MOHAMED BOUHAMIDI : LE POUVOIR ET SES PROMESSES VERTUEUSES

Le pouvoir et ses promesses vertueuses
 
Le pouvoir et ses promesses vertueuses

InImpact24 le14.02.2016 21:00

Par Mohamed Bouhamidi.

Le bruit et la fureur autour de la Constitution sont retombés.

Nous sommes dans les lendemains brumeux des nuits de fêtes prolongées.

Et les mêmes questions qui reviennent, sans réponse. Parce qu’elles sont, peut-être, de mauvaises questions. Des questions de logique. Ou des questions de normes

Pourquoi, par exemple, ceux qui ont violé le serment de respect de la Constitution, hier, respecteraient-ils demain, celle qu’ils se sont taillée aujourd’hui ?

Ou alors, pourquoi ceux qui ont dilapidé le magot pétrolier de ces dix dernières années seraient-ils plus prévenants désormais ?

Et pourquoi réussiraient-ils le développement et la diversification économique et pourquoi parviendraient-ils à exporter plus, et plus diversifié, en dehors des hydrocarbures ?

Qu’est-ce qui les a empêchés de retenir et de maîtriser leurs pulsions primaires d’enrichissement et d’accumulation en marge et en dehors de la loi ? Pire, en s’emparant des centres de fabrication de la loi, du contrôle de son application puisque Ahmed Ouyahia, éminent responsable s’il en est, a dénoncé la présence de l’argent sale dans les élections ?

On pourra toujours nous répondre que la Constitution prévoit la possibilité et la méthode de sa révision. Mais pas en ce qui concerne l’esprit même d’une Constitution : la garantie d’une gestion pacifique des conflits à l’intérieur d’un groupe dominant, en même temps que la formulation des moyens de maintien de cette domination sur le reste de la société.

La question des deux mandats est la plus significative des interrogations sur la maturation de la conscience politique nationale, et des rapports des groupes entre eux. Ce fut la seule question de la précédente modification et la seule question de l’actuelle même si l’officialisation de Tamazight peut briller au milieu de fausses promesses démocratiques.

Mauvaises questions, questions de simple logique, ou questions de normes, ces interrogations restent pourtant les seules clés qui peuvent ouvrir deux chemins de réflexion pour les simples citoyens.

Je parle bien de citoyens, c’est-à-dire des Algériens convaincus de la nécessité de l’action civique et politique, conscients de l’engagement même minimal dans l’action de défense de leurs quartiers et cités, des associations, des syndicats, des partis, décidés à vivre leur caractère d’êtres sociaux et à faire primer l’intérêt général sur les appétits personnels et les voracités particulières.

C’est la seule façon de passer de la critique verbale à la transformation de ce rapport de forces qui a permis la dilapidation des ressources, la privatisations des revenus des hydrocarbures, la transformation des mandats électifs ou administratifs en aubaines pour les amis ou pour les proches, de s’interroger sur les principes simples de la vie commune dans une société algérienne totalement bouleversée par cinquante ans de changements dans les mœurs, les modes de vie, les activités économiques.

Le premier de ces deux chemins de réflexion est de comprendre comment nos occupations à réaliser des buts légitimes en nous appuyant sur l’illusion d’un rôle de l’Etat ont permis à l’ anomie et aux prédateurs actuels de s’installer à la place des règles et les normes de l’ancienne société, pourtant si puissantes qu’elles nous ont permis de porter notre hallucinante guerre de libération.

Le deuxième est de rechercher les voies de sortie de notre perception morale du monde qui nous était vitale pour accepter l’idée du sacrifice qu’impliquait cette guerre pour entrer dans une perception politique de notre société.

M.B

Tag(s) : #Algérie politique, #luttes autour du pouvoir
 
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