SYRIE : LA CHINE REJOINT LA RUSSIE DANS LA GUERRE CONTRE LE TERRORISME

 
 

Par Akil Cheikh Hussein

En rejoignant la Russie dans la guerre contre le terrorisme en Syrie, la Chine participera -avec le reste des pays du Brics et du traité de Shanghai- à la formation d'une alliance internationale nécessaire pour sauver le monde des calamités issues de l'hégémonie du colonialisme, de l'impérialisme et du capitalisme sauvage.

En août 2014, les soldats en mission à bord des navires chinois déployés à l'est de la Méditerranée, ont mis le doigt sur la gâchette pour que la riposte soit russe et chinoise à la première des frappes qu'Obama était tenté d'adresser contre la Syrie.

Ce dernier fut le premier auquel il a été signifié que frapper la Syrie pouvait ne pas conduire seulement à une confrontation qui pourrait détruire les flottes et les bases militaires des Etats-Unis et de leurs alliés dans la région. Mais plutôt à une guerre dont les feux ne seraient moins ardents au Moyen-Orient qu'ils ne le seraient en Floride, Virginie, Alaska et le reste de l'Amérique du Nord et de l'Europe occidentale.

Une dette non remboursée

Le résultat fut que les armes chimiques syriennes ont permis à Obama de ne pas atteindre le niveau extrême de la situation critique dans laquelle il s'était embourbé: L'occasion lui a été donnée par les Russes de descendre de l'arbre tout en sauvant une partie de sa face. Il s'agit là d'une dette qu'Obama n'a pas encore remboursée aux Russes. Est-il possible que le remboursement prenne la forme d'un abandon par les Etats-Unis de ces groupes terroristes sur lesquels les ennemis de la Syrie ont tant nourri d'espoirs et dépensé de sommes faramineuses avant de se trouver obligés de les laisser affronter leur triste sort sous les coups russes qui, en quelques jours, ont réalisé ce que les promesses américaines comptaient réaliser en trente ans susceptibles de se prolonger pour une durée que B. Henry-Lévy n'acceptait que si elle serait d'au moins cinq siècles.

Les Chinois ont donc été prêts ce jour-là de s'engager dans la bataille de la Méditerranée et ce en dépit des estimations des analystes stratégiques qui juraient et jurent toujours que les guerres futures des Etats-Unis se dérouleront dans la région du Pacifique et viseront  la Chine en premier lieu. La flotte chinoise ne devrait-elle, s'il en est ainsi, se retirer de la Méditerranée pour participer à la défense de la Chine ?

Pas du tout. Car ce qu'exige la logique peut ne pas être conforme à ce qu'exige la conjoncture réelle. La défense de la Chine n'implique nécessairement pas le déploiement de toutes les forces chinoises sur le sol chinois.

Missiles nucléaires chinois à Cuba ?

A signaler à ce propos que Pékin n'a pris des mesures particulières en réponse au porte-avion nucléaire américain «USS Ronald Reagan» qui, le premier octobre, a rejoint les forces américaines déployées dans la région Asie-Pacifique.

En dépit de la montée des tensions en mer de Chine, méridionale et orientale, aussi bien qu'en mer Jaune, tensions qui risquent de générer suite aux provocations de Washington et de ses alliés japonais, australiens, et sud-coréens, les Chinois ne paraissent pas inquiets outre-mesure. Ils adoptent envers les provocateurs une politique tellement rigoureuse au point que nous entendons parler de déploiement de missiles chinois munis de charges nucléaires, ou de sous-marins nucléaires chinois qui sont prêts, d'après des menaces émanant récemment de responsables chinois, de rayer en quelques instants les Etats-Unis de la carte.

Pour plus de réalisme, il parait que les chinois sont plutôt intéressés par l'alliance qui commence à se nouer entre la Russie, la Syrie, l'Irak et l'Iran dans l'actuelle guerre contre le terrorisme.

Tout comme les Russes qui affirment que pourchasser des terroristes venus en Syrie de la Tchétchénie, du Daguestan et d'autres pays membres de la Fédération russe, compte parmi les raisons de leur intervention dans ce pays, les Chinois ne manquent pas de souligner, de leur côté, qu'ils tiennent à pourchasser des terroristes chinois qui arrivent en Syrie à partir de Sin-Kiang habité par une majorité musulmane dont certains membres se laissent attirer par la propagande wahhabite.

Les confrontations qui se déroulent en Syrie sont certes l'expression actuelle de conflits régionaux et internationaux. Le théâtre de ces conflits est susceptible de passer dans d'autres pays dans la mesure où le monde d'aujourd'hui vit dans une situation qui ne peut pas tolérer le contrôle du sort de l'humanité par les Etats-Unis et leurs alliés.

C'est dans ce sens que l'intervention russe en Syrie et l'annonce par la Chine de l'imminence de son intégration de la «coordination régionale» qui se noue autour du centre de renseignement pour la lutte contre le terrorisme sont l'expression du besoin qu'éprouve le monde d'aujourd'hui d'un système multipolaire revendiqué aussi par les autres pays du Brics et du Traité de Shanghai. Plus de trois quart de la population mondiale affiche ainsi son mécontentement vis-à-vis des politiques de Washington et de ses alliés, ainsi que leur aptitude à participer à la résistance contre ces politiques.

Il est même nécessaire que ce nouveau monde multipolaire se transforme en unipolaire d'un genre différent de celui que le monde a connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale et le début de l'ère de  l'hégémonie américaine.

Le monopole avec lequel les peuples se réconcilient et œuvrent sous des nouvelles Nations Unies en vue de sauver le monde des calamités qui le frappent suite à l'histoire de domination du colonialisme, de l'impérialisme et du capitalisme sauvage. Et en vue de se constituer un plus large espace humain.

Source : Al-Ahednews

 

15-10-2015 | 15:06
 

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