FRANCE

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LIBRE PENSEE : LAURENT WAUQUIEZ GRAND ARGENTIER ADMIRATIF ET INCONDITIONNEL DE L'ENSEIGNEMENT PRIVE ! DU JAMAIS VU !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES FÉDÉRATIONS AUVERGNE-RHÔNE-ALPES DE LA LIBRE PENSÉE

Laurent Wauquiez grand argentier admiratif et inconditionnel  de l’enseignement privé! Du jamais vu !

Nous connaissions Monsieur Wauquiez se prosternant devant le pape François, nous connaissions Monsieur Wauquiez installant une crèche catholique dans le Hall du Conseil Régional. Ce lundi 2 octobre, le voici qui annonce dans un communiqué de presse, en tant que Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, son soutien moral et financier aux lycées privés :  « Je crois fermement à la place de l’enseignement privé (…). Les établissements privés signifient pour les parents une promesse forte : celle de pouvoir amener chaque élève vers la réussite » [1]. La Vice-Présidente, déléguée aux affaires scolaires, surenchérit : « La réussite du privé doit être un moteur pour l’ensemble du tissu éducatif régional ».

Ainsi, dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ce  ne serait plus l’Enseignement public qui aurait la mission d’assurer la réussite des élèves. La Région choisit délibérément l’enseignement privé,  à 95 % catholique, comme « moteur », l’École publique étant reléguée dans « le tissu éducatif » !

 

 

Et pour atteindre ce but, il n’y a pas de restrictions de budget pour les lycées privés! Bien au contraire, la région décide de les  financer à guichets ouverts ! Alors qu’il est précisé dans le même communiqué qu'en Auvergne-Rhône-Alpes, les élèves des lycées de l’enseignement privé représentent  seulement « 27,5 % de l’effectif des lycéens », pour «  44 % des lycées », la Région « décide d’augmenter le soutien à l’investissement  dans les lycées privés pour atteindre 13 millions d’euros  par an, soit une augmentation de plus de 60 % ». D’autre part « les forfaits d’externat seront maintenus au même niveau qu’en 2017 ».

Pire encore,  elle décide d’accorder « une enveloppe de 50 millions d’euros » supplémentaires aux lycées privés pour « la création ou l’extension de lycées privés dans des zones à forte tension démographique ». Ces crédits seront puisés dans l’enveloppe  d’un  « plan  d’investissement » sur 3 ans des lycées publics. Il faut rappeler que les crédits d’investissement des lycées privés, qui ne sont pas obligatoires, sont régis par des règles strictes selon la nature des lycées privés (lycée d’enseignement général, professionnel ou agricole) et à notre connaissance, c’est la première fois que des crédits d’investissements sont accordés aux lycées privés dans le cadre d’un plan concernant les lycées publics !

Rappelons que depuis des dizaines d’années, les millions d’euros octroyés par la Région aux lycées privés dans le cadre des investissements, sont directement intégrés dans le patrimoine des évêchés ou des congrégations auxquelles appartiennent ces lycées.

Nous avons calculé, à partir des documents publics issus des « Commissions permanentes »,  que la somme globale attribuée aux lycées privés en 2017 par le Conseil Régional  Auvergne-Rhône-Alpes pour leur fonctionnement et leur investissement était de 54 813 026 €. Près de 55 millions d’euros !

Et à partir de 2018, ce chiffre - déjà énorme - explosera littéralement pour atteindre un niveau totalement inédit, visant ainsi à faire de l’enseignement catholique la référence privilégiée pour un enseignement de qualité. C’est totalement inacceptable ! C’est un défi à l’égalité républicaine !

La Région Auvergne-Rhône-Alpes se place ainsi en excellente position pour devenir l’enfant chéri de l’Église catholique, obéissant ainsi au doigt et à l’œil au clergé catholique, par nature insatiable, et qui réclame pour ses établissements une proportion toujours plus forte du budget de l’Éducation Nationale.

N’oublions pas en outre que l’État, pour sa part, prend en charge tous les salaires sauf ceux des agents de service qui dépendent des communautés territoriales. Ce qui représente nationalement 8 124 083 131 € pour l’ensemble des établissements privés. Plus de 8 Milliards d'euros ponctionnés sur le budget de l’Éducation Nationale !

Rappelons que le régime de Vichy, de 1941 à 1944, a abondamment financé l’enseignement catholique. La loi Debré du 31 décembre 1959, en instaurant les contrats d’association entre l’Etat et les établissements d’enseignement privés, quant à elle, a mis à la charge de l’Etat leurs dépenses de personnel enseignant et le forfait d’externat des établissements du second degré, à celle des communes les frais de fonctionnement des classes de l’enseignement privé du premier degré, dans les mêmes conditions que dans l’enseignement public, et à celle des départements et des régions, les contributions couvrant le frais de personnel non-enseignant et de fonctionnement divers des collèges et des lycées.

De surcroît, la loi Falloux continue à s’appliquer pour soutenir l’investissement dans les lycées privés, tandis que les lois Astier et Rocard, sans limitation de montant, offrent aux collectivités publiques la possibilité d’aider les opérations immobilières des établissements privés d’enseignement technique et agricole. 

La Libre Pensée rappelle qu’en 1960, près de 11 millions de citoyens (la majorité du corps électoral de l'époque) avaient signé une pétition pour l’abrogation de la loi Debré, pour « que l’effort  scolaire de la République soit uniquement réservé à l’école de la nation, espoir de notre jeunesse. »

 

 

Aujourd’hui plus que jamais, alors que les moyens font cruellement défaut à l’École publique, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes comme dans tout le territoire de la République :

FONDS PUBLICS À LA SEULE ÉCOLE LAÏQUE !

CEUX QUI VEULENT UNE ÉCOLE PRIVÉE DOIVENT LA PAYER !

LA LOI DEBRÉ, MÈRE DE TOUTES LES LOIS ANTI LAÏQUES, DOIT ÊTRE ABROGÉE !

SIGNEZ L’APPEL DES LAÏQUES !

http://petitionpublique.fr/Default.aspx?pi=P2016N49240

Le 6 octobre 2017


 

PARIS : LE 17 OCTOBRE 1961, IL Y A 56 ANS, SOUS LA PRESIDENCE DE DE GAULLE, LES FLICS DE PAPON, ONT MASSACRE DES CENTAINES D'ALGERIENS

PARIS : LE 17 OCTOBRE 1961, IL Y A 56 ANS, SOUS LA PRESIDENCE DE DE GAULLE, LES FLICS DU SINISTRE PAPON, ONT MASSACRE DES CENTAINES D'ALGERIENS PACIFIQUES QUI MANIFESTAIENT POUR LA PAIX EN ALGERIE

PARIS LE 17 OCTOBRE 1961, IL Y A 56 ANS, SOUS LA GOUVERNANCE DE DE GAULLE, LES FLICS DU SINISTRE PAPON, ONT MASSACRE DES CENTAINES D'ALGERIENS PACIFIQUES QUI MANIFESTAIENT POUR LA PAIX EN ALGERIE

Voyage au bout de la nuit coloniale : les massacres d'octobre 1961

« Le plus grand massacre d’ouvriers depuis la semaine sanglante de la Commune de Paris de mai 1871 » : voilà comment Gilles Manceron décrit la vague meurtrière déclenchée en octobre 1961 par la police française sur ordre de son préfet, l’ancien fonctionnaire vichyste Maurice Papon. Au plus fort de la vague, le 17 octobre, plusieurs dizaines d'Algériens furent assassinés, et plusieurs milliers d'autres furent blessés (1). Les victimes étaient des « émigrés-immigrés » algériens (2) travaillant, au mieux dans les usines métropolitaines, pour la plupart sur les chantiers publics. Quand ils n'étaient pas voués au chômage temporaire ou à l'emploi instable, ce qui concernait quasiment 50 % de migrants acculturés aux processus coloniaux de « déracinement » (3) ayant dévasté l’économie traditionnelle du pays d’origine, particulièrement la région de Kabylie. Les massacres d’octobre 1961, s’ils connurent leur plus terrible apogée la nuit du mardi 17 au mercredi 18 octobre, ne sauraient se réduire à ce seul jour désignant aujourd’hui le chiffre symbolique d’une mémoire en lutte. La mémoire des partisans militant à la reconnaissance d’un crime d’Etat qui est un crime contre l'humanité que tous les gouvernements français succédés depuis ont toujours refusé d’admettre. Et ce devoir de mémoire n'a de légitimité à s'exercer, au-delà du respect dû aux morts ainsi qu'à leur famille, qu'en étroite relation avec l’actualité (post)coloniale du combat antiraciste. Car la face nécessaire d'un devoir de mémoire inscrit dans une politique de l'émancipation induit aussi le droit de savoir.

