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APRES LA TRAGEDIE DU VIADUC DE GENES, CONSTAT ALARMANT EN FRANCE AVEC 14 000 PONTS DANGEREUX DONT 840 RISQUENT DE S'EFFONDRER

Un pont, image d'illustration

Après Gênes, constat alarmant en France: «14.000 ponts dangereux»!

CC0 / Pixabay/ Ermerspik

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Oxana Bobrovitch

Dossier:

Effondrement d’un viaduc en Italie (14)

1938

Après la catastrophe du viaduc de Gênes, la France s’interroge sur l’état de ses propres infrastructures. 840 ponts présentent un «risque d’effondrement», selon un rapport! Mais celui-ci ne comprend que les ouvrages d’art directement gérés par l’État. La réalité serait bien plus grave, selon un professionnel du Génie civil interrogé par Sputnik.

«Ce n'est pas certain que tous les ponts s'effondreront demain, mais si l'on ne fait rien, on va à la catastrophe évidente»,

déclare à Sputnik France Christian Tridon, président depuis 2002 du Syndicat national des entrepreneurs spéciaux pour la réparation et le renforcement des structures d'ingénierie (STRRES). Un peu plus d'un mois auparavant, le ministère des Transports présentait un rapport d'audit externe du réseau routier national. Selon ce document, 30% des 12.000 ponts que compte le réseau routier non concédé à des sociétés privées sont à réparer, et 7% d'entre eux présentent même un «risque d'effondrement» à terme, soit environ 840 ouvrages.

 

Effondrement du pont à Gênes

© REUTERS / LOCAL TEAM VIA REUTERS TV

Les infrastructures vieillissantes sont «un problème commun pour l’ensemble de l’Europe»

Pour Christian Tridon, les chiffres annoncés sont loin de rendre compte de l'ampleur du problème à l'échelle nationale: «La France dispose de 200.000 ponts routiers pour un million de kilomètres de routes. Seuls 12.000 ponts à la charge de l'Etat figurent dans le rapport. Les autres sont à la charge des collectivités locales, les maires et les départements».

 

«Je suis d'accord avec l'estimation de 7%, mais elle doit être extrapolée au nombre total, soit 7% des 200.000 ponts routiers de France. Ainsi, nous n'obtenons non 840, mais 14.000 ponts dangereux. Si nous ne faisons rien, la situation va devenir encore plus grave.»

Dominique Bussereau, ancienne secrétaire d'État chargée des Transports, également présidente de l'Assemblée des départements de France, évoque le manque de moyens pour assurer la maintenance des ouvrages d'art:

«Ces dernières années, on a dépensé 700 millions d'euros par an pour l'entretien des infrastructures, alors qu'il en faudrait 1,3 milliard.»

 

Le viaduc Morandi de Gênes

© PHOTO. ILARIA/TWITTER

Après le viaduc de Gênes, deux autres ponts du même architecte risquent de s’effondrer

Une solution pour Dominique Bussereau réside dans la restauration de l'écotaxe, supprimée à l'époque par Ségolène Royal, qui permettait de faire payer les usagers de la route pour son entretien. 
Christian Tridon se rallie à cette opinion: il considère que la taxe aiderait financer la réparation des installations. Dans le cadre de la Fédération nationale des travaux publics de construction, le STRRES attendait 800 millions d'euros par an de cette écotaxe. Pour le Président du Syndicat, l'annulation de la taxe fait surtout souffrir l'Alsace, qui est étouffée par le transit de camions étrangers — conséquence directe de l'introduction de l'écotaxe par l'Allemagne, contrairement à la France.

 

«Je crois qu'une taxe environnementale devrait être introduite et utilisée pour réparer les ponts», soutient le représentant des professionnels du génie civil.

 

L'effondrement meurtrier de Gênes

© AP PHOTO / VIGILI DEL FUOCO

Effondrement d’un viaduc en Italie: pourquoi la tragédie a-t-elle été possible?

Après la tragédie du viaduc de Gênes, Élisabeth Borne, ministre des Transports, a souligné «l'importance» d'un entretien régulier des routes, ponts et tunnels français. Son engagement est de présenter à la rentrée un projet de loi de programmation des infrastructures. Pourtant, l'audit ministériel précise qu'un pont «n'est réparé que 22 ans après l'apparition des premières dégradations».

 

Pour Christian Tridon, le maintien de l'état des ponts n'est pas simplement un problème de financement. Il croit nécessaire de sensibiliser les collectivités locales et d'impliquer l'opinion publique, ce à quoi travaille son organisation. «Il y a vingt ans, existaient en France des agents spéciaux de la direction départementale de l'équipement (DDE). Aujourd'hui, le maire est le seul qui est responsable de l'état des ouvrages de génie civil», se désole le président du Syndicat:

«Le maire est laissé seul avec ses problèmes, l'État ne l'aide pas. Tous les maires ne comprennent pas suffisamment l'importance de la question pour allouer des fonds à une vérification de "son" pont par un spécialiste.»

D'après Christian Tridon, une solution existe pour pallier la nécessité de surveiller étroitement des structures de haute technologie: créer en France un «Carnet de maintenance du pont», un document qui n'existe pas aujourd'hui. Dans ce «carnet de santé» de l'ouvrage d'art, on trouverait une fiche technique et l'identité du pont, un carnet d'entretien et les dates d'inspection.

«Le maire doit avoir des informations précises sur son pont. S'il ne dispose pas de fonds suffisants pour une enquête professionnelle de son État, il doit s'adresser au département ou à l'État. Si le maire a de gros doutes sur l'état du pont, il doit avoir la volonté politique et décider de le fermer à la circulation.»

https://fr.sputniknews.com/france/201808161037689138-france-pont-danger/


 

LE ROITELET MACRON AFFICHE SON MEPRIS ENVERS LES CITOYENS EN RECEVANT LA MERE D'UN TERRORISTE EMPRISONNE AU MAROC

Emmanuel Macron

«Mépris envers les Français»: Macron accueille la mère d’un terroriste présumé à Brégançon

© AP Photo / Etienne Laurent/Pool

FRANCE

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La mère de Thomas Gallay condamné au Maroc pour appartenance présumée à une cellule terroriste a eu une entrevue avec le Président français. De nombreux internautes estiment qu’il y a d’autres personnes qu’Emmanuel Macron aurait dû accueillir en premier lieu.

