EUROPE

EUROPE

ALLEMAGNE: BDS VIENT DE REMPORTER UNE IMPORTANTE VICTOIRE AU TRIBUNAL

19 octobre 2018

Allemagne : Victoire BDS devant les tribunaux !

La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) vient de remporter une victoire importante en Allemagne où un tribunal a condamné une municipalité pour avoir annulé la tenue d’un meeting sur le thème du Boycott d’Israel, et bafoué ainsi la liberté d’expression et de réunion.


Photo Anne Paq ActiveStills

C’est une bataille juridique de 2 ans que les militants BDS allemands viennent de remporter.

Ils avaient entamé des poursuites judiciaires contre la ville d’Oldenburg, dans le Nord Ouest de l’Allemagne, qui après avoir accepté le prêt d’une salle municipale, an avril 2016, pour un meeting intitulé "BDS, la campagne de défense des droits humains, se présente", s’est rétractée en mai, quelques jours avant sa tenue.

La ville a d’abord prétexté le risque de troubles à l’ordre public et évoqué la possibilité de contre-manifestations.

Mais les militants BDS ont apporté la preuve qu’elle avait subi des pressions extérieures de la part du lobby israélien en Allemagne.

Et après avoir longtemps soutenu que sa décision était apolitique, la mairie acculée, a déclaré que BDS était un mouvement antisémite.

Elle vient d’être désavouée par la justice allemande qui estime qu’elle a a porté atteinte à un droit fondamental d’expression et de réunion.

Un précédent important, dans un pays particulièrement sensible au chantage à l’antisémitisme et aux pressions des supporters de la colonisation israélienne, étant donné son passé de persécutions contre les juifs.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Riri Hylton pour The Electronic Intifada

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article14770


 

MANLIO DINUCCI: VIDEO: EN PLUS DES BOMBES, DES MISSILES NUCLEAIRES USA EN ITALIE ?

VIDÉO : En plus des bombes, des missiles nucléaires USA en Italie?

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 16 octobre 2018

ilmanifesto.it / PandoraTV

Région : 

Thème: 

La B61-12, la nouvelle bombe nucléaire USA qui remplace la B-61 déployée en Italie et autres pays européens, commencera à être produite dans moins d’un an. L’annonce a été faite officiellement par la National Nuclear Security Administration (Nnsa). Elle informe que, la révision du projet final s’étant conclue avec succès, démarrent en octobre 2018 au Pantex Plant au Texas les activités de qualification de la production, laquelle sera autorisée à commencer en septembre 2019.

En mars 2020 entrera en fonction la première unité de production, c’est-à-dire que commencera la production en série de 500 bombes. À partir de là, c’est-à-dire dans environ un an et demi, les États-Unis commenceront à déployer en Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et probablement dans d’autres pays européens, en fonction anti-russe, la première bombe nucléaire à guidage de précision de leur arsenal, dotée de capacité pénétrante pour exploser sous terre afin de détruire les bunkers des centres de commandement.

Réunion des ministres de la défense au siège de l’OTAN à Bruxelles: les 3 et 4 octobre 2018

Comme l’Italie et les autres pays, violant le Traité de non-prolifération, mettent à disposition des USA à la fois des bases, des pilotes et des avions pour le déploiement de la B61-12, l’Europe sera exposée à un plus grand risque comme première ligne de la confrontation nucléaire croissante avec la Russie.
Se présente en même temps une situation plus dangereuse encore : le retour des euromissiles, c’est-à-dire des missiles nucléaires analogues à ceux qui avaient été déployés dans les années 80 par les États-Unis en Europe (en Italie aussi), avec la motivation officielle de la défendre des missiles soviétiques.
Cette catégorie de missiles nucléaires à portée intermédiaire (entre 500 et 5500 km), avec base à terre, fut éliminée avec le Traité Inf de 1987. Mais en 2014, l’administration Obama a accusé la Russie d’avoir expérimenté un missile de croisière (sigle 9M729) de la catégorie interdite par le Traité. Moscou nie que ce missile viole le Traité Inf et, à son tour, accuse Washington d’avoir installé en Pologne et Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du “bouclier”), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisièreàtête nucléaire.

L’accusation faite par Washington à Moscou, qui n’est soutenue par aucune preuve, a permis aux États-Unis de lancer un plan visant à déployerànouveau en Europe des missiles nucléaires à portée intermédiaire avec base à terre. L’administration Obama avait déjà annoncé en 2015 que “face à la violation du Traité Inf de la part de la Russie, les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre”. Le plan a été confirmé par l’administration Trump : dans l’année fiscale 2018 le Congrès a autorisé le financement d’”un programme de recherche et développement d’un missile de croisière lancé du sol depuis une plate-forme mobile sur route”.

Le plan est soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le récent Conseil de l’Atlantique nord au niveau de ministres de la Défense, auquel a participé pour l’Italie Elisabetta Trenta (M5S), a déclaré que“le Traité Inf est en danger à cause des actions de la Russie”, accusée de déployer “un système de missiles déstabilisant, qui constitue un risque sérieux pour notre sécurité”. D’où la nécessité que “l’Otan maintienne des forces nucléaires sûres, fiables et efficientes” (ce qui explique pourquoi les membres de l’Alliance ont rejeté en bloc le Traité Onu sur l’interdiction des armes nucléaires).
Ainsi prépare-t-on le terrain au déploiement en Europe, au bord du territoire russe, de missiles nucléaires étasuniens à portée intermédiaire avec base à terre. C’est comme si la Russie déployait au Mexique des missiles nucléaires pointés sur les États-Unis.

 Manlio Dinucci

Article original en italien :

VIDEO – Torna l’incubo dei missili a ComisoL’Arte della Guerra.

Édition de mardi 16 octobre 2018 deil manifesto

https://ilmanifesto.it/oltre-alle-bombe-missili-nucleari-usa-in-italia/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Vidéo en italien sous-titrée en français (PandoraTV):

La source originale de cet article est ilmanifesto.it / PandoraTV

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it / PandoraTV, 2018

https://www.mondialisation.ca/video-en-plus-des-bombes-des-missiles-nucleaires-usa-en-italie/5628370


 

GRECE: LE VIRAGE REPRESSIF DU GOUVERNEMENT SYRIZA

7 octobre 2018

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Grèce : le virage répressif du gouvernement Syriza (Jacobin magazine)

Stathis Kouvélakis et Costas Lapavitsas

Certains dans les rangs de la gauche européenne persistent à croire que la situation en Grèce va en s’améliorant, et que le gouvernement Syriza reste une force de gauche. (...) La réalité est que, depuis leur capitulation en juillet 2015 à la Troïka des créanciers de la Grèce (UE, Banque centrale européenne, FMI), Tsipras et son gouvernement ont appliqué de façon inflexible les mêmes politiques néolibérales de choc que tous les gouvernements grecs qui se sont succédé depuis 2010, date du premier Mémorandum signé avec la Troïka. (...)La seule différence avec les prédécesseurs est que Tsipras et son parti ont été élus en janvier 2015 précisément dans le but de renverser ces politiques. Leur revirement de l’été 2015 – survenu quelques jours seulement après un référendum au cours duquel 61% des électeurs ont rejeté l’imposition d’un plan d’austérité – fut un choc traumatique pour la société grecque. Au cours des trois années qui ont suivi, le cynisme de Syriza a entraîné une profonde démoralisation qui imprègne tous les domaines de la vie publique. La passivité et le découragement ont été les principaux facteurs qui ont permis la mise en œuvre de nouvelles mesures d’austérité sans rencontrer d’opposition majeure.(...) Un seuil symbolique dans cette escalade répressive a été franchi le 26 septembre, quand Panagiotis Lafazanis, une figure respectée de la gauche radicale, a reçu une convocation pour répondre à des accusations concernant sa participation à des actions de protestation hebdomadaires contre les saisies et les ventes aux enchères. (...)

