Billets de tourtaux-jacques

VINCENT ORTIZ: LA RESPONSABILITE DE LA PRESSE DANS LA REPRESSION DE LA COMMUNE DE PARIS

La responsabilité de la presse dans la répression de la Commune de Paris

par Vincent Ortiz

Nous publions ci-dessous, en tribune [1] et avec leur autorisation, un article paru le 28 mai 2017 sur le site Le vent se lève, et dont l’écho est familier en ces temps de mobilisation sociale.

La répression de la Commune est sans conteste le massacre le plus sanglant de l’histoire de Paris. La Semaine Sanglante, qui s’est déroulée du 21 au 28 mai 1871, s’est soldée par la mort de 30 000 Communards. Les massacres ont été suivis d’exécutions systématiques et de déportations massives. Les survivants ont été soumis à des persécutions et des humiliations sans nombre. Cet épisode est relativement méconnu par l’histoire officielle. Le rôle des élites intellectuelles et médiatiques françaises face à ce massacre demeure en particulier très peu connu.

La presse et les intellectuels jouissent en France d’un prestige peu commun. Le refrain est connu : si la démocratie est aussi profondément enracinée en France, c’est grâce au rôle de la presse, de ses intellectuels médiatiques et des personnalités « engagées » à qui elle donne de la visibilité. Cette analyse est acceptée et ressassée à l’envie dans le débat public. Elle prend du plomb dans l’aile si on analyse le rôle des journalistes et « intellectuels » (le terme est anachronique car il apparaît avec l’Affaire Dreyfus) lors de la répression de la Commune de Paris, l’une des crises sociales les plus violentes de l’histoire de France.
 

La grande presse et les intellectuels font bloc contre la Commune

Dès le commencement du soulèvement, les élites conservatrices appellent le gouvernement d’Adolphe Thiers à châtier durement les Communards. Louis Veuillot, dans le quotidien monarchiste l’Univers, s’en prend à la mollesse supposée d’Adolphe Thiers : « le gouvernement de Paris est pitoyable, il laisse la ville sans défense. Ô, Dieu de nos pères, suscitez-nous un homme ! ». La Comtesse de Ségur écrit : « M. Thiers ne veut rien faire qui contrarie les rouges (…) Saint Thiers a pour ces abominables scélérats des tendresses paternelles ». Le camp monarchiste s’impatiente. Il n’est pas le seul. La presse républicaine « modérée » (par opposition aux républicains « jacobins », favorables à la Commune) rejoint peu à peu le concert des appels à la répression. Dès le 19 mars, un article du quotidien « d’union républicaine » l’Electeur libre condamne le soulèvement de la Commune : « tout homme de coeur se lèvera pour mettre un terme à de semblables forfaits ». On peut lire dans le Drapeau tricolore, quotidien républicain modéré : « dût-on noyer cette insurrection dans le sang, dût-on l’ensevelir sous les ruines de la ville en feu, il n’y a pas de compromis possible ».
 

Adolphe Thiers, qui a dirigé la répression de la Commune, passait, aux yeux d’une partie de la presse, pour un modéré. ©jcosmas, André-Adolphe Eugène Disdéri. L’image est dans le domaine public.

 

Le massacre commence, au grand soulagement de ceux qui l’avaient réclamé pendant des semaines. « Quel honneur ! Notre armée a vengé ses désastres par une victoire inestimable », écrit un rédacteur du Journal des Débats, républicain modéré. « Le règne des scélérats est fini », peut-on lire dans l’Opinion publique, républicain modéré et anticlérical. « Aux armes ! Bruit sinistre qui me remplit de joie et sonne pour Paris l’agonie de l’odieuse tyrannie », avoue Edmond de Goncourt. Certains y voient l’occasion d’en finir avec le péril rouge. « Il faut faire la chasse aux Communeux ! », proclame un journaliste du quotidien libéral Bien public. Un article du Figaro appelle sans détours à un massacre sanglant : « Il reste à M. Thiers une tâche importante : celle de purger Paris. Jamais occasion pareille ne se présentera (…) Allons, honnêtes gens, un coup de main pour en finir avec la vermine démocratique et sociale, nous devons traquer comme des bêtes fauves ceux qui se cachent ». Le poète Leconte de Lisle souhaite « déporter toute la canaille parisienne, mâles, femelles et petits ». Renan, dans ses dialogues philosophiques, en appelle à une « élite de privilégiés, qui régneraient par la terreur absolue ». Emile Zola écrit : « Le bain de sang que le peuple de Paris vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres ». Le futur auteur de Germinal, dont la sensibilité à la souffrance ouvrière était indéniable, éprouve alors la crainte d’une insurrection populaire, dont il ne s’est jamais départi.

Pourquoi une telle fureur contre la Commune ? Désabusés par la Révolution de 1848 à laquelle beaucoup avaient pris part, les intellectuels de 1871 étaient devenus plus conservateurs ; Jules Vallès, communard, et Victor Hugo, conservateur devenu républicain et socialiste, constituent les deux exceptions les plus notables. La plupart n’étaient pas prêts à accepter une révolution aussi radicale. La romancière George Sand, qui avait conservé des sympathies socialistes et républicaines, s’est montrée très hostile à la Commune par crainte de perdre ses biens matériels ; « mon mobilier est sauvé ! », écrit-elle lorsque la répression commence ; « les exécutions vont bon train, c’est justice et nécessité ». Quant à la grande presse subventionnée par les grands capitaux, elle a dans la grande majorité des cas emboîté le pas aux classes dominantes pour des raisons similaires.
 

