EUROPE

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MANLIO DINUCCI : VOICI LE PLAN DU PENTAGONE POUR L'EUROPE

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

 

L’art de la guerre

 

Voici le plan du Pentagone pour l’Europe

 

Manlio Dinucci

 

En préparation de la visite du président Trump en Europe  -le 24 mai à Rome, le 25 au Sommet Otan de Bruxelles, les 26-27 au G7 de Taormina- le Pentagone a présenté son plan stratégique pour le « théâtre européen ». Il l’a fait par la voix du général Curtis Scaparrotti qui, étant à la tête du Commandement européen des Etats-Unis, est automatiquement à la tête de l’Otan avec la charge de Commandant suprême allié en Europe. Au Sénat des Etats-Unis, le 2 mai, le général rappelle que « le théâtre européen reste d’une importance cruciale pour nos intérêts nationaux » et que « l’Otan nous donne un avantage unique sur nos adversaires ». Cet avantage se trouve cependant à présent mis en danger par « une Russie résurgente, qui essaie de miner l’ordre international sous conduite occidentale et de se réaffirmer comme puissance mondiale ». 

   Le Commandant suprême appelle les alliés européens à serrer les rangs autour des Etats-Unis pour défendre par tous les moyens l’ « ordre international » -celui qui est fondé sur la suprématie économique, politique et militaire de l’Occident- mis en péril par l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux. 

   Il concentre le feu sur la Russie, en l’accusant d’ « activités malignes et actions militaires contre l’Ukraine » (juste au troisième anniversaire du massacre de dizaines de Russes perpétré à Odessa le 2 mai 2014 par des néo-nazis ukrainiens sous direction USA/Otan). Mais la « menace » ne provient pas que de la Russie : les Etats-Unis -déclare l’amiral Harris, chef du Commandement Pacifique- sont défiés dans cette région simultanément par « une Chine agressive et une Russie revancharde ». 

   En réponse à ces défis, annonce Scaparrotti, le Commandement européen des Etats-Unis « est en train de revenir à son rôle historique de combat, en adaptant ses plans aux menaces que nous avons face à nous ». Il demande donc au Congrès d’augmenter les fonds pour la «European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les USA en 2014 officiellement pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens, pour laquelle 3,4 milliards de dollars ont été attribués en 2017. « De significatifs investissements sont nécessaires -souligne le général- pour augmenter dans toute l’Europe notre présence avancée, le pré-positionnement de matériels militaires, les exercices pour la préparation aux conflits ». 

   Le plan est clair et il est déjà en acte : transformer l’Europe en première ligne de la confrontation avec la Russie. C’est ce que confirme l’annonce, faite le 4 mai, que l’Armée USA en Europe a constitué un nouveau quartier général à Poznan, en Pologne, pour commander les plus de 6 mille soldats étasuniens basés en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, Allemagne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, dans le but de « renforcer le flanc oriental de l’Otan comme dissuasion envers la Russie ». 

 Au déploiement sur le flanc oriental -comprenant forces blindées, chasseurs-bombardiers, navires de guerre et unités de missiles y compris nucléaires- participent les puissances européennes de l’Otan, comme le démontre l’envoi de troupes françaises et de chars d’assaut britanniques en Estonie.
  Et l’armée européenne ? Dans la rencontre avec les ministres de la défense de l’Union européenne, le 27 avril à Malte, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg n’a laissé aucun doute : « Il a été clairement convenu par l’Union européenne que sont objectif n’est pas de constituer une nouvelle armée européenne ou des structures de commandement en compétition avec celles de l’Otan, mais quelque chose qui soit complémentaire à ce que fait l’Otan ». 

 Le bâton de commandement reste donc solidement dans les mains du Commandant suprême allié en Europe, un général étasunien nommé par le président des Etats-Unis.

Edition de mardi 9 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/ecco-il-piano-del-pentagono-per-leuropa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Troupes françaises en Estonie : 

https://www.youtube.com/watch?v=h508BONHRSw 


 

JEAN-CLAUDE JUNKER ARRIVE AU SOMMET DE L'ONU EN ETAT D'IVRESSE

Jean-Claude Juncker

Jean-Claude Juncker: arriver au sommet de l’Onu à Genève bourré, c’est fait!

© AP Photo/ Virginia Mayo

SOCIÉTÉ

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On a tous eu dans la vie des moments embarrassants, où l’on sait qu’on a bu «un coup de trop». Mais lorsqu’il s’agit du président de la Commission européenne lors d’un sommet important, cela fait vraiment tâche. Qui plus est, M. Juncker semble être coutumier du fait…

 

Le président de la Commision européenne Jean-Claude Juncker

© AFP 2017 JOHN THYS

«Pffft», réponse ultra-courte de Jean-Claude Juncker à un journaliste (vidéo)

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker est arrivé au sommet de Genève en état d'ivresse, relate le tabloïde britannique The Sun en se référant à des « sources diplomatiques ». Ainsi, d'après les informations, M. Juncker s'est cogné aux meubles et a percuté des personnes tout en se comportant de manière désinvolte avec les collègues plus jeunes.

 

« Son comportement était bizarre et un peu embarrassant pour tout le monde », relatent les sources, citées par le média britannique. Et de conclure :

« C'était clair, Juncker était bien bourré ».

Ce n'est pas la première fois que l'on soupçonne le chef de la Commission européenne d'abus d'alcool. Par exemple, lors du Sommet du Partenariat oriental à Riga en 2015, Jean-Claude Juncker, plutôt de très bonne humeur, comme on peut l'observer sur la vidéo publiée sur les réseaux sociaux, semble être très détendu lorsqu'il accueille tous les participants au sommet. Ainsi, chacun de ceux qui arrivaient, recevaient de la part du président de la Commission européenne des bisous sur la joue ou sur la nuque et même des gifles amicales.

Le sommet dont parle le Sun au cours duquel le président de la Commission européenne s'est fait remarquer était consacré au règlement du problème chypriote. Depuis 1974, Chypre est divisée en deux parties, turque et grecque.

https://fr.sputniknews.com/societe/201705051031249382-juncker-sommet-bourre/


 

EUROPE : LA GUERRE CIVILE EN GRECE, LABORATOIRE DE LA GUERRE FROIDE

EUROPE / La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide
Date de publication sur Tlaxcala : 03/05/2017
 

 

 
La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide

 

   
Marie-Laure Coulmin Koutsaftis Μαριλώρ Coulmin Κουτσαύτη 
 

 

Le 12 février 1945, deux traités signent le basculement de l’Europe dans une guerre froide qui va durer pendant plus de 40 ans. À Yalta, Churchill, Eisenhower affaibli et Staline posent pour la photo immortalisant la signature du traité qui répartit l’Europe en zones d’influence. Ils entérinent ainsi un partage dessiné à la va-vite par Churchill et Staline au Kremlin, un soir d’Octobre 1944.



Des résistants de l'ELAS, en larmes, déposent leurs armes en février 1945

Ce même jour du 12 février 1945, à Varkiza, dans une propriété des contreforts du Mont Hymette plantée d’oliviers, les dirigeants de l’EAM et le gouvernement de transition grec signent le traité de désarmement imposé par les Britanniques aux maquisards qui ont libéré la Grèce de leurs seules forces. Deux jours plus tard, arrivé directement de Yalta, Churchill assiste à la reddition des armes par les résistants progressistes qui pleurent de rage. C'est la voie ouverte aux anciens miliciens collaborateurs pour instaurer dans toute la Grèce une terreur blanche qui va se transformer quelques mois plus tard en véritable guerre civile. Mais comprendre les causes du conflit fratricide qui déchire la Grèce à la fin de la deuxième guerre mondiale implique un retour sur la période immédiatement précédente, celle de la résistance à l’occupation nazie.