Certains dans les rangs de la gauche européenne persistent à croire que la situation en Grèce va en s’améliorant, et que le gouvernement Syriza reste une force de gauche qui protège les intérêts des travailleurs et des défavorisés, dans des conditions très difficiles. Parmi eux, Iñigo Errejon, l’un des principaux dirigeants de Podemos, qui a déclaré dans un récent entretien que « compte tenu de ces contraintes, le bilan [de Tsipras] est plutôt satisfaisant »[1]. Pour ceux qui partagent ce point de vue, le tour que prennent les événements apparaîtra comme une mauvaise surprise.

La réalité est que, depuis leur capitulation en juillet 2015 à la Troïka des créanciers de la Grèce (UE, Banque centrale européenne, FMI), Tsipras et son gouvernement ont appliqué de façon inflexible les mêmes politiques néolibérales de choc que tous les gouvernements grecs qui se sont succédé depuis 2010, date du premier Mémorandum signé avec la Troïka. Le gouvernement Syriza a ainsi procédé à une réduction drastique des dépenses publiques, à la poursuite de la déréglementation et à une vague sans précédent de privatisations[2]. Les salaires stagnent au niveau atteint après plusieurs années de chute drastique, les retraites et des aides sociales de nouveau amputées. L’investissement public (et privé) s’est effondré, tandis que les impôts indirects et directs ont atteint des niveaux sans précédent, frappant impitoyablement les ménages à revenus faibles et moyens.

La seule différence avec les prédécesseurs est que Tsipras et son parti ont été élus en janvier 2015 précisément dans le but de renverser ces politiques. Leur revirement de l’été 2015 – survenu quelques jours seulement après un référendum au cours duquel 61% des électeurs ont rejeté l’imposition d’un plan d’austérité – fut un choc traumatique pour la société grecque. Au cours des trois années qui ont suivi, le cynisme de Syriza a entraîné une profonde démoralisation qui imprègne tous les domaines de la vie publique. La passivité et le découragement ont été les principaux facteurs qui ont permis la mise en œuvre de nouvelles mesures d’austérité sans rencontrer d’opposition majeure.

Tsipras a de la sorte rendu d’excellents services à la Troïka, qui lui valent de chaleureux compliments de la part des Moscovici, Juncker et de leurs semblables[3]. Mais la poursuite de telles politiques, qui écrasent la majorité de la population, est impossible sans recourir à la répression et à la mise en place un cadre coercitif. Les coupes dans les services publics, les baisses de pensions et dépenses sociales, les augmentations d’impôts et la surexploitation des salariés ne peuvent s’appliquer sans mettre au pas les oppositions et intimider celles et ceux qui refusent de se soumettre.

L’expérience de l’Europe occidentale, des États-Unis et de plusieurs autres pays au cours des quatre dernières décennies confirme amplement ce constat. De 2010 à 2015, lorsque les gouvernements successifs du PASOK et de la droite mettaient en œuvre les plans d’austérité, la Grèce a connu une avalanche de mesures répressives. Lentement, sûrement – et inexorablement – le gouvernement d’Alexis Tsipras s’est engagé dans la même voie.

Ce qui a accéléré cette évolution au cours des derniers mois renvoie aux difficultés auxquelles sont confrontées les banques grecques. Si le slogan « aucune maison entre les mains des banques » était naguère scandé dans les meetings de Syriza, c’est désormais un gouvernement Syriza qui réprime celles et ceux qui tentent d’empêcher les ventes aux enchères des logements.

Serrer les vis

Pour comprendre l’importance politique croissante de la lutte contre les saisies immobilières, il faut se pencher sur la situation critique des banques et ses répercussions sur le gouvernement et la société grecque. Car c’est justement pour éviter un nouveau cycle de déstabilisation des banques que le gouvernement recourt à des méthodes de plus en plus répressives.

Suite à la crise du début des années 2010, le secteur bancaire grec est passé entre les mains de quatre banques dites « systémiques », qui contrôlent plus de 90% des dépôts et des actifs. Pour éviter leur propre faillite et se prémunir d’une éventuelle nationalisation, ces banques sont devenues les plus fervents défenseurs des plans d’austérité. Elles ont utilisé leur énorme pouvoir économique et social pour contraindre les gouvernements grecs successifs, y compris celui de Syriza, à se conformer aux exigences de la Troïka.

Depuis 2010, deux recapitalisations majeures des banques ont été engagées, la dernière sous un gouvernement Syriza. Le coût total a dépassé les 45 milliards d’euros. Il a été entièrement financé par des emprunts publics, remboursés par les contribuables grecs. Pourtant, en dépit de ce monstrueux fardeau imposé à la population, les banques grecques détiennent actuellement le record européen des « créances douteuses » et ont de fait cessé de soutenir l’activité économique. Les dites créances comprennent des « prêts non performants » (NPL), qui enregistrent un retard de remboursement de plus de 90 jours, mais aussi des « fonds non performants » (NPE), une catégorie plus large qui inclut les prêts dont on pense qu’ils ne seront pas intégralement remboursés, même si aucun retard formel n’a été enregistré[4].

La réduction de l’exposition des banques grecques aux NPE et aux NPL est depuis des années une priorité absolue pour la Banque centrale européenne. Depuis 2016, le gouvernement Tsipras a docilement obéi à ses injonctions en facilitant une vague de saisies de propriétés, y compris de logements principaux, ainsi que la vente à des fonds vautours de « packages » de créances douteuses à des prix bradés. Les ventes aux enchères de logements sont à cet égard à cet égard d’une importance stratégique.

L’incapacité des banques à résoudre ce problème n’a rien de surprenant, elle découle du dispositif mis en place par le gouvernement de Tsipras. En résumé, les banques grecques devaient progressivement assainir leurs bilans du poids des créances douteuses par le biais de ventes aux enchères et de pratiques de recouvrement des prêts plus rigoureuses. Ce processus prendra certainement plusieurs années. Dans le même temps, les banques étaient censées soutenir l’activité économique en fournissant de nouveaux crédits. Toutefois, comme c’était entièrement prévisible, les banques ont eu tendance à réduire l’octroi de nouveaux prêts tout en essayant de nettoyer leur bilan des créances douteuses. Cette limitation drastique du crédit a en fait compromis la reprise, aggravant le problème des créances irrécouvrables pour l’économie. La baisse globale du crédit signifie également que les créances douteuses représentent un ratio plus élevé du total. Il s’agit d’un exemple parfait de l’absurdité des plans de « sauvetage » mis en œuvre par le gouvernement Syriza.

L’échec des banques grecques à réduire le poids des « créances douteuses » a entraîné un effondrement de la valeur de leurs actions à la bourse d’Athènes depuis le début de l’été 2018, effondrement qui s’est accéléré au cours du dernier mois. En réalité, l’ensemble du secteur bancaire grec a été considérablement dévalué depuis la signature du plan de « sauvetage » de Tsipras. Des rumeurs circulent sur la nécessité d’une nouvelle recapitalisation, ou de formes de prise en charge des créances douteuses par l’Etat[5]. Si une telle perspective se concrétisait, ce serait un désastre complet pour le gouvernement, qui doit faire face à de multiples échéances électorales en 2019.

L’accélération du programme de liquidation des créances douteuses est ainsi devenue l’une des priorités de la Troïka et de leurs dociles serviteurs dans l’actuel gouvernement. Comme le problème semble être plus aigu pour les crédits immobiliers et les crédits à la consommation, des objectifs extrêmement ambitieux, et sans doute irréalistes, ont été fixés en matière de saisies et de vente aux enchères : 8 à 10 000 logements pour 2018, chiffre porté à 50 000 pour 2019.

