TAÏWAN, UNE ILE STRATEGIQUE DE LA BATAILLE DES ETATS - UNIS CONTRE LA CHINE

tourtaux-jacques Par Le 05/08/2022 0

Dans CHINE

Taïwan, une île stratégique dans la bataille des Etats-Unis contre la Chine

 

05 Août 2022

   

Présidente de la Chambre des Représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi s’est rendue à Taïwan, provoquant l’ire de Pékin. Pourquoi cette visite suscite-t-elle autant la polémique? Quelles sont les relations entre la Chine et l’île de Taïwan? A quoi les Etats-Unis jouent-ils? Pour mieux comprendre les enjeux de la provocation de Pelosi, nous vous proposons un extrait du livre « USA-Chine, les dessous et les dangers du conflit« . L’historienne Jude Woodward y consacre un chapitre à Taïwan. Utile pour comprendre pourquoi cette île a une importance aussi stratégique.

 

Un « porte-avions insubmersible »

Pour les principaux protagonistes – les États-Unis, la Chine et le Japon – c’est la position stratégique de Taïwan qui détermine surtout leur attitude envers l’île. Géographiquement et militairement, l’île est un lien majeur entre le «  périmètre défensif » étasunien allant de la Corée aux Philippines et il est crucial dans leur stratégie du Pacifique depuis 1945. Pour la Chine, il est dangereusement proche d’une partie de sa côte difficile à défendre et il complète un cercle armé hostile autour de sa côte orientale. Le Japon l’avait ravi à la dynastie Qing en 1895, en partie pour créer un tampon entre le Japon et le territoire chinois vers le sud ; Taïwan est presque en vue de l’extension méridionale de l’archipel japonais4. Il n’est pas surprenant que c’est Taïwan qui amena quasiment la Chine et les États-Unis au bord d’une guerre après 1949 et l’île reste un facteur stratégique central dans la planification et les préparatifs militaires de l’ensemble des camps.

Taïwan occupe un rôle essentiel dans les stratégies US concernant la Chine. Si le but du « pivot » d’Obama était de maintenir la position des États-Unis en tant que puissance prépondérante dans la région, dans ce cas, assurer leur rôle déterminant dans l’avenir de Taïwan est d’une importance capitale. Si les États-Unis abandonnaient Taïwan, cela donnerait à la Chine le contrôle sur le détroit de Taïwan, le libre accès au Pacifique et cela adresserait un signal à leurs autres alliés que la puissance étasunienne dans la région constituait une garantie peu fiable et de moins en moins solide[1].

Le fait que Taïwan s’appuyait militairement sur les États-Unis avait un caractère formatif. Sans l’intervention étasunienne – et la diversion de la Chine vers la guerre de Corée – l’armée de la RPC aurait sans aucun doute poursuivi la lutte contre le GMD en 1950 et chassé Chiang Kai-shek hors de l’île. La position de la Chine à propos de Taïwan est immuable depuis 1949 : le GMD s’est emparé d’une partie du territoire chinois reconnu internationalement et, finalement, la Chine le récupérera[2]. La crainte que la Chine puisse reprendre militairement la province a contribué au gain d’influence des États-Unis sur Taïwan et l’a gardé fermement au sein du système et des alliances informelles des États-Unis dans le Pacifique Nord[3].

En 1949, confiné à Taïwan, le GMD vaincu a élaboré le concept selon lequel sa RDC (République de Chine) était le véritable gouvernement de toute la Chine, chassé illégalement par une « rébellion communiste ». Sa prétention au gouvernement de toute la Chine (et de la Mongolie) arrangeait bien l’Occident dans les stades initiaux de la guerre froide, particulièrement quand elle signifiait que la RDC pro-occidentale occupait le siège de la Chine aux Nations unies et siégeait au Conseil de sécurité en lieu et place de la RPC. Les États-Unis jouèrent même avec le soutien d’une tentative par le GMD de « reprendre » la Chine. Toutefois, la chance ne fut jamais du côté de Chiang Kai-shek et, après les années 50, la chose ne fut plus sérieusement envisagée.

L’approche étasunienne de Taïwan fut fixée par le général US MacArthur en 1950 justifiant le déplacement de la 7e flotte US afin d’empêcher que Taïwan soit repris par les forces victorieuses de Mao. Il prétendit que, dans des mains « non amicales », l’île « constituerait un saillant ennemi » dans le « périmètre défensif » étasunien du Pacifique. Un Taïwan contrôlé par la Chine, poursuivait-il, « pouvait être comparé à un porte-avions insubmersible et à un navire ravitailleur de sous-marins idéalement situé pour appliquer une stratégie offensive et, en même temps, mettre en échec et mat les opérations défensives ou contre-offensives à l’aide de forces amies basées à Okinawa et aux Philippines[4] ».

