27 MAI, JOURNEE DE LA RESISTANCE, DE TOUTE LA RESISTANCE

27 mai, Journée de la résistance, de toute la résistance

 

 

L’Assemblée Nationale a décidé en 2013 de faire du 27 mai la journée de la Résistance. Cette année elle va prendre un relief particulier. Quatre résistants (deux femmes, deux hommes) vont voir leurs dépouilles transférées au Panthéon. Hollande prononcera un discours.

Il s’agit de :

Germaine Tillion, ethnologue, patriote, déportée à Ravensbrück

Geneviève Antonioz-de Gaulle, patriote, déportée à Ravensbruck

Pierre Brossolette, journaliste, socialiste, qui se suicide pour échapper aux tortures de la Gestapo après son arrestation.

Tous trois ont appartenu à divers groupes de résistants en liaison avec les services de renseignements gaullistes et anglais.

Jean Zay, radical, député, ministre de l’éducation (1936-1939) emprisonné par Vichy (1940- 44) assassiné par la Milice le 20 juin 1944.

Nous saluons le courage, le sacrifice de ces femmes et hommes qui ont combattu pour la libération du pays, certains jusqu’au sacrifice suprême, victimes de la barbarie nazie et de ses complices du gouvernement de Pétain.

La Résistance pour la Libération n’a pas effacé la lutte de classe.

Au lendemain de la Libération, François Mauriac écrivain catholique et de droite écrit avec juste raison : « Seule dans sa masse la classe ouvrière est restée fidèle à la France profanée ».

Le patronat voit dans la défaite de 1940, l’occupation de la France par les nazis et le gouvernement de Pétain la revanche du Front Populaire de 1936 avec l’occupation de ses usines par les grévistes et les revendications qu’il dût consentir.

En mettant l’appareil productif français au service total de l’occupant le patronat a repris tout ce qu’il a dû céder, il s’est enrichi pendant que le peuple subissait misère et privations, que les meilleurs de ses enfants tombaient sous les balles nazies ou dans les sinistres camps de la mort.

Il s’est trouvé parmi  les « élites ». des hommes politiques, des magistrats, des intellectuels, des artistes, les membres du haut clergé catholique…qui ont pratiqué la politique de collaboration de Pétain.

La classe ouvrière, ses représentants communistes, syndicalistes ont écrit les pages les plus glorieuses de la lutte contre le nazisme et Pétain. Elle est absente des discours officiels, des livres d’histoire, des honneurs qui leur sont dus.

Le 27 mai 1940 à la fosse 7 et 7 bis du puits de mine de Douge à Montigny en Gohelle (Pas de Calais) les mineurs se mettent en grève. Ils protestent contre le manque de ravitaillement pour eux et leurs familles, contre le travail au rendement que la direction des houillères veut leur imposer pour livrer toujours plus de charbon à l’ennemi. Cette grève ne démarre pas par hasard dans ces puits. Malgré leurs interdictions le Parti Communistes, la CGT mènent depuis la réouverture de la mine en août 1940 une intense activité antinazie et contre Pétain. Des grèves « perlées » ont lieu. Sur les wagonnets qui transportent le charbon les inscriptions « pas de charbon pour les boches » fleurissent. Le 1er mai les corons sont décorés de drapeaux rouges et tricolores.

Les jours suivants la grève s’étend à l’ensemble du bassin minier du Nord-Pas de Calais. Sur les 143.000 mineurs du bassin 100.000 seront en grève qui va durer jusqu’au 10 juin. 500.000 tonnes de charbon seront perdues pour l’occupant, ressource énergétique essentielle à cette époque pour alimenter la machine de guerre nazie.

La répression va être terrible. Menée par les patrons des charbonnages qui dénoncent « les meneurs » auprès des autorités de Vichy, de la part de celles-ci qui envoient les gendarmes pour faire pression sur les grévistes, des Allemands qui suppriment le ravitaillement pour les mineurs et leurs familles, procèdent à des arrestations massives. 450 arrestations, 224 déportations (ils seront 130 à mourir dans les camps), 22 fusillés.

Les mineurs, épuisés, reprennent le travail le 10 juin et vont continuer à agir contre l’occupant sous d’autres formes jusqu’à la Libération. Dans l’immédiat ils obtiennent un meilleur ravitaillement et le gouvernement Pétain est obligé de relever les salaires pour l’ensemble des salariés.

Cette grève des mineurs est le plus grand acte de résistance collective à l’occupant nazi dans toute l’Europe. Malgré la censure il a un retentissement dans tous les pays occupés.