George Sand. L’image est dans le domaine public

 

Les mesures politiques et sociales mises en place par la Commune ont terrifié mais aussi stupéfié les grands possédants par leur caractère révolutionnaire ; on le constate à la lecture des journaux et des correspondances de l’époque. La réaction de Flaubert aux lois sociales votées par la Commune est symptomatique : « le gouvernement se mêle maintenant du droit naturel ! ». Imposer des réglementations à l’ordre social et économique, cela équivalait pour lui (comme pour tant d’autres) à intervenir dans le droit naturel, à défier les lois immuables de l’économie et de la société. Plus prosaïquement, le Duc de Broglie voyait dans la Commune « le refus de la plèbe d’admettre l’ascendant des classes supérieures »  ; en conséquence, la plèbe devait être châtiée. Jules Vallès n’avait pas tort, lorsqu’il écrivait dans son journal le Cri du Peuple  : « vous avez laissé violer Paris, avouez-le, par haine de la Révolution ».
 

La scission entre le peuple et les élites

La répression de la Commune de Paris signe l’arrêt de mort du jacobinisme, mouvance républicaine issue de la Révolution Française à la fois sociale et populiste. Sociale, parce que l’égalité civique est indissociable de l’égalité sociale dans la pensée jacobine ; populiste, parce que les jacobins souhaitaient mettre en place une démocratie semi-directe, qui impliquerait directement le peuple dans les affaires publiques et lui donnerait un pouvoir réel. Les républicains « jacobins » s’opposaient aux républicains « modérés », très hostiles à des réformes sociales égalitaires et à toute idée de démocratie directe. Les républicains jacobins ont été exterminés durant la Commune aux côtés de leurs alliés socialistes, anarchistes et collectivistes. C’est le républicanisme « modéré » qui a triomphé et est arrivé à la tête de la France en 1877. Il a fallu tous les efforts colossaux d’un Jean Jaurès pour réconcilier le mouvement ouvrier et la République, le drapeau rouge et le drapeau tricolore.
 

Jean Jaurès

 

Le massacre de la Commune a donc instauré une scission durable entre les élites républicaines (modérées), parlementaires, journalistes et intellectuels d’une part, et le mouvement ouvrier et populaire de l’autre. Le rôle de la presse et des intellectuels sous la Commune n’y est pas pour rien. La presse, qualifiée de « figariste », était d’ailleurs l’une des cibles favorites des Communards ; les locaux du Figaro et du Gaulois ont été saccagés par des ouvriers parisiens durant la brève existence de la Commune. Cette scission entre les élites médiatiques et le peuple a-t-elle jamais été résorbée ? Toutes proportions gardées, ne peut-on pas expliquer la défiance actuelle de la population vis-à-vis de la grande presse par la révérence de celle-ci à l’égard du pouvoir, par la violence qu’elle déploie contre les mouvements de contestation ? Le phénomène populiste contemporain, c’est-à-dire le rejet populaire des élites politiques et médiatiques, n’est-il pas largement imputable au rôle de cette presse qui prend, depuis deux siècles, le parti des puissants contre leurs opposants ?
 

Vincent Ortiz
 

Pour aller plus loin :
Histoire de la Commune de 1871, Prosper-Olivier Lissagaray (témoignage d’un Communard)
Les écrivains contre la Commune, Paul Lidsky
Les origines de la Commune, Henri Guillemin

https://www.acrimed.org/La-responsabilite-de-la-presse-dans-la-repression?fbclid=IwAR1TANOHytv_UhfuwRfxgOGqe8M6qH3dt_faJRmQGlLlV3SOS0uNG_tkGnw

 

LETTRE DU ROI MACRON A SES SUJETS FRANCAIS

Lettre de Macron aux Français: une opération de sauvetage du mandat pour la presse

folder_openFrance access_timedepuis 13 heures

 

 

La lettre aux Français adressée par Emmanuel Macron dimanche soir est largement commentée dans la presse ce lundi matin. Pour de nombreux éditorialistes, il s’agit d’une tentative de sauvetage du mandat du président de la République. D’autres, plus optimistes, y voient une chance de renouvellement de la démocratie.

Avec sa lettre aux Français dévoilée dimanche soir, Emmanuel Macron tente «de sauver la suite de son mandat» jugent la majeure partie des éditorialistes, quand d’autres enjoignent leurs lecteurs à participer au grand débat.

Pour Stéphane Albouy du Parisien, Emmanuel Macron a pris la plume comme l’avaient fait avant lui François Mitterrand et Nicolas Sarkozy. À la différence que ses prédécesseurs étaient candidats à la présidence et défendaient leur programme de campagne, alors que «notre actuel président essaie pour sa part de sauver la suite de son mandat».

«Avec cette adresse aux Français, le chef de l’État est en fait candidat… à sauver les trois ans qu’il lui reste à passer à l’Élysée», pense également Paul Quinio de Libération qui voit la lettre du président comme un «écrit de rattrapage». «L’arrogant Jupiter tente avec ce texte de se mettre à hauteur de rond-point», juge l’éditorialiste qui trouve l’exercice «périlleux».

Dans L’Union, Carole Lardot Bouillé fait chorus: «l’exercice est périlleux. Emmanuel Macron sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur».

«Une "chance pour la France", comme l’a dit Marc Fesneau, ce grand débat national?», demande Guillaume Tabard du Figaro qui estime qu’il s’agit d'«une dernière chance pour Emmanuel Macron en tout cas, s’il veut régler la crise autrement que par des scénarios politiques catastrophes pour lui».