L’expert de la politique de défense US Michael Mazza a répété la même importance stratégique de Taïwan de nos jours :

« Même sans troupes US stationnées à Taïwan, le maintien de facto de l’indépendance de l’île est crucial pour le périmètre de défense étasunien vers l’avant qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, a cherché à empêcher d’éventuels agresseurs d’approcher les États-Unis via l’océan Pacifique. De plus, si Taïwan tombait dans des mains hostiles, l’Amérique aurait de plus en plus de mal à défendre les alliés de ses traités en Asie, entre autres le Japon et les Philippines[5]. »

Taïwan est donc le « bouchon qui empêche les forces maritimes et aériennes chinoises d’accéder à ce que la Chine appelle « la première chaîne d’îles » – un chapelet d’îles s’étendant du Japon dans le nord, se prolongeant au-delà de la chaîne japonaise des Ryukyu et allant jusque l’île philippine de Luçon, puis contournant les périmètres sud et ouest de la mer de Chine méridionale[6].

Taïwan pourrait également constituer une base idéale pour des actions militaires dirigées contre le continent chinois :

« À un peu plus d’une centaine de milles de la côte chinoise […] de l’autre côté d’une partie côtière de la Chine qu’il est malaisé de défendre et qui est de plus en plus prospère, Taïwan est toujours en position de menacer le continent, particulièrement dans le but de proposer des aménagements militaires, des possibilités de renseignement et des moyens de propagande à une grande puissance[7]. »

« Une seule Chine »

Étant donné la position cruciale de Taïwan au confluent de la mer de Chine orientale et du Pacifique, les États-Unis, tout en étant d’accord formellement pour dire que Taïwan fait partie de la Chine, ont en réalité été bien déterminés à ce que l’île reste séparée dans sa sphère d’influence et non susceptible d’être utilisée par les forces navales et aériennes chinoises[8].

Alors que les États-Unis aimeraient accéder aux ports de Taïwan en eau profonde, le statut international de l’île en tant que « province de la Chine » exclut la chose, puisqu’elle ne peut entrer en traité ou en relations militaires avec de tierces puissances. Si certains bellicistes ont toujours préconisé que les États-Unis soutiennent un changement dans le statut international de Taïwan, aucune administration étasunienne n’a sérieusement envisagé la chose. En lieu et place, la politique US a joué de façon flexible avec ce statut pour s’assurer qu’aucune concession que l’île pourrait faire à la Chine n’irait de pair avec de nouvelles initiatives en vue de consolider Taïwan. Au début, Trump avait soulevé la possibilité d’abandonner la politique d’une « Chine unique » en ce qui concerne Taïwan, mais il fit marche arrière au moment de son premier entretien téléphonique avec Xi[9]. Cela aurait constitué une voie dangereuse, en portant à l’extrême les tensions militaires dans la région et en posant un risque sérieux de conflit réel – ce qui signifie aussi que cela n’aurait pas été une politique populaire aux yeux des autres alliés régionaux des États-Unis. Quelle que soit la bonne volonté dont la Chine a fait preuve pour tolérer l’actuel statu quo ou sa flexibilité à propos d’une possibilité d’arrangement avec Taïwan dans le cadre d’une « Chine unique », la Chine a toujours été on ne peut plus claire : toute démarche dans le sens de l’« indépendance » de Taïwan serait combattue avec vigueur. La Chine ne transigera pas à ce propos, parce que l’île a été enlevée illégalement à la Chine et, deuxièmement, parce qu’elle croit qu’un Taïwan « indépendant » ne serait juste qu’une tête de pont pour une concentration de troupes US visant à bloquer la Chine dans la mer de Chine orientale.

Le rôle des États-Unis dans le maintien de la scission de Taïwan a été décisif[10]. En 1950, la proposition de Mao de chasser le GMD de Taïwan fut bloquée par les États-Unis qui transférèrent leur 7e Flotte au large des côtes de Taïwan. Plus tard, dans la même décennie, la tentative de la Chine de déloger le GMD de ses avant-postes sur l’île proche de la côte du Fujian résulta en la première (1954-1955) et la deuxième (1957-1958) crises du détroit, quand les États-Unis menacèrent de recourir aux armes nucléaires contre la Chine pour « défendre » Taïwan15.

Lors du rapprochement des États-Unis avec la Chine dans les années 70, Taïwan craignit – et la Chine espéra – que les États-Unis aillent soutenir la réintégration de l’île au continent.

Le premier coup porté à la RDC vint en 1971, lorsqu’elle perdit le siège de la Chine aux Nations unies. En dépit de tentatives régulières des États amis de Beijing à l’Assemblée générale des Nations unies de promouvoir les résolutions visant à céder le siège de la Chine à la RPC, ces résolutions n’avaient jamais obtenu la majorité nécessaire des deux tiers. Toutefois, l’entrée d’un certain nombre de nations indépendantes en voie de développement au sein de l’ONU dans les années 60, encouragée par le « dégel » de Nixon avec la RPC, produisit soudain une majorité inattendue des deux tiers en faveur de la RPC, fin 1971. Le vote, reconnaissant la RPC comme gouvernement de « toute la Chine » et redésignant Taïwan comme « Taïwan, province de la Chine », fut une surprise à la fois pour les États-Unis et les Chinois. Les États-Unis avaient eu l’intention d’insister pour préserver un certain statut pour la RDC au sein de l’ONU, au prix d’accepter le transfert ; mais le résultat inattendu devança les intentions étasuniennes et laissa la RDC sans statut et en dehors de l’ONU[11].

