ALGERIE

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AHMED BENSAADA : QUELLE PAGE VOULEZ-VOUS TOURNER, M. MACRON ?

Quelle page voulez-vous tourner, M. Macron ?

Par Ahmed Bensaada

Mondialisation.ca, 11 décembre 2017

ahmedbensaada.com 10 décembre 2017

Région : 

Analyses: 

Mais qu’est-ce que cette manie qu’ont les présidents français post-indépendance algérienne de vouloir déambuler dans les rues d’Alger ou d’autres villes algériennes lors de leurs déplacements officiels ? Veulent-ils tous revivre l’épopée de Napoléon III découvrant, au 19esiècle, son « royaume arabe » ? Sont-ils tous des nostalgiques des bains de foules du général De Gaule qui, en 1958, prononça les célèbres « Je vous ai compris ! » ou, pire encore, « Vive l’Algérie française ! » ? Ou bien aiment-ils tant les « youyous » et les confettis tombant par poignées des balcons ?

A-t-on déjà vu un président algérien paradant sur les Champs-Élysées, acclamé par une foule française lui souhaitant la bienvenue ?

Le président Macron n’a donc pas dérogé à la règle lors de son récent et court voyage à Alger, histoire de pérenniser ce qui est désormais devenu une tradition franco-algérienne, malheureusement unilatérale. Youyous, confettis et bain de foule étaient bien évidemment au rendez-vous de ce mercredi 6 décembre, ensoleillé pour l’occasion.

Il alla spontanément à la rencontre de cette population algéroise. Quelques enfants facétieux, hauts comme trois pommes, lui servirent un « One, two, three, viva l’Algérie ». Un adulte lui souhaita la bienvenue en précisant « nous sommes un seul peuple, le peuple français et le peuple algérien ». Tiens donc, des vestiges de la période coloniale ? Ce monsieur aurait-il lu la déclaration de l’écrivain Boualem Sansal [1] « L’Algérie, c’est la France, et la France, c’est l’Algérie ! » ?

Un jeune Algérois réussit à agacer le jeune président en l’emmenant sur le terrain du passé colonial. Ne réussissant pas à le convaincre, Macron lui demanda : « Mais vous, vous avez quel âge ? ». Lorsque le jeune lui répondit qu’il avait 26 ans, le président lui rétorqua sèchement : « Mais vous n’avez jamais connu la colonisation ! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça ? Vous votre génération, elle doit regarder l’avenir ».

Bien sûr, les jeunes doivent oublier la colonisation et regarder vers l’avenir. Est-ce là le réflexe d’un ancien colonisateur ou celui d’un ami comme il l’a confié exclusivement à El Khabar et El Watan [2] (deux journaux, parait-il, proches de l’ambassade de France) ? Macron n’est pas le seul à prôner cette amnésie volontaire de plus d’un siècle de colonisation. Kamel Daoud, cet auteur algérien tant « admiré » par le locataire de l’Élysée [3], l’a souvent répété : « L’exploitation de la colonisation de l’Algérie doit cesser » [4], « L’exploitation du fonds de commerce de la guerre d’Algérie doit cesser » [5] ou « Le postcolonial m’étouffe » [6].

Du côté des médias français, l’air fredonné à l’unisson était celui de « Macron veut tourner la page ». Mais quelle page le président veut-il tourner ? En a-t-il choisi une en particulier ? Une figurant dans l’encyclopédie des atrocités perpétrées par le colonialisme français ? Par où commencer et où finir ? 132 années orchestrées par des enfumades, des ventes de boucles d’oreilles ensanglantées et de bracelets encore attachés aux poignets, de famine, de misère économique et intellectuelle, de viols, de torture et des centaines de milliers de morts durant les révoltes successives depuis l’occupation jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.

Monsieur le président a-t-il choisi une page ? Peut-être celle des crânes de valeureux combattants algériens curieusement conservés dans le musée de l’Homme à Paris ?

On se rappelle, qu’en février dernier – il y a moins de 10 mois-, alors qu’il était candidat à la présidence, Macron avait déclaré à Alger, à propos de la colonisation :

« C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé, et je ne regrette pas cela parce qu’il y a une jolie formule qui vaut pour l’Algérie : la France a installé les droits de l’homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire » [7].

Ses propos ayant soulevé un tollé en France, il se rétracta. Sa discussion avec le jeune Algérois indique l’ampleur de son revirement.

Alors, pourquoi n’a-t-il pas continué dans sa lancée s’il voulait réellement la tourner cette page !

Plusieurs personnalités ont été conviées à ce voyage présidentiel. Parmi elles, l’historien Benjamin Stora et le cinéaste Alexandre Arcady, deux pieds-noirs issus de la communauté juive d’Algérie. Spécialiste de l’histoire de l’Algérie, Stora a été surnommé « l’historien qui murmure à l’oreille du Président [Macron]» [8]. Tout indique donc qu’il aurait été invité pour lui servir de tourne-page.  Il faut dire que l’historien s’y connait, lui aussi, en volte-face, surtout lorsqu’elle épouse celle du président.

En février, il disait que la colonisation est bien un crime contre l’humanité : « Cela fait très longtemps que les historiens ont apporté la preuve de massacres, de crimes, de tortures durant la longue période de la colonisation », précisa-t-il [9].

En décembre, répondant à une question sur la relation entre l’âge de Macron et son aptitude à « tourner la page », il déclara que le président «n’a pas le même rapport de temporalité avec cette histoire puisque non seulement il est né après la guerre d’Algérie mais il n’a pas de rapport « physique » avec l’Algérie par l’intermédiaire de famille ou autres » [10].

Ainsi l’âge du président serait un argument dans sa volonté de « tourner la page » sur de graves évènements historiques et son grand désir de regarder vers l’avenir.

Si c’est le cas, « celui qui murmure aux oreilles » pourrait donc nous expliquer à haute voix pourquoi Macron a solennellement commémoré le 75e anniversaire de la rafle du « Vel d’Hiv », un évènement qui a eu lieu en 1942, soit 8 ans avant la naissance de son père ! Le président français y reconnut la responsabilité de la France dans la déportation de milliers de personnes de confession juive, à la grande joie du chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, invité pour la circonstance [11]. Il profita de l’occasion pour faire doublement plaisir à son « cher Bibi » en affirmant que « l’antisionisme est la forme réinventée de l’antisémitisme », une stupidité déjà énoncée par un certain Manuel Valls.

Toujours est-il que Stora donna un cours d’histoire « live » au président lors de sa promenade algéroise. Devant la statue de l’Émir Abdelkader, l’universitaire déclama sa leçon : « L’émir fut un grand résistant à la pénétration coloniale française. Il a eu ensuite la force de trouver la voie de la réconciliation tout en restant fidèle à lui-même. Son parcours est exemplaire » [12].

Mais c’est Alexandre Arcady qui se chargea de lui présenter le « Milk Bar » en précisant qu’il s’agissait du « café des pieds-noirs visé par un attentat sanglant » [13]. Un attentat provoqué par une bombe posée le 30 septembre 1956 et relaté dans le célèbre film « La Bataille d’Alger ». C’est à ce sujet que Larbi Ben M’Hidi, héros de la révolution algérienne, prononça sa célèbre phrase : « Donnez-nous vos avions et on vous donnera nos couffins ! » [14].

Natif d’Alger, Alexandre Arcady, quitta l’Algérie avec sa famille en 1961, juste avant l’indépendance. Jeune, il a été membre du mouvement de jeunesse sioniste « Hachomer Hatzaïr ». En 2013, il a été parrain de la soirée célébrant le centenaire de l’organisation [15]. Entre 1966 et 1967, il vécut en Israël, dans un kibboutz proche de la frontière libanaise. Il y était lors de guerre arabo-israélienne de 1967 [16].