Emmanuel Macron a accueilli samedi dans la résidence présidentielle de Brégançon Beatrice Gallay, la mère de Thomas Gallay, un Français condamné à quatre ans de prison au Maroc pour «soutien financier» à des personnes ayant voulu perpétrer des actes terroristes. Il est accusé d'avoir prêté environ 70 euros à un homme radicalisé.

 

Emmanuel Macron

© REUTERS / GONZALO FUENTES

Avec l’affaire Benalla, l’impopularité de Macron bat des records

Pour Mme Gallay, il s'agissait d'une occasion de plaider la cause de son fils qui réfute ces accusations. Elle espère obtenir le transfert de ce dernier vers la France.

 

«Je suis rassurée dans le sens où, à partir du moment où il [Emmanuel Macron, ndlr] m'a dit les yeux dans les yeux qu'il allait s'en occuper, j'ai vu qu'il connaissait le dossier de Thomas», a-t-elle déclaré au terme d'une entrevue d'une trentaine de minutes.

Cette rencontre a provoqué une vive réaction sur la Toile. Certains internautes ont indiqué que le Président français aurait mieux fait de s'occuper d'autres problèmes.

https://fr.sputniknews.com/france/201808121037625108-visite-gallay-terroriste-macron-bregancon/


 

L'ACHAT PAR L'INDE DE 36 AVIONS DE CHASSE RAFALE FRANCAIS AU COEUR D'UN SCANDALE

Un chasseur Rafale

L’achat de Rafale français par l’Inde se retrouve au cœur d’un scandale

© REUTERS. Regis Duvignau/Files

DÉFENSE

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Un scandale a éclaté en Inde concernant l'achat par le pays de 36 avions de chasse français Rafale. Des représentants du Bharatiya Janata Party ont accusé le gouvernement «d'abus de pouvoir» en affirmant qu'un appareil coûtait aujourd'hui le double de ce qui avait été prévu initialement.

L'Inde est en proie à un scandale concernant l'achat par le pays de 36 Rafale: des représentants du Bharatiya Janata Party, au pouvoir, ont affirmé qu'il y avait eu corruption. Ils ont fait cette déclaration lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée notamment en présence de l'avocat Prashant Bhushan, de l'ancien ministre des Communications et des Technologies informatiques Arun Shourie et de l'ex-ministre indien des Finances, Yashwant Sinha.

 

Su-30MKI

© AFP 2018 MANJUNATH KIRAN

L'Inde pourrait renoncer à l’achat de Rafale français en faveur de Su-30MKI russes

Selon Business Line, supplément au journal indien The Hindu, ils ont qualifié le contrat sur l'achat des chasseurs de Dassault Rafale de «plus grosse arnaque de l'histoire en matière de défense». Ils sont certains que l'achat de ces 36 Rafale n'est qu'un «exemple d'abus de pouvoir par le gouvernement».

 

La pierre d'achoppement est le prix des avions. En effet, les participants à la conférence de presse ont noté que le coût total des 36 appareils pour l'Inde se montait à quelque 600 milliards de roupies (7,56 milliards d'euros), soit environ 210 millions d'euros l'avion. Ce qui, d'après eux, est le double de la somme annoncée initialement dans la compétition Medium Multi-Role Combat Aircraft (MMRCA).

Ils ont affirmé qu'un préjudice particulièrement important avait été porté à la sécurité nationale. En effet, les forces aériennes indiennes avaient besoin de 126 avions, mais le pays ne pourra s'offrir que 36 Rafale qui ne pourront être livrés qu'en 2022 au plus tôt.

Le gouvernement indien a approuvé en 2016 l'achat de 36 avions de chasse du constructeur français. Ce contrat, aboutissement de presque un an et demi de rudes négociations entre Paris et New Delhi, représentait la plus grosse commande à l'exportation pour les Rafale du constructeur Dassault.

https://fr.sputniknews.com/defense/201808091037597965-inde-france-contrat-rafale/


 

AFFAIRE BENALLA : LE MONDE REVELE LES RAPPORTS DE POLICE QUI CONTREDISENT LES AFFIRMATIONS MENSONGERES DU PREFET DE POLICE

Alexandre Benalla

Affaire Benalla: Le Monde révèle les rapports de police qui contredisent le préfet

© REUTERS / Philippe Wojazer

FRANCE

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Dossier:

Affaire Benalla (40)

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Le Monde a rendu publics les rapports de police qui contredisent les déclarations de plusieurs responsables des forces de l'ordre, notamment celles du préfet de police Michel Delpuech.

 

Alexandre Benalla, colaborador de la Presidencia francesa, y Emmanuel Macron, presidente de Francia

© AFP 2018 PHILIPPE HUGUEN

Affaire Benalla: une nouvelle photo compromettante mise en ligne

Le Monde a eu accès à deux rapports de police commandés par le procureur de la République de Paris François Molins pour obtenir des informations sur le couple malmené par Alexandre Benalla et Vincent Crase lors de la manifestation.

 

Selon les documents en question, contrairement à ce que le préfet de police Michel Delpuech avait affirmé lors de son audition à l'Assemblée, l'homme et la femme interpellés par Alexandre Benalla le 1er mai à Paris étaient en possession de leurs papiers et n'ont pas décliné de fausses identités.

 

Alexandre Benalla

© AFP 2018 THOMAS SAMSON

Benalla et l’Elysée démentis par les faits

Les rapports ne font pas non plus preuve de «violences graves» contre les CRS, souligne le quotidien. La fiche d'interpellation évoque bien un «jet de projectiles (deux bouteilles de bière)», mais il y est précisé que le CRS visé«ne dépose pas plainte».

 

Il convient de rappeler que M.Delpuech avait affirmé devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale que les deux individus «n'avaient pas de papiers sur eux» et avaient «déclaré de fausses identités».

https://fr.sputniknews.com/france/201808071037550179-benalla-rapports-contradictions/


 

FEDERATION CGT DES CHEMINOTS : PLAN STRATÉGIQUE OU PLAN SOCIAL ?