Malgré cela, les États-Unis n’avaient pas l’intention de soutenir la réintégration de Taïwan au reste de la Chine. Des rencontres initiales avec Kissinger en 1971, Zhou et Mao comprirent – et Nixon le confirma verbalement – que les États-Unis allaient « sacrifier » Taïwan au bénéfice de la coopération avec la Chine[12]. Mais ceci est très éloigné de ce qui se passa. Après de dures négociations, le communiqué de Shanghai, publié au cours de la visite historique de Nixon en Chine en 1972, établit une position américano-chinoise « convenue » à propos de Taïwan. Toutefois, le document contenait deux déclarations parallèles : les Chinois réaffirmaient que Taïwan était une « affaire interne » de la Chine dans laquelle d’autres pays n’avaient pas le droit d’interférer, alors que les États-Unis proposaient plutôt moins :

« Les États-Unis reconnaissent que tous les Chinois des deux côtés du détroit de Taïwan maintiennent qu’il n’y a qu’une seule Chine et que Taïwan fait partie de la Chine. Le gouvernement des États-Unis ne conteste pas cette position. Il réaffirme son intérêt dans un règlement pacifique de la question de Taïwan par les Chinois eux-mêmes […] Il affirme l’objectif ultime du retrait de toutes les forces et installations étasuniennes du territoire de Taïwan.[13] »

Ces formulations prudentes, cette « ambiguïté constructive » dans les paroles mémorables de Kissinger, définissent une politique étasunienne de la « Chine unique » dont les négociateurs chinois croyaient qu’elle signifiait l’acceptation de la souveraineté chinoise sur Taïwan et la fin de l’aide militaire US à la RDC, comme la chose avait été promise verbalement par Nixon[14]. Mais telle n’était pas l’intention de Nixon. En effet, en formalisant l’« intérêt » étasunien pour une issue à la question de Taïwan, le document avait plus fortement lié les États-Unis à la défense du gouvernement de la RDC et cet « intérêt » apportait un surcroît de légitimité, puisque la RPC y avait également ajouté son nom.

La reconnaissance officielle de la RPC par les États-Unis fut reportée jusqu’en 1979 et Nixon se retrouva embourbé dans son Watergate ; son successeur, Gerald Ford, était trop faible pour une démarche de cette importance. Ce fut sous Carter que les États-Unis finirent par reconnaître officiellement la RPC en tant que « seul gouvernement légal de la Chine », mettant fin ainsi au traité de défense des États-Unis avec Taïwan. Les États-Unis retirèrent leur personnel militaire et promirent de mettre un terme à leur assistance militaire. Mais, en avril 1979, le Congrès adopta la Loi sur les relations avec Taïwan (Taïwan Relations Act) qui réaffirmait l’« intérêt » étasunien pour « l’avenir de Taïwan », s’engageait à continuer à lui vendre suffisamment d’armes pour assurer sa défense, garantissait le soutien étasunien si Taïwan était attaqué, y compris par la Chine ; et établissait un cadre quasi gouvernemental qui lui permettait de poursuivre ce qui avait été effectivement des relations d’État à État avec Taïwan, sauf dans les termes protocolaires[15]. En 1982, la RPC et Reagan convinrent d’un communiqué limitant la vente d’armes à Taïwan, mais une fois encore les États-Unis recoururent à des arguments légalistes pour mitiger son impact et les ventes d’armes se poursuivirent – bien qu’à un niveau réduit.

En d’autres termes, en dépit de la reconnaissance diplomatique de la RPC et de l’affirmation par les États-Unis d’« une seule Chine », les choses en restèrent à ceci : « Bien que la séparation ne soit pas l’intention exprimée par la politique des États-Unis […] tel a été l’effet de cette politique[16]. »

Néanmoins, la modification des relations de l’ONU et des États-Unis avec Taïwan compromirent gravement la situation de l’île. D’une part, les ventes d’armes des États-Unis à Taïwan chutèrent et devinrent de plus en plus controversées. D’autre part, toute une série de pays avait déjà transféré leurs relations diplomatiques de la RDC vers la RPC après la décision de l’ONU en 1971. Avant cette date, soixante-six pays avaient reconnu la RPC mais, en 1979, le chiffre était passé à 117. D’autres pays encore leur emboîtèrent rapidement le pas au début des années 80 et, en 2014, Taïwan n’était plus reconnue que par vingt-deux États, généralement très petits[17].

La crise du Détroit des années 90 et l’« indépendance »

La poursuite de l’engagement des États-Unis envers Taïwan fut testée lors de la troisième crise du Détroit, en 1995-1996, qui marqua également un changement décisif dans les principales motivations des relations entre la Chine et Taïwan. Les première et deuxième crises du Détroit, dans les années 50, avaient vu Beijing

et Taipei se disputer à propos du contrôle des îles en haute mer. Dans les années 90, le conflit surgit de façon très différente, en réponse à l’émergence de courants politiques à Taïwan qui, pour la première fois, n’aspiraient pas à « reprendre » le continent mais proposaient en lieu et place de se séparer carrément de la Chine continentale.

