MOHAMED BOUHAMIDI : L'IDEE DE MODELE DU GOUVERNEMENT ALGERIEN.

 L’idée de modèle du gouvernement algérien.

In Impact24 le 24 04 2016

Par Mohamed Bouhamidi

Avec le retour de l’Iran sur le marché des hydrocarbures, une sortie algérienne de la crise financière devient impossible à court terme.

Pour affronter toute crise, il faut avoir une liberté minimale d’action sur les secteurs affectés par la crise.

Non pas sur les facteurs fondamentaux tels que les décisions politiques d’utiliser la surproduction pour casser des ensembles politiques et des Etats comme la Russie ou l’Iran.

Ces facteurs ont même l’intérêt pédagogique de montrer que « l’économie de marché » est le leurre par lequel on nous vend un rapport de suprématie entre forces inégales de production de nos pays et des pays capitalistes développés.

Et à l’intérieur de ce rapport de suprématie, construit par l’histoire des conquêtes coloniales et entretenu par toutes ces nouvelles guerres, de tant de générations et de tant de combinaisons hybrides.

La parade du gouvernement de convoquer une assemblée d’experts pour imaginer un « nouveau modèle de croissance » est pathétique.

Un modèle, c’est soit une construction théorique qui pourrait servir à comprendre des phénomènes difficiles à appréhender comme la météo. Mais le modèle ne fait pas le vent, ni la pluie ni les ciels ensoleillés. Il sert juste à repérer les difficultés théoriques ; et c’est déjà beaucoup, mais pour la science et, plus tard, pour prévoir chapeau ou parapluie.

Ou un modèle peut être un but à atteindre et, pour faire court, dans ce cas, le modèle est par définition impossible à atteindre puisque nous sommes à son extérieur.

L’Europe capitaliste peut être le modèle du pouvoir et de ses opposants mais il ne peut pas être leur réalité.

C’est leur fantasme. Généré par leur complexe de colonisé, par leurs désirs pathologique de mondialisation. Par mimétisme culturel. Le plus souvent par intérêt matériel des individus, des familles, des groupes et des classes. En un mot, par aliénations culturelles, politiques, économiques et sociales.

Le gouvernement et sa commission d’experts ne mobiliseront pas plus que des fantasmes de croissance, assorties d’un appel supplémentaire à la discipline dans l’austérité et à serrer encore plus les budgets sociaux.

Le gouvernement continuera à subventionner les importations en maintenant la parité administrative du dinar. Calculez ce que gagnent en subventions les productions étrangères, les importateurs et les circuits informels qui récupèrent les marchandises, quand il faut payer cent dinars l’euro dans les banques, et cent quatre-vingt dans le marché informel.

Ils doivent rire les cambistes informels quand on leur propose d’ouvrir des guichets officiels et perdre un taux de quatre-vingt pour cent de profit parce que la transformation de la valeur des marchandises importées et, donc, les banques d’Etat restent leur principale source d’approvisionnement.

Bref, d’une certaine façon, le gouvernement n’a plus d’emprise sur l’économie réelle du pays.

Son administration est bridée par les accords extérieurs et le gouvernement rêve d’ajouter aux verrous qui le paralysent un accord avec l’OMC.

La commission sortira de ses travaux avec cette grande idée que l’économie de marché est la bonne solution que nous n’avons pas su appliquer.

Et le modèle restera modèle.

C’est bien dans sa nature.

M.B

source :

Tag(s) : #Algérie politique, #luttes autour du pouvoir
 
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