IKRAM GHIOUA- GHARDAIA : A QUI PROFITE LE CRIME ?

 

Mon papier sur les évènements de Ghardaia jamais publié AU DELA DU CONFLIT

COMMUNAUTAIRE QUI SECOUE GHARDAIA

A qui profite le crime ?

Ce qui se passe à Ghardaïa est très grave. Les choses s’empirent de plus en plus. L’Etat doit prendre les choses en main et exploiter les pistes qui mènent aux manipulateurs. Les initiateurs de cette catastrophe demeurent à l’abri au-delà des frontières. Qui es derrière cette montée de la violence ! Des sources n’écartant pas la main du Makhzen avec la complaisance de certaines organisations non gouvernementales, sont catégoriques pour dire que les parties en conflit sont sous effet de manipulation. Plus de 25 morts ! C’est gravissime. La crise secoue la région du M’zab depuis plus d’une année elle a pris des proportions inquiétantes à plus d’un titre. La tension qui domine actuellement est devenue meurtrière. La haine s’est dangereusement exacerbée entre les deux principales communautés de Ghardaïa et ses environs, et toute solution qui ne prend pas en considération ce facteur psychologique, est vouée à l’échec. Ce n’est pas un simple avis émis par un observateur plus ou moins averti, mais un constat fait par ceux subissent quotidiennement les effets pervers de ce conflit qui menace d’embraser l’ensemble du sud algérien, en l’absence d’un traitement de fond.
Ghardaïa a de tout temps été une ville ouverte aux échanges et une importante plaque tournante du commerce attirant des opérateurs de diverses origines. Certes, elle avait été le théâtre d’affrontements sporadiques entre Mozabites et Chaâmbas au milieu des années 70 et 80, mais qui ont été vite circonscrits grâce à l’intervention des sages et des leaders des deux communautés. Pour ceux qui ne connaissent cette région qu’à travers les médias, il est essentiel de leur rappeler que les antagonismes exprimés parfois dans la violence ne duraient jamais dans le temps et ne laissaient aucune séquelle, puisque après chaque montée de pression, l’intervention des notables ne se faisait pas attendre et la vie reprenait son cours normal. On l’a vu à Berriane, à Guerrara et à El Atteuf, pour ne citer que ces localités où est implantée une forte communauté mozabite. Mais cette fois, les événements ont pris une tournure dramatique. Pourquoi, et qui a intérêt à ce que la situation s’aggrave davantage, au moment où l’Algérie fait face à des défis sécuritaires stratégiques ? Ce sont les manipulations qui alimentent les tensions opposant les communautés malékite et ibadite. Il est question de parties qui véhiculent un discours sécessionniste au profit d’un projet étranger. Lors de son dernier déplacement à Constantine, Abdelmalek Sellal, le Premier-ministre, avait longuement insisté sur le climat de haine instauré dans la vallée du M’zab, mais n’a donné aucun détail sur l’identité des « acteurs » de l’ombre semant le désordre et le désarroi parmi une population qui ne comprend toujours pas pourquoi l’Etat n’arrive pas encore à régler définitivement ce problème. Responsables, intellectuels et journalistes reconnaissent tous que l’interprétation manipulée des doctrines malékite et ibadite n’est qu’une diversion et que l’origine de la violence se trouve ailleurs que dans les textes religieux, mais personne ne fait l’effort d’aller au-delà de la langue de bois et des généralités pour démasquer les traitres et leurs instigateurs. La solution sécuritaire a certes été salutaire, mais la persistance des manifestations périodiques de la violence n’appelle-t-elle pas plutôt à un traitement de fond basé sur une « thérapie » politique et sociologique audacieuse ? Quelle que soit l’origine et les motivations des parties impliquées directement ou indirectement, il ne faut surtout pas perdre de vue un aspect qui échappe souvent aux observateurs, confie une source très bien imprégnée des faits. On cherche la déstabilisation sur tous les plans du pays. On vise ses richesses, d’où l’aggravation de la situation la situation. Les appels à une intervention étrangère pour soit disant protéger la minorité mozabite ne vont pas tarder à prendre le relais, craint cette source. « Dans ce cas, l’armée algérienne se trouvera dans l’obligation d’intervenir en force avec des effectifs conséquents. Et c’est là un des objectifs tracés par les pyromanes de Ghardaïa : pousser l’ANP à disperser ses forces, le plus loin possible des frontières », avertie notre source, concluant « A Ghardaïa, extrémistes religieux et trafiquants ne sont que des pions utilisés à des fins diversions. Leur neutralisation ne pose aucun problème à la DGSN. Elle contrariera les desseins de ceux qui ont décidé de mettre main basse sur les richesses gazières de l’Algérie, d’une manière ou d’une autre, mais elle sera toujours insuffisante, si elle n’est pas incluse dans le cadre d’un plan national de sauvegarde qui impliquera la société civile avec toutes ses composantes ». En un mot, pour saisir les véritables enjeux de Ghardaïa, il faut d’abord tirer les bonnes conclusions de Tiguentourine.
IKRAM GHIOUA

Photo de Sal-Ikram Ghioua.

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