• MOHAMED BOUHAMIDI : LE 19 MAI 1956 ET DECOLONISATION PAR PROMOTION

Le 19 mai 1956 et décolonisation par promotion

La perception et l’interprétation de la grève du 19 mai 1956, pouvait-elle échapper à la déferlante de remise en cause de la justesse et de la légitimité du 1er novembre 1954 ?
Assurément, non.

Il fallait qu’elle soit délégitimée et discréditée. C’est fait par M. Benyoucef.

Dans un texte qui mobilise des faits postérieurs M. B. convoque, lui, les événements post-19 mai 1956 dont la promotion de supplétifs indigènes à des postes administratifs et politiques comme preuve d’un ascenseur  racial et social fonctionnel.

Au cœur de sa thèse, la lutte politique était possible. Malgré le Code de l’Indigénat, les élections systématiquement truquées, la règle de dix votes indigènes pour un vote pied-noir ? Malgré le racisme ouvert, décomplexé, au sein même des assemblées élues ?

En réalité, les massacres de masse du 8 mai 1945 ont annihilé toute vie politique normale pour les indigènes, y compris les élites et les diplômés.

J’ai aimé trois réactions de jeunes diplômés, spontanées et abruptes car non destinées à la publication.
Je les partage avec vous.

« Je ne connais pas ce monsieur mais ce que j’ai pu penser de ce texte est qu’il est criant de déformations. Il a pris un moment de l’histoire et l’en a sorti pour ainsi en faire un événement qui n’aurait pas dû exister. Cela se lit qu’il a vendu son âme au colon, j’ai trouvé outrageant qu’il mette tout le monde dans un même sac, et qui plus est un sac sale et insultant envers les combattants et révolutionnaires de l’Algérie.

Ce qui m’a déplu aussi est qu’il utilise des références sensées combattre l’impérialisme contre le FLN et la révolution algérienne.

Bref, un texte gênant mais instructif. Cependant, si on donne la parole à des malfrats pareils on devrait sérieusement la donner à des penseurs mieux disposés à ne pas déformer l’Histoire d’Algérie.

Il cite Fanon et je crois que cela ne lui rend pas hommage du tout d’où l’urgence de faire un travail sur ce grand homme ! Un travail propre et fidèle à son œuvre. »

Une deuxième réaction :  « Un crétin de plus se fait le chantre de la décolonisation par promotion. Rêvant de griller la politesse au peuple pour se faire coopter par l’intelligentsia coloniale, la décolonisation de masse, la libération pure et simple amorcée par le FLN et soutenue par le peuple a coupé l’échelle sociale coloniale sous les pieds des opportunistes du larbinisme.

Et puis, pour celui qui est resté le “porter madame, porter monsieur” d’une intelligentsia française dont il se croit le pair alors qu’il n’en est que le laquais, il est vrai que la Révolution n’a pas changé grand-chose, d’où la facilité à la dénigrer. Question d’ambition, j’imagine. La Révolution a fait de Fouroulou une banale anecdote, là où d’autres rêvaient d’en faire l’épopée de leur ascension sociale dans la “troisième voie”, avec la masse populaire comme marchepied.

On ne pardonnera jamais au FLN d’avoir fait du peuple l’acteur de son destin, et non plus l’objet de sordides tractations élitistes et paternalistes dont se gargarise ce néo-harki.

Enfin, après avoir lu Fanon, ce crétin prêterait presque à rire : son portrait est peint en toutes lettres dans “les damnés de la terre”. D’où l’urgence de faire connaître l’œuvre de Fanon urbi et orbi. »
Ils parlent du FLN de la guerre de libération, bien sûr !

Et enfin : « Ce genre de révisionnisme me renvoie toujours au poème de Djaout :
« Histoire
Régler la parade des squelettes
Refaire les dates à sa guise.
Retoucher les biographies.
Effacer le précédent.
Le patriotisme est un métier. «
(Pérennes).

M.B

http://www.impact24.info/19-mai-1956-decolonisation-promotion/


 

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