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CORÉE DU NORD : NOUVEAU TEST CRUCIAL RÉUSSI SUR LA BASE DE SOHAE

Corée du Nord: nouveau "test crucial" sur la base de Sohae

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Corée du Nord: nouveau "test crucial" sur la base de Sohae

Photo diffusée le 29 novembre 2019 par l'agence officielle KCNA d'un essai de lancement de missiles par la Corée du Nord

©KCNA, AFP

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La Corée du Nord affirme avoir réalisé un nouveau "test crucial"

Monde

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La Corée du Nord mène un "test très important" depuis une base de lancement

AFP, publié le samedi 14 décembre 2019 à 10h28

La Corée du Nord a réalisé un nouveau "test crucial" sur son site de lancement de satellites de Sohae, a rapporté samedi l'agence officielle KCNA, au moment où les négociations avec Washington sur le programme nucléaire nord-coréen sont dans l'impasse.

"Un nouveau test crucial a été mené avec succès sur la base de lancement de satellites de Sohae le 13 décembre de 22H41 à 22H48", soit de 13H41 GMT à 13H48 GMT, a déclaré un porte-parole de l'Académie nationale des sciences de défense cité par l'agence.

Les "succès en matière de recherche" seront "appliqués pour améliorer encore la dissuasion nucléaire stratégique fiable" de la Corée du Nord, a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient alors que les Etats-Unis ont procédé jeudi au dessus du Pacifique au test d'un nouveau type de missile balistique sol-air de moyenne portée, qui était interdit par le traité INF dont ils se sont retirés cette année, le deuxième en moins de 4 mois.

Pyongyang avait déjà annoncé dimanche dernier avoir mené un "test très important", censé changer le "statut stratégique" du pays. Ce test avait également été mené depuis la base de Sohae, sur la côte nord-ouest de la Corée du Nord et connue également sous le nom de Tongchang-ri, dont le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avait promis en septembre 2018 la fermeture lors d'un sommet avec le président sud-coréen Moon Jae-in. 

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU mercredi, Washington a mis en garde Pyongyang contre tout nouvel essai nucléaire ou de missile balistique intercontinental en fin d'année, tout en promettant de la souplesse si les négociations reprennent.

La Corée du Nord a qualifié cette semaine Washington d'"insensé" pour avoir convoqué cette réunion, la deuxième à lui être consacrée en une semaine après un rencontre à huis clos à la demande des Européens.

La tension monte entre Washington et Pyongyang qui a fixé un ultimatum pour la fin de l'année à l'approche d'un ultimatum fixé par la Corée du Nord. 

Frustrée du manque de progrès dans la levée des sanctions après trois sommets avec le président américain Donald Trump, la Corée du Nord a récemment promis un "cadeau de Noël" si les Américains ne changent pas d'approche avant la fin de l'année.

Les négociations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont dans l'impasse depuis l'échec d'un sommet à Hanoi en février entre les dirigeants américain et nord-coréen. Les Etats-Unis exigent que la Corée du Nord renonce d'emblée à tout son arsenal atomique, alors que cette dernière réclame une approche progressive prévoyant une levée rapide d'au moins une partie des sanctions internationales qui étranglent son économie.

https://actu.orange.fr/monde/coree-du-nord-nouveau-test-crucial-sur-la-base-de-sohae-CNT000001m6lNT.html


 

LE "CADEAU" DE KIM AUX USA : LA REALISATION NORD COREENNE D'UN TEST TRES IMPORTANT SUR LA BASE DE LANCEMENT DE SOHAE

http://french.presstv.com/Detail/2019/12/08/613137/Core-du-Nord-Pyongyang-USA-Trump-Kim-ngociations

 

Pyongyang réalise un test très important sur la base de lancement de Sohae

Sun Dec 8, 2019 11:49AM

Le leader nord-coréen, Kim Jung-un.(Archives)

Le leader nord-coréen, Kim Jung-un.(Archives)

La Corée du Nord a mené un test très important depuis la base de lancement de satellites de Sohae, située sur la côte occidentale du pays, a rapporté dimanche 8 décembre l'agence de presse officielle KCNA. « Un test très important a eu lieu à la base de lancement de satellites de Sohae l'après-midi du 7 décembre », a déclaré un porte-parole de l'Académie nationale des sciences de la Corée du Nord. « Le résultat de ce test aura un effet important en changeant le statut stratégique de la Corée du Nord », a-t-il ajouté.