Arcady a porté à l’écran le roman de Yasmina Khadra « Ce que le jour doit à la nuit », une histoire d’amour qui idéalise la relation colonisateur-colonisé passant sous silence la misère et l’obscurantisme dans lesquels les populations autochtones ont été maintenues par le colonialisme. Certains l’ont même accusé d’avoir écrit ce roman pour plaire aux nostalgiques de l’Algérie française. N’a-t-il pas déclaré au journal La Croix : « Pour moi, cela ne fait aucun doute : l’Algérie, qui est mon pays, est aussi le pays des pieds-noirs. Chaque pied-noir, pour moi, est un Algérien, et je ne dirai jamais le contraire. Nous reste en mémoire, Français et Algériens, ces amitiés déchirées, ces voisinages dépeuplés… » [17].

À la sortie du film, un journal algérien titra, non sans ironie : « L’effet positif de la colonisation selon Arcady » [18].

Cela n’a apparemment gêné en rien le cinéaste kibboutznik qui se prend toujours pour un spécialiste de la jeunesse algérienne : « Les jeunes de ce pays souhaitent qu’on en finisse avec les vieux débats : ils veulent qu’on ouvre les portes, et qu’on ouvre les yeux ! » [19].

Alexandre Arcady en guise de second « tourne-page » ?

À propos d’écrivains algériens, Macron aime bien s’en entourer. Mais pas tous. Pour son déjeuner algérois, il a en invité quatre : Kamel Daoud, Maïssa Bey, Adlène Meddi et Boualem Sansal. Curieusement, les trois premiers ont le même éditeur : les éditions « Barzakh » (très proche de l’ambassade de France, selon des sources bien informées). Sur la liste, il ne manquait que Ferial Furon. Macron n’est vraiment pas chanceux car elle aurait pu lui relater les exploits de son aïeul, illustre coupeur d’oreilles de valeureux résistants algériens.

Selma Hellal et Sofiane Hadjadj, fondateurs des éditions Barzakh, dans leur nouvelle librairie algéroise, « L’Arbre à dires ».

(Le Point n° 2358 du 16 novembre 2017, p.54)

Kamel Daoud, Omar Benbekhti et Ferial Furon (Paris, le 26 mars 2017)

Adlène Meddi et Kamel Daoud (22e Salon international du livre d’Alger)

Mais c’est à se demander pourquoi le président français a-t-il jugé bon de les rencontrer à Alger lors d’une visite éclair alors qu’il avait le loisir de s’entretenir avec eux en France, puisque c’est dans ce pays que ces écrivains passent le plus clair de leur temps (sauf, peut-être, Maïssa Bey).

C’est sans doute un moyen « culturel » ayant pour finalité de passer le message politique du « tourne-page » et de l’effet positif de la colonisation. Autrement, il aurait invité d’autres écrivains algériens, en particulier le plus grand d’entre eux en la personne de Rachid Boudjedra. Mais ce dernier ne fait pas partie de ce club select et cette réception n’avait rien à voir avec la littérature.

Les auteurs choisis ont été qualifiés par la presse française de « figures transgressives de la scène algérienne » [20], « de voix libres ou des enquiquineurs du pouvoir » [21] ou de « figures de l’opposition au régime » [22]. Mais cette presse bienveillante passe cependant sous silence leurs positions sur la colonisation.

Et comment ne pas être invité lorsqu’on a de telles opinions ? Jugez-en.

Boualem Sansal : « En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul l’amour pouvait oser pareil défi, … Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses enfants » [23].

Kamel Daoud : « La terre appartient à ceux qui la respectent. Si nous, les Algériens, en sommes incapables alors autant la rendre aux colons » [24].

Ou encore :

« On ose alors le tabou parce que c’est un grand rêve éveillé : une Algérie qui n’aurait pas chassé les Français algériens mais qui en aurait fait la pointe de son développement, de son économie et la pépinière de sa ressource humaine » [25].

Quant à Adlène Meddi, il n’a pas hésité à publier les élucubrations les plus extravagantes de Michel Onfray dans les pages du journal qu’il dirigeait, « El Watan Week-end ». Voilà ce que Onfray a écrit sur la guerre d’indépendance algérienne : « Depuis le 8 mai 1945 et la répression de Sétif et Guelma, il est même prouvé que les militants de l’indépendance nationale ont souhaité tout s’interdire qui soit du côté de la paix, de la négociation, de la diplomatie, de l’intelligence, de la raison. Je vous rappelle à cet effet que ce sont les Algériens qui ont choisi la voie de la violence et sont à l’origine du plus grand nombre de morts du côté… algérien ! » [26].

Des inepties qui ont soulevés un tollé en Algérie [27], mais qui se sont étrangement heurtées au mutisme de Meddi et d’El Watan.

Durant le repas, j’ose imaginer Arcady assis entre Sansal et Daoud. Entre Sansal qui a visité l’État hébreu avec la bénédiction du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et Daoud qui a avoué « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de Gaza » [28], alors que les bombes israéliennes massacraient les Palestiniens en 2014.

Tout en étant convaincu de la succulence des mets servis lors du déjeuner présidentiel – cuisine française oblige -, le seul souhait est que Maïssa Bey ait pu prendre la parole. Elle aurait pu expliquer comment son propre père fût enlevé et torturé par l’armée française et son corps jeté aux chiens [29].

Peu ragoûtant lors d’un repas servi par Son Excellence l’Ambassadeur de France, n’est-ce pas ? Serait-ce une page à déchirer, M. Macron ?

Ahmed Bensaada

 

Références

[1] Boualem Sansal, « L’Algérie, c’est la France, et la France, c’est l’Algérie ! », Marianne, 6 décembre 2017, https://www.marianne.net/debattons/tribunes/boualem-sansal-l-algerie-c-est-la-france-et-la-france-c-est-l-algerie

[2] À la Une d’El Watan, on pouvait lire : « Je reviens dans l’état d’esprit d’un ami de l’Algérie», http://www.elwatan.com/actualite/emmanuel-macron-a-el-watan-je-reviens-dans-l-etat-d-esprit-d-un-ami-de-l-algerie-06-12-2017-358065_109.php

Dans celle d’El Khabar : « Je suis en Algérie en ami, mais je ne suis pas l’otage du passé», http://www.elkhabar.com/press/article/129821/

[3] Vincy Thomas, « Emmanuel Macron admire Kamel Daoud », Livres Hebdo, 30 août 2017, http://www.livreshebdo.fr/article/emmanuel-macron-admire-kamel-daoud

[4] Le Figaro, « Kamel Daoud : « L’exploitation de la colonisation de l’Algérie doit cesser »», 20 février 2017,http://www.lefigaro.fr/livres/2017/02/20/03005-20170220ARTFIG00133-kamel-daoud-l-exploitation-de-la-colonisation-de-l-algerie-doit-cesser.php

[5] Europe 1, « Kamel Daoud : « L’exploitation du fonds de commerce de la guerre d’Algérie doit cesser » », 20 février 2017, http://www.europe1.fr/culture/kamel-daoud-lexploitation-du-fonds-de-commerce-de-la-guerre-dalgerie-doit-cesser-2982818

[6] Kamel Daoud, « Le postcolonial m’étouffe », Le Point, 24 octobre 2017, http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/kamel-daoud-le-postcolonial-m-etouffe-19-10-2017-2165644_1913.php

[7] Le Point, « Emmanuel Macron : « La colonisation est un crime contre l’humanité » », 16 février 2017, http://www.lepoint.fr/presidentielle/emmanuel-macron-la-colonisation-est-un-crime-contre-l-humanite-15-02-2017-2105177_3121.php

[8] Yaël Goosz, « Visite d’Emmanuel Macron en Algérie : « Il n’a pas le même rapport de temporalité » avec l’histoire de la colonisation », France TV Info, 5 décembre 2017,  https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-interview-J-1/visite-d-emmanuel-macron-en-algerie-il-n-a-pas-le-meme-rapport-de-temporalite-avec-l-histoire-de-la-colonisation_2477934.html

[9] Jannick Alimi, « Macron sur la colonisation : « Les historiens ont apporté la preuve de massacres « , juge Stora », Le Parisien, 17 février 2017, http://www.leparisien.fr/politique/macron-sur-la-colonisation-les-historiens-ont-apporte-la-preuve-de-massacres-juge-stora-17-02-2017-6687714.php

[10] Voir réf. 8

[11] Site de l’Élysée, « Discours du Président de la République française à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv », 17 juillet 2017, http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-du-president-de-la-republique/

[12] Thierry Oberlé, « À Alger, Macron veut ouvrir « une page d’avenir avec la jeunesse »», Le Figaro, 6 décembre 2017, http://www.lefigaro.fr/international/2017/12/06/01003-20171206ARTFIG00199–alger-macron-veut-ouvrir-une-page-d-avenir-avec-cette-jeunesse.php

[13] Ibid.

