ESPAGNE : LA PROFONDEUR DU MECONTENTEMENT POPULAIRE

Espagne : Des élections qui marquent

la profondeur du mécontentement populaire

Les élections municipales et régionales en Espagne sont marquées par des évolutions que les commentateurs résument par : La fin du bipartisme. Cette analyse est très loin de décrire la réalité des mouvements de la société espagnole comme par exemple le maintien de la domination de la politique du capital. Dans la crise, le peuple espagnol, les travailleurs ont subi un choc redoutable. Avec plus de 25% de chômeurs, 50% dans la jeunesse, des lois anti-sociales, une grande partie de la population dans la misère, les motifs de mécontentement et de révolte sont nombreux et alimentent des conflits sociaux importants. Cette montée du mécontentement que les forces du Parti Populaire (PP) et socialiste (PSOE) ne sont plus en capacité de canaliser dans une alternance sans risque pour le capital, n’a pas alimenté non plus le Parti Communiste Espagnol PCE qui a fait depuis longtemps le choix d’une politique opportuniste d’alliance à gauche.

Dans ces conditions la porte était ouverte pour dévoyer le mouvement de protestation dans une nébuleuse politique nommé Podemos (nous pouvons). Ce mouvement s’est présenté et a été sponsorisé par les forces politiques dominantes comme le réceptacle de tout ce que l’Espagne compte de citoyens qui veulent en finir vite avec la politique du PP et du PSOE, comme avec la corruption. Les résultats des élections mettent en lumière ce profond malaise de la société espagnole comme de l’impasse dans laquelle Podemos conduit les travailleurs.

Le PP est le grand perdant des élections avec moins 10% des voix et une perte de 2.5 millions de voix, tandis que le PSOE, dans l’opposition, recule en perdant 700.000 voix. La Gauche Unie avec le PCE fait son plus mauvais résultat depuis la fin de la dictature franquiste. Il est littéralement siphonné par Podemos qui est le grand gagnant du scrutin et s’apprête maintenant à gouverner les villes et les régions avec le PSOE, tandis que le PP fera de même avec le mouvement Ciudadamos, lui aussi soutenu par le capital. Ciudadamos et Podemos jouent les flancs-gardes à droite et à gauche d’un bipartisme aujourd’hui difficile à vendre au peuple.

Dans ce paysage en mouvement où le mécontentement a du mal à se frayer un chemin politique mettant en cause le capitalisme, les résultats du Parti Communiste de Peuples d’Espagne (PCPE www.pcpe.es), qui s’est bâti en opposition à la ligne opportuniste du PCE, sont intéressants même s’ils sont encore limités. Il a été plus présent dans ces élections locales et a augmenté significativement son nombre de voix dans les municipalités. Les positions acquises dans cette bataille lui permettent d’envisager de mener plus efficacement la lutte. Nous adressons au PCPE, notre salut fraternel.

 

http://www.sitecommunistes.org/ch405espagne.htm


 

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