8 MAI 1945

8 MAI 1945

Le 8 MAI 1945 est fondamentalement le jour de la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie d'Adolf Hitler. C'est bien parce qu'il s'agit d'une victoire des peuples sur la barbarie nazie et en aucun cas d'une victoire sur le peuple allemand que cette date est aujourd'hui, plus que jamais, riche d'un message de fraternité, de liberté et de paix.

Toute tentative d'en déformer le sens ne peut que susciter l'indignation des membres de la Résistance, de tous ceux qui sont attachés à cette leçon majeure de l'Histoire contemporaine.

Aucune ambiguïté ne doit dénaturer le sens du 8 MAI 1945. La paix n'est pas un acquis définitif. Parce qu'il en a besoin pour encore exister sur la scène médiatique, les propos réitérés par le hideux Le Pen, remettant en cause l'existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis que l'odieux personnage considère comme un "détail" de l'histoire de la seconde Guerre mondiale sont là pour nous le rappeler.

C'est pourquoi, nous devons nous tourner vers l'histoire pour en tirer les leçons, conscients que la barbarie peut sans cesse resurgir et que tous doivent savoir afin de prévoir et de réagir en conséquence sans béat fatalisme.

Plus l'Humanité s'éloigne de la seconde Guerre mondiale, plus son interprétation dans les ouvrages historiques, les émissions télévisées et les écrits par la presse acquiert de l'importance. Les récits subjectifs ou délibérément altérés des faits causent un préjudice énorme à l'éducation des jeunes générations.

Si le 8 MAI 1945, tous les combats sont terminés sur le front de l'Ouest, ils continuent dans le Pacifique. La capitulation des forces japonaises, sera signée le 2 septembre 1945.

                                                                                     BILAN DE LA GUERRE

Soixante-et-un états, les trois quarts de l'humanité ont été engagés dans la seconde Guerre mondiale : cent dix millions d'hommes ont été appelés sous les armes.

Les sacrifices consentis par les peuples furent énormes. Les pertes humaines (uniquement les morts) ont été de :

                                                                         - Plus de 25.OOO.OOO pour l'U.R.S.S

                                                                         - 6.000.000 pour la Pologne
                                                                         - 1.706.000 pour la Yougoslavie
                                                                         - 605.000 pour la France
                                                                         - 405.000 pour les Etats-Unis
                                                                         - 357.000 pour la Grande-Bretagne

Cette guerre déclenchée par les nazis, a coûté à l'Allemagne 13.600.000 morts, blessés et disparus. Le Japon a perdu 1.500.000 soldats, 140.000 civils à Hiroshima le 6 AOUT 1945, 74.000 à Nagasaki le 9 AOUT 1945.

La France a eu 200.000 soldats tués au combat, 240.000 prisonniers de guerre et déportés ont péri en Allemagne. Les déportés dans les camps de la mort environ au nombre de 235.000, il y eut 38.000 rescapés. 600.000 autres jeunes Français furent victimes de la déportation du travail. 60.000 Français périrent en pays ennemi, dont 15.000 fusillés, pendus ou décapités pour faits de résistance.

La France perdit également 160.000 victimes civiles, 20.000 fusillés comme résistants ou en représailles.

Le prix payé par les peuples est incommensurable : 54.800.000 soldats et civils tués, 90.000.0000 de blessés.

Les leçons de la seconde Guerre mondiale ne doivent pas être oubliées, ni par les générations actuelles, ni par celles à venir.

Ce 8 MAI, François Hollande, président de la République va commémorer le 71 ème anniversaire de la fin de cette terrible tragédie. Puisses-t-il se faire le porteur de la voix de la Raison, de la Sagesse et de la Paix. François Hollande, dont l'attitude belliciste envers les nations qu'à ses yeux, il considère comme " rebelles" fait craindre le pire sachant qu'il est le plus zélé des alliés d’Obama, ce grand criminel de guerre.

François Hollande, ferait bien de s'inspirer des propos de l'ancien déporté-résistant et fils de résistant mort sous la torture, Henri Krasucki : "Nous n'avions pas de vanité. Nous avions fait notre devoir. C'est tout ".

"L'humanité a acquis des connaissances, des savoir-faire qui lui donnent des potentialités vertigineuses, mais ne les lui garantissent pas. On voit à quel usage dévoyé et à quelles catastrophes  ils peuvent conduire !  Mais comment ne pas songer à ce que pourrait devenir la planète des hommes, dès lors qu'une volonté transformatrice, lucide, massive, des rapports sociaux, des rapports entre les peuples, imposerait des voies nouvelles, vraiment démocratiques, vraiment coopératives et solidaires? Il y a un fantastique défi à relever, et des motifs de mobilisation, d'invention, d'initiative, de combativité et de création pour maintenant et les temps qui viennent. L'espèce humaine a su faire ou subir des tragédies, mais aussi accomplir des exploits admirables. Ce fut vrai, il y cinquante ans. Pour quelles raisons les générations actuelles ne sauraient-elles pas répondre à leur époque"?

Comme l'a écrit Jacques Duclos :  C'est comme un cri d'espoir et de confiance, destiné à chacun de ceux qui ont fait le sacrifice suprême pour délivrer la France de l'oppression nazie, que lançait Paul Eluard en des vers inoubliables, exaltant la liberté : 

                                                                               Sur les marches de la mort 
                                                                                J'écris ton nom.


Et ce combat pour la liberté, pour la patrie qui fut celui de tant de morts glorieux, est aujourd'hui, dans d'autres conditions, le combat de millions de Français et de Françaises, c'est le combat d'un grand peuple héritier de glorieuses traditions, d'un peuple pour qui le poète semble avoir écrit ces mots évocateurs et lourds de signification :

                                                                                     Je suis né pour te connaître
                                                                                      Pour te nommer
                                                                                      Liberté.

 

Jacques Tourtaux

Militant antifasciste

 

 

 

ALGERIE 8 MAI 1945 : MASSACRE DU COLONIALISME FRANCAIS

Publié le par Tourtaux

Colonialisme. Le 8 mai 1945 fut marqué à Sétif et à Constantine par une répression brutale de manifestations demandant l’égalité des droits. L’aube d’une guerre

La France, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, n’était pas prête à accorder l’indépendance, ou même à discuter d’un nouveau statut pour les peuples sous domination coloniale. L’armée tua alors plusieurs dizaines de milliers de victimes.

Berlin, les 8 et 9 mai 1945, l’Allemagne signe - deux fois - sa capitulation sans condition. Pour les peuples d’Europe cette date marque la fin de la barbarie. Elle marque aussi une nouveauté : le soulèvement à l’échelle planétaire des peuples contre l’oppression. De l’autre côté de la Méditerranée, des partisans de la libération nationale veulent célébrer aussi le 8 mai 1945. Des milliers d’Algériens ont combattu dans l’armée française, d’autres dans des maquis pour la libération de la France. Ils veulent obtenir des droits pour eux, sur leur terre, d’autant plus que le mouvement national algérien n’est pas né d’hier, qu’il s’est constitué d’abord dans la résistance à l’occupation coloniale de l’Algérie, et que les immigrés sur le sol français ont su constituer d’importantes organisations sociales et politiques qui n’ont eu de cesse de réclamer des droits.

À Sétif, en ce 8 mai 1945, c’est la poudre qui parle. La liberté pour les pays du Nord, certes, mais pas encore pour ceux du Sud. On relèvera dans les rues de la ville algérienne des milliers de morts. L’insurrection s’étend dans la Kabylie des Babors et dans le Constantinois. Elle sera sauvagement réprimée. La marine française bombardera le littoral. On dénombrera 40 000 morts. Il y aura 5 000 emprisonnés. La France qui vient simplement de sortir de la guerre n’est pas prête à accorder l’indépendance, ou même à discuter d’un nouveau statut pour les peuples sous domination coloniale. Car le mouvement national algérien ne réclame pas, à ce moment-là, l’indépendance en tant que telle ; on rêve encore d’une association possible avec la France, d’autant plus que les partis qui ont animé la Résistance sont au pouvoir et parmi eux le premier parti de France, le PCF, qui pèse alors entre 25 % et 28 % des suffrages. Des dizaines de milliers d’Algériens descendent dans la rue. Et c’est le carnage évoqué plus haut. Le ministre de l’Air, le communiste Charles Tillon, affirme que personne ne l’a informé ni a fortiori a demandé son autorisation, pour l’utilisation d’appareils militaires. Le PCF condamne la répression, tout en évoquant de possibles provocations visant à dresser la population musulmane contre la population européenne, alors que l’Europe vient d’en finir avec la guerre. On évoque le danger de l’installation d’un fascisme, animé par les gros colons, en Algérie, pour faire pendant à une France démocratique. Si, bien entendu, il n’est pas complètement absurde d’évoquer les provocations, ce n’est pas le sens profond de ces événements. La dureté de la répression, qui rappelle les heures sombres de la conquête, ne sera pas pour rien dans l’émergence d’un mouvement qui, neuf ans plus tard, déclenchera l’insurrection du 1er novembre 1954.

À l’origine, la Conférence de Brazzaville en 1944, alors que le sol de la France n’est pas encore libéré, promet l’émancipation des peuples coloniaux et leur intégration dans l’Union française. Mais toute velléité d’indépendance est refusée aux Berbères. C’est cette double négation : de l’Algérie d’une part, et de la berbérité d’autre part qui pousse au soulèvement de 1945. Les Algériens obtiendront néanmoins quelques droits timides qui ne remettent nullement en cause l’organisation économique et sociale de la société. Le tout reste marqué par une extrême inégalité. Le statut organique de l’Algérie, daté du 20 septembre 1947 - et donc meilleur, si l’on peut dire que celui qui prévaut en 1945 -, créé en effet une Assemblée algérienne de 120 membres composée pour moitié de " citoyens " (élus par 464 000 Français et 58 000 Français musulmans, selon la nomenclature de l’époque) et pour l’autre moitié de " non-citoyens " (élus par 1 200 000 Algériens). Mais le pouvoir politique et militaire appartient toujours au gouverneur général, nommé par la France et qui a rang de ministre. La répression après les tueries de Sétif ne cessera pas, loin s’en faut. Elle s’accompagne, également, d’une répression en France contre toute remise en cause du statut colonial, d’autant plus facile que les communistes ont dû quitter le gouvernement en novembre 1947 et que la France mène déjà une guerre, à l’autre bout du monde, en Indochine, où là aussi les colons n’ont rien voulu abdiquer de leurs pouvoirs. Un exemple, parmi tant d’autres, de cette répression en Algérie : en 1951, 251 condamnations politiques sont prononcées. On parle déjà, à cette époque, de tortures sur les prisonniers, qu’ils fassent partie du mouvement nationaliste ou du Parti communiste algérien, créé en 1936, sur les bases des fédérations communistes d’Algérie. Nul alors n’aurait dû s’étonner du coup de semonce du 1er novembre 1954 et du déclenchement de ce qui deviendra, dans l’Histoire, la guerre d’Algérie.

Source : L'Humanité


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