FRANCE

FRANCE

CGT GOODYEAR AMIENS NORD : TOUS À AMIENS LE 11 JANVIER 2017

PETITION UPDATE

TOUS À AMIENS LE 11 JANVIER 2017

CGT GOODYEAR AMIENS NORD

DEC 7, 2016 — Cher(e)s signataires,

Pour une GOODYEAR des luttes et conquêtes, démarrons à Amiens le 11 janvier 2017....

Le mercredi 11 janvier sera le jour où sera rendu le jugement faisant suite à l'audience du 19 octobre 2016 à Amiens pour les 8 Goodyear.

Nous avons tous ensemble réussi une mobilisation sans précédent, plusieurs milliers de militants sont venus pour exiger notre relaxe.

Depuis, l'acharnement anti-militants ne cesse de croître, devant cette chasse aux sorcières inouïe nous devons nous unir, seul le tous ensemble permettra de stopper la criminalisation de l'action militante ....

Comme nous l'avons convenu tous ensemble le 19 octobre , la CGT Goodyear vous appelle à venir chercher avec les 8 Goodyear le rendu de jugement à Amiens le 11 janvier 2017 à 9.00 h.

Tous les comités de soutien sont déjà sur cette préparation d'un nouveau rassemblent pour exiger la relaxe des 8 Goodyear, la poursuite de la lutte sur la loi travail et l'arrêt immédiat des poursuites contre des militantes et militants qui n'ont eu comme réaction que de se lever contre un système qui détruit chaque jour un peu plus notre avenir et celui de nos enfants !!!!

Nous vous communiquerons dans les jours à venir le lieu exact du rendez vous à Amiens , le 11 janvier 2017 soyons le
Plus nombreux possible pour donner le ton d'une année capitale pour l'avenir de nos droits et nos acquis ....


LA CGT GOODYEAR

https://www.change.org/p/fran%C3%A7ois-hollande-l-appel-des-goodyear/u/18718832?tk=_Vymon32St4CrkbZF3qpGkQjTfPY-iCxUifKuIvNyR8&utm_source=petition_update&utm_medium=email


 

1873 ONG AFRICAINES PORTENT PLAINTE CONTRE LA FRANCE POUR DESTABILISATION DE L’AFRIQUE

1 873 ONG africaines portent plainte contre la France pour «déstabilisation de l’Afrique»

L'ancien dirigeant français Nicolas Sarkozy est dans le viseur d'un collectif d'ONG qui lui reprochent d'avoir engagé la France dans des opérations de déstabilisation de plusieurs pays africains, parmi lesquels le Gabon, la Guinée équatoriale et surtout la Libye.

1 873 ONG africaines portent plainte contre la France pour «déstabilisation de l'Afrique»

Une coalition africaine, qui regroupe 1873 organisation non-gouvernementales du continent, a l'intention de poursuivre l'ancien chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, pour «déstabilisation de la Libye, pillage, complicité de déstabilisation, tentative de déstabilisation du Gabon et de la Guinée équatoriale».

«L'Afrique a changé, l'Afrique ne se laissera plus dicter des lois de l'Occident. Nous mettrons fin aux pillages de notre continent par les Occidentaux et nous mettrons fin aux pillages des dirigeants africains irresponsables», a déclaré le représentant de cette coalition pour expliquer sa démarche.

La plainte concerne plusieurs théâtres d'opération : en Libye, l'implication de la France et «la complicité de ses marionnettes» est pointée du doigt, notamment à la suite de la mort de Kadhafi dans des circonstances encore floues, alors que des liens financiers entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi sont régulièrement évoqués.

Des tentatives de déstabilisation du Gabon et de la Guinée équatoriale sont également évoquées.

Aux côtés de Nicolas Sarkozy, on retrouve, parmi les accusés, les avocats William Bourdon et Robert Bourgui, ainsi que les ONG Sherpa et transparency International. La coalition a également annoncé avoir déposé une plainte contre l'ONU «pour avoir cautionné la déstabilisation de la Libye, provocant jusqu'à ce jour, des milliers de morts».

Si de telles tentatives avaient déjà été amorcées par le passé, la plupart ont échoué : leur impact est, dans la majeure partie des cas, de nature médiatique.

Source : sites web

05-12-2016 | 11:20

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=21141&cid=307#.WEW0H_nhA2w


 

LES RAFLES DES 4 ET 6 JANVIER 1944 DANS LES ARDENNES

Les rafles des 4 et 6 janvier 1944 dans les Ardennes

Les zones d’occupation.

Le 23 Juillet 1940 (date officielle de parution du texte, car, sur le terrain, la ligne de démarcation de la zone interdite est fermée le 1er Juillet), la France est divisée en plusieurs zones d’occupation. Les deux plus étendues et les plus connues sont la zone occupée et la zone non-occupée, dite «zone libre», au sud de la Loire. Une partie de celle-ci, à l’Est, est zone d’occupation italienne.

Toute la zone côtière, à l’Ouest, est interdite et très surveillée, en raison de l’établissement du mur de l’Atlantique, contre un débarquement allié prévisible et pour lutter contre les activités clandestines des pêcheurs.

Sur la frontière Nord-Est, l’Alsace-Lorraine (Alsace et Moselle) est purement et simplement annexée : l’allemand y redevient la langue d’enseignement.

Les départements du Nord et du Pas-de-Calais forment la zone réservée interdite, dont l’administration est directement rattachée à Bruxelles.

La zone interdite du Nord, celle qui nous intéresse est ainsi décrite par Pierre Aubert : «(Son…) tracé du Nord au Sud passait grosso modo par le cours de la Somme, le canal de Saint-Quentin, Chauny, Sainte-Ménehould, Saint-Dizier, le cours de la Marne, la Saône, le canal de la Saône au Rhône. Pour être plus précis, les départements concernés étaient :

  • la Somme (moitié du département au Nord du fleuve, Amiens coupé en deux) ;
  • l’Aisne (moitié Nord du département, dont le chef-lieu Laon) ;
  • les Ardennes (dont le chef-lieu Mézières et tout le département sauf quelques cantons agricoles au sud de l’Aisne pour les arrondissements de Vouziers et Rethel) ;
  • la Meuse avec Bar-le-Duc ;
  • la Meurthe-et-Moselle avec Nancy ;
  • la Haute-Marne avec Chaumont (moitié est du département coupé en deux suivant le cours de la Marne) ;
  • la Haute-Saône avec Vesoul ;
  • le territoire de Belfort avec Belfort ;
  • le Doubs avec Besançon.

…..pour être encore plus précis, seules quatre petites communes de la Côte d’Or sont en zone interdite.

Cas particulier : le département du Jura découpé en trois zones ….. ses cantons à l’est, limitrophes de la Haute-Saône et du Doubs sont en zone interdite ; l’arrondissement de Saint-Claude est presque intégralement en zone interdite

 

Evacuation, exode 1940.

Une Instruction Générale du ministère de l’Intérieur fixe, dès le 18 juin 1935, en cas de guerre, la liste des départements de départ et des départements d’accueil. Pour les Ardennes, on lit en remarque, comme pour tous les autres départements frontaliers : «évacué en totalité».

Deux départements d’accueil sont prévus : la Vendée et les Deux-Sèvres.

Le premier ordre d’évacuation concernant la vallée de la Meuse est donné pour le 11 Mai 1940 à l’aube. Le département se vide en 4 jours essentiellement les 12 et 13 Mai.

Ce fait est très important : les Allemands vont considérer le département comme prise de guerre en arguant du fait qu’il a été entièrement évacué sur ordre des autorités FRANCAISES.

Très peu de personnes reviennent avant la fermeture de la ligne de démarcation de la zone interdite, le 1er Juillet 1940. Avant de revenir, il leur faut connaître la situation de leurs biens, l’état des destructions, les possibilités de subsistance. Paradoxalement, les ouvriers passés en fraude se présentent en Mairie et reçoivent des bons d’alimentation : les Allemands ont besoin d’eux pour faire tourner les usines.

Ce n’est pas le cas des agriculteurs qui sont refoulés pour travailler à la moisson dans les communes limitrophes de la ligne en attendant …sa réouverture : celle-ci n’interviendra que le 20 Mai 1943. Les sauf-conduits ne seront délivrés qu’à partir de Mars 1941, ce qui correspond à la date officielle de confirmation du rôle de la W.O.L.

Les cultivateurs ayant réussi à passer en fraude, puis repris, sont mis en rétention dans les «camps» de Tagnon et de Maison-Rouge, en attendant d’être autorisés à devenir salariés à la W.O.L.

En Septembre 1941, 18 000 Ardennais sur 290 000 sont rentrés.

 

Création des zones, réglementation de la zone interdite.

Les zones sont créées officiellement le 23 Juillet 1940 et les lignes de démarcations réglementées par des instructions des autorités allemandes du 1er Août 1940.

Dans la zone interdite, «zone Nord B et Est, le retour des réfugiés de toutes catégories est actuellement suspendu par les autorités allemandes. Seuls sont autorisés à passer la ligne de démarcation Nord-Est, les Luxembourgeois, les Belges, les Hollandais et les Neutres.».

Les motifs officiellement invoqués sont : l’ampleur des destructions matérielles et les récoltes perdues ne permettent pas un retour de la population.

A noter que dans les autres zones, au contraire, la priorité au retour est donnée aux cultivateurs, qui reçoivent d’ailleurs, ainsi que tous les personnels des professions para-agricoles, l’ordre de rejoindre leur lieu de travail.

Dans les Ardennes, des postes de garde de la ligne de démarcation sont établis au long de l’Aisne, et le franchissement autorisé se fait uniquement à Rethel.

 

La W.O.L.

OSTLAND signifie Ostdeutsche Landbewirtschaftung-gesellschaft ou Société agricole d’Allemagne Orientale. Elle a été créée par le ministre du Reich pour le Ravitaillement et l’Agriculture et a pour mission d’exploiter les plus belles terres dans les pays occupés, et notamment au début, en Pologne.

Il s’agit d’une S.AR.L., une entreprise privée : on retrouve là le principe de fourniture de main-d’œuvre de déportés à des entreprises privées, connu dans les camps.

L’OSTLAND est nommée LANDBEWIRTSCHAFTUNG ou service de culture, en Juin 1941, puis REICHSLAND en 1942.