Kim met en garde les USA ...

Kim met en garde les USA ...

Un média public nord-coréen a mis en garde les États-Unis contre l’utilisation de forces militaires contre la Corée du Nord.

Ce samedi, l’ambassadeur nord-coréen à l’ONU Kim Song a affirmé que le « dialogue durable et substantiel » réclamé par les États-Unis n'est qu'une « manœuvre dilatoire » liée au calendrier de la politique intérieure américaine, en référence à l'élection présidentielle de novembre 2020 aux États-Unis. Il a souligné que la dénucléarisation n'était plus sur la table des négociations avec les États-Unis et que de longs pourparlers avec Washington n'étaient pas nécessaires.

« Nous n'avons pas besoin d'avoir de longs pourparlers avec les États-Unis et la dénucléarisation est déjà sortie de la table des négociations », a-t-il déclaré.

Il y a quatre jours, le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Tae Song, en charge des affaires de l’Amérique a déclaré que « Washington perd le temps pour sauver le dialogue ». « Le dialogue annoncé par les États-Unis n’est rien d’autre qu’un "truc stupide" conçu pour attirer la RPDC dans ce dialogue et l’utiliser à des fins politiques et pendant la campagne électorale aux États-Unis », a déclaré Ri Tae Song.

Et il a annoncé la préparation d’un « cadeau » pour Noël aux États-Unis. « Cela dépend des autorités américaines exactement de ce que sera ce cadeau de Noël », a noté le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a fixé un délai qui expirera fin 2019  pour parvenir à un accord de désarmement nucléaire avec les États-Unis, mais les pourparlers sont interrompus depuis des mois.

Kim mobilise ses bombardiers

Kim mobilise ses bombardiers

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a assisté à une démonstration de combat aérien et a appelé les pilotes à se préparer à combattre les « ennemis armés jusqu’aux dents ».

Les évolutions en Corée du Nord sont pas à pas suivies au Moyen-Orient. Il y a quelques jours des sources syriennes faisaient état de négociations avec la partie chinoise en vue de l'achat du système de défense anti aérien HQ-9 ou le S-300 chinois. Les analystes ont prévu aussi des pourparlers imminents avec la Corée du Nord ; des négociations évidemment de portée économique qui ne sauraient ne pas comporter un aspect d’ordre militaire aussi. Le ministre des relations économiques extérieures de la Corée du Nord est récemment parti pour la Syrie pour discuter de la coopération bilatérale. La livraison de la technologie nord-coréenne figure toujours à l'ordre des discussions des pourparlers entre les deux parties. 

http://french.presstv.com/Detail/2019/12/08/613137/Core-du-Nord-Pyongyang-USA-Trump-Kim-ngociations

 

https://www.huffingtonpost.fr/entry/kim-jong-un-fait-a-trump-un-cadeau-de-noel-ressemble-a-un-test-de-missile_fr_5deca87ce4b05d1e8a52ccf3

INTERNATIONAL

08/12/2019 09:20 CET

Kim Jong Un fait à Trump un "cadeau de Noël" qui ressemble beaucoup à un test de missile

La Corée du Nord a averti qu’elle enverrait aux États-Unis un “cadeau de Noël” et que son contenu dépendrait du résultat des pourparlers avec Washington.

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  • Le HuffPost avec AFP

Annonce à la télé du test nord-coréen à la télé

ASSOCIATED PRESS

Annonce à la télé du test nord-coréen à la télé sud-coréenne. 

INTERNATIONAL - Un cadeau explosif? La Corée du Nord a annoncé ce dimanche 8 décembre avoir mené un “test très important” depuis sa base de lancement de satellites de Sohae, entouré de mystère mais significatif de l’impasse des négociations sur le nucléaire entre Pyongyang et Washington.

L’information a été rapportée par l’agence officielle KCNA, qui n’a donné aucune précision sur l’engin ou l’arme testée. “Un test très important a eu lieu à la base de lancement de satellites de Sohae l’après-midi du 7 décembre”, a déclaré un porte-parole de l’Académie nationale des sciences du Nord. Le résultat de ce test aura un “effet important” en changeant le “statut stratégique” de la Corée du Nord, a-t-il ajouté.

