ECONOMIE : L'EXEMPLE QUI NOUS EST DONNE

Transmis par Ahmed Halfaoui
 

Economie: l'exemple qui nous est donné

 

Nous ne pouvons préjuger des connaissances de Abdelmalek Sellal en histoire des modes de production et de système de gestion de l’économie, mais force est de constater qu’il devrait prendre garde de ne pas se laisser emporter par la fougue quand il s’exprime sur des sujets aussi complexes. Les mots ont un poids, dont il faut tenir compte. Le premier ministre a affirmé que «l'économie administrée fait partie du Moyen âge », en faisant référence à la planification, voulant certainement dire que l’économie qui lui est enseignée par le Fonds monétaire, la Banque mondiale, l’Union européenne et leurs commis, fait partie de l’avenir. Ceci pour plaire au parterre de patrons qui l’écoutaient. Une mission de l’UE va venir en Algérie pour élaborer un programme, qui fournira au pays quelques recettes dans ce sens, en application des orientations en vigueur qui visent à offrir le plus d’espace possible aux forces du marché, très pointilleuse quand il s’agit de risquer leur argent. A la clé, ce qui importe, c’est que les hommes d’affaires ne trouvent plus à redire des conditions dans lesquels ils doivent évoluer. Sur ce plan, il est devenu très difficile de faire passer une opinion contraire, malgré tout ce que démontre la nuisance des politiques prônées et que Sellal défend, sans regarder leurs effets de l’autre côté de la Méditerranée. Le régime français a fait mieux dans le domaine et mis du zèle à faire. Il a vu le chômage augmenter, alors qu’il a financé 450.000 emplois « aidés », à raison de 3 milliards d’euros par an, et, envers et contre tout, il va en lancer 100.000 autres. Il a aussi consenti, aux entreprises privées, 40 milliards d’euros de baisse des prélèvements, en s’attendant qu’elles recrutent, elles ne l’ont pas fait. Le résultat en est que le chômage a, quand même, connu une hausse de 75%, depuis 2008 et continue de laisser sur le pavé des vagues de Français désemparés et de plus en plus pessimistes sur leur devenir. Ils sont déjà 6 millions à ne pas trouver de travail ou à accepter une « activité réduite » et tout présage qu’ils seront plus nombreux. Face à cela, face à la faillite criante du néolibéralisme à la sauce du Traité de Lisbonne, comment croire qu’en Algérie la même démarche va booster les investissements et la création d’emploi ? Pourquoi se mettre sous la houlette théorique de conseillers dont les préceptes ont semé la désolation au sein des sociétés européennes ? Ce sont là des questions que ne se posent pas notre « opposition démocratique », ni la presse dite « anti-pouvoir », lesquelles sont pour et voudraient plus de concessions en matière de libéralisation. Le peuple, lui, loin des discours fastidieux, sait que l’Algérie a besoin d’un Etat qui s’occupe d’abord et avant tout de ses citoyens, au mieux de leurs intérêts. Ce qui signifie que, pour ce faire, l’Etat ne doit s’en remettre à personne et surtout pas aux affairistes, dont personne n’est assez dupe, encore moins un premier ministre, au point de considérer qu’ils peuvent se préoccuper du bien être des gens, en même temps qu’ils doivent s’atteler à fructifier leurs capitaux.

 

Ahmed Halfaoui


 

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