En France, l’OSTLAND installe son service central à Paris.

Puis cinq filiales s’établissent à Albert (Somme), Laon (Aisne), Mézières (Ardennes), Nancy (Meurthe-et-Moselle) et Dijon (Côte-d’Or). En fait, ces filiales exercent leur emprise sur tous les départements ou parties de département de la zone interdite et de la zone annexée.

Celle qui nous intéresse est la W.O.L. III. qui contrôle les Ardennes

On lit dans un rapport non signé, (cabinet du Préfet) datable approximativement de fin 1942, intitulé «Note sur la société d’exploitation agricole allemande (W.O.L.)» : «Une ordonnance allemande du 20 Mai 1941 sur la gestion des entreprises privées de leurs dirigeants, régularisa cette organisation en créant un service pour l’exploitation des entreprises agricoles, spécialement compétent pour la zone interdite : le rôle de ce service fut déterminé par une décision du commandant militaire allemand en France du 5 Mars 1941.

Son action se trouve exercée sur place par l’intermédiaire de la Wirtschaftsoberleitung (W.O.L.) dont les cadres ont été fournis par l’OSTLAND.

Depuis le 6 Mai 1941, la W.O.L. relève d’une section pour l’exploitation d’entreprises agricoles créée auprès du groupe Ravitaillement et Agriculture au MILITÄRBEFEHLSHABER. (commandement militaire, ou MBH)

Le MBH se subdivise en 4 Bezirk (régions) et autant de Feldkommandantur que de départements.

Le MBH comprenait 3 sections : centrale (police), administrative et économique (Dr Michel) dans laquelle fonctionnent 10 groupes. Le groupe III «Ravitaillement et agriculture» est dirigé par le Dr Reinhardt (représentant direct de Himmler). Il comprend les services «production», «réglementation du marché», et «culture», ce dernier service étant dirigé par le Dr Wermke. Le service culture est en fait l’Ostland

Le chef du MBH est Otto von Stülpnagel, remplacé en Mars 1942 par son cousin, Karl-Heinrich von Stülpnagel, qui sera pendu en 1944 pour complot contre Hitler.

 

Organisation dans les Ardennes

Après l’exode massif de mai-juin 1940, près de plus de 2 400 agriculteurs ardennais avaient été dépossédés de leurs biens fonciers laissés vacants. Il faut donc attendre le printemps 1941 pour voir un début de réorganisation de la vie rurale et agricole. La situation est catastrophique, les terres et les villages à l’abandon, les semences manquantes, les perspectives de la «campagne» 1941 bien sombres. Les cultivateurs, présents en faible nombre, sont à cran et les autorités aussi. D’autant plus que fin 1940, un projet allemand de création d’un vaste terrain de manœuvres, en fait un champ de tir pour l’aviation de bombardement, voit le jour au grand dam de l’ensemble des habitants présents, car il prévoyait l’évacuation de 116 communes (101 en totalité + 15 en partie) sur 130 000 ha entre Sedan et Vouziers, c'est-à-dire les meilleures terres agricoles de l'époque ! Finalement, le projet du champ de tir est rapporté le 13 Janvier 1941.

C’est dans ce contexte que la W.O.L. commence son emprise sur les terres. Elle autorise, dans les premiers mois, les cultivateurs français à reprendre leur exploitation. Puis les cultivateurs rentrés après le 21 Janvier 1941 ne sont pas autorisés à reprendre leurs exploitations et ne sont admis qu'à y travailler comme salariés, au même titre souvent que leur ancien commis, ce qui ne va pas sans frottements Ceux qui avaient bénéficié de la mesure précédente ne conservent le droit de jouissance que sur la «part de leurs exploitations qu’ils ont pu remettre en culture». Le reste est réquisitionné. Ces droits sont recensés dans un état de prise en charge dit Bestallung. Les Bestallungen ont été établis dans les régions de Rethel et Vouziers de Février à Avril 1941.

Le cas du département est particulier : avec une partie du nord-meusien autour de Stenay, c’est le seul où l’emprise de la W.O.L. est de type «territoires groupés autour d’un centre dit point d’appui, ou Stutspunkt». Ailleurs, il s’agit d’exploitations isolées.

La note du commandant militaire allemand en France du 5 Mars 1941 précise que les Wirtschaftsoberleiter (directeur) et Kreisleiter (chef d’arrondissement) exercent leur activité en tant qu’experts d’agriculture et conseillers ruraux. Ils sont, à ce titre, responsables de l’exécution des directives édictées par le commandement militaire allemand en France dans le domaine technique agricole.

En 1943, la W.O.L. des Ardennes comprend :

- 1 Wirtschaftoberleiter à Charleville-Mézières (château Belair)

- 4 Kreislandwirte : Charleville, Sedan, Vouziers, Rethel.

- 27 Bezirkslandwirte (contrôlant la surface d'un canton)

- 199 Betriebsleiter ou chefs de culture (par commune ou groupe de communes).

Au total 231 dirigeants auxquels s’ajoute un nombreux personnel d’adjoints, et du personnel technique réparti en une section financière, une section machine, une section production disposant d’interprètes, de secrétaires et de sténo-dactylos.

S’ajoute à cela un service transport qui comprend des mécaniciens et chauffeurs conduisant de puissants camions modernes de 5 à 10 tonnes, des voitures automobiles de tourisme et des motocyclettes. Les chefs de culture disposaient d’une voiture automobile ou d’une moto et d’un cheval de selle, et souvent d’un cabriolet hippomobile.

On trouve, dans un rapport de 1943 : 468 membres pour le personnel allemand à la W.O.L. des Ardennes.

Jusqu’en 1944, la W.O.L. des Ardennes emploie

  • 3 000 à 4 000 travailleurs étrangers, hommes et femmes, belges, luxembourgeois, polonais, tchèques.
  • 3 500 Prisonniers de guerre en congé de captivité, vivant librement dans les villages, communément surnommés «prisonniers libres»…
  • 4 000 prisonniers Nord-Africains, sur les 4 500 que compte le Frontstalag 204 des Ardennes.
  • 5 000 civils français, en majorité cultivateurs dépossédés de leurs terres.

Par ailleurs, sur les 20 000 Polonais qui arrivent au printemps 1943, déportés de Pologne pour être répartis dans divers départements et remplacer les Nord-Africains, un train entier (3 500) entre en gare de Sedan. Un second groupe de 7 000, dont 5 300 femmes et enfants, arrive en Août 1943.

Malgré des moyens surdimensionnés en main-d’œuvre, tracteurs, matériel, engrais, semences etc. la W.O.L. n’a que de piètres résultats. Les cultivateurs français, sur les rares parcelles qu’ils sont libres de cultiver, font mieux sans moyens. Ceci est dû à la méconnaissance du terroir par les occupants et surtout à l’attitude négative de leur main-d’œuvre.

La W.O.L. laisse des dégâts considérables : arrachage des bornes, des arbres fruitiers, des clôtures, des abreuvoirs, des éoliennes…, culture des chemins d’exploitation, labourage des meilleures pâtures, appauvrissement des sols par mauvais usage des engrais, sans parler du cheptel et des bâtiments.

Quand on apprend que la W.O.L. dépensait 1200 F pour produire un quintal de blé dont le prix était de 350 F sur le marché, on comprend que ses buts étaient autres que la production agricole.

 

Recrutement de travailleurs juifs, rôle de l’UGIF.

L'idée d'embaucher les Juifs étrangers dans l'agriculture vient de Jacques Helbronner président du Consistoire Central, qui le 21 Avril 1941, propose à Xavier Vallat (d'abord associé au gouvernement de Vichy comme secrétaire général aux anciens combattants, il prend à la fin mars 1941 la tête du Commissariat général aux questions juives) que «Vu la déficience de la main-d'oeuvre agricole en France, les étrangers israélites actuellement au chômage ou internés dans les camps soient utilisés au maximum de leur capacité

Son idée est de leur permettre d'échapper à la misère à laquelle les condamne les ordonnances anti-juives. Il pense aussi contrer le reproche fait aux Juifs : «être incapables de travailler la terre» en allant dans le sens de la politique pétainiste du retour à la terre.

Le chef du service des affaires juives de la Gestapo, Dannecker, réclame alors 6 000 travailleurs pour l'Ostland en août 1941 : On atteindra au final guère plus de 10 % de ce nombre.

Le 29 Novembre 1941, «Art. 1er. Il est institué, auprès du Commissariat Général aux Questions Juives, une Union Générale des Israélites de France. Cette union a pour objet d’assurer la représentation des Juifs auprès des pouvoirs publics, notamment pour les questions d’assistance, de prévoyance, et de reclassement social. Elle remplit les tâches qui lui sont confiées dans ce domaine par le gouvernement

En Octobre 1941, un mois avant la création de l’U.G.I.F., le journal «Informations Juives» publie l’appel suivant émanant du comité de coordination des œuvres de bienfaisance juives :

«Juifs sans travail de 18 à 45 ans ! On vous offre de travailler dans l’agriculture dans les conditions suivantes :

- dans les fermes aux environs de Sedan ;

- salaire minimum de trente francs par jour, équivalent aux salaires de la région ;

- bonne nourriture contre remboursement de 14 F par jour ;

- cuisine, lessivage, raccommodage assuré par des femmes ;

- service médical par des médecins accompagnant les travailleurs ;

- les familles de ceux qui partiront seront particulièrement suivies et assistées par le Comité de coordination ;

- ce travail vous assure une vie tranquille.

Hâtez-vous de vous inscrire pour le prochain départ et engagez-vous nombreux…»

Bien que misérables car frappés de nombreuses interdictions, dont celle d’exercer leurs métiers, et d'obligations de contrôle dangereuses (arrestations) les Juifs étrangers, les plus nombreux dans la capitale, ne s’engagent pas dans l’agriculture. L’U.G.I.F. pratique alors la relance, y compris à domicile, pour obtenir un nombre suffisant d’engagements. Ceux-ci se font à son siège, rue de Téhéran. On engage des personnes âgées, des infirmes, - on trouve une aveugle dans les listes - et des femmes avec enfants.

