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ACTE 23 DES GILETS JAUNES (EN CONTINU)

https://francais.rt.com/france/61196-acte-23-gilets-jaunes-en-continu

Acte 23 des Gilets jaunes : début de la manifestation à Paris, quelques tensions (EN CONTINU)

Acte 23 des Gilets jaunes : début de la manifestation à Paris, quelques tensions (EN CONTINU)© Yves Herman Source: Reuters

Des Gilets jaunes à Paris lors de l'acte 23, le 20 avril.

 

Selon le ministre de l'intérieur Christophe Castaner, des casseurs pourraient être présents en nombre le 20 avril à l'occasion de l'acte 23 de la mobilisation des Gilets jaunes.

Mise à jour automatique

UN 23ème SAMEDI REPRESSIF SE PREPARE EN FRANCE

La police française empêche les Gilets jaunes de manifester

Fri Apr 19, 2019 5:57PM

Les manifestations seront interdites aux abords de Notre-Dame-de-Paris. ©AFP

Les manifestations seront interdites aux abords de Notre-Dame-de-Paris. ©AFP

Le tragique incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris aurait dû produire un choc propre à sauver des eaux un régime macronien en perdition, un régime qui se bat depuis 5 mois contre son peuple et refuse de l’entendre. Certaines sources médiatiques ont tenté d’accuser les Gilets jaunes tandis que d’autres se sont efforcées de jeter le soupçon sur les musulmans. Les Français, eux, ne se sont pas laissé piéger. Le tragique incendie de Notre-Dame ne saurait mettre fin au mouvement de protestation, mais il risque de servir de prétexte à une répression redoublée. 

La police française a interdit dans un communiqué tout rassemblement ou toute manifestation autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Cette interdiction s’explique par les préoccupations sécuritaires et les travaux de collecte d’éléments permettant d’établir la cause de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame.

Nonobstant, les Gilets jaunes assurent qu’ils ne renonceront pas à leur 23e samedi de manifestation.

Le 15 avril, après un incendie d’origine apparemment accidentelle, le toit et la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris ont été consumés par le feu.

Après l’annonce de la hausse des taxes sur le carburant, un mouvement de contestation s’est déclenché en France, il y a 23 semaines.

Cette décision prise par le gouvernement a suscité des protestations d’envergure obligeant Paris à la suspendre pendant 6 mois. Ce report n’a pas satisfait les Gilets jaunes, qui continuent de scander des slogans contre l’impérialisme et la pression économique sur les classes moyennes et pauvres de la société.

France : vers la guerre civile?

France : vers la guerre civile ?

La France est coupable de violations des droits de l’homme dans sa gestion des sans-abri, avertit l’ONU.  

La police française se prépare pour le 23e samedi consécutif de mobilisation des Gilets jaunes. Plus de 60 000 policiers sont engagés pour assurer la sécurité lors du 23e samedi de manifestation.

Selon le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, l’objectif de ces manifestants « violents » est de « reproduire le 16 mars », qui fut marqué par des scènes de casse et de pillage de commerces, en particulier sur l’avenue des Champs-Élysées, à Paris.

PressTV-France: l'armée contre les Français?

PressTV-France: l'armée contre les Français?

Pour 39% des Français, il faudrait une révolution pour changer la situation du pays.

« Les casseurs seront à nouveau au rendez-vous : à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux et tout particulièrement à Paris », a-t-il dit. Plus de 60 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans toute la France.

Le préfet de police, Didier Lallement, a, quant à lui, affirmé que les projets de rassemblement de Gilets jaunes aux abords de Notre-Dame relevaient de la « pure provocation ».

Samedi dernier, les protestataires contre les politiques économiques du gouvernement français ont manifesté pour le 22e samedi consécutif dans plusieurs villes, dont Paris, Toulouse, Marseille et Lille.

À Toulouse, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Le gouvernement français en apportant des modifications a mis en vigueur la loi anticasseur a mis en vigueur à partir d’aujourd’hui des mesures sévères contre les Gilets jaunes.

PressTV-Les

PressTV-Les "Casques blancs" contre les Français?!

Accusé d'avoir préparé une provocation à l'arme chimique à Idlib, le régime macronien est maintenant accusé d'utiliser du gaz lacrymogène contenant du cyanure lors des manifestations des Gilets jaunes.

En vertu de la loi anti-casseurs, les protestataires qui désobéiraient à l’ordre de ne pas participer au rassemblement encourraient une peine de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 à 15 000 euros d’amendes

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/04/19/593820/France-interdiction-manifestations-gilet-jaune-cathdrale-de-Notre-Dame-de-Paris


FEDERATION CGT DES CHEMINOTS : LA COUPE EST PLEINE ! TOUS ENSEMBLE LE 4 JUIN À PARIS !

 

Manifestation contre la réforme ferroviaire

 

LA COUPE EST PLEINE ! FAISONS-LA DÉBORDER LE 4 JUIN 2019 !

 

TOUS ENSEMBLE LE 4 JUIN À PARIS !

La politique ultralibérale menée par le président des riches accélère la casse de l’ensemble des acquis mis en place par le Conseil national de la Résistance. Code du travail, Sécurité sociale, retraite, service public, etc. Rien n’échappe à la volonté destructrice de ce gouvernement.

Les seuls gagnants dans ce contexte sont les patrons et les actionnaires qui voient leurs profits et leurs dividendes exploser.

La SNCF n’échappe pas à cette politique. À l’appui de la réforme imposée en 2018 aux cheminots et aux usagers, la direction de la SNCF, son président en tête, casse le service public, détruit et précarise massivement l’emploi et détériore les conditions de travail des cheminots.

Ces choix néfastes se traduisent par la remise en cause des périmètres métiers au détriment du service public et de la sécurité, la fermeture de lignes et de guichets, etc. Et ceci au nom d’un seul objectif, être prêt pour généraliser l’ouverture à la concurrence du ferroviaire en France au 1er janvier 2020. On est loin des propos rassurants du gouvernement sur sa réforme en 2018 qui s’avèrent aujourd’hui être un tissu de mensonges.

Face à cette situation, de nombreuses actions se développent dans la période, et c’est tant mieux !

Il nous faut maintenant « mettre le paquet » pour réussir notre manifestation nationale des cheminots actifs et retraités à Paris le 4 juin prochain.

Rien n’est fatal, tout est possible et ne tient qu’à la mobilisation des cheminots qui peut et doit changer la donne.

http://www.cheminotcgt.fr/

 

UNE DIRECTION HORS-SOL !

 

 | Action du 4 juin 2019

La direction de la SNCF a organisé, le 18 avril 2019, une table ronde afin d’élaborer un accord de méthode pour cadrer les futures négociations qui doivent s’ouvrir dans le courant de l’année 2019.

Les organisations syndicales représentatives du GPF s’y sont rendues. Elles ont chacune mis en avant le contexte dégradé dans l’entreprise, notamment au regard de l’accélération des restructurations locales, la casse réalisée sur l’emploi, les pressions exercées au quotidien, la discrimination et la répression antisyndicales.

Les fédérations syndicales de cheminots CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT, sont disponibles pour que de véritables négociations s’ouvrent dans le GPF dans le seul objectif de gagner de nouveaux droits pour tous les cheminots.

Force est de constater que la direction du GPF, les directions d’activités, déroulent leurs stratégies à coups de centaines de suppressions d’emplois, sans jamais écouter les revendications des cheminots portées par les organisations syndicales.

Guidée par un Gouvernement autoritaire, la logique de passage en force prédomine au détriment d’un dialogue social à même d’apporter des améliorations dans le quotidien des cheminots.

Près d’un an après le vote de la loi dite « nouveau pacte ferroviaire », les organisations syndicales représentatives du GPF qui, avec d’autres forces, ont lutté pour une autre réforme du ferroviaire, observent que leurs analyses durant le conflit de 2018 étaient justes et lucides au regard des conséquences sociales pour les cheminots et de la situation dans l’entreprise (destruction des métiers et condamnation des parcours professionnels, avenir des « petites lignes »).