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Zachariadis

Quand les Allemands entrent dans Athènes en 1941, presque tous les membres du KKE (Parti Communiste Grec), pourchassés par le dictateur Metaxas, sont en prison. Nikos Zachariadis, le Secrétaire Général du KKE, né à Istanbul et formé à Moscou, est transféré de sa prison grecque à Dachau - où il survivra comme kapo pendant quatre ans. Seuls quelques deux cents militants circulent encore dans la clandestinité. Sous la coupe des puissances européennes depuis son indépendance en 1830, alternant faillites et nouveaux emprunts pour rembourser l’argent avancé par le Royaume-Uni  lors des luttes pour son indépendance en 1824, la Grèce reste un pays essentiellement rural. Pourtant, lors de l’hiver rigoureux de 1941-42, une famine meurtrière, provoquée par les confiscations et pillages allemands mais aussi par le blocus anglais, tue plus de 100 000 personnes. La résistance grecque à l’occupant nazi s’organise très vite autour de la solidarité et des soupes populaires de l'EA[1] (Solidarité Nationale). Elle se renforce lors des grandes manifestations contre le travail obligatoire, que les occupants n'ont jamais réussi à imposer aux Grecs mais qui a été remplacé par un "prêt obligatoire" qui justifie ainsi le pillage de la Banque de Grèce. En province, la Résistance se fédère à travers la lutte contre les confiscations des récoltes. En surgit l’organisation EAM[2] (Front National de Libération) autour d'un petit noyau de communistes qui ont échappé aux répressions de Metaxas. Au sein de l’EAM, syndicats et partis progressistes rassemblent de larges tranches de la population, classes moyennes et religieux compris.« En seulement deux années, le KKE devient un parti de masse avec plus de 200 000 membres ; il est en effet considéré comme l'expression par excellence de la classe ouvrière et des masses populaires, l'inspirateur et le centre qui contrôle le bloc résistant rassemblé autour d’EAM[3]. »

Aris

Début 1942 le militant communiste Thanassis Klaras, nom de guerre "Aris Velouchiotis", part dans les montagnes de Grèce Centrale pour fonder  l’ELAS[4], Armée Populaire de Libération de la Grèce, bras armé de l’EAM, en recrutant les villageois. Des agents britanniques sont parachutés « pour organiser un maquis » et saboter les voies ferroviaires grecques qui ravitaillent la campagne d’Afrique. Ils sont étonnés de trouver l’ELAS déjà bien établie et progressant très vite, grâce aux succès militaires de Velouchiotis et de ses combattants. "Aris" devient vite légendaire par son charisme, ses talents de stratège et ses succès militaires contre les occupants allemands. Les sabotages et les actions se succèdent, à chaque fois lourdement punies par des exécutions de civils et des destructions de villages, 879 villages rasés et 460 partiellement détruits au mois de juillet 1944[5].

Les résistants de l’ELAS libèrent dès 1943 une grande partie du pays, administrée selon un système d’autogestion et de justice sociale - qui n’avait encore jamais si bien fonctionné dans les zones montagnardes - contrôlé et géré par des assemblées populaires. L’EAM-ELAS parvient même à organiser des élections nationales en vue de constituer un Comité provisoire de libération nationale. 1,8 million d’électeurs, femmes comprises, votent sur tout le territoire, à la barbe des forces allemandes dans la capitale et les zones occupées. Un « gouvernement de la montagne » est désigné, pour gérer le pays en attendant la libération. L’enjeu est de taille : organiser le pays sur les principes de la laocratie, gouvernement du peuple, après nationalisation de la grande industrie et des banques, mais respect de la petite propriété et de la liberté de culte – les Grecs sont profondément croyants, et nombreux sont les popes qui se battent aux côtés des résistants. Il s’agit surtout que le pays ne retombe pas sous la coupe du roi anglophile Georges II, qui a livré le pays au dictateur Metaxas en 1936. Dans ce but, le Premier ministre britannique Winston Churchill cherche depuis 1942 à diviser les différents groupes de résistants, en encourageant à coup de livres d’or la droite nationaliste de l’ancien officier Zervas à s’engager elle aussi dans la résistance, pour ne pas laisser le champ libre aux communistes de l’EAM-ELAS à la Libération. Il souhaite ainsi s’assurer que le roi Georges II, dont personne ne veut plus en Grèce, remontera sur le trône à la fin de la guerre.

Plus prosaïquement, un anticommunisme viscéral inspire les projets du Foreign Office et dicte toute la politique britannique en Grèce ; les envoyés de Londres iront jusqu’à laisser se conclure des accords entre leurs protégés et les forces d’occupation, contre la Résistance communiste. À la Libération, ils laisseront les Allemands se retirer sans perte pour aller se battre sur le front de l’Est, afin d'éviter que les résistants communistes ne s'emparent d'une partie décisive du pays.

  Le sort de la Grèce a été scellé par "l'accord de pourcentage" signé à Moscou le 9 octobre 1944 par Churchill et Staline, lors de la 4ème conférence interalliée précédant la rencontre de Yalta en février 1945. Comme le montre le document signé par les deux hommes, les taux d'influence respectifs des Britanniques et des Soviétiques furent fixés comme suit : Roumanie : 10 % - 90 %,  Grèce : 90 % - 10 %, Hongrie et Yougoslavie : 50-50 %,  Bulgarie: 25 % - 75 %. On connaît la suite...

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Dans Athènes libérée le 12 octobre 1944 par le peuple grec et alors que l’EAM-ELAS a presque repoussé du pays les occupants nazis, dès le 15 octobre, Churchill ramène en urgence du front italien les troupes royalistes grecques et les forces armées britanniques du Général en chef Scobie, alors qu'en Italie la victoire sur les forces nazies n’est pas encore assurée. Devant la position de force des résistants de l’EAM-ELAS soutenus par tout le pays, Churchill veut éviter à tout prix que s’instaure un régime communiste. Pour les Britanniques, l’enjeu est double : il faut désarmer l’ELAS qui regroupe des combattants aguerris dans tout le pays, dont les convictions communistes sont soutenues par une grande partie de la population, en ville et à la campagne, aux cris de Laocratia, KKE et EAM. Surtout, Churchill veut organiser une armée nationale au service du roi grec Georges II, qui s’est réfugié en Égypte au début de la guerre avec le gouvernement et l’or de la Banque Nationale grecque. Scobie ramène avec lui Georges Papandréou, grand-père de l’actuel, comme Premier ministre d’un gouvernement de transition.

Athènes, octobre 1944: Scobie, Papandreou et l'amiral Mansfield

En face, malgré leur position de force dans toute la Grèce, les troupes de l’ELAS sont maintenues loin d’Athènes par la direction du KKE et de l’EAM, soucieuse d’éviter le conflit pour participer à la vie politique après la guerre, et au gouvernement après les élections. «On distingue dans ces positions les principales composantes de la stratégie de gauche pendant tout l'après-guerre : la voie pacifico-parlementaire et l'électoralisme.[6]» Le réarmement par l'état-major britannique des miliciens d’extrême-droite et des bataillons de sécurité collaborateurs installe très vite un climat de terreur au nom de la lutte contre « la menace communiste ». Protégés par la police, les miliciens se livrent à des exactions ; ceux jetés en prison par l’EAM sont libérés aussitôt par les Britanniques et paradent dans les rues. Pendant tout le mois de novembre 1944, le peuple grec hésite à prendre la mesure des intentions britanniques et les manifestations – pacifiques – se font de plus en plus massives. Churchill ordonne alors à Scobie « de se comporter avec les Grecs comme avec une population conquise qui se révolte ».

Place Syntagma, 3 décembre 1944

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« Quand un peuple se trouve devant le danger de la tyrannie, il choisit entre les chaînes ou les armes »

Les 3 et 4 décembre 1944, les forces britanniques de Scobie et les prétoriens de Papandréou tirent sur une foule pacifique de manifestants, Place Syntagma, du haut de l'hôtel Grande-Bretagne. C’est le début des combats de Décembre. La loi martiale britannique s’impose sur Athènes ; les quartiers populaires sont bombardés par les avions anglais. Du Lycabette et de Kolonaki on pilonne Vyronas et Kaissariani. Toute cette répression se fait sur ordre de Churchill, malgré l’opposition de toute son opinion publique et de la presse internationale qui a assisté à l’intervention britannique. Soucieux de démontrer qu'ils respectent le jeu démocratique, les dirigeants du KKE envoient le capitaine mythique Aris Velouchiotis et les maquisards de l’ELAS dans le Nord de la Grèce, ce qui condamne définitivement toute perspective d’une victoire par les armes. Ils ignorent apparemment que Churchill, Roosevelt et Staline se sont déjà partagés l’Europe. L’URSS n’interviendra pas. Bien pire, le Comité Central du KKE ne saisit pas clairement l’intention de Moscou de ne pas se mettre en travers des projets anglais – pour peu que l’Angleterre fasse la même chose en Roumanie et en Pologne. 