Les communes concernées : Autrecourt, Les Ayvelles, Balaives, Barby, Beaumont-en-Argonne, Blagny, Boutancourt, Brévilly, Brieulles-sur-Bar, Bulson, Buzancy, Carignan, Chagny, Chalandry, Champigneul-sur-Vence, Chémery-sur-Bar (Blanche-Maison), Les Deux-Villes, Dom-le-Mesnil, Ecly, Euilly-Lombut, Faux, Flize, Fraillicourt (La Folie), Francheval, Frénois, Hauteville, Herbeuval, Illy, Inaumont, Margny, Mouzon, Nouart, Les Petites Armoises, Poix-Terron, Pouru-Saint-Remy, Puilly-Charbeaux, Remaucourt (Le Radois, Chaumontagne), Rethel, Sachy, Sailly (ferme de Blanchampagne), Saint-Marceau, Sedan, Seraincourt, Singly (ferme de Thièves), Son, Sorbon, Tétaigne, Vaux-les-Mouzon, Villemontry, Wadelincourt, Yoncq (la Thibaudine)

Le premier groupe arrive dans les Ardennes le 11 novembre 1941.

Les Juifs étrangers se présentent à l’U.G.I.F. en plus grand nombre à partir de 1942 quand les rafles deviennent la règle et que de meilleures nouvelles, du moins sur ce point, arrivent des familles des Ardennes.

Des juifs internés notamment dans le Loiret et le Sud-Ouest sont élargis à condition de venir travailler dans les Ardennes où ils sont placés sous haute surveillance.

Ils ne sont «que» 339 dans un recensement d’Octobre 1943. En réalité, 683 personnes au total (connues à ce jour), avec les femmes et les enfants, ont été concernées. Il s’agit de Juifs étrangers de Paris et de banlieue, immigrés de l’Europe de l’Est en France, depuis la fin du 19ème siècle, suite à différents évènements : pogroms, bouleversements de frontières suite à la guerre de 14, puis montée du nazisme.

Le plus souvent, ils sont dispersés dans les habitations ordinaires, vidées par l'exode. La maison où ils sont regroupés lorsque c’est possible est appelée camp. En dehors des heures de travail, les Juifs ont interdiction de quitter leurs maisons, ou le village, de fréquenter les autres catégories de personnes. En réalité, ils le font, mais discrètement.

Pour les besoins du travail, les travailleurs juifs sont déplacés par les chefs de culture. Certains ont vécu dans plusieurs communes. Il semble que dans le Rethélois ce n’a pas été le cas.

Concernant les salaires, les tarifs sont ainsi fixés par la W.O.L. :

- Juifs : 30F (dont 14F sont retenus pour la «nourriture»)

- Obmann et médecin : 60F

- enfant : 8F

- deux enfants : 14F

Pour les ouvriers non Juifs, le salaire est de 60F.

Au début, il est prévu 8 jours de congé par trimestre. Mais certains ne reviennent pas de permission. Les permissions sont supprimées. Les tentatives se multiplient alors pour obtenir des certificats médicaux d’inaptitude.

Dans son rapport du 23 Février 1942, après seulement trois mois d’ «expérience», Schulze-Berge, Kreislandwirt de Sedan déclare : «Sur la possibilité d’utilisation (des Juifs) on peut se poser de plus en plus de questions. (…) De plus, on remarque ces derniers temps qu’une partie des Juifs n’a pas encore compris la raison de sa présence. Ils ne sont pas aptes même pour les travaux les plus simples, et en outre ils croient pouvoir rester ici uniquement pour avoir un meilleur traitement. (…..) Cette expérience est ratée et on ne pourra jamais compter sur une main-d’œuvre utilisable pour notre but : je prie poliment d’arrêter tout nouveau transport car un Juif ne sera jamais utilisable pour les travaux agricoles

«Neuf Juifs ont quitté d’eux-mêmes leur poste de travail. Les noms de ces Juifs devenus des fuyards ont été communiqués à l’U.G.I.F. et celle-ci a été priée d’agir pour leur retour. Ils ont toujours entre leurs mains des laisser-passer délivrés par le Kreislandwirt de Sedan

«Le médecin juif qui est dans la présente organisation a constaté que près de 50 °/o des Juifs ont des problèmes cardiaques. Il est clair qu’une grande partie de ces malades ne sont que des simulateurs et des paresseux. Actuellement, il y a encore 6 Juifs à l’hôpital local avec tous les défauts possibles. Je vous prie d’autoriser un examen de l’ensemble des Juifs par un médecin militaire.»

On trouve en date du 1er Décembre 1942 une lettre signée de l’Obersturmführer S.S. Röder, comportant en en-tête la mention : «aucune référence» qui indique : «Les demandes de licenciement des Juifs sont par principe, non acceptées. Vous êtes priés de nous indiquer les Juifs qui ne sont plus aptes au travail. Par principe, les Juifs ne peuvent pas obtenir de congé.»

 

Le Judenlager des Mazures.

Ce camp remonte au 18 juillet 1942. A 6 heures du matin, 288 Juifs d'Anvers, deuxième ville de Belgique, première de Flandres, sont embarqués dans un convoi partant pour Bruxelles. Là, second train vers Namur, la frontière française à Givet et terminus à Revin.

En Belgique, tous ces Juifs ont été déclarés "associaux" par ordonnance allemande. Comprenez qu'ils ont été privés de leurs activités professionnelles et de toute couverture sociale. L'Organisation Todt ayant sollicité de la main d'oeuvre non protégée, le Haut commandement allemand de Bruxelles lui détacha plus de 2.250 Juifs dont les 288 des Mazures (les autres étant envoyés en 7 convois dans le Boulonnais pour la construction du Mur de l'Atlantique). Sans la moindre opposition de s autorités belges...

Aux Mazures, les 288 porteurs d'étoile vont devoir construire leur propre camp. Selon le "Rapport 31 au Gouvernement belge" :

- "Le travail forcé durait sur 10 à 12 heures par jour, avec une pose d'une heure à midi. Ce travail couvrait toute la semaine à l'exception du dimanche après-midi. Les détenus se retrouvèrent bûcherons, terrassiers, concasseurs, scieurs, transporteurs, fabricants de charbon de bois."

Avec des humiliations, des punitions qui sont autant d'atteintes à la dignité humaine :

- "Des corvées furent irrégulièrement imposées avant ou après les heures de travail, des fois en pleine nuit, ainsi que des dimanche après-midi...En position assise, les bras étendus raides, sauter sur commandement ; ceux qui s’exécutèrent mal...furent battus... Rouler et ramper, des fois même dans la boue... Marcher au pas, les genoux fort levés, puis raides, au trot, ensuite courir au pas de course et ce à l’improviste... Porter des traverses (de chemin de fer decauville) à longues distances à travers des obstacles, sans utilité... A la question : « Wehr is müde ? » (qui est fatigué ?) les exercices redoublèrent..." (Rapport de Vital Lieberman au Gouvernement belge, mai 1970).

Si Les Mazures servent de cadre à une exploitation du travail forcé de Juifs, ceux-ci s'y trouvent aussi dans une antichambre d'Auschwitz. En effet, à peine la construction du Judenlager est-elle achevée que la nuit des 23-24 octobre 1942, un appel s'y déroule pour séparer les déportés entre une majorité (les non Belges, ceux qui n'ont pas épousé une Belge et/ou une aryenne...) et un groupe qui reste sur place, perplexe. Le 24, la majorité est reconduite vers la caserne Dossin de Malines, centre de rassemblement de Belgique pour les déportations vers Auschwitz. Et de fait, ces Anversois venant des Mazures sont aussitôt inclus dans le Convoi XV partant le jour même vers Pitchipoï.

L'extermination des Juifs a reçu ainsi la priorité sur les besoins économiques de l'OT. Celle-ci, pour Les Mazures, reçut néanmoins en compensation des prisonniers de guerre français (mais des troupes coloniales) ainsi que des droits communs.

 

La rafle des 4 et 6 Janvier 1944.

On trouve aux archives départementales, émanant de la Sicherheitspolizei S.D. (qui regroupe deux organes : la «Gestapo» et a «Kripo»), Kommando de Charleville, signé par l’ObersturmFürher S.S. Röder, l’ordre de mettre à sa disposition 24 gendarmes, 12 pour le jour, 12 pour la nuit, pour le transfert de Juifs. Un fonctionnaire a noté sur le document en date du 4 Janvier : «j’ai téléphoné à la gendarmerie qui a été avisée directement par les Allemands» !…Suit l’ordre de réquisition du Préfet aux gendarmes «au nom du peuple français, sur injonction des autorités d’occupation», toujours en date du 4 Janvier. Cet ordre de la S.D. est précisé, comme à l'habitude : sans référence. On voit là que l’«expérience» est restée du début à la fin soumise au bon vouloir et au contrôle exclusif de la Police politique.

On trouve en date du 8 Janvier 1942, une lettre de la Feldkommandantur de Charleville ordonnant au préfet d’adresser sans retard un état des Juifs résidant dans les Ardennes. Une précision est éloquente : «Les Juifs travaillant provisoirement à la W.O.L. ne doivent pas y figurer».

On retrouve mention indirecte de la rafle dans nombre de «listes nominatives de «travailleurs étrangers de confession israélite» établies par les maires début Janvier 1944 qui portent l'annotation «emmenés par les Allemands» ou «enlevés par les autorités d’occupation» ou «emmenés pour une destination inconnue le 4 Janvier 1944».

Quarante travailleurs agricoles juifs (sur 35) et leurs familles sont raflés sur ordre de la gestapo le 4 janvier 1944 dans les communes du Rethelois, avant d’être déportés au camp d’extermination nazi d’Auschwitz.

L’opération est renouvelée dans les Ardennes, le 6 janvier 1944.

Communes raflées le 4 janvier 1944 :

Toutes celles du Rethélois : Rethel Son, Fraillicourt, Seraincourt, Remaucourt, Ecly, Barby, Hauteville.

Autres : Champigneul-sur-Vence, Chagny, Poix-Terron, Beaumont-en-Argonne, Yoncq Nouart, Briquenay, Buzancy, Les Petites-Armoises, Mouzon, Vaux-les-Mouzon, Euilly-Lombut, Blagny, Les Deux-Villes, Sachy, Sailly, Margny, Francheval, Frénois, Wadelincourt.

Trois communes sont raflées en partie : on emmène les hommes à Puilly et Herbeuval, les hommes et quelques femmes à Bulson.

Communes raflées le 6 janvier 1944 :

On emmène les femmes et les enfants restés à Bulson, Herbeuval et Puilly.

