SOMMET CHINE-AFRIQUE : L'ALLIANCE RENFORCEE AU DETRIMENT DES USA

Le sommet Chine-Afrique ,Johannesburg

Sommet Chine-Afrique à Johannesburg : l’alliance renforcée

© AFP 2015. Mujahid Safodien
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Mikhail Gamandiy-Egorov
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Le sommet Chine-Afrique s’est clôturé dans la ville de Johannesburg, en République d’Afrique du Sud.Que dire d’autre si ce n’est que l’Empire du Milieu renforce l’étroite collaboration, ou plutôt son alliance stratégique avec le continent africain.

 

Il est déjà connu que la Chine représente aujourd'hui le principal partenaire économique et commercial de l'Afrique, ayant dépassé les anciennes métropoles coloniales européennes, ainsi que les USA, au grand dam de ces derniers. Les élites occidentales n'ont depuis cessé de lancer des campagnes de diffamation visant les intérêts chinois dans les pays africains, les accusant tantôt de « néocolonialisme » (qui parle de colonialisme?), tantôt de concurrence déloyale, et autres accusations sans fondement. Bien que certains représentants de la cinquième colonne africaine pro-occidentale ait suivi les ordres de leurs chefs et malgré les moyens investis, les intérêts chinois sont restés pratiquement intacts.

 

Raison à cela? Un soutien assez évident d'une très large partie de la population africaine à la présence chinoise. D'ailleurs aussi bien de la part de la société civile, que des cercles politiques et d'affaires, surtout dans les pays ayant assumé (ou en phase de le faire) leur souveraineté. Pourquoi ce soutien? Car quoiqu'en disent les médias du mainstream, la Chine et l'Afrique arrivent à travailler dans la fameuse logique du partenariat gagnant-gagnant. Une notion tellement belle mais si rarement applicable. Mais dans le cas sino-africain, il faut avouer que cette notion arrive globalement à se réaliser.

 

Maintenant pour revenir au dernier sommet de Johannesburg. D'abord il faut rappeler que les échanges commerciaux annuels entre Pékin et les Etats africains représentent plus de 200 milliards d'euros d'échange. Un chiffre plus que sérieux. Mais certains s'étaient empressés d'annoncer la fragilisation de ces échanges en raison du ralentissement de la croissance chinoise. Evidemment, l'inquiétude était en partie justifiée puisque au cours des six premiers mois de cette année, les investissements de la Chine en Afrique ont chuté de près de 40%. Evidemment, cette chute concernait directement les achats chinois des matières premières, représentant une partie importante des relations commerciales sino-africaines, faisant perdre des revenus à plusieurs pays du continent, dépendant des exportations de leurs matières premières: Zambie, Afrique du Sud, République démocratique du Congo notamment. Tout cela faisant revenir le thème de l'importance de la diversification des économies africaines.

 

 
Mais quand on dit diversification, on parle avant du développement du secteur de transformation sur place des matières premières. Un sujet d'énorme importance pour l'Afrique. Une transformation qui permettra bien évidemment à de très nombreux pays africains de profiter beaucoup mieux de leurs ressources et d'avoir beaucoup plus de poids économiquement parlant sur la scène mondiale, surtout connaissant les énormes ressources dont dispose le continent. La Chine l'a parfaitement compris. Et compte jouer un rôle de premier plan dans cette diversification. Ainsi lors du sommet de Johannesburg, le président chinois Xi Jinping, a annoncé que son pays allait investir 60 milliards de dollars (un chiffre de 74 milliards a été avancé par la suite) dans des projets transcontinentaux en Afrique et pour le développement du continent africain. Il n'a pas non plus manqué de préciser que Pékin souhaite que la relation Chine-Afrique soit et reste équitable. Le leader chinois a détaillé devant plusieurs chefs d'Etats africains un projet de développement du continent en dix points.

 

« La Chine va mettre en œuvre ces dix plans de coopération au cours des trois prochaines années. Ces plans sont destinés à régler trois problèmes qui retardent le développement de l'Afrique. A savoir des infrastructures inadaptées, le manque de personnel professionnel et qualifié, ainsi que le manque de financement », a-t-il déclaré.

Certains « bien-pensants » diront bien sûr qu'il est à douter de la sincérité chinoise pourtant les résultats parlent d'eux-mêmes: depuis que la Chine a fait de l'Afrique une de ses priorités en matière de politique extérieure, l'infrastructure des pays du continent s'est largement améliorée. C'était d'ailleurs ce qu'avait rappelé le président sud-africain Jacob Zuma lors d'une interview à RT en marge du sommet des BRICS à Oufa, en Russie, en insistant sur le pied d'égalité utilisé par la Chine à l'égard de l'Afrique. Qu'en est-il de l'Occident? Tout le monde connait la réponse.

 

Comme quoi et malgré les « espoirs » de certains de voir la Chine perdre ses impressionnantes positions en Afrique, qu'ils les remettent à plus tard. La Chine et l'Afrique, ou du moins les pays africains ayant choisi de tourner la page du diktat néocolonial, garderont l'alliance stratégique qui caractérise leur relation. La Chine a parfaitement compris que le fait de ne pas avoir été une puissance coloniale lui donne de sérieux avantages. Mais elle a aussi parfaitement compris que dans le monde contemporain, seule une relation de respect du partenaire, et notamment de sa souveraineté, en y mettant en plus les moyens nécessaires, lui permettra d'être considérée comme un partenaire privilégié. La Chine a misé sur l'Afrique et n'a pas perdu (tout comme les pays africains qui ont fait confiance à la Chine). L'Inde et le Brésil suivent le pas. Un membre des BRICS est lui-même un pays africain. Un autre membre arrive (ou plutôt revient) sous peu.

 

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http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151209/1020168337/sommet-chine-afrique.html


 

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