GRECE : DIFFERENCES ENTRE LES PROPOSITIONS DE TSIPRAS ET DES CREANCIERS ?

Transmis par Mohamed Bouhamidi
 
 

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Grèce : quelles différences entre les propositions de Tsipras et celles des créanciers ?

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Les nouvelles mesures proposées par le Premier ministre grec vont parfois plus loin que celles rejetées par référendum le 5 juillet.

Des manifestants pro-Europe devant le Parlement grec, à Athènes, le 9 juillet 2015.Des manifestants pro-Europe devant le Parlement grec, à Athènes, le 9 juillet 2015. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)
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Mis à jour le 10/07/2015 | 16:41 , publié le 10/07/2015 | 16:41

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"Tout ça pour ça ?" a sans doute été la réaction de nombreux observateurs, jeudi 9 juillet au soir, lorsque le gouvernement grec a dévoilé un document de treize pages détaillant une série de nouvelles mesures. Car ces dernières sont quasi identiques à celles proposées par les créanciers du pays le 25 juin, et auxquelles les Grecs se sont pourtant opposés à 61,3% lors du référendum du 5 juillet.

En échange de ces efforts, la Grèce attend un financement de 53,5 milliards d'euros pour couvrir les obligations liées à sa dette d'ici 2018.

Francetv info a comparé les principales mesures proposées par le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne à l'issue d'une réunion de l'Eurogroupe, et celles proposées par Alexis Tsipras et son nouveau ministre de l'économie, Euclide Tsakalotos.

La hausse de la TVA

Les propositions des créanciers. Maintenir trois taux de TVA, 6% pour les médicaments, les livres et les places de théâtre, 13% pour l'eau, la nourriture, l'énergie et 23% pour les autres biens et services. Concernant le tourisme, les créanciers ont exigé que le taux de TVA grimpe de 6% à 13% dans l'hôtellerie et de 13% à 23% dans la restauration. La ristourne de 30% de TVA dont bénéficient les îles grecques devra aussi être supprimée. 

Ce que propose la Grèce. Alexis Tsipras maintient tous les taux de TVA proposés par les créanciers. Le gouvernement accepte aussi un taux unifié de TVA à 23% dans la restauration (qui est actuellement de 13%). Au niveau du tourisme, il accepte aussi la suppression de la TVA allégée dans les îles, alors que celle-ci était présentée comme un casus belli par Athènes. Cette suppression commencera dès octobre 2015 dans les îles les plus riches et touristiques, et sera appliquée graduellement jusqu'en 2016.

Les impôts sur les entreprises

Les propositions des créanciers. L'UE, la BCE et le FMI proposent une hausse de l'impôt sur les sociétés de 26% à 28% et l'introduction d'une taxe sur la publicité à la télévision.

Ce que propose la Grèce. Lors de la présentation d'une première série de mesures aux créanciers le 25 juin, Alexis Tsipras avait proposé d'imposer les sociétés à 29% en 2016 et de créer une taxe spéciale de 12% sur les bénéfices des entreprises supérieurs à 500 000 euros.

Finalement, Alexis Tsipras a suivi les recommandations de l'Eurogroupe, et la taxe sur les sociétés passera bien de 26% à 28%. La hausse de la TVA a été la cause principale de discorde entre Athènes et ses créanciers durant ces derniers jours.

La réforme des retraites

Les propositions des créanciers. Pour ramener à l'équilibre le système de retraites dont les dépenses représentent plus de 17% du PIB grec, les créanciers ont demandé la fin de tous les départs en préretraite et l'application immédiate du recul de l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans (initiée en 2010) ou 62 ans si le salarié a cotisé au moins 40 ans. 

Ce que propose la Grèce. Le gouvernement grec accepte de réduire peu à peu les départs anticipés par un système de pénalités. L'âge de départ à la retraite est fixé à 67 ans ou 62 ans avec 40 ans de cotisations, sauf pour les métiers pénibles et les mères élevant un enfant handicapé. Cet âge de départ sera relevé graduellement d'ici 2022. 

Sur la défense

Les propositions des créanciers. Afin d'augmenter les ressources de l'Etat grec, les créanciers proposent une réduction des dépenses militaires de 400 millions d'euros.

Ce que propose la Grèce. Le pays accepte de tailler dans le budget de sa défense, doté actuellement de 4 milliards d'euros, avec des coupes de 300 millions d'euros en deux ans. Il s'agit d'économiser 100 millions d'euros en 2015 et 200 millions d'euros en 2016.

Sur les privatisations

Les propositions des créanciers. Parmi les principales mesures visant à augmenter les ressources de l'Etat,  les créanciers proposent la vente de la part de l'Etat grec au capital social des télécommunications grecques OTE, dont le principal actionnaire est Deutsche Telekom.