[14] Les couffins étaient utilisés pour transporter les bombes artisanales.

[15] CRIF, « Les 100 ans de la jeunesse militante », 10 juin 2013, http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/les-100-ans-de-la-jeunesse-militante/37386

[16] Studio Canal, « Voix Off », http://www.studiocanal.fr/imprimer_fiche_film.php?FILM=3260&LANGUE=1&LOGOIMAGE=/image/95/3/91953.jpg&CATCHLINE=

[17] Julia Ficatier, « Yasmina Khadra : »Mon pays, l’Algérie, est aussi le pays des pieds-noirs » », La Croix, 17 mars 2010, https://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Yasmina-Khadra-Mon-pays-l-Algerie-est-aussi-le-pays-des-pieds-noirs-_NG_-2010-03-17-548496

[18] Adel Mehdi, « L’effet positif de la colonisation selon Arcady », L’Expression, 2 juillet 2012, http://www.lexpressiondz.com/article/0/0-0-0/156331.html

[19] La Depêche, « Alexandre Arcady : « Les Algérois vivent dans une ville française » », 6 décembre 2017, https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/06/2699249-alexandre-arcady-les-algerois-vivent-dans-une-ville-francaise.html

[20] Voir réf. 12

[21] Farid Alilat, «Emmanuel Macron à Alger : « Votre génération doit regarder l’avenir »», Jeune Afrique, 7 décembre 2017, http://www.jeuneafrique.com/500147/politique/emmanuel-macron-a-alger-votre-generation-doit-regarder-lavenir/

[22] Myriam Encaoua, « Macron est arrivé en Algérie pour une visite éclair », Le Parisien, 6 décembre 2017, http://www.leparisien.fr/politique/macron-est-arrive-en-algerie-pour-une-visite-eclair-06-12-2017-7435677.php

[23] Philippe Bonnichon et Pierre Gény, « Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles : Science, religion et culture », Karthala Éditions, Paris (2012), p.549

[24] Kamel Daoud, « Une Algérie incroyablement sale : l’autre peuple plastic », Le Quotidien d’Oran, 18 août 2014, p.3

[25] Kamel Daoud, « Malheureusement, nous n’avons pas eu un Mandela en 62 », Le Quotidien d’Oran, 7 décembre 2013, p.3

[26] Hamid Zanaz, « Camus n’a jamais dit « oui » à l’ordre colonial ! », El Watan, 10 août 2012, http://www.elwatan.com/-00-00-0000-181498_113.php

[27] AhmedBensaada.com, « Polémique Onfray-Camus-El Watan », 16 août 2012, http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=192:polemique-onfray-camus-el-watan&catid=49:poesie-et-litterature&Itemid=135

[28] Kamel Daoud, « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine », Le Quotidien d’Oran, 12 juillet 2014, p.3

[29] Le Matin, « Colonisation : « Le corps de mon père a été jeté aux chiens », confie Maïssa Bey à Brtv (Vidéo) », 26 février 2017, http://www.lematindz.net/news/23493-colonisation-le-corps-de-mon-pere-a-ete-jete-confie-maissa-bey-a-brtv-video.html

La source originale de cet article est ahmedbensaada.com

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LA FUSEE CHINOISE LONGUE MARCHE 3B A MISE EN ORBITE LE PREMIER SATELLITE DE COMMUNICATION ALGERIEN (VIDEO)

Un lanceur chinois Longue marche décolle depuis la base de Xichang

L’Algérie met en orbite son premier satellite de télécommunications (Vidéo)

© AP Photo/ Xinhua, Qian Xian'an

SCI-TECH

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La fusée chinoise Longue Marche 3B a mis en orbite dimanche le premier satellite de télécommunications algérien, Alcomsat-1. Le satellite atteindra son orbite de destination dans six jours.

L’Algérie a lancé son premier satellite de télécommunications baptisé Alcomsat-1, a annoncé dimanche l’agence spatiale algérienne ASAL dans un communiqué.

Le satellite a atteint l’orbite de transfert géostationnaire (GTO) grâce au lanceur chinois Chang-Zheng 3B (CZ-3B, Longue Marche 3B) qui a décollé dimanche, à 17h40 (heure de Paris) depuis le centre de lancement de Xichang situé dans la province de Sichuan, à 2.200 km au sud-ouest de Pékin.

Alcomsat-1 s’est séparé du lanceur 26 minutes après le décollage. Il évolue actuellement sur une orbite avec 4.1191 d’apogée et 200 km de périgée inclinée à 26,4°.

«Cinq manœuvres d’Alcomsat-1 seront nécessaires dans les six prochains jours pour atteindre son orbite géostationnaire de 36.000 km d’altitude et sa position orbitale à 24,8° Ouest», a précisé ASAL.

Alcomsat-1 fournira des services de transmission audio, d’internet à haut début, de télémédecine, de visioconférence et améliorera la réception de plusieurs programmes de télédiffusion.

Les ingénieurs de l’agence spatiale algérienne contrôleront le satellite via les centres d’exploitation des systèmes de télécommunications situé à Boughezoul et à Bouchaoui.

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201712101034262435-algerie-premier-satellite-telecommunications-chine/


 

L'ALGERIE REFUSE LA PRESENCE DE MARINES US POUR PROTEGER L'AMBASSADE DES ETATS-UNIS A ALGER.

L'Algérie refuse la présence des Marines US dans la capitale

Sun Dec 10, 2017 11:42AM

Les Marines US. (Photo d'archives)

Les Marines US. (Photo d'archives)

L'Algérie a refusé la présence de Marines pour protéger l'ambassade des États-Unis à Alger. 

Le gouvernement algérien a refusé la demande de Washington voulant expédier des Marines à Alger pour assurer la sécurité de son ambassade dans la capitale algérienne.

Une source diplomatique algérienne a annoncé que le gouvernement a refusé d'autoriser le déploiement des Marines US à Alger pour assurer la sécurité de l'ambassade des États-Unis dans la capitale, face aux menaces, selon la Maison Blanche, que pourraient représenter des protestations de rue en cours après l'annonce de la décision unilatérale du président américain Donald Trump de reconnaître la ville de Qods comme capitale d'Israël.

"Le Pentagone avait demandé jeudi au département d'État de saisir tous les gouvernements des capitales arabes et musulmanes pour qu'ils autorisent l'envoi de marines afin d'assurer la sécurité des ambassades et consulats américains" , a indiqué cette source lors d'une interview avec le Jeune Indépendant paru samedi soir 9 décembre.

L'Algérie a refusé l'envoi de tout soldat des Marines, rappelant aux États-Unis que "la sécurité des représentations diplomatiques était du seul ressort des services de sécurité algériens dont la compétence dans le domaine n'est plus à démontrer".

La vague de protestation qui a suivi la très contestée décision du locataire de la Maison-Blanche a fait craindre aux services de renseignent américains de possibles attentats contre les intérêts américains ou le personnel diplomatique.

La décision de Donald Trump a suscité un tollé général dans le monde. Ce qui a alarmé les États-Unis, craignant de possibles attentats contre leurs intérêts ou son personnel diplomatique.