Dans les années 90, le succès économique de la province durant les deux décennies précédentes – atteignant des taux de croissance de plus de 8 % à la fin des années 80 – et le vieillissement de la génération qui s’était réfugiée à Taïwan en 1949, avait affaibli les liens avec la Chine continentale. Chiang Kai-shek était mort en 1975, et son fils Chiang Ching-kuo lui avait succédé. Dans les années 80, il se mit à perdre l’emprise des forces émigrées originales du GMD sur la vie politique de l’île, emprise qui devenait de plus en plus inacceptable à mesure que les événements de 1949 s’évanouissaient dans le passé[18]. Sous Chiang Kai-shek, le gouvernement de la RDC était composé d’une Assemblée nationale élue en Chine en 1949 et d’un Yuan législatif élu en 1947, et aucun des deux n’avait été réélu depuis. Un changement était vital pour maintenir la légitimité. En 1984, Chiang Ching-kuo désigna Lee Teng-hui, né à Taïwan, comme adjoint. La loi martiale fut levée en 1987 et les partis d’opposition furent autorisés. Et les premières élections à l’Assemblée et au Yuan eurent lieu respectivement en 1991 et 1992.

Les conséquences de ces évènements furent profondes et aboutirent à une sévère détérioration des relations avec Beijing. En 1991, le nouveau Parti démocratique progressiste (PDP), de l’opposition, fit campagne pour l’indépendance de Taïwan. Il bénéficia d’un coup de pouce quand Lee Teng-hui, désormais président du GMD et présumé futur vainqueur des premières élections présidentielles démocratiques en 1996, se mit lui aussi à favoriser une certaine forme d’indépendance. Il apparut que Taïwan était sur le point d’opérer un grand virage politique à partir de sa position de départ prônant « une seule Chine ».

En réponse à ces discours de plus en plus séparatistes, la RPC décida qu’elle devait préparer une réponse militaire ; celle-ci fut consignée dans la stratégie de défense de la Chine de 1993[19]. Dès juillet 1995, elle effectua toute une série de tests avec des missiles, de mobilisations de l’APL et d’exercices d’attaques navales et amphibies le long de la côte chinoise faisant face à Taïwan. Mais quand, en mars 1996, juste avant les élections, la Chine effectua des tests de missiles au large de la côte de Taïwan, les États-Unis déplacèrent deux groupes de combat sur porte-avions vers le détroit de Taïwan – la plus importante exhibition de force navale dans la région depuis la guerre du Vietnam. Alors que certains commentateurs suggérèrent que la démonstration de force des deux camps fut toujours symbolique, l’incident démontra ce que pouvait déclencher toute tentative de modifier unilatéralement le statu quo de Taïwan[20]. Et les États-Unis comme la Chine agirent rapidement pour consolider ce statu quo.

Clinton saisit l’opportunité de sa visite en Chine de 1998 – la première d’un président US depuis les événements de la place Tien Anmen – pour réaffirmer la position étasunienne à propos du statut de Taïwan[21]. Connu sous l’appellation des « trois non », son discours fut celui-ci :

« Nous ne soutenons pas l’indépendance pour Taïwan, ni deux Chines ni « un Taïwan, une Chine », [et] nous ne croyons pas que Taïwan devrait être membre de quelque organisation que ce soit requérant le statut d’État de ses membres. Ainsi donc, je pense que nous avons une politique consistante[22]. »

Mais, à Taïwan même, le PDP pro-indépendance continuait à progresser en s’appuyant sur les craintes de ce que pourrait être l’impact de la réunification avec la Chine sur son système politique et son économie prospère, en même temps que sa longue hostilité en soi envers le continent parmi des sections entières de la population autochtone. En 2000, le président du PDP, Chen Shui-bien, fut élu président, mettant ainsi un terme à plus de cinquante années de contrôle de l’exécutif par le GMD. En 2001, George W. Bush entra à la Maison-Blanche avec une plate-forme de politique étrangère très résolue, dirigée par Paul Wolfowitz, qui était davantage pro-Taïwan que de tout temps depuis 1979. Les déclarations de Bush amenèrent nombre d’observateurs à conclure qu’« il avait abandonné la politique US déjà ancienne de l’ambiguïté stratégique en faveur de la clarté stratégique » et à se demander s’il « se préparait à changer […] de position à propos de l’indépendance de Taïwan[23] ». En avril 2001, Bush approuva une importante vente d’armes à Taïwan – dont des sous-marins –, qu’aucune administration précédente n’avait autorisée et de hauts responsables de Taïwan, dont le président, furent invités à se rendre aux États-Unis[24].

Avec un tel soutien des États-Unis, Chen Shui-bien durcit la ligne de son administration en faveur de l’indépendance. En réponse, en 2005, la Chine adopta une « Loi anti-sécession » qui autorisait des « moyens non pacifiques […] pour protéger la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine[25] ». Mais, du fait que les États-Unis étaient profondément embourbés en Afghanistan et en Irak, Bush ne voulut pas d’une crise avec la Chine et se mit à insister pour que les deux camps adoptent la modération[26].

