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BANGLADESH : UN GIGANTESQUE INCENDIE D’UNE USINE A FAIT AU MOINS 52 MORTS SUR L’AUTEL DU CAPITALISME A CAUSE DU NON RESPECT DES MESURES DE SECURITE.

Par Le 09/07/2021

Bangladesh: plus de 50 morts dans le gigantesque incendie d’une usine

Bangladesh: plus de 50 morts dans le gigantesque incendie d’une usine

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Par AlAhed avec AFP

Au moins 52 personnes ont péri et une trentaine ont été blessées selon les autorités vendredi dans un gigantesque incendie qui a ravagé une usine près de Dacca au Bangladesh, où de nombreux ouvriers ont dû sauter par les fenêtres pour échapper au brasier.

On ignorait encore vendredi le nombre total de personnes qui se trouvaient dans le bâtiment de six étages situé à Rupganj, une ville industrielle proche de la capitale. Et des familles continuaient d'attendre des nouvelles de leurs proches près de l'usine qui était toujours la proie des flammes.

Les incendies sont relativement fréquents au Bangladesh en raison d'un manque de respect des normes de sécurité. 

La police et des témoins ont rapporté que le feu avait débuté jeudi vers 17H00 (11H00 GMT) à l'usine Hashem Food and Beverage, qui fabriquait notamment des bonbons, des nouilles et des jus de fruit. 

La police avait initialement annoncé que trois personnes avaient péri. Mais ce bilan n'a cessé d'enfler vendredi après-midi quand les pompiers ont finalement atteint les étages les plus élevés, ce qui a permis aux secouristes de commencer à retirer des cadavres de l'édifice.

Secourus sur le toit

Les corps brûlés ont été emportés vers des morgues par des ambulances, sous le regard horrifié et les cris de personnes dans les rues.

La police a dû disperser par la force des centaines de personnes qui bloquaient des rues adjacentes.

Au moins 30 personnes ont été blessées, dont certaines qui s'étaient jetées par les fenêtres des étages les plus élevés du fait de la progression rapide des flammes, a déclaré l'inspecteur de police Sheikh Kabirul Islam.

Les pompiers ont secouru 25 personnes sur le toit du bâtiment.

«Une fois que le feu sera contenu, nous lancerons une opération de recherche de survivants à l'intérieur», a déclaré Debashish Bardhan, porte-parole des pompiers.

Dinu Moni Sharma, le chef des pompiers de Dacca, a indiqué que le feu s'était rapidement propagé du fait de la présence de produits chimiques hautement inflammables et de plastiques dans le bâtiment.

Mohammad Saiful, un ouvrier qui a échappé aux flammes, a affirmé que l'usine renfermait des dizaines de travailleurs.

«Au troisième étage, les portes d'accès aux escaliers étaient fermées. Des collègues disent qu'il y avait 48 personnes à l'intérieur. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé», a-t-il dit.

«Son téléphone ne sonne plus»

Mamun, un autre ouvrier, a raconté avoir avec 13 autres couru sur le toit quand le feu a éclaté au rez-de-chaussée, inondant tout le bâtiment d'une épaisse fumée noire.

«Les pompiers nous ont fait descendre avec une corde», a-t-il raconté.

Alors que le bâtiment continuait de cracher une colonne de fumée, de nombreuses familles à proximité craignaient le pire.

«Nous sommes venus parce que ma nièce ne répondait plus au téléphone. Mais maintenant, son téléphone ne sonne même plus. Nous sommes très inquiets», a déclaré Nazrul Islam.

Les incendies et effondrements de bâtiments sont fréquents au Bangladesh, pays pauvre d'Asie du Sud, notamment au sein de son importante industrie textile, en raison du non-respect de mesures et normes de sécurité.

Au moins 70 personnes avaient péri en février 2019 dans un gigantesque incendie qui avait ravagé des immeubles d'habitation de Dacca, où étaient entreposés illégalement des produits chimiques.

En avril 2013, l'atelier de confection Rana Plaza s'était effondré comme un château de cartes, tuant au moins 1.138 ouvriers. 

Ce drame avait soulevé un émoi planétaire.

https://french.alahednews.com.lb/40645/341

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LES USA S'INFILTRENT EN ASIE CENTRALE

Par Le 03/07/2021

Afghanistan: la métastase US s'étend aux pays voisins

Saturday, 03 July 2021 2:21 PM  [ Last Update: Saturday, 03 July 2021 5:38 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Les États-Unis redéploient leurs troupes dans les pays de l'Asie centrale. ©Avia.pro

Le retrait des troupes américaines d’Afghanistan ne doit pas conduire à un redéploiement des infrastructures militaires américaines et de l’OTAN en Asie centrale, a déclaré l’envoyé spécial du président russe pour l’Afghanistan, Zamir Kabulov.

« Ce processus ne peut et ne doit pas se transformer en un redéploiement des infrastructures militaires américaines et de l’OTAN dans les pays voisins de la République islamique d’Iran, en particulier en Asie centrale. Nous avons déjà envoyé de tels signaux à Washington à différents niveaux, j’espère qu’ils seront entendus », a déclaré Kabulov à Sputnik.

Asie centrale: nouveau jeu US?

Asie centrale : nouveau jeu US ?

Se retirant d’Afghanistan, les USA préparent un nouveau complot contre la Chine.

Les États-Unis et leurs alliés ont envahi l’Afghanistan depuis 2001 sous prétexte de lutter contre le terrorisme, imposant de lourds coûts financiers et humains au pays.

L’administration de Joe Biden avait initialement promis d’achever le retrait des troupes d’ici le 11 septembre. Fin juin, les médias ont rapporté que les États-Unis pourraient le terminer en quelques jours, mais que jusqu’à 1 000 soldats pourraient rester pour servir de forces de sécurité à l’ambassade américaine et aux aéroports. Les États-Unis avaient environ 2 500 soldats en Afghanistan lorsque le processus de retrait a commencé le 1er mai.

Plus tôt cette semaine, plusieurs pays membres de la coalition internationale, dont l’Allemagne, ont annoncé qu’ils avaient complètement retiré leurs soldats d’Afghanistan.

L’attachée de presse de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a confirmé que le retrait des troupes américaines d’Afghanistan serait achevé d’ici la fin août, suite à des informations antérieures selon lesquelles un retrait complet était imminent.

Récemment, la base aérienne de Bagram, l’un des plus grands sites militaires d’Afghanistan, a été entièrement évacuée par les troupes américaines et étrangères. Situé à 40 km au nord de Kaboul, Bagram a été largement utilisé par les troupes de l’OTAN pendant les deux décennies de présence dans le pays.

Cela intervient alors que l’agence de presse russe Avia.pro a rapporté que 9 000 soldats sous contrôle des États-Unis pourraient être déployés au Kazakhstan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan.

Afghanistan: Aval US à la guerre civile

Afghanistan : Aval US à la guerre civile

Le commandant des forces américaines en Afghanistan donne son feu vert à une guerre civile dans ce pays.

Le commandement militaire américain a entamé des négociations avec des représentants du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan sur le déploiement de 9 000 militaires afghans sous contrôle américain sur le territoire de ces républiques postsoviétiques.

À ce stade, nous parlons non seulement d’une demande, mais aussi du fait qu’aujourd’hui des négociations sont en cours, à propos desquelles les experts n’excluent pas que les forces contrôlées par les États-Unis puissent être directement déployées aux frontières russes, même s’il s’agit de militaires afghans qui ont porté assistance aux forces américaines.

Selon Bloomberg, citant des représentants du Pentagone, chacun des pays a exprimé son intérêt et des négociations ont donc été entamées, cependant, il n’y a pas d’autres détails sur cette question pour le moment.

On sait qu’auparavant, Washington avait prévu de transférer ses forces d’Afghanistan vers plusieurs pays de la CEI (Communauté des États indépendants), mais aucun des États à l’époque n’avait manifesté d’intérêt pour cela.

Les experts notent que l’apparition de personnel militaire contrôlé par les États-Unis dans ces pays pourrait sérieusement menacer les intérêts de la Russie.

Afghanistan: bombe à retardement anti-russe?

Afghanistan: bombe à retardement anti-russe?

Le ministre russe de la Défense met en garde contre une guerre civile en Afghanistan après le retrait de l’OTAN.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/07/03/661431/Afghanistan-USA-Russie-Asie-centrale-talibans

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PETROLE : LES MARCHES ASIATIQUES COMME PRIORITE

Par Le 26/06/2022

Pétrole: les marchés asiatiques comme priorité

Par Mikhail Gamandiy-Egorov

Mondialisation.ca, 24 juin 2022

Observateur continental

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Le secteur pétrolier traduit une configuration mondiale qui suit parfaitement les changements majeurs observés sur la scène internationale, dans le cadre de l’ordre multipolaire. Et en ce sens, l’Occident est loin de représenter une quelconque priorité.

«Grâce à la Chine et l’Inde, le pétrole rapporte encore gros à la Russie» – annonce la chaine Euronews – l’un des principaux porte-voix des européistes bruxellois. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cité par ledit reportage – la Russie a tiré des exportations de pétrole un revenu estimé à 20 milliards de dollars pour le seul mois de mai.

Par ailleurs, les importations chinoises de pétrole en provenance de Russie ont augmenté de 28% le mois dernier, et comme résultat l’Etat russe est devenu le premier fournisseur pétrolier de la Chine, en dépassant l’Arabie saoudite. Du côté de l’Inde, autre grande puissance non-occidentale et tout comme la Chine et la Russie – membre des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – pour la seule demi-année en cours elle a acheté 60 millions de barils de pétrole russe, tandis pour toute l’année 2021 le volume de pétrole acheté à la Russie était de 12 millions de barils.

Les observateurs occidentaux aiment rappeler que Moscou vend son pétrole à Pékin et New Delhi avec un discount intéressant, ce qui est d’ailleurs vrai, mais en oubliant parfois d’indiquer que l’augmentation nette des prix pour cette matière stratégique à l’échelle internationale compense largement aujourd’hui tous les possibles discounts. D’autant plus des discounts faits à des partenaires dignes de ce nom. A l’énorme différence des régimes occidentaux. Après tout, vous avez bien droit de vendre le produit demandé au prix qui varie selon le niveau de fiabilité du client, et des relations qui vous lient à lui.

Tout cela traduit plusieurs aspects. Tout d’abord qu’il est effectivement grand temps pour la Russie de prioriser au maximum les marchés asiatiques et d’autres espaces non-occidentaux. Pas seulement pour le pétrole d’ailleurs. Dans le cas plus particulier du pétrole, les responsables et experts russes l’ont maintes fois indiqué: le pétrole russe trouvera preneur partout dans le monde, même si l’establishment atlantiste interdirait complètement son importation pour les compagnies occidentales.

De l’autre, que de manière générale et connaissant ce que représentent les marchés asiatiques, à savoir de loin les principaux consommateurs, il est également parfaitement naturel de se focaliser sur ces orientations. Et pas seulement du point de vue démographique, même si là aussi tout est dans les faits : la Chine et l’Inde à elles seules représentent près de 2,8 milliards de personnes. Cela sans même comptabiliser de nombreuses autres nations d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine. Quant aux USA et leurs fidèles sous-traitants de l’UE: pas plus que 800 millions…

Mais au-delà de l’aspect démographique qui a bien évidemment toute son importance, et peut-être aujourd’hui plus que jamais, pour rappeler aux nostalgiques de l’unipolarité où se trouve la véritable communauté internationale, la réalité économique n’est pas en reste. Faut-il justement rappeler qu’à ce titre, la Chine est la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et l’Inde – troisième?

Un sujet qu’Observateur Continental avait déjà abordé nombre de fois. Avec en prime le rappel que la Russie dans un avenir proche dépassera l’Allemagne (première économie de l’UE) pour devenir la 5ème puissance économique du monde, et que des pays comme le Royaume-Uni et la France quitteront, et ce également dans un avenir assez proche, le Top 10 des principales économies mondiales pour laisser place à des nations comme la Turquie ou encore le Mexique.

Bien sûr, nous savons tous que cela fait mal, et peut-être très mal, aujourd’hui pour l’Occident de devoir reconnaitre le fait d’être non seulement une extrême minorité planétaire sur le plan démographique, mais également de regarder avec énorme jalousie les portefeuilles de ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques. Qui ne sont autres que les grandes puissances non-occidentales, et partisanes de l’ordre multipolaire international par la même occasion.

Et lorsqu’on prend en compte tous ces aspects, et quelques autres, on comprend mieux pourquoi l’Occident a tellement de mal à maintenir une domination mondiale. Une domination qui non seulement s’est essoufflée, mais qui de facto est morte. Encore une fois il faut bien rappeler et préciser qu’au départ il n’était pas question d’exclure l’Occident de la communauté internationale au vrai sens du terme. Mais les élites occidentales ont de par leur extrême arrogance et une pure mentalité néocoloniale préféré s’autoexclure elles-mêmes. Et ainsi nous permettre non seulement de poursuivre le développement de l’ordre multipolaire international, mais également d’ouvrir la page de l’ère multipolaire post-occidentale. Une ère dans laquelle les ressources réelles joueront un rôle clé dans le développement des peuples, et non pas la spéculation sans aucun support derrière.

Quelles en seront les conséquences pour l’Occident? Difficile de le dire de manière exacte pour le moment. Il faudrait juste peut-être rappeler que les diverses croisades occidentales du Moyen-Age avaient peut-être des objectifs spirituels que pour certains de ses participants. Mais pour les instigateurs, n’hésitant pas à attaquer musulmans comme chrétiens orthodoxes (voir pillage de la ville de Constantinople de 1204), l’objectif était uniquement économique. A une période où cette fameuse Europe aujourd’hui si arrogante mourrait de la faim et de la peste, et n’avait pratiquement aucune notion digne de ce nom de la médecine. A la grande différence notamment du monde arabe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La source originale de cet article est Observateur continental

Copyright © Mikhail Gamandiy-EgorovObservateur continental, 2022

https://www.mondialisation.ca/petrole-les-marches-asiatiques-comme-priorite/5669265

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DEMOCRATIE DE FACADE ET GEOPOLITIQUE DE L’ENERGIE : LES DESSOUS DE LA CRISE AU SRI LANKA

Par Le 26/05/2022

26 mai 2022

Démocratie de façade et géopolitique de l’énergie : les dessous de la crise au Sri Lanka

Darini RAJASINGHAM-SENANAYAKE

Crise économique, manifestations, remaniements ministériels… Ça chauffe au Sri Lanka et, fait plutôt étonnant, les soubresauts de l’île asiatique défraient la chronique de nos médias occidentaux. Tous les pays du Sud ne sont pas logés à la même enseigne. Mais il faut souligner que dans la région de l’Océan indien, le Sri Lanka occupe une position stratégique. Un élément qui manque souvent dans les analyses et que la Dr Darini Rajasingham-Senanayake a le mérite de mettre en lumière .

C’est dans un contexte de guerres énergétiques et de lents déplacements tectoniques du pouvoir et des richesses vers l’Asie et la région de l’Océan indien que le « printemps arabe » de l’Asie du Sud a déboulé. Les choses se sont précipitées avec la nouvelle guerre froide qui se déroule par procuration en Ukraine, les sanctions imposées par les États-Unis à une Russie riche en énergie ainsi que la crise des réfugiés en Europe.

En l’espace d’un mois, deux opérations de changement de régime se sont déroulées au Pakistan et au Sri Lanka, au milieu de manifestations mises en scène. Le Premier ministre pakistanais Imran Khan, connu pour son courage sur et en dehors des terrains de cricket, a été renversé le 9 avril. Il a accusé Washington d’avoir orchestré son éviction juste après sa visite à Moscou.

Exactement un mois plus tard, le lundi 9 mai, au Sri Lanka, alors que la Banque centrale entamait des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un « renflouement », une opération de changement de régime était lancée dans cette île stratégique de l’océan Indien, une île qui reste perpétuellement dans le collimateur des grandes puissances. Le décor avait été planté par six semaines de manifestations pacifiques à Galle Face. Mais le 9 mai, ces manifestations ont basculé dans une violence coordonnée.

Alors que les pourparlers avec le FMI débutaient, des manifestants jusque-là pacifiques, dont certains portaient même des pancartes « pro-FMI », ont été inexplicablement attaqués. La violence s’est alors déchaînée contre les politiciens du parti au pouvoir, entraînant la démission massive du conseil des ministres. Ces violences ont été suivies par la mise en place d’un couvre-feu, de confinements et l’installation rapide d’un Premier ministre pro-Washington, Ranil Wickremesinghe. La chronologie des événements est remarquable.

L’ambassadrice étasunienne, Julie Chung, a donné son approbation immédiate en déclarant : « La nomination de Ranil Wickremesinghe et la formation rapide d’un gouvernement inclusif sont les premières étapes pour résoudre la crise et promouvoir la stabilité. Nous encourageons des progrès significatifs au FMI et des solutions à long terme qui répondent aux besoins de tout le Sri Lanka. » Un nouveau régime avec lequel le FMI pourrait « vibrer » est en train d’être mis en place, comme l’a soulevé le journaliste expérimenté Saeed Naqvi.

Le Sri Lanka est l’un des pays les plus riches d’Asie du Sud. Mais le voilà pris, comme la Grèce et le Liban, dans le piège de la dette des obligations souveraines internationales (OSI). L’île est confrontée au cycle habituel de dépréciation de la monnaie par rapport au dollar, avec des perturbations clairement coordonnées du commerce et des chaînes d’approvisionnement dans tous les secteurs, entraînant des pénuries de carburant et de nourriture. Les cyberpirates et les manifestations agrémentent le tout.

Dans le même temps, la roupie sri-lankaise se dépréciant fortement par rapport au dollar, des voix se sont élevées pour réclamer la dédollarisation et la fin du règne du pétrodollar qui avait été jusqu’ici privilégié de manière exorbitante. L’alternative ? S’approvisionner en essence, en gazole, en kérosène et autres produits énergétiques à prix réduit en Russie. C’est ce que l’Inde fait déjà.

De telles alternatives en matière de politique énergétique seraient toutefois contrecarrées par les plans du FMI. L’institution propose en effet de privatiser en vendant au rabais des actifs et des infrastructures énergétiques (tels que la centrale électrique de Yugadanavi). Or, cela compromettrait davantage la sécurité énergétique du Sri Lanka à l’heure des guerres énergétiques mondiales.

Masque de la démocratie et domination à spectre complet

Des questions se posent actuellement sur la légitimité de la coqueluche de Washington pour le poste de Premier ministre au Sri Lanka. Le Parti national uni (UNP) de Wickremesinghe, l’équivalent du Parti républicain aux EU, a été décimé lors des dernières élections et il n’a pas remporté un seul siège. Wickremesinghe a prêté serment en mai alors que les militaires patrouillaient dans les rues et que les citoyens étaient soumis à un couvre-feu.

Dans quelle mesure peut-on considérer que la démocratie, la société et l’économie sont manipulées et contrôlées par des acteurs extérieurs lorsqu’un parlement national est convoqué par Zoom tandis que les citoyens sont enfermés avec l’armée dans les rues ? D’autant plus qu’à notre époque, les fake news, l’intelligence artificielle, l’effacement de données et la cyberguerre se multiplient à l’échelle locale et mondiale.

Les manifestants sans leader de « Gota Go Gama » ont également été organisés de manière anonyme via des plateformes et des réseaux sociaux comme Facebook (META) et WhatsApp fonctionnant au moyen de serveurs distants avec des bots invisibles sur l’Internet anglophone. Qui ou quelles agences et agents de renseignements ont soutenu et fourni les renseignements numériques ? Après tout, Frances Haugen, la lanceuse d’alerte de Facebook, a notamment révélé il n’y a pas si longtemps comment les réseaux sociaux avaient été utilisés pour déstabiliser des pays comme le Myanmar et l’Éthiopie en diffusant de la désinformation et des messages de haine et en alimentant des « protestations » qui ont aussi influencé les élections et d’autres enjeux. Sur le terrain, les activités de Galle Face Green ont été coordonnées par des ONG locales qui sont financées par l’étranger et qui ont mobilisé d’authentiques griefs.

Alors que les protestations se poursuivaient, une opération de propagande a été mise en scène le jour de la fête de Vesak Poya. L’opération visait à poursuivre les blocages et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement qui affaiblissent l’économie. Plusieurs chaînes d’information indiennes ont soudainement ressuscité les Tigres de libération (LTTE) et ont affirmé qu’ils planifiaient des attentats, tout comme les mystérieux attentats du dimanche de Pâques de 2019 revendiqués par l’État islamique. Simultanément, la chaîne NDTV a parlé d’une « crise des réfugiés » mise en scène pour détourner l’attention de l’intrigue principale.

« Pour une telle soumission abjecte à Washington, il ne peut y avoir de meilleur candidat que quelqu’un d’aussi politiquement faible que RW », a commenté le journaliste basé à Dehli, Saeed Naqvi. Wickremesinghe a toujours été favorable à une présence étasunienne au Sri Lanka ; il promouvait le contrat de la Millennium Challenge Corporation (MCC)[1] et l’accord sur le statut des forces (SOFA) [2] lorsqu’il a été renvoyé par l’ancien président Srisena.

Mais le masque de la démocratie peut-il être maintenu et pour combien de temps ? Ne s’agit-il pas d’une façade de démocratie promue par des acteurs extérieurs – un nouveau Premier ministre pro-occidental qui n’a aucune légitimité morale et qui a juré de livrer dans les bras du FMI et de Washington un Sri Lanka piégé par la dette ?

Ces masques de la démocratie au Sri Lanka et au Pakistan sont-ils durables ? Le FMI propose de « vendre au rabais » des actifs dans le foncier, les transports, l’énergie et les télécommunications du Sri Lanka. Mais les résultats de ces négociations ont été cachés aux citoyens de cette île stratégique de l’Océan indien, tout distraits qu’ils étaient par les pénuries de nourriture, de carburant et d’énergie.

Quel sera le dénouement de ces manœuvres ? La domination à spectre complet (FSD) [3] de cette nation insulaire stratégique, carrefour de câbles de données sous-marins (UDC) qui assurent le fonctionnement de l’océan Indien et du système financier mondial ?

Pendant ce temps, l’Inde, partenaire et hégémon régional, semble observer et attendre la déstabilisation et l’appauvrissement de son voisinage, profitant apparemment de la « stratégie du chaos » de Washington en Asie du Sud pour contrer les investissements et les projets de développement chinois tels que les « Nouvelles Routes de la Soie ».

La même stratégie du chaos était visible lorsque l’OTAN a quitté l’Afghanistan tout en promettant un engagement Over the Horizon (OTH) via des serveurs à distance, des opérations cybernétiques et des interventions de drones dans ce pays.

Les gains à court terme de l’Inde sur la Chine déboucheront toutefois à long terme sur une perte collective pour toute la région. En effet, aucun pays ne peut se développer lorsque son voisinage est dans le chaos. Déjà à la traîne en matière de développement par rapport à l’Asie du Sud-Est et à l’Asie de l’Ouest, l’Asie du Sud va devoir à long terme essuyer un nouveau revers en raison de la nouvelle guerre froide de Washington.

Ne serait-il pas dans l’intérêt de l’Inde de mettre pour un temps ses différends de côté et de travailler avec le géant asiatique, la Chine, pour développer ensemble la région de l’Asie du Sud ?

Dynamiques de la guerre froide en Asie du Sud

Avant les opérations de changement de régime au Pakistan et au Sri Lanka, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, rencontra en avril le Premier ministre indien Narendra Modi à New Delhi. La pression occidentale s’est aussitôt intensifiée avec la visite quasi simultanée de plusieurs émissaires britanniques, européens et américains pour mettre en garde Dehli et remettre en question ses liens historiques et étroits avec Moscou.

Au même moment, le Premier ministre pakistanais Imran Khan, qui s’était rendu en Russie lors d’un voyage planifié quelques semaines auparavant, a fait l’objet d’une motion de censure. Khan a accusé les États-Unis d’être la puissance étrangère à l’origine des événements d’Islamabad. Il a dénoncé une opération de changement de régime à travers la corruption de politiciens et de partis politiques.

Le Premier ministre Khan a présenté des preuves matérielles de la « conspiration étrangère » et a dénoncé nommément le secrétaire d’État adjoint aux affaires d’Asie centrale et du Sud, Donald Lu. Une lettre de Washington datée d’un jour avant la motion de défiance indiquait : « Le Pakistan serait pardonné si Imran Khan échouait contre la motion de défiance ! » Washington avait une connaissance préalable des événements à Islamabad.

Durant la crise Covid, le Premier ministre Khan avait sauvé l’économie pakistanaise de la destruction causée au Sri Lanka par près de deux ans de confinement selon les recommandations de l’OMS. Khan avait protégé le peuple et l’économie pakistanais en refusant de confiner les Pakistanais, déclarant que la pauvreté qui en résulterait tuerait plus de gens que le virus. Ironiquement, Khan a été accusé de mauvaise gestion économique alors qu’il avait raison.

La Banque mondiale avait loué la façon dont le Premier ministre Khan avait géré la « pan-ique-démie » de Covid au Pakistan. Imran Khan a déclaré que son amitié avec la Chine et sa récente visite à Moscou auprès de Poutine avaient irrité Washington, raison pour laquelle le Pakistan était visé. Washington s’est toutefois montré plus indulgent envers l’amitié de l’Inde pour la Russie, l’Inde étant un partenaire du groupe QUAD [4]. Mais il se pourrait que l’on assiste à une nouvelle confluence asiatique, la Chine, l’Inde et le Pakistan refusant, après la débâcle en Afghanistan l’an dernier, de suivre l’OTAN dans sa condamnation de Moscou.

La géopolitique et le FMI comme Deus ex Machina

C’est à souligner, le gouvernement, l’opposition et même certains manifestants considèrent le FMI comme une sorte de solution « Deus ex machina » à la crise déclenchée par une apparente pénurie de dollars après que les agences de notation ont de concert abaissé la note de l’île l’an dernier. Cette dégradation avait rendu difficile pour le gouvernement le refinancement des 7 milliards de dettes à payer cette année, dettes dues principalement aux négociants d’obligations souveraines.

« Les créanciers du Sri Lanka sont pour la plupart basés aux États-Unis », a relevé Dr Dushni Weerakoon, l’économiste principal de l’Institut d’études politiques. Le ratio dette/PIB de l’île est d’environ 110 %, ce qui s’explique en partie par la mauvaise gestion économique – notamment la perte de recettes fiscales – ainsi que par la débâcle des confinements covid et de la politique coûteuse politique vaccinale. Mais le ratio dette/PIB du Japon est de plus de 200 % ! Et comparée aux 20 000 milliards de la dette étasunienne, la dette du Sri Lanka est d’environ 67 milliards.

Annonçant les négociations avec le FMI en mars, la brutale dépréciation de la monnaie sri-lankaise en raison d’une apparente pénurie de dollars a-t-elle été orchestrée pour écouler marchandises et carburants dans le port tant convoité ? L’île insolente avait osé refuser le contrat EU de la Millennium Challenge Corporation (MCC) ainsi que l’accord sur le statut des forces en 2019. La crise économique a dégénéré en défaut de paiement, et un renflouement par le FMI semble désormais inévitable.

L’île a été déclassée à plusieurs reprises par les agences de notation et n’a pas pu reconduire sa dette. Le système financier euro-étasunien comprend les agences de notation, les négociants en obligations souveraines et, bien sûr, le consensus de Washington et l’OCDE ou le Club de Paris.

Pour être honnête, le FMI n’a jamais prétendu se soucier des pauvres ou des inégalités. Il préfère imposer aux gens ordinaires des mesures d’austérité qui devraient plutôt être imposées aux politiciens et aux élites économiques vivant dans le luxe, toutes ces personnes avec, pour et par lesquelles le FMI travaille. Le FMI est-il la fausse solution proposée par TOUS ceux qui sont achetés pour former un gouvernement d’unité nationale ?

Contrairement au Premier ministre pakistanais Imran Khan, connu pour son courage et son intégrité sur et en dehors des terrains de cricket, le régime hybride américano-sri-lankais de Rajapaksa ne pointera pas du doigt les facteurs externes à l’origine des attentats de Pâques 2019 au Sri Lanka. Il ne dénoncera pas le coup porté par les confinements et les restrictions de voyages à l’économie très dépendante du tourisme. Il ne reviendra pas sur la débâcle économique aggravée de ces trois dernières années.

Des confinements pour dévaster une économie ?

Pour affronter l’imprévu, il semble que la réponse préférée du président Gotabaya Rajapaksa et de ses conseillers étrangers est de maintenir les citoyens infortunés dans des couvre-feux et des confinements économiquement débilitants.

Le pays fut frappé par les mystérieux attentats du dimanche de Pâques en 2019. Les attaques avaient été revendiquées par l’État islamique. Mais le FBI avait ensuite conclu, de manière grotesque, qu’elles avaient été orchestrées à partir d’un bot Internet nommé « Sonic Sonic » en Malaisie. Depuis au Sri Lanka, les mois de mars, avril et mai, saison des fêtes religieuses annuelles dans ce pays multireligieux, ont été marqués par des confinements dévastateurs sur le plan économique.

Les couvre-feux de Pâques ont été suivis en 2020 et 2021 par des confinements militarisés de type Covid, sur recommandation de l’OMS. Ces mesures ont dévasté l’économie, la société et la démocratie. Il y a également eu de mystérieux piratages de données sur les serveurs du gouvernement. Ou encore des perturbations du commerce maritime et de la chaîne d’approvisionnement, notamment à la suite de l’incendie et du naufrage des navires MV Pearl et MT Diamond.

Cette année, la même semaine où le Premier ministre pakistanais Imran Khan a fait l’objet d’une motion de défiance, le Sri Lanka a connu des manifestations de type « printemps arabe » contre l’ancien président Gotabaya, citoyen étasunien, et le régime des frères Rajapaksa. Les manifestations étaient motivées par l’augmentation du coût de la vie ainsi que par les pénuries de carburant et de nourriture provoquées par les très médiatisés manques de dollars et dégradation des notes des agences de notation.

Quelques semaines plus tôt, la roupie sri-lankaise s’était effondrée, ayant perdu 70 % de sa valeur en un an par rapport au dollar incroyablement privilégié. C’était un signe avant-coureur des négociations avec le FMI à Washington pour un renflouement. Ou devrions-nous parler de pillage ?

Bien que le Sri Lanka soit l’un des pays les plus riches d’Asie du Sud, avec des indicateurs de développement social et humain élevés en termes réels, une crise coordonnée de l’alimentation, du carburant et de l’électricité s’est matérialisée après l’effondrement de la roupie. Les files d’attente étaient longues dans les stations-service et les magasins d’essence.

Mais la crise qui traverse le Sri Lanka pourrait relever davantage de la géopolitique que de l’économie. Depuis les attentats du dimanche de Pâques 2019 contre les hôtels touristiques et l’économie – attentats utilisant la religion comme un écran de fumée – et depuis que le pays a refusé le MCC des États-Unis, cette île stratégiquement située au milieu des voies de communication maritimes de l’Océan Indien semble faire l’objet d’une forme de guerre économique et commerciale hybride impliquant des perturbations des chaînes d’approvisionnement et le piratage informatique de données.

Quatre années de guerre économique et commerciale hybride

Rétrospectivement, les mystérieux attentats du dimanche de Pâques revendiqués par l’État Islamique contre des hôtels côtiers et l’économie dépendante du tourisme en 2019, dix ans après la défaite des LTTE et l’aube de la paix au Sri Lanka, peuvent être considérés comme le coup d’envoi d’une guerre économique hybride au Sri Lanka. Les attaques ont utilisé la religion comme couverture pour frapper l’économie dépendante du tourisme et les investissements chinois, y compris l’hôtel Shangri-La. C’est là où le leader Zharan et un autre kamikaze ont péri, signe qu’il s’agissait de la cible la plus cruciale.

Le FBI a retiré les téléphones portables des auteurs des attentats de Pâques en prétendant « aider » l’enquête. Mais l’agence a ensuite tenté d’étouffer l’affaire et a affirmé que les attentats avaient été orchestrés à partir d’un robot Internet baptisé « Sonic-Sonic ».

Ces attaques de Pâques 2019 s’apparentaient à une guerre hybride. Elles ont été suivies par deux années de guerre biologique et de récits terrifiants sur le Covid-19, avec son lot de confinements économiquement destructeurs en 2020 et 2021. Il y a eu des dépenses massives dans le secteur de la santé (près de 38 % du budget) et 16 millions de doses de rappel Pfizer inutiles et coûteuses. Chef de la Task Force Covid, Basil Rajapaksa était à la manœuvre.

À l’heure actuelle, alors que l’on prétend qu’il n’y a pas de fonds pour acheter des médicaments essentiels et que le covid a disparu, la quatrième dose de rappel Pfizer est proposée ! Dans une forme de colonialisme numérique, toutes les institutions de santé ont par ailleurs été capturées par la grande industrie pharmaceutique et les acteurs externes qui font la promotion du récit Covid et des confinements.

La sécurité énergétique est compromise par le récit de la catastrophe climatique de l’ONU

Pendant les confinements Covid en 2021, la crise a été aggravée par des politiques agricoles et énergétiques qui semblaient suivre le récit de la « catastrophe climatique » de l’ONU. Les agriculteurs ont reçu l’ordre de passer du jour au lendemain aux engrais organiques sans plan de transition. Le résultat s’est traduit par une pénurie d’engrais, de mauvaises récoltes et des moyens de subsistance décimés pour les agriculteurs. Mais le président Rajapaksa a reçu un prix aux Nations unies pour sa politique de « fertilisation organique » !

De même, la sécurité énergétique de l’île a été compromise lors des confinements Covid à la suite de l’exposé de la catastrophe climatique des Nations unies. Au Sri Lanka, les émissions de carbone par habitant sont pourtant infimes par rapport à celles de la plupart des pays du monde.