Churchill débarque à Athènes la veille de Noël 44 et impose un gouvernement de régence sans aucun représentant de l’EAM. Dans le même temps les combats de rues se poursuivent contre le nouvel occupant anglais associé aux Royalistes. La direction du KKE continue à jouer la conciliation en vue de démontrer sa bonne foi et de participer au futur gouvernement. Mais le combat est inégal: de très jeunes gens, des femmes, des vieillards, des estropiés d'un côté, les forces d'élite anglaises et des bandes d'assassins de l'autre. Début janvier 1945, l’EAM accepte de se rendre, en se laissant imposer le désarmement des troupes de résistants de l’EAM-ELAS, en échange d’une amnistie et de la promesse que des élections et un référendum sur le retour du roi seront organisés. L’accord de Varkiza est signé le 12 février 1945, le même jour que l’accord de Yalta.

En pleurant, les soldats de l’EAM rendent leurs armes aux Britanniques, en échange d’une « amnistie » très partielle, qui laisse en réalité la possibilité de les poursuivre pour « meurtre de vengeance pendant l’occupation ». Parmi ceux qui ont refusé de rendre les armes sur l'injonction des Britanniques, Aris Velouchiotis reprend immédiatement le maquis avec l’espoir que ses anciennes troupes viendront le rejoindre en nombre. En libérant systématiquement les anciens miliciens collaborateurs et en les rhabillant en gendarmes royalistes, les Britanniques encouragent alors une longue période de terreur blanche, lors de laquelle les milices de droite se livrent à des exactions, tortures, meurtres, viols et emprisonnements sur les populations, en ville et en campagnes : plus de 37 000 victimes en quelques mois. Pourtant le KKE continue à jouer la carte de la modération. À son retour de Dachau en mai 45, Zachariadis exclut du parti Aris Velouchiotis, en condamnant son insoumission - ce qui conduit Aris à se suicider, cerné avec quelques fidèles dans un ravin par des « coupeurs de tête », le 15 juin 1945. Le peuple grec réclame toujours le référendum promis sur le retour du roi – mais l’occupant anglais espère accentuer la division des Grecs en organisant d’abord des élections. Or depuis la reddition de Varkiza,et pendant toute l’année 1945, les collaborateurs et les miliciens qui ont intégré les forces britanniques et les troupes régulières se vengent sur les familles des résistants.

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Les têtes d'Aris et de son lieutenant Tzavellas exposées sur la place publique à Trikala

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"Et ce n'était pas les Allemands" (qui ont bombardé les villages)

Un climat insoutenable règne dans les campagnes et dans les villes. Des « charniers », qui s'avèreront fabriqués de toutes pièces, sont exhumés par les miliciens devant la presse internationale. La terreur bat son plein. Zachariadis est désormais le tout-puissant Secrétaire Général du KKE, à la tête d’un parti dont il a éjecté tous les paysans pour en faire un « parti ouvrier », puis les jeunes, puis les femmes, (chaque catégorie dans un parti distinct[7]) le faisant passer de 450 000 membres en novembre 1944 à moins de 45 000 une année plus tard. Le parti communiste est divisé entre deux priorités : le retour à la légalité et l’autodéfense armée devant les exactions des anciens bataillons de sécurité devenus forces de l’ordre. De nombreux partisans n’entrent plus dans les villes mais restent dans les montagnes. « J’ai pris la montagne en 1946. Avec une dizaine de camarades nous avons pris le tram jusqu’à la montagne du Parnitha, et ensuite nous avons continué à pied et rejoint le maquis de Grèce centrale. » (Florakis). Car les cadres du KKE et de l’ELAS sont à nouveau jetés en prison, faute du mot d’ordre qui les amènerait à « reprendre la montagne ».

En protestation contre la mauvaise foi du gouvernement à la solde des Anglais, le KKE lance un mot d’ordre d’abstention aux élections législatives du 31 mars 1946. La prise d’un commissariat où sont détenus et torturés plusieurs anciens résistants marque le retour officiel de la gauche sur le chemin d’une résistance armée à cette nouvelle occupation, anglaise cette fois-ci. Le lendemain, les élections, tenues sous la terreur, avec une abstention de 50% accentuée par une fraude massive, donnent une assemblée de droite et d’extrême-droite. Elle désigne un gouvernement où triomphent les anciens collaborateurs et les politiciens en place depuis Metaxas. Dès juin 1946 sont rétablies des lois d’exception qui normalisent les arrestations et les condamnations des anciens résistants pour « crime antinational », et qui remplacent les tribunaux civils par des cours martiales. Désormais, il suffit d’un simple contrôle de carte d’identité – qui porte la mention du vote – pour que les troupes gouvernementales repèrent immédiatement les abstentionnistes, forcément suspects d’appartenance communiste, et donc arrêtés, emprisonnés ou déportés. Ceux qui ne sont pas inquiétés sont contraints de s’enrôler dans l’armée royaliste ou de fuir le pays, avec ou sans leur famille. Beaucoup préfèrent rejoindre le nouveau maquis que Markos Vafiadis organise en armée démocratique au nord de la Grèce, avec le soutien des nouvelles démocraties populaires limitrophes.

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Markos Vafiadis, Time, avril 1948

De plus, le gouvernement a rétabli les certificats de civisme, nécessaires à toute démarche officielle, à l’emploi dans l’administration, l’accès aux universités, l’obtention d’un permis de conduire. Englué dans une logique de bons élèves, le KKE n’a pas protégé ses cadres, qui finissent en prison, dans les camps, et devant les pelotons d’exécution, dès juin 1946 : plus de 8000 exécutés, dont 300 femmes – plus de 50 000 personnes emprisonnées. Bien pire, encore, le parti mené par Zachariadis s’enfonce dans une logique de la terreur –des camarades sont condamnés pour trahison et collaboration, livrés à la police ou exécutés. Zachariadis condamne de plus belle ses camarades qui à force de tortures signent le fatal acte de « reniement du communisme », objet symbolique de tout l’appareil de répression anticommuniste en Grèce depuis Metaxas. Ainsi toute une génération de résistants aguerris croupit en prison ou meurt exécutée.

Jusqu’à la fin 1947, le KKE, les syndicats et l’EAM ne sont pas encore interdits, mais les militants sont considérés comme des terroristes et les grèves sont interdites. Cette situation durera jusqu’à la fin de la dictature, et il faudra attendre le PASOK (Parti Socialiste) d’Andréas Papandréou (fils et père des deux Georges) pour que les résistants soient réhabilités dans leurs droits politiques et leur statut d’anciens combattants.

Quand il rejoint la clandestinité en avril 1947, Zachariadis ordonne que les troupes de partisans s’organisent en armée régulière, malgré le désaccord de Markos Vafiadis. En effet les 20 000 soldats et l’équipement de l’Armée démocratique sont insuffisants pour contrôler durablement le territoire, devant la pression des troupes gouvernementales fortes de 100 000 hommes formées et équipées par les Britanniques puis par l’armée US.

Au nord de la Grèce où les combats font rage, les troupes gouvernementales royalistes sont avantagées par l'aviation dans le territoire montagneux des monts Grammos et Vitsi. Les démocrates trouvent régulièrement refuge derrière les frontières albanaises et yougoslaves mais ils manquent d’armement lourd et d’hommes (30% des soldats sont d’ailleurs des jeunes femmes).Les nombreuses erreurs tactiques du KKE continuent d’entraver la perspective d’une victoire des forces démocratiques. Les accords de Yalta ont définitivement placé la Grèce dans le giron des alliés occidentaux, Grande-Bretagne et USA – et Staline respectera scrupuleusement ses engagements en s’abstenant de toute intervention de soutien à l’armée démocratique grecque, allant jusqu’à faire interrompre l’aide matérielle des démocraties voisines, Bulgarie, Yougoslavie et Albanie. Malgré les signaux en provenance de Moscou dans le sens d’un arrêt des combats, Zachariadis en ordonne au contraire l’intensification.