 

1/ L'indépendance contre l'état d'exception colonial :

 

C’était l’époque où la guerre de l’Etat français contre l'insurrection emmenée par le Front de Libération Nationale (FLN) durait déjà depuis presque sept ans. Cette « guerre sans nom » (4), qui dut attendre 1999 pour ne plus être désignée par le terme euphémique d’« événements » se déroula au sein de la plus grande colonie de France dont la conquête brutale entre 1830 et 1848 fut célébrée par les grands esprits du temps, dont Victor Hugo (5). La manifestation pacifiste le 8 mai 1945 du peuple algérien à Sétif, Guelma et Kherrata, réclamant pour lui ce que le peuple français de la métropole alors célébrait, autrement dit la liberté, s’était soldée par un bain sang pour tout le Constantinois, avec plusieurs milliers de victimes tuées par l’armée et les colons munis de bâtons. Cette « répétition générale à l’insurrection victorieuse de 1954 » (6) aura été précédée par la défaite française en Indochine encourageant alors le déclenchement de ce que les Algériens nomment la « guerre d’indépendance » (7).

 

En mai 1952, lors des manifestations anti-Ridgway (du nom de ce colonel étasunien prônant la guerre bactériologique contre les Coréens), quatre Algériens sont tués. Le 14 juillet 1953, une manifestation traditionnelle pour les libertés emmenée notamment par le PCF et la CGT, et encadrant en fin de cortège un regroupement d'Algériens, est violemment réprimée par la trop bien nommée brigade des agressions et des violences (BAV) sur la place de la Nation : sept hommes, dont six Algériens, perdent la vie. La violence d’Etat, avant la guerre d’indépendance algérienne, était déjà largement manifeste, s’agissant des ouvriers, et davantage encore quand ils étaient issus des colonies, pendant ces "journées portées disparues" comme le dirait l'historienne Danielle Tartakowsky. Le 5 janvier 1955, le ministre de l’intérieur de l’époque, un certain François Mitterrand, demande plus de répression. Le 3 avril est voté l’état d’urgence en Algérie. Le 12 mars 1956, la loi attribue à l'armée française stationnée en Algérie les pouvoirs spéciaux en accord avec les dispositions de la loi de l'état d'urgence de l'année précédente. A ce moment, François Mitterrand est Garde des Sceaux. La SFIO et le PCF rallient leurs suffrages au gouvernement du « socialiste » Mollet au nom du consensus colonial républicain. Une manifestation prévue le 9 mars contre le vote des lois d'exception est elle aussi durement réprimée : le nombre de victimes reste encore aujourd’hui inconnu. En juillet 1957, est votée l'extension des pouvoirs discrétionnaires des Algériens vivant en France. La « bataille d’Alger » démarrée en septembre 1956 est remportée sur le terrain militaire par l’armée française : a contrario, c’est une victoire politique du FLN qui radicalise chez le peuple algérien le désir de son autonomie. Le 1er juin 1958, le gouvernement de Charles de Gaulle est institué. En réaction, c’est le putsch des généraux Challe, Jouhaud, Zeller et Salan qui s’emparent le 22 avril 1961 du pouvoir à Alger pendant trois jours afin de contester l’autodétermination progressive prônée par la politique gaullienne. Le 5 mai devient opérationnelle l’Organisation Armée Secrète (OAS) militant à coup d’attentats pour le maintien de l’Algérie dans « la plus grande France ». Pour la fédération française du FLN, il était alors évident que la guerre devait aussi s’exporter dans le territoire de la métropole coloniale qui absorbait toujours plus de migrants algériens (dont le tiers résidait dans Paris ou sa proche banlieue, soit l'ancien département de la Seine).

 

Le régime juridique de l’Algérie colonisée, avec l’institution du Sénatus-consulte du 14 juillet 1865, a déterminé avec la colonisation la constitution de deux groupes spécifiques au statut civique inégal. Si le million de Français vivant alors en Algérie (les « Pieds-Noirs ») jouissait du statut métropolitain de « citoyens français de statut civil de droit commun », ainsi que les 35.000 Juifs ayant bénéficié du décret Crémieux depuis 1870, les 9 millions d’Algériens autochtones souffraient d’être des « citoyens français de statut civil de droit coranique ». C’était le temps de l’indigénat, valable pour toutes les colonies françaises depuis 1889, mais s’appuyant sur la législation de 1865, qui infériorise juridiquement les populations colonisées (8). L'idéal de la République des Lumières, par exemple vanté dans les grands discours d’un Jules Ferry, vient buter sur une réalité coloniale, tout aussi valorisée par Jules Ferry, soumise à un régime compliqué de décrets et d'ordonnances cumulatifs et contradictoires concédant, par-dessus le pouvoir législatif et la représentation nationale, au pouvoir exécutif une force exorbitante relayée localement par les gouverneurs considérés comme de véritables seigneurs féodaux. L’autochtone, tombé sous la coupe du pouvoir gubernatorial, est alors devenu l'indigène. Soit le colonisé expropriable et corvéable, le sous-citoyen, l’inférieur légal à domestiquer, sinon à éliminer par l’Etat impérial. L’indigénat, avec son « code matraque » perpétuellement changeant, représentait ainsi la matrice juridique instituant, à l'opposé de l'égalité formelle promue par l'idéologie républicaine, un état d’exception pour les colonisés, par exemple voués au régime du séquestre et de la punition collective. Pendant que l’esclavage de case ou domestique aura été perpétué jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale dans les colonies de la république de Victor Schoelcher, l’homme qui symbolise l’abolition de l’esclavage en 1848. Les indigènes écopaient alors d’un « corps d’exception » susceptible de toutes les violences, symboliques et physiques, des enfumades de la conquête coloniale et des fusillades du Constantinois, en passant par les milliers de victimes du portage tombés lors de ces fameux grands travaux méritant la reconnaissance "aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française" d’après la loi scélérate du 23 février 2005 (dont seul l’article 4 fut modifié grâce à la mobilisation des historiens, pendant que l'article 3 crée une Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, pour le plus grand plaisir des anciens généraux tortionnaires et des nostalgiques de l'Algérie fançaise, comme Hubert di Falco, Lionnel Luca et d'autres membres de la Droite populaire). Jusqu’aux « ratonnades » et aux noyades dans la Seine pendant les massacres d'octobre (9).

