EUROPE

EUROPE

LES USA ONT FAIT DE L'EUROPE UNE POUDRIERE...

E-Press du 22 aout 2019

Thu Aug 22, 2019 2:51PM

Photo Facebook / base militaire américaine de Deveselu. (Photo à titre d’illustration)

00:0007:08HD

SHARETwitterEmbed

CLOSED CAPTIONSNo subtitles

QUALITYAuto480p (244k)480p (444k)720p (844k)1080p (2244k)

Photo Facebook / base militaire américaine de Deveselu. (Photo à titre d’illustration)

Au sommaire :

1. Syrie/Irak : l’Allemagne se retire de la coalition US ? 

Lors d’un déplacement en Irak, la nouvelle ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer (CDU), présenté comme étant la « dauphine » d’Angela Merkel, a plaidé pour la prolongation de l’engagement de la Bundeswehr au Levant, lequel doit théoriquement prendre fin le 31 octobre prochain.

« Il est difficile d’expliquer à la partie irakienne que la poursuite de la mission n’est pas acquise », a déclaré Mme Kramp-Karrenbauer à la presse, le 20 août, à l’issue d’un entretien avec des responsables irakiens. Ces derniers, a-t-elle assuré, ont même lancé un « appel urgent » à Berlin pour maintenir sa présence militaire, voire « étendre la portée de son engagement ».

Pour la ministre allemande, il ne fait aucun doute que l’engagement de Berlin doit continuer. « La stabilisation à long terme de l’Irak est dans notre propre intérêt », a-t-elle fait valoir. Mais il lui faudra convaincre les députés allemands, car c’est en effet au Bundestag, c’est à dire la Chambre basse du Parlement allemand, qu’il reviendra de trancher.

« Nous sommes maintenant sur le point de décider si les victoires passées contre l’État islamique seront durables », a résumé Mme Kramp-Karrenbauer.

 

Source : Opex 360

2. Comment les USA ont fait de l’Europe une poudrière... 

Le site de missiles de l’OTAN de Deveselu en Roumanie, qui fait partie du système états-unien Aegis de « missiles de défense », a terminé « la mise à jour » commencée en avril dernier. C’est l’OTAN qui le communique, en assurant que celui-ci « n’a conféré aucune capacité offensive au système », lequel « demeure purement défensif, centré sur de potentielles menaces provenant de l’extérieur de l’aire euro-atlantique ».

Le site de Deveselu est doté (selon la description officielle) de 24 missiles, installés sur des lanceurs verticaux souterrains, pour l’interception de missiles balistiques à courte et moyenne portée. Un autre site, qui entrera en fonction en 2020 dans la base polonaise de Redzikowo, sera lui aussi doté de ce système.

Des lanceurs du même type sont à bord des quatre navires de l’US Navy qui, déployés dans la base espagnole de Rota, croisent en Méditerranée, mer Noire et mer Baltique. Le déploiement même des lanceurs montre que le système est dirigé non pas contre la « menace iranienne » (comme déclarent les USA et l’OTAN), mais principalement contre la Russie.

Le système Aegis étant remis en fonction — communique l’OTAN — le système THAAD a été « redéployé ». Elle ne spécifie pas où. Mais on sait que l’armée US a déplacé des batteries de missiles de ce type d’Israël à l’île de Guam dans le Pacifique.

À la lumière de ces faits, au moment où les USA déchirent le traité FNI pour installer des missiles nucléaires à moyenne portée au bord de la Russie et de la Chine, on ne s’étonnera pas de l’annonce — faite à Moscou par le sénateur Viktor Bondarev, président de la Commission Défense — que la Russie ait basé en Crimée des bombardiers d’attaque nucléaires Tu-22M3.

Mais quasiment personne ne s’en préoccupe étant donné que, dans l’UE, tout cela est caché par l’appareil politico-médiatique.

Source : Voltaire.net

Regardez cette vidéo sur YouTube ! 

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/08/22/604183/Les-USA-ont-fait-de-lEurope-une-poudrire


 

UNION EUROPÉENNE. LES NOUVEAUX MONSTRES A L'ATTAQUE. DE LA DROITE BLEUE BRUNE EN EUROPE

Union européenne. Les nouveaux monstres à l’attaque

Publié le 16/08/2019 à 09:12 par andrenicolasTags : sur france monde fond mode texte news bleuroman

Union européenne. Les nouveaux monstres à l’attaque

Union européenne. Les nouveaux monstres à l’attaque

Mercredi, 14 Août, 2019

Thomas Lemahieu

Avec ses visages multiples, le phénomène d’hybridation poussée entre droite extrême et extrême droite commence à produire des effets.

«Le Pen a gagné les élections. » Quelques semaines après la victoire de Chirac en 2002, sur fond de levée citoyenne contre l’extrême droite, Act Up Paris avait frappé les esprits en placardant sur les murs de la capitale une affiche avec cette phrase et un agent encagoulé armé d’un fusil d’assaut. L’association brocardait une déclaration à l’emporte-pièce du secrétaire d’État aux Libertés publiques Patrick Devedjian : « On verra davantage de CRS sur le terrain, le bleu marine va revenir à la mode. » Dix-sept ans plus tard, le bleu marine est plus que jamais à la mode, et il se teinte toujours plus de brun… Cela grenouille en France : il n’y a qu’à voir les manœuvres en cours avec Marion Maréchal-Le Pen, Éric Zemmour et Patrick Buisson. Cela arrive dans le reste du monde avec ­Donald Trump, le Brésilien Jair Bolsonaro ou l’Indien Narendra Modi. Mais entre les deux, dans toute l’Europe, Le Pen gagne les élections, au sens où l’entendait initialement Act Up : ce ne sont pas forcément les partis d’extrême droite qui gouvernent, mais la plupart des droites, traditionnelles ou nouvelles, glissent, avec ou sans alliances avec les néofascistes avérés, vers leurs thèses et leurs priorités politiques. Tout cela va bien au-delà de la petite boutique tenue par Steve Bannon, l’ex-conseiller stratégique du président états-unien, qui a récemment posé ses valises à Bruxelles.

www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1
http://www.humanite.fr/


 

L'EMPLACEMENT SECRET D'ARMES NUCLEAIRES US SITUEES EN BELGIQUE, EN ALLEMAGNE, EN ITALIE, AUX PAYS-BAS ET EN TURQUIE DEVOILE PAS HASARD

L'emplacement secret d'armes nucléaires US en Europe dévoilé par hasard

CC0 / TheAndrasBarta

INTERNATIONAL

URL courte

25683

Des sites secrets d’armes nucléaires américaines situés en Europe ont accidentellement figuré dans un rapport de l'Assemblée parlementaire de l'Otan rédigé par un sénateur canadien, relate le Washington Post.