François Ernenwein de La Croix est d’avis qu’il manque au chef de l’Etat «la crédibilité nécessaire pour convaincre qu’il va vraiment lutter contre les fractures sociales et territoriales en France». L’éditorialiste du quotidien catholique admet toutefois que le président «peut encore parvenir à sortir son mandat de l’étau de la puissante contestation et des lourdes contraintes budgétaires».

Dans Les Échos, Cécile Cornudet est sceptique quant à la volonté d’écoute d’Emmanuel Macron qui «se prête à l’exercice du grand débat comme s’il fallait bien en passer par là, mais sans réelle conviction pour le coup».

Sans surprise, la lettre aux Français reste «lettre morte» pour Paule Masson de L’Humanité qui affirme qu’elle «ne peut être reçue que comme une provocation». «Pas un mot sur les salaires, le pouvoir d’achat, mais l’affirmation qu’il ne rétablira pas l’ISF», s’insurge l’éditorialiste du quotidien communiste.

Village d’Astérix

«Le président joue gros», assure Bernard Stéphan (La Montagne Centre France) qui considère que de la réussite ou de l’échec du grand débat «dépend la suite du quinquennat d’Emmanuel Macron».

«Comme dans le village d’Astérix, il y aura des engueulades et des débordements, mais, en vérité, l’issue de ce grand débat dépend de nous tous et d’abord de notre volonté de comprendre avant de juger», croit Vincent Trémolet de Villers du Figaro qui espère «une conversation civique».

Dans le camp des plus optimistes, Sébastien Georges de L’Est Républicain songe que «ce grand débat peut constituer un des actes fondateurs de la nouvelle gouvernance qu’il avait promise», mais «à condition de tenir compte de ce qui en sortira, sans le cadenasser pour qu’il ne fasse pas pschitt».

«Faut-il plus de services publics ou moins d’impôts ? Cruel et universel dilemme que le président de la République décline dans sa lettre». Laurent Bodin dans L’Alsace note que le président «place les Français devant leurs responsabilités», «habilement», souligne-t-il.

«C’est à un incroyable exercice de renouvellement de la démocratie et de la politique que nous sommes en train d’assister», s’enthousiasme Patrice Carmouze dans L’Éclair des Pyrénées. «C’est donc aux citoyens de s’emparer de ce débat, de prendre, en quelque sorte le pouvoir», prévient-il.

«Emmanuel Macron tente avec ce courrier de nous mettre devant nos responsabilités, les siennes et tous les choix à venir», constate Jean-Louis Hervois de la Charente Libre.

Dans Ouest France, Stéphane Vernay considère que «le chef de l’État mette autant de sujets sur la table, sachant que toutes les réponses n’iront pas dans son sens, est, de fait, totalement inédit». Pour l’éditorialiste du quotidien de l’Ouest, cette lettre «plus qu’un engagement, c’est un contrat. Il faut le prendre au mot. En participant».

Source: agences et rédaction

https://french.alahednews.com.lb/29785/322#.XD0VL1xKhPY


 

LES TROUPES US D'AL-TANF POUSSEES VERS LA SORTIE PAR LA SYRIE

La Syrie exige le retrait immédiat des troupes US d'al-Tanf

Mon Jan 14, 2019 2:44PM

Des membres du la 5e division des forces spéciales US effectuent un entraînement dans la base militaire d’al-Tanf dans le sud de la Syrie à la fin de 2017. ©U.S. ARMY

Des membres du la 5e division des forces spéciales US effectuent un entraînement dans la base militaire d’al-Tanf dans le sud de la Syrie à la fin de 2017. ©U.S. ARMY

« La plus grande base militaire américaine en Syrie, située à Al-Tanf, à la frontière entre la Syrie et la Jordanie, doit être fermée », a déclaré au journal russe Izvestia le service de presse du parti Baath au pouvoir en Irak. La Syrie exige que les États-Unis quittent l’ensemble de son territoire et la base située dans le sud du pays ne fera pas exception à la règle.

« Il n’y a toujours pas de contact direct entre les forces gouvernementales américaines et syriennes et l’effort de médiation est mené par l’armée russe », a déclaré le parti Baath.

L’ambassade des États-Unis a déclaré à Izvestia, citant une déclaration du secrétaire d’État Mike Pompeo, que l’armée américaine continuerait d’assurer la sécurité de la frontière syro-jordanienne près de la base et du camp de réfugiés de Rukban.

Selon certains rapports des médias américains, citant des responsables du Pentagone, Washington envisage de retirer les forces US de la base pendant un certain temps ou de les transférer sous le contrôle direct de l’armée jordanienne. Mais Damas est contre ce scénario, a déclaré le parti Baath.

Le président de la commission de la défense à la Douma (chambre basse du Parlement russe), ancien commandant des troupes parachutistes russes, le général Vladimir Chamanov a déclaré que la Turquie était un autre acteur influent qui désire prendre le contrôle de la base américaine.

Lire aussi: Pourquoi les USA s’accrochent à Al-Tanf ?

« Les Turcs veulent que cette base soit confiée à leur juridiction et ils discutent avec les Américains. Il n’y a pas eu de résultats jusqu’à présent ou nous ne les connaissons pas encore, a-t-il expliqué. Une autre option possible consiste à préserver la base en laissant un petit contingent de troupes là-bas. »

Frants Klintsevich, chef adjoint du Comité pour la défense et la sécurité de la chambre haute du Parlement de Russie, a souligné que la base américaine était illégale en Syrie et que les dirigeants syriens exigeaient le retrait de l’ensemble du contingent américain de leur territoire.