Manifestation contre la réforme ferroviaire

 

PLAN STRATÉGIQUE OU PLAN SOCIAL ?

 

 | Action à partir des 3 et 4 avril 2018

Le document remis aux administrateurs de la SNCF traduit, avec beaucoup d’emphase, les grandes lignes de la réforme gouvernementale autour de l’ouverture à la concurrence, du passage en société anonyme et de la fin du recrutement au statut. Il vient en complément du projet de groupe « SNCF 2025 » et des plans stratégiques actuels des 3 EPIC.

Ce projet va à l’encontre de ce que porte la CGT pour le service public ferroviaire. Il consacre aux activités une autonomie croissante et vise à transformer brutalement la SNCF en une entité d’un groupe de transport mondialisé où le mode ferroviaire et le caractère public deviennent ultra-minoritaire.

Une société de tête vidée de son contenu

En transformant l’Epic de tête en « holding » destinée uniquement à porter le capital de la future société anonyme et dont l’activité serait recentrée, au-delà de la surveillance générale, sur de simples missions de pilotage et de stratégie, une nouvelle étape est franchie.

Exit les missions de cohésion économique, industrielle et sociale issues de la réforme de 2014. Exit les Centres de Services Partagés communs à l’ensemble du Groupe Public Ferroviaire. Réseau et Mobilités assureraient désormais leurs propres fonctions transverses, ou plutôt les feraient assurer, car aucune garantie n’est donnée sur leur pérennité dans un contexte de recherche effrénée d’économies de frais de structures.

Dans ce schéma, les deux filiales Réseau et Mobilités sembleraient disposer d’une grande autonomie au travers des organisations, des modes de fonctionnements et de management, voire une gestion des cheminots (RH, temps de travail, formation,…) propre à chacune.

On peut d’ores et déjà se demander comment sera piloté un groupe avec des sociétés ayant chacune des intérêts opposés. SNCF Réseau affiche ouvertement son ambition de voir émerger de nouveaux opérateurs et SNCF Mobilités s’organise pour éviter la perte de marchés au profit de ces mêmes opérateurs privés !

Un grand absent : le Fret ferroviaire

Il est à peine évoqué, sauf pour indiquer que la branche SNCF Logistics serait une nouvelle filiale rattachée directement à la société de tête.

Le projet stratégique de l’entreprise va au-delà de ce qui est indiqué dans la loi Pacte Ferroviaire.

 Gares et Connexions, la nébuleuse !

La gestion et l’exploitation des Gares sont confiées par la loi à une filiale de SNCF Réseau. Mais les arbitrages sont loin d’être achevés et les ambitions de « décentralisation de l’exploitation des petites et moyennes gares » interrogent.

Il est évident que des réponses devront rapidement être apportées sur les sujets de modes de fonctionnement, d’organisation, d’effectifs, de lignes hiérarchiques, de périmètres d’intervention, de missions, de gouvernance, de transferts d’actifs, pour ne citer que ceux-là.

Un volet social agressif et régressif

Au niveau du volet social, si les cheminots font l’objet de termes élogieux pour vanter leurs nombreuses qualités, il n’en demeure pas moins qu’ils vont être au cœur de bien des bouleversements.

Suppression du statut, du RH0254 (personnel contractuel), transferts obligatoires vers de nouveaux opérateurs, hausse de la productivité, contenu des métiers, développement de la polyvalence, remise en cause de la grille salariale, du déroulement de carrière, remise en cause des accords locaux,… Tout est mis sur la table selon le DRH.

Le président Pépy s’est répandu dans la presse qu’il n’y aurait pas de plan social à la SNCF. La poursuite des plans de performance transverses, la volonté d’accroître la baisse des frais de structures et le nouveau plan stratégique de Voyages infirment ces propos. L’activation du plan de départs volontaires (RH0281) et le refus de donner des éléments précis aux administrateurs en dit long sur les conséquences sociales de ce projet de plan stratégique.

Un dialogue social de façade ?

La phase de dialogue avec l’encadrement et les organisations syndicales devrait débuter dès la rentrée. Des échanges avec les cheminots sur les thèmes du projet devraient avoir lieu d’octobre à mi-décembre.

Les mots ont leur importance, jamais la direction dans sa présentation n’a parlé de négociations.

Un projet qui tourne le dos au service public et aux revendications des cheminots

Un texte dans la droite ligne des réformes successives et qui parachève la casse de l’entreprise publique SNCF.

Un projet de plan stratégique qui, s’il reste en l’état, est aux antipodes des revendications exprimées et des propositions portées par les cheminots et la CGT depuis de nombreux mois.

Un projet qui ne permettra pas de faire de la SNCF une entreprise en capacité de répondre aux besoins de la population en matière de transport ferroviaire voyageurs et marchandises.

LA SNCF, ILS VEULENT LA DESCENDRE, NOUS, ON LA DÉFEND !

https://www.cheminotcgt.fr/actions/action-a-partir-des-3-et-4-avril-2018/plan-strategique-ou-plan-social/


 

UN COLLECTIF MILITE POUR L'ENTREE AU PANTHEON DE LA PLUS GRANDE FIGURE DU MOUVEMENT OUVRIER AU XXe SIECLE : L'OUVRIERE MARTHA DESRUMEAUX

Un collectif milite pour l'entrée de l'ouvrière Martha Desrumaux au Panthéon

L’historien Pierre Outteryck, qui lui a consacré un ouvrage, dit d'elle qu'elle est la plus grande figure du mouvement ouvrier au XXe siècle.

Mille vies

Publié le 

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Un collectif milite pour l'entrée de l'ouvrière Martha Desrumaux au Panthéon

 Crédit PATRICK KOVARIK / AFP

  

Un mois après l'entrée de Simone Veil au Panthéon, un collectif souhaite y honorer une autre femme : Martha Desrumaux, figure du mouvement ouvrier, féministe et résistante, ayant été de tous les combats, depuis les usines textiles du Nord jusqu'au camp de concentration de Ravensbrück.

35 ans après sa mort,  l’association lilloise, "Les ami.e.s de Martha Desrumaux" milite pour qu'elle y soit honorée.  "Nous voulons sortir cette femme de l’oubli", explique l’éditrice Laurence Dubois, présidente de l’association.