Ce que propose la Grèce. Le gouvernement relance les privatisations après les avoir gelées lors de son arrivée au pouvoir en janvier 2015. Un appel d'offres va être lancé pour les aéroports régionaux et les ports du Pirée et de Thessalonique. Le gouvernement va aussi vendre sa part au capital social des télécommunications grecques OTE.

Le Parlement grec doit se prononcer sur ce document par un vote vendredi à 13 heures, heure française, pour savoir si le gouvernement peut commencer à négocier ce nouveau paquet de réformes avec Bruxelles.


 

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Commentaires (3)

tourtaux-jacques
  • 1. tourtaux-jacques (site web) | 12/07/2015

Je n'ai rien à rajouter camarade, ton analyse très lucide me convient parfaitement.
Au plaisir de te lire camarade.
Fraternellement.

Alberto Ruano
  • 2. Alberto Ruano | 12/07/2015

Je suis tout à fait de ton avis, Jacques. Je crois que si le parlement grec vote pour la proposition Tsipras la Grèce peut se confronter à une situation similaire à celle qui a conduit au pouvoir à Hugo Chávez au Venezuela. À l'époque: 1998, le président Rafael Caldera, qui avait arrivé au pouvoir sous la promesse de finir avec les politiques du Fond Monetaire International et les accords signés avec, et il n'a pas tenu compte de son engagement car, selon lui, la Constitution l'empechait d'agir dans ce sens. La consigne lançé par Chávez pour les présidentielles de 1998 fut: "Constituante vite!" et il procèce tout de suite à la sanction de la nouvelle Constitution Bolivarienne de 1999. Ou encore, si la situation sociale en Grèce est aussi grave comme celle qui se présentait en 2001 en Argentine, peut arriver une sublevation massive de la population, conduite par des leaders sociaux spontannées (les "piqueteros", como Luis D'Elia) et qui ont provoqué la chute du gouvernement De la Rúa (les membres du gouvernement ont dû fuir en hélicoptère de la Maison présidentielle) et la démission de cinq présidents provisoires dans le terme de dix jours. Les gens qui avaient pris contrôle de toutes les institutions et batîments publiques crient "¡Que se vayan todos!" (allez vous en tous). Une crise épouvantable que va donner lieue à la naissance d'un modèle économique différent, anti-néolibéral, comme celui du feu Néstor Kirchner (arrivé au gouvernement en 2003) et poursuivit actuellement par sa femme, Cristina Fernández de Kirchner. Alexis Tsipras est venu en Argentine pour connaitre cette expérience mais, d'après les concessions qu'il offre actuellement aux créanciers-vautours de la Grèce, il n'a pas tiré les conclusions adéquates et peut se confronter, dans un futur pas trop éloigné, à des conséquences désastreuses. Pourquoi a-t-il appelé à un référendum sur ce sujet s'il ne va pas tenir à ce mandat reçu du peuple? Dans les véritables démocraties, c'est le peuple qui commande et le gouvernement qui obéit. Le reste c'est la politique des démagogues et opportunistes.

Jacques Tourtaux
  • 3. Jacques Tourtaux (site web) | 10/07/2015

J''ai eu raison de dénoncer Syriza depuis sa création et son maitre à penser, Tsipras.
Hier, le combat acharné que je mène à mon petit niveau, contre cette imposture, m'a valu de me faire insulter par un militant communiste.
Ma clairvoyance et mon expérience militante me guident dans tous mes combats qui me valent souvent d'être ostracisés et mis à l'écart par de faux camarades donneurs de leçons.
Je suis un prolo qui défend ses racines ouvrières et je suis fier d'avoir une fois de plus démontré la justesse des idées avant-gardistes et progressistes que je défends depuis des décennies.
Ce qui me met hors de moi, c'est de voir celui qui fut un grand Parti Communiste, se vautrer, se rouler dans la boue aux côtés des ennemis de notre peuple qui, complètement déboussolé, déraciné, n'a plus le grand parti communiste sur lequel il pouvait s'appuyer et compter notamment lors des luttes ouvrières mais aussi contre le colonialisme.
Alors, il n'y a pas besoin de chercher loin pour savoir et comprendre pourquoi l'électorat communiste notamment, a divorcé de la politique et le manifeste par une abstention massive à chaque scrutin électoral désormais.
Je n'accepterai jamais de voir des communistes tirer sur d'autres communistes, ce que fait l'actuel PCF en tirant sur le Parti Communiste de Grèce, le KKE, qui défend seul, en tant que parti politique, drapeau Rouge déployé et avec pugnacité, le peuple grec.
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