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/01/14/585769/La-Syrie-exige-le-retrait-immediat-des-troupes-US-dal-Tanf


 

L'AMBASSADEUR RUSSE A BEYROUTH: L'IRRESPONSABLE POLITIQUE DES USA ET LEURS ALLIES MENE A LA GUERRE ATOMIQUE

L’ambassadeur russe à Beyrouth : la politique US mène à la guerre atomique.

 Depuis 2 heures  14 janvier 2019

zaspikine

 Moyent-Orient - Syrie

 

L’ambassadeur russe à Beyrouth, Alexander Zasypkin, a critiqué les politiques américaines envers Moscou et dans un sens plus général, envers toute la région. « La présence russe en Syrie a eu pour but de contribuer à la lutte contre le terrorisme ; le gouvernement syrien finira assurément par réinstaurer son contrôle sur tout le territoire du pays », a affirmé Alexander Zasypkin.

Dans une interview au journal libanais Al-Akhbar, l’ambassadeur russe à Beyrouth a également critiqué l’expansionnisme des États-Unis.
« L’impérialisme américain qui a provoqué la dévastation dans le monde aura certes des impacts à l’intérieur même des États-Unis. Des impacts qui se manifesteront sous forme de crises en tout genre. »

Le diplomate russe a reproché aux Américains leurs ingérences dans divers pays du monde, sous différentes formes comme, à titre d’exemple, « fomenter des coups d’État, créer des crises, inciter des groupes terroristes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ainsi que des résidus extrémistes des nazis et des groupes de l’extrême-droite sur toute l’Europe, semer la discorde au sein de l’Église orthodoxe et détruire différents accords, dont le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) ».

Il a ensuite averti : « Il semblerait qu’une nouvelle et dangereuse course aux armements se soit déclenchée dans le monde. De nos jours, les Américains ne pensent qu’à renforcer leur industrie militaire et fortifier leur rang dans les rivalités avec la Russie. »

L’ambassadeur russe au Liban a dénoncé « une approche irresponsable adoptée par les États-Unis et leurs alliés occidentaux » dont certains se voient obligés, selon lui, de s’y aligner quitte à nuire à leurs propres intérêts.
« Cette approche irresponsable mènera à la guerre. Une petite erreur suffirait pour que les dires à propos d’une éventuelle guerre atomique deviennent une réalité ; c’est ce qui menace l’humanité tout entière. »

En ce qui concerne la présence illégitime américaine en Syrie qui, loin de déraciner les terroristes, y a, au contraire, compliqué les choses, le diplomate russe a affirmé qu’un retrait américain de Syrie pourrait s’avérer important, pour faire asseoir le contrôle du gouvernement légitime syrien sur tout le pays.
« Les négociations qui sont en cours au sujet du Nord syrien devront permettre à la Syrie de réinstaurer son contrôle sur des zones restant occupées par les Américains », a-t-il dit.

À ce sujet, Alexander Zasypkin a affirmé que la Turquie n’aurait qu’un rôle très limité. Il a souligné qu’à terme, les forces turques se retireront de la Syrie et tout le territoire syrien reviendra à la souveraineté du pays.

Le diplomate russe a également fait allusion aux pressions américaines pour empêcher les pays arabes de renouer avec Damas : « Les États-Unis et certains pays arabes souhaitent clairement une même chose : mettre fin à l’alliance syro-iranienne. Demande illogique, puisque les pays arabes doivent reprendre sans aucun préalable leurs relations [avec la Syrie] et contribuer sans aucune condition à la reconstruction de ce pays. Car, les alliés de la Syrie, dont l’Iran, la Russie, la Chine et l’Inde commenceront, de toute manière, ce processus [pratique de reconstruction] avec toute partie qui s’y présentera. »

L’ambassadeur russe a également condamné les immiscions israéliennes en Syrie.
« Les ingérences israéliennes en Syrie se font en appui au terrorisme, alors que la Russie agit pour renforcer la souveraineté syrienne. La Russie a doté la Syrie de batteries de missile S-300. Israël tente de justifier ses attaques [contre la Syrie] sous prétexte de contrer la présence iranienne… Quoi qu’il en soit, la Russie continuera de travailler avec l’Iran en Syrie pour défendre la souveraineté syrienne et combattre le terrorisme. »

 

Source: Press TV

https://french.almanar.com.lb/1213148



 

LES FAUCONS US ONT REQUIS DES OPTIONS MILITAIRES CONTRE L'IRAN

La Maison Blanche a requis des options militaires contre l’Iran

 Depuis 12 heures  14 janvier 2019

bolton-pompeo

 Amérique et Europe - USA

 

La Maison Blanche a inquiété le Pentagone en demandant aux militaires des plans pour lancer des frappes sur l’Iran peu après des incidents attribués à des combattants pro-iraniens en septembre dernier en Irak, selon le Wall Stret Journal.

Trois obus de mortier s’étaient abattus le 7 septembre sur l’ultra-sécurisée zone verte de Bagdad, où siège l’ambassade américaine. Washington avait attribué cette attaque, qui n’avait fait ni victimes, ni dégâts, à des combattants pro-iraniennes.

