M. BOUHAMIDI : POUR LES 90 ANS DE FIDEL CASTRO, CETTE CHRONIQUE DE 2008.

 bouhamidi mohamed 14 Août 2016 

Castro

A l'occasion des 90 ans de F. Castro, cette chronique de 2008.

Par Mohamed Bouhamidi, le 20 02 2008

La biologie aura eu raison du vieux combattant. Il se retire, trop vieux, trop malade, trop faible, pour diriger Cuba. Et probablement tout à fait conscient que l’île doit passer à autre chose. Il restera très haut dans l’histoire du monde et de l’Amérique latine pour avoir dirigé une révolution humainement hors normes. Tenir face au géant US, à ses moyens, à son immense appareil de propagande, à ses procédés retors n’est pas une mince réalisation.

Les médias occidentaux auront beau dire, le politicien le plus moyen et le moins intelligent sait qu’aucun Etat ne peut tenir dans de telles conditions d’adversité sans le soutien de l’écrasante majorité de son peuple. Monter en épingle des dissidences, fabriquer des procès en dictature, amplifier au-delà de toute réalité sociologique et politique les critiques d’un poète ne peuvent dissimuler cette équation. Cuba aura donné leurs pires cauchemars aux milieux impérialistes des USA et des autres régions du monde. Réussir sous un blocus étouffant, illégal et immoral, à tous points de vue, à éradiquer l’analphabétisme, construire un système scolaire parmi les plus performants au monde, former des médecins à la compétence légendaire, un système de santé envié de tous, fabriquer ses propres médicaments et vaccins, percer dans le domaine si difficile des biotechnologies appliquées à la pharmacie, mobiliser une armée combative, aider les mouvements de libération en Afrique (souvent avec l’aide de Boumediene), sauver militairement la révolution angolaise, soutenir les mouvements latinos de guérilla qui luttaient contre les dictatures hideuses des Somoza et consorts et résister à la lame de dislocation des Etats socialistes après la chute du mur de Berlin et le démantèlement de l’Union soviétique ne peut être le fait d’un homme mais d’une révolution portée par un peuple. Bien sûr, dans des conditions pareilles, le chef doit être à la hauteur des enjeux et des défis. Le moins qu’on puisse dire à propos de Castro est qu’il a la carrure de ses grands prédécesseurs latinos de Bolivar. Révolution nationale et sociale, révolution résolument internationaliste se regardent comme le paradoxe du plus petit des pays socialistes qui met en échec le voisin le moins souhaitable : le géant US. Et quand Bush se réjouit du départ de Castro et y voit l’annonce d’une reddition prochaine, il se trompe. Entre la chute du mur de Berlin et le retrait de Castro, les idées du socialisme ont repris des couleurs et partout la domination impérialiste redevient insupportable pour les peuples. Bush et tous ceux qui se réjouissent devraient méditer ce fait : dans toute l’Amérique latine, les idées anti-impérialistes et pour la justice sociale et parfois pour le socialisme sont sorties des cercles d’avant-garde pour devenir des idées de masse.

M. B.

Source de cet article :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/02/20/article.php?sid=64722&cid=3

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