MOHAMED BOUHAMIDI : LE GENERAL ET LES ANOMIES ALGERIENNES

 

Le général et les anomies algériennes

18 octobre 2015

 

Le général et les anomies algériennes.

par Mohamed Bouhamidi

Impact24 18.10.2015 22:30

Le départ de l’ex-chef du renseignement algérien, le DRS, reste encore obscur quant à ses raisons de fond, sociales, économiques, politiques et culturelles.

Un départ normal à la retraite d’un général, dans des conditions normales, n’aurait posé aucune question, à part le C.V du partant et celle du remplaçant avec peut-être une sorte de bilan de carrière.

Toute autre démarche, comme celle de la recherche de causes cachées à ce départ, signale un grave problème.

Les experts consultés ont bien sûr divergé sur les modalités du départ.

Départ forcé ? Départ négocié ? Départ arrangé ?

Le départ arrangé est différent du départ négocié, car il signifie la reconnaissance d’une défaite par le partant, alors que le départ négocié signifie qu’il avait encore des atouts entre les mains pour garder une sorte d’influence.

Voilà la question-clé débattue pas les experts médiatiques. Sans qu’une version emporte la conviction des citoyens.

A la base de ces analyses, ces experts, postulent et affirment l’existence de clans au niveau du pouvoir et, donc, que ce dernier est hétérogène.

Qui sont ces clans alors que le renouvellement des personnels politiques à tous les niveaux de l’Etat ne laisse plus de place à l’ancienne catégorie de «groupe» d’Oujda, de Tlemcen, de Tizi-Ouzou, etc. etc. ?

Quelles grandes décisions politiques, économiques, sociales, culturelles ces clans ont-ils favorisées et au profit de quels groupes sociaux ?

Décisions forcément contradictoires, ou alors négociées -tu prends cette mesure mais tu rajoutes celle-là- puisque ces experts les présentent comme divergents sinon contradictoires ?

Alors dans le fouillis, reprenons quelques repères reconnus, les faits qui précédé ce départ.

D’abord, les attaques sans précédents du chef du FLN, réputé proche du président, contre le chef du DRS.

Ensuite, la tenue d’un congrès du FLN, organisé à la hussarde, qui confirme ce chef du FLN à la tête de son parti avec l’arrivée de nouvelles catégories socio-professionnelle de dirigeants. Exit les fameux

instituteurs et profs de lycée et de collège qui constituaient les élites du parti et la grosse masse des élus dans les mairies, les wilayas et le parlement. Exit également les cadres qui les ont progressivement remplacés. Tous ces militants attachés à l’Etat car liés directement ou indirectement, disparaissent presque totalement.

A la tête du FLN, ne restent plus que des entrepreneurs dépendants des marchés de l’Etat, des aubaines et des occasions, au niveau local. Ils ont remplacé d’autres affairistes, installés avant eux par le précédent chef du FLN, mais des affairistes liés au secteur de l’informel, du négoce ou du gros commerce.

A cette période, le chef du groupe FLN avait fait capoter le projet de mesure de l’administration fiscale d’obliger l’usage du chèque pour les transactions supérieures à cinq millions de dinars. Les alliances entre entreprises privées biberonnées par le gouvernement et le secteur de l’activité informelle sont restées, quand même, solides.

Ce chef du groupe parlementaire sera propulsé ensuite au poste de vice-président du parlement.

Dans une démarche également sans précédent, le Chef d’Etat-Major de l’armée félicite le chef du FLN à la stupéfaction générale. Pour l’opposition, il existait désormais, un bras armé du FLN ou un bras politique de certains cercle de l’armée, à moins que les deux soient les bras armé et politique d’un troisième pôle.

La suite inattendue fut la guerre déclenchée entre l’entrepreneur Rebrab, image supposée -en tout cas très surfaite- d’un présumé capitalisme national privé productif et vertueux et les représentants d’un courant du capitalisme national privé entièrement tourné vers l’importation et la monopolisation des marchés publics.

Quelles raisons ont poussé le clan vainqueur à briser le vieux compagnonnage qui l’unissait aux autres clans ? Ont-elles un lien avec les tractations internes ou internationales qui ont préparé le quatrième mandat ? A-t-il refusé de réduire sa part de profit en acceptant une «austérité pour tous les clans» à cause de la chute des revenus pétroliers ?

En assumant le prix d’un «dictature civile» dont toutes les prémisses apparaissent, notamment dans une plus grande alliance avec le capital étranger et singulièrement français ?

M.B

source : http://www.impact24.info/le-general-et-les-anomies-algeriennes/


 

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