CUBA

SALIM LAMRANI: LA PLUS BELLE CAUSE DE L'HUMANITE. LA CONTRIBUTION DE CUBA A LA LIBERATION DE L'AFRIQUE ET A LA LUTTE CONTRE L'APARTHEID

«La plus belle cause de l’Humanité». La contribution de Cuba à la libération de l’Afrique et à la lutte contre l’Apartheid

Par Salim Lamrani

Mondialisation.ca, 11 octobre 2018

L'Humanité 9 octobre 2018

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Depuis l’avènement de la Révolution en 1959, Cuba a fait de la solidarité avec les peuples en lutte pour leur émancipation un pilier de sa politique étrangère. Dès les premiers instants, en dépit de l’hostilité des Etats-Unis et des innombrables difficultés internes liées au processus de transformation sociale, Fidel Castro a converti Cuba en une terre d’asile pour tous les groupes révolutionnaires et mouvements de libération nationale d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Cuba a joué un rôle majeur dans les différents processus de libération nationale en Afrique, en offrant aide et ressources.

En l’espace de trente ans, près d’un demi-million de Cubains, femmes et hommes, ont participé aux guerres anticoloniales en Afrique, faisant de la petite île de la Caraïbe l’égale des grandes puissances. Quelles raisons ont motivé La Havane, assiégée par Washington, pour soutenir un engagement d’une telle ampleur à plus de 10 000 kilomètres de son territoire national ? Comment l’action cubaine a-t-elle changé le destin des pays de l’Afrique australe et contribué de manière décisive à la chute du régime raciste de Pretoria ? Pourquoi Nelson Mandela a-t-il réservé sa première visite hors d’Afrique à la Cuba de Fidel Castro ?

Cuba a d’abord soutenu l’Algérie dans sa lutte anticoloniale contre la France et a contribué à préserver son indépendance conquise en 1962. Par la suite, La Havane a répondu favorablement à la demande d’aide faite par le mouvement Lumumbiste du Congo belge, tout en contribuant, entre autres, aux épopées indépendantistes de la Guinée Bissau, du Cap Vert et en défendant la souveraineté de l’Ethiopie. Enfin, Cuba a apporté un concours décisif pour préserver l’indépendance de l’Angola suite à l’agression du régime suprématiste de Pretoria, sonnant ainsi le glas de l’Apartheid et ouvrant la voie à l’indépendance des nations de l’Afrique australe.

Soutien à l’indépendance de l’Algérie

Le premier pays africain à bénéficier de l’internationalisme cubain fut l’Algérie. Les Cubains avaient suivi un grand intérêt la lutte des indépendantistes du Front de Libération nationale (FLN) contre le colonialisme français. Dès 1961, le gouvernement de Fidel Castro établit les premiers contacts avec la direction du FLN, principale force politique algérienne dans le combat contre l’oppression coloniale[1]. Ainsi, le 27 juin 1961, Cuba fut le seul pays de l’Hémisphère occidental à reconnaître le gouvernement algérien en exil[2].

La Havane ne se contenta pas d’exprimer son soutien politique à la lutte pour la liberté. Dès janvier 1962, Cuba décida de fournir une aide matérielle et militaire aux révolutionnaires algériens qui menaient une lutte depuis 1954. Les autorités cubaines expédièrent une cargaison de 1 500 armes par bateau à destination du camp du FLN à Oujda, près de la frontière algérienne. Le navire « Bahía de Nipe » rentra à Cuba avec 78 maquisards algériens blessés et 20 enfants réfugiés, pour la plupart orphelins de guerre[3].

Ainsi, malgré un contexte géopolitique extrêmement complexe, face à l’hostilité croissante des Etats-Unis qui avaient imposé des sanctions économiques, organisé l’invasion de la Baie des Cochons et qui multipliaient les attentats terroristes à travers l’île, Fidel Castro n’hésita pas à mettre en danger la relation de Cuba avec la France du Général de Gaulle, au nom du principe de solidarité internationaliste avec les peuples en lutte pour leur émancipation.

L’Algérie n’oublia pas cette expression de solidarité de la part de La Havane. En octobre 1962, après avoir réalisé une visite officielle aux Etats-Unis, Ahmed Ben Bella choisit de se rendre directement à La Havane depuis Washington, malgré les avertissements de Kennedy[4]. Fidel Castro exprima sa gratitude le 16 octobre 1962 en présence du Premier ministre algérien :

« Venir à Cuba quand le riche et puissant empire yankee redouble d’hostilité et de haine à notre égard […], venir à Cuba quand les impérialistes yankees menacent également d’attaquer notre pays […], est, Monsieur le Premier ministre, un acte de courage et de résolution […] et un geste d’amitié que nous n’oublierons jamais. C’est également un acte qui honore la nation algérienne aux yeux des peuples du monde[5]. »

L’Algérie eut rapidement besoin du concours de Cuba. En septembre 1963, le Maroc du roi Hassan II décida de profiter de la faiblesse du nouvel Etat indépendant depuis le 5 juillet 1962 pour lancer une conquête territoriale, s’emparant de la zone frontalière algérienne riche en ressources naturelles. Affaiblie par huit années de guerre qui avaient ravagé le pays, l’Algérie ne disposait pas d’une structure de défense organisée ni des armes nécessaires pour protéger son intégrité territoriale. Ahmed Ben Bella sollicita alors l’aide urgente de Cuba pour faire face à cette agression armée et préserver l’indépendance du pays. En octobre 1962, le gouvernement de La Havane dépêcha une division blindée et près de 700 combattants dirigés par le commandant Efijenio Ameijeras, disposant des armements soviétiques les plus modernes[6].

Face à ce déploiement de forces, le Maroc fut contraint de signer un cessez-le feu le 30 octobre 1963 et d’abandonner les territoires occupés quelques semaines plus tard, sans même que les troupes cubaines aient eu à combattre. A la fin de sa première mission internationaliste, Cuba offrit l’intégralité des armements à l’Algérie et forma l’armée locale à son utilisation[7]. Cuba paya le prix de sa solidarité active avec l’Algérie. En effet, Rabat décida de rompre ses relations diplomatiques avec La Havane, lesquelles ne seraient rétablies qu’en 2017[8].

L’aide cubaine à l’Algérie n’a pas été uniquement politique, matérielle et militaire. Elle a également été d’ordre médical. En effet, le pays était confronté à une grave crise sanitaire suite au départ de la plupart des médecins français, avec seulement 200 médecins pour 4 millions d’habitants[9]. Ainsi, l’Algérie avait obtenu en mai 1963 le soutien d’une brigade médicale de 55 professionnels de la santé. Cuba se trouvait pourtant face à une situation nationale extrêmement sévère. En effet, en plus de la grave crise sanitaire qui frappait l’ensemble de la population cubaine en 1959 dans une île qui ne comptait que 6 000 médecins pour 6 millions d’habitants, près de la moitié du personnel cubain avait choisi d’émigrer vers les Etats-Unis dans les premiers mois de l’année 1959, attirés par de meilleures opportunités professionnelles. En dépit des difficultés sérieuses auxquelles faisait face Cuba et de l’exode du personnel de santé, La Havane offrit son aide médicale à l’Algérie[10].

Le Front de Libération nationale rappelle que « dès les premières heures de son indépendance, l’Algérie trouvera en Cuba un appui de taille dans ses efforts de reconstruction nationale, notamment dans le domaine de la santé[11]. » A ce jour, plusieurs dizaines de médecins cubains et autre personnel de santé travaillent dans les différentes régions de l’Algérie[12].

Pour toutes ces raisons, Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne, décréta huit jours de deuil national suite au décès de Fidel Castro le 25 novembre 2016. Dans son message de condoléances au peuple cubain, il exprima la gratitude de l’Algérie pour le soutien indéfectible de La Havane :

« C’est aussi une grande perte pour le peuple algérien qui entretient une relation particulière avec El Commandante, faite de respect, d’admiration et d’affection mutuels. Une relation qui trouve aussi sa singularité dans le partage de quelques pages de l’histoire de la glorieuse lutte de Libération nationale et dans lesquelles El Lider Maximo avait joué un rôle de premier plan aux côtés du peuple algérien. Ce compagnonnage de lutte trouvera son prolongement après l’accession de l’Algérie à l’indépendance et se manifesta par une solidarité et un soutien à la reconstruction de notre pays ruiné par une guerre coloniale dévastatrice. […] Je salue en lui un authentique défenseur des valeurs de paix, de respect de la souveraineté nationale et de son combat intransigeant en faveur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes[13]. »

La mission internationaliste cubaine en Algérie serait la première d’une longue série qui verrait La Havane apporter son concours au Congo, à la Guinée Bissau et au Cap-Vert et à l’Ethiopie.

Aide à la lutte armée au Congo et en Guinée Bissau et défense de la souveraineté de l’Ethiopie

Congo

En 1961, les Etats-Unis commanditèrent l’assassinat de Patrice Lumumba, leader indépendantiste du Congo belge. Lauwrence Devlin, Chef du Bureau de la CIA dans le pays, reconnut la responsabilité de Washington : « Je devais procéder à une élimination physique, c’est-à-dire assassiner Lumumba. J’ai immédiatement demandé qui avait donné ces instructions et la réponse a été qu’elles venaient du Président Eisenhower[14] ». Avec la complicité de la Belgique et des troupes des Nations unies, le Premier Ministre congolais fut assassiné par Mobutu, lequel instaura une dictature qui durerait jusqu’en 1997, avec le soutien des Etats-Unis[15].

Les forces lumumbistes déclenchèrent alors un mouvement insurrectionnel à travers le pays sous le leadership de Laurent-Désiré Kabila, chef de la rébellion congolaise. Kabila sollicita alors l’aide de Cuba pour lutter contre le régime de Mobutu soutenu par les nations occidentales. En avril 1965, Che Guevara, à la tête d’une colonne de 120 combattants cubains, arriva au Congo pour soutenir la guérilla. Sa présence dura huit mois et six internationalistes cubains tombèrent au combat[16].

Mais le combat était inégal entre une rébellion affaiblie et un régime disposant du soutien militaire des Etats-Unis et des mercenaires blancs payés par Washington. Cléophas Kamitatu, alors Ministre de l’Intérieur de Mobutu, fut chargé de mater les insurgés : « Nous avons organisé une opération de récupération du pays en utilisant l’armée [et] les mercenaires […] payés par les Etats-Unis[17] ».

Face à l’offensive de l’armée de Mobutu, la Tanzanie, qui soutenait la guérilla, demanda le départ de Guevara et de ses hommes, lesquels durent s’exécuter en novembre 1965. L’expérience congolaise fut un « échec » selon le Che, en raison des luttes internes, du manque de discipline au sein des insurgés et de la décision unilatérale de la Tanzanie de cesser d’approvisionner les rebelles.[18]

Dans une lettre, Guevara exprima son incompréhension et sa colère :

« Cuba a offert une aide sujette à l’approbation de la Tanzanie. Vous avez accepté et l’aide est devenue effective. Elle était sans conditions ni limites dans le temps. Nous comprenons les difficultés de la Tanzanie aujourd’hui, mais nous ne partageons pas votre point de vue. Cuba ne recule pas face à ses engagements et ne peut pas accepter une fuite honteuse en abandonnant son frère dans le malheur à la merci des mercenaires[19] ».