On s’est empressé de convertir les centrales électriques au gaz naturel liquéfié et de se concentrer sur les énergies renouvelables, sans plan de transition progressif. Cela s’explique notamment par les hauts niveaux de corruption dans le secteur de l’énergie et dans les institutions de surveillance comme le Ceylon Electricity Board et la Public Utilities Commission (PUCSL). Pendant ce temps, la centrale électrique de Yugadhanvi à Kerawelapitiya a été vendue à une société étasunienne, ce qui compromet encore davantage la sécurité énergétique nationale en période de crise énergétique ! On a prétendu que la réponse à la corruption dans les entreprises publiques était la privatisation et la vente d’actifs à des sociétés étrangères. N’est-ce pas jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Au cours des quatre dernières années, un modèle est apparu : chaque période de mars-avril, un nouveau cycle de déstabilisation et de confinements économiquement, socialement et démocratiquement destructeur commence. Depuis 2019, les citoyens sri-lankais font ainsi régulièrement l’objet de confinements et de couvre-feux. Pendant ce temps, les marines étrangères organisent des exercices au large des côtes de cette île stratégique, comme ce fut le cas avec les manœuvres militaires de Malabar qui ont fait s’échouer et mourir des baleines pilotes tandis que les Sri-Lankais étaient confinés en 2020.

Après avoir refusé le contrat du MCC et le SOFA, l’île a-t-elle été systématiquement ciblée parce qu’elle se trouve sur les voies de communication maritimes de l’océan indien (SLOC), vital pour garantir l’« Indo-Pacifique libre et ouvert » des EU ? La géographie fait partie de l’histoire de cette île stratégique de l’océan Indien. Pour rappel, le Pakistan a lui aussi été la cible d’un changement de régime après la visite d’Imran Khan en Russie.

Alice G. Wells, ancienne secrétaire adjointe des États-Unis pour l’Asie du Sud et l’Asie centrale, a un jour qualifié le Sri Lanka de « bien immobilier précieux ». L’île semble bien être vitale pour le maintien de l’« Indo-Pacifique libre et ouvert » des États-Unis.

De même, la diaspora cinghalaise semble avoir été instrumentalisée : ministre du désastre économique au Sri Lanka, Basil Rajapaksa est le frère du président et du Premier ministre. C’est un citoyen des EU. Ces trois dernières années, la gouvernance sri-lankaise s’est résumée à une affaire de famille aux mains des Américano-Sri-Lankais Rajapaksa. Basil Rajapaksa devait s’envoler pour Washington afin de se rendre au FMI après un pseudo-débat parlementaire le 8 avril, mais il a ensuite été écarté en raison de son passif.

Guerre juridique (Lawfare) : des solutions quand les théories du complot deviennent réalité.

Nous vivons dans un monde post-Covid où les théories du complot semblent de plus en plus se réaliser. Dans une décision historique, la Cour suprême de l’Inde a statué la semaine dernière que « personne ne pouvait être forcé à se faire vacciner » et qu’il n’existait aucune donnée montrant un risque plus élevé pour les personnes non vaccinées que pour les personnes vaccinées. On peut donc se demander pourquoi des millions sont dépensés pour les injections et les rappels de vaccins Covid.

À l’heure actuelle, les protestations peuvent s’avérer inutiles si elles ne proposent pas d’alternatives créatives à la « solution » du FMI exigeant que des cabinets juridiques étrangers prennent en charge les négociations économiques du Sri Lanka.

Le Sri Lanka doit se tourner vers l’Est, au-delà de l’Inde, pour trouver de l’aide et du développement en cette période d’humiliation nationale. Il doit développer une stratégie de dédollarisation pour commercer à travers un panier de devises. Le Sri Lanka pourrait envisager une politique économique, commerciale, énergétique et étrangère indépendante et s’approvisionner à prix réduits en pétrole, gaz et autres besoins énergétiques auprès de la Russie, comme le fait l’Inde.

Se soumettre au FMI et à ses conditions d’aide signifie que le Sri Lanka renonce à son autonomie politique et à sa souveraineté et qu’il est incapable d’avoir une politique étrangère, économique, commerciale ou énergétique indépendante qui serve les intérêts de ses citoyens.

Le Sri Lanka semble également être soumis au phénomène du lawfare dans le cadre d’une opération de domination à spectre complet. Comme l’a montré l’opération de changement de régime menée par la CIA contre le président brésilien de gauche Lula, le lawfare a été identifié comme le processus par lequel le système juridique d’un pays est subverti et va à l’encontre de la justice.

Alors que le peuple est distrait par les pénuries de nourriture et de carburant ou par les confinements covid-19, les sujets portant sur les droits fondamentaux et contre les actions du gouvernement ont tendance à être rejetés. Ainsi, parmi les requêtes bloquées par la Cour suprême, on trouve la contestation de la vente de la centrale électrique de Kerawelapitiya Yugadhanavi. En pleine crise énergétique et dans le cadre d’un accord signé à la sauvette, le gouvernement a décidé de céder 40% de ses parts à la société américaine New Fortress Energy. Également bloquées, les requêtes contre les escroqueries sur les obligations de la Banque centrale. Ou encore celles portant sur les révélations d’injections massives de vaccin covid et le projet d’imposer des certificats de vaccination numériques qui discrimineraient ceux qui ne sont pas vaccinés dans les lieux publics. Ce projet permettrait en outre d’instaurer une surveillance massive, de stopper les protestations de masse, d’entraver la démocratie et de promouvoir à la fois le colonialisme numérique et le contrôle des citoyens.

La guerre froide fait son retour en Asie du Sud avec le pivotement inquiétant des États-Unis vers la région de l’Océan indien. Dans ce contexte, les citoyens du Sri Lanka, pays stratégique, doivent-ils être considérés comme la cible d’une opération à distance de domination à spectre complet ?

Diplômée de l’université de Princeton, la Dr. Darini Rajasingham-Senanayake est anthropologue et philosophe. Elle a notamment travaillé pour Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale. Elle avait aussi collaboré avec le célèbre Millenium Challenge avant d’en démissionner avec fracas.

Source originale : Colombo Telegraph

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

Notes :

[1] Le Millennium Challenge Account est un fonds de développement bilatéral mis en place en 2004 par le gouvernement Bush. Il conditionne des prêts envers des pays tiers à diverses réformes de bonne gouvernance et d’environnement favorable aux initiatives privées. Selon Keith Krash, sous-secrétaire d’État américain à la Croissance économique, l’Énergie et l’Environnement, le Millennium Challenge Account fait partie de la stratégie d’encerclement de la Chine. Après de longues tractations, le gouvernement sri-lankais a finalement rejeté l’accord. [NDT]

[2] Accord à travers lequel un gouvernement autorise des forces armées étrangères à stationner dans son pays. [NDT]

[3] Selon le document Joint Vision 2020 publié en 2000 par le Département de la Défense des États-Unis, la domination à spectre complet est un objectif militaire visant le contrôle de toutes les dimensions du champ de bataille, que ce soit les espaces terrestre, aérien et maritime, mais aussi le cyberespace ou encore l’opinion publique à travers des opérations psychologiques. [NDT]

[4] Le Dialogue quadrilatéral pour la sécurité, le Quad, est un groupe formé par les États-Unis et ses alliés régionaux, le Japon, l’Australie et l’Inde, pour tenter de contenir la Chine. [NDT]

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Dans ASIE

BRICS : APRES L’ARGENTINE, LA CHINE SOUHAITE INCLURE LE KAZAKHSTAN

Par Le 24/05/2022

Après l’Argentine, Pékin veut inclure le Kazakhstan

Monday, 23 May 2022 6:28 PM  [ Last Update: Monday, 23 May 2022 6:28 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Photo publiée par le ministère chinois des Affaires étrangères en rapport avec cérémonie d’ouverture de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS.

L’ambassadeur de Chine auprès de l’ONU, Zhang Jun, a invité sur Twitter le Kazakhstan à rejoindre le dialogue BRICS+.

« Nous souhaitons la bienvenue au Kazakhstan, à l’Arabie saoudite, à l’Argentine, à l’Égypte, à l’Indonésie, au Nigeria, au Sénégal, aux Émirats arabes unis et à la Thaïlande pour rejoindre le dialogue BRICS+.

Une rencontre opportune. La solidarité et la coopération des marchés émergents et des pays en développement sont d’une grande importance pour relever les défis mondiaux d’aujourd’hui. »

Choc anti-US : BRICS s’élargit

Choc anti-US : BRICS s’élargit

La Chine rallie l’Argentine aux BRICS et ouvre une banque

Lors du Dialogue BRICS+ des ministres des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a proposé de défendre le multilatéralisme, de se concentrer sur le développement et de poursuivre une coopération gagnant-gagnant. Les BRICS regroupent le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Les pays des ministres des Affaires étrangères BRICS+ ont soutenu la proposition d’expansion.

Plus tôt le 19 mai, le Président chinois Xi Jinping a prononcé une allocution par vidéo à la cérémonie d’ouverture de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS.

Le Président Xi Jinping a indiqué que le monde traversait aujourd’hui des changements et une épidémie jamais connus depuis un siècle, et que les facteurs d’instabilité, d’incertitude et d’insécurité se multipliaient dans la situation internationale. Cependant, a-t-il dit, le thème de notre temps que sont la paix et le développement n’a pas changé, l’aspiration des peuples du monde à une vie meilleure n’a pas changé, et la mission historique de la communauté internationale de promouvoir la solidarité et la coopération gagnant-gagnant n’a pas changé.

USA: la Chine contre-attaque!

USA : la Chine contre-attaque !

En réponse aux multiples embargos infligés par les États-Unis, la Chine va bannir les technologies américaines.

Estimant que les pays des BRICS sont une force active, inspirante et constructive dans la communauté internationale, il les a invités à raffermir la conviction, à affronter les épreuves et à promouvoir la paix et le développement, défendre l’équité et la justice et prôner la démocratie et la liberté par des actions concrètes, de sorte à apporter des stabilités et des énergies positives aux relations internationales en turbulence et en transformation.

Le Président Xi Jinping a souligné que l’Histoire et le présent enseignaient à tous que rechercher sa propre sécurité aux dépens de celle des autres ne ferait que créer de nouveaux problèmes et risques. Il a rappelé que pour promouvoir la sécurité commune dans le monde, il avait avancé il y a peu de temps l’Initiative pour la Sécurité mondiale. Les pays des BRICS, a-t-il dit, doivent renforcer la confiance politique mutuelle et la coopération sécuritaire, intensifier la communication et la coordination sur les grandes questions internationales et régionales, prendre en compte les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de part et d’autre, se respecter mutuellement en ce qui concerne la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement, s’opposer à l’hégémonisme et à la politique du plus fort, rejeter la mentalité de la guerre froide et la confrontation des blocs et bâtir ensemble une communauté de sécurité pour tous.

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Le Président Xi Jinping a souligné que le développement était la tâche commune de l’ensemble des marchés émergents et des pays en développement. Il a affirmé que face à de multiples risques et défis, il était plus important que jamais pour ces pays de renforcer la solidarité et la coopération. Les pays des BRICS, a-t-il dit, doivent développer des dialogues et échanges avec plus de marchés émergents et de pays en développement, renforcer la compréhension et la confiance mutuelles, consolider les partenariats et approfondir la convergence des intérêts, pour agrandir le « gâteau » de la coopération, rassembler les forces du progrès, et apporter une plus grande contribution à la construction de la communauté d’avenir partagé pour l’humanité.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/23/682619/chine-kazakhstan-brics-dialogue-

Dans ASIE

REVOLUTION DE COULEUR AU SRI LANKA?

Par Le 21/05/2022

Révolution de couleur au Sri Lanka?

Par Jean-Pierre Page

Mondialisation.ca, 20 mai 2022

Defend Democracy Press 16 mai 2022

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Cette mise au point que je veux faire ici ne saurait signifier de ma part un quelconque soutien au président libéral et pro occidental Gotabaya Rajapaksa et son entourage de politiciens corrompus sur lesquels les occidentaux et le FMI exercent tantôt des pressions, tantôt ménagent et cela d’autant que le Président lui même est d’origine nord américaine. Ainsi il garde de fortes attaches à travers sa famille avec les USA.

Ainsi, la grave crise politique, monétaire, alimentaire et économique Sri Lankaise marqué par des mobilisations et par des violences fait l’objet de commentaires et de photos dans des publications progressistes, trotskistes, communistes ou d’ONG. Cela se fait le plus souvent par ignorance pour certains et pour d’autres avec des objectifs politiques précis évidents, les mêmes d’ailleurs que l’on a pu trouver dans différentes périodes face à des guerres comme celles en Syrie ou en Lybie. Ensemble, les mêmes pensent voir là les prémisses d’un vaste mouvement social radical voir d’une révolution. En fait il s’agit de tout autre chose, qui a toutes les caractéristiques d’une révolution de couleur sur le modèle Maïdan et qui partant de revendications sociales légitimes est maintenant dévoyé vers un changement de régime en faveur de la droite. Le seul fait que Victoria Nuland instigatrice et organisatrice du coup d’état en Ukraine se soit retrouvé à Colombo avant le début des évènements actuels est particulièrement significatif. De la même manière qu’à Kiev l’on a fait usage des groupes néo-nazis, à Colombo cela se fait à travers un mouvement qui réunit plusieurs groupes paramilitaires sous le nom de “black helmets” auquel d’ailleurs le JVP est associé. avec les forces d’un parti bouddhiste chauvin et quelques groupuscules trotskistes. Ils sont à l’origine des violences, incendies de résidences, vandalisme, etc..

En fait de quoi s’agit- il ? Pour Washington, il s’agit de mettre en place au Sri Lanka une plate forme stratégique offensive à partir de différents d’accords militaires(SOFA, MCC, AXA)s’inscrivent dans une conflictualité militaire permanente contre la Chine dont l’AUKUS, la Quad et l’élargissement des prérogatives de l’OTAN sont les preuves les plus manifestes. Jusqu’à ce jour la forte mobilisation populaire de ces dernières années en faveur du respect de la souveraineté du pays ont mis en échec ces projets. Il est d’ailleurs remarquable que le JVP et la droite ont toujours refusé d’agir en ce sens. Pour mémoire je rappelle que le port de Trincomalee au nord du pays dispose des installations en eaux profondes les plus importantes de toute l’Asie du Sud Est et qu’elles sont convoités depuis longtemps par la 7e flotte des Etats-Unis. Le JVP et la droite sri lankaise soutiennent ces objectifs de l’impérialisme qui confirment si il le fallait que la 3e guerre mondiale a commencé en Asie. On aurait donc du mal à trouver le JVP manifestant devant l’Ambassade des Etats-Unis ou a mettre en cause celle-ci, ce qui n’est pas le cas des partis traditionnels de la “gauche” comme le PC, le LSSP, le MEP,etc..une alliance de 11 partis progressistes.

En document attaché vous trouverez un compte rendu avec photos de la rencontre de l’Ambassadrice des USA à Colombo avec la direction du JVP au siège de ce parti. Un tel évènement est sans précédent dans la vie politique Sri Lankaise et légitime totalement le JVP comme interlocuteur officiel des USA. Certes cela est le cas depuis longtemps, mais jamais cela s’était fait aussi ostensiblement. Je précise que les USA et le FMI soutiennent sans reserve le retour de la droite à la tête du gouvernement avec la nomination du conservateur Ranil Wickramasinghe ( membre éminent de la Société du Mont Pèlerin fondée par Milton Friedman, Hajek, Karl Popper) comme nouveau première ministre. Depuis de nombreuses années le JVP reçoit d’importants financements et aides matérielles de la part de l’Ambassade des USA à travers US-Aid- le NED-CIA, et la Fondation Soros très active au Sri Lanka.. Cette réalité est bien connu à Colombo, mais très peu en Europe ou en Amérique Nord ou de nombreux militants de “gauche” réagissent par rapport à ces évènements plus  émotionnellement que rationnellement c’est-à-dire sans une analyse politique s’appuyant sur des faits réels. D’ailleurs, je constate que dans le passé souvent les mêmes apportaient leur solidarité aux terroristes/séparatistes des Tigres du LTTE. C’est tout dire!

Jean-Pierre Page

La source originale de cet article est Defend Democracy Press

Copyright © Jean-Pierre PageDefend Democracy Press, 2022

https://www.mondialisation.ca/revolution-de-couleur-au-sri-lanka/5668363

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JOSE MARIA SISON : « LE PEUPLE A LE DROIT DE SE REVOLTER CONTRE LA FRAUDE ELECTORALE AUX PHILIPPINES »

Par Le 20/05/2022

Jose Maria Sison: « Le peuple a le droit de se révolter contre la fraude électorale aux Philippines »

 

20 Mai 2022

  

Dans la soirée du 9 mai, les observateurs locaux et internationaux présents aux Philippines ont été témoins d’irrégularités généralisées lors des élections nationales de 2022. Le bon déroulement des élections a été compromis par des coupures de courant, des falsifications dans le décompte des voix, des rapports généralisés d’achat de voix, ainsi que des violences dans les bureaux de vote. Les rapports indiquent que plus de 1 800 machines à compter les votes (VCM) ont mal fonctionné, affectant 1,1 million d’électeurs. Il y a eu 321 cas vérifiés (35 %) d’erreurs de l’ordinateur de vote, ainsi que des bourrages de papier et des refus de vote. Le nombre d’ordinateurs de vote défectueux a doublé entre 2016 et 2019, selon les propres données de la Commission des élections (COMELEC).

Beaucoup ont remis en question la remarquable avance de Ferdinand Marcos Jr. et Sara Duterte, avec une marge respective de plus de 16 millions et 22 millions de voix par rapport à l’opposition Robredo – Pangilinan.

Radyo Pawikan a interviewé Jose Maria Sison, conseiller politique en chef du Front démocratique national des Philippines.

Merci de nous donner votre analyse sur les résultats des élections. Tout d’abord, quelle a été votre réaction lorsque vous avez vu les résultats ?

JMS : J’ai suivi les élections philippines à partir de 6 heures du matin le 9 mai. J’ai reçu des messages d’amis de différentes régions des Philippines. Ils m’ont dit qu’ils n’ont pas pu voter et qu’ils ont même dû attendre après 19 heures parce que les inspecteurs électoraux locaux leur ont dit que les ordinateurs de vote, les cartes micro-SD ou les lecteurs optiques des bureaux de district fonctionnaient mal ou étaient défectueux.

Mais à partir de 20 heures, le Comelec a commencé à annoncer dans les médias qu’il avait compté plus de 50 % des votes dans tout le pays et que Marcos avait gagné avec une majorité écrasante, d’abord avec une avance moyenne de 32 % dans différentes parties du pays, puis finalement avec une avance de 47 %.

J’ai immédiatement trouvé les résultats peu plausibles, comme le prétendaient les statisticiens et les mathématiciens dans la presse. Les dysfonctionnements généralisés des VCM, des SD et des PCOS (Professional Computer Operating System) n’étaient pas compatibles avec la grande vitesse de comptage des votes qui a suivi et les résultats obtenus. Lors des élections de 2016, il a fallu dix jours, du 9 au 19 mai, pour terminer le dépouillement et la vérification des votes dans tout le pays. Cette fois, il n’a fallu que deux jours au Comelec pour compter et vérifier tous les votes.

Comment cela a-t-il pu arriver ? Pouvez-vous nous parler du contexte historique qui a conduit à cette présidence de Marcos ? Tout a commencé avec Duterte? Ou bien cela dure-t-il depuis un certain temps?

JMS : Le président sortant Duterte a truqué les élections cette année. Il a triché. Il contrôle le Comelec, l’ensemble du processus ainsi que les fournisseurs d’équipements et de bulletins de vote sous contrat, y compris sa fausse société dirigée par Dennis Uy et la Smartmatic. Il a truqué les résultats des élections en faveur du tandem Marcos-Duterte et de leur parti pour éviter d’être poursuivi et jugé pour crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale et pour meurtres et pillages de masse devant les tribunaux philippins.

Depuis qu’elle a été autorisée à rentrer aux Philippines en 1991, la famille Marcos a toujours essayé de réviser l’histoire en sa faveur. Mais ils ont toujours échoué. Il n’est pas vrai que la machine de propagande de Marcos a si bien réussi à réviser l’histoire des Philippines que le peuple est devenu stupide et a oublié le règne cruel et corrompu du dictateur fasciste Ferdinand Marcos père.

Le récit mensonger selon lequel la famille Marcos a réussi à rendre le peuple plus bête est destiné à couvrir le cafouillage des élections de 2022 et à blâmer le peuple pour la fausse élection du tandem Marcos – Duterte. Les Duterte, les Marcos, leurs alliés et leurs agents de propagande ont répandu ce mensonge pour atténuer l’indignation populaire et les protestations de masse auxquelles on pouvait s’attendre.

Les autres candidats, comme Leni Robredo ou Isko Moreno, auraient-ils pu agir différemment ? Robredo, en particulier, a semblé recevoir beaucoup de soutien. Son programme politique a-t-il été la cause de sa défaite ou les forces derrière la campagne Marcos-Duterte étaient-elles trop puissantes ?

JMS : Au regard de ses discours et des grands rassemblements de masse qu’elle a réussi à mobiliser, Robredo était la candidate de l’opposition la plus crédible. Elle était en tête de « Google Trends » et d’autres sondages crédibles. Les autres candidats à la présidence qui se sont également présentés comme des opposants avaient moins de partisans.

Marcos était moins bien placé que Robredo parce qu’il n’avait pas de plate-forme ou de programme. Juste une phrase creuse « pagkakaisa » ou « unité », sans aucune justification. Le programme de Robredo avait au moins de la substance. On peut dire que Marcos a remporté une fausse victoire grâce aux forces puissantes du régime de Duterte et que l’argent de Marcos a permis de truquer l’élection.

Des irrégularités ont été signalées dans les machines à compter les votes (VCM). Cela a-t-il permis à Marcos d’être élu ?

JMS : J’ai souligné les irrégularités avec les machines à compter les votes, les cartes SD et les PCOS. Il y a eu des accusations de dysfonctionnements. Et ainsi, des dizaines de millions de personnes n’ont pas pu voter. Mais à l’insu des électeurs, de faux bulletins de vote avaient aussi été présélectionnés puis introduits dans les CVM par des agents du régime de Duterte.

Les faux bulletins avaient été pré-remplis et gardés en réserve pour un comptage rapide après 20 heures le 9 mai. Le fait que si peu de VCM aient été déployés cette année, malgré les milliards alloués à l’achat de nouveaux équipements et à la rénovation des anciens, relève d’une fraude patente.

La campagne électorale a battu son plein sur les médias sociaux. Avec beaucoup de fake news, de désinformation et de falsification des faits historiques. Les médias sociaux doivent-ils être tenus pour responsables ?

JMS : Bien sûr, les familles Marcos et Duterte avaient leurs armées privées de trolls et elles ont utilisé les machines de propagande civile et militaire du gouvernement au profit du tandem Marcos – Duterte. Mais de son côté, l’opposition pouvait compter sur la réalité de l’aggravation de la crise sociale, les protestations de masse contre les crimes du régime et l’accès accru aux médias sociaux.

Depuis lundi soir, les gens sont descendus dans la rue. Le peuple est furieux. Que peuvent faire ceux d’entre nous qui ne sont pas prêts à accepter une présidence Marcos, tant aux Philippines qu’ici en Europe ?

JMS : Le peuple a le droit de se révolter en masse contre la fraude électorale du régime Duterte. Leur droit de vote, souverain et démocratique, a été violé. Et le rejeton d’une dynastie politique cruelle et corrompue leur est imposé.

Les Philippins en Europe et à l’étranger peuvent également se mobiliser pour protester, en soutien et en concertation avec leurs compatriotes et leurs familles aux Philippines. Ils sont même plus libres de le faire à l’étranger qu’aux Philippines où le terrorisme d’État est endémique et extrêmement violent à l’égard de la population.

Que pouvez-vous nous dire sur l’alliance Marcos – Duterte ? A quoi faut-il s’attendre ?

JMS : L’alliance entre Marcos et Duterte existe depuis longtemps. Rodrigo Duterte est fier que son père Vicente ait été membre du cabinet du régime Marcos dans les années 1970 et qu’il ait été un allié de Marcos. Lorsqu’il s’est présenté à la présidence en 2016, Duterte a cherché le soutien de la famille Marcos pour obtenir les votes de ce qu’on appelle le Nord solide.

Les dynasties politiques de Marcos et de Duterte sont les pires, les plus brutales et les plus corrompues de l’histoire des Philippines. Et nous pouvons nous attendre à pire encore de la part de Bongbong et Sara, car ils ont l’intention de consolider et d’étendre le pouvoir et la richesse que leurs parents ont amassés pendant des décennies.

Ici, sur « Radyo Pawikan », nous avons souvent parlé du NTF-ELCAC, le groupe de travail national pour mettre fin aux conflits armés des communistes locaux. Ils ont été à l’origine d’une campagne massive contre les militants, les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les avocats. Cette campagne a conduit à de nombreux meurtres. Marcos poursuivra-t-il le NTF-ELCAC ? Qu’adviendra-t-il des organisations et des militants progressistes ?

JMS : Nous nous attendons à ce que le régime Marcos-Duterte poursuive la soi-disant loi antiterroriste, le soi-disant Conseil antiterroriste, le NTF-ELCAC, la campagne anticommuniste de répression militaire, les enlèvements, la torture, les massacres et autres crimes contre le peuple. Les militants sociaux, les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les avocats, leurs organisations patriotiques et progressistes et la grande masse de la population deviendront des victimes à une échelle encore plus grande.

Nous avons parlé de ce qui s’est passé et de l’impact négatif que cela aura sur le peuple philippin. Maintenant, retournons la situation. Que veut le peuple philippin ? Pour quoi nous battons-nous ?

JMS : Nous pouvons facilement énoncer comme suit ce que le peuple veut : une indépendance nationale totale vis-à-vis de la domination américaine et d’autres dominations étrangères, une véritable démocratie pour le peuple, la justice sociale contre l’oppression et l’exploitation de classe, le développement économique par une véritable réforme agraire et une industrie nationale, l’expansion des services sociaux (notamment l’éducation, la santé et le logement), le progrès culturel, une politique étrangère indépendante et la solidarité internationale avec les peuples du monde.

Le peuple philippin a-t-il une chance d’améliorer la situation aux Philippines par le biais du processus électoral ?

JMS : Bien sûr que le peuple philippin a une chance d’améliorer sa situation. Dans le cadre du système semi-colonial et semi-féodal qui prévaut, il peut essayer de lutter pour des réformes et chercher à les imposer par le biais d’élections et de grandes mobilisations. Et s’ils ne parviennent pas à réaliser des réformes de cette manière, le peuple peut invoquer son droit souverain de changer le système en place et de réaliser une nouvelle révolution démocratique.

Y aura-t-il des négociations de paix sous le régime Marcos – Duterte ?

JMS : Contrairement à la plupart des candidats de l’opposition à la présidence, le tandem Marcos – Duterte n’a montré aucun intérêt pour la reprise des négociations de paix avec le Front national démocratique des Philippines. La nouvelle clique au pouvoir a indiqué à plusieurs reprises qu’elle poursuivrait la campagne de répression militaire contre le mouvement révolutionnaire du peuple.

Quelles sont les conséquences probables de la fraude électorale et de l’échec des négociations de paix ?

JMS : Le peuple continuera à organiser des manifestations et des campagnes de masse pour dénoncer le pourrissement du système et la prise du pouvoir par ceux qui ont profité de la fraude électorale et du terrorisme. La clique au pouvoir ne sera pas en mesure de résoudre la crise politique et économique chronique, elle restera corrompue.

Le peuple, en particulier les travailleurs et les paysans, souffrira énormément du chômage de masse, des faibles revenus et de la pauvreté, ainsi que des actions et campagnes répressives de la clique au pouvoir. La révolution démocratique du peuple continuera à se renforcer et à progresser grâce à une guerre populaire prolongée.

 

Source: Radyo Pawikan

Traduit de l’anglais par FD pour Investig’Action

https://www.investigaction.net/fr/jose-maria-sison-le-peuple-a-le-droit-de-se-revolter-contre-la-fraude-electorale-aux-philippines/

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AU SUJET DU SRI LANKA. QUI SONT LES COMMUNISTES ?

Par Le 16/05/2022

Au sujet du Sri Lanka. Qui sont les communistes ?

Dimanche 15 mai 2022, par  Jean-Pierre Page, popularité : 100%

 

 Vie politique |

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Cette alerte sur un pays que nous connaissons mal est certainement utile. Elle confirme qu’en l’absence d’un mouvement communiste international, on peut se trouver dans la confusion totale sur l’appréciation d’une situation politique.

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Bonsoir, certains amis et camarades croient voir dans les défilés du parti JVP au Sri Lanka (dont la branche syndicale est affiliée à la FSM) des manifestations anti-impérialistes parce qu’on on y remarque de nombreux drapeaux rouges, les portraits de Marx, Engels, Lénine. La réalité est bien différente et j’ai dans plusieurs articles sur le Sri Lanka publiés depuis plusieurs années dans La Pensée Libre ou le Grand soir montré qu’en fait les références marxistes léninistes de ce parti sont des artifices que le JVP utilise pour masquer ses compromissions avec les partis de droite libéraux et pro-occidentaux comme UNP, SJB, les bouddhistes chauvins, le TNA (ex facade du groupe séparatiste des Tigres du LTTE) tout comme avec les Ambassades des Etats-Unis ou celles de l’UE, du Canada, de G.B, ou d’Australie.

Affirmer que le JVP serait une force communiste est inexact et ridicule quand l’on connait un tant soit peu ce pays, ce que je peux prétendre pour y avoir vécu près de quinze années. Ce dernier d’ailleurs continue à se proclamer République Socialiste et démocratique du Sri Lanka et fût un des fondateurs du Mouvement des Non Alignés. Pour autant, le JVP n’a pas pour programme le socialisme mais plutôt un programme "fourre-tout" sur lequel se retrouve nombre d’ONG, sa base sociale est pour l’essentiel caractérisée par les classes moyennes urbaines. Son influence électorale est de 3,8% et son nombre d’élus de 3 sur 225 parlementaires.

Cette mise au point que je veux faire ici ne saurait signifier de ma part un quelconque soutien au président libéral et pro occidental Gotabaya Rajapaksa et son entourage de politiciens corrompus sur lesquels les occidentaux et le FMI exercent tantôt des pressions , tantôt ménagent et cela d’autant que le Président lui même est d’origine nord américaine. Ainsi il garde de fortes attaches à travers sa famille avec les USA.

Ainsi, la grave crise politique, monétaire, alimentaire et économique SriLankaise marqué par des mobilisations et par des violences fait l’objet de commentaires et de photos dans des publications progressistes, trotskistes, communistes ou d’ONG. Cela se fait le plus souvent par ignorance pour certains et pour d’autres avec des objectifs politiques précis évidents, les mêmes d’ailleurs que l’on a pu trouver dans différentes périodes face à des guerres comme celles en Syrie ou en Libye. Ensemble, les mêmes pensent voir là les prémisses d’un vaste mouvement social radical voir d’une révolution.

En fait il s’agit de tout autre chose, qui a toutes les caractéristiques d’une révolution de couleur sur le modèle Maïdan et qui partant de revendications sociales légitimes est maintenant dévoyé vers un changement de régime en faveur de la droite. Le seul fait que Victoria Nuland instigatrice et organisatrice du coup d’état en Ukraine se soit retrouvé à Colombo avant le début des évènements actuels est particulièrement significatif. De la même manière qu’à Kiev l’on a fait usage des groupes néo-nazis, à Colombo cela se fait à travers un mouvement qui réunit plusieurs groupes paramilitaires sous le nom de "black helmets" auquel d’ailleurs le JVP est associé. avec les forces d’un parti bouddhiste chauvin et quelques groupuscules trotskistes. Ils sont à l’origine des violences, incendies de résidences, vandalisme, etc..

En fait de quoi s’agit- il ? Pour Washington, il s’agit de mettre en place au Sri Lanka une plate forme stratégique offensive à partir de différents d’accords militaires(SOFA, MCC, AXA)s’inscrivent dans une conflictualité militaire permanente contre la Chine dont l’AUKUS, la Quad et l’élargissement des prérogatives de l’OTAN sont les preuves les plus manifestes. Jusqu’à ce jour la forte mobilisation populaire de ces dernières années en faveur du respect de la souveraineté du pays ont mis en échec ces projets. Il est d’ailleurs remarquable que le JVP et la droite ont toujours refusé d’agir en ce sens. Pour mémoire je rappelle que le port de Trincomalee au nord du pays dispose des installations en eaux profondes les plus importantes de toute l’Asie du Sud Est et qu’elles sont convoités depuis longtemps par la 7e flotte des Etats-Unis. Le JVP et la droite sri lankaise soutiennent ces objectifs de l’impérialisme qui confirment si il le fallait que la 3e guerre mondiale a commencé en Asie. On aurait donc du mal à trouver le JVP manifestant devant l’Ambassade des Etats-Unis ou a mettre en cause celle-ci, ce qui n’est pas le cas des partis traditionnels de la "gauche" comme le PC, le LSSP, le MEP,etc..une alliance de 11 partis progressistes.

En document attaché vous trouverez un compte rendu avec photos de la rencontre de l’Ambassadrice des USA à Colombo avec la direction du JVP au siège de ce parti. Un tel évènement est sans précédent dans la vie politique Sri Lankaise et légitime totalement le JVP comme interlocuteur officiel des USA. Certes cela est le cas depuis longtemps, mais jamais cela s’était fait aussi ostensiblement. Je précise que les USA et le FMI soutiennent sans réserve le retour de la droite à la tête du gouvernement avec la nomination du conservateur Ranil Wickramasinghe( membre éminent de la Société du Mont Pèlerin fondée par Milton Friedman, Hajek, Karl Popper) comme nouveau première ministre. Depuis de nombreuses années le JVP reçoit d’importants financements et aides matérielles de la part de l’Ambassade des USA à travers US-Aid- le NED-CIA, et la Fondation Soros très active au Sri Lanka.. Cette réalité est bien connu à Colombo, mais très peu en Europe ou en Amérique Nord ou de nombreux militants de "gauche" réagissent par rapport à ces évènements plus émotionnellement que rationnellement c’est-à-dire sans une analyse politique s’appuyant sur des faits réels.