 

L'abolition du code de l'indigénat avec la loi Lamine-Gueye de mai 1946, l'institution l'année suivante d'un double collège électoral inégalitaire (un collège de 900.000 Européens élisant 60 représentants, un autre pour les 9 millions d'indigènes élisant le même nombre de représentants : ce qui signifiait qu'un colon français pesait alors électoralement 10 indigènes !), ainsi que la promesse de l'extension en 1958 de la citoyenneté française à ceux qui furent longtemps appelés les « Nord-Africains », et qui sont désormais désignés sous le vocable de « Français Musulmans d'Algérie », n'auront jamais entraîné la disparition du « corps d’exception ». Ce corps qui fut juridiquement imposé à des femmes et des hommes, des ami-e-s et des parent-e-s aujourd’hui encore vivant-e-s, est celui qui a déterminé le pogrom d'octobre 1961 (le terme de « ratonnade » fut d’ailleurs inventé à ce moment-là). Comme il fut imposé hier dans des conditions historiques différentes à d’autres groupes sociaux ciblés par la politique répressive de l'Etat français. Par exemple les Juifs, dont plus de 1.500 originaires de la région bordelaise furent victimes entre juillet 1942 et mai 1944 du zèle vichyste incarné par le secrétaire général de la préfecture de Gironde : Maurice Papon. Terrifiante continuité, entre l'exception vichyste et la règle républicaine, de l'exception devenue la règle en la personne de Papon devenu après 1945 préfet de Corse en 1946, préfet de Constantine en 1949, secrétaire général de la préfecture de police entre 1951 et 1954, secrétaire général du protectorat du Maroc entre 1954 et 1955. En 1956, il devient l’homme chargé en 1956 de la coordination de l’action des forces civiles et militaires dans l’Est algérien (la région constantinoise). En mars 1958 il devient préfet de police de Paris jusqu’en 1967. En 1980, un an avant la plainte pour crime contre l’humanité déposée contre lui, il est encore ministre du budget du gouvernement de Raymond Barre sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. De Vichy à la Cinquième République, de l’occupation nazie aux guerres coloniales, Papon représente presque idéalement le chaînon manquant identifiant jusqu’à l’indistinction l’Etat de droit et l’Etat d’exception.

 

2/ La bataille de Paris (10) :

 

152.000 Algériens étaient recensés en 1961 en région parisienne. Si un quart d'entre eux étaient ouvriers spécialisés, les trois quarts restants étaient manoeuvres. Dans un souci d’élimination définitive du concurrent dont il était pourtant issu, le MNA (Mouvement National Algérien) de Messali Hadj actif depuis 1954 (11), et dans une volonté drastique de contrôle de la population algérienne émigrée-immigrée, la fédération française du FLN se lance dès août 1958 dans une politique de constitution sur le sol métropolitain d’un second front de lutte. Au même moment, la police de Papon rafle plusieurs Algériens pour les parquer au Vél d’Hiv, y voyant sûrement une continuité avec les pratiques collaborationnistes de l'administration française pendant l'occupation. Le système Papon repose alors sur la création en août 1958 du Service de Coordination des Affaires Algériennes (SCAA) qui, s’appuyant notamment sur la BAV et le SAT-FMA (Service d’Assistance Technique aux Français Musulmans d’Algérie), cherche à reconquérir une population algérienne largement acquise à la faveur du FLN. Quand l’action sociale ou psychologique ne suffit pas, l’action répressive s’intensifie, par exemple avec les opérations "meublés" obligeant leurs résidents à régulièrement changer d'appartement afin de bousculer l'organisation du FLN. En décembre 1959, Papon demande l'autorisation au ministre de l'intérieur, Roger Frey, et du premier ministre, Michel Debré, de créer la FPA, la force de police auxiliaire formée avec des supplétifs algériens (elle est dissoute en juin 1962). Les harkis de la FPA, dont 27 perdirent la vie durant les combats, ont mené une guerre sans merci contre la FLN : ceux que l'on nommait alors les « calots bleus » employaient à cet effet l'usage de la torture dans les commissariats de Paris (par exemple dans le quartier de la Goutte d'Or ou Noisy-le-Sec), ainsi que dans le Fort de Noisy-le-Sec. Au début du mois d'avril 1961, la "ratonnade de la Goutte-d'Or" organisée par les harkis de la FPA fait 127 blessés. En 1960, l'organisation spéciale (OS), le bras armé de la fédération française du FLN, a défait son rival le MNA (6.000 cotisants pour le second, 120.000 pour le premier). Cette dernière a alors réussi à mettre en place sur la région parisienne deux wilayas(dénomination arabe qualifiant des divisions administratives), parachevant ainsi sa volonté d’encadrer autoritairement la vie quotidienne des Algériens (80 % des ressources financières du FLN relèvent de l'imposition de la population algérienne émigrée-immigrée - le prélèvement représentait entre 5 et 9 % du salaire). Cette guerre dans la guerre a coûté la vie à 4.000 personnes, en blessant 12.000 autres. 

 

La mission confiée à Papon consiste alors à faire pour la région parisienne ce que le général Challe, successeur de Salan, accomplit au même moment en Algérie : finir la guerre et la gagner pour la France. Précisément, il s'est agi pour Papon de tout faire pour briser le cordon autoritaire noué par la fédération autour de sa base populaire. Alors que le gouvernement français et le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne établi au Caire en septembre 1958 et dirigé par Ferhat Abbas jusqu'en août 1961) entament un cycle de négociations en 1961, les attentats initiés par la fédération, à l’encontre de sa direction et à destination de la police, se multiplient afin de faire pencher la balance en la faveur d’un accord rapide pour l’indépendance. De nombreux policiers sont alors mus par une rage vengeresse (29 d'entre eux ont été tués entre janvier et octobre 1961) prête à se déverser sur n’importe quel « bicot » associé dans leur logique raciste aux agissements du FLN. Lors des obsèques le 2 octobre 1962 d’un policier assassiné, Papon affirme à ses troupes : « pour un coup rendu, nous en porterons dix » (12). Ce dernier demande l'instauration, le 5 octobre 1962, d'un couvre-feu anticonstitutionnel car discriminatoire, étendant pour une partie de la population française l'état d'urgence de 1955, et qui prive les Algériens de la liberté de se réunir et de circuler dans les rues entre 20h30 et 5h30. La réponse stratégique de la fédération, dont la majeure partie des activités est nocturne, est alors la mise en œuvre d’une manifestation pacifique prévue pour le 17 octobre, en faveur de l'indépendance et contre le couvre-feu raciste. La tension, extrême de tout côté, est particulièrement palpable chez les Algériens qui sont promptement appelés par la fédération à rejoindre la manifestation (13). En effet, les meurtres ne cessent d’augmenter pendant l’année 1961 : 200 personnes ont déjà été assassinés, quasiment 50 rien qu’en septembre.

 