Cibler les actions de protestation

Depuis la capitulation de l’été 2015, la question des saisies et des ventes aux enchères est devenue l’un des problèmes les plus épineux pour Tsipras et son parti. L’accélération du processus sous la pression des banques et de la Troïka a conduit à un affrontement majeur entre le gouvernement et un mouvement dynamique qui s’oppose aux ventes aux saisies et aux ventes enchères de logement. Ce mouvement a pris un nouvel élan après la relance des ventes aux enchères à l’automne 2016. La mobilisation continue de groupes d’activistes déterminés dans les salles d’audience des tribunaux a réussi à annuler des centaines de ventes, ce qui a considérablement ralenti l’ensemble des procédures[6]. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les banques n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs.

La réaction du gouvernement, obtempérant aux instructions de la Troïka, a consisté à transférer à partir l’été 2017 la procédure de vente aux enchères vers une plate-forme électronique, activée par des notaires à l’intérieur de leur cabinet, plutôt que d’organiser les ventes dans les tribunaux. Cela a certainement rendu les actions de protestation plus difficiles à organiser. De nouvelles dispositions législatives, votées en décembres 2017, ont créé un délit spécifique qui prévoit des peines d’emprisonnement de trois à six mois pour celles et ceux qui tentent d’entraver le processus de vente aux enchères[7]. Les actions se sont toutefois poursuivies, même si leur ampleur a été affectée, empêchant de nombreuses ventes aux enchères et rendant les notaires moins enclins à prêter leur concours[8].

Au cours de cette période, les affrontements avec la police devant les bureaux des notaires se sont multipliés. Des militants filmés et identifiés pendant les actions ont été systématiquement inculpés. Depuis le début de l’année, des dizaines de militants à travers le pays font face à des poursuites judiciaires. Parmi eux, citons Spiros Milios, conseiller municipal d’Ambelokipi-Menemeni, dans la région de Thessalonique, et militant d’Antarsya, la coalition d’organisation d’extrême-gauche. Dans la petite ville de Volos, pas moins de 20 militants sont le coup de poursuite, de même que 15 autres à Argos et Nauplie[9]. Le procès de trois militants anti-saisies a débuté à Athènes le 21 septembre.

Les poursuites à l’encontre des activistes anti-saisies ne sont que l’exemple le plus patent des pratiques autoritaires dont fait preuve le gouvernement de Tsipras. La répression a également touché les militants mobilisés contre le projet minier d’exploitation à ciel ouvert par le géant canadien Eldorado Gold à Skouries, dans le nord de la Grèce. Plus généralement, le gouvernement a eu recours à la force pour réprimer les manifestations contre sa politique, en particulier lorsqu’elles paraissent susceptibles de s’étendre. L’utilisation de la police anti-émeute contre les retraités n’en est que l’exemple le plus flagrant. Une tendance de fond a commencé ainsi à se dessiner : pour faire face aux réactions que suscite sa politique, le gouvernement s’appuie sur les mécanismes répressifs de « l’État profond ».

Les poursuites à l’encontre de Panagiotis Lafazanis

Un seuil symbolique dans cette escalade répressive a été franchi le 26 septembre, quand Panagiotis Lafazanis, une figure respectée de la gauche radicale, a reçu une convocation pour répondre à des accusations concernant sa participation à des actions de protestation hebdomadaires contre les saisies et les ventes aux enchères[10]. Lafazanis était ministre de l’énergie au sein du premier gouvernement Syriza (janvier à juillet 2015) et la figure de proue de la « Plate-forme de gauche », qui regroupait à l’époque la majeure partie de l’aile gauche de Syriza. Il est maintenant secrétaire national d’Unité Populaire, un front politique créé l’été 2015, principalement par les forces de la Plateforme de gauche, qui ont quitté Syriza et ont été rejointes par d’autres organisations de la gauche radicale.

C’est la première fois depuis la chute de la dictature (1974) – au cours de laquelle Lafazanis a été persécuté pour ses activités clandestines au sein du mouvement étudiant et de l’organisation de jeunesse du parti communiste – qu’un dirigeant d’un parti de gauche fait l’objet de poursuites pour son activité politique. Les chefs d’accusation à son encontre concernent des infractions présumées à pas moins de 15 articles du code pénal, sanctionnées par des peines de prison pouvant aller jusqu’à deux ans. S’il est reconnu coupable de toutes les accusations, la peine pourrait aller jusqu’à neuf ans.

Ce qui est également remarquable, c’est que la procédure émane non du procureur mais du « Département pour la protection de l’État et du régime démocratique », une branche spéciale des services de sécurité censée investiguer les activités liées au terrorisme et qui menacent la démocratie. Ce département a été créé en 2000, par les gouvernements « modernistes » du PASOK, alors que la Grèce s’apprêtait à rejoindre l’Union monétaire. Il a été modernisé en 2011, suite à la mise en place des plans d’austérité, et transformé en service de surveillance des actions de protestation. Des dispositions législatives adoptées en février sous l’impulsion du gouvernement Syriza ont encore élargi son éventail d’activités. Il est à noter que, depuis sa création, le département n’a développé aucune activité à l’encontre des néonazis d’Aube Dorée, ni d’aucune autre organisation d’extrême droite ou terroriste.

Lafazanis n’est pas le seul militant à être ciblé par les services de sécurité. Quatre autres activistes, parmi lesquels un membre d’Unité Populaires et deux personnalités connues du réseau « Je ne paie pas », Leonidas et Elias Papadopoulos, ont également été convoqués pour répondre à une longue liste de chefs d’accusation. La nature des pièces incluses dans son dossier ont permis de mettre en lumière le fait que Lafazanis était sous surveillance depuis des mois par une équipe de policiers déguisés en journalistes filmant des actions devant les bureaux de notaires. Ce matériel a été complété par des photos et des vidéos que les services de sécurité ont demandé aux chaînes de télévision. Des publications Facebook ont également été utilisées pour identifier ces militants lors de diverses actions de protestation.

Quelles suites ?

La vague de poursuites judiciaires, et en particulier celles l’encontre de Lafazanis, a forcé les médias grecs à parler de la répression. Elle a également provoqué certaines réactions dans les milieux politiques, notamment une question au parlement adressée au ministre de la Justice par 43 députés de Syriza. Cependant, la position officielle du gouvernement est que cette question relève entièrement du pouvoir judiciaire et de la police et qu’il n’est en rien concerné.

Il n’en reste pas moins que l’initiative des poursuites n’a pas été prise par la justice mais par un service appartenant à l’« État profond », à savoir le « Département de la protection de l’État et du régime démocratique ». Or ce département est placé sous l’autorité du ministre de l’ordre public. Il existe donc une implication et une complicité de la part du gouvernement, qui renvoie aux mesures prévues par le troisième Mémorandum signé en juillet 2015 et à la crise actuelle des banques grecques.

La mise en œuvre des plans d’austérité et des politiques néolibérales exige la répression et le gouvernement Syriza ne saurait faire exception à cette règle. La démocratie en Grèce est déjà en lambeaux et la situation risque de s’aggraver dans les mois à venir. A l’approche des élections, les problèmes des banques vont sans doute occuper une place centrale. Le désastre économique et social causé par la capitulation de Tsipras est devenu évident pour de larges couches de l’électorat et le dégoût se généralise dans la population. Un gouvernement qui a déjà vendu son âme en se faisant l’exécutant de la Troïka n’hésitera pas à faire monter d’un cran la répression à l’encontre de tou.te.s celles et ceux qui s’opposent à sa politique. La solidarité internationale est indispensable pour mettre fin à cette évolution extrêmement préoccupante de la situation en Grèce. C’est une question de défense de la démocratie.