"Elle a sa place au Panthéon car elle appartenait à cette classe ouvrière qui a construit la France. Je suis ravie que Simone Veil soit entrée au Panthéon, mais il n’y a personne du peuple."

Née 18 octobre 1897 à Comines dans le Nord de la France, Martha Desrumaux est le sixième des sept enfants d'une famille pauvre. À 9 ans, elle perd son père, pompier volontaire écrasé lors d'une intervention, et part travailler comme "bonne à tout faire" dans une famille bourgeoise dans la banlieue de Lille. Elle s'enfuit très vite et devient ouvrière du textile de l'usine Cousin de Comines où elle travaille le lin. Consciente des conditions de travail difficiles auxquelles elle est confrontée, Martha Desrumaux adhère à la CGT à 13 ans. Elle obtient notamment que ses collègues ouvrières aient des sabots de bois pour se protéger des flaques d’eau et d’huile.

Membre du Parti communiste depuis 1921, elle est en 1936, la seule femme membre de la délégation ouvrière aux accords de Matignon.

Pendant la Seconde Guerre mondiale alors que le Nord-Pas-de-Calais est occupé par la Wehrmacht, elle réorganise le Parti clandestinement et impulse en juillet 1940 le projet d'une grève des mineurs. C'est un succès : après plusieurs arrêts de travail de septembre 1940 à mai 1941, du 27 mai au 9 juin 1941, cent mille mineurs sont en grève et la production est totalement arrêtée. Dénoncée par le préfet Carles, elle est arrêtée par la Gestapo à Lille et envoyée au camp de Ravensbrück, où elle continue de résister. "Sa première qualité, c’est sa non-résignation. Elle ne s’est jamais résignée que ce soit devant le patronat, le régime de Vichy et l’occupant allemand", souligne Laurence Dubois. 

Après la guerre, son engagement continua au du conseil municipal de Lille, où elle fut élue dès 1945, de la CGT ou encore du mouvement féministe de l’Union des femmes françaises, devenu Femmes Solidaires.

Si cette femme est peu connue du grand public, c'est car "Martha était une ouvrière. Elle n’a pas laissé d’écrits. Elle n’était pas non plus mariée avec quelqu’un de connu. Pourtant, l’historien Pierre Outteryck, qui lui a consacré un ouvrage, dit que c’est la plus grande figure du mouvement ouvrier au XXe siècle", répond la présidente des ami.e.s de Martha Desrumaux. 

L’association a lancé une pétition et va, à la rentrée, remettre "en mains propres" au président Emmanuel Macron une demande pour que la militante fasse son entrée au Panthéon.

Lu sur France 24

http://www.atlantico.fr/pepites/collectif-milite-pour-entree-ouvriere-martha-desrumaux-au-pantheon-3471884.html

 

 

FRANCE

L'ouvrière Martha Desrumaux rejoindra-t-elle Simone Veil au Panthéon ?

   

 

© Les ami.e.s de Martha Desrumaux | Martha Desrumaux au Congrès Textile, en juin 1948.

Texte par Stéphanie TROUILLARD 

Dernière modification : 03/08/2018

Un mois après l'entrée de Simone Veil au Panthéon, une association milite pour qu'une nouvelle femme repose dans le tombeau des grands Hommes. Ouvrière, syndicaliste et déportée, Martha Desrumaux mérite, selon le collectif, d'être enfin reconnue.

Certaines personnes semblent avoir connu mille vies. C’est le cas de Martha Desrumaux. En quatre-vingt-cinq ans d’existence, cette femme originaire de Comines, dans le nord de la France, a été de tous les combats. Ouvrière, syndicaliste, résistante, déportée ou encore députée, son nom est pourtant peu connu.

Trente-cinq ans après son décès, un collectif entend enfin la placer dans la lumière. Alors que Simone Veil a fait son entrée au Panthéon, il y a un mois, l’association lilloise, "Les ami.e.s de Martha Desrumaux" milite pour que la Nordiste l’y rejoigne aux côtés des autres grands Hommes de la nation.  "Nous voulons sortir cette femme de l’oubli", explique l’éditrice Laurence Dubois, présidente de l’association. "Elle a sa place au Panthéon car elle appartenait à cette classe ouvrière qui a construit la France. Je suis ravie que Simone Veil soit entrée au Panthéon, mais il n’y a personne du peuple."

Pendant la Première Guerre mondiale, Martha est évacuée du Nord de la France avec une partie de sa famille. Elle travaille alors dans une usine de Lyon, où elle reste jusqu'en 1920. Cette photographie date de 1919. © Les ami.e.s de Martha Desrumaux

 

Martha Desrumaux incarne en effet cette France des usines, du travail et de la sueur. Née en 1897, sixième enfant sur sept, elle se retrouve très vite confrontée à la dureté de la vie. Au décès de son père, elle est placée dès l’âge de 9 ans comme domestique dans une famille bourgeoise de la banlieue lilloise. La petite Martha a déjà du caractère. Elle s’enfuit et retourne à Comines où elle commence à travailler à l’usine. À seulement 13 ans, elle adhère à la CGT. "Elle a senti qu’elle pouvait s’investir dans quelque chose. Elle a alors mené des grèves dans des usines textiles. C’était une féministe avant l’heure et une femme du concret. Elle a notamment obtenu que ses collègues ouvrières aient des sabots de bois pour se protéger des flaques d’eau et d’huile", décrit Laurence Dubois.

Résistante jusqu’au bout

Martha adhère ensuite au Parti communiste. Lors du Front populaire, elle continue de défendre les travailleurs du textile. En 1936, elle est même la seule femme membre de la délégation ouvrière aux accords de Matignon. La même année, elle s’implique pour aider les Républicains espagnols. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, son engagement redouble. Elle plonge dans la clandestinité pour organiser des grèves contre l’occupant allemand. Mais en août 1941, elle est arrêtée puis envoyée au camp de Ravensbrück.