Un document récemment publié par un organisme affilié à l'Otan, et supprimé par la suite, a dévoilé par erreur l’emplacement de sites nucléaires américains situés en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Turquie, relate le Washington Post.

 

Ogive

© SPUTNIK . SERGEI KAZAK

Pourparlers tripartites sur les armes nucléaires: la Chine livre son avis

La première version de ce document intitulé «Une nouvelle ère pour la dissuasion nucléaire? Modernisation, maîtrise des armements et forces nucléaires alliées» a été publiée en avril. Rédigé par un sénateur canadien à la Commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’Otan, le rapport évaluait l’avenir de la politique de dissuasion nucléaire de l’organisation.

 

Mais ce qui a fait la Une en Europe des mois plus tard est la mention des emplacements d’environ 150 armes nucléaires américaines stockées en Europe. «Ces bombes sont entreposées dans six bases: Kleine Brogel en Belgique, Büchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Volkel aux Pays-Bas et Incirlik en Turquie», selon une copie publiée par le quotidien belge De Morgen et relayée par le Washington Post.

Le document n'attribue toutefois ces informations à aucune source sûre. La semaine dernière, une version finale du rapport, publiée en ligne, a omis la référence spécifique à l'emplacement de ces armes.

«Ce n'était qu'un projet»

 

© PHOTO. PUBLIC DOMAIN/U.S. NAVY/RONALD GUTRIDGE

Moscou: «Washington aimerait faire des ogives de faible puissance un moyen de faire chanter» des pays

Le sénateur Joseph Day, l’auteur du rapport, a écrit dans un courrier électronique que la première version n'était qu'un projet et que des modifications pourraient y être apportées avant que l'Assemblée parlementaire de l'Otan n’en prenne connaissance. «Toutes les informations utilisées dans ce rapport proviennent de sources ouvertes», a-t-il écrit.

 

En règle générale, ni les États-Unis ni leurs partenaires européens ne discutent de l’emplacement des armes nucléaires US stockées sur le continent, a précisé le WP. «Ce n'est pas un document officiel de l'Otan», a quant à lui déclaré un responsable de l'Alliance sous couvert d'anonymat.

De nombreux médias européens ont toutefois considéré ce rapport comme la confirmation d'un secret de polichinelle, note le Washington Post. L’article du Morgen a ainsi été titré: «Enfin noir sur blanc: il y a des armes nucléaires américaines en Belgique».

https://fr.sputniknews.com/international/201907171041687538-lassemblee-parlementaire-de-lotan-devoile-par-hasard-lemplacement-darmes-nucleaires-us-en-europe/


 

PIERRE LEVY : APRES LA VALSE AU SOMMET DE L'UE, L'EXTRAORDINAIRE BAL DES ELITES SE POURSUIT

Par Pierre LévyTous les articles de cet auteur

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

Après la valse au sommet de l’UE, l’extraordinaire bal des élites se poursuit, par Pierre Lévy

Après la valse au sommet de l’UE, l’extraordinaire bal des élites se poursuit, par Pierre Lévy

Source: AFP

Christine Lagarde.

 

Les récentes nominations au sein des hautes instances de l’UE illustrent un phénomène bien plus large, pointe Pierre Lévy, du mensuel Ruptures : la consanguinité des élites mondialisées, totalement coupées des peuples.

Les dirigeants européens sont fans de l’«économie circulaire». Dans la novlangue environnementaliste, il s’agit d’un modèle de production où les déchets et rebuts sont recyclés et réintroduits dans les circuits afin de limiter le «gaspillage».

 

Le concept semble également s’appliquer au personnel politique euro-atlantique où de nombreux dirigeants et responsables passent agréablement de la sphère politique nationale à la bulle de l’UE, voire à celle des institutions mondiales. Une circulation qui s’effectue avec élégance dans tous les sens, et pour laquelle le monde des affaires au plus haut niveau constitue également un terrain de jeu prisé.

 

Les récentes nominations aux principaux postes clés de l’Union européenne en constituent une illustration, parmi bien d’autres. Ainsi, le président du Conseil européen sortant, le Polonais Donald Tusk, prépare son retour à Varsovie où il se verrait bien reprendre son job de premier ministre qu’il avait quitté en 2014. Et il serait bien étonnant que Federica Mogherini, qui chapeaute la « diplomatie » de Bruxelles jusqu’à l’automne, ne se sente pas une vocation de premier plan au sein du Parti démocrate italien.

 

Fille d’un ministre-président du Land de Basse-Saxe, Ursula von der Leyen a tout de même débuté sa scolarité dans une école européenne de Bruxelles – ça aide – avant d’entamer une carrière politique en Allemagne

 

Le cas des nouveaux entrants à Bruxelles est particulièrement édifiant. Désignée future présidente de la Commission européenne (sous réserve de la probable confirmation par l’europarlement), l’Allemande ultra-atlantiste Ursula Von der Leyen a notamment étudié à la London School of Economics, puis à la très select université américaine de Stanford pendant quatre ans.

 

Fille d’un ministre-président du Land de Basse-Saxe, elle a tout de même débuté sa scolarité dans une école européenne de Bruxelles – ça aide – avant d’entamer une carrière politique en Allemagne. Après avoir détenu différents portefeuilles, elle s’est vu confier celui de la Défense fin 2013. A ce titre, elle n’a jamais manqué une réunion de l’annuelle Conférence sur la sécurité de Munich (le Davos diplomatico-militaire), où elle a régulièrement plaidé tant pour le renforcement de l’OTAN que pour les «Etats-Unis d’Europe».

 

Le monde des armements n’est pas non plus étranger à la Française Christine Lagarde qui vient d’accepter sa mutation de la tête du Fonds monétaire international (FMI, qu’elle dirige de Washington depuis 2011) vers celle de la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort sur le Main (sur le Main-stream, pourraient même imaginer quelques esprits taquins). Car adame Lagarde fut, de 1995 à 2002, membre du très prisé Center for Strategic and International Studies, en compagnie notamment du géostratège américain Zbigniew Brzezinski, avec qui elle a co-présidé le groupe de travail Industries de défense États-Unis-Pologne. Elle avait pris un bon départ dans la vie en démarrant ses études supérieures aux Etats-Unis, puis en devenant assistante parlementaire au sein de la Chambre des représentants américaine.

