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LES AVIONS DE CHASSE US DE 5e GENERATION F-35 DE L'ARMEE BELGE SONT INAPTES AU COMBAT AVEC 941 DEFAILLANCES CONSTATEES

F-35

Les F-35 de l’armée belge seraient inaptes au combat avec 941 défaillances constatées

© AP Photo / Rick Bowmer

DÉFENSE

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Les avions de cinquième génération F-35 présentent 941 manquements et défaillances relatifs à la précision de tir, la durabilité ou la sécurité de ses systèmes informatiques, souligne un rapport d’un groupe de recherche américain.

Les avions de chasse américains F-35, dont la Belgique compte recevoir 34 exemplaires d'ici 2025, souffrent de nombreux défauts techniques qui les rendent inaptes au combat et mettent la vie de leurs équipages en danger, d'après un rapport du groupe de recherche indépendant POGO basé à Washington.

 

Des marins américains (Archivbild)

© AP PHOTO / MARCO GARCIA

Les chasseurs F-35, pomme de discorde entre le Royaume-Uni et les États-Unis?

Le groupe a diffusé un document rédigé par le Director Operational Test & Evaluation (DOT&E), qui rend compte directement au chef du Pentagone, selon lequel l'avion présente 941 manquements et défaillances relatifs à la précision de tir, la durabilité ou la sécurité de ses systèmes informatiques.

 

«Le squelette structurel du F-35 présente des fissures et des cassures. Du coup, l'avion ne peut pas atteindre la durée de vie promise de 8.000 heures de vol», constate Jan Grazier, journaliste d'investigation au POGO, cité par le quotidien belge Le Vif.

 

Lockheed Martin F-35 Lightning II

© AP PHOTO / NORTHROP GRUMMAN

La France tacle durement les États-Unis sur l’Otan et les F-35

Dans le même temps, le F-35 s'avère facile à pirater, tandis que les données rassemblées et enregistrées par le système ne sont pas fiables, indique le rapport. L'arme à bord de l'appareil laisse elle aussi à désirer. Ainsi, si le pilote se fie aux données projetées sur son viseur de casque, l'arme tire souvent à côté de la cible, ce qui augmente les risques de toucher ses propres troupes dans les situations de combat.

 

Des 941 défaillances détectées, une centaine sont classées catégorie I, c'est-à-dire qu'elles mettent en danger la vie du personnel, indique le POGO.

La Belgique avait lancé en mars 2017 un appel d'offres pour 34 avions de combat en vue de remplacer ses F-16 vieillissants. Le 25 août 2018, Bruxelles a officiellement annoncé sa volonté de se doter de F-35 fabriqués par Lockheed Martin. Les avions concurrents, l'Eurofighter Typhoon et le Rafale de Dassault (pas formellement proposé), n'ont pas été sélectionnés.

https://fr.sputniknews.com/defense/201903281040525551-f35-belgique-defaillances-rapport/


 

"EXCUSEZ-NOUS, ON IGNORAIT QU'IL ETAIT INVISIBLE" : LE F-117 ABATTU PAR LES SERBES EN 1999

Un F-117

«Excusez-nous, on ignorait qu’il était invisible»: le F-117 abattu par les Serbes en 1999

© AP Photo / Al Behrman

INTERNATIONAL

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Un à zéro: un missile soviétique des années 1960, le courage, l’optimisme et un élan patriotique, contre un invincible bombardier américain furtif, truffé de technologies modernes et destiné par l’Otan à «porter la liberté» au peuple de Yougoslavie. Sputnik raconte l’histoire d’un «miracle» survenu aux premiers jours des bombardements de la Serbie.

Le chasseur F-117, un «Faucon de nuit», appareil invisible, fleuron de l'Armée de l'air des États-Unis et bijou de technologie, a été abattu trois jours à peine après le début des bombardements de la Yougoslavie, le 27 mars 1999, près du village serbe de Budjanovci, dans le district de Syrmie. Il a été l'unique perte confirmée d'un avion conçu selon la technologie stealth de la flotte de l'Otan.

Pendant l'agression de l'Otan contre la Yougoslavie, le colonel de la DCA de l'armée yougoslave, Zoltan Dani, commandait le 3e groupe de batteries de la 250e brigade de missiles. Les hommes placés sous ses ordres ont abattu le merveilleux bombardier américain et sont ainsi devenus les héros de la Serbie.

 

Opération armée de l'Otan contre la Yougoslavie: histoire du conflit

© SPUTNIK .

Opération armée de l’Otan contre la Yougoslavie: histoire du conflit

Le colonel à la retraite a raconté à Sputnik qu'en 1999, des radars métriques à système de diapason étaient utilisés pour détecter et surveiller des cibles aériennes.

 

«Les radars métriques à diapason détectent plus facilement les avions à la technologie stealth. Aussi, avons-nous réussi à le détecter [le F-117, ndlr] à temps et à lui permettre d'entrer le plus possible dans notre zone de frappe. Et c'est seulement quand l'avion ne se trouvait qu'à 15 mètres, que j'ai ordonné à l'officier Senad Muminovic de viser la cible et de tirer le missile», se souvient Zoltan Dani.

La vidéo contient des séquences fournies par le Centre de cinéma militaire Zastava film

 

Le F-117 s'est forgé sa réputation en 1991 lors de ses raids en Irak, au cours de la guerre du Golfe. Il est alors devenu le symbole de la puissance militaire, grâce justement à ces technologies modernes qui lui permettaient de rester «invisible» pour tous les radars. Il s'est toutefois avéré que «ce n'était pas écrit» pour les radars serbes.

Selon le colonel, l'armée yougoslave était dotée de matériels soviétiques, notamment de missiles anti-aériens S-125M «Neva», livrés en Yougoslavie au début des années 1980 et fabriqués dans les années 1960.

«Il était très important que nous réussissions à garder ce matériel en bon état et à le préparer à l'utilisation au combat. Cela nous a permis d'obtenir des résultats incroyables: d'abattre le F-117», a souligné M.Dani.

Peu nombreux sont ceux qui savent qu'en cette nuit mémorable, les combattants du 3e groupe de batteries de la 250e brigade de missiles de la défense anti-aérienne de l'armée yougoslave ignoraient même l'importance de la cible qu'ils avaient abattue. Selon le colonel à la retraite, le plus important était alors d'éteindre au plus vite les appareils pour que l'ennemi ne les détecte pas.

