MOHAMED BOUHAMIDI INTERDIT DE CONFERENCE SUR LA GREVE DU 19 MAI 1956

L’Université de Boumerdès n’autorise pas ma conférence sur la grève du 19 mai 1956

Rien ne doit rappeler à notre jeunesse la grandeur de l’engagement des intellectuels révolutionnaires auprès de notre peuple.


Les responsables de l’Université de Boumerdès n’autorisent pas ma conférence sur la grève des étudiants déclenchée le 19 mai 1956, bien que la demande estudiantine ait été déposée depuis plusieurs jours.
Sur cet événement unique dans l’histoire des luttes de libération, qui a grevé toutes les manœuvres coloniales de prendre les élites culturelles pour base d’une troisième voie ne leur laissant que les Caïds et Bachagas largement discrédités et unanimement haïs par notre peuple, j’écrivais dans ma chronique « La grève des étudiants et les millésimes du silence » 15 Mai 2016: 
« 60 ans, c’est un millésime important. Pour raviver les mémoires, pour remobiliser les souvenirs. Pour interroger le sens de l’acte historique. Pour réactiver les symboles et les mythes fondateurs de notre Etat, de notre indépendance, de notre pays.
Pour cela, il aurait fallu des milliers de rencontres, des centaines de commémorations, des centaines d’émissions radio et télé, des centaines d’articles de journaux, tout au long de l’année.
Sur les faits. Sur les hommes. Sur le sens. »
Et j’ajoutais :
« Les cadres, ingénieurs, diplômés de l’indépendance suivirent en gros le même engagement : alphabétisation des campagnes dès l’indépendance, mobilisation pour un appareil productif national, défense du secteur économique d’Etat dans la période de remise en cause sous Chadli, lutte acharnée et inégale contre les options du FMI et le rééchelonnement de la dette après 1990 etc.
Toutes choses absolument contraires aux choix des toutes les factions au pouvoir pour le Capitalisme et pour l’insertion de l’Algérie dans le système impérial, y compris l’OMC à qui nous n’avons rien à vendre, le pétrole étant hors de ce système.
Même les affronts que leur infligent les Valls, Sarkozy, Debré, Emié, Hollande, Le Monde, le Figaro, le regard français enamouré pour le MAK, ne suffiront pas à leur faire chercher l’alliance des étudiants, des jeunes ou de simples gens.
Pour n’avoir pas à remettre sur le métier le sens historique de notre libération qui nous ferait interroger le sens de leurs choix et actions politiques, économiques et sociaux. ».
Nous avons le droit d’interroger et de parler de notre histoire ! 
Nous avons le devoir de fidélité à nos martyrs et le devoir de faire face à l’enterrement de notre histoire et de notre mémoire des luttes par – finalement - de nombreux segments et niveaux d’un Etat de moins en moins national ! 
Informer, diffuser, partager sur les réseaux sociaux et de mille autres façons aidera les étudiants à maintenir cette activité et renouera avec le sens de notre lutte de libération nationale.
Partagez ! Diffusez ! Protestez !
Les étudiants de Boumerdès ont le droit de savoir et de tenir leur conférence !


 

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