Entre 20.000 et 30.000 Algériens (soit un Algérien sur cinq), hommes, femmes, enfants, en tenue du dimanche et venus notamment des bidonvilles de la banlieue ouest (Nanterre, Courbevoie, Puteaux, Bezons) forment des cortèges aux couleurs (rouge et verte) de la future Algérie libre. La consigne a été claire et respectée : pas d’arme. Les cadres de la fédération font respecter avec fermeté la discipline au sein des cortèges. La volonté de dignité et de respect est grande du côté des manifestants. Des « amis français » ont été sollicités par le FLN pour assurer une présence-témoin, au cas où les choses tourneraient mal. La répression éclate pourtant, particulièrement barbare. Quand les quartiers de l’Etoile, de Concorde, et d’Opéra voient affluer des milliers d’Algériens dont bon nombre sont conduits dans des centres d’identification, ceux des Grands Boulevards, de Saint-Michel/Saint-Germain sont le théâtre d’affrontements violents. Les moyens mobilisés sont considérables : cars de police, mais aussi autobus de la RATP, pendant que le palais des Sports de la porte de Versailles et le stade de Coubertin servent de camp de concentration temporaire pour les Algériens arrêtés. On compte plus de 14.000 arrestations la nuit du mardi 17 au mercredi 18 octobre (soit une personne arrêtée sur deux), plus de 1.000 le lendemain. La police déclare officiellement deux morts du côté algérien et une dizaine de policiers blessés (en fait une centaine). Le dénombrement des victimes reste difficile, du fait de l’impossibilité légale de consulter toutes les archives, mais du fait aussi du désaccord des historiens penchés sur la question. Entre les 50 victimes selon l'estimation bien trop faible de Jean-Paul Brunet et les 200 dénombrées par Jean-Luc Einaudi (300 si l'on compte du début du mois de septembre au mois de novembre 1961 – et parmi eux un Français, Guy Chevalier frappé à coup de crosse devant le cinéma le Grand Rex), c’est une béance dans la mémoire de l’Etat français qui s’autorise à faire de son amnésie politique une amnistie pour ses assassins. La fermeture des prévue commerces algériens le lendemain, ainsi que la manifestation des femmes et des enfants afin de faire libérer au plus vite les prisonniers ont souffert de la violence des représailles de la nuit du 17 au 18 octobre. Du côté FLN, reste également posée la question de l’instrumentalisation de la répression au nom de son entreprise politique, et au détriment des populations surexposées à la violence d’Etat. Des dizaines de cadavres d’Algériens ont rejoint après cette nuit le fleuve rouge sang, à Paris, à Nanterre, Stains, Saint-Denis. Parmi les cadavres, celui de Fatima Bédar, 15 ans, repêchée le 31 octobre dans le canal Saint-Denis.

 

3/ Entre les prises de position passées et aujourd’hui,

la fin progressive de l’oubli :

 

On trouvera bien des prises de position fermes de la part de la CIMADE, d’associations juives comme l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UNJRE), l’Union des Juifs de France et Solidarité avec les victimes du racisme, mais encore du Secours Populaire Français (SPF), du MRAP, ainsi que de comités antifascistes ou anticolonialistes menés par des étudiants ou des citoyens (comme le comité Maurice-Audin), tel le Mouvement de la Paix du Comité Voltaire. La CFTC édite pour sa part une brochure (Face à la répression), et on assiste également à des débrayages dans les usines appelées par la CGT. Des articles paraissent dans Le Monde, le premier Libération, France-ObservateurL'Express,L'HumanitéTémoignage chrétienLa CroixFrance-Soir (et même Le Figaro), mais également Témoignages et DocumentsEspritVérité-Liberté de Pierre Vidal-Naquet. Une synthèse de Paulette Péju intitulée Ratonnades à Paris et publiée par François Maspero est censurée, comme le film tourné à chaud par Jacques Panigel, Octobre à Paris. Pour Elie Kagan, le seul photographe (avec Georges Azenstarck de l'Humanité dont les négatifs des photos prises ce soir-là auraient été perdus dans les archives du journal !) présent le 17 octobre et qui échappa enfant aux rafles de Juifs pendant la guerre, ses clichés pris ce soir-là témoignent d’une horrible continuité : « Ma peur, qui me reprend / Octobre 61 / Juillet 42 » (14). Claude Lanzmann enfonce le clou dans Les Temps modernes : « Entre les Algériens entassés au palais des Sports en attendant d’être ’’refoulés’’ et les juifs parqués à Drancy avant la déportation, nous nous refusons à faire une différence ». La gauche communiste préfère plutôt mettre l’accent sur ses manifestations. Comme celle du 8 février 1962, initiée davantage contre les attentats de l’OAS et la torture en Algérie que pour l’indépendance de ce pays, et au cours de laquelle neuf manifestants, tous syndiqués à la CGT, mourront écrasés dans la bouche du métro Charonne. Symptomatique demeure d'ailleurs l’écrasement des mémoires qui voit encore aujourd’hui le souvenir de Charonne avec son cortège funèbre de 500.000 personnes le 13 février, se substituer à celui des massacres du 17 octobre (15).

 

L'amnésie collective aura été in fine déterminée par plusieurs facteurs. Les accords d'Evian en mars 1962 et le référendum de juillet inaugurent officiellement l'indépendance de l'Algérie et la consécration de son Etat maîtrisé par un FLN moins soucieux de la mémoire des morts d'octobre 1961 que des réformes économiques et sociales assurant, y compris dans la violence envers les harkis et les pieds-noirs, l'avenir du pays. Les lois françaises d'amnistie de 1962, 1964, 1966, 1968 et 1982, qui entre autre réhabilitent les généraux séditieux, parachèveront l'entreprise étatique, de De Gaulle à Mitterrand, d'amnésie politique. La requête en 1998 pour la reconnaissance des massacres des 17 et 18 octobre comme "crime contre l'humanité" a buté sur le fait que le nouveau code pénal ne reconnaît pas, entre 1943 et sa refondation en 1994, l'application rétrospective de cette catégorie mise au point par les vainqueurs à l'encontre des vaincus de la seconde guerre mondiale. Le vide juridique entre 1943 et 1994, ainsi que le recours aux lois d'amnistie (notamment celle de 1968) furent les arguments du doyen des juges d'instruction M. Valat pour ordonner un refus d'informer, alors même que la particularité du crime contre l'humanité consiste à être imprescriptible. Dans le domaine des archives, la disparition des archives de la brigade fluviale et du SCAA d'une part et d'autre part l'extraordinaire lenteur administrative visant à terminer le classement des archives de la préfecture de police participent à retarder, pour ne pas dire empêcher, le nécessaire travail d'éclairage historique. Enfin, le rapport Mandelkern commandé par le gouvernement Jospin en janvier 1998, certes riche en informations, aboutit malgré tout à des conclusions politiquement critiquables, s'agissant tant du nombre de personnes tuées que de la responsabilité de l'Etat dans les massacres d'octobre.

 

Le cinquantième anniversaire des massacres du 17 octobre 1961 est ici l’occasion d’affirmer ceci. Le devoir de mémoire au nom du respect des morts d’hier tombés sous les coups de l’Etat français doit déboucher sur le droit de comprendre comment la violence coloniale d’hier, combinant oppression de classe et de race, irradie d’une lumière fossile notre actualité postcoloniale. « Bavures » policières qualifiant euphémiquement le meurtre de personnes originaires du Maghreb, traitement administratif discriminatoire des étrangers confinés dans des centres de rétention, réactivation de l'état d’urgence de 1955 lors des révoltes de la jeunesse populaire de l’automne 2005 : nombreux sont les symptômes persistants du spectre colonial qui continue de hanter la république française en nourrissant largement la domination raciste et la division nationaliste entre les prolétaires.

 

Post-scriptum : l’exemple (post)colonial de l’internement administratif :

 

L'internement administratif, appliqué pendant plus d'un siècle dans l'ancienne Régence d'Alger, et institué pour le territoire français entre 1938 et 1944, s'applique à nouveau en France pendant la guerre d’indépendance algérienne, en raison de l'extension métropolitaine de l'état d'urgence en 1961. On voit ici que les dispositifs d'exception mis au point pendant la colonisation auront été réactivés à l'époque de l'internement des 350,000 réfugiés espagnols fuyant la guerre d'Espagne et cantonnés dans les camps de Gurs, Saint-Cyprien et Argelès, pendant la seconde guerre mondiale contre des citoyens français considérés comme dangereux pour la sécurité publique, puis au cours de la guerre d'indépendance algérienne. L'indigène colonisé aura donc goûté la primeur d'institutions répressives qui se sont par la suite exercé contre le réfugié politique, puis contre le citoyen français. Le CIV (centre d'internement) de Vincennes (ouvert en janvier 1959) comme le camp du Larzac (qui accueillera en 1962 12,000 harkis) sont mis en place durant cette période, préfigurant la politique de contrôle et de stigmatisation des « émigrés-immigrés » incarnée par les CRA (centre de rétention administrative). Impulsés par le gouvernement de Pierre Mauroy et François Mitterrand avec le décret du 29 octobre 1981, au nombre de 224 aujourd'hui, ces centres qui ont procédé en 2008 à 35,000 rétentions d'une durée moyenne de 10 jours (45 jours maximum) témoignent d'un racisme d'Etat postcolonial, parce qu'il prend précisément sa source historique dans la séquence coloniale française. Même si la rétention se distingue formellement de l’internement pour des raisons de durée (fixée pour la première, pas pour le second), ou de motivation (la présence irrégulière pour la première, la menace pour la sécurité nationale pour le second), ces deux procédures policières, en échappant à la norme judiciaire du tribunal et du procès, frappent les ressortissants d’un pays étranger, ainsi victimes d’une défiance qui remonte loin dans le temps des guerres coloniales d’abord, des guerres européennes ensuite.