«Bien sûr qu'on s'est félicités de cette réussite, mais rien de plus. Quoi qu'il en soit, on était très bien comme après un but marqué dans un match très important. C'est seulement le lendemain matin qu'un officier du commandement suprême qui est venu nous féliciter a demandé si nous savions ce que nous avions abattu. J'ai dit: "Je n'en ai aucune idée. Une cible quelconque". Et alors, il nous a dit que c'était bien un F-117», a confié l'ancien militaire.

 

Un crime dont le souvenir reste vivace: l’opération de l’Otan contre la Yougoslavie

© AP PHOTO / U.S. AIR FORCE, MSGT. KEITH REED

Un crime dont le souvenir reste vivace: l’opération de l’Otan contre la Yougoslavie

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Ce succès a communiqué aux Serbes un puissant optimisme et leur a conféré des forces pour résister à l'agression. À l'époque, une photo de villageois de Budjanovci dansant sur les ailes de l'avion abattu avec l'inscription «Excusez-nous, on ignorait qu'il était invisible» a fait le tour des médias. Selon M.Dani, un tel élan n'était inspiré par rien de matériel, mais par une tout autre chose que peu de personnes dans les pays de l'Otan peuvent sans doute comprendre.

 

«Le principal est qu'il y ait des relations de confiance entre les structures dirigeantes et ceux qui remplissent la mission. Le moral et la motivation patriotique étaient alors au plus haut niveau, et les gens ordinaires sur le terrain coopéraient volontiers avec nous, en nous aidant comme ils le pouvaient. Je me souviens de notre déploiement sur un terrain très accidenté près de la localité d'Ogar. On n'a pas réussi à nous faire parvenir notre ration, mais les habitants locaux nous ont apporté des paniers pleins de provisions. C'était vraiment bon!», a poursuivi l'ancien militaire.

Et d'ajouter que, même après 78 jours de bombardements, personne ne songeait même à se rendre.

«Ils [l'Otan, ndlr] auraient pensé "en venir à bout" en une semaine. Après le 50e jour, la campagne antiyougoslave s'est mise à s'essouffler et à perdre de son actualité. Il s'est avéré que tout n'était pas comme ils se l'étaient imaginés. À la fin de l'opération, il ne restait que des pilotes américains et britanniques. Je pense que si cette intervention s'était prolongée, l'Otan aurait eu de sérieux problèmes, que cela aurait pu être même le début de l'éclatement de l'Alliance. Quelqu'un aurait pu se demander: à quoi bon tout cela si notre alliance ne sert pas du tout son but?», a relevé M.Dani.

 

Kosovo

© SPUTNIK . ILYA PITALEV

La diplomatie russe qualifie les bombardements en Serbie de «tache de honte» pour l’Otan

Il a rappelé que, du 27 mars au 1er mai 1999, l'Otan avait exploré le territoire de l'ouest de la Syrmie où se situe justement le village de Budjanovci. Les forces de l'Otan ne parvenaient pas à comprendre ce qui aurait pu abattre un tel avion.

 

«Ils étaient persuadés que c'était bel et bien impossible. Tous les pilotes des avions de combat ont des capteurs GPS sur eux pour qu'on puisse les retrouver si leur avion est abattu. Pourtant, le pilote de ce même F-117 n'en avait pas, on ne sait pas pourquoi», a indiqué le colonel à la retraite.

C'est l'Américain Dale Zelko qui avait piloté le «Faucon de nuit» abattu. Pour le retrouver, l'opération de secours et de sauvetage la plus large depuis la guerre du Vietnam a été lancée. Douze ans plus tard, le réalisateur Zeljko Mirkovic a fait deux documentaires sur le destin de Zoltan Dani et de Dale Zelko, The 21st Second en 2009 et The Second Meeting en 2013. On a beaucoup écrit à propos du second documentaire, comme d'un «film optimiste sur l'amitié et la réconciliation».

 

Les bombardements en ex-Yougoslavie

© AP PHOTO/ DIMITRI MESSINIS

Yougoslavie: l’Otan devra répondre de ses bombardements, selon un député russe

Zoltan Dani a précisé avoir accepté cette rencontre inhabituelle avec l'ennemi d'autrefois grâce au livre du patriarche Pavle sur le pardon (il semble que M.Dani entende par cela les sermons et la biographie du patriarche Pavle de Serbie, édités dans le livre intitulé Budimo ljudi, après sa mort en 2009).

 

«Zelko m'a raconté que six mois avant le début des bombardements, on les avait réunis sur la base dans le Nouveau-Mexique où, à part des entraînements au combat, on les avait "conditionnés" psychologiquement. On leur faisait visionner des films qui présentaient la situation en Yougoslavie sous le pire jour possible. Et ils pensaient effectivement qu'ils venaient nous apporter la liberté. Après, quand Zelko est arrivé en Serbie pour le tournage, il a dit: "J'ai bien l'impression qu'on nous a trompés"», a raconté le Serbe.

Ni Zelko, ni Dani ne sont plus militaires. L'ex-colonel de la DCA de l'armée yougoslave garde chez lui un fragment de l'avion abattu. Et bien qu'on lui ait proposé beaucoup d'argent pour ces «reliques», il dit n'avoir jamais eu l'idée de les vendre.

Par Natasa Milosavljevic

https://fr.sputniknews.com/international/201903241040475266-avion-usa-serbes-bombardements-yougoslavie-otan-pilote-documentaires/


 

MILAN : LE CONDUCTEUR D'UN BUS REMPLI D'ENFANTS L'INCENDIE POUR DENONCER LE SORT DES MIGRANTS EN MEDITERRANEE

Milan : le conducteur d'un bus rempli d'enfants incendie son véhicule en soutien aux migrants

Milan : le conducteur d'un bus rempli d'enfants incendie son véhicule en soutien aux migrants

© Reuters TV Source: Reuters

Les restes du bus incendié par un chauffeur près de Milan

Un conducteur d'autocar italien d'origine sénégalaise a mis le feu à son bus remplis de collégiens, manifestement pour dénoncer le sort des migrants en Méditerranée. Tous les adolescents sont parvenus à s'enfuir.