Finalement rappelé à Moscou, Zachariadis se verra accusé des échecs successifs après qu’il eut lui-même accusé, abandonné ou fait condamner plusieurs des cadres du KKE. Il finira en exil, en Sibérie où il se suicide à 70 ans en 1972.

L’attitude de la direction du KKE qui a systématiquement pris les mauvaises décisions, n’est peut-être due qu’à la faillibilité humaine. Erreur dramatique, la consigne de l'abstention au vote de mars 1946 laisse le champ libre à la réaction la plus noire, qui s'empare du pouvoir pour plus de quarante années.

Des "Blancs" avec leur moisson de têtes de "Rouges"

Cependant il faut souligner, en contradiction avec l’historiographie anglaise, pourtant abondante mais souvent évasive sur ce sujet, que Churchill a préféré collaborer avec les nazis et leurs collaborateurs plutôt que de voir des communistes s’installer dans le gouvernement d’un pays dont il considérait qu’il était sa part du gâteau. Le prix pour le peuple grec en est insupportable, de gauche comme de droite. La Grèce est restée un État sous influence anglo-allemande, puis US et les progressistes y ont été systématiquement pourchassés, jusqu’à l’élection de Karamanlis, puis de Papandréou. L’histoire nationale a été réécrite dans une offensive de propagande anti-communiste qui marque encore le pays à bien des égards.

Les accords de Postdam avaient déjà réuni en juillet 1945 Staline, l’USaméricain Truman fraîchement élu et Churchill qui terminait son mandat (la conférence sera interrompue pour les résultats des élections britanniques, qui amènent les travaillistes au pouvoir). Dès 1946, la Grande Alliance entre les USA et leurs alliés occidentaux d'un côté et l'URSS, de l'autre, se transforme en rivalité ouverte. En effet, Churchill se formalise des « rappels à l’ordre » soviétiques en Roumanie, en Pologne, en Tchécoslovaquie. En mars 1946, lors d'un discours à Fulton, en présence de Truman, il dénonce le « rideau de fer » qui s’abat sur la « sphère d’influence de l’URSS » en Europe orientale. C’est lors de la conférence de Paix de Paris (juillet-octobre 1946) que les alliances de la guerre se fissurent définitivement : les USA refusent que l’Allemagne soit obligée de rembourser des dommages de guerre, à la Grèce, provoquant l’indignation de Staline - la Grande-Bretagne se range avec les USA face à l’URSS. Le traité de Paris est signé à Paris le 10 février 47 entre les Alliés vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale d’une part et les vaincus anciens alliés européens de l’Allemagne au sein de l’Axe, à l’exception de l’Allemagne elle-même. Mais l’hiver rigoureux de 46-47 a entamé les ressources en énergie du Royaume-Uni, la nourriture y est encore plus rationnée que pendant la guerre, car le blé anglais est envoyé vers l’Allemagne. Minée par l’éclatement de son empire et désormais dirigée par les travaillistes, la Grande-Bretagne annonce fin février 47 aux USA qu’elle « retire son aide économique et militaire à la Grèce et à la Turquie », pourtant pierres angulaires de son contrôle en Méditerranée – au sud d’une péninsule de pays communistes.

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Le processus du divorce entre les anciens alliés est accéléré par l'activité diplomatique de Churchill qui dénonce violemment l’Union Soviétique quand elle réprime les révoltes en Pologne et en Tchécoslovaquie, alors même qu'il a déclenché lui-même une guerre civile en Grèce. L’obsession anticommuniste de Churchill, digne représentant des élites économiques de l’entre-deux guerres, aboutit ainsi à instaurer les prémisses de la Guerre Froide. Le 12 mars 47, Truman annonce devant le Congrès US un renforcement de l’économie des pays européens par le plan Marshall, du nom du général chargé de l’appliquer. Élément clé de la doctrine de "l’endiguement" (containment) de l’influence soviétique, ce programme de soutien économique doit empêcher le développement du communisme dans une Europe exsangue où règne le chômage, en proposant une aide financière massive aux pays européens. Destinés à la reconstruction, ces dons sont conditionnés par des importations obligatoires d’équipements et produits US pour un montant équivalent. En Grèce comme en Turquie, la majorité des fonds Marshall sera dépensée en matériel militaire. En Anatolie, ancien grenier à blé de l'Europe, les haies abattues pour laisser passer les tracteurs Marshall ne retiennent plus les pluies qui entraîneront définitivement toutes les terres arables à la mer. "Avec le vieux clientélisme, ces fonds permettent d’enrichir plus encore une oligarchie qui détourne massivement l’aide civile vers des circuits parallèles et lucratifs pour ceux qui les contrôlent.[8]"

Invité à Paris pour se voir exposer le Plan Marshall en juin 1947, le ministre soviétique des Affaires Étrangères Molotov refuse d'y associer l'URSS. D’abord, ce plan prévoit une forte assistance économique à l’Allemagne vaincue. Il est clair aux yeux des Soviétiques que les USA comptent s’appuyer sur une Allemagne forte au sein de la future Europe et que le plan Marshall n’a d’autre but que l’asservissement des économies aidées. La suite de l'histoire confirme l'évidence de cette stratégie. L'Allemagne occupée et consentante devient le principal allié des USA au sein de la Communauté européenne en formation. Des quotas règlent tous les aspects de la vie économique et culturelle, mais en échange, l'ancienne élite nazie peut retrouver tous ses avantages au sein de l'administration de la République fédérale d'Allemagne grâce à une loi de 1951 qui rétablit les cadres du pays "comme si leur progression n'avait pas été freinée par la victoire des Alliés". L'allègement et la réduction de la dette allemande par le traité de Londres en 1953 achève d'établir l'Allemagne en fidèle locomotive pour le compte des USA.

Dans l’Europe dévastée par six ans de guerre que les différents partis communistes nationaux avaient libérée, parfois sans l’aide des Alliés, au prix de sacrifices inouïs en hommes et en militants, Churchill relayé par Truman réussit à contenir les syndicats et la gauche par des répressions armées. Seule la France et de Gaulle laissent une place au Parti Communiste dans le gouvernement de la Libération. Mais les gouvernements européens bien tenus par le Plan Marshall viendront dès fin 1947 à bout des avancées de la gauche, en Belgique, en France, en Italie et ailleurs.

Au nom du containment, Truman et le Congrès envoient des troupes US sous les ordres du Général Van Fleet pour relayer les Britanniques qui partent de Grèce fin mars 1947.



Athènes, 21 décembre 1949 : tambours et trompettes pour célébrer l'arrivée de la "millionième tonne du Plan Marshal"

La Grèce devient le laboratoire d’expérimentation des guerres US à venir. Les premières bombes au napalm seront jetées sur les montagnes grecques. L’intervention de troupes commandos spécialement formées par les USA provoquera l’écrasement de l’Armée Démocratique, laissant plus de 150 000 morts des deux côtés, tribut grec à la Guerre Froide.

Des dictatures militaires s’appuyant sur les anciens collaborateurs viennent figer le Sud de l’Europe en Espagne, en Grèce et au Portugal ; les grèves générales sont violemment réprimées dans toute l’Europe (comme en France pour les mineurs grévistes et la SNCF). Le déséquilibre de la terreur ne se stabilisera qu'avec la menace d’une catastrophe nucléaire quand l’URSS acquiert à son tour la puissance atomique.

