MOHAMED BOUHAMIDI : QATAR, ARABIE SAOUDITE : LA FAUTE ALGERIENNE

Qatar, Arabie saoudite : la faute algérienne

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Par Mohamed Bouhamidi

In Impact24 le 13.03.2016 18:00

La position du gouvernement algérien sur la question du Hezbollah est une faute.

Hassan Nasrallah n’a retenu de la position émise par les ministres arabes de l’Intérieur, réunis à Tunis, que les réserves algériennes sur la qualification « terroriste » collée à son mouvement.

On peut comprendre les raisons qui lui ont fait ignorer l’adhésion algérienne à la condamnation de ses « menées déstabilisatrices » dans les pays voisins. Entendez la Syrie, à moins que les têtes malades du Golfe visaient aussi la résistance à Israël.

Le Hezbollah a changé d’appréciation après la réunion des ministres arabes des A. E., au Caire. L’équipe de son site d’El Manar relève après, à côté de la position courageuse libanaise et irakienne, que l’Algérie « s’est contenté d’émettre des réserves ».

On ne peut plus en termes diplomatiques.

Elle relève dans la partie de la résolution acceptée sans réserve par l’Algérie la suppression du « soutien au Liban face aux agressions israéliennes», du renouvellement de « la solidarité avec le Liban » et du « soutien politique et économique et à son gouvernement, afin de préserver son unité nationale, sa sécurité… », et du « droit de son peuple à la libération et à la restitution des fermes de Chébaa, des hauteurs de Kfar-Chouba … et de son droit à résister contre toute agression par les moyens légitimes ».

Avec leur expérience des « dialectiques » du monde arabe, les analystes du Hezbollah ont conclu que la stigmatisation du mouvement prépare une agression israélienne, d’avance légitimée par cette résolution, au moment même où, sous prétexte de Daesh, tout « terrorisme » devient une cible justifiée.

L’intervention du Hezbollah en Syrie, à côté des Iraniens, des Russes et des volontaires irakiens, a contribué à sauver l’Etat syrien. Nos chefs diplomates lui reprochent d’avoir sauvé cet Etat national. Si l’Etat syrien était tombé, quelles auraient été les conséquences sur la Libye, la Tunisie et notre propre pays ?
En acceptant l’usage de cette notion de « terrorisme » en l’absence de toute définition légale et universellement acceptée, la diplomatie algérienne a laissé au rapport de forces et aux plus puissants quelle usage de la violence est légitime ou non. C’est une prime gratuite aux F-16 israéliens face aux canifs des écolières palestiniennes. C’est un cadeau inutile fait aux nostalgériques qui se battent toujours pour qualifier l’ALN d’organisation terroriste, comme l’a prouvé la « célébration » de juillet 1962 en France.
C’est surtout un coup porté à l’idée de violence légitime des mouvements de libération nationale..(1)

C’est un cadeau fait au Qatar et aux Saoudiens qui préparent à nos frontières, les moyens de guerre qui permettront à leurs troupes de compléter leur mainmise sur la Libye et sur la Tunisie.

Enfin, c’est une faute car les ministres des A. E. se sont réunis au lendemain du lâchage des Saoudiens, coupables de contrarier les intérêts nationaux des USA au Moyen-Orient.

Comment peut-on faire des concessions aussi graves à des ennemis déclarés comme la Saoudie et le Qatar, en une lutte à mort contre l’ensemble des Etats arabes non-théocratiques ? Au moment où même leur protecteur U.S les menace de cette folie sur leurs intérêts nationaux ?

Cette position est-elle le fruit de tractations internationales en dehors des USA ? S’agit-il d’un avatar de notre « ruse algérienne » ?

Faute morale, faute stratégique et faute tactique. La faute de l’Algérie sur le Hezbollah est une faute totale. Qui nous laisse perplexes sur la doctrine algérienne de défense nationale. Et aux moments les plus dangereux pour notre État.

1- une coquille a fait disparaître dans l'édition d'Impact24, la 2ème partie de la phrase

M.B

source : http://www.impact24.info/qatar-arabie-saoudite-faute-algerienne/

Tag(s) : #-Algérie politique


 

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Commentaires (1)

MAHI Zohra
  • 1. MAHI Zohra | 14/03/2016

J'avoue que l'article de Monsieur BOUHAMIDI est un peu hermétique pour moi. Si l'Algérie avait été si complaisante envers l'Arabie sioniste et les émirats de la même e,geance, comment expliquer la vigoureuse attitude pro-marocaine de la monarchie yahoudite dans le conflit du Sahara Occidental au lendemain de la prise de position de l'Algérie concernant le Hezbollah ?

Malgré les termes diplomatiques qui ont entouré sa prise de position , l'Algérie a bien montré quel était son choix qui est d'ailleurs conforme à celui de son opinion publique. Si les Tunisiens ont désavoué leur gouvernement pour son alignement sans réserves sur la position de l'Arabie sioniste, les Algériens n'ont pas eu à le faire parce que leur pays a montré clairement de quel côté il était sinon, il y aurait eu les mêmes remous qu'en Tunisie. C'est donc du côté des peuples qu'il faut voir et non pas du côté des chancelleries qui elles, sont obligées en raison des rapports de forces évident, utiliser un langage diplomatique.

En tout cas , dans le coeur de chaque Algérien à part Sansal et Kamal Daoud, le Hezbollah , le Hamas et tous les mouvements de résistance contre Israël sont plus que légitimes, ils sont l'honneur des Arabes !

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