Un bus qui transportait des collégiens a été incendié par son chauffeur dans la banlieue de Milan, en Italie, rapporte notamment l'agence Reuters, citant des sources italiennes. Tous les adolescents ont réussi à s'enfuir avant que le véhicule ne soit entièrement ravagé les flammes.

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Ruptly@Ruptly

 

Driver sets schoolbus on fire near , 14 intoxicated

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Arrêtez les morts en mer, je vais faire un massacre

Selon la police italienne, l'incendiaire, un Italien d'origine sénégalaise de 47 ans nommé Ousseynou Sy, aurait agi de la sorte pour protester contre les noyades de migrants en mer Méditerranée. «Arrêtez les morts en mer, je vais faire un massacre», aurait-il hurlé, selon la police. 

Les 51 enfants qui se trouvaient à bord du véhicule ont réussi à s'enfuir. La police a rapporté que certains d'entre eux avaient été emmenés à l'hôpital par mesure de précaution mais qu'aucun n'avait été gravement blessé. 

Lire aussi : Bus incendié par son chauffeur en Italie : le témoignage effroyable d'un enfant

Le ministre de l'Intérieur, vice-président du Conseil des ministres et leader du parti de droite anti-immigration Lega, Matteo Salvini, n'a pas tardé à réagir sur Twitter. Il s'est interrogé sur les conditions ayant permis à l'homme, selon lui connu pour des faits de conduite en état d'ivresse et de violences sexuelles, d'exercer ce métier et transporter des enfants. 

Matteo Salvini@matteosalvinimi

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Un senegalese con cittadinanza italiana al volante di uno scuolabus, con precedenti per guida in stato di ebbrezza e violenza sessuale, ha dirottato il mezzo e infine gli ha dato fuoco. È successo in provincia di Milano. L’uomo è stato arrestato.http://www.ilgiornale.it/news/cronache/senegalese-d-fuoco-bus-bordo-anche-scolaresca-1665920.html …

Senegalese dà a fuoco al bus. A bordo anche una scolaresca

Paura nel Milanese. Un uomo dopo aver fatto scendere tutti i passeggeri ha sparso benzina sul mezzo dandolo alle fiamme

ilgiornale.it

Matteo Salvini@matteosalvinimi

In questo momento le Forze dell’Ordine stanno perquisendo la sua abitazione. Voglio vederci chiaro: perché una persona con simili precedenti guidava un pullman per il trasporto di ragazzini?

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Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et relayée par plusieurs titres de presse montre un bus sur une voie rapide forcer le passage alors qu'une voiture de police lui barre la route, pendant que des enfants sautent du véhicule en marche. Le bus s'immobilise de nouveau un peu plus loin, tandis que les enfants courent à toute vitesse pour s'éloigner du véhicule.

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MANLIO DINUCCI : LE "PARTI AMERICAIN" DANS LES INSTITUTIONS UE

Le “parti américain” dans les institutions Ue

L'art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 19 mars 2019

ilmanifesto.it

Région : 

Thème: 

Analyses: 

“La Russie ne peut plus être considérée comme un partenaire stratégique et l’Union européenne doit être prête à lui imposer d’ultérieures sanctions si elle continue à violer le droit international” : c’est ce qu’établit la résolution approuvée par le Parlement européen le 12 mars avec 402 voix pour, 163 contre et 89 abstentions. La résolution, présentée par la parlementaire lettone Sandra Kalniete, nie avant tout la légitimité des élections présidentielles en Russie, en les qualifiant de “non-démocratiques”, et en présentant ainsi le président Poutine comme un usurpateur.

Elle accuse la Russie non seulement de “violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de la Géorgie”, mais de l’”intervention en Syrie et de l’interférence dans des pays comme la Libye”, et, en Europe, d’interférence visant à influencer les élections et à attiser les tensions”. Elle accuse la Russie de “violation des accords de contrôle des armements”, en lui attribuant la responsabilité d’avoir fossoyé le Traité FNI. Elle l’accuse en outre d’ “importantes violations des droits de l’homme en Russie, y compris tortures et exécutions extra-judiciaires”, et d’”assassinats perpétrés par des agents de renseignement russes au moyen d’armes chimiques sur le sol européen”.

Au terme de ces accusations et d’autres, le Parlement européen déclare que le Nord Stream 2 -le gazoduc destiné à doubler la fourniture de gaz russe à l’Allemagne à travers la Mer Baltique- “accroît la dépendance européenne vis-à-vis de l’approvisionnement en gaz russe, menace le marché intérieur européen et ses intérêts stratégiques […] et qu’il doit donc y être mis fin”.

La résolution du Parlement européen répète fidèlement, non seulement dans ses contenus mais dans ses paroles mêmes, les accusations que les USA et l’Otan adressent à la Russie. Et chose plus importante, il répète fidèlement la demande de bloquer le Nord Stream 2 : objectif de la stratégie de Washington visant à réduire les fournitures énergétiques russes à l’Union européenne pour les remplacer par celles provenant des États-Unis ou en tous cas de compagnies étasuniennes.

Dans ce même cadre entre la communication de la Commission européenne aux pays membres, dont l’Italie, ayant l’intention d’adhérer à l’initiative chinoise de la Nouvelle Route de la Soie : la Commission les prévient que la Chine est un partenaire mais aussi un concurrent économique et, chose de la plus haute importance, “un rival systémique qui promeut des modèles alternatifs de gouvernance”, en d’autres termes des modèles alternatifs à la gouvernance jusque là dominée par les puissances occidentales.

La Commission avertit qu’il faut avant tout “sauvegarder les infrastructures digitales critiques de menaces potentiellement sérieuses contre la sécurité”, dérivant de réseaux 5G fournis par des sociétés chinoises comme Huawei mise au ban par les États-Unis. La Commission européenne répète fidèlement l’avertissement des États-Unis aux alliés. Le Commandant Suprême Allié en Europe, le général étasunien Scaparrotti, a averti que les réseaux mobiles ultra-rapides de cinquième génération joueront un rôle de plus en plus important dans les capacités guerrières de l’Otan : de ce fait ne sont pas admises de “légèretés” de la part des alliés.

Tout cela confirme quelle influence exerce le “parti américain”, puissant camp transversal qui oriente les politiques de l’Union le long des lignes stratégiques USA/Otan.