Autres : Chalandry, Singly, Brévilly, Tétaigne.

On transfère lors de ces 2 rafles de Charleville à Drancy, dans des wagons à bestiaux, 234 juifs de la WOL, 288 Juifs du «Judenlager» (camp juif) des Mazures et 9 Juifs ardennais. Dans ces deux convois, il y a 41 enfants de moins de 18 ans, dont le plus jeune n'avait que 5 mois et demi et 25 jeunes de 18 à 25 ans. Heureusement, il y a eu des sauvetages : 9 des 11 mineurs du rethélois y échappent.

Quelques uns des raflés dans les W.O.L. réussiront à s’échapper en gare de Charleville.

L'enregistrement des entrées à Drancy, venant de Charleville, se fait les 5 et 7 Janvier. Il n'y a pas eu de transit dans un lieu clos (prison, caserne, camp, stade ...), si ce n'est une attente à la gare de Charleville.

A noter que 93 autres travailleurs agricoles sont déportés en 1942 et 1943, dans 41 convois différents, après arrestation dans un autre lieu : les archives montrent les plaintes allemandes au sujet des «Juifs ayant quitté le travail sans autorisation».

Le 4 janvier, un garde allemand prévient le kommando descendu des Mazures à la gare de Revin pour y charger le charbon de bois fabriqué au Judenlager. Il le prévient que le lendemain, il sera trop tard pour eux. Au soir du 4, les Juifs des Mazures sont consignés dans leurs baraques. Le 5 tôt matin, des camions les descendent à la gare de Charleville. Un convoi de wagons à bestiaux va partir pour Drancy avec des Juifs raflés dans les Ardennes et d'autres mis au travail dans des colonies agricoles de la WOL. Aussitôt, deux "Mazurois" s'enfuient séparément avant que ne se referment les wagons.

Parti pour sa funeste destination, le convoi s'arrête en gare de triage d'Amagne-Lucquy. Un cheminot en profite pour débloquer le système de fermeture extérieure de l'un des wagons. Le hasard voulut que ce soit celui de Juifs des Mazures. Reparti vers Reims puis Le Bourget-Drancy, le train ralentit très fortement pour franchir l'Aisne à Sault-lès-Rethel. Dix "Mazurois" n'hésitent pas à en sauter.

Sur les 288 Juifs des Mazures, 22 réussirent à s'évader (seulement 4 au départ du Camp même), 239 périrent à Auschwitz ou dans d'autres camps de la mort et seuls 27 y survécurent. Quant à leurs femmes (103) et leurs enfants (124), raflés à Anvers, ils furent tous exterminés, à une seule exception.

http://www.lechatnoir51.fr/les-rafles-des-4-et-6-janvier-1944-dans-les-ardennes.html


 

VILLENEUVE D’ASCQ : CE 3 DECEMBRE 14H CONFERENCE SUR LA RUSSIE D’AUJOURD’HUI FACE AUX GUERRES

 Pour comprendre l'origine et le caractère de classe des haineuses, voire hystériques, campagnes antirusses aux parfums de Guerre froide, diligentées par nos principaux médias nationaux...
 

Les Amis d'Edward Gierek
 

Invitation :
 


 Initiative annuelle  organisée par le Cercle Henri Barbusse en partenariat avec la Coordination Communiste 59/62, à l'occasion du 99ème anniversaire de la Révolution d'Octobre 1917, avec stands politiques et table de littérature :
 

 

 

Samedi 3 décembre à partir de de 14h avec soirée festive et restauration à partir de 20h, 
 Salle Masqueliez, 167 rue Jules Guesde à Villeneuve d’Ascq (métro Fort de Mons-Bus 13). 
>


 Cette année, la conférence portera sur le thème:


 

La Russie d'aujourd'hui face aux guerres


 

Avec la présence de:

Robert Charvin, auteur de "Faut-il détester la Russie",

Bruno Drweski, auteur de "La nouvelle Russie est-elle de droite ou de gauche ?".

et en présence d'Alexey Kovalski, conseiller politique à l'Ambassade de Russie à Paris.
 

 

Un rendez-vous à ne pas manquer pour débattre et comprendre les enjeux internationaux d'aujourd'hui !

 

Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais

pour la reconstruction d'un parti communiste révolutionnaire

www.rassemblementcommuniste.fr
 

 

HOLLANDE RENONCE A UN SECOND MANDAT

Elysée 2017

François Hollande renonce à un deuxième mandat

Olivier Auguste Olivier Auguste  

01 décembre 2016 à 20h13

 

 

François Hollande

François Hollande

© Sipa Press

Il y avait bien eu un signe, jeudi dans l’après-midi : un texto adressé par l’équipe de communication de Manuel Valls aux journalistes en charge de Matignon, indiquant que le Premier ministre changerait de numéro de portable le soir même, à 20 heures précises. Mais comment l’interpréter ? La réponse est venue à l’heure dite, en direct de l’Elysée, sur les chaînes de radio et de télévision : François Hollande renonce à concourir pour un deuxième mandat présidentiel. Selon certaines sources, Manuel Valls devait dans la foulée annoncer qu’il se lançait dans la bataille en passant par la primaire de la gauche et quittait pour cela ses fonctions de chef de gouvernement.

Les sondages invariablement catastrophiques et, peut-être, les amicaux conseils d’un nombre croissant de ses fidèles, ont donc fini par l’emporter sur l’indécrottable optimisme de François Hollande. Le Président sortant a dû se rendre à l’évidence : ses chances de rempiler pour cinq ans étaient, pour ainsi dire, nulles. S’entêter, c’était non seulement aller au casse-pipe lui-même mais promettre à la gauche une défaite fracassante. Il l’a reconnu dans son allocution, expliquant n’avoir pas perdu sa « lucidité » au pouvoir et ne pouvoir « se résoudre » à l’éclatement de son camp, ni à sa défaite face à François Fillon ou Marine Le Pen.

Il passe donc, malgré lui, le flambeau à Manuel Valls, qui n’avait cessé ces derniers jours de tenter de le dissuader, y compris en prenant l’opinion publique à témoin, notamment en exprimant sa « honte » à la lecture du livre Un président ne devrait pas dire ça... Un ouvrage dont il espérait qu’il tracerait un portrait à sa gloire et qui lui a finalement été fatal.

Puisque personne ne semble disposé à le faire à sa place, le Président a donc dressé, face caméra, le bilan de son mandat – une sorte de longue auto-éloge funèbre au cours de laquelle il a évoqué le redressement des comptes publics, la Sécurité sociale « à l’équilibre », le compte pénibilité, l’accord de Paris sur le réchauffement climatique, le mariage pour tous ou encore la lutte contre le terrorisme. Mais il lui a bien fallu reconnaître « un seul regret », la proposition avortée d’extension de la déchéance de nationalité. Et admettre : « l’engagement majeur que j’avais pris devant vous, c’était de faire baisser le chômage (...). Le chômage enfin diminue mais il reste à un niveau trop élevé ».

En guise de testament, il a lancé cet avertissement à ses « chers compatriotes » : « Le plus grand danger, c’est le protectionnisme. L’enfermement, ce serait un désastre pour les travailleurs français ». Mais qui l’écoutait encore ?

http://www.lopinion.fr/edition/politique/francois-hollande-renonce-a-deuxieme-mandat-


 

HOLLANDE RENONCE A UN SECOND MANDAT

Elysée 2017

François Hollande renonce à un deuxième mandat

Olivier Auguste Olivier Auguste  

01 décembre 2016 à 20h13

 

 

François Hollande

François Hollande

© Sipa Press

Il y avait bien eu un signe, jeudi dans l’après-midi : un texto adressé par l’équipe de communication de Manuel Valls aux journalistes en charge de Matignon, indiquant que le Premier ministre changerait de numéro de portable le soir même, à 20 heures précises. Mais comment l’interpréter ? La réponse est venue à l’heure dite, en direct de l’Elysée, sur les chaînes de radio et de télévision : François Hollande renonce à concourir pour un deuxième mandat présidentiel. Selon certaines sources, Manuel Valls devait dans la foulée annoncer qu’il se lançait dans la bataille en passant par la primaire de la gauche et quittait pour cela ses fonctions de chef de gouvernement.

Les sondages invariablement catastrophiques et, peut-être, les amicaux conseils d’un nombre croissant de ses fidèles, ont donc fini par l’emporter sur l’indécrottable optimisme de François Hollande. Le Président sortant a dû se rendre à l’évidence : ses chances de rempiler pour cinq ans étaient, pour ainsi dire, nulles. S’entêter, c’était non seulement aller au casse-pipe lui-même mais promettre à la gauche une défaite fracassante. Il l’a reconnu dans son allocution, expliquant n’avoir pas perdu sa « lucidité » au pouvoir et ne pouvoir « se résoudre » à l’clateent de son camp, ni à sa défaite face à François Fillon ou Marine Le Pen.

Il passe donc, malgré lui, le flambeau à Manuel Valls, qui n’avait cessé ces derniers jours de tenter de le dissuader, y compris en prenant l’opinion publique à témoin, notamment en exprimant sa « honte » à la lecture du livre Un président ne devrait pas dire ça...

http://www.lopinion.fr/edition/politique/francois-hollande-renonce-a-deuxieme-mandat-115742?utm_source=Newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=alerte&utm_content=161201&utm_term=?utm_source=Newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=alerte&utm_content=161201&utm_term=


 

MELENCHON, LA FRANCE INSOUMISE, UNE STRUCTURE DE PARTI QUI NE DIT PAS SON NOM

Le nihilisme national des trotskistes au service de l’Union Européenne

Mélenchon, la France Insoumise, 
Une structure de parti qui ne dit pas son nom 
Témoignage d’Armand LEGAY

mardi 29 novembre 2016, par Comité Valmy

Le nihilisme national des trotskistes au service de l’Union Européenne

Sa structure pluraliste le permettant, certains membres du Comité Valmy ont pu choisir depuis quelques années, de participer à l’expérience politique du Parti de gauche qui généralement, les a déçus. Sauf exceptions, ils n’ont pas persévéré dans ces tentatives qui se sont révélées politiquement et idéologiquement illusoires. Aucun de ces camarades qui nous ont tenus informés, n’a été envoyé(e)s faire de « l’entrisme » dans le parti de Jean-Luc Mélenchon.