Guinée-Bissau et Cap-Vert

La même année, en 1965, Amilcar Cabral, leader révolutionnaire du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap-Vert (PAIGCV), reçut une aide militaire de Cuba pour ses guérilleros dans leur lutte contre le colonialisme portugais. Dès 1966, suite à la Conférence tricontinentale qui eut lieu à Cuba et qui réunit les mouvements révolutionnaires du Tiers-monde, La Havane dépêcha plusieurs dizaines d’instructeurs, de techniciens et de médecins auprès de la guérilla du PAIGCV, afin de former et de soigner les combattants guinéens. La guerre d’usure lancée par Cabral contre l’occupation portugaise déclencha la Révolution des Œillets en avril 1974 contre la dictature de Salazar, orchestrée par d’anciens capitaines ayant servi en Guinée Bissau. Elle sonna le glas de la présence coloniale du Portugal en Afrique, contribuant ainsi à l’indépendance de la Guinée Bissau en 1974, ouvrant la voie à la libération du Mozambique et de l’Angola[20].

Pedro Pires, Président du Cap-Vert de 2001 à 2011, a exprimé l’hommage de son peuple pour les Cubains :

« Durant notre lutte de Libération nationale, nous avons bénéficié de la solidarité indéfectible de Cuba. Personne ne peut rester indifférent face à la contribution cubaine, et particulièrement de Fidel Castro, pour la libération de l’Afrique. Je me suis moi-même formé à Cuba et j’ai fait ma formation militaire là-bas. Les Africains ont une dette morale et une dette d’honneur vis-à-vis de Cuba, de Fidel et de ses combattants internationalistes[21] ».

Pour sa part, Maneca Santos, membre du Comité central du PAIGC, souligna l’apport décisif de Cuba « durant la lutte de libération nationale ». La Havane a joué un rôle prépondérant « dans les luttes dans les anciennes colonies portugaises, particulièrement en Guinée Bissau et au Cap-Vert[22]. »

De son côté, Iva Cabral, fille d’Amilcar Cabral, exprima le sentiment de son peuple vis-à-vis de Cuba:

« Fidel Castro a soutenu nos luttes de libération nationale sans aucune restriction. Il a joué un rôle fondamental dans l’indépendance de l’Angola et dans la Chute de l’Apartheid en Afrique du Sud. Il On ne peut pas parler de l’Histoire du XXe siècle sans parler de Fidel Castro. […] C’est une figure incontournable de l’Histoire mondiale du XXe siècle et particulièrement du Tiers-Monde. Comme Africaine, j’ai du respect et une admiration profonde pour Fidel Castro[23]. »

Ethiopie

En juin 1977, la Somalie, soutenue par les Etats-Unis, lança une guerre de conquête territoriale contre l’Ethiopie, dans le but de s’emparer de la région de l’Ogaden de près de 300 000 kilomètres carrés, soit un tiers du pays. L’armée somalienne réalisa une percée de près de 1 000 kilomètres à l’intérieur du territoire éthiopien, atteignant les villes de Hara et Dire Dawa. En décembre 1977, le gouvernement éthiopien de Mengistu Haile Marian sollicita l’aide de Cuba pour repousser l’invasion. La Havane lança alors l’Opération Protesta de Baraguáen janvier 1978, dépêchant ses troupes dans le pays. Après d’âpres combats, les Ethiopiens et les soldats internationalistes cubains repoussèrent l’armée somalienne hors des frontières en mars 1978[24]. Mulatu Teshome, Président de la République d’Ethiopie, souligna la contribution de Cuba « dans notre lutte pour défendre notre intégrité territoriale » ainsi que « son soutien durant les temps difficiles[25] ».

L’Angola, l’Afrique australe et « la plus belle cause de l’Humanité »

La Révolution des œillets et la chute de la dictature de Salazar mirent fin à la présence coloniale portugaise en Afrique. Après la Guinée-Bissau et le Cap-Vert en 1974, le Mozambique et l’Angola obtinrent leur indépendance en 1975. En Angola, plusieurs organisations s’affrontèrent pour prendre le pouvoir : le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) d’Agostino Neto, soutenu par Cuba et l’Union soviétique ; le Front national de libération de l’Angola (FNLA) d’Holden Roberto et l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) de Jonas Savimbi, tous deux soutenus par les Etats-Unis, l’Afrique du Sud et le Zaïre de Mobutu[26].

En janvier 1975, le Portugal mit en place un gouvernement provisoire où étaient représentés l’ancienne puissance coloniale et les trois principaux mouvements indépendantistes. Durant cette période de transition d’un an, l’armée portugaise devait se charger de maintenir l’ordre jusqu’à la proclamation de l’indépendance de l’Angola prévue le 11 novembre 1975[27].

Conscients de la popularité du MPLA à travers le pays, les Etats-Unis décidèrent de neutraliser le principal mouvement indépendantiste angolais d’orientation marxiste afin de l’empêcher d’accéder au pouvoir. En plus des instructeurs et des armes fournis au FNLA et à l’UNITA, Washington put compter sur la collaboration de l’Afrique du Sud de l’Apartheid. En mars 1975, suivant les instructions du secrétaire d’Etat Henry Kissinger, Mobutu dépêcha ses troupes en Angola et lança une attaque depuis le Nord avec le FNLA. De son côté, Pretoria soutenait une offensive depuis le Sud avec l’UNITA. Le but était de s’emparer de Luanda avant le 11 novembre[28].

Face à cette agression internationale et la complicité passive des forces portugaises censées garantir l’ordre, le MPLA offrit une résistance farouche à la coalition dirigée par les Etats-Unis et sollicita en urgence l’aide de Cuba. Dès le mois de septembre, le MPLA reprit le contrôle de 12 des 16 provinces du pays y compris l’ensemble de l’espace côtier. En octobre 1975, 500 instructeurs cubains arrivèrent en Angola avec des armes en quantité suffisante pour former 40 unités de bataillon et de batterie. Quatre centres d’instruction furent ouverts à travers le pays afin d’entraîner les troupes[29].

Le 14 octobre 1975, l’Afrique du Sud, première puissance militaire du continent grâce au soutien des pays occidentaux, décida d’envahir l’Angola avec ses troupes régulières. Le 4 novembre 1975, répondant à l’appel du MPLA, Fidel Castro lança l’Opération Carlota, du nom d’une esclave noire cubaine qui avait mené une révolte contre l’oppression coloniale au XIXe siècle. Assumant le risque d’affaiblir sa propre sécurité nationale, La Havane dépêcha ses troupes les plus aguerries et son armement le plus moderne pour préserver l’intégrité territoriale de l’Angola, et empêcher le régime raciste de Pretoria d’installer à la tête du pays un gouvernement fantoche. En l’espace de quelques semaines, 35 000 internationalistes cubains arrivèrent en Angola pour apporter leur concours militaire à la nation agressée par le régime raciste de Pretoria et le Zaïre, sur ordre de Washington[30].

Le 10 novembre 1975, l’armée sud-africaine atteignit Kifangondo, à 20 kilomètres de Luanda et lança une attaque d’envergure afin de s’emparer de la capitale. Les Forces armées populaires de libération de l’Angola (FAPLA), soutenues par les instructeurs cubains, offrirent une résistance farouche qui permit de préserver la ville [31]. L’attaque contre l’enclave de Cabinda, riche en ressources minérales, fut également repoussée par les internationalistes cubains et les Angolais[32]. Le 11 novembre 1975, depuis Luanda, Agostino Neto put proclamer l’indépendance de l’Angola, et exprima sa gratitude à Fidel Castro, saluant « la solidarité extraordinaire du peuple cubain[33]. »

Pour la première fois de leur histoire, les forces de l’Apartheid furent contraintes à battre en retraite face aux troupes noires cubaines et de quitter le territoire souverain de l’Angola le 27 mars 1976. Le régime suprématiste de l’Apartheid venait de subir sa première déroute, ébréchant ainsi le mythe de l’invincibilité de l’armée blanche de Pretoria[34].

L’intervention de Cuba fut une décision de Fidel Castro. Elle se fit contre la volonté de l’Union soviétique qui était favorable à un processus de détente avec les Etats-Unis. Karen N. Broutens, Directeur du département des Affaires étrangères du Politburo soviétique, reconnut que Moscou fut mis devant le fait accompli : « L’envoi de troupes cubaines en Afrique nous a pris complètement au dépourvu. Nous n’étions au courant de rien. […] Ça nous a fait un choc. Nous étions mécontents parce que les Cubains agissaient sans nous avoir consultés[35] ». L’intervention militaire de La Havane illustra l’indépendance totale de la politique étrangère du gouvernement cubain vis-à-vis de l’allié soviétique.

Fidel Castro expliqua les raisons de l’engagement de Cuba en Afrique :

« Certains impérialistes se demandent pourquoi nous aidons les Angolais. Ils se demandent quels sont nos intérêts là-bas. Ils ont l’habitude de penser que lorsqu’un pays agit, c’est parce qu’il convoite du pétrole, du cuivre ou des diamants ou toutes autres ressources naturelles. Nous ne recherchons aucun intérêt matériel et il est logique que les impérialistes ne comprennent pas cela. […]. Nous sommes en train d’accomplir un devoir internationaliste élémentaire quand nous apportons notre concours au peuple d’Angola […] Nous appliquons simplement une politique basée sur des principes. […]. Nous n’allons pas rester les bras croisés quand nous voyons qu’un peuple africain, un peuple frère, est brutalement attaqué par l’Afrique du Sud[36] ».

Washington envisagea même de lancer une attaque aérienne contre Cuba, en guise de représailles. « Si nous décidons d’utiliser la force militaire, nous devons obtenir une victoire. Il ne peut pas y avoir de demi-mesures », déclara Henry Kissinger au Général George Brow de l’Etat-major le 24 mars 1976. Lors de sa rencontre avec le Président Gérald Ford, Kissinger se fit plus précis : « Je crois que nous allons devoir écraser Castro. Mais nous ne pourrons probablement pas agir avant les élections [présidentielles de 1976] ». « Je suis d’accord », répondit le Président Ford. Kissinger souhaitait à tout prix protéger le régime d’Apartheid : « Si les Cubains détruisent la Rhodésie, la Namibie sera la prochaine sur la liste et ensuite il y aura l’Afrique du Sud. S’ils réalisent un mouvement vers la Namibie ou la Rhodésie, je serais d’avis de les pulvériser ». Secrètement élaboré par le Groupe d’actions spéciales de Washington, le plan prévoyait des bombardements stratégiques, de miner les ports et une mise en quarantaine de Cuba[37]. Néanmoins, Kissinger ne put contenir son admiration envers Fidel Castro. Selon lui, « il était le révolutionnaire le plus authentique de l’époque[38] ».

Après la défaite infligée par les Cubains et les Angolais, l’Afrique du Sud et les Etats-Unis augmentèrent leur aide à l’UNITA de Jonas Savimbi, plongeant le pays dans une guerre civile qui durerait jusqu’en 2002. De son côté, Luanda et La Havane apportèrent leur soutien aux révolutionnaires de l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO) de Namibie, alors protectorat sud-africain, et aux militants de l’African National Congress (ANC) de Nelson Mandela qui menaient une lutte contre l’Apartheid, en leur offrant une base arrière en Angola. En 1978, l’aviation sud-africaine lança un raid aérien meurtrier contre le camp de réfugiés de la SWAPO à Cassinga, tuant près de 700 personnes dont plus de 150 femmes et près de 300 enfants[39].

Une décennie plus tard, en 1987, les FAPLA, suivant les recommandations des conseillers militaires soviétiques, lancèrent une offensive contre l’UNITA. Les Cubains avaient exhorté Luanda de ne pas mener d’attaque car Pretoria contrôlait les airs dans le Sud de l’Angola. Il fallait d’abord neutraliser l’aviation sud-africaine. La Havane ne fut pas écoutée et l’Afrique du Sud intervint massivement, notamment par des bombardements aériens et une offensive de véhicules blindés, obligeant les forces angolaises à se replier vers le village de Cuito Cuanavale, zone stratégique du Sud-Est du pays[40].