En construisant la fausse image d’une Russie et d’une Chine menaçantes, les institutions Ue préparent l’opinion publique à accepter ce que les États-Unis sont en train de préparer pour “défendre” l’Europe : les États-Unis -a déclaré à CNN un porte-parole du Pentagone- se préparent à tester des missiles balistiques avec base à terre (interdits par le Traité FNI enterré par Washington), c’est-à-dire de nouveaux euromissiles qui feront à nouveau de l’Europe la base et en même temps la cible d’une guerre nucléaire.

Manlio Dinucci

 

 

Édition de mardi 19 mars 2019 deil manifesto

https://ilmanifesto.it/il-partito-americano-nelle-istituzioni-ue/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2019

https://www.mondialisation.ca/le-parti-americain-dans-les-institutions-ue/5632135


 

LA CIA DESTABILISE L'UE POUR FAIRE AVANCER CES OBJECTIFS FUNESTES : RENVERSER LE GOUVERNEMENT NORD-COREEN

La CIA déstabilise l’Europe pour faire avancer ces objectifs funestes

Mon Mar 18, 2019 7:37PM

Tout ce que fait la Central Intelligence Agency (CIA) est illégal, c’est pourquoi le gouvernement lui fournit la protection du secret total. (Photo à titre d'illustration de haitiliberte.com)

Tout ce que fait la Central Intelligence Agency (CIA) est illégal, c’est pourquoi le gouvernement lui fournit la protection du secret total. (Photo à titre d'illustration de haitiliberte.com)

Plusieurs mois se sont passés depuis le prétendu attentat déjoué à Villepinte en France. Les responsables français avaient ainsi prétendu que l’Iran était impliqué dans un incident ayant visé une réunion du groupuscule terroriste, les « Moudjahidines du peuple ou OMK », connu en Iran sous le nom des Monafeghines (les hypocrites) ; accusation sans fondement qui reposait sur des informations fournies par le Mossad.

Et voilà qu’on apprend que la CIA aurait été complice d’un mystérieux groupe dissident étant à l’origine d’une attaque contre l’ambassade de la Corée du Nord à Madrid. Sans scrupule, la CIA se permet de déstabiliser les alliés européens des États-Unis. Or, certaines sources y voient des tentatives américaines d’aider à un plan de renversement du gouvernement nord-coréen. Ne devrait-on pas douter de la bonne foi des responsables US lorsqu’ils parlent du dialogue avec Pyongyang ?

Le site d’information Opex360.com proche des milieux militaires français écrit que le 22 février, soit quelques jours avant la rencontre, à Hanoï, du président américain Donald Trump et du leader nord-coréen Kim Jong-un, des hommes armés ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’ambassade de la Corée du Nord à Madrid, où ils ont ensuite séquestré une partie du personnel et volé des données informatiques et des téléphones portables.

« Près d’un mois plus tard, les tenants et les aboutissants de cette affaire demeurent mystérieux », écrit le site. Cette semaine, la presse espagnole a révélé que deux des assaillants étaient connus pour entretenir des liens avec la CIA. Et d’en conclure que le service américain était à l’origine de cette opération qu’un simple groupe de malfaiteurs n’aurait pas été en mesure de concevoir et d’exécuter.

Le contre-espionnage espagnol, a précisé le quotidien El Pais, a même demandé des explications à la CIA. Mais si cette dernière a nié toute responsabilité dans cette affaire, elle l’a fait de manière « peu convaincante », affirme le journal, en s’appuyant sur des « sources gouvernementales ».

Le 15 mars, en se basant sur des confidences faites par des personnes « proches du dossier », le Washington Post a avancé une autre piste. Ainsi, d’après lui, cette intrusion dans l’ambassade serait le fait d’un groupe appelé « Défense civile Cheollima » [DCC], dont le but est de renverser, ni plus ni moins, le gouvernement nord-coréen. Et cette organisation a d’ailleurs fait récemment parler d’elle en publiant un communiqué pour se proclamer “gouvernement provisoire du Nord” sous le nom de “Joseon libre” [du nom de la dynastie coréenne qui régna sur la péninsule entre 1392 et 1910, année de son annexion par le Japon, ndlr]. »

En 2017, le groupe Cheollima [ou « Free Joseon] a pris part à l’évacuation vers Macao de Kim Han-sol, le fils de Kim Jong-nam, le demi-frère de Kim Jong-un qui venait alors d’être assassiné lors d’une attaque commise au moyen d’un gaz neurotoxique en Malaisie. D’après le site opex360, le Wall Street Journal avancera par la suite que l’organisation avait reçu de l’aide de la part de certains pays dont les États-Unis.

« Quoi qu’il en soit, le Washington Post avance que la CIA aurait été “probablement consciente” qu’une telle opération contre une emprise diplomatique nord-coréenne à quelques jours d’un sommet crucial aurait pu faire dérailler les discussions en cours entre les États-Unis et la Corée du Nord. » Du moins, c’est, d’après l’article, ce qu’a assuré Sue Mi Terry, une ex-analyste de la centrale de Langley. « Ce n’est pas quelque chose que la CIA entreprendrait », a-t-elle dit.

En attendant, la CIA s’est refusée à faire le moindre commentaire. Tout comme, d’ailleurs, les autorités espagnoles, américaines et nord-coréennes, ajoute l’article publié par Opex360.

« Cela étant, on ne sait que très peu de choses sur le groupe Cheollima, si ce n’est qu’il vient de revendiquer l’inscription de graffitis sur les murs de l’ambassade de la Corée du Nord à Kuala Lumpur [Malaisie]… Un geste qui est à des années-lumière d’une opération comme celle réalisée à Madrid, laquelle exige des compétences particulières et des moyens. Enfin, certains avancent que cette organisation pourrait être liée aux services secrets sud-coréens », ajoute l’article.

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/03/18/591401/tatsUnis-Core-du-Nord-Europe


 

LA BRITANNIQUE THERESA MAY, SOUPÇONNÉE DE VISEES ELECTORALISTES, ACHETE DES VOTES AU PARLEMENT AVEC UN PLAN D'AIDE ECONOMIQUE

Brexit : Theresa May accusée d'«acheter des votes au Parlement» avec un plan d'aide économique

Brexit : Theresa May accusée d'«acheter des votes au Parlement» avec un plan d'aide économique

© Parliament TV Source: Reuters

Theresa May à la Chambre des communes en novembre 2018 (image d'illustration).