Ainsi en Grèce nulle épuration au sein de l’État n’est venue modifier un personnel politique et une administration qui sont parfois en place depuis la dictature de Metaxas avant-guerre – avec leur arsenal de lois de répression. Les tribunaux d’exception condamnent les progressistes et les anciens résistants en les envoyant devant le peloton d’exécution jusqu’en 1953, quatre ans après la fin des combats. Pendant des années, tortures et privations sont le quotidien des hommes et des femmes enfermés dans les camps de redressement et exilés dans les îles déshéritées de la mer Égée. Pire, l’État grec a été modelé par ce parrainage britannique ; « ainsi la reconstitution d’une gendarmerie est confiée au responsable de la gendarmerie d’Ulster qui avait servi auparavant contre les Boers en Afrique du Sud. Il sera ensuite envoyé en Palestine. »

L'épuration des structures de l'État grec ne se fait pas non plus quand les USA prennent la suite de l'occupation britannique, et les liens particuliers de l'élite économique et politique grecque avec les grandes entreprises allemandes (Siemens) anglaises et US marquent toute la période moderne jusqu'à nos jours. Ainsi l'État grec ne réclamera jamais réellement à l'Allemagne le remboursement des dommages de guerre, énormes en Grèce. La question de l'emprunt obligatoire allemand n'est jamais évoquée officiellement jusqu'à l'élection du premier gouvernement Syriza. Ce sont les voix de Manolis Glezos, protagoniste de la Résistance et Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement et initiatrice de la Commission Vérité sur la Dette publique de la Grèce qui portent cette revendication pendant les six premiers mois de 2015, vite étouffées par la remise au pas du pays après juillet 2015 et la signature du troisième accord de prêt.

Au regard de l'histoire grecque des soixante-dix dernières années, il faut souligner combien les deux ordres donnés par le KKE, la livraison des armes aux troupes anglaises et ensuite l'abstention aux élections de 1946,ont précipité l'exclusion de toute la partie progressiste de la population, pourtant sortie victorieuse de la guerre. C'était livrer sans obstacle la voie politique à une oligarchie d'extrême-droite formée par les anciens collaborateurs. Renforcée par la coercition, la propagande et le soutien des atlantistes, cette oligarchie s'est maintenue au pouvoir pendant plus de quarante ans. À l'heure d'opérer des choix qui s'avèrent cruciaux, dans des luttes de classe redevenues plus que jamais d'actualité, il importe que les peuples s'emparent de leur avenir en manifestant haut et fort leur volonté électorale, au mépris des manipulations d'opinion qui tendent à prouver que toute la politique est corrompue. L'histoire grecque démontre combien l'abstention multiplie d'autant les voix de l'adversaire politique.

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Combattantes du 54ème Bataillon de Partisans de l'ELAS à Ano Kerasia en Thessalie, 1944

Une version réduite de cet article a été publiée par L’Humanité du 17 fevrier 2017

Bibliographie

CHARITOPOULOS Dionysis, Aris o Archigos ton Atakton, Éd. Topos, Athènes, 2001.

DELORME Olivier, La Grèce et les Balkans II, Folio-Histoire, Gallimard, 2013.

FONTAINE Joëlle, De la résistance à la guerre civile en Grèce 1941-1946, La Fabrique, 2012

KEDROS André, La Résistance grecque (1940-1944), le combat d'un peuple pour sa liberté. Robert Laffont, 1966.

MANTHOULIS Robert, La Guerre civile grecque, documentaire.

MAZOWER Marc, Dans la Grèce de Hitler, 1941-1944, Belles Lettres 2002.

MAZOWER Marc, After the war was over. Reconstructing the State, Familyand the Lawin Greece, 1943-1960, Princeton2000.

MAVRIS et VERNARDAKIS,De  la "Laocratie" au "changement". Le KKE et les liens avec le  bloc social EAMiste de 1941 à 1968, in revue Theseis, n°22, janvier mars 1988,http://www.theseis.com/index.php?option=com_content&task=view&id=212&Itemid=29

TOUSSAINT Eric : Grèce et dette : Deux siècles d’ingérence des créanciers,sur le site du CADTM

1-      La Grèce indépendante est née avec une dette odieuse

2-      Grèce : La poursuite de l’esclavage pour dette de la fin du 19e siècle à la Seconde Guerre mondiale 

3-      L’annulation de la dette allemande en 1953 versus le traitement réservé au Tiers Monde et à la Grèce

4 - Série : Les 70 ans de Bretton Woods, de la Banque mondiale et du FMI (partie 5):Pourquoi le Plan Marshall ? 

Articles parus sur Tlaxcala sur la dette allemande à la Grèce

Notes

[1] Ethniki Allileggui.

[2] Ethniko Apeleftherotiko Metopo

[3] Vernardakis et Mavris, "De la "Laocratie" au "changement". Le KKE et les liens avec le bloc social EAMiste de 1941 à 1968" in revue Theseis, n°22, janvier mars 1988.

[4] Ethnikos Laïkos ApeleftherotikosStratos

[5]MAZOWER Marc, Dans la Grèce de Hitler, 1941-1944, Belles Lettres 2002.

[6]Mavris&Vernardakis, De la "Laocratie" au "changement". Le KKE et les liens avec le bloc social EAMiste de 1941 à 1968 in revue Theseis, n°22, janvier mars 1988,

[7]Mavris & Vernardakis, De la "Laocratie" au "changement". Le KKE et les liens avec le bloc social EAMiste de 1941 à 1968 in revue Theseis, n°22, janvier-mars 1988.

[8]DELORME Olivier, La Grèce et les Balkans II, Folio-Histoire, Gallimard, 2013.

 


Merci à Tlaxcala
Date de parution de l'article original: 03/05/2017
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MANLIO DINUCCI : "ITALIE, "LA TETE HAUTE" DANS LES DEPENSES DE GUERRE

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

Italie, « la tête haute » dans les dépenses de guerre

 

Manlio Dinucci

 

« L’Italie participe la tête haute à l’Alliance Atlantique, dans laquelle elle est le cinquième plus grand contributeur, et confirme l’objectif d’atteindre les 2% du PIB dans les dépenses militaires » : c’est ce qu’a déclaré le président du conseil Gentiloni, en recevant le 27 avril à Rome le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg. Il a ainsi répété ce qu’il a déjà dit au président étasunien Trump, à savoir qu’il est « fier de la contribution financière de l’Italie à la sécurité de l’Alliance », en garantissant que, « malgré certains limitations de budget, l’Italie respectera l’engagement qu’elle a pris ».

   Les données sur la dépense militaire mondiale, tout juste publiées par le Sipri, confirment que Gentiloni a raison d’avancer fièrement et la tête haute : la dépense militaire de l’Italie, au 11° rang mondial, est montée à 27,9 milliards de dollars en 2016. Calculée en euros, elle correspond à une dépense journalière moyenne d’environ 70 millions (à quoi s’ajoutent d’autres postes, parmi lesquels les missions militaires à l’étranger, hors budget de la Défense). 

   Sous pression USA, l’Otan veut cependant que l’Italie arrive à dépenser pour le militaire les 2% du PIB, à savoir environ 100 millions d’euros par jour. Sur cela, Trump a été durement explicite : recevant Gentiloni à la Maison Blanche, réfère-t-il lui-même dans une interview à l’Associated Press, il lui a dit « Allez, tu dois payer, tu dois payer… ». Et dans l’interview, Trump se déclare certain : « Il paiera ». Mais ce n’est pas Gentiloni qui paye : c’est la très grande majorité des Italiens, directement et indirectement à travers les coupes dans les dépenses sociales.

   Mais il y a, évidemment, ceux qui y gagnent. En 2016, l’export italien d’armements a augmenté de plus de 85% par rapport à 2015, grimpant à 14,6 milliards d’euros. Un véritable boom, dû en particulier à la vente de 28 chasseurs-bombardiers Eurofighter au Koweit, qui devient premier importateur d’armes italiennes. Un maxi-contrat de 8 milliards d’euros, grâce à la ministre Pinotti, efficiente représentante de commerce d’armes (cf. il manifesto, 23 février 2016, « Alarme rouge nucléaire »). Le plus grand contrat jamais obtenu par Finmeccanica, reçoit dans ses caisses la moitié des 8 milliards. Garanti avec un financement de 4 milliards par un pool de banques, dont UniCredit et Intesa Sanpaolo, et par la Sace (Section pour l’Assurance du Crédit à l’Exportation) du groupe Cassa depositi e prestiti (Caisse des dépôts et prêts). 

  Ainsi s’accélère la reconversion armée de Finmeccanica, avec des résultats exaltants pour les gros actionnaires : dans le classement des 100 plus grandes industries de guerre mondiales, rédigé par le Sipri, Finmeccanica se place en 2015 au 9° rang mondial avec une vente d’armes d’une valeur de 9,3 milliards de dollars, équivalente aux deux tiers de son chiffre d’affaire total.