Stathis Kouvélakis et Costas Lapavitsas

Cet article a été mis en ligne le 6 octobre 2018 par Jacobin magazine [11]

»» https://unitepopulaireparis.wordpress.com/2018/10/07/grece-le-virage-r...

[1] lemonde.fr/europe/article/2018/03/22/europe-les-courants-populistes-ont-cesse-d-etre-des-exceptions-pour-devenir-la-regle_5274743_3214.html

[2] jacobinmag.com/2018/08/greece–tsipras-memoranda-austerity-odyssey

[3] lemonde.fr/idees/article/2018/06/22/le-courage-des-grecs-et-de-tsipras_5319456_3232.html et euractiv.fr/section/affaires-publiques/news/juncker-praises-tsipras-following-weber-jibe/

[4] bankofgreece.gr/BogEkdoseis/Sept18_Report_Operational_Targets_for_NPEs_EN_Final.pdf

[5] reuters.com/article/us-piraeusbank-capital-ceo-exclusive/piraeus-bank-says-debt-plan-on-track-as-shares-drop-30-percent-idUSKCN1MD0TZ

[6] theguardian.com/world/2017/mar/11/greek-activists-target-sales-of-homes-seized-over-bad-debts

[7] thepressproject.gr/article/121452/Perase-i-tropologia-gia-tous-pleistiriasmous

[8] ft.com/content/e7a5732c-3db0-11e8-b7e0-52972418fec4

[9] epitropi3den.blogspot.com/2018/09/blog-post_24.html

[10] ekathimerini.com/232997/article/ekathimerini/news/ex-minister-panayiotis-lafazanis-denounces-government-persecution

[11] jacobinmag.com/2018/10/syriza-repression-foreclosure-banks-tsipras

 

URL de cet article 33895 


 

RENFORCEMENT DE LA PRESENCE MILITAIRE AMERICAINE EN EUROPE: DE LA LIBERATION A L'OCCUPATION

jeudi 4 octobre 2018

Renforcement de la présence militaire américaine en Europe: de la libération à l'occupation

 

 

La faiblesse objective de l'armée dans les pays européens qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ont pris l'habitude de se réfugier sous le parapluie militaire américain, notamment dans le cadre de l'OTAN, conduit à pérenniser la présence militaire des Etats-Unis sur le sol européen. De quelle souveraineté peut-on parler lorsque des pays ne sont même pas capables d'assurer leur défense nationale? Et pendant ce temps-là, tous les prétextes sont bons pour installer plus confortablement l'armée américaine face à une mythique invasion russe. Si occupation il y a, elle est aujourd'hui américaine.


 

Comment peut-on parler d'une défense réelle des pays européens lorsqu'il est de mauvais goût de parler même de "défense". Illustration au sujet de ce nouveau projet: le Fonds européen de défense :

« Une étape historique (…) sur un sujet dont il y a quelque temps encore, personne au sein de l’Europe ne voulait entendre parler », selon l’eurodéputée Françoise Grossetête. Le 13 juin dernier, la Commission européenne a présenté son futur budget pluriannuel pour la période 2021-2027. Et l’exécutif européen de présenter ses priorités en matière de défense, un domaine auquel les 27 devraient consacrer quelque 20 milliards d’euros, dont 13 milliards pour un inédit « Fonds européen de défense ». Celui-ci aurait vocation à cofinancer des projets transnationaux dans l’industrie de la défense.

« Il ne s’agit pas de dépenser plus pour la défense, a déclaré à cette occasion Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Sécurité, mais d’inciter à la coopération et donc aux économies d’échelle ». 

Tout commençait tellement bien: renforcer la défense en Europe, ou plutôt enfin commencer à s'en occuper. Mais non, l'on nous rassure immédiatement, il ne s'agit pas de cela - il faut cofinancer des "projets de recherche collaboratives" dans le domaine des hautes technologiques. On aurait pu avoir peur, comment ça l'UE aurait la mauvaise idée de vouloir s'autonomiser de l'OTAN? Quelle idée idiote!

 

D'ailleurs, en surfant sur la vague de la soi-disant agression russe qui arrive (regardez bien, vous verrez des petits hommes verts avancer), les Etats-Unis en profitent pour renforcer leur présence militaire en Europe en général et en Europe de l'Est en particulier. Abandonnant partiellement la présence permanente, pour une rotation sur leurs domaines, afin de mieux maîtriser l'espace. Comme il n'y a pas d'ennemis réels contre lequel il faut lutter, c'est suffisant pour organiser des exercices avec les locaux, former les armées locales - comme en Ukraine par exemple, où 250 soldats de la Garde nationale d'Oklahoma forment les soldats ukrainiens, ceux qui ensuite vont dans le Donbass. En voyant les tirs concentrés sur les ouvrages civils, l'on se demande ce qui leur est appris. D'un autre côté, en voyant Rakka en Syrie après le passage de l'armée US ... La Pologne se prépare à construire un Fort Trump, alors qu'il y a déjà plus de 3500 soldats américains en place. La pression politique est en place.

 

L'on compte, selon les données de Département de la Défense US reprises ici, hors zones de combats, près de 65 000 soldats américains en Europe:

 

 

Pourtant, l'on ne s'arrête pas là, des prévisions sont faites pour construire de nouveaux logements pour les militaires, des bâtiments administratifs, des centres d'entraînements, etc pour un montant - affiché - de 248 millions $. Sans compter les dépenses prises en charge par les pays, où l'armée américaine se base. La Pologne est prête à dépenser 2 milliards $ par exemple.

 

Comme la seule présence dont l'Europe doive encore se délivrer est justement celle des Etats-Unis, afin d'instaurer des rapports plus équilibrés, nous sommes finalement passés de la "grande libération" de 45, d'où l'histoire tente désespérément de gommer l'URSS, à l'occupation qui s'est depuis développée.

 

 

 

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Libellés : 

https://russiepolitics.blogspot.com/2018/10/renforcement-de-la-presence-militaire.html

 

L'UE PROFITE EN PREMIER LIEU AUX MULTINATIONALES ET NON PAS AUX PEUPLES

L’UE profite en premier lieu aux multinationales et non pas aux peuples


Arrêt sur info — 02 octobre 2018

En matière de politique commerciale, l’Autriche devrait revenir dans l’AELE

Zeit Fragen | N° 22, 1er octobre 2018

Interview de Inge Rauscher, présidente de l’«Initiative Heimat & Umwelt» et porte-parole du comité interpartis en vue d’un retrait de l’UE

Il y a trois ans, eut lieu une semaine de récolte de signatures pour l’initiative populaire autrichienne demandant la sortie de l’UE. Pour pouvoir remettre une telle initiative au Parlement, il fallait avoir obtenu 100 000 signatures de citoyens autrichiens, déposées personnellement dans une liste auprès d’une administration communale, démontrant ainsi sa volonté d’obtenir une votation populaire concernant la sortie de l’UE. Malgré ces difficultés et un boycott parfait de la part des médias, l’initiative obtint 261 000 signatures, ce qui ressemblait à un tremblement de terre en Autriche. Toutefois, le Parlement refusa de respecter cette claire volonté de la population. «Zeit-Fragen» s’est entretenu avec Inge Rauscher, présidente de l’«Initiative Heimat und Umwelt», l’une de principales initiatrices de ces activités civiques.

Horizons et débats: Madame Rauscher, vous avez apporté une aide importante pour que la demande d’initiative ait obtenu l’énorme nombre de 261 000 signatures. Comment y êtes-vous arrivée sans aucun appui de la part des médias? Qu’est-ce que cela signifie pour l’Autriche, avec un peu de recul?