Face à cette situation critique, l’Angola sollicita une nouvelle fois l’aide urgente de Cuba, qui disposait depuis 1975 en permanence de 20 000 soldats dans le pays. Fidel Castro décida alors de porter ce nombre à 55 000 combattants internationalistes qui arrivèrent dans le pays en quelques semaines, et déploya ses meilleurs pilotes ainsi que sa défense anti-aérienne la plus sophistiquée[41]. « Il n’y eut aucune coopération avec l’Union soviétique, bien au contraire », soulignera Fidel Castro, au sujet de l’opposition de Moscou à une nouvelle intervention militaire cubaine en Angola[42]. Le Président cubain se chargea personnellement de diriger les opérations depuis La Havane. Assiégeant la zone, l’armée sud-africaine tenta à plusieurs reprises de s’emparer de Cuito Cuanavale, mais fut repoussée par les troupes cubaines et angolaises. Fort de leur nouvelle suprématie aérienne, La Havane lança une contre-offensive en mars 1988 avec 40 000 soldats cubains et 30 000 combattants angolais, sans oublier le soutien des révolutionnaires namibiens. La puissance de feu était impressionnante : plus de 1 000 armes antiaériennes et tous les avions disponibles permirent à Cuba de dominer le ciel et obligèrent les troupes sud-africaines à se retirer au-delà de la frontière. Cuito Cuanavale avait infligé un « coup politique, militaire et moral fatal à l’armée de l’Apartheid[43]. »

Suite à la débâcle de Cuito Cuanavale, face à la présence militaire dissuasive de Cuba et la menace de la poursuite de la contre-offensive au-delà de la frontière angolaise, en territoire namibien, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud furent contraints d’ouvrir des négociations avec Cuba et l’Angola. Lors des pourparlers tenus au Caire en juin 1988, Chester Crocker, secrétaire d’Etat adjoint chargé de l’Afrique, chercha à savoir si Cuba avait l’intention de passer la frontière namibienne. La réponse de Jorge Risquet, représentant de Cuba en Angola, fut sans ambages :

« Je ne peux pas vous fournir de réponse. Je ne peux pas vous donner un calmant, ni à vous ni aux Sud-Africains. Si je vous disais que nos troupes vont s’arrêter à la frontière, je serais en train de vous donner un calmant. Si je vous disais qu’elles vont entrer en Namibie, je serais en train de vous menacer. Je ne veux ni vous menacer ni vous donner un calmant. La seule chose que je puis vous dire, c’est que seuls des accords sur l’indépendance de la Namibie peuvent donner les garanties nécessaires[44] ».

Les revendications cubaines étaient les suivantes : l’Afrique du Sud devait mettre un terme à son soutien à l’UNITA et permettre des élections libres en Namibie, sous l’égide des Nations unies. Pretoria capitula et accepta les conditions de La Havane, signant un accord de paix en décembre 1988[45].L’Afrique du Sud mit fin à son occupation militaire de la Namibie et des élections eurent lieu. Pour sa part, Cuba s’engagea à quitter l’Angola, une fois sa sécurité assurée. Deux ans plus tard, la Namibie obtint son indépendance et la SWAPO remporta les élections[46].

La victoire de Cuito Cuanavale fut décisive pour la sauvegarde de l’indépendance de l’Angola. José Eduardo Dos Santos, Président du pays de 1979 à 2017, a souligné « la solidarité que Cuba a offerte à la lutte des peuples colonisées, particulièrement au peuple angolais, et la contribution inoubliable de ce pays à la défense et à la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Angola, dans sa résistance à l’agression du régime raciste sud-africain[47]. »

Cuito Cuanavale eut également un impact décisif pour la libération de la Namibie alors sous le joug du régime de Pretoria. Lors de la visite historique de Fidel Castro en Namibie en 1998, Sam Nujoma, Président de la nation, l’accueillit à l’aéroport en prononçant cette phrase historique : « Bienvenue en République de Namibie, le pays que vous avez contribué à libérer[48] ». Hage Geingob, actuel Président de Namibie, membre historique de la SWAPO, rendit hommage à Cuba pour son engagement en faveur de la liberté en Afrique australe :

« Fidel est une référence pour un grand nombre d’entre nous, particulièrement en Afrique australe. […] Il a été mon mentor. L’indépendance de la Namibie est due à la bataille de Cuito Cuanavale où les Sud-Africains ont subi une déroute. […] En Namibie, Cuba est aimée. Lorsque nos enfants ont été attaqués à Cassinga, Cuba est venu à leur secours. Trois mille d’entre eux ont été accueillis à Cuba et aujourd’hui, ils sont de retour. Cela représente beaucoup pour nous. Cuba n’est pas venue pour nous forcer la main ou prendre nos ressources. […] Alors que l’Angleterre, la France et les Etats-Unis étaient du côté de l’Apartheid qui nous opprimait et nous tuait, Fidel Castro est venu nous libérer[49] ».

La défaite infligée par les Cubains à l’armée de Pretoria sonna le glas du régime raciste de l’Apartheid, lequel fut contraint de légaliser l’ANC et de libérer Nelson Mandela en février 1990, après 27 ans de prison, et d’abolir l’Apartheid en juin 1991. Mandela, le héros de la lutte contre l’oppression raciale, réserva d’ailleurs son premier voyage hors d’Afrique à Cuba. Le gouvernement de Fidel Castro avait, en effet, soutenu l’ANC dès les premiers instants[50]. Dans un discours prononcé à Cuba en 1991, Nelson Mandela rendit hommage au peuple de l’île et exprima sa gratitude pour sa contribution à la liberté de l’Afrique australe :

Dès l’origine, la Révolution cubaine a été une source d’inspiration pour tous les peuples épris de liberté. Le peuple cubain occupe une place spéciale dans le cœur des peuples de l’Afrique. Les internationalistes cubains ont effectué une contribution à l’indépendance, à la liberté et à la justice en Afrique qui n’a pas d’équivalent par les principes et le désintéressement qui la caractérisent. […] Nous sommes particulièrement émus par l’affirmation du lien historique avec le continent africain et ses peuples. Son engagement immuable à l’éradication systématique du racisme n’a pas de parallèle. Nous sommes […] conscients de la grande dette que nous avons à l’égard du peuple de Cuba. Quel autre pays pourrait prétendre à plus d’altruisme que celui que Cuba a appliqué dans ses relations avec l’Afrique ? […].L’écrasante déroute de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a constitué une victoire pour toute l’Afrique ! Cette défaite indiscutable de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a donné la possibilité à l’Angola de profiter de la paix et de consolider sa propre souveraineté ! La déroute de l’armée raciste a permis au peuple combattant de Namibie de conquérir enfin son indépendance ! La défaite décisive des forces agressives de l’Apartheid a détruit le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc ! La déroute de l’armée de l’Apartheid a servi d’inspiration au peuple combattant d’Afrique du Sud ! Sans la défaite infligée à Cuito Cuanavale, nos organisations n’auraient pas été légalisées ! La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale explique qu’aujourd’hui je puisse me trouver parmi vous [à Cuba] ! Cuito Cuanavale est un évènement marquant dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique australe ! Cuito Cuanavale marque un virage dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l’Apartheid ![51]

Thabo Mbeki, Président de l’Afrique du Sud de 1999 à 2008, rendit hommage à la contribution cubaine à la liberté de son peuple :

 « Fidel a été une grande inspiration pour nous tous. Il s’est pleinement engagé dans notre lutte. Certains de nos meilleurs cadres militaires ont été formés à Cuba […]. Nous sommes très liés aux Cubains par cette lutte. Nous n’oublierons jamais les Cubains tombés en Angola, qui se sont battus contre les forces de l’Apartheid. […] La défaite des Sud-Africains en Angola a directement ouvert la voie à l’indépendance de la Namibie et à notre propre libération en Afrique du Sud[52]. »

De la même manière, Jacob Zuma, Président de l’Afrique du Sud de 2009 à 2018, a rappelé que Cuba avait entraîné les guérilleros de l’ANC, leur transmettant les valeurs de la Révolution cubaine : « Nos cadres qui ont vécu longtemps à Cuba ont été ceux qui ont compris à quel point patriotisme et internationalisme étaient liés ». De nombreux docteurs, ingénieurs, diplomates et autres, ont été formés à Cuba. « Pour nous, Castro, n’était pas seulement un ami. C’était notre leader, notre mentor et notre internationaliste révolutionnaire[53] ».

En 1991, les derniers internationalistes cubains quittèrent l’Angola. Au total, depuis leur première mission en Algérie en 1963, 380 000 combattants et 70 000 collaborateurs civils, soit un total de 450 000 Cubains, apportèrent leur concours à la libération de l’Afrique[54]. En Afrique du Sud, dans la Parc de la Liberté de Pretoria, sont gravés les noms des 2 107 Cubains tombés au combat pour l’émancipation des peuples de l’Afrique australe[55].

Thenjiwe Mtintso, militante anti-apartheid torturée et emprisonnée sous le régime de Pretoria dans les années 1970 et ambassadrice d’Afrique du Sud à Cuba de 2007 à 2010, a rendu hommage à Cuba :

 « Aujourd’hui, l’Afrique du Sud a de nombreux nouveaux amis. Hier, ces amis parlaient de nos dirigeants et de nos combattants comme des terroristes, et ils nous harcelaient depuis leurs pays tout en appuyant l’Afrique du Sud de l’Apartheid. Aujourd’hui, ces mêmes amis veulent que nous accusions et isolions Cuba. Notre réponse est très simple : c’est le sang des héros cubains et non pas celui de ces amis-là qui irrigue profondément la terre africaine et revivifie l’arbre de la liberté dans notre Patrie[56] ».

A ces hommages multiples, Fidel Castro répondit en rappelant la maxime de José Martí, héros national cubain, « la Patrie, c’est l’Humanité » :

« Que faisions-nous si ce n’était payer notre dette à l’égard de l’humanité, notre dette vis-à-vis de l’Afrique, notre dette vis-à-vis de ceux qui ont lutté pour notre dignité, qui ont lutté pour notre indépendance dans de nombreux champs de bataille ? C’est tout ce que nous avons fait. Nous ne méritons aucune reconnaissance particulière. Nous ne méritons aucune gratitude particulière. Nous avons simplement accompli notre devoir[57]. ».

Conclusion

De l’Algérie à l’Afrique du Sud, en passant par le Congo, la Guinée Bissau, le Cap-Vert, l’Ethiopie, l’Angola et la Namibie, la contribution cubaine à la libération du continent n’a pas d’équivalent dans l’Histoire des luttes anticoloniales. « C’est la première fois qu’un pays est venu d’un autre continent non pas pour emporter quelque chose, mais pour aider les Africains à obtenir leur liberté ». Tels furent les propos rédigés par Nelson Mandela depuis sa prison à Robben Island[58]. Alors que les Etats-Unis, et la plupart des puissances occidentales, apportèrent un soutien sans failles au régime ségrégationniste de l’Apartheid, alors que Washington a inclus Nelson Mandela dans la liste des membres d’organisations terroristes jusqu’en 2008, y compris lorsque ce dernier était Prix Nobel de la Paix en 1993 et Président de la République d’Afrique du Sud 1994 à 1999, La Havane, pour sa part s’est pleinement engagé dans la lutte contre l’oppression raciale du régime de Pretoria, car il s’agissait là, selon les mots de Fidel Castro, de « la plus belle cause de l’Humanité ».

Pour comprendre le prestige de la Révolution cubaine en Amérique latine, en Afrique et en Asie, loin de l’image souvent caricaturale véhiculée en Occident, il est nécessaire de rappeler le rôle fondamental qu’a joué une petite île assiégée par les Etats-Unis dans la lutte mondiale pour l’émancipation humaine. Souvent méconnu, cet apport majeur de Cuba à la dignité des exploités est gravé dans la mémoire des peuples du Sud qui ont souffert de l’asservissement colonial et racial.