D’ailleurs, je constate que dans le passé souvent les mêmes apportaient leur solidarité aux terroristes/séparatistes des Tigres du LTTE. C’est tout dire !

Fraternellement, Jean-Pierre Page

AKD secrétaire général du JVP rencontre avec l’Ambassadeur US

Voir en ligne : publié par Jean-Pierre Page sur facebook

https://lepcf.fr/Au-sujet-du-Sri-Lanka-Qui-sont-les-communistes

Dans ASIE

LE PARTI COMMUNISTE DU JAPON S'OPPOSE A LA REFORME CONSTITUTIONNELLE

Par Le 05/05/2022

5 Mai 2022

Le parti communiste du Japon s'oppose à la réforme constitutionnelle

Tokyo, 3 mai (Prensa Latina) Le Parti communiste du Japon (PCJ) rejette fermement la proposition de réforme de l'article 9 de la Grande Charte qui interdit la guerre, a déclaré aujourd'hui son secrétaire général, Akira Koike.
3 mai 2022
CDT06:11 (GMT) -0400
"La tentative de transformer le Japon en un pays belliciste devient de plus en plus flagrante", a déclaré le leader de la force politique lors d'un discours prononcé à l'occasion de la Journée de la Constitution de la nation asiatique.

Koike a souligné qu'il est de la responsabilité des hommes politiques de promouvoir la diplomatie pour faire de l'Asie de l'Est une zone de paix et de coopération, basée sur une approche globale plutôt qu'une approche exclusive telle qu'une alliance militaire contre des ennemis hypothétiques.

Par ailleurs, il a souligné que le PCJ est déterminé à joindre ses forces à celles de ceux qui souhaitent sauvegarder l'ordonnance, en vigueur depuis 1947, car son élimination bouleverserait la position strictement défensive, transformerait les forces d'autodéfense et ferait du Japon une nation belliqueuse.

Le législateur japonais s'est également opposé à la possibilité préconisée par l'ancien Premier ministre Shinzo Abe d'accueillir des armes nucléaires américaines à titre de dissuasion.

"La seule garantie pour arrêter l'utilisation des armes nucléaires est de les abolir dans le monde entier", a-t-il déclaré.

Il a également exhorté le gouvernement japonais à adhérer au traité d'interdiction des armes nucléaires, en s'appuyant sur les expériences tragiques d'Hiroshima et de Nagasaki, cibles des attaques atomiques américaines à la fin de la dernière guerre mondiale.

D'autres partis politiques, comme les sociaux-démocrates, ont annoncé qu'ils défendront un Japon sans armes et sans guerre, tandis que les libéraux-démocrates ont insisté sur leur proposition de révision de l'article 9 en faveur des forces d'autodéfense et en raison de préoccupations concernant la sécurité nationale et régionale, a rapporté l'agence de presse NHK.

Pour sa part, le parti démocrate constitutionnel a insisté sur l'importance de protéger la liberté et les droits des personnes, plutôt que de rechercher simplement un système politique puissant et centralisé.

Dans la même veine, le Reiwa Shinsengumi a souligné que la priorité absolue ne devait pas être la réforme constitutionnelle, mais des mesures économiques plus drastiques pour aider les citoyens face à la hausse des prix et aux ravages de la pandémie de Covid-19, ont rapporté les médias japonais.

mem/lcp
source :  https://www.prensa-latina.cu/2022/05/03/partido-comunista-de-japon-opuesto-a-reforma-constitucional

Tag(s) : #Japon#Communiste#PCJ

Dans ASIE

SRI LANKA : CE JEUDI UNE GREVE GENERALE EXIGEANT LE DEPART DU PRESIDENT PARALYSE LE PAYS

Par Le 28/04/2022

Le Sri Lanka paralysé par une grève générale appelant au départ du président

Le Sri Lanka paralysé par une grève générale appelant au départ du président

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Par AlAhed avec sites web

Une grève générale paralysait le Sri Lanka jeudi 28 avril, à l'appel d'une centaine de syndicats réclamant le départ du président Gotabaya Rajapaksa et son clan, accusés d'être responsables de la pire crise économique à frapper le pays depuis son indépendance en 1948.

Plus de 100 syndicats, dont certains affiliés au Sri Lanka Podujana Peramuna (SLPP), parti au pouvoir, ont appelé à cesser le travail toute la journée de jeudi, exigeant que le président Rajapaksa et sa famille quittent le pouvoir. Le Sri Lanka a annoncé le 12 avril faire défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars et a ouvert des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d'un renflouement. «Aujourd'hui, c'est comme un jour férié», a déclaré à l'AFP un responsable de la police, précisant que «les hôpitaux ne traitent que les urgences».

L'île de 22 millions d'habitants subit de graves pénuries de produits essentiels (alimentation, carburant, médicaments) depuis des mois. La population proteste depuis plusieurs semaines reprochant au clan des Rajapaksa d'avoir conduit le pays à cette situation. Des milliers de manifestants font le siège du Bureau du président dans la capitale depuis le 9 avril, exigeant sa démission. Les transports publics sont paralysés, les magasins et les bureaux sont restés fermés partout et même les écoles sont peu fréquentées, ont déclaré la police et des autorités régionales. À Pettah, la principale zone commerciale de la capitale, les grossistes sont restés fermés et les ouvriers ont participé à une marche en scandant: «Va-t’en Gota».

Selon des habitants, les marchés aux légumes étaient clos et les plantations de thé du pays, la principale source de revenus des exportations, avaient cessé leurs opérations. Selon des responsables du gouvernement, le président doit rencontrer les dirigeants des partis politiques vendredi. Son frère aîné, chef du clan familial, le premier ministre Mahinda Rajapaksa a répété mercredi qu'il ne démissionnerait pas, se disant certain qu'il ne serait pas limogé. Cette crise historique, imputée à la pandémie de Covid-19 qui a privé l'île d'Asie du Sud des devises du secteur touristique, a été aggravée par une série de mauvaises décisions politiques, selon des économistes.

https://french.alahednews.com.lb/43915/341

manifestations sri lanka

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APRES L'UKRAINE, L'ASIE CENTRALE ?

Par Le 24/04/2022

La dérussification de l'Asie centrale commence!

Sunday, 24 April 2022 6:11 PM  [ Last Update: Sunday, 24 April 2022 6:13 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Antony Blinken lors de sa rencontre avec le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal, le 27 janvier 2022. ©AP

Mars Sarif, expert en affaires politiques, a déclaré, à propos de la visite d’Azra Zia à Bichkek, que l’Asie centrale était un terrain pour créer des problèmes pour la Russie.

Il y a quelques jours, la sous-secrétaire d’État américaine à la Sécurité civile, à la Démocratie et aux Droits de l’Homme, Azra Zia, est arrivée à Bichkek pour rencontrer le vice-Premier ministre kirghize et proposer un nouvel accord de coopération économique et technique.

Au cours de sa visite au Kirghizistan, Zia a également rencontré le ministre des Affaires étrangères et des représentants de la société civile. Elle s’est entretenue avec des dirigeants politiques et des représentants d’entreprises dans le domaine des questions liées aux femmes.

Plus tôt, Azra Zia s’est rendue au Kazakhstan, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères.

Kazakhstan : la méga gifle russe!

Kazakhstan : la méga gifle russe !

Dans ce droit fil, Mars Sarif a déclaré : « Avant la visite de Zia, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kazakhstan ont voté contre l’expulsion de la Russie du Conseil des droits de l’homme lors d’un vote des Nations unies. »

« Je pense que ce responsable américain est venu séduire les pays d’Asie centrale. Le fait que les États-Unis entendent sanctionner les pays qui adoptent même une position neutre sur l’Ukraine vient à l’appui de cette affirmation ».

Lire aussi: Chine-Russie-Iran : Daech K passe à l’action

Selon l’expert, « les républiques d’Asie centrale seront désormais confrontées à la question de l’autodétermination ».

« La neutralité ne suffit plus. Nous devons savoir clairement avec qui nous sommes, l’Occident ou la Russie », a-t-il souligné.

Afghanistan: à qui profite le crime?

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« Je pense que les pays d’Asie centrale tiendront des consultations privées pour établir une position commune. Les tournées d’Azra Zia ne seront donc pas couronnées de succès, car le Kirghizistan et d’autres républiques d’Asie centrale se rangeront du côté de la Russie. La région elle-même est entourée de pays qui s’orientent vers une coopération plus étroite avec la Russie, la Chine, l’Iran et l’Inde. »

L’expert kirghize a noté que ce qui est arrivé au Premier ministre pakistanais Imran Khan n’était pas un accident, mais un coup d’État. « L’Occident ne l’aimait pas, lui et sa politique, et il a été chassé après s’être rendu au Kremlin et avoir rencontré Poutine. Imran Khan a contrecarré les plans de déstabilisation en Asie centrale, empêché l’infiltration de groupes terroristes d’Afghanistan et effectivement reculé de deux mois l’invasion de la région. »

Lire aussi: Le front Pakistan/Afghanistan ouvert par les USA pour viser la Chine, l’Iran et la Russie ?

Mars Sarif a souligné que l’Occident préparait un jeu dangereux pour l’Asie centrale. « Que les pays de la région soient convaincus qu’il faudrait compter sur le soutien de la Russie, de la Chine, de l’Iran et de l’Inde pour confronter l’Occident », a-t-il réaffirmé.

Eurasie: l'Iran fait sauter un 1er verrou!

Eurasie : l’Iran fait sauter un 1er verrou !

« Dans le contexte actuel, les Américains nous ont laissé deux options à choisir : l’Occident ou la Russie. Les États-Unis n’ont pas besoin de l’Asie centrale en tant qu’acteur à part entière, nous ne sommes qu’une plate-forme pour créer des problèmes à la Russie. »

Lire aussi: Manifs anti-US s’emparent du Pakistan

Selon l’expert kirghiz, « l’objectif des États-Unis et de l’Occident est de déstabiliser l’Asie centrale et d’ouvrir un “deuxième front” contre un front spécial. L’opération en Ukraine peut être l’invasion de la région par les groupes d’Al-Qaïda, de Daech et même des talibans. Pour l’Occident, une Asie centrale instable entraînera l’effondrement de la Russie ».

« Je pense que ces noyaux en Afghanistan seront activés au milieu de l’été, bien qu’auparavant, la déstabilisation avait été planifiée pour une période allant de mars à juin », a-t-il conclu.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/04/24/680923/Russie-Asie-centrale-Ukraine-Etats-Unis-instable-

Dans ASIE

L’ASIE REFUSE D’ETRE UN ECHIQUIER DANS LE JEU DES GRANDES PUISSANCES

Par Le 30/03/2022

L’Asie refuse d’être un échiquier dans le jeu des grandes puissances

French.china.org.cn | Mis à jour le 30. 03. 2022 | Mots clés : Asie,Chine

« L’Asie refuse d’être un échiquier dans le jeu des grandes puissances et les pays asiatiques ne sont en aucun cas des pions dans la confrontation entre les grandes puissances », a déclaré lundi Wang Yi, le conseiller des Affaires d’Etat et ministre chinois des Affaires étrangères, notant que les peuples doivent défendre la paix, la stabilité et le développement durement gagnés dans la région. Wang Yi a fait ces remarques à la suite de sa participation à la 48e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) concluant ses visites au Pakistan, en Afghanistan, en Inde et au Népal.

Sa visite en Asie du Sud survient alors que les retombées de la crise ukrainienne se propagent et que la paix et le développement dans le monde font face à de nouveaux défis.

« Nous sommes particulièrement conscients du désir fort des pays d’Asie du Sud à défendre la paix dans la région et à accélérer la relance économique après le Covid-19. Ces pays espèrent renforcer la communication stratégique et approfondir la coopération mutuellement bénéfique avec la Chine », a laissé entendre le ministre.

Selon lui, ces visites ont consolidé l’amitié traditionnelle entre la Chine et les pays d’Asie du Sud, et « peu importe les changements dans la situation internationale, la Chine accorde une grande importance à ses relations avec ses voisins, y compris ceux d’Asie du Sud ».

C’était la première fois qu’un ministre chinois des Affaires étrangères participait au Conseil des ministres étrangères à l’invitation de l’OCI. 

D’après Wang Yi, la Chine et les pays islamiques sont parvenus à un consensus important sur de nombreuses questions. Ils se sont accordés à approfondir la communication et la coordination stratégiques, à résister conjointement à la discrimination entre civilisations, ainsi qu’à s’opposer conjointement aux théories de la supériorité d’une civilisation et du choc des civilisations. Les deux parties ont également accepté de continuer à travailler ensemble pour lutter contre la pandémie, de promouvoir une coopération de haute qualité dans le cadre des nouvelles Routes de la soie, mais aussi de renforcer la communication et la coordination dans la mise en œuvre des initiatives mondiales pour le développement, afin de soutenir la réalisation de l’Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable.

La Chine et les pays islamiques estiment en outre qu’il est impératif de promouvoir un règlement juste des questions sensibles régionales et que la question de la Palestine ne devrait pas être oubliée, marginalisée ni laissée sur la voie de l’injustice historique. Un travail conjoint sera réalisé pour mener et soutenir l’unité des pays en développement, promouvoir le multilatéralisme, abandonner la mentalité de la Guerre froide, résister à la confrontation entre les camps et préserver les intérêts communs des pays en développement.

Wang Yi a également déclaré que la Chine adhérerait sans faillir à sa politique d’amitié envers le Pakistan, tandis que le Pakistan a réaffirmé que l’amitié pakistano-chinoise était la pierre angulaire de sa diplomatie. Les deux parties ont accepté de consolider les infrastructures de transport et de l’énergie dans le cadre du corridor économique Chine-Pakistan (CECP).

Wang Yi a indiqué que l’objectif de sa visite en Afghanistan était de poursuivre l’amitié traditionnelle entre les deux peuples, d’observer l’établissement et la gouvernance du gouvernement intérimaire afghan et d’avoir des échanges en personne avec la partie afghane pour renforcer la compréhension et la confiance mutuelles. 

Cette visite visait à envoyer un signal clair que la question afghane restait une priorité dans l’agenda actuel pour la paix et la sécurité internationales, notamment pour les pays voisins de l’Afghanistan.

« Comme nos amis afghans disent souvent, la Chine est le seul pays majeur qui n’a jamais fait de mal à l’Afghanistan. Nous sommes prêts à développer des relations normales et amicales avec notre voisin afghan sur la base des Cinq principes de coexistence pacifique. […] La Chine souligne que la sécurité constitue la base et le prérequis pour le développement. Elle espère que l’Afghanistan honorera son engagement et prendra des mesures plus efficaces pour combattre toutes les forces terroristes, incluant le mouvement islamique du Turkestan Oriental », a noté le ministre.

Wang Yi a fait remarquer que la Chine et l’Inde étaient des partenaires et non des rivales. Il s’agit d’un jugement stratégique de la Chine et l’Inde a approuvé ce point de vue.

« Nous pensons fermement qu’en tant que voisins mûrs et rationnels, nous devrions placer la question des frontières à une place appropriée dans nos relations bilatérales et l’empêcher d’entraver leur développement global. […] La Chine et l’Inde partagent des points de vue similaires sur les principales questions internationales et régionales, et elles devraient s’efforcer de se comprendre et de se soutenir pour apporter une énergie plus positive dans un monde instable », a-t-il souligné.

Au cours de la visite de Wang Yi au Népal, la Chine et le Népal se sont accordés sur le fait que la compréhension mutuelle et le soutien faisaient partie de la tradition d’amitié entre les deux pays. 

« Nous avons accepté d’accélérer la coopération dans le cadre des nouvelles Routes de la soie, de faire avancer les projets conjoints clés, d’assurer la fluidité des ports terrestres, d’explorer la coopération transfrontalière et de bâtir progressivement un réseau de connectivité multidimensionnel transhimalayen, de façon à ce que l’Himalaya devienne un lien d’amitié et de coopération entre nos deux pays », a fait savoir le ministre.

« Nous avons réaffirmé que les deux parties maintiendront le principe de non-interférence dans les affaires internes et les normes basiques gouvernant les relations internationales, qu’elles rejetteront l’unilatéralisme et qu’elles s’opposeront à la politique de puissance », a-t-il ajouté.

Cette visite survient alors que les répercussions de la crise en Ukraine continuent de se faire ressentir à travers le monde. Les pays en développement en Asie du Sud et au-delà suivent de près les développements de cette crise et leur consensus général inclut la nécessité de résoudre les différends de façon pacifique par le dialogue, le fait que la guerre et les sanctions ne sont pas de bonnes solutions, la nécessité de défendre les objectifs et les principes de la Charte des Nations unies et de préserver la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de tous les pays, l’impossibilité de garantir la sécurité régionale par le renforcement des blocs militaires, la nécessité de protéger le droit de tous les pays à poursuivre une politique étrangère indépendante, ainsi que la volonté de s’opposer à la pression politique et au choix forcé d’un camp. 

http://french.china.org.cn/china/txt/2022-03/30/content_78138852.htm

 

 

Dans ASIE

L’ASIE CENTRALE AUX PRISES AVEC LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE EN UKRAINE

Par Le 28/03/2022

L’Asie centrale aux prises avec les conséquences de la guerre en Ukraine

 

18 Mar 2022

  

C’est une conséquence de la guerre en Ukraine dont on parle peu: les sanctions économiques imposées à la Russie risquent d’avoir un effet dévastateur sur les républiques d’Asie centrale. Les échanges commerciaux grandissants avec la Chine pourraient les aider à amortir le choc. Mais ce sera sans doute insuffisant si la guerre se prolonge. La détresse économique pourrait dès lors entraîner des troubles politiques susceptibles d’embraser la région, prévient Vijay Prashad. (IGA)

Lors du Forum diplomatique d’Antalya, du 11 au 13 mars 2022 en Turquie, le ministre des Affaires étrangères de la République kirghize, Ruslan Kazakbaev, a déclaré à Helga Maria Schmid, secrétaire générale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), que son pays serait heureux d’accueillir les pourparlers russo-ukrainiens et de servir de « médiateur pour le rétablissement de la paix et de la compréhension mutuelle » entre les deux pays.

En marge du forum, M. Kazakbaev a également rencontré le ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan, Jeyhun Bayramov, et le secrétaire d’État du ministère des Affaires étrangères de Slovénie, Stanislav Raščan. Il leur a dit que la République kirghize souhaitait que le conflit russo-ukrainien prenne fin, réaffirmant que son pays était prêt à jouer un rôle pour parvenir à ce résultat.

Pourquoi la République kirghize tient-elle tant à s’impliquer dans la guerre que mène la Russie en Ukraine ? Parce que ce pays enclavé d’Asie centrale, qui compte plus de 6,5 millions d’habitants, est tributaire des liens économiques qu’il entretient avec la Russie par l’intermédiaire de l’Union économique eurasienne, « une organisation internationale d’intégration économique régionale« , qui comprend l’Arménie, le Belarus, le Kazakhstan et la République kirghize. Toute sanction occidentale contre la Russie aura un impact direct sur la République kirghize où, selon les chiffres de 2019, 20 % de la population vit sous le seuil national de pauvreté. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a déjà commencé à avoir un impact économique négatif sur les cinq républiques d’Asie centrale que sont le Kazakhstan, la République kirghize, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. Elles faisaient autrefois partie de l’ancienne Union soviétique.

Pétrole, transferts de fonds et nourriture

Les sanctions prises à l’encontre de la Russie ont provoqué une onde de choc de Nur-Sultan, la capitale du Kazakhstan, à Achgabat, la capitale du Turkménistan. Chacun des pays d’Asie centrale se débat avec les retombées de ces sanctions et l’impact qu’elles auront sur son économie.

Le Kazakhstan, qui « exporte les deux tiers de ses livraisons de pétrole à travers les ports russes », a hâtivement relevé son taux d’intérêt de base de 10,25 % à 13,5 %. Il est également intervenu sur le marché des devises pour protéger le tenge, sa monnaie, qui « a sombré aux côtés du rouble russe après les attaques de Moscou contre l’Ukraine », selon Reuters. Par la suite, les responsables kazakhs se sont entretenus avec l’ambassade des États-Unis à Nur-Sultan afin de minimiser l’impact que les sanctions occidentales imposées à la Russie pourraient avoir sur l’économie du Kazakhstan.

En attendant, aucune grande ville russe ne peut fonctionner sans migrants saisonniers, notamment dans le secteur de la construction. Selon les données fournies par le ministère russe de l’Intérieur, environ 5,2 millions de travailleurs migrants sont entrés en Russie entre janvier et septembre 2021 en provenance des pays d’Asie centrale que sont la République kirghize, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Beaucoup de ces migrants envoient l’argent qu’ils gagnent sous forme de transferts de fonds dans leur pays d’origine. Cela représente un pourcentage important du produit intérieur brut (PIB) des États d’Asie centrale comme la République kirghize. Ces envois de fonds y représentaient 31 % du PIB en 2020. Au Tadjikistan, ces envois pesaient pour 27 % du PIB la même année. À mesure que le rouble continue de chuter par rapport au dollar, que la Russie met en place des contrôles de capitaux sur les transferts de devises et que le resserrement économique s’installe en Russie, les migrations et les envois de fonds vont lentement se tarir en Asie centrale. Le tenge du Kazakhstan et le som de l’Ouzbékistan ont déjà du mal à conserver leur valeur. La poursuite des sanctions occidentales contre la Russie aura un impact sérieux à long terme sur les républiques d’Asie centrale.

La crise du pétrole et celle des transferts de fonds ne sont pas les seules auxquelles sont confrontés les pays d’Asie centrale. La Russie a aussi annoncé récemment qu’elle ne serait plus en mesure d’approvisionner le Kazakhstan et la République kirghize en céréales et en sucre. Ces républiques dépendent de ces importations en temps normal. Mais avec la sécheresse qui a sévi dans la ceinture centrale en 2021, ces importations sont devenues fondamentales pour la survie des habitants de ces républiques. Pour l’instant, les gouvernements de la région affirment avoir suffisamment de stocks de céréales et de sucre, mais l' »interdiction temporaire » de ces produits par la Russie deviendra problématique si elle se prolonge durant l’été.

Il est important de souligner ici que les russophones représentent une part importante de la population de chacune des républiques de l’ex-URSS. Ils constituent également une grande partie de la population de nombreux pays d’Europe de l’Est. Or, des attitudes nationalistes se développent en Russie, ce contre quoi Vladimir Lénine avait mis en garde en 1914. Si bien que des inquiétudes se font jour, certains craignant une déstabilisation similaire dans les pays qui partager une frontière avec la Russie, surtout là où les russophones sont majoritaires (70% de la population au Belarus) ou là où ils sont fortement minoritaires (20% de la population au Kazakhstan). Pour ne rien arranger, en décembre 2020 lors de l’émission « The Great Game » de la télévision russe, Vyacheslav Nikonov du parti Russie Unie du président Vladimir Poutine, avait déclaré que « le Kazakhstan n’existait tout simplement pas »; cette déclaration avait irrité le gouvernement de Nur-Sultan, qui avait exigé une rétractation.

Jusqu’à maintenant, les relations entre la Russie et bon nombre de ces États ont été largement fraternelles. Quand nécessaire, la Russie assure la sécurité, principalement par l’intermédiaire de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Cette alliance militaire comprend la Russie, le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Arménie et le Tadjikistan. Elle a été formée à la suite d’un traité signé en 1992 par ces États post-soviétiques. C’est par l’intermédiaire de l’OTSC que les forces russes sont intervenues au Kazakhstan en janvier 2022 et ont aidé le gouvernement à mettre fin à un mouvement de protestation. Ce sont également les forces de l’OTSC qui, après le retrait des États-Unis d’Afghanistan en août 2021, ont accepté de « renforcer » les frontières communes de l’Afghanistan avec les États d’Asie centrale membres de l’organisation. Le Belarus pourrait également soutenir et rejoindre la Russie dans la guerre en Ukraine en raison de son appartenance à l’OTSC ; aucun autre État membre de l’OTSC n’a rejoint cette guerre jusqu’à présent.

Connexion chinoise

Dans toute l’Asie centrale, les gouvernements se démènent pour surmonter l’instabilité qui découle de la guerre russe en Ukraine. Le Kirghizstan, par exemple, a mis en place à la hâte un comité anti-crise. Le 25 février, le président russe Vladimir Poutine a appelé le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev pour discuter de la guerre et de la crise provoquée par les sanctions occidentales ; le même jour, le Premier ministre russe Mikhaïl Mishustin a rendu visite au président kazakh Kassym-Jomart Tokayev pour parler de la diminution des échanges commerciaux entre les deux pays et des conséquences probables. La Russie s’inquiète de l’impact de la guerre en Ukraine sur les pays d’Asie centrale, en grande partie parce qu’elle n’a pas de solutions aux problèmes auxquels ils seront confrontés.

La Chine, en revanche, est bien placée pour jouer un rôle clé en Asie centrale dans les années à venir. La Chine a déjà mis en place un certain nombre d’arrangements institutionnels qui deviendront importants pour renforcer cette relation dans la région, les deux plus importants étant l’Organisation de coopération de Shanghai et les nouvelles routes de la soie. Le 25 janvier, le meeting « Chine plus Asie centrale » a réuni virtuellement le président chinois Xi Jinping et les chefs d’État du Kazakhstan, du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, afin de commémorer les liens croissants entre la Chine et ces pays au cours des 30 dernières années, depuis l’effondrement de l’URSS. Au cours de cette période, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Asie centrale ont augmenté de 100 %, les volumes les plus importants concernant l’achat par la Chine d’énergie aux républiques post-soviétiques. Mais cette conversation virtuelle, qui a eu lieu avant l’intervention russe en Ukraine, s’est étendue au-delà de ces seuls échanges commerciaux pour porter également sur la Route de la soie sanitaire de la Chine (mise en place en 2016) et la création d’un centre commercial régional à Urumqi, la capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Au plus fort de la pandémie, les investissements chinois en Asie centrale ont ralenti ; aujourd’hui, on s’attend dans la région non seulement à ce qu’ils reviennent à leur niveau d’avant la pandémie, mais aussi à ce qu’ils compensent les pertes éventuelles au nord des frontières.

L’Asie centrale a d’autres options, notamment celle d’accroître ses échanges avec l’Inde, l’Iran et la Turquie. En janvier 2022, l’Inde a organisé son premier sommet virtuel bisannuel avec les cinq républiques d’Asie centrale. Et l’on s’attend à ce que ces liens s’approfondissent au fil du temps. Cependant, l’Inde – contrairement à la Chine – ne partage pas de frontière terrestre avec l’un de ces États. Par ailleurs, son chiffre d’affaires commercial (2 milliards de dollars) est bien inférieur au volume des échanges de la Chine avec l’Asie centrale (9,2 billions de dollars entre 2013 et 2020). Quant aux relations commerciales de l’Iran et de la Turquie avec l’Asie centrale, elles sont significatives, mais à la fois minimes. En outre, les principales relations commerciales de ces pays ont déjà été intégrées dans nouvelles routes de la soie de la Chine.

Les économies des républiques d’Asie centrale sont fondamentalement intégrées à celle de la Russie. La Chine peut apporter un certain soutien aux investissements, mais elle ne peut pas si facilement supplanter les institutions russes centenaires qui ont joué un rôle économique important en Asie centrale. Les républiques d’Asie centrale auront du mal à faire face au durcissement des sanctions à l’encontre de la Russie, mais elles bénéficieront d’un certain soulagement grâce aux nouvelles routes de la soie et à leurs partenaires régionaux, notamment l’Iran et la Turquie.

Il n’est pas étonnant que le ministre kirghize des Affaires étrangères, M. Kazakbaev, ait ardemment appelé à une médiation en Ukraine. Son pays souhaite que ce conflit prenne fin et que les sévères sanctions soient levées. Sinon, la détresse économique s’accentuera dans une région qui reste en proie à l’instabilité depuis l’occupation US de l’Afghanistan il y a vingt ans. Et les difficultés économiques pourraient déboucher sur des troubles politiques susceptibles d’embraser toute la région d’Asie centrale.

 

Source originale: Globetrotter

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

https://www.investigaction.net/fr/lasie-centrale-aux-prises-avec-les-consequences-de-la-guerre-en-ukraine/

 

Vijay Prashad est historien, éditeur et journaliste indien. Il est écrivain et correspondant en chef de Globetrotter. Il est le rédacteur en chef de LeftWord Books et le directeur du Tricontinental : Institute for Social Research. Il est professeur émérite non résident au Chongyang Institute for Financial Studies, Université Renmin de Chine. Il a écrit plus de 20 livres, dont The Darker Nations et The Poorer Nations. Son dernier livre est Washington Bullets, avec une introduction d’Evo Morales Ayma.

https://www.investigaction.net/fr/lasie-centrale-aux-prises-avec-les-consequences-de-la-guerre-en-ukraine/

Dans ASIE

L’ASIE CENTRALE AUX PRISES AVEC LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE EN UKRAINE

Par Le 21/03/2022

L’Asie centrale aux prises avec les conséquences de la guerre en Ukraine

 

18 Mar 2022

  

C’est une conséquence de la guerre en Ukraine dont on parle peu: les sanctions économiques imposées à la Russie risquent d’avoir un effet dévastateur sur les républiques d’Asie centrale. Les échanges commerciaux grandissants avec la Chine pourraient les aider à amortir le choc. Mais ce sera sans doute insuffisant si la guerre se prolonge. La détresse économique pourrait dès lors entraîner des troubles politiques susceptibles d’embraser la région, prévient Vijay Prashad. (IGA)

Lors du Forum diplomatique d’Antalya, du 11 au 13 mars 2022 en Turquie, le ministre des Affaires étrangères de la République kirghize, Ruslan Kazakbaev, a déclaré à Helga Maria Schmid, secrétaire générale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), que son pays serait heureux d’accueillir les pourparlers russo-ukrainiens et de servir de « médiateur pour le rétablissement de la paix et de la compréhension mutuelle » entre les deux pays.

En marge du forum, M. Kazakbaev a également rencontré le ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan, Jeyhun Bayramov, et le secrétaire d’État du ministère des Affaires étrangères de Slovénie, Stanislav Raščan. Il leur a dit que la République kirghize souhaitait que le conflit russo-ukrainien prenne fin, réaffirmant que son pays était prêt à jouer un rôle pour parvenir à ce résultat.

Pourquoi la République kirghize tient-elle tant à s’impliquer dans la guerre que mène la Russie en Ukraine ? Parce que ce pays enclavé d’Asie centrale, qui compte plus de 6,5 millions d’habitants, est tributaire des liens économiques qu’il entretient avec la Russie par l’intermédiaire de l’Union économique eurasienne, « une organisation internationale d’intégration économique régionale« , qui comprend l’Arménie, le Belarus, le Kazakhstan et la République kirghize. Toute sanction occidentale contre la Russie aura un impact direct sur la République kirghize où, selon les chiffres de 2019, 20 % de la population vit sous le seuil national de pauvreté. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a déjà commencé à avoir un impact économique négatif sur les cinq républiques d’Asie centrale que sont le Kazakhstan, la République kirghize, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. Elles faisaient autrefois partie de l’ancienne Union soviétique.

Pétrole, transferts de fonds et nourriture

Les sanctions prises à l’encontre de la Russie ont provoqué une onde de choc de Nur-Sultan, la capitale du Kazakhstan, à Achgabat, la capitale du Turkménistan. Chacun des pays d’Asie centrale se débat avec les retombées de ces sanctions et l’impact qu’elles auront sur son économie.

Le Kazakhstan, qui « exporte les deux tiers de ses livraisons de pétrole à travers les ports russes », a hâtivement relevé son taux d’intérêt de base de 10,25 % à 13,5 %. Il est également intervenu sur le marché des devises pour protéger le tenge, sa monnaie, qui « a sombré aux côtés du rouble russe après les attaques de Moscou contre l’Ukraine », selon Reuters. Par la suite, les responsables kazakhs se sont entretenus avec l’ambassade des États-Unis à Nur-Sultan afin de minimiser l’impact que les sanctions occidentales imposées à la Russie pourraient avoir sur l’économie du Kazakhstan.

En attendant, aucune grande ville russe ne peut fonctionner sans migrants saisonniers, notamment dans le secteur de la construction. Selon les données fournies par le ministère russe de l’Intérieur, environ 5,2 millions de travailleurs migrants sont entrés en Russie entre janvier et septembre 2021 en provenance des pays d’Asie centrale que sont la République kirghize, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Beaucoup de ces migrants envoient l’argent qu’ils gagnent sous forme de transferts de fonds dans leur pays d’origine. Cela représente un pourcentage important du produit intérieur brut (PIB) des États d’Asie centrale comme la République kirghize. Ces envois de fonds y représentaient 31 % du PIB en 2020. Au Tadjikistan, ces envois pesaient pour 27 % du PIB la même année. À mesure que le rouble continue de chuter par rapport au dollar, que la Russie met en place des contrôles de capitaux sur les transferts de devises et que le resserrement économique s’installe en Russie, les migrations et les envois de fonds vont lentement se tarir en Asie centrale. Le tenge du Kazakhstan et le som de l’Ouzbékistan ont déjà du mal à conserver leur valeur. La poursuite des sanctions occidentales contre la Russie aura un impact sérieux à long terme sur les républiques d’Asie centrale.