La Corée du Nord a averti quelques jours auparavant qu’elle enverrait aux États-Unis un “cadeau de Noël”, et que le contenu du cadeau dépendrait du résultat des pourparlers en cours entre Washington et Pyongyang. Ambiance.

Trump toujours confiant sur ses relations avec Pyongyang 

Ce même samedi, le président américain Donald Trump se félicitait encore devant la presse à Washington de sa “très bonne relation” avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

“Je pense qu’on veut tous les deux garder ça comme ça. Il sait que j’ai une élection qui arrive”, avait-il dit, confiant qu’il serait “surpris si la Corée du Nord agissait de manière hostile”.

Situé sur la côte nord-ouest de la Corée du Nord, le site de Sohae, également connu sous le nom de Tongchang-ri, a été au cœur de la diplomatie à trois entre Pyongyang, Séoul et Washington depuis plus d’un an.

Il donne toutes les apparences d’un centre spatial pour mettre des satellites sur orbite. Mais les Nord-Coréens l’ont utilisé pour plusieurs lancers de fusées condamnés par la communauté internationale, laquelle dénonce des entraînements au tir de missiles à longue portée.

De plus en plus d’activités dans les missiles

Lors d’un sommet à Séoul en septembre 2018, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’était engagé à le fermer. Puis les progrès pour aller vers la “dénucléarisation” de la péninsule coréenne avaient fait long feu. En mars avaient été repérés par satellite des travaux sur cette base en vue d’une “rapide reconstruction”.

D’autres images satellites prises jeudi montraient un grand conteneur qui semblait “un indicateur à peu près fiable des préparatifs d’un test d’engin”, d’après Jeffrey Lewis, un spécialiste de l’armement nucléaire en Asie orientale au Middlebury Institute à Monterey (Californie, ouest des Etats-Unis).

S’exprimant avant l’annonce de la Corée du Nord dimanche, cet expert y voyait “un signe de plus que la Corée du Nord mène de plus en plus d’activités dans les missiles à mesure qu’approche la date butoir de Kim Jong Un pour un relâchement des sanctions”.

“La question de la dénucléarisation plus sur la table des négociations”

A Washington, un haut responsable de l’administration américaine a réagi de manière très prudente, affirmant: “nous avons pu voir les rapports concernant un test et nous nous travaillons en étroite collaboration avec nos alliés et partenaires”.  

Pyongyang souhaite qu’avant le 31 décembre Washington formule une proposition de nature à relancer les pourparlers de paix. Mais samedi, deux déclarations avaient confirmé que l’heure était aux tensions.

“La situation actuelle dans la péninsule coréenne est grave”, avaient estimé les présidents américain et sud-coréen, Donald Trump et Moon Jae-in, lors d’une conversation téléphonique, selon la présidence sud-coréenne.

Et l’ambassadeur nord-coréen aux Nations unies Kim Song a affirmé que “la question de la dénucléarisation n’est plus sur la table des négociations”.

À voir également sur Le HuffPost:

https://www.huffingtonpost.fr/entry/kim-jong-un-fait-a-trump-un-cadeau-de-noel-ressemble-a-un-test-de-missile_fr_5deca87ce4b05d1e8a52ccf3


 

KIM JONG UN : LES DERNIERS TIRS NORD-COREENS SONT UN AVERTISSEMENT A WASHINGTON ET A SEOUL

Les derniers tirs nord-coréens sont un « avertissement » à Washington et à Séoul, déclare Kim

 Depuis 4 heures  7 août 2019

kim-jong

 Asie et Afrique - Deux Corées

 

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a déclaré que les derniers tirs de missiles de la Corée du Nord étaient un « avertissement » adressé à Washington et Séoul en raison de leurs manœuvres militaires conjointes, a rapporté le mercredi 7 aout, l’agence officielle KCNA.

Ce dernier lancement de missiles a eu lieu mardi après que les forces américaines et sud-coréennes ont commencé la veille des manoeuvres conjointes visant à tester la capacité de Séoul à avoir un contrôle opérationnel en temps de guerre.

Pyongyang avait prévenu que le lancement de ces manoeuvres compromettrait la reprise annoncée des négociations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sur l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

La Corée du Nord a toujours réprouvé les manœuvres conjointes régulières qu’elle considère comme une préparation pour une éventuelle invasion de son territoire.