 

Revenue quelques années en France, elle refranchit à nouveau l’Atlantique pour intégrer l’un des plus grand cabinets d’avocats d’affaires américain, dont elle gravit les échelons pour finalement en prendre la présidence en 1999. En 2005, elle rejoint le Conseil de surveillance du groupe bancaire néerlandais ING. La même année, elle devient ministre du Commerce extérieur au sein du gouvernement Villepin. A peine en poste, elle se prononce pour une réforme du Code du travail, une déclaration dont le rapport avec ses fonctions ministérielles ne saute pas aux yeux mais qui semble l’évidence parmi les élites, tout particulièrement à Bruxelles.

 

En juin 2007, elle se voit confier Bercy avec l’Economie, les Finances et l’Emploi. En août, juste avant la crise dite des « subprimes » qui allait déclencher une crise financière puis économique mondiale majeure, elle estime que «le gros de la crise est derrière nous». Tous ces faits d’armes la qualifient pour prendre, en 2011, la tête du FMI, la plus importante institution financière mondiale. Les gazettes rapportent également son rôle dans l’arbitrage concernant l’affaire Tapie (notamment pour complicité de détournements de fonds publics), rôle pour lequel elle sera, en 2014, reconnue coupable par la Cour de justice de la République, mais dispensée de peine. Une mansuétude plutôt rare pour ceux qui n’appartiennent pas aux grands de ce monde. 

 

A côté de ces états de service, le futur président du Conseil européen ferait presque pâle figure. C’est le Belge Charles Michel qui a été pressenti pour ce poste qu’il occupera à partir de décembre prochain. Au moins l’UE économisera-t-elle des frais de déménagement puisque l’actuel premier ministre belge (dont la formation et tous les partis de sa coalition sont sortis laminés des élections générales du 26 mai dernier) passera donc de Bruxelles à Bruxelles. Avant, qui sait, de devenir Secrétaire général de l’Alliance atlantique, puisque cette dernière possède elle aussi son siège dans la capitale belge. L’hypothèse n’a rien d’absurde : l’OTAN et l’UE, organisations sœurs, s’échangent parfois leurs responsables, tel Javier Solana qui passa de la première à la seconde en 1999.

 

Monsieur Michel n’est cependant pas un nouveau venu dans la cour des grands. Son père, Louis Michel, fut vice-premier ministre de Belgique, puis Commissaire européen, notamment chargé de la « Coopération ».

 

Et comme le tableau des élites politico-économiques ne serait pas complet sans son volet médiatique, le nouveau président de l’europarlement est l’Italien David Sassoli, un responsable important du Parti démocrate (la formation de l’ancien premier ministre Matteo Renzi). Journaliste, il a longtemps travaillé à la RAI, la télévision publique, dont il fut présentateur vedette. C’est en quelque sorte le Pujadas italien. Comme eurodéputé, il a en particulier supervisé le dossier de la libéralisation des transports ferroviaires européens.

 

Faut-il préciser que tous ces dignitaires partagent la même foi fondamentale dans le libéralisme mondialisé, le libre échange, l’intégration européenne, et l’axe euro-atlantique ?

Les uns et les autres ne cessent donc de se croiser, ou d’intervertir leurs rôles, au sein d’organisations internationales formelles, mais aussi de cercles plus informels

Ce type de « mobilité professionnelle » pourrait être assimilé à de la consanguinité. Outre le cas de Javier Solana, déjà cité, Dominique Strauss-Kahn emprunta le même chemin que Madame Lagarde, de Bercy à Washington. Egalement ministre des Finances français, Pierre Moscovici fit, lui, l’objet d’un transfert vers Bruxelles comme Commissaire à l’Economie. Michel Barnier effectua pour sa part des allers-retours entre Paris (entre autres au Quai d’Orsay) et Bruxelles (Commissaire à la politique régionale), avant d’être chargé du dossier Brexit par celui qui avait été en 2014 son concurrent victorieux pour la tête de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Il faudrait également citer Jean-Claude Trichet qui navigua entre secteur bancaire (Crédit Lyonnais), direction du Trésor, et banque centrale européenne.

 

Pascal Lamy constitue peut-être l’un des exemples les plus parlants. Formé aux arcanes européens comme directeur de cabinet de Jacques Delors, il détint ensuite pendant cinq ans le portefeuille-clé du Commerce extérieur au sein de la Commission, avant de passer en 2005 de l’autre côté de la barrière, comme patron de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Interviewé récemment par Le Parisien(04/07/2019), ce dernier a cette remarque paternelle concernant Christine Lagarde : «je l'ai initiée au commerce international quand elle était encore petite. En fait, elle était secrétaire d'Etat déléguée au Commerce international lorsque j'étais Commissaire européen». Où l’on apprend donc qu’un membre de l’exécutif bruxellois se sent légitime pour initier un ministre français.

 

Lire aussi

Emmanuel Macron à Bruxelles le 1er juillet 2019 (image d’illustration).

Nominations clé de l'UE : pourquoi Macron sort renforcé des négociations

Les uns et les autres ne cessent donc de se croiser, ou d’intervertir leurs rôles, au sein d’organisations internationales formelles, mais aussi de cercles plus informels, voire discrets, comme le groupe de Bilderberg, la commission trilatérale, l’institut Aspen ou la fondation Bertelsmann, pour ne citer que les plus connus.

 

Avec le plus grand sérieux, la chaîne Arte ouvrait son journal télévisé le 3 juillet en affirmant, émue, que « tous les Européens (avaient) les yeux rivés » sur Bruxelles et Strasbourg où se dénouaient les négociations en vue des plus hauts postes de l’UE.

 

L’affirmation est particulièrement comique, tant ces dernières se sont jouées dans la plus totale indifférence des peuples. Et c’est sans doute dommage : les citoyens de tous les pays auraient pu mesurer que, quelque soient les rivalités, bisbilles et contradictions bien réelles, les personnalités impliquées dans ce vaste bal des élites mondialisées ont entre autres un point commun : toute notion d’intérêt national et d’intérêt populaire leur est par essence totalement étrangère.