 

Le gouvernement britannique a annoncé le 4 mars un plan d'aide aux régions du nord du pays, où le vote en faveur du Brexit en juin 2016 avait été massif. Mais avec un Brexit dans l'impasse, Theresa May est soupçonnée de visées électoralistes.

En difficulté sur le Brexit, Theresa May essaie-t-elle d'amadouer les députés travaillistes ? Le Premier ministre britannique, issu du Parti conservateur, a annoncé ce 4 mars le lancement d'un fonds de 1,6 milliard de livres (l'équivalent de 1,87 milliard d'euros) destiné aux régions du nord du pays confrontées à la désindustrialisation et bastions historiques du Labour.

 

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Le Premier ministre britannique Theresa May, à Londres, le 26 février 2019.

Cédant aux pressions politiques, Theresa May laissera au Parlement le choix de reporter le Brexit

D'après un communiqué du gouvernement britannique, le fonds doit permettre de «stimuler l'activité économique» dans les zones qui «n'ont pas partagé les bénéfices de la croissance de la même manière que des régions plus prospères du pays. Plus de la moitié des fonds seront ainsi consacrés à des circonscriptions du nord et du centre de l'Angleterre, qui ont massivement voté en faveur de la sortie de l'Union européenne lors du référendum de juin 2016.

Ce fonds montre le désespoir d'un gouvernement qui en est réduit à corrompre les députés

 

Manière de consolider une opinion publique que la complexité du Brexit pourrait décourager ? «Partout à travers le pays, le vote de la population en faveur du Brexit est l'expression d'un désir de changement», a déclaré Theresa May, pour justifier la création du fonds. «Pendant trop longtemps, la prospérité n'a pas été répartie de manière équitable», a-t-elle encore plaidé. Mais l'argument n'a pas convaincu tout le monde. Plusieurs députés ont ainsi dénoncé une mesure ponctuelle et insuffisante. «Ce que cet argent ne fera pas, c'est d'acheter des votes au Parlement», a fulminé le député conservateur Simon Clarke, cité par le Guardian, pourtant du même bord politique que Theresa May, mais qui avait voté contre son projet d'accord sur le Brexit.

«Ce fonds montre le désespoir d'un gouvernement qui en est réduit à corrompre les députés pour qu'ils soutiennent [l'accord du Brexit]», a dénoncé John McDonnell, ministre des Finances au sein du cabinet fantôme du Parti travailliste, principale formation d'opposition. Malgré un résultat clair en juin 2016, où les Britanniques s'étaient prononcés à 51,9 % pour une sortie de leur pays de l'Union européenne, Londres s'est heurté à des négociations, toujours plus difficiles et complexes, avec Bruxelles.

Une procédure de sortie de l'Union européenne toujours plus incertaine

Derniers épisodes en date de l'imbroglio, Theresa May a dû se résoudre à abandonner au Parlement la décision de reporter un Brexit effectif initialement programmé pour le 29 mars 2019. La délicate stratégie du Premier ministre a volé en éclat quand, le 15 janvier dernier, les députés britanniques ont massivement rejeté l'accord sur le Brexit négocié avec l'Union européenne. Theresa May a promis d'organiser un nouveau vote d'ici le 12 mars.

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Image d'illustration du drapeau du Royaume-Uni.

Brexit : le chômage en Grande-Bretagne atteint son plus bas niveau depuis 40 ans

Désormais, la dirigeante conservatrice compte procéder en trois étapes. D'abord, elle soumettra au vote du Parlement une version modifiée de l'accord de divorce qu'elle avait signé fin novembre avec Bruxelles. Si cette version modifiée devait être rejetée par les députés, elle leur demandera le 13 mars s'ils veulent sortir de l'UE sans accord. S'il refusent, alors elle soumettra le 14 mars au vote une motion demandant «si le Parlement veut une extension courte et limitée de l'Article 50» du Traité de Lisbonne, qui a enclenché le processus de sortie il y a près de deux ans.

Lire aussi : Brexit : le Labour de Corbyn veut une union douanière avec l'UE... ou un second référendum

https://francais.rt.com/international/59702-brexit-theresa-may-accusee-acheter-votes-parlement-plan-aide-economique


 

BIELORUSSIE : DECOUVERTE A BREST D'UN CHARNIER CONTENANT LES RESTES DE 600 PERSONNES FUSILLEES LORS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Un charnier contenant les restes de 600 personnes découvert à Brest

Un charnier contenant les restes de 600 personnes découvert à Brest

© Fotolia / Meisone

SOCIÉTÉ

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Des ouvriers ont découvert un charnier recelant les corps de plusieurs centaines de personnes fusillées pendant la Seconde guerre mondiale dans la ville biélorusse de Brest. Le quartier abritait un ghetto juif, expliquent les autorités.

Les restes de plus d'un demi-millier de personnes ont été retrouvés sur le chantier d'un quartier résidentiel dans la ville biélorusse de Brest, ont annoncé les autorités municipales.

«Plus de 1.000 victimes du fascisme sont probablement enterrées dans ces lieux. Une quarantaine de corps sont remontés quotidiennement», a fait savoir Alla Kondak, chargée de la culture à l'administration de la ville.

Le charnier, sur le territoire d'un ancien ghetto juif, a été découverte en janvier lorsque les ouvriers ont commencé à creuser pour asseoir les fondations des nouveaux lotissements.

 

Le monument Unconditional Surrender en Floride vandalisée par un tag #MeToo

© REUTERS / HANDOUT

Un mémorial de la Seconde Guerre mondiale tagué avec la mention #MeToo

Près de 800.000 Juifs ont perdu la vie pendant la Seconde guerre mondiale dans les ghettos de Biélorussie, envahie en 1941 par l'Allemagne nazie.

