PANAMA PAPERS : CAMERON DANS LA TOURMENTE APRES SON AVEU SUR SES ACTIONS

Panama Papers : David Cameron dans la tourmente après son aveu sur ses actions offshore

Panama Papers : David Cameron dans la tourmente après son aveu sur ses actions offshore
 
David Cameron ((Christopher Furlong / POOL / AFP))

Après plusieurs jours de pression suite aux révélations des "Panama Papers", David Cameron a admis qu'il détenait jusqu'en 2010 des parts dans le fonds fiduciaire de son père.

 

"Shocking !" Le Premier ministre britannique David Cameron a admis ce jeudi soir qu'il détenait jusqu'en 2010 des parts dans le fonds fiduciaire de son père immatriculé aux Bahamas, à la suite des révélations des "Panama Papers".

Ian Cameron, décédé en 2010, avait dirigé un fonds de dépôt immatriculé aux Bahamas dont les profits ont échappé au fisc britannique pendant trente ans grâce à un montage complexe via le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.

Pour sa défense, David Cameron a souligné dans une interview à la chaîne ITV qu'il avait vendu ces parts en 2010 pour environ 30.000 livres (37.000 euros), quelques mois avant d'être élu Premier ministre.

"Je n'ai rien à cacher"

Downing Street a émis quatre communiqués de presse successifs évoquant une "affaire privée" et David Cameron lui-même a assuré depuis mardi ne détenir "aucune action, aucun trust offshore, aucun fonds offshore, rien de tout cela".

Aujourd'hui, s'il a répété ne détenir "aucune action", David Cameron a avoué pour la première fois qu'il avait détenu par le passé des parts dans le fonds de son père.
"Avec Samantha (son épouse) nous possédions 5000 actions dans le Blairmore Investment Trust que nous avons vendu en janvier 2010 pour environ 30.000 livres" avant de devenir Premier ministre, a-t-il déclaré sur ITV.     

David Cameron a insisté sur le fait qu'il avait payé des impôts au Royaume-Uni sur les dividendes encaissées et qu'il n'y avait rien eu d'illégal dans sa démarche.

"Je n'ai honnêtement rien à cacher. Je suis fier de mon père et de ce qu'il a accompli, de l'entreprise qu'il a montée et tout le reste. Je ne peux supporter que son nom soit traîné dans la boue", a-t-il ajouté.

Et de préciser :

"Je possède deux maisons, dont une que je loue, et j'ai mon salaire de Premier ministre. Je n'ai pas d'actions, pas d'investissements, j'ai quelques économies", a encore déclaré le Premier ministre.

Selon le Guardian, membre du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) en possession des Panama papers, le fonds de Ian Cameron employait une cinquantaine de personnes basées aux Bahamas, qui signaient des papiers et jouaient le rôle de trésorier et secrétaire, un arrangement qui n'est pas illégal.

"Dégagez cet hypocrite"

Aussitôt, des appels à la démission ont fusé depuis le camp de l'opposition travailliste. "Dégagez cet hypocrite", a écrit sur Twitter le député du Labour, John Mann. "Cameron a été moins qu'honnête. Il devrait démissionner immédiatement", a-t-il ajouté.

"Je ne suis pas certain que le peuple britannique lui pardonnera. Il a dénoncé d'autres figures publiques alors qu'il a profité des mêmes arrangements", a souligné sur Skynews le vice-président du Labour, Tom Watson.

"Il semblerait que David Cameron soit en train de perdre totalement le fil et la confiance du peuple", a réagi Angus Robertson, leader du parti national écossais SNP au Parlement de Westminster.

Ces attaques interviennent alors que David Cameron doit déjà gérer l'échéance du référendum du 23 juin où le Royaume-Uni se prononcera sur son avenir au sein ou à l'extérieur de l'Union européenne. Fragilisé au sein de son propre parti par l'aile eurosceptique des conservateurs, il peine, selon les sondages, à convaincre les Britanniques de voter pour le maintien de l'UE.

Et voilà qu'il doit aussi se défendre contre les attaques de l'opposition sur sa situation fiscale et son intégrité morale avant son accession au 10, Downing Street. De son propre aveu, David Cameron vit des "jours difficiles" depuis la publication dimanche soir de détails sur Blairmore Holding, un fonds basé aux Bahamas et dirigé par son père, Ian Cameron, décédé en 2010.

L.B. avec AFP

L'Obs

 



 

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