 

Ce sont aussi des dizaines de millions de Français qui n’ont jamais connu l’occupation allemande, la trahison nationale vichyste, et la Résistance, mais personne ne le reprochera de ne pas oublier ce passé.

Question. Le Président français aurait-il tenu ces propos à un jeune juif ou à un jeune arménien, dont, respectivement la communauté et le peuple, ont connu l’horreur et le pire?

L’Algérie, son peuple, sauf erreur, ne veulent ni repentance, ni autoflagellation. Mais personne ne pourra jamais empêcher les descendants des peuples colonisés de considérer que la colonisation fut, à minima, une longue « période de deuil et de souffrance », comme l’avait souligné l’historienne et romancière Guadeloupéenne Maryse Condé, alors que la représentation française venait de voter la loi sur les « bienfaits de la colonisation », en 2005.   

 

 De même que Jean Ferrat dans Nuit et Brouillard, chantait « qu’il twisterait les mots s’il fallait les twister », pour dire l’horreur des camps d’extermination nazis, nous continuerons en Algérie, de chanter et de dire, sans haine, ni culpabilisation, l’épouvante que furent ces 132 ans d’oppression, d’exaction, de spoliation, et de néantisation.

 

Aussi et sans « embrouille », voici, pour mémoire, et pour commémorer l’héroïque Onze décembre 1960, quelques séquences, très abrégées, de ce moment négateur d’humanité revendiqué et administré par la France coloniale, qu’historiens et penseurs, à l’exemple de Mostefa Lacheraf, Bachir Hadj Ali, Henri Alleg, M.C Sahli, et bien d’autres, ont décrit et analysé il y a des décennies.

 

 

Dès le début de la conquête les crimes, multiformes, furent un invariant de l’armée coloniale. Pour le pouvoir politique et militaire, les indigènes, ces êtres inférieurs, les « Arabes », étaient des sous-hommes, « qui ne comprennent que la force brutale»[1], et  « qui n’entendraient de longtemps des raisonnements qui ne seraient point appuyés par des baïonnettes », comme s’en convainquait  dès 1830, Lamoricière, cet émule des « conquistadores », qui occupera le poste de Ministre de la guerre en 1848, après avoir sabré « l’Arabe » pendant 18 ans...

C’est cette vision du monde qui va fonder et féconder la politique coloniale pendant 132 ans.

Alger 1957. Le port. Ballottés par la houle, des corps flottent. Ce sont les « crevettes-Bigeard», un des trophées, du 3ème régiment de parachutistes coloniaux. (RPC). Cadavres d’Algériens raflés par les parachutistes, durant ladite « bataille » d’Alger[2], qui, au-delà de l’héroïque résistance du peuple qasbadji désarmé et d’une escouade de combattants sommairement armés, fut le moment mortifère, à l’échelle industrielle, de la torture d’État, et d’une massive et planifiée ratonnade militaro-policière, à ciel ouvert, tout aussi mortifère.

 À ces crimes collectifs, et à tant d’autres, il est encore répondu : « C’était la guerre »[3], avec, implicitement, ses dérives, ses bavures des deux côtés! Inévitables. Les crimes du 3ème régiment de parachutistes coloniaux, -qui faisait partie de la 10ème division parachutiste de Massu-, et plus largement de l’armée coloniale étaient-ils le lot commun de toute guerre, des dérives inévitables ? Une sorte de fatalité en somme inhérente à toute guerre ?

L’histoire du colonialisme en Algérie montre en réalité que les violences et les crimes coloniaux ont été une constante politique, et un phénomène d’’ordre structurel. À ce titre le 3ème RPC, et la 10ème division de Massu, responsables de la disparition de Maurice Audin, de la liquidation de Larbi Ben M’hidi, de l’assassinat d’Ali Boumendjel et de milliers de patriotes algériens, sont les dignes héritiers des « Colonnes infernales » du général Bugeaud, adepte de « la guerre totale jusqu’à extermination » ? Dignes héritiers tout autant, des « Voltigeurs de la mort », dont le chef, le capitaine Montagnac, déclarait : « Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe (...). Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants (…), les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. » Dignes héritières des Bureaux Arabes, ont été aussi les sinistres Sections administratives spécialisées, et ce malgré les tentatives de minorer, sinon d’enjoliver leur rôle que l’on peut entendre et lire ici et là, alors qu’elles étaient des structures de répression féroce et de flicage massif des Algériens.