Mais jusqu’à présent elle s’était abstenue d’effectuer des essais de missiles pendant que ces exercices américano-sud-coréens étaient en cours.

« Missiles tactiques guidés »

KCNA a indiqué que M. Kim avait personnellement assisté au tir de missiles de mardi. L’essai a permis de vérifier « l’efficacité en temps de guerre » d’ « un nouveau type de missiles tactiques guidés », a-t-elle précisé.

« Se félicitant du succès de ce tir de démonstration, Kim Jong Un a noté que cette action militaire était une occasion d’adresser un avertissement approprié en direction des manoeuvres militaires conjointes que mènent les Etats-Unis et la Corée du Sud », a rapporté l’agence officielle.

Selon l’état-major interarmes des forces sud-coréennes, la Corée du Nord a tiré mardi deux projectiles « présumés être des missiles balistiques de courte portée » et qui se sont abattus en mer.

C’était la quatrième paire de missiles tirée par la Corée du Nord en moins de deux semaines, et Pyongyang a averti qu’il pourrait y en avoir d’autres.

Le président américain Donald Trump a minimisé ces divers tirs, soulignant qu’il s’agissait de missiles à courte portée et que ces essais ne constituaient pas une violation des engagements pris par M. Kim envers les Etats-Unis.

Après une année de tensions croissantes et de menaces mutuelles, Donald Trump et Kim Jong Un ont tenu en juin 2018 à Singapour un sommet historique à l’issue duquel M. Kim a signé un engagement, rédigé en termes vagues, dans lequel il s’engageait à œuvrer à « la dénucléarisation de la péninsule coréenne ».

Un deuxième sommet, en février à Hanoï, a tourné court en raison d’un désaccord sur la question d’une levée des sanctions économiques auxquelles la Corée du Nord est soumise et des concessions que Pyongyang pourrait faire en contrepartie.

Lors d’une rencontre impromptue en juin à Panmunjom, dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées, MM. Trump et Kim ont décidé la reprise des négociations sur le nucléaire. Mais ces discussions n’ont pas encore recommencé.

Des analystes estiment que les activités militaires menées actuellement des deux côtés pourraient repousser la reprise des pourparlers à l’automne.

Et Pyongyang a fait savoir mardi que la motivation de la République populaire démocratie de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) à discuter était impactée négativement par les manœuvres conjointes qui venaient de débuter.

« La situation qui prévaut refroidit considérablement notre désir d’appliquer les accords RPDC/Etats-Unis et les accords intercoréens, ce qui affecte également les perspectives d’un futur dialogue », a averti un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par KCNA.

« Violation flagrante »

Pour Pyongyang, le lancement de ces manoeuvres « est un déni non dissimulé et une violation flagrante » de plusieurs accords conclus entre Pyongyang et Washington, a indiqué l’agence.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, a minimisé mardi les protestations de Pyongyang. Les manoeuvres conjointes en cours sont « conformes au partenariat que nous avons avec la Corée du Sud », a-t-il dit.

« La Corée du Nord a poursuivi ses manœuvres avec la même intensité. Alors ils n’ont pas vraiment de raisons de se plaindre », a déclaré M. Bolton sur la chaîne de télévision américaine Fox News.

 

Source: AFP

https://french.almanar.com.lb/1456358


 

POURQUOI TANT DE FAUSSES INFORMATIONS CIRCULENT-ELLES CONTRE LA COREE DU NORD ?

Pourquoi tant de fausses informations circulent-elles sur la Corée du Nord ?

 

TOUTE L'INFO SUR

À LA LOUPE

SANS FILTRE - Depuis de nombreuses années, les rumeurs les plus folles courent sur la Corée du Nord et se retrouvent parfois relayées dans de grands médias. Comment expliquer ce phénomène ? Pourquoi ne mettons nous jamais en doute les nombreux on-dits ? À La Loupe a questionné deux spécialistes du pays pour tâcher de comprendre.

