MOHAMED BOUHAMIDI : JUSQU'AU BOUT DE L'ALIENATION

 Jusqu’au bout de l’aliénation

In Impact24 le 05.06.2016 19:00

Par Mohamed Bouhamidi.

De quels leviers économiques dispose le gouvernement algérien pour changer les orientations fondamentales qui l’ont obligé à chercher un nouveau modèle de croissance ?

Notez bien qu’il s’agit de croissance, c’est-à-dire d’augmentation de la richesse produite, ou PIB. Avec de savants calculs pour savoir combien d’emplois peuvent créer un point ou un demi-point ou encore trois de PIB.

C’est vrai pour les économies développées, productrices, déployées sur tous les secteurs d’activités avec les échanges inter-secteurs et entre tous les niveaux.

Difficile de faire des projections sensées, avec prévisions, pour des économies dépendantes des importations des produits finis pour la consommation des populations et de produits bruts ou semi-finis pour les activités productrices.

Ce sont des économies vassales, pour emprunter un mot de lexique politique et des rapports féodaux. Pour bien indiquer qu’aux raisons objectives d’inégalités de développement s’ajoutent une soumission voulue.

Jamais, ces rapports ne se sont accompagnées d’autant de verbiages sur les « valeurs », la « démocratie », la « bonne gouvernance », autant de productions idéologiques chargées de justifier la « bienveillante » surveillance du G7 sur nos pays

Chargées de réécrire, pour notre époque, un nouvel épisode agréable du Prospero mondialisé et de nos Caliban convertis aux « sciences du FMI ».

Dans notre cas cette richesse peut augmenter ou se contracter sans que nous ayons le moyen d’agir, selon les prix du pétrole de 2013 ou ceux de 2016.

Le pays sera riche ou pauvre, selon que les économies réelles et développées auront besoin de plus ou de moins de pétrole. Ou de cacao, ou de bois précieux, ou de café.

mais sur tous les continents, nous consommons, leurs légumes, leurs fruits, leurs poissons congelés, , leurs céréales, leurs habits et tennis, leurs voitures, avions, téléphones, leurs engrais, leurs insecticides, leurs cosmétiques, leur langage, leurs pseudo-idéaux, leurs pseudo-valeurs…

Quand nous restons des producteurs de produits locaux et exotiques, le Prospero mondialisé génère les produits d’un marché unique et uniformisé de Bamako à Caracas en passant par Shanghai.

Et génère avec les produits les représentations et les illusions de valorisation de soi de les posséder. Notre propre estime de nous-même est dans l’exhibition du génie des autres.

Cette aliénation totale finit à ce niveau mais commence ailleurs. Très précisément dans l’emprunt du langage construit pour dire les logiques perceptibles et sensibles de la vie des autres sociétés et des autres économies sans dire d’ailleurs leurs vérités et leurs réalités.

Le modèle de croissance c’est utile pour les pays du G7 maîtres des grandes et des vraies variables de l’économie et la première d’entre elles, l’adossement et la valeur du dollar et ensuite de l’Euro.

Notre problème n’est pas un modèle de croissance dont nous ne maîtrisons aucun facteur. Pire, je le redis, les pouvoirs publics, financent les importateurs en maintenant un change administré de cent dinars pour un Euro quand la valeur réelle est autour de cent quatre-vingt dinars pour un euro. Un surprofit de quatre-vingt pour cent pour les importateurs et pour les économies étrangères.

Cette idée de modèle de croissance, c’est du vent. Même avec un pétrole à $150 nous n’avons pas créé d’emplois, à l’intérieur de cette perception.

Nous avons besoin de développement, c’est-à-dire mettre notre argent dans nos usines et dans nos champs, pas dans les produits des usines et des champs d’économies étrangères.

Et la retraite à 65 ans annoncée par Haddad, Patron des patron, devenu porte-parole du gouvernement et caïd du pouvoir, n’est qu’un autre mode du mimétisme des débats européens et de l’emprunt idéologique.

L’aliénation. Jusqu’au bout.

M. B

source :

http://www.impact24.info/jusquau-bout-de-lalienation/


 

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