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/12/10/545103/LAlgrie-refuse-la-prsence-des-Marines-US-dans-la-capitale


 

DERAPAGE DE L'ARROGANT MACRON FACE A UN ALGERIEN. "VOUS N'AVEZ JAMAIS CONNU LA COLONISATION! REGARDEZ PLUTOT VERS L'AVENIR"

Emmanuel Macron

Macron à un Algérien: «Mais vous n’avez jamais connu la colonisation! Regardez l’avenir»

© AFP 2017 Christophe Archambault

FRANCE

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En visite officielle en Algérie, Emmanuel Macron s’est vu interpeller par un jeune qui a souhaité aborder avec lui la question du passé colonial de la France. Le sujet a visiblement irrité le chef de l’État français qui a conseillé non sans émotion à son jeune interlocuteur, qui n’a pas connu la colonisation, de regarder plutôt vers l’avenir.

«Il faut que la France assume son passé colonial vis-à-vis de l’Algérie», telle est la phrase qu’a adressée un jeune Algérien au Président français allé ce mercredi 6 novembre au contact de la population algérienne, lors de son déplacement dans ce pays d’Afrique du Nord.

 

Alger

© AFP 2017 FAROUK BATICHE

L’Algérie réclame des excuses à la France pour la colonisation

La réponse d’Emmanuel Macron consistant à dire que son pays l’avait assumé depuis bien longtemps n’a visiblement pas satisfait son interlocuteur qui a tenté de dire que la France «évitait…», mais le chef de l’État lui a coupé la parole en disant: «Qui évite quoi? Moi j’évite quelque chose. J’évite de venir vous voir? J’évite de dire ce qui s’est passé?».

 

Le dirigeant français a ensuite rappelé que cette étape de l’histoire ne se limitait pas aux choses atroces qu’avaient faites certains et qu’il y avait aussi des gens qui avaient vécu des histoires d’amour en Algérie et qu’il y avait des Français qui aimaient «encore terriblement» ce pays du Maghreb et qui avaient «fait de belles choses».

«On a cette histoire entre nous, mais moi je n’en suis pas prisonnier», a assené le Président avant de demander son âge à son interlocuteur.

«Mais vous n’avez jamais connu la colonisation! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça!», a rajouté M.Macron sur un ton légèrement énervé, insistant sur le fait que la nouvelle génération devait regarder avant tout vers l’avenir.

Mais l’histoire a débordé sur la Toile où des internautes n’ont pas raté l’occasion de commenter les propos du Président français sur l’Algérie, ou plutôt le verbe «embrouiller» qu’il a employé.

https://fr.sputniknews.com/france/201712061034207549-macron-colonisation-algerie/


 

LA COREE DU NORD PRETE A PARTAGER SES COMPETENCES EN MATIERE SPATIALE AVEC L'ALGERIE

Le satellite Molinia-1

Pyongyang prêt à partager ses compétences en matière spatiale avec l’Algérie

© Sputnik. Alexander Mokletzov

INTERNATIONAL

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1713101

Après que le Maroc a lancé son premier satellite espion, la Corée du Nord, par la voix de son ambassadeur en Algérie, vient de proposer à ce pays de le faire bénéficier de son expérience acquise dans le domaine spatial afin qu’il puisse mettre en orbite son propre satellite, rapporte le journal algérien El Ikhbaria.

 

Corée du Nord

© SPUTNIK. ILYA PITALEV

Pourquoi les USA perdront la guerre contre la Corée du Nord

Le Maroc et l'Algérie, souvent considérés comme les deux «frères ennemis» du Maghreb, se sont engagés il y a des années dans une course effrénée à l'armement. C'est dans ce contexte que le royaume chérifien a lancé, le 8 novembre, son premier satellite d'observation militaire de haute résolution, le Mohammed-VI A. Cet appareil a été fabriqué avec l'aide de la France et mis en orbite par une fusée Vega tirée de la base de Kourou, en Guyane.

 

Peu après, l'Algérie a fait savoir par son ministère de la Défense qu'elle s'était préparée à ce lancement en déployant à sa frontière ouest avec le Maroc du matériel électronique ultra sophistiqué russe de surveillance et de brouillage. L'Espagne aussi a fait part de ses inquiétudes concernant ce satellite qui, à ses yeux pourrait amoindrir ses capacités de dissuasion.

Quelques jours auront suffi à la Corée du Nord, allié de vieille date de l'Algérie, pour lui proposer son soutien.

Le 17 novembre dernier, l'ambassadeur de Corée du Nord en Algérie, Choi Hyuk Chul, est monté au créneau dans une interview donnée au journal algérien El Ikhbaria. Il y faisait, état d'une proposition du gouvernement de son pays faite à l'Algérie pour l'aider à lancer son propre satellite.

«Nous serons très heureux de transférer nos compétences dans le domaine de l'espace à l'Algérie, et nous sommes prêts à accompagner l'Algérie pour lancer son propre satellite avec des mains algériennes et depuis l'Algérie, pas de l'Inde ou de la Chine», a déclaré l'ambassadeur.

Et d'ajouter que « l'embargo qui a été imposé à notre pays par les États-Unis et ses alliés a contribué au renforcement de nos capacités technologiques, pas uniquement dans le domaine militaire, et ce en ne comptant que sur nous-mêmes. Maintenant, nous disposons de hautes technologies dans des domaines comme l'agriculture, la fabrication des tracteurs, les techniques spatiales et l'énergie.»

 

Donald Trump et Kim Jong-un sur l'écran d'un téléviseur

© AP PHOTO/ AHN YOUNG-JOON

Conflit autour de la Corée du Nord, «une affaire pour le lobby des armes US»

Dans la nuit du 7 au 8 novembre, une fusée Vega tirée de la base spatiale européenne de Kourou, en Guyane française, a placé en orbite héliosynchrone à 695 kilomètres le satellite d'observation de la Terre marocain Mohammed VI — A (Moroccan EO Sat1).La mise en orbite réussie de ce satellite fait du royaume chérifien le troisième pays africain, après l'Egypte et l'Afrique du Sud, à disposer d'un satellite conçu pour la reconnaissance militaire.

https://fr.sputniknews.com/international/201711211033981418-pyongyang-algerie-satellite/


 

L'ALGERIE ET LA CHINE VONT ELARGIR LEUR COOPERATION AU DOMAINE MEDICAL

L'Algérie et la Chine veulent élargir leur coopération au domaine médical

 
French.xinhuanet.com   2017-11-21 03:47:14      

ALGER, 20 novembre (Xinhua) -- L'Algérie et la Chine ont émis lundi à Alger leur souhait d'élargir leur coopération au domaine médical, a indiqué un communiqué du ministère algérien de la Santé.

Lors des discussions entre le ministre algérien de la Santé, le Professeur Mokhtar Hasbellaoui et l'ambassadeur de Chine en Algérie, Yang Guangyu, les deux hommes ont, selon la même source, retenu "le principe d'élargir la coopération (médicale) au partenariat industriel pharmaceutique et à la coopération technique dans le domaine des soins de très haut niveau, notamment les sur-spécialités pédiatriques".

Cet élargissement, précise le communiqué, pourrait être consacré lors d'une prochaine rencontre du ministre algérien de la Santé avec son homologue chinois.

Par ailleurs, le texte du ministère algérien a rappelé la récente signature de deux protocoles renforçant la coopération en matière de gynécologie obstétrique et de médecine traditionnelle chinoise.

Evoquant l'histoire de la coopération médicale entre Alger et Beijing, les deux hommes ont remonté jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

En 1963, année suivant la libération du peuple algérien du colonialisme français, Alger a lancé un appel d'urgence à la communauté internationale, demandant une assistance médicale pour enrayer le délabrement de ses installations. La Chine est le premier pays à avoir répondu à cet appel en envoyant dans le pays une équipe composée de 24 médecins chinois. C'est ainsi que s'est ouvert le chapitre de la mission d'assistance médicale de la Chine dans les pays en développement. Au cours des 54 dernières années, les médecins chinois en Algérie ont travaillé d'arrache-pied, non seulement dans les villes, mais aussi dans les zones rurales et isolées.

http://french.xinhuanet.com/2017-11/21/c_136767103.htm


 

LES USA COMPLOTENT CONTRE L'ALGERIE QU'ILS VEULENT "PAKISTANISER" EN Y INSTALLANT LE CHAOS

Les États-Unis veulent transformer l’Algérie en « Pakistan » de l’Afrique du Nord

Sun Nov 19, 2017 7:11PM

Des soldats de l’armée algérienne. (Photo d’archives)

Des soldats de l’armée algérienne. (Photo d’archives)

La revue d’information en ligne Maghreb Intelligence a publié le mardi 7 novembre un article, rédigé par Skander Salhi, qui révèle un complot des États-Unis destiné à « pakistaniser » l’Algérie.