 - Claire Cambier

Kim Jong-Un a ordonné que son oncle soit dévoré par une meute de chiens affamés. L'ex-compagne du dictateur a été exécutée pour avoir dévoilé une sextape. En Corée du Nord, il n'y a qu'une dizaine de coupes de cheveux autorisées. Le ministre de la défense a été tué par un tir de missile aérien pour s'être assoupi durant des célébrations militaires... Ces informations vous disent sûrement quelque chose. Vous les avez partagées sur les réseaux sociaux, lues dans un média, vous vous en êtes étonnés à la machine à café. Il est vrai que chaque nouvelle du "pays du secret" est croustillante à souhait, on s'en délecte comme d'un bon feuilleton. Pourtant, on découvre bien souvent par la suite que peu d'éléments sont véridiques.

 

Cette frénésie pour les rumeurs sur la Corée du Nord, Juliette Morillot, co-auteur de La Corée du Nord en 100 questions (Ed. Tallandier), y est souvent confrontée. Jusque sur les plateaux télé. "Cela commence à changer mais bien souvent, quand je suis invitée dans une émission, on me questionne sur tout ce qui est anecdotique, comme la coiffure de Kim Jong Un. Bon, Donald Trump aussi a une coiffure de dingue. On en oublie presque que le pays possède l'arme nucléaire !"

"Ce que les gens veulent entendre"

Cette spécialiste de la Corée du Nord et du Sud nous livre quelques exemples de fausses rumeurs. Les supposées dix coiffures réglementaires ? En réalité, cette affirmation se base sur une affiche de salon de coiffure répertoriant plusieurs coupes, explique-t-elle. "En Occident, on a aussi un catalogue chez le coiffeur avec des exemples de coupe, cela ne veut pas dire que l'on est obligé d'en choisir une." Toutefois, "c'est vrai, on ne peut pas tout faire." Vous ne verrez ainsi jamais un Nord-coréen avec des dreadlocks, mais que "la frange soit plus haute ou plus basse" que le modèle reste possible, tout comme choisir de se boucler les cheveux. 

 

La fameuse sextape de la chanteuse Hyon Song-wol, l'ancienne compagne du dictateur ? "Ce n'est pas du tout dans le style de la Corée du Nord et surtout d'un point de vue technique, ce n'est pas possible. Comment voulez-vous diffuser une sextape quand vous n'avez pas de connexion à Internet", ou de manière très limitée ? Mais "c'est ce que les gens veulent entendre, plus c'est spectaculaire, mieux c'est", analyse simplement Juliette Morillot.

 

En clair, la Corée du Nord est l'objet de tous les fantasmes et nous croyons aux plus folles rumeurs, parce que nous le voulons bien. "Certains spécialistes de la Corée du Nord qui s'expriment ne parlent pas coréen et n'ont jamais été sur place, regrette l'historienne. C'est pourtant la base du journalisme, obtenir l'information à la source, recouper les données. Mais quand je contredis une information en livrant une analyse historique et parce que je suis allée sur le terrain, les journalistes que j'ai en face de moi sont suspicieux. Quand on explique le pays, on est toujours soupçonné de le défendre." 

 

Un aspect que dénonce également Patrick Maurus, professeur mérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales, qui partage son temps entre la France et la Corée du Nord, où il enseigne et organise des séjours touristiques. "En France, on part du constat qu'on ne peut pas se rendre en Corée du Nord et que même si on y va - ce qui est déjà contradictoire -, on ne peut rien voir. Donc si la Corée du Nord dit que c'est vrai, c'est forcément faux."

 

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La Corée du Nord, un enjeu régional

Finalement, on a le sentiment que le pays est tellement fermé que l'on peut dire ce que l'on veut. Certes, ce n'est pas le seul pays de la planète dans ce cas mais "avec quelle dictature voulez vous comparer ? questionne ainsi Juliette Morillot. Cuba ? Aujourd'hui, le régime de ce pays est plus ouvert. Et c'est une île, il n'y a personne autour. Ce ne sont pas les mêmes enjeux. Le Kazakhstan ? Tout le monde s'en moque. A l'inverse, la Corée du Nord a une position stratégique. C'est une des dernières balafres de la Guerre froide dans le monde." Sa situation en fait une cible.

 

Qui a donc intérêt à stigmatiser à outrance les dirigeants nord-coréens ? Jusque récemment, la Corée du Sud. Avant l'arrivée au pouvoir de Moon Jae-in, l'actuel président démocrate favorable à l'instauration d'une paix durable, le pays était aux mains des conservateurs. "Plus la Corée du Nord était menaçante, terrifiante, plus cela justifiait la présence d'une ligne conservatrice dure", estime l'auteur de Le monde selon Kim Jong Un (Ed. Robert Laffont). 