La fin de la présidence de Bush coïncida avec la fin de la première période du PDP pro-indépendance à la tête de Taïwan et le retour du GMD, partisan d’une « Chine unique », à la présidence, lorsque Ma Ying-jeou remporta les élections de 2008[27]. Mais la période 2000–2008 de direction du PDP et la politique protaïwanaise de Bush-Wolfowitz avaient débouché – du point de vue de la Chine – sur un renforcement dangereux des courants indépendantistes à Taïwan. En conséquence, l’élection de Ma Ying-jeou vit également un changement dans la tactique de la RPC, passant à une rhétorique pure et dure ciblant les dirigeants de l’île enclins à courtiser « les cœurs et les esprits » de la population de Taïwan[28].

Gagner les cœurs et les esprits

En ligne avec ce qui précède, la stratégie plus récente de la Chine envers Taipei a consisté à exploiter les synergies croissantes entre leurs économies afin d’encourager des relations plus étroites.

L’expansion exponentielle de l’économie de Taïwan dans les années 70 et 80, associée à « la réforme et l’ouverture » de la Chine dès 1978, transforma rapidement des restrictions sur le commerce, les voyages et les investissements avec le continent chinois en un obstacle à leur potentiel économique mutuel. En 1987, sous ces pressions, Taïwan allégea les restrictions de voyage vers le continent et, en 1994, la Chine adopta une loi accordant des protections spéciales aux investissements taïwanais semblables à celles émanant de Hong Kong[29].

Le commerce et les liens commerciaux entre Taïwan et la Chine continentale s’accrurent rapidement. En 1995, 24 % des exportations totales de Taïwan allaient aux États-Unis, alors qu’il n’y en avait que 1 % à destination de la RPC. Mais, en 2005, la Chine était devenue son principal partenaire commercial[30]. Le commerce total passa à 22 % (130 milliards de dollars US) en 2014, alors que la part des États-Unis chutait à 10,5 % (62 milliards de dollars US). De plus, la Chine a un déficit budgétaire avec Taïwan, de 75 milliards de dollars US en 2014, c’est-à-dire plus important que l’excédent commercial total de Taïwan, de 39,4 milliards de dollars US, en cette même année[31]. En d’autres termes, l’excédent commercial de Taïwan avec la Chine seule fait plus que compenser une balance commerciale négative avec le reste du monde.

La Chine est également devenue la principale destination des IDE extérieurs de Taïwan. Les termes préférentiels de la Chine, la facilité des communications et la proximité l’ont rendue attrayante du fait que les pressions concurrentielles ont forcé les entreprises de Taïwan à chercher un assemblage et une production meilleur marché à l’étranger. En 2013, le flux annuel d’IDE de Taïwan vers la Chine était de 8,7 milliards de dollars US, environ 63 % du total de ses IDE, bien supérieur à ses investissements aux États-Unis, en Corée du Sud, en Allemagne, au Royaume-Uni et en France[32].

L’économie de Taïwan est devenue extrêmement dépendante de ses liens avec le continent et ce n’est pas susceptible de changer à moyen terme. Comme on l’a dit à juste titre, les deux économies se sont mêlées comme de l’eau dévalant une colline[33]. Quoi qu’ait pensé le PDP des relations politiques avec la Chine continentale, au gouvernement, le parti n’a entrepris aucune démarche pour contrer ces synergies économiques.

L’élection de Ma Ying-jeou à la présidence de Taïwan en 2008 – et sa réélection en 2012 –, combinée à ces liens économiques de plus en plus étroits, a provoqué un dégel dans les relations de part et d’autre du détroit. Élu pour un mandat en vue de réduire les tensions avec la Chine continentale, le Président a promis qu’il n’y aurait « pas d’indépendance, pas d’unification et pas de recours à la force ». Pendant ce temps, la RPC insista sur la coopération économique, culturelle et diplomatique plutôt que sur la réintégration[34]. Un effet immédiat fut une « trêve diplomatique » grâce à laquelle Ma Ying-jeou laissa tomber la campagne de Taïwan pour l’entrée aux Nations unies et se tourna en lieu et place vers la Chine pour soutenir sa participation à d’autres organisations internationales, pendant que la Chine retirait ses objections à ce que Taïwan participe avec un statut spécial en tant que « zone douanière » dans divers forums internationaux tels l’OMC et l’OMS[35].

En 2010, un Accord-cadre de coopération économique (ECFA) entre la Chine continentale et Taïwan ouvrit plus encore le marché chinois à Taïwan, et selon des termes très favorables à Taïwan. Les droits de douane furent réduits sur 539 exportations taïwanaises vers la Chine et sur 267 exportations chinoises vers Taïwan. Il fut estimé qu’au cours de la première année, près de quatorze milliards de dollars US de marchandises taïwanaises exportées vers la Chine allaient connaître des droits de douane réduits, voire pas de droits de douane du tout, et ce alors que les exportations chinoises vers Taïwan atteignaient à peine trois milliards de dollars US[36].