Inge Rauscher: Ce fut en premier lieu le mérite du mouvement de base et le résultat de plusieurs années de travail d’information et d’explications apportées par la revue «Wegwarte» de l’«Initiative Heimat und Umwelt» qui paraît régulièrement. Puis il y avait un comité de personnalités favorables à une sortie de l’UE, mais aussi d’innombrables stands d’explications tenus par nos membres sur la place publique dans toute l’Autriche, d’innombrables lettres de lecteurs dans les médias, la distribution de tracts explicatifs par une quantité de personnes et la volonté de tous de soutenir financièrement ce travail.

Perte de notre autodétermination

Quelles sont les raisons principales pour l’Autriche de quitter l’UE?

Elles sont très nombreuses, mais ici je ne puis en énumérer que quelques-unes. Pour nous, les initiateurs de cette demande populaire était et reste la perte de notre autonomie. Il vaut mieux prendre dans notre pays les décisions touchant l’ensemble de notre population qu’à Bruxelles. La démocratie demande une présence et une transparence. Ce n’est pas par hasard que les commissaires, qui sont seuls à décider des lois, ne sont pas élus et que ce pseudo-parlement n’a aucune compétence en matière de lois. Même les parlements nationaux n’ont plus grand-chose à dire au sein de l’UE. Quant aux peuples, on n’en parle même pas – d’où d’ailleurs l’inexistence d’une démocratie directe. Il est prévu d’enlever aux Etats membres leur souveraineté budgétaire du fait de la nomination d’un ministre des finances pour l’ensemble de l’UE.

Aucun domaine important pour notre pays ne s’est amélioré depuis notre entrée dans l’UE il y a 23 ans, certains se sont même détériorés. Notre neutralité perpétuelle, inscrite dans la Constitution autrichienne, est constamment remise en question du fait de notre participation à l’UE. Il faut être conscient que 25 des (encore) 28 membres de l’UE sont membres de l’OTAN. L’année dernière notre chancelier fédéral Kurz a signé l’accord Pesco (Permanent Structured Cooperation), soit une constante coopération militaire structurée des Etats membres de l’UE. Alors, comment un pays neutre peut-il développer la paix en s’alliant à une armée collaborant étroitement avec une OTAN agressive.

Toutes les questions concernant les migrations de masse sont liées à l’UE. En effet, son crédo des «frontières ouvertes» a permis une telle invasion directement liée à la hausse actuelle de la criminalité. En décembre prochain, il est prévu de signer au Maroc la «déclaration de Marrakech», exigeant de 57 Etats de l’UE et de «pays partenaires» africains, après de nombreuses années de négociations, «de favoriser un comportement adéquat envers la migration, la diaspora et de coopérer pour le développement de sociétés dans les pays d’origine, de transit et d’accueil». Des observateurs indépendants estiment que cet accord est une prochaine porte grande ouverte pour une migration de masse d’Afrique vers l’UE. Alors que le ministère autrichien des Affaires étrangères a déjà donné son aval à cet accord, le ministre des Affaires étrangères hongrois a justifié l’opposition de son gouvernement en disant que la Déclaration de Marrakech «présente la migration comme un phénomène nécessaire et positif» et qu’on peut parfaitement présager que dans le cadre de ce «processus de Rabat» surviendra une nouvelle vague migratoire.

Au niveau économique ce n’est pas une réussite – qui tire donc profit de l’UE?

L’UE profite en premier lieu aux multinationales et non pas aux citoyens. Depuis l’entrée de l’Autriche dans l’UE en 1995, les salaires nets (salaire brut moins taux d’inflation) n’ont que très peu augmenté, alors que les cours des actions ont fortement augmenté depuis: l’ATX de tout juste 1000 points en janvier 1995 à atteint 3400 points en juillet 2018 – un plus d’environ 240%. Au cours de la même période, le DAX, représentant des groupes encore nettement plus importants, a obtenu des résultats encore beaucoup plus élevée – d’environ 2000 points à près de 12 800 points – un plus d’environ 540%. Donc, l’UE est essentiellement une machine à répartir l’argent du bas vers le haut!

Les partisans de l’UE en Autriche prétendent très souvent qu’en cas de sortie le pays s’effondrerait économiquement. Quelle est votre opinion à ce sujet?

L’introduction de l’euro a causé de grandes pertes du pouvoir d’achat et une énorme augmentation des prix. Tout le monde le ressent dans sa bourse. Cela vient du fait que les économies nationales faibles, tels l’Italie, l’Espagne ou le Portugal, ne peuvent plus dévaluer à cause de l’euro, ce qui leur cause de grandes difficultés. Suite à l’accord de l’UE, des économies plus fortes, comme l’Autriche, ont dû répondre des dettes d’autres pays. De plus, l’Autriche paie chaque année beaucoup plus à l’UE que ce qu’elle en retire. Tout cela a amené un appauvrissement de la population et à un écart grandissant entre riches et pauvres. L’UE et tout sauf une réussite économique. Le nombre de paysans a fortement diminué, l’Autriche a perdu une grande partie de sa production industrielle, la dette de l’Etat atteint 83% du produit intérieur brut, face aux 350 000 chômeurs il n’y a que 50 000 emplois libres.

Selon les enquêtes, un tiers des Autrichiens seraient favorables à une sortie de l’Autriche de l’UE, donc à l’«Öxit», alors que toute la presse mainstream et l’ensemble des partis parlementaires s’y opposent. Comment expliquer cet écart?

Les cercles officiels ne souhaitent jamais la même que ce qu’exigent les citoyens bien informés. Ils ont de tout autres intérêts (de lobbies). En outre, «Bruxelles» accorde, à nos frais, des postes, des annonces et d’autres avantages lucratifs permettant d’«appâter» les politiciens et les journalistes. C’est soutenu financièrement et en douce par les «groupes de réflexion» et les ONG. Les instances de l’UE sont les avant-postes dans l’agenda de l’«Etat mondial» centralisé, destiné à éliminer les Etats nationaux (restants) qui devraient, eux, servir le bien-être des peuples et des Etats.

Lors de l’élection du Président fédéral, vous avez soutenu Norbert Hofer du FPÖ, puis le FPÖ lors des élections au Conseil national. Quelles en étaient les raisons et pourquoi vous êtes-vous par la suite éloignée du FPÖ?

Les principales raisons de ce soutien étaient son engagement véhément en faveur de l’introduction d’un système de démocratie directe selon le modèle suisse, décidé par le congrès fédéral du FPÖ avec une approbation de 100%. Cela fut déclaré comme condition absolue pour toute coalition, ainsi que le Non à l’accord commercial AECG ruineux de l’UE avec le Canada (et donc indirectement avec les Etats-Unis) ou au moins sa ratification uniquement après un référendum, un Non à un nouveau centralisme de l’UE, etc. Tout cela a été jeté par-dessus bord et on a signé un pacte gouvernemental qui a décidé exactement le contraire. L’accord CETA a depuis lors été ratifié par le Parlement avec le vote de l’ÖVP et du FPÖ, et un autre accord de libre-échange entre l’UE et Singapour a été signé par le ministre des Infrastructures et coordinateur gouvernemental Norbert Hofer, avec lequel des tribunaux d’arbitrage pour les entreprises formeront une justice parallèle placée au-dessus de la juridiction étatique, quand des lois sociales ou environnementales touchent aux intérêts financiers des entreprises. Et au lieu de s’engager pour la mise en place d’une démocratie directe selon le modèle suisse comme promis, on prévoit – selon le programme gouvernemental, à partir de 2021 – de faire en sorte que l’ensemble du droit de l’UE échappe entièrement à la participation de la population, alors que 80% de toutes les lois applicables à l’Autriche sont déjà prescrites par «Bruxelles». La Constitution et les traités internationaux seraient également exclus de toute démocratie directe et la question de l’adhésion à l’UE elle-même (maintien ou retrait) ne serait plus jamais présentée aux citoyens. Voilà pourquoi, il nous a été tout à fait impossible de continuer à soutenir le FPÖ.

