LE 1er NOVEMBRE, MOMENT MAJEUR D'UNE LIBERATION INACHEVEE

Le 1er novembre, moment majeur d’une libération inachevée
 
Le 1er novembre, moment majeur d’une libération inachevée

Par Mohamed Bouhamidi.

In Impact24 le 01.11.2015 21:00

Nous n’avons jamais commémoré un anniversaire du 1er novembre avec tant de signaux brouillés sur nos rapports avec l’ancienne puissance coloniale.

L’Institut français d’Alger avait déjà eu le privilège, accordé en 2014 par la ministre N. Labidi, d’ériger son stand au milieu des maisons d’éditions, comme s’il était un innocent producteur culturel et non une structure du ministère français des Affaires étrangères et support de l’influence politique d’un Etat et de la Francophonie synonyme de néocolonialisme. K. Toumi avait ordonné que cet Institut rejoigne le stand réservé aux structures des Etats et organisations politiques étrangères. Cet insigne cadeau nous renseignait déjà sur l’approfondissement, que nous connaissons depuis, qu’allait connaître l’influence française, déjà éminente, sur le secteur de la culture. La Francophonie et ses instruments de réalisation avaient désormais le statut de l’innocence culturelle. Et les jeunes Algériens sont désormais invités à percevoir autrement la fonction de cet Institut, qui entrera demain, sous la plume ou dans la bouche d’un futur Patrick Buisson, dans l’inventaire des «rôles positifs de la colonisation».

La France, invitée d’honneur de ce Salon du livre, ne pose pas problème, d’aucune façon. La fouille au corps de nos ministres ; la réunion d’une grande commission chargée rendre, par la politique, sa première place dans le commerce de notre pays ; la demande persistante de nouveaux privilèges pour les industriels et pour le commerce français forment quand même un contexte de doute.

La France, invitée d’honneur du Salon international du livre d’Alger, cela ressemble beaucoup à une demande du gouvernement français, pour la réalisation de ses propres buts politiques.

Pour dépasser le stade de l’influence sur les élites administratives, gouvernementales, culturelles et politiques, qui lui permet d’orienter les choix industriels à la Renault, économiques, politiques, les choix éditoriaux de beaucoup de médias et les choix des projets artistiques et culturels.

Les élites gouvernementales françaises veulent maintenant toucher directement non seulement les «futurs leaders» comme font les Américains, mais la masse des étudiants, des cadres, des gens en quête de lecture et de culture.

Quel meilleur statut qu’invité d’honneur du SILA pour accomplir l’image d’une France porteuse aussi de culture pour notre pays après les épisodes Danone, Renault, Peugeot, Alstom etc.

Le Salon international du livre d’Alger draine des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de visiteurs.

C’est le moment et le lieu symboliques les plus forts pour enterrer définitivement l’image de la France coloniale.

Nous allons passer à un stade nouveau dans le travail de reconquête par la culture.

Vous pouvez oublier le projet raté de la «Caravane Camus» et les médias mobilisés pour la défendre, la fabrication d’Idoles littéraires à la Sansal, Kacimi et consorts, les films qui dévalorisent les moudjahidine en en faisant des truands d’origine ou de vocation, la structuration du débat culturel et du mental à partir des «succès parisiens», etc.

Nous allons assister à un travail de modification directe de l’opinion publique et de ses perceptions de l’histoire, de la culture et de la «souhaitable relation à la France».

Bref, nous passerons de l’influence française à une présence française, naturelle dans un pays entré en Francophonie.

Ce 1er novembre 2015, dans ce contexte, nous interpelle aujourd’hui sur ce que nous avons à comprendre de la libération anti-coloniale.

M. B

source : http://www.impact24.info/le-1er-novembre-moment-majeur-dune-liberation-inachevee/

Post-Scriptum.

J’ai assisté, hier, 31 octobre 2015, à l’enterrement de la moudjahida Claudine Chaulet. L’émotion était extrême, engendrée par le parcours exceptionnel et humainement exemplaire de la défunte. Le chant « De nos montagnes s’est élevée, la voix des hommes libres, l’indépendance nous appelle » lancé à voix basse par les moudjahidates et repris par tous à voix basse, si basse, comme on murmure aux morts, avait une résonnance tellurique.

Dans sa mort, comme sans sa vie, elle a rajouté du ciment et du contenu à notre idée de Nation Algérienne.

Mes condoléances sincères et les plus attristées aux enfants et aux proches et Pierre et Claudine Chaulet.

Tag(s) : #-Reconquête par la culture, #-résistances culturelles, #-lobby algérien néocolonial
 
 

 

 
 

 

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Commentaires (1)

Zohra MAHI
  • 1. Zohra MAHI | 02/11/2015

Merci Monsieur BOUHAMIDI d'avoir mis des mots sur mon bouillonement intérieur contre ce retour en force du colonialisme aux allures séraphiques qui gomme par sa seule présence les Grottes du Dahra et remplace un enfumage par un autre tout aussi criminel . Mais les familles qui ont été endeuillées par les crimes colonialistes existent et leurs souvenirs sont encore présents . Non, Je ne suis pas aussi pessimiste que vous, la conscience politique des Algériens est toujours aussi vive, un Sansal ou un Kamel Daoud ne changeront rien , ils rejoindront les poubelles de l'histoire comme d'autres avant eux . Il nous appartient aussi d'être présents là où on tente de circonvenir nos jeunes! Il nous appartient de maintenir intacte la mémoire du peuple et tous les crimes qu'il a subis. Il nous appartient d'apporter la contradiction partout où cela est nécessaire : La colonisation n'a pas été un bienfait et quand c'était le moment de nous enseigner cette langue , les colonialites le faisaient au compte-goutte et maintenant on veut nous en gaver !!

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