 

Le ghetto juif de Brest comptait, selon différentes sources, quelque 20.000 personnes. Près de 17.000 d'entre eux ont été fusillés en octobre 1942. Le sort d'autres prisonniers reste inconnu. Les témoins se rappellent que durant un mois, les nazis ont fusillé quotidiennement des gens. Des restes humains ont été retrouvés à plusieurs reprises dans ce quartier, que l'on a ensuite pris soin d'enterrer convenablement dans des fosses communes de différents cimetières.

https://fr.sputniknews.com/societe/201902211040109886-charnier-restes-guerre-nazis-juifs-brest/


 

BELGIQUE : QUATRE EURODEPUTES ARRETES POUR UNE ACTION CONTRE LES BOMBES NUCLEAIRES US

Base militaire de Kleine-Brogel, archives

Quatre eurodéputés arrêtés en Belgique pour une action contre les bombes nucléaires US

© AFP 2018 YORICK JANSENS/BELGA /

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Souhaitant protester contre la présence des bombes nucléaires américaines qui y sont stockées, trois eurodéputées écologistes et des militants pacifistes ont pénétré sur la base belge de Kleine-Brogel, située non loin de la frontière avec les Pays-Bas.

Mercredi matin, trois députées écologistes européens munis d’une banderole «Europe Free of Nuclear Weapons» (L’Europe sans armes nucléaires) se sont introduits sur la base militaire de Kleine-Brogel, en Belgique. Ils voulaient protester contre la présence de bombes américaines sur ce site. Après avoir tenté de bloquer la piste de décollage des F-16, ces trois députées et un de leurs collègues resté à l’extérieur de la base ont été interpellés.

 

Une explosion nucléaire

CC0

Membre du Congrès: le retrait du Traité FNI «augmente le risque d’une guerre nucléaire»

Ces députés sont la Française Michèle Rivasi, la Luxembourgeoise Tilly Metz, la Britannique Molly Scott Cato et l'Autrichien Thomas Waitz.

 

Outre ces quatre élus, des militants pacifistes ont pris part à cette action dont l’objectif était d’inscrire la question du désarmement nucléaire à l’ordre du jour de l'agenda européen.

Trois revendications ont été formulées, à savoir: le retrait des bombes nucléaires américaines stationnées en Europe, la ratification du Traité d'interdiction des armes nucléaires de 2017 par tous les Etats membres de l'UE et la création d'une zone exempte d'armes nucléaires pour l'Europe, informe l’AFP.

Dans un communiqué, Michèle Rivasi a rappelé qu’à ce jour 15.000 bombes nucléaires étaient toujours en circulation dans le monde, dont une vingtaine est présente sur la base de Kleine-Brogel.

«Tout le monde semble avoir oublié leur présence et surtout, leur danger. Or, les bombes stockées en Belgique sont dotées d'une puissance réglable pouvant aller de 1Kt à 340 Kt, soit jusqu'à 26 fois la puissance de la bombe d'Hiroshima», a-t-elle indiqué, citée par l’agence.

Et de rappeler qu’après le retrait de Washington et, par voie de conséquence, de Moscou du Traité FNI, le Vieux continent se retrouvait à nouveau confronté à une nouvelle course aux armements.

https://fr.sputniknews.com/international/201902201040098297-protestation-eurodeputes-bombes-us-belgique/


 

ALLEMAGNE: FACE A L'EXPLOSION DES LOYERS A BERLIN, UN PUISSANT MOUVEMENT D'HABITANTS VEUT EXPROPRIER LES GROS BAILLEURS PRIVES

Face à l’explosion des loyers à Berlin, un puissant mouvement d’habitants veut exproprier les gros bailleurs privés

Par Rachel Knaebel

Mondialisation.ca, 10 février 2019

Basta 4 février 2019

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En France, les loyers continuent d’augmenter, le mal-logement de s’enraciner avec 4 millions de personnes concernées, alors que la loi Elan ouvre la voie à la privatisation du logement social et que la construction de logements à loyer modéré diminue. Les élus devraient peut-être regarder du côté de Berlin, également confrontée à l’explosion des loyers et à la difficulté de se loger. Un large mouvement y demande un référendum d’initiative citoyenne. Objectif : exproprier les grands bailleurs privés, qui privilégient leurs actionnaires aux dépens de leurs locataires, et instaurer une gestion démocratique des 200 000 logements communaux. Il n’est pas impossible qu’ils y parviennent.

« Il y a quelques années encore, il aurait semblé absurde à beaucoup de parler d’expropriation. Aujourd’hui, notre initiative rencontre une grande résonance. Je ne l’aurais jamais cru. » Rouzbeh Taheri est actif depuis des années dans le mouvement berlinois pour le droit au logement. En 2015, il était porte-parole d’une initiative de locataires qui avait lancé une procédure de référendum citoyen pour la protection du logement social. Mais nul besoin de référendum : la municipalité a adopté leur projet.

Ces collectifs de locataires veulent désormais aller plus loin, avec un référendum demandant l’expropriation des grandes sociétés immobilières privées, massivement présentes à Berlin. « Notre proposition d’expropriation ne concerne que les sociétés immobilières les plus importantes, qui détiennent plus de 3000 logements. Ce qui représente environ 200 000 logements en tout. Six sociétés immobilières sont concernées », précise l’activiste. Selon un sondage publié début janvier dans le quotidien Tagespiegel, une majorité des Berlinois trouve que l’idée d’une expropriation est juste [1].

Un mouvement social pousse la mairie à racheter une partie des logements privatisés

« La réalité, c’est que les gens n’en peuvent plus », juge Katalin Gennburg, élue municipale du parti de gauche Die Linke au parlement local de Berlin [2]. Dans la capitale allemande, les loyers des nouveaux baux ont augmenté de 75 % entre 2011 et 2016 ! Pour les contrats existants, même si la loi allemande limite leur augmentation, les grandes firmes immobilières utilisent souvent le prétexte de la modernisation des logements pour augmenter d’un coup les loyers de 30 % voire 50 %.

Il y a plus de cinq ans que le mouvement pour le droit au logement a repris de la vigueur à Berlin. Cette nouvelle vague a justement commencé dans un ensemble d’anciens logements communaux privatisés, dans le quartier de Kreuzberg. Les locataires faisant face aux augmentations de loyers, et menacés de devoir quitter leurs appartements, se sont mobilisés. Ils ont occupé le quartier, organisé des manifestations, rencontré les élus.