 

Lire aussi :  Braises et fumées, par Pierre Lévy

https://francais.rt.com/opinions/63740-apres-valse-sommet-ue-extraordinaire-bal-elites-se-poursuit-pierre-levy


 

MERCOSUR : L'HYPOCRISIE DE L'UE PORTE ATTEINTE AUX DROITS DES PAYSAN.NE.S ET DES CITOYEN.NE.S

Mercosur: quand l’hypocrisie de l’UE vient porter atteinte aux droits des paysan.ne.s et des citoyen.ne.s.
 3 JUILLET 2019 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Bruxelles, le 2 juillet 2019 – Vendredi dernier, la Commission européenne a signé l’accord dit de libre-échange avec les pays du Mercosur.

L’accord avec le Mercosur s’ajoute à d’autres accords de libre-échange tels que le CETA, qui détruisent le modèle d’agriculture durable des petit.e.s et moyen.ne.s agriculteur.rice.s, la souveraineté alimentaire et les modèles alimentaires sains et durables.

La signature de cet accord – selon Andoni García Arriola, membre du comité de coordinaton d’ECVC) – montre clairement l’hypocrisie de la Commission et des États-membres qui se cachent derrière elle :

Comment est-il possible, dans un contexte de crise climatique, de signer un accord qui promeut le modèle d’industrialisation de l’agriculture plutôt que la localisaton des systèmes agricoles, et ce en totale contradiction avec les objectis de l’accord de Paris sur le changement climatique?

Comment est-il possible de signer un accord qui aura un impact négatif évident sur les revenus des agriculteur.rice.s en Europe alors que les revenus des ces dernier.ère.s sont déjà très faibles par rapport à ceux d’autres secteurs de la société européenne et qu’aucun mécanisme sérieux de réglementation interne à l’UE n’est mis en place pour faire changer la situation.

Comment peut-on accepter que les politques agricoles soient guidées par une philosophie de libre-échange mondial cannibale au lieu d’être orientées vers le développement durable et le respect des droits humains?

Comment justier cet accord auprès des consommateur.rice.s européen.ne.s qui veulent une alimentation saine et locale ?

Peut-on accepter qu’un accord d’une telle ampleur soit signé par une Commission en fin de mandat et donc en affaires courantes?

Pour ECVC, cet accord est en totale contradicton avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan.ne.s et autres personnes travaillant en milieu rural adoptée en décembre 2018, avec les objectifs de développement durable signés par l’UE et avec le principe fondamental de cohésion territoriale de l’UE dans la mesure où il aura un impact sur un secteur déjà en crise et accélérera le dépeuplement du milieu rural en Europe.

ECVC appelle donc le nouveau Parlement européen et les gouvernements des États-membres de l’UE à rejeter cet accord.

Les communiqués de presse de plusieurs membres d’ECVC sont également disponibles en ligne :

FUGEA, Confédération Paysanne, COAG

Contact: +32 (0)2 217 311 – inio@eurovia.org

source :  https://viacampesina.org/fr/mercosur-quand-lhypocrisie-de-lue-vient-porter-atteinte-aux-droits-des-paysan-ne-s-et-des-citoyen-ne-s/

Tag(s) : #Mercosur#ViaCampesina


 

PIERRE LEVY : BRAISES ET FUMEES

 

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

Braises et fumées, par Pierre Lévy

Braises et fumées, par Pierre Lévy

© De gauche à droite : Henry Romero / Stephane Mahe / Piroschka van de Wouw / Yuri Gripas (REUTERS) Source: Reuters

De gauche à droite : Christine Lagarde, Ursula Von der Leyen, Charles Michel, Josep Borrell.

 

Au lendemain de la nomination d'Ursula von der Leyen, de Charles Michel, de Christine Lagarde et de Josep Borrell aux postes clé de l'Union Européenne, Pierre Lévy présente son analyse de l'état de l'Union qui tourne une nouvelle page.

Ça y est, à l’issue d’un Conseil européen qui se sera étalé sur près de trois jours, et après de laborieuses négociations en coulisses, les Vingt-huit se sont mis d’accord sur leur «casting de rêve». L’affiche comprend surtout des responsables politiques qui apparaissaient en fin de carrière.

L’Allemande Ursula Von der Leyen (60 ans) devrait présider la Commission européenne à partir du 1er novembre. Angela Merkel offre à l’UE son actuelle ministre de la Défense, peu populaire outre-Rhin et qui se trouvait fragilisée à ce poste après diverses bévues, scandales et déclarations peu adroites. Madame Von der Leyen est une fervente supporter de l’OTAN, elle rêve des Etats-Unis d’Europe…

Le Belge Charles Michel, désigné comme futur président du Conseil européen (à partir du 1er décembre), n’est certes pas, lui, atteint par l’âge de la retraite mais il vient de subir une double défaite aux élections fédérales belges du 26 mai. Tant son parti, le Mouvement réformateur (libéral), que toutes les formations du gouvernement de coalition qu’il dirigeait ont subi de sévères déroutes. Ses chances de retrouver un poste de premier plan dans son pays étaient quasiment nulles.

Lire aussi

Christine Lagarde lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, au siège du Fonds monétaire international, à Washington, le 10 avril 2019, aux Etats-Unis (image d'illustration).

Un nouveau casting européen qui divise dans l'Hexagone

A 63 ans, la patronne du FMI, la Française Christine Lagarde devrait prendre la tête de la Banque centrale européenne. Celle qui avait commencé sa carrière en travaillant vingt-cinq ans dans un des plus importants cabinets d’affaires américains avant de devenir ministre à Paris, puis de diriger le FMI à Washington, va désormais rempiler à Francfort. Les Grecs, qui n’ont pas oublié la Troïka, seront ravis.

Enfin, l’Italienne Federica Mogherini, qui chapeautait la « diplomatie » de l’UE, sera remplacée par le socialiste espagnol Josep Borrell, 72 ans, ancien président de l’europarlement, et actuel chef de la diplomatie dans le gouvernement provisoire à Madrid. Une fonction dans laquelle il a récemment qualifié la Russie de «vieil ennemi» qui «redevient une menace».

Ce vaste mercato a une apparence : un complexe marchandage où presque tous les coups sont permis : retournements, bluff, pressions, alliances et trahisons ultimes. Ce «Game of thrones» passionne l’euro-bulle autant qu’il indiffère les citoyens des différents pays. Au passage, si les dirigeants avaient voulu détruire la légende que leurs communicants ont désespérément tenté de bâtir avant et après les élections européennes – une UE qui reconquiert l’amour de ses citoyens grâce à une proximité et une transparence toujours plus palpables – ils ne s’y seraient pas pris autrement. Un mois plus tôt, les mêmes chantaient sur tous les tons aux électeurs qu’enfin, cette fois-ci, leur voix compterait.