Elles constatent que si l’atmosphère globale est relativement sombre, que les cheminots ne croient plus dans les conceptions de la direction, il n’en demeure pas moins que les cheminots n’abdiquent pas et, de plus en plus, relèvent la tête.

C’est en ce sens que les fédérations syndicales cheminotes CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT appellent les cheminots actifs et retraités à participer massivement à la manifestation qu’elles organisent le 04 juin prochain à Paris.

https://www.cheminotcgt.fr/espace_presse_accueil/une-direction-hors-sol/

 

4 JUIN 2019 : LA MANIFESTATION NATIONALE

DES CHEMINOTS !

 

 | Action du 4 juin 2019

Le 12 juillet 2018, nous écrivions que rien n’était fini et que tout restait à faire.
Près d’un an après, les premiers effets dévastateurs de la réforme se font déjà ressentir.
La bataille doit continuer.
La nouvelle étape aura lieu le 4 juin 2019 dans les rues de Paris.

Comme prévu, la loi du 27 juin 2018, votée sur des mensonges et construite sur le seul dogme de l’ouverture à la concurrence, confirme ce que nous continuons de combattre : l’atomisation du service public ferroviaire.

Le Gouvernement déroule les décrets et ordonnances qui ne répondent qu’aux intérêts et aux attentes patronales.

Résultat : les annonces de fermeture de gares, voire de lignes se succèdent avec, à chaque fois, des réactions fortes des usagers et des cheminots.

Quand une loi est mauvaise et contraire à l’intérêt général, il faut la changer.

L’arsenal législatif existant le permet.

D’ailleurs, il aura suffi d’un seul amendement déposé par le Gouvernement pour modifier la loi sur les 80 km/h, que celui-ci avait fait voter quelques mois auparavant !

L’ouverture à la concurrence est, quant à elle, un leurre.

Son efficacité prétendue n’a jamais été démontrée. Elle n’est pas obligatoire. Elle dépend d’un choix politique que nous devons combattre pour le faire changer.

Pourtant, c’est l’ouverture à la concurrence qui justifie aujourd’hui la modification du statut juridique de l’entreprise, la fin des recrutements au Statut, la casse massive de l’emploi cheminot, le rabougrissement de l’offre ferroviaire, l’abandon de dessertes de villes moyennes, pour ne citer que ces exemples.

La Loi d’Orientation sur les Mobilités (LOM) vient, quant à elle, rajouter de nouvelles attaques en donnant la possibilité de confier la gestion du réseau à d’autres opérateurs ou aux régions.

À LA SNCF

Le président de la SNCF qui « aime les guichets, les gares », agit comme un marteau-pilon, il casse, écrase et détruit quitte à faire en sorte que la SNCF n’ait plus les moyens humains et matériels de répondre aux éventuels « appels d’offres ».

Il procède au démantèlement méthodique de l’entreprise publique, à l’instar de ces patrons qui vident leur société en une nuit, laissant leurs salariés sur le pas de la porte. « Après moi le déluge ! ».

Plus de 2 000 emplois supprimés en 2019, dont 900 sur la vente, restructurations en pagaille, 120 gares menacées de fermeture, 56 lignes…

La direction SNCF porte donc une lourde responsabilité dans la situation actuelle.

CCN

De nombreuses réunions de négociations ont eu lieu depuis septembre 2018. Elles démontrent que le patronat ferroviaire fait tout pour avoir une CCN de bas niveau afin de favoriser la concurrence par le dumping social. Sur 487 métiers recensés par la CGT dans l’entreprise SNCF, le patronat ne voudrait en définir que 48 ! C’est la polyvalence maximale ! On est loin des intentions affichées par le Gouvernement d’un « cadre social » de haut niveau !

Du rapport de forces que nous serons capables de reconstruire ensemble dépendra notre capacité à réorienter les choix du Gouvernement et de la direction.

ENSEMBLE :

• Gagnons le maintien du Statut et arrachons un cadre contractuel identique en partant des contraintes du système ferroviaire (sécurité, continuité, adaptabilité, attractivité) ;
• Gagnons l’élargissement de notre régime spécial à l’ensemble de la branche ferroviaire pour empêcher sa fermeture au 1er janvier 2020 ;
• Défendons l’emploi, les métiers et le service public, avec en perspective de revenir à une attribution directe des conventions TER, TET et aussi des marchés FRET à la SNCF, entreprise publique de service public ;
• Gagnons une organisation de la production qui assure la sécurité, de bonnes conditions de travail et une réponse de qualité aux besoins des usagers ;
• Débloquons de vraies négociations sur la CCN pour interdire le dumping social, gagnons de nouveaux droits dans le privé et rouvrons tous les volets déjà écrits ;
• Gagnons des salaires et pensions qui permettent de vivre dignement ;
• Arrachons les mesures promises sur la re-matérialisation des feuilles de pension pour les retraités en difficulté avec internet, la création de permanences de la CPRP en proximité pour réellement permettre aux cheminots d’y accéder ;
• Empêchons les retraites par points au niveau interprofessionnel.

C’est pourquoi, la fédération CGT des Cheminots a décidé d’organiser une manifestation nationale des cheminots actifs et retraités le 4 juin 2019 à Paris.

A l’heure où s’écrivent ces lignes, les Fédérations UNSA, SUD-Rail, CFDT, ont fait savoir qu’elles rejoignaient aussi cet appel national à manifester.

Pas de concurrence sur le rail ! Pas de concurrence entre salariés !

La coupe est pleine !

La Fédération CGT appelle donc les cheminots, les comités de défense, les associations d’usagers à se mobiliser massivement le 4 juin prochain, pour le maintien et le développement de la SNCF, entreprise publique, unique et intégrée !

https://www.cheminotcgt.fr/


 

GRAND DEBAT NATIONAL : LA CGT FORMULE 19 PROPOSITIONS POUR REPONDRE AUX URGENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES

cgt.fr

 

GRAND DÉBAT NATIONAL

La CGT formule 19 propositions pour répondre aux urgences

16 avril 2019 | Mise à jour le 17 avril 2019

Par 

 

Nul ne sait encore ce qu'Emmanuel Macron s'apprête à annoncer au terme des trois mois d'un grand débat dont les Français dans leur grande majorité attendent, mais sans illusions, un changement de politique économique et sociale. La CGT qui a mené durant ces derniers mois ce qu'elle a appelé un « véritable débat » a recueilli des paroles citoyennes à travers les cahiers d'expression revendicative populaire. Elle en a retiré 19 propositions.

Tandis que le chef de l'État a évacué la question des salaires pour ne traiter que celle du pouvoir d'achat à travers les mesures annoncées le 10 décembre 2018, la CGT n'a pas manqué une occasion depuis le début du mouvement des gilets jaunes de souligner l'urgence d'une augmentation des salaires et des pensions de retraite.

Logique donc que figure en tête des 19 propositions qu'elle formule l'augmentation du SMIC « à 1800 euros brut et un relèvement immédiat des salaires de 20 % par mois ». La confédération considère également qu'il est urgent de rendre effective l'égalité professionnelle et salariale femmes-hommes. Et pour ce qui est des retraites, alors que le chantier de la réforme de notre système est en cours, la CGT revendique « un montant de retraite égal à 75 % du dernier salaire (avec un minimum vieillesse de 1200 euros) et une indexation des pensions sur le salaire moyen ». Sur ce dernier point, il n'est pas impossible que le chef de l'État fasse l'annonce d'un autre mode d'indexation des petites retraites sur l'inflation.

Mais cette mesure qui prétendrait répondre à la colère maintes fois exprimée par les organisations syndicales et associations de retraités risque de ne concerner que les retraités aux pensions les plus faibles et elle n'apporterait aucune réponse au décrochage du niveau de vie des retraités dans leur ensemble par rapport à l'évolution des salaires des actifs.

Justice fiscale

Le chef de l'État ne pourra pas s'exonérer d'un volet fiscal tant le sentiment d'injustice face à l'impôt est largement partagé dans l'opinion. Il est même renforcé par la suppression de l'ISF. S'il se murmure qu'Emmanuel Macron annoncerait de nouvelles tranches d'impôt (on parle de deux nouvelles tranches) sur les revenus afin d'en améliorer la progressivité, là encore la CGT fait des propositions.