Le Conseil de sécurité nationale de la présidence, dirigé par John Bolton, avait alors « demandé au Pentagone de fournir à la Maison Blanche des options militaires pour frapper l’Iran », indique dimanche le Wall Street Journal (WSJ), citant des responsables et ex-responsables du gouvernement américain non identifiés.

Cette requête avait suscité des inquiétudes au Pentagone, selon les sources citées par le quotidien. « Cela a indubitablement troublé », a indiqué l’un d’eux. « Les gens étaient choqués. C’était ahurissant, leur façon cavalière de parler de frapper l’Iran ».

Le Pentagone a répondu à la demande de l’exécutif, selon ces responsables, qui n’ont pas précisé si des options militaires ont été présentées à la Maison Blanche, ni si Donald Trump lui-même en avait été informé.

Interrogé par l’AFP, le Pentagone a souligné que préparer des plans pour la Maison Blanche était pour les militaires une activité normale.

« Le ministère de la Défense est une organisation qui planifie et fournit au président des options militaires pour tout un éventail de menaces (…) y compris celles posées par l’Iran, pour dissuader toute agression et, si nécessaire, y répondre », a indiqué un porte-parole du ministère, le colonel Rob Manning.

Interrogé par l’AFP au cours de sa tournée au Proche-Orient, le chef de la diplomatie Mike Pompeo s’est abstenu de tout commentaire.

John Bolton, devenu en avril conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, est un néoconservateur connu pour ses positions très dures, voire va-t-en-guerre, contre l’Iran ou la Corée du Nord.

En 2015, il avait publié une tribune dans le New York Times sous le titre: « Pour arrêter l’Iran, il faut bombarder l’Iran ».

Source: Avec AFP

https://french.almanar.com.lb/1211982


 

SENEGAL: CINQ CANDIDATS A L'ELECTION PRESIDENTIELLE, LES DEUX PRINCIPAUX OPPOSANTS ECARTES

SÉNÉGAL: CINQ CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE, LES DEUX PRINCIPAUX OPPOSANTS ÉCARTÉS

   

14 JANVIER 2019 À 13H57 PAR AFP

Le Conseil constitutionnel sénégalais a publié lundi une liste de cinq candidats retenus pour l'élection présidentielle du 24 février, dont le chef de l'Etat sortant Macky Sall, mais écarté deux de ses principaux opposants, l'ex-maire de Dakar Khalifa Sall et l'ancien ministre Karim Wade.

 

Le Conseil a également validé les candidatures du député Ousmane Sonko, figure montante de l'opposition, de l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, d'un proche de l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), Madické Niang, et du candidat du Parti de l'Unité et du Rassemblement (PUR), El Hadji Sall.

Il devra encore statuer le 20 janvier sur les éventuelles réclamations des candidats, avant de publier la liste définitive.

Les "sept sages" ont sans surprise écarté les candidatures du socialiste dissident Khalifa Sall, et de l'ex-ministre et fils d'Abdoulaye Wade, Karim Wade, qui avaient pourtant recueilli le nombre requis de parrainages, mais frappés par des condamnations judiciaires.

Pour conclure au caractère "irrecevable" de la candidature de Karim Wade, investi par le Parti démocratique sénégalais PDS (libéral), le Conseil a relevé sa condamnation en 2015 à six années de prison pour "enrichissement illicite" et la mention "personne non inscrite sur le fichier électoral" sur la carte d'identité figurant dans son dossier. 

Dans une lettre adressée le 11 janvier aux membres du Conseil, plusieurs éminents juristes sénégalais et français, dont un ancien président de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), avaient pourtant estimé cette candidature valide.

Ils faisaient valoir que le ministère de l'Intérieur n'avait pas le pouvoir de radier le candidat du PDS des listes électorales, "la privation de vote ne pouvant résulter que d'une décision expresse de justice".

Condamné quant à lui à cinq ans de prison pour "escroquerie portant sur les deniers publics" et en détention depuis deux ans, l'ancien maire de Dakar, dont le pourvoi en cassation a été rejeté le 3 janvier "ne peut plus se prévaloir de sa qualité d'électeur", selon la décision de 21 pages affichée lundi dans les locaux du Conseil constitutionnel.

Des milliers de partisans de Karim Wade et Khalifa Sall ont manifesté ces derniers mois pour réclamer des élections "justes et transparente", accusant de partialité le Conseil constitutionnel et le ministre de l'Intérieur, chargé d'organiser le scrutin.

Investi candidat par une large coalition le 1er décembre, Macky Sall, élu en 2012 contre Abdoulaye Wade, vise une réélection dès le premier tour, selon ses proches.

Le chef de l'Etat multiplie les visites en province et les inaugurations.Après celles d'un nouveau tronçon d'autoroute et du Musée des civilisations noires, il devait inaugurer lundi après-midi la ligne de TER (train express régional) reliant Dakar à la ville nouvelle de Diamnadio, dont l'exploitation commerciale n'est toutefois pas attendue avant plusieurs mois.

https://www.africa1.com/news/senegal-cinq-candidats-a-la-presidentielle-les-deux-principaux-opposants-ecartes-143983


 

BORDEAUX ACTE 9: SUITE A UN TIR, UN GILET JAUNE, POMPIER, PERE DE 3 ENFANTS EST DANS LE COMA

Un Gilet jaune blessé à Bordeaux

Le Gilet jaune blessé à la tête par un flashball durant l’acte 9 est dans le coma (vidéos)

© AFP 2018 MEHDI FEDOUACH

FRANCE

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Dossier:

Mouvement des Gilets jaunes en France et en Belgique (391)

45477

Un homme a été blessé à la tête suite à un tir de flash-ball dans le dos, à Bordeaux, en marge de l’acte neuf des Gilets jaunes. Pompier, marié et père de trois enfants, il a été opéré d’une hémorragie cérébrale mais se trouve toujours plongé en coma artificiel, a annoncé sur Twitter l'écrivain français David Dufresne, citant l’épouse du blessé.