Le démarrage de la grève aux fosses 7 et bis se fait à l’initiative du communiste Michel Brulé qui y travaille, l’ensemble du mouvement est conduit par Charles Débarge, responsable communiste, dirigeant de la CGT.

Le rôle des femmes est déterminant dans cette lutte. Emilienne Mopty, communiste bien connue dans les corons, va entraîner les femmes à assurer les piquets de grève, manifester face aux forces de répressions voire les faire reculer. A la fin de la grève elle échappe aux arrestations et continue le combat dans la clandestinité aux côtés de Debarge et Brulé. Tous trois seront arrêtés en 1942. Charles et Michel fusillés, Emilienne décapitée à la hache dans une prison allemande en 1943.

Il faut aussi parler de Danièle CASANOVA et Marie-Claude Vaillant Couturier, jeunes dirigeantes nationales de l’Union des Jeunes Filles de France, qui furent déportées à Auschwitz. Danièle Casanova est morte en déportation en 1943. M.C. Vaillant Couturier reprit son activité militante dès sa libération.

Il faut aussi parler de tous ces ouvriers métallurgistes de Renault ou de Gnome et Rhône (moteurs d’avions) ou d’ailleurs qui mélangent à l’huile des moteurs de la limaille de fer qui mettent les mettent hors d’usage, des cheminots qui font de même avec les boîtes à graisse des wagons et qui vont payer un lourd tribut à la répression de Vichy et des nazis.

Ou encore de Pierre Georges dit Fabien, ouvrier, combattant des Brigades Internationales en Espagne, qui abat un officier allemand au métro Barbès en août 1941.

Ou encore des fusillés de Châteaubriant ouvriers, syndicalistes qui ont conduit les grèves de 1936, du jeune Guy Môquet.

Ou encore des combattants de « l’affiche rouge » fusillés au Mont Valérien après un simulacre de procès et dont Aragon dans un poème à leur mémoire écrit « Ils étaient vingt et trois étrangers et nos frères pourtant/ Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant ».

Le fronton du Panthéon porte l’inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ». L’absence de représentants de la classe ouvrière à l’occasion de la Journée de la Résistance pose question au regard du rôle qu’elle a joué dans le combat contre le nazisme et pour la Libération du pays.

 

http://www.sitecommunistes.org/ch405resist.htm

27 mai, Journée de la résistance, de toute la résistance

 

 

L’Assemblée Nationale a décidé en 2013 de faire du 27 mai la journée de la Résistance. Cette année elle va prendre un relief particulier. Quatre résistants (deux femmes, deux hommes) vont voir leurs dépouilles transférées au Panthéon. Hollande prononcera un discours.

Il s’agit de :

Germaine Tillion, ethnologue, patriote, déportée à Ravensbrück

Geneviève Antonioz-de Gaulle, patriote, déportée à Ravensbruck

Pierre Brossolette, journaliste, socialiste, qui se suicide pour échapper aux tortures de la Gestapo après son arrestation.

Tous trois ont appartenu à divers groupes de résistants en liaison avec les services de renseignements gaullistes et anglais.

Jean Zay, radical, député, ministre de l’éducation (1936-1939) emprisonné par Vichy (1940- 44) assassiné par la Milice le 20 juin 1944.

Nous saluons le courage, le sacrifice de ces femmes et hommes qui ont combattu pour la libération du pays, certains jusqu’au sacrifice suprême, victimes de la barbarie nazie et de ses complices du gouvernement de Pétain.

La Résistance pour la Libération n’a pas effacé la lutte de classe.

Au lendemain de la Libération, François Mauriac écrivain catholique et de droite écrit avec juste raison : « Seule dans sa masse la classe ouvrière est restée fidèle à la France profanée ».

Le patronat voit dans la défaite de 1940, l’occupation de la France par les nazis et le gouvernement de Pétain la revanche du Front Populaire de 1936 avec l’occupation de ses usines par les grévistes et les revendications qu’il dût consentir.

En mettant l’appareil productif français au service total de l’occupant le patronat a repris tout ce qu’il a dû céder, il s’est enrichi pendant que le peuple subissait misère et privations, que les meilleurs de ses enfants tombaient sous les balles nazies ou dans les sinistres camps de la mort.

Il s’est trouvé parmi  les « élites ». des hommes politiques, des magistrats, des intellectuels, des artistes, les membres du haut clergé catholique…qui ont pratiqué la politique de collaboration de Pétain.

La classe ouvrière, ses représentants communistes, syndicalistes ont écrit les pages les plus glorieuses de la lutte contre le nazisme et Pétain. Elle est absente des discours officiels, des livres d’histoire, des honneurs qui leur sont dus.

Le 27 mai 1940 à la fosse 7 et 7 bis du puits de mine de Douge à Montigny en Gohelle (Pas de Calais) les mineurs se mettent en grève. Ils protestent contre le manque de ravitaillement pour eux et leurs familles, contre le travail au rendement que la direction des houillères veut leur imposer pour livrer toujours plus de charbon à l’ennemi. Cette grève ne démarre pas par hasard dans ces puits. Malgré leurs interdictions le Parti Communistes, la CGT mènent depuis la réouverture de la mine en août 1940 une intense activité antinazie et contre Pétain. Des grèves « perlées » ont lieu. Sur les wagonnets qui transportent le charbon les inscriptions « pas de charbon pour les boches » fleurissent. Le 1er mai les corons sont décorés de drapeaux rouges et tricolores.

Les jours suivants la grève s’étend à l’ensemble du bassin minier du Nord-Pas de Calais. Sur les 143.000 mineurs du bassin 100.000 seront en grève qui va durer jusqu’au 10 juin. 500.000 tonnes de charbon seront perdues pour l’occupant, ressource énergétique essentielle à cette époque pour alimenter la machine de guerre nazie.

La répression va être terrible. Menée par les patrons des charbonnages qui dénoncent « les meneurs » auprès des autorités de Vichy, de la part de celles-ci qui envoient les gendarmes pour faire pression sur les grévistes, des Allemands qui suppriment le ravitaillement pour les mineurs et leurs familles, procèdent à des arrestations massives. 450 arrestations, 224 déportations (ils seront 130 à mourir dans les camps), 22 fusillés.

Les mineurs, épuisés, reprennent le travail le 10 juin et vont continuer à agir contre l’occupant sous d’autres formes jusqu’à la Libération. Dans l’immédiat ils obtiennent un meilleur ravitaillement et le gouvernement Pétain est obligé de relever les salaires pour l’ensemble des salariés.

Cette grève des mineurs est le plus grand acte de résistance collective à l’occupant nazi dans toute l’Europe. Malgré la censure il a un retentissement dans tous les pays occupés.

Le démarrage de la grève aux fosses 7 et bis se fait à l’initiative du communiste Michel Brulé qui y travaille, l’ensemble du mouvement est conduit par Charles Débarge, responsable communiste, dirigeant de la CGT.

Le rôle des femmes est déterminant dans cette lutte. Emilienne Mopty, communiste bien connue dans les corons, va entraîner les femmes à assurer les piquets de grève, manifester face aux forces de répressions voire les faire reculer. A la fin de la grève elle échappe aux arrestations et continue le combat dans la clandestinité aux côtés de Debarge et Brulé. Tous trois seront arrêtés en 1942. Charles et Michel fusillés, Emilienne décapitée à la hache dans une prison allemande en 1943.

Il faut aussi parler de Danièle CASANOVA et Marie-Claude Vaillant Couturier, jeunes dirigeantes nationales de l’Union des Jeunes Filles de France, qui furent déportées à Auschwitz. Danièle Casanova est morte en déportation en 1943. M.C. Vaillant Couturier reprit son activité militante dès sa libération.

Il faut aussi parler de tous ces ouvriers métallurgistes de Renault ou de Gnome et Rhône (moteurs d’avions) ou d’ailleurs qui mélangent à l’huile des moteurs de la limaille de fer qui mettent les mettent hors d’usage, des cheminots qui font de même avec les boîtes à graisse des wagons et qui vont payer un lourd tribut à la répression de Vichy et des nazis.

Ou encore de Pierre Georges dit Fabien, ouvrier, combattant des Brigades Internationales en Espagne, qui abat un officier allemand au métro Barbès en août 1941.

Ou encore des fusillés de Châteaubriant ouvriers, syndicalistes qui ont conduit les grèves de 1936, du jeune Guy Môquet.

Ou encore des combattants de « l’affiche rouge » fusillés au Mont Valérien après un simulacre de procès et dont Aragon dans un poème à leur mémoire écrit « Ils étaient vingt et trois étrangers et nos frères pourtant/ Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant ».

Le fronton du Panthéon porte l’inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ». L’absence de représentants de la classe ouvrière à l’occasion de la Journée de la Résistance pose question au regard du rôle qu’elle a joué dans le combat contre le nazisme et pour la Libération du pays.

 

http://www.sitecommunistes.org/ch405resist.htm


 

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