La crise du pétrole et celle des transferts de fonds ne sont pas les seules auxquelles sont confrontés les pays d’Asie centrale. La Russie a aussi annoncé récemment qu’elle ne serait plus en mesure d’approvisionner le Kazakhstan et la République kirghize en céréales et en sucre. Ces républiques dépendent de ces importations en temps normal. Mais avec la sécheresse qui a sévi dans la ceinture centrale en 2021, ces importations sont devenues fondamentales pour la survie des habitants de ces républiques. Pour l’instant, les gouvernements de la région affirment avoir suffisamment de stocks de céréales et de sucre, mais l' »interdiction temporaire » de ces produits par la Russie deviendra problématique si elle se prolonge durant l’été.

Il est important de souligner ici que les russophones représentent une part importante de la population de chacune des républiques de l’ex-URSS. Ils constituent également une grande partie de la population de nombreux pays d’Europe de l’Est. Or, des attitudes nationalistes se développent en Russie, ce contre quoi Vladimir Lénine avait mis en garde en 1914. Si bien que des inquiétudes se font jour, certains craignant une déstabilisation similaire dans les pays qui partager une frontière avec la Russie, surtout là où les russophones sont majoritaires (70% de la population au Belarus) ou là où ils sont fortement minoritaires (20% de la population au Kazakhstan). Pour ne rien arranger, en décembre 2020 lors de l’émission « The Great Game » de la télévision russe, Vyacheslav Nikonov du parti Russie Unie du président Vladimir Poutine, avait déclaré que « le Kazakhstan n’existait tout simplement pas »; cette déclaration avait irrité le gouvernement de Nur-Sultan, qui avait exigé une rétractation.

Jusqu’à maintenant, les relations entre la Russie et bon nombre de ces États ont été largement fraternelles. Quand nécessaire, la Russie assure la sécurité, principalement par l’intermédiaire de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Cette alliance militaire comprend la Russie, le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Arménie et le Tadjikistan. Elle a été formée à la suite d’un traité signé en 1992 par ces États post-soviétiques. C’est par l’intermédiaire de l’OTSC que les forces russes sont intervenues au Kazakhstan en janvier 2022 et ont aidé le gouvernement à mettre fin à un mouvement de protestation. Ce sont également les forces de l’OTSC qui, après le retrait des États-Unis d’Afghanistan en août 2021, ont accepté de « renforcer » les frontières communes de l’Afghanistan avec les États d’Asie centrale membres de l’organisation. Le Belarus pourrait également soutenir et rejoindre la Russie dans la guerre en Ukraine en raison de son appartenance à l’OTSC ; aucun autre État membre de l’OTSC n’a rejoint cette guerre jusqu’à présent.

Connexion chinoise

Dans toute l’Asie centrale, les gouvernements se démènent pour surmonter l’instabilité qui découle de la guerre russe en Ukraine. Le Kirghizstan, par exemple, a mis en place à la hâte un comité anti-crise. Le 25 février, le président russe Vladimir Poutine a appelé le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev pour discuter de la guerre et de la crise provoquée par les sanctions occidentales ; le même jour, le Premier ministre russe Mikhaïl Mishustin a rendu visite au président kazakh Kassym-Jomart Tokayev pour parler de la diminution des échanges commerciaux entre les deux pays et des conséquences probables. La Russie s’inquiète de l’impact de la guerre en Ukraine sur les pays d’Asie centrale, en grande partie parce qu’elle n’a pas de solutions aux problèmes auxquels ils seront confrontés.

La Chine, en revanche, est bien placée pour jouer un rôle clé en Asie centrale dans les années à venir. La Chine a déjà mis en place un certain nombre d’arrangements institutionnels qui deviendront importants pour renforcer cette relation dans la région, les deux plus importants étant l’Organisation de coopération de Shanghai et les nouvelles routes de la soie. Le 25 janvier, le meeting « Chine plus Asie centrale » a réuni virtuellement le président chinois Xi Jinping et les chefs d’État du Kazakhstan, du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, afin de commémorer les liens croissants entre la Chine et ces pays au cours des 30 dernières années, depuis l’effondrement de l’URSS. Au cours de cette période, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Asie centrale ont augmenté de 100 %, les volumes les plus importants concernant l’achat par la Chine d’énergie aux républiques post-soviétiques. Mais cette conversation virtuelle, qui a eu lieu avant l’intervention russe en Ukraine, s’est étendue au-delà de ces seuls échanges commerciaux pour porter également sur la Route de la soie sanitaire de la Chine (mise en place en 2016) et la création d’un centre commercial régional à Urumqi, la capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Au plus fort de la pandémie, les investissements chinois en Asie centrale ont ralenti ; aujourd’hui, on s’attend dans la région non seulement à ce qu’ils reviennent à leur niveau d’avant la pandémie, mais aussi à ce qu’ils compensent les pertes éventuelles au nord des frontières.

L’Asie centrale a d’autres options, notamment celle d’accroître ses échanges avec l’Inde, l’Iran et la Turquie. En janvier 2022, l’Inde a organisé son premier sommet virtuel bisannuel avec les cinq républiques d’Asie centrale. Et l’on s’attend à ce que ces liens s’approfondissent au fil du temps. Cependant, l’Inde – contrairement à la Chine – ne partage pas de frontière terrestre avec l’un de ces États. Par ailleurs, son chiffre d’affaires commercial (2 milliards de dollars) est bien inférieur au volume des échanges de la Chine avec l’Asie centrale (9,2 billions de dollars entre 2013 et 2020). Quant aux relations commerciales de l’Iran et de la Turquie avec l’Asie centrale, elles sont significatives, mais à la fois minimes. En outre, les principales relations commerciales de ces pays ont déjà été intégrées dans nouvelles routes de la soie de la Chine.

Les économies des républiques d’Asie centrale sont fondamentalement intégrées à celle de la Russie. La Chine peut apporter un certain soutien aux investissements, mais elle ne peut pas si facilement supplanter les institutions russes centenaires qui ont joué un rôle économique important en Asie centrale. Les républiques d’Asie centrale auront du mal à faire face au durcissement des sanctions à l’encontre de la Russie, mais elles bénéficieront d’un certain soulagement grâce aux nouvelles routes de la soie et à leurs partenaires régionaux, notamment l’Iran et la Turquie.

Il n’est pas étonnant que le ministre kirghize des Affaires étrangères, M. Kazakbaev, ait ardemment appelé à une médiation en Ukraine. Son pays souhaite que ce conflit prenne fin et que les sévères sanctions soient levées. Sinon, la détresse économique s’accentuera dans une région qui reste en proie à l’instabilité depuis l’occupation US de l’Afghanistan il y a vingt ans. Et les difficultés économiques pourraient déboucher sur des troubles politiques susceptibles d’embraser toute la région d’Asie centrale.

 

Source originale: Globetrotter

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

 

Vijay Prashad est historien, éditeur et journaliste indien. Il est écrivain et correspondant en chef de Globetrotter. Il est le rédacteur en chef de LeftWord Books et le directeur du Tricontinental : Institute for Social Research. Il est professeur émérite non résident au Chongyang Institute for Financial Studies, Université Renmin de Chine. Il a écrit plus de 20 livres, dont The Darker Nations et The Poorer Nations. Son dernier livre est Washington Bullets, avec une introduction d’Evo Morales Ayma.

https://www.investigaction.net/fr/lasie-centrale-aux-prises-avec-les-consequences-de-la-guerre-en-ukraine/

Dans ASIE

JAPON : UN AVIATEUR US RETROUVE MORT DANS SA MAISON PRES D'UNE BASE AERIENNE AMERICAINE

Par Le 30/01/2022

La colère anti-US couve sous les cendres

Sunday, 30 January 2022 7:16 PM  [ Last Update: Sunday, 30 January 2022 7:21 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Un aviateur américain a été retrouvé mort près d’une base militaire dans le nord-est du Japon. (Photo d'illustration)

Un aviateur américain a été retrouvé mort près d’une base militaire dans le nord-est du Japon.

Un aviateur américain a été retrouvé mort dans sa maison, près de la  base aérienne de Misawa, dans le nord-est du Japon, selon le site web Stars and Stripes. L’identité de l’aviateur n’a pas été annoncée pour les raisons de sécurité.

« La cause du décès est actuellement inconnue et fait l'objet d'une enquête », a annoncé, dans un communiqué, le commandant américain de la base de Misawa. « Des détails supplémentaires seront fournis en attendant le résultat de l'enquête », a-t-il ajouté.

Lire aussi: Pétroliers: le Japon contredit les USA

Le 35e Escadre de Chasse, appartenant aux Pacific Air Forces de l’aviation américaine, est stationné à la base aérienne de Misawa, au Japon.

Pacifique: la plus grande Base US, visée?

Pacifique: la plus grande Base US, visée?

Il est à noter que l’opinion publique japonaise s’oppose vivement à la présence des militaires américains au Japon. Il y a plus d’un mois, des milliers de Japonais sont descendus dans la rue, à Okinawa, afin d’exprimer leur colère contre la présence militaire américaine sur cette île.

Les suicides dans les rangs des forces armées américaines ont augmenté de 15% en 2020 par rapport à 2019, selon un rapport du Pentagone.

Les chiffres que le quotidien USA Today a confirmés auprès de sources du Congrès et du ministère de la Défense montrent que 580 militaires américains ont mis fin à leurs jours, contre 504 en 2019.

Lire aussi: Le Japon ne participera pas à la coalition américaine dirigée contre l'Iran

Plus de 100 membres de l'armée américaine se sont suicidés au troisième trimestre de 2021, ce qui représente un total supérieur au nombre de militaires décédés du coronavirus depuis le début de la pandémie.

USA: le Japon renonce à Aegis

USA: le Japon renonce à Aegis

Le Japon arrête le déploiement du système de défense antimissile américain Aegis Ashore.

Selon les données publiées par le Pentagone, 126 militaires se sont suicidés au troisième trimestre de 2021, répartis en 70 militaires actifs, 19 réservistes et 37 membres de la Garde nationale.

Les suicides parmi les membres actifs de l'armée ont chuté du deuxième au troisième trimestre, mais les suicides ont augmenté parmi les membres de la réserve et de la garde nationale.

Au total, 383 membres de l'armée américaine se sont suicidés en 2021 pendant les trois quarts. En 2020, les données du Pentagone montrent que 581 militaires se sont suicidés.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/01/30/675846/Japon-US-Army-base-Misawa-suicide-pilote

Dans ASIE

DECLARATION COMMUNE DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS SUR LA SITUATION AU KAZAKHSTAN.

Par Le 19/01/2022

19 Janvier 2022

Mardi 18 janvier 2022
Déclaration commune des partis communistes et ouvriers sur la situation au Kazakhstan.


Déclaration conjointe des partis communiste et ouvrier sur l'expérience précieuse des grandes grèves et manifestations de la classe ouvrière et du peuple du Kazakhstan :
1.   Au début de l'année 2022, le Kazakhstan, ancienne République soviétique d'Asie centrale, est secoué par des mobilisations ouvrières et populaires de masse, dont la cause réside dans l'acuité des problèmes économiques, sociaux et politiques auxquels sont confrontés les travailleurs en raison de la restauration du capitalisme dans le pays, 30 ans après la contre-révolution et la dissolution de l'URSS, lorsque le pouvoir et les moyens de production sont passés aux mains du capital et que les monopoles multinationaux contrôlent désormais une grande partie du secteur minier de l'économie.


2.   Les partis communistes et ouvriers signataires de cette déclaration commune expriment leur solidarité avec les justes revendications économiques et politiques des manifestants, qui ont exigé l'augmentation des salaires et des pensions, la réduction du prix des carburants, l'abaissement de l'âge de la retraite, l'annulation des effets des privatisations, des mesures de soutien aux chômeurs, des libertés et des droits syndicaux et politiques. Nous saluons particulièrement les travailleurs industriels du Kazakhstan occidental, qui ont été le cœur de cette mobilisation populaire de masse.

3.   Les forces bourgeoises ont tenté de profiter des mobilisations à Alma-Ata et au Kazakhstan du Sud, dans le cadre de leur lutte pour la répartition du gâteau de leur pouvoir économique et politique.

4.   L'intervention militaire russe inacceptable par le biais de l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), dirigée par la Russie, a été utilisée pour éviter le choc du pouvoir bourgeois dans des conditions d'intensification de la concurrence impérialiste dans la région cruciale de l'Asie centrale, qui est le terrain d'une lutte de pouvoir féroce entre de puissants monopoles et États capitalistes, tels que les États-Unis.

5.   La présence des forces de l'OTSC a facilité la répression des mobilisations populaires par l'État bourgeois. Ces développements démontrent le caractère de classe des syndicats transnationaux, qui, comme l'UE et l'OTAN, sont formés sur la base du capitalisme et ont pour tâche principale de sauvegarder le pouvoir bourgeois dans chaque pays et dans l'ensemble du syndicat afin de poursuivre l'exploitation de classe des travailleurs. L'existence et l'activité de ces syndicats, comme l'indique le cas récent du Kazakhstan, sont anti-populaires et doivent être condamnées.

6.   En ce qui concerne les efforts des forces impérialistes qui visent à exploiter ces mobilisations ouvrières pour leurs propres intérêts et à produire des révolutions de couleur, nos partis soulignent que ces interventions peuvent être invalidées, non pas en stigmatisant toutes sortes de mobilisations populaires, mais en défendant la lutte indépendante de la classe ouvrière et en rejetant toute implication politique-idéologique-organisationnelle avec toute puissance régionale ou internationale. Le mouvement communiste international ne peut pas chercher un ami au sein du monde impérialiste ni reporter la lutte de classe en utilisant l'équilibre international des forces comme prétexte. D'autre part, il est du devoir du mouvement communiste de préserver les mobilisations sociales des plans des gouvernements bourgeois et des antagonismes inter-bourgeois et d'être vigilant en la matière.

7.   Les développements au Kazakhstan soulignent la nécessité d'un PC fort dans chaque pays, avec un programme révolutionnaire et des liens forts avec la classe ouvrière, capable de rallier et de mobiliser les forces ouvrières et populaires contre le capitalisme et les monopoles afin que la lutte du peuple soit efficace et mette en évidence la voie du socialisme, qui est la seule solution alternative à la barbarie capitaliste.

8.   Les événements au Kazakhstan et dans d'autres pays, où le pouvoir bourgeois a supprimé par la force les mobilisations populaires, démontrent une fois de plus la grande importance de la solidarité internationale des travailleurs et l'actualité du slogan "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !".

La déclaration est ouverte à d'autres souscriptions

Partis signataires de SolidNet 

Parti communiste d'Albanie
Parti des Travailleurs d'Autriche
Parti communiste de Belgique
Parti communiste de Grèce
Parti des travailleurs d'Irlande
Parti communiste jordanien
Mouvement socialiste du Kazakhstan
Parti communiste du Mexique
Parti communiste de Norvège
Parti communiste du Pakistan
Parti communiste paraguayen
Parti communiste des Philippines [PKP 1930]
Parti communiste ouvrier russe
Parti communiste de l'Union soviétique
Parti communiste des travailleurs d'Espagne
Parti communiste de Suède
Parti communiste de Turquie
Parti communiste d'Ukraine
Union des Communistes d'Ukraine
Parti communiste du Venezuela
Autres partis

Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF)
Pôle de renaissance communiste en France (PRCF)
Front Communiste (Italie)

source : https://www.idcommunism.com/2022/01/joint-statement-of-communist-and-workers-parties-on-the-situation-in-kazakhstan.html

Tag(s) : #Kazakhstan#Communiste

Dans ASIE

LE KAZAKHSTAN... LE XINJIANG DANS SON CONTEXTE

Par Le 19/01/2022

Le Kazakhstan… Le Xinjiang dans son contexte

Par Eamon McKinney
Arrêt sur info — 16 janvier 2022

 

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Tout en se servant des droits de l’homme pour mettre en accusation la Chine, les Etats-Unis soutiennent et promeuvent les coupeurs de têtes à qui ils apportent un soutien, écrit Eamon McKinney.

Par Eamon McKinney

Paru le 12 janvier 2022 sur Strategic culture

La tentative éphémère de révolution de couleur au Kazakhstan a mis en lumière le jeu géopolitique mené par l’Occident en Asie centrale. Cette tentative maladroite de déstabiliser une fois de plus la région a été rapidement écrasée grâce à la réaction des autres membres de l’OTSC du Kazakhstan, menés par la Russie. Comme toutes les révolutions de couleur, elle s’est appuyée sur une véritable colère de la population face à la hausse des prix du carburant et à d’autres griefs légitimes. Cependant, toute tentative de faire croire qu’il s’agissait d’un soulèvement organique, sans leader, a été rapidement démasquée, les décapitations en étant la preuve.

La région d’Asie centrale, qui englobe tous les « Stans », a été largement à la périphérie des affaires mondiales jusqu’à une période relativement récente. Extrêmement éloignée, même lorsqu’elle faisait partie de l’URSS, elle a reçu peu d’attention en raison de son manque de pertinence stratégique. L’émergence de la Chine et de la Russie a changé la donne. Le Kazakhstan, pris en sandwich entre les deux, ainsi que ses voisins d’Asie centrale, est désormais un champ de bataille pour la « politique des grandes puissances » qui se joue. Le Kazakhstan est un élément essentiel de l’initiative chinoise « la ceinture économique de la route de la soie » et, en tant que tel, il est la cible des puissances occidentales, qui ont l’intention de tout faire pour l’arrêter.

Un simple coup d’œil sur une carte montre que la Chine partage ses frontières avec 14 pays, dont sept sont des nations musulmanes. Elle entretient de bonnes relations avec chacun d’entre ces pays. La Chine elle-même compte une importante population musulmane, qui n’est pas concentrée au Xinjiang. On les trouve partout en Chine, ainsi que les mosquées dans lesquelles ils pratiquent leur culte. La Chine ne compte pas seulement des minorités, mais aussi cinq groupes ethniques différents à l’intérieur de ses frontières. Tous sont libres et encouragés à pratiquer et à célébrer leurs cultures et leurs langues individuelles. À Urumqi, la capitale du Xinjiang, il existe au moins huit sectes musulmanes distinctes avec leurs propres mosquées. Les musulmans ne sont pas obligés d’envoyer leurs enfants dans les écoles chinoises et, pendant les presque 40 ans de la politique de l’enfant unique, les musulmans ont été le seul groupe autorisé à avoir plus d’un enfant. L’idée que la Chine persécute les musulmans n’est qu’une invention de l’Occident.

Le Xinjiang est situé à l’extrême nord-ouest de la Chine et borde six des autres pays islamiques d’Asie centrale. Autrefois isolé et sous-développé, il a reçu ces dernières années d’énormes investissements du gouvernement central pour l’aider à se moderniser et à développer pour la première fois une véritable économie. La grande majorité des parents souhaitent que leurs enfants aillent dans des écoles chinoises, apprennent la langue et aient la perspective d’une vie meilleure que celle que peuvent leur offrir les écoles islamiques. L’ennemi de la majorité de la population est le même que dans les pays islamiques modérés voisins : l’islam radical.

De nombreux Ouïghours ont déjà été radicalisés, ils constituent une grande partie des factions terroristes présentes en Syrie, en Irak, en Libye et dans de nombreux autres pays autrefois stables qui ont été réduits en cendres. Ils sont lourdement armés et reçoivent une allocation quotidienne de 50 dollars, mais par qui, me direz-vous ? Ce n’est pas une question qui doit nous retenir longtemps. L’armée islamique turque est une de ces factions qui a surgi d’Asie centrale. Le gouvernement américain les a retirés de la liste de surveillance des « terroristes » il y a un an. Ce ne sont apparemment que des terroristes modérés.

Alors, la Chine persécute-t-elle les musulmans ? Non. Mais elle a une véritable faction islamique radicalisée soutenue par l’Occident qui cherche à infecter la jeunesse du Xinjiang. C’est un problème qu’elle partage avec tous les pays modérés et pacifiques d’Asie centrale. Si la Chine a effectivement des camps de rééducation comme le prétend l’Occident, la plupart des parents ouïghours préféreraient que leurs enfants s’y trouvent plutôt que d’agiter un AK47 à l’arrière d’un pick-up Toyota dans un pays auquel ils n’appartiennent pas.

Alors que l’Amérique continue de blamer la Chine à propos des droits de l’homme, elle soutient et promeut les coupeurs de têtes à qui elle a accordé une franchise. De nombreux participants aux violences du Kazakhstan ont été tués et beaucoup d’autres ont été capturés. Dans les jours et les semaines à venir, nous pouvons nous attendre à de nouvelles révélations sur l’identité des « instigateurs » de ces violences. Une lecture intéressante s’impose.

Eamon McKinney

Le Dr. Eamon McKinney est un éminent sinologue, impliqué depuis plus de 40 ans dans le commerce extérieur chinois. Il est le PDG et le fondateur (1985) de CBNGLOBAl, dont la société a géré plus de 300 grands projets Chine-Etranger. Il vit à Qingdao, en Chine.

Source: Strategic culture

Traduit par Olinda/Arrêt sur info

https://arretsurinfo.ch/le-kazakhstan-le-xinjiang-dans-son-contexte/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-kazakhstan-le-xinjiang-dans-son-contexte

Dans ASIE

LA CIA DEBARQUE AU KAZAKHSTAN!

Par Le 17/01/2022

La CIA débarque au Kazakhstan ! 

Le retrait précipité des forces de l'OTSC du Kazakhstan aurait pu être soigneusement planifié afin d'amener l'armée américaine et des représentants de la CIA sur le territoire de ce pays.

Selon Avia-pro, un avion spécial américain est arrivé à Almaty avec à son bord des représentants de l'armée américaine et de la CIA. L’arrivée des forces étrangères a en fait commencé après que l'armée russe a remis l’aéroport international d'Almaty entre les mains des forces de sécurité du Kazakhstan.

Pour le moment, l’objectif de cette expédition n'est pas vraiment connu. Des rapports avancent la participation des services de renseignement américains à l'enquête sur une tentative de coup d'État. Selon une version plus officielle, elle viserait à évacuer des citoyens américains du pays, cependant, aucune évacuation n'a suivi.

« Ce à quoi beaucoup ne s'attendaient pas, c'est que juste au moment où l'armée russe était sur le point de se retirer du Kazakhstan, un avion d'affaires de la compagnie aérienne américaine Phoenix Airlines a volé directement de l'aéroport international géorgien de Tbilissi vers la plus grande ville du Kazakhstan, pour organiser l'évacuation du personnel. Mais les personnes concernées savent que ce n'est qu’un prétexte. Étant donné que l'avion appartient à la CIA, son véritable objectif est cette fois de transporter des agents de la CIA au Kazakhstan pour y mener une mission de renseignement pertinente. Les États-Unis pourraient profiter du chaos au Kazakhstan pour prendre le contrôle des régions limitrophes de la Russie », rapporte la publication NetEase.

Il convient de noter que l'achèvement assez rapide de la mission de l'OTSC au Kazakhstan à la demande du président Tokayev a soulevé de nombreuses questions, car la plupart des terroristes qui ont participé à « l'attaque terroriste » contre le pays se trouvent toujours à l’intérieur du territoire. 

Source : Avia-pro

http://french.presstv.ir/Detail/2022/01/17/674924/La-CIA-debarque-au-Kazakhstan-

Dans ASIE

PEPE ESCOBAR : APRES LE KAZAKHSTAN, L'ERE DES REVOLUTIONS DE COULEUR EST TERMINEE

Par Le 16/01/2022

Après le Kazakhstan, l’ère des révolutions de couleur est terminée

Ce qui s’est passé au Kazakhstan ressemble de plus en plus à une tentative de coup d’État menée par les États-Unis, la Turquie, la Grande-Bretagne et Israël, déjouée de façon spectaculaire par leurs adversaires eurasiatiques.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 16 janvier 2022

The Cradle 12 janvier 2022

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L’année 2022 a commencé avec le Kazakhstan en feu, une attaque sérieuse contre l’un des centres clés de l’intégration eurasienne. Nous commençons seulement à comprendre ce qui s’est passé et comment.

Lundi matin, les dirigeants de l’Organisation du Traité de Sécurité collective (OTSC) ont tenu une session extraordinairepour discuter du Kazakhstan.

Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev l’a formulé succinctement. Les émeutes étaient « cachées derrière des protestations non planifiées ». L’objectif était de « prendre le pouvoir » – une tentative de coup d’État. Les actions étaient « coordonnées depuis un centre unique ». Et « des militants étrangers étaient impliqués dans les émeutes ».

Le président russe Vladimir Poutine est allé plus loin : pendant les émeutes, « les technologies du Maïdan ont été utilisées », une référence à la place ukrainienne où les manifestations de 2013 ont renversé un gouvernement hostile à l’OTAN.

Défendant l’intervention rapide des forces de maintien de la paix de l’OTSC au Kazakhstan, Poutine a déclaré : « il était nécessaire de réagir sans délai ». L’OTSC sera sur le terrain « aussi longtemps que nécessaire », mais une fois la mission accomplie, « bien sûr, l’ensemble du contingent sera retiré du pays ». Les forces devraient quitter le pays dans le courant de la semaine.

Mais voici l’argument décisif : « Les pays de l’OTSC ont montré qu’ils ne laisseront pas le chaos et les « révolutions de couleur » s’installer à l’intérieur de leurs frontières ».

Poutine était en phase avec le secrétaire d’État kazakh Erlan Karin, qui a été le premier, officiellement, à appliquer la terminologie correcte aux événements survenus dans son pays : Ce qui s’est passé est une « attaque terroriste hybride », menée par des forces internes et externes, visant à renverser le gouvernement.

La toile hybride enchevêtrée

Pratiquement personne n’est au courant, mais en décembre dernier, un autre coup d’État a été discrètement déjoué dans la capitale kirghize, Bichkek. Les sources des services secrets kirghizes attribuent l’ingénierie à une série d’ONG liées à la Grande-Bretagne et à la Turquie. Cela introduit une facette absolument essentielle de la grande image : Les services de renseignement liés à l’OTAN et leurs actifs pourraient avoir préparé une offensive simultanée de révolution de couleur à travers l’Asie centrale.

Lors de mes voyages en Asie centrale à la fin de l’année 2019, avant le Covid, j’ai pu constater que les ONG occidentales – des fronts de guerre hybride – restaient extrêmement puissantes au Kirghizistan et au Kazakhstan. Pourtant, elles ne sont qu’un nœud dans une nébuleuse occidentale de brouillard de guerre hybride déployée à travers l’Asie centrale, et l’Asie occidentale. Nous voyons ici la CIA et l’État profond des États-Unis s’entrecroiser avec le MI6 et différents courants de renseignements turcs.

Lorsque le président Tokaïev a fait référence, en code, à un « centre unique », il s’agissait d’une salle d’opérations de renseignement militaire américano-turco-israélienne jusqu’à présent « secrète », basée dans le centre d’affaires d’Almaty, dans le sud du pays, selon une source de renseignements très haut placée en Asie centrale. Dans ce « centre », 22 Américains, 16 Turcs et 6 Israéliens coordonnaient des gangs de saboteurs, formés en Asie occidentale par les Turcs, puis acheminés vers Almaty.

L’opération a commencé à s’effondrer pour de bon lorsque les forces kazakhes – avec l’aide des renseignements fournis par la Russie et l’OTSC – ont repris le contrôle de l’aéroport d’Almaty, qui avait été vandalisé et qui était censé devenir une plaque tournante pour la réception des fournitures militaires étrangères.

L’Occident a dû être stupéfait et livide en voyant comment l’OTSC a intercepté l’opération kazakhe à la vitesse de l’éclair. L’élément clé est que le secrétaire du Conseil national de Sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a vu la situation dans son ensemble il y a des lustres.

Ce n’est donc pas un mystère que les forces aérospatiales et aérotransportées de la Russie, ainsi que l’énorme infrastructure de soutien nécessaire, étaient pratiquement prêtes à partir.

En novembre, le laser de Patrouchev était déjà concentré sur la dégradation de la situation sécuritaire en Afghanistan. Le politologue tadjik Parviz Mullojanov faisait partie des rares personnes qui soulignaient que pas moins de 8000 djihadistes salafistes de la machine impériale, expédiées par une filière clandestine depuis la Syrie et l’Irak, traînaient dans les régions sauvages du nord de l’Afghanistan.

C’est le gros de l’État islamique au Khorassan – ou l’État islamique reconstitué près des frontières du Turkménistan. Certains d’entre eux ont été dûment transportés au Kirghizistan. De là, il était très facile de traverser la frontière de Bichkek et de se présenter à Almaty.

Patrouchev et son équipe n’ont pas mis longtemps à comprendre, après la retraite impériale de Kaboul, comment cette armée de réserve djihadiste serait utilisée : le long des 7500 km de frontière entre la Russie et les « stans » d’Asie centrale.

Cela explique, entre autres, un nombre record d’exercices de préparation menés fin 2021 sur la 210e base militaire russe au Tadjikistan.

James Bond parle turc

L’effondrement de l’op kazakh désordonné commence nécessairement par les suspects habituels : l’État profond américain, qui a pratiquement « chanté » sa stratégie dans un rapport de 2019 de la RAND corporation, « Extending Russia ». Le chapitre 4, consacré aux « mesures géopolitiques », détaille tout, de « fournir une aide létale à l’Ukraine », « promouvoir un changement de régime en Biélorussie » et « accroître le soutien aux rebelles syriens » – autant d’échecs majeurs – à « réduire l’influence russe en Asie centrale ».

C’était le concept principal. La mise en œuvre a été confiée à la connexion MI6-Turquie.

La CIA et le MI6 investissaient dans des organisations douteuses en Asie centrale depuis au moins 2005, lorsqu’ils ont encouragé le Mouvement islamique d’Ouzbékistan (IMU), alors proche des Taliban, à faire des ravages dans le sud du Kirghizstan. Rien ne s’est produit.

L’histoire était complètement différente en mai 2021, lorsque Jonathan Powell, du MI6, a rencontré les dirigeants de Jabhat al-Nusra – qui regroupe de nombreux djihadistes d’Asie centrale – quelque part à la frontière turco-syrienne, près d’Idlib. L’accord prévoyait que ces « rebelles modérés » – selon la terminologie des États-Unis – cesseraient d’être qualifiés de « terroristes » tant qu’ils suivraient le programme anti-russe de l’OTAN.

Il s’agissait de l’un des principaux mouvements préparatoires de la filière djihadiste vers l’Afghanistan, avec une ramification vers l’Asie centrale.

La genèse de l’offensive remonte à juin 2020, lorsque l’ancien ambassadeur en Turquie de 2014 à 2018, Richard Moore, a été nommé à la tête du MI6. Moore n’a peut-être pas un pouce de la compétence de Kim Philby, mais il correspond au profil : russophobe enragé, et partisan du fantasme du Grand Touran, qui promeut une confédération panturque de peuples turcophones allant de l’Asie occidentale et du Caucase à l’Asie centrale et même aux républiques russes de la Volga.

Le MI6 est profondément enraciné dans tous les « stans », à l’exception du Turkménistan autarcique, et exploite habilement l’offensive panturque comme le véhicule idéal pour contrer la Russie et la Chine.

Erdogan lui-même s’est investi dans une offensive hardcore pour le Grand Touran, surtout après la création du Conseil turc en 2009. Fait crucial, en mars prochain, le sommet du Conseil de la Confédération des États de langue turque – la nouvelle dénomination du Conseil turc – se tiendra au Kazakhstan. La ville de Turkestan, dans le sud du Kazakhstan, devrait être désignée comme la capitale spirituelle du monde turc.

Et là, le « monde turc » entre en conflit frontal avec le concept russe de partenariat de la Grande Eurasie, et même avec l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), dont la Turquie n’est pas membre.

L’ambition à court terme d’Erdogan semble d’abord n’être que commerciale : après la victoire de l’Azerbaïdjan dans la guerre du Karabakh, il compte utiliser Bakou pour obtenir un accès à l’Asie centrale via la mer Caspienne, sans oublier les ventes de technologie militaire du complexe industrialo-militaire turc au Kazakhstan et à l’Ouzbékistan.

Les entreprises turques investissent déjà massivement dans l’immobilier et les infrastructures. Et parallèlement, le soft power d’Ankara tourne à plein régime, recueillant enfin les fruits d’une forte pression, par exemple pour accélérer la transition au Kazakhstan de l’écriture cyrillique à l’alphabet latin, à partir de 2023.

Pourtant, la Russie et la Chine sont toutes deux très conscientes que la Turquie représente essentiellement l’entrée de l’OTAN en Asie centrale. L’organisation des États turcs appelle de manière cryptique l’opération kazakhe « manifestations contre le carburant ».

Tout cela est très obscur. Le néo-ottomanisme d’Erdogan – qui est massivement acclamé par sa base des Frères musulmans – n’a essentiellement rien à voir avec le mouvement panturc, qui est un mouvement racialiste prévoyant la domination par des Turcs relativement « purs ».

Le problème, c’est qu’ils convergent tout en devenant plus extrêmes, les Loups gris de la droite turque étant profondément impliqués. Cela explique pourquoi les services secrets d’Ankara parrainent et, dans de nombreux cas, militent à la fois pour la franchise EI-Khorasan et pour le Grand Touran, de la Bosnie au Xinjiang en passant par l’Asie centrale.

L’Empire profite largement de cette association toxique, en Arménie, par exemple. Et il en sera de même au Kazakhstan si l’opération réussit.

Faites venir les chevaux de Troie

Toute révolution de couleur a besoin d’un cheval de Troie « maximum ». Dans notre cas, cela semble être le rôle de l’ancien chef du KNB (Comité de Sécurité nationale) Karim Massimov, aujourd’hui détenu en prison et accusé de trahison.

Très ambitieux, Massimov est à moitié ouïghour, ce qui, en théorie, a empêché ce qu’il considérait comme son ascension préétablie au pouvoir. Ses liens avec les services secrets turcs ne sont pas encore détaillés, contrairement à ses relations étroites avec Joe Biden et son fils.

Un ancien ministre de l’Intérieur et de la sécurité de l’État, le lieutenant-général Felix Kulov, a tissé un fascinant écheveau expliquant la dynamique interne possible du « coup d’État » intégré à la révolution de couleur.