L’internationalisme révolutionnaire, c’est-à-dire la solidarité active et concrète avec les peuples en lutte pour leur liberté, a été un pilier fondamental de la Révolution cubaine depuis 1959. Alors que les puissances occidentales ont colonisé le berceau de l’Humanité, humiliant les peuples et pillant les ressources naturelles, Cuba, de son côté, est intervenu pour briser les chaînes de l’oppression, et n’a emporté d’Afrique que les corps des siens tombés au combat au nom du droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Salim Lamrani

 

 

Notes

[1]Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », Revista Tricontinental, 6 novembre 2018.

[2]Alger Républicain, « Les révolutionnaires cubains étaient en Algérie pendant la guerre de Libération », 6 mai 2015.

[3]Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros de la República de Cuba, en la cena oficial ofrecida por el Presidente de la República Argelina Democrática y Popular », República de Cuba, 6 mai 2001. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/2001/esp/c060501e.html(site consulté le 14 avril 2018).

[4]John F. Kennedy Presidencial Library and Museum, “Ben Bella Visit”, 15 octobre 1962. https://www.jfklibrary.org/Asset-Viewer/Archives/JFKWHF-WHS26.aspx(site consulté le 3 avril 2018).

[5]Piero Gleijeses, « La primera experiencia cubana en África: Argelia (1961-1965), Temas, n°16-17, octubre 1998, p. 63.

[6]Ibid.

[7]Gabriel Molina, « Para Argelia cualquier ayuda que necesite », Granma, 22 octobre 2015.

[8]Ministère de la Culture et de la Communication, « Rétablissement des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et la République de Cuba », Royaume du Maroc, 21 avril 2017. http://www.maroc.ma/fr/actualites/retablissement-des-relations-diplomatiques-entre-le-royaume-du-maroc-et-la-republique-de(site consulté le 2 avril 2018).

[9]Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros de la República de Cuba, en la cena oficial ofrecida por el Presidente de la República Argelina Democrática y Popular », op. cit.

[10]Gabriel Molina, « Para Argelia cualquier ayuda que necesite », op. cit.

[11]El Moujahid, « Décès de Fidel Castro, le président Abdelaziz Bouteflika : ‘Une perte’ pour le peuple algérien », 27 novembre 2016. http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/102165(site consulté le 1er avril 2018).

[12]Ernesto J. Gómez Figueredo, « Cuba y Argelia firman acuerdo para continuar cooperación bilateral », Granma, 30 janvier 2018.

[13]El Moujahid, « Décès de Fidel Castro, le président Abdelaziz Bouteflika : ‘Une perte’ pour le peuple algérien », 27 novembre 2016. http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/102165(site consulté le 1er avril 2018).

[14]Jihan Al Tahri, « Cuba, une odyssée africaine », Temps Noir/ Arte, 2007.

[15]Scott Chain, « Laurence R. Devlin, 86, C.I.A Officer Who Balked on a Congo Plot, Is Dead », The New York Times, 11 décembre 2008, p. B10.

[16]Che Guevara, Pasajes de la guerra revolucionaria: Congo, Barcelone, Editorial Mondadori, 1999.

[17]Jihan Al, « Cuba, une odyssée africaine », op. cit.

[18]Che Guevara, Pasajes de la guerra revolucionaria: Congo,op. cit.

[19]Ramón Pérez Cabrera, La historia cubana en Africa 1963-1991, p. 115.

[20]Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos »,op. cit.

[21]Alvaro Lidgero Andrade, « Pedro Pires: ‘Africa tem uma dívida moral e de honra para com Fidel Castro’”, Voice of America, 27 novembre 2016. https://www.voaportugues.com/a/pedro-pirs-africa-divida-moral-fidel-castro/3613197.html(site consulté le 1er avril 2018).

[22]Maneca Santos, « ‘A historia o absolverá’, afirma Maneca Santos sobre Fidel Castro », Voice of America, 28 novembre 2016. https://www.voaportugues.com/a/a-historia-o-absolvera-manecas-santos-fidel-castro/3614138.html(site consulté le 26 avril 2018).

[23]Alvaro Lidgero Andrade, « Iva Cabral : ‘Como africana tenho respeito e admiraçao por Fidel Castro’ », Voice of America, 27 novembre 2016. https://www.voaportugues.com/a/iva-cabral-fidel-castro-admiracao-e-respeito/3613601.html(site consulté le 1er abril 2018).

[24]Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de conmemoración del centenario de la Protesta de Baraguá, Municipio ‘Julio Antonio Mella’, Santiago de Cuba », República de Cuba, 15 mars 1978. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1978/esp/f150378e.html(site consulté le 29 avril 2018) ; Vilma Thomas Ramírez, « Cuba en Etiopía : Aniversario 40 de una hazaña internacionalista », Cubadebate, 18 mars 2018.

[25]Ethipian News Agency, « President Mulatu, PM Hailmariam Express Condolences Over Death of Castro », 26 novembre 2016. http://www.ena.gov.et/en/index.php/politics/item/2340-president-mulatu-pm-hailemariam-express-condolences-over-death-of-castro(site consulté le 1er avril 2018).

[26]Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[27]Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[28]Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[29]Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[30]Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de masa efectuado en Mandela Park, Kingston, Jamaica, el día 30 de julio de 1998 », República de Cuba, 30 juillet 1998. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1998/esp/f300798e.html(site consulté le 1er abril 2018).

[31]Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[32]Fidel Castro Ruz, “Discurso pronunciado por el Comandante en Jefe Fidel Castro Ruz, Primer Secretario del Comité Central del Partido Comunista de Cuba y Primer Ministro del Gobierno Revolucionario, en la Clausura del Primer Congreso del Partido Comunista de Cuba, Celebrado en el Teatro ‘Carlos Marx’”, République de Cuba, 22 décembre 1975. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1975/esp/f221275e.html(site consulté le 28 mars 2018).

[33]Jihan El Tahri, « Cuba, une odysée africaine », op. cit.

[34]Piero Gleijeses, Misiones en conflicto: La Habana, Washington y Africa1959-1976, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 2002, p.

[35]Jihan El Tahri, « Cuba, une odysée africaine », op. cit.

[36]Fidel Castro Ruz, “Discurso pronunciado por el Comandante en Jefe Fidel Castro Ruz, Primer Secretario del Comité Central del Partido Comunista de Cuba y Primer Ministro del Gobierno Revolucionario, en la Clausura del Primer Congreso del Partido Comunista de Cuba, Celebrado en el Teatro ‘Carlos Marx’”, République de Cuba, 22 décembre 1975. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1975/esp/f221275e.html(site consulté le 28 mars 2018).

[37]The National Security Archive, « Kissinger Considered Attack on Cuba Following Angola Incursion”, 1er octobre 2014, George Washington Universityhttp://www2.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB487/(site consulté le 21 février 2015).

[38]Henry Kissinger, Years of Renewal, New York, 1999, p.785 in Piero Gleijeses, “Carta a Obama”, Cubadebate, 3 février 2014.

[39]Piero Gleijeses, « A test of Wills: Jimmy Carter, South Africa, and the Independence of Namibia”, Diplomatic History, noviembre 2010, p. 853-91.

[40]Piero Gleijeses, Visiones de libertad: La Habana, Washington, Pretoria y la lucha por el sur de Africa (1976-1991, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 2015, Tome II, p. 209-220.

[41]Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de masa efectuado en Mandela Park, Kingston, Jamaica, el día 30 de julio de 1998 », República de Cuba, 30 juillet 1998. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1998/esp/f300798e.html(site consulté le 1er abril 2018).

[42]Democracy Now,« The Untold Story of Cuba’s Support for African Independence Movements Under Fidel Castro », 28 novembre 2016. https://www.youtube.com/watch?v=U1iUe3NmMh8(site consulté le 31 mars 2018).

[43]Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de masa efectuado en Mandela Park, Kingston, Jamaica, el día 30 de julio de 1998 », op. cit.

[44]Piero Gleijeses, « El adiós a un hermano », Cubadebate, 29 septembre 2015.

[45]Piero Gleijeses, Visiones de libertad: La Habana, Washington, Pretoria y la lucha por el sur de África (1976-1991, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 2015, Tome II, p. 311-368.

[46]Ibid., 395-403.

[47]Francisco Marques, « Presidente de Angola ‘profundamente consternado’ pela morte de Fidel Castro », Euronews, 26 novembre 2016. http://pt.euronews.com/2016/11/26/presidente-de-angola-reage-a-morte-de-fidel-castro(site consulté le 1er avril 2018).

[48]Sam Nujoma, « Fidel Castro y Nelson Mandela »,Youtube, 13 octobre 2010. https://www.youtube.com/watch?v=iksYRLDo3w8(site consulté le 30 mars 2018).

[49]BBC, « Fidel Castro ‘Came to Free Us’, Says Namibia President », 4 décembre 2016.  http://www.bbc.com/news/av/world-africa-38190601/fidel-castro-came-to-free-us-says-namibia-president(site consulté le 29 mars 2018).

[50]Nelson Mandela Foundation, « Deepest Condolences to the People and Government of Cuba on the Passing of Fidel Castro », 26 novembre 2016. https://www.nelsonmandela.org/news/entry/deepest-condolences-to-the-people-and-government-of-cuba-on-the-passing-of(site consulté le 1er avril 2018).

[51]Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais, Paris, Editions Estrella, 2009, prologue.

[52]Thabo Mbeki, « Interview : Mbeki Says Fidel Castro Was Committed to SA’s Liberation », SABC Digital News, 26 novembre 2016. https://www.youtube.com/watch?v=Vzgx8M-_AcA(site consulté le 30 mars 2018).

[53]Jacob Zuma, « Interview : Pres. Zuma Speaks Fondly about the late Fidel Castro », SABC Digital News, 26 novembre 2016. https://www.youtube.com/

ESCALADE DE LA RHETORIQUE HOSTILE DES USA CONTRE CUBA

L'escalade de la rhétorique hostile des États-Unis contre Cuba

Le directeur général chargé des États-Unis au ministère cubain des Relations extérieures, Carlos Fernandez de Cossio, a averti que ces derniers mois le gouvernement des États-Unis a intensifié la rhétorique hostile contre Cuba

Auteur:  | internet@granma.cu

Photo: Juvenal Balán

Le directeur général chargé des États-Unis au ministère cubain des Relations extérieures (Minrex), Carlos Fernandez de Cossio, a souligné que ces derniers mois, le gouvernement des États-Unis a intensifié sa rhétorique hostile contre Cuba. « Il s'agit de déclarations récurrentes de hauts fonctionnaires destinées à fabriquer des prétextes pour accroître la tension dans les relations bilatérales », a déclaré le fonctionnaire.

Il a précisé que « de manière très précise, les États-Unis entendent défendre par tous les moyens possibles la politique unilatérale de blocus économique, qui fait l'objet d'un rejet universel en raison de son caractère criminel et parce qu’elle constitue une violation du Droit international ».

Il a souligné, selon le site web de Cubaminrex, que le gouvernement étasunien « sait qu'il s'agit d'une position qui n'a pas le soutien de la population de ce pays, ni des Cubains qui y vivent », avant de préciser que ses dirigeants s’attaquent au système politique et social librement choisi par le peuple cubain, ignorant le droit souverain de chaque pays à déterminer son destin.

« Ils fabriquent des allégations infondées contre Cuba à propos de soi-disant incidents de santé, en lançant des accusations diffamatoires sur la sécurité de leurs diplomates à Cuba », a ajouté Fernandez de Cossio.

Il a affirmé qu'ils prétendent reprendre la campagne infructueuse contre Cuba sur le plan des droits de l'Homme.