   La société augmente chiffre d’affaires et profits en misant sur des industries  comme Oto Melara, productrice de systèmes d’armes terrestres et navals (dont le véhicule blindé Centauro, avec puissance de feu d’un char d’assaut, et des canons avec munitions à effet dirigé Vulcano vendus à plus de 55 marines dans le monde) ; Wass, leader mondial dans la production de torpilles (dont le Black Shark à longue portée) ; Mbda, leader mondial dans la production de missiles (dont celui anti-navire Marte ou l’air-mer Meteor) ; Alenia Aermacchi qui, outre la production d’avions de guerre (comme le chasseur d’entraînement avancé M-346 fourni à Israël) gère le site Faco di Cameri (province de Novare) choisi par le Pentagone comme pole des chasseurs F-35 basés en Europe.

   Peu importe que Finmeccanica - à la barbe du « Traité sur le commerce des armements » qui interdit de fournir des armes utilisables contre des civils- fournisse des armes à des pays comme le Koweit et l’Arabie Saoudite, qui commettent des massacres des civils au Yémen. Comme l’établit le « Livre Blanc pour la sécurité internationale et la défense » sous la signature de la ministre Pinotti, converti en projet de loi, il est essentiel que l’industrie militaire soit un « pilier du Système Pays », parce qu’il « contribue, à travers les exportations, au rééquilibre de la balance commerciale et à la promotion de produits de l’industrie nationale dans des secteurs à haute rémunération », en créant « des emplois qualifiés ».

  Peu importe qu’on dépense pour le militaire, avec de l’argent public, plus de 70 millions d’euros par jour, en constante augmentation. L’essentiel, établit le « Livre Blanc », est que l’Italie soit militairement en mesure de protéger, partout où c’est nécessaire, les « intérêts vitaux du Pays ». Plus précisément, les intérêts vitaux de ceux qui s’enrichissent par la guerre.

 

Edition de samedi 29 avril 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/italia-a-testa-alta-nelle-spese-per-la-guerra/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Apostille pour la version française :

 

Rapport du Sipri accessible à :

https://www.sipri.org/sites/default/files/Milex-Press-Release-2017-FRE.pdf

 

Voir aussi :

"Comment la France est redevenue un gros bras des ventes d’armes » (20 décembre 2016)

https://www.challenges.fr/entreprise/defense/comment-la-france-est-redevenue-un-gros-bras-des-ventes-d-armes_443790 :

Extraits :

« Le contrat pour 12 sous-marins signé par l’Australie (34 milliards d’euros) illustre le retour en force des groupes français sur le marché des ventes d’armes. (…)

D'aucuns s'en féliciteront, d'autres le déploreront, mais l'évolution est incontestable : en l'espace de cinq ans, la France est redevenue un des géants mondiaux de l'exportation d'armement. Depuis 2012, les prises de commandes des groupes français ont plus que triplé, de 4,8 milliards d'euros à 16,9 milliards en 2015, selon la Direction générale de l'armement (DGA).(…)

Ce retour des grands contrats d'armement est largement dû à la remise au carré de l'équipe de France export. A la tête de celle-ci, le [« Macron-compatible »] ministre de la défense Jean-Yves Le Drian  a su, depuis 2012, raviver les relations stratégiques avec les pays clients, Moyen-Orient en tête. (…)

L’autre argument fort, c’est que la France vend très souvent des équipements "combat proven" : le Rafale a été utilisé avec succès en Afghanistan, Libye, Centrafrique et sur le théâtre syro-irakien. Idem pour les hélicoptères Caracal vendus au Koweït en août dernier : ceux-ci sont régulièrement utilisés par les forces spéciales françaises. »


 

MANLIO DINUCCI : LES CHAINES D' "ANCRAGE" AUX ETATS-UNIS

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

 

L’art de la guerre

 

Les chaînes d’ « ancrage » aux Etats-Unis

 

Manlio Dinucci

 

Journaux et télé-journaux n’ont donné que peu de relief à la rencontre Trump-Gentiloni. Elle a pourtant été un événement tout autre que formel. Pour Gentiloni il s’agissait de dissiper les ombres sur l’attitude de son gouvernement envers le nouveau président étasunien, ombres laissées par le soutien ouvert du gouvernement Renzi (dans lequel Gentiloni était ministre des affaires étrangères) à Obama et à Hillary Clinton contre Trump dans les élections présidentielles.    

   Gentiloni y est très bien arrivé en confirmant, indépendamment de qui siège à la Maison Blanche, l’ « ancrage historique » de l’Italie aux Etats-Unis, «pilier de notre politique étrangère ». Le président Trump a félicité l’Italie, en rappelant que « plus de 30 mille militaires américains et leurs proches sont basés à travers tout votre pays » et que l’Italie, après les Etats-Unis, « est le second plus grand contributeur de troupes dans les conflits en Irak et Afghanistan ». 

   La contribution italienne est en réalité plus grande que celle reconnue par Trump. C’est ce que démontre la croissante quantité d’armes envoyées au Moyen-Orient depuis les bases USA/Otan en Italie, officiellement pour la guerre contre le terrorisme.

   Ces expéditions sont traçables en suivant le parcours de certains navires : par exemple le cargo « Excellent » (battant pavillon maltais, mais avec un équipage italien), loué par le ministère de la Défense, est parti le 19 avril de Piombino (province de Livourne) après avoir embarqué une grosse quantité de blindés Lince et d’armes ; il a fait escale deux jours plus tard à Augusta (province de Syracuse), point stratégique pour les approvisionnements en carburant et munitions, se dirigeant ensuite à travers le Canal de Suez vers le port de Djeddah en Arabie Saoudite. Là où était déjà arrivé le 9 avril le navire étasunien « Liberty Passion » provenant de Livourne, et ouvrant un service régulier mensuel pour le transport d’armes de la base de Camp Darby (Pise) au Moyen-Orient pour les guerres en Syrie, Irak et Yémen. 

   Dans la conférence de presse avec Trump, Gentiloni a dit que « l’Italie n’est pas engagée dans les opérations militaires en Syrie sauf par des aspects marginaux ». Que le rôle de l’Italie soit tout autre que marginal est démontré par l’attaque de missiles ordonnée par le président Trump contre la base syrienne de Chayrat. L’opération guerrière a été effectuée par deux navires de la Sixième Flotte dont la base est à Gaeta, sous le commandement des forces navales USA en Europe avec quartier-général à Naples-Capodichino ; et avec l’appui des bases USA de Sigonella et Niscemi en Sicile, côte à côte avec celle d’Augusta.

  Trump a en outre remercié Gentiloni pour « le leadership italien dans la stabilisation de la Libye » où, a-t-il précisé, les USA n’ont pas l’intention d’intervenir étant engagés sur trop de fronts. En d’autres termes il a confirmé que l’Italie a la charge, dans l’Alliance sous commandement USA, de prendre pied dans les sables mouvants libyens provoqués par la guerre Otan de 2011. Gentiloni s’est déclaré « fier de la contribution que nous autres Italiens donnons à la sécurité de l’Alliance dans de nombreuses aires du monde ». Y compris la région baltique où l’Italie envoie des forces militaires en fonction anti-Russie, tout en jugeant « utile le dialogue même avec la Russie, sans renoncer à notre force et à nos valeurs ».
   Gentiloni s’est dit « fier aussi de la contribution financière de l’Italie à la sécurité de l’Alliance », garantissant que, « malgré certaines limites de budget, l’Italie respectera l’engagement pris », qui lui a été rappelé avec insistance par Trump : porter la dépense militaire à 2% du PIB, soit de 63 millions d’euros par jour déclarés par la ministre Pinotti (plus d’autres dépenses militaires hors budget de la Défense) à 100 millions d’euros par jour.
  « Nous Italiens tenons toujours les engagements que nous avons pris », a dit Gentiloni à Trump avec une pointe d’orgueil national.