 

En 1927, Martha est choisie pour emmener une délégation de femmes à Moscou pour fêter le 10e anniversaire de la Révolution d'octobre. Elle y rencontre Clara Zetkin, celle qui a initié en 1910, la journée internationale de lutte pour le droit des femmes. © Les ami.e.s de Martha Desrumaux

 

Malgré les conditions de vie terribles, Martha Desrumaux continue de résister et s’occupe des plus faibles aux côtés, notamment, de Marie-Claude Vaillant Couturier. "Martha, dit Esther Brun, nous fut d'un grand secours. C'est elle qui par son travail aux douches nous procurait du linge propre, des bas, des chaussures et surtout, cet hiver, des lainages, des robes et des manteaux... Martha était celle qui nous aidait le plus ; elle avait tant d'amies dans le camp, tant de sympathies chez les prisonnières de toutes les nationalités...", a témoigné une autre déportée dans le livre "Marie-Claude Vaillant-Couturier : Une femme engagée, du PCF au procès de Nuremberg" de Dominique Durand.

"Sa première qualité, c’est sa non-résignation. Elle ne s’est jamais résignée que ce soit devant le patronat, le régime de Vichy et l’occupant allemand", souligne Laurence Dubois. Tenace, Martha est finalement libérée en avril 1945. Elle reprend alors tout simplement le combat et devient à l’été de cette même année l’une des seize premières représentantes parlementaires en France. Elle poursuit son engagement au sein du conseil municipal de Lille, de la CGT ou encore du mouvement féministe de l’Union des femmes françaises.

 

Martha après la libération du camp de Ravensbrück, en avril 1945. © Les ami.e.s de Martha Desrumaux

 

"C’était une femme extraordinaire", résume avec admiration Laurence Dubois. Alors pourquoi n’est-elle pas plus connue ? "Martha était une ouvrière. Elle n’a pas laissé d’écrits. Elle n’était pas non plus mariée avec quelqu’un de connu. Pourtant, l’historien Pierre Outteryck, qui lui a consacré un ouvrage, dit que c’est la plus grande figure du mouvement ouvrier au XXe siècle", répond la présidente des ami.e.s de Martha Desrumaux.

"C’était une invisible"

Pour réparer cet oubli, l’association a lancé une pétition et va, à la rentrée, remettre "en mains propres" au président Emmanuel Macron une demande pour que la militante fasse son entrée au Panthéon, où elle retrouverait deux anciennes de Ravensbrück, Geneviève de Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion.

Par rapport à ces prédécesseuses, Martha Desrumaux est cependant beaucoup plus marquée à gauche. "Je sais qu’on va nous rétorquer qu’elle était communiste et de la CGT, mais nous sommes en 2018. C’est une femme qui rassemble et qui a fait tant de choses. Dans le Nord, nous avons des soutiens très différents de Martine Aubry à Xavier Bertrand", précise Laurence Dubois, qui se veut optimiste. En septembre, un collège va ainsi pour la première fois porter son nom à Lille. Un jardin public du XIIe arrondissement de Paris va également honorer sa mémoire. Mais qu’aurait-elle pensé de tous ces honneurs ? "Elle aurait sûrement dit : ‘Pourquoi faites-vous tout cela ?’. Martha était d’une grande modestie. C’était une invisible. Elle a fait tout cela pour les autres et non pour elle."

http://www.france24.com/fr/20180803-martha-desrumaux-pantheon-resistance-communisme-ravensbruck-veil-ouvriere-peuple


 

CGT CH MONTAUBAN : AFFAIRE BENALLA : PRÉMICES DE LA FONCTION PUBLIQUE SELON MACRON

 

 
CGT HÔPITAL DE MONTAUBAN

AFFAIRE BENALLA :

PRÉMICES DE LA FONCTION PUBLIQUE SELON MACRON

 
Attachée à la démocratie et à la justice, la CGT Fonction publique considère comme indispensable que ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Benalla aille à son terme, dans la plus grande transparence et que tous les responsables soient jugés. 
 
Dans ce cadre, la CGT Fonction publique soutient la demande de la CGT Police Ile de France d’être auditionnée par la Commission des Lois. 
 
Mais, d’ores et déjà, à partir des faits vérifiés, la CGT Fonction publique tient à souligner les dérives graves dont ce dossier est tristement révélateur.
 
Car, c’est bien une politique générale qui autorise – si ce n’est encourage – de tels faits inacceptables. Qui est ce monsieur Benalla, si ce n’est un agent contractuel rémunéré sur les deniers publics ? 
 
Voilà qui éclaire d’une lumière crue, les turpitudes inhérentes aux recrutements de gré à gré dans la Fonction publique et, sans doute la préfiguration de ce quepourrait être le contrat de mission cher à l’exécutif. 
 
Notons d’abord que cette personne, âgée de 26 ans, dont ni la qualification exceptionnelle ni la compétence avérée ne sautent aux yeux, bénéficie d’un salaire brut au minimum (les chiffres varient) près de 3 fois supérieur à celui d’une infirmière en fin de carrière et 2 fois à un professeur des écoles. Et ne parlons pas de la voiture de fonction et de l’appartement !
 
Relevons ensuite que, sans les révélations des médias, des exactions d’une extrême gravité, connues par les autorités, n’auraient donné lieu qu’à une sanction très modeste, prise dans l’opacité que permettent les conditions d’emploi non statutaires, a fortiori dans les hautes sphères. Ce n’est pas le cas de nombreux fonctionnaires qui, pour des fautes bien moins graves, sont traduits manu militari devant des conseils de discipline et sont frappés de sanctions souvent bien plus lourdes…
 
Enfin, observons combien il est aisé que, toujours en l’absence de règles, un agent puisse être recasé dans de nouvelles fonctions sans que rien ne démontre ses capacités à les occuper. Or, en plaidant pour le recours massif aux non titulaires dans la fonction publique, en imposant au parlement des amendements ouvrant tous les postes de direction aux contractuels, c’est bien ce système généralisé que souhaitent mettre en place le Président de la République et le gouvernement. Le libéralisme étant sans vergogne, précisons que, à l’autre bout de la chaîne, le pouvoir en place n’aura aucun scrupule à développer une précarité inique et insupportable ! 
 
A l’opposé de ces orientations éhontées, la CGT Fonction publique continue plus que jamais de se mobiliser pour un statut général rénové et renforcé,porteur de règles transparentes et collectives, permettant l’égalité d’accès à tous les emplois publics et garant d’égalité de traitement de tous les citoyens. 
 