Plus loin, il a indiqué que « loin de dialoguer sur la base du respect, comme Cuba est prête à le faire à des fins de coopération et comme elle le fait avec d'autres pays, le gouvernement des États-Unis a recours à des accusations mensongères et à des campagnes diffamatoires ».

Il a rappelé qu’il s’agit « du gouvernement qui a tourné le dos aux Nations Unies en matière de droits de l'Homme », alors qu’aux États-Unis ou par les actions de leur gouvernement on ne cesse de rapporter de nombreux « cas d'abus avec la peine de mort, de violences policières, de dizaines de milliers de sans-abri, de mauvais traitements aux enfants qui sont séparés de leurs parents et d'attentats qui font des victimes civiles dans des pays tiers, alors que rien de cela ne se produit à Cuba ».

Selon le directeur général, le gouvernement des États-Unis consacre des millions de dollars chaque année à financer des actions visant à « attaquer l'ordre constitutionnel cubain, s'ingérer dans les affaires intérieures et payer des individus qui agissent comme agents d'une puissance étrangère, ce qui est illégal à Cuba, tout comme aux États-Unis et ailleurs ».

Fernandez de Cossio a qualifié d’« irresponsables et provocatrices les déclarations et les mensonges » dont se sert le gouvernement des États-Unis pour justifier le recul qu’il impose aux relations bilatérales. Il a rappelé que « des personnalités ayant un parcours anticubain reconnu ont récemment été intégrées dans les structures de politique étrangère du gouvernement, capables, comme par le passé, de fabriquer des mensonges qui ont été publiquement démantelés, preuves à l’appui, y compris par le Congrès des États-Unis ».

« Cuba est un pays de paix, qui entretient ses relations extérieures sur la base du respect et de la coopération, qui a une trajectoire reconnue de solidarité et d'amitié, en particulier avec les pays en développement », a rappelé le fonctionnaire, avant de souligner que « c'est la politique des États-Unis vis-à-vis de Cuba qui fait l’objet d’un isolement ».

Pour conclure, il a affirmé que, comme on le verra très bientôt, la communauté internationale exigera une fois de plus, le 31 octobre prochain, la levée du blocus aux Nations Unies. « Le gouvernement des États-Unis et son département d'État devraient prêter attention à cette demande universelle. »

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CUBA: 150 ANS APRES, NOUS SOMMES TOUJOURS EN REVOLUTION

150 ans après, nous sommes toujours en Révolution

Une seule Révolution, c’est ainsi que Fidel définit la tradition patriotique du peuple cubain. Une sorte d'héritage qui implique la durabilité dans le temps et au-delà des adversités, des piliers fondateurs de notre nationalité

Auteur:  | internet@granma.cu

Photo: Raul Abreu

UNE seule Révolution, c’est ainsi que Fidel définit la tradition patriotique du peuple cubain. Une sorte d'héritage qui implique la durabilité dans le temps et au-delà des adversités, des piliers fondateurs de notre nationalité.

Mais pour confirmer cette vérité, il n’était pas uniquement guidé par les lueurs de sa pensée visionnaire. Pour étayer cette idée, le commandant en chef s'est appuyé sur le plus solide des arguments, celui d'avoir été lui-même, avec la Génération du Centenaire, le fruit précieux des liens féconds de cette histoire, qui se sont étendus dans l'étreinte et le consensus nécessaires pour unifier les idéaux latents à la distance des siècles.

C'est une réalité dont personne ne doute. C'étaient les mêmes sentiments, dans le contexte d'une autre époque, ancrés dans l'âme d'autres hommes et femmes, mais toujours les mêmes sentiments.

Ceux qui firent sonner la cloche de La Demajagua partageaient les mêmes idées d’un José Marti infatigable qui avait fait germer de l'exil la Guerre nécessaire, d’un Julio Antonio Mella, d’un Antonio Guiteras, d’un Pablo de la Torriente, d’un Ruben Martinez Villena, et ces idées furent reprises définitivement par ceux qui n'ont pas laissé mourir l'Apôtre lors de l'année de son centenaire.

La liberté, la dignité humaine, le respect de l'autodétermination des Cubains, telles sont les causes communes qui ont animé ces êtres exceptionnels dans leurs luttes. Mais pourquoi, après le 1er janvier 1959, après la revendication de nos droits, de devenir un exemple pour le monde, disons-nous encore que Cuba est en Révolution, et nous célébrons le 150e anniversaire du début de nos luttes avec la même conviction de continuité historique ? Pourquoi utilisons-nous encore le terme Révolution cubaine en temps de paix, pour désigner le projet social que nous défendons ?

La réponse à ces interrogations n’a pas besoin d’une recherche bibliographique intense, il suffit de recourir au concept que cette grande œuvre nous a laissée son éternel leader, de comprendre que toute société est perfectible et que, si nous sommes arrivés si loin, c'est parce que le triomphalisme n'a jamais fait partie des préceptes qui ont prévalu dans la construction de la patrie avec tous et pour le bien de tous. Baisser les bras et croire que la Révolution était chose faite aurait été la fin.

Pour décortiquer et analyser en profondeur ce que le commandant en chef proposait succinctement, il faudrait l'aide des universitaires les plus prestigieux et les plus vertueux, car chacune de ses paroles dans cette définition magistrale a derrière elle un soutien idéologique, moral et politique d'une portée incalculable, mais plus que tout, des racines historiques impérissables. J'espère que la simplicité de cette prose journalistique suffit à esquisser pour le moins certains de ces principes qui font de nous des révolutionnaires éternels.

UN CONCEPT, UNE ŒUVRE, UN AVENIR

Une des fausses idées prônées par les détracteurs du socialisme cubain est que cette Île s’est arrêtée dans le temps. À ceux qui tentent de nous défier avec de telles déclarations, je réponds toujours qu'ils semblent avoir oublié le pays qui avait fait de nous une néo-colonie.

Une agriculture basée sur le latifundium, une économie détériorée et minée par la corruption, des industries dans des mains étrangères, l’analphabétisme, la faim et la misère… Sur cette base, il s’imposait de construire une nouvelle société et il a fallu travailler très dur, oui, parce qu’à ces obstacles s’est ajoutée la pression d'un blocus insensé, qui encore aujourd'hui, presque soixante ans plus tard, est reconnu comme le fossile d'un annexionnisme jurassique.

Et pourtant, nous sommes devenus une bannière des droits de l'Homme, nous avons lutté pour trouver de nouveaux marchés et nous avons fait de la santé, de l'éducation, du sport et de la culture des trésors précieux et incomparables, des réalisations qui sont ignorées par certains pays développés, qui persistent à fermer les yeux devant la dure réalité du Tiers monde, la mondialisation néolibérale et la dette extérieure.

Mais, résister et demeurer debout n'a été possible que grâce à notre sens du moment historique et à la sagesse de changer tout ce qui doit être changé. Et il n'y a pas une once de rhétorique banale dans ces phrases. Cela a toujours été notre réalité. Dans des conditions difficiles, nous avons dû nous concentrer sur le présent, les pieds sur terre. C'est ainsi que nous avons fait face à la Crise d'octobre, et c'est ainsi que nous nous sommes relevés après la Période spéciale.

Ce sont ces mêmes qualités qui nous ont permis d’adopter les Orientations de la politique économique et d'entamer un processus intense pour les mener à bien. Grâce à cette vision, nous avons pu conceptualiser notre modèle socio-économique, approuver un plan de développement objectif en fonction de notre potentiel en tant que nation, et devenir aujourd'hui, comme aucun autre pays ne l'a vécu auparavant, un peuple constituant. Un peuple qui comprend combien il est vital de renouveler sa Constitution pour se hisser à un échelon supérieur dans le développement social.

Cela serait-il possible sans une égalité et une liberté pleines, sans être traité et traiter les autres en êtres humains ? Non. Parce que si aujourd'hui nous sommes unis pour relever ce nouveau défi qu'est le projet constitutionnel, si nous misons sur la continuité de nos dirigeants, c'est parce que c'est ainsi que nous nous sentons à Cuba, comme êtres humains, avec tout ce que qu’implique ce terme.

Nous le faisons même s'il y a un blocus, car comme il l'a récemment souligné dans son interview avec la chaîne TeleSur, notre président, Miguel Diaz-Canel Bermudez : « La levée du blocus ne dépend pas de nous, mains plutôt du gouvernement des États-Unis. Par conséquent, nous ne pouvons en aucun cas subordonner nos envies de réalisations, notre soif de justice sociale et de prospérité à ce qu'un gouvernement étranger peut exercer comme politique. »

Cela ne veut-il pas dire nous émanciper par nous-mêmes et par nos propres efforts ?

Nous avons résisté au siège durant toutes ces années pour de nombreuses raisons, mais entre autres, pour avoir eu la force morale et la dignité de défier de puissantes forces dominantes à l'intérieur et à l'extérieur de notre environnement social et national. C'est pourquoi Cuba s'est prononcée contre la guerre du Vietnam, c'est pourquoi nous avons contribué à la défaite de l'apartheid en Afrique.

Mais c'est aussi la raison pour laquelle nous dénonçons aujourd'hui les « coups d’État doux » en Amérique latine, les tentatives d'assassinat ou les putschs. C'est pourquoi, alors que le président Trump parle de politiques hostiles, nous misons sur le dialogue, nous apportons à l'ONU notre résolution contre le blocus et nous ouvrons des portes de compréhension avec le monde.

Défendre des valeurs auxquelles on croit au prix de n'importe quel sacrifice demeure l'une de nos priorités, car c'est dans ces valeurs de modestie, d'altruisme, d'altruisme, de solidarité et d'héroïsme que repose l'idéologie que nous avons assumée en tant que nation. Cette même idéologie qui permet à Cuba, au milieu de la réalité convulsée du monde, de faire en sorte que ses nouvelles générations n'oublient jamais leurs origines et aient les outils nécessaires pour vivre à la hauteur de leur époque sans se laisser vaincre par le consumérisme.

Il nous appartient plus que jamais de lutter avec audace, intelligence et réalisme, car nous savons très bien quels sont nos problèmes, mais nous savons aussi que l'alternative pour les résoudre doit provenir du talent créateur des enfants de ce pays, de leur détermination et de leur force pour affronter ce qui nous fait du mal de l’intérieur.

Il est impératif pour la Cuba d'aujourd'hui de ne jamais mentir, de ne jamais violer les principes éthiques, parce qu'il n'existe pas de force au monde capable d'écraser la force de la vérité et des idées. Il appartient aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui, comme l'ont fait nos prédécesseurs, d'être cohérents avec leurs actions, de savoir que tout effort pour le bien commun est nécessaire et que dans cette société personne n'est moins important.

Quelqu’un peut-il donc affirmer que la Révolution relève du passé, que nous devons cesser d’en parler avec une vision actuelle, palpable ?

Ce mot, dans son sens le plus élémentaire, parle de changements, de transformations profondes, et c'est ce que les Cubains font chaque jour. Le travail constant, l'effort quotidien pour avancer et rendre notre socialisme prospère et durable, n'est rien d'autre que la Révolution.

Si Carlos Manuel de Céspedes et José Marti voyaient la grandeur de ce processus, si Julio Antonio Mella voyait l'une de nos universités, si Antonio Guiteras pouvait lire notre Projet constitutionnel, il n’y a aucun doute qu’ils y verraient le reflet de leurs rêves les plus chers, ils verraient le modèle de pays pour lequel ils ont donné leur vie, et certainement, ils se joindraient aux efforts pour le préserver cette oeuvre, qui est aussi noble et nécessaire que l'effort consenti pour nous voir libres.

Révolution veut dire unité indépendance, c’est lutter pour nos rêves de justice en faveur de Cuba et en faveur du monde, qui est la base de notre patriotisme, de notre socialisme et de notre internationalisme.