Retour au petit Etat souverain

Comment imaginez-vous le rôle de l’Autriche en Europe?

Je vois un petit Etat souverain au centre de l’Europe, contribuant à la paix et à l’équilibre par une neutralité active et vécue qui exige une politique étrangère indépendante. Il s’agit notamment de garder une saine équidistance envers tous les grands blocs de pouvoir et des efforts continus pour renforcer et respecter le droit international. Rejet des grands fantasmes de pouvoir, mais défense résolue des besoins vitaux de la République d’Autriche à tous les niveaux – mots clés: trafic de transit, agriculture paysanne, approvisionnement local par les petites et moyennes entreprises, identité culturelle. En termes de politique commerciale, l’Autriche devrait rejoindre l’AELE, dont nous avons été membres pendant 36 ans. Nous devrions nous concentrer principalement sur une politique active de bon voisinage avec tous les pays qui nous entourent.

Est-ce encore possible de lancer référendum sur la sortie de l’UE et peut-il aboutir?

Le Conseil national peut décider d’un tel référendum à tout moment. Avec le «projet d’empêchement de la démocratie directe» prévu par le gouvernement actuel pour 2021, «seul» le peuple se verra refuser le droit de réaliser un référendum. Mais ce projet pourrait être supprimé à nouveau à tout moment par un autre gouvernement ou sa majorité au Parlement. Et bien sûr, un tel référendum peut être un succès; personne ne s’attendait non plus à un tel résultat, lors du référendum sur le Brexit.

Que se passerait-il si une majorité en Autriche votait en faveur d’une sortie de l’UE?

Notre pays aurait alors à nouveau la possibilité d’élaborer des politiques principalement pour ses propres citoyens. Les frais d’adhésion annuels à l’UE effroyablement élevés seraient supprimés, l’Autriche pourrait réintroduire sa propre monnaie nationale au lieu de l’euro comme monnaie de transfert et n’aurait pas à cofinancer des paquets de dettes pour d’autres Etats membres de l’UE, par le mécanisme européen de stabilité, l’adhésion à la Communauté européenne de promotion de l’énergie atomique (Euratom) n’aurait plus lieu d’être, etc. L’Autriche n’aurait plus à soutenir toutes les étapes en cours vers la participation à une armée de l’UE compatible avec l’OTAN, à l’instar de l’accord Pesco, et pourrait, d’une manière générale, retrouver la liberté et l’autodétermination et donc le respect de soi plutôt que la soumission.

Merci beaucoup de cet entretien.   

Contact: www.ja-zum-oexit.atwww.heimat-und-umwelt.at. Inge Rauscher, p. A. A-3424 Zeiselmauer, Hageng. 5, tél. +43 2242 70516 ou +43 664 425 19 35, ihu(at)a1.net

Source: Zeit-fragen.ch

https://arretsurinfo.ch/lue-profite-en-premier-lieu-aux-multinationales-et-non-pas-aux-peuples/


 

BELGIQUE: "FAUT-IL BOMBARDER MOLENBECK ?" NADINE ROSA - ROSSO A LA LIBRAIRIE RESISTANCES LE JEUDI 4 OCTOBRE PROCHAIN

27 septembre 2018

"Faut-il bombarder Molenbeek ?" : Nadine Rosa-Rosso à la librairie Résistances

C’est ce qu’avait recommandé Eric Zémmour à la France, concernant ce quartier de Bruxelles dit « sensible », et présenté comme l’un des repaires djihadistes d’Europe après l’attentat au Bataclan, en novembre 2015. Et cela pourrait être le titre de la présentation que fera Nadine Rosa-Rosso le jeudi 4 octobre prochain à la librairie Résistances, à l’occasion de la sortie de son livre « Plus qu’hier et moins que demain. Contre le racisme, le colonialisme et la guerre ».

Car c’est bien de ces quartiers présentés comme dangereux, et de leurs habitants majoritairement issus de l’immigration marocaine, que parle l’auteur, qui les connait bien pour avoir habité et enseigné une trentaine d’années, à Molenbeek justement.

Et Nadine Rosa Rosso, qui décrit en même temps son parcours désenchanté en tant que militante du PTB (Parti du Travail Belge, autrefois nettement situé à l’extrême gauche), remet les pendules à l’heure, et montre comment s’est développé le racisme en Belgique, comme dans la plupart des grandes villes européennes, parallèlement à la fracture au sein du monde du travail.

Avec la désindustrialisation, les délocalisations, la croissance du chômage, la population immigrée et ses enfants nés en Europe, se sont vu peu à peu écartés du monde de l’entreprise et de ses solidarités, puis sont devenus les boucs émissaires tout désignés, y compris pour les couches plus favorisées de la classe ouvrière. Le tout sur fond de renoncement de la gauche et des directions syndicales.

Son livre démontre comment seul un front commun contre le système d’exploitation capitaliste, et contre les guerres qui lui sont inhérentes, peut mettre fin à l’ensemble des dérives identitaires qui traversent nos sociétés.

Nadine Rosa-Rosso, ex-permanente du PTB, est enseignante « de la deuxième chance » pour jeunes adultes, à Bruxelles. Elle travaille également avec des groupes de mamans dont les enfants sont partis en Syrie, y sont morts, où ne peuvent pas en revenir, afin de leur apporter un soutien et une possibilité d’expression qui font gravement défaut.

Conférence-débat le jeudi 4 octobre à partir de 19 H

à la Librairie Résistances

4 Villa Compoint. 75017 Paris. (Angle du 50 rue Guy Môquet)

M° Guy Môquet ou Brochant. Ligne 13. Bus 31 : Arrêt Davy-Moines

CA

http://www.europalestine.com/spip.php?article14696


 

MANLIO DINUCCI : LE NOUVEAU RIDEAU DE FER

Le nouveau rideau de fer

L'art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 18 septembre 2018

ilmanifesto.it

Région : 

Thème: 

La Lettonie est en train de construire une enceinte métallique de 90 km, haute de 2,5 mètres, le long de la frontière avec la Russie, qui sera terminée dans l’année. Elle sera étendue en 2019 sur plus de 190 km de frontière, pour un coût prévu de 17 millions d’euros. Une enceinte analogue de 135 km est construite par la Lituanie à la frontière avec le territoire russe de Kaliningrad. L’Estonie a annoncé la construction prochaine d’une enceinte, toujours à la frontière avec la Russie, longue de 110 km et elle aussi haute de 2,5 mètres.Coût prévu : plus de 70 millions d’euros, pour lesquels le gouvernement estonien demandera un financement Ue.

Objectif de ces enceintes, selon les déclarations gouvernementales : “protéger les frontières extérieures de l’Europe et de l’Otan”. Si l’on exclut le motif qu’elles dussent être “protégées” de flux migratoires massifs provenant de la Russie, il ne reste que l’autre : les frontières extérieures de l’Ue et de l’Otan doivent être “protégées” de la “menace russe”.

Comme l’enceinte construite par les pays baltes le long de le frontière avec la Russie a une efficience militaire pratiquement nulle, son objectif est fondamentalement idéologique : celui d’un symbole physique indiquant qu’il y a, au-delà de l’enceinte, un dangereux ennemi qui nous menace.

Ceci fait partie de la martelante psyop politico-médiatique pour justifier l’escalade USA /Otan en Europe contre la Russie.