La CGT Fonction Publique , Montreuil, le 23 juillet 2018
 
 
 
 

 

PROTESTATION DE LA CGT CONTRE LES ACTES DE PIRATERIE ISRAELIENNE ET L'ABSENCE DE REACTION DU GOUVERNEMENT FRANCAIS

6 août 2018

La CGT proteste contre les actes de piraterie israélienne et l’absence de réaction du gouvernement français

La CGT a publié ce lundi un communiqué La CGT protestant contre les actes de piraterie pratiqués par les forces israéliennes, ainsi que les arrestations de syndicalistes à cette occasion.

Pour rappel, deux bateaux de la Fredomm Flotilla ont été attaqués par la marine de guerre israélienne dans les eaux internationales, l’Awda (le Retour) avec 22 personnes à son bord, puis le Freedom (Liberté) transportant 12 personnes.

Le Freedom a été entouré par « 12 vaisseaux militaires avec des centaines de soldats armés », ont indiqué ses passagers qui avaient entrepris de briser le blocus de Gaza, pour attirer l’attention sur la situation illégale et inhumaine imposée par Israel à ses 2 millions d’habitants.

Les commandos israéliens ont commis de graves violences sur les passagers, les ont frappés, taserisés, avant de les emprisonner pendant plusieurs jours à la prison de Givon, de leur voler leur argent, leurs cartes de crédit, leurs téléphones, et leurs ordinateurs.

Les deux bateaux ont également été confisqués "pour qu’ils ne tombent pas dans les mains du Hamas" (sic !)

Parmi les membres de l’équipage, une chirurgienne orthopédiste britannique de 69 ans, Swee Ang, qui a été blessée, tandis que le capitaine du bateau Herman Reksten a déclaré à son retour en Norvège : « J’ai encore mal à la tête pour avoir été frappé en prison. »

Les commandos de la mort, qui avaient tué 9 militants humanitaires turcs sur le Marmara fin mai 2010, ont également jeté des passagers du pont supérieur au pont inférieur, et leur ont lié les mains de manière très serrée et douloureuse.

Mike Treen, un militant et un dirigeant syndical de Nouvelle Zélande a dit lors de son retour à Auckland que les membres des commandos israéliens portaient des cagoules.

"En prison, nous avons été privés de sommeil, des gardiens venant toutes les heures nous obliger à nous lever et nous menaçant. Je n’ai pas pu avoir accès à mes médicaments après avoir été frappée à la tête", raconte l’une des militantes.

« Il y a une similarité notable avec la capture du Arctic Sunrise par les forces russes en 2013 », observe Phil Ball, un militant britannique et un grimpeur à bord du vaisseau Greenpeace en 2013 et par conséquent emprisonné en Russie pendant deux mois. « Mais dans notre cas, l’indignation internationale a conduit à certaines mesures de justice. Ici nous avons un autre bateau civil non armé, transportant cette fois de l’équipement médical, qui a été agressivement arraisonné dans des eaux internationales, et la communauté mondiale ne présente pas le même niveau de responsabilité. »

Mais tous les militants déclarent que leur détermination à soutenir les Palestiniens et à lutter pour la levée du blocus est encore plus forte.

https://counterinformation.files.wordpress.com/2018/08/arcticawda-3-400x179.png?w=688&h=308

 

  • COMMUNIQUÉ DE LA CGT (DOUBLE CLIC POUR AGRANDIR LE TEXTE) :

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  • A signaler également l’intervention de la députée Elsa Faucillon (Gauche démocrate et républicaine) à l’Assemblée Nationale le 1er aout , l’une des rares à s’émouvoir publiquement de l’attitude de la France, dont deux ressortissants ont subi les assauts illégaux de l’armée d’occupation israélienne.

Vidéo : https://youtu.be/z2gv-tT_G80

  • A NOTER ENFIN QUE CHACUN(E) D’ENTRE NOUS A LES MOYENS D’AGIR. A COMMENCER PAR LE BOYCOTT DE HP (HEWLETT PACKARD) QUI ÉQUIPE LA MARINE ISRAÉLIENNE DE LOGICIELS CONTRIBUANT À RENFORCER LE BLOCUS MARITIME DE GAZA.

CAPJPO-EuroPalestine

 

 © CAPJPO - EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article14540


 

NON AU BREVETAGE-APPROPRIATION DU VIVANT QU'IL SOIT "NATUREL", "GENETIQUEMENT MODIFIE" (OGM) OU "EDITE" !

logo CGT
 
Non au brevetage-appropriation du vivant qu’il soit « naturel », « génétiquement modifié » (OGM) ou « édité » !

Certificat d’Obtention Végétale. Avec le COV adopté par la plupart des pays agricoles dès 1961, les sélectionneurs privés et publics se sont dotés d’un moyen de rémunérer le travail de recherche sans privatiser l’innovation tout en enrichissant les ressources génétiques au profit de tous. Les variétés sont ainsi reconnues et protégées durant un temps restreint (25 ou 30 ans selon l’espèce) mais n’importe qui peut les utiliser immédiatement pour en créer d’autres par croisements ou tout procédé efficace. Le produit de ce travail peut à son tour être évalué et recevoir un statut de variété, éventuellement reconnue par un COV. C’est le COV qui a permis le progrès génétique depuis 70 ans. Rien n’obligeait que les OGM (organisme génétiquement modifié) ou toute autre plante inventée soient « protégés » différemment. Mais les grands groupes de la semence (Bayer, Syngenta, Pioneer,…. ) s’emploient depuis plusieurs décennies à renverser ce système pour le remplacer par un autre qui permet de garantir totalement leur monopole. Leur outil est le brevet. L’avènement des biotechnologies assimilant les caractères héréditaires à des séquences d’ADN fut aussi celui du brevetage du vivant.

Brevet. Un brevet est un titre de propriété portant sur une invention. Ce titre confère à son titulaire un monopole temporaire d’exploitation (20 ans avant de tomber dans le domaine public). On comprend bien les appétits qui peuvent pousser à faire des recherches permettant plutôt le dépôt de brevets (exclusivement profitables à quelques-uns) que l’avancée des connaissances (profitable à tous).

