LES ALLIANCES TUNISIENNES DU PROGRAMME SARKOZYSTE D'AGRESSION

Les alliances tunisiennes du programme sarkozyste d’agression

A Bizerte, Sarkozy n’a pas dérapé ni provoqué notre pays. Il a annoncé un plan d’agression de l’Algérie.

Il a parlé autant avec son corps, son visage fuyant la caméra et ses gestes compulsifs qu’avec des mots qui lui échappaient littéralement de la bouche.

Il a dit l’essentiel de ses désirs : mettre notre Etat sous tutelle internationale comme Etat décrété failli par ses soins et sous protectorat de la France.

Le lieu et le moment rajoutent du sens à sa déclaration.

Nida Tounès, parti du Président tunisien, a invité Sarkozy aux dates anniversaires de l’insurrection populaire qui a arraché à la France coloniale, la base militaire de Bizerte. Les cercles dirigeants du Destour étaient plutôt occupés à contenir l’influence des fellagas, à interdire le PC tunisien et à saboter les choix du leader socialiste Ben Salah d’une économie planifiée.

Elle signe le retour d’une illusion persistante de certains cercles et courants politiques modernistes qui «expliquent» depuis deux décennies à la France et aux «autres démocraties», qu’ils sont le meilleur rempart contre l’Islam politique, la meilleure option de compatibilité interne à l’économie de marché mondialisée et la meilleure alternative à l’autoritarisme de Ben Ali, nourricier des colères populaires et pourvoyeur des rangs islamistes.

A la condition de recevoir le plein soutien de l’Occident.

L’illusion n’est pas que tunisienne. Tous les réformateurs du monde arabe, accros au modèle occidental, qui veulent s’émanciper de la pression populaire, ont demandé et demandent encore cette aide internationale à la transition, impossible autrement et sans la dictature éclairée qui extirperait de la tête de nos peuples leurs rêves de justice et d’égalité.

Le rapport de l’Ipemed, «L’Europe et la Méditerranée», signé en avril 2013, reprend et formule cette orientation/sollicitation de la façon la plus claire à l’intention de Martin Schulz : «Après les flambées des mouvements nationaux qui, il y a un demi-siècle, les ont conduits à l’indépendance, ces pays ont connu, dans l’ensemble, plusieurs décennies de stagnation politique et économique, de blocage même. Depuis deux ans, leurs sociétés se sont remises en mouvement, marquant par-là la fin de la période postcoloniale (si l’on excepte l’Algérie qui n’a pu mener à bien sa transition il y a 20 ans, faute de solidarité internationale)».

Nida Tounès a invité Sarkozy dans cet esprit de retrouver les voies de ces alliances qui lui assureraient cette protection étrangère du modèle moderniste d’insertion dans le système capitaliste mondial, constamment menacé par les révoltes populaire, comme celles du pain du 27 décembre 1983 au 6 janvier 1984, et par le modèle islamiste d’insertion dans le même système.

C’est dans ce Nida Tounès que se retrouvent les animateurs de l’ancien régime, plus convaincus de renouer leurs anciennes alliances avec les USA et cette France de Sarkozy -ou même de Chirac- qui a toujours compris leur autoritarisme.

Ce sont ces forces qui ont imposé à Béji Caïd Essebsi d’accepter, en mai, ce qu’il avait refusé en février 2015 : une présence militaire américaine directe à travers le statut d’«allié majeur non-membre de l’Otan», ce qui est encore pire qu’une simple base.

L’invitation de Sarkozy, en ce lieu et à cette date anniversaire, est une tentative de renforcer cette réorientation de la politique tunisienne vers l’OTAN, les USA et les courants les plus ouvertement colonialistes pour obtenir cette assistance et cette solidarité «internationale» à la prise de pouvoir.

L’amitié de l’Algérie est totalement inutile dans cette voie de la mondialisation. Elle est même contre

-productive.

Le minimum était de condamner les paroles de Sarkozy et de le déclarer malvenu en Tunisie. Le silence officiel tunisien et de Nida Tounès est une approbation de l’agression sarkozyste contre notre pays.

Elle est une promesse d’alliance future contre notre pays.

La tardive et très tiède réaction de notre pays est tout aussi inquiétante.

Contre cette internationale des «réformes néocoloniales», les peuples tunisien et algérien retrouveront-ils l’intelligence et les chemins d’une «internationale de la libération» et sauront-ils dire Non à Sarkozy, Non à l’OTAN, Non à l’agression ?

M.B

 

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