ALGERIE : LE DESENCHANTEMENT DES ENTREPRISES FRANCAISES

Algérie : le désenchantement des entreprises françaises

 

mardi 26 juillet 2016

 

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Les entreprises françaises croient de moins en moins en l’avenir de l’Algérie. Après une période de faste qui a duré plus d’une décennie, plusieurs entreprises françaises envisagent de quitter le pays qui subit les contrecoups d’une crise financière sans précédent. Au moment où le pays a besoin de reprendre confiance en lui afin d’amorcer la diversification économique et booster sa production nationale, des industriels font le choix de voir ailleurs. Les autorités algériennes accusent le coup et remettent en cause les avantages longtemps accordés aux investisseurs français.

 

Le groupe Total à l’avant-garde

 

Les hostilités ont commencé lorsque le groupe pétrolier français Total a annoncé officiellement des poursuites judiciaires contre l’Etat algérien. Le géant pétrolier français a demandé un dédommagement de plusieurs centaines millions d’euros en raison de la taxe sur les super-profits réalisés par les compagnies pétrolières en Algérie au cours des années 2000, une imposition aujourd’hui contestée. Au départ Total a tenté de négocier un accord  à l’amiable avec l’Etat algérien et la Sonatrach. Mais rien n’a été conclu. Le retour de Chakib Khelil, l’ancien ministre de l’Energie et l’homme des Américains, ennemi intime des intérêts pétroliers français en Algérie, a convaincu Total que l’arbitrage international demeurait la dernière issue. Une décision qui fait suite à un longue blocage occasionné par un conflit politique ouvert opposant Alger  à Paris sur fond de tension et de polémique liée  à la succession d’Abdelaziz Bouteflika.

 

Suez sur le départ

 

Depuis, le scénario de Total a fait des émules. D’autres compagnies françaises ont compris que l’Algérie n’est plus un terrain conquis et le vent a commencé  à tourner en défaveur des intérêts de la France. GDF-Suez a vite pris la décision de proposer  à la vente les actifs de sa filière algérienne après des années de longue labeur en Algérie. Officiellement, le groupe français argue qu’il s’agit d’un plan de redéploiement  à l’international.

Mais officieusement,  à Alger, les initiés et les plus informés savent très bien qu’un plan se tramait pour enlever un marché gazier important  à GDF-SUEZ. Histoire de se venger de cette France qui causerait tant de soucis au clan Présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika.

 

 La Chine omni présente

 

La forte présence de la Chine, la montée en puissance de la Turquie et le rapprochement de l’Algerie avec d’autres pays comme l’Iran fait craindre le pire aux investisseurs français qui ont peur de subir une rude concurrence. En plus, la forte dépendance de leurs business vis- à-vis de la conjoncture politique du pays les conforte dans ce choix d’aller voir d’autres cieux plus cléments. C’est l’ambition que nourrit le groupe Axa lequel tente, selon nos informations, de revendre sa filière algérienne devenue trop compliquée  à gérer. Après des années de croissance, l’Etat algérien refuse d’ouvrir les entreprises publiques aux assureurs privés. La chute des revenus financiers et la panne qui paralyse en ce moment l’économie algérienne a poussé Axa à revoir ses calculs en Algérie. Pour l’heure, rien d’officiel n’a été encore décidé et aucun acheteur n’a été trouvé.

 

Des menaces sur Peugeot

 

Enfin, Peugeot subit aussi le contrecoup des tensions qui prévalent dans le couple franco-algérien. Annoncé en grande pompe, le projet d’une usine Peugeot en Algérie a été rapidement bloqué par les autorités algériennes. Un investisseur algérien, le groupe Benhamadi propriétaire de la marque de produits électroniques Condor, a même consenti  à un investissement de près de 100 millions d’euros pour s’associer  à Peugeot dans le cadre ce projet.  Cependant, tout a été suspendu.

Une lueur d’espoir devrait apparaître d’ici septembre prochain lorsque Peugeot devra enfin recevoir le terrain de son usine. Mais, si d’ici cette date, rien n’a été accordé pour ce projet, Peugeot risque lui-aussi de mettre fin  à son aventure algérienne. Il rejoindra ainsi la liste des entreprises françaises qui disent bye-bye  à l’Algérie. Une liste qui risque fort de s’allonger dans un avenir proche


 

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