Selon Kulov, Massimov et Samir Abish, le neveu du président du Conseil de Sécurité kazakh Noursoultan Nazarbaïev récemment démis de ses fonctions, ont supervisé jusqu’au cou des unités « secrètes » d’« hommes barbus » pendant les émeutes. Le KNB était directement subordonné à Nazarbaïev, qui était jusqu’à la semaine dernière le président du Conseil de Sécurité.

Lorsque Tokaïev a compris les mécanismes du coup d’État, il a rétrogradé Massimov et Samat Abish. Puis Nazarbaïev a « volontairement » démissionné de la présidence du Conseil de Sécurité qu’il avait occupée toute sa vie. Abish a ensuite obtenu ce poste, en promettant d’arrêter les « hommes barbus », puis de démissionner.

Cela indiquerait donc directement un affrontement Nazarbaïev-Tokaïev. C’est logique, car pendant ses 29 ans de règne, Nazarbaïev a joué un jeu à plusieurs volets, trop occidentalisé, qui n’a pas forcément profité au Kazakhstan. Il a adopté des lois britanniques, joué la carte panturque avec Erdogan et permis à un tsunami d’ONG de promouvoir un agenda atlantiste.

Tokaïev est un opérateur très intelligent. Formé par le service extérieur de l’ex-URSS, parlant couramment le russe et le chinois, il est totalement aligné sur la Russie et la Chine – ce qui signifie qu’il est parfaitement en phase avec le plan directeur de la BRI, de l’Union économique eurasiatique et de l’OCS.

Tokaïev, tout comme Poutine et Xi, comprend comment cette triade BRI/UEAE/OCS représente le cauchemar impérial ultime, et comment la déstabilisation du Kazakhstan – un acteur clé de la triade – serait un coup mortel contre l’intégration eurasiatique.

Après tout, le Kazakhstan représente 60% du PIB de l’Asie centrale, des ressources pétrolières, gazières et minérales massives, des industries de pointe dans le domaine de la haute technologie : une république constitutionnelle, unitaire et laïque, dotée d’un riche patrimoine culturel.

Il n’a pas fallu longtemps à Tokaïev pour comprendre l’intérêt d’appeler immédiatement l’OTSC à la rescousse : Le Kazakhstan a signé le traité en 1994. Après tout, Tokaïev luttait contre un coup d’État mené par des étrangers contre son gouvernement.

Poutine, entre autres, a souligné combien une enquête officielle kazakhe est la seule habilitée à aller au fond des choses. On ne sait toujours pas exactement qui – et dans quelle mesure – a parrainé les émeutes. Les motifs ne manquent pas : saboter un gouvernement pro-russe/chinois, provoquer la Russie, saboter la BRI, piller les ressources minérales, accélérer « l’islamisation » à la manière de la Maison des Saoud.

Précipitée quelques jours seulement avant le début des « garanties de sécurité » russo-américaines à Genève, cette révolution de couleur a représenté une sorte de contre-ultimatum – en désespoir de cause – de l’establishment de l’OTAN.

L’Asie centrale, l’Asie de l’Ouest et l’écrasante majorité des pays du Sud ont été témoins de la réponse eurasiatique fulgurante des troupes de l’OTSC – qui, ayant fait leur travail, sont prêtes à quitter le Kazakhstan dans quelques jours – et de l’échec lamentable de cette révolution de couleur.

Elle pourrait aussi bien être la dernière. Méfiez-vous de la rage d’un Empire humilié.

Pepe Escobar

 

 

Article original en anglais : After Kazakhstan, the color revolution era is over, The Cradle, le 12 janvier 2022.

Traduction Réseau International

La source originale de cet article est The Cradle

Copyright © Pepe EscobarThe Cradle, 2022

https://www.mondialisation.ca/apres-le-kazakhstan-lere-des-revolutions-de-couleur-est-terminee/5664181

Dans ASIE

LE KAZAKHSTAN TRANSFORME EN CIMETIERE DE LA DIPLOMATIE AMERICAINE

Par Le 14/01/2022

Le Kazakhstan transformé en cimetière de la diplomatie américaine

Par M.K. Bhadrakumar
Arrêt sur info — 11 janvier 2022

 

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Un laboratoire biologique financé par le Pentagone près d’Almaty, au Kazakhstan, est devenu le centre d’intérêt pour ses recherches sur les « pathogènes dangereux ».

Par M.K. Bhadrakumar,

Publié le 9 janvier 2022 sur Indian punchline

Un laboratoire biologique financé par le Pentagone près d’Almaty, au Kazakhstan, est devenu le centre d’intérêt pour ses recherches sur des « pathogènes dangereux ».

Le ministère kazakh de la Santé a publié aujourd’hui un démenti aux informations diffusées sur les médias sociaux concernant la saisie d’un « laboratoire biologique militaire près d’Almaty par des personnes non identifiées ».

Selon l’agence de presse Tass news agency, les médias sociaux avaient émis l’hypothèse que des spécialistes portant des combinaisons de protection chimique travaillaient à proximité du laboratoire alors qu’une « fuite d’agents pathogènes dangereux » se produisait.

Le communiqué de presse soigneusement rédigé par le ministère kazakh clarifie : « Cela n’est pas vrai. L’installation est protégée. » Point final.

Ce rapport intrigant met en lumière la partie émergée d’un iceberg qui a des implications pour la santé publique et présente de sérieuses ramifications géopolitiques.

Depuis la fin des années 1990, lorsque l’on a appris que les États-Unis établissaient et développaient régulièrement des partenariats de recherche biologique avec plusieurs républiques ex-soviétiques, Moscou a affirmé à plusieurs reprises que cette coopération constituait une menace pour la Russie.

Ces installations de recherche biologique étaient à l’origine envisagées dans le cadre du programme Nunn-Lugar de réduction de la menace biologique, afin d’empêcher la prolifération de l’expertise, des matériaux, des équipements et des technologies susceptibles de contribuer au développement d’armes biologiques.

Mais Moscou soupçonnait que c’était exactement le contraire qui se produisait – en réalité, le Pentagone a parrainé, financé généreusement et fourni une assistance technique à ces laboratoires où, « sous couvert de recherche pacifique, les États-Unis renforcent leur « potentiel militaro-biologique. »

Dans une déclaration sensationnelle d’octobre 2018, le général de division Igor Kirillov, commandant des troupes russes de défense radiologique, chimique et biologique, est allé jusqu’à divulguer un schéma que l’on peut discerné du réseau de laboratoires du Pentagone situés près des frontières de la Russie et de la Chine.

Le partenariat américano-kazakh dans ce domaine remonte à 2003. Le Kazakhstan est un « point chaud » intéressant pour l’apparition et la surveillance des maladies infectieuses, en raison notamment de son histoire, de sa géographie et de la diversité de ses espèces hôtes. Depuis l’époque des tsars, le Kazakhstan dispose d’une infrastructure et d’un réseau à plusieurs niveaux pour la surveillance des maladies infectieuses.

Les projets de recherche financés par les États-Unis étaient axés sur des études portant sur des agents sélectionnés, notamment des zoonoses : charbon, peste, tularémie, grippe aviaire hautement pathogène, brucellose, etc. Ces projets ont financé des chercheurs au Kazakhstan, tandis que les collaborateurs des projets aux États-Unis et au Royaume-Uni ont encadré et guidé ces chercheurs pour développer et tester leurs hypothèses.

Il s’agit d’un arrangement « gagnant-gagnant ». Le personnel des instituts kazakhs a été formé aux techniques modernes de diagnostic et de gestion des données et a effectué des travaux de recherche grâce à de généreux financements extérieurs, tandis que le Pentagone a obtenu, par l’intermédiaire de ces laboratoires, des données précieuses pour les programmes secrets américains d’armes biologiques à application militaire visant spécifiquement des groupes ethniques en Russie et en Chine.

Le Laboratoire central de référence (LCR) d’Almaty, dont le nom ne prête pas à confusion et qui figure dans le rapport du Tass, était initialement prévu en 2013, les États-Unis ayant investi 102 millions de dollars dans un laboratoire de biosécurité destiné à étudier certains des agents pathogènes les plus mortels susceptibles d’être utilisés dans des attaques bioterroristes.

Plutôt que d’implanter la nouvelle installation dans un terrain peu sûr du Nevada, le Pentagone a délibérément choisi un site près d’Almaty pour stocker et étudier en toute sécurité les maladies les plus dangereuses telles que la peste, l’anthrax et le choléra.

Le raisonnement était que le laboratoire offrirait un emploi rémunéré à des chercheurs kazakhs talentueux et les sortirait de la rue, pour ainsi dire – c’est-à-dire qu’il les dissuaderait de vendre leur expertise et leurs services scientifiques à des groupes terroristes susceptibles d’utiliser des armes biologiques !

Mais le LCR, désormais opérationnel, repose sur une coopération institutionnelle entre le gouvernement kazakh et l’Agence de réduction des menaces de la défense américaine, qui dépend du Pentagone et qui est chargée de protéger « les intérêts de la sécurité nationale des États-Unis dans un environnement de menaces mondialisé et en évolution rapide, afin de permettre une meilleure compréhension de nos adversaires et de fournir des solutions aux menaces liées aux ADM à l’ère de la concurrence entre grandes puissances ».

À propos, l’Allemagne a également conclu un accord similaire sous le nom German-Kazakh Network for Biosafety and Biosecurity, qui est cogéré par l’Institut de microbiologie de la Bundeswehr (une installation de recherche militaire des forces armées allemandes pour la défense biologique médicale).

Pourquoi le Kazakhstan est-il un partenaire recherché ? En termes simples, le pays offre un accès unique aux groupes ethniques russes et chinois en tant que « spécimens » pour mener des recherches sur le terrain impliquant des agents de guerre biologique potentiels hautement pathogènes. Le Kazakhstan a 13 364 km de frontières avec ses pays voisins : la Russie, la Chine, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan.

La Chine est-elle indifférente à tout cela ? Loin de là. La revue Beijing Review a publié un rapport provenant de BBC Monitoring in 2020 faisant état des préoccupations de la Chine en la matière. Pas plus tard qu’en novembre de l’année dernière, un commentateur russe a écrit que ces bio-laboratoires sont des bases virtuelles du Pentagone et a demandé une enquête internationale. Il a souligné que le ministère kazakh de l’éducation et des sciences « travaille désormais principalement sur des programmes de recherche du Pentagone ».

Comment le Kazakhstan, un pays membre de l’OTSC, a-t-il pu s’en tirer avec une telle conduite ? Cela mérite quelques explications.

Paradoxalement, ces laboratoires biologiques sont des exemples vivants de quelque chose de sinistre qui s’est produit, que tout le monde connaissait et dont personne ne voulait parler, à savoir la pénétration étendue des élites dirigeantes kazakhes décadentes par les services secrets américains.

Cette pénétration dure depuis des années, mais elle s’est considérablement intensifiée lorsque l’ancien président Nurusultan Nazarbayev, âgé de 81 ans, a commencé à relâcher son autorité et que les membres de sa famille et ses acolytes ont commencé à travailler au noir (sous le regard bienveillant du patriarche, bien sûr) – un peu comme les années Eltsine en Russie.

Malheureusement, c’est une histoire familière. Les élites kazakhes sont notoirement corrompues, même selon les normes de l’Asie centrale, et les élites parasites ont préféré garder leur butin dans des lieux sûrs du monde occidental. Sans surprise, ils sont désespérément compromis avec les services secrets américains. C’est aussi simple que cela.

Moscou a certainement senti que la désaffection populaire s’accumulait et que le sol sous les pieds de Nazarbayev, un ami proche de Poutine, bougeait. Mais elle n’est pas intervenue – ou, plus probablement, n’a pas voulu intervenir – car les États-Unis opéraient par l’intermédiaire de puissants compradores qui se trouvaient être des membres de la famille et des associés du patriarche vieillissant.

Compte tenu des affiliations claniques dans cette partie du monde, Moscou a probablement jugé prudent de garder ses conseils pour elle-même. Un facteur supplémentaire aurait été la crainte que les États-Unis manipulent les forces ultranationalistes (comme cela s’est produit en Ukraine) pour porter atteinte à la minorité ethnique russe vulnérable de 3,5 millions de personnes (18 % de la population).

Par-dessus tout, le fait est que les amis de Nazarbayev détenaient les leviers du pouvoir d’État, notamment l’appareil de sécurité, ce qui donnait à Washington un avantage décisif.

Mais les choses ont radicalement changé cette dernière semaine. Nazarbayev a peut-être encore une certaine influence résiduelle, mais pas suffisamment pour sauver l’élite qui servait les intérêts américains. Le président Tokayev, un diplomate de carrière peu visible de par sa profession, est finalement en train de se débrouiller tout seul.

Deux des actions décisives de Tokayev ont été le remplacement de Nazarbayev à la tête du Conseil national de sécurité et le renvoi du puissant chef des services de renseignement du pays, Karim Masimov (qui a depuis été arrêté avec d’autres suspects non identifiés dans le cadre d’une enquête pour « haute trahison » ).

En effet, Washington a de quoi s’inquiéter car, en fin de compte, le Kazakhstan reste une affaire inachevée, à moins et jusqu’à ce qu’une révolution de couleur puisse provoquer un changement de régime et installer un dirigeant pro-occidental au pouvoir, comme en Ukraine. Les turbulences actuelles constituent une tentative avortée de révolution de couleur, qui a fait long feu.

Contrairement à l’Afghanistan, la CIA et le Pentagone ne sont pas en mesure d' »évacuer » leurs collaborateurs. Et le flot torrentiel des événements a choqué l’establishment de Washington. Le Kazakhstan est un grand pays (deux tiers de la taille de l’Inde) et peu peuplé (18 millions d’habitants), et les forces de l’OTSC qui se sont installées sont bien équipées et dirigées par un général aguerri qui a écrasé l’insurrection soutenue par les États-Unis en Tchétchénie.

Les forces russes ont emporté avec elles le système de guerre électronique avancé Leer-3, qui comprend des drones Orlan-10 spécialement configurés, des dispositifs de brouillage, etc. Les frontières ont été scellées.

Le mandat des forces russes est de protéger les « actifs stratégiques ». On peut supposer que ces biens comprennent les laboratoires financés par le Pentagone au Kazakhstan.

M. K. BHADRAKUMAR

Source : Indian punchline

https://arretsurinfo.ch/le-kazakhstan-transforme-en-cimetiere-de-la-diplomatie-americaine/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-kazakhstan-transforme-en-cimetiere-de-la-diplomatie-americaine

(Traduction Olinda/Arrêt sur info)

Dans ASIE

KAZAKHSTAN : FACE A LA CRISE DU SYSTEME OLIGARCHIQUE, DES REFORMES POLITIQUES ET SOCIALES SONT URGENTES

Par Le 12/01/2022

12 Janvier 2022

Publié le 07/01/2022 par PCF

Kazakhstan : face à la crise du système oligarchique, des réformes politiques et sociales sont urgentes

L’évolution de la situation au Kazakhstan est très inquiétante et incertaine, pour le pays lui-même, mais également pour l’ensemble de la région.

Le pays traverse une crise majeure, en raison du mécontentement social et politique. Depuis le 2 janvier, les manifestations contre l’augmentation du prix du gaz naturel liquéfié et plus largement contre la cherté de la vie se sont multipliées dans toutes les grandes villes. Cette mobilisation, débutée dans la ville de Zhanaozen, où avait été durement réprimée une grève du secteur des hydrocarbures en 2011, s’est élargie à des revendications politiques contre le système autoritaire forgé par et autour de Nursultan Nazarbaev, au pouvoir de 1989 à 2019, et en faveur de la démocratisation des institutions municipales, régionales et nationales. Dans certaines villes (telles que Almaty), les rassemblements ont pris la forme d’émeutes armées impliquant des groupes organisés, qui ont motivé la violente répression de l’Etat kazakhstanais et l’appel aux Etats membres de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

Le PCF appelle à une résolution pacifique et rapide du conflit. Il demande l’arrêt de la répression des militants issus du monde du travail, du monde associatif et des organisations politiques, ainsi que la préservation de la liberté de la presse et de l’information.

Le PCF appelle l’Etat kazakhstanais à engager des réformes politiques, économiques et sociales rompant avec le système oligarchique libéral mis en place depuis trente ans et à répondre aux revendications sociales et démocratiques portées par les manifestants pacifiques. Il soutient notamment l’encadrement des prix à la consommation, la hausse des salaires et des retraites, des mesures de lutte contre la grande pauvreté et le surendettement, la fin du système de retraite par capitalisation instauré dans les années 1990, ainsi que le retour à la Constitution de 1993 garantissant l’activité des partis politiques et des syndicats indépendants.

source : https://www.pcf.fr/actualite_kazakhstan_face_la_crise_du_syst_me_oligarchique_des_r_formes_politiques_et_sociales_sont_urgentes

Dans ASIE

KAZAKHSTAN : LA FIN DE LA MISSION DES SOLDATS DE LA PAIX ANNONCEE PAR LE PRESIDENT KAZAKH

Par Le 11/01/2022

Situation à Almaty, janvier 2022 - Sputnik France

En continu: la fin de la mission des soldats de la paix annoncée par le Président kazakh

06:45 11.01.2022 (Mis à jour: 08:05 11.01.2022)

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Anastasia Patts - Sputnik France

Anastasia Patts

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En cours de mise à jour

Alors que la situation se stabilise au Kazakhstan, le Président Tokaïev a annoncé la fin de la mission principale des soldats de la paix de l’OTSC, dont le retrait débutera dans deux jours et en durera une dizaine. Le pays s’apprête à étudier un plan d’action qui devra être présenté début février par le nouveau chef du gouvernement.

Les soldats de la paix de l’OTSC ont rempli leur mission principale, a annoncé ce 11 janvier Président Tokaïev. Leur retrait débutera dans deux jours et prendra près de 10 jours.

"La mission principale des forces de maintien de la paix de l'OTSC (Organisation du traité de sécurité collective) s'est terminée avec succès, le retrait progressif du contingent débutera dans deux jours. Ce processus ne prendra pas plus de dix jours", a déclaré Kassime-Jomart Tokaïev lors d'une réunion officielle tenue ce 11 janvier.

 

Revenant sur sa demande d’aide auprès de l’OTSC, le chef de l’État kazakh a souligné son caractère légitime:

"Ce sont des professionnels qui préparaient le renversement du pouvoir. Comme cela a été une agression menée par le terrorisme international contre notre pays, le Kazakhstan a agi dans son droit en recourant à ses partenaires de l’OTSC pour lui envoyer le contingent de la paix", poursuit-il.

Les plus récents d'abordLes plus anciens d'abord

11:42 11.01.2022

 

La Russie prend acte de la décision de la fin de la mission de l’OTSC

La décision prise par le Kazakhstan de mettre un terme à la présence des forces de la paix de l’OTSC relève du droit exclusif de ce pays, a fait savoir ce 11 janvier le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

"C’est entièrement la prérogative de ce pays qui a adressé cette demande à l’OTSC. C’est leur demande, nous n’avons pas le droit de nous immiscer", a-t-il lancé.

10:19 11.01.2022

 

La crise n’impactera pas la politique extérieure du Kazakhstan, selon la Turquie

Ankara, qui avait déclaré suivre de près le déroulement de la situation au Kazakhstan, au plus fort des émeutes, a exprimé sa certitude que la crise au Kazakhstan ne portera pas atteinte à l’intégrité, à la stabilité et à la politique extérieure équitable du pays, a déclaré ce 11 janvier le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

"Nous tous [membres de l’Organisation des États turciques, ndlr] avons suivi avec attention la situation au Kazakhstan. Aujourd’hui, nous apportons aussi notre soutien et étudierons les éventuelles démarches. Nous sommes ravis que la situation soit sous contrôle. La paix et la stabilité au Kazakhstan sont importantes pour la stabilité de toute la région", a estimé le chef de la diplomatie turque, intervenant lors d’une visioconférence de l’Organisation des États turciques.

Celle-ci est composée de cinq pays, la Turquie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan. La Hongrie et le Turkménistan sont des États observateurs.

09:43 11.01.2022

 

La diplomatie russe dément une "agression"

Commentant les affirmations de certains selon lesquelles la Russie s’est montrée agressive en envoyant des troupes au Kazakhstan, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, les a qualifiées de "tas de sottises", dans une interview à la chaîne YouTube Soloviev Live:

"Cette opération a arrêté les effusions de sang. Ce alors que nous prenons parallèlement connaissance d'allégations d’agression, une sorte de tas de sottises, formulées par des individus qui n’ont jamais été ni de grands analystes, ni des connaisseurs de la situation, ni des professionnels et qui ne font pas partie de ce monde".

09:18 11.01.2022

 

Les vols de Turkish Airlines à destination du Kazakhstan reprendront à partir du 13 janvier, a annoncé ce 11 janvier le PDG de la compagnie aérienne, Bilal Eksi, sur son compte Twitter.

09:01 11.01.2022

 

Bilan préliminaire des émeutes

Le parquet kazakh a annoncé ce 11 janvier avoir ouvert 412 enquêtes, dont certaines pour attentats terroristes et meurtres. Suite aux actes de violence à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique, 388 informations judiciaires ont été engagées.

Au moins 38 individus ont été arrêtés aux points de contrôle de 11 localités durant les dernières 24 heures. Des armes ont été retrouvées chez 23 personnes.

08:11 11.01.2022

 

Situation actuelle dans le pays

Le pays continue de retrouver le calme, aucun incident n’a été constaté, rapporte le service de presse de la présidence en se référant au Comité de sécurité nationale.

Almaty, ancienne capitale, reprend une vie normale. Ce 11 janvier, beaucoup de piétons sont observés dans les rues, les transports en commun fonctionnent normalement, indique Sputnik Kazakhstan. Les magasins et les services de restauration ont rouvert.

Entre-temps, une présence importante de militaires, de policiers et de matériel a été constatée. Les forces de l’ordre poursuivent leur recherche des émeutiers, des auteurs des attaques et des pillards.

Bien que la situation se stabilise, le bureau militaire de la ville exhorte les citoyens à prendre des mesures de précaution et à informer les forces de l’ordre de tout ce qui semble suspect.

L’industrie reprend également le travail. Aujourd’hui, 76 sur 120 entreprises sont ouvertes. Les autres devraient rouvrir entre le 11 et le 19 janvier. Pendant les émeutes, deux installations industrielles ont été endommagées, les préjudices ne sont pas encore calculés.

08:01 11.01.2022

 

Le nouveau Premier ministre Alikhan Smaïlov devra mettre au point un plan d’action de l’exécutif pour 2022 dans les trois semaines, a noté le Président Tokaïev. Le projet fera l’objet de discussions au sein du gouvernement début février.

07:43 11.01.2022

 

Un moratoire de cinq ans sur l’augmentation des salaires des parlementaires et des élus locaux a été annoncé par Kassym-Jomart Tokaïev.

07:40 11.01.2022

 

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, les affirmations de l’Occident, qui juge l’envoi des forces de l’OTSC illégitime, sont guidées par une "simple animosité".

07:18 11.01.2022

 

Réformes prévues

Kassym-Jomart Tokaïev a déclaré présenter un nouveau volet de réformes en septembre lors d’une allocution à la nation, et prolonger la politique de modernisation du pays.

Il a particulièrement mis en valeur l’importance de réorganiser le système de sécurité du pays. Entre autres, il est nécessaire d’augmenter le nombre d'unités de la Garde nationale du pays et de renforcer ses aptitudes opérationnelles, a noté le Président.

07:09 11.01.2022

 

Le parlement kazakh  - Sputnik France, 1920, 11.01.2022

Émeutes au Kazakhstan

Le Président kazakh désigne un nouveau Premier ministre

06:32

https://fr.sputniknews.com/20220111/le-kazakhstan-annonce-la-fin-de-la-mission-des-soldats-de-la-paix-et-la-date-de-leur-retrait-1054366974.html

 

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LE SOULEVEMENT DU KAZAKHSTAN N'EST PAS UNE REVOLUTION DE COULEUR OU UN AUTRE "MAÏDAN"

Par Le 09/01/2022

8 Janvier 2022

Samedi 8 janvier 2022
Le soulèvement du Kazakhstan n'est pas une "révolution de couleur", dit Aynur Kurmanov


Les grandes mobilisations populaires en cours au Kazakhstan ne constituent pas une "révolution de couleur" ou un autre "Maïdan", déclare Aynur Kurmanov, coprésident du Mouvement socialiste du Kazakhstan.

S'exprimant sur la chaîne YouTube du Parti communiste ouvrier russe (RCWP), Kurmanov a fait des remarques intéressantes concernant la situation au Kazakhstan. "Le corps principal des manifestants d'aujourd'hui au Kazakhstan se compose principalement de travailleurs des secteurs du pétrole/gaz naturel, de la métallurgie et des mines, ainsi que de jeunes chômeurs", a indiqué M. Kurmanov, qui a souligné que le point de départ des manifestations était les grèves des travailleurs industriels. 

Les usines où les grèves ont commencé, a déclaré M. Kurmanov, sont majoritairement détenues par des capitaux américains et britanniques. "Les usines où les grèves ont commencé sont des usines d'oligarques kazakhs et de partenaires occidentaux, dirigés par la famille Nazarbayev", a-t-il ajouté.

Le coprésident du Mouvement socialiste du Kazakhstan a souligné que les protestations populaires dans le pays d'Asie centrale n'ont aucune similitude avec le mouvement libéral/fasciste en Ukraine, ni en termes sociaux ni en termes de revendications. "Les revendications sont purement socio-économiques [...] Les premières étaient des demandes de baisse des prix du pétrole, d'augmentation des salaires et de reconnaissance officielle des syndicats", a déclaré M. Kurmanov.

Aynur Kurmanov reconnaît que les agences de renseignement occidentales seraient intéressées à détourner le soulèvement populaire, mais affirme que "voir une révolution de couleur ici n'est rien de plus qu'une théorie de la conspiration".

Dans une autre interview, publiée dans "Zanovo media", M. Kurmanov réfute les théoriciens de la conspiration qui parlent d'une "révolution de couleur" bien organisée, soulignant que les mobilisations ouvrières à Zhanoazen et Aktau sont devenues le détonateur d'une vague spontanée de protestations de masse :

"Il ne s'agit pas d'un Maidan, même si de nombreux analystes politiques tentent de le présenter ainsi. D'où est venue cette étonnante auto-organisation ? C'est l'expérience et la tradition des travailleurs. Les grèves secouent la région de Mangistau depuis 2008, et le mouvement de grève a commencé dans les années 2000. Même sans l'apport du parti communiste ou d'autres groupes de gauche, les demandes de nationalisation des compagnies pétrolières étaient constantes. Les travailleurs ont tout simplement vu de leurs propres yeux à quoi menaient la privatisation et la prise de contrôle par des capitalistes étrangers. Au cours de ces premières manifestations, ils ont acquis une énorme expérience en matière de lutte et de solidarité."
 
Le leader du Mouvement socialiste ajoute :
 
"La vie même dans la nature a poussé les gens à se serrer les coudes. C'est dans ce contexte que la classe ouvrière et le reste de la population se sont réunis. Les protestations des travailleurs de Zhanoazen et d'Aktau ont ensuite donné le ton aux autres régions du pays. Les yourtes et les tentes, que les manifestants ont commencé à dresser sur les places principales des villes, ne sont pas du tout issues de l'expérience de l'"Euromaïdan" : elles se dressaient dans la région de Mangastau lors des grèves locales de l'année dernière. La population elle-même a apporté de l'eau et de la nourriture aux manifestants."
source : 

https://www.idcommunism.com/2022/01/kazakhstans-uprising-isnt-color.html

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DECLARATION DU MOUVEMENT SOCIALISTE DU KAZAKHSTAN SUR LA SITUATION DANS LE PAYS

Par Le 07/01/2022

7 Janvier 2022

Jeudi 6 janvier 2022
Déclaration du Mouvement Socialiste du Kazakhstan sur la situation dans le pays


Dans une déclaration sur les mobilisations et protestations à grande échelle dans le pays, le Mouvement socialiste du Kazakhstan appelle à la solidarité internationale envers les manifestants et exige le retrait des troupes des villes, la démission de tous les responsables de Nazarbayev, la libération de tous les prisonniers et détenus politiques, la légalisation du Parti communiste et des syndicats, ainsi que la nationalisation de toute l'industrie extractive et à grande échelle du Kazakhstan.
La déclaration se lit comme suit : 


"Au Kazakhstan, il y a maintenant un véritable soulèvement populaire et, dès le début, les protestations ont été de nature sociale et de classe, car le doublement du prix du gaz liquéfié à la bourse n'était que la goutte d'eau dans une tasse de patience débordante. Après tout, les manifestations ont commencé précisément à Zhanaozen à l'initiative des travailleurs du pétrole, qui est devenu une sorte de quartier général politique de tout le mouvement de protestation.

Et la dynamique de ce mouvement est révélatrice, puisqu'il a commencé comme une protestation sociale, il a ensuite commencé à s'étendre, et les collectifs de travail ont utilisé les rassemblements pour mettre en avant leurs propres demandes d'augmentation de 100% des salaires, d'annulation des résultats d'optimisation, d'amélioration des conditions de travail et de liberté d'activité syndicale. Ainsi, le 3 janvier, toute la région de Mangistau s'est enfoncée dans une grève générale, qui s'est étendue à la région voisine d'Atyrau.

Il convient de noter que le 4 janvier déjà, les travailleurs du secteur pétrolier de Tengizchevroil se sont mis en grève, où la participation des sociétés américaines atteint 75 %. C'est là qu'en décembre de l'année dernière, 40 000 travailleurs ont été licenciés et qu'une nouvelle série de licenciements est prévue. Ils ont ensuite été soutenus pendant la journée par les pétroliers des régions d'Aktobe, du Kazakhstan occidental et de Kyzylorda.

En outre, dans la soirée du même jour, les grèves des mineurs de la société ArmelorMittal Temirtau ont commencé dans la région de Karaganda et des fondeurs et mineurs de cuivre de la société Kazakhmys, ce qui peut déjà être considéré comme une grève générale dans toute l'industrie minière du pays. Et là, ils ont également présenté des revendications concernant l'augmentation des salaires, l'abaissement de l'âge de la retraite, le droit à leurs propres syndicats et à la grève.

Dans le même temps, des rassemblements illimités ont déjà commencé mardi à Atyrau, Uralsk, Aktyubinsk, Kyzyl-Orda, Taraz, Taldykorgan, Turkestan, Shymkent, Ekibastuz, dans les villes de la région d'Almaty et à Almaty même, où le chevauchement des rues est apparu dans la nuit du 4 au 5 janvier dans un affrontement ouvert des manifestants avec la police, à la suite duquel l'akimat de la ville a été temporairement saisi. Cela a incité Kassym-Zhomart Tokayev à déclarer l'état d'urgence.

Il convient de noter que ces mobilisations à Almaty ont été suivies principalement par des jeunes sans emploi et des migrants internes vivant dans les banlieues de la métropole et occupant des emplois temporaires ou mal payés. Et les tentatives de les calmer par des promesses en réduisant le prix du gaz à 50 tenges, séparément pour la région de Mangistau et Almaty, n'ont satisfait personne.

La décision de Kassym-Zhomart Tokayev de limoger le gouvernement, puis d'écarter Nursultan Nazarbayev du poste de président du Conseil de sécurité, n'a pas non plus arrêté les protestations, puisque le 5 janvier, des rassemblements de protestation de masse ont commencé dans les centres régionaux du nord et de l'est du Kazakhstan, où ils n'existaient pas auparavant - à Petropavlovsk, Pavlodar, Ust-Kamenogorsk, Semipalatinsk. Dans le même temps, des tentatives ont été faites pour prendre d'assaut les bâtiments des akimats régionaux (gouvernements municipaux ou provinciaux) à Aktobe, Taldykorgan, Shymkent et Almaty.

À Zhanaozen même, lors de leur rassemblement indéfini, les travailleurs ont formulé de nouvelles revendications : la démission du président en exercice et de tous les fonctionnaires de Nazarbayev, le rétablissement de la Constitution de 1993 et des libertés associées pour créer des partis, des syndicats, libérer les prisonniers politiques et mettre fin à la répression. Un Conseil des aksakals a été immédiatement créé, qui est devenu une autorité informelle.

Ainsi, les revendications et les slogans qui sont maintenant utilisés dans les différentes villes et régions ont été diffusés à l'ensemble du mouvement, et la lutte a reçu un contenu politique. Des tentatives sont également faites sur le terrain pour créer des comités et des conseils afin de coordonner la lutte.

Dans le même temps, les troupes ont été rassemblées à Almaty, Aktau et Zhanaozen, et si tout s'est déroulé pacifiquement dans la région de Mangistau et que les soldats ont refusé de disperser les manifestants, les tirs ont commencé dans la capitale du sud, et dans la nuit du 5 au 6 janvier, des forces spéciales ont été introduites, qui ont commencé à nettoyer l'aéroport et les quartiers capturés par les rebelles. Selon diverses sources, il y aurait déjà des dizaines de manifestants tués.

Dans cette situation, il y a un danger de répression violente de toutes les protestations et grèves, et ici il est nécessaire de paralyser complètement le pays avec une grève générale. Par conséquent, il est urgent de former des comités d'action unifiés sur une base territoriale et de production afin de fournir une résistance organisée à la terreur militaire et policière.

À cet égard, le soutien de l'ensemble du mouvement ouvrier et communiste international, des associations de gauche est également nécessaire afin d'organiser une campagne à grande échelle dans le monde.

Le mouvement socialiste du Kazakhstan exige :

L'arrêt immédiat des hostilités contre notre peuple et le retrait des troupes des villes !

La démission immédiate de tous les officiels de Nazarbayev, y compris le président Tokayev !

La libération de tous les prisonniers et détenus politiques !

Garantie du droit pour les travailleurs de créer leurs propres syndicats, partis politiques, de faire grève et de tenir des réunions !