Dans les mois qui suivirent l’élection de Ma Ying-jeou, le premier vol régulier de la Chine continentale depuis près de soixante ans se posa à Taipei et des vols de diverses villes chinoises furent introduits à destination de Taïwan[37]. En juin 2015, la Chine supprima les conditions de permis d’entrée pour les résidents taïwanais en visite sur le continent. Des rencontres de haut niveau se multiplièrent, culminant par la rencontre historique entre Xi Jinping et Ma Ying-jeou en novembre 2015 : c’était la première fois que les dirigeants de la RPC et de Taïwan se rencontraient depuis 1949.

L’impact régional de cette harmonie de part et d’autre du détroit devint évident quand tant le Japon que les Philippines provoquèrent des confrontations à propos des îlots litigieux en 2012[38].

Plutôt que de voir Taipei rallier la défense des alliés des États-Unis contre la Chine, des relations bilatérales plus solides renforcèrent leur point de vue partagé à propos de ces querelles territoriales. Presque toutes les forces à Taïwan rejetèrent les prétentions du Japon au sujet des Diaoyu, puisqu’elles étaient administrées hors de Taipei sous la dynastie Qing et qu’elles font partie des zones de pêche traditionnelles de Taïwan. Dans la mer de Chine méridionale, la RDC occupe Taiping, la plus grande des îles Spratleys contestées[39]. La revendication de Taiping par la RDC s’appuie sur la même carte de 1945 que celle utilisée par la RPC. En effet, elle a été dessinée à l’origine par le gouvernement de la RDC de Chiang Kai-shek afin de montrer les territoires rendus à la Chine lorsque les Japonais se retirèrent de l’Asie du Sud-Est[40].

Vu ce passé, il aurait toujours été malaisé de recruter Taïwan contre la Chine en s’appuyant spécifiquement sur l’un ou l’autre de ces litiges concernant les îles. Effectivement, la position commune de la RDC et de la RPC à propos de la souveraineté controversée sur ces îlots est l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont poussé la prudence jusqu’à sembler neutres dans ces questions et n’ont encouragé ni le Japon ni les Philippines à poursuivre leurs revendications. Mais la froideur de Taipei à l’égard des exigences du virage d’Obama en direction de la Chine s’est poursuivie ; Taipei a gardé ses distances vis-à-vis de toute la propagande US contre la Chine. Ainsi, quand, en 2013, la Chine annonça qu’elle allait appliquer une Zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) sur la mer de Chine orientale qui chevauchait une partie de l’ADIZ taïwanais existant, la réponse de Taïwan fut extrêmement modérée bien que les États-Unis aient insisté pour que la RDC reconnaisse la chose[41].

L’équilibre des armes

Comme les relations de Taïwan avec la Chine continentale se réchauffaient sous Ma Ying-jeou, les bellicistes étasuniens hostiles à la Chine ne tardèrent pas à s’inquiéter. Dès lors, Paul Wolfowitz s’alarma de ce que « la Chine espérait fraterniser plus étroitement avec Taïwan via des liens économiques tout en préparant également des options militaires si elle décidait d’entreprendre des actions afin de réaliser son objectif ultime de réunification ». Craignant que Taïwan ne se dirige dangereusement vers une réunification finale avec la Chine, il insista pour que les États-Unis « entreprennent des démarches plus ambitieuses », y compris mettre en question le statut de non-souveraineté de Taïwan en entrant dans des accords commerciaux directs ou en ignorant les objections de la Chine et en augmentant de façon considérable les ventes d’armes[42]. Le National Interest suggéra que Taïwan devienne « le premier signataire du TPP après l’application de l’accord[43] ».

Les ventes d’armes US à Taïwan avaient généralement diminué depuis la Loi sur les relations avec Taïwan en dépit des infractions occasionnelles, comme celles qui eurent lieu sous George W. Bush. Obama fut d’accord pour des ventes substantielles d’armes en 2010 et 2011 et pour des ventes moindres en 2015, mais les marchés ne comprenaient pas de nouveaux avions de combat ni l’aide pour remplacer la flotte des sous-marins taïwanais vieillissants, qui constituait une urgence[44]. Les futures ventes d’armes US restent un indicateur clé du degré auquel Trump et les futures administrations étasuniennes sont réellement préparées à affronter la Chine à propos de Taïwan[45].

Étant donné les insécurités de Taïwan, ses dépenses militaires ont toujours été élevées. En dépit de leur immense différence de taille, les dépenses militaires de la Chine n’ont dépassé celles de Taïwan qu’en 1995[46]. Bien que la différence de leurs dépenses d’une année à l’autre soit aujourd’hui impossible à combler, les dépenses militaires de la Chine en 2015 étaient estimées à 215 milliards de dollars US, contre 10,3 milliards pour Taïwan[47]. De plus, avec la décrispation des relations avec la Chine et des pressions sur les budgets domestiques, Taïwan – tant sous le PDP que sous le GMD – permit à des dépenses en défense de passer de 2,7 % du PIB en 2000 à 1,9 % en 2015. Les stratèges US et en particulier l’équipe de Trump ont insisté fortement pour que cette tendance soit inversée[48].