 

Edition de mardi 25 avril 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/le-catene-di-ancoraggio-agli-usa/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Note pour la version française

L’Anniversaire de la libération de l’Italie, ou simplement 25 Avril, est une fête nationale de la République Italienne qui commémore le 25 avril 1945. Jour fondamental pour l’histoire de l’Italie, en tant que symbole de la victorieuse lutte de résistance opérée par les forces partisanes pendant la seconde guerre mondiale, à partir du 8 septembre 1943, contre le régime fasciste et l’occupation nazie.


 


 

ESPAGNE : LE CONSEIL MUNICIPAL DE BARCELONE SOUTIENT LE MOUVEMENT DE BOYCOTT BDS CONTRE "ISRAËL"

Espagne: la ville de Barcelone apporte son soutien au mouvement BDS

Le conseil municipal de Barcelone a adopté mercredi une motion soutenant le mouvement de boycott contre «Israël» BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction).

Espagne: la ville de Barcelone apporte son soutien au mouvement BDS.

«Nous condamnons l’occupation israélienne, la colonisation, le vol des ressources palestiniennes, dont les terres et l’eau, l’exploitation, et les destructions. Nous rejetons toute forme de complicité avec cette politique et ses violations des droits de l’homme», indique le texte adopté.

La motion encourage les autorités espagnoles à inclure dans tous les contrats publics des clauses concernant le respect des droits humains et excluant toutes les firmes qui profitent «de l’occupation israéliennes et de ses colonies illégales».

Le conseil municipal barcelonais a reconnu la «légitimité des campagnes non violentes promues par les Palestiniens et la société civile internationale pour défendre le droit international et les droits de l’homme en Palestine».

Selon le Comité National du Boycott palestinien, plus de 50 municipalités espagnoles ont, à ce jour, rejoint le mouvement BDS et adopté des mesures appelant ou boycottant «Israël».

En se déclarant elles-mêmes «zones libres d’apartheid israélien», les autorités locales s’engagent à rompre leurs relations avec les institutions israéliennes, ainsi qu’à boycotter les entreprises liées directement ou indirectement dans le développement des colonies sionistes de la Cisjordanie occupée.

Source: sites web et rédaction

21-04-2017 | 13:50

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=22849&cid=321#.WPpK89KLQ2w


 

MANLIO DINUCCI : ESCALADE NUCLEAIRE DANS LA PENINSULE ITALIENNE : LA BOMBE B61-12 EST TESTEE

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

Escalade nucléaire dans la péninsule italienne : la bombe B61-12 est testée

 

Manlio Dinucci

 

Les réflecteurs politico-médiatiques, pointés sur l’escalade nucléaire dans la péninsule coréenne, laissent dans l’ombre celle qui est en train de se préparer dans la péninsule italienne. L’Air Force Nuclear Weapons Center communique le 13 avril que, dans le polygone de Nellis au Nevada, « un chasseur F-16 de l’U.S. Air Force a largué une bombe nucléaire B61-12 inerte, démontrant la capacité de l’avion d’utiliser cette arme et testant le fonctionnement des composants non-nucléaires de la bombe, y compris l’armement et activation du système de contrôle, le radar altimétrique, les moteurs des fusées de rotation et l’ordinateur de contrôle ».

   Cela indique que la B61-12, la nouvelle bombe nucléaire étasunienne destinée à remplacer la B61 stockée en Italie et dans d’autres pays européens, est désormais dans la phase d’ingéniérisation qui prépare la production en série. Les nombreux composants de la B61-12 sont projetés et testés dans les laboratoires nationaux de Los Alamos et Albuquerque (Nouveau Mexique), de Livermore (Californie), et produits dans une série de sites au Missouri, Texas, Caroline du sud, Tennessee. S’ajoutent à ceux-ci la section de queue pour le guidage de précision, fournie par Boeing.

   La B61-12 n’est pas une simple mise à jour de la version précédente, mais une nouvelle arme : elle a une tête nucléaire à quatre options de puissance sélectionnables en fonction de l’objectif à frapper ; un système de guidage qui permet de la larguer non pas à la verticale, mais à distance de l’objectif ; la capacité de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement dans une first strike nucléaire.

   Le test confirme que la nouvelle bombe nucléaire peut être larguée par des chasseurs F-16 (modèle C/D) de la 31st Fighter Wing, l’escadrille de chasseurs-bombardiers USA basée à Aviano (Pordenone), prête à l’attaque actuellement avec 50 bombes B61 (nombre estimé par la Fas, la Fédération des scientifiques américains). La B61-12, spécifie le communiqué, peut être larguée aussi par des chasseurs-bombardiers Tornado PA-200, comme ceux du 6ème Escadron de l’Aéronautique italienne basés à Ghedi (Brescia), prêts à l’attaque nucléaire actuellement avec 20 bombes B61. En attendant qu’arrivent aussi à l’aéronautique italienne les chasseurs F-35 dans lesquels, annonce l’U.S. Air Force, « sera intégrée la B61-12 ».

   Que des pilotes italiens soient entraînés à l’attaque nucléaire sous commandement USA -écrit la Fas- est démontré par la présence à Ghedi du 704th Munitions Support Squadron, une des quatre unités de l’U.S. Air Force déployées dans les bases européennes (outre l’Italie, en Allemagne, Belgique et Hollande) « où les armes nucléaires USA sont destinées au lancement par des avions du pays hôte ». Les pilotes des quatre pays européens et de Turquie sont entraînés à l’utilisation des B-61, et maintenant des B61-12, dans le Steadfast Noon, l’exercice annuel Otan de guerre nucléaire. En 2013 il s’est déroulé à Aviano, en 2014 à Ghedi.

  Selon le programme, les B61-12, dont le coût est prévu à 8-10 milliards de dollars pour 480 bombes, commenceront à être fabriquées en série en 2020. Dès lors elles remplaceront les B-61 en Italie et dans les autres pays européens. Des photos satellites, diffusées par la Fas, montrent que dans les bases d’Aviano et Ghedi, et dans les autres en Europe et Turquie, des modifications ont déjà été effectuées dans cet objectif. On ne sait pas combien de B61-12 sont destinées à l’Italie, mais il n’est pas exclu, étant donné la croissante tension avec la Russie, que leur nombre soit plus grand que celui des actuelles B61. Il n’est pas exclu non plus que, en plus d’Aviano et Ghedi, elles se trouvent déployées dans d’autres bases, type celle de Camp Darby où sont stockées les bombes de l’U.S. Air Force.
  Le fait que, à l’exercice Otan de guerre nucléaire qui s’est déroulé à Ghedi en 2014, aient pris part aussi pour la première fois des pilotes polonais avec des chasseurs-bombardiers F-16C/D, indique que selon toute probabilité les B61-12 seront déployées aussi en Pologne et dans d’autres pays de l’Est. Des chasseurs F-16 et autres avions Otan à double capacité conventionnelle et nucléaire sont déployés, par roulement, dans les républiques baltes au bord de la Russie.

  Une fois initié en 2020 (mais sans exclure avant aussi) le déploiement en Europe de la B61-12, définie par le Pentagone comme « élément fondamental de la triade nucléaire USA » (terrestre, navale et aérienne), l’Italie, officiellement pays non-nucléaire, se trouvera transformée en première ligne d’une encore plus dangereuse confrontation entre USA/Otan et Russie. Le général James Cartwright lui-même,  ancien chef du Commandement stratégique des Etats-Unis, prévient que « des armes nucléaires comme les B61-12 de plus petite puissance (entre 0,3 et 50 kilotonnes) et plus précises augmentent la tentation de les utiliser, et même de les utiliser en premier plutôt qu’en représailles». Dans ce cas il est certain que l’Italie serait la première cible de l’inévitable représaille nucléaire.

 

Edition de mardi 18 avril de il manifesto

https://ilmanifesto.it/la-nuova-bomba-usa-e-la-base-di-servizio-italiana/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


 

GRANDE-BRETAGNE : UN BEBE DE 3 MOIS CONVOQUE A L'AMBASSADE US POUR TERRORISME.

Un bébé de 3 mois convoqué par l’ambassade US au Royaume uni… pour terrorisme.