Les verbes au passé n'ont donc pas leur place ici, nous parlerons de notre Révolution toujours au présent, car 150 ans après ses débuts, elle ne fait pas et ne fera jamais partie du passé.

http://fr.granma.cu/cuba/2018-10-11/150-ans-apres-nous-sommes-toujours-en-revolution


 

EDUARDO GALEANO: LA FERMETE DE CUBA FACE AUX SEIGNEURS DE LA GUERRE

La fermeté de Cuba face aux seigneurs de la guerre

Granma reproduit ce texte qui salue la dignité d'un peuple pacifique qui a perdu 3 478 de ses enfants victimes de la barbarie du terrorisme

Auteur:  | internet@granma.cu

Photo: José Agraz

Il y a trente ans, je m'interrogeais sur l'attitude du gouvernement des États-Unis, qui interdisait à ses citoyens de se rendre librement à Cuba : « Si cette île est, comme on dit, l'enfer, pourquoi les États-Unis n'organisent-ils pas des excursions afin que leurs citoyens puissent la connaître et se désenchanter ? »

Aujourd’hui encore, je continue de me le demander.

Il y a dix ans, je me posais une autre question sur l’infernalisation de Cuba : « Pourquoi la confondrais-je, maintenant, avec l'enfer, si je ne l'ai jamais confondu avec le paradis ? »

Aujourd’hui encore, je continue de me le demander.

Ni enfer, ni paradis. La Révolution cubaine, œuvre de ce monde, s'est façonnée avec la boue et la glaise des humains et c'est justement pour cette raison, et non malgré cela, qu'elle est contagieuse.

Les temps que nous vivons ne sont pas très honorables. On a l’impression d’assister à une Coupe du monde des paillassons. On a l'impression, et j'espère me tromper, que les gouvernements sont en concurrence les uns avec les autres pour voir lequel se traîne le mieux sur le terrain, et lequel se laisse piétiner avec le plus d’enthousiasme. La concurrence ne date pas d’aujourd’hui, mais depuis les attaques terroristes du 11 septembre, il y a quasi-unanimité dans l'obsession officielle envers les dirigeants du monde.

Je dis bien quasi-unanimité. Et je dis qu'aujourd'hui, je suis fier de recevoir cette distinction dans le pays qui a le plus clairement mis les points sur les i en disant non à l'impunité des puissants, le pays qui a le plus fermement et lucidement refusé d'accepter ce genre de laissez-passer universel accordé aux seigneurs de la guerre, qui au nom de la lutte contre le terrorisme peuvent pratiquer tout le terrorisme qui leur passe par la tête, bombarder qui ils veulent et tuer quand ils en ont envie. Dans un monde où la servilité est une grande vertu, il devient rare d’entendre la voix de la dignité que représente Cuba. Cette Révolution, punie assiégée, a réalisé bien moins que ce qu’elle voulait mais bien plus que ce qu’elle pouvait. Et elle continue à commettre la folie dangereuse de croire que les êtres humains ne sont pas condamnés à l’humiliation des puissants de ce monde.

Fragments de l'intervention d'Eduardo Galeano lors de la remise du titre Docteur Honoris Causa de l'Université de La Havane, en décembre 2001.

http://fr.granma.cu/cuba/2018-10-05/la-fermete-de-cuba-face-aux-seigneurs-de-la-guerre


 

A L'ONU, INTERVENTION DU PRESIDENT CUBAIN: VOICI LA REVOLUTION CUBAINE, VIVANTE ET DYNAMIQUE, FIDELE A SES PRINCIPES

Voici la Révolution cubaine, vivante et dynamique, fidèle à ses principes !

Le changement de génération dans notre gouvernement ne doit pas créer des illusions chez les adversaires de la Révolution. Nous sommes la continuité et non pas la rupture, a déclaré le président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, Miguel Diaz-Canel Bermudez, dans son intervention à la 73e Période de sessions de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui a suscité de nombreux témoignages de soutien au peuple cubain

Auteur:  | internet@granma.cu

Photo: Estudio Revolución

C’est absurde, mais tout à fait cohérent avec l’irrationalité d’un monde où 0,7% le plus riche de la population peut s’approprier 46% de toute la richesse créée, tandis que 70% des plus pauvres n’a droit qu’à 2,7% ; où 3,46 milliards d’êtres humains survivent dans la pauvreté, 815 millions ont faim, 758 millions sont analphabètes et 844 millions manquent de services essentiels d’eau potable.

Ces réalités ne sont pas le fruit du socialisme, comme le président des États-Unis a affirmé hier dans cette salle. Ce sont les conséquences du capitalisme, et notamment de l’impérialisme et du néolibéralisme, de l’égoïsme et de l’exclusion qui accompagne ce système.

Nous tenons à réitérer notre soutien absolu à la Révolution bolivarienne et chaviste, à l’union civico-militaire du peuple vénézuélien et à son gouvernement légitime et démocratique, conduit par le président constitutionnel Nicolas Maduro Moros.

Au nom du peuple cubain, je tiens à remercier cette Assemblée pour son rejet quasi unanime du blocus économique, commercial et financier imposé à notre pays par les États-Unis.

Cuba est toujours prête à entretenir une relation respectueuse et civilisée avec le Gouvernement des Etats-Unis, sur des bases d’égalité souveraine et de respect mutuel.

Le président cubain a rempli un autre programme vaste programme de travail à New York, qui a comporté une intervention à la commémoration de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, des entretiens avec plusieurs présidents et une visite de l’église Riverside.

http://fr.granma.cu/mundo/2018-09-27/voici-la-revolution-cubaine-vivante-et-dynamique-fidele-a-ses-principes


 

CUBA : UN GOUVERNEMENT AU SERVICE DE LA POPULATION

Un gouvernement au service de la population

Diaz-Canel a visité des sites économiques et sociaux de Pinar del Rio

Auteur:  | internet@granma.cu

Photo: Estudio Revolución

PINAR DEL RIO. — « Ce que nous voulons à travers ce contact systématique, au-delà du dialogue, c'est de pouvoir aider à débloquer les problèmes », a affirmé le président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, Miguel Diaz-Canel Bermudez, à l'Université Hermanos Saiz Montes de Oca, à Vueltabajo, lors de la première journée d’une visite gouvernementale dans cette province.

Après avoir participé à l'une des assemblées de consultation sur le projet de Constitution dans l’établissement, Diaz-Canel a déclaré qu’il ne s’agissait pas seulement de sa visite, mais de la visite du Conseil des ministres.

À cet égard, il a expliqué que plusieurs ministres l'accompagnaient dans les visites qu'il effectue dans tout le pays, afin de poursuivre ensuite leur travail avec leurs équipes, ce qui leur permettait d'avoir un moment de contact supplémentaire avec les gouvernements provinciaux.

Photo: Estudio Revolución

« Au terme de ce travail, des projections sont faites dans les conclusions en vue du plan économique de l'année prochaine, ou bien des propositions qui peuvent aider à trouver une solution d'une manière ou d'une autre. C'est le style de travail que nous avons décidé de mettre en place : le gouvernement travaillera en fonction de la population », a-t-il dit.

« S'il y a de très gros problèmes, qui ne peuvent pas être résolus complètement, nous pouvons toujours chercher une ébauche de solution et avancer un peu dans leur résolution », a-t-il ajouté.

Dans le but de prendre personnellement le pouls de la province, le président cubain a dialogué ouvertement avec les habitants de chacun des sites visités, et il a même arrêté son parcours dans le centre de la ville de Pinar del Río, pour sortir du véhicule et saluer la population.

Photo: Estudio Revolución

« Ils nous ont parlé des problèmes qui existent dans la province avec une grande franchise : le transport, l’approvisionnement en eau, les prix, les salaires, la disponibilité des matériaux de construction, les retards dans la construction de logements. Les gens ont été très clairs »

UNE INDUSTRIE RECONNUE À CUBA ET DANS LE MONDE

Le premier point de la visite a été la conserverie La Conchita, une usine qui parvenait à exporter jusqu’à huit lignes différentes de produits. À l’heure actuelle, en raison de l'obsolescence technologique et du mauvais état de la plupart de ses installations, elle n’est plus en mesure d’exporter.

En 2018, a-t-on expliqué à Diaz-Canel, après un long processus d'investissement, le système de traitement des déchets de l'usine devrait être prêt, une étape indispensable avant d’entreprendre sa modernisation.

Photo: Estudio Revolución

Iris Quiñones Rojas, ministre de l'Industrie alimentaire, a expliqué que l’aménagement des hangars qui sont actuellement utilisés comme entrepôts est prévu pour 2019, en vue d’y installer de nouvelles lignes de production, avec les normes d’innocuité établies.

Miguel Diaz-Canel a insisté sur la nécessité de faire avancer le projet le plus loin possible, en tenant compte des résultats de l'agriculture dans la province et du prestige de la marque Conchita.

« Il s’agit d’une industrie emblématique, que les habitants de Pinar del Río défendent avec force et dont les produits sont connus dans tout Cuba », a-t-il dit.

Puis, comme de coutume dans ces visites, en dehors de tout protocole, il a parcouru les installations ; il s'est sali les chaussures en marchant dans les lignes de goyave et de papaye ; et il a parlé avec les hommes et les femmes qui ont fait en sorte que, malgré sa détérioration, La Conchita soit en 2018 l’industrie au meilleur comportement dans le pays lors des campagnes de traitement de la mangue et de la tomate.

Yusimi Sanchez, l’une des ouvrières, a fait part au président de son mécontentement à propos du salaire à certains moments de l'année où l'activité économique est en baisse, mais aussi de son engagement dans une unité où elle travaille comme opératrice depuis 18 ans.

« Vous êtes un collectif courageux », lui a-t-il assuré.

UNE CONSTITUTION PLUS SOLIDE

L’École polytechnique Tranquilino Sandalio de Noda, un établissement qui se prépare à célébrer 106 ans dans la formation d'étudiants dans les spécialités agricoles, était un autre des objectifs de la visite.

Diaz-Canel s'est intéressé à la qualité des cours, aux motivations de ses élèves et à leurs attentes une fois diplômés.

« Les étudiants apprennent-ils aujourd'hui comme tu le faisais ? » a-t-il demandé à Yaquelin Barrios, diplômée de l'école voilà 18 ans et qui est maintenant l’une des enseignantes.

Photo: Estudio Revolución

Il s'est intéressé également aux opinions sur le projet de Constitution qui a été soumis à la consultation populaire.

« Il y a beaucoup d’attente sur ce que les jeunes peuvent apporter à ce débat. Il est très important que vous y participiez, car il s'agit d'une Constitution pour le présent, mais surtout pour l'avenir du pays », a-t-il dit.

Il a également échangé des idées sur le projet de Constitution avec des étudiants et des professeurs de l'Université Hermanos Saiz Montes de Oca.

À ce propos, il a mis en garde sur le fait que les médias occidentaux, principalement la presse qui attaque Cuba, ont tenté de semer deux matrices fondamentales d'opinion.

« L'une d’elle est que le citoyen cubain n’est pas intéressé par la Constitution, ce qui est un mensonge qui s'effondre aussitôt, car les projets de Constitution vendus dans les kiosques ont été épuisés et que, dans de nombreux endroits, on nous a demandé une nouvelle édition », a dit Diaz-Canel.

« La deuxième matrice d'opinion qu'ils ont essayé de nous imposer, c’est qu’il s’agit d’un exercice qui ne sert à rien, parce que la Constitution est pratiquement approuvée et que tout ceci n’est qu’une pièce de théâtre », a-t-il dit.

« Cependant, je suis convaincu que le texte final sera plus solide, une fois que nous lui aurons ajouté les contributions de la population », a-t-il affirmé.