C’est un projet qui remonte à Robert S. Ford, le diplomate américain qui a roulé sa bosse dans les capitales les plus « chaudes » du monde arabe, notamment Damas et Bagdad. Lorsqu’il était en poste à Alger en 2006, ce diplomate chevronné a procédé à une étude approfondie des services de sécurité algériens et de son institution militaire. Le diplomate américain a rencontré dans la discrétion la plus totale de nombreux chefs des services secrets, de la police algérienne (DGSN) et de hauts responsables de l’armée algérienne.

À partir de toutes ces rencontres, il dressera en 2007 une feuille de route remise au département d’État américain sous l’administration Bush, avec l’orientation suivante : faire de l’Algérie le « Pakistan » de l’Afrique, à savoir l’allié militaire de Washington au Maghreb et dans le Sahel. L’objectif du diplomate américain est de pousser les autorités algériennes à renforcer leur coopération militaire avec les États-Unis, et de mener le plus régulièrement possible des opérations sur le terrain, à condition toutefois que l’Algérie s’aligne sur le programme politique américain dans la région.

Un plan qui n’a pas soulevé l’enthousiasme des décideurs algériens, tandis que pour Robert S. Ford une forte « sécuritocratie » en Algérie est un précieux rempart contre l’avancée de l’islamisme radical dans la région, d’autant que le diplomate américain craignait un développement dangereux du fanatisme en Algérie, en Mauritanie, en Libye, ainsi que dans les pays du Sahel. Cette option devait contraindre les dirigeants algériens à des concessions pour se conformer à l’agenda américain.

Depuis 2014, Joan Polaschik, ancienne ambassadrice des États-Unis à Alger, a tout tenté pour concrétiser ce projet. Mais en dépit de la prédominance du président Abdelaziz Bouteflika sur les dignitaires de l’armée et du DRS, la « pakistanisation » ne convainc toujours pas une Algérie qui se méfie de l’Amérique, et qui demeure attachée à ses relations militaires particulières avec la Russie. Joan Polaschik peinera à organiser des rencontres fructueuses entre les militaires algériens et américains.

Cependant, les troubles qui éclatent au nord du Mali et les avancées inquiétantes de Boko Haram au nord du Nigéria ainsi que les événements sanglants en Libye vont faire évoluer l’Algérie, qui va céder aux sirènes de l’administration américaine en renforçant la coopération avec la CIA et les diverses agences de renseignement américain. Les services algériens vont même fournir des informations précieuses aux militaires américains qui se déploient en toute clandestinité au Niger, au Mali et en Libye.

Source : Maghreb Intelligence

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/11/19/542772/Libye-Mali-Afrique-Skander-Salhi-tatsUnis-Algrie-Afrique-du-Nord-Pakistan


 

SADEK HADJERES : L'APPORT CONSIDERABLE DES COMMUNISTES ALGERIENS AU MOUVEMENT LIBERATEUR

Publié par Saoudi Abdelaziz

SADEK HADJERES et «l’apport considérable des communistes algériens au mouvement libérateur » vus par Hacen Ouali

SADEK HADJERES et «l’apport considérable des communistes algériens au mouvement libérateur »  vus par Hacen Ouali

Le 30 novembre sera commémoré la date du décret interdisant le parti communiste algérien, quatre mois après l'Indépendance. "Si l’histoire officielle a minoré pour ne pas dire ignoré l’apport considérable des communistes algériens au mouvement libérateur, Sadek Hadjerès reste l’acteur vivant de ce combat à l’égard duquel l’Algérie officielle fait montre d’une insupportable ingratitude", écrit le journaliste d'El Watan, Hacen Ouali.

 

Sadek Hadjerès : Une leçon d’humilité d’un militant au long cours

Par Hacen Ouali, 16 novembre 2017

 

Il est des hommes dont le parcours se confond et de manière indélébile avec celui de leur époque et l’histoire de leur pays. Sadek Hadjères est incontestablement une de ces figures emblématiques qui ont marqué le parcours du mouvement nationaliste et indépendantiste algérien, puis du combat politique et social post-indépendance. Avec ses compagnons de lutte, il est la part vivante et intelligente de notre histoire contemporaine.

Du PPA-MTLD, qu’il quitte en 1949 en raison de divergences stratégiques, au Parti communiste algérien, en lutte pour l’indépendance nationale, jusqu’au Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS), qu’il fonde avec ses camarades en 1966 et qui le propulse dans la lutte clandestine pendant près de trente ans, Sadek Hadjerès a traversé debout la moitié du XXe siècle en arborant l’étendard de la résistance. L’insupportable répression sous le parti unique et sa redoutable Sécurité militaire n’ont pas eu raison de ses longs et multiples engagements.

C’est un militant au long cours. A 90 ans, il garde ardentes ses convictions, d’une extraordinaire lucidité et surtout d’un espoir vif. S’il jette un regard critique sur les différentes étapes de la marche algérienne depuis le mouvement national, le plus connu des communistes algériens n’est guère gagné par le fatalisme ambiant.

Pour l’enfant des deux Larbaâ (Nath Irathen et de la Mitidja), tout n’est pas perdu. Il y a des raisons d’espérer, point de fatalité, il n’y a que des combats à mener. Il ne désespère pas non plus des Algériens, malgré les vicissitudes de l’histoire, les échecs recommencés et les horizons bouchés.

C’est dans son village natal de Taddart Bwadda (Ath Oumalou) qu’il retrouve les siens, ceux de la vie réelle dont il est le plus proche. C’est là-bas qu’il touche du doigt ce désir du changement, cette aspiration à une société juste où les hommes et les femmes s’émancipent de toutes les pesanteurs sociales et politiques.

Larbaâ Nath Irathen a choisi la date historique du 1er novembre pour célébrer l’homme et son combat. Il est accueilli en héros national par la deuxième génération de militants. C’est au pied de la stèle de Abane Ramdane, autre monument de la Révolution, que les Said Khelil, Hend Sadi, Mokrane Ait Larbi, Wahab Ait Menguellet, Tahar Khouas et d’autres ont été témoigner leur reconnaissance au géant Sadek Hadjerès. Un hommage rendu par des militants qui ont inscrit leur combat dans la lignée de la lutte de Libération nationale.

Le moment était celui de la communion et surtout de transmission entre deux époques, deux combats et deux générations liées par la même soif de liberté et le désir de démocratie. Cette halte chargée de symboles était aussi une occasion de faire une introspection sur les combats d’hier. Les débats animés par Daho Djerbal, Ali Guenoun et Hend Sadi ont permis de mieux comprendre la complexité et les insuffisances de l’histoire du mouvement national et la guerre de libération.

Cela a aidé surtout à situer le rôle, les positions et le parcours de Sadek Hadjerès à chaque moment de cette époque. De la première école militante qui était le scoutisme, au mouvement étudiant qui l’a tout naturellement conduit au PPA-MLTD qu’il quitte à la faveur de la crise dite berbériste en 1949. Pour Sadek Hadjerès, il s’était posé la question démocratique et le refus d’application de ses principes au sein du mouvement indépendantiste.

Et c’est au Parti communiste algérien qu’il rejoint en 1951 qu’il se forge une âme militante qui prend en charge toutes les dimensions de la Révolution. Pour lui et ses compagnons Amar Ouzegane, Bachir Hadj Ali et bien d’autres, la guerre de libération ne doit pas se contenter d’un recouvrement formel de la souveraineté nationale.