Dans ce contexte, le président de la République Sergio Mattarella s’est rendu en Lettonie deux fois, la première en juillet pour une tournée de visites dans les pays baltes et en Géorgie. Au dîner officiel à Riga, le président de la République italienne a félicité la Lettonie d’avoir choisi l’”intégration à l’intérieur de l’Otan et de l’Union Européenne” et d’avoir décidé d’”embrasser un modèle de société ouverte, fondée sur le respect de l’État de droit, sur la démocratie, sur la centralité des droits de l’homme”.

Il l’a déclaré au président letton Raymond Vējonis, lequel avait déjà approuvé en avril le projet de loi qui interdit l’enseignement du russe en Lettonie, pays dont la population est pour presque 30% d’ethnie russe et où le russe est employé comme langue principale par 40% des habitants. Mesure liberticide qui, en interdisant le bilinguisme reconnu par l’Union européenne elle-même, discrimine ultérieurement la minorité russe, accusée d’être “la cinquième colonne de Moscou”.

Deux mois plus tard, en septembre, le président Mattarella est retourné en Lettonie pour participer à un sommet informel des Chefs d’État de l’Union européenne, où a été traité entre autres le thème des attaques informatiques de la part d’ “États ayant une attitude hostile” (référence claire à la Russie).

Après le sommet, le Président de la République s’est rendu à la base militaire de Ᾱdaži, où il a rencontré le contingent italien encadrédans le Groupe de bataille déployé par l’Otan en Lettonie dans le cadre de la “présence avancée renforcée”  (eFP) aux frontières avec la Russie. “Votre présence est un élément qui rassure nos amis lettons et des autres pays baltes”, a déclaré le Président de la République. Paroles qui alimentent substantiellement la psyop, en suggérant l’existence d’une menace pour les pays baltes et le reste de l’Europe provenant de la Russie.

Le 24 septembre arrivera aussi en Lettonie le Pape François, en visite dans les trois pays baltes. Qui sait si, répétant qu’il faut “construire des ponts pas des murs”, il dira quelque chose aussi sur le nouveau rideau de fer qui, divisant la région européenne, prépare les esprits à la guerre. Ou bien si à Riga, en déposant des fleurs au “Monument pour la liberté”, il revendiquera la liberté des jeunes Lettons russes d’apprendre et d’employer leur propre langue.

Manlio Dinucci

Édition de mardi 18 septembre 2018 de il manifesto

VIDÉO PANDORATV :

 

Article original en italien :

La nuova cortina di ferroL’arte della guerra

Édition de mardi 18 septembre 2018 deil manifesto

https://ilmanifesto.it/lettonia-la-nuova-cortina-di-ferro/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Note :
Présence militaire française dans l’eFP (Enhanced Forward Presence ) :
“Depuis avril 2017, la France déploie des soldats dans le cadre de l’eFP <https://otan.delegfrance.org/Estonie-Deploiement-francais-dans-le-cadre-de-la-presence-avancee-renforcee-eFP> , mission défensive et proportionnée qui vise à réduire les risques et contribue ainsi à la sécurité du flanc Est de l’Alliance. Après neuf mois en Estonie ce déploiement, baptisé Lynx, a basculé en Lituanie en janvier 2018 pour un mandat initial de huit mois”.
https://otan.delegfrance.org/Redeploiement-du-detachement-Lynx-en-Lituanie-dans-le-cadre-de-la-presence <https://otan.delegfrance.org/Redeploiement-du-detachement-Lynx-en-Lituanie-dans-le-cadre-de-la-presence>

“Les forces françaises de la mission Lynx déployées en Lituanie depuis janvier 2018 dans le cadre de la présence avancée renforcée (enhanced Forward Presence – eFP) de l’OTAN ont entamé leur désengagement. Dès 2019, le détachement Lynx sera de nouveau déployé en Estonie où il était déjà présent en 2017”.
https://otan.delegfrance.org/Fin-de-mandat-des-forces-francaises-de-l-eFP-deployees-en-Lituanie-aout-2018 

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2018

https://www.mondialisation.ca/le-nouveau-rideau-de-fer/5627888


 

MANLIO DINUCCI : EN ITALIE LA PLUS GRANDE POUDRIERE USA

En Italie la plus grande poudrière USA

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 11 septembre 2018

ilmanifesto.it 13 septembre 2018

Région : 

Thème: 

Le 8 août a fait escale dans le port de Livourne le Liberty Passion (Passion pour la Liberté) et le 2 septembre le Liberty Promise (Promesse de Liberté), qui seront suivis le 9 octobre par le Liberty Pride (Orgueil de Liberté). Les trois navires reviendront ensuite à Livourne, successivement, le 10 novembre, le 15 décembre et le 12 janvier.

Ce sont d’énormes navires Ro/Ro (Roll-On/Roll-Off, transports de véhicules, ndt), longs de 200 mètres et avec 12 ponts, pouvant chacun transporter 6500 automobiles. Ils ne transportent cependant pas des automobiles mais des chars d’assaut. Ils font partie d’une flotte étasunienne de 63 navires appartenant à des compagnies privées qui, pour le compte du Pentagone, transportent en continu des armes dans un circuit mondial entre les ports étasuniens, méditerranéens, moyen-orientaux et asiatiques.

La principale escale méditerranéenne est Livourne parce que son port est relié à la base étasunienne limitrophe de Camp Darby. L’importance de la base a été rappelée par le colonel Erik Berdy, commandant de la garnison en Italie de l’U.S. Army, dans une récente visite au quotidien “La Nazione” de Florence.

La base logistique, située entre Pise et Livourne, constitue le plus grand arsenal USA hors de la mère patrie. Le colonel n’a pas spécifié quel est le contenu des 125 bunkers de Camp Darby. Celui-ci peut être estimé à plus d’un million de projectiles d’artillerie, bombes aéroportées et missiles, auxquels s’ajoutent des milliers de chars d’assaut, véhicules et autres matériels militaires. On ne peut pas exclure que dans la base il y ait eu, il y ait ou puisse y avoir dans l’avenir même des bombes nucléaires.

Camp Darby, a souligné le colonel, joue un rôle clé, en approvisionnant les forces terrestres et aériennes étasuniennes dans des délais beaucoup plus brefs que si elles étaient approvisionnées directement depuis les USA. La base a fourni la majeure partie des armes pour les guerres contre l’Irak, la Yougoslavie, la Libye et l’Afghanistan. Depuis mars 2017, avec les grands bateaux qui font mensuellement escale à Livourne, les armes de Camp Darby sont transportées en continu dans les ports d’Aqaba en Jordanie, Djeddah en Arabie Saoudite et autres escales moyen-orientales pour être utilisées par les forces étasuniennes et alliées dans les guerres en Syrie, Irak et Yémen.

Dans son voyage inaugural le Liberty Passion a débarqué à Aqaba, en avril 2017, 250 véhicules militaires et d’autres matériels. Parmi les armes qui chaque mois sont transportées par mer de Camp Darby à Djeddah, il y a certainement aussi des bombes USA aéroportées que l’aviation saoudienne emploie (comme il résulte de preuves photographiques) pour massacrer des civils au Yémen. Il existe en outre de sérieux indices que, dans la liaison mensuelle entre Livourne et Djeddah, les grands navires transportent aussi des bombes aéroportées fournies par Rwm Italia de Domusnovas (Sardaigne) à l’Arabie saoudite pour la guerre au Yémen.

À la suite du transit d’armes accru depuis Camp Darby, la liaison par canal et par route de la base avec le port de Livourne et l’aéroport de Pise ne suffit plus. On a donc décidé une réorganisation massive des infrastructures (confirmée par le colonel Berdy), comprenant un nouvelle voie ferrée. Le plan comporte l’abattage de 1000 arbres dans une zone protégée, mais il a déjà été approuvé par les autorités italiennes. Ce n’est pas tout.