À partir des années 90, la priorité de la Chine a été de se forger une capacité militaire dans le Détroit afin de dissuader toute incursion navale hostile et s’assurer contre toute tentation de Taïwan de chercher une scission formelle avec la Chine. Cela a impliqué un vaste arsenal de missiles à courte et moyenne portée le long des côtes du Fujian et de Jiangsu, des systèmes de défense par missile, des avions furtifs et des vaisseaux spécialisés dans la surveillance côtière. Il en a résulté que la Chine détient, ou est très près de détenir, une capacité de dissuasion réelle en relation avec la mer de Chine orientale et Taïwan. Comme on l’a examiné dans le chapitre 4, c’est devenu une préoccupation quasi obsessive chez les stratèges militaires US, qui prétendent que la Chine recherche le « refus d’accès », en menaçant le libre accès aux « commons mondiaux[49] ». Ce qu’ils veulent dire en fait, c’est que la marine de guerre US n’a plus la capacité navale de dominer les côtes et les eaux territoriales de la Chine.

Ceci pose la question de savoir quel soutien militaire les États-Unis pourraient en fait fournir s’ils encourageaient Taïwan à rompre officiellement avec la Chine. Un rapport de 2009 faisant autorité et en provenance de la Rand Corporation a estimé que les problèmes logistiques posés par la distance géographique entre les États-Unis et Taïwan, « combinée à l’éventail limité d’options de disponibilité de nouvelles bases pour les forces étasuniennes – et de la capacité croissante de la Chine d’organiser des attaques soutenues et efficaces contre ces bases avancées – remet en question la capacité de Washington à servir de façon crédible et à long terme de garant à la sécurité de Taïwan[50] ».

Ceci renferme un message sérieux à l’adresse de tous les alliés régionaux plus faibles des États-Unis, et pas seulement Taïwan. Si les États-Unis ne peuvent plus les défendre efficacement dans un conflit putatif avec la Chine, ne serait-il pas plus avisé à long terme de chercher des relations stables avec la Chine que de soutenir une politique étasunienne qui aboutira inévitablement à détériorer les relations dans la région ? Comme le Pentagone l’a dit dans son 2010 Quadrennial Defence Review (Rapport quadriennal 2010 sur la défense) : « Sans capacités étasuniennes dominantes de projeter le pouvoir, l’intégrité des alliances et partenariats sécuritaires étasuniens pourrait être remise en question[51]. »

La stratégie US pour contrer cela réside dans le plan Air-Sea Battle discuté plus haut (voir chapitre 4), qui implique que dans tout conflit avec la Chine à propos du détroit de Taïwan, la seule réponse dont les États-Unis disposent réside dans l’escalade rapide vers une guerre totale contre la Chine. Ce n’est pas un scénario qui suggère un grand sentiment de sécurité à Taïwan.

 

Source: Investig’Action (Extrait du livre USA-Chine, les dessous et les dangers du conflit)

 

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Notes:

[1] N. Bernkopf Tucker et B. Glaser, « Should the US abandon Taiwan? »,

The Washington Quarterly, 34:4 (2011), pp. 23–37.

[2] J. Nathan et A. Scobell, China’s search for security, New York, Columbia University Press, 2012 p. 215.

[3] R. C. Bush, op. cit., ch. 2.

[4] Projet de mémorandum, Message du général MacArthur à propos de Formose, 17 août 1960, dossier du secrétaire d’État, Acheson Papers.

[5] M. Mazza, « Taiwan’s crucial role in the US pivot to Asia », American Enterprise Institute, 9 juillet 2013. Disponible sur : http://www.aei.org/publication/taiwans-crucial-role-in-the-us-pivot-to-asia/ (consulté le 12 février 2017).

[6] Id.

[7]  J. Nathan et A. Scobell, op. cit., p. 213.

[8] Ibid., pp. 212–239.

[9] C. Bohan et D. Brunnstrom, « Trump says US not necessarily bound by “one China” policy », Reuters, 12 décembre 2016. Disponible sur : http://www.reuters.com/article/us-usa-trump-china-idUSKBN1400TY (consulté le 12 février 2017).

[10]  J. Nathan et A. Scobell, op. cit., p. 215.

[11] L. Wei, China in the United Nations, Hackensack, World Century Publishing Corp, 2014, pp. 50–53.

[12] J. Nathan et A. Scobell, op. cit., p. 101.

[13] Communiqué commun des États-Unis d’Amérique et de la République populaire de Chine, 28 février 1972.

[14] J. Nathan et A. Scobell, op. cit., pp. 101–102.

[15] R. C. Bush, « Thoughts on the Taiwan Relations Act », Brookings, avril 2009. Disponible sur : https://www.brookings.edu/opinions/thoughts-on-the-taiwan-relations-act/ (consulté le 12 février 2017).

[16] J. Nathan et A. Scobell, op. cit., p. 215.

[17] R. C. Bush, Uncharted Strait, op. cit., p. 20.

[18] Ibid., ch. 2.