Si elle ne libère pas l’homme de sa condition d’opprimé, elle reste inachevée. C’est cet esprit qui anime par la suite leur engagement au sein du PAGS. Si l’histoire officielle a minoré pour ne pas dire ignoré l’apport considérable des communistes algériens au mouvement libérateur, Sadek Hadjerès reste l’acteur vivant de ce combat à l’égard duquel l’Algérie officielle fait montre d’une insupportable ingratitude.

Elle persiste dans un déni inacceptable. Sinon comment un militant de la trempe de Sadek Hadjerès ne jouit pas de ses droits d’ancien combattant. Les autorités refusent jusqu’à présent de lui reconnaître le statut de moudjahid. Il est une victime permanente et symbolique d’un ostracisme officiel d’une Algérie qui refuse d’assumer une séquence pourtant glorieuse de son histoire. Son dossier comme celui de son compagnon de toujours Bachir Hadj Ali sont «perdus» dans les placards poussiéreux du ministère des Moudjahidine depuis 1989.

Le dirigeant historique du PAGS n’est pas à la recherche des privilèges ou d’un statut matériel, encore moins à être sous les feux des projecteurs. Avec constance et humilité, Sadek Hadjerès et avec lui beaucoup d’Algériens refusent que soit bannie l’histoire des communistes algériens. L’Etat algérien gagnerait - ce mois de novembre - à rendre justice à ces vaillants militants qui dans la douleur ont forgé la conscience nationale et sociale pendant les différentes étapes de l’histoire du pays. 

Source : El Watan

Après l'indépendance, le pouvoir interdit aux Communistes de s'organiser

Le 30 novembre 1962, appliquant une décision du bureau politique du FLN, Ahmed Ben Bella interdit par décret le Parti communiste algérien.

Au cours des débats qui ont suivi à l'assemblée nationale constituante, seulement deux députés se sont opposés à cette interdiction : Abdelkader Guerroudj et Hocine Aït Ahmed 

Voici un extrait de la déclaration de Hocine Aït Ahmed, à la séance parlementaire du vendredi 7 décembre 1962:

"Le gage le plus sûre, le plus important pour l’édification solide de notre pays c’est l’élargissement de la base du pouvoir, car le pouvoir personnel ou oligarchique conduit à la paresse, au laisser-aller et à la passivité. (...)

Il faut trouver des solutions qui soient de nature à faire renaître l’enthousiasme et à relever le moral du peuple. Car l’enthousiasme qui constitue notre capital, aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre c’est l’enthousiasme des élites qui constituera la force du Parti.

Et un parti fort et organisé qui jouit de la confiance du peuple n’a nul besoin de dissoudre un autre parti comme le parti communiste algérien. Il me semble au contraire, qu’il serait bon que ce parti puisse se maintenir, car il jouerait un rôle de stimulant ainsi que d’autres organisations révolutionnaires. Je pense que la prééminence du parti FLN n’entraîne pas nécessairement l’unicité.

Ce qui me parait important, c’est que tous ceux qui ont milité‚ avec le peuple et participé‚ d’une façon conséquente à la lutte se rencontrent pour bâtir ensemble l’avenir en toute confiance et sans exclusivité.

La presse et le peuple pourraient alors librement s’exprimer. Les critiques venant aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur seraient permises et celles formulées au sein du parti lui-même seraient consolidées à tel point que les critiques émanant de l’extérieur ne lui porteraient nullement préjudice.

C’est une question d’opportunité. A un certain échelon, ce n’est plus la morale de la conviction, du sentiment, d’émotion qui doit compter: c’est la morale de la responsabilité‚ et nous devons faire attention aux conséquences de nos actes (...).

Source : ffs-dz

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2017/11/sadek-hadjeres-et-l-apport-considerable-des-communistes-algeriens-au-mouvement-liberateur-vus-par-hacen-ouali.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

100e ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION D'OCTOBRE 1917 - INTERVENTION DU PADS (ALGERIE)

100ÈME ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION D'OCTOBRE 1917 : INTERVENTION DU PADS (ALGÉRIE)

 Solidarité Internationale PCF Algérie Aucun commentaire

08 NOV. 2017

100ème anniversaire de la Révolution d'Octobre 1917 : Intervention du PADS (Algérie)

Intervention du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS - communiste) pour la 19ème Rencontre des Parti communistes et ouvriers, à Saint-Pétersbourg du 2 au 4 novembre 1917.

 

Centième anniversaire de la Révolution d'Octobre 1917

2-4 novembre 2017, Saint-Pétersbourg

La célébration du centième anniversaire de la Révolution socialiste d'Octobre 1917, de la prise du pouvoir par le prolétariat en alliance avec la paysannerie laborieuse est un moment important pour l'ensemble du mouvement communiste international. C'est un moment particulier pour saisir sa portée historique internationale et assimiler les leçons de la conduite des luttes qui a rendu possible cette victoire. Ses enseignements essentiels sont toujours valables comme sources d'inspiration dans notre combat actuel malgré le renversement historiquement temporaire du système socialiste. La restauration du capitalisme est elle-même une source d'enseignements pour nos partis dans notre effort pour passer en revue les causes de la contre-révolution à partir d'une analyse marxiste-léniniste. Cet effort est indispensable pour nous préparer sérieusement à l'accumulation des facteurs d'une nouvelle situation révolutionnaire que rend inévitable l'aiguisement actuel des contradictions fondamentales insurmontables du régime capitaliste, en particulier à son stade impérialiste, à un moment où les rivalités entre Etats impérialistes s'expriment à travers la montée des tensions sur tous les fronts et la multiplication des foyers de guerre, avec le risque d'un cataclysme nucléaire. Les conséquences de la victoire de la contre-révolution nous imposent d'approfondir nos réflexions critiques et autocritiques pour préparer les conditions subjectives, idéologiques et organisationnelles de la contre-offensive du mouvement ouvrier et populaire afin d'abattre ce régime suranné devenu une menace pour la survie de l'humanité tout entière, et abolir l'exploitation de classe.

La révolution d'Octobre a été l'oeuvre de millions de prolétaires et de paysans dirigés par le parti bolchévique armé par la théorie révolutionnaire du marxisme conçue comme un guide pour l'action révolutionnaire.  Lénine a élaboré une ligne révolutionnaire en appliquant de façon créatrice le marxisme aux conditions de la Russie tsariste, à partir de l'examen de l'ensemble des rapports de classe caractérisés par la formation d'une classe ouvrière fortement concentrée et par l'existence d'une importante paysannerie opprimée par les vestiges de la féodalité et les grands propriétaires fonciers. La ligne léniniste a formé une avant-garde prolétarienne apte à prendre la tête de la révolution démocratique bourgeoise pour la mener jusqu'au bout et la transformer de façon ininterrompue en révolution socialiste. La tactique élaborée par Lénine à la veille du congrès de 1903 a préparé l'avant-garde prolétarienne à jouer un rôle actif et dirigeant dans les processus révolutionnaires en gestation et non à se mettre à la remorque de la bourgeoisie, à limiter les objectifs de son action à la seule élimination des vestiges de la féodalité et aux seules libertés formelles souhaitées pour la classe ouvrière, conformément aux limites prétendument tracées par les révolutions qui avaient précédé dans l'Europe occidentale, dans le cadre d'une longue étape considérée comme un préalable à celle du socialisme et devant créer les forces productives sans lesquelles le socialisme n'aurait aucune chance selon les conceptions opportunistes des menchéviks. Sous la direction de Lénine, le parti bolchévique a mené de front deux guerres sociales indissolublement liées: la lutte contre l'autocratie et les vestiges du servage en même temps que la lutte de la classe ouvrière contre la bourgeoisie.