Légalisation des activités du Parti communiste du Kazakhstan et du Mouvement socialiste du Kazakhstan, tous deux interdits !

Nous appelons tous les travailleurs et toutes les travailleuses du pays à mettre en pratique la revendication des travailleurs du pétrole exécutés de Zhanaozen - nationaliser, sous le contrôle de collectifs de travail, toute l'industrie extractive et à grande échelle du pays !

source : https://www.idcommunism.com/2022/01/statement-by-socialist-movement-of-kazakhstan-on-the-situation-in-the-country.html

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PEPE ESCOBAR : NOUVEAU GRAND JEU DANS LE CAUCASE ET EN ASIE CENTRALE

Par Le 21/11/2021

Nouveau Grand Jeu dans le Caucase et en Asie centrale

Les joueurs s’unissent et s’affrontent si rapidement que l’échiquier de l’intégration eurasiatique ressemble à des chaises musicales prestissimo.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 19 novembre 2021

Asia Times 11 novembre 2021

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L’échiquier eurasien est en mouvement continu à une vitesse vertigineuse.

Après le choc de l’Afghanistan, nous sommes tous conscients de l’interconnexion progressive de l’Initiative Ceinture et Route (BRI), de l’Union économique eurasiatique (UEEA) et de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), ainsi que des rôles prééminents joués par la Russie, la Chine et l’Iran. Ce sont les piliers du Nouveau Grand Jeu.

Concentrons-nous maintenant sur certains aspects relativement négligés mais non moins importants du jeu – allant du Caucase du Sud à l’Asie centrale.

L’Iran, sous la nouvelle administration Raïssi, est désormais sur la voie d’une intégration commerciale et économique accrue avec l’UEEA, après son admission en tant que membre à part entière de l’OCS. Le pivot « vers l’Est » de Téhéran implique un renforcement de la sécurité politique ainsi que de la sécurité alimentaire.

C’est là que la mer Caspienne joue un rôle clé – car les routes commerciales inter-caspiennes contournent complètement les sanctions ou les tentatives de blocus américaines.

Une conséquence inévitable, à moyen et long terme, est que la sécurité stratégique renouvelée de l’Iran, ancrée dans la Caspienne, s’étendra également à l’Afghanistan, qui a des frontières avec deux des cinq voisins de la Caspienne : l’Iran et le Turkménistan.

Le processus d’intégration eurasiatique en cours prévoit la création d’un corridor transcaspien, nœud essentiel, qui partira du Xinjiang en Chine pour traverser l’Asie centrale, puis la Turquie, jusqu’à l’Europe de l’Est. Ce corridor est un travail en cours.

Une partie des travaux est menée par la CAREC (Central Asia Regional Economic Cooperation), qui regroupe stratégiquement la Chine, la Mongolie, le Pakistan, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, les cinq « stans » d’Asie centrale et l’Afghanistan. La Banque asiatique de Développement (ADB) en coordonne le secrétariat.

La CAREC n’est pas un organe de la Ceinture et la Route et de la Banque asiatique de Développement des Infrastructures (AIIB) piloté par la Chine. Toutefois, les Chinois ont une interaction constructive avec l’ADB, basée à Manille et orientée vers l’Occident.

L’Initiative Ceinture et Route développe ses propres couloirs via les « stans » d’Asie centrale et surtout jusqu’à l’Iran, désormais stratégiquement lié à la Chine par un accord à long terme de 400 milliards de dollars sur l’énergie et le développement.

Dans la pratique, le Transcaspien sera parallèle et complémentaire aux couloirs existants de la BRI. Ainsi, des composants de l’industrie automobile allemande chargent des trains de marchandises dans le Transsibérien à destination de coentreprises en Chine, tandis que les ordinateurs portables et les imprimantes de Foxconn et HP fabriqués à Chongqing font le chemin inverse vers l’Europe occidentale.

La mer Caspienne est en train de devenir un acteur clé du commerce eurasien depuis que son statut a finalement été défini en 2018 à Aktau, au Kazakhstan. Après tout, la Caspienne est un carrefour majeur qui relie simultanément l’Asie centrale et le Caucase du Sud, l’Asie centrale et l’Asie occidentale, ainsi que le nord et le sud de l’Eurasie.

C’est un voisin stratégique du Corridor international de Transport nord-sud (INSTC) – qui comprend la Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan et l’Inde – tout en reliant la BRI et l’UEEA.

Surveillez le Conseil turc

Toutes les interactions susmentionnées sont régulièrement discutées et planifiées lors du Forum économique annuel de Saint-Pétersbourg et du Forum économique oriental de Vladivostok, les principales réunions économiques de la Russie, parallèlement aux discussions de Valdaï.

Mais il y a aussi des interpolations entre les acteurs – certaines d’entre elles conduisant à des partenariats possibles qui ne sont pas exactement appréciés par les trois principaux membres de l’intégration de l’Eurasie : la Russie, la Chine et l’Iran.

Par exemple, il y a quatre mois, le ministre des Affaires étrangères du Kirghizstan, Ruslan Kazakbaev, s’est rendu à Bakou pour proposer un partenariat stratégique – baptisé 5+3 – entre les États d’Asie centrale et du Caucase du Sud.

C’est là que le bât blesse. Un problème spécifique est que le Turkménistan et l’Azerbaïdjan sont tous deux membres du Partenariat pour la Paix de l’OTAN – qui est un concert militaire – et également du Conseil turc, qui s’est lancé dans une campagne d’expansion résolue. Pour compliquer les choses, la Russie a également un partenariat stratégique avec l’Azerbaïdjan.

Conseil turc a le potentiel pour agir comme une clé de voûte dans les travaux – eurasiens. Il compte cinq membres : Turquie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan et Kirghizstan.

C’est le panturquisme – ou pan-touranisme – en action, avec un accent particulier sur le « une nation, deux États » turco-azéri. L’ambition est la norme : Le Conseil turc a activement tenté de séduire l’Afghanistan, le Turkménistan, l’Ukraine et la Hongrie pour qu’ils deviennent membres.

En supposant que l’idée du 5+3 fasse son chemin, cela conduirait à la formation d’une entité unique depuis la mer Noire jusqu’aux frontières du Xinjiang, en théorie sous prééminence turque. Et cela signifie la prééminence de l’OTAN.

La Russie, la Chine et l’Iran ne s’en réjouiront pas vraiment. Les huit membres du 5+3 sont tous membres du Partenariat pour la Paix de l’OTAN, tandis que la moitié d’entre eux (Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan et Arménie) sont également membres du contrepoids, l’OTSC dirigée par la Russie.

Les acteurs eurasiens savent parfaitement que, début 2021, l’OTAN a confié à la Turquie le commandement de sa Force opérationnelle interarmées à très haut Niveau de Préparation. Par la suite, Ankara a entamé une sérieuse campagne diplomatique – le ministre turc de la Défense Hulusi Aka s’est rendu en Libye, en Irak, au Kirghizstan et au Tadjikistan.

Traduction : C’est la Turquie – et non les Européens – qui projette la puissance de l’OTAN à travers l’Eurasie.

Ajoutez à cela deux exercices militaires récents, Anatolian 21 et Anatolian Eagle 2021, axés sur les opérations spéciales et le combat aérien. Anatolian 21 a été mené par les forces spéciales turques. La liste des participants était assez importante, en termes d’arc géopolitique. Outre la Turquie, nous avions l’Albanie, l’Azerbaïdjan, le Pakistan, le Qatar, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan – avec la Mongolie et le Kosovo comme observateurs.

Une fois de plus, c’est le panturquisme – ainsi que le néo-ottomanisme – en action.

Regardez le nouvel Intermarium

Les spéculations des nostalgiques de Brzezinski selon lesquelles un 5+3 réussi, plus un Conseil turc élargi, conduiraient à l’isolement de la Russie dans de vastes étendues d’Eurasie sont oiseuses.

Rien ne prouve qu’Ankara serait en mesure de contrôler les corridors pétroliers et gaziers (il s’agit d’un territoire de premier ordre pour la Russie et l’Iran) ou d’influencer l’ouverture de la Caspienne aux intérêts occidentaux (cette question relève des voisins de la Caspienne, qui comprennent, une fois encore, la Russie et l’Iran). Téhéran et Moscou sont tout à fait conscients des jeux d’espionnage animés Erdogan/Aliyev qui se déroulent constamment à Bakou.

Pour sa part, le Pakistan a beau entretenir des relations étroites avec la Turquie – et le combo turco-azéri. Pourtant, cela n’a pas empêché Islamabad de conclure un énorme accord militaire avec Téhéran.

Selon cet accord, le Pakistan formera des pilotes de chasse iraniens et l’Iran formera les forces spéciales antiterroristes pakistanaises. L’armée de l’air pakistanaise dispose d’un programme de formation de classe mondiale, tandis que Téhéran possède une expérience de premier ordre dans les opérations antiterroristes en Irak/Syrie ainsi qu’à ses frontières sensibles avec le Pakistan et l’Afghanistan.

Le couple turco-azéri doit être conscient que le rêve de Bakou de devenir une plaque tournante du commerce et des transports dans le Caucase ne peut se réaliser qu’en étroite coordination avec les acteurs régionaux.

Il est toujours possible qu’un corridor de commerce et de connectivité turco-azéri soit étendu au cœur de l’Asie centrale à base turque. Cependant, la récente intervention musclée de Bakou après la victoire militaire dans le Nagorny-Karabakh a, comme on pouvait s’y attendre, provoqué un retour de bâton. L’Iran et l’Inde développent leurs propres idées de corridors vers l’Est et l’Ouest.

Il revenait au président de l’Organisation iranienne de Promotion du Commerce, Alireza Peymanpak, de préciser que « deux routes de transit alternatives Iran-Eurasie remplaceront la route de l’Azerbaïdjan ». La première devrait s’ouvrir prochainement, « via l’Arménie » et la seconde « par voie maritime en achetant et en louant des navires ».

Il s’agissait d’une référence directe, une fois de plus, à l’inévitable corridor international de transport Nord-Sud : des voies ferroviaires, routières et maritimes sillonnant 7 200 kilomètres et reliant la Russie, l’Iran, l’Asie centrale, le Caucase, l’Inde et l’Europe occidentale. L’INSTC est au moins 30% moins cher et 40% plus court que les routes tortueuses existantes.

Bakou – et Ankara – doivent faire preuve d’une grande habileté diplomatique pour ne pas se retrouver exclus de l’interconnexion, même si l’itinéraire initial de l’INSTC reliait l’Inde, l’Iran, l’Azerbaïdjan et la Russie.

Deux camps semblent irréconciliables à ce stade particulier : La Turquie et l’Azerbaïdjan, d’une part, et l’Inde et l’Iran, d’autre part, le Pakistan se trouvant dans une position intermédiaire inconfortable.

Le fait marquant est que New Delhi et Téhéran ont décidé que l’INSTC passerait par l’Arménie – et non par l’Azerbaïdjan – jusqu’à la Russie.

C’est une terrible nouvelle pour Ankara – une blessure que même un Conseil turc élargi ne pourra pas guérir. Bakou, pour sa part, pourrait avoir à faire face aux conséquences désagréables d’être considéré par les principaux acteurs eurasiens comme un partenaire peu fiable.

Quoi qu’il en soit, nous sommes encore loin de la finalité exprimée par le légendaire mantra des casinos, « Rien ne va plus ». Il s’agit d’un échiquier en perpétuel mouvement.

N’oublions pas, par exemple, les Neuf de Bucarest : Bulgarie, République Tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie et Slovaquie. Il s’agit d’un rêve humide de l’OTAN : le dernier remix de l’Intermarium, qui consiste à bloquer de facto la Russie hors de l’Europe. Une équipe dominante de 5 +3 et des Neuf de Bucarest serait la tenaille ultime en termes d’« isolement » de la Russie.

Mesdames et Messieurs, faites vos jeux.

Pepe Escobar

 

Article original en anglais :

New Great Game in the Caucasus and Central Asia

source : https://asiatimes.com

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Asia Times

Copyright © Pepe EscobarAsia Times, 2021

https://www.mondialisation.ca/nouveau-grand-jeu-dans-le-caucase-et-en-asie-centrale/5662438

Dans ASIE

DECLARATION DU PARTI COMMUNISTE DU BANGLADESH SUR LA SITUATION RECENTE EN AFGHANISTAN

Par Le 19/08/2021

18 Août 2021

 

 

Déclaration du Parti communiste du Bangladesh sur la situation récente en Afghanistan
8/18/21 12:55 PM
17 août, 2021

Dhaka, Bangladesh  

La résurgence du gouvernement taliban en Afghanistan est une menace sérieuse pour la sécurité de l'Asie du Sud : CPB

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Le Parti communiste du Bangladesh (CPB) a exprimé sa profonde inquiétude face à l'incident "dramatique" et dangereux de la prise de pouvoir par les talibans en Afghanistan. Dans une déclaration primaire sur les derniers développements en Afghanistan publiée le 17 août 2021, le président du CPB, Mujahidul Islam Selim, et le secrétaire général, Mohammad Shah Alam, ont déclaré que le pouvoir avait été remis aux Talibans à la veille du retrait des troupes américaines après 20 ans de guerre agressive en Afghanistan. Après une longue période sombre d'occupation américaine dans ce "jeu de piste" de l'impérialisme, le peuple afghan est maintenant confronté à la barbarie médiévale du régime violent et fanatique des talibans. Alors que le retrait des troupes américaines d'Afghanistan est souhaité depuis longtemps par le peuple de ce pays et par le monde entier, le régime taliban ne constitue en aucun cas une alternative. Aujourd'hui, l'Afghanistan est passé d'une marmite bouillante à une fournaise ardente. Une profonde conspiration se cache derrière la résurgence des talibans. Elle est également liée à des milliards de dollars de trafic de drogue et de commerce illégal d'armes.

Dans cette déclaration, les dirigeants du CPB ont qualifié la résurgence du régime taliban en Afghanistan de menace sérieuse pour la sécurité de l'ensemble de l'Asie du Sud. Les dirigeants du CPB ont appelé à la vigilance contre l'utilisation du pouvoir des talibans en Afghanistan pour créer des tensions en Asie du Sud et pour "exporter" l'influence des talibans dans divers pays, dont le Bangladesh.

Nouvelles envoyées par-

Hasan Tarique Chowdhury

source : http://www.solidnet.org/article/CP-of-Bangladesh-Statement-of-the-Communist-Party-of-Bangladesh-on-Recent-situation-in-Afghanistan/

Chef du Département international et membre du Comité central

CPB

Tag(s) : #Bangladesh#Communiste#Afghanistan#CPB

 

Dans ASIE

LA VIOLENCE CONTRE LES ASIATIQUES EXPLOSE EN AMERIQUE DU NORD

Par Le 19/05/2021

«Asiaphobie»: la violence contre les Asiatiques explose en Amérique du Nord

© Sputnik . Sergey Pyatakov

AMÉRIQUE DU NORD

12:22 19.05.2021(mis à jour 14:38 19.05.2021)URL courte

Par 

20333

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Les États-Unis et le Canada font face à une multiplication des actes de violence contre des gens d’origine asiatique. Au pays de l’oncle Sam, plus de 6.600 incidents violents ont été signalés depuis le début de la pandémie. Dans la ville canadienne de Vancouver, ce type de crimes a augmenté de 717% en un an! Un phénomène appelé à empirer?

Le 18 mai, un Asiatique était molesté dans le quartier de Hell’s Kitchen de New York. Insultes, agressions physiques, tentatives de meurtre, fausses alertes à la bombe: la presse américaine rapporte de plus en plus d’actes haineux commis à l’encontre de citoyens originaires d’Extrême-Orient. Selon une étude du Centre pour l’étude de la haine et de l’extrémisme de l’université de San Bernardino, en Californie, les signalements de crimes similaires ont augmenté de plus de 164% durant le premier trimestre de 2021. Les données ont été enregistrées dans seize grandes villes du pays.

​Une vidéo de surveillance publiée mardi montrant un homme #Asian de 80 ans en Californie du Nord être attaqué et volé par deux adolescents samedi. La police a déclaré que la victime avait perdu sa montre et subi des blessures mineures.

Rappelons que, à la mi-mars 2021, huit personnes ont été tuées dans une série d’attaques à Atlanta, parmi lesquelles six femmes d’origine asiatique.

Les autorités sont inquiètes

Dans la mégapole californienne de Los Angeles, c’est le double du nombre d’agressions qui a été enregistré par rapport à 2020. Selon l’organisme Stop AAPI Hate [Asian Americans and Pacific Islanders, ndlr], plus de 6.600 incidents violents ont été signalés sur le territoire depuis la première vague de Covid-19. Sur les réseaux sociaux, les mots-clics #AsianLivesMatter, #StopAsianHate et #StopAppiHate sont couramment utilisés pour dénoncer la situation.

​«Vidéo choc: un homme asiatique brutalement attaqué dans le métro de New York! On ne sait pas exactement quand l’agression a eu lieu. Le service de police de la ville de New York demande l'aide du public pour recueillir des informations sur l'incident.»

Le Canada tout aussi touché par «l’asiaphobie»

 

© AFP 2021 MARK FELIX

Racisme anti-asiatique: le Covid-19 exacerbe les violences en France et dans le monde

Au pays à la feuille d’érable, les actes haineux commis contre des citoyens d’origine asiatique connaissent une recrudescence spectaculaire. Dans la ville portuaire de Vancouver, où évolue une importante communauté chinoise, ce type de crime a augmenté de 717% depuis la pandémie! Campagnes de sensibilisation et manifestations s’enchaînent afin d’attirer l’attention du public sur une réalité consternante.

 

Cofondatrice de l’organisme Stand With Asians Coalition, au Canada, Doris Mah observe d’importantes similitudes entre la situation dans son pays et celle qui prévaut aux États-Unis. Au micro de Sputnik, elle confie craindre toutefois que le phénomène ne dégénère davantage au sud de la frontière canadienne.

«Le racisme envers les personnes asiatiques n’est pas nouveau au Canada. Il s’est notamment manifesté à travers les politiques discriminatoires de l’ex-Premier ministre John A. Macdonald envers les immigrés chinois. […] La pandémie de Covid-19 a réactivé quelque chose qui s’était quelque peu dissipé. […] Le tout premier cas de Covid-19 enregistré au Canada a été amené par un Torontois qui avait séjourné à Wuhan. Les gens sont fâchés», souligne notre interlocutrice.

Le 22 avril dernier, devant une situation qui se dégrade, le Sénat américain a adopté une législation visant à accélérer le traitement des plaintes relatives à ces agressions xénophobes. Un seul sénateur sur 94 a voté contre l’adoption du texte.

«Le racisme a toujours existé en Amérique, malheureusement, et l’empreinte du sentiment anti-asiatique remonte à des siècles jusqu'à des chapitres sombres de notre histoire, comme la loi d'exclusion chinoise et l'internement des citoyens japonais pendant la Seconde Guerre mondiale», a déclaré avant le vote Chuck Schumer, le chef de la majorité démocrate au Sénat.

Plus de 85 groupes asiatiques LGBT s’opposent toutefois à la nouvelle disposition, arguant qu’elle fait l’impasse sur les causes et conséquences «systémiques» du racisme. Une opposition qui n’empêche pas Doris Mah de souhaiter que le Canada mette en place le même genre de mesure. D’autant plus que, selon elle, la grande majorité des incidents à caractère haineux n’est pas rapportée aux autorités.

«Dans la communauté chinoise en particulier, il y a une sorte de culture du silence. Notre organisme entend mener à bien un travail d’éducation pour inciter les victimes de ces actes à dénoncer. […] Certains immigrés asiatiques viennent aussi de pays où la police est très corrompue, alors, même une fois installés au Canada, ils ne font pas confiance aux autorités», explique Doris Mah.

Début février 2020, à l’occasion d’une célébration du nouvel an chinois à Toronto, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, avait tenté de réconforter les membres de la communauté asiatique:

«Les Canadiens d’origine chinoise, vietnamienne et coréenne rendent cette ville plus forte, plus vibrante, plus prospère. […] Les manchettes ont été difficiles pour vous ces dernières semaines. Vous vous inquiétez pour vos proches. Nous devons être solidaires», avait déclaré le chef libéral.

Du côté américain, une étude récente du centre Pew Research a conclu que près d’un tiers des adultes asiatiques voyaient un lien entre le discours de Donald Trump relatif au «virus chinois» et la prolifération des gestes de haine.

Les Asiatiques accusés d’avoir propagé le virus

 

Donald Trump

© REUTERS / MANDEL NGAN

Pékin payera «un prix élevé»: Trump s’en prend de nouveau à la Chine à cause du Covid-19

L’ex-Président républicain aurait ainsi contribué au retour de la rhétorique sur le «péril jaune». Pour Doris Mah, le discours de Donald Trump a sans doute jeté de l’huile sur le feu, mais ne peut pas tout expliquer, surtout au Canada. La montée en puissance de la Chine contribuerait également à instaurer un climat de suspicion en Amérique du Nord, reconnaît-elle:

 

«Tous les incidents qui se produisent ne sont pas des agressions physiques ou ne causent pas des dommages matériels. Parfois, il s’agit d’une haine plus subtile. […] La réussite sociale des citoyens asiatiques semble aussi parfois déranger. […] Il y a un mélange de peur et de méfiance», conclut notre interlocutrice.

https://fr.sputniknews.com/amerique-nord/202105191045622398-asiaphobie-la-violence-contre-les-asiatiques-explose-en-amerique-du-nord/

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ASIE CENTRALE : NOUVEAU JEU AMERICAIN POUR AFFRONTER LA CHINE

Par Le 18/05/2021

Le jeu américain en Asie centrale pour affronter la Chine

Monday, 17 May 2021 6:34 PM  [ Last Update: Monday, 17 May 2021 6:31 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le retrait des troupes US d'Afghanistan consisterait à piéger la Chine. ©New York Times/Illustration

Le retrait des troupes américaines d'Afghanistan et la possibilité d'établir une base militaire américaine en Asie centrale, marquent le début d’un complot d’envergure contre la Chine.

Conformément à la stratégie euro-atlantique (Europe-Atlantique), les activités américaines en Asie centrale sont un jeu qui a été activement promu pour freiner l'expansion mondiale de Pékin au cours des deux ou trois dernières années, a estimé Andrey Serenko, expert auprès du centre russe d’études l'Afghanistan contemporain.

La première étape de la mise en œuvre de la stratégie occidentale en Asie centrale consiste à transformer la présence militaro-politique américaine en Afghanistan, ce qui permettrait à Washington non seulement de sortir du piège de l'Afghanistan, mais aussi de créer de nouveaux défis graves pour la Chine.

Lire aussi : Se liguer contre Chine-Russie, le cauchemar États-Unis-Occident (Global Times)

Kremlin considère l'émergence d'une base militaire américaine dans une république d'Asie centrale comme acte provocateur; le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou y a réagi lors d’une visite à Douchanbé et Tachkent.

Le retrait des Etats-Unis et de l’OTAN d'Afghanistan modifie la position américaine dans le conflit de longue date en Afghanistan, a affirmé l’expert en accusant Washington de transférer automatiquement les problèmes de l'Afghanistan aux pays de la région, principalement la Chine, la Russie, l'Inde, le Pakistan, l'Iran, la Turquie et l'Arabie saoudite.

Lire aussi : Mer de Chine orientale: exercices entre les USA et ses alliés 

La Chine devra s'engager activement dans la résolution des problèmes de l'Afghanistan et assumer la charge de surmonter d’autres défis dans la région. Ce sens des responsabilités n'est pas seulement dû à la position de Pékin en tant que superpuissance mondiale; au contraire, l'Afghanistan borde directement la République populaire de Chine.

Mais, le retrait des troupes américaines et de l'OTAN d'Afghanistan entraînera la destruction de l'infrastructure de l'Occident, qui dépend largement du Pakistan, un des principaux partenaires de la Chine dans la région notamment pour le projet de Pékin de construire un couloir de transport inter-régional entre la Chine et le Pakistan; le retrait américain risquant de laisser la place à un plan relativement attractif pour transformer la présence militaro-politique américaine dans la région.

Lire aussi : Comment Pékin compte miner le camp US?

De nombreux partis et élites ne manqueront pas de réagir à la présence américaine dans la région d'Asie centrale. Les États-Unis semblent vouloir diriger leur énergie, leur puissance et leurs aspirations pour contrer leurs rivaux en Eurasie.

De toute évidence, Washington s’en prend ouvertement à Pékin, répandant systématiquement son piège politique le long des frontières occidentales de la Chine et des pays voisins en Afghanistan, au Pakistan et en Asie centrale.

De quoi attendre de voir ce que la Chine fera dans ce nouveau jeu avec les États-Unis.

Un pacte

Un pacte

La Chine annonce son soutien total à la Russie... total y compris militaire?

https://french.presstv.com/Detail/2021/05/17/652891/Afghanistan-retrait-Chine-USA-OTAN

Dans ASIE

PRESENCE CONFIRMEE DU LEADER DE LA JUNTE BIRMANE AU SOMMET DE L’ASEAN LE 24 AVRIL

Par Le 17/04/2021

Présence confirmée du leader de la junte birmane au sommet de l’Asean

Présence confirmée du leader de la junte birmane au sommet de l’Asean

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Par Belga

Le dirigeant de la junte birmane, le général Min Aung Hlaing, prendra part au sommet spécial de l'Asean de la semaine prochaine à Jakarta, a annoncé samedi le ministère thaïlandais des Affaires étrangères.

«Plusieurs leaders ont confirmé leur présence, dont MAH (Min Aung Hlaing) de Birmanie», a affirmé à la presse Tanee Sangrat, le porte-parole du ministère. Un sommet des dix pays de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) est prévu le 24 avril à Jakarta pour étudier la situation en Birmanie après le coup d'Etat du 1er février, qui a écarté du pouvoir la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi.

La confirmation de la présence à Jakarta du leader de la junte - dont ce serait le premier déplacement à l'étranger - coïncide avec l'annonce de la libération de quelque 23.000 prisonniers à l'occasion des célébrations de la nouvelle année bouddhiste. Les autorités n'ont pas précisé si des civils ou des journalistes arrêtés ces dernières semaines durant les manifestations de contestation populaire contre le coup d'Etat pourraient figurer parmi les prisonniers libérés.

https://french.alahednews.com.lb/39661/341

Dans ASIE

BIRMANIE : LA JEUNESSE MASSIVEMENT MOBILISEE CONTRE LE COUP D’ETAT DES MILITAIRES PUTSCHISTES

Par Le 20/02/2021

20 Février 2021

publié le 19/02/2021
Birmanie : La jeunesse mobilisée pour la démocratie

Malgré l’instauration de la loi martiale interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes ainsi que le couvre-feu, les Birmans manifestent depuis le 6 février dernier contre le coup d’État militaire qui a mené à la destitution de la cheffe du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi, et du président, Myint Swe.

Depuis 2007 et la « révolution de safran », la Birmanie n’avait pas connu de mobilisation aussi importante. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont envahi ces derniers jours les rues de villes comme Rangoun ou Naypyidaw pour protester contre le coup d’État. Les hôpitaux, les transports, les écoles et les finances publiques sont touchés par la mobilisation des salariés malgré les tentatives de dissuasion de leur hiérarchie. Cette désobéissance déplaît fortement à Tatmadaw, l’armée du pays, qui a pour seule réponse la répression.

Canons à eau, tirs de balles en caoutchouc, arrestations massives de manifestants et d’élus, déploiement de blindés et de militaires, intimidations, interpellations nocturnes…tout est mis en œuvre pour faire accepter la situation aux Birmans. La junte a annoncé vouloir organiser un scrutin d’ici un an et mettre en place une « véritable démocratie multipartite » à laquelle personne ne semble vraiment croire.

Le mouvement de désobéissance mené en grande majorité par la jeunesse du pays ne faiblit pas, s’adapte et innove. Comme dans bon nombre de pays, les réseaux sociaux jouent un rôle important de mobilisation, d’information et de communication, au sein même du pays et bien au-delà. La Tatmadaw a rapidement réagi en bloquant Internet à plusieurs reprises et en censurant des réseaux tels que Facebook et Twitter. Mais c’est sans compter la détermination des jeunes qui n’hésitent à contourner ces interdictions en installant des systèmes VPN sur leurs téléphones portables. Toutefois leur mobilisation ne se limite pas à la toile, les protestations se font également dans la rue. Chants, chorégraphies, concerts, clips musicaux, flash mob… les arts envahissent la rue pour exiger le départ de la junte militaire et le retour de la démocratie en Birmanie. La chanson populaire Kabar Ma Kyay Bu (« Nous n’oublierons pas jusqu’à la fin du monde »), emblématique des manifestations de 1988 pour la démocratie elles aussi réprimées dans le sang par l’armée, se fait de nouveau entendre dans les rassemblements populaires.

A chaque jour son originalité, ce mercredi 17 février le mot d’ordre était : « Garez votre voiture en panne ». Ainsi, les manifestants ont arrêté leur voiture sur des routes, bloquant plusieurs axes de circulation de Rangoun afin d’empêcher l’armée de se déployer pour faire évacuer les rassemblements.

Le Parti communiste français (PCF) s’associe à l’appel du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui demande le rétablissement du gouvernement élu lors des élections générales en novembre dernier, ainsi que la libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes détenues arbitrairement et la levée de l’état d’urgence.

La détermination pacifiste de la jeunesse birmane pour le retour de la démocratie, de la paix, des droits de l’homme et de l’Etat de droit est forte, elle nécessite le soutient indéfectible et des actes forts de la part des pays membres du conseil de sécurité de l’ONU, et en premier lieu de la France.

Le PCF appelle à une mobilisation de solidarité internationale en soutien au peuple birman dans sa lutte pour recouvrer ses libertés, rétablir la démocratie et pour le respect des droits de l’homme et du droit international.

Méline Le Gourriérec
membre de la Commission des relations internationales

source : https://www.pcf.fr/birmanie_la_jeunesse_mobilisee_pour_la_democratie

Tag(s) : #Birmanie#PCF

Dans ASIE

JAPON : LORS DU RECENT SEISME, DE L’EAU RADIOACTIVE S’EST DEVERSE DANS DEUX CENTRALES DE FUKUSHIMA

Par Le 14/02/2021

Centrale nucléaire Fukushima Daini (Fukushima 2)

De l'eau radioactive se déverse dans deux centrales de Fukushima pendant le récent séisme

© CC BY-SA 2.0 / IAEA Imagebank/Tokyo Electric Power Co., TEPCO / 04780014

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17:26 14.02.2021(mis à jour 17:27 14.02.2021)URL courte

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L’opérateur des centrales nucléaires de Fukushima 1 et 2 a annoncé que le tremblement de terre du 13 février avait entraîné le débordement d’eau des piscines contenant du combustible usé, selon l’agence japonaise de régulation du nucléaire.

Les spécialistes de la société japonaise Tokyo Electric Power Company (TEPCO) ont constaté des fuites d'eau des piscines de combustible irradié dans les centrales nucléaires de Fukushima Daiichi et Daini (1 et 2) suite au séisme de magnitude 7,3 qui s’était produit au large de la préfecture de Fukushima le 13 février, a annoncé ce dimanche 14 février la Commission de réglementation de l'énergie nucléaire japonaise (NRA).

«Une inspection a révélé que quelque 160 millilitres d’eau se sont déversés dans un fossé à côté d’une piscine pour stocker le combustible nucléaire usé de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, réacteur 1, en vue du décommissionnement dans la préfecture de Fukushima», a indiqué NRA dans un communiqué.

Environ 1,4 litre de liquide s'est répandu d'une autre piscine, a précisé l’agence, soulignant que ce débordement n’influait pas sur le refroidissement du combustible irradié.

Fuites d’eau radioactive à la centrale accidentée de Fukushima 1

L’agence a confirmé l’information de la chaîne de télévision japonaise NHK qui avait fait état du déversement de 600 millilitres d’eau d’une piscine au réacteur 5 et de 1,6 litre au réacteur 6 de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi (Fukushima 1).

Selon NRA, une autre fuite de 600 millilitres d’eau a été enregistrée dans une piscine utilisée pour le stocker le combustible usé des réacteurs 5 et 6.

NHK avait indiqué que cet incident ne représentait pas de danger pour l’environnement puisque le volume d’eau déversée était faible et que sa teneur en matières radioactives était insignifiante.

Séisme du 13 février

Un tremblement de terre de magnitude 7,3 s’est produit dans le Pacifique, au large de la préfecture japonaise de Fukushima le 13 février, à 23h08 (14h08 UTC). Son foyer se trouvait à une profondeur de 55 kilomètres.

Les secousses ont été ressenties dans au moins 10 préfectures du nord, du nord-est et du centre du pays, y compris à Tokyo. Leur intensité maximale a atteint Shindo 6, sur l'échelle d'intensité sismique japonaise qui va jusqu'au niveau 7 (7 étant le plus fort), dans les préfectures de Fukushima et de Miyagi. Au centre de Tokyo, l’intensité du séisme a été évaluée à Shindo 4.

Selon un nouveau bilan, le séisme a fait au moins 124 blessés dont 66 dans la préfecture de Fukushima.

En 2011, ce même district avait été frappé par un tremblement de terre de magnitude 9,0 qui a fait près de 16.000 morts et plus de 2.500 disparus. Le tsunami qui s’en était ensuivi avait entraîné une catastrophe majeure à la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima 1), provoquant l’évacuation de quelque 160.000 personnes.

