L'ARABIE SAOUDITE S'ENSABLE AU YEMEN

Arabie saoudite : Comment se sortir de ce cloaque?

Arabie saoudite : Comment se sortir de ce cloaque?

IRIB- En dépit des gigantesques moyens militaires qu'elle déploie, dans les airs, comme au sol, et son alliance non déclarée avec «Al-Qaïda, dans la péninsule arabique», (AQPA),

..., l’Arabie saoudite s’enfonce, petit à petit, dans les sables mouvants du Yémen. L’Arabie saoudite et ses alliés peinent à enregistrer des victoires décisives, sur le terrain yéménite, susceptibles de modifier, à leur avantage, les rapports de forces. Le plan d’invasion terrestre, mis au point par le royaume wahhabite, consistait à masser des troupes, dans la province de Ma'rib, considérée comme le verrou bloquant l’accès à la capitale, Sanaa, et vers le Nord du Yémen, en général. Les troupes sont acheminées d’Arabie saoudite, via la province de Hadramout, le principal fief d’«Al-Qaïda, dans la péninsule arabique», (AQPA). Tout semblait bien se passer, jusqu’à ce que l’armée yéménite, Ansarallah et les comités populaires décident, le 4 septembre, de lancer une attaque d'envergure contre les concentrations de troupes ennemies. Les combats ont fait des dizaines de tués, dans les rangs des soldats des armées du Golfe, engagées sur le sol yéménite. Les Emirats arabes unis ont admis la mort de 45 soldats, les Saoudiens, de dix, et Bahreïn a reconnu avoir perdu 5 militaires. Le véritable bilan serait bien plus élevé. Ce revers essuyé par les Saoudiens et leurs alliés, à Ma'rib, vient incarner l’enlisement d’une guerre, débutée, il y a près de six mois, et que Riyad pensait pouvoir remporter, en quelques semaines, seulement. Les pétromonarchies du Golfe ne se sont pas, encore, remis de cette hécatombe. Le projet de se déployer, dans la province de Ma'rib, en prévision d’une offensive sur Sanaa, est, sérieusement, compromis. Contradictions entre alliés. Pour tenter de remonter le moral de ses troupes et de son opinion publique, l'Arabie saoudite a annoncé le déploiement, sur le terrain, de quatre bataillons égyptiens et de troupes d'élite soudanaises. Le Caire et Khartoum ont, cependant, démenti ces informations. Ce fait démontre l'existence de contradictions entre Riyad et certains de ses alliés, qui sont très réticents à s'embourber, dans un conflit, dont l'issue paraît lointaine et incertaine. Certes, l'armée yéménite, Ansarallah et les comités populaires ont perdu du terrain, dans le Sud et le centre du pays, après cinq mois d'intenses raids aériens et le débarquement de milliers de mercenaires sénégalais, pakistanais et des soldats du Golfe. Mais le terrain perdu n'a pas été récupéré par les partisans -très peu nombreux- de Abd Rabbo Mansour Hadi. Preuve en est que le président démissionnaire ne s'est toujours pas installé, à Aden, après sa «libération». Or, l’objectif affiché par la coalition, conduite les Saoudiens, était de rétablir la légitimité du gouvernement, emmené par Hadi. Mais ce dernier apparaît, largement, hors-jeu, et sera bien incapable de reprendre la main. Le journaliste Laurent Bonnefoy souligne que, «parmi les populations du Sud, d’où il est originaire, il ne bénéficie pas d’un soutien manifeste». Al-Qaïda persécute les Soufis. En fait, Aden est, en grande partie, contrôlée par «Al-Qaïda», qui a hissé ses drapeaux, sur de nombreux bâtiments administratifs. L'organisation a commencé à imposer ses lois aux habitants et multiplie les exactions. Le quotidien libanais, "Al-Akhbar", rapporte que des membres d'«Al-Qaïda» ont pris d'assaut, jeudi, la Zawiyat, (Lieu de rassemblement), Al-Ahmadiya, et y ont arrêté 150 Adenites appartenant à un courant soufi, qu'ils ont conduits vers une destination inconnue. Des hommes armés, relevant, vraisemblablement, de l'organisation terroriste, ont, également, investi une mosquée, fréquentée par des Soufis, dans le district de Cheikh Othman, avant de s'emparer de dizaines de livres et d'ouvrages et de fermer le lieu de culte, sous la menace des armes. Près de six mois après son lancement, «il est devenu indéniable que les objectifs de la guerre n’ont pas été atteints, écrit Laurent Bonnefoy. Reconnaître l’échec de la stratégie saoudienne et des grandes puissances, qui la soutiennent, est un impératif, si l’on souhaite conserver le mince espoir de voir le Yémen échapper à un destin similaire à celui de la Syrie». Les Saoudiens et leurs alliés savent, pertinemment, qu’en cas d'offensive vers Sanaa, les combats seront d’une grande intensité. L’hypothèse d’un enlisement est, alors, réel, notamment, parce que, contrairement à Aden et Taez, la population de la capitale est, pour une part significative, acquise aux Houthis. À cet égard, les bombardements de la coalition, depuis mars 2015, ne semblent pas avoir affecté la capacité de mobilisation d'Ansarallah, auprès des populations du Nord, souligne Laurent Bonnefoy. Devant ces réalités, l'Arabie saoudite a autorisé Hadi à négocier. Ses représentants rencontreront, à Masqat, dans les jours qui viennent, des délégués d'Ansarallah et du Congrès populaire de l'ancien Président Ali Abdallah Saleh. Une preuve supplémentaires que l'option militaire a atteint ses limites.

Source: french.Al-Ahednews

http://francophone.sahartv.ir/infos/article-i3857-l%E2%80%99arabie_dans_les_sables_mouvants_du_y%C3%A9men


 

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