La formation d'une telle avant-garde pleine d'abnégation, mue par un très fort esprit de sacrifices et devant entraîner l'ensemble de la classe ouvrière et à travers celle-ci toute la population laborieuse, a été le fruit de la lutte idéologique menée de façon implacable par Lénine contre le menchévisme et les différentes variantes de l'opportunisme. Sans l'immense travail théorique effectué par Lénine et l'imprégnation du parti bolchévique par la stratégie révolutionnaire découlant de ce travail, la révolution d'Octobre aurait été impossible. Le rôle du parti en tant que force dirigeante organisée sur la base des principes du centralisme démocratique et d'une discipline de fer, l'aptitude de la classe ouvrière à assumer un rôle dirigeant malgré son infériorité numérique dans la société russe, grâce à son alliance avec la paysannerie laborieuse, la théorie du maillon faible de la chaîne impérialiste, la mise en lumière de la loi du développement inégal, la thèse de la possibilité de construire le socialisme en un seul pays, le refus de soutenir son gouvernement dans la guerre impérialiste, la lutte sans merci contre le social-chauvinisme, l'affirmation en actes de l'internationalisme prolétarien et l'appel du parti bolchévique à travailler à la défaite militaire de son propre pays pour mettre fin à la boucherie mondiale et hâter la chute du régime réactionnaire, l'élaboration de mots tactiques d'ordre souples tenant compte de l'état d'esprit des travailleurs, des leçons que ces derniers tirent de leur expérience au cours des luttes, la capacité à utiliser toutes les formes de luttes et à passer rapidement de l'une à l'autre, à combiner travail légal et illégal, luttes parlementaires, y compris dans les parlements les plus réactionnaires et les plus anti-démocratiques - comme la Douma-  et luttes extra-parlementaires, grèves économiques et grèves politiques, transformation des grèves en insurrection, c'est tout cela qui a permis au parti bolchévique de conquérir la majorité au sein de la classe ouvrière et des masses populaires, de prendre le pouvoir. Cette ligne offensive dans son essence a forgé une armée de militants, de cadres et de révolutionnaires professionnels résolus à prendre la tête de la révolution. Elle l'a préparée a adhérer immédiatement en avril 1917 à l'analyse léniniste de classe de la dualité des pouvoirs opposant le gouvernement provisoire de la bourgeoisie et des propriétaires fonciers aux soviets, à la mise en lumière par Lénine de la signification historique des soviets. Apparus en 1905 et largement ancrés après février 1917 dans les usines, parmi les soldats et les paysans, les soviets ont préfiguré les organes de la dictature du prolétariat et la forme de l'Etat prolétarien en alliance avec la paysannerie. Le parti bolchévique éduqué par Lénine a très vite adopté et popularisé dans le travail de propagande le mot d'ordre de "tout le pouvoir aux soviets", comme mot d'ordre préparant les masses, à travers leur expérience des luttes et des déconvenues, à la prise du pouvoir. 

Contrairement à ce que prétend la propagande mensongère de la bourgeoisie mondiale la révolution d'octobre ne fut pas  le résultat d'une action conspirative menée par une minorité usant de violence pour s'imposer à la majorité. Elle a été l'aboutissement de la crise d'un régime réactionnaire si désuet et décrépit qu'il a dressé contre lui une immense force de destruction. Le régime soviétique issu de l'insurrection victorieuse du 25 octobre jouissait de l'appui de l'immense majorité de la population. Sans cela, sans les sacrifices de centaines de milliers d'ouvrier et de paysans, il n'aurait jamais mis en déroute la contre-révolution interne barbare et les troupes des 14 pays interventionnistes menés par les plus grandes puissances de l'époque, les USA, l'Allemagne, la France, l'Angleterre, le Japon, interventionnistes qui ont ravagé la Russie.

Après octobre 1917, de nouveaux rapports de classe se sont formés grâce à la conquête du pouvoir par le prolétariat et le renversement de l'Etat de la bourgeoisie et des propriétaires fonciers. La Russie soviétique, devenue le pays le plus démocratique au monde, a pu résoudre de nombreux problèmes dans un même processus: décret sur la paix, sur la nationalisation des terres et leur remise aux paysans, contrôle des usines par les ouvriers puis nationalisation, application aux peuples opprimés par la Russie tsariste du droit à disposer d'eux-mêmes, journée de 8 heures, égalité de l'homme et de la femme, séparation de l'Eglise et de l'Etat, suppression de l'analphabétisme et développement de l'instruction publique, promotion des langues maternelles des peuples auparavant opprimés par le régime autocratique. Le pouvoir soviétique, la propriété sociale des moyens de production et d'échange, la planification centrale, l'enthousiasme et l'esprit de sacrifices de millions d'homme convaincus par leur propre expérience qu'ils oeuvraient désormais pour eux-mêmes et non pour la bourgeoisie ont permis à l'URSS de rattraper en 10 ans un retard d'un siècle sur les pays capitalistes développés de l'Europe de l'ouest. Les menchéviks anciens et nouveaux conseillent systématiquement d'attendre un prétendu plein développement des forces productives avant d'inscrire le socialisme à l'ordre du jour. L'URSS a pu se hisser en moins de 30 ans au rang de 2ème puissance mondiale grâce à une industrialisation accélérée fondée sur l'industrie lourde et la production des moyens de production, à la modernisation de l'agriculture, l'essor des sciences et des techniques. Le but de la production n'était plus la recherche du profit mais la satisfaction des besoins matériels et moraux croissants du peuple laborieux, la préservation de son indépendance face aux dangers d'intervention impérialiste.

L'URSS avait toujours prôné la paix entre les nations sans cependant renoncer à se doter des moyens de se défendre contre ses ennemis impérialistes perfides

La révolution d'Octobre a eu une immense répercussion dans le monde. Elle a stimulé la combativité de la classe ouvrière dans les pays capitalistes, des plus développés aux plus retardataires. Elle a partout suscité la formation de partis communistes et provoqué la faillite de la 2ème Internationale devenue aux mains des opportunistes l'instrument idéologique de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière. L'URSS a été l'artisan principal de la destruction du nazisme et du fascisme, vaincus grâce à l'héroïsme de ses peuples qui défendaient au prix de leur vie leur liberté et leurs conquêtes sociales.

Son existence, l'extension du camp socialiste ont créé à l'échelle mondiale un rapport des forces favorable à la classe ouvrière et aux peuples opprimés. La bourgeoisie a dû faire des concessions aux travailleurs pour ne pas perdre le pouvoir. Le système colonial a été ébranlé. Les peuples colonisés ont pu arracher leur indépendance politique. L'aide de l'URSS aux pays libérés a permis d'entrevoir la possibilité de brûler l'étape capitaliste et de passer au socialisme.

La parité réalisée par l'URSS dans le domaine des armes a dissuadé l'éclatement d'une nouvelle guerre mondiale.

A l'inverse, le renversement du socialisme a donné libre cours à la destruction des acquis du développement, à l'annulation des conquêtes sociales des travailleurs, à la régression de la condition de la femme, au retour de la misère la plus extrême et de l'obscurantisme religieux, aux ingérences militaires et aux guerres pour le repartage du monde et le contrôle des sources d'énergie.

Malgré l'encerclement impérialiste, le travail de subversion des Etats impérialistes, ce renversement n'était pas inévitable. Nous devons étudier les erreurs commises qui ont été exploitées par les classes déchues. Nous devons examiner les tactiques mises en oeuvre par les représentants des classes expropriées qui ont su s'adapter aux nouvelles réalités pour combattre de l'intérieur le socialisme en s'infiltrant dans les organes de l'Etat et du parti, en sabotant ou en paralysant la dynamique du socialisme.