Le vivant potentiellement brevetable ? L’article 3.2 de la directive européenne 98/44 sur la brevetabilité que la CGT-INRA a toujours dénoncé crée une catégorie de plantes à part (ie les OGM) et stipule qu’ « Une matière biologique isolée de son environnement naturel ou produite à l’aide d’un procédé technique peut être l’objet d’une invention, même lorsqu’elle préexistait à l’état naturel ». C’est entre autres grâce à cette directive, qu’un OGM devient brevetable et donc potentiellement beaucoup plus rentable qu’une variété protégée par le COV, principalement du fait du caractère d’exploitation exclusive intrinsèque au brevet… si ce n’est que la règlementation en vigueur concernant ces plantes en a beaucoup freiné le développement et l’exploitation en Europe. Pour être brevetable-rentabilisable, nous l’avons vu, il faut qu’il y ait invention. Seule une plante « inventée » mais qui ne soit pas classée comme OGM (avec les restrictions que cela induit) serait donc intéressante à développer. Un OGM qui ne soit pas vraiment un OGM…

La récente apparition des plantes dites « éditées ». Le génome des plantes « éditées » est modifié mais sans insertion d’élément étranger. Les grands groupes semenciers espéraient donc faire entrer les plantes éditées dans le champ du brevetable : une nouvelle porte ouverte pour breveter et donc s’approprier le vivant, en s‘affranchissant des exigences de la réglementation sur les OGM ! Toutes les plantes « éditées » sont d’ailleurs aujourd’hui brevetées, notamment celles utilisant la technologie CRISPR-Cas9.

La position de la CGT-INRA. Pour la CGT-INRA, le principal problème posé par les OGM et/ou les plantes éditées réside dans le fait que ces organismes soient brevetés. Pour notre syndicat, le problème, c’est le brevet. Le brevet octroie à seulement quelques entreprises internationales le droit de sélectionner, de produire et propager des semences. La menace bien réelle, c’est que seuls quelques groupes dominent intégralement la production végétale.

  • C’est ainsi que depuis des années, la CGT-INRA demande qu’une loi interdisant le brevetage des connaissances en biologie soit votée au parlement français et que la directive européenne 98/44 qui a autorisé cette violation des principes élémentaires des brevets en les étendant aux connaissances sur les gènes, soit révisée.
  • C’est ainsi qu’elle a récemment également milité pour que ces nouvelles plantes dites « éditées » soient considérées au même titre que des OGM pour qu’en attendant d’abolir le droit de breveter le vivant, elles soient sous le coup des mêmes réglementations contraignantes que les OGM, ou bien que leur exploitation soit couverte par le COV.
  • Dans tous les cas, la CGT exige que les méthodes d’obtention soient déclarées et transparentes pour que l’ensemble des acteurs des filières de production végétales mais aussi les consommateurs soient totalement informés, ce que refusent encore les détenteurs de brevets sur le vivant.

25 juillet 2018 : plantes « éditées » = OGM.  La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) vient de décider, après de longs mois de réflexion et malgré l’intense lobbying des sociétés semencières transnationales, de ranger les plantes « éditées » dans la catégorie des OGM. Cette décision qui permet d’assimiler les plantes éditées à des OGM n’affecte en rien les recherches qui ont pour but le progrès des connaissances, leur mise à disposition de tous et la satisfaction des besoins sociaux. Elle n’empêche pas la production ni l’étude de plantes éditées tant en conditions de laboratoire que dans des essais au champ dans des buts de connaissance, mais exige simplement que cela soit déclaré et transparent. Cette décision n’empêche pas non plus la protection par un COV des variétés qui contiennent des plantes éditées. En revanche, elle ne change rien au problème du dépôt de brevets qui reste entier par rapport à la mainmise de quelques-uns sur le « vivant ». Pour la CGT-INRA, les produits végétaux semés dans nos campagnes devraient tout simplement être soumis au droit des variétés, ce que permet le COV…

Mais les sociétés privées, poussées par leurs actionnaires, ne soutiennent malheureusement les recherches que si le retour sur investissement, garanti par le monopole d’exploitation des produits que confèrent les brevets, est élevé. C’est précisément la soumission des laboratoires publics à cette logique privée qui est un frein considérable au progrès. Que ce soit via le Plan d’Investissements d’Avenir (Breedwheat, Amaizing, et autres Genius…) ou via les contrats européens, des millions d’euros publics pour la recherche n’ont été obtenus que par la caution des entreprises privées associées qui contrôlent tous les droits de diffusion des progrès scientifiques et techniques issus de ces programmes. Dès lors que les connaissances ou les organismes vivants produits sont brevetés, et que la compétition entre les équipes enrôlées dans les guerres commerciales entre les grands groupes, l’emporte sur la coopération scientifique, l’efficacité sociale de l’investissement public pâtit gravement.

C’est ainsi que la CGT-INRA réaffirme que seul un financement de base des laboratoires de recherche publics, un financement suffisant , récurrent et non conditionné par un quelconque soutien des groupes privés, garantit que la recherche publique réponde aux attentes sociétales, notamment, pour ce qui nous concerne, sur la transition écologique de l’agriculture. Un financement suffisant et des postes de fonctionnaires titulaires en nombre !
A ce sujet, la CGT-INRA invite chaque salarié de la recherche mais aussi chaque citoyen à signer la pétition « Un financement pérenne pour une recherche scientifique indépendante et de qualité »

Pour des ressources génétiques libres de brevets. Pour notre syndicat, la décision de la CJUE du 25 juillet dernier permet de gagner du temps mais reste encore insuffisante. Cette décision ne fait que renforcer notre demande de révision de la directive 98/44 CE sur laquelle reposent les brevets les plus iniques comme ceux portant sur les gènes associés à des caractères d’intérêt agronomique découverts chez les plantes mais sans aucune activité inventive. Le COV, dans sa version de 1961, est le meilleur compromis entre les différents acteurs de la filière végétale, des semenciers aux transformateurs en passant par les agriculteurs, puisqu’il garantit la liberté d’accès aux meilleures ressources génétiques que constituent les variétés elles-mêmes. Tant que cette directive n’aura pas été revue de fond en comble, la liberté d’accès aux ressources génétiques et, en définitive, la souveraineté alimentaire seront menacées. Il est plus que temps d’arrêter de faire miroiter aux petits agriculteurs et aux peuples du monde entier la chimérique possibilité de monnayer leurs ressources génétiques et de faire des affaires avec les entreprises de semences et de pharmacie, alors que le combat de notre XXIème siècle sera de redonner leur caractère de bien commun aux ressources naturelles.