 

Armand Legay membre de notre Bureau national est l’un d’eux. Nous publions sur notre site son témoignage qui ne manque pas d’intérêt.

 

Dans cette analyse Armand Legay considère que JL Mélenchon est aujourd’hui encore trotskyste ainsi que différents éléments de son collectif dirigeant. Comme Lionel Jospin, il est issu de l’Organisation Communiste Internationaliste.

 

Il est utile de se rappeler qu’en 1986, avec l’accord de François Mitterrand, Jean-Christophe Cambadélis, actuel secrétaire du PS, « transvasa » dans celui-ci, environ 400 militants trotskystes, tous « profondément européens » et partisans de l’Europe supranationale, de l’OCI au PS.

 

L’idéologie trotskyste étant dogmatiquement hostile à la nation, il est naturel de constater que l’ensemble des responsables issus de cette mouvance est partisane de l’Europe fédérale des Länder. C’est conforme à la formation reçue à l’Oci ou dans une organisation concurrente. Lorsqu’il était certain de l’avenir radieux européiste, Jean-Luc Mélenchon annonçait fièrement ses convictions et notamment : « Maastricht est un compromis de gauche ». Il se proclamait "fédéraliste européen". Une formule résumait bien son credo : « pour une nation européenne, pour une République européenne et pour une souveraineté populaire à l’échelle de l’Europe ». Ce type de franchise ne lui est plus possible et serait aujourd’hui suicidaire.

 

C’est pourquoi JL Mélenchon joue aujourd’hui avec des ambiguïtés politiques qui ne permettent pas de lui faire confiance. Certains amis espèrent qu’il a peut-être changé...Si c’était le cas, nous en prendrions acte volontiers. Mais c’est à lui d’en faire la démonstration ! CB

 

 

Mélenchon, la France Insoumise,

Une structure de parti qui ne dit pas son nom

En préambule, ma démarche d’analyse ci-dessous n’est pas un acte d’opposition au Mvt de la France insoumise, mais une démarche critique plus à l’égard de sa forme et structure de fonctionnement, au staff qui guide le projet, qu’ à son contenu et programme, qui est la somme de réflexion de nombre d’adhérents des 150000 inscrits sur le site internet JLM17.

Le 20 juin 2016, j’assistais au Meeting du Havre organisé par le PCF avec Paul Laurent, Pierre Larrouturou, Frédéric Boccara en la présence de Filoche pour la vente d’un de ses livres 1) . J’ai pu vérifier que ce rassemblement était le départ en campagne de Jean Paul Lecoq 2). Je pensais déjà que le PC comprenait qu’il ne sert à rien de se battre avec Mélenchon sur notre ville. Sur la 8ème circonscription, Jean Paul Lecoq va vouloir reprendre la circonscription qu’il a perdue de 80 voix au profit de Catherine Troallic, député PS.

 

Concernant Mélenchon, je me méfie de sa stratégie de professionnel de la politique et des experts 3) qui l’entourent. Les réunions auxquelles j’ai participé montrent une stratégie issue d’un centralisme semblable, sinon plus, que celui j’ai connu pendant 25 ans au PCF et pendant 10 ans au PS et ceci avec la plateforme internet JLM17.

 

La France insoumise c’est les cadres dirigeants du parti de gauche qui avancent masqués. Je n’oublie pas que le trotskisme est encore plus centralisateur que le léninisme et le marxisme, et Mélenchon, et ses lieutenants en sont ses adeptes.

 

D’ailleurs, on trouve pour preuve cette militarisation dans le mouvement pour une constituante MR6 qui a été initiée par Mélenchon dont il ne veut plus faire cas, mais qui reste un vivier de culture pour ses troupes, une lettre qu’il a adressée 4) aux partisans d’une 6éme république. À sa sauce, il propose un fonctionnement pseudo démocratique bizarre en cela : 
« Pour tenir compte de la diversité de notre mouvement naissant, cette assemblée sera désignée de trois manières à la fois :

 


-  Un quart par tirage au sort parmi les 80 000 signataires sur m6r.fr. (…)

-  Un quart par cooptation parmi les initiateurs du mouvement.

-  La moitié par une élection dans des circonscriptions virtuelles sur la plate-forme « Nous le peuple ». »

 

Comme si la cooptation et le tirage au sort (il existe des algorithmes de sélection) et une plate forme virtuelle étaient démocratiques, cette « alambication », cette poudre aux yeux, est de la pure manœuvre politique chère à Machiavel dans le Prince pour berner les troupes.

 

Ailleurs avec ce mouvement MR6 une conférence de presse a eu lieu le 6 juin 2016. Bernard Teper (Président de l’Union des Familles laïques (Ufal)) Co-animateur du Réseau Éducation populaire (REP) y assistait. Dans son compte rendu 5) il note que : 
« On peut retenir que les travaux de la constituante ne pourront durer plus de deux ans (article 2) et que ne pourront y siéger ceux qui ont déjà eu un mandat législatif national ou européen ou ont déjà participé à des fonctions exécutives nationales, européennes ou locales (article 6), ceux qui ont une autre activité rémunérée (article 7), enfin que les membres de la constituante ne pourront pas exercer des fonctions exécutives ou législatives lors des premières élections qui suivront (article 8). »

 

Si ce n’est pas de la manœuvre qu’est-ce que c’est ? Dès le départ cette constituante sera pipée par des professionnels de la politique qui n’ont plus de mandat. Quid des véritables délégué.e.s du peuple formé.é.s pour cette constituante ? Et je n’oublie pas que Fabius est Pst du Conseil constitutionnel ; nomination qui n’est pas fortuite. D’ailleurs le 29 mars 2012 sur Europe1 en ligne, Laurent Fabius déclare son amitié à Mélenchon dans un entretien diffusé dans le 22 heures de Public Sénat.1 :
« Les propositions traditionnelles du PCF, peut-être un peu rénovées, que porte Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, sont capables de sortir la France de ses difficultés en 2012. Il y a l’homme, il y a les propositions, il y a la stratégie. L’homme, c’est une personnalité tout à fait respectable, un de mes amis d’ailleurs, c’est un homme qui a du talent et voilà » 6)

 

Enfin, on peut aussi reprendre les propos de Mélenchon dans le magazine Marianne du 20 au 26 mai 2016. S’il dit que le Mouvement du MR6 doit suivre sa propre voie dans sa rhétorique, il précise quand même que la constituante est : « la thérapie douce que je propose (…) sinon, l’effondrement en cours finira dans le chaos et la violence. » Comme s’il était le seul à proposer une autre constituante, quand nombre d’organisations et associations bien avant lui travaillent pour une autre constituante. Il s’agit donc bien de manœuvres politiques que je condamne. Pour autant, c’est peut-être à nous qui ne sommes pas dupes (les véritables insoumis) de dénoncer ces agissements pour éclairer notre peuple.

 

Pour cela, dès la création des groupes d’appui pour Mélenchon, par curiosité, j’ai été l’un des premiers au Havre à m’inscrire pour le soutenir, malgré mon scepticisme non sur le contenu, mais sur l’organisation verticale mis en place. Au fils des réunions du groupe, j’ai remarqué que toutes les relations se faisaient uniquement par internet dès la création du site JLM17 (commande d’affiches, autocollans, contacts exclusifs par courriel, remarques et propositions, etc.) Quid des rencontres transversales ou horizontales, locales, régionales et nationales, quid de la démocratie réelle et interne ? Cela n’est pas fait, car certains adhérents du Parti de Gauche nous disent qu’il faut aller vite.

 

Comment et d’où est né La France insoumise, 
un parti politique qui ne dit pas son nom

Le 20 avril 2016 Raphaêlle Besse Desmoulières journaliste au monde intitule un article sur son blog : 

« Quand Mélenchon infiltre la campagne de Sanders »
« Elle précise que « Bernie Sanders est la nouvelle coqueluche de Jean-Luc Mélenchon : « L’élection américaine est super importante, confie-t-il. Pour moi, c’est une découverte. Howard Dean, je n’ai rien vu, mais Bernie Sanders, j’ai vu. Ça a commencé avec Obama – un président afro-américain, c’est énorme. »

 

M. Mélenchon a voulu percer ses secrets de fabrication. Il a donc envoyé l’une de ses proches, Sophia Chikirou 7) , qui était son attachée de presse lors de la campagne de 2012, en mission aux États-Unis. Son but : 
participer à la campagne de Bernie Sanders. Partie il y a un mois et demi, elle a d’abord atterri à Miami où elle a pu, explique-t-elle, intégrer le staff du candidat grâce à John Rick Macarthur 8) , un Franco-Américain président de la célèbre revue Harper’ s Magazine. « J’ai dans un premier temps choisi de voir comment la campagne se passait au niveau local, indique celle qui officie désormais comme conseillère de M. Mélenchon. Porte-à-porte, phone banking, texting, facebooking : j’ai participé à toutes les actions militantes de terrain. »

 

« Vote révolutionnaire »

« Direction ensuite New York afin de voir une autre réalité, notamment celle de Brooklyn où « la population est à la fois bobo et immigrée, ou descendant d’immigrés ». « Je me mêle à toutes les actions militantes, me focalisant sur la base pour comprendre comment on prend la décision de voter pour un candidat ‘radical’, ‘outsider’, ‘donné perdant par les médias’, raconte Sophia Chikirou. Je veux comprendre comment on passe d’un vote social-démocrate à un vote révolutionnaire. Le fractionnement du Parti démocrate dans le fief d’Hillary Clinton, à New York, est particulièrement révélateur de la puissance du discours de vérité de Bernie Sanders. »

 

La jeune femme se rendra enfin en Pennsylvanie, un État plus rural. « Avec ces trois États, j’aurai une vision très précise des mécanismes à l’œuvre pour que le rejet du système actuel, financiarisé et déshumanisé, se traduise par un vote de changement radical, ajoute-t-elle. C’est ce qui nous avait manqué en 2012, c’est ce que nous devons réussir en 2017 pour passer devant le candidat du gouvernement et être au second tour. »

 

Communication directe

« Après quelques semaines sur place, elle en retire déjà des enseignements notamment sur la capacité de Bernie Sanders « à rester focalisé sur ses thèmes de campagne et à imposer ses propositions dans le débat ». « Il ne se défait jamais de son programme et évite les polémiques », note-t-elle. Sophia Chikirou compte également s’appuyer sur la façon dont le sénateur du Vermont se sert du numérique. « L’utilisation des mails et des contacts directs avec les sympathisants (via les réseaux sociaux ou le téléphone) est d’une efficacité redoutable, constate la conseillère de M. Mélenchon. Une communication directe qui permet de mobiliser des millions d’activistes isolés pour un même objectif. L’idée est, par exemple, de dire : passons 2 millions d’appels téléphoniques en un week-end à New York. »

 

« Un point commun relie déjà les campagnes des deux hommes : l’utilisation d’une plateforme Web interactive. Si M. Sanders utilise Blue State Digital, un concurrent de Nation Builder choisi par M. Mélenchon, le principe est le même. Cet outil propose d’« appuyer » la candidature de son champion en laissant ses coordonnées – ce qui permet au staff de campagne de se constituer un fichier de contacts –, de créer des « groupes d’appui » locaux qui sont autant de relais sur le terrain, de laisser des idées pour le programme ou encore de faire des microdons. De quoi amasser un véritable trésor de guerre. Avec jlm2017.fr, celui qui veut incarner la « France insoumise » revendique près de 100 000 soutiens, 900 groupes d’appui et assure avoir récolté, au 31 mars, 200 000 euros ». 9)

 

Aujourd’hui il y a plus de 1400 groupes d’appui en France et lors de réunions du groupe avec mes co-insoumis au Havre nous nous posions alors la question sur cette organisation anonyme. Encore plus lorsqu’au mois d’août la caravane des insoumis est venue au Havre pour faire œuvre de travail social surtout auprès d’une population démunie et des abstentionnistes (inscription sur les listes électorales, conseils sur démarche sociales, chômage, formation, etc.). Le programme de celle-ci était déjà élaboré de Paris sur des points de visites urbaines et des alentours. Il a fallu plusieurs courriels insistants afin que ce programme soit suivi de notre avis, par exemple de ne pas intervenir à Gonfreville l’Orcher afin de préserver le maire communiste que nous estimons politiquement.

 

Lors d’autres réunions, nous évoquions souvent le fait que cette organisation des insoumis ressemblait à un centralisme parisien où nous n’avions rien à dire. À aucun moment, nous-mêmes, mais à ce que je sache aussi les autres groupes de la France, par un délégué.es n’ont été sollicités à la participation de cette organisation avec impossibilité de communiquer horizontalement entre les groupes. Nous ne nous connaissons pas !!! Tous les soutiens de JLM17 qui ont donc contribué à la démarche, ne l’ont fait que de façon numérique ; ce qui n’a permis aucun échange et dialogue physique, vivant, base d’un militantisme social, républicain, politique.

 

La caravane et la convention de Lille du 15 et 16 octobre 2016

Le passage de la caravane au mois d’août fut le seul contact physique avec trois militants, rémunérés par le « staff on Line » de Paris. J’eu un échange presque musclé avec l’un des jeunes, sympathique au demeurant, pensant connaître toute la vérité sur la vie sociale et politique. « Tu m’as l’air bien formaté », lui dis-je. Et effectivement, il l’était non seulement par le staff, mais aussi par sa deuxième année de science Po. En résumé aucun échange physique, aucun débat avec les dirigeants sur l’organisation.

 

Ce questionnement sur l’organisation numérique du mouvement a eu son apogée lors de la convention du 15 et 16 octobre à st André les Lille à la Halle de la filature. Je m’étais inscrit sur le site à tout hasard sachant que les participants à ce week-end, soit 1000 personnes, seraient tirés au sort, soit un quota de sondage. Je gagnai une pochette surprise, je participai !

 

Encore content et heureux d’assister à cette manifestation et malgré que du Havre j’étais en vacance à Menton, je réservai un aller/retour avion Nice-Lille et deux nuits d’hôtel pour arriver la veille, le vendredi 14. On m’invite quelques jours auparavant, toujours par courriel à intervenir 5 min maximum lors de cette convention sur un sujet de mon choix. Je propose le thème de la constituante, entre autres, avec en introduction un compte rendu des réflexions de mes amis du groupe. Avec enthousiasme, je rédige alors deux pages en terminant sur ce sujet qui me tient à cœur.

 

La veille de la convention, je prends l’avion et suis arrivé la veille à Lille. Le lendemain à mon réveil, je consulte mes courriels et à ma grande surprise, un message de JLM17, envoyé à 2 heures 10 du matin m’annonce que je n’interviendrai pas, car « Nous n’avons malheureusement pas pu retenir ton intervention : les contraintes matérielles ne permettant pas de répondre favorablement aux 150 propositions, nous avons du sélectionner les interventions à partir des critères permettant d’assurer le bon équilibre de nos travaux (parité obligatoire, variété des thèmes abordés, motivation exprimée, etc.)

 

Pour autant, nous sommes très attachés au fait que l’ensemble des insoumis.e.s qui le souhaitent puisse s’exprimer. C’est pourquoi nous avons installé dans le village militant deux cabines de vidéomaton qui permettront à chacun.e d’entre vous d’enregistrer votre intervention en vidéo. Nous vous invitons à vous y rendre dés votre arrivée à la convention.

 

Certaines de ces vidéos seront diffusées au cours de nos travaux et l’ensemble de celles-ci sera mis en ligne sur le site de la Convention pour contribuer à notre réflexion collective. »

 

Déçu dès mon arrivée, je demande à un jeune portant un badge « Organisation » quelles sont les causes réelles de ma non-intervention en lui disant les efforts que j’avais faits pour être présents ce jour. Me demandant mon nom, il s’en va voir derrière une porte où se trouvaientt les responsables. Revenant cinq minutes plus tard, il me récite presque mot à mot le texte du courriel reçu de bonne heure le matin.

 

L’organisation de la convention

Lors de cette arrivée du samedi après-midi, je fus choqué aussi par l’organisation que je trouvai sur place. Après le passage d’office au scanner de sécurité obligatoire à l’entrée du Hall des filatures, l’accueil passe par la remise d’une doc et le tirage au hasard d’une fiche pour son emplacement dans la salle. L’on me remet un badge à accrocher à mon vêtement pour le passage de portes de salles à d’autres. Je le garde dans ma poche, car je n’apprécie pas ce double contrôle. Malgré les injonctions du début d’agrafer cet objet par le service d’ordre bénévole, je le sors de ma poche à chaque franchissement d’endroit. Cela me rappelait, quand j’étais plus jeune, un week-end en 1971, le « meeting » de l’OCI à Paris avec Pierre Broussel, alias Pierre Lambert, où déjà le tout vidéo de surveillance était de vigueur.

 

Et là en ce début d’après-midi, surprise, la salle avec une scène circulaire au milieu et des tables rondes tout autour pour asseoir les mille insoumis. Avec mon petit papier tiré au hasard, je me retrouvais à une table au bord de la scène. Commence alors un « show » télévisuel et numérique digne des meilleures émissions tv. Un « timing » à la minute près, une organisation et une mise en scène digne d’un P.T. Barnum. Un outil médiatique d’intégration du public présent….., grave ! Tous les insoumis présents sont devenus des spectateurs obligés.

 

Ils sont tous soumis aux messages et vidéos dont ils sont inondés, qu’ils doivent entendre et voir. Par témoignage vidéo, ils entendent des propos sociaux tire-larmes d’un coté, de l’autre une harangue virulente sur les OGM où il ne manque en fin de discours que la recette d’explosif pour faire tout sauter. Toute l’après-midi est plus ou moins à l’avenant. Le seul petit moment d’échange physique sera, et encore, sur la réflexion demandée de 10 priorités, propositions phares pour la campagne présidentielle issues du préprogramme élaboré à partir des propositions des insoumis sur le site JLM17 ; quoiqu’un sondage est effectué en même temps auprès des internautes du site.

 

En résumé une mise en scène couplée à un institut de sondage maison et numérique pour capter toutes les propositions avec régie de spectacle numérique et vidéo et tractée par le « staff » de Mélenchon. Aucun débat, pas d’échange d’idées, un « show » médiatique à l’américaine où le contrôle politique est l’affaire d’une direction qui s’approprie le savoir du peuple des insoumis pour faire campagne avec eux ou sans eux. Le dimanche matin Mélenchon faisait une allocution reprenant le tout. Quid de la démocratie interne ? Mais une sublime manipulation professionnelle de l’opinion aux critères de capitalisation des idées du peuple à l’américaine ! Oui !

 

Notes

- 1) Comment résister aux lois Macron, El Khomri et Cie, édition le vent se lève, avril 2016

- 2) https://youtu.be/Hd_PIJnDMY8 ?list=PLmvbRi37dHo83pbtzklkykr4xbqhqRDfh

- 3) https://legayarmand2014.wordpress.com/ ?s=l%27expertisme&submit=Recherche

- 4) https://www.m6r.fr/2015/02/lettre-de-jean-luc-melenchon-aux-partisans-dune-6e-republique/

- 5) http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/nous-etions-a-la-conference-de-presse-du-mouvement-pour-la-6e-republique-m6r/7398231

- 6) http://www.europe1.fr/politique/melenchon-fabius-s-interroge-1013231

- 7) C’est avec Laurent Fabius qu’elle se forme à la chose publique début des années 2000.

- 8) http://frenchmorning.com/rick-macarthur-linfluent-ami-du-livre-francais/ « Rick » MacArthur a un arbre généalogique bien fourni. Son père John Roderick était un philanthrope célèbre, son grand-père John un homme d’affaires milliardaire qui a donné son nom à la prestigieuse fondation MacArthur, et son grand-oncle un metteur en scène à succès.

- 9) http://gauche.blog.lemonde.fr/2016/04/20/quand-melenchon-infiltre-la-campagne-de-sanders/

- 10) La notion de staff on line, appelée aussi organisation (ou structure) hiérarchico-fonctionnelle, est une théorie sociologique, politique et économique, notamment utilisée en management des organisations, selon laquelle dans toute organisation complexe, il existe la voie du line, système fonctionnel et hiérarchisé sur un modèle pyramidal, et l’existence d’un staff, état-major sous l’autorité d’un chef, qui conseille les cadres du line, supervise et coordonne leur activité et leur impose les décisions stratégiques. Pour obtenir une carrière optimale, selon la théorie, il convient principalement d’accéder au staff avant d’être nommé dans le line, et faire des allers-retours entre ces deux entités. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Staff_and_line)

Texte intégral avec les propositions de l’auteur :

https://legayarmand2014.wordpress.com/2016/11/22/melenchon-la-france-insoumise-une-structure-de-parti-qui-ne-dit-pas-son-nom/

Jean-Luc

Mélenchon et Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire du PS : tous deux issus de l’Oci.