Le 20 juin, les candidats respectifs des trois premiers partis européens avaient été (provisoirement) déclarés disqualifiés, faute de consensus au Conseil. En particulier, le poulain d’Angela Merkel a été barré par Emmanuel Macron, qui n’en voulait à aucun prix mais qui n’a pas manqué d’appeler de ses vœux la chancelière à se présenter elle-même, sachant pertinemment que celle-ci avait exclu cette hypothèse. A l’europarlement, les chefs de groupe n’ont certes pas fini par proposer une candidature commune, mais une «super-grande coalition», à quatre, se prépare pour élargir la majorité sortante, trop affaiblie, qui était «seulement» composée de la droite classique et des sociaux-démocrates. Voilà qui enchanterait sûrement le «citoyen européen» si ce dernier existait…

Or, derrière ce rideau de fumée, ce mercato a une réalité : l’émergence d’une Union européenne toujours plus minée par les conflits d’intérêts. Car si on peut se désintéresser des petites manœuvres, cela n’interdit pas d’élucider ce que celles-ci recouvrent au fond. Certes, l’intégration européenne ne s’est jamais faite sans frictions. Mais en particulier depuis 2004 – l’élargissement de quinze à vingt-cinq Etats membres – puis 2008 – la mise en place du traité de Lisbonne – le problème des élites dirigeantes européennes a changé de nature : l’UE est désormais en phase de délitement, même si nul ne peut en prévoir l’échéance, et dont le Brexit est le signe avant-coureur.

Lire aussi

Accord trouvé à Bruxelles sur les nominations clés de l'Union européenne

Si peu de choses séparent la plupart des dirigeants sur le plan idéologique – chrétiens-démocrates, sociaux-démocrates, libéraux, Verts, voire «gauche radicale» (sic !) clament tous, à des degrés divers, leur foi en l’aventure européenne à laquelle «il n’y a pas d’alternative» – les différences d’intérêts entre pays émergent désormais plus crûment, dans tous les domaines : économique, social, industriel, commercial, démographique, migratoire, sans parler des cultures politiques si dissemblables, forgées par l’histoire et la géographie. Autant de domaines qui ont dessiné les affrontements de ces dernières années entre pays de l’ouest et de l’est, du nord et du sud, entre petits et grands, entre inconditionnels de Washington et nostalgiques de Barack Obama…

Les différences d’intérêt ne sont pas un problème en soi. Elles peuvent refléter des complémentarités, fournir la matière de coopérations, faire l’objet de négociations diplomatiques entre pays souverains. Elles le deviennent en revanche dès lors qu’il s’agit de faire rentrer tout le monde de force dans le même moule intégré. C’est bel et bien l’exigence centrale des traités – «une union toujours plus étroite» – qui a semé les graines des divisions, des antagonismes, des conflits. Et le temps n’est plus où le «couple franco-allemand» pouvait assurer la discipline au sein d’instances policées. Encore moins depuis que les contentieux s’accumulent entre Berlin et Paris.

Au-delà de la tragi-comédie qu’on pourra au choix trouver réjouissante ou insipide, les dirigeants de l’UE font face à un processus de désintégration que les braises des colères populaires pourraient bien un jour accélérer.

La fumée ne sera pas forcément toujours blanche.

https://francais.rt.com/opinions/63601-braises-fumees-par-pierre-levy


 

MANLIO DINUCCI : LE NAVIRE D'ASSAUT DES NOUVEAUX CROISES

Le navire d’assaut des nouveaux croisés

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 28 mai 2019

ilmanifesto.it

Région : 

Thème: 

En présence du Chef de l’État Sergio Mattarella, du ministre de la Défense Elisabetta Trenta, du ministre du développement économique Luigi Di Maio, et des plus hautes autorités militaires, a été lancé le 25 mai aux Chantiers de Castellammare di Stabia (Naples) le navire Trieste, construit par Fincantieri.

C’est une unité amphibie multirôles et multifonctions de la Marine militaire italienne, défini par Trenta comme “parfaite synthèse de la capacité d’innovation technologique du Pays”. Avec une longueur de 214 mètres et une vitesse de 25 noeuds (46 km/h), il a un pont de vol long de 230 mètres pour le décollage d’hélicoptères, de chasseurs F-35B à décollage court et atterrissage vertical et convertibles V-22 Osprey. Il peut transporter dans son pont-garage des véhicules blindés sur 1200 mètres linéaires. Il a une rampe de lancement interne, longue de 50 mètres et large de 15, qui permet au navire d’opérer avec les plus modernes véhicules amphibies de l’OTAN. 

En termes techniques, c’est un navire destiné à “projeter et soutenir, dans des aires de crise, la force de débarquement de la Marine militaire et la capacité nationale de projection, depuis la mer, de la Défense”. En termes pratiques, c’est un navire d’assaut amphibie qui, en s’approchant des côtes d’un pays, l’attaque avec des chasseurs et hélicoptères armés de bombes et missiles, puis l’envahit avec un bataillon de 600 hommes transportés, avec leurs armements lourds, par hélicoptères et véhicules de débarquement. En d’autres termes, c’est un système d’armes projeté non pas pour la défense mais pour l’attaque dans des opérations guerrières conduites dans le cadre de la “projection de forces” USA/OTAN à grande distance.

La décision de construire le Trieste fut prise en 2014 par le gouvernement Renzi, en la présentant comme navire militaire affecté principalement à des “activités de secours humanitaire”. 

Le coût du navire, à charge non du Ministère de la défense mais du Ministère du développement économique, était quantifié à 844 millions d’euros, dans le cadre d’un financement de 5.427 millions pour la construction, outre le Trieste, de 9 autres navires de guerre. Parmi eux, deux unités navales à très haute vitesse pour patrouilleur des forces spéciales dans des “contextes opérationnels qui requièrent de la discrétion”, c’est-à-dire dans des opérations guerrières secrètes. 

