MOHAMED BOUHAMIDI : L’UNICITE ULTRA-LIBERALE ALGERIENNE

L’unicité ultra-libérale algérienne

In Impact24 le 12.06.2016 17:00

Par Mohamed Bouhamidi.

Au milieu du chemin, la plupart des gens auront oublié le point de départ.

Les uns parce qu’ils sont nés après, juste après ou longtemps après.

Les autres auront oublié, le début du processus qu’est une marche. C’est une marque de nos temps. Une extraordinaire avalanche quotidienne d’informations nous fait oublier ce que nous avons appris la veille. Tous les jours, on nous sélectionne, l'information-clé, l’information sensationnelle, l’information qui explique tout et annule l’explication qui nous expliquait tout la veille.

Dans cette sorte d’annulation de la hiérarchie dans l’importance et de la portée des événements, nous perdons deux possibilités.

Premièrement, celle de la perception des faits, selon la tradition et les intérêts de notre groupe, de notre classe sociale ou de notre peuple. Nous adoptons la perception de ceux qui fabriquent l’information. Qui se souvient que les titres de presse reflétaient, jadis, des opinions publiques diverses et que leur lutte politique, sociale, culturelle, engendrait pour les groupes, les journaux nécessaires à leur cohésion et leur action dans les partis, les syndicats, les associations etc.

La chute du Mur de Berlin, a consacré, dans le monde entier, la défaite du camp socialiste et a laissé le champ libre à l’hégémonie de la pensée correcte et unique et au règne d’une presse consacrée à la défense « des valeurs » et de « l’axe du bien ».

Deuxièmement, celle de nous construire un récit de nous-mêmes, de notre groupe social, notre classe ou notre peuple, de nous construire une mémoire et des repères, qui nous permettraient une perception cohérente des phénomènes politiques et sociaux et de nous orienter. C’est la mémoire des autres, alors qui nous façonne dans nos opinions et nous fabrique notre récit.

Le Mur de Berlin, n’est pas tombé juste en Allemagne. Il est tombé dans chacun des pays de notre univers. La victoire du camp occidental, a d’abord donné au mot « démocratie », le contenu exclusif « d’économie de marché ». Et s’agissant bien d’une victoire des démocraties occidentales, la victoire de l’ordre démocratique » devait se traduire par la victoire l’économie de marché sur tous les terrains.

D’ailleurs quel pays aurait pu trouver pour ses projets de développement, une aide semblable à celle de l’ex URSS ?

Au monde unipolaire ne pouvait que correspondre le triomphe de la pensée unipolaire.

Chez nous aussi.

Qui se souvient que de grandes luttes sociales, totalement fusionnées, dans la lutte pour la décolonisation et la libération de notre patrie ont permis de vivre et de s’exprimer à une opinion socialiste et à des opinions favorables à l’industrialisation autonome et indépendante du pays ?

Comment raconter à ceux nés en cours de chemin que le virage pro-libéral des années 1980, a organisé la mort des organisations de lutte sociales porteuses de cette vision non capitaliste du monde ? Comment dire que le terrorisme a mis les travailleurs devant le choix de la mort immédiate de ses couteaux ou de la mort lente sous les réformes du pouvoir ?

Et que de là vient aussi, cette absolue liberté du pouvoir et de ses experts d’imposer leurs fausses « solutions » que dans les termes des croyances ultra libérales.

Mais où sont les autres opinions ? Elles viendront avec les luttes sociales.

Quand pour la grande masse de notre peuple il faudra choisir entre un « modèle » taillé pour le profit de quelques-uns ou une voie ouverte au bien de tous.

M. B

source : http://www.impact24.info/lunicite-ultraliberale-algerienne/

Tag(s) : #résistances culturelles#reconquêtes néocoloniales


 

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