Notamment elle préconise un « élargissement de l'impôt sur les revenus à tous les revenus fonciers en lui donnant une meilleure progressivité par l'augmentation du nombre de tranches et du taux d'imposition des tranches supérieures ». En matière de fiscalité locale, elle propose de réformer « afin de diminuer les charges des ménages à faibles revenus et réduire les inégalités territoriales ». Enfin, parce que la première des injustices réside dans l'inertie à l'égard de la fraude fiscale, la CGT demande un « renforcement réel de la lutte contre les paradis fiscaux et l'évasion fiscale ».

Urgence écologique

Pour faire face à l'urgence écologique, la CGT milite pour la reconquête de l'industrie et une localisation au plus près des besoins. Et tandis que la question des mobilités a été posée par le mouvement des gilets jaunes, la CGT se prononce « pour le développement et l'amélioration des transports collectifs sur tout le territoire, dans une approche complémentaire et mutlimodale des différents modes de transport ».

Elle réitère son exigence d'une « relance du fret » ferroviaire et se dit favorable à « une écotaxe sur le transport routier ». Enfin, pour améliorer la situation de précarité énergétique dans laquelle se démènent de nombreux foyers modestes, la CGT propose « un plan massif de rénovation énergétique du parc des logements ».

Besoin de services publics

Alors que les syndicats de fonctionnaires et agents publics sont très mobilisés contre la réforme du service public, les annonces présidentielles sont attendues, là encore sans grandes illusions puisque l'exécutif n'a pas marqué de pause durant le grand débat national dans le chantier de réforme. Les cahiers de doléances et les débats ont permis que s'expriment des besoins de proximité et qualité des services publics.

La CGT estime que ces exigences relèvent de l'urgence démocratique et propose notamment le « maintien et le développement de services publics de proximité, qu'il s'agisse de la santé, de l'école, des transports ferroviaires et plus largement collectifs, des postes ou des administrations pour répondre aux besoins des usagers ». Mais alors que le gouvernement veut accentuer la précarité statutaire des agents publics, la CGT propose « des services publics de qualité dotés de personnels sous statut et des moyens nécessaires ».

L'intégralité des propositions de la CGT sur son site.

https://www.nvo.fr/la-cgt-formule-19-propositions-pour-repondre-aux-urgences/?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Newsletter_91&utm_medium=email


 

LES 1001 NAISSANCES DE L’HUMANITÉ

Les 1 001 naissances de l’Humanité

Publié le 17/04/2019 à 23:22 par andrenicolasTags : sur merci vie france fond société presse histoirenuit place texte pouvoir news papier mode roman

Les 1 001 naissances de l’Humanité

Les 1 001 naissances de l’Humanité

Jeudi, 18 Avril, 2019

Cédric Clérin

Le journal fête ses 115 ans d’une histoire jalonnée de difficultés financières. La solidarité a permis de déjouer les multiples embûches politiques et économiques.

Dès le premier jour, Jaurès avait prévenu : « Faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’autres groupes d’affaires est un problème difficile mais non pas insoluble. » Depuis 115 ans le journal, qui naît une première fois le 18 avril 1904, ne cesse de démontrer la pertinence des avertissements fondateurs.

À peine plus d’un an après sa première édition, l’Humanité connaît, à l’été 1905, ses premières difficultés. Tombé à 12 000 exemplaires vendus, l’existence du journal est déjà en question. La banque Rothschild fait même une proposition d’achat, rejetée par Jaurès. La direction est cependant contrainte à un projet de suppression de 15 postes et une réduction de moitié de l’enveloppe dédiée au paiement du personnel. Les salariés doivent consentir une réduction de salaire importante. Le congrès du Globe, qui a unifié les socialistes, s’est tenu en avril et sert de toile de fond à l’histoire éditoriale naissante. Objet de vifs débats, l’Humanité est alors dans le giron du Parti socialiste unifié sans en être l’organe central.

La seconde naissance en 1906

Situation politique instable, la situation économique est très difficile. Jules Renard, l’une des plumes du journal, écrit le 17 janvier 1906 dans son journal : « L’Humanité. C’est la fin : on lui a coupé l’électricité. Trois hommes font le journal. À la nuit tombante, ils attendent qu’on apporte les bougies. » Le 3 octobre 1906, soit à peine trente mois après le fameux « Notre but », Jaurès rédige un « Notre crise » qui lui fait douloureusement écho. « Maintenant, nos forces sont à bout, et si nous ne recevons pas une aide immédiate, nous succomberons au fardeau », écrit-il. « La brutalité de l’annonce suscite une importante émotion. On se mobilise en faveur du journal. Un nouveau regard est porté sur le quotidien », raconte l’historien Alexandre Courban. La mobilisation permet une seconde naissance : le 22 décembre 1906, la Société nouvelle du journal l’Humanité, qui édite encore le journal aujourd’hui, voit le jour. En janvier 1907, la première souscription individuelle est lancée pour ouvrir l’Humanité à « toutes les tendances, à toutes les idées, à toutes les forces du socialisme et du prolétariat organisé ». Les souscriptions des ouvriers, syndicats et coopératives sauvent le journal du naufrage. L’évolution du contenu éditorial avec davantage d’informations et d’actualité sociale lui permet d’élargir son public. De 40 000 exemplaires en janvier 1907, il passe à 88 000 exemplaires en décembre. Sous le contrôle éditorial de son directeur, le journal repart avec désormais le Parti socialiste comme actionnaire principal auquel il devient organiquement lié en 1911.

Républicaine socialiste à ses débuts puis socialiste, l’Humanité devient « journal communiste » après le congrès de Tours en 1920. « Il est une chose qui est restée immuable : c’est l’indépendance absolue du journal à l’égard des puissances d’argent », note Étienne Fajon, qui sera plus tard directeur du journal (1). Au long de cette décennie, le journal dénonce la guerre du Rif, l’occupation de la Ruhr, et se fait l’écho en France de la révolution d’Octobre. De saisies en procès, d’amendes en emprisonnements de ses dirigeants (Paul Vaillant-Couturier, son rédacteur en chef, est emprisonné pour avoir critiqué Mussolini), l’Humanité est assaillie de toutes parts.

En 1929, le gouvernement Tardieu fait occuper la Banque ouvrière et paysanne par la police, la met en liquidation et fait exiger par administrateurs judiciaires le paiement des dettes du journal. Rien ne semble pouvoir alors sauver l’Humanité. Son directeur, Marcel Cachin, lance l’appel à la constitution des comités de défense de l’Humanité (CDH). 1,5 million de francs sont collectés en quatre mois. Le journal est sauvé une nouvelle fois par ses lecteurs et ses soutiens.

La première Fête de l’Humanité en 1930

Les CDH se retrouveront l’année suivante lors de la première Fête de l’Humanité. Créée en pleine crise, elle deviendra un élément fondamental de rayonnement pour le journal en réunissant plusieurs centaines de milliers de participants au début septembre de chaque année au long de ses 83 éditions.

En 1939, la méthode pour faire taire l’Humanité est encore plus brutale : elle est interdite le 26 août en même tant que le Parti communiste. Qu’à cela ne tienne. L’Huma clandestine parait dès le 26 octobre 1939 et publiera 317 numéros tout au long de la guerre. « Huma ! Une pauvre Huma, un papelard, mal ronéotypé, mais l’Huma », comme le fait dire Aragon à Guillaume Vallier dans les Communistes. Ceux-ci font vivre leur journal au péril de leur vie tout comme les équipes du journal, dont une grande partie est assassinée par l’occupant ou la police de Vichy, dont Gabriel Péri et Lucien Sampaix. L’Huma renaît à nouveau au grand jour le 21 août 1944 sous forme d’une feuille recto verso qui coûte 2 francs. Au lendemain de la guerre, la loi Bichet permet une certaine égalité dans la diffusion de la presse et sanctionne les trusts d’avant-guerre, dont la plupart ont collaboré. Le pluralisme de la presse devient principe constitutionnel et l’Humanité comme les journaux de la Libération se voient garantir une place dans le débat public. Les grands éditeurs auront cependant tôt fait d’affaiblir la loi par un intense lobbying auprès des parlementaires (2).