Le dénigrement de la période de Staline, l'affirmation en 1960 de la victoire définitive et irréversible du socialisme en URSS, du remplacement de la dictature du prolétariat par l'Etat du "peuple tout entier" alors qu'à l'intérieur de l'URSS les agissements des partisans du retour au capitalisme n'avaient pas cessé, le but fantaisiste de l'instauration du communisme en 1980, ces proclamations étaient de la poudre aux yeux. Elles ont endormi la vigilance des militants communistes et des travailleurs. Elles ont créé un climat d'euphorie prédisant une victoire garantie du socialisme. Les  mises en garde de Lénine sur les difficultés que le socialisme - première phase du communisme - allait rencontrer pendant encore longtemps face à la force de l'habitude et de la petite production privée qui engendre inévitablement le capitalisme, face aux carriéristes qui infiltrent l'Etat soviétique pour le miner de l'intérieur, face aussi aux rapaces impérialistes qui entourent l'URSS, n'ont pas été entendues. Les révisionnistes ont pu restaurer en 1966 les catégories marchandes et assigné aux entreprises le profit comme but de leurs activités. Cette orientation contre-révolutionnaire a cassé la planification, désorganisé la production, entraîné de graves pertes matérielles et morales. L'enthousiasme des travailleurs, leur dévouement pour bâtir de nouveaux rapports entre les hommes fondés sur l'entraide et la fraternité sur le socle de la propriété sociale ont été sapés à la racine.

Une grande leçon se dégage, la lutte pour affermir le socialisme est longue et difficile. Elle implique la plus grand vigilance contre les signes de déviation, la révision des principes de fonctionnement de l'Etat prolétarien dans un contexte international encore dominé par le capitalisme, l'affaiblissement de la planification centrale et de la propriété sociale des moyens de production, la violation des normes de la démocratie prolétarienne.

Notre époque demeure celle du passage au socialisme, quelles que soient les défaites momentanées que puissent subir notre mouvement en raison de la force et de la ruse de nos adversaires; en raison aussi des erreurs ou des indécisions et des hésitations, du poids de l'esprit menchéviste qui paralyse les rangs du mouvement communiste international.

Le sentiment de découragement qui s'est emparé de larges catégories de travailleurs depuis le renversement de l'Etat soviétique ne doit pas nous cacher que les conditions d'une nouvelle situation révolutionnaire s'accumulent peu à peu. Et la situation peut connaître une accélération et des bonds inattendus.

Par apport à 1917 les effectifs du prolétariat se sont multipliés de plusieurs fois à l'échelle mondiale. Tous les pays sont enserrés dans les mailles du système capitaliste-impérialiste. Toute crise survenant dans l'un de ses lieux se propage à grande vitesse aux quatre coins du monde. La pression intolérable de la bourgeoisie monopoliste à la recherche du moyen de relever ses taux de profit n'épargne aucune couche sociale. Le fossoyeur de la bourgeoisie est numériquement plus important qu'il y a cent ans. L'histoire poursuit sa marche en avant vers l'abolition révolutionnaire du capitalisme.

La contradiction entre d'un côté, l'esprit de résignation qui semble dominer au sein de la classe ouvrière, objet d'un travail de propagande massif et permanent pour l'éloigner de l'idéologie socialistes, et de l'autre la férocité de l'exploitation qu'elle subit, cette contradiction ne peut durer indéfiniment. Elle éclatera avec d'autant plus de force que les travailleurs constatent que leur part dans les richesses qu'ils produisent diminue, pendant que celle de leurs exploiteurs atteint des sommets sans cesse dépassés, que leur travail a créé des moyens fabuleux qui leur permettraient, si le système capitaliste était remplacé par le système socialiste, de vivre mieux sans absolument craindre le lendemain, d'avoir un logement confortable, d'être soignés, d'accéder à l'instruction, à l'art et à la culture, aux loisirs, de donner la possibilité à tout enfant qui contient en lui un Raphaël ou un Beethoven de le devenir, à tout enfant sauvé de la rue ou d'une favela de devenir un grand constructeur d'engins spatiaux, etc.

Dans les luttes quotidiennes, pour de meilleures conditions de vie des travailleurs, pour l'emploi, pour la paix dans le monde, nous ne devons pas cesser une seconde de faire la propagande pour le socialisme, d'expliquer les causes du renversement du socialisme, de pousser les exploités à s'organiser, à lutter, à tisser des liens de solidarité entre eux et à l'échelle mondiale, à éviter les pièges des conflits ethniques, nationaux et religieux que leur tendent leurs exploiteurs, à rejoindre le parti communiste pour abattre le régime capitaliste.

L'humanité n'a aucun avenir radieux à attendre du capitalisme. Rien ne pourra sauver ce système périmé du soulèvement révolutionnaire des classes qu'il exploite et opprime.

L'avenir des peuples est dans le socialisme.

Vive le Centième anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d'Octobre 1917!

Vive l'internationalisme prolétarien!

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/2017/11/100eme-anniversaire-de-la-revolution-d-octobre-1917-intervention-du-pads-algerie.html


 

LES USA VEULENT TRANSFORMER L'ALGERIE EN "PAKISTAN" DE L'AFRIQUE DU NORD

Les Etats-Unis veulent transformer l’Algérie en « Pakistan » de l’Afrique du Nord

Publié par Gilles Munier sur 9 Novembre 2017, 07:50am

Catégories : #Algérie#CIA

Les Etats-Unis veulent transformer l’Algérie en « Pakistan » de l’Afrique du Nord

Par Skander Salhi (revue de presse: Maghreb Intelligence - 7/11.17)*

C’est un projet qui remonte à Robert S. Ford, le diplomate américain qui a roulé sa bosse  dans les capitales les plus « chaudes » du monde arabe, notamment Damas et Bagdad. Lorsqu’il était en poste à Alger en 2006, ce diplomate chevronné a procédé à une étude approfondie des services de sécurité algériens et de son institution militaire. Le diplomate américain a rencontré dans la discrétion la plus totale de nombreux chefs des services secrets, de la police algérienne (DGSN) et de hauts responsables de l’armée algérienne.

A partir de toutes ces rencontres, il dressera en 2007 une feuille de route remise au Département d’Etat américain sous l’administration Bush, avec l’orientation suivante: faire de l’Algérie le « Pakistan » de l’Afrique, à savoir l’allié militaire au Maghreb et dans le Sahel. L’objectif du diplomate américain est de pousser les autorités algériennes à renforcer leur coopération militaire avec les Etats-Unis, et de mener le plus régulièrement possible des opérations sur le terrain, à condition toutefois que l’Algérie s’aligne sur le programme politique américain dans la région.

Un plan qui n’a pas soulevé l’enthousiasme des décideurs algériens, tandis que pour Robert S.Ford une forte « sécuritocratie » en Algérie est un précieux rempart contre l’avancée de l’islamisme radical dans la région, d’autant que la diplomate américain craignait un développement dangereux du fanatisme en Algérie, en Mauritanie, en Libye, ainsi que dans les pays du Sahel.  Cette option devait contraindre les dirigeants algériens à des concessions pour se conformer à l’agenda américain.

Depuis 2014, Joan Polaschik, ancienne ambassadrice des Etats-Unis à Alger, a tout tenté pour concrétiser ce projet. Mais en dépit de la prédominance du président Abdelaziz Bouteflika sur les dignitaires de l’armée et du DRS, la « pakistanisation » ne convainc toujours pas une Algérie qui se méfie de l’Amérique, et qui demeure attachée à ses relations militaires particulières avec la Russie. Joan Polaschik peinera à organiser des rencontres fructueuses entre les militaires algériens et américains.

Cependant, les troubles qui éclatent au nord du Mali et les avancées inquiétantes de Boko Haram au nord du Nigéria ainsi que les événements sanglants en Libye  vont faire évoluer l’Algérie, qui va céder aux sirènes de l’administration américaine en renforçant la coopération avec la CIA et les diverses agences de renseignement américain. Les services algériens vont même fournir des informations précieuses aux militaires américains qui se déploient en toute clandestinité au Niger, au Mali et en Libye.

L’Algérie devient petit à petit le phare sécuritaire des Etats-Unis, et les professionnels américains forment des officiers à Alger et leurs conseils sont religieusement écoutés et appliqués. Même si Alger refusera d’envoyer des soldats en Libye, elle acceptera tout de même de mettre ses réseaux au service des Etats-Unis qui traquent les terroristes alliés avec Daech.

 

*Source : Maghreb Intelligence

http://www.france-irak-actualite.com/2017/11/les-etats-unis-veulent-transformer-l-algerie-en-pakistan-de-l-afrique-du-nord.html