Un Gilet jaune a été blessé à la tête par un tir de flash-ball samedi à Bordeaux lors d'une manifestation. Les vidéos le montrant à terre et la tête en sang ont auparavant fait le tour des réseaux sociaux.

Il s'est avéré qu'il s'agissait d'un pompier de Bazas, marié et père de trois enfants. Suite à l'accident il a été transféré à l'hôpital et plongé dans un coma artificiel, a annoncé sur son compte Twitter l'écrivain et le réalisateur français David Dufresne.​

Il a été ensuite opéré d'une hémorragie cérébrale, l'opération s'est bien passée, a poursuivi M.Dufresne, citant l'épouse du Gilet jaune en question.

Les médecins envisagent de réveiller le blessé dont le «pronostic vital est engagé», lit-on sur la page Twitter de l'auteur.

«Courage à sa famille. (…) Halte aux violences policières!», conclut son message.

Sur une vidéo postée sur le réseau social par d'autres utilisateurs, on peut notamment observer le moment où le Gilet jaune a été blessé samedi, à Bordeaux.

Alors qu'il essayait de partir, une personne lui a tiré un coup de flash-ball suivi, quelques secondes plus tard, du lancer d'une grenade dans le dos du manifestant.​

D'autres séquences montrent le Gilet jaune assis par terre déjà blessé et avec la tête qui saigne.​

Auparavant, d'autres blessés touchés par un lanceur de balle de défense (LBD) avaient été signalés en marge des manifestations des Gilets jaunes à Nantes, Toulouse et Paris.

 

Un Gilet jaune apparemment blessé par un tir de flash-ball évacué à Bordeaux

© AFP 2018 MEHDI FEDOUACH

Un Gilet jaune apparemment blessé par un tir de flash-ball évacué à Bordeaux (vidéo)

Le neuvième acte des manifestations des Gilets jaunes se déroule ce samedi à Paris, ainsi que dans d'autres villes françaises. 129 personnes ont été interpellées dans la capitale et 74 d'entre elles placées en garde à vue. D'après le ministre français de l'Intérieur, la mobilisation a rassemblé environ 84.000 personnes à travers la France. Le mouvement des Gilets jaunes est en hausse par rapport aux dernières semaines. Le 5 janvier, l'acte 8 avait rassemblé 50.000 manifestants et 32.000 le 29 décembre lors de l'acte 7, avait déclaré le ministre Christophe Castaner.

https://fr.sputniknews.com/france/201901141039629237-gilet-jaune-blesse-tete-flashball/


 

GUYANE: L’ONU SOMME LA FRANCE DE SUSPENDRE LE PROJET MONTAGNE D'OR ET DE RECUEILLIR LE CONSENTEMENT DES PEUPLES AUTOCHTONES

Communiqué de l’ONAG - L’ONU somme la France de suspendre le projet Montagne d’Or et de recueillir le consentement des peuples autochtones selon leurs modalités de consultation (le 11/01/19)

publiée le 13/01/2019 par CSIA-Nitassinan


http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article993

ORGANISATION DES NATIONS AUTOCHTONES DE GUYANE

Cayenne, le 11 janvier 2019

Communiqué de presse

« L’ONU somme la France de suspendre le projet Montagne d’Or
et de recueillir le consentement des peuples autochtones selon leurs modalités de consultation.

Réponse du Gouvernement français exigée avant le 8 avril 2019. »

L’Organisation des Nations Autochtones de Guyane (ONAG) vous informe qu’elle a déposé une requête concernant le projet Montagne d’Or auprès du Comité pour l’Elimination de la Discrimination Raciale (CERD).

Cette instance des Nations Unies est chargée de veiller au respect de la Convention pour l’Elimination de toute forme de Discrimination Raciale par les Etats signataires. C’est le cas de la France qui est signataire depuis le 28 juillet 1971.

Interpellée sur la violation des droits des peuples autochtones en Guyane française, le CERD a adressé le 14 décembre 2018 une lettre au Gouvernement français par l’intermédiaire du Représentant permanent de la France aux Nations Unies.

Cette procédure en alerte rapide est inédite pour la France qui se voit contrainte de s’expliquer devant la communauté internationale sur le non-respect de la Convention et des droits des peuples autochtones.

L’ONAG, avec le soutien du Service International pour les Droits de l’Homme (ISHR), a rappelé au Comité onusien les éléments de contexte de l’affaire Montagne d’Or en Guyane française : un site minier situé sur des terres ancestrales, à proximité de vestiges précolombiens sacrés, avec un risque de pollution des lieux de chasse et de pêche des peuples autochtones par les boues cyanurées, sans garanties suffisantes pour la protection de l’environnement, et sans réelles retombées économiques pour les guyanais.

Le CERD a plus particulièrement été interpellé par les conclusions de la Commission nationale du débat public (CNDP) qui révèlent l’absence de considération pour la voix autochtone décrédibilisée par certains décideurs politiques et économiques guyanais, les conditions conflictuelles dans lesquelles s’est déroulé le débat, et le refus des représentants de la compagnie Montagne d’Or de répondre à l’invitation des autorités coutumières.

