CUBA L’ILE DES POETES AU RYTHME DES RIMES

20E FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE DE LA HAVANE

Cuba au rythme des rimes

Même si on a coutume d’appeler Cuba l’Île des poètes, ces jours-ci ce nom prend tout son sens, à l’occasion du 20e Festival international de poésie de La Havane, consacré principalement aux étudiants

Auteur:  | informacion@granma.cu

La Rencontre des poètes pour la défense de l’Humanité s’est déroulée dans le cadre du Festival international de poésie. Photo: Yaimí Ravelo

Même si on a coutume d’appeler Cuba l’Île des poètes, ces jours-ci ce nom prend tout son sens, à l’occasion du 20e Festival international de poésie de La Havane, consacré principalement aux étudiants.

Alors que sont prévues de nombreuses activités poétiques, ses participants sont arrivés à Cuba depuis les cinq continents. Ils ont visité plusieurs établissements scolaires de la capitale, où ils ont eu des échanges avec les jeunes à travers le langage universel de la poésie.

La première de ces journées a cédé son espace à la Rencontre des poètes en défense de l’Humanité. Ce fut l’occasion de faire connaître une déclaration concernant la situation complexe que vit le monde « en ces temps terribles où l’avarice insatiable de certains, leur égoïsme et leur irresponsabilité, semblent s’abattre comme une pluie acide sur les prairies de l’Humanité. Les disparus, les ignorés, les expulsés, les dépossédés, les exploités, les discriminés, les colonisés, les exterminés, se comptent par millions. Les puissants enfoncent leurs griffes sans se soucier de la destinée de ce monde qui nous appartient à tous. »

Le document porte également ses regards sur les « processus de déstabilisation des projets de gauche en Amérique latine » et « sur le drame de millions de réfugiés qui fuient la famine et la guerre […] et frappent sans succès à la porte des puissances développées ». Il dénonce parmi les néfastes réalités du monde contemporain l’escalade dangereuse de la course aux armements, le déboisement des forêts et la pollution de l’environnement, des situations qui doivent mobiliser les hommes de bonne volonté, parmi lesquels se trouvent les poètes, pour lutter en se saisissant de la poésie « comme d’une arme, d’un bouclier, d’un casque, d’une lance et d’une monture ».

Engagés à poursuivre leurs rêves et à composer des vers « qui soient la voix multiple de tous et la barrière face aux injustices », les poètes ont échangé des idées sur des objectifs essentiels du Réseau pour la défense de l’Humanité qui, selon Omar Gonzalez, coordinateur cette organisation à Cuba, plaident pour le développement de l’intégration, la défense de la mémoire, de la paix comme un droit sacré, l’accès à la communication, à l’information et à la vérité, face aux mécanismes machiavéliques qui visent la destruction des peuples.

Présidée par Abel Prieto Jimenez, conseiller du président du Conseil d’État et du Conseil des ministres ; le poète Antonio Guerrero, Héros de la République de Cuba et président d’honneur du Festival ; Miguel Barnet, président de l’Uneac ; Ali Rodriguez, ambassadeur du Venezuela à Cuba, Alex Pausides, président du Festival, Omar Gonzalez, coordinateur du chapitre cubain du Réseau pour la défense de l’Humanité, et Roberto Fernandez Retamar, président de la Casa de las Américas, cette rencontre a été l’occasion de clamer haut et fort l’omniprésence de la tragédie et de l’espérance, validée par des voix capables de soutenir, dans un monde nouveau, « une posture citoyenne portée par l’éthique et un sens commun qui conjurent le danger d’un retour à l’âge de pierre ».

Pausides a signalé qu’« en ces temps difficiles, la poésie, plus que nécessaire, est indispensable », raison pour laquelle « il est essentiel de lui prêter attention pour éclairer sur les choses à venir et nommer le sacré, révéler ce que nous fûmes, sommes et serons. Témoins de l’Histoire humaine, les paroles transcendent l’ici et le maintenant et marquent notre place dans le monde ».

Abel Prieto a fait des commentaires sur« la présence au sein du Réseau pour la défense de l’Humanité non seulement d’intellectuels, mais aussi de communicateurs, de combattants, d’enseignants et de militants, qui doivent unir leurs actions dans un moment tel que celui-ci, de crise totale, anti-poétique où le génocide, dans une indifférence généralisée, devient quotidien », faisant référence ensuite à la réalité que vit aujourd’hui l’Amérique latine, à un moment où l’impérialisme s’acharne à discréditer nos leaders de gauche.

Ali Rodriguez, insistant sur la situation de déstabilisation que subit le Venezuela, victime des attaques permanentes du néolibéralisme, a mis en garde sur la position que doivent adopter les intellectuels dignes, et il a ajouté : « l’Histoire nous donne raison, celle qui a accompagné Simon Bolivar et Hugo Chavez, le Venezuela et l’Amérique. »

L’Équatorien Marcos Ribadeneira a décrit certains aspects des événements dans son pays ces derniers temps après le récent séisme, et il a fait des vœux pour que la poésie puisse faire obstacle aux fléaux de notre époque. Pour sa part, le poète syrien Marak Sahioni a décrit la douleur que vit sa patrie, une nation que le pouvoir hégémonique mondial a décidé de détruire, ce qui a abouti à l’anéantissement d’une civilisation.

Il a signalé qu’il y a dix millions de réfugiés syriens, un million de personnes sont mortes et des milliers sont emprisonnées, c’est pourquoi « il ne nous reste que la parole », et il a appelé les poètes du monde à faire partie d’une anthologie dont le thème serait les réfugiés.

C’est par une exhortation à « ne pas cesser d’être poète » et à « répandre la poésie » qui, dans son rôle en faveur de la préservation la sauvegarde de la mémoire, sera la seule à nous sauver, que Miguel Barnet a mis fin à la rencontre. Les participants ont lu des poèmes à l’occasion du 90e anniversaire de Fidel et ont pu entendre un témoignage émouvant de Tony Guerrero sur l’affaire des Cinq.

La soirée Parole du monde, à la Basilique de Saint-François d’Assise, et considérée comme le point d’orgue du Festival, a été l’occasion pour plusieurs participants de lire leurs poèmes.

Bien que le Festival s’achève le 28 mai, il se poursuivra jusque dans l’est du pays où auront lieu des actions poétiques en contact direct avec la nature jusqu’au 5 juin avec l’inauguration du Festival La poésie est au Sud, dans la commune de Pilon, dans la province de Granma.

http://fr.granma.cu/cultura/2016-05-27/cuba-au-rythme-des-rimes


 

 

 


 

 

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