NE PAS PERMETTRE L’ACCAPAREMENT DES MATÉRIAUX

La visite du gouvernement comprenait également un centre local de production de matériaux, appartenant à l’Entreprise de maintenance et de Construction civile, et le magasin Los Pinos, où sont vendus une grande partie des produits obtenus dans cette petite fabrique, principalement à des personnes ayant obtenu des subventions de l’État.

Sur ce dernier point, Diaz-Canel a insisté sur la lutte contre le délit, contre l’accaparement ou la revente de matériaux par des personnes sans scrupules. « Nous devons être sévère avec cela », a-t-il dit.

Le président cubain a effectué d'autres visites à Pinar del Rio, accompagné de Julio César Rodriguez Pimentel, Premier secrétaire du Parti dans la province ; Ernesto Barreto Castillo, président de l'Assemblée provinciale du Pouvoir populaire et de plusieurs ministres et responsables.

http://fr.granma.cu/cuba/2018-09-14/un-gouvernement-au-service-de-la-population


 

UN PEUPLE, UN PARTI : LE PARTI COMMUNISTE DE CUBA FETE SES 93 ANS

Un peuple, un Parti

Le Parti communiste de Cuba fête ses 93 ans

Auteur:  | informacion@granma.cu

Dans le Parti figurent les idéaux révolutionnaires les plus forts sur lesquels repose l'unité révolutionnaire cubaine.Photo: Liborio Noval

HISTOIRE

LE dimanche 16 août 1925, dans la matinée, la maison sise au numéro 81 de la rue Calzada, à La Havane, vit la naissance du Parti communiste de Cuba. Treize hommes en pleine clandestinité, représentant moins d'une centaine de communistes, se réunirent pendant deux jours consécutifs pour parler des maux qui accablaient l'Île et rassembler l'avant-garde qui devait impulser un changement radical.

Parmi eux se trouvait Carlos Baliño, qui avait fondé auparavant le Parti révolutionnaire cubain avec José Marti et qui savait que le parcours de l’organisation serait difficile.

« Il avait connu de près la préoccupation ardente du Héros national de Cuba de contrecarrer les sombres desseins de l'impérialisme. Et voilà qu’il était entouré d'hommes purs et fermes comme lui, d’anciens rebelles à la trajectoire révolutionnaire », raconte le journaliste Andrés Garcia Suarez, dans un article publié dans le journal 5 de Septiembre.

Le plus jeune, Julio Antonio Mella, avait déjà fondé des années plus tôt la Fédération des étudiants universitaires. Ensemble, ils savaient que les résultats de ce petit congrès fondateur serviraient à remplir l’ordre martinien d’empêcher ces desseins impériaux.

Durant ces premières réunions dans la maison de La Havane, ses fondateurs se mirent au travail, en dépit des risques, pour organiser les paysans et lutter pour les droits de la femme et de la jeunesse.

Quelques jours après sa fondation, les membres du Parti communiste de Cuba furent brutalement attaqués par la dictature de Gerardo Machado, nombre d’entre eux étant assassinés ou contraints à l'exil. Cependant, cette année-là ne marqua pas la fin, mais seulement le début de l’histoire du Parti.

HISTOIRE RÉCENTE

Après le triomphe révolutionnaire, il était indispensable de parvenir à l'unité. Aussi, le vaste processus d'unification qui eut lieu en 1961 est l'antécédent historique le plus immédiat de la nouvelle formation du Parti communiste de Cuba.

C'est à ce moment-là que furent créées les Organisations révolutionnaires intégrées (ORI), formées par le Mouvement révolutionnaire 26 Juillet, dirigé par Fidel ; par le Parti socialiste populaire, sous la direction de Blas Roca et par le Directoire révolutionnaire 13 Mars, dirigé par le commandant Faure Chomon.

« La recherche d'un rapprochement entre révolutionnaires qui, par des méthodes différentes, avaient un objectif commun : renforcer la Révolution cubaine était une nécessité urgente. Après la victoire, l'action indépendante de ces trois forces politiques entravait la coordination des activités et la conjonction des efforts », a expliqué José Ramon Machado Ventura, Deuxième secrétaire du Comité Central du Parti, à l'occasion du 50e anniversaire de la création du Comité Central du Parti et de la fondation du journal Granma.

Le sectarisme provoqua des difficultés et quelques mois après la création de l'ORI, naissait le Parti uni de la Révolution socialiste de Cuba, une nouvelle tentative pour réaliser l'unité des forces en un seul pouvoir.

Ce n'est que le 3 octobre 1965 que le Parti a pris son nom définitif : Parti communiste de Cuba, le même que celui utilisé par Baliño et Mella, et lui aussi inspiré par les idées de José Marti.

« Pour comprendre pleinement la signification de ces événements, il est essentiel de se rappeler que le Parti est le fruit légitime de la Révolution. Ses racines se trouvent dans le Parti fondé par Marti en 1892 pour organiser la guerre nécessaire, et son antécédent le plus immédiat est celui fondé par Mella, Baliño et Rubén [Martinez Villena] », poursuit Machado Ventura.

UN SEUL PARTI

Ce parti est un parti d'avant-garde qui exige que chacun de ses militants pense avec sa propre tête, s'exprime librement et agit dans l’unité ; qui éduque et apprend grâce à son contact permanent avec le peuple travailleur ; qui a pour style de travail de connaître à tout moment les difficultés, les critères et les propositions du peuple ; qui a éduqué plusieurs générations de Cubains ; qui a mené avec fermeté et intelligence la résistance du peuple ; qui a pour idéologie les enseignements de Marx, Engels et Lénine, la doctrine martinienne et les idées créatives et l'exemple de Fidel et de Raul.

En énumérant ses nombreuses vertus, José Ramon Machado Ventura a également rappelé que ce Parti est, cependant, un parti unique, comme le prônait José Marti. « Parce que face aux rêves de l'impérialisme de fragmenter notre société, de la diviser en mille morceaux, notre bouclier principal, c’est l'unité », a-t-il dit. Et c'est pourquoi chaque jour, elle grandit, se fortifie et perdure.

LE PARTI ACCOMPAGNERA TOUJOURS LE PEUPLE

Dans le projet de Constitution, que chaque communauté, lieu de travail et d’étude discute et analyse en ce moment, aucun changement n’a été apporté à l'objectif stratégique de maintenir le travail du Parti.

Comme l'a précisé le général Raul Castro Ruz, Premier secrétaire du Comité central du PCC le 19 avril 2018 : « Notre peuple l'appuiera sans aucun doute, comme il l’a fait il y a des dizaines d'années, en 1976, avec un énorme nombre de voix, 98%. »

« Nous n'avons pas l'intention de modifier le caractère irrévocable du socialisme dans notre système politique et social, ni le rôle dirigeant du Parti communiste de Cuba, en tant qu'avant-garde organisée et force directrice supérieure de la société et de l'État, comme le prévoit l'article N° 5 de la Constitution actuelle, et dont nous défendrons le maintien dans la suivante », a-t-il précisé expliqué lors de la session constitutive de la 9e Législature de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire .

« Il incombe au Parti, à l'État et au gouvernement de mettre en œuvre et de faire appliquer la politique de promotion en toute intentionnalité et progressivement des jeunes, des femmes, des Noirs et des métis aux postes de décision, afin de garantir, suffisamment à l’avance, la création d’une réserve de dirigeants de la nation pour l'avenir, sans répéter les erreurs coûteuses que nous avons commises dans ce domaine stratégique », a-t-il ajouté.

Dans le scénario international complexe, qui prétend diviser l'Amérique latine, où s’accroît la politique agressive des gouvernements des États-Unis contre Cuba et les pays de gauche de la région, l'alternative est de rester unis. Le consensus est notre meilleure chance.

Pour cette raison, les propos de Fidel en 1975 sont plus actuels que jamais : « Tant que l'impérialisme existera, le Parti, l'État et le peuple accorderont la plus grande attention aux services de défense. La garde révolutionnaire ne sera jamais négligée. L'Histoire enseigne avec trop d'éloquence que ceux qui oublient ce principe ne survivent pas à l'erreur. »

À PROPOS DU PROJET DE CONSTITUTION

- Dans la construction du socialisme, la direction du Parti communiste de Cuba, née de la volonté unitaire des organisations qui ont contribué de manière décisive au triomphe de la Révolution et de l'unité nationale, constituent des piliers fondamentaux et des garanties de notre ordre politique, économique et social. (Préambule).

- Le Parti communiste de Cuba, unique, martinien, fideliste et marxiste-léniniste, avant-garde organisée de la nation cubaine, fondé sur son caractère démocratique et son lien permanent avec le peuple, est la force dirigeante supérieure de la société et de l'État. Elle organise et oriente les efforts communs vers la construction du socialisme. Elle s'efforce de préserver et de renforcer l'unité patriotique des Cubains et de développer les valeurs éthiques, morales et civiques. (Article 5)

http://fr.granma.cu/cuba/2018-08-23/un-peuple-un-parti


 

CUBA: A KOFI ANNAN, NOTRE GRATITUDE INFINIE

À Kofi Annan, notre gratitude infinie

La nouvelle nous a tous surpris et attristés, et à Cuba, comme dans une grande partie du monde, il a été mentionné et honoré de diverses façons en cette fin de semaine.

Auteur:  | internet@granma.cu

Accueil officiel du Secrétaire général de l’ONU par Fidel Photo: Arnaldo Santos

La nouvelle nous a tous surpris et attristés, et à Cuba, comme dans une grande partie du monde, il a été mentionné et honoré de diverses façons en cette fin de semaine. Kofi Annan est décédé à l'âge de 80 ans, laissant derrière lui un héritage, une vie entière consacrée aux causes justes de l'Humanité, mais surtout, à la défense de l'égalité, de la compréhension et de la paix entre les hommes et les femmes de ce monde.

Le président cubain, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a déploré sa mort, le considérant comme « un fils exceptionnel de l'Afrique et un promoteur actif du multilatéralisme ».

KOFI ANNAN ET CUBA

Le prix Nobel de la paix était étroitement lié à Cuba non seulement par des causes, des préoccupations et des idées communes, mais aussi par des liens solides de fraternité et de respect envers les plus hauts dirigeants de notre pays et le peuple cubain.

Kofi Annan rencontra et s’entretint avec le leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, à plusieurs reprises lors de ses visites au siège des Nations Unies (ONU), et en septembre 2006, à l'occasion de la tenue à La Havane de la 14e Conférence au sommet des pays non alignés, Annan rendit visite à Fidel, avec qui il eut un entretien fraternel pour discuter de l'importance de cet événement et de questions d'intérêt mondial telles que la situation au Moyen-Orient et sur le continent africain.

À cette occasion, Fidel lui fit cadeau d’un exemplaire dédicacé de la deuxième édition du livre Cent heures avec Fidel, biographie à deux voix, d’Ignacio Ramonet, et d’un livret contenant la version anglaise du chapitre 24 de cet ouvrage. Dans l'une des dédicaces, Fidel écrivit : « À Kofi Annan, notre gratitude infinie ».

En février 2015, Kofi Annan revint une nouvelle fois à Cuba pour participer à la signature des Accords de paix de Colombie et fut reçu par le général d’armée Raul Castro. Ce fut un entretien chaleureux au cours duquel le représentant de l'ONU exprima sa gratitude et sa reconnaissance au gouvernement et au peuple de l'Île pour leur rôle en tant que garants des pourparlers qui se déroulèrent pendant plusieurs mois à La Havane.

Kofi Annan était également lié à Cuba et à sa Révolution par l'intérêt commun pour des questions telles que l'égalité des femmes et leur rôle dans la société, le rôle des jeunes, le développement et l'importance de l'éducation et de la culture, la recherche de solutions aux maladies curables et autres comme le VIH/SIDA, et les mises en garde constantes à propos de la protection de l'environnement.

QUE FUT KOFI ANNAN POUR LE MONDE ?

