SYRIE : QUI SONT CES REFUGIES QUI "TERRORISENT" L'EUROPE?

D\\\\\\\'où viennennt ces réfugiés?

 

Sep 10, 2015 18:06 UTC

D'où viennennt ces réfugiés?

IRIB- On peut être surpris par le nombre de «réfugiés, pour la plupart, syriens»  ou «en majorité, Syriens», arrivant aux portes de l’Europe.

On nous avait, pourtant, annoncé[1] que le «régime» ne contrôlait plus les frontières, (notamment, Nord, avec la Turquie, et Est, avec l’Irak, et la Jordanie), aux mains de Daech et autres terroristes… qui, maintenant, laisseraient, donc, passer, non pas, quelques discrètes dizaines ou centaines, mais des milliers de gens, pourtant, assez repérables, dans des zones très surveillées ? A contrario si, contrairement aux informations que nous donnent les «spécialistes», le gouvernement syrien contrôlait ces frontières, quel intérêt aurait-il à laisser partir des dizaines de milliers de ses concitoyens ? Pour le journaliste syrien, Moustapha al-Mikdad, «maintenant que leur guerre terroriste contre nous a épuisé une grande partie de nos ressources, l’organisation de l’immigration de nos jeunes commence à prendre de très graves proportions, qui laissent à penser qu’un nouveau plan est en cours de préparation, pour vider la Syrie de ses compétences humaines et scientifiques. (…) Un dernier plan, qui, en effet, viderait, considérablement, la Syrie de cette catégorie d’âge, susceptible de combattre le terrorisme et de reconstruire le pays ; ce qui signifie la poursuite de la politique guerrière occidentale, par d’autres moyens, qui atteindraient les mêmes objectifs, en cas d’échec de leurs opérations incessantes d’extermination, de destruction et d’extension du terrorisme»[2]. Fin juillet, le gouvernement syrien a décrété une «amnistie générale, pour les déserteurs et tous ceux qui ont refusé de faire leur service militaire, dans le pays, en guerre. Elle s’applique, à condition que les déserteurs se rendent, dans un délai d’un mois, s’ils sont à l’intérieur du pays, et de deux mois, s’ils se trouvent à l’étranger. D’après SANA, [agence de presse gouvernementale syrienne, dont le site, en français, est inaccessible, depuis plusieurs mois…], l’amnistie concerne, uniquement, les soldats ou appelés ayant fui l’armée. “Ne sont pas concernés par cette amnistie les soldats qui ont participé à des opérations militaires [contre le régime], après leur défection ou qui ont du sang sur les mains”»[3]. «Beaucoup de jeunes hommes choisissent de quitter le pays, pour fuir le service militaire. Il est difficile de leur jeter la pierre : plus d’un conscrit sur cinq est, déjà, mort, face aux Jihadistes»[4]. Mais on ne nous montrera pas de reportages, sur les familles de conscrits ou jeunes réservistes blessés ou tués au combat, parfois, plusieurs, dans le même foyer. Selon le HCR, il y a 6,5 millions de déplacés internes, en Syrie : familles, qui ont dû quitter leur foyer détruit, ou fuyant les zones de combat contre les terroristes et «rebelles», mais qui ne veulent pas quitter leur pays et souhaitent retourner chez eux, dès que leurs quartiers sont reconstruits. D’après T. Meyssan, «les déplacés, en Syrie, se sont, surtout, regroupés, à Damas, et dans le district de Lattaquié. Il n’y a pas de déplacés des zones gouvernementales vers les zones occupées par les Jihadistes» et «sur le terrain, les rebelles syriens ont tous accepté de s’allier aux Jihadistes étrangers. Les zones tenues par les rebelles sont administrées, comme en Arabie saoudite».Nos médias ne nous parlent pas, non plus, des déplacés internes ; et nos gouvernements ne les aident pas. Ce serait, pourtant, doublement, intéressant : là-bas, pour les déplacés, et ici, pour contribuer à diminuer l’arrivée de ces «réfugiés fuyant la guerre», qu’on nous exhibe, depuis quelques jours. Tel qu’on nous le présente, aujourd’hui, cet exode requiert une logistique dépassant les arrangements, mafieux ou pas, de passeurs embarquant, discrètement, depuis les côtes syriennes, quelques dizaines ou centaines de personnes, ou les accompagnant, à travers des frontières terrestres, pourtant, hautement sensibles. A moins qu’une partie de ces «réfugiés, en majorité, syriens», ne se trouve, déjà, et pour certains, depuis longtemps, au-delà de la frontière, par exemple, dans les camps de réfugiés turcs, (ou jordaniens) ? D’après nos informations, depuis Damas, «les réfugiés syriens sont dans des camps, en Jordanie, dans des camps et des locations, en Turquie, uniquement, dans des locations, au Liban, où il n’y a pas de camp, pour les Syriens. En Jordanie, les réfugiés sont, majoritairement, opposés à la République arabe syrienne, croit-on. Par contre, au Liban et en Turquie, ils sont, massivement, pro-Assad. Les réfugiés, qui se rendent en Europe, viennent, surtout, de Turquie. Ils fuient les camps, après avoir fui Daech». Nos médias et spécialistes, (et ministre des Affaires étrangères), se sont faits beaucoup plus discrets, depuis des mois, sur ces camps de réfugiés «surpeuplés», en Turquie ou Jordanie[5]. Le «20 heures» de France 2 du 8 septembre a fait semblant de nous montrer le camp de Zaatari, à la frontière jordanienne : une seconde d’image panoramique, (non datée), sur un camp de tentes, sans aucun habitant en vue, puis, reportage sur une famille chrétienne, hébergée dans la paroisse d’un village jordanien voisin…La «communauté internationale», qui feint, subitement, de se lamenter sur le sort des pauvres réfugiés, n’a pas répondu, en décembre 2014, à l’«appel pressant» du HCR, pour éviter la suspension, par le PAM, (Programme alimentaire mondial), de «son programme d’aide alimentaire à plus de 1,7 million de réfugiés syriens, en raison d’une pénurie de fonds», «suspension du programme d’aide alimentaire[…] dévastatrice, à cette période critique, [qui] aura un impact direct sur des dizaines de milliers de familles réfugiées, parmi les plus vulnérables, qui dépendent presque, entièrement, de l’aide internationale. Je lance – disait le Haut Commissaire- un appel pressant à la communauté internationale : soutenez le PAM, maintenant, ne laissez pas les réfugiés souffrir de la faim»[6]. Façon radicale, économique et discrète, de se débarrasser de ces réfugiés, en les poussant vers l’Europe. Merci qui ? 

Marie-Ange Patrizio

http://francophone.sahartv.ir/infos/chronique-i3682-syrie_qui_sont_ces_r%C3%A9fugi%C3%A9s_qui_terrorisent_l'europe


 

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