Le 3 octobre 1948, la famille s’agrandit : la naissance de l’Humanité Dimanche permettra de donner la pleine mesure des CDH. En 1963 on en comptera 40 000 à travers le pays et un demi-million d’exemplaires vendus de l’hebdomadaire. Malgré de tels résultats, l’économie de la presse reste très compliquée et une souscriptio n est lancée cette même année pour boucler les comptes du journal. « La fabrication du journal (papier et impression) représente 60 % de ses dépenses. Il s’agit de frais incompressibles. Ni l’esprit d’initiative et la rigueur d’une administration scrupuleuse, ni le dévouement désintéressé de nos employés ne peuvent les compenser. L’Humanité a donc besoin d’aide », écrit Étienne Fajon en 1964. Pour garantir le pluralisme, son successeur, Roland Leroy, obtiendra de l’Etat, l’aide aux quotidiens à faibles ressources publicitaires.

Le défi des révolutions technologiques

En 1989, la chute du mur de Berlin sera un nouveau défi de taille pour le quotidien né quatre-vingt-cinq ans plus tôt et qui déjà doit affronter une crise de la presse qui s’aggrave. C’est par un plan social que le journal entame une décennie qui le verra cesser d’être l’organe central du PCF en 1994. Cinq ans plus tard, l’Humanité Dimanche est supprimée, un nouveau projet dont l’ambition affichée était d’élargir le lectorat de l’Humanité échoue et entraîne une nouvelle crise, avec à nouveau des conséquences sociales en 2001. La période qui s’ouvre alors est marquée notamment par de grands mouvements sociaux, le centenaire de 1904 et par la bataille contre le TCE (traité établissant une constitution pour l’Europe) de 2005, dans laquelle le titre se distingue. Le magazine, disparu, renaît en 2006 grâce à quelque 8 000 cofondateurs et touche plus de 70 000 lecteurs quelques mois après un lancement réussi. Un succès éditorial et financier qui n’empêchera pas l’Humanité de crouler sous les dettes qui l’obligent à vendre son siège, construit par Oscar Niemeyer en 1989. Grâce à la vente et à une souscription exceptionnelle, le journal est une nouvelle fois sauvé.

En 2019, placé en redressement judiciaire, le défi du journal de Jaurès est de réussir à trouver sa place dans une révolution technologique qui bouleverse les habitudes de lectures et nécessite des fonds importants. 90 % des médias sont possédés par 9 milliardaires qui peuvent éponger les pertes d’un modèle économique pour l’instant difficile à trouver. Comme, depuis 115 ans, l’Humanité peut survivre grâce aux efforts conjoints de ses équipes et du soutien indéfectible de ses lecteurs.

(1) En feuilletant l’Humanité 1904-1964. (2) L’Âge d’or de la corruption parlementaire 1930-1980, de Jean-Yves Mollier. Perrin, 2018.

Cédric Clérin

http://www.humanite.fr/


 

NOTRE-DAME DE PARIS : POURQUOI LA GENEROSITE DES MILLIARDAIRES ET DES MULTINATIONALES POSE QUESTION

MÉCÉNAT CULTUREL

Notre-Dame : pourquoi la générosité des milliardaires et des multinationales pose question

PAR OLIVIER PETITJEAN

Environ 700 millions de dons ont déjà été promis par plusieurs grandes fortunes et multinationales pour financer les réparations et reconstructions nécessaires suite au dramatique incendie qui a frappé la cathédrale parisienne, l’un des monuments les plus visités d’Europe. Ces dons, les ristournes fiscales dont ils pourraient bénéficier et les contreparties dont ces généreux donateurs pourraient profiter, font polémique. L’occasion de faire le point sur les questions et controverses que suscite le mécénat culturel prisé par les grandes fortunes françaises.

Après le spectaculaire incendie de Notre-Dame, les grandes fortunes et grands groupes français n’ont pas perdu de temps pour offrir leurs services. Bernard Arnault, PDG de LVMH, a promis 200 millions d’euros pour la rénovation du monument, de même que L’Oréal (propriété de la famille Bettencourt). La famille Pinault (groupe Kering) et le pétrolier Total ont annoncé 100 millions d’euros, l’afficheur JCDecaux 20 millions, la famille Bouygues 10 millions, la fondation du Crédit agricole 5 millions... [1]Autant de dons versés soit directement par les groupes, soit via leurs fondations d’entreprise, soit à titre individuel par leurs patrons. Les groupes de construction Vinci et Bouygues proposent également de mettre à disposition leurs employés et leurs compétences pour la reconstruction de Notre-Dame.

Cet élan de générosité fait déjà polémique. L’essentiel de ces promesses de dons seront ainsi défiscalisés à 60% pour une entreprise, à 66% pour un particulier, voire à 90% si le gouvernement décide de leur appliquer la ristourne prévue par la loi pour le mécénat relatif aux « trésors nationaux ». C’est ce qu’a demandé notamment l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon – et conseiller de François Pinault – au lendemain de l’incendie.

 

Autrement dit, sur les 200 millions d’euros promis par L’Oréal ou par la famille Arnault, seule une petite partie sera effectivement à leur charge, le reste étant compensé par la réduction de leur ardoise fiscale [2]. Ce seront donc au final les pouvoirs publics qui acquitteront l’essentiel de ces sommes pour compenser les impôts perdus, pendant que les milliardaires et les multinationales pourront s’adjuger le mérite d’avoir facilité la restauration de la cathédrale – tout en ayant le pouvoir d’affecter les impôts qu’elles paient là ou elles le souhaitent. La famille Pinault, dont la fortune est estimée à 30,5 milliards d’euros, aurait cependant annoncé, suite à la controverse, qu’elle ne chercherait pas à bénéficier du dispositif.

Coût du mécénat culturel : presque un milliard d’euros par an

L’avalanche de générosité dont bénéficie la cathédrale parisienne intervient à un moment où les allégements fiscaux liés au mécénat culturel sont de plus en plus contestés. Le groupe LVMH et son PDG Bernard Arnault, dont la fortune est désormais estimée à 77,2 milliards d’euros, sont aujourd’hui l’objet d’une plainte, inspirée par un rapport au vitriol de la Cour des comptes, pour avoir abusé du dispositif lors de la construction de la Fondation Louis Vuitton. Inaugurée en 2016 dans le bois de Boulogne, ce lieu avait été présenté par Bernard Arnault comme un « cadeau à la France ». Selon les calculs de la Cour des comptes, son budget total de 790 millions d’euros a donné lieu à des déductions fiscales de 518 millions pour diverses sociétés du groupe du milliardaire. Les magistrats se sont aussi étonnés publiquement des factures hors normes affichées par LVMH et le maître d’œuvre du chantier, Vinci (lire notre article).

Une « Pinault Collection » doit ouvrir cette année dans le bâtiment de la Bourse du commerce, dans le 1er arrondissement de la capitale, où la famille Pinault exposera les œuvres acquises. Les Pinault, propriétaires du géant du luxe Kering – actuellement au centre d’un scandale d’évasion fiscale lié à sa filiale Gucci [3] – ont assuré qu’ils ne chercheraient pas à faire valoir leurs droits à une ristourne fiscale. L’opération n’en a pas moins été contestée, puisque la ville de Paris a acheté le bâtiment 86 millions d’euros, pour le louer ensuite à la famille milliardaire ses 3000 m2 pour seulement 60 000 euros par an (plus une redevance initiale de 15 millions d’euros). Une location quasiment cadeau au vu du prix de location moyen dans cet arrondissement [4].

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Quelles « contreparties » pour les riches donateurs ?

La Cour des comptes estime que les réductions d’impôt liées au mécénat coûtent au total presque un milliard d’euros par an au fisc français, la plus grosse partie étant trustée par une poignée de grosses multinationales qui y voient une occasion de valoriser leur image et de faire oublier les scandales ou leurs impacts sur la planète (lire notre enquête sur le mécénat de Total).

