YEMEN : LA "TEMPETE DECISIVE" DOIT CESSER...

lundi, 04 mai 2015 09:01

La « Tempête décisive » doit cesser … par Abdel B. Atwan

 
IRIB- L’éminent analyste des questions du Moyen-Orient, Abdel Bari Atwan
a évoqué la cessation pratique de l’opération de la « Tempête décisive » de l’Arabie saoudite contre le Yémen, soulignant qu’il était trop difficile d’avoir recours aux diktats ou à la force, pour trouver une issue politique à la crise yéménite. Le rédacteur en chef du quotidien « Rai-al-Youm » et le célèbre expert des questions moyen-orientales s'est attardé sur les agressions saoudiennes contre le Yémen et écrit : « "La Tempête décisive", sans avoir atteint ses objectifs, a un mois ; Abd Rabbo Mansour Hadi, soi-disant président légitime du Yémen réside dans sa résidence somptueuse en Arabie saoudite et tous les yeux sont rivés vers le vice-président Khaled Bahah pour remplir le vide d’un leader charismatique ». En référence à une éventuelle alliance entre le mouvement Ansarallah et l’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh, - fait démenti par Ansarallah -, Abdel Bari Atwan a souligné que cette alliance est en progression dans les provinces méridionales, ouvrant un nouveau front sur la frontière du Yémen avec l’Arabie saoudite, qui s'approche chaque jour un plus d’une guerre d’usure terrestre. Le porte-parole de l’opération de la "Tempête décisive", Ahmad Al-Assiri ne peut plus parler, lors des conférences de presse, de la gestion de la guerre, la banque des objectifs de l’opération du « rétablissement de l’espoir », nommée la phase deux de l’offensive saoudienne contre le Yémen ; la phase qui n’a pas encore commencé et si elle commence, elle ne rétablira pas l’espoir ni chez le peuple yéménite, ni en Arabie saoudite et ses alliés. A présent, la situation humaine est critique au Yémen et même le Programme alimentaire mondial (PAM) a cessé ses aides. Evoquant un mois d’agression saoudienne contre le Yémen, le rédacteur en chef du quotidien « Rai-al-Youm » a poursuivi : « Actuellement et un mois après le lancement de l’offensive militaire de l’Arabie saoudite contre le peuple yéménite, le Yémen s’est transformé en une vaste prison ; les aéroports sont fermés et les points de passage terrestres sont partiellement ouverts et ne sont pas sûrs. L’eau et l’électricité sont coupées et il y a une pénurie de produit de première nécessité… L’on s’attendait à ce que les négociations entre les parties en conflit au Yémen débutent en vue de trouver une solution politique à cette guerre. Les plans d’Oman et la médiation de l’Algérie ont été tous de l'illusion. La déclaration émise à la réunion des ministres des Affaires étrangères du Conseil de Coopération du Golfe Persique (CCGP), à Riyad a fait voler en éclat tous ces vœux ». Cet éminent écrivain du monde arabe a affirmé : « Riyad a été choisi comme lieu de discussions- ce alors que l’Arabie saoudite est l'acteur principal de cette crise - et la présence des parties yéménites dans la capitale saoudienne ne signifie autre chose que d'accepter « le mandat d’arrêt » et non pas une invitation au dialogue… Voilà pourquoi la présence à Riyad, avant le déclenchement de l’opération de « la Tempête décisive » et le bombardement du Yémen par les chasseurs saoudiens aurait pu s’avérer acceptable et logique, mais après ces bombardements, le bilan lourd de pertes en vie humaine et de dégâts, elle n’est qu’une demande pour la signature du document de la capitulation et de l’échec, et l’acceptation des conditions de la partie gagnante. « De notre point de vue, tout le monde a perdu dans cette guerre. Le Yémen n’est pas membre du Conseil de Coopération du Golfe Persique, alors comment les membres du CCGP veulent-ils lui poser des conditions aux négociations sur son avenir. Ce faisant, si les pays du CCGP veulent traiter le Yémen comme un pays sous tutelle, ils auraient dû remplir leurs devoirs en tant que puissances parraines, dont l’envoi des milliards de dollars d’aides financières au Yémen pour aider ce pays pauvre à sortir de la crise et créer des emplois », a précisé Atwan. « Il est très difficile de trouver une issue politique à la crise yéménite par un recours aux diktats et à la force, cela ne fera qu’intensifier la crise et la tension. Cette question n’est ni en faveur du Yémen ni des pays impliqués dans cette crise. Les occasions seront limitées ou perdues », a ajouté le rédacteur en chef du quotidien « Rai al-Youm ». En ce qui concerne les solutions à la crise yéménite, cet expert des questions moyen-orientales a souligné : « L’opération de la "Tempête décisive" doit cesser en acte et en parole et se transformer en opération de la "Tempête du calme", faisant retourner l’espoir, la stabilité, la sécurité et la vie ordinaire pour 25 millions de Yéménites. Ceci étant dit, plus on met en relief la crise humanitaire au Yémen, plus les positions du peuple envers ces bombardements changeront et seront en faveur des Houthis et d’Ali Abdallah Saleh… surtout que d'aucuns parlent aux Nations Unies de "crimes de guerre" au Yémen.
 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau