CHEZ SMART, LES « BIENFAITS » DU CAPITALISME : 39 HEURES HEBDO PAYEES 37 !

Lundi, Smart change de régime salarial

02/10/2016 05:38

 

Une Smart lors d'une compétition de sobriété. Ceux qui la construisent vont devoir s'y soumettre. - (Photo archives NR)

39 heures hebdomadaires payées 37, deux ans durant. Le constructeur automobile enclenche la vitesse dumping social. A titre préventif.

Une fracture entre cadres et ouvriers 

Deux heures de travail cédées à l'employeur moyennant le gel des licenciements jusqu'en 2020. C'est l'argument, et le fond, du pacte social signé en septembre 2015 par les salariés de l'usine automobile Smart de Hambach en Moselle. Il est entré en application officielle samedi, contre l'avis constant des syndicats majoritaires (CGT et CFDT).

Le contrat, longuement discuté en interne entre dans le débat public l'automne dernier. Ses partisans veulent y lire une modernisation tardive mais prometteuse des relations sociales dans l'entreprise, un peu sur le modèle allemand, partout invoqué. Ses détracteurs, et notamment les syndicats ouvriers, dénoncent une régression orchestrée par le patronat sous la menace et le chantage économique.
Approuvé initialement par 56 % des 800 salariés de cette unité lorraine filiale du groupe Daimler-Benz, le dispositif introduit un retour aux trente-neuf heures de travail hebdomadaire, pour un salaire calculé sur trente-sept heures, deux années durant. Le retour aux trente-sept heures est envisagé en 2019, avant une réduction aux 35 heures l'année suivante (2020). Deux primes compensatoires (150 € bruts mensuels plus une prime annuelle de 1.000 €) sont ajoutées pour faire bon poids.
En outre, l'embauche provisoire de 50 CDD veut alléger l'effort d'aménagement du temps de travail.
En dépit d'un résultat assez nettement tranché, le scrutin mené en septembre 2015 met au jour une fracture au sein du salariat. Les 385 cadres et employés, favorables à ce plan de sauvetage à 74 % s'opposent aux 367 opérateurs qui ne sont que 39 % à l'approuver.
Adossées à ce constat, la CGT et la CFDT (représentant 53 % des salariés) brandissent leur veto. Pour neutraliser cette opposition la direction approche alors chaque salarié lui proposant un avenant individuel de contrat. Trois mois plus tard, en décembre, 95 % des 800 personnes mobilisées sur le site lorrain ont signé. Les syndicats déplorent aussitôt ce résultat, obtenu « sous la pression de la direction ».
Dans le détail, les mesures applicables administrativement dès le 1er octobre ne seront effectives que lundi. Elles concernent d'abord le collège ouvrier. Les dispositions spécifiques aux employés et aux cadres et qui portent sur une réduction des jours de RTT ne seront enclenchées que début 2017.
La CFDT fait notamment valoir que l'effort directement imposé aux « Smart » aurait des conséquences démultipliées sur les 1.200 salariés des sous-traitants du constructeur la production étant en flux tendu. Et dans ces PME, aucune consultation du personnel n'est à l'ordre du jour.

Une simple précaution gestionnaire

Smart, à la différence de Renault en 2013 ou de PSA plus récemment n'affrontait pas, l'an passé, des difficultés inhabituelles. Confortée par le puissant groupe Daimler la petite marque positionnée sur des véhicules ultracitadins tenait même plutôt bien son créneau. Le management invoque « une orientation générale prise par le groupe dans un souci de compétitivité et à titre de prévention face aux retournements possibles du marché de l'automobile ».

Denis Daumin

http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2016/10/02/Lundi-Smart-change-de-regime-salarial-2857810


 

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