MOHAMED BOUHAMIDI : UN "PRINTEMPS ARABE" BIS A GHARDAÏA

Transmis par Mohamed Bouhamidi
 
 
 

Un «printemps arabe» bis à Ghardaïa

 

Par Mohamed Bouhamidi

Toutes les vidéos et toutes les informations attestent de l’action, à Ghardaïa, de brigades paramilitaires bien organisées, bien structurées et bien encadrées.

Elles poursuivent des buts de terreur et de pillages de biens.

Les tweets, les publications Facebook, les prêches excommuniant les ibadites ne s’appuient pas sur une orthodoxie malékite séculaire mais sur le wahhabisme.

La démarche pratique est d’une aveuglante clarté : transposer en Algérie leur réussite au Moyen Orient d’une dissension Chiites/Sunnite sous la forme Ibadites/Malékites de surcroît aggravée par une dissension Berbères/Arabes.

L’organisation paramilitaire des groupes montre qu’il existe une direction, une expertise et une planification.

L’analyse de ces signes et de leurs déterminations endogènes et externes se trouve déjà dans deux textes produits et publiés en février puis en mars 2014.

Allons plus loin. La crise de Ghardaïa est celle d’un impossible développement capitaliste via une «transition» vers l’économie de marché encadrée par les conseils des puissances étrangères et du FMI.

D’une part, cela signifie pour notre peuple une transition de l’économie de marché coloniale à l’économie de marché néocoloniale.

D’autre part, un développement capitaliste national se réalise dans une lutte résolue et acharnée contre la domination des puissances étrangères pas sous leurs conseils et en mobilisant une idéologie de rassemblement et de cohésion «nationales».

L’Infitah de notre économie a échoué le développement mais réussi la création d’une caste d’oligarques et de barons de l’import-import et du négoce informel qui ont développé, eux, les idéologies de leur prise du pouvoir : le wahhabisme et le mimétisme moderniste.

Les deux expriment la haine ou le mépris des économies et des solidarités ancestrales, dites archaïques ou paganistes, et de leurs signes culturels dans les arts, les mausolées, et les particularismes pour les remplacer par l’uniformité du modèle religieux ou du modèle occidental, préfiguration du marché capitaliste unique et uniforme pour tous de Dubaï à Ghardaïa.

Les deux ont besoin d’achever l’idée de nation pour mettre l’Euro et le Dollar au pouvoir et en finir avec l’idée de nation qui contrarie le développement de leurs connexions externes. Ils vont jeter l’huile sur le feu de toutes les dissensions possibles qui cachent les véritables clivages. L’heure est venue pour cette caste de mettre à mort l’Etat algérien dont elle s’est nourrie.

La guerre confessionnelle et ethnique viendra achever le travail de sape commencé il y a trente-sept ans par les réformateurs.

Le symbole mozabite est parlant de lui-même. Les bandes organisées ont pillé des milliers de milliards des biens confortant «l’accumulation primitive» de leurs commanditaires. Elles s’attaquent à une communauté mozabite qui a développé une production industrielle nationale qui va de l’agroalimentaire aux équipements ménagers ou semi industriels. A un modèle de maîtrise d’une distribution de gros et de détail qui pourrait, demain, sauver l’Etat en cas d’embargo ou mettre en échec les pénuries ou les tensions sur les prix sciemment provoquées comme celles qui ont préparé le «Printemps» raté de février 2011. A un modèle de prospection commercial vers les pays du Sahel et plus au sud encore.

En fait les mozabites représentent la seul force économique et commerciale de caractère nationale. Sans eux, l’Algérie serait à la merci totale des importateurs et du marché informel.

«Le printemps arabe» bis, après l’échec de 2011, est en train de commencer à Ghardaïa dans un contexte international inquiétant. Les gouvernants français, amis exceptionnels de nos dirigeants, mais chargés de nous gérer pour le compte de la Triade nous ont préparé le trou noir libyen, lancé notre reconquête par la culture, fabriqué nos «Soljenitsyne» et nous préparent désormais nos «Khodorkovski» par la promotion médiatique d’oligarques décidés à investir dans leur économie en crise ou dans leur colonie de Côte d’Ivoire.

Rien, cependant, n’assure encore la fatalité du succès commun de cette caste et de ses parrains étrangers.

M.B.

http://www.impact24.info/un-printemps-arabe-bis-a-ghardaia/


 

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