Derrière la controverse fiscale, les dons promis pour Notre-Dame posent en filigrane une question supplémentaire, concernant l’avenir du monument lui-même. Un autre aspect souvent critiqué de la législation française sur le mécénat est la question des « contreparties ». En échange de leur générosité, les donateurs obtiennent, dans certaines limites, des avantages en nature comme des entrées gratuites pour leurs employés, ou encore la mise à disposition des lieux pour des événements.

Le château de Versailles illustre cette démarche : les grandes marques de luxe – celles des milliardaires qui se pressent aujourd’hui au chevet de la cathédrale de Paris – ont été les premières à en profiter. Elles y multiplient les opérations marketing, les séances de photos et les réceptions [5]. Le château avait aussi accueilli en 2016 l’anniversaire organisé pour sa femme par le PDG de Renault, Carlos Ghosn, dans le cadre d’une convention de mécénat entre Renault et l’établissement public. Une enquête de l’ Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières a été ouverte en France suite à l’incarcération de Ghosn au Japon.

Demain, une bâche publicitaire géante sur Notre-Dame ?

Le recours à des bâches publicitaires géantes – elles aussi l’apanage des marques du luxe – sur les chantiers des monuments parisiens fait aussi débat. L’association Résistance à l’agression publicitaire a même déposé plainte pour « violation de sépultures » pour dénoncer la bâche qui a entouré plusieurs mois la colonne de Juillet, place de la Bastille (la colonne est bâtie sur une nécropole abritant les morts de l’insurrection de juillet 1830). La perspective de publicités sur le chantier de Notre-Dame risque de susciter les envies.

Notre-Dame est le monument le plus fréquenté de la capitale, avec environ 13 millions de visiteurs par an. Placée sous l’égide du Centre des monuments nationaux, elle échappait encore à la logique commerciale de « monétisation » du patrimoine qui prévaut aujourd’hui à Versailles et, dans une moindre mesure, au Louvre. L’importante rénovation qui s’annonce pourrait changer la donne.

Olivier Petitjean

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Photo : Rémi Mathis via Wikimedia Commons

INCROYABLE MAIS VRAI. FEU NOTRE-DAME DE PARIS N'ETAIT PAS ASSUREE !

Incendie de Notre-Dame de Paris : la cathédrale n'était pas assurée !

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Incendie de Notre-Dame de Paris : la cathédrale n'était pas assurée !

©Panoramic

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Souscription, concours: l'Etat organise la reconstruction de Notre-Dame

6Medias, publié le mercredi 17 avril 2019 à 09h30

Alors que les dons pour la reconstruction de la cathédrale parisienne approchent du milliard d'euros, Le Parisien explique que le joyau d'architecture en partie ravagé par les flammes n'était pas assuré.

Assurer ses monuments historiques et, au-delà, ses biens immobiliers, n'est pas une obligation pour l'État français. Le Parisien, relayant une source gouvernementale, révèle ainsi que la cathédrale Notre-Dame de Paris n'était pas couverte par la moindre assurance.

En partie détruite par un terrible incendie lundi 15 avril, Notre-Dame est depuis l'objet de toutes les attentions et peut d'ores et déjà compter sur un élan de solidarité inédit. En France et dans le monde entier, les dons affluent et frôlent ce mercredi la barre du milliard d'euros.

Une somme astronomique qui ne sera pas de trop pour financer un chantier de reconstruction dont il est pour l'instant impossible d'estimer le coût et la durée. Dans une allocution prononcée mardi soir, le président de la République Emmanuel Macron a tenu à se montrer particulièrement optimiste, déclarant qu'il souhaitait que l'édifice célèbre dans le monde entier soit rénové dans un délai de "cinq ans". Faute d'assurance, ces fonds privés permettront de remettre en état ce monument historique qui n'aurait de toute façon pas pu être sauvé par une assurance similaire, par exemple, à celle de la tour Eiffel.

Notre-Dame : l'aide technique afflue du monde entierpar CNEWS


Interrogé par Le Parisien, un expert du département dommages de Siaci Saint-Honoré, courtier en assurances, explique que la "Dame de fer" bénéficie d'une indemnisation maximale d'environ 200 millions d'euros en cas d'incendie. Une somme qui semble dérisoire dans le cas de Notre-Dame, sévèrement touchée par le feu et dont la charpente en bois, datant en partie du XIIIe siècle, a presque totalement disparu.

Il reste cependant un cas de figure dans lequel les assureurs viendraient au secours de la cathédrale. Si l'enquête prouve que l'entreprise en charge des travaux de rénovation en cours au moment du sinistre est responsable, une indemnisation d'une dizaine de millions d'euros pourrait alors être versée.

https://actu.orange.fr/france/incendie-de-notre-dame-de-paris-la-cathedrale-n-etait-pas-assuree-magic-CNT000001f0I3m.html


 

LA COUR DES COMPTES IDENTIFIE OU L'ETAT FRANÇAIS DEPENSE UN "POGNON DE DINGUE"

French President Emmanuel Macron speaks to the press after a meeting with the Irish prime minister (Taoiseach) at the Elysee Palace in Paris on April 2, 2019.

La Cour des comptes explique où l'État dépense «un pognon de dingue»

© AFP 2019 Ludovic MARIN

FRANCE

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Elliot Lelievre

20938

Les aides sociales «coûtent un pognon de dingue», mais elles ne sont pas les seules. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes a identifié plusieurs postes de dépenses injustifiées. Et dans les marchés de niche, l'État dépense beaucoup, bien loin de la redistribution des richesses. Explications.

L'État débourse «un pognon de dingue», mais les prestations sociales ne font pas partie des dépenses excessives pointées par la Cour des comptes dans son rapport concernant l'année 2018.

Régimes complémentaires de retraite, gestion des funérariums, service militaire adapté ou mobilier national sont quelques uns des postes de dépenses épinglés par la Cour des comptes pour leur gestion au mieux améliorable, au pire carrément archaïque.

 

Euros

CC0 / PIXABAY

La Cour des Comptes et les services publics

C'est à l'égard du Mobilier national, institution chargée de la conservation du mobilier historique qui regroupe la manufacture des Gobelins, celle de Beauvais et la Savonnerie, que la Cour des comptes est le plus critique. Elle dénonce pêle-mêle un temps de travail effectif trop court, une gestion qui s'appuie sur «des processus lourds […] incompatibles avec un développement économique», une faible productivité découlant d'un certain entre-soi, mais surtout, et c'est là le plus dramatique, une incapacité du Mobilier national à assurer «la conservation sécurisée de ses objets».

 

La Cour des comptes recommande donc une «profonde transformation des modes de fonctionnement» du Mobilier national et encourage l'institution à se «nourrir de commandes privées», malgré ses réticences, et à se doter d'un lieu d'exposition adapté aux trésors en sa possession pour enfin «remplir sa mission de valorisation économique et culturelle».

Autre niche épinglée pour sa gestion, et tout aussi inattendue: les opérations funéraires, depuis l'entrée en vigueur de la loi Sueur en 1993; cette dernière impliquant directement l'État pour «assurer une transparence des prix».
Si la Cour des comptes a estimé que l'offre de services s'était diversifiée sur la période et a salué le «niveau d'équipement» des crématoriums, elle n'en a pas moins critiqué «le coût des prestations», qui «pourraient être encore inférieurs sans que l'équilibre financier des services ne s'en trouve menacé».

 

un homme, image d'illustration

© SPUTNIK . ILYA PITALEV

Des centaines de milliers de fonctionnaires travaillent moins de 35 heures

A contrario, l'institution de contrôle des finances publiques est plus clémente envers le Service militaire adapté (SMA), un dispositif créé en 1961 pour favoriser «l'insertion socio-professionnelle des jeunes de 18 à 25 ans» peu qualifiés, résidant en Outre-Mer, où le chômage est bien plus élevé qu'en métropole.
Si le dispositif est jugé coûteux, avec un coût par volontaire d'environ 37 000 euros, un budget très «supérieur à d'autres dispositifs d'insertion», il permet d'obtenir «de bons résultats», avec un taux d'abandon faible (11%) et une participation féminine non négligeable.

 

Dans la même veine, la Cour des comptes a un avis mitigé sur les subventions de l'action sociale des régimes complémentaires de retraite des salariés du privé. Elle émet des réserves quant à «l'équité de la répartition des aides», qui devrait bénéficier à «80% de la population française, soit 53 millions de personnes» et fustige des coûts «très élevés» et des frais de gestion exorbitants, même si elle salue dans le même temps «l'effort» consenti pour les réduire.

 

Sibeth Ndiaye

© AFP 2019 LUDOVIC MARIN

Nommée au gouvernement, Sibeth Ndiaye rattrapée par le bruit d’anciennes casseroles

Parallèlement à ces remarques concernant des dépenses évitables, la Cour des comptes salue tout de même l'action du gouvernement pour retrouver les ayant-droits des avoirs bancaires et des contrats d'assurance en déshérence, c'est-à-dire non réclamés après le décès du titulaire de ces placements.
Alors qu'il pourrait largement bénéficier de la «prescription trentenaire», qui permet à l'État de récupérer les fonds non-réclamés pendant trente ans, ce dernier a mis en place en 2014 une loi imposant aux banques et aux assureurs de retrouver les ayant-droits. Résultat: sur les 4 milliards d'euros en déshérence en 2017, seuls 137 millions sont revenus à l'État.

 

S'il est indéniable que l'État français dépense «un pognon de dingue» comme le disait si bien Emmanuel Macron, il serait intéressant de se pencher sur les conclusions de la Cour des comptes pour équilibrer le budget de l'État, plutôt que de taper (une fois de plus) sur les aides sociales.

https://fr.sputniknews.com/france/201904161040753820-cour-comptes-depenses-etat-pognon-dingue/


 

LA FRANCE BANANIERE EN AFRIQUE : UNE ARMEE ETRANGERE DEVIENT VITE UNE ARMEE D'OCCUPATION

Laurent Bigot

La France en Afrique: «Une armée étrangère devient vite une armée d’occupation»

INTERNATIONAL

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Jean-Baptiste Mendès

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Un diplomate garanti sans langue de bois. Viré en 2013 du Quai d’Orsay par Laurent Fabius, Laurent Bigot était le sous-directeur du département Afrique de l’Ouest au ministère des Affaires étrangères. Il évoque longuement pour Sputnik l’intervention française au Mali, mais aussi les incohérences de la politique étrangère française. Entretien.

Il a quitté les ors du 37, quai d'Orsay en 2013, sèchement limogé par Laurent Fabius pour avoir exprimé ses réserves quant à la suite de l'opération Serval. Laurent Bigot, alors sous-directeur du département Afrique de l'Ouest au ministère des Affaires étrangères, soutenait pleinement l'intervention française au Mali décidée par François Hollande et lancée dès le 11 janvier pour soutenir les forces armées maliennes face à l'offensive djihadiste au nord du pays. Sauf que «l'après», la solution politique n'avait pas été prévue. Depuis, il estime que le pays est «en voie d'afghanisation».

Retrouvez cet entretien exceptionnel avec Laurent Bigot

 


Serval réussie, Barkhane à revoir

 

Revenons aux origines de l'intervention française. En difficultés sur le plan intérieur dès le début de son mandat, le Président de la République, François Hollande se lançait en janvier 2013 dans l'aventure malienne à l'appel des autorités du pays, menacées par des groupes armés djihadistes. Une opération saluée de toutes parts, notamment par le ministère des Affaires étrangères. Laurent Bigot témoigne de son expérience au cœur de l'évènement:

«La décision du Président Hollande était très courageuse. Parce qu'à l'époque, on avait peu d'informations, on est probablement la seule armée étrangère à pouvoir intervenir militairement aux côtés de l'armée malienne, aucune autre puissance étrangère ne peut le faire. Est-ce que les djihadistes avaient pour ambition de descendre à Bamako? Sûrement pas. Mais sur le moment, on n'avait pas d'informations. C'était une opération d'envergure, ils visaient probablement le verrou militaire de Mopti-Sevaré et s'arrêter là. Descendre jusqu'à Bamako, c'était compliqué. Il n'y avait pas d'autres options que de répondre positivement à la demande des autorités maliennes, c'est-à-dire d'y aller militairement.»

Pourtant, dès le lancement de Serval, le diplomate se montre critique en interne quant aux solutions politiques après l'intervention. Comment régler politiquement la crise malienne après être intervenu militairement? C'est là que le bât blesse. Dans sa persévérance à vouloir convaincre sa hiérarchie, il déplaît à Laurent Fabius, qui le licencie sèchement. Le Premier ministre des Affaires étrangères du quinquennat Hollande n'en est pas à son coup d'essai sur les «incompatibilités d'humeur»: Christian Rouyer, ambassadeur français au Mali, est brutalement remplacé en mars 2013; Jean Félix-Paganon, représentant spécial pour le Sahel, est aussi mis à l'écart, ainsi qu'Élisabeth Barbier, du Département Afrique.

«J'ai toujours alerté sur le fait qu'on n'ait toujours pas réfléchi politiquement à ce qu'il y aurait après l'opération militaire […] On m'avait répondu sèchement qu'on n'avait pas les moyens de financer un processus d'accompagnement. Moi j'avais d'ailleurs répondu: "on envoie 5.000 soldats pour faire la guerre, mais on n'est pas capable d'envoyer dix personnes pour accompagner un processus de paix". Ces positions ont beaucoup irrité à la fois ma hiérarchie et le ministre… et puis quand il y a une tête qui dépasse au Quai d'Orsay, on la coupe.»

François Mattei

SPUTNIK

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En août 2014, l'opération Serval est transformée en dispositif Barkhane, toujours en place en 2019 sur le territoire malien. À l'origine un succès, la présence des forces françaises aux côtés de l'armée malienne a réussi initialement à repousser les groupes armés. Est-il permis de dresser le bilan de l'intervention française? La crise politique au Mali a-t-elle été réglée? Que nenni, estime Laurent Bigot:

«Le dispositif Barkhane est complètement enlisé et en voie d'afghanisation, c'est-à-dire que c'est le bourbier. On a une hostilité croissante, quand bien même on explique à longueur d'interview qu'on est là pour protéger les populations, et puis militairement on n'a pas enrayé l'insécurité. Le nord du Mali est hors contrôle, le centre du Mali est hors contrôle, le nord du Burkina est hors contrôle, donc quand on regarde l'état de l'insécurité entre l'opération Serval et aujourd'hui, on ne peut pas considérer que les objectifs militaires ont été atteints.»

Suite aux attaques du 11 septembre 2001 à New York, l'armée française intervint aux côtés des États-Unis afin de poursuivre l'organisation terroriste Al-Qaida, réfugiée chez les talibans en Afghanistan. En 2012, dix ans plus tard, Nicolas Sarkozy prenait la décision de mettre en place un retrait graduel des forces, l'essentiel des troupes ayant quitté Kaboul fin 2014. Pourtant, les talibans conservent une large partie du territoire et sont actuellement en pourparlers directs avec les États-Unis. Le bourbier afghan est-il en train de se reproduire au Mali? Venant d'un diplomate français, le constat est implacable.

«On n'a pas appris de ce qui s'est passé en Afghanistan. Une armée étrangère devient vite une armée d'occupation. En Afghanistan, on a tué des talibans au nom de nos valeurs, on oubliait qu'en tuant un taliban, on tuait le père, le frère, le mari de quelqu'un dans la population.
Il se passe exactement la même chose dans le Sahel. On exécute, parce que c'est bien ça le terme, des djihadistes —enfin des présumés djihadistes- on oublie qu'ils sont le mari, le père, le frère de quelqu'un dans la région. À force de tuer des gens, vous vous mettez à dos des communautés entières, des clans entiers, qui ne vous reconnaissent pas la légitimité d'exécuter un des leurs quand bien même vous leur faites le reproche d'être terroristes.
La définition de terroriste, c'est nous qui la donnons par rapport à nous. Mais ces gens-là ne sont pas nécessairement vus comme des terroristes par les populations locales. Donc à force de procéder ainsi, on se met à dos les populations entières.
Et en plus, les populations locales voient bien que leur sort au quotidien ne s'améliore pas du tout, qu'elles continuent à être sous le joug de l'État malien, c'est-à-dire le harcèlement des forces de sécurité maliennes, qui commettent des exactions également. Donc leur situation au quotidien ne s'améliore pas, l'armée française se permet d'exécuter les leurs, à la fin les gens ne soutiennent plus.»