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202102141045223815-de-leau-radioactive-se-deverse-dans-deux-centrales-de-fukushima-pendant-le-recent-seisme/

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PUTSCH MILITAIRE EN BIRMANIE ET ARRESTATION PAR L'ARMEE DE LA DIRIGEANTE PRO AMERICAINE. BIDEN DEMARRE MAL SON MANDAT FACE A LA PUISSANTE CHINE

Par Le 01/02/2021

Putsch en Birmanie ou comment les USA vivent les mêmes revers en mer Noire, en mer de Chine et dans le golfe persique

Monday, 01 February 2021 2:33 PM  [ Last Update: Monday, 01 February 2021 2:32 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le coup d'Etat au Myanmar/Avia

Et bien la Chine vient de le prouver, elle sait ne pas faire dans la dentelle : un peu à la manière de la Russie dans le dossier du Haut Karabakh où le conflit Arménie-Azerbaïdjan risquait de se transformer en une crise sécuritaire majeure pour Moscou, la Chine a agi à la cosaque au Myanmar. A peine quelques jours après la simulation chinoise d’une attaque contre un porte-avions de la marine américaine dans la mer de Chine méridionale, la Birmanie, arrière-cour de la Chine, vit un coup d'Etat. L’armée birmane a arrêté la pro-américaine dirigeante Aung San Suu Kyi et déclaré l'état d'urgence pour un an. Le motif? la fraude massive dans les élections, fraudes visiblement diligentés depuis l'extérieur et dans l'objectif de faire perdre à la Chine, un allié de taille. 

Bataille navale Iran/Chine contre les USA?

Bataille navale Iran/Chine contre les USA?

Un accord stratégique de 25 ans a été signé entre Pékin et Téhéran... Son contenu inquiète les USA et à raison...

En effet, le 11 janvier, les autorités birmanes et chinoises ont signé un protocole d’accord sur une étude de faisabilité d’une future liaison ferroviaire entre Mandalay, la deuxième ville birmane, au Nord, et Kyaukphyu. Le projet s’intègre dans les « Nouvelles Routes de la Soie » (Belt and Road Initiative, BRI), promues  par Pékin et renvoie à l’expansion du China-Myanmar Economic Corridor (CMEC), un couloir économique sino-birman intégré à la BRI. C'est un couloir à dimension militaire qui boost les liens militaires et le commerce des armes non seulement avec la Birmanie mais encore avec d'autres pays d’Asie comme le Pakistan, le Sri Lanka, les Maldives ou encore Bangladesh. Pékin n'aurait pu donc risquer un virage pro Occident au Myanmar 

À écouter : USA: la Chine ne restera pas les bras croisés

Ces derniers jours la mer de Chine n'a cessé de se ressembler au golfe Persique, la tension étant à son apogée entre une US Navy jouant de ses muscles et une armée chinoise ultra actives sur tous les fronts. Celle-ci a envoyé huit bombardiers H-6K, quatre avions de combat J-16 et un avion de guerre anti-sous-marin Y-8 survoler Taiwan et la voie navigable contestée alors que le groupe de frappe du porte-avions Theodore Roosevelt de la marine naviguait dans la mer de Chine méridionale samedi dernier. Des bombardiers chinois ont récemment simulé une attaque contre un porte-avions de la marine américaine dans la mer de Chine méridionale. Les données de suivi indiquent que le groupe d'attaque des transporteurs américains est entré dans la mer de Chine méridionale par le canal de Bashi alors que les chasseurs chinois traversaient la zone d'identification de la défense aérienne de Taiwan. Le lendemain, un analyste militaire non identifié du continent a déclaré au Global Times, affilié à l'État chinois, que la décision chinoise avait peut-être été un exercice d'entraînement destiné à « renforcer la capacité de combat de l'APL contre les porte-avions américains », car les bombardiers pourraient s'entraîner à lancer une attaque par saturation contre les navires américains.

Chine: l'USS Roosevelt, frappé!

Chine: l'USS Roosevelt, frappé!

Après le golfe Persique, la mer de Chine ou golfe Persique

Mais que cherchent les Etats-Unis au juste? 

La stratégie de Biden tend à mener une guerre hybride à la fois contre la Chine et la Russie, guerre qui passerait par l'imposition d'un régime d'isolement aux deux puissances et ce, dans le but de provoquer un changement de régime grâce à une combinaison de mesures politiques, économiques et militaires. Aussi la composante militaire consiste-t-elle à renforcer les capacités navales, aériennes et spatiales de blocus et de frappe dirigés contre l'axe sino-russe mais aussi contre tous les pays allés ou partenaires. L'Amérique de Biden semble se projeter vers des frappes navales et aériennes à longue portée utilisant des armes hypersoniques et des munitions en essaim, et abandonnant  ses chars et son artillerie lourde, l'expérience des défaites consécutives face à la Résistance et ses combats asymétrique l'ayant visiblement poussé en ce sens. Certains analystes voient même à travers cette propension vers des opérations à  longue portée, des arsenaux de missiles et même des capacités anti-navires, l'écho d'un leçon moyen orientale où la force terrestre US n'a jamais été plus qu'une proie facile. Washington misant donc face à des adversaires de tailles russe et chinois sur la guerre «sans contact». Or dans cette stratégie, les états satellites US  se voient attribuer le rôle de «saignement». Or c'est là que le bat blesse.

La Chine déclare la guerre...

La Chine déclare la guerre...

La Chine durcit le ton et avertit Taïwan 

En Pacifique, les pays concernés où les États-Unis ont actuellement des bases comprennent le Japon et la Corée du Sud, qui ne considèrent ni l'un ni l'autre leur relation avec la Chine comme un jeu à somme nulle. Les Philippines, l'Indonésie, Singapour, la Thaïlande ne montrent aucun signe de vouloir donner aux États-Unis un chèque en blanc dans une situation autre qu'une menace majeure pour leurs propres intérêts vitaux de la part de la Chine. C'est à peu près le même écueil qu'au Moyen Orient et dans le golfe Persique où même le pire ennemi de l'Iran, l'Arabie saoudite, n'est disposé à jouer ad vitaam eternum le rôle de bouc émissaire pour les Etats-Unis. Le coup d'Etat en Birmanie vient de tirer la sonnette d'alarme à l'adresse d'une Amérique dont l’obsession belliciste commence à lui jouer des tours. Entre la mer de Chine, la mer Noire ou encore le golfe Persique, il y a une dynamique anti -Empire qui s'est dégagée et qui commence à faire ses fruits. 

1er clash militaire Biden/Pékin

1er clash militaire Biden/Pékin

https://french.presstv.com/Detail/2021/02/01/644294/Chine-USA-Birmanie-clash-Taiwan

 

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COUP D'ETAT MILITAIRE EN BIRMANIE : COMME ILS EN ONT L'HABITUDE, LES USA S'INGERENT ET SE DECLARENT PRETS A AGIR

Par Le 01/02/2021

Joe Biden

Coup d'État en Birmanie: les États-Unis se déclarent prêts à «agir»

© REUTERS / JONATHAN ERNST

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06:16 01.02.2021(mis à jour 10:30 01.02.2021)URL courte

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Washington condamne le putsch contre le gouvernement démocratiquement élu d'Aung San Suu Kyi en Birmanie et promet d’«agir contre les responsables» si les arrestations «ne sont pas abandonnées».

Les États-Unis exigent la libération par l'armée birmane de plusieurs dirigeants interpellés, dont la chef de facto du gouvernement Aung San Suu Kyi, et menacent de réagir en cas de refus.

«Les États-Unis s'opposent à toute tentative de modification des résultats des récentes élections ou d'entrave à une transition démocratique en Birmanie et vont agir contre les responsables si ces mesures [les arrestations, ndlr] ne sont pas abandonnées», informe dans un communiqué la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki.

Nous «exhortons l'armée à adhérer aux normes démocratiques et au respect de l'État de droit et à relâcher les personnes arrêtées aujourd'hui», ajoute-t-elle.

La dirigeante Aung San Suu Kyi arrêtée

L'ancienne icône de la démocratie en Birmanie, Aung San Suu Kyi, et le Président Win Myint ont été arrêtés par les forces armées birmanes, d'après son parti qui fait état d'un probable «coup d'État».

 

Aung San Suu Kyi et Win Myint

© AFP 2020 STR

L'armée prend le pouvoir en Birmanie, la dirigeante Aung San Suu Kyi arrêtée

Ces arrestations interviennent alors que le Parlement issu des législatives de novembre devait entamer sa première session dans quelques heures.

 

Les militaires dénonçaient depuis plusieurs semaines plus d'une dizaine de millions de cas de fraudes lors des législatives de novembre, remportées largement par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), déjà au pouvoir depuis 2015.

La Birmanie est sortie il y a tout juste 10 ans d'un régime militaire au pouvoir pendant presque un demi-siècle. Les deux derniers coups d'État depuis l'indépendance du pays en 1948, remontent à 1962 et 1988.

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202102011045159822-coup-detat-en-birmanie-les-etats-unis-se-declarent-prets-a-agir/

 

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L'UNION ECONOMIQUE EURASIATIQUE DU KAZAKHSTAN JUSQU'A CUBA

Par Le 26/12/2020

L’Union économique eurasiatique: du Kazakhstan jusqu’à Cuba

 Depuis 2 jours  23 décembre 2020

union

 Asie et Afrique - Kazakhstan

 

 

 

 

L’Union économique eurasiatique (UEEA) a accordé le statut d’observateurs à l’Ouzbékistan et Cuba, élargissant par la même occasion son influence régionale et internationale. Retour sur les développements récents et moins récents.

Malgré la vive opposition de nombre d’Etats occidentaux aux processus d’intégration dans l’espace eurasiatique ex-soviétique, principalement de Washington, rien ne semble pour le moment pouvoir stopper un processus enclenché depuis les années 1990 comme une initiative personnelle de Noursoultan Nazarbaïev, devenue une réalité en 2014. Depuis ledit processus poursuit sa lancée.

Il est important encore une fois de rappeler le rôle précisément du Kazakhstan et notamment de son ex-président Nazarbaïev pour que l’UEEA voie le jour. En effet, le leader kazakh à l’instar de nombreux habitants d’Asie centrale était opposé à l’éclatement de l’URSS. Mais lorsque la fin de l’Union soviétique était en train de devenir une réalité, il avait cherché dès les premiers moments à créer et bâtir un autre cadre d’intégration et d’interaction dans l’espace eurasien post-soviétique. Et ce aussi bien dans l’intérêt de son pays le Kazakhstan, que de nombreux autres Etats ayant composé l’URSS.

Dans un commentaire récent, accordé dans le cadre du film-documentaire Traits pour un portrait et diffusé par la chaîne de télévision Khabar, le premier président du Kazakhstan a évoqué comment était venue l’idée de la création de l’Union économique eurasiatique. Fait intéressant: l’initiative de Nazarbaïev était réellement apparue avant même l’éclatement officiel de l’URSS. Sa proposition était alors de créer à la base une union de quatre Etats (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Ukraine), dans les mains de laquelle était concentrée 90% de l’économie soviétique. Tout en proposant aux autres pays de pouvoir l’intégrer, selon leur volonté.

Mais l’idée n’avait pas reçu l’approbation de Mikhaïl Gorbatchev – le dernier leader de l’URSS, ni de Boris Eltsine – le premier président de la Russie post-soviétique. Au lieu de cela c’est la Communauté des Etats indépendants (CEI) qui verra le jour. Pour autant et voyant que la nouvelle organisation ne contribuait pas à une intégration profonde au sein de l’espace concerné, Noursoultan Nazarbaïev avait continué à insister pour qu’une structure d’intégration plus puissante se réalise.

Au final, c’est ainsi que naîtra l’Union économique eurasiatique, devenue aujourd’hui l’une des principales forces motrices aussi bien dans le grand espace eurasien, mais également dans le cadre du concept multipolaire du monde. Deux projets auxquels restent fermement opposés les élites étasuniennes, occidentales et atlantistes.

L’organisation est aujourd’hui composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de ladite structure. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019).

Désormais – deux nouveaux Etats ont rejoint avec l’aval des pays membres les observateurs de l’organisation: à savoir l’Ouzbékistan et Cuba. Dans le cas du premier, il s’agirait vraisemblablement que de la première étape du processus d’intégration. Sachant que lors du sondage mené en mai de cette année, ¾ des citoyens ouzbeks avaient soutenu l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA. Fait notable: parmi eux – beaucoup de jeunes.

En ce qui concerne Cuba, les éléments d’une coopération multisectorielle donnent non seulement des avantages, notamment économiques, évidents pour l’île de la liberté, mais peuvent également ouvrir la voie à une interaction encore plus large entre l’Eurasie et l’Amérique latine. Le tout au moment où nombre d’Etats latino-américains soutiennent fermement l’ère multipolaire mondiale. Parmi eux, on peut citer le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie ou encore l’Argentine.

Dans le cas de l’espace eurasien, une grande puissance comme l’Iran pourrait devenir également membre-observateur de l’Union économique eurasiatique prochainement. Des négociations sont prévues en ce sens. A noter que la République islamique est déjà membre-observateur d’une autre grande structure internationale basée en Eurasie – en l’occurrence l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une structure dans laquelle elle devrait devenir membre à part entière dans un avenir proche.

Et lorsqu’on sait que ces événements majeurs, dans le cadre de l’UEEA, se sont réalisés en l’espace d’un peu plus de six ans – de la création aux événements actuels, il est évident que l’espace eurasien aura pour mission de poursuivre le renforcement observé. Et ce malgré la vive opposition des nostalgiques de l’unipolarité.

Par Mikhail Gamandiy-Egorov
Source : Observateur Continental

https://french.almanar.com.lb/1969530

 

Dans ASIE

QUINZE PAYS D’ASIE ET DU PACIFIQUE SIGNENT UN ACCORD DE LIBRE-ECHANGE, ACCORD LE PLUS IMPORTANT DU MONDE AUTOUR DE LA CHINE

Par Le 15/11/2020

ASIE-PACIFIQUE

Quinze pays d’Asie et du Pacifique signent un accord de libre-échange autour de la Chine

Ce Partenariat régional économique global (RCEP) devient l’accord commercial le plus important du monde en termes de PIB.

Publié aujourd’hui à 06h23, mis à jour à 08h35

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Le premier ministre vietnamien, Nguyen Xuan Phuc, échange avec ses homologues lors du sommet virtuel de l’Asean, à Hanoï, le 15 novembre. NHAC NGUYEN / AFP

Quinze pays d’Asie et du Pacifique ont signé dimanche 15 novembre un important accord commercial, promu par la Chine, à l’occasion de la clôture d’un sommet virtuel de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) qui avait débuté jeudi.

Ce Partenariat régional économique global (RCEP) devient l’accord commercial le plus important du monde en termes de produit intérieur brut (PIB), selon des analystes, et concernera plus de 2 milliards d’habitants.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  La position privilégiée de l’Asie du Sud-Est dans la guerre commerciale Chine - Etats-Unis

Libre-échange et propriété intellectuelle

Il vise à créer une gigantesque zone de libre-échange entre les dix Etats de l’Asean – Indonésie, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Philippines, Vietnam, Birmanie, Cambodge, Laos et Brunei – et la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

L’accord comprend également la propriété intellectuelle, mais exclut tout ce qui touche à la protection des travailleurs et à l’environnement. L’Inde devait également rejoindre ce pacte commercial sans précédent mais a décidé l’an dernier de s’en retirer par crainte de voir des produits chinois à bas prix envahir son marché. New Delhi a toutefois la possibilité de rejoindre cet accord plus tard.

30 % du PIB mondial

Le RCEP, dont les membres représentent 30 % du PIB mondial, sera « une étape majeure pour la libéralisation du commerce et de l’investissement » dans la région, a estimé Rajiv Biswas, économiste en chef pour l’Asie et le Pacifique du consultant IHS Markit.

La signature de cet accord survient dans un contexte de forte crise économique en raison de l’épidémie de Covid-19 pour les dix membres de l’Asean. Beaucoup de signataires luttent encore contre le coronavirus et espèrent que le RCEP les aidera à atténuer le coût de la pandémie, qui a donné un énorme coup de frein à leurs économies.

« Dans les circonstances mondiales actuelles, le fait que le RCEP ait été signé après huit ans de négociations apporte un rayon de lumière et d’espoir au milieu des nuages », a déclaré le premier ministre chinois, Li Keqiang, après la signature virtuelle.

Réponse à la passivité des Etats-Unis

Ce pacte commercial est également largement considéré comme le moyen pour la Chine d’étendre son influence dans la région et d’en déterminer les règles, après des années de passivité de la part des Etats-Unis pendant la présidence de Donald Trump.

En janvier 2017, ce dernier avait retiré son pays du grand projet concurrent, le Traité de libre-échange transpacifique (TPP), promu par son prédécesseur démocrate, Barack Obama.

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/15/accord-de-libre-echange-dans-quinze-pays-d-asie-et-du-pacifique_6059791_3210.html

 

Dans ASIE

LA MÉTHODE JAKARTA : COMMENT LES USA ONT UTILISE LE MEURTRE DE MASSE POUR VAINCRE LE COMMUNISME

Par Le 11/08/2020

La méthode Jakarta: comment les USA ont utilisé le meurtre de masse pour vaincre le communisme

Un nouveau livre retrace la façon dont Washington a aidé le gouvernement indonésien à massacrer plus d’un million de personnes à cause de leurs idées politiques.

Par Daniel Larison

Mondialisation.ca, 10 août 2020

The American Conservative 5 août 2020

Région : 

Thème: 

Selon le récit dominant de la Guerre froide, si le communisme a été vaincu dans nombre de pays, c’était avant tout dû au modèle civilisationnel supérieur qu’offre le capitalisme, avec son accent sur les libertés individuelles et la responsabilité personnelle. Un regard sur l’histoire révèle une réalité beaucoup plus sombre et expéditive.

A noter : cet article a été publié sur l’organe paléoconservateur (soit de droite) américain American Conservative. Ce n’est donc en rien de la propagande pro-communiste – simplement un compte-rendu honnête de faits historiques. On peut ajouter que la démarche de l’auteur, Daniel Larison, est d’autant plus respectable qu’elle va contre les biais idéologiques du lectorat du site qu’il dirige – au risque d’en perdre une partie. Inutile de dire que ce type d’intégrité intellectuelle devrait être un exemple pour nous tous.

Entelekheia


La dénommée « Longue Paix », après 1945, était couverte de sang d’innocents. Les Américains préfèrent généralement se souvenir de la Guerre froide comme d’un triomphe essentiellement pacifique ponctué d’une poignée de débâcles, mais pour beaucoup de personnes vivant dans des pays non alignés et nouvellement indépendants après la Seconde Guerre mondiale, l’expérience de la Guerre froide a été marquée par l’horreur et la dévastation.

Les nations qui avaient le malheur d’être considérées comme importantes dans la lutte contre le communisme ont enduré les pires souffrances. Le fanatisme anticommuniste a fait des millions de victimes pendant la Guerre froide. Les atrocités commises contre ces peuples ont souvent été oubliées en Occident, quand elles étaient connues tout court. C’est surtout vrai aux États-Unis, puisque notre gouvernement a souvent encouragé et aidé des acteurs locaux dans leurs crimes contre leur propre peuple.

Nous ignorons généralement cet aspect de la Guerre froide parce qu’il est laid et parce que notre gouvernement porte une responsabilité considérable dans ce qui est arrivé à ces pays. Il ne correspond pas à la fable de « l’ordre libéral » que nos dirigeants se racontent et nous racontent. Il ne correspond pas à nos évaluations flatteuses de notre rôle de bienfaiteurs dans le monde, mais c’est une partie importante de l’histoire de notre politique étrangère que nous ne pouvons pas nous permettre d’oublier. Lorsque des hommes politiques et des experts menacent allègrement aujourd’hui d’une nouvelle Guerre froide contre la Chine, nous devons comprendre les destructions que cela entraînerait pour des personnes innocentes dans de nombreux autres pays. Nous ne devons pas commettre de nouveau des erreurs aussi coûteuses en vies humaines.

L’Indonésie était considérée comme un pays crucial dans les années 1960, car c’était l’un des principaux pays non alignés, avec le plus grand parti communiste en dehors de l’URSS et de la Chine. Les responsables américains y voyaient un « atout » bien plus précieux que le Sud-Vietnam, et en 1965-66, elle a été violemment annexée à l’orbite américaine à travers des massacres. L’armée indonésienne, sous la direction de Suharto et de ses auxiliaires, a perpétré des meurtres de masse contre des communistes et des personnes présumées communistes, et elle a assassiné jusqu’à un million d’innocents sans autre raison que leur affiliation politique présumée.

Ces meurtres de masse et leurs conséquences pour le reste du monde font l’objet d’un ouvrage exceptionnel de Vincent Bevins, The Jakarta Method (La méthode Jakarta). Bevins est un correspondant international qui a travaillé d’abord au Brésil, puis en Indonésie. Pendant son séjour dans ce pays, il a commencé à enquêter sur l’histoire du massacre de 1965-66, qui est toujours officiellement nié par le gouvernement. En fouillant les histoires des survivants et en suivant les conséquences de l’ « Operation Annihilation » (le nom interne de l’armée de la campagne d’extermination), il a trouvé des liens entre ce qui s’était passé en Indonésie au milieu des années 60 et les campagnes brutales menées en Amérique latine par les dictatures alignées sur les États-Unis dans les décennies qui ont suivi. Dans ces autres pays, « Jakarta » est devenu un mot-code pour désigner les massacres d’ennemis des fanatiques anticommunistes, et le meurtre de masse perpétré en Indonésie a été présenté comme un modèle à suivre.

Non seulement le gouvernement américain était au courant du massacre en Indonésie, mais il l’avait activement encouragé et avait fourni aux tueurs des listes de noms. Bevins écrit :

Mais après sept ans d’étroite coopération avec Washington, l’armée était déjà bien équipée. Vous n’avez pas non plus besoin d’un armement avancé pour arrêter des civils qui n’opposent presque aucune résistance. Mais ce dont les responsables de l’ambassade des USA et de la CIA avaient décidé que l’armée avait vraiment besoin était d’informations. En collaboration avec les analystes de la CIA, le responsable politique de l’ambassade, Robert Martens préparait des listes avec les noms de milliers de communistes et de présumés communistes, et les remettaient à l’armée, afin que ces personnes puissent être assassinées et « radiées » de la liste. »

Un autre million de personnes ont été rassemblées dans des camps de concentration, où elles ont été soumises à la famine, au travail forcé, à de la torture et à de la rééducation idéologique. Ce fut une « victoire » ignoble dont personne ne voulait se souvenir.

Bevins raconte cette histoire de manière objective et dépassionnée, et il tisse soigneusement les histoires des survivants qu’il a rencontrés au cours de son enquête. Il nous emmène sur les sites des massacres de Bali, où se trouvent aujourd’hui des hôtels touristiques. Il nous présente des Indonésiens qui ont perdu leur famille et leurs amis dans ces massacres, et il montre comment les survivants sont toujours ostracisés et considérés avec suspicion, toutes ces décennies plus tard. L’une des survivantes qu’il a rencontrées, une femme âgée nommée Magdalena, vit aujourd’hui dans la pauvreté après sa libération de prison. Il raconte qu’elle a été « marquée à vie » à cause de son passé, et qu’elle n’a aucun lien avec sa famille, car tous ces liens ont été coupés après qu’elle ait été accusée d’être communiste. Comme le note Bevins, cette « situation est extrêmement fréquente chez les survivants de la violence et de la répression de 1965 ». En plus de ceux qui ont été tués dans les massacres, il y a des dizaines de millions de victimes et de parents de victimes encore en vie aujourd’hui.

Il retrace également l’utilisation des tactiques employées contre des innocents Indonésiens au Brésil, au Chili, en Argentine et ailleurs en Amérique latine, et nous rappelle que les habitants de ces pays vivent toujours dans l’ombre des dictatures soutenues par les États-Unis qui étaient au pouvoir dans les années 1970 et 1980. La dictature brésilienne qui s’était emparée du pouvoir avant la prise de pouvoir de Suharto a ensuite cherché à imiter ce qui s’était passé en Indonésie. Le gouvernement chilien de Pinochet l’a fait, bien qu’à plus petite échelle, et la « sale guerre » en Argentine a suivi. La piste se poursuit en Amérique centrale jusqu’à la fin de la Guerre froide. Beaucoup d’éléments individuels de l’histoire de Bevins sont peut-être connus, mais il a établi entre eux des liens que la plupart des Américains ne connaissent pas.

Alors qu’il essaie de donner un sens aux horribles événements qu’il a décrits dans le livre, Bevins nous offre cette sinistre mais juste conclusion :

Si l’on considère les choses sous cet angle, les grands perdants du XXe siècle ont été ceux qui croyaient trop sincèrement en l’existence d’un ordre international libéral, ceux qui faisaient trop confiance à la démocratie, ou trop à ce que les États-Unis disaient soutenir, plutôt qu’à ce qu’ils soutenaient réellement – à ce que les pays riches disaient, plutôt qu’à ce qu’ils faisaient. Ce groupe a été anéanti. »

Lorsqu’il a parlé à Winarso, le chef du Sekretariat Bersama ’65, l’organisation qui défend les intérêts des survivants du massacre, Bevins lui a demandé qui avait gagné la Guerre froide. Winarso lui répondit que les États-Unis avaient gagné. Lorsqu’il lui a ensuite demandé comment, Winarso a répondu simplement : « Vous nous avez tués ».

De plus, ces gens ont été tués pour rien.

On ne soulignera jamais assez que les victimes en Indonésie et dans les autres pays dont Bevins parle étaient des innocents. Elles ont été tuées en masse uniquement parce qu’elles avaient ou étaient censées avoir certaines convictions politiques. Bevins écrit : « Ils ont été condamnés à l’anéantissement, et presque tous ceux qui les entouraient ont été condamnés à une vie entière de culpabilité, de traumatisme, et à se faire dire qu’ils avaient impardonnablement péché à cause de leur association avec les espoirs les plus sincères de la politique de gauche ». Ils n’avaient rien fait de mal. Ils ont eu l’horrible malchance d’être pris au milieu d’une rivalité internationale pour le pouvoir et l’influence qui n’avait rien à voir avec eux, et ils ont été écrasés parce qu’il était avantageux pour notre gouvernement et ses pays-clients qu’ils soient écrasés.

Il y a quelques mois, Hal Brands [de Bloomberg, NdT] a écrit un article dans lequel il suggérait que les États-Unis pourraient soutenir des changements de régime secrets dans le cadre d’une rivalité avec la Chine. D’un côté, il citait la conquête de Suharto en Indonésie comme un exemple de réussite « rentable », et de l’autre, il en reconnaissait le coût humain effroyable, qui se mesure en centaines de milliers de vies. Voici comment il a décrit la complicité des États-Unis dans les massacres : « Le soutien de la CIA a aidé l’armée indonésienne à consolider son pouvoir après qu’elle ait renversé un Sukarno de plus en plus anti-américain en 1965, évitant ainsi la perspective de voir le plus important pays d’Asie du Sud-Est devenir hostile aux USA ». Il reconnaît que cela a impliqué les États-Unis dans une « violence horrible », mais il reste très vague sur ce que les États-Unis ont fait là-bas. Si l’Indonésie est considérée comme une « victoire » pour les partisans des changements de régime, alors l’idée de promouvoir des changement de régime est absolument honteuse et ne devrait plus jamais avoir droit de cité.

Si une stratégie repose sur des politiques qui conduisent au meurtre gratuit de tant de personnes innocentes, il est temps de la rejeter et d’en trouver une autre. Soutenir un changement de régime dans un autre pays est souvent présenté comme une solution rapide à un problème que les États-Unis ont dans le monde, mais la plupart du temps, cela finit par échouer. Même lorsque les changements de régime « fonctionnent » à court terme, ils infligent un terrible tribut aux habitants du pays visé. Les États-Unis feraient bien de rejeter tout changement de régime, secret ou non, et de respecter la souveraineté et l’indépendance des autres États. Les États-Unis devraient également éviter une nouvelle Guerre froide avec une grande puissance rivale qui conduirait à des crimes aussi monstrueux que le massacre en Indonésie.

Daniel Larison

 

Article original en anglais :

The Jakarta Method: How the U.S. Used Mass Murder to Beat Communism

The American Conservative 5 août 2020

Traduction et note d’introduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Photo : Soldats indonésiens arrêtant des villageois lors de la purge des communistes en 1965-66 / Vannessa Hearman.

Daniel Larison est rédacteur en chef de TAC. Il a été publié dans le New York Times Book Review, Dallas Morning News, World Politics Review, Politico Magazine, Orthodox Life, Front Porch Republic, The American Scene et Culture11, et a été chroniqueur pour The Week. Il est titulaire d’un doctorat en histoire de l’université de Chicago.

La source originale de cet article est The American Conservative

Copyright © Daniel LarisonThe American Conservative, 2020

https://www.mondialisation.ca/la-methode-jakarta-comment-les-usa-ont-utilise-le-meurtre-de-masse-pour-vaincre-le-communisme/5648212


 

Dans ASIE

JAPON : LES IRRADIES DE LA "PLUIE NOIRE" RADIOACTIVE D'HIROSHMA EN 1945 ENFIN RECONNUS COMME VICTIMES

Par Le 30/07/2020

Japon: les irradiés de la «pluie noire» d'Hiroshima en 1945 enfin reconnus comme victimes

Publié le : Modifié le : 

Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine

Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine AFP

Texte par :RFISuivre

2 mn

Un tribunal d'Hiroshima élargit la définition des survivants de la bombe atomique pour y inclure des personnes atteintes de ce qu'on a appelé la « pluie noire » radioactive qui avait suivi, le 6 août 1945, le bombardement nucléaire américain sur la ville, suivi trois jours plus tard, de celui de Nagasaki. Soixante quinze ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, le tribunal d'Hiroshima décide que 84 victimes de la « pluie noire » dont la moyenne d'age est  de plus de 80 ans, peuvent enfin bénéficier des prestations médicales accordées aux survivants du bombardement.

 

avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima.

Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima. Photograph by Gonichi Kimura, Courtesy Hiroshima Peace Memorial

Jusqu'en 1957, les atomisés d'Hiroshima ne bénéficient d'aucune assistance spéciale. Le gouvernement japon crée alors un système d'allocations et de soins gratuits en fonction de la proximité de la déflagration. Dans un rayon de 2 à 3 km, pas au-delà. Pour réduire les coûts de traitement des atomisés - des hibakusha- qui meurent à petit feu de cancers dus aux radiations. Les victimes de la « pluie noire » radioactive ne sont pas reconnues comme des survivants du bombardement.

► À lire aussi : 70 ans après, le Japon toujours hanté par le feu nucléaire d'Hiroshima

Soixante quinze ans plus tard, le juge du tribunal de district d'Hiroshima, Yoshiyuki Takashima déclare donc qu'elles aussi souffrent de maladies liées à la bombe. Et remplissent les conditions juridiques exigees des hibakusha. A ce jour, le gouvernement japonais reconnaît 136 682 personnes en tant qu'hibakusha en comptant ceux de Nagasaki.

Après la guerre, le Japon fait de ses atomisés des êtres déshumanisés,
rejetés par les entreprises. A l'époque, on craint que l'irradiation soit contagieuse. De nombreux atomisés ne s'enregistrent pas par peur des discriminations dont ils sont victimes.

► À écouter aussi : le témoignage de deux hibakusha d'Hiroshima, Fréquence Asie du 4 août 2018

Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre.

Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre. PD-USGOV

https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20200730-japon-irradi%C3%A9s-1945-victimes-pluie-noire-enfin-reconnus?xtor=EPR-300-[Quotidienne_monde]-20200730-[contenu]-1141106044976


 

Dans ASIE

JAPON : APRES UNE POUSSÉE DE COVID-19, DEUX BASES MILITAIRES US SE CONFINENT A OKINAWA. LA PRESENCE DE TROUPES US EST TRÈS CONTESTÉE DANS CETTE ÎLE

Par Le 13/07/2020

Coronavirus: deux bases militaires américaines se confinent au Japon

Coronavirus: deux bases militaires américaines se confinent au Japon

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Par AlAhed avec AFP

Deux bases militaires américaines à Okinawa (sud du Japon) se sont confinées après une poussée des cas de coronavirus en leur sein, qui a provoqué des remous dans cette île où la présence de troupes américaines est très contestée.

Le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a déclaré lundi que 62 cas de Covid-19 avaient été détectés ces derniers jours au sein des forces américaines stationnées à Okinawa.

La plupart de ces cas ont été recensés dans la base aérienne du corps des Marines de Futenma ainsi que dans une autre base américaine de l'île subtropicale, Camp Hansen, a ajouté Yoshihide Suga.

Restrictions jusqu'à nouvel ordre

L'administration du corps des Marines dans le Pacifique a réagi en décidant de suspendre quasiment toutes les sorties, selon des directives publiées sur son compte Facebook.

Ces restrictions imposées «jusqu'à nouvel ordre» s'appliquent à tous les Marines ainsi qu'aux civils travaillant sur place et à leurs familles, est-il précisé.

Un responsable de la préfecture d'Okinawa a confirmé à l'AFP que ces restrictions s'appliquaient seulement dans les bases de Futenma et de Camp Hansen.

Les effectifs de ces deux bases n'étaient pas divulgués pour «raisons de sécurité», a ajouté ce responsable, tandis que les autorités militaires américaines n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Tensions avec les élus locaux

L'annonce de ces foyers d'infection a ravivé les tensions avec les élus locaux d'Okinawa, alors que de nombreux insulaires contestent la forte présence militaire américaine locale.

Occupé par les Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale puis rétrocédé à Tokyo en 1972, l'archipel d'Okinawa héberge une grande partie des quelque 50.000 militaires américains présents au Japon, alors qu'il représente moins de 1% de la superficie totale du pays.

Le gouverneur de la région, Denny Tamaki, s'est dit samedi «choqué» par le nombre de cas de coronavirus dans les bases américaines de l'île.

«Je ne peux pas m'empêcher d'avoir de sérieux doutes» quand à l'efficacité de leurs mesures de prévention contre le risque d'infections, a déclaré Denny Tamaki à la presse.

La préfecture d'Okinawa a demandé au gouvernement central japonais ainsi qu'aux autorités militaires américaines de transmettre plus rapidement leurs informations sur ces foyers infectieux.

