INONDATIONS MEURTRIERES EN ALGERIE 4 MORTS ENTRE CONSTANTINE ET BATNA

INONDATIONS : 4 MORTS ENTRE CONSTANTINE ET BATNA

Des crues meurtrières

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Les sinistrés ont dénoncé le laxisme des élus qui n'ont pas jugé utile de se rendre à leur quartier.

Alors que la météo s'annonce plus féroce dès les heures à venir, les dégâts matériels humains sont lourds de conséquences. Les fortes pluies qui se sont abattues lundi dernier sur la ville de Constantine ont causé de graves dommages à la population. Ce sont les villes d'Ali Mendjeli et d'El Khroub qui sont le plus touchées. Le bilan des morts des intempéries s'est alourdi. L'on en compte trois. Le corps de l'une des victimes a été découvert tôt hier matin Il s'agit d'un jeune de 21 ans. Les corps des deux autres emportés par les eaux l'ont été lundi dernier. Il s'agit d'une femme de 40 ans retrouvée dans son atelier de couture situé à la cité des 400 Logements (UV9) inondé par les eaux et un adolescent de 16 ans probablement décédé à cause d'un électrochoc, selon la Protection civile. Hier, sur les lieux et plus exactement à Ali Mendjeli au niveau de l'Unité 9, on a constaté de visu l'ampleur des dégâts. Les habitants ont passé la nuit dans la rue. Il était impossible pour eux d'accéder à leurs domiciles. Ce n'est que vers les premières heures de la matinée que quelques-uns ont osé ouvrir les portes de leurs maisons pour découvrir l'état lamentable de leurs effets. Certains ne pourront rien récupérer, alors que d'autres tentent de sauver quelques affaires. Des enfants en bas âge ont failli être emportés par la force des eaux, témoigne un habitant, ajoutant: «Heureusement que les bonnes volontés existent.»
On est face à plusieurs survivants, dont deux enfants de 18 et 13 mois. Les femmes ont dû s'en sortir en sautant par leurs fenêtres témoigne cette jeune femme venue rendre visite à son frère pour l'assister dans sa peine. Les eaux ont atteint un mètre dans certaines maisons dont la construction ne répond pas aux normes.
Les conduites d'évacuation sont inexistantes et ce lotissement a été bâti sur un terrain glissant. Les familles sinistrées, qui ne recevront aucun secours, revendiquent au moins une expertise. Elles ont dénoncé le laxisme des élus qui n'ont pas jugé utile de se rendre à leur quartier. Profitant de notre présence, les habitants ont tenu à transmettre le message de leur détresse et demandé une attention de la part du wali.
Ils confient que ce n'est pas la première fois qu'ils vivent ces inondations, mais pour la 10e fois. «C'est chaque année la même chose, cette fois-ci c'est la goutte qui a fait déborder le vase, regardez cette catastrophe, on a passé la nuit dans la rue et on risque la même chose ce soir, on n'a pas fermé l'oeil toute la nuit de peur qu'un drame nous arrive», se plaint ce père de famille. Une dame qui a pratiquement tout perdu s'indigne: «Si c'était sous d'autres cieux, on aura mobilisé même des hélicoptères, chez nous c'est le sauve-qui-peut.» Il est vrai que la situation est indescriptible. Les sinistrés se débrouillent comme ils peuvent, la Protection civile qui est en alerte pourtant est absente des lieux. Aucun officiel ne s'est déplacé pour partager la douleur de ces familles qui vivent avec la peur au ventre.

 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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