EPIDEMIE DE SUICIDES D’AGENTS AU CHU DE TOULOUSE

CHU de Toulouse : épidémie de suicides

Par Jean-Marc Aubert -

  

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Suicides au CHU de Rangueil à Toulouse. Photo D.R

Une épidémie de suicides d’agents du CHU de Toulouse -Rangueil et Purpan- inquiète les syndicats, selon le journal en ligne Côté Toulouse. Dernier suicide en date, celui d’un infirmier en juin dernier.

Le suicide trop ? Lundi 13 juin, un infirmier de 55 ans du service d’hypertension artérielle thérapeutique (HAT) de l’hôpital de Rangueil, le CHU de Toulouse se suicidait sur son lieu de travail, plongeant les salariés dans un état de choc. Jeudi, le syndicat CGT du CHU, majoritaire dans les instances professionnelles, a annoncé, via sa lettre d’information interne, que le bilan du mois de juin et de l’année écoulée était bien plus grave encore.

« Le CHU a connu quatre suicides d’agents hospitaliers en juin dernier, sans oublier une aide-soignante dans le plus grand silence à Rangueil et une IADE il y a un an. Nous avons également connaissance de tentatives de suicide non déclarées, en lien avec le travail. D’autres situations dramatiques nous échappent sans doute » écrit le syndicat CGT.

Concernant le mois de juin, la CGT évoque trois autres suicides, tous en-dehors du lieu de travail cette fois-ci : une aide-soignante en formation à l’IFSI (Institut de formation en soins infirmiers), un infirmier des urgences de Purpan et une auxiliaire puéricultrice de l’hôpital des enfants de Purpan. Et sur la dernière année, la CGT précise que deux autres personnes, également agents du CHU, se sont donnés la mort, toujours en-dehors de leur lieu de travail : une aide-soignante de Rangueil, en mars dernier et une infirmière anesthésiste, toujours de Rangueil, à l’été 2015. Ce qui porterait le tragique bilan, selon le syndicat, à six suicides d’agents du CHU de Toulouse, l’un des plus réputés de France, sur l’année écoulée.

« Tout le monde souffre à l’hôpital »

« Nous disons que cette situation n’est pas exceptionnelle. Nous disons même que c’est le début car nous craignons que d’autres situations dramatiques nous échappent, pense Patricia Calmettes, secrétaire CGT de Rangueil, jointe par Côté Toulouse. Ces burn-out, ces suicides, sont l’expression d’une grande souffrance. Tout le monde souffre à l’hôpital, les emplois sont précarisés dans les services et les plans d’austérité se succèdent au travers de réformes sauvages. Dans ce cadre, le syndicat exige « des mesures de prévention des risques et un moratoire sur les restructurations ».

Sur l’affaire du suicide de l’infirmier de 55 ans, l’enquête administrative diligentée par la direction du CHU devait donner ses résultats fin juillet 2016. « On attend toujours, précise Patricia Calmettes. Mais la direction a précisé que les conclusions seraient destinées à la famille de la personne et que le choix revenait à la famille de diffuser ces conclusions ou non. De notre côté, nous avons demandé une expertise en CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail) pour faire la lumière sur le lien éventuel entre les contraintes lourdes et les restructurations violentes et leurs effets sur la communauté ». Le 27 juin, le suicide de cet infirmier avait été reconnu comme accident de travail par la direction du CHU suite à un CHSCT extraordinaire.

Rapport à la rentrée

Une direction qui précise que le rapport ne sera pas disponible avant la rentrée 2016 et confirme que les conclusions seront divulguées à la famille, « par respect », voire rendues publiques si cette dernière en émet le souhait. « Si c’est le cas, nous présenterons les résultats de cette enquête auprès de nos instances. Nous sommes dans une démarche collaborative » prévient la CGT.

Sur les six cas évoqués par la CGT, la direction confirme ceux de juin 2016, notamment les trois survenus en-dehors du lieu de travail. « Nous sommes là dans des circonstances différentes. Un suicide, c’est multifactoriel. Ça ne laisse pas indifférent mais malheureusement, les suicides, et il y en a 10 500 chaque année en France, concernent toute la population », conclut la direction du CHU de Toulouse, citée par nos confrères.

http://infos-h24.fr/2016/07/30/chu-de-toulouse-epidemie-de-suicides/


 

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Commentaires (1)

Françoise

Il serait temps de se pencher sur la question des conditions de travail dans les hôpitaux. Les heures supplémentaires impayées s'accumulent

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