 

De la même façon que la loi de janvier 1985 requise par le gouvernement Fabius pour le territoire de la Nouvelle-Calédonie, ainsi que les deux décrets du gouvernement De Villepin pendant les révoltes urbaines de novembre 2005 entretiennent l'esprit répressif d'un état d'urgence issu de la législation coloniale.

 

Notes : 

 

(1) « Identités, communautés, citoyenneté », colloque du MRAP, 22 octobre 2005 in Différences n° 258, avril-mai-juin 2006 (http://www.differences-larevue.org/article-identites-communautes-citoyennete-gilles-manceron-51310539.html).  

 

(2) Abdelmalek Sayad, La Double absence : des illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré, éd. Seuil, coll. « Liber », 1999.

 

(3) Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad, Le Déracinement : la crise de l’agriculture traditionnelle en Algérie, éd. Minuit, 1964.

 

(4) La Guerre sans nom est un film documentaire de Bertrand Tavernier consacré à la seule mémoire des appelés du contingent français. Alors que la « guerre sans nom » l’a été aussi pour les Algériens.

 

(5) Même si elle a été durement critiquée dans ses formes et ses principes, la colonisation de l’Algérie aura été au bout du compte légitimée par Marx et Engels au nom de la nécessité prétendument historique du capitalisme à partir duquel seulement pourrait dialectiquement advenir le communisme : cf. Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser. Exterminer : sur la guerre et l’Etat colonial, éd. Fayard, 2005.

 

(6) Charles-Robert Ageron, « Les Troubles du Nord-Constantinois en mai 1945 : une tentative insurrectionnelle ? » in Vingtième Siècle, Revue d’histoire, n° 4, octobre 1984, p. 112. 

 

(7) Cf. Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), éd. La Découverte, coll. « Repères », 1999.

 

(8) Olivier Le Cour Grandmaison, De l'indigénat. Anatomie d'un "monstre" juridique : le droit colonial en Algérie et dans l'empire français, éd. Zones/La Découverte, 2010.

 

(9) Sidi Mohammed Barkat, Le Corps d’exception : les artifices du pouvoir colonial et la destruction de la vie, éd. Amsterdam, 2005.

   

(10) La formule est de Maurice Papon lui-même. Cf. Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris – 17 octobre 1961, éd. Seuil, 1991. L’historien témoigna sur le 17 octobre lors du procès qui eut lieu en 1997 contre Papon pour son action entre 1942 et 1944. Le second intenta ensuite un procès en diffamation contre le premier qu’il perdit en 1999. La mémoire du 17 octobre allait à cette occasion rebondir.

 

(11) Le MNA est l'héritier de l'ENA, l'Etoile Nord-Africaine, créée sous l'égide du PCF en 1926. Dissoute par la Front Populaire en 1937, le PPA (le Parti du Peuple Algérien) prend la relève jusqu'en 1946 où la création du MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) doit assurer le maintien d'un PPA lourdement frappé pendant les massacres de Sétif. Les « centralistes » de la direction du parti, opposés aux « messalistes », car désireux d'une indépendance obtenue par les armes, créeront le FLN à l'automne 1954.

 

(12) Jean-Paul Brunet, Police contre FLN : le drame d’octobre 1961, éd. Flammarion, 1999, p. 87. Disons ici à quel point l’ouvrage de cet historien est problématique à plusieurs titres. La minimalisation du nombre de victimes s’inscrit, s’agissant des massacres du 17 octobre, dans une perspective à la fois réductrice et schématique (le FLN ne saurait ici se substituer à la population algérienne frappée ; quant à la police, elle a été l’instrument d’un préfet représentant les intérêts du ministre de l’intérieur, et par voie de conséquence de l’Etat), mais aussi partisane (quand l’auteur emploie à maintes reprises sans la discuter la rhétorique policière, par exemple la formule « terrorisme du FLN »). On fera enfin remarquer que le chiffre de 300 victimes n'est pas seulement le chiffre de Jean-Luc Einaudi ou du FLN, puisqu'il a également été avancé par Constantin Melnik, chargé en 1961 des affaires de police et de renseignement au cabinet de Michel Debré.

 

(13) On connaît l'existence au moins d'un homme tabassé à mort par le FLN pour avoir renoncé à aller à la manifestation : cf. Linda Amiri, La Bataille de France : la guerre d’Algérie en métropole, éd. Robert Laffont, 2004, p. 132.

 

(14) Jean-Luc Einaudi/Elie Kagan, 17 octobre 1961, éd. Actes sud/BDIC, 2001, p. 59.

 

(15) Cf. Benjamin Stora, La Gangrène et l’oubli : la mémoire de la guerre d’Algérie, éd. La Découverte, 1998.


http://libertaires93.over-blog.com/article-voyage-au-bout-de-la-nuit-les-massacres-d-octobre-1961-86411012.html

 

http://www.jacques-toutaux.pro/article-paris-le-17-octobre-1961-il-y-a-50-ans-sous-la-gouvernance-de-de-gaulle-les-flics-du-sinistre-pap-86652288.html

 

PARIS : UN REFUGIE POLITIQUE RUSSE INCENDIE LA BANQUE DE FRANCE

Petr Pavlensky

Trop tard! On vous avait prévenus: un réfugié politique russe incendie la Banque de France

© AP Photo/ Capucine Henry

FRANCE

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L’artiste russe Piotr Pavlenski, qui a obtenu le statut de réfugié politique en France, propage maintenant son «art» à travers la France et incendie la Banque de France à Paris. Il est accusé en Russie d’agression sexuelle et est connu pour ses «performances», dont l’incendie des portes du siège du FSB à Moscou.

Le réfugié politique Piotr Pavlenski, qui a obtenu l'asile en France au mois de mai dernier, a incendié la façade de la Banque de France à Paris. L'artiste a fui la Russie, où il est accusé d'agression sexuelle et a notamment été interpellé et traduit en justice pour certaines de ses «performances».

Vêtu de noir, l'artiste a posé devant les portes de la Banque de France avec des flammes autour de lui.​

Selon des témoignages sur Twitter, cette action serait baptisée «L'incendie mondial des révolutions».

​La police française l'a arrêté et il est actuellement en garde à vue.​

En 2015, le Russe avait versé de l'essence sur les portes du siège du FSB à Moscou et les avait incendiées.​

Les twittos ont largement commenté la «performance» du réfugié politique accueilli en France avec sa femme et leurs deux enfants​

 

Piotr Pavlensky

© SPUTNIK. ANDREY STENIN

«Nous vivons comme les Français: nous ne travaillons pas et nous ne payons pas»

Piotr Pavlenski, qui se proclame artiste, a été interpellé et traduit en justice pour certaines de ses performances. Il a quitté la Russie à la suite de l'ouverture d'une enquête sur l'agression sexuelle dont l'actrice du Teatr.doc Anastasia Slonina a déclaré être victime, ce qu'il nie. Il a obtenu, avec sa femme Oksana Chaliguina et leurs deux enfants l'asile politique en France au mois de mai 2017.

Par ses performances qui l'ont rendu célèbre, il dénonçait le gouvernement russe. Il n'hésita pas, par exemple, à se clouer la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge ou se coudre les lèvres en soutien au groupe de punk rock féministe Pussy Riot.

https://fr.sputniknews.com/france/201710161033476289-france-banque-incendie-pavlensky/


DAECH VAINCU, LA FRANCE COLONIALE VEUT RESTER EN SYRIE ET EN IRAK ILLEGALEMENT

Daech vaincu, la France ne quittera pas d’emblée la Syrie et l’Irak

 Depuis 7 heures  14 octobre 2017

Florence Parly, ministre des Armées

Florence Parly, ministre des Armées

 Amérique et Europe - France

 

Après la victoire définitive sur les terroristes de Daech, les autorités françaises n’entendent pas réduire immédiatement leur présence en Syrie et en Irak, a annoncé Florence Parly, ministre des Armées, répondant aux questions du Monde.

Les missions de l’armée française en Syrie et en Irak ne seront pas accomplies même après la défaite finale des takfiristes, le risque de développement de nouveaux mouvements terroristes étant toujours présent dans la région, a estimé Parly.

«Le lien entre la menace terroriste djihadiste sur notre territoire et le vivier potentiel de menaces que constituera encore cette région dans le futur laisse penser que nous ne quitterons pas cette région du jour au lendemain.»

La ministre a en outre souligné que dans le Livre blanc de 2013, le terrorisme n’était pas mentionné en tant que tel.

«Le terrorisme, menace majeure, est systématiquement qualifié de djihadiste. C’est une réalité du contexte de sécurité dans lequel nous vivons aujourd’hui, et dont nous n’avions certainement pas pris la mesure alors que Daech ne s’était pas encore implanté en Syrie et en Irak.»

Le Président syrien Bachar el-Assad a mis en doute à plusieurs reprises l’efficacité de la coalition internationale anti-Daech, y compris de la France, dans la lutte contre le terrorisme. D’après lui, «toute opération militaire en Syrie sans l’aval du gouvernement syrien est illégale et […] la présence d’armées [étrangères, ndlr] sur le sol syrien n’est rien d’autre qu’une invasion».

Source: Sputnik

https://french.almanar.com.lb/609904


 

LES ELU-ES DE LA DIRECTION DES AFFAIRES CULTURELLES DE LA VILLE DE PARIS VOTENT POUR LA SAUVEGARDE DE LA BIBLIOTHEQUE MARGUERITE DURAND

12 octobre 2017

Les élu.e.s de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris votent pour la sauvegarde de la bibliothèque Marguerite Durand

Les élu.e.s de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris votent pour la sauvegarde de la bibliothèque Marguerite Durand

              Un vrai supplice chinois pour Anne Hidalgo et Bruno Julliard

C’est ce que l’on appelle un nouvel obstacle pour la mairie de Paris dans son désir d’expulser de ses locaux la bibliothèque des femmes et du féminisme, Marguerite Durand, pour la transférer à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris (IVe) d’ici 2018. Le projet de l’équipe dirigée par Anne Hidalgo et Bruno Julliard une fois révélé n’a évidemment pas manqué de susciter un tollé de la part de tous les spécialistes pour lesquels la Bibliothèque Historique (BHVP) semble un lieu totalement « inadéquat à la conservation et la communication de ces fonds d’archives sur l'histoire du féminisme ».

Une réaction qui a - semble-t-il - pris l’administration parisienne de cours comme en témoignent les nombreux articles de presse, la création d’un collectif Sauvons la BMD! et la mise en place d’une pétition qui a recueilli des milliers de signatures sans parler des nombreux courriers envoyés à Anne Hidalgo par des scientifiques, des écrivain.e.s,  jusqu’à l'ABF, l'association des Bibliothécaires de France (voir ici). Même les élus du Conseil de Paris s’y sont mis, c’est dire si la situation devient difficilement tenable pour l’exécutif municipal. Et comme un supplice chinois, ce fut au tour des élu.e.s du Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, une instance présidée par Bruno Julliard en personne, de présenter lors de la séance du 11 octobre une motion pour défendre la « Bibliothèque des Femmes ». Voici le texte dans son intégralité.

« Considérant  le vœu adopté à l’unanimité (y compris par l’exécutif) par le Conseil de Paris lors de la session du mois de septembre 2017 demandant à la Mairie de Paris « d’associer toutes les actrices et acteurs concernés par l’avenir de la bibliothèque Marguerite Durand (communauté scientifique, usagers et personnels) », le Comité technique de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris demande à l’exécutif municipal de saisir l’inspection générale des bibliothèques (IGB) pour que celle-ci donne son expertise sur la pertinence scientifique et patrimoniale de ce projet de déménagement de la « bibliothèque des femmes » et celui des architectes des bâtiments de France sur la faisabilité des travaux de rénovation en lien avec la sécurité des personnels.

A défaut d’inspection, l’intersyndicale demande à l’exécutif parisien de solliciter l’expertise de consultantes spécialisées dans la construction de bibliothèques et leur réhabilitation, afin de comparer l’existant de la bibliothèque Marguerite Durand et la pertinence en terme de locaux de son « devenir » éventuel dans le Marais, et de sa visibilité indépendante (voir dans la rubrique commentaire).

Le Comité Technique de la DAC demande également que la mairie de Paris gèle toute démarche entraînant le départ de la bibliothèque Marguerite Durand avant d'avoir présenté toutes les expertises nécessaires aux membres élus des instances de représentation des personnels (Comité Hygiène et Sécurité, Comité Technique), préalable obligatoire à toute réorganisation de service comme cela serait le cas concernant la bibliothèque Marguerite Durand » .

Le texte a, bien sûr, été adopté à l’unanimité des membres élus (CFDT, CGT, FO, SUPAP, UCP, UNSA) du Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.

 

   Crise avec la BMD : Anne Hidalgo va-t-elle rappeler Christophe Girard comme adjoint ? 

                                            - La situation malheureusement semble l’exiger !!

http://daccgtculture.over-blog.com/2017/10/les-elus-de-la-direction-des-affaires-culturelles-de-la-ville-de-paris-votent-pour-la-sauvegarde-de-la-bibliotheque-marguerite-duran?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

ARDENNES : LA JUSTICE DE CLASSE AU SERVICE DES POSSEDANTS

14 octobre 2017

La justice de classe au service des possédants

Site CGT UNILEVER

47 salariés condamnés à rembourser leurs indemnités

versées  pour licenciement abusif !

Il y a près de 10 ans, 47 salariés sont licenciés pour motif économique par l’entreprise Ardennes Forge. Motif contesté devant le conseil de prud’hommes par les salariés qui en ressortent victorieux et avec des indemnités pour licenciement « sans cause réelle et sérieuse ». Mais le 20 juillet dernier, la Cour de cassation refuse leur pourvoi et donne raison à la cour d’appel, qui les condamne à rembourser une grande partie de ces indemnités.

C’est en 2008 que les 47 salariés d’Ardennes Forge se retrouvent au chômage après un licenciement économique. Ils entament dès lors une procédure aux prud’hommes pour contester ce motif de licenciement. Dans le même temps, une procédure pénale est entreprise pour travail dissimulé. En 2010, ils obtiennent gain de cause et perçoivent donc une indemnité prud’homale, pour licenciement « sans cause réelle et sérieuse », de près de 900 000 euros au total, partagés entre l’ensemble des salariés. La procédure pénale, quant à elle, leur donna raison sur l’existence de travail dissimulé en 2012.

Pour autant, l’entreprise fait appel et la cour d’appel rend, en 2012, un arrêt contradictoire en niant l’existence de travail dissimulé. Arrêt confirmé par la Cour de cassation le 20 juillet dernier. La conséquence de cet arrêt est la demande de remboursement d’une partie des indemnités versées deux ans plus tôt. Ce sont donc 470 000 sur les 900 000 euros que doivent rembourser ces salariés, près de 10 après leur licenciement.
« Cela fait deux ans que nous avons touché ces sommes que la justice a reconnu nous devoir. Nous demander d’en rembourser une partie maintenant alors que certains d’entre nous sont toujours dans la précarité, c’est inqualifiable, c’est de l’acharnement inhumain », déclare Rémy Petitjean, porte-parole des ex-salariés à L’Express.

On note d’autant plus que dans une région comme les Ardennes, où le chômage atteint les 21 % et où la précarité est omniprésente, cette demande de remboursement a un coût social énorme. En effet, les anciens salariés d’Ardennes Forge sont pour la plupart dans des situations difficiles, comme Jean-Michel Prusinowski qui subsiste aujourd’hui avec seulement 500 euros par mois. La demande de remboursement est d’une absurdité et d’une indécence sans nom. Comment Jean-Michel pourrait-il rembourser 18 500 euros dans une situation si précaire ?

On remarque donc la prégnance d’une justice de classe qui, d’un côté exige que des chômeurs remboursent l’entreprise qui leur a fait perdre leur emploi, et de l’autre, s’applique à défendre les patrons et fait preuve de la plus grande complaisance vis-à-vis des politiciens véreux – on pensera bien sûr à M. François Fillon qui n’a toujours pas rendu l’argent extorqué des caisses publiques. La réforme du travail en cours ne devrait qu’accentuer ces divergences de classe, notamment vis-à-vis des procédures prud’homales, en donnant une facilité de licenciement toujours plus grande et une précarisation de l’ensemble des travailleurs. Cette situation ubuesque de salariés devant dédommager l’entreprise qui les a licenciés n’est qu’un avant-goût de ce que la loi XXL prépare.

http://lesjeunesmarxistesdepau.over-blog.org/2017/10/la-justice-de-classe-au-service-des-possedants.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

SOLIDAIRE SE JOINT A LA CGT POUR LA MOBILISATION DU 19 OCTOBRE

Solidaires rejoint la CGT pour la mobilisation du 19 octobre

Solidaires rejoint la CGT pour la mobilisation du 19 octobre

Les manifestations contre les ordonnances et les réformes sociales du gouvernement se poursuivent. @ LOIC VENANCE / AFP

 

Le mot d'ordre de la journée du 19 octobre est très large, allant de la contestation des ordonnances aux réformes fiscales, et passant par la défense du service public.

Solidaires s'unit à la journée de grèves et de manifestations du 19 octobre, lancée par la CGT, pour dénoncer les ordonnances et les réformes sociales du gouvernement. La CGT a lancé cet appel lundi, à l'issue d'une intersyndicale dans ses locaux qui n'a pas abouti à une action commune, que ce soit contre les ordonnances ou les autres réformes (apprentissage, assurance chômage, formation).

Le mot d'ordre de la journée du 19 octobre est très large, allant de la contestation des ordonnances aux réformes fiscales, et passant par la défense du service public. Une nouvelle intersyndicale doit se tenir le 24 octobre, qui pourrait aboutir à un appel plus unitaire pour novembre, avec éventuellement le concours de la CFE-CGC et de FO.

http://www.europe1.fr/societe/solidaires-rejoint-la-cgt-pour-la-mobilisation-du-19-octobre-3462521


 

FRANCE : SIX MILITAIRES SUR DIX ENVISAGENT DE QUITTER L'ARMEE

La fleur au fusil

La fleur au fusil, les soldats français démissionnent

© AFP 2017 Yasuyoshi Chiba

FRANCE

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Oxana Bobrovitch

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Conditions de vie, Opération Sentinelle, carrières bloquées, paupérisation de l’institution, les motifs de quitter l’armée ne manquent pas… et les candidats au départ non plus. Ils seraient plus de 60% à envisager de raccrocher le képi. Regards croisés d’un expert et d’un officier –encore- d’active sur le malaise au sein de la grande muette.

Six militaires sur dix auraient envie de quitter l'armée. Ce score grimpe à 70% pour les militaires dont l'ancienneté est comprise entre 11 et 20 ans, comme ce colonel de l'armée de terre qui a accepté de témoigner auprès de Sptunik. Des chiffres inquiétants que révèle le rapport du Haut comité d'évaluation de la condition militaire.

 

Militaires français en patrouille à Paris

© REUTERS/ ROBERT PRATTA

Plus de 60% des militaires français auraient envie de quitter l'armée

Illustration parlante de ce malaise, le colonel «Antoine» (son nom est changé pour préserver son anonymat), s'apprête à quitter l'armée de terre après plus de 25 ans de bons et loyaux services. Un engagement qui lui permettait pourtant «d'avoir une vie active au service de son pays.»
Pourquoi? «Je ne trouve plus ce que je cherche. Je n'arriverais plus accéder à des postes à responsabilités que j'aimerais tenir, parce qu'on a beaucoup réduit des formats des armées ces dernières années.» Auparavant, il suffisait de réussir un concours pour accéder à des responsabilités intéressantes, mais aujourd'hui il n'y a plus assez de place.

 

«La politique de ressources humaines fait que beaucoup de gens partent, explique l'officier à Sputnik. Ils partent parce qu'a un moment on n'arrive plus à progresser. C'est pour le signaler que j'ai accepté de répondre à vos questions.»

Mais les difficultés de progresser sont loin d'être les seules raisons du désamour entre l'armée et ses soldats. Selon Richard Labévière, rédacteur en chef de la revue de l'Institut des hautes études de défense nationale «Défense», «on pousse dans l'armée la dimension technologique au détriment du facteur humain. Sur le plan des ressources humaines, il s'agit d'une perte de motivation des soldats, qui ne renouvellent pas leur engagement».
Ce n'est pas l'avis du colonel «Antoine», pour qui

«Quel que soit le niveau de la technologie, il faut avoir une certaine quantité de personnes pour faire les opérations qu'on nous demande. Le meilleur élément, ce n'est pas le matériel, c'est l'humain. Et tous les militaires en ont conscience.»

Selon le Haut comité d'évaluation de la condition militaire, les raisons du départ des engagés sont plutôt à chercher du côté des conditions de vie au sein de l'armée. Le Colonel «Antoine» confirme ces difficultés, notamment pour ceux qui ont une famille. Celles-ci sont en effet soumises à une forte mobilité: il est courant dans l'armée d'être muté tous les trois ans. Et ce qui était accepté il y a une vingtaine d'années ne l'est plus aujourd'hui:

«C'est compliqué de déplacer femme et enfants. En cas de mutation, le conjoint perd son travail… à chaque fois, il faut tout reconstruire. C'est usant pour la vie de famille», précise l'officier.

 

Promenade des Anglais, image d'illustration

© REUTERS/ ERIC GAILLARD

Un homme armé d'un couteau et couvert de sang arrêté à Nice

Et si d'être coupé de sa famille le temps d'une mission est acceptable, le moindre coup dur rend la vie devient intenable. Il suffit de se rappeler des problèmes de paiement que l'armée a connu en 2011-2012, avec le bug informatique du logiciel Louvois, qui a touché la moitié des effectifs de l'armée de Terre en France:

 

«On peut avoir le père de famille en mission et la famille se retrouve sans ressources avec tout ce qui s'ensuit: le découvert bancaire, les dettes, l'impossibilité de régler ses factures… Ces situations créent beaucoup d'angoisse et le problème n'est pas encore réglé, raconte l'officier. On se dit qu'on n'est pas si bien protégé que ça.»