  À propos de Montagnac, on aurait pu penser qu’il fut l’exception militaire en matière d’anéantissement. Mais ces crimes, ou l’incitation à les commettre, étaient choses partagées par la fine fleur intellectuelle de l’époque. Prenez Tocqueville. Ce penseur et théoricien adulé de la démocratie, homme de grande d’humanité et de quelques sympathies pour les Arabes, nous dit-on, prodiguait, avec cynisme et sang-froid, ses conseils, des « nécessités fâcheuses », disait-il, aux sabreurs et artilleurs coloniaux pour plus de domination, de désolation et de soumission :

(…) J'ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n'approuve pas, trouver mauvais qu'on brûlât les moissons, qu'on vidât les silos et enfin qu'on s'emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants.

Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre

« Le moyen le plus efficace dont on puisse se servir pour réduire les tribus, c'est l'interdiction du commerce. Le second moyen en importance, après l'interdiction du commerce, est le ravage du pays. Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l'époque de la récolte soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu'on nomme razzias et qui ont pour objet de s'emparer des hommes ou des troupeaux ».[4]

 

Absolu d’un idéal liberticide, défendu et porté par des élites familières des Lumières et de la modernité capitaliste, convaincues par les théories des races dites « inférieures », substrat idéologique des futures politiques d’extermination en Europe, comme l’analyse Hanna Arendt[5], la guerre de conquête coloniale, appuyait par une administration du même nom, ont effectivement, ainsi que le préconisait Tocqueville, ravagé et détruit les êtres, les villes, les écoles, l’agriculture, le commerce, avec comme point culminant  le ravage de l’ethos[6] d’une société et d’un peuple dotés d’une unité culturelle et cultuelle certaine. Au bout du compte, une société et un peuple asservis, décivilisés par un implacable processus de spoliation, de paupérisation, de dés-alphabétisation, de régression socioculturelle, et de terreur existentielle érigée en mode d’administration d’exception d’une population défaite et exsangue. Terreur à laquelle prirent toute leur part les auxiliaires et supplétifs locaux, que l’on tente aujourd’hui de réhabiliter par la bande, avec la connivence et l’aide d’institutions et de personnalités publiques[7]. Mais, et pour tout dire, n’avons-nous pas été aussi le pays dont un hebdomadaire public[8], a largement et généreusement donné la parole, en novembre 1984, au tortionnaire et responsable de la liquidation de Larbi Ben M’hidi, le patron du 3ème RPC, le parachutiste Bigeard, et ce, nous disait-on, au nom d’une nécessaire « décontraction idéologique », de la « liberté d’expression, dont était privé, faut-il rappeler, la très grande majorité des Algériens?

De 1954 à 1962, pour tenter de briser l’insurrection nationale et l’aspiration profonde des Algériens à la liberté, l’armée française n’aura aucun mal à renouer avec les violences de l’armée d’Afrique, celle-là même qui participa, au côté des capitulards Versaillais de Thiers, défaits par Bismarck, au meurtre de 30 000 révolutionnaires parisiens[9], entre le 21 et le 28 mai 1871[10].

Violences absolues, totales, crimes de guerre et contre l’humanité, notion faite sienne par le président Macron le 14 février 2017, requalifiée il est vrai par celle de « crime contre l’humain »[11], quelques jours après, lors d’un meeting électoral le 18 février 2017, à Toulon, ville-portuaire d’où est partie la flotte et l’armada de la conquête qui mettra le pays à feu et à sang ?

Pour le système colonial, -que des historiens français en vue, souvent invités en Algérie, s’exprimant à foison dans la presse privée et publique, ainsi que des politiques français, ayant exercé ou exerçant les plus hautes responsabilités, ont qualifié de « système injuste », les Algériens n’étaient  rien d’autres qu’une « race inférieure »

Pour maintenir leur asservissement, la puissance coloniale se dotera d’une administration militaire et civile d’exception, à vocation mortifère. Celle-ci mettra en pratique les pseudo théories sur les races, une invention des « sciences » en terre européenne au 19ème siècle, qui fonctionneront comme le nécessaire lubrifiant[12] idéologique pour la cohésion de la colonie de peuplement.