Au moment du lancement, le coût du Trieste a été indiqué à 1.100 millions d’euros, soit supérieurs à 250 millions de plus que la dépense prévue. Le coût final sera beaucoup plus haut, car il faut y ajouter celui des chasseurs F-35B et des hélicoptères embarqués, plus celui d’autres armements et systèmes électroniques dont sera doté le navire dans les prochaines années.

L’innovation technologique dans le domaine militaire -a souligné la ministre de la Défense- “doit être soutenue par la certitude des financements”. C’est-à-dire par de continuels et croissants financements avec de l’argent public y compris par le Ministère du développement économique, maintenant conduit par Luigi Di Maio. À la cérémonie du lancement, il a promis aux ouvriers d’autres investissements : il y a en effet d’autres navires de guerre à construire. 

La cérémonie du lancement a pris une signification ultérieure quand l’évêque aux Armées, monseigneur Santo Marcianò, a exalté le fait que les ouvriers avaient fixé sur la proue du navire une grande croix, composée d’images sacrées pour lesquelles ils ont une dévotion, dont celles du Pape Wojtyla et de Padre Pio. Monseigneur Marcianò a fait l’éloge de la “force de la foi” exprimée par les ouvriers, qu’il a bénis et remerciés pour “ce signe merveilleux que vous avez mis sur le navire”. 

Ainsi a été lancé le grand navire de guerre donné en exemple de la capacité d’innovation de notre pays, payé par le Ministère du développement économique avec nos sous soustraits à des investissements productifs et à des dépenses sociales, béni avec le signe de la Croix comme à l’époque des croisades et des conquêtes coloniales.

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

La nave d’assalto dei nuovi crociati

Édition de mardi 28 mai 2019 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/la-nave-dassalto-dei-nuovi-crociati/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2019

https://www.mondialisation.ca/le-navire-dassaut-des-nouveaux-croises/5633936


 

AUTRICHE : CE LUNDI 27 MAI, LE CHANCELIER SEBASTIAN KURZ, ALLIE AVEC L'EXTREME-DROITE FASCISTE EST RENVERSE PAR UNE MOTION DE CENSURE

Sebastian Kurz

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz renversé par le Parlement

© AFP 2019 ROBERT JAEGER

INTERNATIONAL

URL courte

7435

Une dizaine de jours après le scandale de corruption, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a été poussé vers la sortie par une motion de censure, a annoncé la vice-présidente du Parlement, Doris Bures.

En Autriche, le chancelier Sebastian Kurz a été renversé ce lundi 27 mai par une motion de censure, dix jours après le scandale de corruption, a déclaré la vice-présidente du Parlement, Doris Bures à laquelle se réfère l’AFP. 

 

Sebastian Kurz (Archivbild)

© SPUTNIK . ALEXEY WITWIZKI

Le chancelier autrichien Kurz menacé d’une motion de censure

La motion a été votée par le FPÖ et l'opposition sociale-démocrate (SPÖ), qui rassemblent à eux deux 103 des 183 sièges du Conseil national, la chambre basse du Parlement autrichien, selon Reuters. 

 

Le Président Alexander Van der Bellen va désormais devoir nommer un nouveau chancelier capable d'obtenir une majorité parlementaire pour gouverner jusqu'aux législatives.

Sebastian Kurz a remanié son cabinet le 22 mai après le départ de l'ensemble des ministres FPÖ suite au départ forcé de Heinz-Christian Strache. Ce dernier avait annoncé sa démission des postes de vice-chancelier autrichien et de président du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) dans un contexte de scandale.

 

Sebastian Kurz

© REUTERS / LEONHARD FOEGER

En pleine crise gouvernementale en Autriche, Kurz annonce des législatives anticipées

En effet, une vidéo, diffusée le 17 mai par les médias allemands Der Spiegel et Süddeutsche Zeitung et réalisée secrètement à Ibiza avant les élections législatives autrichiennes de 2017, montre Heinz-Christian Strache à côté d'une femme blonde. D'après ces journaux, il s'agit de la nièce d'un oligarque russe à qui il a proposé des contrats gouvernementaux en échange d'un soutien financier à son propre parti en vue des élections.

 

Heinz-Christian Strache assure toutefois que la femme en question est citoyenne lettonne et non russe. Il reconnaît avoir commis «une erreur», en précisant ne pas vouloir «fournir un prétexte pour affaiblir la coalition» formée en décembre 2017.

https://fr.sputniknews.com/international/201905271041256929-autriche-kurz-renverse-par-parlement/


 

LE PEUPLE HONGROIS SE REVEILLE ENFIN CONTRE VIKTOR ORBAN ET SA NOUVELLE LOI TRAVAIL "ESCLAVAGISTE"

La Hongrie semble bien décidée à enfin tenir tête à Viktor Orbán

Joël Le Pavous —  — mis à jour le 19 décembre 2018 à 11h44

Le mouvement contre la nouvelle loi travail «esclavagiste» et la mise en place de tribunaux administratifs soumis à l’État évolue en vaste contestation du système Fidesz.

Manifestation devant le siège de la télévision publique hongroise, le 16 décembre 2018 à Budapest | Peter Kohalmi / AFP

Manifestation devant le siège de la télévision publique hongroise, le 16 décembre 2018 à Budapest | Peter Kohalmi / AFP

Temps de lecture: 5 min

Après la réélection triomphale de Viktor Orbán pour un troisième mandat consécutif en avril 2018, la Hongrie semblait définitivement acquise à la cause du leader «illibéral» ferraillant vaillament contre Bruxelles, l'immigration et tout ce qui touche de près ou de loin au milliardaire honni George Soros.

Comme en 2014, l’opposition morcelée et dévitalisée s’était tiré une balle dans le pied en s’écharpant, au lieu de construire une stratégie commune pour débouter le meilleur élève européen de Poutine.

 

Huit mois plus tard, l’homme fort de Budapest, dont la suprématie n’a jamais été écornée depuis son retour au pouvoir en 2010, affronte une colère inédite, qui dure et pourrait se prolonger après les fêtes.

Exaspération justifiée

La révolte est partie de deux lois controversées. L’une pensée pour l’industrie automobile allemande permet aux patrons d’imposer 400 heures supplémentaires à leur personnel, contre 250 auparavant. L’autre créé une juridiction spéciale chargée d’examiner les dossiers traitant de corruption, de droit d’asile et de marchés publics, le tout coordonné par le ministère de la Justice et des juges pro-pouvoir.

L’insatisfaction aurait pu s’estomper au terme d’un défilé gentillet comme de coutume, mais la population hongroise remontée depuis près d’une semaine a épuisé sa patience à force de génuflexions fatalistes devant le détricotage en règle de l’État de droit, les attaques contre la presse critique, la criminalisation des SDF ou la croisade anti-ONG.

«L’exaspération est justifiée, estime le philosophe Tamás Miklós Gaspár sur le site d’opinion Mérce. La Hongrie est le plus mauvais élève européen des libertés publiques et de l’autonomie des institutions.»

«La majorité de la population n’a pas d’accès à une information ou à une culture de qualité. Les loyers crèvent le plafond et la situation du logement est dramatique. Certaines régions rappellent le tiers-monde. Les services publics s’effondrent. L’émigration explose et la natalité décline. Les médias financés par l’État propagent des préjugés et la culture nationale dépérit. Les manifestations ne réunissent pas des foules extraordinaires, mais l’air sent la poudre», développe l’intellectuel de gauche.

À LIRE AUSSI Malgré le camouflet du Parlement européen, n’enterrons pas Orbán trop vite

Mouvement unitaire

Ces derniers jours, les gaz lacrymogènes ont effectué un retour remarqué à Budapest, douze ans après les émeutes de l’automne 2006 contre le gouvernement social-démocrate de Ferenc Gyurcsány et quatre ans après la mobilisation anti-«taxe internet» de fin octobre 2014 ayant abouti au retrait du projet de loi détesté.

Les policiers déployés en masse près du Parlement mercredi 12, jeudi 13 et vendredi 14 décembre se sont copieusement servis des sprays au poivre afin d’éloigner les personnes les plus survoltées. Même chose dimanche 16 au soir devant le siège de la télévision publique, où une partie des dix mille contestataires du centre-ville ont prolongé la grogne jusqu’au temple du pouvoir médiatique orbánisé.

 

Le lendemain au siège de la MTVA, une foule compacte et motivée remettait le couvert, malgré le froid glacial, face à un mur de policiers équipés de casque anti-émeutes. Le matin même, les vigiles de l'édifice exfiltraient sans ménagement deux des douze parlementaires d’opposition ayant passé la nuit sur place.

Ákos Hadházy, Bernadett Szél et leurs camarades voulaient faire lire à l’antenne un message réclamant l’abrogation de la loi travail, moins d’heures supplémentaires pour les forces de l’ordre, des tribunaux indépendants, l’adhésion de la Hongrie au parquet européen et des médias publics libres. L’opération n’a pas fonctionné, mais les cinq points ont résonné en chœur dans les rangs le lundi 17 décembre soir.

Presque au même moment, un membre de la présidence du Parti socialiste (MSZP) invité sur la chaîne d’information en continu EchoTV, propriété d’un oligarque ami de Viktor Orbán, énonce les revendications peu après les présentations d’usage, sans que l’animateur ne parvienne à l’interrompre.

La célèbre journaliste politique Olga Kalman, limogée du BFMTV local HírTV, repris en main par un proche du pouvoir quelques semaines après les élections législatives, s’est elle aussi livrée à une lecture consciencieuse du manifeste blacklisté de la télé publique via une vidéo partagée sur Facebook.

Au sixième jour de protestation en Hongrie, le ressentiment dépasse les clivages politiques et sociaux.

«Jusqu’ici, l’opposition n’était bonne qu’à s’entretuer, au lieu de retrousser ses manches contre Orbán. Aujourd’hui, les partis de gauche, les libéraux et le Jobbik réputé d’extrême droite ont enfin compris qu’il fallait s’unir, car le texte sur les heures supplémentaires concerne la majorité des Hongrois», témoigne Zsuzsa, entre deux gorgées de thé fumant distribué aux manifestants du lundi 17 décembre.

«Les étudiants et les intellectuels défilent avec les travailleurs et les retraités, et les syndicats appellent à des grèves –chose rare en Hongrie. Difficile de savoir si ce mouvement perdurera, mais cette loi travail est la goutte qui a fait déborder le vase», souligne la trentenaire budapestoise, employée d'une multinationale.

À LIRE AUSSI Les «consultations nationales» d’Orbán, une hypnose idéologique

«Fenêtre de tir»

L’extension de la mobilisation aux grandes agglomérations de province comme Szeged, Debrecen, Pécs, Békéscsaba, Miskolc et Veszprém prouve que la rancœur monte au-delà de la bulle de Budapest.

Près de 600.000 personnes ont déserté la Hongrie pour mieux gagner leur croûte, et l’exode continue. Certaines grandes firmes basées en région compensent le manque criant de bras avec des travailleurs ukrainiens ou roumains trop heureux d’empocher 600 euros –le double voire le triple des SMICS locaux. L’usine Mercedes de Kecskemét augmente les salaires de base de 35%, donne un treizième mois après un an d’ancienneté et instaure une prime de vacances pour endiguer la fuite des ouvriers vers l’Ouest.

L’exécutif vante la «défense des familles» à travers une consultation nationale polémique insistant sur la nécessité de faire des enfants afin de corriger le déclin démographique. Mais les 400 heures supplémentaires, adoptées sous les sifflets de l’opposition et payables dans un délai hallucinant de trois ans, ressuscitent de facto le «samedi communiste» travaillé, qui éloignait les parents de leur progéniture six jours par semaine au nom de l’idéal soviétique.

Les sourires d’Orbán et de ses proches lors du vote, l’arrestation musclée de la vice-présidente du parti centriste Momentum et les coups infligés aux parlementaires occupant une loge de la télévision publique ont contribué à intensifier le courroux.

«Les protestations ouvrent une fenêtre de tir aux institutions européennes se plaignant depuis longtemps de la faible opposition politique en Hongrie, face au durcissement du régime. Cette vague soudaine de révolte peut facilement être étouffée, mais elle offre une chance au pays d’entamer une transition lui permettant de revenir vers la démocratie libérale»écrit le politologue Dániel Hegedűs.

«Le mouvement ne deviendra pas un Maïdan sauf provocations sérieuses, mais il pourrait rééquilibrer la balance du pouvoir politique et ouvrir des perspectives de renouveau démocratique. Manquer cette opportunité serait une erreur politique de l’UE», insiste le professeur à l’université Humboldt de Berlin.

Face à cette fronde danubienne quasiment sans gilets jaunes et sans précédent, le gouvernement qui ironisait récemment sur les concessions d’Emmanuel Macron diabolise les contestataires, que les médias liés au pouvoir qualifient de «traîtres», de «perturbateurs» ou de «vandales à la solde de Soros» –dont l’Université d’Europe centrale a été contrainte de transférer ses activités à Vienne.