En 2017, la ville rachète finalement une partie de ces logements, pour 56 millions d’euros. Depuis, un conseil des locataires participe à la gestion des immeubles aux côtés du bailleur. Cet automne, ce sont un millier de locataires de la grande avenue est-berlinoise de la Karl-Marx-Allee qui se mobilisent. Comme le quartier voisin de Kreuzberg, les appartements de la Karl-Marx-Allee appartenaient auparavant à un bailleur communal avant d’être privatisés au début des années 1990.

« Les sociétés qui ont racheté les bailleurs communaux veulent juste faire de l’argent »

C’était alors la tendance dans toute l’Allemagne : vendre les bailleurs communaux, l’équivalent allemand des bailleurs sociaux (office HLM, régie immobilière publique…), à des grandes firmes immobilières et à des fonds d’investissements. L’objectif est alors « d’assainir » les finances publiques. Entre 1990 et 2005, Berlin voit partir entre les mains d’entreprises privées plus de 200 000 de ses anciens logements communaux publics. Depuis que la ville gagne à nouveau en population, que le marché locatif se tend et que les loyers explosent, cette privatisation est de plus en plus critiquée.

« Les sociétés capitalistiques qui ont racheté des logements en masse veulent juste faire de l’argent avec, et distribuer des dividendes à leurs actionnaires », dénonce Katalin Gennburg. Les locataires qui ne peuvent plus payer partent, le plus souvent en périphérie. C’est ce que les habitants de la Karl-Marx-Allee ont craint quand ils ont appris que leurs logements devaient bientôt être une nouvelle fois revendus, à la plus grande société immobilière privée de Berlin, Deutsche Wohnen. Créée en 1998 par la Deutsche Bank, elle possède aujourd’hui plus de 110 000 appartements dans la capitale.

Autant de loyers payés chaque mois qui servent surtout à enrichir les actionnaires de l’entreprise cotée en bourse. En 2017, Deutsche Wohnen a versé à ses actionnaires plus de 260 millions d’euros de dividendes, 80 millions d’euros de plus que l’année précédente [3].

La mauvaise réputation du plus gros bailleur privé

« Deutsche Wohnen n’est pas très aimée à Berlin, rapporte Rouzbeh Taheri. Parce qu’elle met en œuvre tous les leviers possibles pour augmenter les loyers, et parce qu’elle a très peu investi dans la réparation pendant des années. Ce qui fait que le chauffage tombe souvent en panne pendant l’hiver dans ses immeubles, les ascenseurs aussi. » En plus, Deustche Wohnen attaque régulièrement en justice le système berlinois d’encadrement des loyers. « La plupart des logements que possède Deutsche Wohnen étaient auparavant des logements communaux. Les gens savent comment c’était avant, et comment c’est devenu. Ces sociétés se sont constituées ainsi, par la privatisation des logements communaux », ajoute l’activiste. C’est aussi pour cela qu’une grande partie des Berlinois soutient désormais l’initiative visant à les exproprier.

En 2004, Berlin a privatisé son plus gros bailleur communal, GSW. Il a d’abord été vendu à un fonds d’investissement états-unien, Cerberus, avant d’atterrir en 2013 entre les mains de Deutsche Wohnen. Depuis, la réputation de la société n’a cessé de se dégrader auprès des Berlinois. Partout dans la ville, des locataires de Deutsche Wohnen s’unissent contre l’entreprise. Alors début novembre, quand ceux de la Karl-Marx-Allee apprennent que leurs logements aussi vont bientôt être la propriété du géant de l’immobilier, cela devient vite un sujet de débat dans toute la ville. Jusqu’à la mairie.

« Nous voulons que des locataires normaux puissent vivre dans le centre-ville, pour des loyers normaux »

Les réunions, les banderoles sur les immeubles, la mobilisation paient. Finalement, la ville de Berlin décide d’utiliser un droit de préemption spécial pour racheter ces logements, les re-municipaliser. « La solution est venue de nous, des locataires, pas de la ville, tient à souligner Norbert Bogedein, locataire de la Karl-Marx-Allee depuis 1996. C’est comme ça que doit marcher la politique, du bas vers le haut. Nous, nous voulons que des locataires normaux puissent vivre dans le centre-ville, pour des loyers normaux. »

Depuis quelques années, la ville de Berlin a commencé à reconstruire du logement social. « Mais il ne suffit pas de construire. Il faut aussi en retirer de la spéculation », prévient l’élue Die Linke Katalin Gennburg. C’est la direction que semble prendre la capitale allemande. Dans la foulée de la décision de re-municipaliser une partie de la Karl-Marx-Allee, le maire social-démocrate a envisagé que la ville puisse racheter plus de 60 000 de ses anciens logements communaux. Mais elle devrait alors le faire aux prix du marché, qui sont bien plus élevés aujourd’hui qu’il y a quinze ans, quand elle les avait privatisés.

Exproprier pour ne pas renforcer encore plus les acteurs privés

« Si l’on rachète des logements à Deutsche Wohnen, la firme fera encore plus d’argent, puisqu’elle va nous les vendre à un prix bien plus élevé qu’elle ne les avaient achetés. Ensuite, il y a un risque qu’elle utilise cet argent pour faire son marché dans d’autres villes d’Allemagne », analyse Katalin Gennburg. Ou même dans d’autres pays. À l’image de la plus grande firme immobilière privée allemande, Vonovia, qui lorgne déjà du côté de la France. Vonovia a noué à l’automne un partenariat avec la CDC habitat (filiale de la Caisse des dépôts et consignations, groupe public) pour racheter des logements à la SNCF.

Avec la privatisation du logement social prévue dans la récente loi Elan, ces firmes ont de bonnes raisons de voir la France comme un nouveau marché potentiellement lucratif. « Nous soutenons depuis le début, à Die Linke, l’initiative pour l’expropriation, souligne Katalin Gennburg. En cas d’expropriation, les structures doivent être indemnisées, mais pas à la valeur du marché. »

L’initiative pour l’« expropriation de Deutsche Wohnen et co » se base sur deux articles de la loi fondamentale allemande. L’article 14 dispose qu’« une expropriation n’est autorisée que pour le bien commun ». Et l’article 15 que « le sol, les biens naturels et les moyens de production peuvent être transférés vers une propriété publique dans le but d’une socialisation, par une loi qui règle le mode et le montant de l’indemnisation »« Cet article 15 a été adopté peu après la Seconde Guerre mondiale. La question de la socialisation était encore à l’ordre du jour », précise Rouzbeh Taheri.

