LA CONSTITUTION ET L'ABIME D'UN POUVOIR SANS VERTU.

La constitution et l’abîme d’un pouvoir sans vertu.

In Impact24 le 10.01.2016 22:30

par Mohamed Bouhamidi.

Visiblement, quelques «petites batailles» se déroulent encore (ou toujours ?) au sommet de l’Etat.

Elles se déclinent dans des projets de maîtrise des flux du commerce extérieur, donc de la mise en place d’instruments de connaissance et de maîtrise de la circulation de l’argent, et particulièrement l’argent du commerce informel.

Elles se manifestent aussi dans le projet de contrôle accru des deux secteurs clés de l’importation débridée et déstructurante, ceux des voitures et des matériaux de construction.

Secteurs qui, précisément, disposaient de bases industrielles suffisamment développées en 1980 pour espérer la «naissance d’un pôle mécanique» à partir des complexes de productions de l’acier, de moteurs, de tracteurs, de camions, de bus, de moissonneuses-batteuses, de rond à béton, de ciment, de la brique, de la céramique ornementale ou sanitaire.

Imaginez l’impact sur le Produit intérieur brut en général, et sur l’emploi, en Algérie, de la persévérance dans la construction de ces deux secteurs réellement clés pour tout projet économique : la mécanique moderne et l’habitat.

Comment le gouvernement peut-il s’attaquer, en même temps, à deux adversaires de la taille des importateurs de voitures et d’intrants de l’habitat en 2016, quand, en 2015, le projet de contrôler la réalité des superprofits des importateurs de véhicules, a fait sauter un ministre et plonger un gouvernement dans la confusion ?

Et comment ce même gouvernement peut-il croire à un contrôle des flux monétaires quand un des chefs FLN du parlement l’a fait honteusement reculer pour son projet d’imposer le chèque pour les transactions au-dessus de cinq-cents mille dinars (500.000 dinars) ?

Ce chef du FLN à l’Assemblée a fait capoter un projet du gouvernement d’alliance présidentielle et réalisé un coup de force non contre un ministre mais contre le gouvernement du Président.

Ces questions non résolues qui reviennent au-devant de la scène, indiquent d’abord leur statut stratégique, leur rôlet clivant, invisible mais fondamental qui divise les fractions qui ont commencé leur «pillage primitif» à partir des structures de l’Etat et les fractions qui ont utilisé l’Etat pour réaliser leur «pillage primitif» à sa marge et en gardant en son sein, des forces toujours grandissantes.

Le deuxième groupe est ascendant et au seuil de l’hégémonie.

Si le premier groupe ne réussit pas à maîtriser les effets de la crise et à reprendre en main certaines parts de souveraineté de l’Etat, il a à craindre une éjection complète à la faveur de n’importe quelle colère populaire, d’autant que le groupe qui attend de le faire, est déjà détenteur de rouages-clés du pouvoir.

Pour le deuxième groupe, toute aggravation de la crise économique servira d’occasion pour expulser du pouvoir l’autre fraction et transformer l’Algérie en un immense bazar, à la mode Eltsine sans l’espoir d’un Poutine à l’horizon.

La crise rend leur confrontation inéluctable et immédiate.

La nouvelle Constitution est un moment désespéré pour éviter que cette confrontation expulse totalement l’une ou l’autre faction.

Le premier groupe a intérêt à proposer une limitation à deux mandats pour sauver la possibilité d’alternance sans engager une guerre incertaine après avoir été sauvé par le gong des troisième et quatrième mandats de Bouteflika.

L’officialisation de Tamazight reflète autant le poids des Haddad que le désir de gagner les secteurs pro-capitalistes du mouvement berbériste.

Elle n’est pas une invitation au peuple à réfléchir ce qui est vertueux pour la Nation mais un moment des luttes entre factions du pouvoir. Et d’autres réalités sur lesquelles reviendra cette chronique.

source : http://www.impact24.info/la-constitution-et-labime-dun-pouvoir-sans-vertu/

Tag(s) : #Algérie politique, #luttes autour du pouvoir


 

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