UN LAUREAT DU PRIX NOBEL ACCUSE L'UE DE COMPLAISANCE ENVERS LA TURQUIE

 

L'écrivain turc Orhan Pamuk accuse l'Union européenne de complaisance envers Ankara. Dans un entretien paru ce dimanche 31 janvier au quotidien turc Hürriyet, le prix Nobel de littérature de 2006 affirme qu'elle choisit d'ignorer les atteintes à l'état de droit en Turquie en raison de la crise des migrants et de la lutte contre «Daech».

Mains liées

«Ils (les Européens) ont oublié toutes leurs valeurs. L'UE ferme les yeux sur la situation de la démocratie en Turquie, sur la liberté de presse, en raison de sa collaboration dans la crise migratoire. La crise des migrants et la lutte contre Daech a lié les mains de l'Europe», a-t-il déclaré dans une interview au Hurriyet Daily News.

Ankara et Bruxelles ont signé fin novembre un «plan d'action» qui prévoit une aide européenne de 3 milliards d'euros aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les  passeurs.

En outre, l'écrivain a comparé l'attitude actuelle de l'UE envers la Turquie avec celle qu'entretenait autrefois l'occident envers l'Arabie saoudite.

«Ils nous regardent comme ils regardaient l'Arabie saoudite autrefois : si (les Turcs) font ce que nous voulons, peu importe ce qu'ils font chez eux», a ajouté M. Pamuk

Pressions du gouvernement d'Ankara sur les médias

L'écrivain a également critiqué l'arrestation du rédacteur en chef de Cumhuriyet Can Dündar et de son correspondant à Ankara Erdem Gyul qui ont divulgué des informations sur les livraisons d'armes turques aux extrémistes syriens. La justice turque a requis mercredi la prison à vie à l'encontre de de ces deux journalistes d'opposition.

«Dans les pays démocratiques, les gens ne doivent pas répéter comme des perroquets l'opinion du parti qui a remporté la victoire aux dernières élections. On ne peut pas s'asseoir et écrire son roman quand Can Dündar est en prison», a dénoncé Orhan Pamuk.

Le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan est accusé par ses détracteurs de vouloir faire taire toute voix critique en Turquie, avec des pressions de plus en plus importantes sur les médias.

A plusieurs reprises , M. Pamuk a été une source de préoccupation pour le gouvernement turc pour ses déclarations dont celles sur le Génocide arménien contredisant la version officielle d'Ankara.

Source : agences et rédaction

 

 

01-02-2016 | 14:20

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=17442&cid=341#.Vq-ECubXqSo


 

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