Pour une gestion démocratique du logement

Mais l’article 15 n’a jamais été mis en œuvre en Allemagne. Un peu comme la loi française de 1945 qui permet la réquisition des logements, mais qui n’a, depuis, presque jamais été utilisée. « Cet article de la loi fondamentale implique plus qu’un simple transfert de propriété. Pour nous, l’expropriation des grandes firmes immobilières doit aller de pair avec une participation forte des locataires, et de la municipalité. » L’actuel projet d’expropriation porte aussi une revendication de gestion démocratique des logements re-municipalisés.

L’administration municipale de Berlin a reçu le projet de l’initiative fin novembre. Elle doit maintenant évaluer les coûts qu’aurait la mesure si elle était mise en œuvre. « L’estimation des coûts de l’expropriation par les services de la ville va sûrement être astronomique, dit Rouzbeh Taheri. Nous avons fait la nôtre : nous l’évaluons entre 8 et 14 milliards d’euros. Car l’idée d’une indemnisation, c’est bien que les sociétés immobilières ne soient pas dédommagées au prix du marché. La ville pourra payer une grande partie de cette indemnisation avec des crédits qui seront ensuite remboursés par les loyers des immeubles re-municipalisés. Les bailleurs communaux berlinois sont en bonne santé financière. »

« À Berlin, un ouvrier du bâtiment peut vivre à côté d’un professeur. C’est aussi pour cela que nous nous battons »

Une fois les coûts évalués, l’initiative citoyenne a deux mois pour récolter 20 000 signatures de Berlinois. La ville aura alors l’obligation d’étudier leur proposition. Soit elle l’adopte, soit l’initiative passe à l’étape suivante et devra recueillir les 180 000 signatures nécessaires pour organiser un référendum. Ces signatures doivent être récoltées en quatre mois. Si les activistes y parviennent, un vote sera organisé, dont le résultat est contraignant [4]. La dernière fois qu’une initiative citoyenne a réussi à imposer une décision à la ville, c’était il y a cinq ans : les Berlinois avaient alors voté contre la construction d’immeubles sur l’ancien terrain de l’aéroport de Tempelhof, devenu un grand parc au centre de la ville.

Même si l’initiative n’arrive pas jusqu’au référendum, elle a déjà des effets sur les débats et la politique de la municipalité. Début janvier, le maire social-démocrate de Berlin n’a pas totalement rejeté l’éventualité d’une expropriation. « Il existe aujourd’hui une centaine d’initiatives de locataires à Berlin, qui sont très bien coordonnées. Ici, avec ce fort mouvement pour le logement qui s’est constitué depuis cinq ans, et avec cet ennemi en face, cette grande société immobilière, je pense que nous pouvons y arriver, estime Rouzbeh Taheri. Il y a une véritable mixité, l’ouvrier du bâtiment peut vivre à côté du professeur d’université, dans le centre de la ville. Cette mixité est mise à mal, mais elle existe encore. C’est aussi pour cela que nous nous battons. »

Rachel Knaebel

 

Notes :

[1] Voir le sondage du Tagespsipiegel ici.

[2] Die Linke fait partie de l’alliance des gauches qui gouverne la municipalité berlinoise depuis 2016, avec les sociaux-démocrates et les Verts.

[3] Source : Deutsche Wohnen, rapport annuel, page 141.

[4] Il faut toutefois qu’au moins 25 % des inscrits sur les listes électorales berlinoises y participent.

 

Rachel Knaebel : Journaliste, basée à Berlin, Rachel Knaebel publie régulièrement des articles pour le média indépendant Basta !

La source originale de cet article est Basta

Copyright © Rachel KnaebelBasta, 2019

https://www.mondialisation.ca/face-a-lexplosion-des-loyers-a-berlin-un-puissant-mouvement-dhabitants-veut-exproprier-les-gros-bailleurs-prives/5630936


 

ITALIE : MANIFESTATION MONSTRE DES SYNDICATS CONTRE LE GOUVERNEMENT

La manifestation des syndicats à Rome

Italie: l’action des Gilets jaunes déjouée par la manifestation monstre des syndicats

© AFP 2018 Andreas Solaro

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En Italie, plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à l’appel des principaux syndicats italiens pour réclamer une politique de croissance économique. La manifestation a empêché la tenue d’une mobilisation planifiée par les Gilets jaunes italiens.

Des centaines de milliers d'Italiens ont manifesté samedi contre la politique du gouvernement à l'appel des principaux syndicats, annoncent des médias italiens.

Les gens sont descendus dans la rue pour réclamer des réformes devant permettre une croissance économique. Ils ont protesté contre la réforme des retraites considérée comme trop limitée et le «revenu de citoyenneté» qui est une mesure hybride qui risquerait de nuire tant à la lutte contre la pauvreté qu'à celle pour l'emploi.

Maurizio Landini, secrétaire général de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) a appelé le gouvernement à augmenter les dépenses publiques pour l'emploi rappelant qu'elles avaient baissé de 30% en 10 ans, pour un total de 100 milliards d'euros.

«S'ils [le gouvernement ] ont un brin de raison, ils doivent entendre cette place. Notre objectif est de réunir les syndicats en Europe au nom d'une société basée sur l'humain et le travail», a déclaré le chef de ce syndicat qui compte cinq millions d'adhérents.

Cette mobilisation syndicale est la plus forte enregistrée depuis les manifestations de fin 2014-début 2015 contre la réforme du travail du gouvernement de Matteo Renzi.

Douze trains spéciaux, 1.300 bus, des ferries et des vols low-cost ont permis aux manifestants de converger vers la capitale.

Cette manifestation syndicale a déjoué les plans des Gilets jaunes italiens visant à tenir à Rome leur propre manifestation, place de la République, sous le slogan «la révolte des peuples contre le mondialisme», selon la presse italienne. Ce devait être leur première manifestation officielle, tandis qu'une action des Gilets oranges, représentés par des agriculteurs, s'est déjà déroulée dans les Pouilles en décembre.

https://fr.sputniknews.com/international/201902101039976558-manifestation-syndicats-italie-politique-emploi/