MOHAMED BOUHAMIDI : LE TRIOMPHE GACHE DES IDOLES

 
 
Le triomphe gâché des idoles
 
Le triomphe gâché des idoles

Par Mohamed Bouhamidi

In Impact24 le 21.02.2016 15:00

Entre l’idée de destin humain et celle d’une nature intrinsèque de l’indigène s’interpose l’idée de hasard.

Le destin nous a fait tel que nous sommes par une intervention qui nous est extérieure. Celle des forces surnaturelles, des accidents, des rencontres aléatoires.

Ou encore celle de puissantes contraintes comme les cataclysmes, la raréfaction des ressources, le dénuement extrême qui nous pousse à migrer.

Le modèle du caractère fatidique du destin reste, chez nous, celle de la mythologie grecque. Pour la raison aussi que l’Europe dominante a décidé d’y situer ses sources fondatrices pour habiller ses propres prétentions coloniales à éclairer le monde.

Sinon le modèle aurait été celui d’une autre aire dominante, chinoise, arabe, ou indienne…

Œdipe n’y est pour rien. Et nous pouvons autant le plaindre que réprouver les faits dont il fut coupable sans en être responsable. Il n’existe aucun rapport voulu avec le sang contaminé ni avec celui qui fut selon la justice «responsable mais pas coupable» mais nous sommes tout de même très près de quelques fondamentaux de la philosophie du droit.

C’est vous dire …

La nature ou l’essence, c’est autre chose…

Les dieux, les catastrophes, les maladies ne sont pour rien dans votre essence. Vous êtes comme cela tout comme le fer, le cobalt ou les fraises sont comme ils sont.

Par essence, les musulmans sont violeurs. Ce sont des malades du sexe, des obsédés de l’enfermement des femmes, des êtres dénués d’instance morale, dépourvus de surmoi, égorgeurs, voleurs, fainéants, feignants, indolents, syphilitiques.

Je ne sais pas si les jeunes connaissent l’âge de ce discours. Il est très vieux. Très, très vieux. Au dix-neuvième siècle, il concernait tout ce qui n’était pas européen et incluait aussi les juifs à côté des arabes, des noirs, des amérindiens, des chinois, etc. etc… Et le plus sérieusement du monde, les facultés de médecine ou de sciences humaines planchaient sur les racines biologiques de nos multiples et innombrables infériorités.

En voici un exemple puisé dans la littérature de l’école d’Alger de psychiatrie : «L’Algérien n’a pas de cortex ou, pour être plus précis, la domination, comme chez les vertébrés inférieurs, est diencéphalique. Les fonctions corticales, si elles existent, sont très fragiles, pratiquement non intégrées dans la dynamique de l’existence… La réticence du colonisateur à confier une responsabilité à l’indigène n’est donc pas du racisme ou du paternalisme, mais tout simplement une appréciation scientifique des possibilités biologiquement limitées du colonisé».

Et là, même les dieux n’y peuvent rien.

Mais tout lecteur de cette chronique peut mettre le nom d’Antoine Porot, chef de l’Ecole Psychiatrique d’Alger, sur un moteur de recherche et lire davantage.

Ayman, adulte ne pouvait devenir qu’un violeur.

Les musulmans violeurs de Cologne ne pouvaient agir en dehors de leur nature.

Mettez toute logique de côté et la première est de vous interroger sur la validité de mettre dans le même panier musulman des peuples, des langues, des traditions si hétérogènes et qui vont de la Chine au Maghreb plus quelques autres continents ?

Le discours sur Cologne est un discours immémorial.

Il ne nous dit rien sur le présent mais le happe dans une vision du passé. Pour mener, il est vrai, un combat du présent : convaincre les foules européennes de la lutte nécessaire contre le musulman, nouvel ennemi mortel déjà présent au-delà de Poitiers. Et qui a l’avantage de mettre dans le même sac tant de peuples, tant d’ethnies, tant de pays.

Un résumé des périls passés, présents et futurs.

Quant à nous, depuis longtemps, nous sommes face aux forces du destin dont les représentations matérielles et concrètes sont les ingérences néocoloniales.

Les idoles peuvent disserter sur notre fatalisme alors que nous renversons l’ordre du monde partout depuis la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, la nationalisation du Canal de Suez, la mise en échec d’Israël au Liban, la résistance en Syrie.

Etc.

M.B

source : http://www.impact24.info/triomphe-gachee-idoles/

Tag(s) : #néocolonialisme culturel, #reconquête par la culture, #résistances culturelles


 

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