 « Ce système injuste », -quel euphémisme!- a désintégré la société algérienne. Il lui a interdit toute possibilité, 132 années durant, une éternité, d’inventer, d’imaginer son « avenir historique », de penser sa modernité, de concevoir son rapport au monde, de proposer son apport singulier, riche de son histoire plurimillénaire, à l’universalité, en un mot d’exister. Peut encore considérer un instant que l’Algérie n’aurait pas pu mieux faire que ses millions de victimes des guerres coloniales, que la mobilisation forcée des siens pour les guerres qui n’étaient pas les siennes, que les famines organisées, et les épidémies induites par celles-ci. Peut- on penser un instant qu’elle n’aurait pas mieux fait que les lois d’exception, le Code de l’indigénat, les expropriations massives, la pratique systématisée et généralisée du racisme, la destruction-péjoration de son système anthroponymique, ou encore les cinq techniciens en agriculture et les quelques 90% d’analphabètes dans les deux langues. C’est cela, et la liste reste ouverte, l’héritage fondamental laissé par un système de gouvernement mu, entre autres, par une logique de destruction culturelle et, comme le notait Lacheraf d’« ébranlement du substrat  mental »  des individus et des groupes sociaux. Un héritage qui, à ce jour, -sans occulter les régressions qui érodent, au quotidien, la société, et l’emprise des castes prédatrices et exploiteuses, néo-colonisées, qui s’emploient à saigner et à corrompre le pays-, pèse encore lourdement sur le cerveau des vivants.

Oui la colonisation fut une barbarie. Elle ne pouvait porter en elle « des éléments de civilisation ». Seuls le combat et la résistance des Damnés de la terre, depuis 1830, puis la libératio n et l’indépendance nationale furent et firent civilisation

Smaïl Hadj Ali.

 

[1] Pierre de Castellane, officier de l’Armée d’Afrique. Ce texte reprend des aspects d’un court article de S.H.A, publié en décembre 2012, par le quotidien français L’Humanité.

 

[2] L’héroïsme des patriotes Algériens n’étant pas en cause, cette appellation surfaite ne profite en vérité qu’à l’armée française, puisqu’elle laisse supposer qu’il y eut un affrontement entre deux armées de forces plus ou moins égales.  Or la 10ème division de parachutistes commandée par Massu pour mener « bataille », était formée de huit mille paras, suréquipés, parmi lesquelles les troupes, dites d’élite, du 3ème RPC. Ceci sans compter l’apport de forces auxiliaires, telles que les Unités territoriales, etc,

[3] Également nom d’un film franco-algérien, réalisé en 1992, par Faillevic et Rachedi.

[4] Cf.  Smaïl Hadj Ali, Os Sao Simonianos e a colonizaçao da Argelia, Revista dos Estudos Avançados, n° 56, janeiro/abril 2006, USP, Sao Paulo. Brasil

[5] Cf. Smaïl Hadj Ali, La colosionisation de la Palestine, Algérie Patriotique, du 9 au 13 août 2015.

 

[6] Cette situation se traduira par de multiples et profondes formes d’aliénation et de reniementde soi qui carenceront durablement les rapports de l’ex-colonisé à son Histoire, à son socle identitaire et à ses cultures, une fois l’indépendance recouvrée. Nous n’en sommes pas quitte encore aujourd’hui, d’autant que ces questions fondamentales ont été laissées ou livrées aux partisans d’une fantasmagorique pureté religieuse, culturelle et identitaire. Autant d’illusions qui continuent de violenter symboliquement la société algérienne, et travaillent à la rendre toujours plus ignorante et étrangère à sa complexité.

 

[7] Cf. Smaïl Hadj Ali, « À propos du féodal Bengana », Algérie Patriotique, 28 février 2017.

[8] L’entretien de ce tortionnaire à Algérie Actualité, avait été largement relayé lors du J.T de 20 heures de la RTA.

[9] Cf. Smaïl Hadj Ali, De la réhabilitation de la Commune de Paris, Le Grand Soir, 16 décembre 2016.

[10] Bannis et déportés en Algérie, certains de ces révolutionnaires, se retourneront contre leurs frères Algériens en lutte contre l’oppression.

[11] Au-delà de sa charge, cette formule ne revêt aucune signification politique ou juridique

[12] Cf. Smaïl Hadj Ali, « Les Arabes ne comprennent que la force brutale », in L’Humanité, décembre 2012

 

Transmis par Ahmed Halfaoui