 

Certaines fausses informations sont ainsi diffusées dans le Joson Ilbo, un des principaux quotidiens de Corée du Sud, ouvertement traditionnel et conservateur. "Les journalistes qui y travaillent ont été biberonnés à l'idée que le nord-coréen est un diable rouge et leurs articles manquent souvent d'objectivité", indique-t-elle. Un simple exemple : "quand certains officiels n'apparaissent plus dans les médias nord-coréens, on estime qu'ils ont été exécutés." Début juin, le Joson Olbo parlait ainsi d'une grande purge : "Kim Hyok Chol a été exécuté en mars à l'aéroport de Mirim avec quatre hauts responsables du ministère des Affaires étrangères après une enquête", pouvait-on lire dans le journal. "Tout est précisé, même l'aéroport, alors que c'est invérifiable. Et puis quelque temps plus tard, les gens ressuscitent". Bien souvent, ces disparus ont été "mis au placard", dans des fermes collectives à la campagne ou dans des "camps de rééducation". 

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Les transfuges, réfugiés en Corée du Sud, ont également alimenté de fausses rumeurs, ajoute-t-elle. "On déroulait le tapis rouge aux officiels et aux patrons mais les paysans et les ouvriers n'avaient pas grand chose de sensationnel à raconter". Certains faits ont de fait été romancés ou tout du moins exagérés. Shin Dong-hyuk, "le rescapé du Camp 14", a ainsi reconnu qu'il avait dramatisé son témoignage. "Il y a pourtant suffisamment de choses terribles sur la Corée du Nord", souligne Juliette Morillot. "La plupart des témoignages sont également rémunérés. C'est scandaleux, quand vous payez 1.000 euros, le réfugié a tendance à en rajouter". Elle nous assure y avoir été confrontée : "une femme battue, c'était tel prix, un enfant, le double".

 

Certaines rumeurs proviennent aussi du Japon, fervent opposant de la Chine et de son allié et voisin, la Corée du Nord. D'autres des Etats-Unis : "il faut savoir qu'un soldat américain sur trois est basé en extrême-Orient, 25.000 sont postés en Corée du Sud". Les enjeux régionaux sont un poids non négligeable. L'historienne résume la situation par un proverbe coréen : "quand les baleines se battent, les crevettes ont le dos rompu". Une citation qu'avancera également Patrick Maurus pour analyser la situation. 

Ouverture du pays et regain d'intérêt

Pourtant les choses changent peu à peu. Le pays s'ouvre et a entamé des négociations avec les Etats-Unis et la Corée du Sud. Depuis le réchauffement diplomatique entre les deux Corées, on observe presque "une propagande pro-main tendue" en Corée du Sud, souligne Juliette Morillot. "D'un coup, Kim Jong Un n'est plus décrit comme un dictateur, on parle de 'dirigeant'. Il existe des émoticônes à son effigie, des jeux à découper. Pour aboutir à la paix, il n'est en tout cas plus question de sortir des témoignages dramatiques." 

 

L'ouverture a également permis un accroissement des visites dans le pays, de touristes tout comme de journalistes occidentaux. La Corée du Nord fait toutefois montre d'une certaine hypocrisie. Les médias doivent normalement passer par l'agence de presse officielle, chargée de la propagande, pour s'y rendre. Les journalistes sont alors chapeautés et ont peu de marge de manœuvre. Patrick Maurus nous explique que d'autres solutions existent. Il organise, depuis une dizaine d'années, des séjours en Corée du Nord, officiellement pour "des études culturelles", officieusement, il s'agit de touristes et de journalistes désireux de voir le pays de manière plus libre. Une astuce qui n'échappe pas au gouvernement, qui ferme les yeux. 

 

Plus étonnant, la popularité de la K-Pop, cette musique venue de Corée, a lancé un regain d’intérêt pour la région. De plus en plus de personnes apprennent le Coréen, s'intéressent à l'histoire des deux pays. Pour Juliette Morillot, qui s'y rend "depuis les années 80", tous ces aspects conduisent à une meilleure connaissance du pays et de son fonctionnement.

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Claire Cambier

Mis à jour : Créé : 

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