La région a aussi demandé à ce que les militaires américains et leurs familles arrivant à Okinawa observent désormais une quarantaine dans le périmètre des bases, et non plus dans des hôtels à l'extérieur de celles-ci.

https://www.french.alahednews.com.lb/35877/341


 

Dans ASIE

APRES UN VOYAGE DE 19 JOURS, 11920 KM A TRAVERS 7 PAYS, ARRIVÉE D'UN TRAIN DE FRET CHINOIS CHARGE DE MATERIEL DE PROTECTION CONTRE LE COVID-19

Par Le 24/06/2020

 

Arrivée à Paris d'un train de fret chinois chargé de matérial de protection contre le COVID-19 (REPORTAGE)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2020-06-24 à 01:35
 

PARIS, 23 juin (Xinhua) -- Après un voyage de 19 jours, un train de fret Chine-Europe, rempli de masques et d'autre matériel médical, est arrivé mardi matin à Paris en France.

Parti le 4 juin de Nanchang, dans la province chinois du Jiangxi (est), ce train a déchargé mardi ses marchandises à Valenton, dans le sud-est de Paris, après un voyage de 11.920 km à travers sept pays. C'est le premier train de fret spécial Chine-France chargé du matérail de protection contre le COVID-19. Il a apporté du matériel médical dont la France, en crise sanitaire, a besoin d'urgence, tels que de 20 millions de masques chirurgicaux, des gants, des sacs hydrosolubles, des distributeurs de gel sans contact, ainsi que d'équipements pour le personnel hospitalier.

Lyazid Benhami, vice-président de l'Association des Amitiés Franco-Chinoises de Paris, a déclaré à Xinhua que cette opération du premier train sanitaire en provenance de la Chine vers la France "prouve que les relations franco-chinoises sont plus solides que jamais, que désormais la logistique a rejoint la coopération scientifique franco-chinoise dans la lutte contre le COVID 19".

"En cette période de crise sanitaire, nous sommes heureux de constater que le volume important convoyé, dont 20 millions de masques chirurgicaux et des équipements de protection, soit à la hauteur de la demande et des besoins des consommateurs et du marché", a-t-il ajouté.

En outre, M. Benhami a qualifié les trains de fret Chine-Europe d'"opportunité" pour les échanges franco-chinois. "L'adage du gagant-gagnant est bien réel pour tous, dont l'environnement, les entreprises et les consommateurs", a-t-il indiqué.

À l'origine de ce projet de fret ferroviaire Chine-France se trouve la coopération entre le Groupe chinois Cosco Shipping, et Forwardis, une filiale de SNCF Logistics, ainsi que BIFP, distributeur de la marque Hygial.

Le directeur international du Transport ferroviaire de marchandises de SNCF, Nicholas Giraud, a déclaré que la solution ferroviaire s'est révélée la plus efficace en termes de coûts et de capacité d'emport.

"Avec l'équivalent de six avions cargos dans un seul train,le coût du transport ferroviaire est 30 fois moins cher que celui du transport aérien. Et en termes environnementaux, l'empreinte carbone du train est 15 fois inférieure à celle de l'avion. Par rapport au maritime, la durée du voyage en train est approximativement deux fois inférieure", a-t-il précisé.

Xavier Wanderpepen, responsable des activités de transport ferroviaire de fret entre la Chine et l'Europe à Forwardis, a révélé qu'outre les masques spéciaux, les gants médicaux et les combinaisons de protections, ce train a transporté aussi des distributeurs de gel hydroalcooliques qui seraient installés dans toutes les écoles de la région parisienne pour la rentrée de septembre.

Accueillir l'arrivée du train, "c'est un peu pour nous comme la Tour Eiffel accueille et salue le Palais impérial de Pékin!", a-t-il commenté.

"Grâce à ce train, nous souhaitons proposer aux entreprises françaises et chinoise des solutions en train occasionnels. Nous souhaitons travailler avec la Chine sur le développement des wagons de fret avec des essieux à écartements variables capables de s'adapter aux écartements en Europe occidentale, en Russie et en Chine. Dans quelques années, nous pourrons relier la Chine et l'Europe en dix jours", a-t-il prévu.

Lancé en 2011, les services de transport ferroviaire Chine-Europe sont considérés comme une partie importante de l'initiative "la Ceinture et la Route" pour stimuler le commerce entre la Chine et les pays participant au programme. Malgré la pandémie de coronavirus, les services se sont maintenus comme un moyen de transport fiable.

De janvier à mai de cette année, le nombre de trains de fret Chine-Europe a augmenté de 28% et le volume de marchandises expédiées était en hausse de 32% en glissement annuel, alors qu'un total de 12.524 tonnes de matériel de protection contre l'épidémie ont été expédiées.

http://french.xinhuanet.com/2020-06/24/c_139162017.htm


 

Dans ASIE

INDONÉSIE : REPRESSION POLICIÈRE CONTRE LES PAYSANS MÉCONTENTS DU VOL DES TERRES PAR UNE FILIALE DE MICHELIN

Par Le 24/06/2020

Indonésie : Répression policière contre les paysans mécontents de l’accaparement des terres par une filiale de Michelin

 15 JUIN 2020  ASIE DU SUD EST ET DE L'ESTCAMPAGNE INTERNATIONALE POUR LA RÉFORME AGRAIRECAPITALISME INTERNATIONAL ET LIBRE ÉCHANGESOUVERAINETÉ ALIMENTAIRETERRE, EAU ET TERRITOIRES

Les paysans du district de Tebo, dans la province indonésienne de Jambi, qui résistent depuis longtemps aux tentatives d’accaparement des terres par les grandes entreprises de plantation de la région, ont été choqués lorsque la police a arrêté Junawal, un leader et organisateur paysan local, le 26 mai 2020.

Junawal

M. Junawal est le président de l’unité Tebo du Serikat Petani Indonesia (SPI – Union des Paysans Indonésiens) et dirigeait la résistance locale contre le PT Lestari Asri Jaya (PT LAJ) – une filiale de Royal Lestari Utama (RLU).

RLU est une entreprise commune entre PT Barito Pasifik et la géante multinationale française de la fabrication de pneus Michelin. Par l’intermédiaire de ses filiales, RLU gère plus de 88 000 hectares de terres de plantation à Jambi et à Kalimantan Est.

Depuis sa création, PT- LAJ a été sous les feux de la rampe pour toutes les mauvaises raisons. Les paysans affirment qu’au nom des “plantations de caoutchouc naturel”, ce qui se passe en fait est un accaparement de terres par des entreprises à grande échelle, avec le soutien d’institutions internationales. Par exemple, ce conflit dans le district de Tebo trouve son origine dans le Tropical Landscapes Finance Facility (TLFF), un partenariat entre l’ONU Environnement, le Centre mondial d’agroforesterie, ADM Capital et BNP Paribas. Dans le cadre d’une obligation de durabilité de 95 millions de dollars, ce partenariat finance une plantation durable de caoutchouc naturel sur des terres fortement dégradées dans deux provinces d’Indonésie, dont l’une dans la province de Jambi.

La Via Campesina dénonce depuis longtemps ces tentatives de “green-washing”, qui sapent toujours l’agriculture paysanne et les véritables solutions au changement climatique. Ces tentatives permettent en effet de faire de bonnes affaires pour les entreprises du secteur du carbone, les ONG internationales de conservation, les consultants et les pays industrialisés.

Le 10 juin, des milliers de paysans du SPI ont organisé une manifestation pacifique devant le quartier général de la police de Tebo pour demander la libération immédiate de M. Junawal.

“Cette zone couvre des villages entretenus par des familles paysannes organisées sous l’étendard du SPI, et nous avions fait des pas importants vers la souveraineté alimentaire de la région. Junawal essayait seulement de protéger son village et leur mode de vie, et il n’y a aucune raison qu’il soit en prison pour cela”, a déclaré M. Sarwadi, qui coordonne l’unité régionale Jambi du SPI.

Le programme de réforme agraire – une initiative de politique publique du gouvernement Jokowi (le président de la République d’Indonésie) qui a fait couler beaucoup d’encre – garantit aux familles paysannes le droit et la propriété de leurs terres et leur donne le contrôle total du système de production alimentaire local. Il est né après des années de lutte menée par des syndicats de paysans comme le SPI. Ce programme aborde diverses questions agraires, notamment la distribution de certificats fonciers et de parcelles de terres forestières.

À Tebo, cependant, les habitants racontent une histoire différente. De grandes entreprises de plantation ont assiégé la région pour y établir des plantations de bois, et les familles paysannes accusent ces entreprises d’expulsions forcées permettant le défrichement à grande échelle.

“Tout en soutenant pleinement le programme de réforme agraire du gouvernement, les paysans organisés dans le cadre du SPI ont travaillé dur pour assurer la souveraineté alimentaire de notre pays. Ce faisant, nous avons construit des écoles, des marchés locaux, des coopératives dirigées par des paysans, des centres culturels et religieux dans tout le pays, y compris ici dans le district de Tebo. Pourtant, pour faire plaisir à quelques grandes entreprises de plantation, notre peuple est criminalisé ? Sur quelle base ?”, a demandé furieusement un paysan qui fait partie de la direction centrale de l’Union.

La répression a galvanisé les membres du SPI dans tout le pays.

“Notre frère Junawal est accusé d’avoir brûlé cinq unités d’équipement lourd appartenant au PT LAJ le 14 mai 2019. Le fait est que Junawal s’est levé contre l’accaparement de terres, l’expulsion des paysans de leurs jardins et leurs villages de réforme agraire dirigés par M. Jokowi, tous ces actes ayant été perpétrés impunément par le PT LAJ”, a déclaré Sarwadi.

Junawal et les paysans du SPI de Tebo Regency défendent leurs droits fonciers garantis par la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Défendre nos droits est devenu un crime”, a ajouté un Sarwadi.

Pour plus d’informations sur ce conflit, veuillez consulter le site spi.or.id, disponible uniquement en Bahasa Indonesia.

Article connexe :
https://spi.or.id/spi-jambi-hentikan-penggusuran-dan-kriminalisasi-petani-spi-tebo-oleh-pt-laj/


 

Dans ASIE

JAPON : LA PLUS GRANDE BASE MILITAIRE US VISÉE?

Par Le 23/06/2020

Japon : forte explosion dans la plus grande base aérienne US, Kadena, dans le Pacifique

Tue Jun 23, 2020 10:18AM

La base aérienne de Kadena à Okinawa/Pinterest

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La base aérienne de Kadena à Okinawa/Pinterest

Une forte explosion s'est produite dans la plus grande base américaine dans le Pacifique, située juste en face de la mer de Chine orientale et alors que la Corée du Nord,  intriguée ces derniers jours par des "actes de provocation US"  vient de déployer ses troupes sur la frontière sud et de menacer les bases US dans la région. Kadena, située sur l'île d'Okinawa, abrite quelque 20 000 marines américains et leurs familles. La 18ème unité de l'US Air Force, 353ème division des forces spéciales US, 733ème division des escadrons mobiles US, 82ème division des escadrons de reconnaissance de l'Armée US, 390ème escadron d'Intelligence, sont stationnées à Kadena. 

Le Japon ne veut plus de radars Aegis américains

Le Japon ne veut plus de radars Aegis américains

Le Japon arrête le déploiement du système de défense antimissile américain Aegis Ashore.

Selon des médias japonais, citant des sources américaines, une puissante explosion s'est fait retenir sur la base, laissant au moins 8 blessés, tous des militaires et endommageant trois avions militaires, des blindés US. Ceci étant, les sources américaines sont les moins fiables dans cette histoire dans la mesure où les habitants de l'île réclament depuis très longtemps le départ des Américains et que Tokyo n'a accepté qu'au bout des lèvres les frais draconiens imposés par les Américains dans le cadre d'une prolongation récente de la présence militaire US au Japon. Les sources affirment en outre que l'explosion "serait due à une détonation spontanée dans un réservoir chargé de produits chimiques", ce qui aggrave encore le cas avec le risque de fuite de matière toxique à Okinawa.

Pacifique occidental: un F-18 s'écrase!

Pacifique occidental: un F-18 s'écrase!

Un F/A-18F Super Hornet de la Marine US, déployé sur le porte-avions de classe Nimitz Theodore Roosevelt, s’est écrasé dans la mer des Philippines.

Des images diffusées à la télévision japonaise ont montré d'épais panaches gris de fumée sortant du bâtiment. La presse japonaise a affirmé qu’environ 45 personnes ont été intoxiquées par l'exposition à la fumée ou au chlore gazeux de l’incendie. Plus de la moitié des quelque 50 000 soldats américains au Japon sont stationnés à Okinawa dans le cadre d'un pacte de sécurité bilatéral. De nombreux habitants d'Okinawa se plaignent depuis longtemps des risques environnementaux, du bruit et de la criminalité liés à la base.

L'impact environnemental de ce qui se passe dans les bases américaines est une préoccupation majeure à Okinawa. En avril, plus de 140 tonnes de mousses anti-incendie soupçonnées de contenir des substances cancérigènes se sont échappées de la Marine Corps Air Station Futenma (MCAS Futenma). Mais ceci n'est que le côté japonais de cet "incident", du jamais vu depuis que les troupes américaines occupent le Japon sous prétexte à avoir à assurer la sécurité de l'île face à la Chine ou encore à la Corée du Nord. L'explosion intervient alors que les États-Unis ont procédé à une vaste manœuvre en mer de Chine et qu'ils ont tout fait pour couper le dialogue entre les deux Corée, poussant Pyongyang à déployer ses troupes sur ses frontières avec le Sud et à laisser entendre que des "tirs de missiles" contre les bases US  dans la région "ne seraient plus inimaginables". 

Kim prêt à tester ses missiles intercontinentaux

Kim prêt à tester ses missiles intercontinentaux

Pyongyang a averti Washington qu’une nouvelle guerre dans la péninsule coréenne pourrait détruire les États-Unis.

http://french.presstv.com/Detail/2020/06/23/628075/base-us-explosion-japon-okinawa


 

Dans ASIE

LE PEUPLE JAPONAIS NE VEUT PLUS DES RADARS AEGIS AMÉRICAINS

Par Le 17/06/2020

Le Japon ne veut plus de radars Aegis américains

 Depuis 1 jour  16 juin 2020

Des Japonais contre la présence des bases US dans leur pays

Des Japonais contre la présence des bases US dans leur pays
Des Japonais contre la présence des bases US dans leur pays

 Asie et Afrique - Japon

 

Le ministre japonais de la Défense, Taro Kono, a annoncé ce lundi 15 juin que Tokyo avait suspendu son projet de déployer deux stations radars de défense aérienne Aegis Ashore de fabrication américaine conçues pour détecter et contrer les missiles balistiques nord-coréens.

Selon Reuters, Kono a déclaré aux journalistes que le Japon arrêtait le déploiement en raison de problèmes techniques et des coûts élevés.

Les habitants locaux avaient auparavant exprimé leur protestation contre les deux sites radar proposés par la compagnie américaine Lockheed Martin, l’un dans la préfecture du nord d’Akita et l’autre dans la préfecture de Yamaguchi au sud du Japon.

« J’ai pris la décision vendredi de suspendre le processus … Pour le moment, le Japon continuera de contrer (la menace) avec des navires équipés d’Aegis », a déclaré le ministre japonais de la Défense.

La Corée du Nord a fait part récemment de plusieurs tests de missiles balistiques ; le Japon prétend que ces missiles sont destinés à infiltrer le bouclier anti-missile Aegis.

Selon les documents du ministère de la Défense japonais, les deux systèmes Aegis Ashore prévus coûteraient environ 439 milliards de yens (4,1 milliards de dollars) pour leur fonctionnement et leur maintenance au cours des 30 prochaines années, ajoute Reuters.

L’information tombe alors que le Premier ministre japonais Shinzo Abe a évoqué vendredi la nécessité du déplacement dans les plus brefs délais de la base américaine de Futenma (base appelée Marine Corps Air Station), sur l’île d’Okinawa.

http://french.almanar.com.lb/1787216


 

Dans ASIE

LE POUVOIR INDONÉSIEN ET L’ATHÉISME

Par Le 04/06/2020

INTERNATIONAL COMMUNISTES Publié le 03/06/2020 par PCF
Le pouvoir indonésien et l'athéisme
Le 26 mai dernier, une quarantaine de personnes ont participé par visioconférence à l’initiative organisée par l’association Solidarité Indonésie avec les Cahiers de l'Histoire et le département international du PCF à l’occasion du 100e anniversaire du Parti communiste indonésien (PKI). Une brochure avec l’ensemble des interventions sera publiée ultérieurement.

Retrouvez, ci-dessous, l'intervention de Pascal Lederer, chercheur physicien, sur l’athéisme et le PKI.
 

Le pouvoir indonésien et l'athéisme
L'opinion française n'est pas très bien informée sur l'Indonésie. Parmi nos compatriotes qui ont entendu parler de la dictature de Suharto, arrivé au pouvoir grâce à un coup d'État accompagné du massacre des progressistes et communistes, règne de façon massive l'idée que la démocratie a été rétablie en 1998, avec l'organisation d'élections libres, puis l'accès au pouvoir de personnalités de gauche comme Abdurrahman Wahid (Gus Dur) puis Megawati Sukarnoputri.

Élément central de la Constitution indonésienne depuis son indépendance proclamée par Sukarno en 1945, le Pancasila (les Cinq principes) est la base d'un compromis entre les nationalistes et les islamistes, compromis qui garantit l'unité du peuple indonésien. Ces cinq principes sont:

La croyance en un Dieu unique.PKI100ans.jpg
Une humanité juste et civilisée.
L'unité de l’Indonésie.
Une démocratie guidée par la sagesse à travers la délibération et la représentation.
La justice sociale pour tout le peuple indonésien.
L'interprétation du Pancasila fait l'objet depuis l'origine de luttes idéologiques. Pour le Parti communiste indonésien (PKI), qui a adopté le Pancasila dès le début, ses principes garantissent la liberté de conscience. Jamais le PKI n'a considéré que la croyance en un Dieu, quel qu'il soit, était un obstacle à l'établissement d'une société libérée des dominations coloniales, impérialistes et du pouvoir des propriétaires des grands moyens de production et d'échange.

Pendant l'Ordre Nouveau, après 1965 sous la dictature de Suharto, l'interprétation donnée au Pancasila était celle de l'interdiction de l'athéisme.

Il y a encore quelques années, la carte d'identité indonésienne devait mentionner la religion de sa ou de son titulaire.

Le thème de l'athéisme continue aujourd'hui d'être une arme idéologique et politique contre les droits politiques des citoyennes et citoyens indonésiens. Le PKI, accusé d'athéisme, n'est toujours pas autorisé légalement, les victimes du politicide de 1965 n'ont toujours pas reçu de compensation de l'État pour les souffrances infligées depuis l'instauration de la dictature. Certes, Gus Dura a eu quelques paroles de regret, a permis aux rescapés communistes et à leur famille persécutée de participer aux élections; mais de droit à l'organisation d'un parti politique qui se réfèrerait au marxisme, point.

Le PKI, comme le PCF, considère que si le marxisme est un corpus théorique et philosophique pour comprendre et analyser rationnellement les évolutions du monde, et agir sur lui, la religion relève d'une autre catégorie de pensée. La liberté de conscience religieuse, comme celle de ne pas croire, fait partie, pour les communistes, des droits imprescriptibles qui doivent régir une société humaine démocratique.

100ansPKI.jpgLes forces réactionnaires indonésiennes entretiennent sciemment la confusion entre une position philosophique, le matérialisme, qui considère que l'être précède la pensée, et une position politique, qu'il attribue indûment au PKI, qui nierait aux citoyens le droit de croire et pratiquer leur religion. Or la philosophie marxiste n'est pas un athéisme, c'est un matérialisme radical, ce qui est tout autre chose. Le marxisme ne se confond nullement avec le dessein «d'abolir la foi». Le matérialisme marxiste n'est pas contre la foi, il est ailleurs. Un croyant membre du parti communiste à part entière peut parfaitement partager une conception matérialiste du monde et donner à sa vie le «surcroît de sens» de sa foi. Rien dans l'histoire du PKI ne légitime la propagande réactionnaire selon laquelle ce parti interdirait la foi et sa libre pratique. De hauts dirigeants communistes indonésiens étaient «hadj», et animaient aussi des organisations religieuses comme «Nurul Islam» ou «Sarekat Islam» du temps de Sukarno. Ils ont été déportés dans les camps de l'Ordre Nouveau».

Le PKI considère que l'intolérance religieuse fait l'affaire des forces d'oppression sociale, en divisant, dans le peuple, ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas: ils pourraient s'unir pour faire progresser la démocratie, viser à épanouir chaque personnalité humaine, et affaiblir ou renverser le pouvoir du grand capital.

Pour le PKI, l'État doit garantir le droit de chaque citoyenne et chaque citoyen de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas croire en Dieu.

L'athéisme, attribué à tort au PKI, est une arme de l'oligarchie indonésienne contre lui. L'interdiction du PKI et la répression contre le PKI perdurent, en particulier au nom de la lutte contre l'athéisme.

L'Indonésie doit reconnaître, dans la pratique, la liberté de conscience. Elle doit reconnaître et réparer les crimes commis contre le PKI et les démocrates indonésiens, notamment au nom de la lutte contre l'athéisme. Elle doit reconnaître la liberté d'organisation politique pleine et entière, en finir avec l'interdiction du PKI.

La démocratie indonésienne restera une démocratie fondamentalement limitée tant que la liberté d'organisation politique pleine et entière ne sera pas reconnue, tant que ne sera pas levée l'interdiction du PKI.

Pascal LEDERER

source :  https://www.pcf.fr/le_pouvoir_indonesien_et_l_atheisme


 

Dans ASIE

LA PANDEMIE MENACE DE JETER DANS LA PAUVRETE JUSQU'A 86 MILLIONS D’ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES EN AFRIQUE ET EN ASIE D’ICI LA FIN DE L’ANNEE

Par Le 28/05/2020

Pandémie: jusqu’à 86 millions d’enfants supplémentaires menacés par la pauvreté (étude)

 Depuis 9 heures  28 mai 2020

Des enfants yéménites

Des enfants yéménites
Des enfants yéménites

 Asie et Afrique

 

Rédaction du site

Les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 pourraient pousser jusqu’à 86 millions d’enfants supplémentaires dans la pauvreté d’ici la fin de l’année, selon une étude conjointe de l’ONG Save the Children et de l’agence onusienne Unicef.

Au total, ce serait ainsi 672 millions d’enfants touchés par la pauvreté, soit une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente, précisent les deux organisations dans un communiqué mercredi 27 mai.

Près des deux tiers de ces enfants vivent en Afrique sub-saharienne et en Asie du sud.

L’augmentation du nombre d’enfants touchés par la pauvreté à cause de la pandémie se réaliserait surtout en Europe et en Asie centrale, selon l’étude qui s’appuie sur des projections de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international et des données démographiques dans une centaine de pays.

« L’ampleur des difficultés financières auxquelles sont confrontées les familles menace les progrès obtenus depuis des années dans la réduction de la pauvreté des enfants et de les priver de services essentiels », estime Henrietta Fore, directrice de l’Unicef, citée dans le communiqué.

Avec une action immédiate et efficace, « nous pouvons contenir la menace de la pandémie pesant sur les pays les plus pauvres et certains des enfants les plus vulnérables », juge de son côté Inger Ashing, patronne de Save the Children.

Ils sont « très vulnérables à des périodes de faim même courtes et à la malnutrition qui peuvent les affecter durant toute leur vie », avertit-elle dans le communiqué.

Les deux organisations demandent notamment aux gouvernements d’étendre rapidement leurs systèmes de couverture sociale et l’alimentation dispensée dans les écoles pour limiter les effets de la pandémie.

 

Source: Avec AFP

http://french.almanar.com.lb/1767020


 

Dans ASIE

JAPON : VERS UN NOUVEAU FUKUSHIMA? UN SÉISME DE MAGNITUDE 9,0 SERAIT IMMINENT

Par Le 29/04/2020

 

 Échelle de magnitude de Richter

Vers un deuxième Fukushima? Un séisme de magnitude 9,0 serait «imminent»

© AFP 2020 Richter magnitude scale

INTERNATIONAL

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Le nord du Japon pourrait être secoué par un puissant séisme de magnitude 9,0 capable de provoquer un tsunami dévastateur avec des vagues culminant à 30 mètres, soit presque aussi hautes que celles qui ont frappé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi en 2011, relate le Japan times.

Les préfectures japonaises d’Hokkaido et Iwate, situées dans la partie nord du pays, sont menacées par un tremblement de terre de magnitude 9,0 qui, selon le pire scénario, est «imminent», écrit le Japan times.

 

Mammoth Lakes

© CC0 / IOLIYARNIK

La Californie centrale secouée par un séisme de magnitude 5,2

 

Ces pronostics ont été présentés mardi 28 avril lors d’une réunion gouvernementale. Les experts pensent que l’épicentre du futur séisme se trouvera dans la zone où se rencontrent les fosses du Japon et des Kouriles.

Ils ajoutent que le séisme pourrait provoquer un tsunami avec des vagues de 30 mètres de haut. L’analyse des sédiments montre qu’au cours des 6.000 dernières années, des vagues géantes ont déjà inondé à plusieurs reprises les territoires côtiers de sept préfectures du pays.

Un Fukushima bis?

Compte tenu du fait que le 11 mars 2011 le tremblement de terre de magnitude 9,0, qui s’est accompagné d’un tsunami avec des vagues atteignant 30 mètres, a fait plus de 18.500 morts et disparus, un tsunami comparable aurait de nouveau des conséquences terribles sur le pays.

 

Un séisme (image d'illustration)

© AFP 2020 TED ALJIBE

Un séisme de magnitude 4,6 secoue le nord de l'Italie et se fait ressentir en France

 

«Un tremblement de terre de cette catégorie serait difficile à gérer en développant une infrastructure lourde [les digues côtières, ndlr]. Pour sauver des vies, la politique de base serait l’évacuation», explique Kenji Satake, sismologue de l’Université de Tokyo.

Le 11 mars 2011, un gigantesque tsunami a frappé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, rompant son alimentation électrique de secours et son système de refroidissement après quoi la fonte du combustible dans trois réacteurs a entraîné la contamination de vastes territoires aux alentours du site. Quelque 470.000 personnes ont été évacuées de leur domicile au cours des premiers jours. La centrale a été définitivement fermée fin 2013, mais la décontamination se poursuit toujours aujourd’hui.

https://fr.sputniknews.com/international/202004291043680142-vers-un-deuxieme-fukushima-un-seisme-de-magnitude-90-serait-imminent/


 

Dans ASIE

COVID-19 : SINGAPOUR FAIT FACE A UNE SECONDE VAGUE MEURTRIÈRE

Par Le 11/04/2020

Covid19 : Singapour affronte une deuxième vague meurtrière

Par

Alors que les autorités sanitaires de Singapour croyaient vaincu la pandémie de covid19, de nouveaux cas positifs sont survenus ces derniers jours.

Singapour fait face à une deuxième vague épidémique que redoutent les pays européens.

Citée comme modèle de lutte contre l’épidémie, près de 200 nouveaux cas d’infections au coronavirus ont été recensés à Singapour vendredi, dont un décès. Le pays affronte une deuxième vague foudroyante de contaminations. Alors que le bilan était inférieur à 1500 cas en début de semaine, il s’élève, désormais, à 2108 infections, dont sept mortelles.

Singapour figurait parmi les premiers endroits de la planète à avoir détecté des cas de contaminations après la découverte du virus en Chine, mais était parvenue à en contenir la propagation grâce à une stratégie de contrôle très stricte et de traçage des contacts avec les personnes infectées. Mais le mois d’avril a vu émerger un pic de nouvelles contaminations horizontales qui ont obligé les autorités à imposer des mesures sévères auxquelles il ne s’était jusqu’à présent pas résolu, parmi lesquelles la fermeture de la majorité des lieux de travail ou des écoles.

https://www.tunisienumerique.com/covid19-singapour-affronte-une-deuxieme-vague-meurtriere/


 

Dans ASIE

EXPANSION DU CORRIDOR ECONOMIQUE CHINE-PAKISTAN (CPEC). L'IRAN VEUT CONSTRUIRE "L'ANNEAU D'OR".

Par Le 14/02/2020

Expansion du corridor économique Chine-Pakistan (CPEC). Téhéran veut construire « l’anneau d’or ».

Par Andrew Korybko

Mondialisation.ca, 08 février 2020

Région : 

Thème: 

Analyses: 

Les processus d’intégration eurasienne menés par l’Initiative la Ceinture et la Route (BRI) sont l’une des caractéristiques des relations internationales contemporaines, et l’Anneau d’Or pourrait éventuellement devenir la pièce maîtresse de ces efforts si la proposition du O-CPEC+ de l’Ambassadeur Hosseini aboutit, surtout si elle est menée en parallèle avec le N-CPEC+.

L’Ambassadeur iranien au Pakistan a partagé ses plans visionnaires pour le CECP+, le néologisme devenu populaire au Pakistan ces temps-ci pour désigner l’expansion du Corridor Économique Chine-Pakistan le long de différents axes géographiques tels que ceux du nord (N-CECP+), de l’ouest (O-CECP+) et du sud (S-CECP+). L’Agence Anadolou de Turquie a fait état de la conférence de l’Ambassadeur Seyyed Mohammad Ali Hosseini à l’Institut d’Études Stratégiques d’Islamabad (IESI) en début de semaine, qui mérite d’être analysée plus en profondeur.

Selon l’Ambassadeur Hosseini, « la mise en place d’un réseau ferroviaire entre Gwadar et Chabahar et sa liaison avec l’Europe et l’Asie Centrale via l’Iran, va entraîner un développement économique majeur dans la région. D’autre part, la construction d’une voie ferrée sur le territoire pakistanais vers la Chine, reliant les deux ports, conduira au développement économique de cette région ». En pratique, cela répondrait à ce que j’ai écrit sur le O-CECP+ dans mon analyse sur CGTN en avril dernier intitulée « Le CECP+ est la clé pour atteindre les objectifs d’intégration régionale ».

Dans cet article, j’ai écrit que « la récente visite du Premier Ministre pakistanais Khan en Iran a vu les deux pays voisins s’entendre pour approfondir leur coopération, qui pourrait vraisemblablement évoluer vers une route commerciale terrestre du O-CECP+ passant par la République Islamique pour rejoindre Islamabad et les partenaires de Pékin en Turquie, qui pourrait être associée à un corridor maritime parallèle reliant le point terminal du CECP de Gwadar aux royaumes du Golfe ».

C’est exactement ce que l’Ambassadeur Hosseini a proposé lors de sa conférence à l’IESI (moins la partie concernant les royaumes du Golfe), qui pourrait révolutionner le rôle géostratégique de l’Iran dans l’ordre mondial multipolaire émergent et, par conséquent, en faire l’un des pays les plus importants de la BRI si elle est mise en œuvre avec succès dans le temps. Cela pourrait avoir des implications économiques importantes, mais aussi politiques.

Le corridor économique entre la Chine et le Pakistan relie la Chine au port de Gwadar, au sud du Pakistan, qui offre des routes maritimes vers le golfe Persique /CGTN Photo

L’ambassadeur est également cité par l’Agence Anadolou comme ayant déclaré que « des pays comme l’Iran, le Pakistan, la Turquie, la Russie et la Chine ont le potentiel de former une nouvelle alliance pour un meilleur avenir de la région ». Si la Chine et la Russie évitent le terme « alliance » pour décrire leurs relations étroites avec d’autres pays, l’intention de ses propos est suffisamment claire dans la mesure où il appelle à un partenariat stratégique renforcé entre ces cinq pays. Cela devient une possibilité réaliste entre la Chine, le Pakistan, l’Iran et la Turquie si le O-CECP+ est mené à bien.

Quant à la Russie, elle pourrait être associée à cette proposition ambitieuse de connectivité si le O-CECP+ est élargi pour l’inclure via l’Azerbaïdjan en suivant la voie proposée par le Corridor de Transport International Nord-Sud que ces deux pays, l’Iran et l’Inde, tentent de construire. En outre, la création d’un corridor commercial entre la Russie et le Pakistan via l’Afghanistan et l’Asie Centrale de l’après-guerre (N-CECP+) pourrait grandement contribuer à faire de Moscou une plus grande partie prenante de ce quintet stratégique centré sur le CECP que certains ont appelé « l’Anneau d’Or ».

Les processus d’intégration eurasienne menés par la BRI sont l’une des caractéristiques des relations internationales contemporaines, et l’Anneau d’Or pourrait éventuellement devenir la pièce maîtresse de ces efforts si la proposition de l’Ambassadeur Hosseini du O-CECP+ aboutit, surtout si elle est réalisée en parallèle avec le N-CECP+. Les cinq États piliers de cette vision de la connectivité pourraient être reliés entre eux et aux États qui se trouvent entre eux (Afghanistan, Azerbaïdjan et Républiques d’Asie Centrale) par une multitude de corridors ferroviaires et de transport construits par la Chine.

Par ces moyens, la Chine fonctionnerait comme le moteur de l’intégration eurasienne et lierait plus étroitement tous les pays concernés dans une Communauté de destin partagé. L’interdépendance complexe qui résulterait de cette vision ferait de chaque partie une plus grande partie prenante du succès de l’autre, avec la construction de mégaprojets multilatéraux offrant à leurs citoyens des opportunités économiques sans précédent. L’Anneau d’Or centré sur le CECP renforcerait donc la stabilité du cœur géostratégique de l’Eurasie.

Andrew Korybko

 

 

Article original en anglais :

Expansion of the China-Pakistan Economic Corridor (CPEC). Tehran Wants to Build “the Golden Ring”, le 7 février 2020.

L’article en anglais a été publié initialement par OneWorld.

Texte traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Andrew Korybko, Mondialisation.ca, 2020

https://www.mondialisation.ca/expansion-du-corridor-economique-chine-pakistan-cpec-teheran-veut-construire-lanneau-dor/5641460