De fait, selon Le Monde (février 2017), «Le logiciel défectueux [Louvois], qui depuis 2011 empêche soldats et officiers d'être correctement payés, ne sera retiré qu'en 2021.»

«Il faut prendre la vie des familles, de l'"arrière" en compte, leur proposer un accompagnement le temps de la mission du conjoint-militaire», appuie Richard Labévière.

À ces conditions structurelles s'ajoute le plan Sentinelle, qui pèse énormément sur les unités. «Les militaires sont engagés dans ces missions qui ne sont pas très intéressantes, en plus maintenant ils sont pris pour cible,» déplore notre officier.

Idéalement, la vie des militaires est basée sur des cycles de 16 mois: 4 mois de phase stable en régiment, 4 mois de préparation opérationnelle, plus intensifs, 4 mois de mission, suivis de 4 mois plus tranquilles, où on est toujours prêt à repartir. «On a perdu ces temps de respiration. Les soldats n'ont plus le temps de s'entraîner, le rythme normal des militaires est altéré par cette charge énorme,» précise notre témoin, qui rajoute que:

«Les armées le font depuis 1995: le niveau d'engagement est multiplié par 20 par rapport à une période où les effectifs étaient plus importants.»

Un entraînement qui est de plus affecté par l'usure accélérée des équipements. «La situation reste précaire, nous explique le colonel "Antoine". Comme il a eu beaucoup de missions, notamment en Afghanistan ou en Afrique, les matériels s'usent quatre fois plus vite que prévu. En mission, le matériel est en bon état, mais en France, pour s'entraîner, beaucoup de matériels ne sont pas disponibles.» Un constat qui sonne comme un désaveu cinglant des 850 millions d'euros de coupes budgétaires dans les crédits de la Défense, dont Macron avait affirmé qu'ils seraient sans incidence sur la vie des soldats.

 

La police française

© AFP 2017 PASCAL GUYOT

239 personnes tuées en France par les djihadistes au cours des deux dernières années

«Pour renverser la tendance (des départs de l'armée), il faut passer par une hausse de moyens budgétaires au recrutement et aux conditions logistiques et de vie dans les casernes, les bases, dans les points d'appui», souligne de son côté Richard Labévière.

 

Une hausse qui devrait intervenir dès 2018, avec plus d'un milliard d'euros de crédits pour la Défense, si l'on en croit les promesses d'Emmanuel Macron.

La rotation au sein de l'institution n'est pas aussi due au recrutement? Si seulement 65% des militaires du rang de l'armée de Terre et 58% de ceux appartenant à l'armée de l'Air rempilent après un premier contrat, dont la durée est de trois à cinq ans, c'est en partie parce que les engagés ont trouvé ce qu'ils sont venus chercher au sein de la grande muette.

«Certains viennent pour l'idéal, et d'autres —pour les raisons plus alimentaires. Ce que les jeunes viennent chercher dans l'armée, c'est souvent des qualifications dans les métiers qu'ils pourront faire après dans le civil»,

explique le colonel «Antoine», qui détaille: «Ce qu'ils vont apprendre leur permettra d'avoir du boulot dans le civil plus tard. Et non seulement d'avoir un métier technologique, mais de savoir commander de petites équipes, passer son permis pour conduire des camions…»
Pour autant, tous les engagés ne sont pas là pour la «gamelle», loin de là. Selon le rapport de Haut comité d'évaluation de la condition militaire, les leviers principaux de fidélité à l'armée restent forts. Le statut militaire (79%), «la participation active à la défense des intérêts du pays» (75%) ou «les rapports humains, l'esprit de cohésion» (70%) demeurent des éléments de motivation pour s'engager ou poursuivre sa carrière.

«L'Armée, ce n'est pas un métier, c'est un choix de vie, confirme le colonel "Antoine". Ça a une incidence trop importante sur les libertés individuelles, la liberté d'expression. On renonce à beaucoup de choses quand on s'engage dans l'armée. Mais on le fait pour son pays.»

Des idéaux qui peinent donc souvent à se traduire dans le quotidien des soldats, ce qui explique aussi un certain nombre de désillusions, donc de départs ou de difficultés de recrutement.

«Il faut également travailler sur le recrutement, qui doit s'appuyer non seulement sur les campagnes de publication et de belles images de surface, mais aller plus en profondeur dans l'explication du fonctionnement des armées et des sacrifices qu'on demande aux soldats engagés, analyse Richard Labévière.»

Cela suffira-t-il à enrayer ce désamour entre l'armée et ses engagés? Le problème est peut-être plus profond, selon le colonel «Antoine». Si 88% des Français ont une bonne image de l'armée,

«La professionnalisation qu'on a décidée il y a vingt ans, en février 1997, montre bien qu'on a perdu un lien avec la Nation.»

Un lien que l'armée semble en peine de retisser avec ses engagés.

https://fr.sputniknews.com/france/201710111033421917-soldats-francais-demissionnent/


 

PARIS : LE SAVOIR FAIRE DES FLICS DE L'APPRENTI DICTATEUR MACRON CONTRE DES TRAVAILLEURS DEFENDANT LEURS LEGITIMES REVENDICATIONS

Images choquantes de la manifestation à Paris

Coups de matraque, gaz lacrymogènes …images choquantes de la manifestation à Paris

© Sputnik.

FRANCE

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Vitrines cassées, balles en caoutchouc - de nouveaux débordements ont rythmé le cortège parisien ce 10 octobre lors de la manifestation organisée par les syndicats pour protester contre les mesures «inacceptables» du gouvernement d'Emmanuel Macron. Des images exclusives de Sputnik.

Des manifestants écrasés au sol, poussés et frappés par la police, telles sont les images choquantes de la manifestation organisée mardi à Paris par tous les syndicats français, la première mobilisation de cette envergure depuis 10 ans.

Plusieurs dizaines de personnes cagoulées et vêtues de noir ont pris mardi pour cible plusieurs agences bancaires situées sur le parcours du cortège, entre la place de la République et la place de la Nation. 

Des personnes masquées ont lancé des fumigènes, brisé des vitrines et des portes, couvert de peinture des distributeurs de billets.

La police a riposté avec des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des coups de matraques.

Sur une vidéo filmée par un correspondant de Sputnik, on voit notamment un jeune homme la tête ensanglantée retenu par deux policiers, des personnes couchées par terre qui reçoivent des coups de pied et des gens malmenés par les policiers casqués.

La chaîne BFMTV a annoncé que huit manifestants munis de marteaux et d’armes de poing avaient été arrêtés.

Selon une estimation provisoire de la CGT, environ 45.000 agents publics ont pris part au cortège à Paris (26.000 selon la police).

Syndicats en grève, «Macron regarde ta Rolex, c’est l'heure de la révolte»

© SPUTNIK.

Syndicats en grève, «Macron regarde ta Rolex, c’est l'heure de la révolte»

 

Au total, les manifestations organisées dans plusieurs dizaines de villes françaises ont rassemblé mardi près de 400.000 personnes, d’après la CGT.

Les neuf fédérations syndicales de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA) avaient auparavant appelé à une journée de grève et de manifestations dans la fonction publique pour exprimer leur «profond désaccord» avec le gouvernement qui envisage, notamment, la suppression de 120.000 postes d'ici à la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, le gel des rémunérations, le rétablissement du jour de carence, ainsi que la remise en cause de leur statut. 

https://fr.sputniknews.com/france/201710101033411689-paris-manifestation-police-violences/



 

CGT REIMS : TOUS EN GREVE ET MANIFESTATION. RASSEMBLEMENT DEPARTEMENTAL A 1OH MAISON DES SYNDICATS

 

CGT Union Locale de Reims

5 octobre, 14:09 · 

Tract UL CGT Reims, pour la grève de la Fonction Publique du mardi 10 octobre 2017.

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