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7900

 


 

COLONISATION ET ESCLAVAGE : POUR FRANCOIS FILLON, UN « PARTAGE DE CULTURE »

 

 

 

 

 

Colonisation et esclavage :

pour François Fillon, un « partage de culture »

 

par Claude Ribbe (*)

 

Le dimanche 28 août 2016, à Sablé-sur-Sarthe, dans le parc du château, François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle de 2017, a choisi de réviser la définition communément admise de la colonisation et de dégager la responsabilité de la France dans la pratique de l'esclavage d’État, déclarant à l’emporte-pièce :

"Non, la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord ! Non, la France n'a pas inventé l'esclavage !"

Cette saillie de François Fillon n’était par tout à fait conforme à l'héritage de son mentor, Philippe Seguin, qui avait demandé en juin 2002 au conseil de Paris de remettre en place la statue, place du général-Catroux, d’un ancien esclave, le général Dumas. Elle marquait également un certain décalage par rapport aux valeurs léguées par Joël Le Theule, ministre de l’outre-mer, auquel Fillon doit sa carrière. D'aucuns ont d’ailleurs jugé que le lieu choisi par François Fillon pour faire cette déclaration n'était pas un hasard : Sablé-sur-Sarthe, ville natale de Joël Le Theule, est en effet la commune dont Raphaël Elizé, un descendant d'esclaves de la Martinique, fut le maire socialiste de 1929 jusqu'à sa destitution par les autorités de Vichy en 1941 et sa déportation à Buchenwald, où il mourut en 1944, ce que François Fillon ne pouvait ignorer, puisqu'il a succédé à Raphaël Élizé et à Joël Le Theule à la mairie de Sablé-sur-Sarthe, où il fut élu de 1983 à 2001.

La date du 28 août est proche de celle du 23 août, fixée par l'UNESCO pour commémorer la traite et l'esclavage. C'est en effet le 23 août 1791 que les esclaves de Saint-Domingue (depuis république d'Haïti) se sont soulevés contre la colonisation esclavagiste française, accélérant l'abolition générale de l'esclavage, entérinée le 4 février 1794 par la Convention.

Même si François Fillon, lorsqu'il était Premier ministre, avait signé une circulaire tendant à affaiblir le caractère solennel de la journée du 10 mai -la date choisie par Jacques Chirac en 2006 pour la commémoration de l'esclavage, et devenue depuis institutionnelle-  il ne pouvait ignorer qu’une loi de 2001 reconnaît que l’esclavage tel que la France l’a pratiqué officiellement aux dépends de six millions d’Africains de 1635 à 1848, est un crime contre l’humanité.

La déclaration de François Fillon du 28 août 2016 lui a sans doute valu la sympathie et les voix de la droite extrême et de l'extrême droite, qui lui ont permis de passer en quelques jours, dans les semaines qui ont suivi son discours de Sablé-sur-Sarthe, d’une estimation de 12 % dans les sondages à 44 % de suffrages exprimés et de devancer Alain Juppé, jugé plus ouvert sur ces questions.

Mais elle a été sanctionnée, le 20 novembre 2016, par les Français des anciennes colonies esclavagistes au premier tour de la primaire de la droite et du centre. Les suffrages se sont en effet massivement portés sur Alain Juppé, le maire de Bordeaux, vainqueur en Guyane (avec 47,6 %), en Guadeloupe (43,4 %), en Martinique (35,36 %) et en Seine-Saint-Denis (35,8 %).

Outre l’indignation de l’outre-mer et des Français issus de la colonisation de l’Afrique, cette proclamation du 28 août 2016 n’a pu que susciter des interrogations dans les 47 pays qui, durablement ou non, partiellement ou en totalité, subirent la colonisation française :  Algérie, Anguilla, Antigua, Bénin, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, Chine, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Dominique, Égypte, États-Unis,  Gabon, Gambie, Grenade, Guinée, Haïti, Inde, Laos, Liban, Madagascar, Mali, Malte, Maroc, Mauritanie, Montserrat, Niger, République centrafricaine, République du Congo, Saint-Christophe, Saint-Domingue, Sainte-Croix, Sainte-Lucie, Saint-Eustache, Saint-Vincent, Sénégal, Syrie, Tanzanie, Tchad, Tobago, Togo, Tunisie et Vietnam.

Pour presque toutes ces nations, la colonisation française, qui a imposé le travail forcé aux indigènes de 1900 à 1946, fut violente et criminelle. Pour ne prendre qu'un exemple, à Madagascar, de 1883 à 1960, elle a occasionné plus de 500 000 morts : 17 % de la population initiale. Les Malgaches, traumatisés par cet épisode, n'y ont jamais vu aucun "partage de culture" et il leur arrive de le reprocher encore à leurs plus proches voisins français : les Réunionnais.

Est-il besoin de rappeler par ailleurs les horribles épisodes qui ont accompagné la colonisation française en Afrique ?

Si la France n'a évidemment pas inventé l'esclavage en général, elle a néanmoins été l’une des premières nations à développer l'esclavage d'État, subventionné par des primes, et légalisé par le code noir. C'est cette forme officielle et institutionnelle d'esclavage (et non l'esclavage en général) qui est commémorée tous les 10 mai.

L'esclavage a été rendu possible par la propagation du racisme. Et la France n'a aucune leçon à donner à cet égard, puisqu'elle compte malheureusement des théoriciens qui, les premiers, ont mis en doute l'unité de la nature humaine. C’est ce que fit Isaac La Peyrère en 1655. Et peu après, en 1684, c’est François Bernier, un médecin français, qui inventait l'idée absurde de prétendues « races » humaines. C’est la République française, prise en otage par Napoléon, qui a rétabli l’esclavage dans un bain de sang en 1802, après l'avoir aboli (ce qu'aucun pays au monde n'a jamais osé faire). C'est en outre un Français qui a inventé le mot de racisme en 1892, non pas pour dénoncer ce préjugé, mais pour en faire un mot d'ordre positif. Et nombreux sont les intellectuels français, comme Vacher de Lapouge, qui ont directement inspiré ou approuvé l'idéologie nazie.

Le passé colonial et esclavagiste de la France, même s'il est très déplaisant, fait partie intégrante de son histoire. Évoquer de tels faits sans les édulcorer n'a rien à voir avec une quelconque demande d'une prétendue "repentance". C'est un préalable nécessaire pour dépasser cette histoire et en effacer les séquelles, dont le racisme, qui fait peser aujourd’hui une lourde hypothèque sur l’avenir de la France, est le plus évident et le plus dangereux.

Nicolas Sarkozy, après avoir inauguré son quinquennat en déclarant d’entrée de jeu à Dakar, alors que François Fillon était son Premier ministre, que l’homme africain n’était «pas suffisamment entré dans l’histoire», a tenté, au cours de la campagne de la droite et du centre, de faire admettre aux Français de toutes origines qu'ils descendaient de "Gaulois". François Fillon est bien resté dans cette voie en flattant les préjugés de l'électorat ultraréactionnaire de la droite extrême et la mouvance identitaire, qui se reconnaît en lui, comme en témoigne le soutien affiché du raciste et eugéniste Henry de Lesquen.

En une période de troubles et d'attentats, il faut prendre garde à ne pas dresser les Français les uns contre les autres, à ne pas mettre en danger l'outre mer, les banlieues et le pays tout entier. Et il faut aussi s’attacher à ne pas blesser les anciennes colonies françaises, qui sont aujourd’hui des partenaires économiques essentiels, par des propos dédaigneux.

"L'homme de l'avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue", écrivait Nietzsche. La courte mémoire condamne à être longtemps confronté à ce passé qu'on ne veut pas admettre.

Le 3 novembre 2016, sur France 2, lors du second débat de la primaire, François Fillon est revenu malgré lui sur sa déclaration du 28 août. Il a dû reconnaître que l'esclavage et la colonisation étaient bien des crimes. Il a cependant maintenu ses propos, adoptant, face à Élie Domota, qui lui reprochait le caractère raciste d'une phrase relevant, selon le syndicaliste, de l'apologie de crime contre l'humanité, une attitude où certains observateurs originaires d'outre mer et d'Afrique n'ont vu qu'arrogance et mépris.

Fillon a évoqué, pour se dédouaner, un discours prononcé à propos de la mort d'Aimé Césaire à l'assemblée nationale, le 13 mai 2008. Mais, dans cette allocution, il est surtout question de poésie, comme si Césaire n'était pas aussi l'auteur du Discours sur le colonialisme. Et les mots d'esclavage et de colonisation y sont soigneusement évités. L’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe y fait allusion au "passé douloureux et enchaîné des peuples noirs" auquel Césaire était, selon lui, « fidèle ». Mais l'ancien Premier ministre ne semble pas directement concerné : comme si cette histoire n'était pas la sienne, comme s'il y avait bien eu des victimes, mais jamais de bourreaux. Et comme si les victimes, les "peuples noirs", du seul fait de leur couleur, étaient destinées de toute éternité à l'enchaînement et à la douleur.

 

(*) écrivain et réalisateur, auteur d’Une Autre Histoire (2016, le cherche midi éditeur)


 

JEAN-LUC MELENCHON : L’INSOUMIS-CHEVRE MI-CHOU

28 OCTOBRE 2016, 12 H 16 MIN AUCUN COMMENTAIRE 429 VUES

L’éditorial paru dans l’édition d’octobre de Ruptures

L’insoumis-chèvre mi-chou

L’Union européenne connaît la plus profonde crise de son histoire. Mais, par delà les drolatiques péripéties pré-électorales françaises, tant le PS que Les Républicains continuent de partager ce mantra qui leur sert de programme commun subliminal : « l’Europe est notre avenir ». Dans la perspective des scrutins du printemps prochain, ils s’efforcent cependant de rester discrets sur ce thème tant il devient de plus en plus repoussoir.

