CGT CULTURE VILLE DE PARIS : LA VILLE DE PARIS VA-T-ELLE RESTER SOURDE AUX BESOINS DE NOS COLLEGUES BIBLIOTHECAIRES ?

10 juillet 2018

La Ville de Paris va-t-elle rester sourde aux besoins de nos collègues bibliothécaires ?

La Ville de Paris va-t-elle rester sourde aux besoins de nos collègues bibliothécaires ?

Mais peut être que la Mairie de Paris compte régler définitivement le problème en supprimant l’appel aux interprètes…

C’est un modèle de réussite que beaucoup de bibliothèques en France admirent : l'existence, depuis plus d’une dizaine d’années, au sein du réseau parisien de cinq pôles sourds (Canopée, Chaptal, Fessard, Malraux, Saint-Eloi), lesquels intègrent également une dizaine de collègues sourds. Signe de cette vitalité : des formations en LSF (Langue des Signes Française) sont accordées aux agents et des interprètes sont régulièrement  sollicités, en particulier pour les réunions d’équipe ou des formations. Mais ça c’était avant…

En effet, la structure prestataire du marché qui proposait ces interprètes a déposé le bilan il y a quelques mois et dans l’urgence la Ville a dû faire appel à d’autres sociétés. Sauf qu'il y a peu, la mairie de Paris  a voulu, une nouvelle fois, être dans une « démarche innovante » et a décidé de proposer aux agents sourds d’expérimenter Tadéo, un « service de Transcription Instantanée de la Parole et de visio-interprétation LSF à distance et en temps réel ». A l’origine cette technologie était surtout destinée à faciliter les conversations pour la téléphonie des bibliothécaires sourds et « Il n’a pas été question à ce moment-là de l’étendre à d’autres situations » ont d’ailleurs rappelé les équipes dans une lettre officielle à l’administration parisienne. Problème : la municipalité veut désormais étendre Tadéo pour…  remplacer les interprètes, dans les bibliothèques comme dans d’autres services de la Ville !  Cacophonie assurée ! 

Concrètement une réunion d’équipe se passerait de la manière suivante : sur la table un « micro/haut-parleur » et les collègues sourds devant un ordinateur portable. L’interprète à distance serait censé entendre tout ce qui se dit et le traduire en LSF. Et dire à haute voix ce que les sourds signent. Les collègues sourds auraient les yeux fixés sur l’écran. Évidemment, l’interprète ne saurait pas forcément qui vient de parler à haute voix…Bref pas très pratique tout ça. Enfin si ça marche car d’après les retours de nos collègues utilisateurs, nous savons que sur les trois comptes actuellement ouverts, après seulement une trentaine d’appels passés, dont cinq professionnels, les problèmes de connexion ont été flagrants sans parler de la mauvaise pixellisation de l’image a qui été constatée pour environ un tiers des appels.

Actuellement, la présence d’un interprète oblige chaque entendant à tenir compte de la présence de collègues sourds et de l’interprète. Les collègues sourds peuvent voir l’ensemble de l’équipe, il y a de l’interaction entre tous-tes. Avec la formule voulue par la Ville de Paris, les agents sourds devraient de fait restés rivés à l’écran et cela signifierait plus d’isolement et de difficulté pour communiquer avec les membres de l’équipe.  Sans parler de probables difficultés techniques ou logistiques (wifi, matériel…). D’abord pour les agents sourds, c’est la probabilité de voir apparaître des risques psychosociaux liés à une forme de discrimination, un isolement accru au travail, une diminution de l’interaction avec les collègues. A cela s’ajoute les risques liés au travail sur l’ordinateur, fatigue visuelle notamment.

« En outre, la présence de l’interprète dans la réunion impose naturellement à chacun une discipline : parler chacun son tour, éviter les apartés... La présence des collègues sourds est de ce fait mieux prise en compte, et leur participation facilitée » précisent  les cinq « pôles sourds » dans leur lettre à la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris. Pour les équipes, le travail d’inclusion mené ces dix dernières années sera sans aucun doute mis en péril, alors que jusque-là, les agents travaillaient sur un pied d’égalité. Situation absurde alors que la Ville se targue d’être à la pointe de l’inclusion des agents en situation de handicap…

Ainsi Il y a quelques semaines, un collègue sourd n’a eu aucune traduction pour sa journée d’accueil, en présence pourtant de Christophe Girard, l’élu en charge des personnels et ancien adjoint aux affaires culturelles…..il n’y avait pas d’interprète… ! Mais peut être que la Mairie de Paris compte régler définitivement le problème en supprimant l’appel aux interprètes ? De leur côté les bibliothécaires des « pôles sourds » ont sollicité un rendez-vous avec la « mission handicap » de la Ville pour que cette dernière revoit sa copie.

La Ville de Paris va-t-elle rester sourde aux besoins de nos collègues bibliothécaires ?

 

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