Autant de faits constituant des actes de discrimination au sens de la Convention.

Dans ces conditions, le débat public tel qu’organisé par la CNDP, tout comme la visite expresse de la Commission interministérielle sur l’activité aurifère en octobre 2018, ne correspondent en rien à un processus de consultation adéquat dont les modalités doivent être définies par les peuples autochtones eux-mêmes.

L’ONAG rappelle à ce titre que l’article 32 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dispose que « Les États consultent les peuples autochtones concernés et coopèrent avec eux de bonne foi par l’intermédiaire de leurs propres institutions représentatives, en vue d’obtenir leur consentement, donné librement et en connaissance de cause, avant l’approbation de tout projet ayant des incidences sur leurs terres ou territoires et autres ressources (...). »

A la lumière de ces éléments, le CERD somme donc la France de :

1. Garantir le droit à la consultation et au consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones concernés par le projet Montagne d’Or, incluant la réalisation d’une étude d’impact social et environnemental, avec la participation effective des peuples autochtones conformément à leurs propres institutions et processus décisionnels ;

2. Suspendre le projet Montagne d’Or jusqu’à ce que le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones impactés par ce projet soit obtenu, à la suite de l’exercice complet et adéquat de l’obligation de consultation.
L’ONAG se joint à la sommation du CERD, et demande à l’Etat français de se rapprocher du Mécanisme d’experts des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (MEDPA) chargé de fournir aux États des conseils techniques sur les droits des peuples autochtones et faciliter le dialogue entre les différentes parties.

La Présidente de l’ONAG,

Milca SOMMER-SIMONET

Pour aller plus loin :


- Lettre du CERD adressée au Représentant permanent de la France aux Nations Unies (version anglaise) :
https://tbinternet.ohchr.org/Treaties/CERD/Shared%20Documents/FRA/INT_CERD_ALE_FRA_8820_E.pdf 
- Article du journal Le Monde du 11/01/2019 :
https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/11/guyane-l-onu-s-immisce-dans-la-future-mine-de-la-montagne-d-or_5407578_3244.html


ORGANISATION DES NATIONS AUTOCHTONES DE GUYANE - O.N.A.G.
81, rue Christophe Colomb - 97300 CAYENNE (Guyane française)

http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article993


 

LINA DESANTI, SECRETAIRE GENERALE DE L'UD CGT 82: LETTRE OUVERTE AUX GILETS JAUNES ET AUX SALARIES

CGT HÔPITAL DE MONTAUBAN

Lettre ouverte aux gilets jaunes et aux salariés

Toi qui luttes jour et nuit, qui prends sur tes vacances, sur ta vie de famille, qui réchauffes tes nuits autour des feux de palettes sur les ronds-points.
 
Toi qui revendiques de ne pas perdre ta vie à la gagner, de pouvoir vivre de ton travail, de pouvoir profiter de ta retraite.
 
Toi qui en as marre de te faire exploiter pour enrichir les gros qui te reprochent de faire tes courses en voiture dans un supermarché discount.
 
Toi qui n’acceptes plus que d’autres, que tu n’as jamais rencontrés, pensent à ta place, parlent pour toi et t’expliquent comment tu dois vivre.
 
Toi qui penses que pour être libres, les êtres humains doivent être égaux, peut importe leur naissance, leur origine ou leur couleur de peau.
 
Permets-moi de t’appeler camarade et de te tutoyer.
 
Parce que c’est de cette manière que nous avons l’habitude de nous appeler.
 
La CGT est du côté des travailleurs(se) qui luttent pour leurs droits.Elle respecte leurs choix et les modes d’organisation qu’ils ont eux-mêmes décidé. C’est de cette démarche qu’elle est née, il y a 123 ans.
 
Comme toi, elle est allergique aux injustices. Elle ne supporte pas qu’on la catalogue et qu’on lui dise quoi faire. Elle pense que toutes celles et tous ceux qui n’ont d’autres choix que de travailler pour vivre doivent être respectés et que leurs représentants doivent se montrer dignes de la confiance qu’on leur accorde.
 
Comme toi, la CGT combat les tentatives de tous ceux qui voudraient diviser le monde du travail afin d’affaiblir ses revendications. La CGT est résolument internationaliste et combat toutes les formes d’exploitations dans le monde.
 
Depuis le départ, la CGT observe avec beaucoup de considération la lutte que tu as engagée. De tout temps elle est au service de toutes celles et tous ceux qui sont mobilisés pour changer réellement les choses.
 
Lorsqu’on décide de bloquer l’économie pour rétablir la justice sociale, les formes d’action ne s’opposent pas, elles se complètent. Occuper la voie publique est indispensable, qu’on parle de ronds-points, de péages, de manifestations.
 
Empêcher la circulation des marchandises est nécessaire pour attirer l’attention des politiques sur nos revendications.
 
Mais pour imposer nos exigences, nous pensons qu’il y a une étape à franchir : arrêter la production par la grève et les occupations des lieux de travail.
 
Le gouvernement tremble et nous devons maintenant contraindre les vrais décideurs : les grandes entreprises, les banques et les actionnaires à renoncer à leurs profits. C’est le seul moyen pour notre classe sociale de reconquérir les Services Publics, une Sécurité Sociale et des retraites dignes de ce nom. La seule façon qui a fait ses preuves pour arracher le plein emploi et les augmentations de salaires qui nous font si cruellement défaut.
 
La CGT ne veut rien récupérer. Tu es fière de ton gilet jaune et tu as bien raison, comme moi je suis fière d’être militante de la CGT.
 