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Les causes de la crise au Sahel

Début 2011, le Président Sarkozy décide d'intervenir en Libye- sans consulter le Quai d'Orsay et les spécialistes de la région, dixit Laurent Bigot- afin de soutenir la rébellion et de renverser Mouammar Kadhafi. Suite au lynchage du Guide de la Révolution, le pays entre progressivement dans une guerre civile dont il est loin d'être sorti. À l'heure actuelle, les factions rivales du maréchal Haftar et de Fayez el-Sarraj se font face dans les rues de Tripoli. Le sud de son territoire est devenu une zone grise, en proie aux groupes armés, notamment djihadistes. Deux années après la chute de Kadhafi, des groupes terroristes menaçaient ainsi le Mali et Bamako. Peut-on y voir une corrélation entre ces deux évènements?

«La crise libyenne a été un accélérateur de cette crise-là, mais elle couvait depuis longtemps. Il se serait passé un effondrement au Mali d'une manière ou d'une autre […] Ça n'est pas la cause principale. La cause principale, c'est vraiment ce qu'il se passait dans le régime malien, qui était totalement pourri, il y a eu un effondrement moral du système institutionnel, c'est ça le drame du Mali.
Après, l'explication des djihadistes… nous, on les qualifie de djihadistes, il ne faut jamais oublier que c'est un regard occidental qu'on porte sur gens-là. Moi, je préfère dire des groupes armés, qui ont des agendas assez complexes et différents. Il y a des équilibres et des rapports de force qui ne sont pas forcément ce que nous nous décrivons en tant qu'Occidentaux.
Nous, on les met dans la catégorie djihadiste, donc terroriste, donc on a le droit de les tuer. C'est un peu simpliste comme raisonnement, ce n'est pas forcément la perception que les populations ont, c'est beaucoup plus complexe que ça et je trouve qu'on oublie trop souvent de mettre en cause la responsabilité des autorités nationales de ces pays-là, qui ont failli dans leur rôle, qui ont eux aussi des liens un peu troubles avec les groupes armés, parce qu'elles communiquent, elles sont en lien avec ces groupes armés, et que parfois leurs agendas se rejoignent.»

Alors, quelles sont les raisons profondes de la déstabilisation du Mali? Ayant quitté la diplomatie, Laurent Bigot n'y va pas par quatre chemins pour pointer les défaillances intrinsèques du système démocratique national:

«On appelle ça des "failed States" moi j'appelle ça des fake States, c'est un semblant d'État et ça a toujours été une démocratie de façade, bien évidemment. Nos anciens ambassadeurs sur place, qui sont maintenant à la retraite, n'hésitent pas à décrire les processus électoraux complètement truqués qui ont amené à l'élection notamment du président ATT [Amadou Toumani Touré, ndlr], mais avant aussi.
Ça c'est une réalité malienne, à la limite ça appartient aux Maliens, mais nous, les Français, on s'est beaucoup raconté d'histoires c'est-à-dire que quand bien même en interne, on aurait pu regarder en face ce qu'était le Mali, on ne l'a jamais fait.»

Акция протеста студентов в Алжире против выдвижения президента Абделя Азиза Бутефлики на пятый срок

© AFP 2019 RYAD KRAMDI

Face à la crise algérienne, «la stratégie de la France se résume à: pas d'ennuis»

En France, y a-t-il une ligne en politique étrangère?

C'est une chose de critiquer l'organisation de certains États africains, c'en est une autre de critiquer la conduite en matière de politique étrangère de son propre pays. Laurent Bigot dénonce allégrement l'incohérence de la diplomatie française, depuis plusieurs mois. Un deux poids, deux mesures qui fait bondir l'ancien diplomate:

«Elle a été plus que prudente, elle ne s'est pas mise dans le sens du changement au nom du principe de non-ingérence, principe qui a largement été foulé aux pieds par la France au Venezuela, puisque la France a reconnu le président de l'Assemblée nationale, autoproclamé président. Donc pour le coup, c'est une belle ingérence.
Mais pour l'Algérie, on s'est réfugié derrière le principe de non-ingérence. Ce qui serait bien, c'est que la diplomatie française nous explique dans quels cas elle utilise l'ingérence et dans quels cas elle ne l'utilise pas, ça serait beaucoup plus clair pour [aider] les concitoyens français [à] comprendre les principes de la politique étrangère.»

Laurent Bigot insiste sur l'image que renvoie la diplomatie française dans le monde, marquant un recul certain de son influence en Afrique et au Moyen-Orient. Le fonctionnaire en disponibilité développe son opinion sur le manque de considération que peuvent ressentir les autres puissances à l'égard de la France, qui n'aurait pas de colonne vertébrale en matière de politique étrangère:

«Ce qui me frappe, c'est qu'il y a un manque de cohérence dans nos positions. Vous parlez du dossier syrien. Sur le dossier malien à juste titre d'ailleurs, François Hollande n'a cessé de dire, légalité internationale, légalité internationale. Nous sommes intervenus à la demande des autorités maliennes et on s'est mis sous l'autorité des Nations unies, tout ça a été fait dans le respect de la légalité internationale.
En Syrie, on bombarde en toute illégalité internationale, pas de mandat du conseil de Sécurité, pas de mandat des autorités légales en place que nous reconnaissons. Quand bien même nous critiquons Bachar el-Assad, nous le reconnaissons comme autorité légitime c'est-à-dire que nous considérons que c'est effectivement le Président de la Syrie […] On n'a pas l'accord des autorités en place, on n'a pas de mandat du Conseil de sécurité, et on bombarde un territoire étranger, où est la légalité internationale? Et là, ce n'est pas cohérent. […] Je pense que ce qui fait la force d'un pays, c'est effectivement avoir une continuité en matière de politique étrangère et une cohérence, on en manque singulièrement.»

N'apprend-on rien des leçons du passé? L'Afghanistan a été une erreur, la Libye un fiasco, la gestion de la guerre en Syrie, un désastre. Certes, les questions de politique étrangère ne déterminent pas une élection, il n'y a qu'à voir en 2017, le peu de place accordé aux choix diplomatiques des différents candidats. Pourtant, elles peuvent refléter le mandat de tel ou tel Président. Ainsi l'ancien diplomate déplore-t-il l'accélération du temps politico-médiatique, incapable de saisir les enjeux à long terme:

«Ce n'est pas tellement qu'au Quai d'Orsay, elles ne soient pas retenues, c'est surtout au niveau politique qu'elles ne sont pas retenues. Au niveau politique, il y a une telle accélération du temps et une obsession de l'immédiateté et de la communication que nos décideurs politiques ne prennent plus le temps de se poser et de réfléchir, ce qui est assez incroyable.
Ce qui compte, c'est le dernier tweet, c'est de pouvoir faire un communiqué, c'est de pouvoir répondre au micro de BFMTV immédiatement, c'est ça qui compte, sauf que des questions complexes comme la Libye méritent de se poser, méritent probablement de moins communiquer. La politique étrangère a besoin de sérénité, la communication n'est pas toujours compatible avec la sérénité liée à la politique étrangère. Ce sont des enjeux de long terme, au moins de moyen terme.»