Le président du Conseil régional toscan Eugenio Giani (Pd), recevant le colonel Erik Berdy, Camp Darby.  Source de la photo : Go News, Conseil régional Italie

Le président du Conseil régional toscan Giani (Pd), recevant le colonel Berdy, s’est engagé à développer “l’intégration entre la base militaire USA de Camp Darby et la communauté environnante”. Position substantiellement partagée par le maire de Pise Conti (Lega) et par celui de Livourne (Movimento 5 Stelle). Ce dernier, pour recevoir le colonel Berdy puis l’ambassadeur USA Eisenberg, a hissé sur la Mairie la bannière étoilée.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

In Toscana la più grande polveriera Usa

Édition de mardi 11 septembre 2018 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/in-toscana-la-piu-grande-polveriera-usa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2018

https://www.mondialisation.ca/en-italie-la-plus-grande-poudriere-usa/5627752


 

LE SPD QUI FORME UNE COALITION AVEC LE PARTI CDU D'ANGELA MERKEL CATEGORIQUEMENT OPPOSE A CE QUE L'ALLEMAGNE REJOIGNE LA GUERRE EN SYRIE

Tornado

L’Allemagne devrait-elle se joindre aux frappes en Syrie? Le SPD répond

© AFP 2018 Carsten Rehder

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Alors que le gouvernement allemand se pencherait actuellement sur un éventuel emploi de ses chasseurs contre l’armée gouvernementale syrienne, la présidente du Parti social-démocrate allemand, Andrea Nahles, a déclaré que son parti «n'accepterait pas que l'Allemagne rejoigne la guerre en Syrie», peut-on lire sur Deutsche Welle.

Le Parti social-démocrate (SPD), plus vieux parti politique d'Allemagne, s'est catégoriquement opposé à la possibilité de recourir aux chasseurs-bombardiers allemands Tornado dans d'éventuelles opérations militaires contre l'armée du Président syrien Bachar el-Assad, a annoncé la présidente du SPD Andrea Nahles, citée par la plateforme informatique Deutsche Welle.

Le Parti social-démocrate forme notamment une grande coalition avec le parti CDU de la chancelière fédérale Angela Merkel.

«Le SPD n'acceptera pas que l'Allemagne rejoigne la guerre en Syrie, ni au parlement ni au gouvernement», a déclaré Mme Nahles.

Selon le journal Bild, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a donné l'ordre d'étudier la question de la participation du pays à d'éventuelles frappes de l'alliance formée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre les forces gouvernementales syriennes en cas d'une utilisation d'armes chimique dans le gouvernorat d'Idlib.

 

Avions Tornado

© REUTERS / FABIAN BIMMER

Berlin pourrait se joindre aux frappes de Washington, Londres et Paris en Syrie

Une demande appropriée a été adressée à Berlin par Washington et des négociations préliminaires sur le sujet se sont tenues la semaine dernière au sein du ministère allemand, a fait remarquer le média.

 

La chancelière allemande Angela Merkel avait précédemment exclu à plusieurs reprises toute possibilité de participation du pays aux opérations militaires en Syrie. Dans une interview accordée récemment à RTL, elle aurait explicitement exprimé son soutien à l'opération militaire russe en Syrie, notamment dans la lutte contre les groupements de mercenaires à Idlib, avait relaté Deutsche Wirtschaftsnachrichten (DWN).

https://fr.sputniknews.com/international/201809101038034939-allemagne-frappes-syrie-spd/


 

MANLIO DINUCCI : UNE ITALIE SOUVERAINISTE SANS SOUVERAINETE

Une Italie souverainiste sans souveraineté

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 04 septembre 2018

ilmanifesto.it

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Le tourbillon politico-médiatique soulevé par l’affrontement entre “européistes” et “souverainistes” cache ce qu’est au contraire la réalité : un européisme sans Europe et un souverainisme sans souveraineté.

Celui qui brandit instrumentalement la bannière de l’européisme en ce moment est le président Macron, pour faire avancer la puissance française non seulement en Europe mais en Afrique. La France, promotrice avec les USA de la guerre OTAN qui en 2011 a démoli l’État libyen (dans laquelle l’Italie joua un rôle de premier plan), essaie par tous les moyens de contrôler la Libye : ses riches ressources -d’énormes réserves de pétrole, gaz naturel et eau fossile- non moins que son territoire, de grande importance géostratégique.

À cet effet Macron appuie les milices qui combattent le “gouvernement” de Fayez al Serraj, soutenu par l’Italie qui avec l’Eni (Société nationale des hydrocarbures) conserve de gros intérêts dans le pays.

Ceci n’est qu’un des exemples de la façon dont l’Union Européenne, fondée sur les intérêts des oligarchies économiques et financières des plus grandes puissances, est en train de s’effriter dans des oppositions de nature économique et politique, dont la question des migrants n’est que la pointe de l’iceberg.

Face à la prédominance de France et Allemagne, le gouvernement italien 5 Stelle-Lega a fait un choix précis : accroître le poids de l’Italie en la liant encore plus étroitement aux États-Unis. D’où la rencontre du président du conseil Conte avec le président Trump, à laquelle les médias italiens n’ont donné que peu d’écho. Et pourtant dans cette rencontre ont été prises des décisions qui ont une influence notable sur la position internationale de l’Italie.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre italien Giuseppe Conte se serrent la main lors d’une conférence de presse conjointe dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 30 juillet 2018. AFP PHOTO / SAUL LOEB

Avant tout il a été décidé de créer “une cabine de régie permanente Italie-USA en Méditerranée élargie”, c’est-à-dire dans l’aire qui, dans la stratégie USA/OTAN, s’étend de l’Atlantique à la Mer Noire et, au sud, jusqu’au Golfe Persique et à l’Océan Indien.

En réalité la régie est aux mains des USA, spécifiquement du Pentagone, alors qu’à l’Italie ne revient qu’un rôle secondaire d’assistant à la régie et de façon générale le rôle de comparse.

Selon Conte, au contraire, “c’est une coopération stratégique, presque un jumelage, en vertu de laquelle l’Italie devient point de référence en Europe et interlocuteur privilégié des États-Unis pour les principaux défis à affronter”. S’annonce ainsi un renforcement ultérieur de la “coopération stratégique” avec les États-Unis, c’est-à-dire du rôle “privilégié” de l’Italie comme pont de lancement des forces étasuniennes, y compris nucléaires, aussi bien vers le Sud que vers l’Est.

“À l’Italie l’administration américaine reconnaît un rôle de leadership comme pays promoteur de la stabilisation de la Libye”, déclare Conte, annonçant implicitement que l’Italie, et non pas la France (moins fiable aux yeux de Washington), a reçu de la Maison Blanche la mission de “stabiliser” la Libye.

Reste à voir comment.

Il ne suffira pas de la Conférence internationale sur la Libye, qui devrait se dérouler à l’automne en Italie, avant les “élections” libyennes sponsorisées par la France qui devraient se tenir en décembre. Il faudra du côté italien un engagement militaire directement sur le terrain, aux coûts humains et matériels et aux issues imprévisibles.

Le choix “souverainiste” du gouvernement Conte réduit donc ultérieurement la souveraineté nationale, en rendant l’Italie encore plus dépendante de ce qui se décide à Washington, non seulement à la Maison Blanche, mais au Pentagone et à la Communauté d’intelligence, composée de 17 agences fédérales spécialisées en espionnage et opérations secrètes.

Le véritable choix souverainiste est l’application réelle du principe constitutionnel selon lequel l’Italie répudie la guerre comme instrument d’offenseàla liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des conflits internationaux.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

VIDEO – Un’Italia sovranista senza sovranità

Édition de mardi 4 septembre 2018 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/unitalia-sovranista-senza-sovranita/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

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