Si la CGT te propose d’être ensemble aujourd'hui pour élargir la lutte sur un terrain différent, c’est pour permettre à tes revendications, nos revendications, de s’imposer contre la volonté de tous ceux qui voudraient les voir disparaître.
 
C’est pour cette raison et aucune autre que la CGT appelle à porter la lutte sur les lieux de travail. Je sais que tu veux, comme elle, permettre aux travailleuses et aux travailleurs de prendre leur destin en main pour changer leurs conditions de vie et de travail.
 
Je te propose simplement que nous puissions le faire ensemble.
 
Lina DESANTI
 
Secrétaire Générale UD CGT 82
 
 

En savoir plus

 

 

http://cgtchmontauban.info/lettre-ouverte-aux-gilets-jaunes-et-aux-salaries/


 

BOURGES: CGT ET GILETS JAUNES CHERCHENT À RÉGLER LEURS PAS

POLITIQUE

gilets jaunes

bourges

Samedi, Bourges est devenue le nouveau centre de la contestation. Guillaume Souvant/AFP

Samedi, Bourges est devenue le nouveau centre de la contestation. Guillaume Souvant/AFP

BOURGES CGT ET GILETS JAUNES CHERCHENT À RÉGLER LEURS PAS

Lundi, 14 Janvier, 2019

Olivier Morin

Dans les rues berruyères, où 7 000 personnes se sont rassemblées, les gilets jaunes ont manifesté aux côtés de la CGT sans que les deux cortèges ne se confondent. Ils nourrissent pourtant des aspirations communes.

Ceux qui avaient décidé de venir manifester à Bourges (Cher) en prenant l’autoroute pouvaient déjà prendre la température du déploiement de forces de l’ordre promis par Édouard Philippe. Chaque voiture était stoppée, fouillée et l’identité de ses occupants vérifiée dès le péage de sortie. Des mesures qui n’ont pas empêché des milliers de gilets jaunes et de syndicalistes CGT de se rassembler, les uns sur la place Séraucourt, les autres devant la Maison des syndicats, place Malus. Une manifestation à deux têtes qui, dès son annonce, a rapidement vu ses contours s’élargir. De dimension locale, elle est devenue régionale, avant de revêtir en quelques jours un caractère national. Les gilets jaunes utilisant les réseaux sociaux, tandis que la CGT mettait en mouvement ses organisations pour affréter des cars dans les départements voisins.

« Qui sème la misère récolte la colère »

Dans le Cher, l’union départementale CGT est « dans le mouvement depuis le 17 novembre », assure son secrétaire général, Sébastien Martineau. « Une fois passé la peur de la récupération de leur part, ils nous ont invités à leurs actions et nous les avons conviés aux nôtres », ajoute-t-il. « Ce qui nous rapproche, ce sont les revendications : le retour de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), l’augmentation des salaires et des pensions, etc. »

À quelques rues de là, le cortège de milliers de chasubles fluo s’élance de la place Séraucourt. Sur les pancartes et les gilets, les slogans fleurissent : « Qui sème la misère récolte la colère », « Tous ensemble pour une vraie démocratie », ou encore : « Nos désirs font désordres ? Vos délires font des hordes. » Florence et Jimmy sont venus de la Vienne pour se joindre au cortège. Lui, ouvrier agricole, est révolté par les paroles d’Emmanuel Macron se plaignant de Français qui n’auraient pas suffisamment « le sens de l’effort ». « Des efforts, on en fait tous les jours. Maintenant c’est aux premiers de cordée d’en faire. » Pour le couple, qui dit s’en sortir tout juste avec leurs quatre enfants, la présence du cortège CGT est une bonne chose, même si, selon Jimmy, « les syndicats sont discrédités, à tort ou à raison ». Celui-ci précise : « Si l’on veut une grève générale, il nous faudra des syndicats. » Florence ajoute : « Et eux sont organisés, nous pas. »

Ils ne rencontreront pourtant pas Éric, dont le gilet porte le sigle de la CGT, et pour qui le mouvement des gilets jaunes a créé une autre ambiance dans les ateliers de Michelin à Saint-Doulchard (Cher), où il travaille et est élu délégué syndical. « Il redonne le moral et l’envie de se bagarrer », ajoute l’ouvrier de production, en débrayage la veille dans son usine. Pour lui aussi, il faut « un vaste mouvement de mobilisation du monde du travail », qui doit « passer par la grève dans les entreprises ». Des aspirations communes qui se croisent, sans toujours parvenir à se rencontrer.

Peu à peu, le cortège de la CGT s’approche de celui, imposant, des gilets jaunes. Quelques voix s’élèvent, refusant que des drapeaux rouges intègrent le cortège, tandis que des étendards flanqués de la fleur de lys ou de la croix de Lorraine y sont brandis sans problème. Une majorité de gilets jaunes ne trouvent pourtant rien à redire à la présence de la CGT, comme Jonathan, fonctionnaire territorial venu de Corrèze. « Je ne savais même pas que la CGT avait prévu de manifester avec nous. Mais ça ne me pose pas de problème. Ils défendent les mêmes revendications que nous. »

Les uns comme les autres semblent souhaiter à leur manière que cette journée, close par quelques heurts avec la police, constitue un point d’étape important dans l’évolution du rapport de forces.

Olivier Morin

https://www.humanite.fr/bourges-cgt-et-gilets-jaunes-cherchent-regler-leurs-pas-666286