Mon Apr 17, 2017 8:43AM

Un bébé de trois mois a été convoqué à l'ambassade US en Grande Bretagne. (image d'illustration)

Un bébé de trois mois a été convoqué à l'ambassade US en Grande Bretagne. (image d'illustration)

Selon Sputnik, l'ambassade des États-Unis au Royaume-Uni a soumis un bébé de trois mois à un interrogatoire pour soupçons de liens avec le terrorisme. Le grand-père du bambin se souviendra longtemps de ce qu'il peut en coûter pour une toute petite erreur dans un formulaire d'autorisation électronique de voyage.

Harvey Kenyon-Cairns, un bout de chou de trois mois, devait passer ses vacances en Floride, mais son grand-père a fait une erreur en remplissant le formulaire d'autorisation électronique de voyage, obligatoire pour entrer aux États-Unis.

À la question « Cherchez-vous à vous engager, ou vous êtes-vous jamais engagé(e) dans des activités terroristes, d'espionnage, de sabotage, ou de génocide ? » Paul Kenyon, pour son petit-fils, a coché la case « oui ».

Suite à cette erreur, le bébé a été convoqué pour être interrogé à l'ambassade américaine à Londres.

« Je n'en revenais pas qu'ils ne se soient pas rendu compte qu'il s'agissait d'une pure erreur et qu'un bébé de trois mois ne peut nuire à personne », a indiqué le grand-père, cité par le quotidien britannique The Guardian.

http://presstv.com/DetailFr/2017/04/17/518366/Grande-Bretagne-ambassade-US-bb-Londres


 

TRUMP PLANE. IL DEPLOIE SES F-35 DERNIER CRI, DEJA OBSOLETES FACE AUX REDOUTABLES CHASSEURS RUSSES

Les États-Unis déploient la 5e génération de F-35 en Europe

Fri Apr 14, 2017 5:50PM

Le F-35 Lightning II pendant un test de ravitaillement, près de Patuxent River dans le Maryland, le 5 septembre 2014. ©Lockheed Martin

Le F-35 Lightning II pendant un test de ravitaillement, près de Patuxent River dans le Maryland, le 5 septembre 2014. ©Lockheed Martin

Quelques jours après la rencontre du président américain Donald Trump avec le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, le Pentagone a fait part du déploiement de la cinquième génération des chasseurs F-35 Lightning II en Europe.

Le ministère américain de la Défense a annoncé que ces avions de chasse avaient été envoyés en Europe en vue d’assister à une mission de formation.

Le F-35 est un avion militaire de haute technologie du constructeur Lockheed Martin.

Le F-35 Lightning II est un chasseur multifonctionnel de génération 5 dont le premier vol a eu lieu le 15 décembre 2006.   

Le Pentagone a annoncé ce 14 avril l’envoi de quelques F-35A de l’US Air Force sur le continent européen, dans le cadre d’un déploiement prévu de longue date. 

http://presstv.com/DetailFr/2017/04/14/518026/F-35-Pentagone-Europe-dploiement


 

MANLIO DINUCCI : DE CAMP DARBY DES ARMES USA POUR LA GUERRE EN SYRIE ET AU YEMEN

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

De Camp Darby des armes USA pour la guerre en Syrie et au Yémen

 

Manlio Dinucci

 

Il s’appelle « Liberty Passion » (Passion pour la liberté). C’est un très moderne et énorme navire étasunien de type Ro/Ro (projetée pour transporter des véhicules et des charges sur roues) : long de 200 mètres, il a 12 ponts avec une superficie totale de plus de 50 000 m2., permettant le transport d’une charge équivalente à 6500 automobiles.

  Le navire, appartenant à la compagnie étasunienne « Liberty Global Logistics »,  a fait sa première escale le 24 mars dans le port de Livourne. Ainsi est lancée officiellement une liaison régulière entre Livourne et les ports d’Aqaba en Jordanie et Djeddah en Arabie saoudite, effectuée mensuellement par le « Liberty Passion » et par ses deux confrères « Liberty Pride » (Orgueil de Liberté) et « Liberty Promise » (Promesse de liberté). L’ouverture de ce service a été célébrée comme « une fête pour le port de Livourne ».

    Personne ne dit, cependant, pourquoi la compagnie étasunienne a choisi justement le port toscan. Un communiqué de l’Administration maritime étasunienne l’explique (4 mars 2017) : le « Liberty Passion » et les deux autres navires, qui effectuent la liaison Livourne-Aqaba-Djeddah, font partie du « Programme de sécurité maritime » qui, dans un partenariat public-privé, « fournit au Département de la défense une puissante flotte mobile de propriété privée, avec pavillon et équipages étasuniens ». Les trois navires ont chacun « la capacité de transporter des centaines de véhicules de combat et d’appui, parmi lesquels chars d’assaut, véhicules pour le transport de troupes, hélicoptères et équipements pour les unités militaires ».
   Claire est donc la raison pour laquelle, pour la liaison avec les deux ports moyen-orientaux, la compagnie étasunienne a choisi le port de Livourne. Il est relié à Camp Darby, la base logistique limitrophe de l’US Army, qui approvisionne les forces terrestres et aériennes étasuniennes dans l’aire méditerranéenne, moyen-orientale, africaine et au-delà. C’est l’unique site de l’armée USA dans lequel le matériel pré-positionné (chars d’assaut etc. ) est basé au même endroit que les munitions : dans ses 125 bunkers se trouve l’entier équipement de deux bataillons blindés et deux d’infanterie mécanisée.  Y sont stockées aussi d’énormes quantités de bombes et missiles pour avions, avec les « kit de montage » pour construire rapidement des aéroports en zones de guerre. Ceux-ci et d’autres matériels guerriers peuvent être rapidement envoyés en zone d’opération à travers le port de Livourne, relié à la base par le Canal des Navicelli récemment élargi, et à travers l'aéroport militaire de Pise. D’où sont parties les bombes utilisées dans les guerres contre l’Irak, la Yougoslavie et la Libye.

   Dans son voyage inaugural -rapportent des sources documentées (Asianews et autres)- le « Liberty passion » a transporté 250 véhicules militaires de Livourne au port jordanien d’Aqaba où, après avoir traversé le Canal de Suez, il est arrivé le 7 avril. Deux jours auparavant, à Washington, le président Trump recevait le roi Abdullah, pour la seconde fois depuis février, en réaffirmant l’appui étasunien à la Jordanie face à la menace terroristes provenant de Syrie. Alors qu’en Jordanie précisément ont été entraînés pendant des années -par des instructeurs étasuniens, britanniques et français- des militants de l’ «Armée syrienne libre » pour des attaques terroristes en Syrie.

  Divers rapports indiquent de croissants mouvements de troupe étasuniennes, dotées de chars d’assaut et véhicules blindés, à la frontière jordano-syrienne. L’objectif serait de s’emparer, en utilisant aussi des troupes jordaniennes, de la bande méridionale du territoire syrien, où opèrent des forces spéciales étasuniennes et britanniques en soutien à l’ « Armée syrienne libre » qui affronte l’Isis (Daesh). En février déjà le président Trump avait discuté avec le roi Abdullah « la possibilité d’établir des zones sûres en Syrie ». En d’autres termes, la possibilité de balkaniser la Syrie étant donné l’impossibilité de contrôler la totalité de son territoire, à la suite de l’intervention russe.

   À cette opération guerrière et d’autres encore, parmi lesquelles la guerre saoudienne qui massacre des civils au Yémen, servent les armes USA qui partent de Livourne. Ville où, à l’invitation du maire Nogarin (mouvement 5 étoiles), viendra probablement en visite le pape François, qui hier a de nouveau dénoncé « les trafiquants d’armes qui font de l’argent su le sang des hommes et des femmes ». Pendant qu’à Livourne on fête le choix du port toscan comme escale de la « Liberty Global Logistics » avec de grandes perspectives de développement. Tant qu’il y a de la guerre, il y a de l’espoir (1).

 

Edition de vendredi 14 avril 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/da-camp-darby-armi-usa-per-la-guerra-in-siria-e-yemen/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Note pour la traduction française :

“Finché c’è guerra, c’è speranza” (Tant qu’il y a de la guerre il y a de l’espoir) est le titre d’un célèbre film italien (1974), dirigé et interprété par Alberto Sordi, qui raconte l’histoire d’un commerçant qui s’enrichit en vendant des armes dans des pays du Tiers monde ravagés par la guerre.