Depuis 2010, Orbán a connu de nombreux remous qui ne l’ont pas empêché de bâtir un État-parti en Hongrie. Sa puissante base provinciale le protège de tout retournement improbable, même si le flot de mécontentement enfle. La «révolution du paprika» n’est pas pour demain, mais la Hongrie se réveille enfin.

http://www.slate.fr/story/171357/hongrie-viktor-orban-autoritarisme-manifestations-contestation


 

COMMENT LE PORTUGAL SE DIRIGE VERS LE PLEIN EMPLOI EN FAISANT L'INVERSE DE CE QU'EXIGE L'UE VOMIE PAR LA MAJORITE DES PEUPLES QUI LA COMPOSENT

Comment le Portugal se dirige vers le plein emploi… en faisant l’inverse de ce qu’exige Bruxelles

 

Salaire minimum en hausse, taxe sur les gros chiffres d’affaire, revalorisation des retraites… Lisbonne ose prendre le contre-pied du dogme économique de l’UE. Et au grand dam des promoteurs de l’austérité, cette politique porte ses fruits.

Y aurait-il, face au fameux modèle allemand, un contre-modèle portugais ? A en juger par les chiffres excellents dont Lisbonne peut s’enorgueillir, il semblerait que le dogme de l’austérité, vanté par l’Union Européenne (UE) comme l’unique option économique viable, se voie sérieusement remis en question.

Avec un taux de chômage en baisse constante depuis novembre 2015, le Portugal, qui était au bord du gouffre économique il y a quelques années encore, fait désormais plus que relever la tête : il peut même regarder de haut ses voisins, au premier rang desquels la France. Alors que le taux de chômage culminait à 17,5% début 2013, il n’est désormais plus que de 7,9% début 2018, c’est-à-dire en-dessous des 8,9% affichés par la France.

Les Portugais ont-ils, en bon élèves européens, consenti à un gel ou une baisse de leurs salaires pour retrouver le chemin de l’emploi ? Bien au contraire, le salaire minimum a été augmenté de 530€ à 557€ en 2017 et doit être porté à 600€ en 2019. Lisbonne aurait-elle alors suivi l’exemple français et allemand en soulageant la fiscalité des entreprises ? Là encore, pas du tout : le gouvernement portugais a par exemple créé une taxe pour toutes les entreprises au chiffre d’affaire supérieur à 35 millions d’euros.

En réalité, sur de nombreux points, la politique économique portugaise prend le contre-pied total de celle qui est recommandée par Bruxelles et appliquée par Berlin ou Paris depuis plusieurs années.

Le budget 2018 du Portugal prévoit ainsi une hausse des pensions de retraite, un programme de valorisation de la fonction publique ou encore, bien loin de la théorie du ruissellement, une diminution d’impôts pour les classes moyennes. Tandis que Bruxelles théorise et impose une doctrine de rigueur reposant notamment sur la baisse des salaires et la réduction drastique des dépenses sociales, le Portugal semble ainsi contredire toutes les leçons européennes en matière économique.

Pourquoi la réussite portugaise n’emballe pas Bruxelles

Le gouvernement de gauche d’Antonio Costa peut se targuer d’avoir mis en pratique et avec succès une politique économique ambitieuse. Pourquoi dès lors le modèle portugais est-il si peu vanté dans l’UE et si peu visible dans la presse ? Sans doute parce qu’il démontre que les politiques de relance, un concept devenu quasi tabou en Europe, peuvent bel et bien porter leurs fruits. Celles-ci reposent sur une idée simple : stimuler la consommation en améliorant les salaires et ainsi remplir les carnets de commande des entreprises, avec des effets positifs pour l’investissement et la productivité.

Alors que de nombreux gouvernements européens acquis au dogme libéral et austéritaire exigent de leurs citoyens des sacrifices dont les résultats promis peinent à venir, on comprend le peu d’enthousiasme que suscitent les choix politiques du gouvernement d’Antonio Costa auprès de l’opposition de droite, partisane de la politique de rigueur européenne.

Le Premier ministre portugais n’hésite d’ailleurs pas à attaquer de front la ligne jadis suivie par la droite, en conformité avec les attentes de l’UE : «La politique d’austérité suivie ces dernières années a eu pour conséquence une augmentation sans précédent du chômage avec des effets sociaux dévastateurs sur les jeunes et les citoyens les moins qualifiés, ainsi que les familles et les milliers de Portugais au chômage : elle a été aussi associée à une dévalorisation de la dignité du travail et des droits des travailleurs.»

LA POLITIQUE D’AUSTÉRITÉ A EU POUR CONSÉQUENCE UNE AUGMENTATION SANS PRÉCÉDENT DU CHÔMAGE AVEC DES EFFETS SOCIAUX DÉVASTATEURS

Cette politique non-orthodoxe irrite a fortiori les instances bruxelloises. La Commission juge d’ailleurs que le budget 2018 du Portugal ne satisfait pas aux exigences européennes de réduction des dépenses publiques, fixées à 0,6%, puisqu’il ne permettrait qu’une diminution de… 0,4%. L’UE semble mal digérer que le Portugal fasse mentir le mantra bruxellois selon lequel seule une réduction des dépenses publiques permet de diminuer le déficit budgétaire.

En démontrant qu’une politique de la demande est capable d’enclencher un cercle vertueux conduisant à l’accroissement des recettes de l’Etat, Lisbonne remet en cause les fondements mêmes d’un dogme économique que l’UE s’acharne à croire gravé dans le marbre, à moins qu’il ne s’agisse de son ADN même ?

Paradoxe très européen : les deux défenseurs les plus zélés de la doctrine économique de Bruxelles, Berlin et Paris, sont loin d’être les mieux placés pour indiquer la voie. Avec une croissance qui ralentit, une consommation en baisse et des investissements moindres au premier trimestre 2018, la France et l’Allemagne pourraient se montrer moins sûres d’elles. Et pourtant, le modèle allemand jouit toujours d’une publicité exceptionnelle partout en Europe et Emmanuel Macron envisage plus que jamais de prendre le leadership d’une UE 2.0.

source : https://francais.rt.com/economie/53308-comment-portugal-se-dirige-vers-plein-emploi-faisant-inverse-exige-bruxelles