[19] Ibid., pp. 14–16.

[20] R. Pinsker, « Drawing a line in the Taiwan Strait. “Strategic ambiguity and its discontents” », Australian Journal of International Affairs, 57:2 (2003), pp. 353–368.

[21] Visites présidentielles étasuniennes en Chine : Nixon 1972 ; Ford 1975 ; Reagan 1984 ; Bush 1989 ; Clinton 1998.

[22] R. Sutter, « The “Three No’s”; Congressional-administration differences and US policy issues », Congressional Research Service 98-837F, 30 juin 1998.

[23] K. B. Dumbaugh, « Taiwan. Recent developments and US policy choices », Congressional Research Service Issue Brief, IB98034, 24 janvier 2006.

[24] M. McDevitt, « Taiwan. The tail that wags the dog », Asia Policy, 1 (janvier 2006), pp. 69–93.

[25] Loi antisécession, 14 mars 2005, Troisième session, 10e Congrès populaire national et CCPPC. Texte complet sur http://news.xinhuanet.com/english/2005-03/14/content_2694180.htm (consulté le 14 mai 2015).

[26]  K. B. Dumbaugh, op. cit., p. 11.

[27] Le GMD a reconquis une étroite majorité au parlement fin 2014.

[28] Y. K. Wang, « China’s growing strength, Taiwan’s diminishing options », Brookings, 2010. Disponible sur : https://www.brookings.edu/research/chinas-growing-strength-taiwans-diminishing-options/ (consulté le 12 février 2017).

[29] Législation de la RPC sur la protection des investissements par des compatriotes à partir de Taïwan, 5 mars 1994.

[30] D. K. Nanto et E. Chanlett-Avery, « The rise of China and its effect on Taiwan, Japan and South Korea. US policy choices », Congressional Research Service Report RL32882, 13 janvier 2006.

[31] Taipei, Bureau du Commerce extérieur – Statistiques commerce 2000–2015, valeur des exportations & importations par pays en dollars US.

[32]Taipei, Bureau du Commerce extérieur – Statistiques commerce 2000–2015, valeur des exportations & importations par pays en dollars US.

[33] Republic of China Yearbook 2014, Executive Yuan.

[34] R. C. Bush, « Taiwan and East Asian security », Orbis, 55:2 (2011), p. 274.

[35] B. A. Lindemann, Cross-Straits relations and international organisations, Wiesbaden,Springer VS, 2012.

[36] « Historic Taiwan-China trade deal takes effect », BBC News, 12 septembre 2010. Disponible sur : http:// www.bbc.co.uk/news/world-asia-pacific-11275274 (consulté le 12 février 2017).

[37] « Direct China–Taiwan flights begin », BBC News, 4 juillet 2008. Disponible sur : http://news.bbc.co.uk/1/ hi/7488965.stm (consulté le 12 février 2017).

[38] Voir Chapitres 5 et 10, pp. 169-200 et pp. 335-358.

[39] L. Kuok, Tides of change. Taiwan’s evolving position in the South China Sea, Washington, Brookings Institution: Centre for East Asia Policy Studies, 2015.

[40] Voir Chapitres 9 et 10, pp. 303-330 et pp. 335-358.

[41] J. M. Cole, « China’s ADIZ. Taiwan’s dilemma », The Diplomat, 28 novembre 2013. Disponible sur : http:// thediplomat.com/2013/11/chinas-adiz-taiwans-dilemma/ (consulté le 12 février 2017).

[42] P. Wolfowitz, « US Taiwan policy threatens a face-off with China », Wall Street Journal, 9 octobre 2014.

[43] A. Bernard et P. J. Leaf, « The US, TPP and Taiwan », The National Interest, 24 avril 2014. Disponible sur : http://nationalinterest.org/feature/the-us-tpp-taiwan-10300 (consulté le 12 février 2017).

[44] M. Forsythe, « China protests sale of US arms to Taiwan », New York Times, 17 décembre 2015.

[45] N. Bernkopf Tucker et B. Glaser, op. cit.

[46] SIPRI 2016. Chiffres 1995 : Taïwan 11,47 milliards de dollars US, RPC 12,575 milliards de dollars US (dollars US actuels).

[47] SIPRI 2016.

[48] B. Glaser et A. Mark, « Taiwan’s defence spending. The security consequences of choosing butter over guns », Asia Maritime Transparency Initiative, 18 mars 2015. Disponible sur : https://amti.csis.org/taiwans-defense-spending-the-security-consequences-of-choosing-butter-over-guns/ (consulté le 17 février 2017).

[49] T. Yoshihara et J. R. Holmes, op. cit., pp. 6–7.

[50]  D. A. Shlapak, D. T. Orletsky, T. I. Reid, M. S. Tanner et B. Wilson, A question of balance. Political context and military aspects of the China-Taiwan dispute, Santa Monica, RAND National Security Research Division, 2009.

[51] US Quadrennial Defence Review, p. 31.

https://www.investigaction.net/fr/taiwan-une-ile-strategique-dans-la-bataille-des-etats-unis-contre-la-chine/

 
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