La lutte pour la défense du principe du COV, qui permet de rémunérer correctement le travail de recherche sans privatiser le droit sur la génétique des produits, doit être plus résolue que jamais. La recommandation européenne unanimement votée par le Sénat (résolution E 8314 du 17/01/2014) doit être portée sans délai par la France auprès de la Commission Européenne pour libérer les ressources génétiques et dynamiser les échanges et le progrès génétique.

Avec la FNAF-CGT et les syndicats CGT des entreprises de semences, nous revendiquons également la création d’un office public des semences permettant de contrôler la qualité et l’accessibilité des meilleures semences au bénéfice de tous.

Pour tout contact : Jean-Louis DURAND, élu au CS INRA- tél : 05.49.55.60.94

Pour mémoire, nos derniers écrits sur ces sujets :

 

DECES D'ARSENE TCHAKARIAN, DU "GROUPE MANOUCHIAN", RESEAU DE RESISTANCE COMMUNISTE QUI A LAISSE UNE EMPREINTE PROFONDE DANS LA MEMOIRE FRANCAISE

Mort du résistant Arsène Tchakarian: qui étaient les membres du groupe Manouchian?

 

valerien

 

Cérémonie au Mont Valérien en 2004. - JEAN-LOUP GAUTREAU / AFP

Arsène Tchakarian est mort ce samedi, emportant avec lui le dernier souffle du "groupe Manouchian", un réseau de résistance communiste décisif, qui a laissé une empreinte profonde dans la mémoire française.

Un prestigieux patient s'est éteint ce samedi dans une chambre de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif. Celui-ci répondait au nom d'Arsène Tchakarian, né en 1916 dans l'empire ottoman, issu d'une famille arménienne, et naturalisé français en 1958. Mais l'homme n'avait pas attendu de décrocher officiellement cette nationalité pour se conduire comme tel: il était en effet un membre du "groupe Manouchian", dont il était le dernier survivant, réseau de résistance communiste à l'occupation allemande.

Une résistance acharnée

Le groupe Manouchian était affilié aux Francs-Tireurs et Partisans Main-d'oeuvre immigrée (ou FTP-MOI) et devait son nom à son chef Missak Manouchian. Celui-ci, lui aussi d'origine arménienne et rescapé du génocide dont son peuple fut victime au cours de la Première guerre mondiale, avait, entre autres vies, été ouvrier, journaliste. L'unité dirigée par ce cadre du Parti communiste, qui avait francisé son prénom en Michel, a conduit 105 attaques contre les Allemands à Paris entre l'été 1943 (au moment où Michel Manouchian obtenait la fonction de commissaire militaire des FTP-MOI pour la région parisienne) et mi-novembre 1943, et treize sabotages de voies ferrées, selon un reportage de France 3 en 2005.

Interrogé à cette occasion, Arsène Tchakarian avait expliqué que l'efficacité du groupe Manouchian tenait, pour beaucoup, à la discipline qui régnait en son sein et au cloisonnement strictement établi entre les membres pour les protéger.

"Je ne savais pas si tu étais italien, catholique, mais je savais que tu t'appelais Paul ou Pierre comme moi je m'appelais Charles", avait-il brossé, révélant ainsi le nom de guerre sous lequel ses frères d'armes le connaissaient. 

L'affiche rouge 

Mais ces mesures de précaution n'ont pas évité au groupe d'être démantelé par un coup de filet, survenu en novembre 1943. Condamnés à mort le 21 février, Michel Manouchian et 21 hommes de son réseau sont exécutés le même jour sur le Mont Valérien. Une femme, Olga Bancic, a quant à elle été décapitée en Allemagne au mois de mai. Arsène Tchakarian, caché à Paris par un policier, a échappé à ce triste destin avant de reprendre le combat depuis le maquis.

Les martyrs du groupe Manouchian ont connu une grande notoriété par le biais de la célèbre "affiche rouge", diffusée en des milliers d'exemplaires par la propagande des nazis et de Vichy sitôt après leur mort pour les salir. "Des libérateurs? La libération par l'armée du crime!" proclamait-elle par-dessus les photos des résistants. Mais le mensonge a raté le coche: bien loin de souiller leur honneur, l'affiche a permis de mettre des visages et des noms, ceux de Celestino Alfonso, Olga Bancic, Szlama Grzywacz aux côtés de Michel Manouchian, pour n'en citer que quelques uns, sur ces héros. 

Dans le second tome de son œuvre autobiographique, La force de l'âgeSimone de Beauvoir a écrit:.

"Malgré la grossièreté des clichés, tous ces visages qu'on proposait à notre haine étaient émouvants et même beaux; je les regardai longtemps, sous les voûtes du métro, pensant avec tristesse que je les oublierai."

"La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans"

Mais l'affiche rouge a au contraire puissamment marqué l'imaginaire national. Le 6 mars 1955, peu après qu'une rue du XXe arrondissement de Paris a revêtu le nom du réseau, Louis Aragon a publié en Une de L'Humanité son poème Strophes pour se souvenir, éloge littéraire du groupe Manouchian que Léo Ferré et Bernard Lavilliers, notamment, ont immortalisé en musique. Dans ce texte, on peut lire:

"Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent/ Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps/ Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant/ Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir/ Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant."

Michel Manouchian lui-même a couché quelques mots sur la fin de son groupe. Dans une lettre à son épouse Mélinée, écrite une poignée d'heure avant sa mort, il soulignait ainsi: "Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but." Il assurait ensuite mourir sans ressentiment: "Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense." Levant les yeux vers un ciel auquel il ne croyait pas, il concluait plus tard:

"Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis."

André Manouchian, comme certains de ses camarades, ont ainsi refusé le bandeau que leur tendaient leurs assassins sur le point de faire feu. Comme un écho, Louis Aragon a laissé ce vers:

"La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans."