LE PARTI COMMUNISTE DU CANADA SUR LE "CONVOI DE LA LIBERTE" : UN MOUVEMENT D'EXTREME-DROITE, DANGEREUX POUR LA CLASSE OUVRIERE

tourtaux-jacques Par Le 14/02/2022 1

Dans Amérique

13 Février 2022

Samedi 12 février 2022
Le Parti communiste du Canada sur le " Convoi de la liberté " : Un mouvement d'extrême-droite, dangereux pour la classe ouvrière.


Dans une déclaration sur le soi-disant " Convoi de la liberté ", le Comité exécutif central du Parti communiste du Canada souligne :
Le Parti communiste du Canada considère le " Convoi de la liberté " comme une expression publique de l'extrême droite de plus en plus organisée et affirmée. Les liens évidents entre les organisateurs du convoi et les réseaux d'extrême-droite indiquent qu'il ne s'agit pas d'une manifestation spontanée de la classe ouvrière. Au contraire, elle s'inscrit dans un phénomène global : la montée et le mainstreaming de l'extrême droite, qui est démontré par le fort soutien (idéologique et financier) de l'extrême droite américaine et des cercles proches de Donald Trump et de l'insurrection du 6 janvier.


Le convoi est rempli de drapeaux nazis et confédérés, de pancartes électorales pour Bernier et de toutes sortes de symboles d'extrême droite. Les 10 millions de dollars collectés par le biais de Go Fund Me pour ce convoi montrent également qu'il a été planifié par des réseaux d'ultra-droite. Ce ne sont certainement pas les maigres revenus de la classe ouvrière qui financent cet effort.

Nous comprenons les frustrations d'une partie croissante de la population. Elles sont justifiées. Depuis le début de la pandémie, les gouvernements fédéral et provinciaux se sont employés à faire passer les intérêts des entreprises avant la santé publique. Les décès que nous déplorons à cause de cette pandémie mortelle sont les victimes de décennies de privatisation de notre système de santé publique. Les programmes d'aide financière d'urgence, qu'il s'agisse de la subvention salariale d'urgence ou du CERB/CRB, n'ont pas servi à élever le niveau de vie des travailleurs, mais seulement à maintenir à peine 7 millions de personnes à flot. Plus de 880 000 personnes ont été jetées à la dérive en octobre dernier après la fin de la CRB. Ces programmes ont également profité aux grandes entreprises, aux grands détaillants, aux banques et aux établissements de crédit, ainsi qu'aux spéculateurs immobiliers. Après avoir dépensé la majeure partie des paiements du CERB/CRB pour faire l'épicerie chez Metro, Sobeys ou Loblaws (dont la fortune du PDG a augmenté de 4,5 milliards de dollars après la première année de la pandémie), après avoir payé le loyer à de grands spéculateurs immobiliers comme Timbercreek, après avoir payé les intérêts sur les cartes de crédit, il ne restait plus grand-chose des maigres 500 $ par semaine pour que les gens puissent joindre les deux bouts. Tout aussi dangereusement, alors que les conditions de vie et de travail se détériorent pour la majorité des travailleurs, le gouvernement et les partis politiques à la solde des grandes entreprises ont accepté d'augmenter les dépenses militaires.

Cependant, ces "porte-parole du peuple" autoproclamés refusent d'aborder ces questions. Ils leur substituent un discours populiste et antiscientifique afin de canaliser la colère des travailleurs vers d'autres travailleurs, notamment les immigrés, les femmes, les Noirs et les autochtones, les musulmans, les travailleurs de la santé (qui ont été attaqués), les enseignants et d'autres organisations publiques. Le racisme, la misogynie, la violence et les discours de haine sont monnaie courante dans ce convoi, qui ne cherche qu'à diviser les travailleurs et à instiller l'idée que l'ennemi n'est pas les patrons, mais les travailleurs eux-mêmes.

C'est loin d'être un convoi de "liberté". C'est un convoi de haine qui a menacé et attaqué les populations civiles à Ottawa et partout où il est passé.

Ils ne disent pas un mot sur la question centrale de la défense et de l'expansion de nos services publics, en particulier de notre système de santé public ; sur l'augmentation des salaires et le contrôle des prix des produits de première nécessité ; pas un mot sur la nationalisation de l'industrie pharmaceutique pour mettre fin aux profits de Big Pharma (qui contribue à la prolifération des variantes), sur les dépenses militaires et le danger de la guerre pour garantir les profits des entreprises. Loin de s'attaquer au système, ils s'en prennent aux travailleurs qui luttent pour fournir des services essentiels qui sauveront des vies, malgré le sous-financement systémique, la privatisation, etc.

Les communistes reconnaissent très bien les intérêts qui se cachent derrière cette manifestation : les grandes entreprises et l'extrême droite (suprémacistes blancs, fascistes, fondamentalistes, Parti populaire, etc.) Nous savons ce que cela signifie lorsque l'extrême droite s'organise et tente de s'enraciner parmi les chômeurs, les inorganisés et les faillis. Nous savons également qu'il faudra une action politique de masse de la part des mouvements syndicaux et populaires pour obliger le Parlement à considérer les groupes haineux comme des organisations criminelles, à promulguer et à appliquer des lois sur les discours haineux, et à faire échec à la montée de l'ultra-droite.

C'est pourquoi nous appelons les travailleurs les plus conscients, le mouvement syndical, mais aussi toutes les forces progressistes et démocratiques à faire barrage à ces réactionnaires en les démasquant, et à s'opposer à eux en luttant pour un véritable redressement du peuple qui comprendrait
Un salaire minimum de 23 dollars et des augmentations générales de salaire, de meilleures conditions de travail, y compris des pensions décentes et la retraite à 60 ans, la création d'emplois stables, en particulier dans l'industrie manufacturière et l'industrie à valeur ajoutée, ainsi que l'élargissement des droits du travail ;
Une réforme non contributive et accessible à tous les travailleurs, y compris les primo-demandeurs d'emploi, couvrant 90% du revenu antérieur et disponible pendant toute la durée du chômage ;
Un contrôle des prix et une baisse des prix de la nourriture, du carburant, des loyers et du logement ;
Inverser la privatisation et faire un investissement public massif dans les soins de santé et les services sociaux ;
Étendre Medicare aux soins de longue durée, aux soins dentaires, aux soins de la vue, aux médicaments et aux soins de santé mentale ;
Créer un système de garde d'enfants universel, de qualité et public ;
Propriété publique et contrôle démocratique des banques, des compagnies d'assurance, de l'énergie et des ressources naturelles, et de l'industrie pharmaceutique ;
Taxer les sociétés et les riches ; allègement fiscal pour les travailleurs et les chômeurs ;
Un contrôle civil strict sur la police, l'expansion et l'application des lois anti-haine, et la désignation des groupes haineux comme organisations criminelles ;
Réduire le budget militaire de 75 %. 
  communist-party.ca
 

source : https://www.idcommunism.com/2022/02/communist-party-of-canada-on-freedom-convoy-a-far-right-dangerous-movement-for-the-working-class.html

Tag(s) : #Canada#Communiste

 
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Commentaires

  • Tourtaux

    1 Tourtaux Le 17/02/2022

    Stephane Dealbertis
    Je me demande si on peut objectivement réduire est essentialiser ce mouvement à ce qui est décrit par les camarades canadiens.

    Pierre Paul
    Là-bas c'est un fait difficile à contester que c'est hégémoniquement de droite (trumpiste, Maxime Bernier).
    À partir de quoi l'essentiel du mouvement communiste de là-bas (à ma connaissance) fait... ce qui baise les communistes depuis des décennies, désolé de le dire.
    À savoir cultiver l'entre soi. Ne pas chercher, non pas à s'allier ou chercher une synthèse avec les leaders et les idées d'extrême droite, je ne parle pas de ça (!!) ; mais à ALLER AUX MASSES et les amener à s'arracher, justement, à cette mortifère division entre "peuple de droâte" (Trump et compagnie) et "peuple de gôche" (Obama, Trudeau etc.), ces deux "cases" contraires à leurs intérêts DANS LES DEUX CAS, et armes de l'oligarchie depuis 2 siècles.

    Jacques Tourtaux
    Stéphane Dealbertis : Le Canada n'est pas la France. Ce qui s'est passé samedi à Paris est ENORME et c'est le peuple qui a manifesté et pris les Champs Elysées malgré les milliers de flics et même des blindés, ils n'ont pas pu empêcher la déferlante sur les Champs Elysées.

    Stephane Dealbertis
    Jacques Tourtaux oui je suis tout à fait d'accord et officiellement sans syndicat et parti politique. Ça me dérange mais le PCF et la CGT ne sont pas l'appui du mouvement réel encore une fois.

    Jacques Tourtaux
    Stephane Dealbertis, j'en ai beaucoup parlé hier avec une camarade militante, une battante qui me demandait mon avis sur les manifs et toutes les luttes ouvrières en cours et à venir en France. Nos messages se sont croisés et, tout naturellement, nous sommes du même avis. Nous n'acceptons pas que les directions PCF et CGT à laquelle je suis syndiqué depuis des décennies, ne manifestent pas avec nos drapeaux Rouges au lieu de laisser un boulevard aux fachos qui n'ont rien à voir ni de près ni de loin avec les luttes ouvrières et il est clair que l'écrasante majorité des gens qui manifestent sont Le PEUPLE. Je n'oublie pas que Martinez a appelé à voter Macron pour faire barrage à la fasciste Le Pen comme si Macron ne faisait pas une politique fasciste. Ras le bol des alliances contre nature pré électorales en vue des présidentielles afin d'amener Mélenchon pour lequel je n'ai jamais voté et que je ne voterai jamais au second tour. Notre peuple souffre et voilà le "programme". Macron divise notre peuple et des millions de moutons se font piquer parce que les directions du PCF et de la CGT qui savaient que les vaccins qui ne sont pas des vaccins puisqu'ils sont expérimentaux, auraient du monter au créneau pour s'y opposer au lieu de faire le jeu de Macron et de s'en prendre aux citoyens qui refusent de se faire inoculer un produit dangereux dont on ne sait rien. Des camarades se font insulter, voire traiter de fascistes par des "camarades" parce que nous refusons la "vaccination".

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