La question du débat au sein de l'appareil diplomatique

Inquiétant est le mot lorsque l'on écoute Laurent Bigot quand il regrette l'esprit de courtisanerie au sein même des institutions diplomatiques au mépris des réalités sur le terrain. Il évoque de plus le manque de débats internes au Quai d'Orsay, ce qui peut expliquer les décisions souvent très discutables de la part des ministres. Les fonctionnaires diplomatiques sont payés par l'État afin de proposer un point de vue, une analyse, et des options sur un sujet donné. Non pour plaire à un politicien:

«La question du débat interne au Quai d'Orsay est effectivement compliquée. La conception que j'en ai, c'est qu'en amont d'une décision politique, les fonctionnaires sont payés pour faire valoir des avis assez libres. Ils peuvent se tromper, mais pour éclairer justement la sphère politique. En aval, une fois que la décision politique est prise, on exécute l'ordre et puis comme disait Chevènement, si on n'est pas d'accord, on démissionne.
Ce que j'ai toujours regretté —c'est mon point de vue, peut-être que j'ai tort, peut-être ce n'est pas comme ça que doit fonctionner un ministère-, mais j'ai toujours regretté qu'en amont, il n'y ait pas de pluralité d'avis possibles et qu'on ne puisse pas confronter les idées. Il y a une tendance lourde que j'ai observée au Quai d'Orsay —et qui s'est beaucoup accéléré ces dernières années- c'est qu'on a le souci de plaire ou en tout cas d'écrire ce que le ministre aurait envie de lire, ou en tout cas ce qu'on pense ce que le ministre aurait envie de lire.»

Laurent Bigot accuse nommément Laurent Fabius pour cette absence de discussion. Celui-là même qui est responsable de son licenciement. Les précédents ministres semblaient davantage ouverts à l'échange de points de vue: il mentionne notamment Alain Juppé et Henri de Raincourt durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

«Pour avoir bossé avec d'autres ministres, je dois reconnaître qu'avec Laurent Fabius, on n'a jamais eu l'occasion de discuter, de débattre, quand je dis, moi, c'est la Direction Afrique en général: il n'y a jamais eu de discussion libre, débridée sur les sujets. D'autres ministres avaient l'intelligence d'organiser ce genre de discussions, lui pas du tout […] Alain Juppé par exemple, Henri de Raincourt, qui était le ministre de la Coopération, qui avait une relation avec la Direction Afrique extrêmement libre et décomplexée et qui n'hésitait pas à nous appeler pour qu'on vienne le challenger justement sur certains dossiers, mais ce n'était pas le cas de Laurent Fabius.»

Jacques Hogard

© SPUTNIK .

Au Rwanda, le colonel Hogard est «très fier du rôle de la France»

La question épineuse du Rwanda

Le 7 avril dernier débutait une série de commémorations des vingt-cinq ans du génocide des Tutsis au Rwanda. L'occasion de revenir sur ce débat extrêmement polémique en compagnie d'un ancien du Quai, certes spécialiste de l'Afrique de l'Ouest, mais qui connaît bien le sujet. Les relations franco-rwandaises ne sont toujours pas rétablies, alors même qu'Emmanuel Macron a soutenu la candidature de Louise Mushikiwabo, une proche du président Paul Kagamé, à la tête de l'Organisation de la Francophonie. Laurent Bigot appelle la France à assumer ses erreurs politiques passées, tout en rejetant les accusations diffamatoires parues sur l'armée française:

«Assumer. Oui, on a probablement fait une énorme erreur politique, et cette erreur politique a probablement coûté des milliers de vies; on n'en est pas directement responsable, mais c'est ça la réalité. Mais il n'empêche qu'aujourd'hui, il faudrait qu'on affirme un peu plus nos positions vis-à-vis du Rwanda. Il y a un moment où le "France- bashing" de la part des autorités rwandaises devient vraiment pénible et le devoir des autorités françaises est de défendre systématiquement l'honneur de l'armée française, ce qui n'a pas toujours été le cas.»

https://fr.sputniknews.com/international/201904151040753757-france-afrique-armee-etrangere-occupation/


 

MANDAT D’ARRET CONTRE L'ESSAYISTE D'EXTREME-DROITE ALAIN SORAL, CONDAMNE A UN AN DE PRISON FERME POUR NEGATIONNISME

Mandat d'arrêt contre Alain Soral, condamné à un an de prison ferme pour négationnisme

- Avec AFP

Mandat d'arrêt contre Alain Soral, condamné à un an de prison ferme pour négationnisme

© LOIC VENANCE / AFP

Alain Soral, condamné à un an de prison ferme pour négationnisme (image d'illustration).

 

L'essayiste controversé a été condamné pour négationnisme à un an de prison ferme avec mandat d'arrêt, pour avoir publié sur son site des conclusions litigieuses de son avocat dans une autre affaire. Ce dernier écope d'une amende de 5 000 euros.

Alain Soral a été condamné ce 15 avril par le tribunal correctionnel de Paris à un an de prison ferme assorti d'un mandat d'arrêt. L'essayiste controversé a été reconnu coupable de contestation de l'existence de la Shoah, pour avoir publié sur son site des conclusions litigieuses de son avocat dans une autre affaire. Ce dernier, Damien Viguier, a été condamné à 5 000 euros d'amende pour complicité de ce délit, en raison du contenu de ces conclusions. Tous deux ont fait appel de la décision.

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Alain Soral condamné à trois mois de prison ferme pour avoir publié un dessin jugé négationniste

L'essayiste controversé n'était pas présent à la lecture du délibéré. 

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet s'agissant d'Alain Soral, déjà condamné à plusieurs reprises, notamment pour provocation à la haine raciale. Le parquet de Paris avait en effet requis le 5 mars une condamnation de six mois de prison ferme pour le polémiste controversé, pour ces faits, ainsi qu'une amende de 15 000 euros contre son avocat.

Alain Soral et son avocat devront verser un euro symbolique de dommages et intérêts à quatre associations antiracistes parties civiles, ainsi que 1 500 euros au titre des frais de justice, solidairement, à chacune d'entre elles.

En 2016, le site Egalité et Réconciliation d'Alain Soral avait publié un dessin intitulé «Chutzpah Hebdo», représentant le visage de Charlie Chaplin devant l'étoile de David, avec dans une bulle, la question «Shoah où t'es ?», en référence à la une polémique du magazine Charlie Hebdo après les attentats de Bruxelles, «Papa où t'es?». Pour cette publication jugée négationniste, Alain Soral avait été définitivement condamné à 10 000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement.

En novembre 2017, le même site avait publié les conclusions de son avocat Damien Viguier dans cette affaire, qui évoquaient notamment une chaussure et une perruque représentées sur le dessin condamné.

«Chaussure et cheveux font référence aux lieux de mémoire organisés comme des lieux de pèlerinage. On y met en scène des amoncellements de ces objets, afin de frapper les imaginations», avait notamment écrit l'avocat. «La coupe des cheveux se pratique dans tous les lieux de concentration et s'explique par l'hygiène», écrivait-il encore, citant ensuite le négationniste Robert Faurisson.

S'agissant de deux autres éléments du dessin, «savon et abat-jour», l'avocat avait qualifié de «propagande de guerre» les savons faits à partir de graisse humaine par les nazis ou les abats-jour en peau humaine.

La Licra et l'Union des étudiants juifs de France avaient signalé ces propos au parquet.

«La justice prend enfin la mesure du phénomène Soral, après dix ans de condamnations pour des délits racistes et antisémites. Soral expérimente enfin la rigueur de la loi», s'est félicité l'avocat de l'UEJF et de l'association J'accuse, Stéphane Lilti. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a salué dans un communiqué la «fermeté de cette décision qui doit aussi son caractère exceptionnel au mandat d'arrêt».

De son côté, Gérard Guillot, défenseur de l'avocat Damien Viguier, a dénoncé «un scandale». «On condamne un avocat français pour sa simple défense dans un dossier», s'est-il insurgé.

En janvier, Alain Soral avait déjà été condamné à Bobigny à un an de prison ferme, sans mandat d'arrêt, pour avoir injurié une magistrate et tenu des propos antisémites sur son site internet.

Il attend en mai quatre autres décisions de justice devant la cour d'appel de Paris.

Lire aussi : L'Union des étudiants juifs de France veut la fin de l'application Egalité et réconciliation

https://francais.rt.com/france/61000-mandat-arret-contre-alain-soral-condamne-un-an-prison-ferme-negationnisme