Le Front national, quant à lui, cultive pour l’heure l’ambiguïté. Alors que beaucoup d’électeurs pensent utiliser ce vote pour exprimer leur refus de Bruxelles, des responsables de ce mouvement plaident pour adoucir une image « trop anti-européenne » jugée susceptible d’effrayer certains électeurs.

Or qui prétendrait conduire des choix tranchant avec les orientations actuelles sans rompre avec l’intégration européenne est soit un naïf, soit un imposteur. La remarque vaut pour tous les candidats. Arnaud Montebourg développe ainsi une certaine schizophrénie en proposant de désobéir à l’UE… en payant des amendes plutôt que d’imaginer quitter la galère.

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon lançait le 16 octobre sa nouvelle mouvance baptisée La France insoumise. Une formulation d’apparence prometteuse. Encore faut-il s’assurer de sa portée concrète, car rien n’est pire que de se payer de mots. Or le candidat libre redoublant à la magistrature suprême propose de « sortir des traités européens ». Mais pourquoi ne pas dire tout simplement « sortir de l’UE » ?

L’eurodéputé n’a-t-il pas quelque mal à lâcher les rêves qu’il a nourris des décennies durant ? Car il reprend désormais la formule mi-chèvre mi-chou : « l’Europe, on la change ou on la quitte »… ce qui redonne une once de crédibilité à l’hypothèse « on la change ». Pourtant, depuis des lustres, il n’a pas manqué de responsables politiques pour aligner les rodomontades promettant de « changer », d’« infléchir », de « réorienter », de « refonder » l’Europe… Sans autre résultat que de soumettre toujours plus les peuples au carcan communautaire.

François Hollande s’était ainsi engagé, en 2012, à « renégocier » immédiatement le traité imposant la gouvernance économique, pour finalement y renoncer dès sa deuxième rencontre avec Angela Merkel ; le Grec Alexis Tsipras était arrivé au pouvoir en janvier 2015 après une campagne promettant de tenir tête à Bruxelles – on connaît la suite.

Combien de Tsipras faut-il à l’« insoumis » Mélenchon pour admettre cette réalité : l’Europe n’a été conçue et ne peut fonctionner que dans l’intérêt de l’oligarchie ; et pour abandonner l’illusion qu’on pourrait la faire tourner dans l’intérêt des peuples, alors que son but fondamental est d’aliéner la liberté de ceux-ci ?

Il continue imperturbablement de suggérer un « plan A » visant une « sortie concertée » ; et un « plan B » menaçant d’une sortie unilatérale, sortie qu’un forum européen (où Jean-Luc Mélenchon côtoie notamment… Yanis Varoufakis) caractérisait ainsi en septembre 2015 : « si l’euro ne peut pas être démocratisé, s’ils persistent à l’utiliser pour étrangler les peuples, nous nous lèverons, nous les regarderons dans les yeux et nous leur dirons : ‘essayez un peu, pour voir !’ »…

Mais dans quel monde vit l’ex-président du Parti de gauche ? Laisser entendre qu’il pourrait se dessiner une coalition européenne de gouvernements – actuels ou futurs – susceptibles de s’inscrire dans le sillage de cette « France insoumise », c’est ignorer la réalité politique et juridique de l’UE.

« L’Europe de nos rêves est morte » se désole le candidat. Il devrait revenir sur terre : les Français – les classes populaires en particulier – n’ont jamais majoritairement rêvé d’Europe. Lui-même en revanche fut un farouche défenseur du traité de Maëstricht en 1992, avant d’admettre s’être trompé ; il fut un supporter fervent de Syriza, avant de prendre quelques distances…

Admettre ses erreurs, c’est bien ; en tirer les leçons, ça serait mieux. Faute de quoi, la candidature Mélenchon risque de s’avérer plus dangereuse que toutes les autres, car elle peut réanimer des illusions que MM. Hollande, Juppé, Sarkozy et consorts ne sont plus capables – et c’est tant mieux – de porter.

Par son refus d’énoncer un objectif facilement intelligible par tous – « Frexit veut dire Frexit » pour paraphraser nos amis anglais – le vote proclamé « insoumis » pourrait bien, fût-ce involontairement, apporter une nouvelle caution « de gauche » au principe de l’intégration.

Et constituer ainsi l’ultime roue de secours de Bruxelles en déroute.

Pierre Lévy

http://ruptures-presse.fr/melenchon-ue-insoumis-illusion/


 

PRESIDENTIELLE 2017 : ECHANGE ENTRE LES COMMUNISTES JEREMIE BEAU ET JACQUES TOURTAUX

 

Présidentielle 2017 : Echange avec mon camarade communiste Jérémie Beau

 

 

Jeremie Beau

20 novembre, 17:26 · 

Si un candidat issu de notre Parti propose l'indépendance nationale et la souveraineté populaire qui est le fil conducteur de ce qui anima les Maurice Thorez, Duclos et Georges Marchais, pas de soucis je le suis et le soutiendrait activement. Mais concrètement, il n'y a pas ce candidat communiste pour l'instant portant ces garanties indispensables pour que notre pays puisse vivre dans une France forte, libre, heureuse et surtout capable de soulever les masses laborieuses de notre pays. 
La contre révolution de ces 30 dernières années compliquent la nouvelle stratégie de l'union de la gauche qu'est le Front de Gauche, ainsi que les reniements idéologiques successif à la fois au PS et dans notre Parti.
D'un côté Mélenchon, tout seul et une méthode que la majorité d'entre nous désapprouve ou un candidat communiste qui sera inaudible et qui ne portera pas les éléments et les principes historiques des communistes.
Alors, que faire ?
Un choix critique et constructif de Mélenchon me paraît plus raisonnable en prenant compte l'état de force actuel de notre Parti, car une organisation de 600000 adhérents de masse et de classe peut changer la donne. Sauf qu'il faut faire avec nos forces actuelles et être bien conscient de ce qu'on peut faire ou pas. 
Je crois qu'il faut tendre la main, être prêt au dialogue, car je crois en tant que marxiste que rien n'est figé. 
Je pense aussi militer activement au sein de mon organisation et essayé de trouver une efficacité, pour retisser du tissu social et la toile communiste dans nos quartiers et dans nos lieux de travail. 
L'union est un combat de tout les instants. Chaque élections sont importants pour les communistes, ainsi que le militantisme au quotidien. 
Surtout les masses de travailleurs manuels et intellectuels doivent absolument prendre un main leurs propres affaires, leurs intérêts populaire.
Je pense aussi puisqu'on nous reproche beaucoup de choses, alors que nous avons pris différentes initiatives,: vente de fruit/légume à prix équitable, 10000 personnes envoyé au bord de mer cette été, lutte contre la loi El Khomri, mais aussi la défense plus historique des droits et des libertés démocratiques.
Ce qui m'amène à dire que je suis fier de mon Parti. 
Le bilan des communistes est globalement positif !

 

Jacques Tourtaux : Jérémie, tu sais très bien que l'anticommuniste et opportuniste Mélenchon va trahir ces promesses à la première occasion.

Il vaut mieux un candidat communiste qui ne fera que 2% qu'un Mélenchon avec 10% qui tournera casaque ensuite. Beaucoup de communistes et de sympathisants pensent ainsi.

Je ne perçois pas dans ton intervention la volonté politique qui devrait t'animer pour lutter au sein du Parti pour imposer une candidature communiste.

J'ai lu attentivement le discours de l'intellectuel Gastaud qui avec de belles phrases, finalement dit toujours la même chose en tournant autour du pot mais il ne se positionne pas pour ou contre la candidature Mélenchon.

 

Jeremie Beau Tu as raison Jacques concernant Mélenchon, je crois que je ne militerais pas pour lui, je préfére rester chez moi et continuer à batir pour le PC.

 

Jeremie Beau Concernant le vote je ne vais meme pas y prendre part puisque finallement voter par défaut Mélenchon populiste n'est pas le bon choix. Donc la aussi je restera chez moi.

 

Jacques Tourtaux  : Jérémie, je rappelle à nouveau que ce bateleur de foires a soutenu le massacre du peuple libyen dont le chaos depuis la cessation des bombardements, voulu par l'impérialisme US et ses laquais tels la France, témoigne des souffrances subies par ce peuple qui, je le rappelle, vivait heureux avant cette tragédie imposée par les puissants pour piller les ressources naturelles du pays. L'assassinat de Kadhafi n'avait qu'un seul but : l'empêcher de réaliser pour le bien-être d'autres pays africains, le projet qu'il avait prévu de financer, mais les milliardaires capitalistes étrangers qui savaient que si Kadhafi faisait bénéficier l'Afrique, son continent, des avantages et aides qu'il avait prévus, les prédateurs des grandes compagnies pétrolières et autre types de compagnies, allaient perdre leurs immenses sources de profits.

Voilà pourquoi ces criminels de guerre ont ordonné l'assassinat de Kadhafi, ce héros africain.

J'ajoute de nouveau que Mélenchon a viré sa cuti quant à la Syrie car il n'y a pas si longtemps, ce "socialiste" rougissant et rugissant pour la forme, mettait dans le même sac le président Assad, massivement réélu démocratiquement et les terroristes alors, ce type à géométrie variable, un des pires fossoyeurs du PCF voudrait que tous les camarades fassent campagne et appellent à voter pour lui.

Je rappelle également que ce truand de la politique vomit l'Internationale, notre chant Révolutionnaire et que lors d'une fête de l'Huma à laquelle tu as du participer avec ta cellule du lyonnais, cet énergumène a insulté un camarade qui était chez lui car la fête de l'Huma, est avant tout la fête des communistes, avec ou sans carte.

 

Maintenant je vais terminer en dénonçant les pseudos "camarades" communistes qui m'ont inscrit à mon insu, donc sans mon accord au groupe de soutien à l'opportuniste Mélenchon.

J'ai immédiatement exigé le retrait de ce groupe et au moins une heure après, sans la moindre excuse, une personne m'a écrit pour me dire comment me retirer de leur groupe.

Peu de temps après, bizarrement, ma messagerie était envahie de mails malveillants dont l'hypocrite signature était si évidente qu'elle ne m'a pas échappée.

Je rappelle à ces imbéciles dont j'en connais certain-es, qu'au lieu d'essayer de chevrotiner Jacques Tourtaux, le Sanglier Rouge, ils feraient mieux de garder leur énergie militante pour combattre notre ennemi commun : le CAPITALISME.

 

Jacques Tourtaux

Militant communiste sans carte