→Il fut le septième Secrétaire général des Nations Unies. Il commença son premier mandat le 1erjanvier 1997 et fut reconduit sur recommandation du Conseil de sécurité, pour un deuxième mandat, du 1er janvier 2002 au 31 décembre 2006.

→ « Rapprocher l'Organisation des Nations Unies des peuples » était au cœur de ses priorités, à travers le renouvellement de l'Organisation à partir d’un vaste programme de réformes et le renforcement de son travail traditionnel dans les domaines du développement et du maintien de la paix et de la sécurité internationales ; la promotion et la promotion des droits de l'Homme, du droit et des valeurs universelles d'égalité, de tolérance et de dignité humaine consacrées par la Charte des Nations Unies ; et le rétablissement de la confiance du public dans l'Organisation en recherchant de nouveaux partenaires.

→ Il dirigea d'importantes missions humanitaires, des négociations de paix, des échanges et présenta des projets d'accords ou de résolutions pour le règlement de conflits dans des régions telles que l'Irak, la Bosnie-Herzégovine, la Libye, la Palestine et le continent africain, entre autres.

→ Le 10 décembre 2001, le prix Nobel de la paix lui fut décerné, ainsi qu’à l’ONU.

→ Il consacra plusieurs livres à expliquer le travail de cette organisation, certains d'entre eux destinés aux enfants.

http://fr.granma.cu/cuba/2018-08-20/a-kofi-annan-notre-gratitude-infinie


 

POURQUOI UN PARTI UNIQUE A CUBA ?

Pourquoi un Parti unique à Cuba ?

Extrait du discours prononcé par le commandant en chef Fidel Castro Ruz lors de la cérémonie de clôture de la 10e Période ordinaire de sessions de la 3e législature de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire

Auteur:  | internet@granma.cu

Meeting de clôture du 2e Congrès du Parti communiste de Cuba. Photo: Archives

Le multipartisme est le grand instrument de l'impérialisme visant à maintenir les sociétés fragmentées, divisées en mille morceaux ; il transforme les sociétés en sociétés impuissantes à résoudre les problèmes et à défendre leurs intérêts.

Un pays fragmenté en dix morceaux est le pays parfait pour sa domination, pour le soumettre, parce qu'il n'existe pas de volonté de la nation, du fait que la volonté de la nation est divisée en plusieurs fragments, l'effort de la nation est divisé en plusieurs fragments, toutes les intelligences sont divisées, et ce qui se passe, c'est une lutte constante et sans fin entre les fragments de la société.

Un pays du Tiers Monde ne peut pas s’offrir ce luxe. En vérité, nombreux sont ceux qui se l’offrent, bien sûr il y a longtemps qu’ils se l’offrent, et il y a longtemps que la plupart d'entre eux sont soumis et dominés.

Il est clair que dans une société qui doit faire face aux problèmes de sous-développement et se développer dans les conditions tellement difficiles qu'il devient difficile de se développer dans le monde d'aujourd'hui, l'unité est essentielle. […]

[...] Aussi ai-je donc la conviction la plus profonde que l'existence d'un parti est et doit être, durant une période historique tellement longue que personne ne peut prédire jusqu'à quand, la forme d'organisation politique de notre société. […]

http://fr.granma.cu/cuba/2018-08-17/pourquoi-un-parti-unique-a-cuba


 

92ÈME ANNIVERSAIRE DE FIDEL CASTRO : CITATIONS SUR LE CAPITALISME

92ÈME ANNIVERSAIRE DE FIDEL CASTRO : CITATIONS SUR LE CAPITALISME

 Solidarité Internationale PCF CubaHistoire Aucun commentaire

13 AOÛT 2018

A l'occasion du 92ème anniversaire de la naissance de Fidel Castro, nous publions ci-dessous certaines de ses citations, toujours d'actualité, sur le capitalisme, lors de discours et d'entretiens tenus entre 1989 et 1993.

Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF
 

"Le travailleur dans un système socialiste sait pourquoi il travaille. Il ne travaille pas seulement pour lui-même. Il travaille pour sa patrie, pour la société, pour tout le peuple, pour ses enfants, pour ses proches, pour ses parents et grands-parents, s'ils sont encore en vie. Il travaille pour que ses grands-parents puissent aussi recevoir des soins médicaux, ou avoir un endroit où aller s'ils ne peuvent pas être laissés seuls ou s'il n'y a personne pour s'occuper d'eux. Il travaille pour que ses grands-parents puissent recevoir une pension, afin que personne ne soit oublié. Dans le socialisme, l'homme travaille pour lui-même, bien-sûr, parce qu'il travaille pour sa famille, mais il travaille pour bien d'autres choses. Il n'est pas le travailleur du système capitaliste. Le travailleur exploité dans le système capitaliste n'a pas d'autre alternative que de travailler uniquement pour de l'argent. Comment un homme peut-il être traité ainsi dans le socialisme ?"

"Le socialisme peut et doit fonctionner mieux que le capitalisme.  Regardez le nombre de problèmes qui existent dans les sociétés capitalistes. Il y a le chômage, la maladie, l'augmentation de la consommation de drogue, la prostitution et d'autres formes de vice. Que peuvent-ils faire ? Chaque individu est abandonné à lui-même. Le capitalisme ne peut fournir à un homme aucune autre destinée."

Deuxième anniversaire du Contingent Blas Roca Calderio, 01/10/1989


* * *

"Quelle merveille pour l'impérialisme yankee, qui n'a qu'un seul parti ; même si l'un se déguise en âne, et l'autre en éléphant - les experts dans ce domaine devraient le savoir - c'est en réalité le parti du capitalisme, le parti de l'impérialisme, le parti des monopoles, le parti des multinationales, dans lequel la politique de l'un et l'autre sont pratiquement indiscernables, car à l'unisson les grands crimes sont soutenus par les deux partis supposés : l'invasion de Grenade, applaudie par les deux partis ; la guerre criminelle contre le Panama, applaudie par les deux partis supposées. La guerre froide, la course aux armements et tous les crimes que l'impérialisme a commis pendant si longtemps ont toujours été soutenus par ce parti unique du capitalisme et de l'impérialisme."

Séance de clôture du 16ème Congrès de la Fédération des travailleurs cubains, CTC, au théâtre Karl Marx à La Havane, 28/01/1990.


* * *

"Comme je vous l'ai dit, nous sommes aujourd'hui un symbole. Tout le monde regarde dans notre direction pour voir ce qui va se passer à Cuba, ce que le peuple cubain va faire, ce que le peuple cubain peut faire : tous ceux qui conservent une vision du monde, qui rêvent d'idées progressistes, d'idées de justice sociale, d'idées d'unité nationale et d'indépendance; tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, haïssent de toutes leurs âmes la pensée d'un monde gouverné par l'empire yankee avec les idées réactionnaires et fascistes que le capitalisme a engendré pendant son développement ; tous ceux qui connaissent un peu l'histoire, qui ont des idées, des concepts et des valeurs nobles et vraiment humaines, espèrent qu'il y a une résistance à ce monde et que les idées socialistes peuvent survivre.  Les dizaines de millions de personnes qui vivent dans des bidonvilles, les dizaines de millions d'enfants sans abri en Amérique latine, par exemple ; les dizaines et les centaines de millions de malades sans accès aux médicaments, à l'assistance médicale ou aux écoles ; ceux qui meurent de toutes sortes de maladies, alors qu'ils peuvent être sauvés ; les 200 000 enfants qui meurent en Amérique latine chaque année et qui ne mourraient pas s'il y avait un système de soins de santé de base dans ces pays ; les personnes qui sont exploitées et obligés de se prostituer ; les millions d'adolescents et d'adultes forcés de mendier ; les chômeurs, les mendiants et les indigents de ce monde sont autant d'exemples de l'héritage de l'impérialisme yankee.  Avec le reste du monde capitaliste développé, le monde yankee est à blâmer pour la pauvreté et la misère du tiers monde. La seule chose que le capitalisme a apporté à 4 milliards d'êtres humains, c'est la faim et la misère, comme nous l'avons dit récemment.  Quel espoir y a-t-il pour ces personnes d'avoir des services médicaux, un logement, de l'eau, un minimum de décorum dans leur vie, et la sécurité ?"

"Je me suis souvenu que sous le système capitaliste, il était presque impossible de créer des postes d'enseignement ou médicaux.  Il y avait, comme je l'ai déjà dit, 300 000 médecins, excusez-moi, 300 000 professeurs et enseignants, mais à des niveaux différents.  Je peux vous dire que le capitalisme qui existait à Cuba il y a un peu plus de 30 ans, aussi dur qu'il était, n'était pas aussi mauvais que le capitalisme que vivent aujourd'hui des milliers, des centaines de millions, des milliards de personnes dans le monde".

"Ce qui se passe actuellement est pire que ce qui se passait à Cuba, et la situation ne cesse de s'aggraver. Maintenant, ils offrent le néolibéralisme, après avoir exigé que le peuple paie jusqu'au dernier centime de la dette.  Tout est en train d'être privatisé.  Tout, bien sûr, est en train d'être multinationalisé.  Toute la richesse est cédée aux pays capitalistes et développés pour mettre fin à la pauvreté qui a été créée précisément par le capitalisme".

"Ce fut d'abord le colonialisme, puis le néocolonialisme, puis l'impérialisme ; en résumé, c'est la conséquence de siècles de domination capitaliste.  Aujourd'hui, Cuba est la tranchée où les idées les plus justes, nobles et humaines sont défendues.  Nous n'avons pas choisi ce destin, il nous a été assigné par l'histoire.  Nous devons défendre le socialisme, l'indépendance nationale et la dignité de notre peuple ; nous devons défendre les rêves et les espoirs des peuples exploités, humiliés et souffrants de ce monde".

Commémoration du 30ème anniversaire de la victoire de la Baie des Cochons, au Théâtre Karl Marx à La Havane, 20/04/1991.


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 "On parle beaucoup de la défaite du socialisme, mais où est le succès du capitalisme en Afrique, en Asie ou en Amérique latine ? Où est le succès du capitalisme dans ces nations où vivent des millions de personnes ?"

"Le capitalisme a ruiné le monde ; il a empoisonné les fleuves, les mers, l'atmosphère, il détruit la couche d'ozone et il est en train de changer le climat du monde".

"Ce régime égoïste et impitoyable (le capitalisme) est destiné à disparaître ; je le crois vraiment parce que j'ai foi en l'humanité et je crois en l'homme, en sa capacité à lutter pour la justice et pour la liberté".

Entretien dans le magazine mexicain "Siempre", 30/05/1991.


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"Le néolibéralisme est à la mode aujourd'hui. Dites-moi : Comment vivent les trois quarts de l'humanité ? Je suppose que les Africains vivent aujourd'hui comme les gens en Belgique, au Luxembourg, en France, ou en Italie ? Qui est responsable de la famine en Afrique, le socialisme ou le capitalisme ? Qu'en est-il de la misère, de la pauvreté, de l'ignorance dans laquelle vivent les pays d'Amérique latine ? Qui a créé le colonialisme ? Qui a créé le néocolonialisme ? Qui a réduit en esclavage les peuples du soi-disant tiers monde ? Qui empoisonne l'environnement et détruit la planète ? Dans les pays capitalistes, y a-t-il ou non une crise ?"

Entretien dans le quotidien italien : "Corriere dell Sera", 05/12/1992.


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"Le capitalisme n'a pas réussi à créer une société rationnelle. Il crée une société pleine de contradictions et d'absurdités, pleine de paradoxes. Il a créé une société qui épuise tout, les ressources naturelles mais surtout les ressources humaines, une société qui aliène tout".

Cérémonie de clôture de la conférence Éducation 93 au théâtre Karl Marx à La Havane, le 05/02/1993.

 

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